jeudi 12 novembre 2009

Hisahito le chouchou

SAR HisahitoEn ce vingtième anniversaire de règne de l'empereur Akihito, son Altesse Impériale le prince Hisahito d'Akishino s'est habillé tout seul après avoir fait sagement ses devoirs. Il a trois ans. Surveillé par tout le peuple nippon comme la prunelle de ses yeux, il est le seul descendant mâle de la lignée Yamato depuis quarante ans, et donc destiné au Trône du Chrysanthème quand viendra l'heure choisie par la déesse solaire Amaterasu. Son emblème est le pin parasol du Japon, son nom de prince évoque le calme et le temps long, ce dont le Japon a le plus grand besoin aujourd'hui.
Privée de ses pouvoirs politiques par le chaos de la Seconde guerre mondiale, la maison impériale rassure par son étanchéité aux modes et son impassibilité légendaire. Rien ne dit que les temps futurs ne convoqueront pas au conseil des hommes un empereur détaché des intrigues, indépendant des lobbies, juge-arbitre des causes graves. Ce pourrait être Hisahito.

Du moins, cette "présence" quelque part magique d'une vieille maison impériale à portée de voix, influence-t-elle l'axe de réflexion du pouvoir qui met de plus en plus l'accent sur l'avenir du futur nippon défié deux fois, d'abord par une démographie négative qui construit l'archipel des vieillards, ensuite par l'émergence de la Chine dans une posture impériale dont les dirigeants travaillent aussi à long terme, et dont le Japon, qui n'a rien oublié, est bien placé pour anticiper les effets sur lui-même.

Premier ministre HatoyamaL'accession du Parti Démocrate aux affaires sous la conduite de Yukio Hatoyama signale un virement de bord carré de l'Empire, bien plus sérieux que la réintroduction des seize rais de soleil aux mâts de beaupré des navires. D'abord les enfants ! La démographie négative poursuivie pendant de décennies pour faire survivre un forte population fourmillant sur des îles peu fertiles induisit des comportements malthusiens qui pourraient ruiner l'économie de l'archipel. Il est donc décidé de favoriser par tous les moyens la natalité, en réorientant des crédits d'équipement et des économies de fonctionnement des administrations* vers des dispositifs d'aide à l'enfance et aux mères. La première mesure sera de "dé-précariser" l'emploi des femmes qui sont enceintes et aujourd'hui marginalisées en entreprise. Suivent les garderies, crèches, centres de protection maternelle et infantile, etc. Beaucoup d'argent mais aussi un changement de mentalités en direction des hommes, qui sous des dehors policés se conduisent le plus souvent comme des "beaufs".
*le Bureau de la Stratégie d'Etat est chargé de réformer le mammouth nippon.

pavillon japonaisL'autre question est sans doute plus facile car elle s'appuie sur un consensus national - au grand dam de la conscience universelle portée par de grands ventilateurs comme notre bon docteur Kouchner et madame. Il Giappone farà da sè ! Le traité de San Francisco, vous pouvez vous le carrer dans le fion, vous nous créez plus de problèmes que vous n'apportez de solutions. L'interlocuteur utile de la région Extrême Orient n'est plus l'Amérique, même si Obama vient se mettre à genoux un jour ou sous peu à Hiroshima et à Nagazaki. L'interlocuteur qui risque de décider pour les autres, c'est la Chine trimillénaire, juste là, de l'autre côté de la mer, à portée de voix, et qui s'adresse en permanence à ce jeune Japon bimillénaire. Il n'y a plus vraiment de place autour de la table pour les Indiens de la Plaine, et surtout depuis qu'ils amènent avec eux le grand sachem musulman du Kenya ! Faire un succès diplomatique en Asie en pareil équipage serait tout à fait nouveau. C'est plus fort qu'eux. Pavlovien ! Rien pour eux ne peut être sérieux venant d'une panthère noire ; or les temps sont terriblement sérieux en Extrême Orient, où une bombe atomique est jouée au bonneteau coréen chaque jour. Ce n'est pas le camelotage de la première année de présidence démocrate qui les fera changer d'idée, même s'ils décidaient de passer outre leur racisme feutré.
Obama arrive demain.

geisha ©KedralynnIci, dans ce beau pays qu'aiment tant les Japonais, nous avons par comparaison, un petit bourgeois hypertendu, parvenu en tête de gondole par défaut de concurrent sérieux, qui se goinfre tant qu'on le sert à l'oeil, lui et les siens, innombrables siens. Gageons qu'à l'issue de sa fonction, il commencera à compter ses sous à lui, à moins d'avoir le gîte et le couvert chez un pote millionnaire comme son prédécesseur, mais cela servira-t-il à quoi pour l'hôte, d'avoir un baratineur à table sans culture ni pouvoir qui agite la gourmette ?
A l'inventaire des frasques coûteuses du petit reître, il nous est désormais interdit de critiquer la gouvernance africaine, sous peine de faire pisser de rire tout l'incontinent noir. Par delà l'Union Pour la Méditerranée mort-née, portons-nous candidat à l'Union Africaine, en profitant du piston de Jean-Christophe Mitterrand.
Le monde de demain, trop complexe, trop dangereux, échappera aux mains éphémères des amateurs et sera celui du temps long de gens impliqués charnellement. Si nous voulons assister au match, il nous faudra cesser la bouffonnerie du régime oligarchique actuel qui nous ruine, et passer au modèle éprouvé de la monarchie qui, si elle ne nous enrichit pas du jour au lendemain, nous attirera déjà le respect d'autrui que nous avons perdu. Ça compte !

PS : Si vous voulez briller dans les dîners en ville, avalez déjà les Annales des empereurs du Japon, succès garanti. Si BHL vient avec sa femme, vous repartez avec elle. Garanti.


l'empereur et l'impératrice du japon
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Loi d'exil 2009

Alerte Info - breaking news - última hora

L'un des participants actifs au forum ViveLeRoy sous le pseudonyme Pays-De-Caux, juriste de son état, a réveillé le Landerneau royaliste en prédisant le retour de la loi d'exil de 1886, caché au sein du projet de loi n° 1890 portant simplification et amélioration de la qualité du Droit.
C'est le troisième volet d'un processus de dépoussiérage du corps de lois de la République française qui sera présenté en séance le mardi 1er décembre 2009, à partir de 15 heures au Palais Bourbon.
Pour vous en faire une idée, nous vous invitons à consulter le projet¹ édité par les services de l'Assemblée nationale en cliquant ici.

Il suffit de se reporter à l'article 136 - 25° du projet (page 127 du format .pdf) qui stipule l'abrogation de « La loi n° 50-728 du 24 juin 1950 portant abrogation de la loi du 22 juin 1886 relative aux membres des familles ayant régné en France ; ».

Voici l'essentiel des dispositions impliquées :

Loi du 24 juin 1950 dite loi Hutin

Article 1er.- La loi du 22 juin 1886 relative aux membres des familles ayant régné en France est abrogée.

Article 2.- Au cas où les nécessités de l'ordre public l'exigerait, le territoire de la République pourra être interdit à tout membre des familles ayant régné en France par décret pris en Conseil des ministres.

Loi du 22 juin 1886 dite "Loi d'Exil"

Article 1er.- Le territoire de la République est et demeure interdit aux chefs des familles ayant régné en France, et à leurs héritiers directs, dans l’ordre de primogéniture.


Il est facile de comprendre que si la loi votée du projet n°1890 n'abroge pas la loi de 1886 en même temps que la loi de 1950 qui l'abroge, la première est remise en vigueur et réintègrerait le droit applicable.
Même si les circonstances politiques présentes ne motivent pas l'exécution de ces dispositions d'éloignement, on ne peut présumer des circonstances futures, surtout en l'état actuel de déréliction d'un régime à bout de souffle. A moins bien sûr que la vieille loi de 1886 n'ait été abrogée dans un des grands nettoyages législatifs précédant celui-ci.

M. WarsmannLe député UMP des Ardennes Jean-Luc Warsmann, rapporteur du projet, s'est-il rendu compte de cette bévue ? A sa décharge, le corpus législatif de la République est un tel fatras que la meilleure intention peut devenir "diabolique".
Il appartient aux intéressés d'approcher le député-rapporteur, ou sinon leur député de circonscription, pour tirer l'affaire au clair avant la session de décembre, et pour le moins faire compléter l'article 136-25°de l'abrogation de la loi antérieure.
A cet effet, et pour prévenir un éventuel défaut de veille juridique bien compréhensible au milieu de la diarrhée législative ambiante, nous avons déjà communiqué l'information au secrétariat de l'Institut de la Maison de Bourbon et à celui de l'association Gens de France.

Note (1): url du projet de loi : http://www.assemblee-nationale.fr/13/pdf/propositions/pion1890.pdf


ADDENDUM du 23.11.2009

L'effet scabreux de l'abrogation est réparé par un amendement au projet, suggéré par Pays-De-Caux, forumeur de ViveLeRoy.
Ci-dessous :
amendepment au projet de loi



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mardi 10 novembre 2009

Onze Novembre 2009

Cette année, quatre-vingt-onzième commémoration de l'armistice, nous sommes seuls. Plus de vétérans de la Grande Guerre sur terre. Tous en terre. Pour la première fois, il manquera quelqu'un.

un BCA monte au front

Le bataillon de chasseurs alpins monte à pied depuis sa garnison méridionale jusqu'à Epinal. Ce choix du commandant avait-il pour intention de terminer la cohésion de corps d'une unité constituée de rappelés avant de les jeter sur les Bavarois ? Peut-être avait-il des problèmes de discipline. A St Dié, les compagnies sont embarquées sur la ligne de Fraize (ligne 18-5 de la Cie de l'Est¹) qui monte comme une ensileuse bien réglée les troupes d'assaut vers les crêtes. La marche au front fut efficace, au pied du Bonhomme, les compagnies manoeuvrent comme un seul homme, les mulets de la section de mitrailleuses sont fringants, les fusils dégraissés, et le prestige du chef de bataillon rehaussé par une manie adoptée tout au long du voyage : il marchait en tête de ses troupes d'un pas infatigable et ne montait en selle que pour traverser les bourgs et y saluer les édiles qui lui souhaitaient gloire et médailles.

écusson BCAC'est ainsi que l'on arrive au matin dans les sapins sur le Hun. Là-haut une mitrailleuse commence, premières salves, les ordres criés, regarder son caporal, s'arracher au sol, sur la ligne, monter, devant, en-avant ; la mitrailleuse..., les premiers morts, les premiers blessés, les premiers hurlements, le silence. Les culasses claquent, la mitrailleuse à nouveau, les ordres criés, relève-toi, sur la ligne, monter, devant, en-avant, devant, des morts, à droite ou à gauche ça passe, mais devant soi ça serre les tripes. Gémissements sous le bruit de mitraille ! Devant je vois rien. J'en vois pas. Regarder la caporal. Monter, comme pour s'échapper. En-avant, devant. Le caporal. Plus là. C'est le serre-pattes. Il lève la main. Des ombres dans les sapins. Stop. Baïonnette-au-canon. Réapprovisionner, armer. On y est. On va courir. Vingt mètres ? Le sang aux tempes. Il lève la main. Ça a bougé dans les sapins. Dernier tir, putaing. Le serre-pattes, en-avant, dos courbé bras tendu. Devant moi. Assaut ! On va piquer du boche.

Les Vosges se souviennent encore du sacrifice des Alpins. Les noms des crêtes sont associés à d'énormes sacrifices : Tête des Faux, Hilsenfirst, Breitfirst, Langenfelkopf, Sondernach, Braunkopf, Hartmannswillerkopf (Vieil Armand) où seront consommés des milliers de braves par compagnies entières², Lingekopf. Partout des stèles, des croix. A part l'invasion temporaire de la plaine d'Alsace méridionale au tout début de la guerre, la ligne de front se confondra avec celle des crêtes jusqu'à l'armistice au prix de combats féroces de part et d'autre. On en arrivera à ce délire de la guerre de tranchées où, comme à la Tête des Faux, les fortifications ennemies se toucheront sur les angles par endroit faute de place dans l'escarpement ! Il faut le voir pour le croire. Outre les chasseurs alpins et leurs dérivés à pied, les Vosges consommeront des tirailleurs indochinois et sénégalais, qui à douze cents mètres dans la neige ne devaient pas être à la fête.

cimetière du Vieil Armand
Classés troupes d'élite et chargés normalement de la conquête des sommets et la tenue des cols, les chasseurs alpins, libérés par la neutralité des Italiens, furent employés partout, en plaine comme en montagne, et payèrent un lourd tribut aux opérations, que l'on estime à quarante mille morts, plus deux fois autant de blessés. Certaines unités furent reconstituées trois fois, à l'exemple du 24° BCA de Villefranche-sur-mer et de sa formation dérivée, le 64°, qui perdirent 240 cadres et 2590 chasseurs, avec plus de 6000 blessés, pour un effectif initial de 2000 hommes.
Son frère d'armes savoyard, le 51°BCA disparaitra corps et biens en trois jours à (La Bolle, col d'Anozel et Ban-de-Sapt) les 26, 27 et 28 août 14. Mille deux cents croix à planter !
En avril 17, on sacrifiera au Chemin des Dames, la 66° Division d’infanterie alpine et le 159° RIA de Briançon, pour rien. Mais le 159ème reconstitué prendra Reims en 1918.

stèle Gal Bataille au BonhommeUn nom traversera l'histoire des Alpins de la Grande Guerre, celui du général Bataille, le bien nommé : ancien d'Indochine, il est mobilisé en août 14 au 7e corps d'armée (81°Brigade dont le fameux 152è de ligne de Gérardmer) et conduit ses troupes en couverture entre le col de la Schlucht et le col de Bussang dans les Vosges. Sa brigade est engagée dans la bataille d'Alsace et combat vers Mulhouse et Colmar. Le 3 septembre 1914, il prend le commandement de la 41e division d'infanterie. Toujours devant, il est tué cinq jours après sous le bombardement de son état-major, au col du Bonhomme le 8 septembre 1914. Il donnait ses ordres au milieu de ses chasseurs alpins. Une stèle rappelle cela. Mon grand-père était au 7. Il eut la "gueule cassée" dans les sapins au col du Bonhomme, mais ramassé le lendemain il survécut !

Souvenons-nous qu'alors tout le monde en fut.
Peu de planqués, mis à part les gérontes qui avaient déclaré cette guerre civile européenne. Parmi les morts au champ d'honneur, cinq cents écrivains de France et parmi eux des célébrités qui ne se défilèrent pas sur les Champs Elysées, comme Ernest Psichari (†août 14 sur sa batterie à St Vincent-Rossignol), Frédéric Charpin (†août 14 à Courbesseaux), Alain Fournier (†septembre 14 à la Tranchée de Calonne), Charles Péguy (†septembre 14 à Villeroy), Joseph Vidal de la Blache (†janvier 15 au Bois de la Gruerie), Jean Maspero (†février 15 à Vauqois sur l'Argonne), Louis Pergaud (†avril 15 à Marcheville), Paul Drouot (†juin 15 à ND de Lorette), Jules Leroux (†juin 15 à Neuville St Vaast), Léon de Montesquiou (†septembre 15 à Souain), Augustin Cochin (†juillet 16 à Maricourt), Marcel Alvernhe (†avril 17 à Buzancy), Lionel des Rieux (†février 15 à Malancourt), Appolinaire (blessé en novembre 18, trépané deux fois avant de décéder), ...
Si des hommes politiques participèrent au combat, l'enthousiasme fut moins général parmi les 292 députés et 11 sénateurs mobilisables. Seuls 36 voleront au secours de la patrie en danger les armes à la main, mais cela n'étonna personne.

Sans doute trouvez-vous certains jours que la Nation - ce qu'on appelait jadis la race - manque de ressort. Souvenez-vous des 1470000 morts pendant la Grande Guerre, au meilleur âge de l'homme , auxquels on doit ajouter les 90000 braves de la bataille de France de 1940 qui, en moins de soixante jours, infligèrent des pertes sévères à la Wehrmacht et à la Luftwaffe, et sauvèrent l'honneur. Dès l'armistice on décida de les oublier, la légende de la lâcheté et de la débâcle arrangeait tout le monde, et préservait une autre légende à suivre.

Pour commémorer cette année le quatre-vingt-onzième anniversaire de la Victoire et des sacrifices consentis par notre peuple, l'Action Française organise un hommage particulier en haut des Champs-Elysées le 11 au soir à 19h, devant la plaque bleue de la manifestation estudiantine du onze novembre 1940. Dépôt d'une gerbe et allocutions. Venez.

tract AFE pour le 11 aux Champs-Elysées
Note (1): une ligne à l'écartement Decauville sera posée dès 1915 vers Plainfaing et au-delà pour accélérer l'intendance et la relève. Cette ligne sera masquée par des artifices de camouflage [source]. Les Allemands en feront autant des Trois Epis au Schratzmännele.
Note (2): on parle de 30000 morts de notre bord au Vieil Armand et presque autant de l'autre bord, ce qui est proprement effarant.




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lundi 9 novembre 2009

999 - jour de mémoire

carrote de buraliste françaisNeuf novembre 2009. Vingt ans plus tard que la chute du Mur de Berlin, ce jour restera celui de la dernière augmentation du prix des cigarettes, car la traite des blondes aura eu raison de l'Imperial Tobacco en France. Jusqu'à dimanche dernier, un quart des clopes fumées en métropole provenaient de la contrebande. Outremer, pas la moitié. On peut raisonnablement tabler sur un tiers à échéance de trois mois. On s'arrache déjà les 20-pieds bruns.
Mathématiquement, la consommation n'ayant jamais plus baissé depuis 2005 - on a atteint le stock de fumeurs endurcis -, la vente taxée se ratatine, privant le Trésor Public de juteuses recettes pour un dommage sanitaire de niveau constant. Déjà dans les soupentes, des gnomes en charge de notre "liberté" - ils s'en grillent quelques-unes dans l'effort - phosphorent sur le moyen de faire entrer du cash pour sauver les incurables et le budget du bon monsieur Fillon.

Plus six pour cent ! C'est qu'il a fallu contenter tout le monde et son chien, ménager les buralistes, plaire à Bercy et entendre Bachelot. Gouvernement du consensus... on attend le prochain sondage pour savoir si l'on a eu raison d'augmenter ; le seul "verdict" est la popularité.

Les tarifs ont été publiés au Journal Officiel de la République française : Cliquez ici sans attendre. Mercredi sera publié celui des pâtes fraîches au blé dur.
Aucun paquet ne vaut moins de 5,10€ et le Caporal à rouler dit "gros-cul" est à 6,90€ le cube de 40g.
Mais de quoi est donc fait le prix d'une clope ? La Douane qui sait tout nous fait le décompte sur 5 euros :
- On va d'abord donner 40¢ au buraliste, qui va financer son stock et l'assurance de son stock.
- Le Trésor Public va prendre 3,20€ de droit de consommer¹ (et il en reste qui fustigent la gabelle de l'Ancien régime).
- Le Trésor va se taxer lui-même et appliquer une TVA de 16,3856% sur le prix de vente officiel (TTC) au détail, soit 82¢.
- Restent 58¢ à Imperial Tobacco pour apporter le paquet au bureau de tabac, fabriquer les vingt cigarettes, acheter les feuilles au planteur et les tirer vers la manufacture.

Votre bonheur est donc apprécié à 80% de la valeur d'un bien de consommation courante. Vous êtes en pays socialiste ; la chute du Mur, c'était un hologramme pour les benêts.

fumeuse nue © François CaillonLa culpabilisation des fumeurs qui accompagne la campagne de désintoxication - vaine à ce jour en terme de consommation - pourrait nous faire croire que l'Etat n'est pas à sa place dans cette invasion des comportements privés. Mais que si ! Dès que vous vous abonnez à la solidarité nationale, vous cessez la privatisation de vos comportements et moeurs et n'est-il pas normal que la société compte ses sous et le coût de nos extravagances ? Le spéléologue, l'alpiniste, n'ont pas à convoquer en garantie la solidarité nationale s'il ne cotisent pas spécifiquement à cette assurance collective, onéreuse pour tous.
Finalement, nous beuglons contre la plantation de bornes à notre liberté de faire, de dire et même de croire, mais nous nous sommes jetés nous-mêmes sous le joug du contrat social qui dispose de ce qui est bon pour tous. La République raisonne par grandes masses et soumet l'intérêt général à la loi du Nombre. Il serait mieux que le régime qui lui succèdera, s'intéresse d'abord à chacun des hommes composant cette société et, en matière de santé, range les cas à risque volontairement assumé dans la sphère des assurances privées.

Fumez tant qu'il vous plaira - mais sans ennuyer votre prochain - vous n'aurez pas de couverture sociale publique. En attendant que le consommateur mûrisse, vive la tradition des gabelous et des Mandrins, sel ou tabac, il n'y a pas mort d'homme... en dévalant du col.

2 malboro
PS : en ramassant mes souvenirs, je n'ai pas celui d'avoir "sorti" de France une cartouche en douce.

Note (1): Destination des sommes collectées sur le droit de consommation :
*Caisse nationale de l’assurance maladie des travailleurs salariés : 32,46 % fumeurs et non-fumeurs ;
*Fonds de financement des prestations sociales des non-salariés agricoles : 52,36 %, planteurs inclus ;
*Fonds de cessation anticipée d'activité des travailleurs de l'amiante : 0,31 % (fumer en travaillant sur l'air des Sept Nains de Blanche Neige)
*Fonds de financement de la protection maladie complémentaire de la couverture universelle du risque maladie : 1,88 % (?!)
*Fonds national d'aide au logement : 1,48 % (?!)
*Budget général : 11,51 % dans le trou noir.



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dimanche 8 novembre 2009

Noces de bois

mariage d'AnjouCinq ans déjà que fut célébré le mariage de Louis-Alphonse de Bourbon et de Marie-Marguerite Vargas en la petite église de San Estanislao de Cracovia à Saint-Domingue. La noce fut grandiose (1570 invités) qui salua la fraîcheur de la jeune mariée et l'impeccable jeunesse du prince Bailli Grand Croix d'Honneur & Dévotion de Malte. Les amis et clients du banquier Vargas avaient été tout simplement bluffés.
Si la Maison d'Espagne avait boudé la noce de su excellentissimo au motif que les rois étaient ... en Syrie, la reine Sofia avait passé outre et téléphoné ses meilleurs voeux à la mère du marié, que l'on voit radieuse sur les photos des magazines. On sait bien que le duc d'Anjou n'est plus des leurs, ses pères ayant renoncé, et la chancellerie royale l'ayant rayé de l'Almanach. Il est donc tout à nous. Mais l'organisation française qui en revendique la promotion et veille à "ses intérêts", n'alla pas non plus à Saint-Domingue, vexée sans doute de n'avoir pas été sollicitée pour son exequatur. Les absents ayant toujours tort, la fête fut féérique et les grincheux vite oubliés. Ceux-là durent ramer, ou plutôt faire ramer la duchesse douairière d'Anjou et Ségovie, pour raccrocher les wagons au train d'enfer du Vargas trust...

On vit le couple radieux aux Invalides dès la messe de 2005, et chacun put s'assurer qu'ils ont la représentation dans le sang. Dans d'autres circonstances, à Las Fallas de Valencia où le maire Rita Barberá leur fit les honneurs de la tribune officielle, on a compris que Marie-Marguerite avait un effet apaisant car, dans ses rapports à la presse, le prince Louis avait pour la première fois montré une aisance inaccoutumée, bien différente de sa décontraction naturelle d'athlète.

Louis et Marguerite à la corrida
Depuis lors, leurs altesses ont vaqué à tous leurs devoirs de proximité de la Légitimité, même si d'aucuns peuvent souhaiter voir le prince plus souvent aux affaires ici qu'à Sotogrande. Mais cette implication plus marquée, cette empreinte attendue sur une politique légitimiste si ce n'est pas un oxymore, exigent une structure à la fois d'accueil et de diffusion plus volontariste que l'organisation limitée existante.
Louis-Alphonse de Bourbon ne peut pas se contenter de messes en France ou au Vatican jusqu'à ses quatre-vingt-dix ans. D'où l'idée qui vient naturellement de recréer la chancellerie du prince Alphonse. Avec quatre attachés au secrétariat central et seize délégués en Province, tous ayant juré de servir, l'organisation "officielle" portait au plus loin l'intention du prince et donnait les arbitrages. C'est de cela qu'il s'agit aujourd'hui, pour dépasser la période des commémorations.

à SotograndeMême s'il ne nous appartient pas de "juger", les cinq ans passés ont montré la justesse du choix en diverses occasions. Le fruit le plus croquant étant bien sûr la petite princesse Eugénie qui annonce dans ses yeux un tempérament affirmé, voire "un caractère", qui se bonifierait certainement de la préoccupation d'un petit frère ou d'une petite soeur à partager avec ses parents. C'est aussi le minois susceptible d'enterrer la vieille loi salique ; j'entends grincer les lattes du parquet fondamentaliste sous le poids des docteurs de la loi qui avancent.
Longue vie à leurs altesses royales auxquelles nous adressons aussi nos voeux les plus sincères pour le retour de leur entourage familial à la sérénité, indispensable à l'accomplissement de leur destin.
Discret certes, mais attentif toujours, Royal-Artillerie.
Pour vous servir.
Si Dieu le veut, nous reviendrons dans cinq ans.


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Eugénie dame d'honneur déchaussée

samedi 7 novembre 2009

GMM, grande mosquée de Marseille

gaudin avec le projet sous verreLou Ravi de Marseille a ciré l'imam en grandes pompes pour la permission triomphale de construire la mosquée aux Abattoirs Saint-Louis, après huit longues années de cent-dix mètres haies. A l'origine, c'était d'ailleurs le projet des bouchers marocains. M. Gaudin, au président Moussaoui du Conseil Français du Culte Musulman : « À Lyon, à Montpellier, à Lille, il y a une grande mosquée, Marseille doit avoir la sienne. C'est une marque de reconnaissance envers les musulmans et tous ceux qui ont laissé leur vie pour que la France soit libre. Mais assurez-vous d'avoir les moyens de réussir avant de détruire le bâtiment existant ».

Pour réunir les vingt millions d’euros de budget nécessaires à la réalisation de la Grande Mosquée et ses annexes¹, qui doit être édifiée dans le 15e arrondissement de Marseille (nord), l’association GMM qui conduit le projet, compte en effet solliciter les pays musulmans. L’Algérie, le Maroc, la Tunisie, le Sénégal, la Mauritanie, les Comores (?), la Turquie et l’Arabie Saoudite ont été approchés. Les engagements arrivent. Algérie, Maroc et Comores ont répondu avec des chiffres. Une souscription va être lancée sur les Bouches-du-Rhône.

La mosquée sur papier a déjà son site : www.lamosqueedemarseille.org, duquel est extraite la vidéo architecturale en 3D ci-dessous, avec muezzin :


On peut apporter son tapis


Deux cent cinquante mille fidèles musulmans attendent cet édifice qui reconnaîtra la spécificité de la cité phocéenne, à l'histoire de laquelle ils ont contribué ; puisque c'est à Marseille que fut scellée l'alliance de François Premier et de Soliman le Magnifique entre les mains de l'émir al-bahr (amiral) Kheir-ed-Din Barberousse² ("bienfaiteur de la religion"), qui débarqua le 20 juillet 1543 au Vieux port, après avoir encaissé 1.200.000 ducats du Sultan pour armer sa flotte et s'enrôler au côté du roi de France contre Charles-Quint.
statue de l'amiral Barberousse à IstanbulSi la chiourme de sa flotte était turque, le pont était sous le commandement de renégats chrétiens et juifs, marins de fortune expérimentés, par moment chasseurs d'esclaves et toujours à l'affût d'aubaines en professionnels de la course, qui pullulaient alors en Méditerranée.
Le corps expéditionnaire "turc" avoisinait les trente mille hommes, de sacs et de cordes, et les Phocéennes furent l'objet premier de leurs occupations. Marseillais de souche, doutez ! L'inconséquence du Valois lui coûtera 800.000 écus pour faire rembarquer les "Turcs" dont finalement il n'avait pas l'usage, et dont la présence encombrante en revendications et frais d'entretien était perçue comme une provocation gratuite par les princes européens. [cf. La piraterie barbaresque en Méditerranée de Roland Courtinat, Ed.Gandini, 12€].

Ce petit clin d'oeil étant fait, l'analyse (rapide) des motifs d'acceptation de cette construction exotique montre qu'ils sont proches de ceux qui ont présidé à la construction de la Grande Mosquée de Paris en 1926, en aboutissement d'un projet de Napoléon III : les Troupes d'Afrique. Lyautey, Mangin et la Grande guerre étaient passés par là. Dans son allocution, Jean-Claude Gaudin mentionne expressément le sacrifice des musulmans. Dans sa logorrhée démocratique, le sénateur-maire agrège aux musulmans "tous ceux qui ont laissé leur vie pour que la France soit libre", sans qu'il soit sûr que sous les croix de bois de nos cimetières militaires, on ait caressé le rêve de la grande mosquée de Marseille. L'exploit verbeux de circonstance d'un tribun de pacotille ne diminue pas deux réalités :

(1) Soixante garages pour deux cents mille fidèles du Prophète, ça ne va pas. Ces gens ont droit de construire un lieu de culte. Ils ne demandent rien de plus qu'un permis de construire et, même si on peut disputer les dispositions avantageuses du bail emphytéotique donné par la mairie sur de vieux abattoirs excentrés - facilités qui motivent le recours des partis MNR et FN devant les tribunaux avant les élections régionales - la vocation méditerranéenne de Marseille s'y voit affirmée. Mais ça peut ne pas plaire quand l'islam est le vecteur de cette mutation, parce qu'il charrie "génériquement" un modèle social intolérant.
vue d'oiseau de la mosquée de marseille

(2) La nature est à l'esprit ce que le vide est à l'idée. L'une et l'autre en ont horreur. Et si la bonne pipe fait le bon "opium", le ralliement à la République ordonné par Léon XIII par le truchement du cardinal d'Alger trouve ici une conséquence tardive, démontrant que le dit-pape s'est vautré en choisissant la mauvaise... pipe. La République est laïque et ne protège de rien, pas plus de la déchristianisation du pays que de son islamisation. Après le désastre de la Révolution, au déclenchement de laquelle l'histoire convoquera l'Eglise, il eut peut-être mieux valu rester dans la transcendance et même y revenir intégralement, au lieu de se jeter dans le siècle et sa corruption mentale. Le repère serait resté visible de tous, lisible par tous, indiscutable. Au lieu de quoi, les catholiques derrière les clercs se sont lancés sur le marché du "Charity business" pour s'y faire doubler.
Avec quatre pour cent du peuple qui va à la messe, il est vain de vouloir inverser la tendance, ou même stopper la crue. L'oecuménisme pontifical se chargeant lui-même de détruire les digues, quand il "égalise" les religions du Livre, il n'est pas loin de les "légaliser". C'est ce qui se passe sous nos yeux.

Jamais plus royaliste que le roi, j'attends des "identitaires" à la manoeuvre qu'ils choisissent bien l'axe de propagande en dehors de la religion puisque aucun prélat ne moufte, du moins publiquement. Je sais qu'ils n'invoqueront pas les racines judéo-chrétiennes mais plutôt les vraies racines gréco-romaines de l'Europe. Son nom lui-même n'est pas hébreu.
Un monde avance qui ne me plaira pas.


Note (1): village touristique musulman avec un restaurant, une bibliothèque, un amphithéâtre et une école théologique et son marché aux esclaves blondes dévêtues (euh... non, j'entends les croquenots de la Halde).
Note (2): Au Timgad de la rue Brunel à Paris, il y a une très belle fresque de l'amiral Barberousse attaquant le Peñon d'Alger où succombera le 27 mai 1529 la garnison du marquis Don Martin de Vargas, après deux semaines de bombardements réciproques. Les Espagnols finirent à 53 ! (petit signal de fumée sur l'ancienneté de cette maison connue des légitimistes)



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vendredi 6 novembre 2009

Les 20 ans du Mur

Kanzler KohlC'est à Leipzig que le peuple des Ossies allume la mèche de la mine qui détruira la RDA, un certain 9 octobre. Trop nombreux sur la grand-place Karl Marx pour être mitraillés, ils découvriront leur force, et n'auront plus peur. Qui dès lors pouvait risquer de prendre pour l'Histoire le nom de "boucher de Leipzig" ?
Une émission de Jean-Pierre Tésévou Elkabbach à la Bibliothèque Médicis a réuni des professionnels des affaires étrangères toutes griffes dehors et un journaliste allemand, actif à cette époque dans les plus hautes sphères. Ce dernier attira tout l'intérêt. Cette émission est accessible sur la chaîne Public Sénat ou ci-dessous page suivante. On apprend que la chute du Mur créera par ricochet l'Euro au mois de décembre 1989 (même si le nom n'était pas encore arrêté). Nous vous la recommandons.
Je ne pourrais apporter après cette émission que mon témoignage de lonesome piéton et le souvenir de mes propres réactions et celles de mon entourage lors de cette journée historique.




Trois axes de réactions en Occident :

Les militaires : grande alarme à Berlin entre les chefs locaux des quatre nations occupantes. Ils n'avaient pas d'instructions. A Haren-Evere¹ (Bruxelles), on abaissait déjà mentalement les drapeaux de l'Alliance atlantique pour y nouer le crêpe noir ; pour presque tous l'OTAN était finie. Deux ans de travaux de liquidation de l'administration par les fonctionnaires internationaux du siège et des agences, ensuite chacun devrait se battre pour réintégrer les fonctions publiques nationales.
Les FFA² comprenaient aussi qu'elles repassaient le Rhin, sous les délais nécessaires au casernement des unités en métropole. Forcément le nombre d'unités serait allégé.
A noter que si les FFA furent dissoutes (en deux fois), l'OTAN a fait sa mue en phagocytant les républiques orientales, et demeure active, face au même "péril".

construction du Mur
Les politiques : deux réactions très négatives qui furent par la suite estompées par la diplomatie, celles du Royaume-Uni (Thatcher) et de la France (Mitterrand). Une réaction dubitative : celle de la Pologne, un peu sur le cul d'être à l'origine³ du grand chambardement.
Les communicateurs autorisés intervinrent sur les ondes françaises pour nous expliquer toutes les conditions que l'Allemagne aurait à remplir avant de songer à une réunification de la Grande Allemagne au cours de la prochaine décennie, Grande Allemagne qui à nouveau leur faisait peur. Finalement, le gouvernement de Bonn jouera perso pour gérer l'avènement du vieux pays, achètera le retrait des troupes russes, et mettra la France et l'Angleterre devant le fait accompli. Helmut Kohl savait déjà que l'occasion était historique de renouer avec le passé, et dans son élan d'enthousiasme refusait la ligne Oder-Neisse qui lui barrait l'accès à la Poméranie**. Il comprendra vite que c'était le pas trop loin pour tous ses voisins et reviendra dans les frontières de 1945, mais en refusant un traité de paix dont les conséquences pécuniaires pouvaient être énormes.

Seuls les Allemands savaient où ils allaient et le prix élevé de leur réunification. Leurs alliés, intoxiqués par une supposée santé prussienne de l'économie socialiste de RDA, pataugeaient dans la désinformation, et les Russes à court d'argent tendaient la main. L'Allemagne paiera tout le monde en cash, en crédits, en accords européens. Déjà les petites communautés allemandes expatriées en Union soviétique et jusqu'en Roumanie faisaient leurs paquets pour rentrer à la "maison".
Le 9 novembre 1989, le cycle imbécile des guerres européennes initié par la Prusse se terminait. L'Europe serait désormais libre, pacifiste et... européenne ! Vingt ans plus tard, le chantier est encore ouvert.

Un jeune officier du KGB vivra au quotidien la liquéfaction rapide de l'Armée Rouge en RDA : il s'appelait Vladimir Poutine, il en tirera la leçon.

ouverture du Mur
Les peuples : nos amis de l'Est étaient fous de joie, au point qu'ils furent sans doute déçus tant ils attendaient de l'Eldorado occidental. Ils n'avaient pas encore perçu les "cadences infernales" qui étaient nécessaires pour faire fortune à l'Ouest. Les Français de la rue toujours partant pour le camp de la liberté, étaient heureux. N'y connaissant personne, je ne sais si les cadres du PCF mirent du temps à comprendre qu'ils étaient condamnés, dès lors plus sûrement par la chute du Mur que par le Programme Commun anachronique de 1981.
Une chose est sûre avec du recul, les peuples européens ont compris l'avenir plus vite que leurs dirigeants, Helmut Kohl mis à part.

Un très bon dossier du CEPII*** sur la réunification par ici


Note (1): Siège du Secrétariat Général de l'OTAN en Belgique
Note (2): Forces Françaises en Allemagne, quartier général à Baden-Baden
Note (3): Insurrections de Solidarnosc à Gdansk et ailleurs en Pologne en 1980
Note (**): Dans les mentalités allemandes et sur les cartes Météo de la télévision, la RDA s'appelait "Mitteldeutschland", ce qui signifiait qu'il y avait encore une Allemagne plus orientale.
Note (***): Centre d'Etudes Prospectives et d'Informations Internationales, gros thinktank français de stratégie économique.




mur abandonné
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mercredi 4 novembre 2009

Éditeur en ligne

Bruno PatinoLa loi Hadopi-1 du 12 juin 2009 annonçait un nouveau statut d'éditeur de presse en ligne créé par un décret ad hoc. Ce décret est paru le 29 octobre dernier au Journal Officiel sous la cote 2009-1340. C'est l'une des retombées des Etats Généraux de la Presse Ecrite (Pôle III).
On savait la définition du service de presse en ligne cernée par la loi de 1986 (n°86-897) : « On entend par service de presse en ligne tout service de communication au public en ligne édité à titre professionnel par une personne physique ou morale qui a la maîtrise éditoriale de son contenu, consistant en la production et la mise à disposition du public d'un contenu original, d'intérêt général, renouvelé régulièrement, composé d'informations présentant un lien avec l'actualité et ayant fait l'objet d'un traitement à caractère journalistique, qui ne constitue pas un outil de promotion ou un accessoire d'une activité industrielle ou commerciale ».

Le décret d'octobre ne reconnaît que le professionnalisme (déclarations légales à la CNIL et aux offices divers) et oblige à avoir au moins un journaliste encarté dans l'équipe, au sens de l'article L. 7111-3 du Code du travail. Editeurs de webzines en garage, passez votre chemin, il faut cotiser à l'Urssaf. Mais pornographes professionnels, itou, le statut vous montre du doigt. Inutile aussi de se cacher derrière un service de presse en ligne pour vendre des Rafales ou des épinglettes fleurdelisées. Non ! Il faut de l'info rédigée, de la vraie, du lourd, et surveiller les salopards qui plombent les commentaires de choses inscrites à l'enfer de la bienpensance ! Ce n'est donc pas "évident" !

capture Rue89
Je suppose que les éditeurs de la presse papier qui bénéficient déjà d'aides spécifiques de l'Etat ne pourront cumuler. Les conditions étant remplies, il y en a onze dans le décret, vous devrez soumettre votre super "journal" électronique à la Commission Paritaire en formation qui déblaiera les faisans et labélisera les bons. Les blogues individuels et portatifs n'ont aucune chance - Cry Artillery ! -, mais les encyclopédies en ligne non plus. Par contre les sites comme Rue89, Slate, Mediapart, Causeur, Journal Chrétien, JLMorandini, Le Petit Journal, Mondial Infos, AgoraVox ou LePost, voire Bellaciao ou L'Araignée, passeront sans trop de difficultés et auront accès au fonds de soutien gouvernemental abondé de vingt millions d'euros par an. Ce fonds sera renouvelé deux fois, à l'effet de financer l'équipement informatique des éditeurs et l'investissement dans des équipes au niveau.
Où est le site monarchiste de news dans ce paysage ?
Chez Gutenberg !
Aveugles aux réalités du marché de l'information, les responsables des groupes royalistes communiquent au travers d'organes confidentiels pour abonnés convaincus, éternels souscripteurs à leur sauvetage. Ils semblent heureux de "se faire plaisir" et comme d'autres traînent devant la glace au rasage. Il en est même qui se croient à l'Action Française (version Jardin d'Eden).

capture LePost
Or les meilleurs organes de presse s'électronisent pour cent raisons dont la première est le départ des lecteurs vers les écrans, et d'abord ceux des hebdomadaires. Ainsi les groupes sacrifient les titres supplétifs pour mettre leurs moyens sur le fleuron de la marque, généralement le quotidien, mais en lui créant un miroir électronique très fourni en matériau et services ancillaires en tous genres (voyages, shopping, billetterie, promotions commerciales, portail de blogues, etc.).
Parallèlement, les équipes sont renouvelées pour relancer la créativité et hausser la qualité des contenus, seule garantie de survie en période d'inondation de news.
Quel titre monarchiste avez-vous lu librement en ligne ces derniers temps, en tapant son nom dans la barre Google ?

capture Bellaciao
On peut comprendre avant de tourner la page, que l'agressivité de la concurrence des médiats électroniques soutenus financièrement par l'Etat va être renforcée au détriment des médiats traditionnels en perte de vitesse malgré leur forte consommation de subventions. Il se pourrait même que les cadavres servent à faire manger les jeunes pousses.
Mais bon, depuis qu'on vous en prévient !


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