Barnier Michel, affecteusement désigné comme L'Endive de Savoie par notre Capo-di-tutti-capi impressionné par sa candeur, s'en prend à nouveau aux "agences" qui nous font des enfants dans le dos, et lui de récuser leur pouvoir en réclamant des organes tuteurs des marchés financiers l'interdiction faite aux gnomes de publier au moment inopportun ! Que ça !
Les origines des agences Fitch Ratings, Moody's et Standard&Poor's remontent avant la guerre de 14. Ce ne sont pas des perdreaux de l'année, et même si elles ne bénéficient pas des dispositions du dogme de l'infaillibilité pontificale - surtout dans l'évaluation des banques - elles rendent des services inestimables depuis le début, par la notation extérieure des entreprises humaines et des Etats. Elles furent créées aux sources du capitalisme à l'époque de la construction industrielle des Etats-Unis. Il fallait donner une information non-publicitaire aux souscripteurs d'actions des compagnies de grands travaux, mines et usines. Ont-elles noté la Compagnie Universelle du Canal Interocéanique de Panama de M. de Lesseps, je l'ignore, mais le scandale dans lequel le projet se liquéfia l'aurait bien justifié.
Contrairement à l'image de comploteurs qui circule dans la presse de gauche, les notations des agences ne sont pas le fruit d'un débat à quelques-uns autour d'une table basse chargée de bouteilles de rye et d'une coupe de poudre. Il y a une méthodologie qui déroule les étapes d'analyse dans deux domaines distincts, le quantitatif et le qualitatif. Je vous épargne la description de l'audit en vous signalant le document des critères de S&P ici. Et si la note jaillit de la réunion finale du comité de risque, elle résulte d'un long travail.
Deux choses à observer :
- les "jugements" d'étape sont publiés, mais les acteurs de marchés - grands fainéants - ne tiennent compte que de la notre synthétique finale ;
- la publication n'est préparée qu'après la réunion du comité ; ce qui veut bien dire que la dette souveraine française est déjà notée AA en interne chez S&P.
La meilleure façon de survivre au jugement des agences est de ne pas aller sur les marchés. Décider du déficit provoque un jour cette "humiliation", on n'y revient pas. La "solution" de la planche à billets franco-française prônée par le Front national, c'est-à-dire le recours du Trésor au guichet de la Banque de France ne masquerait pas longtemps l'impéritie de la gestion, puisque c'est la monnaie qui serait mal notée par les cambistes qui la braderaient. La loi Rothschild de 1973 (clic) interdisant ce recours n'avait pas pour but de jeter à jamais le Trésor sur des bons de place mais de stopper la planche pour redresser une monnaie dont les dévaluations avaient peine à compenser une inflation galopante (pic de 14% en 1974). Si ça tourne mal en Grèce avec un refus des marchés de refinancer, on verra bien ce que donnera l'impression de drachmes à hauteur des enjeux.
Peut-on aller sur les marchés sans les agences ? Peut-on interdire ces agences ? C'est idiot ! Les acteurs de marché s'abonneront aux avis publiés par les ruines submergées des agences coulées auxquelles auront poussé des branchies, car aucun n'a le temps ni les moyens de faire ses propres analyses, même si le monde est inondé de données compulsables. Et si par une action convergente des Etats, on parvenait à les tuer, les analystes se mettraient aussitôt à pulluler dans le monde, chacun s'attribuant un morceau de secteur économique ou financier et publiant individuellement sur Internet ses avis rémunérés (ou pas).
Pis encore, la pénurie d'information prédigérée renforcerait le moteur "panique et hystérie" aux corbeilles, les pronostics auto-réalisateurs aussi (le pronostic n'est pas bon, je joue contre cette valeur, le résultat est pire). Sans information économique travaillée, les bourses s'effondreraient carrément faute de socle à leurs anticipations.
A-t-on intérêt à créer une agence européenne ?
Pour faire quoi ? Se démarquer ? Soit elle est vraiment indépendante et sérieuse et ses avis ne divergeront des autres que dans le domaine qualitatif car les chiffres sont têtus, soit elle ne l'est pas et personne ne consultera ses notes. Mais quand bien même elle aurait tous les atours de la vertu, elle ne serait qu'une voix parmi quatre ou cinq.
C'est ce qui se passe avec Dagong (Dagong Global Credit Rating ou 大公国际资信评估有限公司). Bien que ses notations soient jugées crédibles par des acteurs de marché, ils ne les consultent jamais, même s'ils sont des investisseurs chinois. En cause, l'opacité des procédures et la non-publication des analyses, bien dans l'esprit chinois de secret. Les Stevie Wonder de la SEC (Securities & Exchange Commission) de New York, qui furent jadis impressionnés par Bernie Madoff, lui ont refusé l'accréditation. Trop proche du pouvoir politique chinois.
La finance ce n'est que de la confiance.
Et dit en passant, Fitch Ratings est dans les mains des Français de Fimalac (clac) sans que ça change grand chose, sauf peut-être un assouplissement imperceptible de certaines notes qualitatives. Rétrospectivement on n'imagine pas sans frémir ce qu'aurait été la crédibilité française dans les notations si l'ancien directeur général du FMI avait accédé aux manettes.
Il n'en demeure pas moins que l'avis des agences influence les corps électoraux en période de crise, même si dans l'isoloir le motif ultime est souvent irrationnel. C'est bien ce qui agace les gouvernements en faillite.
lundi 14 novembre 2011
vendredi 11 novembre 2011
Fillon, plan glissant
Le programme de rigueur de monsieur Fillon n'a de rigueur que le nom. Dans la famille "Larigueur" je demande la Sévérité, l'Austérité, l'Exactitude et la Fermeté. Je pouffe, aucune de ces cartes n'est dans les mains de Bercy !
Sans reprendre ces raides certitudes, on conviendra avec les calculateurs payés au mois qui se répandent sur les ondes, que le programme glissant de notre valeureux Premier ministre n'est sévère que dans sa communication dominicaine, austère nulle part et surtout pas pour le train de vie de l'Etat qui est annoncé "bloqué", de plus parfaitement inexact puisque les conditions environnementales de son exécution en 2012 sont imprévisibles, et qu'il ne fait preuve d'aucune fermeté avec les gaspilleurs dénoncés annuellement par la Cour des Comptes, puisqu'il est souvent ordonnateur lui-même du somptuaire et de l'inutile à travers les mille tentacules de la pieuvre étatique qui devrait n'en avoir que huit dans la classification raciste de Linné !
Parlons vrai.
Le déficit budgétaire affiché le 12 octobre par l'Assemblée Nationale comme base de travail était de 82 milliards d'euros. Ce qui donnait le bilan financier ci-dessous (rapport 3805 Tome II de l'Assemblée Nationale) :
Observons que l'amortissement de la dette en 2012 dépasse le déficit courant, 100 milliards contre 82. Cet amortissement est pour moitié (49Mds) le paiement d'intérêts sur bons et obligations¹, le reste, remboursement de principal échu. La moitié du refinancement sur les marchés partira donc en fumée. Et compte tenu des évolutions redoutées autant qu'elles sont attendues, cette fumée n'est pas limitée à 49 milliards si les taux obtenus par France-Trésor montent beaucoup. Ils montent déjà². Nos taux à dix ans sont maintenant du double des taux allemands (source BFMBiz 11/11/11), et les taux italiens sont de 85% plus chers que les nôtres. On mesure la marge de progression !
La perte du AAA dont se moque le sénateur Mélenchon signifierait un accroissement mécanique de ces taux et donc du prix du refinancement, puisqu'au delà de la prime de risque exigée par les prêteurs, certaines institutions financières ont l'interdiction statutaire de prendre librement des bons émis par des débiteurs déclassés. Le couac de Standard & Poor's nous déclassant à "AA" annonce simplement la tendance puisque quelqu'un dans l'agence a pris la peine de rédiger ce communiqué. Seule sa parution nous a semblé prématurée, pas sa pertinence.
Les marchés avertis qui commencent à vendre de la dette française ne sont pas les gnomes de Zurich ou le troll tropical de Grand Cayman mais tous les acteurs qui investissent de l'argent en produits financiers ou qui placent leurs excédents de trésorerie sur les places boursières. De grandes entreprises françaises en sont, votre banque, votre companie d'assurances certainement et les fonds souverains, ou de pensions, ou tous autres schémas de prévoyance aussi.
Il n'y a qu'une manière sûre d'être sérieux et de le faire savoir aux prêteurs, c'est de réduire et annuler ce monstrueux déficit primaire : c'est une affaire de 80 milliards au bas mot. Messrs Sakozy & Fillon Limited cherchent huit milliards, ils sont loin du compte, et qui pis est, ils sont bien trop lents. Si le "double A" est déjà dans les tuyaux comme le pensent les marchés, les acteurs vont passer au pronostic auto-réalisateur, ce qui s'avérera très destructeur. A ceux qui dénient toute influence aux marchés et sont près de les combattre on répondra qu'il ne fallait pas s'y risquer et gérer nos affaires en père peinard. C'est trop tard.
Le hic est bien sûr de réduire ce déficit primaire sans "crever" l'économie, et d'être donc rigoureux. Par hasard, ce déficit est du même montant cette année que le total des remboursements et dégrèvements fiscaux (85 Mds), mais ce n'est qu'un signalement bien perçu par Bercy qui chasse la niche.
Quelles sont les dépenses budgétaires dont la diminution voire la suppression n'impacte pas l'économie du pays ? Easy ! Toutes les dépenses politiques. Juste pour le fun, quel serait sur l'économie l'impact de la suppression du Sénat, de l'Assemblée nationale, du Conseil économique et social, des dépenses de sondages et communication de l'Exécutif ? Nul ! Quel serait l'impact de ces suppressions sur la gouvernance du pays ? Nul ! Que subirions-nous par la suppression des Chambres de Commerce ? Rien ! Et nous pourrions continuer par toutes les subventions, conseils, hautes autorités, commissariats et fromages de placement des créanciers des pouvoirs en place. Impact économique nul !
Quant au trou de la Sécurité Sociale, les caisses primaires et les caisses d'allocations familiales savent où porter le fer ; il suffit de les autoriser à manier la hache les yeux bandés comme la Justice au fléau penché.
A la Closerie des Lilas, M. de Closets disait que "nous vivons sur un échaffaudage dont tous les boulons ont été dévissés" et M. Séguéla de lui répondre que "réparer l'échaffaudage nous coûtera une fortune car tous les boulons sont en or". La destruction de l'Etat prébendier ne serait donc pas impossible. On l'a vu en temps de guerre, et pour la première fois de son histoire millénaire la France s'est ruinée en temps de paix. Trop forts !
Mais cela ne suffira pas à terme pour faire 82 milliards, et aucun plan sérieux ne peut laisser de côté la réforme fiscale, une réforme de fond en comble, pratiquement à tabula rasa. A la réserve près que l'impôt doit être pris sur le fruit pas sur la vigne, et que la fiscalité reconstruite doit garder en perspective de ne pas entraver l'innovation, la créativité, l'investissement productif, et de ne pas saper non plus le moral de ceux qui réussissent dans leurs entreprises, même si la République a éduqué le peuple à l'envie et à la punition des gagnants.
Au-delà, on ne fera pas l'économie d'un prélèvement général sur l'assiette fiscale la plus grande afin d'améliorer le rendement de l'impôt. Dans la grande assiette doivent tomber tous les fruits y compris ceux du capital, mais pas le capital lui-même, ce qui est proprement stupide.
Paradoxalement si l'assiette est universelle, le contrôle des contributions est plus facile. Si nous ne voulons pas peser sur la consommation DE PRODUITS FRANCAIS, il suffit de "favoriser" les produits exclusifs d'importation. Ô combien facile malheureusement est devenu ce choix depuis notre désindustrialisation !
Pour rester crédibles et ne pas connaître le sort de l'Italie, nous devrions donc nous atteler à diminuer notre déficit primaire au moins d'un premier quart en 2012, d'un second quart en 2013, d'un troisième en 2014 et l'annuler en 2015, puis chercher de l'excédent sur quinze ans. Mais le faire en trois tiers risque bien d'être obligatoire si les marchés paniquent. Dans ce schéma des quatre quarts, c'est vingt milliards "nouveaux" qu'il faut trouver chaque année. Vingt milliards pour 2012, on se rapproche du plan Fillon qui sera peut-être complété par une troisième tranche après la présidentielle si la majorité est reconduite. A défaut, la typologie dépensière du programme Hollande et son charisme de sous-préfecture nous jetteront à la banqueroute.
Reste la question cruciale du déficit commercial³ que nous ne réduirons que par l'innovation et le travail, et par un coup de pouce du taux de change pour donner l'élan de départ. N'est-ce pas quand même un problème de culture ? L'exaltation de la société de loisirs pourrait passer dans des pays rentiers comme les pétromonarchies, mais pas en France. Il faut retrouver la pugnacité de nos grands-pères en cet anniversaire de la Grande Guerre, et se passionner pour la production industrielle qui ne représente plus que 13% de la valeur ajoutée totale de notre pays, sachant que seule l'industrie exporte en vraie valeur. Feuilleter les catalogues des expositions universelles d'avant-quatorze est un émerveillement ! La France fut et demeure en certains domaines une nation d'ingénieurs. Que ça se voit donc, morbleu !
Mais il y a plus grave.
Jusqu'à la fin des trente glorieuses, l'amélioration continue des conditions de vie annonçait aux générations montantes qu'elles dépasseraient le niveau de vie de leurs parents. La générosité du modèle n'était pas contestée. Ce n'est plus le cas. Les vieux ont de meilleures conditions de vie que les générations suivantes et rien ne dit que le décalage s'inverse à vingt ou trente ans de vue. Or le modèle social failli appelle encore les classes actives à garantir le bien-être supérieur des classes âgées. Ca ne durera pas. Vaffanculo Nonno* sera le titre d'un prochain billet générationnel.
* Va te faire voir chez les Grecs, Pépé !
D'ici là, dites à votre député d'abandonner la moitié de ses émoluments au Trésor, il en aura de reste et largement. Si tu savais, Français, combien se moquent de toi les élites proclamées, tu retournerais la faux.
Sans reprendre ces raides certitudes, on conviendra avec les calculateurs payés au mois qui se répandent sur les ondes, que le programme glissant de notre valeureux Premier ministre n'est sévère que dans sa communication dominicaine, austère nulle part et surtout pas pour le train de vie de l'Etat qui est annoncé "bloqué", de plus parfaitement inexact puisque les conditions environnementales de son exécution en 2012 sont imprévisibles, et qu'il ne fait preuve d'aucune fermeté avec les gaspilleurs dénoncés annuellement par la Cour des Comptes, puisqu'il est souvent ordonnateur lui-même du somptuaire et de l'inutile à travers les mille tentacules de la pieuvre étatique qui devrait n'en avoir que huit dans la classification raciste de Linné !
Parlons vrai.
Le déficit budgétaire affiché le 12 octobre par l'Assemblée Nationale comme base de travail était de 82 milliards d'euros. Ce qui donnait le bilan financier ci-dessous (rapport 3805 Tome II de l'Assemblée Nationale) :
Besoins de financement
€ 56,1 Mds = Amortissement de la dette à long terme
€ 42,8 = Amortissement de la dette à moyen terme
€ 1,3 = Amortissement de dettes reprises par l’État
€ 81,8 = Déficit budgétaire
Total des besoins = 182,0 Mds€
Ressources de financement
€ 179,0 Mds = Émissions à moyen et long termes (obligations assimilables du Trésor et bons du Trésor à taux fixe et intérêt annuel), nettes des rachats effectués par l’État et par la Caisse de la dette publique
€ 4,0 = Annulation de titres de l’État par la Caisse de la dette publique
moins 1,1 = Variation nette des bons du Trésor à taux fixe et intérêts précomptés
moins 4,4 = Variation des dépôts des correspondants
moins 1,0 = Variation du compte de Trésor
€ 3,5 = Autres ressources de trésorerie
Total des ressources = 182,0 Mds€
Observons que l'amortissement de la dette en 2012 dépasse le déficit courant, 100 milliards contre 82. Cet amortissement est pour moitié (49Mds) le paiement d'intérêts sur bons et obligations¹, le reste, remboursement de principal échu. La moitié du refinancement sur les marchés partira donc en fumée. Et compte tenu des évolutions redoutées autant qu'elles sont attendues, cette fumée n'est pas limitée à 49 milliards si les taux obtenus par France-Trésor montent beaucoup. Ils montent déjà². Nos taux à dix ans sont maintenant du double des taux allemands (source BFMBiz 11/11/11), et les taux italiens sont de 85% plus chers que les nôtres. On mesure la marge de progression !
La perte du AAA dont se moque le sénateur Mélenchon signifierait un accroissement mécanique de ces taux et donc du prix du refinancement, puisqu'au delà de la prime de risque exigée par les prêteurs, certaines institutions financières ont l'interdiction statutaire de prendre librement des bons émis par des débiteurs déclassés. Le couac de Standard & Poor's nous déclassant à "AA" annonce simplement la tendance puisque quelqu'un dans l'agence a pris la peine de rédiger ce communiqué. Seule sa parution nous a semblé prématurée, pas sa pertinence.
Les marchés avertis qui commencent à vendre de la dette française ne sont pas les gnomes de Zurich ou le troll tropical de Grand Cayman mais tous les acteurs qui investissent de l'argent en produits financiers ou qui placent leurs excédents de trésorerie sur les places boursières. De grandes entreprises françaises en sont, votre banque, votre companie d'assurances certainement et les fonds souverains, ou de pensions, ou tous autres schémas de prévoyance aussi.
Il n'y a qu'une manière sûre d'être sérieux et de le faire savoir aux prêteurs, c'est de réduire et annuler ce monstrueux déficit primaire : c'est une affaire de 80 milliards au bas mot. Messrs Sakozy & Fillon Limited cherchent huit milliards, ils sont loin du compte, et qui pis est, ils sont bien trop lents. Si le "double A" est déjà dans les tuyaux comme le pensent les marchés, les acteurs vont passer au pronostic auto-réalisateur, ce qui s'avérera très destructeur. A ceux qui dénient toute influence aux marchés et sont près de les combattre on répondra qu'il ne fallait pas s'y risquer et gérer nos affaires en père peinard. C'est trop tard.
Le hic est bien sûr de réduire ce déficit primaire sans "crever" l'économie, et d'être donc rigoureux. Par hasard, ce déficit est du même montant cette année que le total des remboursements et dégrèvements fiscaux (85 Mds), mais ce n'est qu'un signalement bien perçu par Bercy qui chasse la niche.
Quelles sont les dépenses budgétaires dont la diminution voire la suppression n'impacte pas l'économie du pays ? Easy ! Toutes les dépenses politiques. Juste pour le fun, quel serait sur l'économie l'impact de la suppression du Sénat, de l'Assemblée nationale, du Conseil économique et social, des dépenses de sondages et communication de l'Exécutif ? Nul ! Quel serait l'impact de ces suppressions sur la gouvernance du pays ? Nul ! Que subirions-nous par la suppression des Chambres de Commerce ? Rien ! Et nous pourrions continuer par toutes les subventions, conseils, hautes autorités, commissariats et fromages de placement des créanciers des pouvoirs en place. Impact économique nul !
Quant au trou de la Sécurité Sociale, les caisses primaires et les caisses d'allocations familiales savent où porter le fer ; il suffit de les autoriser à manier la hache les yeux bandés comme la Justice au fléau penché.
A la Closerie des Lilas, M. de Closets disait que "nous vivons sur un échaffaudage dont tous les boulons ont été dévissés" et M. Séguéla de lui répondre que "réparer l'échaffaudage nous coûtera une fortune car tous les boulons sont en or". La destruction de l'Etat prébendier ne serait donc pas impossible. On l'a vu en temps de guerre, et pour la première fois de son histoire millénaire la France s'est ruinée en temps de paix. Trop forts !
Mais cela ne suffira pas à terme pour faire 82 milliards, et aucun plan sérieux ne peut laisser de côté la réforme fiscale, une réforme de fond en comble, pratiquement à tabula rasa. A la réserve près que l'impôt doit être pris sur le fruit pas sur la vigne, et que la fiscalité reconstruite doit garder en perspective de ne pas entraver l'innovation, la créativité, l'investissement productif, et de ne pas saper non plus le moral de ceux qui réussissent dans leurs entreprises, même si la République a éduqué le peuple à l'envie et à la punition des gagnants.
Au-delà, on ne fera pas l'économie d'un prélèvement général sur l'assiette fiscale la plus grande afin d'améliorer le rendement de l'impôt. Dans la grande assiette doivent tomber tous les fruits y compris ceux du capital, mais pas le capital lui-même, ce qui est proprement stupide.
Paradoxalement si l'assiette est universelle, le contrôle des contributions est plus facile. Si nous ne voulons pas peser sur la consommation DE PRODUITS FRANCAIS, il suffit de "favoriser" les produits exclusifs d'importation. Ô combien facile malheureusement est devenu ce choix depuis notre désindustrialisation !
Pour rester crédibles et ne pas connaître le sort de l'Italie, nous devrions donc nous atteler à diminuer notre déficit primaire au moins d'un premier quart en 2012, d'un second quart en 2013, d'un troisième en 2014 et l'annuler en 2015, puis chercher de l'excédent sur quinze ans. Mais le faire en trois tiers risque bien d'être obligatoire si les marchés paniquent. Dans ce schéma des quatre quarts, c'est vingt milliards "nouveaux" qu'il faut trouver chaque année. Vingt milliards pour 2012, on se rapproche du plan Fillon qui sera peut-être complété par une troisième tranche après la présidentielle si la majorité est reconduite. A défaut, la typologie dépensière du programme Hollande et son charisme de sous-préfecture nous jetteront à la banqueroute.
Reste la question cruciale du déficit commercial³ que nous ne réduirons que par l'innovation et le travail, et par un coup de pouce du taux de change pour donner l'élan de départ. N'est-ce pas quand même un problème de culture ? L'exaltation de la société de loisirs pourrait passer dans des pays rentiers comme les pétromonarchies, mais pas en France. Il faut retrouver la pugnacité de nos grands-pères en cet anniversaire de la Grande Guerre, et se passionner pour la production industrielle qui ne représente plus que 13% de la valeur ajoutée totale de notre pays, sachant que seule l'industrie exporte en vraie valeur. Feuilleter les catalogues des expositions universelles d'avant-quatorze est un émerveillement ! La France fut et demeure en certains domaines une nation d'ingénieurs. Que ça se voit donc, morbleu !
Mais il y a plus grave.
Jusqu'à la fin des trente glorieuses, l'amélioration continue des conditions de vie annonçait aux générations montantes qu'elles dépasseraient le niveau de vie de leurs parents. La générosité du modèle n'était pas contestée. Ce n'est plus le cas. Les vieux ont de meilleures conditions de vie que les générations suivantes et rien ne dit que le décalage s'inverse à vingt ou trente ans de vue. Or le modèle social failli appelle encore les classes actives à garantir le bien-être supérieur des classes âgées. Ca ne durera pas. Vaffanculo Nonno* sera le titre d'un prochain billet générationnel.
* Va te faire voir chez les Grecs, Pépé !
D'ici là, dites à votre député d'abandonner la moitié de ses émoluments au Trésor, il en aura de reste et largement. Si tu savais, Français, combien se moquent de toi les élites proclamées, tu retournerais la faux.
Note (1): Voir le rapport 3805 Tome I de l'Assemblée nationale
Note (2) On suit très bien tout cela sur www.gecodia.fr.
Note (3): Les Douanes partent sur une hypothèse de travail de 73 milliards d'euros pour 2012.
Note (2) On suit très bien tout cela sur www.gecodia.fr.
Note (3): Les Douanes partent sur une hypothèse de travail de 73 milliards d'euros pour 2012.
Onze au cube
Cette année est la première où il n'y a plus sur terre aucun combattant rescapé de la Grande Guerre. On trouve encore aujourd'hui des charniers émouvants lors de soussolages ou de travaux publics sur les anciens champs de bataille. Mais en l'absence des "poilus" nous devons garder le souvenir de leur sacrifice, les Monuments aux Morts de nos villages qui sont dans le décor depuis si longtemps, n'y suffisent pas. Cette année, la tâche est facilitée par un ouvrage magnifique d'Yves-Marie Adeline, ancien président de l'Alliance royale, qui publie aux Editions Ellipses, 1914, une tragédie européenne - essai historique (368p. pour 21,85€).
Il a confié au Lien Légitimiste dans sa 41° livraison¹ une présentation du livre qui trouvera un écho certain dans les familles françaises ayant traversé cette tragédie et dans lesquelles s'est conservé le goût amer de l'inéluctable. Yves-Marie Adeline explique très bien la spécificité de cette première guerre mondiale en partant des racines grecques du genre.
Le principe de la tragédie, c'est que tous les éléments du dénouement sont présents dès le commencement du récit et que le destin est tout-puissant. Œdipe tuera son père. Zeus ne peut fléchir le Destin, Odin non plus, qui attend le crépuscule des dieux inévitable. L'Europe a traversé les pires catastrophes - la Peste noire -, tous les modèles de guerres civiles, les pires, des révolutions sanguinaires, des drames en tout genre mais jamais encore n'avait subi une tragédie : Un évènement dont personne ne voulait vraiment, et qui s'est produit ; un évènement que l'on a voulu éviter, sans pouvoir l'éviter ; un évènement où, par un phénomène de technocratie absolue, c'est à dire une technocratie sans technocrates, les hommes d'Etat se sont vus privés de toute marge de décision (YMA).
Le Minotaure déchaîné allait dévorer des millions de soldats sans qu'on ne puisse l'arrêter. Pensons deux secondes qu'après moins de cinq mois de guerre, à la Noël 14, l'Etat-major français avait perdu tout l'effectif mobilisé en août, neuf cent mille soldats, tués pour un tiers, blessés pour le reste. Royal-Artillerie a raconté pour le Onze Novembre 2008 (clic) comment le 122° de ligne de Rodez avait été rechargé en effectif à plus de 90% par son régiment de réserve le 322, après seulement un mois de combats en Lorraine !
Mais écoutons l'auteur qui en quatre vidéos nous propose son explication de la Grande Guerre (comptez 44 minutes passionnantes) :
1914 - Une tragédie européenne (1ère partie) par realpolitiktv
1914 - Une tragédie européenne (2ème partie) par realpolitiktv
1914 - Une tragédie européenne (3ème partie) par realpolitiktv
1914 - Une tragédie européenne (4ème partie) par realpolitiktv
Oui, ce fut une tragédie grecque, imparable et annoncée, et tous ses acteurs que nous appelions anciens combattants ont subi - même en survivant - les effets détonants dans les fonctions de pouvoir de « l'addition des mythomanes, des comploteurs, des nostalgiques, des arrivistes, des nationaux » comme disait Dominique Venner. Le drame fut de confier partout au même moment l'avenir des pays d'Europe à des gens moyens, choisis non pour leur hauteur de vue, mais à tous motifs contingents ou sélectionnés par les systèmes électoraux.
Ce fut très cher payé et l'expérience acquise le fut en vain. Une seconde guerre plus terrible encore se profilait qui provoqua d'immenses désastres. Elle non plus ne servit en rien à recalibrer la classe politique, à voir du moins le niveau attérant de couardise politique de ceux qui nous dirigent aujourd'hui, experts exclusivement en communication.
Fasse le souvenir des soldats de quatorze qu'ils rougissent de honte.
Il a confié au Lien Légitimiste dans sa 41° livraison¹ une présentation du livre qui trouvera un écho certain dans les familles françaises ayant traversé cette tragédie et dans lesquelles s'est conservé le goût amer de l'inéluctable. Yves-Marie Adeline explique très bien la spécificité de cette première guerre mondiale en partant des racines grecques du genre.
Le principe de la tragédie, c'est que tous les éléments du dénouement sont présents dès le commencement du récit et que le destin est tout-puissant. Œdipe tuera son père. Zeus ne peut fléchir le Destin, Odin non plus, qui attend le crépuscule des dieux inévitable. L'Europe a traversé les pires catastrophes - la Peste noire -, tous les modèles de guerres civiles, les pires, des révolutions sanguinaires, des drames en tout genre mais jamais encore n'avait subi une tragédie : Un évènement dont personne ne voulait vraiment, et qui s'est produit ; un évènement que l'on a voulu éviter, sans pouvoir l'éviter ; un évènement où, par un phénomène de technocratie absolue, c'est à dire une technocratie sans technocrates, les hommes d'Etat se sont vus privés de toute marge de décision (YMA).
Le Minotaure déchaîné allait dévorer des millions de soldats sans qu'on ne puisse l'arrêter. Pensons deux secondes qu'après moins de cinq mois de guerre, à la Noël 14, l'Etat-major français avait perdu tout l'effectif mobilisé en août, neuf cent mille soldats, tués pour un tiers, blessés pour le reste. Royal-Artillerie a raconté pour le Onze Novembre 2008 (clic) comment le 122° de ligne de Rodez avait été rechargé en effectif à plus de 90% par son régiment de réserve le 322, après seulement un mois de combats en Lorraine !
Mais écoutons l'auteur qui en quatre vidéos nous propose son explication de la Grande Guerre (comptez 44 minutes passionnantes) :
1914 - Une tragédie européenne (1ère partie) par realpolitiktv
1914 - Une tragédie européenne (2ème partie) par realpolitiktv
1914 - Une tragédie européenne (3ème partie) par realpolitiktv
1914 - Une tragédie européenne (4ème partie) par realpolitiktv
Oui, ce fut une tragédie grecque, imparable et annoncée, et tous ses acteurs que nous appelions anciens combattants ont subi - même en survivant - les effets détonants dans les fonctions de pouvoir de « l'addition des mythomanes, des comploteurs, des nostalgiques, des arrivistes, des nationaux » comme disait Dominique Venner. Le drame fut de confier partout au même moment l'avenir des pays d'Europe à des gens moyens, choisis non pour leur hauteur de vue, mais à tous motifs contingents ou sélectionnés par les systèmes électoraux.
Ce fut très cher payé et l'expérience acquise le fut en vain. Une seconde guerre plus terrible encore se profilait qui provoqua d'immenses désastres. Elle non plus ne servit en rien à recalibrer la classe politique, à voir du moins le niveau attérant de couardise politique de ceux qui nous dirigent aujourd'hui, experts exclusivement en communication.
Fasse le souvenir des soldats de quatorze qu'ils rougissent de honte.
Note (1): Le Lien Légitimiste à Petit-Prix 37240 La-Chapelle-Blanche-St Martin
COMMUNIQUE
Vendredi 11 novembre à 19h30, la jeunesse française, réunie autour de l'Association des anciens du 11 novembre 1940, déposera une gerbe sous la plaque commémorative, sise en haut des Champs-Elysées (face à l'Arc, trottoir de droite après la bouche de Métro Etoile, la plaque bleue est scellée dans le mur).
mercredi 2 novembre 2011
Nos temps viennent
Les temps sont proches où le capitalisme occidental va être mis en cause par toute la Planète, du moins jusqu'à la fin de la cicatrisation du système à plaie ouverte que nous voyons se déchirer aujourd'hui. Cette période sera celle d'un grand brassage d'idées autour des modèles sociaux les plus à même de protéger l'espèce humaine. Les royalistes ont quelque chose à dire, s'ils osent se libérer de leur propre gangue doctrinale pour revaloriser un concept éternel qui a fait ses preuves, celui de la monarchie, mais qui exige de nombreux réglages pour être utile au monde actuel, monde tellement différent de tous ceux que l'histoire a accumulés dans la mémoire des hommes (RA-30.09.2008).
Le recours au peuple du Premier grec par référendum semble très mal perçu par tous les "démocrates" en poste de l'Union européenne, qui s'en méfient comme de la peste. Un peu de peuple, ça va, beaucoup de peuple, bonjour les dégâts. La démocratie est un principe, pas un mode réaliste de gouvernement, semblent-ils nous dire. Et bien c'est justement ce que nous nous tuons à vous expliquer, chers démocrates, quand nous réfutons la pertinence d'une démocratie d'opinions pour conduire un grand pays. Que les gens soient consultés sur toutes les questions de proximité est la vraie base de la démocratie, et en France, nous en sommes très loin à voir comment naissent et perdurent toutes nos satrapies locales, mais dans le domaine régalien c'est bien plus délicat. Que veulent dire les 51% approuvant Maastricht le 20 septembre 1992 ? Que 49% des votants plus les abstentionnistes (31%) ne sont pas pour. Et que bien peu de choses va faire bouger dans le futur le un-pour-cent qui fait la balance. Comment maintenir le cap à ce compte ? Elémentaire, mon cher Watson. En sortant le domaine régalien de la Dispute démocratique et en revenant au régime qui a fait ses preuves dans la construction de ce pays : l'autorité en haut, les libertés en bas. Comment faire ?
uvrer à l'acclimatation du roi en France revient à ensemencer l'Opinion car le peuple a un grand rôle à jouer dans le modèle monarchique. Lorsque le lien consensuel est créé entre le roi et son peuple, celui-là devient inexpugnable. Les dangers pour le roi sont l'entourage et les puissances économiques. Qui n'a jamais entendu ce cri "avec un roi, nous aurions au moins quelqu'un à aimer" ne comprendra jamais que l'affect puisse primer bien des arrangements compliqués. Pourquoi parler de ça aujourd’hui ? Simplement parce que la crise systémique qui nous menace va balayer la classe politique dès les élections passées, et des deux bords. Le caravansérail du G20 de demain à Cannes va tourner à la bouffonnerie selon Jacques Attali qui ne savait pas encore le référendum grec (Slate), et sans être polytechnicien, on peut abonder dans son sens. La ruine de l'Etat se profile derrière la théorie des dominos. Restera le peuple. Et M. Papandréou l'a parfaitement compris. D'ici qu'il rappelle le roi !
Revenons au 30 septembre 2008 : Notre modèle [royaliste] présente les avantages recherchés désormais : stabilité des axes politiques par la pérennisation de grands référents, sobriété des états qui doivent être remusclés dans leurs domaines régaliens, libertés populaires vraies dans les Etats subordonnés, comptes sincères, justice minutieuse et partage plus fraternel par la DSE.. Nous y sommes en plein. C'est quasiment le programme imposé au candidat à la présidentielle de quelque bord qu'il soit, sauf peut-être Jean-Luc Mélenchon. Nous devons prendre date publiquement.
Battons-nous donc sur le domaine régalien, sur une vraie Justice et sur une réforme fiscale généreuse mais intransigeante, battons-nous contre la dette et nos trois déficits et donc contre l’usine à gaz sociale qui l'a creusée. Evitons d’un autre côté les sujets sociétaux où toute la presse de progrès nous attend, ne soyons que politique, et donc novateur dans le domaine institutionnel !
Refondre l'Etat sur son noyau dur et réduire son périmètre et ses moeurs financières commence par le rétablissement des comptes publics quoiqu’il en coûte, jusques et non comprise la réduction de la consommation qui est pour quelque temps encore le dernier carburant de la croissance française. A périmètres comparables, le think tank socialiste Terra Nova¹ nous dit que notre Etat nous coûte deux cent quarante milliards de plus que celui des Allemands, et cent milliards de plus que celui des Suédois, le plus égalitaire au monde ! Il n'y aurait rien à faire, rien à voir, circulez ? Rapportées au déficit courant 2011 de 90-92 milliards, les marges de progression sont carrément énormes. Aussi énormes que la responsabilité de la classe politique qui a voté et fait voter d’année en année les termes de cette effarante gabegie. En réaction de quoi les gens aux affaires seront discrédités dans l’Opinion, si ce n'est pas plus grave aux becs de gaz de nos avenues éteintes, sans qu’elle ne veuille substituer au pouvoir chassé une opposition grosse de promesses infaisables. L’espace politique peut se libérer. Des partis marginaux s’y préparent. Le Front y croit.
Les Français savent que la barque coule d’après les sondages qui tombent ces jours-ci et qui placent en haut de la liste de leurs soucis, la Dette (IFOP octobre 2011). Veulent-ils couler dedans au chant de "Plus près de Toi mon Dieu" ? Bien sûr que non, les Français, latins de mauvaise humeur, ne sont quand même pas titaniciens. Aussi œuvrons à séparer déjà dans les esprits l'Etat et la Nation - l'Etat est en faillite, pas la Nation - pour responsabiliser les citoyens en proposant des solutions où ils deviendront parties prenantes directes. Par exemple, la flat tax de Vauban est une excellente idée (clic) puisque dans un pays moderne et "démocratique" tout le monde et chacun devraient payer l'impôt direct, même d'une faible cotisation. C'est ce geste civique explicite qui fait le contribuable citoyen, celui qui finalement pose les bonnes questions au pouvoir et ne se laisse pas enfumer par une redistribution sociale de préaux. Remettons à plat les budgets municipaux pour commencer et faisons-les approuver par référendum local. Rapprochons les rôles fiscaux des circonscriptions de dépenses, etc... Les gens ont le droit de dire leur mot sur ce qu'ils paient.
L'inculture économique populaire est telle qu'on peut faire avaler aux contribuables qu'un budget en déficit de 3% de notre Pib finira par rembourser une dette souveraine de 90% du même Pib ! Terra Nova n’est d'ailleurs pas très explicite, car passer de zéro (leur but en 2017) à plus-trois est encore aujourd'hui impolitique. Ils (les mitterrandiens) ont vendu le déficit de moins-trois à Maastricht, ce serait se déjuger d’avouer maintenant aux gens qu’il fallait lire plus-trois. Si nous pouvons dérouler sous leurs yeux le film de la reconquête de nos équilibres, nous pouvons provoquer une adhésion de bon sens. La quantifier aujourd’hui est difficile mais en sortant du diptyque « mémoire et récriminations » pour entrer dans la « technique de gouvernement » nous pouvons gagner en visibilité au niveau déjà des pourcentages et naître sur le marché politique. Quel horrible destin, diront les jeunes scouts légitimistes.
Le candidat de l’Alliance royale empruntera-t-il la voie d’une propagande technique, assorti d'un schéma institutionnel simple et crédible ? c’est tout le mal que je nous souhaite.
M. de Villenoisy a été présenté dans un billet du 24 octobre 2011 (cliquer ici).
Le recours au peuple du Premier grec par référendum semble très mal perçu par tous les "démocrates" en poste de l'Union européenne, qui s'en méfient comme de la peste. Un peu de peuple, ça va, beaucoup de peuple, bonjour les dégâts. La démocratie est un principe, pas un mode réaliste de gouvernement, semblent-ils nous dire. Et bien c'est justement ce que nous nous tuons à vous expliquer, chers démocrates, quand nous réfutons la pertinence d'une démocratie d'opinions pour conduire un grand pays. Que les gens soient consultés sur toutes les questions de proximité est la vraie base de la démocratie, et en France, nous en sommes très loin à voir comment naissent et perdurent toutes nos satrapies locales, mais dans le domaine régalien c'est bien plus délicat. Que veulent dire les 51% approuvant Maastricht le 20 septembre 1992 ? Que 49% des votants plus les abstentionnistes (31%) ne sont pas pour. Et que bien peu de choses va faire bouger dans le futur le un-pour-cent qui fait la balance. Comment maintenir le cap à ce compte ? Elémentaire, mon cher Watson. En sortant le domaine régalien de la Dispute démocratique et en revenant au régime qui a fait ses preuves dans la construction de ce pays : l'autorité en haut, les libertés en bas. Comment faire ?
uvrer à l'acclimatation du roi en France revient à ensemencer l'Opinion car le peuple a un grand rôle à jouer dans le modèle monarchique. Lorsque le lien consensuel est créé entre le roi et son peuple, celui-là devient inexpugnable. Les dangers pour le roi sont l'entourage et les puissances économiques. Qui n'a jamais entendu ce cri "avec un roi, nous aurions au moins quelqu'un à aimer" ne comprendra jamais que l'affect puisse primer bien des arrangements compliqués. Pourquoi parler de ça aujourd’hui ? Simplement parce que la crise systémique qui nous menace va balayer la classe politique dès les élections passées, et des deux bords. Le caravansérail du G20 de demain à Cannes va tourner à la bouffonnerie selon Jacques Attali qui ne savait pas encore le référendum grec (Slate), et sans être polytechnicien, on peut abonder dans son sens. La ruine de l'Etat se profile derrière la théorie des dominos. Restera le peuple. Et M. Papandréou l'a parfaitement compris. D'ici qu'il rappelle le roi !
Revenons au 30 septembre 2008 : Notre modèle [royaliste] présente les avantages recherchés désormais : stabilité des axes politiques par la pérennisation de grands référents, sobriété des états qui doivent être remusclés dans leurs domaines régaliens, libertés populaires vraies dans les Etats subordonnés, comptes sincères, justice minutieuse et partage plus fraternel par la DSE.. Nous y sommes en plein. C'est quasiment le programme imposé au candidat à la présidentielle de quelque bord qu'il soit, sauf peut-être Jean-Luc Mélenchon. Nous devons prendre date publiquement.
Battons-nous donc sur le domaine régalien, sur une vraie Justice et sur une réforme fiscale généreuse mais intransigeante, battons-nous contre la dette et nos trois déficits et donc contre l’usine à gaz sociale qui l'a creusée. Evitons d’un autre côté les sujets sociétaux où toute la presse de progrès nous attend, ne soyons que politique, et donc novateur dans le domaine institutionnel !
Refondre l'Etat sur son noyau dur et réduire son périmètre et ses moeurs financières commence par le rétablissement des comptes publics quoiqu’il en coûte, jusques et non comprise la réduction de la consommation qui est pour quelque temps encore le dernier carburant de la croissance française. A périmètres comparables, le think tank socialiste Terra Nova¹ nous dit que notre Etat nous coûte deux cent quarante milliards de plus que celui des Allemands, et cent milliards de plus que celui des Suédois, le plus égalitaire au monde ! Il n'y aurait rien à faire, rien à voir, circulez ? Rapportées au déficit courant 2011 de 90-92 milliards, les marges de progression sont carrément énormes. Aussi énormes que la responsabilité de la classe politique qui a voté et fait voter d’année en année les termes de cette effarante gabegie. En réaction de quoi les gens aux affaires seront discrédités dans l’Opinion, si ce n'est pas plus grave aux becs de gaz de nos avenues éteintes, sans qu’elle ne veuille substituer au pouvoir chassé une opposition grosse de promesses infaisables. L’espace politique peut se libérer. Des partis marginaux s’y préparent. Le Front y croit.
Les Français savent que la barque coule d’après les sondages qui tombent ces jours-ci et qui placent en haut de la liste de leurs soucis, la Dette (IFOP octobre 2011). Veulent-ils couler dedans au chant de "Plus près de Toi mon Dieu" ? Bien sûr que non, les Français, latins de mauvaise humeur, ne sont quand même pas titaniciens. Aussi œuvrons à séparer déjà dans les esprits l'Etat et la Nation - l'Etat est en faillite, pas la Nation - pour responsabiliser les citoyens en proposant des solutions où ils deviendront parties prenantes directes. Par exemple, la flat tax de Vauban est une excellente idée (clic) puisque dans un pays moderne et "démocratique" tout le monde et chacun devraient payer l'impôt direct, même d'une faible cotisation. C'est ce geste civique explicite qui fait le contribuable citoyen, celui qui finalement pose les bonnes questions au pouvoir et ne se laisse pas enfumer par une redistribution sociale de préaux. Remettons à plat les budgets municipaux pour commencer et faisons-les approuver par référendum local. Rapprochons les rôles fiscaux des circonscriptions de dépenses, etc... Les gens ont le droit de dire leur mot sur ce qu'ils paient.
L'inculture économique populaire est telle qu'on peut faire avaler aux contribuables qu'un budget en déficit de 3% de notre Pib finira par rembourser une dette souveraine de 90% du même Pib ! Terra Nova n’est d'ailleurs pas très explicite, car passer de zéro (leur but en 2017) à plus-trois est encore aujourd'hui impolitique. Ils (les mitterrandiens) ont vendu le déficit de moins-trois à Maastricht, ce serait se déjuger d’avouer maintenant aux gens qu’il fallait lire plus-trois. Si nous pouvons dérouler sous leurs yeux le film de la reconquête de nos équilibres, nous pouvons provoquer une adhésion de bon sens. La quantifier aujourd’hui est difficile mais en sortant du diptyque « mémoire et récriminations » pour entrer dans la « technique de gouvernement » nous pouvons gagner en visibilité au niveau déjà des pourcentages et naître sur le marché politique. Quel horrible destin, diront les jeunes scouts légitimistes.
Le candidat de l’Alliance royale empruntera-t-il la voie d’une propagande technique, assorti d'un schéma institutionnel simple et crédible ? c’est tout le mal que je nous souhaite.
M. de Villenoisy a été présenté dans un billet du 24 octobre 2011 (cliquer ici).
(1) On lira avec grand profit la synthèse et la note intégrale publiées par Olivier Ferrand et Thomas Chalumeau sur le site du think tank (CLIC)
vendredi 28 octobre 2011
L'Empire attaque
Quand le ministre approcha du trône céleste les yeux baissés pour énoncer la mauvaise nouvelle, l'empereur n'entendit que « Le Roi est mort !». Il releva la tête pour regarder au loin le souvenir imaginaire de cet autre lui-même perdu aux confins du monde, qui lui avait adressé, il y avait presque trente ans, une brigade de savants remarquables qu'on appelait "jésuites" et auxquels il avait confié, ébloui, le ministère des Affaires étrangères.
Kang-Hi (1652-1722), quatrième empereur des Grands Tsing, savait tout du Roi-soleil jusqu'à le hisser dans son estime au niveau le plus haut des monarques régnants, le sien propre.
Et Louis XIV savait tout de Kang-Hi depuis qu'il avait lu le récit du voyage effectué en Mandchourie par le père Verbiest en 1682. La dédicace était explicite : "Vous verrez, Sire, dans ce récit que la Cour de Péquin ne cède en magnificence à aucune autre Cour de l’Europe; & si vous aviez estè dans un autre siècle, le Prince qui règne aujourd’huy à la Chine ne verroit rien dans le monde de plus grand que luy".
Puis vint le portrait de l'empereur publié en 1697 par le père Bouvet et traduit partout en Europe. Dans sa préface, il assurait Louis XIV qu’il avait établi le "portrait d’un monarque qui a le bonheur de vous ressembler par plusieurs endroits". Effectivement, il y avait une ressemblance physique, puisque leurs visages portaient les traces d’une petite vérole enfantine qui faillit l'un et l'autre emporter, même maîtrise de soi, même goût pour les arts et les sciences, et ressemblance de leurs destins : orphelins, ils avaient connu les périls d’une régence difficile et assumé, très jeunes, les responsabilités du pouvoir (source Jésuites.com). Ressemblance in fine par la longévité de leurs règnes, 61 ans pour Kang-Hi et 54 ans pour Louis XIV (à partir de la mort de Mazarin sinon 77 ans en droit).
L'Empire de Chine était encore la première puissance du monde mais le décalage technique commençait à poindre, à ce que diffusaient autour d'eux les jésuites de Pékin dans tous les domaines scientifiques. Il n'a pas suffi. L'empire baissant la garde, le divin Palais d'Eté sera ruiné cent cinquante ans plus tard par Lord Elgin, barbare victorien de la série courante. C'est inexpiable, la plaie suppure encore !
Malgré tout, Européens et Japonais construisirent en Chine une industrie puissante, des voies ferrées et des ports modernes, des banques internationales jusqu'à faire de Shanghaï la capitale économique du Pacifique, jusqu'à la guerre sino-japonaise de 1937. Il en reste chez nous beaucoup de bons et titres divers non remboursés dont on fait tapisserie à défaut¹.
Si les Européens se contentèrent de mater le mécontentement pour exploiter le pays, les Japonais entreprirent de le réduire en esclavage. Mais on ne peut tuer le chiendent à coups de talon, de sabre. Il faut le déraciner, l'extirper, sinon il reprend. Et la Chine a repris. Regain dans tous les domaines, dans son périmètre historique presque intact, sur sa propre terre, dans l'ingéniosité de sa race et sa glorification du travail comme promesse de tout, jusqu'à venir au secours des pays de la zone euro au seuil de la panique. Ainsi donc les fils de Kang-Hi, de Qianlong, accourent en ambassade chargée d'or négocier leur appui. Et les barbares acculés mais suffisants qui nous gouvernent, de tendre les mains.
Le directeur du Fonds européen de stabilisation financière, Klaus Regling, parti faire kowtow à Zhongnanhai² et accessoirement placer quelques milliards du nouveau trillion prévu, est rentré hier bredouille, car la négociation chinoise n'a pas commencé. C'est eux qui ont la montre. Le "véhicule" spécial que les derniers accords de Bruxelles prévoient pour charrier des fonds émergents doit être déjà révisé à leur demande.
Nos dirigeants doivent quand même savoir que leurs homologues chinois ont tout appris de l'histoire et des humiliations que nous avons imposées à leurs pères. Que les mettre en situation de revanche est extrêmement dangereux. Non qu'ils soient d'un naturel belliqueux - la Chine n'est ni la Corée ni le Japon - mais parce qu'ils sont par leur essence même... intéressés. Ils vont venir voir, c'est sûr, mais de leur propre chef et sans doute pas sur convocation. Le G20 du 3 novembre à Cannes nous apprendra non pas ce qu'ils auront décidé du swap entre bons américains et bons fédéraux européens, mais dans quel état d'esprit ils feront leurs demandes de contreparties en descendant à chacun des niveaux nationaux. Il n'existe pas de charité politique !
Ils ont pris le Pirée en nous laissant le singe, ils avancent derrière les tycoons de Hong-Kong quand c'est nécessaire, comme au Panama. Ils ont pris Medion (pc) en Allemagne, Oerlikon Austria (mach. textiles), Fortis (banque), les mines Langfeld de Chypre, les ateliers danois Boiler Works, la chaîne espagnole d'hôtels NH, le terminal vrac du port estonien de Muuga, Rhodia Silicone et la minorité de blocage de la Compagnie financière de Rothschild, le chimiste hongrois BorsodChem, Firecomms informatique en Irlande, les aciéries italiennes CIFA, la holding automobile néerlandaise Hyva, les automobiles MG³ (Rover), 12% de Rio Tinto(!), EDF-UK, Northumbrian Waters, Volvo, Saab, les transmissions WEIGL, et partout des transitaires portuaires, des canaux de distribution, des usines de niches avec des savoir-faire spécifiques comme la Société d'automatisme et de mécanisme du Bourbonnais par exemple, à se demander s'ils n'auraient pas un plan. (Rires idiots au fond de la salle !)
Réindustrialisons contre la Chine (pour faire court), installons des quota contre la Chine, pressons-les de réévaluer le renminbi, dénonçons les exactions judiciaires, la destruction des libertés élémentaires, la triche douanière, la banqueroute frauduleuse de nos débiteurs, etc... n'y pensez plus. Si en foot, quelque soit le déroulement de la partie, c'est l'Allemagne qui gagne à la fin, en diplomatie c'est la Chine. Il y sont à plein temps, les "salauds", quand seize ministres de la République française désertent tous au même moment leur bureau pour aller faire du chahut à une convention médiatique anti-socialiste ! Nous allons assister à une démonstration du genre de celles que faisaient les jésuites français à la cour de l'empereur d'alors. A preuve, ils se sentent capables de mieux gérer que nous, Geely fait des bénéfices sur Volvo en faisant tourner l'usine en SUEDE ! Ils sont prêts à appliquer tout modèle de développement qui leur garantira un juste retour sur investissement. N'ayant peur de rien et surtout pas de miser, ils ont un art consommé de la négociation. Saab vient d'être raflé à Spyker à prix cassé aujourd'hui par ceux-là même qui claironnaient hier qu'ils n'en avaient rien à f... de ces usines en plan ! Victor Müller, le directeur qui a baissé son prix, avale le casque avec les cornes plus le crâne à boire l'hydromel ! Youngman Automobile est capable de faire avec Saab ce que Geely a fait avec Volvo, ou d'y mêler Lotus Engineering qui est dans son groupe pour sortir un modèle canon destiné aux yuppies chinois. Du grand art.
Ils sont, sans le savoir peut-être, dans une démarche typiquement coloniale. Si tu ne sais pas exploiter ta rente, moi je sais faire, dégage ! Nous-mêmes l'avons fait partout dans l'empire, Israël le démontre en Palestine, à notre tour dans l'autre sens ? Du moins pourrait-on le croire.
Les communautés chinoises que nous côtoyons ici travaillent en continu à leur propre enrichissement. Arrivées pieds nus mais agrippées maintenant comme des moules au rocher, elles sont les points d'ancrage des managers continentaux qui vont venir gérer leurs investissements. Cette drogue du travail qui les porte, est bien pire pour nous autres, addictés aux RTT, que l'opium de l'empire des Indes le fut jadis pour eux. Ils vont nous battre à mains nues, enfin, avec seulement la résilience mentale et l'opiniâtreté du coolie des chemins de fer californiens ! Décidément, il est loin le siècle de Louis XIV !
PS : se tient actuellement au Louvre une exposition "Empereurs de Chine et rois de France" sous le titre de la Cité Interdite.
Kang-Hi (1652-1722), quatrième empereur des Grands Tsing, savait tout du Roi-soleil jusqu'à le hisser dans son estime au niveau le plus haut des monarques régnants, le sien propre.
Et Louis XIV savait tout de Kang-Hi depuis qu'il avait lu le récit du voyage effectué en Mandchourie par le père Verbiest en 1682. La dédicace était explicite : "Vous verrez, Sire, dans ce récit que la Cour de Péquin ne cède en magnificence à aucune autre Cour de l’Europe; & si vous aviez estè dans un autre siècle, le Prince qui règne aujourd’huy à la Chine ne verroit rien dans le monde de plus grand que luy".
Puis vint le portrait de l'empereur publié en 1697 par le père Bouvet et traduit partout en Europe. Dans sa préface, il assurait Louis XIV qu’il avait établi le "portrait d’un monarque qui a le bonheur de vous ressembler par plusieurs endroits". Effectivement, il y avait une ressemblance physique, puisque leurs visages portaient les traces d’une petite vérole enfantine qui faillit l'un et l'autre emporter, même maîtrise de soi, même goût pour les arts et les sciences, et ressemblance de leurs destins : orphelins, ils avaient connu les périls d’une régence difficile et assumé, très jeunes, les responsabilités du pouvoir (source Jésuites.com). Ressemblance in fine par la longévité de leurs règnes, 61 ans pour Kang-Hi et 54 ans pour Louis XIV (à partir de la mort de Mazarin sinon 77 ans en droit).
L'Empire de Chine était encore la première puissance du monde mais le décalage technique commençait à poindre, à ce que diffusaient autour d'eux les jésuites de Pékin dans tous les domaines scientifiques. Il n'a pas suffi. L'empire baissant la garde, le divin Palais d'Eté sera ruiné cent cinquante ans plus tard par Lord Elgin, barbare victorien de la série courante. C'est inexpiable, la plaie suppure encore !
Malgré tout, Européens et Japonais construisirent en Chine une industrie puissante, des voies ferrées et des ports modernes, des banques internationales jusqu'à faire de Shanghaï la capitale économique du Pacifique, jusqu'à la guerre sino-japonaise de 1937. Il en reste chez nous beaucoup de bons et titres divers non remboursés dont on fait tapisserie à défaut¹.
Si les Européens se contentèrent de mater le mécontentement pour exploiter le pays, les Japonais entreprirent de le réduire en esclavage. Mais on ne peut tuer le chiendent à coups de talon, de sabre. Il faut le déraciner, l'extirper, sinon il reprend. Et la Chine a repris. Regain dans tous les domaines, dans son périmètre historique presque intact, sur sa propre terre, dans l'ingéniosité de sa race et sa glorification du travail comme promesse de tout, jusqu'à venir au secours des pays de la zone euro au seuil de la panique. Ainsi donc les fils de Kang-Hi, de Qianlong, accourent en ambassade chargée d'or négocier leur appui. Et les barbares acculés mais suffisants qui nous gouvernent, de tendre les mains.
Le directeur du Fonds européen de stabilisation financière, Klaus Regling, parti faire kowtow à Zhongnanhai² et accessoirement placer quelques milliards du nouveau trillion prévu, est rentré hier bredouille, car la négociation chinoise n'a pas commencé. C'est eux qui ont la montre. Le "véhicule" spécial que les derniers accords de Bruxelles prévoient pour charrier des fonds émergents doit être déjà révisé à leur demande.
Nos dirigeants doivent quand même savoir que leurs homologues chinois ont tout appris de l'histoire et des humiliations que nous avons imposées à leurs pères. Que les mettre en situation de revanche est extrêmement dangereux. Non qu'ils soient d'un naturel belliqueux - la Chine n'est ni la Corée ni le Japon - mais parce qu'ils sont par leur essence même... intéressés. Ils vont venir voir, c'est sûr, mais de leur propre chef et sans doute pas sur convocation. Le G20 du 3 novembre à Cannes nous apprendra non pas ce qu'ils auront décidé du swap entre bons américains et bons fédéraux européens, mais dans quel état d'esprit ils feront leurs demandes de contreparties en descendant à chacun des niveaux nationaux. Il n'existe pas de charité politique !
Ils ont pris le Pirée en nous laissant le singe, ils avancent derrière les tycoons de Hong-Kong quand c'est nécessaire, comme au Panama. Ils ont pris Medion (pc) en Allemagne, Oerlikon Austria (mach. textiles), Fortis (banque), les mines Langfeld de Chypre, les ateliers danois Boiler Works, la chaîne espagnole d'hôtels NH, le terminal vrac du port estonien de Muuga, Rhodia Silicone et la minorité de blocage de la Compagnie financière de Rothschild, le chimiste hongrois BorsodChem, Firecomms informatique en Irlande, les aciéries italiennes CIFA, la holding automobile néerlandaise Hyva, les automobiles MG³ (Rover), 12% de Rio Tinto(!), EDF-UK, Northumbrian Waters, Volvo, Saab, les transmissions WEIGL, et partout des transitaires portuaires, des canaux de distribution, des usines de niches avec des savoir-faire spécifiques comme la Société d'automatisme et de mécanisme du Bourbonnais par exemple, à se demander s'ils n'auraient pas un plan. (Rires idiots au fond de la salle !)
Réindustrialisons contre la Chine (pour faire court), installons des quota contre la Chine, pressons-les de réévaluer le renminbi, dénonçons les exactions judiciaires, la destruction des libertés élémentaires, la triche douanière, la banqueroute frauduleuse de nos débiteurs, etc... n'y pensez plus. Si en foot, quelque soit le déroulement de la partie, c'est l'Allemagne qui gagne à la fin, en diplomatie c'est la Chine. Il y sont à plein temps, les "salauds", quand seize ministres de la République française désertent tous au même moment leur bureau pour aller faire du chahut à une convention médiatique anti-socialiste ! Nous allons assister à une démonstration du genre de celles que faisaient les jésuites français à la cour de l'empereur d'alors. A preuve, ils se sentent capables de mieux gérer que nous, Geely fait des bénéfices sur Volvo en faisant tourner l'usine en SUEDE ! Ils sont prêts à appliquer tout modèle de développement qui leur garantira un juste retour sur investissement. N'ayant peur de rien et surtout pas de miser, ils ont un art consommé de la négociation. Saab vient d'être raflé à Spyker à prix cassé aujourd'hui par ceux-là même qui claironnaient hier qu'ils n'en avaient rien à f... de ces usines en plan ! Victor Müller, le directeur qui a baissé son prix, avale le casque avec les cornes plus le crâne à boire l'hydromel ! Youngman Automobile est capable de faire avec Saab ce que Geely a fait avec Volvo, ou d'y mêler Lotus Engineering qui est dans son groupe pour sortir un modèle canon destiné aux yuppies chinois. Du grand art.
Ils sont, sans le savoir peut-être, dans une démarche typiquement coloniale. Si tu ne sais pas exploiter ta rente, moi je sais faire, dégage ! Nous-mêmes l'avons fait partout dans l'empire, Israël le démontre en Palestine, à notre tour dans l'autre sens ? Du moins pourrait-on le croire.
Les communautés chinoises que nous côtoyons ici travaillent en continu à leur propre enrichissement. Arrivées pieds nus mais agrippées maintenant comme des moules au rocher, elles sont les points d'ancrage des managers continentaux qui vont venir gérer leurs investissements. Cette drogue du travail qui les porte, est bien pire pour nous autres, addictés aux RTT, que l'opium de l'empire des Indes le fut jadis pour eux. Ils vont nous battre à mains nues, enfin, avec seulement la résilience mentale et l'opiniâtreté du coolie des chemins de fer californiens ! Décidément, il est loin le siècle de Louis XIV !
PS : se tient actuellement au Louvre une exposition "Empereurs de Chine et rois de France" sous le titre de la Cité Interdite.
Note (1): on s'amusera à visiter le site du GNDPTA, section "titres chinois"
Note (2): le kowtow est un geste de soumission pratiqué à l'époque impériale devant Sa Majesté. Giscard d'Estaing et Raffarin venus quémander l'indulgence du pouvoir chinois en 2009 s'y sont prêtés sans le savoir. Zhongnanhai est la Cité interdite d'aujourd'hui, le centre du pouvoir chinois.
Note (3): la Roewe 550 chinoise a obtenu cinq étoiles au crashtest de type américain
Note (2): le kowtow est un geste de soumission pratiqué à l'époque impériale devant Sa Majesté. Giscard d'Estaing et Raffarin venus quémander l'indulgence du pouvoir chinois en 2009 s'y sont prêtés sans le savoir. Zhongnanhai est la Cité interdite d'aujourd'hui, le centre du pouvoir chinois.
Note (3): la Roewe 550 chinoise a obtenu cinq étoiles au crashtest de type américain
jeudi 27 octobre 2011
Dégénérescence et réaction
Il tourne dans la sphère "expat" une retransmission du journal télévisé de FR2 diffusant un reportage de la BBC de novembre 2010 (clic) sur l'enseignement de la charia dans les écoles coraniques anglaises. La charia, du modèle wahhabite, amputatoire, est propagée par les services culturels de l'ambassade d'Arabie Séoudite à Londres. On nous y montre aussi les futures lapidés, transformées en Belphégor dès la sortie des classes sur le chemin de la maison. Cet enseignement exotique concernerait cinq mille élèves. Et tout le monde de s'en offusquer. Bon !
A Paris, les édiles de la Ville-Lumière, phare du Monde et première destination touristique du Cosmos, défendent un spectacle de merde par cars complets de CRS. On y chie, chère Médème, et ça pue. Mutine, elle me rétorque les yeux baissés, à l'Hôtel de Ville ils aiment ça ! Bon !
Ce blogue non labélisé n'a pas la fibre sociétale et le piéton misanthrope revenu de tout, s'émeut rarement de ces dérives déplorables, mais l'heure n'est-elle pas venue de se poser la question du motif de cette dégénérescence, car si dans le second cas nous avons en face de nous l'exemple-type de l'art dégénéré, dans le premier, je considère que l'abrutissement pédagogisé des enfants de confession musulmane dans des codes néandertaliens est une régression de l'espèce quelles qu'en soient les causes.
Allons au contact, direct. Il est commode de se saisir de la déchristianisation du continent pour en montrer du doigt les effets pervers. A la réserve près que si la transcendance morale est une excellente chose pour la conduite des consciences, elle l'est parfois moins quand ces consciences sont dirigées par des sociétés aussi complexes que les églises. Certains font la part du feu ou du diable, comme vous voudrez, en distinguant Dieu et les religions qui exploitent le concept¹. J'en suis. Il n'en demeure pas moins que la prémonition du curé d'Ars sur les paroisses sans prêtres, où l'on finirait par adorer les bêtes, est un peu faible quand on voit ces immensités déréglées où l'on n'adore certes pas de bêtes mais où les gens le sont devenus. Les faits divers sanglants débordent partout des écrans, la jouissance des souffrances causées à plus faible que soi est assez répandue, mais le plus grave est la tiédeur des réactions populaires voire l'indulgence des jurés d'assises intoxiqués à la culture de l'excuse. Quittons donc l'explication facile du "transcendantal" et perdons-nous dans les complications.
Même si "ceux qui n'ont pas vécu avant 1789, ne connaissent pas la douceur de vivre" (dixit Charles-Maurice du Bas de Soie), la condition matérielle moyenne des peuples d'Europe occidentale n'a jamais été meilleure, les "seuils de pauvreté" jamais aussi hauts et le dépit des opprimés jamais aussi futile. Ne plus pouvoir aller au cinéma ou au restaurant chaque mois a remplacé le pain de fougères du temps jadis. Et dans ce "paradis matériel", on apprend à couper la main ou le pied des voleurs et à payer pour voir sur scène un vieux chier !
Que manque-t-il ? Qu'y a-t-il de trop ?
Le premier défaut de nos sociétés est un défaut d'éducation. L'instruction est faite, plus ou moins bien calibrée, plus ou moins bien reçue selon l'environnement et les "clients". Par contre l'éducation est inachevée si tant est qu'elle soit par endroit amorcée. Je parle ici de l'acquisition de la morale naturelle universelle qui est débinée par l'existentialisme, par la réalisation d'une idée de soi qui peut être fausse, par la liberté à tout crin hors de toutes les limites d'une cohésion sociale a minima. Par exemple, on ne peut à la fois lutter pour sa propre émancipation d'une société que l'on rejette et s'abonner anonymement aux guichets du vivre-ensemble. Personne ne va à la Caisse d'Allocations familiales réclamer son dû au cri trotsko-jospinien de "société de merde". Il faut choisir. Or le confort matériel assuré par l'Etat-providence et ses multiples édredons nous l'interdit. Pourtant, j'ai vu des gens bénéficiant de positions enviables dans la sphère publique quitter Shanghaï pour forte incompatibilité d'humeur avec les autorités locales qui d'ailleurs en ignoraient tout. Et émigrer comme un Sicilien vers l'Amérique. Perdre le confort, gagner sa propre estime, étaient le leitmotiv de cette démarche difficile. Et quand on a le caractère aussi trempé, on réussit aux Etats-Unis où depuis toujours on récompense les bosseurs. A contrario, le porte-à-faux dénoncé ci-avant est une faille mentale dans laquelle s'engouffre la légitimation de n'importe quelle dérive. Il faut la réparer.
Le deuxième défaut (il y en a quatre) est la matérialisation. Le livre d'Etienne Liebig, Les Nouveaux Cons (Ed. Michalon-2011), décortique l'ambition des étudiants en écoles de commerce complètement captivés par la réussite matérielle, et pour beaucoup déçus. Le calibrage social n'a jamais été plus facile puisque les signes extérieurs d'aisance sont plus que jamais manifestes (ceux de la vraie richesse sont en revanche discrets). Tout ce qui peut marquer le niveau de vie est sous les yeux d'autrui, instruments informatiques, électroménager, communications, piscines, semaine au ski, voitures, voyages lointains et leur récit, fiestas, réceptions domestiques et leur bruit, etc... notre argent est public ! Aussi nous levons-nous chaque matin pour tenir notre rang. Et si nous n'y parvenons pas, outre l'impact psychologique défénestrant parfois, nous entrons dans une sorte d'indignation, révolte rentrée, révolte ouverte, mais sur des valeurs "fric". Le stade suivant est celui de l'insurrection, et on remarquera que le dépit social qui la sous-tend ne peut pas être la perte d'un niveau de vie, mais convoque à son expression des idées élaborées.
Si les cours de morale sont nécessaires à l'école, ils devraient être dispensés (adroitement) pendant toute la vie du citoyen. C'est sans doute ce déficit moral qui pousse des familles musulmanes à mettre leurs enfants dans les écoles coraniques, même si certains volets de l'enseignement les inquiètent. En France, nous avons eu jusqu'à un passé récent le même mouvement vers les écoles chrétiennes. La différence entre elles et les écoles publiques s'est beaucoup estompée maintenant.
Le troisième défaut est le coaching étatique. De quoi donc ne s'occupe pas l'Etat ? l'Etat étant pris au sens global de la contrainte collective réglée, il est plus facile de poser la question dans ce sens. La sphère individuelle est totalement investie par le "collectivisme". Big Sister (je pense aux mégères-ministres) s'occupe de tout. Quand il ne peut décider frontalement, il contraint par la bande, l'impôt, la taxe voire la mode. Tous nos faits et gestes sont "corrects ou incorrects" et les Lumières, fondateurs dit-on de notre société occidentale, se retourneraient dans leur tombe de savoir que nos pensées sont elles-mêmes asservies au "go/no-go"², correct, incorrect !
Le citoyen est ainsi formaté très tôt dans l'irresponsabilité individuelle, il n'a plus qu'à avancer entre les lices sociales que le Grand Machin qui gouverne a posé de part et d'autre. Pourquoi ferait-il l'effort de se chercher un destin ? C'est déjà prévu pour lui. D'où cette infantilisation générale qui jette à la manifestation saisonnière du Mécontentement les corporatismes protégées du secteur public, ou comme en Grèce, contre la rigueur, l'immense armée des fraudeurs populaires. L'Etat à ce point, ça rend con !
Le dernier défaut est l'atomisation sociale. En clair, le démembrement des familles au profit du parcours individuel. Certes des esprits affutés ont cent bonnes raisons de promouvoir la réalisation de soi mais le "famille, je vous hais" d'André Gide ne s'adresse pas aux âmes simples ou normalisées. Et la philosophie de Sartre n'est pas à mettre dans toutes les mains. Et bien justement si. Les penseurs à compte d'autrui ont fait de ses réflexions littéraires nourries au contact de réalités dérangeantes, les briques constructives d'un modèle social qui reconnaît par exemple à l'enfant de maternelle des droits propres qu'il est bien incapable d'inventer et d'exprimer. La famille peut même à certains égards devenir le lieu suspect de dérives condamnables si elle emprunte un chemin non averti comme l'instruction des enfants à la maison. Que la liberté individuelle soit protégée à l'âge adulte n'est pas discutable, mais sans doute pas au détriment de la cohésion familiale qui reste l'espace naturel élémentaire d'éducation depuis la nuit des temps. Le Coran protège la famille (et même la famille agrandie) et ce mode de vie est préféré par ceux qui mettent leurs enfants en madrasas.
Pour terminer sur une note d'espoir, convenons ensemble que la crise matérielle actuelle déclenchée par la gabegie générale des Etats occidentaux qui sont aux cent coups pour payer leurs dettes, peut emporter la crise morale avec elle. Justement parce que les fondamentaux de ce désastre trouvent leurs racines dans un mode de vie et de pensée qui fait faillite, celui de la social-démocratie du modèle maçon. Sans revenir forcément à des modèles antérieurs qui furent abandonnés à juste raison parfois, il est temps de repenser la structuration morale de nos sociétés, l'imbrication des cellules et puisqu'on ne peut plus les brûler en place de grève, éloigner des leviers d'influence les pourrisseurs patentés. Cette régénération commence par une dénonciation des mal-faisants, n'ayons pas peur des mots. A tout seigneur... et malgré une certaine empathie de ma part qui a vite disparu dès sa prise de fonction, je dénonce la protection que le ministre de la Culture accorde à la création artistique dégénérée qui se répand au Théâtre de la Ville³.
Mais puisque "la sagesse des nations" dit que l'exemple vient d'en haut, il serait avisé de réformer chez nous l'exemple d'en haut qui est au dessous de tout.
A Paris, les édiles de la Ville-Lumière, phare du Monde et première destination touristique du Cosmos, défendent un spectacle de merde par cars complets de CRS. On y chie, chère Médème, et ça pue. Mutine, elle me rétorque les yeux baissés, à l'Hôtel de Ville ils aiment ça ! Bon !
Ce blogue non labélisé n'a pas la fibre sociétale et le piéton misanthrope revenu de tout, s'émeut rarement de ces dérives déplorables, mais l'heure n'est-elle pas venue de se poser la question du motif de cette dégénérescence, car si dans le second cas nous avons en face de nous l'exemple-type de l'art dégénéré, dans le premier, je considère que l'abrutissement pédagogisé des enfants de confession musulmane dans des codes néandertaliens est une régression de l'espèce quelles qu'en soient les causes.
Allons au contact, direct. Il est commode de se saisir de la déchristianisation du continent pour en montrer du doigt les effets pervers. A la réserve près que si la transcendance morale est une excellente chose pour la conduite des consciences, elle l'est parfois moins quand ces consciences sont dirigées par des sociétés aussi complexes que les églises. Certains font la part du feu ou du diable, comme vous voudrez, en distinguant Dieu et les religions qui exploitent le concept¹. J'en suis. Il n'en demeure pas moins que la prémonition du curé d'Ars sur les paroisses sans prêtres, où l'on finirait par adorer les bêtes, est un peu faible quand on voit ces immensités déréglées où l'on n'adore certes pas de bêtes mais où les gens le sont devenus. Les faits divers sanglants débordent partout des écrans, la jouissance des souffrances causées à plus faible que soi est assez répandue, mais le plus grave est la tiédeur des réactions populaires voire l'indulgence des jurés d'assises intoxiqués à la culture de l'excuse. Quittons donc l'explication facile du "transcendantal" et perdons-nous dans les complications.
Même si "ceux qui n'ont pas vécu avant 1789, ne connaissent pas la douceur de vivre" (dixit Charles-Maurice du Bas de Soie), la condition matérielle moyenne des peuples d'Europe occidentale n'a jamais été meilleure, les "seuils de pauvreté" jamais aussi hauts et le dépit des opprimés jamais aussi futile. Ne plus pouvoir aller au cinéma ou au restaurant chaque mois a remplacé le pain de fougères du temps jadis. Et dans ce "paradis matériel", on apprend à couper la main ou le pied des voleurs et à payer pour voir sur scène un vieux chier !
Que manque-t-il ? Qu'y a-t-il de trop ?
Le premier défaut de nos sociétés est un défaut d'éducation. L'instruction est faite, plus ou moins bien calibrée, plus ou moins bien reçue selon l'environnement et les "clients". Par contre l'éducation est inachevée si tant est qu'elle soit par endroit amorcée. Je parle ici de l'acquisition de la morale naturelle universelle qui est débinée par l'existentialisme, par la réalisation d'une idée de soi qui peut être fausse, par la liberté à tout crin hors de toutes les limites d'une cohésion sociale a minima. Par exemple, on ne peut à la fois lutter pour sa propre émancipation d'une société que l'on rejette et s'abonner anonymement aux guichets du vivre-ensemble. Personne ne va à la Caisse d'Allocations familiales réclamer son dû au cri trotsko-jospinien de "société de merde". Il faut choisir. Or le confort matériel assuré par l'Etat-providence et ses multiples édredons nous l'interdit. Pourtant, j'ai vu des gens bénéficiant de positions enviables dans la sphère publique quitter Shanghaï pour forte incompatibilité d'humeur avec les autorités locales qui d'ailleurs en ignoraient tout. Et émigrer comme un Sicilien vers l'Amérique. Perdre le confort, gagner sa propre estime, étaient le leitmotiv de cette démarche difficile. Et quand on a le caractère aussi trempé, on réussit aux Etats-Unis où depuis toujours on récompense les bosseurs. A contrario, le porte-à-faux dénoncé ci-avant est une faille mentale dans laquelle s'engouffre la légitimation de n'importe quelle dérive. Il faut la réparer.
Le deuxième défaut (il y en a quatre) est la matérialisation. Le livre d'Etienne Liebig, Les Nouveaux Cons (Ed. Michalon-2011), décortique l'ambition des étudiants en écoles de commerce complètement captivés par la réussite matérielle, et pour beaucoup déçus. Le calibrage social n'a jamais été plus facile puisque les signes extérieurs d'aisance sont plus que jamais manifestes (ceux de la vraie richesse sont en revanche discrets). Tout ce qui peut marquer le niveau de vie est sous les yeux d'autrui, instruments informatiques, électroménager, communications, piscines, semaine au ski, voitures, voyages lointains et leur récit, fiestas, réceptions domestiques et leur bruit, etc... notre argent est public ! Aussi nous levons-nous chaque matin pour tenir notre rang. Et si nous n'y parvenons pas, outre l'impact psychologique défénestrant parfois, nous entrons dans une sorte d'indignation, révolte rentrée, révolte ouverte, mais sur des valeurs "fric". Le stade suivant est celui de l'insurrection, et on remarquera que le dépit social qui la sous-tend ne peut pas être la perte d'un niveau de vie, mais convoque à son expression des idées élaborées.
Si les cours de morale sont nécessaires à l'école, ils devraient être dispensés (adroitement) pendant toute la vie du citoyen. C'est sans doute ce déficit moral qui pousse des familles musulmanes à mettre leurs enfants dans les écoles coraniques, même si certains volets de l'enseignement les inquiètent. En France, nous avons eu jusqu'à un passé récent le même mouvement vers les écoles chrétiennes. La différence entre elles et les écoles publiques s'est beaucoup estompée maintenant.
Le troisième défaut est le coaching étatique. De quoi donc ne s'occupe pas l'Etat ? l'Etat étant pris au sens global de la contrainte collective réglée, il est plus facile de poser la question dans ce sens. La sphère individuelle est totalement investie par le "collectivisme". Big Sister (je pense aux mégères-ministres) s'occupe de tout. Quand il ne peut décider frontalement, il contraint par la bande, l'impôt, la taxe voire la mode. Tous nos faits et gestes sont "corrects ou incorrects" et les Lumières, fondateurs dit-on de notre société occidentale, se retourneraient dans leur tombe de savoir que nos pensées sont elles-mêmes asservies au "go/no-go"², correct, incorrect !
Le citoyen est ainsi formaté très tôt dans l'irresponsabilité individuelle, il n'a plus qu'à avancer entre les lices sociales que le Grand Machin qui gouverne a posé de part et d'autre. Pourquoi ferait-il l'effort de se chercher un destin ? C'est déjà prévu pour lui. D'où cette infantilisation générale qui jette à la manifestation saisonnière du Mécontentement les corporatismes protégées du secteur public, ou comme en Grèce, contre la rigueur, l'immense armée des fraudeurs populaires. L'Etat à ce point, ça rend con !
Le dernier défaut est l'atomisation sociale. En clair, le démembrement des familles au profit du parcours individuel. Certes des esprits affutés ont cent bonnes raisons de promouvoir la réalisation de soi mais le "famille, je vous hais" d'André Gide ne s'adresse pas aux âmes simples ou normalisées. Et la philosophie de Sartre n'est pas à mettre dans toutes les mains. Et bien justement si. Les penseurs à compte d'autrui ont fait de ses réflexions littéraires nourries au contact de réalités dérangeantes, les briques constructives d'un modèle social qui reconnaît par exemple à l'enfant de maternelle des droits propres qu'il est bien incapable d'inventer et d'exprimer. La famille peut même à certains égards devenir le lieu suspect de dérives condamnables si elle emprunte un chemin non averti comme l'instruction des enfants à la maison. Que la liberté individuelle soit protégée à l'âge adulte n'est pas discutable, mais sans doute pas au détriment de la cohésion familiale qui reste l'espace naturel élémentaire d'éducation depuis la nuit des temps. Le Coran protège la famille (et même la famille agrandie) et ce mode de vie est préféré par ceux qui mettent leurs enfants en madrasas.
Pour terminer sur une note d'espoir, convenons ensemble que la crise matérielle actuelle déclenchée par la gabegie générale des Etats occidentaux qui sont aux cent coups pour payer leurs dettes, peut emporter la crise morale avec elle. Justement parce que les fondamentaux de ce désastre trouvent leurs racines dans un mode de vie et de pensée qui fait faillite, celui de la social-démocratie du modèle maçon. Sans revenir forcément à des modèles antérieurs qui furent abandonnés à juste raison parfois, il est temps de repenser la structuration morale de nos sociétés, l'imbrication des cellules et puisqu'on ne peut plus les brûler en place de grève, éloigner des leviers d'influence les pourrisseurs patentés. Cette régénération commence par une dénonciation des mal-faisants, n'ayons pas peur des mots. A tout seigneur... et malgré une certaine empathie de ma part qui a vite disparu dès sa prise de fonction, je dénonce la protection que le ministre de la Culture accorde à la création artistique dégénérée qui se répand au Théâtre de la Ville³.
Mais puisque "la sagesse des nations" dit que l'exemple vient d'en haut, il serait avisé de réformer chez nous l'exemple d'en haut qui est au dessous de tout.
Note (1): on étudiera une autre fois la mise en culture de la société grecque par les églises orthodoxes.
Note (2): ceux qui savent régler une mitrailleuse de 50 comprendront
Note (3): pièce scatologique moite avec Jésus-Christ en fond d'écran, d'un certain Romeo Castellucci, contre laquelle manifestent ces jours-ci plusieurs mouvements traditionalistes, dont les Camelots du Roi d'Action française.
Note (2): ceux qui savent régler une mitrailleuse de 50 comprendront
Note (3): pièce scatologique moite avec Jésus-Christ en fond d'écran, d'un certain Romeo Castellucci, contre laquelle manifestent ces jours-ci plusieurs mouvements traditionalistes, dont les Camelots du Roi d'Action française.
lundi 24 octobre 2011
Le candidat de l'Alliance Royale
Tout commence par le communiqué de presse du 17.09.2011 :
Qui êtes-vous Monsieur de Villenoisy ?
Soixante ans pour le scrutin présidentiel, Patrick Cosseron de Villenoisy est le patron d'UCN Communication qu'il créa à Paris en 2004. UCN est une agence spécialisée dans l'organisation d'événements et dans le conseil en communication. Elle se revendique aussi comme vortex efficace pour la pénétration d'entreprises en Russie. Cette société se présente sur Internet par ici. Jusque là, M. de Villenoisy travaillait en nom propre dans l'analyse financière entre Lille et Paris, après avoir écourté une formation de médecin pour des raisons qui ne regardent que lui, mais qui aiguisa la précision du geste. Est-ce pour cela qu'il traverse son noeud de cravate d'une épée ?
Sa noblesse procède d'un échevin de la ville de Paris annobli en 1783¹ et confirmée à la Restauration en 1814. Noblesse de robe donc, mais dans la lignée, on retrouve le général Mamès Cosseron de Villenoisy, né à Dunkerque sous louis XVIII, de toutes les guerres de la monarchie et de l'empire jusqu'à Metz, puis directeur au ministère. Il nous a laissé les fortifications de Grenoble.
Si la titulature comtale de l'impétrant est de courtoisie, le port altier, la finesse d'esprit, l'entregent comme le dévouement à la cause royaliste signalent l'aristocrate. La classe des meilleurs, disait-on chez les anciens grecs.
M. de Villenoisy a donné un entretien le 25 mai 2011 à Frank Abed sur son site Génération FA8 (clic), et le 17 octobre 2011 à Royauté-News (clac). Il y développe la thématique de l'Alliance Royale sur une plateforme politique concrète et son contournement de la Querelle dynastique pour aller à l'essentiel, le sauvetage de la Nation française par le rétablissement du régime qui sut porter la France au tout premier rang des nations du monde. Il est plus que temps.
On perce mieux le personnage dans son éditorial donné au bulletin ANF d'avril dernier (Association d’Entraide de la Noblesse Française) et qui prouve s'il en était besoin la pertinence d'une aristocratie pour une nation. On peut lire cette intéressante synthèse sur le site AR Nivernais-Berry en cliquant ici.
Nous aurons l'occasion d'y revenir.
Ce billet est le premier d'une séquence d'explication de la programmatique de l'Alliance Royale pour l'élection présidentielle d'avril 2012.
Postscriptum du 14/2/2012:
M. de Villenoisy dans son métier, un podcast de WIDOOBIZ :
La discussion continue ci-dessous dans la section "commentaires" et sur le forum Vive Le Roy à la rubrique Actualités Françaises.
Patrick de Villenoisy, porte-parole de l’Alliance royale, annonce sa candidature à l’élection présidentielle de 2012. Patrick de Villenoisy porte donc les couleurs du parti royaliste pour présenter à nos concitoyens la seule alternative susceptible d’entrouvrir une lueur d’espoir dans un contexte préoccupant. Les Français sont inquiets, inquiets pour leur emploi, inquiets pour leur niveau de vie. Les jeunes en particulier craignent pour leur avenir. Nos édiles les confortent dans cette peur et au découragement et ne proposent aucune solution crédible. Gouverner c’est prévoir et nos concitoyens découvrent brutalement que nos politiques n’ont pas su remplir cet aspect fondamental de leur fonction. Patrick de Villenoisy, candidat royaliste, veut leur dire qu’au-delà de l’impéritie de certains hommes politiques et à leur décharge, c’est le régime républicain qui est responsable de cette situation. Les royalistes veulent démontrer au travers de cette campagne présidentielle que le retour du roi représente la seule espérance d’inscrire la politique dans le temps long, dans la responsabilité, dans la confiance retrouvée. Tout royaume divisé contre lui-même se perdra : Patrick de Villenoisy et les royalistes veulent proposer de réconcilier les français : condition indispensable pour sortir de la crise. Un chef d’État, le roi, arbitre indépendant des partis, peut transcender nos divisions et proposer les réformes indispensables dans une perspective de vraie justice sociale.
La France est encore un pays riche et qui possède en elle les moyens de relever les défis qui se sont accumulés au-dessus d’elle à condition de faire confiance à la seule personne qui puisse y parvenir :
Oui, le roi existe au-dessus de nos guerres civiles.
Ils vous ont promis la lune, demandez le soleil.
La France est encore un pays riche et qui possède en elle les moyens de relever les défis qui se sont accumulés au-dessus d’elle à condition de faire confiance à la seule personne qui puisse y parvenir :
Oui, le roi existe au-dessus de nos guerres civiles.
Ils vous ont promis la lune, demandez le soleil.
Qui êtes-vous Monsieur de Villenoisy ?
Soixante ans pour le scrutin présidentiel, Patrick Cosseron de Villenoisy est le patron d'UCN Communication qu'il créa à Paris en 2004. UCN est une agence spécialisée dans l'organisation d'événements et dans le conseil en communication. Elle se revendique aussi comme vortex efficace pour la pénétration d'entreprises en Russie. Cette société se présente sur Internet par ici. Jusque là, M. de Villenoisy travaillait en nom propre dans l'analyse financière entre Lille et Paris, après avoir écourté une formation de médecin pour des raisons qui ne regardent que lui, mais qui aiguisa la précision du geste. Est-ce pour cela qu'il traverse son noeud de cravate d'une épée ?
Sa noblesse procède d'un échevin de la ville de Paris annobli en 1783¹ et confirmée à la Restauration en 1814. Noblesse de robe donc, mais dans la lignée, on retrouve le général Mamès Cosseron de Villenoisy, né à Dunkerque sous louis XVIII, de toutes les guerres de la monarchie et de l'empire jusqu'à Metz, puis directeur au ministère. Il nous a laissé les fortifications de Grenoble.
Si la titulature comtale de l'impétrant est de courtoisie, le port altier, la finesse d'esprit, l'entregent comme le dévouement à la cause royaliste signalent l'aristocrate. La classe des meilleurs, disait-on chez les anciens grecs.
M. de Villenoisy a donné un entretien le 25 mai 2011 à Frank Abed sur son site Génération FA8 (clic), et le 17 octobre 2011 à Royauté-News (clac). Il y développe la thématique de l'Alliance Royale sur une plateforme politique concrète et son contournement de la Querelle dynastique pour aller à l'essentiel, le sauvetage de la Nation française par le rétablissement du régime qui sut porter la France au tout premier rang des nations du monde. Il est plus que temps.
On perce mieux le personnage dans son éditorial donné au bulletin ANF d'avril dernier (Association d’Entraide de la Noblesse Française) et qui prouve s'il en était besoin la pertinence d'une aristocratie pour une nation. On peut lire cette intéressante synthèse sur le site AR Nivernais-Berry en cliquant ici.
Nous aurons l'occasion d'y revenir.
Ce billet est le premier d'une séquence d'explication de la programmatique de l'Alliance Royale pour l'élection présidentielle d'avril 2012.
Note (1): François Cosseron, d'une ancienne famille originaire de Normandie, fut nommé comme notable, échevin de la ville de Paris, le 16 août 1783 ; il prêta serment, en cette qualité, entre les mains de sa majesté Louis XVI. Le 7 septembre suivant, par l'exercice de cette charge, il acquit la noblesse pour lui et ses descendants ; il s'occupa avec fruit de l'administration, et a rédigé un grand nombre de mémoires sur des objets d'utilité publique ; plusieurs ont été suivis ; ses vues sur les subsistances et les approvisionnements ont été adoptées ; en 1788, il eut l'honneur d'être nommé par le roi, son commissaire près l'assemblée du tiers-état, tenue aux Enfants rouges ; il justifia ce témoignage de confiance en refusant la présidence qui lui fut offerte de cette assemblée, s'il renonçait à son titre de commissaire ; il ferma son procès-verbal au milieu des clameurs et des dangers. Armes de la famille « d'azur, au vaisseau équipé d'or ; au chef cousu de gueules, chargé d'un besan d'or, accosté de deux cosses de même; l'écu timbré d'un casque taré de profil orné de ses lambrequins » (source Nobiliaire Universel de France).
[ce billet de présentation a obtenu le nihil obstat du candidat]
Postscriptum du 14/2/2012:
M. de Villenoisy dans son métier, un podcast de WIDOOBIZ :
La discussion continue ci-dessous dans la section "commentaires" et sur le forum Vive Le Roy à la rubrique Actualités Françaises.
jeudi 20 octobre 2011
PESD et solidarité
Les tribulations européennes autour de la crise des dettes souveraines vont nous coûter cher, à nous contribuables, volontaires désignés par l'élite régnante. Les peuples en troupeaux se gèrent depuis la nuit des temps au bénéfice d'une classe supérieure que le Temps qui passe renouvelle en désignation et composition. Elle est aujourd'hui plus complexe puisque la connivence agrège des élites de plusieurs bords qui mettent la nation en culture dans plusieurs champs d'intervention, secteur bancaire, haute administration, mandataires politiques, industrie stratégique et parasélites médiatiques associées. Au niveau de leurs taux de pension nous pouvons les appeler ploutocrates. Seuls les pays régis par la démocratie directe peuvent échapper à cette mise en exploitation, mais ce n'est pas le sujet de ce jour.
Dimanche qui vient, sainte Rita deviendra sourde par le volume des imprécations, supplications, litanies et prières qui monteront des institutions européennes pour qu'on sauve le soldat hellène, et surtout les prébendes bruxelloises qui sont liées à son sort. Quatre cent quarante milliards, mille milliards, deux mille ? qui dit mieux ? Au FESF les jeux sont faits, nichts geht mehr ! Pas sûr qu'on en termine, car soigner la dette par la dette est peut-être de bon pronostic en homéopathie, mais sûrement pas dans une région sans croissance ni rentes.
Au minimum nous pourrions affirmer qu'il n'y a aucun consensus dans ces affaires de sous, parfois seulement des compromis, ce qui est bien différent. L'attitude du parlement slovaque a été montée en épingle parce qu'elle étalait au grand jour des divergences profondes, mais ces restrictions à la solidarité européenne existent partout, sauf chez les pays les plus malades qui y voient la dernière planche de salut avant l'ultime apnée.
L'avenir est écrit par les agences de notation. What next ?
Ce que le grand cirque bruxellois nous montre avec ce défaut de solidarité, c'est l'inanité d'une défense européenne en l'état. L'affaire de Libye a clairement partagé les pays de l'Union entre ceux qui intervenaient pour sauver les peuples étrangers d'une dictature vers la démocratie du modèle européen - et tous ses vices - et les autres, qui ne se sentaient pas attaqués et ne voulaient donc pas participer à l'expédition, même si les Etats-Unis les y appelaient. On notera en passant que l'Oncle Sam n'est pas obéi à première injonction dans le cadre OTAN comme le souhaiteraient nos souverainistes pour étayer la thèse impérialiste.
Si les traités européens engagent une politique européenne de sécurité et de défense¹ (PESD), ils sont aisément contournés par le défaut de moyens d'application. Bien des pays, et tous ceux arrachés à la sphère soviétique, ont l'impression de "payer" deux fois, l'une avec une certaine efficacité pour l'Alliance atlantique, l'autre pour une idée gaulliste dont on n'a jamais pu leur démontrer la pertinence polémologique autrement qu'en termes philosophiques. En période de disette budgétaire, c'est encore plus facile de trainer les pieds sans trop marquer sa mauvaise humeur.
De fait, il n'y a que quatre nations guerrières dans l'Union : l'Angleterre, la France de langue d'oïl, la Prusse et la Suède. Les autres sont des batailleurs ou des pacifistes. Des quatre précitées, seulement les deux premières ont des moyens à mettre en ligne, la troisième a fondu dans la fédération allemande et ne propose qu'une super-gendarmerie. La Suède se limite à la Baltique et aux meubles en kit. Quelle mouche a piqué les Français de vouloir construire pareille chimère ? Le goût de l'infaisable sans doute aucun. C'est notre truc !
Sur le papier, il semblait possible de cloner l'Alliance. Mais c'était oublier la force de tension des ressorts qui la font bander. Bien que l'article 5 du traité de l'Atlantique Nord ne convoque pas le ban et l'arrière-ban à première demande, les faits ont montré une automaticité des réactions. Les pays européens convergent vers le front d'autant plus vite qu'ils attendent de réciprocité de la part de l'Amérique du Nord si leurs lignes sont enfoncées. C'est le cas des anciens du Pacte de Varsovie. Même la Géorgie qui n'en est pas, a cru déclencher les secours en 2008 ; c'est dire !
La réaction promise d'une défense intra-communautaire semble pour le moins discutable, je veux dire qu'il y faudra plus d'une réunion au sommet pour charger les tourelles en ogives.
La réactivité est une chose, la géostratégie atlantique en est une autre et l'on va voir qu'elle est bien différente de la PESD¹.
Le 4 avril 1949, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et leurs alliés perpétuaient les dispositions stratégiques qui les avaient conduits à la victoire sur le III° Reich, en captant au profit d'un état-major intégré toute l'Europe occidentale utile et la moitié nord de l'Océan atlantique, nouveau mare nostrum dont ils contrôlaient désormais absolument tous les accès. Cette stratégie ne permettait pas de trous dans le tissu, surtout dans l'espace aérien. Le retrait de la France en 1966 eut aux yeux des anglo-saxons pour motif caché d'ouvrir un grand trou dans le dispositif. Je persiste à penser que le général De Gaulle avait conclu in petto à la victoire finale de l'URSS et qu'une certaine tiédeur serait plus tard récompensée. A preuve s'il en fallait, l'accord d'engagement des troupes françaises en Allemagne qui interdisait à l'EM allié de faire monter nos unités sur le front tchèque en cas de guerre ouverte ². Et il y en a d'autres. Une dame de fer qui n'était pas la tour Eiffel et un acteur de cinéma de série B nous ont montré plus tard ce qu'on pouvait faire avec une vraie paire de couilles.
Sur ce tissu, il y avait des pays moins ardents au sacrifice que leurs voisins. Leurs préventions étaient annulées par la prise en charge de toutes les opérations par l'état-major commun sous commandement américain (SHAPE). Ils pouvaient donc cultiver leurs états d'âme sans affaiblir l'Alliance. C'est bien cette déconnexion entre l'action et la réflexion qui a usé les manifestations pacifistes fomentées par les services de l'Est et relayées par les partis communistes et prolétariens. A quoi servait-il pour affaiblir l'OTAN d'ameuter contre des gouvernements qui ne pouvaient rien changer ? La seule embellie pacifiste fut l'affaire des "Pershing II vs. SS20" (1977-1985) qui vit défiler les partisans de la défaite au cri de "plutôt rouge que mort". Les Russes avaient avancé des armes de théâtre capables d'atteindre les villes allemandes et la contrepartie alliée n'était pas en place ; il fallait l'importer. C'est le président Mitterrand qui en ralliant la position dure du chancelier Schmidt a brisé le consensus de tiédeur hérité du général De Gaulle et a remis la France dans les clous de l'offensive en demandant le déploiement des Pershing II. En fait, c'est à lui que l'on doit les grignotages successifs d'une souveraineté illusoire et le retour in fine au commandement intégré. Le seul "affaiblissement" de l'OTAN est intervenu par la disparition de son ennemi du moment.
Ce changement de braquet à l'entraînement - les différences d'enthousiasme - n'est pas possible dans une stratégie de défense européenne car les trous vont se multiplier dès que la tension montera. Chaque pays est jaloux de son influence dans les instances fédérales et tous utilisent Bruxelles comme bouc émissaire de leurs problèmes intérieurs. Si des manifestations semblables à celles de la crise des euromissiles advenaient, les gouvernements plieraient sous la pression de la rue, à défaut, ce serait l'émeute universelle.
La troisième différence est de taille pour l'art de la guerre. A l'extérieur, l'OTAN fait peur et les critiques pleuvent sur sa brutalité. Spéciale dernière : le convoi de Kadhafi sortant de Syrte. A l'inverse, les forces européennes engagées comme telles, sur le théâtre yougoslave par exemple, passent pour une police armée, prompte à la négociation. Ce n'est pas exactement l'image que doit rechercher une armée ni le schéma de Lyautey qui préconise de "montrer la force pour n'avoir pas à s'en servir".
Les nouveaux pays européens sont tout à fait conscients que la PESD est une force de négociation et pas d'intimidation, et que lorsque les parlottes seront terminées, ils devront téléphoner au SACEUR³ pour avoir de l'aide. Et contre cette conviction, les meilleures démonstrations sont inutiles.
Faisons donc des économies et démobilisons ces petits état-majors et microsructures multi ou binationales qui en cas de pépin ne serviront à rien, sauf à peut-être ralentir les procédures si les politiques leur assignent un rôle.
Dimanche qui vient, sainte Rita deviendra sourde par le volume des imprécations, supplications, litanies et prières qui monteront des institutions européennes pour qu'on sauve le soldat hellène, et surtout les prébendes bruxelloises qui sont liées à son sort. Quatre cent quarante milliards, mille milliards, deux mille ? qui dit mieux ? Au FESF les jeux sont faits, nichts geht mehr ! Pas sûr qu'on en termine, car soigner la dette par la dette est peut-être de bon pronostic en homéopathie, mais sûrement pas dans une région sans croissance ni rentes.
Au minimum nous pourrions affirmer qu'il n'y a aucun consensus dans ces affaires de sous, parfois seulement des compromis, ce qui est bien différent. L'attitude du parlement slovaque a été montée en épingle parce qu'elle étalait au grand jour des divergences profondes, mais ces restrictions à la solidarité européenne existent partout, sauf chez les pays les plus malades qui y voient la dernière planche de salut avant l'ultime apnée.
L'avenir est écrit par les agences de notation. What next ?
Ce que le grand cirque bruxellois nous montre avec ce défaut de solidarité, c'est l'inanité d'une défense européenne en l'état. L'affaire de Libye a clairement partagé les pays de l'Union entre ceux qui intervenaient pour sauver les peuples étrangers d'une dictature vers la démocratie du modèle européen - et tous ses vices - et les autres, qui ne se sentaient pas attaqués et ne voulaient donc pas participer à l'expédition, même si les Etats-Unis les y appelaient. On notera en passant que l'Oncle Sam n'est pas obéi à première injonction dans le cadre OTAN comme le souhaiteraient nos souverainistes pour étayer la thèse impérialiste.
Si les traités européens engagent une politique européenne de sécurité et de défense¹ (PESD), ils sont aisément contournés par le défaut de moyens d'application. Bien des pays, et tous ceux arrachés à la sphère soviétique, ont l'impression de "payer" deux fois, l'une avec une certaine efficacité pour l'Alliance atlantique, l'autre pour une idée gaulliste dont on n'a jamais pu leur démontrer la pertinence polémologique autrement qu'en termes philosophiques. En période de disette budgétaire, c'est encore plus facile de trainer les pieds sans trop marquer sa mauvaise humeur.
De fait, il n'y a que quatre nations guerrières dans l'Union : l'Angleterre, la France de langue d'oïl, la Prusse et la Suède. Les autres sont des batailleurs ou des pacifistes. Des quatre précitées, seulement les deux premières ont des moyens à mettre en ligne, la troisième a fondu dans la fédération allemande et ne propose qu'une super-gendarmerie. La Suède se limite à la Baltique et aux meubles en kit. Quelle mouche a piqué les Français de vouloir construire pareille chimère ? Le goût de l'infaisable sans doute aucun. C'est notre truc !
Sur le papier, il semblait possible de cloner l'Alliance. Mais c'était oublier la force de tension des ressorts qui la font bander. Bien que l'article 5 du traité de l'Atlantique Nord ne convoque pas le ban et l'arrière-ban à première demande, les faits ont montré une automaticité des réactions. Les pays européens convergent vers le front d'autant plus vite qu'ils attendent de réciprocité de la part de l'Amérique du Nord si leurs lignes sont enfoncées. C'est le cas des anciens du Pacte de Varsovie. Même la Géorgie qui n'en est pas, a cru déclencher les secours en 2008 ; c'est dire !
La réaction promise d'une défense intra-communautaire semble pour le moins discutable, je veux dire qu'il y faudra plus d'une réunion au sommet pour charger les tourelles en ogives.
La réactivité est une chose, la géostratégie atlantique en est une autre et l'on va voir qu'elle est bien différente de la PESD¹.
Le 4 avril 1949, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et leurs alliés perpétuaient les dispositions stratégiques qui les avaient conduits à la victoire sur le III° Reich, en captant au profit d'un état-major intégré toute l'Europe occidentale utile et la moitié nord de l'Océan atlantique, nouveau mare nostrum dont ils contrôlaient désormais absolument tous les accès. Cette stratégie ne permettait pas de trous dans le tissu, surtout dans l'espace aérien. Le retrait de la France en 1966 eut aux yeux des anglo-saxons pour motif caché d'ouvrir un grand trou dans le dispositif. Je persiste à penser que le général De Gaulle avait conclu in petto à la victoire finale de l'URSS et qu'une certaine tiédeur serait plus tard récompensée. A preuve s'il en fallait, l'accord d'engagement des troupes françaises en Allemagne qui interdisait à l'EM allié de faire monter nos unités sur le front tchèque en cas de guerre ouverte ². Et il y en a d'autres. Une dame de fer qui n'était pas la tour Eiffel et un acteur de cinéma de série B nous ont montré plus tard ce qu'on pouvait faire avec une vraie paire de couilles.
Sur ce tissu, il y avait des pays moins ardents au sacrifice que leurs voisins. Leurs préventions étaient annulées par la prise en charge de toutes les opérations par l'état-major commun sous commandement américain (SHAPE). Ils pouvaient donc cultiver leurs états d'âme sans affaiblir l'Alliance. C'est bien cette déconnexion entre l'action et la réflexion qui a usé les manifestations pacifistes fomentées par les services de l'Est et relayées par les partis communistes et prolétariens. A quoi servait-il pour affaiblir l'OTAN d'ameuter contre des gouvernements qui ne pouvaient rien changer ? La seule embellie pacifiste fut l'affaire des "Pershing II vs. SS20" (1977-1985) qui vit défiler les partisans de la défaite au cri de "plutôt rouge que mort". Les Russes avaient avancé des armes de théâtre capables d'atteindre les villes allemandes et la contrepartie alliée n'était pas en place ; il fallait l'importer. C'est le président Mitterrand qui en ralliant la position dure du chancelier Schmidt a brisé le consensus de tiédeur hérité du général De Gaulle et a remis la France dans les clous de l'offensive en demandant le déploiement des Pershing II. En fait, c'est à lui que l'on doit les grignotages successifs d'une souveraineté illusoire et le retour in fine au commandement intégré. Le seul "affaiblissement" de l'OTAN est intervenu par la disparition de son ennemi du moment.
Ce changement de braquet à l'entraînement - les différences d'enthousiasme - n'est pas possible dans une stratégie de défense européenne car les trous vont se multiplier dès que la tension montera. Chaque pays est jaloux de son influence dans les instances fédérales et tous utilisent Bruxelles comme bouc émissaire de leurs problèmes intérieurs. Si des manifestations semblables à celles de la crise des euromissiles advenaient, les gouvernements plieraient sous la pression de la rue, à défaut, ce serait l'émeute universelle.
La troisième différence est de taille pour l'art de la guerre. A l'extérieur, l'OTAN fait peur et les critiques pleuvent sur sa brutalité. Spéciale dernière : le convoi de Kadhafi sortant de Syrte. A l'inverse, les forces européennes engagées comme telles, sur le théâtre yougoslave par exemple, passent pour une police armée, prompte à la négociation. Ce n'est pas exactement l'image que doit rechercher une armée ni le schéma de Lyautey qui préconise de "montrer la force pour n'avoir pas à s'en servir".
Les nouveaux pays européens sont tout à fait conscients que la PESD est une force de négociation et pas d'intimidation, et que lorsque les parlottes seront terminées, ils devront téléphoner au SACEUR³ pour avoir de l'aide. Et contre cette conviction, les meilleures démonstrations sont inutiles.
Faisons donc des économies et démobilisons ces petits état-majors et microsructures multi ou binationales qui en cas de pépin ne serviront à rien, sauf à peut-être ralentir les procédures si les politiques leur assignent un rôle.
Note (1): la PESD pour les Nuls c'est par ici
Note (2): accords Lemnitzer-Ailleret de 1967
Note (3): commandant suprême des forces alliées en Europe, actuellement l'amiral James G. Stavridis
Note (2): accords Lemnitzer-Ailleret de 1967
Note (3): commandant suprême des forces alliées en Europe, actuellement l'amiral James G. Stavridis
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