dimanche 10 juin 2012

La double grille africaine


Actualisation de l'article paru le 28 juillet 2010 sous le titre : La Fée Bleue en Afrique

Le New York Forum Africa s'achève aujourd'hui à Libreville. Grand raout du développement, «l'idée novatrice du New York Forum AFRICA est de réunir investisseurs et chefs d'entreprises internationaux sur le continent, certains pour la première fois, afin de créer les liens indispensables pour de potentiels partenariats, avec des réalisations très concrètes» (©Richard Attias & Associates). Nous profitons de cette actualité pour réitérer le ping de ce billet qui préconisait (et expliquait) la double grille continentale électrique et ferroviaire comme outil performant du développement.
Nous reprenons in extenso son point III :

famine et conflits - Documentation Française

Préambule
Un demi-siècle après [la décolonisation] chacun peut juger de la faillite d'une utopie, ce continent ne se développant pas, quels que soit la latitude, la géographie, les ressources, la dominante ethnique, le régime politique, et il est bien difficile de saisir une cause prépondérante à ce marasme. Certes, on se goberge de chiffres de croissance plus ou moins fabriqués afin de clamer dans les enceintes fréquentées par les bailleurs de fonds que le développement se fait bien. Mais epsilon plus cinq ou dix pour cent, ne fait quand même pas grand chose !

Ces difficultés ne doivent pas nous décourager. Elles nous obligent à trouver des voies différentes que celles suivies jusqu'ici. Nous devons nous intéresser à l'Afrique pour deux raisons. Nous avons une communauté de culture avec l'Afrique francophone – qui a inventée la francophonie, ne l'oublions pas - et même une certaine connivence au niveau de l'individu de part et d'autre de la mer. Personnellement je me sens bien plus d'affinités avec un Malien, un Camerounais, un Togolais, un Sénégalais qu'avec aucun ressortissant balkanique. Croiser un Congolais à Yiwu (2) et c'est un quart-d'heure de "perdu" à giberner. Je ne ressens rien des caucasiens et autres ukrainiens, moldaves ou géorgiens que je compare à des doryphores.
La seconde raison est que la pression migratoire africaine sur l'Europe est trop forte pour y être toute employée, mais elle ne pourra être contenue qu'en zone d'embarquement. C'est l'émigration qu'il faut soigner. Il n'y a donc pas d'autre choix que d'obliger les pays de départ à se développer. Comment ?
C'est ici que l'on commence à s'arracher les cheveux. Les organismes de développement désintéressés existent du plus gros au plus petit, de la TICAD japonaise à Africa Works du chanteur Youssou N'Dour. Les banques et caisses de développement débondent les fonds sans arrêt et tout le flux ne disparaît pas dans le sable de la corruption. Mais au résultat, peu de résultats.

Un plan Marshall précis et intelligent

Foin des récriminations perpétuelles, faudrait-il n'avoir qu'une idée, une seule bonne idée vraie, quelle serait-elle ? La voici. Mobiliser une fraction des moyens détenus par les dix ou douze grands acteurs(3) BTP de la planète sur un programme continental d'électrification générale, en le finançant par une minuscule ponction des flux interbancaires quotidiens, le tout placé sous le gouvernement de la Banque Mondiale.
A partir de l'énergie fossile ou renouvelable disponibles localement, multiplier les centres de production électrique et les réseaux de distribution pour former une grille électrique couvrant tout le continent jusqu'au dernier village. Sans détailler le programme, encore moins le raccorder aux disputes hydroélectriques en cours, on sait déjà que d'apporter la force ou même simplement la basse tension dans un village change radicalement l'activité de la communauté résidente. Reste à étudier une tarification progressive qui tienne compte de la vitesse (ou de la lenteur) d'enrichissement de chaque district électrique. On verra très vite les effets de la mécanisation sur l'irrigation, sur le traitement plus facile des récoltes, la possibilité de conserveries, sur l'artisanat de production, les services puis sur l'industrie. Les villes aussi et leur quartiers pauvres devront être servies. Mais il est un effet de levier plus puissant encore si la grille électrique prend dans ses mailles une grille ferroviaire. Les Etats africains sont capables de prendre en charge la rénovation voire l'extension de leurs réseaux ferrés, à charge pour nous de fournir le courant et les locomotives électriques adaptées.

hydroélectricité africaine
Le premier avantage de ce programme de grille électrique, avant même de l'avoir réalisé, est la force du signal donné à tous les Africains : une bataille d'infrastructures pour un développement abouti va se concrétiser par une efficacité mesurable par chacun. On n’est plus dans le vent des inaugurations époustouflantes de ponts sans route, d’aérodromes sans avions, d’entrepôts vides. Les gens mesureront le progrès à l’installation de leur compteur individuel. Le deuxième avantage est de mobiliser les ressources BTP supplétives des entrepreneurs locaux voire à susciter la création d'entreprises faisant de la vraie valeur ajoutée. Le troisième avantage est la mobilisation générale de main d'œuvre par tout le continent car les centrales et leurs lignes, et les chemins de fer, convoquent beaucoup de bras vaillants et distribuent autant de salaires.

L'écueil de tout programme de cette envergure est de manger les crédits en bureaux d'études, souvent créés spontanément par les fils de ministres intègres, sinon par les agences nomenclaturées des banques de développement ; il suffit de lire le Journal officiel de l'Union européenne (JOUE) dans ses pages attributives de travaux pour voir le carnage financier. L'intérêt des grands groupes BTP est de pouvoir s'en prémunir, et l'abondement direct de la Banque Mondiale aux sièges des contractants bipasserait les tyranneaux africains voraces(4) et leurs réseaux de prédation.

Quel décideur politique d'envergure aurait une idée concrète pour l'Afrique ?
Celui qui a deux entreprises de BTP en tête du top-ten mondial ? Suivez mon regard. Peut-être alors celui qui en a trois ?
La Chine (encore !) reconquiert l'Ouest agité de l'empire du Milieu par un plan massif de développement de sept cent quatre-vingt milliards de yuans(5). Comment donc ? Par la superposition d'une grille électrique et d'une grille ferroviaire sur son piémont himalayen (Gansu, Guizhou, Hunan, Sichuan, Yunnan) et ses déserts nordiques (Xinjiang et Mongolie). Où les centrales hydrauliques ne seront pas possibles, ils construiront des centrales solaires et nucléaires. L'énergie est latente, la main d'œuvre est disponible, l'argent sera bien placé. En Afrique, c'est pareil, à la réserve près du commandement unifié !



Notes :
1. (note sur un acronyme non repris ici)
2. Yiwu est le plus grand supermarché de gros du monde dans la province chinoise du Zhejiang
3. Les grands du BTP mondial sont (classés par le chiffre d'affaires) : (1)Vinci (France), (2)Bouygues (France), (3)China Railway Group (RPC), (4)China Railway Construction Corp. (RPC), (5)Hochtief (RFA), (6)CCCC (China Communication Construction Company – RPC), (7)ACS (Actividades de Construcción y Servicios - Espagne), (8)Kajima (Japon), (9)Ferrovial (Espagne), (10)FCC (Fomento de Construcciones y Contratas - Espagne), (11)Acciona (Espagne), (12)Eiffage (France), (13)Skanska (Suède). On connaît aussi les texans Fluor et KBR (Kellogg Brown & Root) et le californien Bechtel, grands contractants en Irak.
4. Voir les motifs du remerciement de notre excellent ambassadeur Rufin à Dakar, viré par la Carrière pour avoir dénoncé (par messages codés !) la satrapie sénégalaise du vieux Wade. Les décodages ont fuité dans la presse, et la place fut libérée.
5. Communiqué de la NDRC (Commission Nationale de Développement et Réforme) pour le 12° Plan qui débute en 2011, repris par le Quotidien du Peuple du 6 juillet 2010. Contrevaleur à aujourd'hui : 80 milliards d'euros.

Postscriptum : l'article "La Fée bleue en Afrique" est le billet vedette de Royal-Artillerie depuis sa création. Il est consulté toutes les semaines depuis le 28/7/10 !


Actualisation du 14.06.2012 :

cliquer pour l'opinion de Issa Sikiti da Silva



samedi 9 juin 2012

Balladur président


Comme un canard sans tête, Edouard Balladur court les idées. Dans un bel article du Figaro qui le prépare à la présidence du Conseil constitutionnel, le Mou de Smyrne édite le catalogue de sélection des candidats à la présidentielle de 2017 où la nomenklatura espère n'avoir pas cette fois encore à affronter la dissipation de la classe politique par des candidats fumant la ganja en public. Que du sérieux, chère médème, et sérieusement.
Les cinq cents parrainages de maires et assimilés ayant déconsidéré les édiles locaux qui ont envoyé sur terre le martien Cheminade, on va former un collège de deux cent mille grands électeurs qui auront quatre cases à remplir avec quatre noms. On ne nous dit pas comment ni à quel prix. A défaut du grand collège, on pourrait sortir du suffrage universel les quelques candidats nécessaires au procédé en pétitionnant à hauteur de cinq cent mille signatures chacun. Ça ne vous va pas ? Alors on les désignera en Congrès des chambres réunies avec l'appoint des parlementaires européens. N'est-ce pas que ça va déjà mieux ?

Deuzio, il faut aussi sortir carrément le cirque électoral des mois d'avril et mai. "Fertiles en vacances de tous ordres, ils n'incitent guère à la participation". Ce sont en plus des mois moqueurs, avril et son premier, mai, itou et c'est le joli mois des feuilles. Indigne d'une démocratie phare du monde.

Tertio, l'égalité de temps de parole est un "dirigisme excessif" qui aboutit au tous-contre-un. Il faut y substituer une concertation entre la classe politique et les médias calquant les temps sur l'état de l'opinion. On ne sait trop ce qu'entend par là le sage ottoman, mais vise-t-il sans doute à protéger de la concurrence extra-parlementaire les candidats des partis retranchés, partis qui peuvent le nommer à la maison du sphinx. Exit les bavardages gratuits des impétrants non représentés dans l'hémicycle ; que diraient-ils d'intéressant qu'on n'aurait pas encore entendu ailleurs ? Et puis ce Front national qui raconte n'importe quoi d'invérifiable est vraiment la caricature de la République quand il ne suscite pas la réprobation morale des faiseurs d'opinion, lorsque ses propositions déteignent sur les nôtres. Restons entre gens du monde, que des peigne-culs ne viennent pas mettre leur rond de serviette à ma table chez Le Divellec.

A la vitesse à laquelle M. Balladur passe à autre chose - il avait toute la page 14 à faire - on se doute que le graal n'est pas à portée. L'exercice était de style, il n'en restera rien sauf le problème, qui reste entier. Quelle alchimie débarrassera l'acte fondateur de la légitimité de la gangue des imperfections humaines qui la ridiculise ? Nous avons LA solution, mon cher monsieur, tout est réglé :


Qu'on nous mette un roi !



jeudi 7 juin 2012

La cagnotte, déjà !


Il est un signe qui ne trompe pas. L'on se souvient de la bronca socialiste lors de l'abandon de la retraite à 60 ans par l'inquiétant M. Woerth. La promesse emblématique de la campagne de M. Hollande fut par la suite épurée à mesure que l'on s'approchait de la décision, pour finalement ne concerner que ceux qui avaient cotisé tous leurs trimestres et commencé à travailler tôt. Je n'entre pas dans le détail où se niche le diable.
Les calculs savants de la rue de Bercy, alors au main de l'ennemi, demandaient un financement de 5 milliards par an à tirer d'une hausse de la cotisation vieillesse des travailleurs, au motif de la solidarité intrinsèque à la Répartition. Les calculs non moins savants de la CNAV indiquent maintenant qu'on s'en sortira avec 2 milliards seulement. C'est tant mieux.
Mais au lieu d'encaisser l'économie de 3 milliards, voire de réduite la surcotisation vieillesse, les socialistes incorrigibles viennent de découvrir, vous savez quoi ? ... une cagnotte pardi ! À peine arrivés, le jackpot ! A qui, à quels clients va-t-on donner ces 3 milliards dûrement gagnés ? Ce fut la grand émoi de cette semaine.
Le pays est écrasé de dettes, les déficits sont carrément monstrueux pour une économie stagnante sans grand avenir - nous n'avons aucune rente exploitable à court terme - mais les socialistes restent addicts à la dépense publique. D'ailleurs cet argent n'est l'argent d'aucuns d'entre eux, c'est celui de la République, la marquise de jadis ! Ce comportement de proxénètes va durer jusqu'au coup de sifflet final des marchés de prêteurs qui commencent à entendre les mises en garde et autres désolations des experts de tous bords à notre endroit. La confiance c'est un peu comme l'honneur, lui-même à la merci d'une allumette, elle ne sert qu'une fois.

Les Allemands de mon bureau, qui sont philosophes dès qu'ils sont désarmés, me confiaient jadis que les caisses remplies par la CDU servaient aux décaissements du SPD, l'alternance jouant automatiquement par le souhait des gens d'encaisser un jour impôts et taxes toujours trop lourds, et s'inquiétant par la suite du mauvais état des comptes publics. La grosse différence avec chez nous est qu'un socialiste allemand - un Bas-saxon en plus - a triché. Ce loup solitaire de l'Internationale triomphante a bourré les caisses avec des ruses de sioux au lieu de les vider, sans même casser le moteur de l'alternance, la Saxe a passé le bâton à la Prusse. Nos cousins en sont assez contents, à contempler le désordre immense du camp de tipis autour de Fort Bismarck !

Pour la petite histoire, le syndrome de la cagnotte avait frappé le cabinet Jospin. Cette pantalonnade avait fait rire toute l'Europe des initiés, un pays en déficit distribuait des surplus fiscaux temporaires.

Pour le moment, le secret (mal gardé) de M. Ayrault est que les comptes seront améliorés par des hausses massives d'impôts, ciblés de préférence sur les mal-votants. M. Moscovi le confirme en creux, en déclarant que l'assainissement se fera sans austérité. Quand on sait les abysses financiers concernés, on comprend qu'il se fout du monde. Mais l'important c'est l'élection, toujours les élections, il sera bien temps de se rattraper ensuite. On peut être normal et pas sérieux, même en se composant une tête d'enterrement de circonstances comme l'affiche notre nouveau président pour avoir l'air pénétré.

Qui de sensé voterait pour ces gens-là ?





mardi 5 juin 2012

Sortez le sortant !


Au claquement du fouet le caniche se juche. L'est-y pas mignon avec sa touffette en queue, son paletot de poil bouclé, houpette en tête et le cul nu ? Il dit ouah ouah au susucre et beau comme il fait, il sera l'élu caniche ! N'importe quoi et même pas le ridicule ne lui barrera la prise de cocarde et cinq ans de hamac à Paris, cinq ans de garçonnière, juste le baise-en-ville de la liberté, le rond de serviette à la cantine luxe à deux sous, des sous, beaucoup de sous à ramasser à la glandouille et la considération des huissiers à chaînes ! Il suffira de venir en séance quand s'allume la caméra de FR3. Ça mérite bien une révérence à l'électeur.
La démagogie restant la force la plus sûre de l'élection, on entend, lit, tout et n'importe quoi dans les professions de foi qui circulent pour nous faire venir dimanche donner une majorité à Valérie Trierweiler, sinon une cohabitation à François Hollande. Car on élit cette fois les godillots. Ne comptez pas donner un "mandat impératif" à votre député, il monte à Paris pour être incorporé en bataillon et se soumettre aux ordres de Matignon ou à ceux de la rue de Vaugirard (UMP); les considérations locales sont de nul avènement, il n'y a plus temps ni fonds ! Alors que faire s'il pleut ?


Laisser parler ses envies !
La liberté c'est comme le cerveau ou la libido, elle s'use si on ne s'en sert pas. Or la dictature du bien-penser nous laisse par éclipses celle de dire ce qu'on veut à la nomenklatura, en piquant un nom par sympathie dans la corbeille des bulletins. Mais peut-être voudriez-vous comprendre les critères du meilleur choix ? Royal-Artillerie édite son crible. Il permet de trier la pertinence des propositions et non pas la faisabilité des promesses locales qui d'ailleurs ne sortiront pas à Paris faute d’argent.

(1) Défiez-vous des projets d'infrastructures de développement de votre circonscription, les financements ne peuvent en être assurés que par une réduction drastique des dépenses de l'Etat dans ses oeuvres mortes, et s'il échet, le financement sera étalé dans le temps jusqu'à peut-être la prochaine législature.

(2) Plus généralement ne prenez pas pour argent comptant les promesses d'aides, crédits et subventions, car il n'y aura rien à compter. Il faudra tarir un fort drainage de moyens dans le fatras des contributions sociales en tout genre qui sont le mauvais cholestérol du pays.

(3) Ecoutez avec attention les projets de réformes qui ne mangent pas de pain, voire l'économisent. On peut améliorer notre vie quotidienne par des choix débudgétisés.
Si je prends le programme de JULIE MOREAU dans la première d'Indre & Loire, j'y trouve deux idées qui font exemple :

- Pousser l'agriculture biologique
C’est un concept-valise complètement royaliste : il convoque une politique naturelle des sols, le temps long de leur reconversion, une évaluation d'impacts locaux et non pas la phosphorescence jacobine des études en chambre, une intention de santé publique responsabilisée. Ce programme est d'avenir puisqu'on ne conçoit pas celui de l'agriculture française, confrontée aux latifundias du monde, hors de l'écologie, du "made in France - made in qualité".
Dans le cas de mademoiselle Moreau, on touche au concret, ce qui n'est pas banal pour un député. Son père est arboriculteur bio, lauréat du concours Eco-trophée à Vallères près d'Azay-le-Rideau. La famille Moreau ne peut que nous plaire. Elle comporte naturellement un père et une mère, mais aussi dix enfants de 21 ans (Julie) à 3 ans. La famille est soudée, les aînées font la classe aux petits, ce qui entraîne l'hostilité de l'Administration défiée ; ils s'occupent aussi de l'exploitation tourangelle et d'une autre acquise en Roumanie il y a cinq ans. Profondément catholique traditionnelle, la famille se heurte au mauvais esprit d'usage en notre beau pays laïque, mais sans doute à cause de cette éducation, Julie Moreau a la force de caractère nécessaire pour tenir hors les normes. Son deuxième point est dans le droit fil du premier :


- Promouvoir les thérapies naturelles de proximité
C'est très porteur certes, mais faut-il savoir aussi de quoi l'on parle. Naturopathe, Mlle Moreau connait bien son sujet. Pour contrer la désertification médicale du monde rural, on n'ira pas ressusciter les sorcières - quoique ça mettrait de l'ambiance à la pleine lune - mais on pourrait parfaitement responsabiliser la patientèle en l'éduquant au diagnostic des maux courants jusqu'à l'auto-médication, comme on le faisait jadis au village sans prétention. Se prendre en charge est le début du renouveau de la citoyenneté responsable. On passe au quatrième critère de choix du crible Royal-Artillerie :

(4) Dans le doute, sortez le sortant. L'Assemblée nationale a une lourde responsabilité dans la précarisation des comptes publics et l'abêtissement des gens addictés à l'assistance publique de l'enfance à la mort. Celui de Moreau est Jean-Patrick Gille (PS), un cas ! Caricature du parasélite qu'aurait adoré Daumier, coq de sous-préfecture qui n'a jamais rapporté un franc au pays mais donne un avis sur tout, M. Gille accumule les présidences à sa portée pour garnir une carte de visite sur laquelle on s'attend à lire aussi : "Abonné au gaz et à l'eau". Déambulateur d'appareil, il obtiendra le poste de premier secrétaire socialiste d'Indre et Loire (si, si, ça existe) pour son investiture contre Donnedieu de Vabres, ministre coquet écrasé en 2007 par les affaires !
A sa droite, Julie Moreau a un autre phénomène : le zigzaguant Peltier Guillaume, celui-là même qui flingua la carrière politique de Saintignon par la "politique de comptoir" puis a contribué à la ringardisation du candidat Sarkozy par un matériau de campagne fortement avarié.
La candidate de l'Alliance royale devrait faire un score rien que sur la propreté !



Sortez le sortant, toujours !


dimanche 3 juin 2012

Redresser et humaniser notre société


- Bloc-notes de campagne -

Nous continuons la présentation du « programme électoral » de l'Alliance royale qui lance 34 candidats aux législatives. Le premier volet (Des idées dans un programme) modifiait les institutions et le mandat de député, le deuxième (Une vie chaque jour plus facile) cataloguait les réformes les plus essentielles en dehors des questions institutionnelles et ce troisième volet vise à humaniser notre société en s'appuyant sur le pivot de la famille.

Une société plus humaine est plus compliquée qu'un pieux slogan. L'Alliance royale articule assez bien son dispositif. Le pivot en est la cellule familiale qu'elle entend protéger mais qui réclame un environnement favorable à son épanouissement pour le succès de sa fonction. Le texte en italique est celui de l'Alliance royale.

Une famille plus sûre
Refonder une véritable politique familiale pour soutenir les familles ; reconnaître leur place première dans l’éducation, la transmission des valeurs et la solidarité

Est-ce à l'État de refonder une politique familiale ou doit-il s'en tenir à subventionner la démographie ? Vaste débat.
Incorrigible libertarien, moins je LE vois, mieux je me porte. Mais tout le monde dans notre pays n'est pas en capacité de suppléance. Le maître-mot est subsidiarité avec son compère indissociable la responsabilité. Accorder un pouvoir politique à la famille par la création d'un collège électoral spécifique renvoie l'État à son rôle naturel d'arbitre en dégageant le champ des responsabilités au niveau local.

Une éducation partagée
Sans opposer le régime aux familles, quoique la tentation ait été forte au début de la III° République de caporaliser la jeunesse sous la houlette des Hussards Noirs, les tenants de l'ordre régnant se prévalent souvent de la sous-qualification des familles à l'éducation de leurs enfants pour dépasser la simple instruction publique et se substituer à elles à l'école. D'où le nom terrible du ministère ad hoc, "Education nationale". Ce n'est pas entièrement faux, mais pourquoi donc l'alphabétisation de la vieille France était-elle meilleure à la veille de la Révolution par le travail des maîtres d'école nourris par les bourgs et villages, qu'elle ne le fut sous le Premier empire ?  Par exemple en Bas-Languedoc, il fallut attendre la fin du Second empire pour retrouver le niveau d'alphabétisation obtenu par les clercs modestes de l'Ancien régime.

A contrario, les valeurs transmises par les familles sont-elles toujours celles que nous recherchons ? Le "pays réel" est bien différent du pays rêvé et certaines orientations "familiales" sont inadmissibles en classe. Que l'on songe aux collèges des zones multi-ethniques où s'affrontent les haines rancies de l'arc méditerranéen.
On embraye ici directement sur la carte scolaire, qui bloque le choix d'inscription au collège. Sa destruction est l'incitation la plus sûre aux écoles communautaires. Est-ce bien ce que nous cherchons, le communautarisme ? Il y a un réglage à peaufiner entre liberté d'organisation au niveau local et diversité des consciences. Pas simple.
Ceci étant posé pour l'éducation, il s'agit de cerner les conditions de vie :

Respecter la Vie
Protéger la vie et la dignité de la personne humaine, notamment celle des enfants à naître, des handicapés et des personnes âgées.
Développer une politique d’accueil des personnes en détresse, des mères et de la petite enfance. Faciliter l’adoption en France.


Il n'est pas bien vu de dire qu'une société qui tue ses bébés et ses vieillards est gravement malade. Quand elle s'avise de marier les invertis dans la salle des mariages de la mairie, et d'offrir des enfants-jouets à des paires stériles par construction préalable, elle est en décadence et nous rappelle la pente irrésistible du Bas-Empire. Qui dans le champ politique aura la force de s'opposer à ces extravagances ? Pas grand monde dès lors que les modes de vie signalés sont ceux de clientèles électorales particulièrement actives dans le lobbying, relayées par la presse affairée au "progrès de l'humanité". On touche du doigt les vices de la démocratie d'étage national qui a substitué à la raison les envies de chacun. Lorsqu'elles précipitent en groupe de pression elles aboutissent au Parlement qui en prend acte.

Contre cela nous sommes impuissants sauf à cibler les causes premières de ces désordres. L'avortement n'aura pas grand avenir dans ce pays si nous constituons les structures d'accueil des enfants non désirés en nombre suffisant, et en accompagnant les mères jusqu'à terme. On n'annulera pas les IVG de rattrapage d'une contraception loupée, sachons-le, mais au moins la société aura fait du mieux possible entre la liberté "moderne" et l'éthique sociale de l'espèce.

A l'autre bout de la vie est la vieille guenille d'un corps dépassant bientôt sa date de péremption. Laisser souffrir les malades condamnés à brève échéance est insupportable lorsqu'on y est directement confronté, mais qui qualifie la certitude de la condamnation et la brièveté du délai restant ? c'est tout le problème. On mesure là l'inanité, l'imbécillité des lois universelles, quand elles font commerce de compassion. Ne peut-on laisser juges les médecins, juges des patients, juges des "ayant-droits" ? Faut-il légiférer sur tout jusqu'à laisser la main à des juges non-experts ? Question très difficile dont la prégnance va augmenter avec le vieillissement de la société et l'accroissement des coûts conséquents, car nous ne vivrons pas plus longtemps, mais nous vieillirons plus tard et longtemps. L'Europe asile de vieillards ? Il faut redresser la pyramide démographique. Se pose déjà la question de la santé :

Une carte sanitaire performante
Instaurer des services sociaux et hospitaliers de proximité

En une ligne, on touche à la définition de la Sécurité sociale nationale française qui a cru réussir le mariage de la carpe et du lapin, la carpe étant le service public déboursant sur prescriptions du lapin privé faisant carrière. Les déficits énormes de cette belle construction communiste autorisent à reconsidérer le dispositif et à préconiser un nouveau système de soins élémentaires peu dispendieux et généralisé. Pour cela il faut des centres médicaux municipalisés convenablement dotés en personnel et matériel, et gratuits sans conditions de ressources. On les appelait jadis des dispensaires. On les a tués en les affublant de tous les maux pour faire place à la médecine de ville. Je connais beaucoup de gens qui s'en contenteraient, même si leurs prestations sont basiques. A la fin de l'histoire, tout part à l'incinérateur, n'est-ce pas ? Et pour beaucoup au paradis, alors ?

A côté du réseau des dispensaires, croîtront et embelliront les lourdes machines de l'exploit que sont les centres hospitaliers à qui l'on demandera une gestion équilibrée des patients et des moyens, dans les limites des subventions possibles et consenties par les contribuables. Pas d'argent, pas de Suisses ? Faudra-t-il arrêter scanners et IRM le quinze novembre de chaque année pour que le peuple en manque de protection assimile la hauteur du défi budgétaire ?
C'est un gros sujet, mais on ne peut "américaniser" le dispositif sanitaire français comme y poussent les compagnies d'assurances. Pour s'en prémunir, il faut sortir de l'idéologie d'une économie mixte, tout remettre à plat et appeler un chat un chat. L'essentiel est que tous les habitants de ce pays aient accès aux soins de base (dentaires et ophtalmologiques inclus), quelle que soit la couleur du chat. Ce qui pose la question de la démographie médicale à laquelle s'affronte avec courage d'ailleurs le Conseil de l'Ordre tant sont grands les déséquilibres. Après, pour monter en première classe, il faudra acheter le ticket en travaillant.






Conclusion : un trou dans le décor
Calé au fond du fauteuil et fermant les yeux sur notre belle société, je me dis que si mes grand-pères revenaient comme on le fait dans les films de science-fiction, ils n'en croiraient pas leurs yeux. S'être fait casser la gueule pour arriver à ça ? Que le régime politique soit assourdi par le défilé des casseroles de nos élites, passe encore, les barbichus de la Troisième étaient des experts en concussion ; mais que soient promus des comportements sociaux aberrants les sidérerait.

"Notre" directeur général du FMI, complètement débordé par une pathologie de priape fou, était le champion socialiste à la présidentielle ! Le président élu est l'amant d'une dame mariée et la promène partout comme que le faisaient jadis sur les allées Paul Riquet de leur cocotte les gros marchands de vin de Béziers. Leurs épouses se poussaient du coude en terrasses à jauger les mérites rebondis des gourgandines. Le "couple" présidentiel normal emmènera-t-il au bassin du Luxembourg ses sept enfants ? Le premier ministre a pris six mois de prison (mais avec sursis comme toujours dans une affaire politique) pour favoritisme éhonté. Il a été réhabilité plus tard comme si le procès avait eu lieu à Prague. A en citer trois de l'équipe en place, nous choisirions l'amant de Mme Pulvar, mais il va s'accabler lui-même assez dans les semaines à venir, sur son projet ubuesque de "Redressement progressif", qu'il est inutile de lui tirer dessus.
Un président normal disait le candidat Hollande, dans un gouvernement irréprochable ! Où ça donc ?

On se plaît à rêver à un chef d'État normal, éduqué, poli, bien marié, entouré d'une famille normale et nous représentant dignement à l'étranger, sans en faire non plus une gravure sulpicienne ; mais arrivant à l'heure par exemple. Cette pointe de pyramide s'appelle ailleurs un roi, une reine, dont l'exactitude est la politesse, disait Louis XVIII.
Pourquoi pas chez nous ?

samedi 2 juin 2012

Rule Britannia...


60 et 600 ans sont les deux commémorations de part et d'autre du bras de mer qui irrigue le vieux royaume anglo-normand. Six siècles ici pour la Pucelle d'Orléans qu'Anglois brûlèrent à Rouen, et là, soixante ans d'un règne commencé en pleine guerre, sur un peuple debout sous l'orage des fusées nazies, et qui célèbre aujourd'hui son avenir dans la consolidation de la plus vieille monarchie d'Europe.
Après deux révolutions que furent la décolonisation du plus grand empire mondial et sa revanche, la mondialisation, qu'est devenue l'Angleterre ?
Toujours la référence universelle du régime démocratique que l'on dit "de Westminster" et vers lequel avancent toutes les nations du monde, malgré quelques tracas pour sa naturalisation chez les primo-accédants, une autorité financière mondiale qui domine la galaxie Nylonkong et fait la loi en Europe, une industrie disparue dans le pays qui fit la première révolution industrielle, un peuple cosmopolite qui circule aisément sous tous les continents qu'il a marqués de son empreinte sauf un, l'Amérique latine. Si Elizabeth II est reine de Grande Bretagne et d'Irlande du Nord, elle est encore plus la reine du Commonwealth où son autorité morale naturelle est considérable, non tant sur les politiques que sur les peuples. Les voyages réguliers de la famille royale par le monde entier en attestent.

Au quotidien, cette monarchie est fondée sur l'influence par le conseil et l'exemple, et les écarts coupables des moeurs princières ont été jugés graves par tous les Britanniques, car si cette fonction est diminuée ou ôtée, il ne resterait rien que des colifichets en boutique de souvenirs. Le souverain anglais est la triple clef de voûte de l'Etat, de l'Eglise nationale et de la Nation britannique et tout à la fois la pierre de touche de la politique du 10-Downing Street. C'est d'ailleurs une alchimie : les "idées" du gouvernement sont testées chaque semaine sur le souverain¹ et validées dans ce passage obligé. C'est plus qu'une procédure, un état d'esprit à la limite de la connivence imposée, chacun restant à la place que lui a fixé la coutume, constitution non écrite adaptative qui remonterait à la Grande Charte de Jean sans Terre, mais que d'aucuns repoussent de quelques siècles dans le haut moyen âge.

S'il est une vieille nation au monde c'est bien celle-ci, et dans un registre différent, la nation nippone. Quelques sortes d'éternités au-dessus de l'impermanence du monde.

Nous ne ferons pas aujourd'hui de cruelle comparaison avec notre République quinquennalisée, où quinze jours après leur défaite, les ténors du parti battu se rangent déjà sous les bannières de la campagne présidentielle à venir, sans égards pour le pays qu'ils ont conduit à la falaise !


God save the Queen !






(1) la souveraineté est partagée entre le monarque et le parlement

jeudi 31 mai 2012

En attendant Ségolène et son knout...


... on glande !

Notre beau pays n'est plus gouverné depuis quatre mois au moins, la faute à ce cadeau du Ciel maçon qu'est la Démocratie. La houle de la crise se creuse de plus en plus nous signifiant que la tempête accourt. Ces messieurs du pouvoir, les meilleurs comédiens de mai, sont totalement bloqués dans leur répétition de la Générale en attendant que les 577 spectateurs prévus emplissent la salle. Que reprocher à qui ne fait rien ? C'est l'alpha et l'omega de la ligne politique socialiste jusqu'au second tour des législatives, le 17 juin 2012 ; et avec les délais d'installation, la formation de la coalition, les chaises musicales dans les ministères, questures et secrétariats, nous pourrons dire que le navire France aura couru sur son erre pendant cinq mois. Peu de déclarations sinon lénifiantes, quelques décrets populistes puisque le vent souffle de là, aucune décision en aucun sens, si ! Un peu de politique étrangère, ça ne mange pas de pain (électoral). Commençons justement par là.

Les débuts normaux du président normal dans les enceintes décisionnelles internationales (on lui a pardonné quelques mauvais réglages non significatifs s'ils ne se répètent pas) ont fait place à l'eau tiède des convictions à débattre. Mais peut-être est-on revenu à une diplomatie aussi discrète que pugnace ? J'en doute. L'entourage s'accorde à dire que M. Hollande est allergique aux décisions qui fâchent.
Deux axes mous :

Syrie : le film d'horreur déroule sa bobine sans qu'on en voit la fin. Or celle-ci est entre les mains de la Chine et de la Russie. Est-il impossible que les pays de l'OCDE mettent en pointillés missions et déplacement officiels vers ces deux Etats en le faisant savoir ? Pas de grands mots ; ne parlons pas de rupture diplomatique ou d'embargo, mais une simple ostracisation bénigne du genre : « je ne voudrais pas que mes enfants sachent que je parle aux deux bouchers de Damas ». Tant Poutine que Hu ont un sacré pédigree dans le métier, l'un qui pacifia le Tibet de la manière que l'on sait, l'autre la Tchétchénie, en pire. On peut certes oublier l'histoire par convenances diplomatiques, sauf s'il y a récidive.

Mali : l'autre point chaud du silence français est l'Azawad. Un pays ami jeté aux chiens fous du salafisme incandescent. Inutile d'épiloguer, notre retenue nourrit un cancer. La très forte communauté malienne en métropole doit se sentir trahie.

De retour en métropole, nous arrivons chez la belle aux bois dormants. La liste est longue des points qui fâchent :

L'Allemagne ne collaborera pas à la mise en œuvre des émotions de préaux du candidat Hollande. Et le coup de pied de l'âne vient de l'ancien chancelier socialiste Schroeder qui se moque ouvertement de son programme. Ce qui veut dire que les esprits allemands vont se tourner vers leur orient et seront moins enclins à se rapprocher de nos demandes. Le patronat français dans son ensemble n'investit plus, la situation réglementaire de ses activités n' a pas encore décanté et le maintien d'une simple croissance zéro n'est pas sûr. Bruxelles s'émeut des déficits publics qui se creusent à défaut de « mesures rapides, solides et concrètes » pour la réforme des structures étatiques et sociales, et M. Barroso laisse entendre que les investisseurs pourraient s'en inquiéter, ce qui est déjà un pronostic auto-réalisateur. Or Bruxelles est au cœur du dispositif de contrôle et d'aide aux pays en difficulté et ne tient pas à y inclure demain la France inerte. La Cour des Comptes de Paris présidée par le socialiste Migaud commence à paniquer sur la bombe à retardement des pensions publiques¹ et les délais incompréhensibles dans la mise en œuvre d'une « stratégie de réduction ou de suppression des dispositifs les moins efficaces » dans les charges de l'État². L'OCDE vient de réitérer sa recommandation pressante de réforme de la fiscalité, de l'éducation et du marché du travail.
Rien n'y fait, rien ne bouge. On attend que Ségolène Royal accède au perchoir !





(1) Situation nette des régimes publics de pensions
- Fonction publique : -505 Mds€
- Régimes spéciaux des transports : -195 Mds€
- La Poste : -108 Mds€
- Régimes particuliers (ouvriers des arsenaux, anciens combattants,...) : -52 Mds€
(2) L'actif patrimonial de l'État français est court de 835 Mds€ s'il avait à couvrir son passif.
Voir les rapports 2011 de la Cour des Comptes

mardi 29 mai 2012

Une vie chaque jour plus facile


- Bloc-notes de campagne -

Dans la profession de foi des candidats de l'Alliance royale aux législatives, il y a un défi titanesque, celui de désagripper l'Etat de nos vies quotidiennes, mais c'est dit autrement. La République est invasive de la sphère privée par essence puisqu'elle cherche à contrôler les idées de ses clients depuis sa création. Attention au "mauvais esprit", aux déviants de la pensée majoritaire, aux zombies de l'autonomie, on en fera des terroristes à la fin pour les écraser comme punaises sous le talon de la connerie béchamélienne en jabot. C'est Chritian Millau qui a la formule : « Les églises se vident, mais d'autres s'emplissent de crapauds de bénitier que les dévôts de la bienpensance engraissent à la guimauve du conformisme le plus abyssalement débile. On a dit de la France qu'elle était moisie. Je dirais plutôt que, tremblotante et frileuse, elle se couvre de lois et d'interdits comme les vieillards se couvrent de petites laines. ».

Régler le fatras législatif

Ainsi l'Alliance royale appelle clairement à la défense des libertés par desserrement du carcan législatif. C'est tout à fait révolutionnaire que de vouloir chasser l'Etat de nos chez-soi. Y sommes-nous prêts ? Peut-être pas encore tant son empreinte est marquée. Du berceau à la tombe, IL est là ! D'où une sympathie non dissimulée du piéton avec les anarchistes qui veulent le détruire dans ses signes, ses pompes et ses oeuvres.
Dynamiter le carcan est un slogan de campagne, dans la réalité d'une politique conduite dans ce but il s'agirait d'abroger les lois inutiles et simplifier les autres dans un chantier de dix ans. "Nul n'est sensé ignorer la loi" n'est plus une provocation du pouvoir législatif mais une blague de mauvais goût. La société croule sous les textes à ne plus même s'en souvenir. A preuve on écrit des lois nouvelles pour régler des cas déjà traités dans des lois antérieures.

Sécurité publique

L'autre défi auquel se collète l'Alliance royale n'est pas moins grand : c'est celui de la sécurité publique. Tous les gouvernements s'y sont cassés les dents, même quand fut élu président le chef de la police ! Tout le monde sauf quelques sociologues protégeant leur fromage s'accorde sur les limites de la préventionn et de l'éducation. Tant que la loi ne sera pas appliquée avec une rigueur exemplaire par des juges affranchis de leur lutte idéologique contre le pouvoir exécutif, on pissera dans les violons de l'excuse. On ne peut être multirécidiviste plus de trois fois, sauf pour des motifs politiques ! Certes le retrait de la circulation du vilain canard pose la question de la surface habitable... en prison. Aussi n'est-il pas profiter de la campagne pour replacer ici une des propositions du Nonagone de l'artilleur : c'est la proposition 6 - Peine zéro pour les condamnés étrangers.
Et la réinsertion demandée se fait tout naturellement... au pays natal !

Encadrer l'économie, ou pas

Dans ce chapitre de la vie quotidienne, les stratèges de l'Alliance ont placé l'amélioration de nos activités économiques. Ils veulent l'encadrer, faciliter la création et le développement des PME/PMI et alléger leurs charges sociales et fiscales. C'est un choix qui n'est pas le nôtre. Disciple de l'Ecole autrichienne, le piéton considère, après des économistes bien plus trappus que lui, que l'intervention de l'Etat dans l'économie est débilitante pour le corps social comme les antibiotiques le sont pour le corps humain. Mais aux jours des grands périls (guerre, famine, cataclysme, effondrement social) il est du devoir de l'Etat de concourir à la protection de la Nation car lui seul dispose de la force et de la légalité pour coordonner les sauvegardes et les répliques. Mais comme le dentifrice ne rentre jamais dans le tube, il est difficile de le faire reculer ensuite quand le beau temps est revenu. Voir la survie du Patriot Act américain à la liquidation d'Oussama Ben Laden. L'Etat mal nécessaire ? Sans doute, mais que cela n'empêche pas la vigilance.

Le salut par l'innovation

Demain sera le temps de l'innovation, de la création, de la recherche aboutie, à défaut de quoi nous n'existerons plus, sauf en consommateurs sous-traitants des nouveaux empires de production. A la misère de notre condition s'ajoutera l'insulte de leur revanche. Les Chinois ont acheté le "port du singe" : ainsi ont-ils expulsé du Pirée les lois sociales et les travailleurs syndiqués et importé leurs contremaîtres et leurs portiques. Affamés, les Grecs se précipitent aux cours du soir de mandarin vers leur prochain asservissement. Ils n'ont pas le choix. Qui aurait cru il y a seulement dix ans qu'un pays d'Europe subirait pareille humiliation ? Pour se battre il faut distraire des moyens de secteurs stériles vers les secteurs prometteurs sans mettre en danger la sûreté de notre espace économique. L'Alliance royale ne dit pas d'où vont basculer les moyens nécessaires à l’investissement, l’innovation et l’exportation, vecteurs de création d’emplois. Nous pouvons suggérer des gisements :
- les milliards d'un Etat tentaculaire sont récupérables en changeant le modèle. L'Elysée coûte deux fois et demi plus cher que la Maison Blanche, c'est l'exemple-type. Bâtissons une monarchie scandinave à moitié prix.
- les milliards de la formation professionnelle et continue disparaissant dans le sable des officines, agences et pôles de reconversion qui nourrissent les amis et clients de tous les pouvoirs territoriaux, sont à récupérer pour la recherche et l'apprentissage.
- les milliards de subventions associatives en tous genres de la plus petite commune jusqu'au plus grand des ministères. Que les associés cotisent.
- les milliards de subventions syndicales à des organisations professionnelles incapables de lever des cotisations ouvrières. Unique au monde. No comment !
- fermer le trou de la Sécurité sociale en stoppant les remboursements le jour de l'année où le déficit commence. Il y a une vie éternelle après, me dit-on dans l'oreillette.
Un programme à double détente

On comprend bien que c'est le mauvais état de notre économie qui va prendre le relais de l'invasion étatique pour faire obstacle à la quête d'une vie quotidienne plus facile comme la recherche l'Alliance royale. Aussi pourrait-elle dans sa démarche présenter l'effort nécessaire que récompensera bientôt une vie quotidienne plus facile. Reconquérons réellement nos libertés !


Bon courage à tous les candidats !

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