lundi 10 décembre 2012

Il salvatore suona sempre due volte

Ce n'est pas un gag !

C'est un outrage que le "jeu démocratique" fait à la République italienne, afficher publiquement l'impossible retour du cavaliere et effacer de l'épure du redressement économique et financier Mario Monti. Si la scission probable du parti beslusconien, Le Peuple de la Liberté, entre centristes et droitistes (comme à l'UMP) priverait le démagogue d'un accès au Palais Chigi, la remise en jeu de la réforme structurelle en cours par une campagne législative intempestive peut entamer le début de confiance retrouvée dans l'avenir de la Péninsule.
Or une grande partie du travail de redressement est faite paradoxalement par les investisseurs étrangers qui prennent de la dette italienne ou qui viennent sur des positions industrielles dans la deuxième industrie de l'Union européenne.
La bonne santé retrouvée d'un pays de 61 millions d'habitants ne peut que déteindre sur ses voisins, d'autant que les fondamentaux sont sains, l'Italie n'a pas de déficit primaire¹. C'est d'ailleurs ce que disait la nouvelle directrice du FMI au G20 de Cannes, il y a un an : l'Italie a d'abord un problème de gouvernance.

Les bons esprits ne voient dans la déclaration spontanée de Silvio Berlusconi qu'une tentative désespérée de gagner l'immunité attachée à la fonction. On peut aussi penser qu'il est une fois de plus convaincu d'être le meilleur ! Le meilleur quoi ? Le tapage imbécile du milliardaire scandaleux aurait dû rester au niveau du bruit et, pour nous, la démission de Mario Monti est précipitée, prématurée, injustifiée, sauf élément caché que bien sûr nous ignorons.
L'Italie ne mérite pas ça.




(1) Déficit des comptes publics avant imputation du service de la Dette publique.

dimanche 9 décembre 2012

Mirabel-NDDL même punition ?

Ce billet est paru dans le bimensuel L'Action Française 2000 du 6 décembre 2012, en page 2 Economie sous le titre "Un aéroport pour quoi faire ?". Il entre en archives RA.


C'était le plus grand aéroport du monde. On expropria 93000 arpents de bonne terre et qui furent reliés (sur plans) à la grande ville proche : train rapide, autoroute dédiée. Quatorze ans après son triomphe, l'Etat du Québec rétrocéda 81000 arpents à qui les voulait, la merveille technocratique était un échec sur toute la ligne. L'aéroport de Montréal est toujours Dorval, commissionné en 1941, amélioré et renommé Montréal-Pierre-Elliott-Trudeau en 2004. Il passe douze millions de passagers et accueille l'Airbus géant A380. Sa capacité sera portée à vingt millions. L'aéroport du futur qui devait le remplacer s'appelle Mirabel ; on l'a gardé pour le fret, l'aviation générale, et Bombardier y monte ses avions CSeries. L'échec du projet est dû à la distance accrue depuis le centre-ville et aux liaisons inachevées faute de crédits, ainsi qu'au maintien de Dorval. La concurrence d'aéroports internationaux à grand débit comme Toronto et Ottawa n'est pas non plus étrangère au ratage.

Montréal-Mirabel


L'Aéroport du Grand Ouest s'inscrit sur la même épure, à la réserve près que les autorités politiques forceront les compagnies à y venir, ce que n'a pas fait le Québec libéral. Il n'empêche que les liaisons posent les mêmes problèmes financiers entre Nantes et Rennes et la concurrence du hub intercontinental "Aéroports de Paris" à seulement deux heures de Nantes par TGV ressemble à celle qu'affronta Mirabel. L'aéroport actuel de Nantes-Atlantique à urbaniser ne sera pas décommissionné parce qu'une usine Airbus y travaille et emprunte sa piste de 2900m pour enlever sa production vers Toulouse. Personne ne poussera dehors Airbus Industrie avec deux mille emplois à la clef, à moins qu'ils ne partent chez Airbus-Saint-Nazaire.
Reste le bocage. Les terres arables ne sont pas vues aujourd'hui comme à l'époque "tout-béton" du Commissariat au Plan. On leur donne une valeur intrinsèque qu'elles n'avaient plus aux yeux des aménageurs. Ne devrait-on pas interdire la viabilisation des terres arables et laisser se développer l'habitat sur les terres stériles ? Vaste débat qui froisse la frénésie urbanistique d'élus pressés d'accroître leurs taxes locales et leur modeste gloire. Les écologistes, les chrétiens, des anarchistes ou altermondialistes sont venus protéger une agriculture de bocage traditionnelle. C'est une coalition hétéroclite certes, mais indispensable. S'il n'y avait eu au Larzac que les bergers de brebis pour s'opposer aux chenilles des chars, ce beau plateau calcaire serait aujourd'hui décapé jusqu'au roc.

Nantes-Atlantique à Château-Bougon


Qui peut prédire sérieusement un trafic aérien international d'ampleur à Notre-Dame-des-Landes ? La politique des compagnies aériennes est celle des hubs où elles regroupent leurs passagers intercontinentaux provenant de plusieurs aéroports régionaux. Et n'en déplaise aux Bretons, Nantes ne sera jamais un "hub" européen. Le Canada fit l'hommage au vieil aéroport de Montréal du nom de qui voulut le supprimer. C'est ce qu'il adviendra à Bouguenais du futur Nantes-Jean-Marc-Ayrault ! L'humour québécois est sans frontières.





Dossier Plus : http://www.histoirequebec.qc.ca/publicat/vol2num1/v2n1_12m.htm





vendredi 7 décembre 2012

L'affaire Mahé

Firmin Mahé
Il s'agit de juger aujourd'hui quatre militaires de l'opération Licorne en Côte d'Ivoire qui ont retiré définitivement de la circulation et sur ordre, un coupeur de route, ainsi que l'on nomme aujourd'hui les brigands de grands chemins sans foi ni loi. Il s'appelait Firmin Mahé et mourut étouffé au sac plastique le 13 mai 2005 dans le VBL qui le ramenait à Bangolo (zone tampon), au cantonnement PRIAC (Peloton de reconnaissance et d'intervention antichar). La chaîne de commandement est impliquée, même si le général commandant l'expédition jure ses grands dieux qu'il ignorait tout, ce que personne ne croit.
La corrélation entre les exactions qui ont motivé l'arrestation et le prévenu n'est pas sûre à 100%. Un Nestor Mahé coupait aussi les routes, disent les villageois. Les détails de la "bavure" ont été ressassés par la presse entre deux couacs du gouvernement, nous n'y revenons pas. L'affaire Mahé est exemplaire à deux titres : la nature de la mission, l'usurpation de pouvoir.


La mission: Il n'est jamais bon de confier des opérations de gendarmerie à des troupes militaires, jamais et nulle part. Le comportement récurrent des armées africaines le prouve à l'envi ; c'est toujours pire pour les populations. Engager des moyens de mêlée dans le maintien de l'ordre ressortit à la fable de L'Ours et l'amateur des jardins. La pierre écrase la mouche ! Maintenir l'ordre c'est un travail d'intimidation, d'enquête, de mesure, presque de finesse, qui réclame beaucoup de retenue dans l'action. Les forces de police y sont rompues, pas les forces armées. C'est pour cette raison qu'on n'engage jamais chez nous l'armée dans des échauffourées urbaines. Même en mai 1968, ce sont les unités de la PP, les CRS et la Mobile qui ont fait tout le travail. Des éléments de la 11°DLP vinrent à Paris garder les ministères et administrations sensibles dévêtues de leur sécurité organique, mais n'apparurent jamais sur le "front" de l'émeute. Ils étaient d'ailleurs en treillis retaillé et béret fantaisie amarante sans aucune protection individuelle pour ne pas décourager les parisiennes.
Ceci dit, déclasser les forces armées en outil de pacification des populations civiles finit généralement mal. Que l'on pense au contrôle des territoires en Afrique du Nord, et dans nos anciennes colonies africaines. Une compagnie de combat est construite et instruite pour le choc, s'en distraire amène à baisser la garde et à se laisser surprendre en situation. Reste qu'un coup de pouce militaire aux opérations humanitaires n'est pas interdit non plus. Mais une armée est payée (par le contribuable) pour faire la guerre. Sinon pas besoin d'armée !

L'usurpation est toujours une réaction à une insuffisance: Les autorités judiciaires auraient-elles assumé correctement leur fonction que le coupeur de route leur aurait été remis. C'est la déréliction des pouvoirs de justice qui laisse penser que les problèmes seront réglés à moindre frais, peines et soins par une exécution sommaire. La pédagogie sur la zone d'effort est mauvaise, la force primant le droit des deux côtés. Dans ce cas précis, le retour de Mahé à ses activités criminelles aurait fatalement croisé l'ogive en pleine tête d'une patrouille le surprenant. Mort au combat, no problemo.
A partir d'un certain grade, tout détenteur de la force intellectualise son pouvoir et naturellement pallie les carences constatées dans son environnement, à moins d'être fonctionnarisé. Il n'est pas facile de résister à cet appel de l'efficacité. On a tourné beaucoup de films sur le syndrome du justicier obligé.

Si les exécutants de ce crime peuvent invoquer les circonstances atténuantes de l'ambiance en insécurité et des souffrances de la population, il n'empêche qu'ils ont usurpé un pouvoir qui leur est interdit d'exercer. Il ne fait pas de doute que la chaîne de commandement est coupable, depuis le commandant-en-chef ainsi que l'a confirmé son propre adjoint par euphémisme, "le colonel Burgaud a reçu du général Poncet l'impulsion pour que Mahé n'arrive pas vivant", jusqu'au chef de patrouille au contact.


L'armée en guerre ou rien: S'il pouvait sortir de ce procès que nos troupes n'ont rien à faire dans de fausses guerres à la mords-moi-le-noeud dans lesquelles nous devrions plutôt engager notre gendarmerie pléthorique, nous aurions fait un grand bond d'intelligence. Il ne serait pas inutile non plus d'améliorer notre analyse des motifs d'intervention, notre "stratégie", mais ça c'est la politique britannique du quant-à-soi qui ne sort l'épée que pour trancher dans le vif sans restrictions d'aucune sorte, à tel point qu'ils sont les plus craints sans avoir besoin de menacer.
Dans le nouveau formatage de nos forces armées, le recadrage des missions générales doit fonder la réflexion. Arrêtons de jouer au gendarme du monde. Un voeu pieux sans doute, tant notre propension à guider les autres est pressante, et en Afrique d'abord. Gardons-nous de remettre les pieds au sol au Mali, ça nous fera autant de critiques en moins plus tard.



Quel régiment prendrait la devise du 501°RCC aujourd'hui ?
"EN TUER"



Postsriptum de 17 heures:
Le verdict de la Cour d'assises de Paris est tombé :
. le colonel Eric Burgaud, 5 ans avec sursis
. l'adjudant-chef Guy Raugel, 4 ans avec sursis
. le brigadier-chef Johannes Schnier, 1 an avec sursis
. le brigadier Lianrifou ben Youssouf, acquitté



jeudi 6 décembre 2012

Ayrault Zéro

Le zéro pensant
Mercredi, questions d'actualités au palais Bourbon. La France d'en-bas (c'est moi) entre à la Chambre par le truchement de la télévision. Question au premier ministre d'une députée de Moselle, Anne Grommerch, sur l'accord Matignon-ArcelorMittal de Florange ; rien d'extraordinaire, les questions que tout le monde se pose. Avant de continuer, précisons que cette procédure est encadrée par un règlement pointilleux ayant survécu à la sanction du ridicule ici : le temps global consacré à chaque question est de 4 minutes. Des chronomètres ont été installés dans l’hémicycle, afin que chacun puisse vérifier que ce temps de présentation de la question de 2 minutes et celui identique de la réponse ministérielle soit respecté (sic). M. Ayrault a longuement remercié monsieur le Président, mesdames et messieurs les députés, madame la députée du nouveau groupe R-UMP qui lui avait communiqué le texte de cette question avant séance par pure courtoisie ce dont il remerciait son président de groupe de lui poser la question de savoir pourquoi elle avait été informé par un grand journal du soir de la teneur des dits-accords pour la simple raison qu'il avait tenu à respecter les parties prenantes et devant recevoir les syndicats aujourd'hui même et les élus régionaux demain matin et chacun comprenait qu'il n'ait pas divulgué auparavant ces informations et caetera.
En vieux routard de l'hémicycle progressant en crabe, il a atteint la cloche des deux minutes, cloche tenue au perchoir par l'inénarrable imbécile heureux Bartolone, sans même commencer à répondre à aucune des questions posées. Questions bénignes à mon sens, j'aurais été plus "franc".
Que fait ce type à Matignon, fut ma réaction. On ne peut demander la lune et le charisme, la compétence, l'intelligence, l'empathie, le courage ou l'élégance oratoire au chef du gouvernement, mais au moins l'une ! Ayrault, à l'aune de cette liste, n'a rien ; c'est un zéro. Ses cours d'allemand devaient être un désastre d'ennui. Maire de Nantes il fut, dit-on. Autoritaire en plus, laissent filtrer ses "amis" de là-bas, c'était déjà franchir le seuil d'incompétence au principe de Peters. La lamentable affaire de ND des Landes dont les comptes ont été déjà trafiqués en est le point d'orgue. Les cadres d'ArcelorMittal qui sont venus négocier à Matignon se sont pincés pour ne pas rire quand ils ont dû s'expliquer sur le trading de quota de CO² ou le marché de la bobine mince... et à la fin tout rapporter au patron : "c'était facile, chef !".

le poker-sidérurgiste
Mittal père et fils ne voulaient pas conserver la filière chaude de Florange pour de bonnes raisons géographiques et conjoncturelles. ArcelorMittal ne dispose pas de cash pour investir dans de nouveaux procédés, et la famille ne semble pas vouloir en remettre en Europe occidentale du moins. Ils font de l'optimisation et jonglent avec les charges d'exploitation entre tous les sites européens, les subventions, quotas, crédits d'impôt, abattements divers ; ils n'ont pas les moyens d'une stratégie, surtout avec une notation "spéculative" des agences qui jugent que c'est un casino. Les Mittal¹ en bons gamblers de table sortent du tunnel politique français inentamés. Les hauts fourneaux seront éteints l'un après l'autre et la filière refroidie cédée plus tard à l'Etat dans un projet fumant de fonte verte abandonné déjà par Bruxelles. D'ici là, ArcelorMittal doit "absorber" 629 ouvriers de la filière condamnée. C'est un job pour une direction des ressources humaines affûtée, et Dieu sait qu'elle l'est. Reste la vraie question, celle de Montebourg malgré tout : l'industrialisation.

Si nous laissons fonctionner la liberté des plus forts, nous sommes en accord avec le dogme libéral défendu par la Commission européenne, mais nous allons continuer à perdre notre industrie, un peu par la mondialisation, beaucoup par la politique imbécile des gouvernements qui se sont succédé depuis 1997 et qui ont négligé le secondaire au profit du tertiaire, proclamé graal du XXI° siècle. Notre tertiaire n'a d'ailleurs pas démérité, nous avons conquis de fortes positions mondiales dans la bancassurance, mais il est aujourd'hui évident que c'est le secondaire qui fournit l'emploi de masse ; à condition bien sûr que les activités roulent librement, les nouvelles remplaçant les anciennes comme les feuilles caduques de l'arbre. C'est là que les gouvernements sont coupables : les créations ont toujours été entravées par des règles absconses et inéconomiques, parfois avec les meilleures intentions du monde, parfois à défaut de capitalistes "souchiens" dont nous avons très peu vraiment. Le MEDEF est en plus présidé par un riche marchand de vent, échappée de SciencesPo, qui n'a rien à faire là !


Alexeï Mordachov
Ce gouvernement d'idéologues dépassés ne peut à la fois réindustrialiser le pays et punir le succès de ceux qui s'y collent. Il faut être très bloqué mentalement pour articuler cette contradiction ; mais ils le sont par moment ! Au-delà de la dialectique socialiste archaïque, on peut quand même accepter que la ré-industrialisation comporte un volet conservatoire de ce qui existe déjà. Elémentaire, mon cher Watson. Les syndicats, conservateurs par nature, sont aussi sur cette ligne de défense. Pourquoi dès lors ne pas avoir tenté le coup d'accordéon de Montebourg qui reprenait de force tout le site de Florange pour le donner le lendemain au consortium CMI-Severstal, prêt à mettre un demi-milliard de cash sur la table pour rénover l'outil et partir à la guerre... à la seule réserve de la réalité constatée d'un pacte entre le belge et le russe (soyons prudent) ? Tant Alexeï Mordachov que Bernard Serin ne sont des miquets à vendre des cravates dans un parapluie devant les Galeries Lafayette comme Bernard Tapie. Ce sont de vrais industriels, de la partie, qui n'ont pas fait l'ENA, capables et... bénéficiaires même en période de crise, donc compétents.

Bernard Serin
A les voir venir - Severstal avait joué le chevalier blanc lors de l'OPA hostile sur Arcelor en 2006 - on comprend bien que les Mittal aient contre-attaqué immédiatement en menaçant l'emploi des autres sites sidérurgiques français pris comme gage dans la dispute ; mais sans être prétentieux (si quand même mais tant pis), on pouvait leur passer sur le ventre dans la phase de basse conjoncture actuelle, avec un mauvais bilan de la holding, et compte-tenu que les aciéries n'entrent pas dans une attaché-case, comme le racontent certains "experts" qui défilent dans les lucarnes. Pour ce faire, il fallait travailler au Projet avant ! Avant ? quand M. Hollande, juché sur le fourgon de l'intersyndicale à Florange, promettait l'embellie. La construction de ce Projet dépasse de beaucoup les capacités techniques du couple Hollande-Ayrault, simples apparatchiks n'ayant jamais bossé en vrai, ni misé leur bon argent dans une aventure industrielle ou commerciale. Des rentiers de la République.
On en revient au syndrome du puceau économique, terrible handicap de la France au milieu d'une crise avant tout économique et financière, deux domaines où ces messieurs qui nous gouvernement sont vraiment de mauvais étudiants.
En pleine dépression, nous avons mis aux affaires le chef-magazinier de la Quincaillerie Duluc à Tulle, excellente maison rue du Docteur Valette pour les connaisseurs.
Nous allons le payer cher.



(1) Lakshmi Mittal (le père) n'est pas un sidérurgiste indien comme le répètent des journalistes sous-informés, dont Yvan Rioufol. MM. Mittal n'ont aucune activité en Inde où les lois sociales et industrielles sont trop contraignantes pour eux. Indiens de naissance, cosmopolites de nature et londoniens par commodité.


Postscriptum de 14h30:
Le sous-préfet hors-cadre de Thionville va donc être le gendarme en charge d'Arcelor-Mittal. Pétaing, je tremble ! A moins d'en avoir une paire à sortir la brouette pour aller chercher le pain, il va se faire bouffer cru. Le cabinet de M. Ayrault aurait dû recruter un ingénieur d'affaires ayant usé sa vie professionnelle à faire des contrats en Inde, avec qui il aurait pu comprendre comment la famille Mittal allait les enkroumer.
Un Marwari du Rajasthan c'est plus subtil qu'un breton. Pour ne pas saisir le bâton merdeux de l'ULCOS ? retirer immédiatement sa soumission à Bruxelles, quasiment acceptée puisque la Commission avait mis le dossier en tête de pile et sécurisé les crédits.
Remonter un projet technologique complexe qui prendra du temps pour la tranche qui sera jugée en 2013, supputant un gel drastique des crédits sous l'impulsion des britanniques et leurs suiveurs. Revenir à la Noël 2013, désolés, mais ravis ! On a fait plus que l'impossible !
Entretemps, toute la panoplie des contretemps va être utilisée par les négociateurs réputés les plus retors au monde, du grand art ! Il va se passer chaque jour quelque chose aux Galeries Mittal ! Pauvre monsieur Ayrault, il ne pouvait pas savoir que ces salopards n'obéissent pas aux 35 heures.


PPS: on consultera avec profit le Rapport officiel de Pascal Faure sur Florange, remis au ministre Montebourg le 27 juillet 2012 (rapport Faure). Il démontrait la viabilité du site sidérurgique intégré et pressait le gouvernement d'agir vite, ce qui était beaucoup lui demander avec le mariage pour tous, le vote étranger, les repentances et vingt urgences de ce calibre.




On dit le fils plus fort que le père !



mercredi 5 décembre 2012

Syrie, acte III

Fin du "petit break" avancée, le compteur ayant dépassé 3000 lectures/semaine pendant trois jours. Il est difficile de faire la pose avec l'aggravement de la situation au Proche Orient et quand le gouvernement Ayrault part en vrille sur le conflit de Florange et dans sa coalition rose-verte. On rallume les feux.

« Il serait absurde de prétendre que la Grande-Bretagne ou les États-Unis sont de véritables démocraties ; mais, dans ces deux pays, l'opinion publique peut influencer la politique et, tout en commettant nombre d'erreurs mineures, elle évite probablement les plus grosses. Si l'Allemand ordinaire avait eu son mot à dire dans la conduite de la guerre [de 39-45], il est fort peu probable, par exemple, que l'Allemagne aurait attaqué la Russie alors que la Grande-Bretagne restait en lice et, plus improbable encore, qu'elle aurait commis l'absurdité de déclarer la guerre à l'Amérique six mois plus tard. Quand on voit comment le régime nazi a réussi à s'autodétruire en une douzaine d'années, on peut difficilement croire à la valeur de survie du totalitarisme.» (George Orwell, A ma guise, Chroniques 1943-1947)

Les Assad... acte I... acte II... 
C'est ici que nous sommes rendus aujourd'hui avec Bachar el-Assad. Lui ose tout, le totalitaire est "inférieur" par essence. Serait-il seul que l'affaire serait vite réglée, mais sa Garde alaouite souffre d'un complexe de supériorité entretenu par l'arme fatale, le gaz sarin. Le même qu'Ali le Chimique utilisait contre les insurgés kurdes d'Irak. Le président syrien me fait penser de plus en plus à son oncle du Baas, Saddam Hussein, ne ratant aucune occasion de s'enfoncer : alors que France, Russie, Chine faisaient des pieds et des mains pour lever l'embargo onusien et l'amener à la table commune, la provocation du raïs de Bagdad ne tardait jamais pour mettre en l'air les bonnes intentions de ses amis, jusqu'à s'inventer des armes de destruction massive qu'il n'avait pas !

Le renseignement occidental a détecté le conditionnement d'ogives chimiques dans un ou deux arsenaux syriens. La Maison Blanche a formellement signifié au génie de Damas que l'utilisation de ces armes entraînerait des conséquences, que nous, nous traduisons par la vitrification des vecteurs possibles et plus encore. Qu'a-t-il trouvé comme réponse ? "Je ne tirerai pas sur mon peuple !" laissant penser à tous qu'il va quand même tirer cette merde sur quelqu'un après l'avoir déclaré "non syrien" !

On peut craindre (ou pas) après une première passe, un remake de Bagdad 2003, avec destruction au sol des forces aériennes syriennes et incinération du palais présidentiel au cruise missile afin de stopper toute vengeance désespérée. Ce qui finalement serait le moins pire pour le peuple syrien parce que les choses sont en train de se gâter terriblement.

Après avoir méthodiquement détruit tout village ou quartier habité d'opposants présumés, le régime est militairement aux abois sur un champ de ruines. Il recule partout. Selon le reporter de La Croix, François d'Alançon, la Syrie des Assad se résume aujourd'hui à Damas centre-ville, son aéroport, le palais présidentiel, la route du nord-ouest vers Homs, Tartous (basse navale russe) et Lattaquié (fief alaouite), et quelques arsenaux fortifiés. Les unités territoriales lèvent leurs barrages pour rejoindre Damas bientôt menacée par la rébellion. La bataille de Damas s'annonce comme un carnage, les communautés assiégées étant entraînées par les différents belligérants à se battre entre elles pour survivre. Même avec la disparition hypothétique de Bachar el-Assad, la guerre civile des sunnites contre les chiites-alaouites entraînera celle de tous contre tous sauf miracles, et durera autant que les cartouches, avant que les puissances étrangères impliquées ne s'accordent.

Pour le moment, selon le New York Times, l'Iran continue de fournir de la ressource par avions-cargos avec la bénédiction de l'Irak, devenu lui-même un maillon chiite dans la Grande Dispute, et par conséquent impliqué désormais. En face, le Golfe arme les rebelles en continu, les roquettes sol-air commencent à toucher leurs cibles, refoulant les aéronefs lents comme les hélicoptères d'attaque au sol. Au nord, la Turquie redoute un coup de folie du tyran déchu qui pourrait se venger à lâchant sur le pays sa dernière salve, comme Saddam Hussein l'avait fait sur Israël lors de la première guerre du Golfe, et c'est bien la raison de précaution qui a décidé l'OTAN à disposer des batteries de contre-missiles Patriot à la frontière syro-turque.

Lors de sa visite au palais de Dolmabahçe à Istanbul lundi dernier, le président russe a réitéré sa demande d'une solution pacifique avec une mauvaise foi à la limite de la provocation. Nul n'en veut sur place ; le combat est à mort désormais. Bachar el-Assad a hérité de son père la Syrie, elle est sa chose, son fief, sa raison de vivre. Il habite le palais remarquable que son père a construit pour sa dynastie sur les hauteurs de Damas. Nul n'est plus chez lui que lui. Ses fidèles, resserrés autour des points stratégiques, lui masquent une solitude accrue et poussent à la roue pour amasser le plus de cartes en mains leur assurant une survie prospère... avant le grand marchandage entre Etats-Unis et Russie. Mais ils se trompent. Sauf à faire un coup d'Etat à la Ceaușescu pour arrêter les combats aujourd'hui maintenant afin d'apparaître comme des facilitateurs, leurs positions résiduelles ne seront pas négociables car tout le monde est allé trop loin dans l'horreur et les groupes rebelles sont en concurrence entre eux dans la sauvagerie. Leurs positions seront soit enlevées à la baïonnette sans éthique ni humanité, soit carrément incinérées. On a déjà vu ce film dans le passé.


Palais Al-Shaab, complexe présidentiel à Damas


Ce pays hébété mettra dix ans à s'en remettre, sans garantie d'une issue propice à la réconciliation générale ni d'un accès à la prospérité, et vingt à se reconstruire. Une société totalitaire n'est pas plus forte qu'une société libre, disait Orwell. Elle n'apporte pas plus de tranquillité à ses clients car la paix civile dans la crainte est un leurre. L'autre conserve une capacité critique pour s'ajuster en permanence alors que la première s'aveugle de présupposés dogmatiques à dépense d'experts. La Syrie des Assad, dont le régime policier était réglé comme une montre par des professionnels de l'oppression, s'achève en 2012 dans un chaos indescriptible, pour trois fois rien au départ : un semblant de démocratie, l'écume d'un léger désordre bon enfant, ce que le fils du raïs avait promis quand il avait accédé au pouvoir en provenance de Londres (comme Seif el-Islam Kadhafi d'ailleurs). Il suffisait à l'oculiste de faire semblant !

dimanche 2 décembre 2012

Petit break !


Aujourd'hui c'est la St Austerlitz. Pouce ! Je passe ! Le défi du mois écoulé était d'atteindre avant le premier décembre, 3000 lectures par semaine du blogue le moins cher à l'ouest du Pecos. Pour cela la cadence de publication a été augmentée à un post/jour, en vain. Le meilleur chiffre affiché au compteur installé en colonne de droite fut brièvement de 2700 et des poussières. Le régime de croisière 2012 de Royal-Artillerie est de 2000 lectures par semaine ±10% avec 3 billets hebdomadaires. Passons maintenant au rapport Analytics du 30 novembre qui va du 30/10/12 au 29/11/12, ce que je fais rarement :
  • a. Visites: 3 439
  • b. Visiteurs uniques: 2 464
  • c. Pages vues: 12 379
  • d. Pages/visite: 3,60
  • e. Durée moyenne de la visite: 00:02:25
  • f. Taux de rebond: 3,02 %
  • g. Nouvelles visites: 68,51 %
  • h. Visites réitérées: 31,46%
Légende Analytics:

(a) Une visite correspond à un groupe d'interactions qui se produisent sur le site Web au cours d'une période donnée. Par exemple, une visite peut inclure plusieurs pages vues, événements, interactions sur les réseaux sociaux, variables personnalisées et transactions de commerce électronique (full size).
(b) Nombre d'internautes ayant visité le site une seule fois pendant une période spécifiée. Google Analytics calcule le nombre de visites et de visiteurs de votre compte. Les visites représentent le nombre de sessions individuelles initiées par l'ensemble des visiteurs de votre site. Si un internaute est inactif sur votre site pendant au moins 30 minutes, toute activité ultérieure sera considérée comme une nouvelle session. S'il quitte votre site et y accède de nouveau moins de 30 minutes après, Google Analytics ne comptabilise qu'une seule session. La session initiale déclenchée par un internaute au cours d'une période donnée est considérée comme une visite et un visiteur supplémentaires. Toute session ultérieure du même internaute au cours de la période définie est considérée comme une visite supplémentaire, mais pas comme un visiteur supplémentaire.
(c) Nombre total de pages consultées. Les visites répétées d'un internaute sur une même page sont prises en compte.
(d) Nombre moyen de pages consultées pendant une visite sur le site. Les visites répétées d'un internaute sur une même page sont prises en compte.
(e) Durée moyenne d'une session.
(f) Pourcentage de visites d'une seule page, c'est-à-dire les visites lors desquelles l'internaute a quitté le site dès la page d'entrée.
(g) Pourcentage de premières visites, c'est-à-dire les visites d'internautes accédant pour la première fois au site.
(h) Pourcentage des autres (100 - g).

Les bons chiffres sont la durée moyenne de lecture de 2min 25sec, le très faible taux de rebond (seulement 3% n'entrent pas dans le blogue) et le retour de 31% des lecteurs. On a vu pire. Difficile par contre de juger précisément combien d'habitués suivent ce blogue. Autour d'un millier au pif ! Pas de progression extraordinaire, un lectorat stable depuis presque le début de l'aventure.


Origine des visiteurs (mois de novembre 2012):

France 83,34% - Belgique 3,02% - Canada 1,83% - Suisse 1,66% - Maroc 1,10% - Allemagne 0,90% - Algérie 0,76% - Tunisie 0,64% - et cinq douzaines d'autres pays qui lancent aussi des robots. Nous avons relevé des durées moyennes de lecture importantes en Australie, Bulgarie, Cambodge, Japon, Suède, Tchéquie et Ukraine.


Ce post est le onze cent cinquantième de Royal-Artillerie
Fin du petit break, ce samedi 8 décembre


BOXE !



Postscriptum 20h: Par un caprice du hasard, 3004 lectures ont été comptées par Blogger sur les dernières 168 heures le dimanche 2 décembre à 20h02. Pari gagné mais trop tard, l'échéance était le 30 novembre à minuit. Pour être juste, avouons que le mot-clé "Fleur Pellerin" a tapé 218 fois ce blogue pour la seule journée de dimanche, sans que je puisse avancer la moindre explication, sinon sa jupe indiscrète sur les marches de L'Elysée publiée dans le billet "Cahuzac" ou pour une lecture de ce post qui, lui, est monté 388 fois aujourd'hui.


samedi 1 décembre 2012

Une deuxième chance pour Athènes

Wolfgang Schaüble
La Grèce est sauvée. Contrairement à ce qu'annonçaient les faiseurs d'opinion teutoniques, le parlement a voté pour éponger sa dette afin qu'elle ne dépasse plus 123% de son PIB en 2020. La Bundesbank est donc sommée d'appliquer les décisions prises à Bruxelles, ce à quoi elle se refusait jusqu'à hier matin. C'est le volontarisme du gouvernement Samaras et la constatation de résultats tangibles bien qu'un peu minces qui ont décidé les députés conservateurs à rejoindre la Chancellerie et le SPD dans un vote clair et net : sur 584 députés présents en séance au Bundestag ce vendredi, 473 ont voté en faveur du plan Merkel, 100 ont voté contre (dont 23 CSU de la coalition gouvernementale) et 11 se sont abstenus, prouvant s'il en était besoin qu'ils n'ont rien à faire là, s'abstenir est illisible. Frank-Walter Steinmeier, chef du SPD au Bundestag, critiqua vertement les retards répétés à proportionner le service de la dette héllène aux capacités de l'économie grecque, car il ne sert à rien d'espérer aucun jus d'une pierre. Lundi dernier encore, le ministre des finances Schaüble voulait attendre les élections fédérales de septembre pour remettre une partie des dettes à la Grèce, puisant dans la poche du contribuable allemand le manque à gagner. Il s'est converti d'un coup d'un seul ! La nouvelle n'a pas tardé à courir les rues d'Athènes et de Thessalonique : le pays obtient des "nazis" une deuxième chance et peut désormais s'en sortir.

L'argument de fond déployé par Wolfgang Schaüble est que si passer l'éponge coûte effectivement des sous aux Allemands, sortir ou laisser sortir la Grèce de la zone euro en coûterait tant et plus encore. On perd un peu au lieu de perdre beaucoup, mais on préserve l'avenir pour se refaire une santé sur la bête grossie plus tard. Il lui en a fallu du temps, mais d'un autre côté, son souci du contribuable l'honore. Les dispositions communautaires réglant les modalités deviennent secondaires. Le ministre des finances grecques, Yannis Stournaras, se prépare à lancer un programme de rachat de sa dette sur des bases sûres afin d'amorcer le contrôle de son évolution. Lire Les Echos pour des détails.

Il est intéressant maintenant de savoir combien les mesures d'aide à la Grèce, approuvées à Berlin, vont nous coûter à nous, les observateurs. Selon La Tribune, «dans le cadre du premier plan de sauvetage initié en 2010, la "Greek Loan Facility", la France a prêté -en plusieurs tranches- 11,389 milliards d'euros à la Grèce. La dette brute de la France a augmenté de ce montant, puisque l'Etat français a dû emprunter pour pouvoir prêter à la Grèce. La France reçoit de la Grèce des intérêts supérieurs à ceux qu'elle pays pour emprunter sur les marchés: c'est la "prime de risque", censée rémunérer le risque pris par la France en s'exposant à la possibilité d'un défaut de la Grèce. "La facture pour la France de la diminution de 1% du taux d'intérêt que la France va recevoir de la Grèce sur les prêts bilatéraux est une diminution de recettes de 113,8 millions d'euros par an", estime Eric Dor, directeur "Recherche" de l'IIESEG School of Management, Université Catholique de Lille.»
Il n'en demeure pas moins que le risque pris par les Etats accourus au chevet du grand malade s'accroît et se rémunère moins bien qu'avant, aggravant la qualité de leurs comptes. Les ristournes décidées au niveau de la Banque Centrale Européenne et sur le service des bons grecs détenus par les banques centrales nationales valent pour la Banque de France 1,4 milliards d'euro. Par ailleurs l'adossement du Fonds européen de stabilité financière (FESF) dans lequel nous sommes pour 21,86%, accroît notre risque héllène de 16 milliards, ce qui n'arrangera pas nos affaires chez les agences de notation qui commencent à nous prendre en grippe (sur les conseils de Warren Buffett).

Comme l'Allemagne, nous devons tabler sur des échanges futurs avec une Grèce revenue à raison et guérie, qui rattraperont les sacrifices consentis aujourd'hui. Ce qui n'est pas gagné en l'état de nos capacités exportatrices. A Athènes, Antonis Samaras a dorénavant les coudées franches pour, non pas réformer, il n'y a rien à réformer, mais construire un Etat moderne, ce qu'entendent faire les autorités locales depuis leur indépendance arrachée aux Ottomans en 1822, il y a cent quatre-vingt-dix ans ! On verra bien. Un peu de confiance ne nuit pas, comme s'est forcé à l'avouer Schaüble.


Antonis Samaras heureux


vendredi 30 novembre 2012

Parasélite (suite)

Âne Parisot
J'entendais hier matin à la radio Mme Parisot, qui est à l'industrie ce que l'IFOP est aux idées, monter sur ses grands principes contre la nationalisation Montebourg. Droit de propriété, autonomie de la stratégie industrielle, scandale... Ça ne le faisait pas. Défendre l'autonomie stratégique des entrepreneurs était mal venu dans le cas d'ArcelorMittal quand on connaît le bilan comptable de la holding ; sa stratégie perdante croise à 90° celle de notre pays et l'optimisation à outrance du tycoon londonien détruit des emplois à foison. Sa liberté revendiquée est délétère et le droit de propriété qu'avance la présidente du MEDEF n'est pas le droit romain de vie et de mort sur la force de travail. Et pourtant il est pour elle sacré ! Existe-t-il une morale supérieure à ce droit ? Mme Parisot va consulter pour nous répondre.

D'un autre côté, il faut préciser que les avantages du libéralisme économique défendus ardemment sur ce blogue, diminuent autant que croissent les oligopoles et s'éteint complètement en situations de monopole. Sauf Alzheimer, c'est du von Mises. Or l'acier européen, héritier de la CECA, est pour la filière chaude en situation d'oligopole, et de duopole en France (Saint-Gobain à Pont-à-Mousson et ArcelorMittal à Dunkerque et Fos). Va-t-on se résoudre à perdre le peu de sidérurgie qui nous reste comd'hab, ou dire un « merde » franc et massif aux experts qui se répandent sur les ondes pour nous expliquer pourquoi nationaliser en transition c'est mal ? Et si malgré tout nous le faisions !

Camaro 2012 - 400cv - 40000€
Quant saint Obama fait la courte échelle à la General Motors en prenant 60% du capital pour se porter caution explicite vis à vis de ses fournisseurs, c'est bien vu ici. En campagne électorale pour son second mandat il déclare à Colorado Springs au mois d'août dernier : “So now I want to say that what we did with the auto industry, we can do in manufacturing across America. Let’s make sure advanced, high-tech manufacturing jobs take root here, not in China. Let’s have them here in Colorado. And that means supporting investment here.” Un vrai communiste ! Mais qui détient encore un quart du capital de la GM en attendant que le cours remonte. Ce sauvetage avant banqueroute est autorisé par Madame Parisot aux Etats-Unis, mais serait scandaleux en France. Au fait, quand M. Sarkozy a préempté 25% du capital des Chantiers navals de l'Atlantique chez Alsthom et a acheté 9% de plus au propriétaire coréen pour accompagner le plan de charge à St Nazaire, on n'a pas entendu Mme Parisot crier au scandale. Qu'elle retourne à la machine à trouer les cartes IBM et laisse sa place à un industriel ; nous sommes submergés de diplômés des sciences molles à baver ci et là. Sortez l'IFOP du MEDEF, ça en devient ridicule.

S'il n'y avait qu'elle pour représenter les Nuls de France nous serions heureux, mais le dilettantisme s'acharne sur notre beau pays. Sans s'étendre sur le suicide collectif du grand syndicat politique populaire – ce scénario aurait été partout refusé comme invraisemblable - passons directement à la transition énergétique. Delphine Batho et ses six sages vont conduire le grand bavardage promis. Avec les 7 nains ç'aurait été plus marrant et Duflot en méchante sorcière. On va tableronder avec des associations de consommateurs (pour faire quoi ?), des organisations syndicales, des élus locaux, des parlementaires incontournables pour la télé, des industriels et aussi des ONG ayant la fibre écologique. Greenpeace boude parce qu'ils ne sont pas chefs de table. Plusieurs mois de débats à bailler, puis à la fin, une grande loi de programmation pour 2013-3013. Au menu, le gaz de schiste de M. Montebourg (décidément!), les centrales nucléaires et l'EPR, les ventilateurs à courant qui coûtent plus cher qu'ils ne produisent, et l'énergie solaire de l'empire pharaonique revenu.
Toutes les énergies renouvelables abordées ont un bilan énergétique inversé, aucune ne produira jamais assez de courant pour effacer l'empreinte laissée par sa fabrication, son installation et son entretien. Sans subventions, tout s'écroule. Or, à quoi se résumeront ces « travaux » ? A calculer au plus juste les subventions exigées par les Diafoirus des ligues vertes, dans un pays en phase de récession confirmée, croulant sous les dettes et fabriquant des déficits comme un cancer des métastases.

une microcentrale sur la Loire
On ne peut pas être contre une réflexion générale sur l'énergie, mais au moins devrait-elle partir sur des fondamentaux sains. Aucune énergie renouvelable sauf l'hydroélectricité n'est capable de servir l'industrie de puissance. Dont acte. Préservons donc notre parc nucléaire. Regardons plutôt du côté des ménages. Il y a certainement quelque chose d'intelligent à faire au niveau de l'habitat individuel (parce qu'il maîtrise le mieux ses consommations). Trois sources d'énergie alternative existent : l'éolien, le solaire, les micro-centrales au fil de l'eau. Couplés au réseau non pour le fournir, ce qui est proprement stupide, mais pour suppléer aux insuffisances temporaires, ces dispositifs conduisent leurs utilisateurs à une certaine autarcie, et donc les responsabilisent. Carrément répréhensible pour un Etat aussi « organisé » que le nôtre et qui a l'ambition de s'occuper de tout, du berceau à la tombe. Casser le monopole de l'EDF c'est donner les clefs de la liberté. Il n'y a plus qu'à forer jusqu'à la nappe phréatique pour s'affranchir du réseau d'eau et demander l'indépendance quant à y être. Impensable en pays jacobin. Voudrait-on aussi qu'un jour les gens pensent par eux-mêmes, télé coupée ? Rassurez-moi ! Il est interdit d'être intelligent, ça pourrait déteindre ! Que deviendrait l'élite ?


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