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samedi 6 avril 2024

Dar el-Chifa

#2258 - L'hôpital el-Chifa de Gaza City a été évacué par l'armée israélienne après deux grosses semaines d'une bataille sans merci contre les freux du Hamas et du Djihad Islamique qui s'étaient planqués dessous. Dans la presse internationale, les images impressionnantes des décombres occulteront le score de plus de deux cents militants neutralisés et les valises de cash récupérées avec l'arsenal. Même s'il ne fait aucun doute que le Hamas se sert des infrastructures sanitaires les plus sensibles comme bouclier humain (c'est dans les gènes), la vue du carnage et la déploration en boucle des malheureux Gazaouis finiront par ruiner le crédit d'Israël dans l'opinion internationale. Mais plus gravement, les propagandes respectives des parties au conflit nient toute idée de coexistence future des deux peuples.

ruines de l'hôpital Dar el-Chifa de Gaza City
Aucun Palestinien ne trouve de raisons d'accepter une cohabitation "entre le fleuve et la mer" avec les Juifs ; et chez ceux-là, par la sauvagerie de la razzia du 7 octobre 2023 sur les kibboutzim et la rave party, les malheurs des Palestiniens ne provoquent aucun émoi. Sans la mise en danger des otages, l'opinion juive pousserait plus fort à l'exode des Gazaouis vers le désert du Sinaï, avant que de faire passer le Jourdain aux Cisjordaniens, la baïonnette dans les reins. La tentation est vive parmi les colons juifs d'accélérer le mouvement en rendant la vie impossible aux Bédouins mal assurés dans leurs propriétés. Les vexations jusqu'au sang versé sont quotidiennes et retransmises sur les chaînes arabes. La haine réciproque est à son paroxysme. Mais les chancelleries se croient encore dans le coup, confortées par des résolutions onusiennes, sans effet aucun.

La chimère des deux Etats se porte de mieux en mieux en dehors de la Palestine mandataire. L'Autorité palestinienne de Ramallah qui ne représente plus personne va même demander un siège de plein exercice aux Nations Unies de New-York. Et les ministres promènent "les deux Etats" de capitale en capitale où tout le monde fait semblant. On est entré dans l'époque d'une vengeance sicilienne qui durera plus d'une génération. Deux nakba, c'est trop demander. Si le pire n'est jamais sûr, il est parfaitement visible, à commencer par un apartheid sévère avec démembrement progressif du bantoustan.
La Rue arabe acceptera-t-elle longtemps la compassion du bout des lèvres de ses dirigeants ou réclamera-t-elle d'agir par les armes ? C'est ce que vous ne verrez pas au prochain numéro ; vous saurez pourquoi lundi. Finalement, on n'a jamais croisé une diplomatie mondiale autant déconnectée des réalités du terrain, qui se croit encore à l'époque des Sykes-Picot. Il va falloir inventer quelque chose d'inédit car du passé rien ne vient qui trancherait le nœud gordien du partage des terres !

mercredi 24 janvier 2024

Balfour, l'héritage maudit

#2234 - Ce billet est le premier post de la vingtième année du blogue. Il s'agit de retourner aujourd'hui en Terre sainte où les Français ont une légitimité ancienne depuis le royaume franc de Jérusalem que nous fûmes incapables de ressusciter sous une autre forme quand en 1920 nous reçumes mandat de la Société des Nations sur la Syrie. Henry Laurens du Collège de France explique dans un bouquin¹ que nous avions reçu l'héritage d'une influence ancienne pour la protection des chrétiens d'orient et posions ce faisant la République comme une puissance musulmane d'importance depuis la source civilisationnelle des Omeyyades jusqu'au rivage de l'océan atlantique. La première visite du général Gouraud à Damas fut pour Saladin devant la tombe duquel il proclama : « Réveille-toi, Saladin, nous sommes revenus ». Nous avons aujourd'hui perdu toute notion de ce que fut l'étendue et le prestige de notre empreinte géopolitique, et même si nous maintenons aujourd'hui un contingent au Sud-Liban dans le cadre onusien de la FINUL et certains relais au Liban dans le champ plus vaste de la Francophonie, nous existons peu en fait. Il faut remonter à juin 1940 pour comprendre comment ce prestige s'est éteint. Aucune allégeance contrainte ne pouvait tenir longtemps envers une nation battue aussi sévèrement que nous le fûmes alors, mais sur le moment personne ne l'a vu. Le dernier président français impliqué au Proche Orient fut Jacques Chirac - il avait la gueule de l'emploi et fut aussi le dernier dans ce registre - mais il ne put faire cesser la riposte d'Israël de 2006 au nord du Litani et fossoya l'avenir de la France qui s'avéra incapable d'ôter les tapes de bouche pour faire triompher son droit de protecteur. Nous passâmes à la trappe et nos "petits présidents" n'ont jamais pu faire l'écart, le dernier en date moins encore.

Note 1 : France, Syrie et Liban, 1918-1946 (Ifpo 2002)


Lord Balfour et le temps des colonies

Lord Balfour
Quand en 1917 le secrétaire anglais au affaires étrangères promeut un foyer juif en Palestine, il n'avait pas prévu la mèche lente qu'il allumait à la bombe du Proche Orient. Pourtant c'était bien la grande révolte arabe qui avait permis aux Britanniques d'enlever Aqaba, Gaza et Jérusalem aux Turcs. L'article de la Wikipedia est très bien fait (clic). Etait-il avisé d'implanter des colons juifs au cœur de la Palestine arabe ? On sait depuis l'avant-guerre que non, par les nombreux affrontements sanglants inter-communautaires que subirent les juifs. Dès qu'il fut légitimé en Etat par les Nations-Unies, et à juste raison, Israël pratiqua l'exclusive systématique tout au long d'un siècle de guerres ouvertes ou larvées.
Mais en 1917 l'époque était aux colonies qu'on prenait sur toute la surface du globe, qu'on échangeait, revendait, sans demander l'avis des résidents premiers car il y en avait toujours. Le reflux et le démembrement de l'empire ottoman allait requalifier les territoires à découvert comme terra nullius, à la disposition des vainqueurs du moment, prêts à toutes les déportations de population. Cet état d'esprit d'une arrogance inouïe mais typique d'une époque hégémonique au Foreign Office a aveuglé les chancelleries qui n'ont pas vu ce véritable complot des poudres en devenir.

La Terre sainte est le point de convergence des religions du Livre

Sauf que ce ne sont plus les clercs de l'une ou l'autre religion qui font la loi, mais des laïcs entravés par leurs propres intérêts, soutenus par l'instinct de puissance ou par une idéologie particulière de capture, captage et captation dans le droit fil de la conquête de Canaan². Définir les séquences d'occupation de ce territoire ne nous avancera pas beaucoup, mais prétendre comme le font les Juifs d'Israël que les Arabes sont des squatters sur les terres bibliques du Grand Israël, c'est sous-estimer l'écosystème des croisades (1095-1291) qui virent s'affronter les Arabes et les Francs ; des juifs il n'en fut nulle part question, sauf au souk. Des siècles plus tard, les trois religions y ont maintenu leurs marques, ce qui ne les privent pas de se combattre pour une pierre, un symbole, un trou d'eau, le plus fort aujourd'hui montrant une intolérance de tous les instants envers les deux autres par moult vexations gratuites. A croire qu'abonder au tonneau de la haine fait partie du Plan !
Une question qu'on est en droit de se poser : pourquoi l'Etat d'Israël constitutionnellement juif n'a pas relevé le Temple à Jérusalem ? Les juifs orthodoxes vous répondront que les conditions préalables ne sont pas réunies, tant pour l'accueil d'une majorité du peuple juif en Israël que pour l'exécution des rites précis gouvernant le service de la maison de Dieu.

Note 2 : relire à l'occasion l'Ancien testament


Vivre avec la haine

Les deux groupes antagonistes sont de taille démographique comparable. Tant le pogrome du 7 octobre que les massacres de Gaza qui le vengent achèvent leur séparation. L'absence de déploration des atrocités du Hamas par les grandes voix de l'islam d'un côté comme la négation de toute souveraineté arabe entre la mer et le fleuve exprimée du fond du cœur par le premier Nétanyahou, ont achevé le mur de la haine entre les deux communautés. Tous les acteurs étrangers sur zone, quelque camp qu'ils soutiennent, consolident ce mur dès qu'ils équilibrent la masse des horreurs réciproques.
il n'est plus pensable d'apprendre aux parties un mode de coexistence, doublé d'une collaboration technique sur les utilités ; et il devient dangereux de laisser la partie surarmée faire sa loi sur tout l'espace parce que le procédé va exacerber la résistance passive et active des opprimés. Alors quoi ?

Il faut forcer la paix. Les grands empires de jadis avaient cette fonction qui réunissaient des nations concurrentes sous une même couronne dans un projet de coexistence pacifique sur une longue période. Ce temps est révolu et le seul moyen d'y atteindre assez rapidement serait-il de cessez tout soutien aux parties ? Quand les pays du Golfe cesseront les virements aux institutions arabes de Palestine, quand les Américains cesseront la fourniture d'obus et l'endos de garanties financières sur emprunts auprès des institutions financières internationales à Israël, les adversaires seront bien obligés de dire "pouce" et d'établir entre eux le plus mauvais protocole viable à l'exclusion de tout autre ? mais c'est occulter que toute ruée arabe sur un Etat hébreu moins armé peut déclencher le syndrome de Massada³ et l'apocalypse nucléaire promise à la génération juive menacée d'éradication, comme en représailles à tous ses voisins.
Que celui de nos lecteurs qui trouvera l'esquisse d'une solution à ce problème jamais résolu - c'est comme un défi mathématique - veuille bien nous en faire part dans un courrier de contact. A défaut, il faut déjà brider le plus fort, juger les voleurs de terres et de sources, contenir les colons juifs qui terrorisent leurs voisins arabes, débarquer le chef des furieux dont l'apparition sur les écrans de la Rue arabe déclenche des AVC, et faire son droit à chaque communauté ; ça commence par ça ! Pour qu'au moins au prochain pogrom s'il échet, les belles âmes ne protestent pas dans le registre du "oui mais".
Dans la foulée, on sera bien inspiré de dissoudre l'autorité palestinienne qui vit sur la bête sans vergogne et de remettre l'administration du territoire contesté (gestion des espaces, réseaux et adductions, police des chemins et des marchés, police criminelle, tribunaux de première instance) à des services communautaires protégés et gérés par le seul Etat en capacité de gouverner, Israël. Ce n'est qu'une suggestion, mais cette vieille ganache de Nétanyahou aurait-elle raison à la fin ?

Note 3 : aujourd'hui c'est sur le plateau de Massada que les soldats de Tsahal font le serment de fidélité à l'idéal sioniste.


Entretemps, l'administration Biden devrait mollir sur le soutien à l'opération spéciale de Tsahal à Gaza car elle ne pourra pas longtemps fournir les consommables du massacre des Gazaouis à l'insu du Grand Israël d'un côté, et dénoncer l'impérialisme russe qui menace l'Europe orientale rebellée contre Moscou de l'autre.

A moins qu'il y ait un fait nouveau qui relance les dés - comme une bombe atomique chiite qui vitrifierait tout le Proche Orient - le monde euro-méditerranéen est condamné à supporter ce furoncle de Palestine et à s'accommoder des réactions erratiques qui vont s'y enchaîner. La fente dans l'armure israélienne est le procès en colonisation/apartheid que veut lui intenter le Sud global. Jusques à quand l'Occident restera-t-il prisonnier de la Déclaration Balfour ? Eternellement !

dimanche 24 décembre 2023

Joyeux Noël, si l'on peut dire !

crèche de Noël

Déjà Noël. Ma carte de saison est une maison la nuit dans les sapins dont les fenêtres sont allumées en bleu. Elle fume. Devant elle, est arrêté sous la lune un vieux roadster anglais avec son couvre-tonneau. Quand on agrandit la carte, on devine que c'est un Burlington. Jiminy Cricket sur mon épaule me dit que c'est un Nick Green's. Noël, l'artisan du Midi établit ses factures payables entre les fêtes. Le riche remettra sa dette au failli sans lui faire la leçon. Le chemineau aura de la brioche aux fruits confits. Et les gamins du monde chrétien déplieront le papier-cadeau de la surprise. Pause ! Noël met en pause l'urticaire social de nos sociétés trop comprimées, croyant ou pas, on remonte le col du manteau à la bise du nord, aux violences du sud. Nous ne ferons aucune remarque désobligeante pour une fois. On saluera courtoisement ce voisin qui nous agace par son chien, et je donnerai ses étrennes au muet qui m'a aidé à fendre le bois. Noël, parce qu'il fait moins froid cette année, j'ai planté un rosier dont je n'ai jamais vu les fleurs, j'espère arriver au printemps pour les découvrir. Je vais mettre deux lilas mauves contre le nouveau mur de pierres appareillées à la médiévale que j'ai remonté l'an dernier. Je voulais y mettre des fleurs d'ombre mais rien n'est venu, alors j'opte pour des grappes en hauteur qui sentiront bon. La fouine grise est revenue au jardin d'en haut et j'ai ôté le piège à loup pour Noël - mais elle l'avait senti - je ne le remettrai pas puisque je n'ai ni lapin ni poule à saigner pour elle. Elle est obligée de passer par ce sentier dans la falaise, ce n'est pas très sport finalement de le piéger. On n'est pas chez les Russes. Depuis que j'ai mis les grenades surnuméraires au compost la petite souris brune est revenue dans le bac. Maintenant elle n'a plus peur. Que je vous dise, le couple de pies qui vivait dans le grand arbre du devant depuis vingt ans a déménagé sur un arbre plus grand encore au bord du fleuve. Elles reconstruisent à neuf, et viennent parfois à l'ancien comme on visiterait une vieille demeure emplie de souvenirs, mais j'ai vu qu'elles y prélevaient du bois. Le geai d'en haut est toujours là, magnifique s'il se tait. Tout est en place. Au fait, le petit Jésus est né en Palestine ! Vous savez, la terre promise aux tueries bibliques et modernes. Ça y va carrément mais de nos jours on ne creuse plus les fosses à la main, il y a des excavatrices. Le progrès, y a pas à dire ! Toute la rue d'ici a eu le cancer et a survécu, c'est un mystère, je vais écouter du grégorien. Faut être prêt. Joyeux Noël à qui me lira.

vendredi 1 décembre 2023

La crécelle aux deux états

J'ai lu ce matin chez Michel Goya que la libération de prisonniers cisjordaniens en nombre par le Hamas via Netanyahou allait favoriser grandement les candidats de l'organisation terroriste aux élections palestiniennes, celles que tout le monde demande pour arracher l'Autorité palestinienne à sa torpeur coupable. Les Jordaniens, qui restent malgré tout les spectateurs les plus impliqués dans le conflit, nous rappellent que le Hamas (acronyme de résistance islamique) est un idée et qu'on ne tue pas les idées. Facile à comprendre en plus puisqu'elle se résume à un slogan très simple : « du fleuve à la mer ! ».

Le slogan symétrique du sionisme l'est tout autant puisqu'on le résume de manière inversée « de la mer jusqu'au fleuve ! ». C'est une idée qu'on ne tue pas non plus. Si les partis de la droite israélienne expansioniste ne cachent pas que le but à atteindre dans leurs actions est la totalité de la Palestine biblique, déjà plus grande que la Palestine mandataire, on se doute moins que la majorité silencieuse en Israël partage en elle-même cet objectif, quand seule une fraction plus petite du peuple juif s'abandonne à la chimère du partage.

photo d'Yitzhak Rabin
Yitzhak Rabin 1922-1995
Les forces en présence dans l'action sont totalement antagonistes. Brandir une "solution" qui contrecarre la volonté essentielle des belligérants est pure agitation médiatique. Quand vous croisez un politicien qui affirme de manière péremptoire qu'il n'y a que la "solution à deux états" qui vaille, comprenez qu'il n'en sait foutre rien et récite le mantra imposé par la conscience internationale dans les enceintes de bavardage. En plus ça pose le discours car la proposition fait l'équilibre entre les deux entités. C'est le miracle des accords d'Oslo (1993) qui a fait croire à cette issue raisonnable, sans prendre en compte la fermentation des haines recuites de part et d'autre soutenant des intentions très différentes. Yitzhak Rabin en mourut, tué par l'un des siens. Ce jour se fête par endroit en Israël.

Depuis lors, l'eau n'a pas coulé sous les ponts du Jourdain car l'agriculture coloniale a pompé toute l'eau, mais les positions se sont durcies de part et d'autre et ce billet n'a pas vocation à dérouler les événements de Palestine le long de ces trente dernières années, de grands journaux s'y consacrent. Juste dirons-nous que l'attaque ignoble du 7 octobre et la riposte disproportionnée qu'elle a provoquée ont bétonné les positions de principe fondateur dans chaque camp. La Haine règne et a tué jusqu'à la Bêtise. Il faut être Joe Biden ou Emmanuel Macron pour ne pas le voir et rester scotché au mantra onusien des deux états. Si les Etats arabes de la région ne sont pas contre une normalisation israélo-arabe, quoiqu'il en coûte aux pouilleux palestiniens, la Rue arabe n'y consent pas.
Nous allons vers un combat à mort à défaut de guerre ouverte, une troisième intifada de la dernière chance dans laquelle les Européens n'ont plus rien à faire selon certains. Soixante-quinze ans d'attentions diverses et beaucoup de milliards n'ont rien donné. C'est vrai. Faut-il pour autant laisser les fils d'Abraham entre eux, au risque peu probable de les voir un jour s'entendre ? Rien n'est moins sûr. Lequel lâchera le premier la cueillère de la grenade dégoupillée ? La déflagration en Palestine convoquera à son spectacle les Etats les plus mal intentionnés de la planète, et puisqu'il faut bien la commencer un jour quelque part, cette troisième guerre mondiale, que le Sud global réchauffe en son sein pour anéantir son déclassement, détendra les ressorts sur-bandés du stress diplomatique international. Nous serons revenus à l'époque des empires ivres de sang. Sauf que l'Europe actuelle n'en est plus un !

Demain, c'est la Saint-Austerlitz! Vous la voyez la chute !

samedi 28 octobre 2023

Du blasphème à la damnation

Riche éditorial de Bertrand Renouvin dans le numéro 1264 de Royaliste sur le désordre du domaine régalien assumé par le pouvoir au motif d'on ne sait quoi, et qui produit en queue de trajectoire l'égorgement du père Hamel dans son église à Saint-Etienne-du-Rouvray, la décapitation de Samuel Paty en pleine rue à Conflans-Sainte-Honorine et le poignardage mortel de Dominique Bernard dans son lycée d'Arras.
Mais cette fois encore, il est un paramètre absent de l'analyse, dont tous les éditocrates se tiennent éloignés et que nous allons évoquer ici : le blasphème.

Le droit au blasphème, si souvent brandi par la presse branchée quand il s'applique à une divinité quelle qu'elle soit ou aux us et coutumes d'une religion, ne peut régler les injures aux croyants, au clergé, aux adeptes, provocations à la haine souvent qui restent passibles de 45000 d'euros d'amende et d'un an de prison. La frontière est mince entre l'homme physique et ses idées.

Le blasphème est de longue mèche en France - une date les écrase toutes, celle du supplice du chevalier de La Barre le 1er juillet 1766 à Abbeville, convaincu « d'impiété, blasphèmes, sacrilèges exécrables et abominables » par le présidial compétent du baillage. Il faudra attendre la loi de Séparation de 1905 pour que ce délit ou crime (c'est selon) disparaisse du Code, la religion devenant une affaire privée de conscience (ou l'inverse). Puis ce droit exercé d'abord à l'endroit des clergés - l'anticléricalislme français est un sport national - a dérivé vers l'injure publique à l'endroit de Dieu. Je me souviens d'une réflexion de Jean-Marie Lustiger, pas encore cardinal, qui, a la vue de dessins immondes du Christ en croix sur Hara Kiri, faisait remarquer que la presse satirique était monté d'un étage, délaissant les clercs pour affronter Dieu lui-même, et qu'on en verrait de funestes conséquences. La rédaction de Charlie Hebdo et Samuel Paty expliquant maladroitement l'intérêt de ce filon l'ont payé de leur vie ; leurs assassins n'ayant pas compris la liberté d'injures garantie par le droit français. Mais qui comprend vraiment ça ?

Les unes anticléricales et très sexualisées des journaux satiriques, en voie de disparition aujourd'hui car débranchés du marché infomationnel, faisaient sourire quand on passait au kiosque prendre le journal du matin. Quand il s'est agi d'appliquer le même traitement aux divinités célestes, beaucoup de passants en furent choqués, et en bon agnostique, j'en fus. Il n'est pas si difficile de deviner l'effet que ces caricatures produisent sur le mental plus frustre de fidèles non "modernisés"; le ramdam qui suivit (avec un certain délai) la publication des fameuses caricatures danoises nous en a convaincu en son temps (2005). Mais sûrs de l'ancrage de nos valeurs républicaines, les pouvoirs publics se sont mis la tête dans le sac de la constitution irréfragable de la république en guise de totem d'immunité pour ceux qui franchiraient la ligne rouge verte ! Ceux-là ont perdu la leur. Et bien sûr, la République française n'y est pour rien !

un enfant juif et un enfant arabe
Arc-boutés sur le droit, les gouvernements croient se prémunir des dangers provenant du domaine spirituel, et de tous autres aussi, par une diarrhée législative continue réglant l'effet de la cause. Ceci est punissable, donc ne peut survenir ! Ce mantra est tout ce qu'on oppose en haut lieu au futur tsunami qui nous guette, je parle de la déferlante propalestinienne que la guerre dévastatrice de Gaza est en train de pousser vers tous les pays d'Occident. On signale à New York, Londres, Berlin une insécurité grandissante chez les communautés israélites ciblées par un nouvel antisémitisme, pas toujours initié par des musulmans d'ailleurs. Les doyens des universités américaines ont un mal de chien (quand ils s'en donnent) à faire rentrer le dentifrice de la haine antisémite dans le tube. Le Secrétaire Blinken somme le Qatar de modérer et réduire le flux d'informations émis par la chaîne Al Jæzeera sur la situation de Gaza pour prévenir une extension des manifestations de la rue arabe, en pure perte puisque dès ce matin, la chaîne a quasiment doublé son volume de reportages et analyses. Ankara prend fait et cause pour le Hamas : cette posture va résonner jusque dans les communautés turques d'Allemagne et d'Alsace. Et même TF1 diffuse un reportage par images satellites des destructions de l'enclave dans le style "avant-après". C'est ravageur ! En bas de chez nous, les partis radicaux tels La France insoumise ou le Nouveau Parti anticapitaliste ont flairé l'opportunité d'un surf facile sur la vague islamique qui monte partout en Europe contre les bombardements israéliens de la population gazaouie innocente. Les canaux officiels ont du mal à fonder la réaction virulente d'Israël sur le grand pogrom du 7 octobre dont on a fait, à tort, l'économie d'images insoutenables de décapitations, éventrations, incinérations à vif etc... qui auraient marqué les esprits dans un sens plus favorable aux kibboutzim et aux raveurs israéliens. Ces horreurs sont déjà passées par pertes et profits des "dérapages inévitables" par tous les sectateurs du Prophète. Ce que l'on entrevoyait de compassion au lendemain des massacres de Juifs a été estompé par certaines réactions très mesurées comme celles de la reine palestinienne de Jordanie sur CNN. Les gouvernements arabes ont parfois déploré mais le plus souvent se sont tus. Les autocrates à poste ont sauté sur l'occasion pour dénoncer, mais avec d'autres mots, l'idée absurde de vouloir forcer une greffe ethnique dans un corps qui la rejette. L'Asie centrale et orientale qui ne compte pas les hommes avec autant d'affection que nous, reste loin de l'orage, bien près de résoudre un conflit typiquement occidental par la loi du "dernier arrivé premier parti". Comme le dit Ricardo Perissich dans Telos, l'occasion est donnée au « Sud opprimé » de maudire l'Occident dans l'organisation foireuse de son espace au détriment de tous les autres. Que dire enfin de cet Occident dégueulasse qui en plus brûle des corans à Stockholm ? Blasphème, la boucle est bouclée.

Si Israël ne peut pas laisser vivre une menace terroriste d'ampleur théocratique à ses frontières, il ne peut aboutir à un résultat pérenne à Gaza et demain au Sud-Liban sans accepter sa propre damnation. Cornérisé par l'impéritie du cabinet "biblique" Netanyahou, l'Etat hébreu renoue avec la conquête sanglante de Canaan que ses voisins peuvent relire pour s'édifier. Et trois groupes navals américains ne bloqueront pas les torrents de rage qui vont noyer le monde arabe. Le Secrétaire général des Nations Unies le voit bien et l'exprime avec d'autres ; on va vers quelque chose d'inédit qui peut muter à tout moment en une guerre sainte épouvantable, laquelle allumera ses feux partout où vivent des musulmans, quiétistes, pieux ou salafistes, voire soufis ou agnostiques. Il ne sera plus temps de faire des lois et de s'empoigner sur les bancs de l'Assemblée nationale. Ce sera bien plus cher que les émeutes "Nahel" du 27 juin au 7 juillet de cette année qui ont touché soixante-six départements et cinq cent seize communes pour 58297 atteintes aux biens ; elles ont surpassé de beaucoup celles de 2005 qui avaient concerné (seulement) vingt-cinq départements et deux cents communes, selon un rapport au Sénat du 25 octobre. What next ? Quelqu'un a-t-il le 06 de Madame Borne ?

samedi 21 octobre 2023

Guerre des morts

Ton mort vaut plus cher que le mien. C'est le principe d'échange des otages sur lequel le Hamas fonde la libération des prisonniers palestiniens en Israël et que lui renvoient les médiats occidentaux ayant établi la liste nominative des victimes de la razzia sanglante du 7 octobre contre l'empilage de "statistiques" pour les victimes gazaouies. Mais l'acharnement des explications ciblées au bénéfice de l'une ou l'autre des parties interdit l'expression d'opinions balancées qui anticiperaient une sortie de crise. Il va falloir beaucoup de morts encore avant que les dieux aient étanché leur soif !

Bombardement de Gaza

Dans une lettre ouverte au président de la République française paru hier vendredi dans l'Orient-Le Jour, Dominique Eddé somme les Européens d'ouvrir les yeux sur la confrontation qu'ils ont organisée :
« Combien de temps encore allez-vous, ainsi que les autorités allemandes, continuer à puiser dans la peur du peuple juif un remède à votre culpabilité ? Elle n’est plus tolérable cette logique qui consiste à s’acquitter d’un passé odieux en en faisant porter le poids à ceux qui n’y sont pour rien ». La lettre est à lire ici.

Tout commence à la genèse : à la sortie de la deuxième guerre mondiale, les chancelleries alliées cherchaient un pigeon pour éponger le sang de la shoah nazie en Europe. Elles sanctuarisèrent le foyer juif de Lord Balfour en Palestine aux dépens des "aborigènes" arabes, connus déjà pour détester les Juifs comme l'avait prouvé s'il en était besoin le pogrom d'Hébron en 1929 ; on sait la suite. On força la greffe à coups de canon.

Chaque communauté a le droit pour elle, mais il n'est pas fondé sur le même corpus juridique. Il n'y a donc pas de passerelle. D'un côté, un cadastre biblique que l'idéologie sioniste entend réoccuper pleinement, en compensation des horreurs endurées par les juifs depuis des siècles et particulièrement sous le IIIè Reich allemand ; de l'autre le simple maintien sur des terres occupées depuis longtemps, partagées à contrecœur, mais confirmé par des résolutions onusiennes que le plus fort n'applique pas. Il est inutile de chercher un verdict à ce procès qui se tient depuis soixante-quinze ans dans deux langues ennemies. Les âmes des protagonistes ont été trop longtemps perfusées à la haine pure que rien n'en sortira de bon, jamais.

Le problème pour nous, notre problème, est que nous participons encore à cette supercherie amalgamant l'antisionisme à l'antisémitisme pour fonder moralement un droit positif de la capture des terres et du captage des eaux en dehors de toute règle d'usage consenti. Nous adoubons une colonisation dure au même moment que nous déplorons ici les effets induits de cette forfaiture. Nous n'avons aucune chance de venir à bout d'une idée de libération, c'est dans les gènes humains ! Nous paierons. Et les miquets à la manœuvre chez nous à l'étage politique se gobergeront de mots ronflants pour dissimuler leur impéritie crasse. La "patrie des droits de l'homme et du citoyens" fait sous elle ! Elle n'a pas voulu contrarier la dérive Netanyahou qui est à la source de l'épisode tragique d'aujourd'hui. C'est Ehud Barak qui le dit au Spiegel (clic).

Un point de confirmation avant de rendre l'antenne. Les atrocités abominables perpétrées dans les kibbouzim par les voltigeurs des brigades al-Qassam le furent à deux titres : fournir par les caméras go-pro enregistrant les massacres le matériau nécessaire à faire sur-réagir le cabinet Netanyahou pour le précipiter dans le piège de Gaza City qui soulèvera l'opinion internationale contre Israël ; attaquer Israël dans la manifestation la plus emblématique du sionisme en action parce que les kibboutzim sont la concrétisation originelle d'un retour pacifique à la terre juive dans une organisation collectiviste et égalitaire. Frapper le symbole !
Cet épisode tragique de la confrontation ne marquera aucun tournant comme on l'entend trop dire par les "experts" en plateaux, parce qu'elle est dans la droite ligne des séquences d'horreurs que cette coexistence sécrète. Que nul n'attende d'un modeste éditorialiste de solution au conflit, d'autres s'en chargeront, en pure perte !

Poscriptum : ondes transmises par cet affrontement. La vitesse à laquelle les Etats-Unis ont procédé au rallye naval sur le Proche Orient (trois groupes aéronavals et un groupe amphibie) doit interroger certains états-majors chargés de rassurer leur pouvoir politique sur la pertinence de leurs choix (à tous les deux). Le message américain est destiné à la Chine populaire plus qu'à l'Iran ou à la Russie dont les moyens d'action sont en vérité très limités : toute mise en tension du Détroit de Formose convoquera le rallye sur la zone d'effort de plusieurs groupes aéronavals avant même que la flotte communiste ait achevé l'embarquement pour Cythère au Foukien. Ne parlons même pas de forcer le passage de Luzon pour prendre l'île de Taïwan à revers. Il suinte d'ailleurs au sein de la marine chinoise continentale un doute sur l'invincibilité officielle proclamée par la clique de monsieur Xi. Un article d'Aljaezeera en parle d'abondance ici.


mercredi 16 août 2023

De l'eau dans le gaz hébreu

le premier ministre istaélien Netanyahou

Depuis soixante-quinze ans, on observe une indulgence certaine dans les instances universelles où s'exprime la conscience internationale à l'endroit du nouvel Etat hébreu établi en Palestine après-guerre, à la notable exception de la Ligue arabe, mais qui ne compte pas vraiment dans l'affaire. Les guerres régionales déclenchées par les menaces des voisins arabes se sont toujours finies au détriment des Arabes palestiniens, exilés pour partie, confinés pour le reste et déclarés sans avenir par tous, même et y compris leurs frères arabes qui troquent avec une certaine hardiesse intérêts et profits avec les Juifs d'Israël. Les seules réticences apparentes viennent du royaume séoudien, curieusement inquiet de la valeur morale de la posture mercantile des Accords d'Abraham. Le prince héritier vient d'élargir à la Cisjordanie l'espace d'intervention de son ambassade à Amman. Mais pour le reste, on n'y peut rien comprendre si on n'intègre pas le non-dit : depuis la constitution du nouveau gouvernement hébreu, largement renforcé des partis de la colonisation à outrance des territoires occupés (ou vacants c'est selon), il ne fait plus mystère que le pouvoir applique désormais un programme de "Grand Israël" si tant est qu'il n'ait un jour cessé de s'y atteler. Depuis la trêve israélo-arabe, cette revendication reçoit la sourde approbation de la conscience internationale précitée. Pour des raisons obscures, le peuple palestinien, ou n'importe comment qu'on le nomme autrement, est sacrifié sur l'autel de la stabilisation d'une région en effervescence continuelle, qui sert en plus de camp clos à l'affrontement des sunnites et des chiites. Bien malin celui qui peut prédire ce qu'il adviendra des relations entre ces pays quand Israël aura "purgé" toute la rive droite du Jourdain et asservi les attardés à sa machine économique, le temps d'achever l’alyah ; à moins que ne soit arrivée l'heure de la renverse. Mais pour mémoire, Eretz Israel est plus grand que ça. Voir ci-dessous la carte en pied d'article.

Tout irait bien dès lors que les adversaires d'hier s'entendent maintenant comme larrons en foire, sauf que l'histoire nous montre (mais pas en détail dans cet article déjà trop long) que les impasses démographiques mettent par terre les plus savantes constructions humaines, Grand Israêl compris. Les deux peuples confrontés sont à parité de nombre et le savent. Il est donc impossible d'éteindre par aucun moyen l'espérance de part et d'autre. C'est apparemment ce qu'ont ressenti quinze cents universitaires, pour la plupart juifs, qui dénoncent dans un manifeste l'apartheid. En voici le texte (traduction "RA belle infidèle") et les signataires :

L'élephant dans la pièce

Nous, universitaires et autres personnalités publiques d'Israël, de Palestine et de l'étranger, attirons l'attention sur le lien direct entre la récente attaque d'Israël contre le système judiciaire et son occupation illégale de millions de Palestiniens dans les Territoires palestiniens occupés. Les Palestiniens sont privés de presque tous les droits fondamentaux, y compris le droit de voter et de manifester. Ils sont confrontés à une violence constante : cette année seulement, les forces israéliennes ont tué plus de cent quatrevingt-dix Palestiniens en Cisjordanie et à Gaza et ont démoli plus de cinq cent quatrevingt-dix structures. Les justiciers colons brûlent, pillent et tuent en toute impunité.
Sans droits égaux pour tous, que ce soit dans un État, deux États ou dans un autre cadre politique, il y a toujours un danger de dictature. Il ne peut y avoir de démocratie pour les Juifs en Israël tant que les Palestiniens vivent sous un régime d'apartheid, comme l'ont décrit les experts juridiques israéliens. En effet, le but ultime de la refonte judiciaire est de renforcer les restrictions sur Gaza, de priver les Palestiniens de droits égaux à la fois au-delà et à l'intérieur de la Ligne verte, d'annexer plus de terres et de nettoyer ethniquement tous les territoires sous domination israélienne de leur population palestinienne. Les problèmes n'ont pas commencé avec le gouvernement radical actuel : le suprémacisme juif se développe depuis des années et a été inscrit dans la loi par la loi sur l'État-nation de 2018.

Les Juifs américains ont longtemps été à l'avant-garde des causes de justice sociale, depuis l'égalité raciale jusqu'au droit à l'avortement, mais n'ont pas prêté une attention suffisante à l'éléphant dans la pièce : l'occupation de longue date d'Israël qui, nous le répétons, a produit un régime d'apartheid. Alors qu'Israël est devenu plus à droite pour tomber sous le charme du programme messianique, homophobe et misogyne du gouvernement actuel, les jeunes Juifs américains s'en sont de plus en plus éloignés ; pendant que des milliardaires juifs américains bailleurs de fonds aident à soutenir l'extrême droite israélienne. En ce moment d'urgence et de possibilité de changement, nous appelons les dirigeants de la communauté juive nord-américaine - dirigeants de fondations, universitaires, rabbins, éducateurs - à...

- Soutenir le mouvement de protestation israélien, l'appeler à adopter l'égalité pour les Juifs et les Palestiniens en deça de la Ligne verte et dans les Territoires palestiniens occupés ;
- Soutenir les organisations de défense des droits de l'homme qui défendent les Palestiniens et qui fournissent des informations en temps réel sur la réalité vécue de l'occupation et de l'apartheid ;
- S'engager à réviser les normes et les programmes éducatifs pour les enfants et les jeunes juifs afin de fournir une évaluation plus honnête du passé et du présent d'Israël ;
- Exiger des dirigeants élus aux États-Unis qu'ils aident à mettre fin à l'occupation, à restreindre l'utilisation de l'aide militaire américaine dans les territoires palestiniens occupés et à mettre fin à l'impunité israélienne à l'ONU et dans d'autres organisations internationales.
Terminé le silence. Il est temps d'agir maintenant !
Signé par ceux dont les noms suivent sur le lien ci-après (il y a du monde):
The Israel elephant in the room (clic)

Pas sûr que cela suffise à interrompre la course folle de Benjamin Netanyahou vers la dictature romaine, peu faite pour le peuple instruit d'Israël, mais on peut sentir soi-même la boutique et apprécier les humeurs de sa clientèle. Faisant aujourd'hui sans les précautions d'usage le lit de la colonisation totale de la Cisjordanie, avant de résoudre le furoncle gazaoui d'une autre manière, il se pourrait que par son entêtement à "finir" le travail que lui avait assigné son père, il ne désarme moralement le peuple juif et l'offre affaibli à ses ennemis ; car "il n'est de richesse que d'hommes" et les victoires de l'Etat hébreu sont à mettre jusqu'ici au crédit d'abord de son intelligence opérant à bon droit plus qu'au tonnage de son armement. Mais le côté trumpien du premier ministre l'a peut-être converti aux bottes de fer de la Connerie "qui marche et va plus loin que l'intellectuel assis". Ce qu'ont compris les universitaires qui se sont mis debout !
En quoi ça nous concerne ?
La stabilité de la Méditerranée orientale qui est traditionnellement dans notre champ d'intérêts croisés, sans parler des surtensions inter-communautaires en Europe occidentale et en France tout particulièrement.

carte ancienne du Grand Israël
Ce billet est le 2200ème sur ce blogue.

samedi 4 février 2023

4 clés pour lire l'intifada qui vient

Le conflit israélo-palestinien est au seuil de sa solution tragique, et les chancelleries ne semblent pas s'en inquiéter. Les acteurs majeurs sont immortels, archi-connus, archi-prévisibles : tant Abou Mazen que Ismaël Haniyeh que Benyamin Netanyahou sont de vieux singes dont on connaît les grimaces, mais derrière lesquels se cachent quatre réalités incontournables et nouvelles. Les voici:

le tombeau de rachel à Bethléem
Le tombeau disputé de Rachel à Bethléem en 1881

(1) La classe d'âge juive des 15-35 ans a été éduquée dans l'inébranlable conviction que le territoire qui va de la mer au Jourdain lui appartint, lui appartient, lui appartiendra. Ce territoire est occupé illégalement ou pas, qu'importe! par une ethnie hostile dont les fermentations nationalistes peuvent provoquer des pogroms. Elle est dangereuse et meurtrière. Nul juif ne fréquente ces gens. La perspective à terme est soit l'extermination sur place, soit une seconde Nakba. Vexations, humiliations, assassinats, tout est bon pour libérer les terres juives squattées.

(2) La même classe d'âge palestinienne a grandi à l'ombre du mur de séparation. Si leurs pères autrefois partaient travailler le matin pour un patron juif - cent mille jadis de Jérusalem-Est - dans les champs, les garages, les conserveries ou l'artisanat, ils apprenaient à "vivre avec", ils connaissaient de bons juifs, leurs familles, leurs fêtes, leurs peines et joies ; lesquels pouvaient apprécier en retour la valeur de leur contribution. Ce frottement est terminé dans de grandes proportions. Les jeunes Palestiniens d'aujourd'hui ne connaissent des Juifs que les colons racistes et les soldats brutaux. L'apartheid est manifeste depuis que les deux communautés se tournent le dos.

(3) Ce territoire disputé entre mer et Jourdain contient juifs et arabes à moitié-moitié : sept millions de juifs et sept millions de palestiniens (en comptant les arabes israéliens). Tout embrasement jettera une moitié du pays sur l'autre moitié, et la moitié juive aura le dessus...... au début.

(4) Les accords d'Abraham (clic) célébrés partout sont des accords intergouvernementaux. Ils n'ont pas été validés par la Rue arabe, nulle part. Mieux encore, ils ont suscité une large réprobation populaire de l'abandon des frères palestiniens par les émirs du Golfe, par le makhzen marocain ou par la bourgeoisie dubaïote. Combien de drapeaux palestiniens dans les tribunes des stades du Qatar lors du Mondial de football ? En cas de conflit sanglant, il peut y avoir un rallye destructeur de tous les intérêts israéliens exposés dans les pays arabes. Sans parler d'une guerre ouverte avec le Hezbollah et/ou le Djihad islamique, renforcés de volontaires intérieurs ou extérieurs.

logo jerusalem arabe hebreu

Tous les ingrédients existent pour que la prochaine intifada soit la dernière après avoir provoqué une déflagration qui secouera tout le Proche Orient. S'il est bien tôt pour en prévoir le vainqueur, soyons sûrs que rien ne retiendra les coups les plus durs et les crimes les plus odieux de part et d'autre, au motif biblique que Mon Dieu est plus grand que le Tien.

lundi 17 mai 2021

La bataille de Gaza

Tour Jala Gaza

Le monde a eu le souffle coupé par la déconstruction sur les écrans télé de la Tour Jala abritant l'Associated Press et la chaîne qatari al-Jézira à Gaza. Le motif de l'occupation des sous-sols par les activistes du Hamas n'est pas douteux, ces gens étant depuis toujours adeptes du bouclier humain. On monte les roquettes sous les écoles, les mosquées, les dispensaires. Tsahal a eu l'élégance de prévenir par téléphone que le site allait être rasé dans l'heure. Dont acte.

Savoir qui a commencé cette bataille, c'est perdre son temps ! Vers la fin de cette décennie la guerre fêtera ses cent ans puisque le pogrom d'Hébron fut perpétré en 1929 sous le mandat britannique.

Mais, comme il en fut au cours de "notre" guerre de Cent Ans, il peut y avoir des respirations, en musique on dirait un soupir, en météo des intervalles (quand le soleil brille), et ces moments ne devraient pas être gâchés par le harcèlement permanent des Palestiniens établis sur un mauvais cadastre ottoman par les colons iraéliens radicaux, comme on l'a vu une fois encore dans le quartier de Sheikh Jarrah à Jérusalem-Est au début de ce mois.
Mais est-ce encore utile de s'en préoccuper ?

La coexistence, et la collaboration économique qu'elle induisait entre citoyens israéliens arabes et juifs, est en phase terminale. La peur d'autrui est entrée dans les villes mixtes, et comme dans nos banlieues françaises, l'exode des uns va croiser l'exode des autres, une manière d'épuration ethnique contre laquelle aucune proclamation ne tient !

L'autre conséquence du désordre actuel est l'enterrement du projet à deux Etats. La Cisjordanie, qui est une prise de guerre du Fatah qui s'en repaît, ne peut être gouvernée par un Etat indépendant contre le vœu du voisin tout-puissant. Le Likoud soutenu par une majorité de citoyens juifs refusent les accords d'Oslo et la "solution". Mais en réalité, l'OLP ne peut pas gérer un territoire enclavé, mité par la colonisation juive et dont la ressource hydrique lui échappe en totalité. Le seul territoire palestinien capable de s'en sortir en étant indépendant, c'est la bande de Gaza qui a tous les atouts pour former une principauté philistine développée et prospère, après incinération complète du Hamas et du Djihad islamique, s'entend ! C'est en cours. Et peut-être que sur le Golfe persique, les sheikhs observent avec intérêt cette destruction d'un furocle iranien en terre sunnite, qui ouvrirait l'espace à de juteux investissements sur la dernière "échelle" du Levant.

Ceci ne résoud pas le dilemme cisjordanien. Le territoire occupé ne peut être annexé pour une raison démographique, ne peut être rendu au roi de Jordanie qui n'en veut pas, ne peut être décolonisé sauf à la marge, ne peut continuer longtemps comme un bantoustan... Dans un prochain numéro, nous soumettrons aux Nations Unies l'interdiction générale des religions et le pinard obligatoire.




La minute stratégique


Si le Hamas ressort vivant de la séquence, même diminué, il aura remporté trois victoires :
1.- Par tout le Moyen Orient, la Rue arabe, chauffée par les chaînes islamiques, va détester la normalisation offerte par les Accords d'Abraham au détriment de l'Autorité palestinienne impotente et bafouée ;
2.- Le consensus démocratique contraint entre Arabes et Juifs israéliens, qui avait abouti à l'entrée d'un parti arabe à la Knesset, aura volé en éclat au niveau de la rue ;
3.- Le silence de Mahmoud Abbas donne aux Palestiniens radicaux l'argument d'une pétainisation de l'Autorité palestinienne avant les élections générales.

Si le Hamas succombe et disparaît des écrans, il aura remporté une quatrième victoire confortant les trois autres : il entrera dans le martyrologue islamique.

Netanyahou n'a pas anticipé les conséquences directes de l'affrontement, sinon il aurait apaisé les points de friction après les Accords d'Abraham, surtout dans le domaine de la colonisation des territoires occupés, en faisant rapporter les lois israéliennes de captation du foncier vacant. Au lieu de quoi il a paradé comme s'il avait remporté la victoire finale et laissé la bride sur le cou des enragés. C'est un politicien du niveau du Sentier !

lundi 21 décembre 2020

April et les impuissants

Miss Provence 2020


Quand la beauté inaccessible déclenche l'ire des impuissants, c'est ce à quoi dut faire face Miss Provence, la première dauphine de Miss France 2021, à l'énoncé de ses origines israélo-serbes. Aixoise de naissance, il a suffi d'un mot pour que s'enflamment les pithécanthropes des réseaux sociaux contre la finaliste "juive". La honte couvre de son noir manteau les soutiens pavloviens de la cause palestinienne à l'occasion d'un concours de beautés, au moment même où le monde arabe l'abandonne.

En reconnaissant l'Etat hébreu, le royaume chérifien, où règne un commandeur des Croyants, acte une lassitude légitime des revendications impossibles des partis palestiniens qui ne semblent pas très concernés de faire combattre leurs soutiens arabes dans une guerre de cent ans !

Pourquoi les factions palestiniennes ont-elles jusqu'ici bloqué toute solution raisonnable de l'antagonisme israélo-palestinien en exigeant le retour d'exil des réfugiés et la ville de Jérusalem pour capitale, quand il est clair que ces conditions ne seront jamais acceptées par leurs vainqueurs ?
Parce qu'elles avaient jusques à l'an dernier le soutien indéfectible et financier des Etats arabes, les organisations ont privilégié la politique du hamac, laissant pisser le mérinos en confiant leur destin à des puissances cousines qu'elles pensaient avoir convaincues de la sacralité de leur cause. Les cousins ont fini par se sentir encombrés et pénalisés jusque dans leur recherche de sécurité.

L'Egypte, la Jordanie, les Emirats, Bahrein, le Soudan et le Maroc ont jugé que cette guerre éternelle méritait d'être perdue pour ôter un point d'infection chiite au Proche Orient, au moment où la République islamique d'Iran cherche par tous les moyens à sauver le régime des mollahs du naufrage économique ; un des meilleurs moyens en dernier ressort étant une guerre ouverte !

L'imbécilité des dirigeants palestiniens augmente la cruauté de la situation sur le peuple palestinien, qui, comme bien des peuples du monde, est réaliste. La Rue palestinienne voit bien que les chimères des politiciens, outre qu'elles les enrichissent considérablement, n'ont aucun avenir à l'échéance d'une vie d'homme. Et sans doute, au fond de leur cœur, sans qu'il en transparaisse rien, certains apprécient maintenant une denrée devenue rare, la promesse d'une amélioration de leur sort si le monde arable se détend. Justice, principes, droits sont autant de desserts pour ventres bien nourris. Quand on prend le temps de les connaître par les reportages ou les livres qu'ils écrivent, on s'aperçoit que les Palestiniens de base aspirent d'abord à des améliorations simples et parfaitement possibles : du travail, un logement, l'école pour les enfants, un système de soins et une économie qui tourne. Les grandes envolées de jadis les indiffèrent, même si la coercition habituelle des sections du parti en convoque beaucoup à protester dans les rues contre les "traitres".

dessin de Chapatte


J'espère avoir l'occasion de parler un jour à ces gens, en France, loin des regards et des oreilles trop attentives, pour juger sans filtre où se situe le centre de gravité de leurs envies. Les aboyeurs de la cause palestinienne n'ont plus aujourd'hui que la solution de former des meutes cybernétiques pour déverser leurs frustrations sur les juifs, depuis que les pays arabes les ont lâchés. April Benayoum qui est une jeune femme splendide et presque juive par son père (c'est la mère qui transmet la judéité chez le peuple élu), nonobstant l'éclatante beauté de la calvadosienne, aurait mérité le diadème. Nous avons eu lors de ce concours un festival d'yeux bleus, ranimant la celtitude et la vikinguerie de notre vieux peuple que les cuistres cathodiques harcèlent de "questions" sans réponses ; la réponse étant toujours dans la question en matière d'intégration ou de diversité. Miss Provence a les yeux verts et ça lui va bien au teint ! J'avais voté Miss Alsace.

dimanche 13 septembre 2020

In memoriam Oslo !

Avec le ralliement du royaume de Bahrein au processus de normalisation israélo-arabe, on enterre les accords d'Oslo qui ouvraient la voie à un Etat palestinien limité, contenu mais viable. Intransigeance, surenchères entre les divers groupes palestiniens ont permis à Israël de mettre une chaîne de sûreté à la porte de l'émancipation. Le sultanat d'Oman va probablement rejoindre le bloc des traîtres qui, avec la bénédiction des Séouds, offre à l'Etat hébreu un espace géopolitique avec un quasi-continuum jusqu'à l'Océan indien. L'Iran utile est cerné. La Thanatocratie islamique va-t-elle accepter cette défaite cuisante sur le Golfe persique ? Il semblerait que la provocation soit parfaitement construite et n'attende que la réaction de Qom pour déplier le chapitre à suivre. En attendant, en cet anniversaire d'un espoir déçu, voici le dernier single de Mohammed Assaf, le roi de la pop palestinienne :

dimanche 29 juillet 2018

Ahed libérée !

Radio France Internationale annonce la libération d'Ahed Tamimi dans sa rubrique [Israël - Justice]. Sans doute le stagiaire de BFM-TV a-t-il encore frappé. Qu'importe ! Ayant soutenu la jeune Palestinienne, le Piéton du roi se réjouit de la levée d'écrou d'une vraie résistante à l'occupation juive*. On peut partir en vacances le cœur plus léger.
* Depuis la révision constitutionnelle de Benjamin Netanyahou, Israël est dorénavant l'Etat-nation des Juifs, donc on peut indifféremment qualifier tout nom commun de "juif" ou "israélien".

Voici l'article de RFI en version libérée de droits :



vendredi 1 juin 2018

242 †

La résolution 242 des Nations Unies qui depuis 1967 "marquait" les frontières d'Israël au sein de l'ancienne Palestine britannique a vécu. L'Etat hébreu manifeste quotidiennement son refus des deux entités juive et arabe imbriquées, et privilégie l'apartheid sud-africain avec deux bantoustans, la bande étanche de Gaza et les communautés palestiniennes fédérées de Cisjordanie puisqu'il ne sert plus à rien de parler d'Autorité palestinienne. La Maison Blanche ayant donné son feu vert au dispositif hégémonique pour des raisons électorales et familiales propres à la famille Trump, il ne sert à rien de se cacher, ce que ne fait plus le Likoud aux commandes à Jérusalem.



Les responsabilités ne sont pas partagées, comme on serait tenté de le dire pour faire un long article des causes réciproques, même si les exigences du Fatah et du Hamas sont inacceptables au plan de la logique démographique. C'est ainsi que les représentants palestiniens ont loupé toutes les occasions sous les présidences américaines précédentes, ce qui faisait bien sûr les affaires d'Israël. Les Juifs demeurent axés sur le projet sioniste éternel d'Eretz Israël, par moment ils le cachent, par moment on le voit. What next ?

Il n'est pas impossible que les faucons provoquent une seconde nakba arabe en dissolvant les pseudo-pouvoirs palestiniens comme le sucre dans l'eau. Le stratagème le moins mauvais (ou le moins immoral) serait d'offrir un travail régulier avec papiers et cotisations sociales à au moins un membre de chaque famille arabe, que le poste soit en-deça ou au-delà de la ligne de cessez-le-feu de 1967. La tentation reste grande néanmoins, quand on voit l'approche carrément raciste de l'infanterie juive à la clôture de Gaza, de désespérer suffisamment le peuple palestinien de Cisjordanie pour le forcer à l'exode vers... Babylone (Bagdad)!

Resterait le cas des déportés de la cage de Gaza, deux millions de gens dont deux tiers de réfugiés chassés par la conquête, qui formeraient le bantoustan extérieur géré directement par l'ONU et les organisations non gouvernementales. Il ne faut pas avoir l'ouïe fine pour entendre le tic-tac de la montre qui déclenchera la charge de semtex. Le Shin Bet peut se voter des félicitations, lui qui a créé le Hamas radical pour emmerder Arafat et se retrouve, maintenant que le pitre historique de la cause palestinienne est mort, avec le Frankestein libre de mouvement dans tous l'espace du zoo où l'on croyait le contenir. Pas pour longtemps !

La déploration du ghetto de Gaza est une cause facile à instrumentaliser avec les meilleures intentions du monde et le logiciel hébreu de confinement par tous moyens réglés par leur seule efficacité ne tiendra pas longtemps. Cette bêtise est le piton où va s'ancrer toute la générosité des bonnes âmes horrifiées des conditions faites aux familles palestiniennes de Gaza, fliquées par la racaille islamiste d'un côté et par les gardes-frontière israéliens de l'autre qui les pilonnent.
Un nouveau convoi part d'Amsterdam pour occuper l'espace médiatique et dénoncer la barbarie israélienne, et si ce n'est pas le premier convoi - les Turcs ont payé de huit morts leur dernière tentative en 2010 - l'opération inaugure de fréquentes répétitions dans l'avenir parce qu'il y a des "clients " fortunés qui partagent l'écœurement de ces pacifistes quant au sort fait aux déportés et aux pêcheurs.
Quant à brandir les "malheurs de Sderot" en réplique, ça m'en touche une sans faire bouger l'autre comme disait Jacques, Sderot avant s'appelait Najd et les villageois connurent le dilemme de "la valise ou le cercueil".

Finalement, Israël suit la mode. La Chine opprime le Turkestan chinois et le Tibet historique, elle vise Taïwan, la Russie reconquiert des terres soviétiques sur la Mer noire et ailleurs menace les Baltes, le Chili écrase les Mapuches, le Mexique le Chiapas et l'Indonésie est agacée par le Timor chrétien dont elle ne fera qu'une bouchée. A la réserve près que nous parlons là de grands Etats et de grandes nations, alors que le Foyer juif hypertrophié de Palestine a atteint aujourd'hui son apogée dans une taille modeste et qu'il est menacé à son tour d'exodes à mesure que se préciseront les nuages noirs de la revanche des piétinés !


mardi 15 mai 2018

Tsahal sans vergogne

La fronde de David !

Messieurs Netanyahou et Liberman ont porté un toast aux soixante-dix ans de la fondation d'Israël dont on se souviendra : 59 Palestiniens tués à Gaza, deux mille blessés. Merde, il en manque onze pour faire un compte historique ! Tsahal tient ses fusils d'assaut horizontalement comme nous l'ont montré les images des émeutes de Cisjordanie, et tirent au 5.56 NATO.

Contre des pierres !

Depuis l'avènement de Donald Trump à la Maison Blanche, il n'y a plus de question palestinienne, juste un problème palestinien en Israël, du même ordre que les émeutes raciales aux Etats-Unis, une effervescence qui se traite à coup de fusil par la police anti-émeute ! C'est Hubert Védrine qui signalait chez France-Info hier cette mutation de l'affrontement israélo-palestinien en question d'ordre public. Il n'y a plus rien à négocier avec les "autorités" de Ramallah, juste assurer l'ordre dans le bantoustan et punir les "cafards" comme les nomme le ministre de la défense.

Dès lors tout s'explique. Le massacre de Gaza est imputé au Hamas depuis la Maison Blanche et les agents d'influence de l'Etat hébreu répétaient hier en boucle qu'Israël a le droit pour lui, défendre ses frontières ! Contre des pierres ! C'est bien.

Charger à bloc la chaudière de la haine est sans conséquences, la sous-humanité concernée n'ayant ni les moyens, ni les soutiens extérieurs nécessaires à la confrontation, à l'exception de l'alliance chiite irano-libanaise que l'Administration Trump a l'intention de traiter à la coréenne ou de l'incinérer, voire plus si affinités. N'oublions pas que les Etats-Unis ont un affront à venger, celui de la prise d'otages de l'ambassade de Téhéran en 1979, qui ne sera lavé que par l'éradication de la clique islamique de Qom ; et avec des conseillers de la trempe d'un Bolton à la Maison Blanche, il y a des chances qu'on s'y essaie !

Les pays arabes font l'un après l'autre leur deuil de l'interminable question palestinienne qui ne figurera bientôt plus à leur agenda ; à commencer par l'Arabie séoudite dont le prince héritier a marqué son irritation l'an dernier devant les revendications impossibles de l'Autorité palestinienne. Tous les régimes sunnites sont hypnotisés par la menace iranienne réelle ou ressentie, sauf le Qatar et le sultanat d'Oman qui s'en accommoderont, et considèrent avec intérêt la puissance militaire de Tsahal qu'ils n'arrivent pas à égaler. Ceci devrait "libérer" les Palestiniens de la tutelle encombrante de l'impotente Ligue arabe, et favoriser la recherche de nouveaux sponsors. Les réactions internationales aux événements de la journée du 14 mai marquent les points d'ancrage possibles : la Turquie et l'Afrique du Sud sont en pointe et l'Asie lointaine commence à s'émouvoir. Quand des Chinois continentaux qui ne se connaissent pas me disent que la Terre irait mieux sans Israël, sachant comment sont formées les opinions politiques en République populaire de Chine, je me dis que Pékin commence à bouger. D'autres pays demandent des enquêtes ou convoquent l'ambassadeur israélien ; tous sont écœurés, parce qu'en occident, on ne tire pas sur les boucliers humains ! S'y résoudre à tous bons motifs est entrer en barbarie.

Liberman le barbare, clone de Poutine
Les Israéliens dans leur ensemble ne méritent pas la dialectique binaire et l'exposition dangereuse dans laquelle les maintient Benjamin Netanyahou et ses ultras, mais c'est le jeu démocratique qui a porté le Likoud en tête et donc le peuple. Il y a quelque part une responsabilité collective de la nation juive à la situation de fait, une occupation qui désormais en vaut une autre dont on n'ose parler. La justification originelle de l'Etat hébreu commence à s'estomper, beaucoup dans les chancelleries ont compris qu'autant de place on leur laisserait, autant ils en prendraient davantage. C'est le logiciel soviétique, ce qui est à moi est à moi ! Ce qui est à toi, on en parle ! Eretz Israël redevient fascinant pour les partis nationalistes et sectaires après la période de mésentente cordiale qui succéda aux Accords d'Oslo. S'il advenait que le renfort américain mollisse ou s'épuise, c'est la promesse d'une apocalypse à terme, le désespoir palestinien est trop fort pour que perdure l'apartheid.

Comment se réglera le défi démographique qui s'annonce au Proche-Orient ? Pendant que les Juifs se pavanent, les Arabes baisent. On a peur d'imaginer une solution finale à la Liberman !

lundi 2 avril 2018

Deux notes au lundi de Pâques

Pour que Rocket-Man sorte le train blindé et aille à Pékin, il fallait un besoin pressant de soulager les entraves mis par les Chinois à la nucléarisation de la péninsule coréenne. Il n'est pas besoin d'intercepter le trafic télégraphique mais simplement les statistiques disponibles, ce que le Financial Times s'est empressé de faire (c'est l'heure des pros !) aussitôt le tyran revenu sur ses bases :
Au premier bimestre 2018, la Chine n'a exporté que 350 tonnes d'essence en Corée du Nord, soit presque rien comparé au premier semestre 2017 où sont sorties de Chine 81316 tonnes d'essence.
Pour le charbon et l'acier, ce n'est pas meilleur : de décembre à février 2018 rien n'est sorti de Chine (zéro) alors que les exportations au premier semestre 2017 atteignait 51762 tonnes. Pour l'acier on parle de 514 tonnes seulement au premier bimestre 2018 contre 90660 tonnes au premier semestre 2017.

Certes il y a la contrebande. Mais la mise sous séquestre par l'ONU de bateaux nord-coréens, indépendamment du pavillon sous lequel ils naviguent, l'entrave sérieusement : 28 navires sont touchés et 21 compagnies de commerce maritime voient leurs comptes bloqués, et pas des moindres quand on relève dans la liste Huaxin Shipping, Shanghai Dongfeng Shipping et Weihai World Shipping Freight !
A noter également que le traitement de la question nord-coréenne relève de la stratégie d'Etat et qu'il n'en faut pas beaucoup pour charger les contrebandiers d'atteinte à la sûreté nationale, ce qui se traduit en clair par une balle dans la nuque sur la place du marché à 11 heures !

La Chine a sorti les longues queues de billard. Elle montre qu'elle règle à sa guise l'oxygénation du régime de Pyongyang et qu'il ne faut pas trop pousser sur les droits de douanes à l'importation aux Etats-Unis. On est dans le grand jeu. Trump est au pied du mur, sera-t-il de taille ? Quand il hésite sur le traité sud-coréen, ces messieurs de Pékin s'activent dans une juteuse coopération avec le petit tigre dont l'industrie hypertrophiée peut équilibrer les atermoiements de certains pays occidentaux qui cherchent à protéger leurs emplois.




Pâques

La grosse manifestation du désespoir des Gazaouis contre leurs conditions d'existence imposées par le blocus israélien en réponse à la résistance du Hamas s'est soldée par quinze, seize, dix-sept... morts et mille ou quinze cents blessés dans leurs rangs. Les pétochards en frontière protégée ont tiré à balles réelles parce qu'on leur jetait des pierres et des bouteilles d'essence. Il n'en faut pas beaucoup aujourd'hui pour que Tsahal chie au froc. Ce n'est pas cette armée de Marie-Louise fébriles qui gagnera une nouvelle guerre des six-jours. L'infanterie juive a tourné en armée d'occupation et c'est un poison dans lequel elle a perdu son âme parce qu'il est un ferment de haines recuites, réciproques, insolubles.
Les justifications brandies par le gouvernement de Netanyahou, comme quoi leurs soldats ont identifié des activistes palestiniens dans la foule, sont misérables. Ouvrir le feu contre des pierres, pendant le temps de la Pessa'h en plus, il fallait oser... mais c'est à ça qu'on les reconnaît.

Rien n'arrêtera plus la jeunesse palestinienne, surtout celle concentrée dans le camp clos de Gaza. C'est bien plus que leur légitimité que les Juifs israéliens vont perdre, mais le soutien moral du reste du monde. Ils s'en foutent, me dit-on dans l'oreillette. Alors, qu'ils n'attendent pas de pleurs de commisération de l'étranger si ça tourne mal. Il ne reste plus que l'Europe à endosser son soutien sur le souvenir de l'Holocauste, mais jusqu'à quand ? La réprobation de façade des années noires se lézarde, il n'y a plus d'écho européen aux revendications israéliennes sauf dans les communautés juives qui, ce faisant, se marginalisent. Aveugles à ce point, c'est sidérant.

Postscriptum du 6 avril 2018 :
Marche du Retour de ce vendredi à Gaza : 10000 protestataires, 1000 blessés, 7, 8, 9, 10 tués palestiniens (selon le New York Times).


mardi 2 janvier 2018

Ahed Tamimi

L'occupation israélienne de la Cisjordanie contre le gré des résidents (formulation diplomatique) convoque évidemment l'utilisation des forces armées. Et d'autant plus quand tu prends tous les points de captage d'eau et les terres alentours afin de nourrir des colons juifs venus de partout dans le monde pour continuer la saga biblique d'Abraham chez les autres !

Il faut plus que du doigté dans cette forfaiture, condamnée mais jamais combattue, et l'arrestation d'Ahed Tamimi est un bel exemple de connerie que se repasseront les écoles militaires d'oppression tranquille ; car il existe des manuels exposant comment gérer les moutons... mais aucun ne s'aventure à expliquer comment y arriver avec les loups.

Or la jeune Ahed est un petit loup qui promet de forts désagréments dans la confiscation des territoires palestiniens. C'est sans doute pourquoi le Tribunal des forces d'occupation a requis contre elle douze chefs d'inculpation, certains remontant à quelques années.

Quand on la regarde dans la presse du Proche-Orient, on ne peut éviter de penser à l'Irlande ; la carnation de peau, les cheveux blond-roux, le regard métallique, et ce menton volontaire qu'on ne peut pas lui faire baisser.

D'ici peu, elle aura conquis les cœurs républicains en Ulster et deviendra une icône de la résistance bien plus largement qu'en Palestine. L'imbécile et douteux Nétanyahou aura versé un peu plus de haine dans le tonneau de poudre. Mais cela, il n'a jamais pu le comprendre puisqu'il annexe aujourd'hui à Israël les colonies juives pour raccourcir la mèche.

À ses risques et périls !

Nous avons déjà pleuré !


La gamine a commencé tôt !

jeudi 7 décembre 2017

Trump rallume la mèche


Jérusalem serait donc la capitale impérissable des Hébreux, comme Pékin celle des Hans et Moscou celle des Russes. Nul n'y avait pensé avant monsieur Trump. Ce président est un génie. Les Arabes ont le choix entre plusieurs capitales des califats successifs comme Damas, Bagdad ou Le Caire dans un autre genre. Pourquoi se fixent-ils sur Jérusalem ?

En fait, ils s'en foutent. Je m'explique : les gouvernements arabes parrains des Palestiniens en ont ras la chéchia du malheur des Palestiniens, jusqu'à entendre il y a trois jours le prince Mohammed ben Salmane Al Saoud suggérer à Mahmoud Abbas de prendre le village d'Abu Dis comme capitale (et d'arrêter de le gonfler avec toutes leurs récriminations). Dans l'esprit des dirigeants arabes, la guerre a été perdue trois fois contre Israël à leur dépens et débours. Il est plus que temps d'encaisser la défaite et de passer à autre chose.

Le seul problème est que les Palestiniens n'ont jamais fait la guerre et considèrent donc qu'ils n'ont pu la perdre ! Ce sont les armées d'Egypte, Syrie et Jordanie, renforcées de contingents venus d'ailleurs et d'Irak qui se sont battues pour les Palestiniens, pas eux !

Dans le cas qui nous occupe, les jours à venir seront remplis de proclamations définitives et de menaces, mais à part des émeutes et des caillassages dans les Territoires, il ne se passera rien de majeur et surtout pas la guerre ouverte puisque il faut être deux pour la faire. Donald Trump est-il passé par ce raisonnement en cherchant à conclure la négociation par l'écrasement de la partie faible ? C'est cynique mais parfaitement dans les cordes d'un magnat newyorkais.

Une fois encore les Palestiniens sont les dindons de la farce. Leurs deux revendications majeures, Jérusalem-Est et le retour des réfugiés, ne peuvent pas être acceptées. On se dirige vers un apartheid avec deux bantoustans (reliquat cisjordanien et bande de Gaza) organisés sur des terrils de haine incandescente. Les Juifs semblent s'y résigner, aux Arabes d'en faire autant, pensent-ils. C'est bien pourquoi la lutte palestinienne va passer du tapis vert aux caves à bombes. Le terrorisme est rechargé sans que personne n'ait à le décider, les cibles sont désormais les Américains, les Juifs, partout et jusqu'ici ! Dommages collatéraux attendus. Nous, Français, nous sommes des collatéraux. Il y a beaucoup de soldats démobilisés qui cherchent une solde au Djihad.


lundi 30 octobre 2017

Centenaire de la déclaration Balfour

Jeudi prochain, jour des Morts chez nous, Israël commémorera les cent ans de la déclaration d'Arthur Balfour, ministre des affaires étrangères de sa gracieuse majesté, qui participa au dépeçage de l'Empire ottoman dans la grande tradition de fout-la-merde du Foreign Office ! Où que vous regardiez sur le globe sauf en Amérique latine, tous les abcès purulents actuels sont des grains de beauté suppurants infectés par les bureaux anglais. Outre maintes raisons aussi tordues que cachées, la déclaration Balfour rémunérait l'engagement des Juifs d'Europe dans les rangs britanniques au Proche-Orient (La Légion juive). Huit jours plus tard, Jérusalem était enlevée aux Turcs ; le sept novembre, le croiseur Aurora tirait au canon pour signaler le commencement de la Révolution d'Octobre à Saint-Pétersbourg. Mais dans tout ce vacarme, on oubliait les grands chefs arabes à qui les Anglais avaient tant promis. On peut lire ci-dessous le texte qui offre un atterrissage en Terre sainte au projet sioniste. Maints livres ont été écrits sur la question du "foyer juif", nous n'y revenons pas. Le centenaire va susciter un torrent d'articles*.
* Orient XXI
* AFPS
* Balfour 100
* Nuit d'Orient
* (votre propre article ici, que vous signalerez dans la section "Commentaires")


On a déjà commémoré cette année (clic) le cinquantenaire de la victoire israélo-arabe de 1967, on pense arriver à un traité de paix quand les poules génétiquement modifiées auront des dents. Israël s'est battu contre ses voisins pour s'agrandir sur un territoire ne lui appartenant pas mais où résidait une population autochtone quasiment apatride. Il y a une ressemblance dans cette captation avec la conquête de l'Arakan par la Birmanie en 1787, où résidaient (aussi) des Rohingya n'appartenant à personne. Les Birmans actuels sont en train de purger le Rakhine (Arakan) de cette anomalie insoumise, en toute cruauté mais parfaite logique. C'est ce que n'ont pas osé faire les Juifs en Cisjordanie en 1967 ; il faut dire qu'ils n'avaient pas la démographie suffisante pour compenser l'exode et qu'il fallut créer le "mythe d'Eretz Israel" pour susciter des candidatures de pionniers (ou colons si l'on veut) afin d'occuper le terrain conquis.

Israël est aujourd'hui devant le dilemme suivant : soit il accepte un Etat palestinien imbriqué entre les colonies juives (qui tiennent tous les captages d'eau), Etat qui lui sera hostile et renforcé par tout le monde arabe jusqu'à l'heure du jugement dernier ; soit il organise l'agrégation des Palestiniens à un Etat juif augmenté qui muterait en état fédéral, en contrôlant sérieusement la démographie du composé ethnique, ce qui est à la fois racialiste et dangereux, mais pas plus que les taches d'encre noire musulmanes qui s'agrandissent chez les nations européennes.

Peut-on raisonnablement penser que la paix s'obtiendra en confinant les uns et les autres ? Pourquoi ne pas bâtir ensemble la Terre sainte de demain ? Bâtir ? Oui, concrètement à chaux et à sable et pas seulement bavarder dans des micros d'estrade pacifistes ou financer des ONG bisounours. Quoi bâtir ? Bâtir quoi ? Et si par exemple on commençait par remonter la Mer morte au niveau de la vraie mer ? Impossible, on noierait trop de terres jordaniennes, mais utiliser le dénivelé entre elle et le Golfe d'Aqaba donnerait de l'hydro-électricité à toute la région, et en ajoutant une station de désalinisation sous pression, enverrait de l'eau douce partout où elle manque. Ce projet existe :

C'est en 2006 que les Etats-Unis et le Japon associés à l'Union européenne et à l'Agence Française de développement ont financé par la Banque mondiale l'étude de faisabilité. Elle a duré deux ans et a coûté un max de pognon (on parle de douze millions d'euros). Les experts pensent boucler le projet avec cinq milliards de dollars. Comment ça marche ?


On refoule l'eau du golfe dans un bassin collinaire jordanien à 600m d'altitude relative au-dessus du niveau de la Mer morte. Puis on laisse couler l'eau vers le nord dans un canal couvert de 180km de long vers l'usine à dessaler et la station hydroélectrique. Finalement, le projet a été réduit en 2013 au format boutique du Sentier : on se contentera de poser un tube depuis le Golfe vers une usine de dessalement et envoyer l'eau vers la partie méridionale asséchée de la Mer morte dont on percolerait les sols. C'est pas cher, mon fils, avec cinq cent millions de dollars tu fais plein de photos officielles. Ce projet économique (en image ci-dessus) plaît aux Juifs, aux Palestiniens et au roi de Jordanie. Il reste à appeler les dons parce que bien sûr, aucun des trois ne veut payer. C'est l'Orient quand même !

Pour finir, le Piéton du roi à la pointe du renseignement vous livre un secret : les grands Etats arabes tout autant que leurs classes moyenne et supérieure en ont ras la chéchia de l'affaire palestinienne qui s'éternise dans la lutte des egos, les revendications marxistes et la corruption des féaux : aussi « crèvent Fatah et Hamas pourris jusqu'à l'os ! ces gens ont fait la démonstration qu'ils étaient incapables de se gouverner ! on a beaucoup donné déjà... et trois guerres !».
C'est ainsi que privés de soutiens extérieurs, vont se liquéfier les embryons de pouvoirs palestiniens laissant ouverte la porte de tous les désordres dans l'indifférence de leurs voisins. Israël devra donc prendre en charge la répression et l'administration quotidienne des deux bantoustans. Il reste trente-et-un ans pour faire un compte rond à cent ans !


Postscriptum du 3 novembre :
La revue Causeur niait la possibilité d'un Etat palestinien à la sauce d'Oslo dans un article de Rachel Binhas du 13 octobre 2017 intitulé : L'Etat palestinien n'aura pas lieu.

mercredi 19 décembre 2012

Nouvelles de la boutique sémite

Dispute au dîner. Les Juifs de Palestine ferment le couloir cisjordanien à Givat Hamatos avec 2610 appartements (voir la carte de B'Tselem) et agrandissent Ramat Shlomo de 1500 clapiers. Ici, ils ont des droits historiques, bibliques, sur la Judée et la Samarie. Là, ils enfreignent les résolutions onusiennes et le droit international en bâtissant chez autrui pour immigrer en zone occupée. Le piéton du roi fait passer la bouteille et se ressert une lichée de Saint-Amour (les grès triasiques du terroir en font des vins charpentés en macération longue mais qui se boivent adolescents) et proclame qu'il s'en fout !
Les Gazaouis ont bombardé Sdérot pendant des lustres avec des rockets faites en tubes fly-tox ; en fait ils visaient les occupants sans titre de Najd dont les villageois arabes furent expulsés en 1948. Peu me chaut, ce n'est pas moi qui prend la pelle à fossoyer. Les Israéliens pilonnent des écoles ou des dispensaires à Gaza City dans lesquels se planque la vaillante infanterie du Hamas. Même punition, la pelle à d'autres, j'ai mal au dos.
Cette ethnie sémite s'entretue de bon coeur depuis des siècles dans une guerre fratricide. Salut Abram, le patriarche, pas le char ! C'est leur malédiction et les voies du Dieu tonnerre qu'ils adorent à leur manière sont impénétrables.

Sur la même longueur d'onde du Département d'Etat, je pense que le double langage hébreu n'honore pas son gouvernement de boutiquiers sans vista. Petit jeu, petit gain ! A diverses raisons aussi entortillées que les anglaises des purs fainéants de la vieille ville, les responsables israéliens cultivent le danger de leur situation comme des tomates, repoussant de diverses façons l'aube de toute solution ; comme celle de deux Etats économiquement imbriqués. Peut-être pensent-ils que l'Holocauste leur sert de viatique originel (comme le péché originel qui sert à tout) et les autorise à pratiquer sans vergogne les caprices politiciens qui leur traversent l'esprit. Ils se trompent lourdement car les yeux du monde sont secs à leurs malheurs. La moitié de la planète en passe de diriger l'autre est étanche aux horreurs de nos guerres, ils ont eu les leurs, en pire ; et quelques millions d'empêcheurs de commercer en rond ne vont pas leur couper l'appétit si d'aventure ils se faisaient foutre à la mer ! Mettre l'affaire en débat dans les diasporas asiatiques est instructif vu de Sirius.




Et symétriquement, le recours aux bombes terroristes placées dans le public, le refus de tout compromis pacificateur du côté du Hamas, comme le défilé d'enfants armés déguisés en martyrs dans les cohortes vertes hystériques, assèchent par avance toute commisération extérieure pour les conséquences futures d'une vindicte remontée en boucle. Les monceaux de ruines de Gaza ressemblent à d'autres monceaux de ruines accumulés ailleurs par les évènements naturels. Affronter les réalités semble des deux bords impossible. C'est le mot : réalités. Ces gens, accrochés à des principes fumeux et mortifères, ignorent volontairement les réalités du monde actuel et comptent encore, des trois côtés¹, sur des soutiens extérieurs pour que le mirage de leurs illusions restent en suspension sur l'horizon. C'est la guerre et la mort qui vont surgir du brouillard de poussière ! Tirez le rideau c'est horrible à voir.
"Trente à !", la partie continue sans moi.


Dieu pourvoiera aux cartouches !


(1) Likoud, Hamas, Fatah

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