vendredi 4 mai 2012

La duchesse d'Anjou & Ségovie est morte

 


3-05-2012 / 12:40 h EFE
Emmanuella Dampierre y Ruspoli, madre de los fallecidos Alfonso y Gonzalo de Borbón, y abuela de Luis Alfonso de Borbón Martínez Bordiú, murió hoy de madrugada en Roma a los 99 años, informaron fuentes familiares, suceso por el que el nieto de la fallecida ha cancelado su visita prevista para hoy en León.

Luis Alfonso de Borbón, viaja hacia Roma, donde Emmanuella Dampierre vivía en un ático del Palacio Massimo, en el Corso Vittorio, para ocuparse de los funerales y de los trámites legales, agregaron fuentes familiares.

El deceso ha obligado a cancelar la agenda de Luis Alfonso de Borbón programada para hoy en la capital leonesa para imponer las becas a la IV promoción de bachilleres en la Colegiata Real de San Isidoro, según han informado fuentes del Colegio Internacional Peñacorada, organizador del acto.

EFE 03/5/2012-12:40
Emmanuelle de Dampierre et Ruspoli, la mère des défunts princes Alphonse et Gonzalve de Bourbon, et grand-mère de Louis-Alphonse de Bourbon Martinez Bordiú, est morte à l'aube aujourd'hui à Rome dans sa 99ème année, selon l'annonce faite par sa famille, un événement pour lequel le petit-fils de la défunte a annulé sa visite prévue pour aujourd'hui au Léon.

Louis-Alphonse de Bourbon, se rend à Rome, où Emmanuelle de Dampierre a vécu dans l'attique du Palazzo Massimo, sur le Corso Vittorio, pour entamer les procédures funéraire et juridique, selon la famille.

Ce décès a fait annuler le programme de Louis-Alphonse de Bourbon, qui prévoyait aujourd'hui, en la collégiale royale San Isidoro de la capitale léonaise, une remise de bourses à la IV° promotion de bacheliers du lycée international Peñacorada, organisateur de l'événement qui a donné l'information.



Royal-Artillerie présente ses condoléances sincères au prince Louis de Bourbon pour ce deuil qui l'affecte, les liens entre sa grand-mère paternelle et lui-même ayant toujours été resserrés par l'adversité. Il lui doit les clefs ouvrant les relations utiles à son état d'aîné des Capétiens après la mort tragique de son père, le prince Alphonse, ainsi qu'une certaine proximité avec la Curie. C'est cette affection réciproque qui présida au baptême des jumeaux à Rome.
Ayant beaucoup donné à la cause légitimiste, la duchesse douairière d'Anjou et de Ségovie s'est éteinte à l'issue d'une vie très emplie. RIP.

jeudi 3 mai 2012

Les burnes en fonte


Les "dissidents" d'Europe orientale furent de tout temps admiratifs de leurs homologues russes. Váçlav Havel en est resté impressionné jusqu'à la fin de sa vie. Oser défier l'ours dans sa propre caverne dépassait l'entendement quand on savait moeurs et manières de la police soviétique. Tracter à Varsovie, Leipzig, Prague ou Budapest était déjà osé, résister à Moscou, indépassable. Et pourtant...

Depuis la répression à la chenille de char des manifestations de Tian An Men, le 4 juin 1989, les dissidents chinois de l'intérieur montrent un courage digne de leurs grands frères d'au-delà de l'Oural. Nous allons parler de deux d'entre eux qui justifient le titre de ce billet. Nous avons choisi deux dissidents moins médiatisés, à l'inverse de Ai Wei Wei, Chen Guang Cheng et Liu Xiao Bo.

Teng Biao est l'un des avocats aux pieds nus, les weiqan qui combattent toutes les injustices sociétales en utilisant les codes juridiques de la République populaire. Sa spécialité, c'est la persécution religieuse. Il a vraiment plongé le jour où il décida de défendre l'avocat aveugle Chen Guang Cheng - celui qui est sorti avant-hier de l'ambassade américaine de Pékin - puisqu'il est subversif de défendre un ennemi du peuple en Chine. Il en prend pour quatre ans. Depuis sa cellule il signe la Charte 08¹. Décidément, c'est un rebelle et un emmerdeur de première. Le soir de l'attribution du prix Nobel de la paix à Liu Xiao Bo, il avertit la presse étrangère de l'arrestation de quatorze militants des droits de l'homme dans le restaurant où ils fêtaient l'évènement, le vendredi 8 octobre 2010.
Quatre mois plus tard, il est arrêté avec deux confrères pendant une réunion de travail sur la défense de Chen Guang Cheng maintenu abusivement en résidence surveillée après avoir purgé sa peine. Il ressort du tunnel deux mois plus tard sans motif ni jugement et reste placé sous surveillance.
Le 15 janvier 2012 il twitte contre les intellectuels chinois qui se taisent sur la répression féroce des Tibétains :
@tengbiao : « A de très rares exceptions, les intellectuels chinois font collectivement la sourde oreille face aux immolations des Tibétains. Cela saute aux yeux, leur silence est une forme de conspiration. Ils sont aussi impudents que des meurtriers. »
Peut-être ceux-là, n'ont pas son courage et savent-ils que ce sujet peut-être létal. Si pour avoir attaqué le Planning familial chinois, Chen Guang Cheng a risqué la vie de sa femme que des barbouzes du Parti menaçaient de jeter sous un bus, on imagine à peine le sort réservé à des "traîtres" sur la question hyper-sensible du Tibet, n'en déplaise à M. Mélenchon qui les hait.


L'autre figure que nous présentons ne répond pas au titre, mais c'est tout comme.
Ding Zilin a ou aurait 75 ans. Elle a disparu de la circulation autour du 14 octobre 2010 après l'attribution du Nobel précitée. Son mari aussi, dès fois qu'il téléphone ! Responsable de l'association des "Mères de Tian An Men" qui réclament une enquête sur les étudiants disparus du 4 juin 1989 - son propre fils a été tué - elle a signé comme 303 autres la Charte 08 après avoir déposé une plainte contre le premier ministre Li Peng. Elle a comparé ouvertement le gouvernement de Deng Xiao Ping à celui des Khmers Rouges, et son chagrin n'a jamais pu être surmonté que par un cri ininterrompu de détresse. La main peu sûre, elle attenta six fois à sa vie.
Son intervention "internationale" la plus provocatrice pour le pouvoir était un appel aux Français, conjoint avec deux autres dissidents, pour que soit maintenu l'embargo occidental sur l'armement. On trouvera ce texte dans Le Figaro du 21 mars 2005.
Quand on sait que l'acquisition des technologies d'ultra-pointe est une obession du PCC, on devine le danger encouru par ceux qui s'y opposent frontalement.
Dans ses derniers échanges avec le monde libre, Ding Zilin était pessimiste sur l'avenir des libertés en Chine, à cause de l'ADN chinois dompté par Confucius qui leur fait révérer les élites : « La mentalité des Chinois n'a pas évolué depuis des milliers d'années. Ils veulent croire que des mandarins intègres vont résoudre tous leurs problèmes. C'est illusoire. Il faut changer de régime.»

L'appareil répressif de l'Etat n'a de limites que circonstancielles et aucunement légales. Eviter les émeutes populaires, parer l'ostracisme occidental alimenté par la presse étrangère, sont les seuls freins. Dissimulés, les moyens d'éradication de la contestation ne connaissent aucun tabou. Il faut vraiment avoir un courage exceptionnel pour s'engager dans la voie de la dissidence, du moins tant qu'on n'a pas accédé à une certaine notoriété qui peut vous protéger. Physiquement c'est plus dangereux que de s'indigner !






(1) La Charte 08 est un manifeste politique qui exige la réforme du régime chinois dans le cadre des valeurs des Lumières (en gros). Même si certains passages nous semblent naïfs, vus d'ici, on doit quand même la lire, en hommage à tous ceux qui se battent jusqu'au sacrifice en Chine pour la voir triompher : Charte 2008 FRN

mercredi 2 mai 2012

Éloge de la frontière

 

Ce titre fut un billet de Paul-Marie Couteaux donné aux Epées en décembre 2005 (n°18) du temps que les royalistes faisaient de belles choses ensemble. Le succès relatif du nouveau Front national à l'élection présidentielle a dévié les thèmes de campagne des candidats sélectionnés par le Système pour le second tour. Le président-candidat a découvert la frontière. C'est de Toulouse que nous avons entendu ce morceau de bravoure tracé de la plume des "nègres" de l'Elysée :

«Depuis 30 ans une partie des élites et le système, notamment médiatique, ont confondu le sentiment national hautement humaniste avec le nationalisme qui est une idéologie dangereuse». «Le patriotisme, c'est l'amour de la patrie, le nationalisme c'est la haine de l'autre.» Ces élites «ont ouvert la porte à la loi des communautés et des tribus». «A l’intérieur des frontières de la France, il n’y a pas de frontières religieuses, ethniques.»
Frontières, le mot fut placé cinquante fois au moins. M. Sarkozy n'a pas eu le temps de tirer sa leçon de l'histoire de France, qui depuis les premiers rois mit en coïncidence un territoire, la nation qui y vit, la langue commune qu'elle y parle, les marchés où elle échange et la monnaie du prince qui y circule ; il y a des historiens dans l'équipe de campagne. Ils lui ont appris, que les frontières furent patiemment repoussées par la monarchie jusqu'à ce que Vauban borne le "jardin à la Française de Keyserling" ; que la nation prit conscience de ses frontières puisqu'on les défendait âprement et les crût naturelles alors qu'elles avaient été créées artificiellement par un Etat opiniâtre ; que si les nations de Russie, de Pologne, d'Allemagne se contentaient d'aires aléatoires, la France avait "bâti" son périmètre pour en sauver l'intégrité. Restait à fermer la béance du nord-est en poursuivant la marche au Rhin. L'histoire n'a pas fini le travail des rois, la République avait pris la suite... jusqu'à la guerre des nationalismes, répétée deux fois, qui se termina par un projet d'abolition des frontières. Nous arrivons au bout de l'expérience ! Mais ce n'est pas le sujet du jour.

Quoiqu'il advienne de cette ligne de démarcation dans les années futures, ces frontières sont en empreinte dans le mental de chacun de nous. Individuelle et portative, il faut utiliser la frontière intérieure sans attendre la réhabilitation politique de la frontière extérieure qui peut très bien ne pas se faire, par molesse ou sous pression des partis de l'étranger.

Relevons la frontière intérieure
Alors sans attendre le label Made in France achetons français. Apprenons à retourner les étiquettes des vêtements, à lire les mentions d'origine sur les produits qui nous tentent. Même un peu plus cher, préférons le produit national, quitte à freiner un peu notre consommation. Achetons des Citroën, des Renault, des Peugeot, des Smart, des Yaris ; construites même ailleurs, il en retombera quelque chose chez nous. Prenons Air-France quand nous partons ; Air France quand nous revenons. Partagé largement, ce travail de désillement du consommateur finira pas améliorer nos comptes commerciaux.

Mais une frontière, même mentale, est une limite à franchir, sinon elle ne sert pas à grand chose. Elle n'existe en chacun que s'il a conscience de la sauter. Le Français est en même temps casanier, et c'est normal dans le plus beau pays du monde, et curieux d'autrui, à tel point qu'on nous fit le reproche d'être forts en conquêtes mais peu résistants à les conserver. La nation a besoin d'améliorer sa pratique des langues étrangères en commençant par celles qui nous entourent. Il faut quitter les vacances bronze-cul et prendre l'habitude de visiter nos voisins, puis derrière eux plus loin, les leurs, et ainsi de suite jusqu'à franchir un jour l'Himalaya pour rencontrer l'outre-monde. Nous avons la chance d'habiter le continent d'excellence, ne nous lassons pas de le parcourir. L'ouverture d'esprit que nous en retirerons servira à nourrir créativité et inovation dont ce pays a tant besoin pour se relever. Il est inutile pour cela d'appeler au brassage des idées étrangères chez nous, comme en sont si friandes nos parasélites parisiennes. Allons plutôt nous-mêmes les brasser dans leurs pays d'origine comme nous sûmes le faire au temps béni des colonies. Nous étions quand même moitié moins cons quand nous parcourions l'empire, au lieu de le faire défiler chez nous comme aujourd'hui.

Mais une frontière mentale peut être trompeuse aussi
Ne créons pas un monde lithographique en quadrichromie prisonnier de notre hexagone intérieur. Soyons ouvert à quiconque veut partager nos valeurs, avec parfois l'enthousiasme un peu agaçant du nouveau converti ; facilitons-lui l'accès des codes civilisationnels qu'il veut acquérir, et osons lui signifier également nos "interdits" qui participent de notre génie territorial. Faut-il encore nous-mêmes bien les connaître ! Un approfondissement de la civilisation française devrait être programmé en lieu et place de la théorie du genre par exemple, et poursuivi bien après la fin des études. Réhabilitons la littérature classique, pour s'apercevoir qu'elle nous étonne encore. Relire les Caractères de La Bruyère engendre une émotion textuelle qui rivalise avec celle que procure du Proust. On l'a oublié.

Il n'est donc pas besoin d'attendre que le sauveur quinquennal remette en vigueur nos frontières pour les disposer chacun dans nos idées et dans nos activités les plus banales. Qui nous en fera le reproche ? C'est pur patriotisme finalement, et rien de nationaliste.



lundi 30 avril 2012

Depuis le bord de mer

Le cycle Pescaïre du dimanche continue. La pêche du bord s'appelle aujourd'hui surfcasting puisqu'on prend le poisson sur la crête de la vague quand il fait l'hawaien ! Elle se pratique en général les jours de gros temps, et en Méditerranée, quand la mer "ramène" si le vent est tombé. Le ciel est généralement gris de plomb, mais on peut toujours faire le coquet par beau temps pour engager la conversation avec les oiseux qui passent, sauf qu'en ce cas on passe chez le poissonnier en rentrant.


Il est toujours impressionnant de se voir lancer la ligne à près de cent mètres. On ressent sous le grain un sentiment de puissance face aux éléments. J'ai vu sortir un dauphin au Grau du Roi, et des thons plus longs qu'un homme est haut à Palavas. Mais l'ordinaire peut heureusement entrer dans la poêle ovale : daurade, loup, marbré, sole et parfois un congre perdu qu'il est sympa de remettre à l'eau.

Outre l'aisance d'un lancer énergique qui réclame une certaine force, il sied de connaître un minimum de technique. C'est en bout de ligne que ça se passe et Royal-Artillerie se décarcasse pour que vous prépariez votre journée de surfcasting sur la plage du Grand Travers dimanche prochain.
Oublions pour aujourd'hui d'insister sur la fraîcheur renouvelée en continu des appâts, c'est au vif qu'on prendra plus gros, et étudions les empiles. Il y a 19 montages différents (©Christophe Leroux)) d'après le Conseil d'Etat ; nous en choisissons quatre, du plus simple au plus sophistiqué :


Le flapper


Le trainard bas suspendu


Le téléphérique


Le pulley rig auto-ferrant


Avant de passer aux 15 autres configurations, vous devinez déjà que vous n'aurez jamais le temps de lire les promesses électorales qui n'engagent que vous, puis d'aller éliminer celui des deux qui vous convient le moins. On n'a qu'une vie, ne la perdez pas dans les isoloirs. Bonne pêche !


Même début mai, il faut s'habiler chaudement pour surfcaster car le mauvais temps est votre allié.


Mgr Henri d'Orléans pour une « France forte »

 

Dans son dernier billet publié sur le site de la Maison Royale de France, le comte de Paris, Henri d'Orléans, fustige les prélats et politiques qui passent sous silence les valeurs qui ont fondé la France :
Notre époque qui a tant besoin de signes pour espérer, ne reçoit de ceux qui, par essence, devraient nous réconforter, que des réponses pieusement et souvent sans rapport avec la réalité vécue au quotidien. Quel est le prélat en chaire ou l'homme politique qui ose encore parler d'amour et sur notre terre de France de bonheur? Or la France n'a pu se bâtir que dans un acte de foi et d'amour et dans le respect des valeurs qui la fondent.

Puis dans deux tweets successifs - Monseigneur semble assez actif sur ce média - il se déclare pour le président candidat au motif de l'expérience :

@SARcomtedeParis « En ces temps troublés autant qu’opaques la France a besoin d’un capitaine compétent parce qu’expérimenté pour redevenir une France forte. »
13:??-30 avr 12
@SARcomtedeParis « Les Capétiens ont construit une France forte. Elle doit le rester.»
15:21-30 avr 12

La "France forte" est le slogan des affiches de M. Sarkozy.
Les royalistes se rangeront-ils derrière lui ?
Juste une question.


vendredi 27 avril 2012

Rêveries du pêcheur solitaire


Notre cycle politique piscicole s'ouvre par un éloge de la pêche au coup. Il y a quelque chose d'hypnotique dans la pêche au coup. Suivre des yeux le bouchon dansant jusqu'à ce qu'il plonge enfin ou disparaisse dans un moment d'apnée de la conscience participe de la focalisation intense procurant l'hypnose.

Combien de pêcheurs au coup s'évadent ainsi bien calés sur le pliant et voyagent en songe ? Presque tous, et les quelques-uns qui ne voyagent pas rêvent autrement, d'un bon repas, d'un bon film, aux cuisses chaudes de leur belle, tout ce que l'imagination humaine leur sert en cerveau.
Que vous pêchiez en Chanel, en short italien, en Vieux Campeur ou dans votre vieux treillis d'infanterie, c'est valable, à condition que l'esche soit fraîche et goûteuse et que vous sachiez manier le brin.

Il a disparu ! D'un coup. Et la ligne se tend. Sans aucun délai de décompression, le rêve est éjecté, le pêcheur cherche à ferrer de toute son attention, en finesse, captivé par le dosage de la force passant du poignet à la canne. Le réflexe est roi, la technique est reine, il n'est plus temps de réfléchir ou de comprendre, tout se fait d'instinct... et le poisson sort.

Les désœuvrés qui longent les rivières les mains derrière le dos se demandent ce que font tous ces types immobiles, statufiés, sur un poste meublé d'un attirail bizarre, l'oeil fixe sous la visière. Ils ne savent pas ou font semblant d'ignorer que le moindre bonjour ou la moindre question emmerde diablement le pescaïre qui doit s'extraire du procédé pour répondre par politesse.
Alors, si vous lui demandez s'il a voté avant de venir, il y a une chance sérieuse pour que vous finissiez la promenade à la nage, ce qui n'est que justice.





jeudi 26 avril 2012

Lettre ouverte d'un travailleur


La lettre ouverte (et donc libre de droits) d'un « exilé » libre à Jean-Luc Mélenchon, publié par Les Echos avant le premier tour de l'élection présidentielle (le 17 avril exactement) mérite qu'on s'y arrête. M. Paul Dubrule est co-Président/Fondateur d'ACCOR, premier opérateur hôtelier mondial, leader en Europe, présent dans 92 pays avec plus de 4 400 hôtels et 530 000 chambres ! Pas un miquet. Il a optimisé sa gestion patrimoniale en habitant en Suisse, dans un pays qui traque les gaspillages et a besoin de prélever bien moins d'argent de ses contribuables que son grand voisin occidental en faillite chronique. Il ne fait pas mystère d'économiser deux millions de contributions sur les revenus retirés de son activité économique et des rentes qu'il s'est créées par le travail.
Il s'adresse à l'apparatchik hispano-marocain qui n'a jamais bossé que deux ans dans sa vie, comme professeur de français au lycée technique de Lons-le Saunier, mais a rédigé d'abondance de la doctrine au mètre pendant des lustres dans les revues où il a sévi pour le compte du Parti socialiste. Sa licence de philosophie, un talent de plume et une gouaille méditerranéenne ne le destinaient pas à donner l'assaut dans la guerre économique mondiale. M. Dubrule, si ! Dans la lettre ci-dessous, l'entrepreneur se moque du tribun payé au mois qui n'a jamais rien risqué, mais gentiment.

Cher Monsieur Mélenchon,

Vous parlez trop de moi, pas toujours en termes sympathiques, mais qu'importe. En revanche, vous devriez mieux vous informer pour ne pas déformer la réalité par une méconnaissance des sujets que vous évoquez - ce n'est pas juste, ni même honnête vis-à-vis de ceux qui vous suivent, vous et vos idées.

Passons sur le terme « exilé fiscal » qui est in-approprié, vous le verrez plus loin. Vous condamnez sans procès et me jetez à la vindicte populaire par ignorance et parce que cela vous arrange.

Savez-vous que je vais payer cette année, en 2012, suivant mes dernières estimations environ 1.250.000 euros d'impôts, en France ? J'ai bien dit en France, et chaque année. Les procès en mauvaise citoyenneté et en incivisme, contre celui (ou ceux) que vous appelez l'« exilé fiscal », servent sans doute votre discours, mais sont faux et manipulatoires. L'« exilé fiscal », que je suis selon vous, a donné plus d'impôts à la France que M. Jean-Luc Mélenchon.

Vous êtes un magnifique tribun, j'avoue même prendre plaisir à vous écouter. L'ennui, c'est que le charisme allié à la démagogie a toujours conduit, de tout temps et dans tous les pays, quand ils ont triomphé, à des dérives politiques et à des drames sociaux.

J'ai créé ACCOR avec Gérard Pélisson. J'étais seul au début, et quand nous avons pris notre retraite, nous étions 160.000. Nous avons toutes et tous payé des impôts et nous continuons tous d'en payer, y compris l'entreprise que nous avons créée.

Mais cette question d'impôts est secondaire à côté de la fierté d'avoir permis à ces 160.000 cadres et employés d'avoir un métier et un emploi, et pour beaucoup, grâce à la formation, d'aller de promotions en brillantes carrières.

Mais au-delà de vos effets de tribune et de bateleur de l'indignation, j'ai la conviction que, comme vos adversaires désignés, vous nourrissez votre propre forme de « stigmatisation », pour reprendre un terme en vogue : en l'espèce, à l'égard de tous ceux qui entreprennent, ceux qui souhaitent changer leur propre vie, ceux qui ont envie de construire. La réussite financière est souvent un moteur pour ceux-là, mais ne constitue qu'une gratification dans un parcours dont la finalité est très souvent beaucoup plus noble. Vous connaissez mal les entrepreneurs et ce qui les anime, à savoir la passion de l'aventure humaine et collective.

Bien heureusement vous ne serez pas élu mais vous ferez un score non négligeable. Vous aurez vendu de l'illusion à ceux qui rêvent du grand soir. Je ne voterai pas pour celui qui est le plus beau, le plus charmeur, le meilleur tribun, le plus cultivé ou celui qui prône « l'insurrection » politique.

Je voterai pour celui qui travaille, qui a le courage de prendre des décisions et, quand l'une d'elle s'avère mauvaise, de la corriger et de repartir de l'avant, non pas un « démolisseur » mais un « bâtisseur », qui n'a pas peur d'être parfois impopulaire même si cela n'est pas vraiment bon en période électorale. Je voterai pour celui qui croit à la force des projets collectifs que sont les entreprises pour transformer nos sociétés, les rendre meilleures, plus justes et plus intégratrices. Pour le besoin du pays et de ceux qui y vivent, celui-là doit gagner.

Cher Monsieur Mélenchon, vous pouvez continuer à vous servir de moi dans vos meetings, cela ne me dérange pas, mais vous abusez ceux qui vous font confiance. Vous avez besoin d'exister et cette élection vous donne une tribune qui vous permet de briller et vous brillez au détriment de ceux qui vous suivent.

Dans l'attente de vous lire, je vous prie de croire en mon estime mitigée.

Paul Dubrule

Parmi ceux qui ont "voté" avec leurs pieds, nous citerons Jean Alesi(CH), Marion Bartoli(CH), Julien Benneteau(CH), Arnaud Boetsch(CH), Arnaud Clement(CH), Nicolas Escudé(CH), Guy Forget(CH), Richard Gasquet(CH), Jean-Claude Killy(CH), Henri Leconte(CH), Sébastien Loeb(CH), Paul-Henri Mathieu(CH), Gaël Monfils(CH), Christophe Moreau(CH), Amélie Mauresmo(CH), Stéphane Peterhansel(CH), Cédric Pioline(CH), Alain Prost(CH), Fabrice Santoro(CH), Florent Serra(CH), Gilles Simon(CH), Jo-Wilfried Tsonga(CH), Vincent Rives(IRL), Jean-Philippe Gatien(US-DE), Michèle Laroque (US-NV). Pour les quatre mille autres, nous reviendrons demain.


Depuis cette lettre ouverte, le premier tour a passé et avec lui la Vérité. Le Bruit & la Fureur n'aura pas tenu deux heures avant de se rendre sans conditions au patron du parti socialiste. Onze pour cent des voix c'est peu et beaucoup, mais le job est fait : rapporter à son maître le plus de voix possible placées à sa gauche afin de réduire les partis trotskystes et écologique à trois fois rien. Il n'y avait rien à négocier, c'était ça le scoop du dimanche soir. Ces 11%, s'ils ne se délitent pas dans l'entre-deux-tours, seront-ils suffisants pour vaincre. Beaucoup en doutent, qui restent crispés sur leur dégoût de l'establishment ; d'autres y voient la promesse d'un infléchissement du programme hollandais, ce que le candidat de gauche dit refuser.
D'ici le 6 mai, M. Mélenchon va connaître le sort des battus et disparaître dans les WC de la démocratie.
Qu'importe le résultat, le chèque européen tombe chaque mois, et c'est bien l'essentiel. Lui reste à éviter les Sofitel, Mercure, Novotel et SuiteHotel où les femmes de chambre sont redoutables !




mercredi 25 avril 2012

Les deux candidats et leurs promesses



La question à la cantonade était de savoir qui de M. Hollande ou de M. Sarkozy pourrait mettre en oeuvre son programme électoral. La contribution d'entre-deux-tours au forum Newsring est divisée en deux sujets.

Le fusible de la croissance

M. Hollande a placé d'entrée un fusible sur le circuit des réformes promises, fusible qui s'appelle le taux de croissance.
S'il n'obtient pas le taux programmé, il passe en mode pédalo-zen à la Chirac. Or ses "intentions" de croissance - il y a quelque chose de stupide dans l'expression - sont hors de portée immédiatement pour sûr, et à moyen terme sans doute, sauf à engager un plan européen de reprise économique. Notons qu'un plan franco-français est impossible à réussir dans le piteux état de nos comptes publics et compte tenu de la haute pression fiscale actuelle, et sans parler de la fuite probable d'assiette (sujet déjà traité sur Newsring).
Deux raisons au moins me laissent penser que tout plan éventuel de reprise se fera sans la France aux manettes, même si elle en profitera par effet collatéral :
La première est que l'Allemagne a acquis le majorat nécessaire à la conduite de l'Union sous un chancelier prussien, et qu'elle ne rendra pas les clefs à un apparatchik départemental français. La seconde est que les pays en faillite structurelle, comme la France et les autres pays latins, ne seront pas invités à définir cette relance européenne qui restera de l'initiative des pays du Nord.
A cette seule condition d'une reprise européenne, qui se fera sans que M. Hollande y dicte sa loi, une partie du programme du nouveau président pourra être mise en oeuvre, celle ayant le moins d'impact budgétaire immédiat.
La seule façon de convaincre les pays sérieux est de suivre un plan de réduction de la dépense publique. La clientèle de M. Hollande s'y refuse ! Les trois déficits structurels, amplifiés par la non-réformabilité du modèle social français, nous placent en première ligne des attaques de la spéculation sur le défaut souverain français. Mais ceci est vrai aussi pour son adversaire.

Un second mandat plus libre

Contrairement à ce qu'affirme M. Sarkozy, on sait moins son programme qui, à ce qu'en montrent les écrans, est d'abord une critique soutenue des mesures prônées par son adversaire, que celui de M. Hollande dont tout le monde parle en bien et en mal.
Tant de mesures de bon sens et parfois utiles auraient dû être prises sous le quinquennat finissant qu'on demande sans malice que le titulaire du poste nous explique une bonne fois les impossibilités qui l'en ont empêché. Un président disposant de plus de pouvoirs que le roi Louis XIV, avec deux gouvernements - l'un à Matignon, l'autre à l'Elysée - et une chambre basse aux ordres, découvre en fin de mandat que la République boîte bas. Et les gens écoutent la magie des promesses qui ne sont là que pour leur plaire ! C'est la démocratie d'opinions.
M. Sarkozy n'est pas dans la position d'être élu par opposition, il le sait, mais par adhésion. Pour y atteindre, la démagogie est le seul moteur qui tourne rond en République, mais l'adhésion oblige à cesser le clivage, ce qui n'est pas dans le tempérament du président-candidat. On verra rapidement s'il est capable de muter vers le rassemblement.
La seule raison permettant de prévoir une application de ses propositions, si la situation financière du pays le permettait, est la limite constitutionnelle du poste à deux mandats, qui le libère d'une troisième campagne et de la présentation d'un bilan, déjà catastrophique avec ou sans crise.
Mais, à mon avis, les contraintes budgétaires et corporatistes auront raison de ses intentions, car il n'y a plus d'os à ronger pour jeter aux pouvoirs concurrents, les caisses sont vides et la haine est installée.

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