lundi 28 décembre 2015

Saints Innocents

Lundi des saints Innocents ! Une sorte de fête nationale ! Ce peuple est tellement abruti* par son régime politique et social qu'il réclame de plus en plus fort l'intervention de l'Etat pour résoudre les problèmes créés par ce régime politique d'inspiration marxiste. Sauf quelques poches ailleurs qui résistent dans la misère, le modèle marxiste a été abandonné partout quand il s'est avéré plus efficace de libérer les énergies individuelles, même dans la très communiste Chine maoïste. Notre pays croule sous les normes et interdits et crée des milliers de bureaucrates pour leur production et pour veiller à leur application. Manque de pot, le génie français moderne a permis à ce que les strates politiques soient laissées aux mains des dits-bureaucrates qui - c'est humain malgré tout - défendent en premier lieu leur steak et leurs privilèges inéquitables. A tel point que quand les contributions des autres n'y suffisent plus, la caste au pouvoir emprunte à l'étranger l'argent nécessaire à sa perpétuation.

Avec un baril de pétrole sous les quarante dollars, un taux directeur de la Banque centrale proche de zéro, une inflation négligeable stabilisant les perspectives, nous sommes dans la période optimale pour engager les réformes de structure nécessaires au rétablissement de nos finances et à la relance de notre économie dans la liberté rendue à ceux qui créent. S'entend par là tous ceux qui créent, derrière leurs bureaux, aux tables à dessins, aux cadrans des machines. Au lieu de quoi, les préoccupations du pouvoir sont presque exclusivement politiciennes en ce qu'elles ne visent qu'à améliorer sa communication avec l'électorat en montant des alliances de rencontre sur le chômage, le contre-terrorisme, l'environnement, la régulation des mœurs. Parlons du chômage :


- l'hiver des magiciens -

Etant le seul pays européen à voir son chômage s'aggraver malgré une trituration éhontée des chiffres, il serait temps de dire qu'on a tout essayé de ce qui ne marche pas. Ayons la saine humilité d'aller voir ailleurs comment font nos voisins européens accablés des mêmes règles communautaires que nous dénonçons comme la cause de tous nos maux. Nous avons de part et d'autre du pays deux territoires similaires au nôtre et donc qui partagent la même problématique avec des nuances très pédagogiques. Est-ce si difficile d'y prendre ce qui nous conviendrait ? Regardons donc la Grande Bretagne et l'Allemagne.

En Grande Bretagne, le demandeur d'emploi est indemnisé à proportion des cotisations qu'il a payées durant les deux dernières années fiscales et touchera des indemnités pendant un maximum de six mois. Il doit venir au Job Center justifier sa recherche d'emploi tous les quinze jours et en cas de non-emploi au bout de treize mois, il prend ce qu'on lui offre. Le niveau moyen des indemnités est de 33%. Le niveau de chômage est actuellement en baisse à 5,2% (source Eurostat).

En Allemagne, il faut avoir cotisé douze mois les deux dernières années pour prétendre à une indemnité. La durée d'indemnisation est limitée à douze mois pour les moins de 50 ans. Celle -ci est en moyenne de 65% la première année et diminue les années suivantes à 50 puis 43 et 37%. Le demandeur d'emploi ne peut refuser un salaire inférieur de 20% à celui de son ancien job au bout de trois mois, puis 30% au bout de cinq et sans limite après 7 mois. Le niveau de chômage est stabilisé à 4,5% (source Eurostat). Il sera intéressant de voir l'impact des réfugiés orientaux dans les satistiques de 2016 et 2017.

En France, c'est évidemment compliqué et imprécis, ce qui laisse libre cours à la décision du bureaucrate au contact, comme d'hab. Il faut avoir cotisé 4 mois sur les 28 mois précédents (36 mois pour les plus de 50 ans) et l'indemnité tombe pendant 6 mois à deux ans (3 ans pour les plus de 50 ans). Le niveau moyen de l'indemnité est de 67% les deux premières années puis tombe à 30% jusqu'à la fin des droits (quatrième année). Le demandeur d'emploi est géré par l'agence Pôle-Emploi de son secteur et ne peut refuser plus de deux fois un "emploi raisonnable", sinon il est radié deux mois. Les formations sont en principe obligatoires et leur refus sanctionné. Le niveau de chômage est actuellement en métropole à 10,2% (règles BIT - source INSEE). La gravité de la situation a d'un côté assoupli l'application des textes, mais d'un autre côté les conséquences politiques de la dérive inexorable l'ont durcie.
Notons qu'en France comme en Allemagne il y a une zone statistique grise autour du chômage que l'on appelle ici les travailleurs pauvres. On en saisit une partie par les allocations Hartz IV¹ outre-Rhin et par le RSA² en France. En Grande Bretagne, les travailleurs précaires sont nombreux mais l'emploi à tout crin est une philosophie d'Etat, même s'ils ont un gros problème de paupérisation des enfants (1 sur 6).


S'affrontent donc deux philosophies de l'administration du travail : le pragmatisme anglo-saxon et les droits latins. Chez nos deux voisins le travail est moralement une vertu et doit être privilégié. Plus loin, aux Etats-Unis, il n'y a pas de sots métiers et on montre du doigt les oisifs. En Grande Bretagne comme en Allemagne on pousse à travailler même pour un petit salaire au motif qu'il vaut mieux être exposé "actif" sur le marché du travail que "contemplatif" derrière le mur des droits acquis. On peut convenir que le chômeur a plus de chances de décrocher quelque chose en partant chaque jour au (petit) boulot que de rester à se morfondre chez lui. D'un autre côté, il est plus sain de gagner peu en bossant que de recevoir peu en espérant, et le résultat est meilleur pour l'économie de la société si l'actif génère de la valeur ajoutée avant de consommer !

Les trois systèmes sont incitatifs, mais l'atonie de l'économie française pénalise plus ici le demandeur d'emploi, sauf à faire une recherche sur tout le territoire de la République (les emplois non pourvus sont nombreux) et à n'avoir ni préférences ou contraintes ni famille à charge. On en revient donc à la libération de l'économie, ce qui est le but avoué du ministre Macron qui passe pour le diable dans le bénitier socialiste. Incapable d'asséner une politique économique moderne à ses troupes planquées dans la fonction publique, fonction publique qui a accaparé le pouvoir législatif, le pouvoir ruse de réformettes en réformettes et malgré tout obtient des résultats : les autocars Macron (huons au passage le connard de Gironde qui lui met les accidents de la route sur le dos) ont créé mille emplois et transporté déjà 500.000 passagers en quatre mois. Le ministre qui ne vient pas de l'Administration mais de la haute banque, et qui a su gagner de l'argent de son propre jus de crâne, est convaincu que la contention des normes et contraintes de tous ordres déclenchera une reprise générale de l'activité et forcément un accroissement des offres d'emploi. Nos voisins l'ont prouvé.

Martinez, boss de la CGT
Ses plus farouches ennemis sont paradoxalement les syndicats ouvriers qui croient encore défendre leurs ouailles au travail en bloquant toute réforme alors que chez nos voisins, les syndicats, même très combatifs comme chez Lufthansa, sont des partenaires pro-actifs dans la gestion économique du pays. La libéralisation de l'économie française passe certainement par l'abaissement des syndicats généralistes et spéciaux. Mais ceci est un combat politique qui s'amalgame à un changement de paradigme puisque ils représentent des partenaires quasi-constitutionnels du régime en place. Détruisons la soviétisation du pays, nous sommes ridicules et on se moque de nous !

(*) On mettra à part ce matin le peuple corse qui n'envoie pas dire ce qu'il pense de l'Etat français :)

(1) Le dispositif Hartz IV allemand en cliquant ici. Il couvre 4.407.161 allocataires à fin juillet 2015.

(2) Le dispositif RSA en cliquant ici. Il couvre 2,23 millions de foyers allocataires à fin juin 2015.

samedi 26 décembre 2015

Boxing Day in Vènerie

26 décembre - Ouverture (jadis) de la chasse au renard chez les Rosbifs -

SUPPORT YOUR LOCAL HUNT ON BOXING DAY (clac)

Tout ce que vous vouliez savoir sur le Boxing Day sans jamais oser le demander se trouve sous ce CLIC !

Et chez nous Le Renard sonne comme cela :


courtoisie Chasses du Monde


lundi 21 décembre 2015

Du pacte à l'acte, un autre pacte !


Dans quatre jours, nous mettrons nos "petits" souliers dans la cheminée ou sous les boules du sapin. J'ai acheté de la neige en bombe au cas où la COP21 aurait échoué. Qu'attendre du Père Noël ? Des oranges et du chocolat.

Le vent mauvais des élections régionales à peine tombé que les politiciens professionnels s'entre-déchirent déjà sur les mêmes "coutures" qu'avant, la gauche partagée entre le modèle soviétique épuisé mais ronflant et une social démocratie rhénane mal adaptée ; la droite entre le masque libéral d'une économie toujours autant administrée et le chiraquisme social qui nous a forgé un mental de zébu ! D'aucun côté, la situation catastrophique de l'économie n'est sérieusement affrontée. Dette, chômage, submersion bureaucratique, déni d'autorité, la République molle défend ses derniers privilèges... à crédit... jusqu'au ridicule ! Que cela ne prive pas la mare aux connards de remous, la semaine passée fut consacrée à l'aller-retour de Claude Bartolone au perchoir de l'Assemblée nationale ! Chose qui ne me choque en rien, qu'attendait-on de pire chez notre parasélite ?

Les politiquarts¹ de service affûtent leurs "programmes", qui pour les primaires républicaines, qui pour faire parler d'eux pendant ce long transit de quinze mois qui nous sépare de l'élection présidentielle de 2017. Que les deux-tiers du corps électoral les vomissent leur en touche une sans faire bouger l'autre. Le métier fournit encore les trois repas par jour et un lit chauffé, à condition de promettre l'embellie au veau national ! C'est à droite pour le moment le plus intéressant : l'ancien président Sarkozy nous est revenu au volant de sa phase II. Il n'a pas fallu plus de cent kilomètres pour s'apercevoir qu'il n'y avait strictement rien de neuf, ni dans le bonhomme, ni dans le catalogue d'options gratuites. Comment dès lors envisager que les mêmes causes puissent ne pas produire les mêmes effets ? La bête est 100% politique, le verbe est pour les croyants :
- Ministre du Budget (1993-1995)
- Porte-parole du gouvernement (1993-1995)
- Ministre de la Communication (1994-1995)
- Ministre de l'Intérieur (2002-2004)
- Ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie (2004)
- Ministre de l'Intérieur (2005-2007)
- Président de la République (2007-2012)
Soit un total de 5183 jours (source Wikipedia)...
sans compter le temps passé à faire son courrier sur les bancs de l'Assemblée nationale.

l'homme qui ne rit plus
S'il lui reste encore quelque chose à comprendre dans la souffrance du pays, c'est qu'il n'est pas si doué que nous le crient ses groupies à cervelle de moineau. L'hystérie a de beaucoup dépassé la réflexion chez ses fidèles, et tous ceux qui comptent sur le Sarkozy Nouveau pour nettoyer les écuries d'Augias devraient se souvenir de ses piètres résultats dans les fonctions ci-dessus énumérées. Sans se taper tout le bilan de chef de la Police puis de l'Etat (dix années quand même !), on notera qu'après lui les croquemitaines de référence, Hortefeux, Guéant, furent des tigres de papier affairés à une politique du chiffre visant à déclamer leur supériorité dans les débats publics mais sans réel effet sur la sûreté intérieure du pays. Paroles, paroles, paroles... N'ajoutons pas la timidité des réformes économiques, décisions rapportées projet après projet selon l'ambiance donnée par les innombrables sondages de l'Elysée, ni l'explosion phénoménale de la Dette pour sauver les positions spéculatives des banques. Et pas non plus la dérive césarienne de construire à l'Elysée un gouvernement de substitution ayant barre sur le gouvernement responsable devant la Chambre afin de gérer l'impact politique de toute action.

Après l'avertissement sans frais du 6 décembre 2015, la classe politique revient au mode opératoire antérieur comme si de rien n'était, c'est dire son cynisme ! Vous nous avez compris ? Promettez, promettez, il en restera bien quelque chose ! Quelque chose qui pourrait bien déplaire à la nomenklatura si la nation arrive à défaire le nœud orwellien :
« Ils se révolteront que ils seront devenus conscients et ils ne pourront devenir conscients qu'après s'être révoltés » (Georges Orwell in 1984).

La paix mentale de la nation a disparu puisque l'Etat a failli, l'inquiétude progresse partout, chez chacun dans le désespoir, chez les autres, même nantis, dans la crainte de voir les premiers leur sauter à la gorge. L'éveil est possible mais une transition sans risques reste douteuse chez un peuple peu doué dans la prévision mais bien meilleur dans l'analyse gratuite des faits et causes. Si la révolte est annoncée c'est un classique du genre qui ne dérange pas les prébendiers prêts à faire battre tous les intérêts particuliers contre l'intérêt général pour sauver leurs positions. Ils nous referont un 18-Brumaire et tout aura changé pour que rien ne change... Nous aurons pour un temps l'homme fort. Quand y substituerons-nous un roi au-dessus de la mêlée qui tout simplement nous aimera ?

(1) Politiquart : 25% d'intérêt pour le bilan, 75% pour la prébende

 

lundi 14 décembre 2015

Une démocratie manipulée


C'est devant une tasse de Da Hong Pao fumant rapporté du Foukien que je livre ces réflexions sur les élections régionales, aujourd'hui dimanche, à l'aube de la grande supercherie. Quels que soient au second tour les scores des parties prenantes (à la gorge), une fois encore, les députés désignés par les urnes ne représenteront pas le prétendu "souverain" peuple. En cause, la manipulation génétique des scrutins sous la V° République et même avant. Rappelez-vous les référendums gaulliens qui posaient deux questions. Le dernier de la série est un morceau d'anthologie puisqu'en 1969 il en posait trois : régionalisation, réforme(suppression) du Sénat et démission du chef de l'Etat ; mais on avait oublié le téléphone pour tous ! Aussi fut-il perdu par un pouvoir à court d'idées. Par la suite, François Mitterrand à qui on reprochait ses modifications répétées déclara que le seul mode légitime de scrutin était celui qui le faisait gagner.

Les peuples mûrs pour la démocratie se contentent de scrutins uniques à la proportionnelle. Le mode le plus simple photographie l'Opinion à un moment T et envoie dans les hémicycles l'image correspondante. La responsabilité de former un exécutif capable de gouverner est dans les mains des élus - je ne parle pas de classe politique puisque les pays matures ne reconnaissent pas la profession politique en viager. Au lieu de quoi, la France trafique ses modes de scrutin pour coller le plus possible aux intérêts des familles politiques inamovibles aux affaires et en affaires. La vérité de la représentation est le cadet de leurs soucis ! Il est rare qu'un intrus brise le cercle de chariots de l'establishment. C'est bien le cas cette fois avec le Front mariniste, les Apaches ont percé et mettent le souk dans tout le camp !

- une souris blanche -
Quand le scrutin fut choisi en 1985 pour les premières élections régionales au suffrage universel, la strate administrative à gérer comptait pour peu de chose et restait depuis son origine un cadre d'aménagement du territoire où se débattaient les doléances locales, en concurrence toujours. Aussi, le pouvoir se laissa-t-il guider par la simple justice et déclara la proportionnelle de listes bloquées (on ne panache pas). Quand les régions devinrent des vitrines de communication pour politiciens battus au plan national, les politologues stipendiés par les partis en place fournirent assez vite leurs calculs pour optimiser le scrutin afin d'améliorer les résultats de chacun. S'ensuivit en 2004 une forte altération de la proportionnelle naturelle avec les listes départementales et la prime majoritaire récompensant le premier. L'entre-deux-tours est l'espace de magouilles de tous ordres préparé par le législateur pour sauver les sortants autant que faire se peut : normalement c'est la semaine des fusions avec répartition des prébendes visées. La fusion à Gauche en Ile-de-France est un cas d'école jusqu'à distribuer par avance des vice-présidences à ses ennemis intimes. Cette fois-ci la Droite a fusionné avant le premier tour mais dans le même esprit d'arrosage des cocardes de pare-brise. La Gauche en province a fusionné ses courants pour braver le fachisme - on a les délires qu'on peut ! Elle a retiré ci et là des listes qui à 15% pouvaient se maintenir facilement et achever leur fonction de représentation. La proportionnelle est faite pour ça, mais ce serait hypothéquer l'avenir que d'y laisser représenter certains autres qui bénéficieraient d'une exposition sur les estrades. Le site Politiquemania nous résume l'évolution du mode de scrutin :

Le mode de scrutin des élections régionales en France a connu une seule évolution majeure depuis 1986, à savoir son organisation en 2004 :
- Il est ajouté au scrutin proportionnel la possibilité d'un second tour si aucune liste n'obtient la majorité absolue : il convient d'obtenir plus de 10% des suffrages exprimés pour y participer ou plus de 5% des suffrages exprimés pour fusionner une liste avec une autre présente au second tour.
- Une prime majoritaire est attribuée à la liste ayant obtenue la majorité absolue des suffrages au premier tour sinon au premier arrivé du second, à savoir 25% des sièges.
- C'est désormais la région et non plus le département qui conduit une liste mais, afin de permettre aux électeurs d'identifier plus facilement les candidats de leur département, des sections départementales sont créés. Chaque liste doit comporter autant d'hommes que de femmes (ah bon).

rouge = FDG | rose = PS | bleu = LR-MODEM | bleu marine = FN |  vert = EELV | jaune = Régional.

En étudiant soigneusement le dispositif électoral, tout électeur peut comprendre plus ou moins vite comment s'exprimera son vote, mais peut aussi s'agacer des complications et ne pas sortir voter ! Un sur deux n'est pas intéressé aujourd'hui à comprendre les lois du cirque. Le peuple est réellement dépossédé de sa prétendue souveraineté en ce que son opinion est refabriquée dans le tube des élections, voire mise à la poubelle si la liste de son choix se retire volontairement. Allez comprendre l'appel qui fut fait aux abstentionnistes par les ténors des plateaux médiatiques ! On tord le bras de l'électorat et on en appelle plus encore ? Les Français sont des veaux, certes, mais si l'on ajoute aux 50% d'abstinents les 15% de réfractaires au SVO (service du vote obligatoire, et 30% des votants), on aboutit à ce que près des 2/3 du corps électoral ignorent volontairement ou vomissent le Système. C'est énorme !

Un manipulateur de suffrages
La démocratie française est-elle en ruine ?. C'est plus compliqué si l'on veut bien monter d'un cran la réflexion. D'aucuns soutiennent que "Le Peuple" n'existe pas. Dans ses essais¹, Pierre Rosanvallon avance que le peuple dans une démocratie reste par définition «introuvable» et qu'il ne faut pas simplifier la démocratie, mais en assumer la complexité ! Brandir "Le Peuple" participe d'une triple simplification : (i) politique, en considérant le peuple comme un «sujet évident» distinct des élites vilipendées ; (ii) institutionnelle, en opposant la culture du plébiscite aux délibérations représentatives ; (iii) sociale, en cherchant une «identité» collective là où s’entrecroise une infinité de rapports sociaux souvent antagonistes. Il n'en reste pas moins que la projection mentale du peuple politique dans l'Opinion est quand même plus simple que ce triptyque analytique brumeux, et pourquoi justement ne pas faire litière des complications et laisser le bon sens gouverner, pour une fois ? Pourquoi vouloir définir un mode de scrutin universel dans un registre de perfection sociologique si les sujets d'études ne s'y retrouvent pas eux-mêmes ?

Ainsi va-t-il être dévastateur de comparer le résultat final des élections régionales (carte ci-dessous) avec l'expression démocratique du premier tour (carte ci-dessus), en obligeant la nation à accepter que l'image du peuple donnée par le premier tour des Régionales n'ait été que l'hologramme flou d'un processus inachevé, car à la fin du match, l'image projetée au second tour est conforme aux valeurs immanentes du modèle obligé ! Vous êtes trop intoxiqués pour comprendre que la manipulation est aboutie. Que le stock d'abstentionnistes grimpe ensuite tant la représentation en hémicycles sera distordue par rapport au pays réel n'a que peu d'intérêt pour l'establishment, à croire même qu'il est plus facile de travailler sur un corps électoral restreint. Tout est fabriqué dans notre démocratie représentative... et nous en resterons là du sujet pour éviter le bruit de croquenots dans l'escalier.

C.Q.F.D.

Depuis longtemps la République affronte la démocratie qui est censée la fonder. En politique, la pratique prime le principe (on peut dire aussi : la fin justifie les moyens) mais c'est du principe que le politicien parle le plus s'il veut endormir les soupçons ; c'est le premier vice de la République. Il ne sera annulé que par la démocratie directe à la suisse, système qui exige bien sûr une éducation civique un peu plus poussée dans les écoles et les familles, si du moins en haut lieu on souhaite parler un jour à des électeurs politiquement adultes, élisant en leur sein des représentants honnêtes. Tous ceux qui ont appelé au retrait ou à la fusion de listes qualifiées pour le second tour sont évidemment contre une pure expression démocratique et tiennent à canaliser les suffrages. Mais le rêve est autorisé et comble du bonheur, une monarchie de tête s'emboîterait parfaitement sur un régime de démocratie directe si elle était cantonnée strictement aux pouvoirs régaliens. « L'autorité en haut, les libertés en bas », dit le slogan maurrassien. Libertés basses, libertés chéries, celles dont jour après jour les Bureaux nous privent un peu plus pour nous gérer en totalité, par complexification. Et oui, monsieur Rosanvallon, pourquoi rechercher l'inextricable si le «peuple introuvable» se plaît à regarder son image dans le miroir d'un scrutin de simple bon sens ?



(1) "Penser le populisme" aux Rencontres de Pétrarque, Montpellier 2011

lundi 7 décembre 2015

Les libertés s'enfuient comme les feuilles au vent

Encre de Chine du comte de Paris Henri d'Orléans
Toute œuvre est une psychanalyse de l'artiste. Les encres de Chine du comte de Paris, présentées à l'Atelier Visconti¹ (Paris VI°), ne dérogent pas à la règle et je laisse au lecteur perspicace le soin d'expliquer le choix d'une mante religieuse sur l'arbrisseau alors que j'y aurais vu une libellule. L'encre de Chine est une affaire aussi sérieuse que l'aquarelle en ce qu'elles ne se rattrapent pas. Poser c'est posé ! Réussi ou raté !...

C'est un peu comme les lourds dispositifs de sûreté nationale. Une fois déployés, on n'en peut reprendre toute l'organisation, aussi faut-il s'en contenter. Avec le monstre de la National Security Agency enfanté par les services américains (relire No Place To Hide de Glenn Greenwald sur Edward Snowden) les Etats-Unis se sont crus à l'abri des freux de l'islam ! On leur avait vendu l'espionnage généralisé intérieur comme la meilleure garantie contre les terroristes. Il y a eu Boston et les deux Tchéchènes, voici maintenant la tuerie de San Bernardino perpétrée par un couple musulman ayant fait allégeance au calife Abou Bakar al-Baghdadi : quatorze morts. Comme à Paris le mois dernier et en janvier, comme à Londres il y a dix ans, la Bête est native du cru. Qu'est-il besoin d'incinérer la reine des tarentules dans son lointain bunker comme s'apprêtent à le faire l'Occident et la Russie, les soldats rescapés métastaseront partout et, avec le renfort de résidents intégrés qui fourniront la logistique sinon même agiront de conserve, le terrorisme gardera toutes ses chances, ses motifs, ses scores. Malgré un amateurisme certain qui diminue les résultats, grâce à Dieu !

On peut avoir envie de débiner ces assassins, hommes de peu de foi adonnés aux rites, superstitions et interdits, racailles archétypales. On aurait tort d'en avoir peur. On n'a pas non plus à les comprendre comme nous y incite la ministre de la Justice afin d'en démonter roue par roue le calibre. Que faudra-t-il faire ensuite de toutes ces pièces sur la table ? Un manuel de la radicalisation ? Les « comprendre » n'avancera pas à grand chose, mais il est urgent de les deviner. Et cela ne peut se faire qu'au moment de la conversion entraînant le déphasage.

Loup y es-tu ?
C'est le changement de comportement qui doit signaler le surgissement du danger : Le changement concerne les femmes qui sont considérées instantanément comme une sous-humanité impure et les mœurs personnelles, vêture, pilosité, régime alimentaire intégral... Il existe des notices officielles servant de guide dans cette investigation, qui sont diffusées auprès des responsables éducatifs ; reste à faire la dénonciation aux autorités de police. La France, comme tous ses cousins latins, n'a pas la culture de la collaboration avec les forces de l'ordre, même si les concierges de l'Occupation firent fortune dans la délation. C'est une chose de soupçonner fortement la radicalisation du lézard qui habite au-dessus de chez vous, mais qui vous dit que ce n'est pas un fou de Dieu comme les monothéismes en ont produit à million dans le passé ? Le djihadiste présumé peut très bien vouloir faire carrière de saint dans l'érémétisme bédouin. Tous les saints n'ont pas la franche gaîté d'un François d'Assise, et une sale gueule peut cacher simplement un égocentrisme forcené. Cherche-t-on à détecter l'intrus ? Se met en place dans l'Occident décadent la norme obligatoire généralisée pour raison de sécurité. Tous des moutons de la même couleur, dans le même sens (baron au vent) et il sera plus facile de repérer le mouton noir de F'murr. Alors les loups s'achèteront une peau de mouton banal et le tour sera joué. On l'aura dans l'os.

Il serait plus efficace de vider les réservoirs de haine² qui accumulent tant de ressentiment à l'égard de nos sociétés développées et corrompues. Nous devrons une fière chandelle à celui qui déroulera une théorie de la vidange des haines. Côté société, nous avons des propositions de blanchissage des idées sales qui la détruisent ; côté réservoirs, c'est une autre histoire. A moins de convoquer maintenant les Titans à sa mise en œuvre, nous nous retirerons sur la pointe des pieds...


(1) Vernissage le jeudi 17 décembre à partir de 18h00
(2) Feuilleter le dernier bouquin de Marc Ferro, L'Aveuglement

lundi 30 novembre 2015

Le Jeu du prince


Avertissement : Cet article est paru dans Le Lien Légitimiste n° 65 de septembre-octobre 2015 (page 5), dans la rubrique Les Libres Propos de Catoneo. Comme le signale l'intitulé de la rubrique, ces propos peuvent se démarquer de la ligne éditoriale du journal mais pas toujours. A la relecture, ce billet m'est apparu théseux, limite emmerdant au sens où l'entendait Hubert Beuve-Méry. Il entre en archives Royal-Artillerie avec les quatre autres déjà publiés sur le même thème¹ sur votre blogue préféré.

(le roi est vissé à l'échiquier)
Le jeu du prince se joue chez les royalistes et uniquement chez eux, les autres ne le connaissent pas, enfin, quelques-uns quand même peuvent nous surprendre à regretter la disparition du chef inaliénable de la Nation (sacré monsieur Macron, il leur a flanqué une belle frousse), mais généralement on ignore qu'il puisse s'agir d'un jeu. Celui-ci a de particulier qu'il se joue en solitaire et que son adversaire est l'avenir. Il se présente comme un échiquier sur lequel, au milieu de tous les autres, un pion est impossible à déplacer, le roi justement et il n'y a qu'une pièce du roi. Le reste est fait de tours, de chevaux, de soldats et de fous diagonaux. Chacun se reconnaîtra. Jouer contre l'avenir revient à jouer contre qui le gouverne, et quoi plus sûrement ne le fait que les lois. Les lois règnent sur l'avenir ; les rites et les règles sur le passé. Enfermé dans les Lois fondamentales du royaume, le roi du jeu n'a aucune liberté de mouvement au plan des principes qui commandent le choix qu'en firent les sages. Il ne saurait fuir, on ne peut l'inter-changer, l'escamoter au profit d'un choix plus commode, adapté aux temps, une figure plus aimable, plus capable, plus consensuelle, non ! C'est un roi dicté. Comme on le dirait chez les gueux : il faut faire avec !
Les lois peuvent aussi ruiner l'avenir comme la Providence s'y essaie parfois. Que l'on se remémore la fin de l'Ancien régime et nous verrons qu'Elle préempta le meilleur pour laisser aux lois les trois autres, lois qui tranchèrent en faveur du plus faible comme si elles avaient souhaité que tout cela cesse ! Mais accuser les lois fondamentales d'aveuglement est une grande dispute que nous commencerons quand nous aurons terminé d'autres querelles qui minent le royalisme. Prenons-les pour le moment comme elles sont, fondamentales et sacrées.

Le retour d'une monarchie sur les terres du vieux royaume disparu convoque bien plus de qualités chez l'impétrant désigné que n'en montrera jamais aucun honnête homme. Caractère trempé dans un tempérament d'exception, une éducation poussée, une formation spéciale à l'emploi futur sont indispensables. N'est pas roi qui veut, on l'oublie trop souvent, et dans les sphères dynastiques plus qu'ailleurs. S'il est impossible de déplacer ou de retirer le pion roi du jeu, gagner la partie revient à déplacer une grande part des responsabilités nées d'une restauration sur ses épaules. Dans le costume à la bonne taille, exprimant toutes les qualités de sa gouvernance, le prince régnant prendra toute la gloire des succès ; insuffisamment formé, trop dilettante voire sous-calibré dans la fonction, il demeurera le premier responsable d'une restauration échouée (pour la quatrième fois !). Vu d'où revient la France après deux siècles de chaos, on s'accorde à juger que les deux premiers titulaires d'une monarchie revenue doivent être irréprochables dans tous les compartiments du jeu, la compensation d'un défaut dirimant par le secours d'un Conseil privé exceptionnellement efficace ne pouvant intervenir qu'à compter du troisième.
Alors il faut au prince se former à l'emploi et accepter le souci permanent d'éduquer sa progéniture à succéder, ce qui n'est pas particulièrement excitant dans une période préparatoire dont on ignore la durée qui peut être très longue. On souhaite pour ses enfants le bonheur et l'insouciance comme chez tout le monde, alors qu'on n'est plus tout le monde. A l'éducation heureuse il faut substituer le dressage. Ceux qui se disent héritiers des Quarante Rois ou ne consentent qu'à n'être seraient bien inspirés de jauger les prémices d'une usurpation par défaut de niveau et de mesurer les efforts supplémentaires pour y atteindre.

Le Duc de Berry - Louis XVI
Le dernier roi de France "sur-cultivé" fut le duc de Berry qui n'était pas particulièrement taillé pour le poste. Nous le disions plus haut. Bien que son précepteur, monsieur le duc de La Vauguyon, l'ait poussé en histoire, géographie, mathématiques, sciences, droit public, latin, grec, anglais, italien, allemand et escrime, sa pensée politique restera influencée par Fénelon à la demande de son père, et par les Lumières, la plus sûre façon de ruiner la charpente féodale qui tenait tout l'édifice. Ce bon roi Louis XVI, cultivé plus qu'aucun prince de son époque, n'était pas formé au métier de roi ; Choiseul du fond de son exil s'en désolera. Alors s'il faut assimiler les bases communes et engranger les connaissances les plus étendues comme tous les enfants de l'establishment, il sied quand on est prince d'apprendre en plus celles du gouvernement des hommes. Et ces matières sont des spécialités qui ne s'enseignent ni à l'université ni dans les écoles d'administration, mais dans le monde réel. C'est en ce sens que l'on promeut la supériorité de la monarchie qui tient son avantage de l'éducation précoce des princes à la fonction au sein de leur famille. C'est indéniablement spécial. Cet apprentissage particulier a aussi l'avantage de conférer progressivement une certaine autorité naturelle à l'élève qui se démarque de ses camarades d'étude quand il comprend le chemin d'exception sur lequel il avance.

On peut citer quelques unes de ces spécialités : les finances internationales immergées brassent soixante-dix trillions de dollars par an et les produits dérivés dix fois plus, ce qui fait presque dix fois le PIB mondial ; on ne peut bouder ces réalités. Il faut en suivre l'impact économique, à défaut de ne pouvoir toujours le précéder. Les infra-stratégies des grandes puissances ne sont pas contenues dans les déclarations et programmes des gouvernements éphémères, ce sont des tendances de fond ; un prince ne peut les ignorer car tous les pays sont aujourd'hui interdépendants et les axes de plus grand effort des puissances sont rarement parallèles. Savoir sous quel angle les unes et les autres croiseront-elles le nôtre est primordial. Les marchés de denrées et matières premières règnent sur les conditions de vie des pays producteurs et touchent des milliards de gens, c'est une activité primordiale dans la globalisation capable de grands désordres, ses mécanismes doivent être maîtrisés pour en anticiper les effets, trop souvent nocifs. Il est d'autres domaines que l'on peut classer comme spécialités dans la formation au gouvernement des hommes, droit public international, géopolitique environnementale, gestion des démocraties ouvertes...
Il n'est pas question ici de devenir expert dans ces choses supérieures, si l'on se souvient que l'expertise bouchent souvent la vision latérale par l'inclination naturelle à l'orgueil du savoir, mais on ne peut plus régner de nos jours sans être capable d'analyse des changements de son immédiat stratégique. Un chef d'Etat moderne ne peut plus déléguer le choix de ses orientations politiques à l'exégèse de ses conseillers. La décision est à prendre à la fin de l'exposé.

Roi n'est pas une sinécure, et Louis XVI s'en plaignait quand dans son testament il interpellait son fils qui pourrait avoir le "malheur de devenir roi". Le seul apaisement est que nul n'y est contraint. L'op-out préalable, l'abdication existent. Prince n'est pas facile non plus, généralement certes, mais plus encore en situation d'accéder. Tant que les difficultés de la charge sont éloignées, les candidats se déclarent, pensant peut-être à une "rente" de situation en devenir et l'accès au balcon des acclamations, mais dans le tumulte probable de la restauration ils seront peu nombreux à briguer le poste jusqu'au bout, jusqu'à ce qu'il n'en reste qu'un. Comme nous l'avons souvent dit sur Royal-Artillerie, nous le reconnaîtrons, le dernier debout à Paris au milieu des ruines fumantes de la démagogie écrasée sous le poids de ses mensonges et de son impécuniosité. Nul autre ne sera avant lui le premier à Reims à attendre l'onction car rien ne tombera du Ciel. Il faudra, messeigneurs, se construire à l'emploi pour se battre. Exercice passionnant quand on a de la marge.




Le Lien Légitimiste
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(1) Quatre billets ont paru sur ce thème :
- De l'Éducation des rois le 14.11.2008
- Du bon sens capétien le 7.02.2012
- Le Pentagone du prince le 7.09.2015
- Spécialités du pentagone du prince du 5.10.2015


lundi 23 novembre 2015

FLVCTVATNECMERGITVR

La communauté citoyenne dans toute sa diversité est condamnée à vivre ensemble ou à périr dans la sauvagerie d'une guerre civile de tous contre tous. Bien que la France ne soit pas le pays de la mesure - les dévastations de nos révolutions sont explicites - elle n'a pas vécu cette douloureuse expérience depuis les guerres de Vendée, même si certaines périodes y ressemblaient fort, comme la Commune de Paris ou la seconde moitié du régime de Vichy. Une guerre civile est carrément atroce et doit être évitée ; relire pour s'en convaincre Les grands cimetières sous la lune de Georges Bernanos, récit de proximité écrit en 1937 à Palma de Majorque.

Les contradictions sociales du pays réel d'aujourd'hui sont les antagonismes de demain matin, qui seront proclamés légitimes par les factions. Ces contradictions de tous ordres ne sont pas réparables ni par décret ni par incitation morale. Elles sont trop anciennes, profondes et racialisées pour être contenues par autre chose que la force du pays légal. Qu'on me démontre le contraire par le raisonnement en évitant la citation des grands érudits morts ! Un état des lieux le plus réaliste possible est à faire avant que de vouloir réorganiser nos territoires, et les statistiques ethniques y aideront beaucoup. Avant de conjurer la guerre civile il en faut connaître les ressorts parce que ce n'est pas qu'une affaire dialectique : il ne suffit pas de la condamner du haut des pupitres, il ne suffit pas de faire l'inventaire des partis présumés vouloir en découdre ; il en faut comprendre la chimie de base et trouver les détonateurs. Je soupçonne l'Administration de disposer de données fiables permettant une photographie fidèle de notre société, données traitées à l'insu des aboyeurs d'hémicycles. On verra bien, en attendant, il faut freiner des quatre fers dans la pente.

Selon Maurice La Châtre*, bon communiste de la première race, la guerre civile, "la plus affreuse de toutes", est fomentée par les intérêts des puissants qui parviennent à rallier un fraction importante du peuple à leur cause et le fait combattre à leur profit. Pour un Rousseauiste tel que lui, tout le mal vient d'en haut : "Les guerres commencent par l'ambition des princes et finissent par le malheur des peuples".

La situation au début de ce XXI° siècle a ceci d'inédit que la menace de guerre intestine est actionnée depuis l'étranger sous couvert d'une purification des mœurs décadentes d'une civilisation en déclin**, la nôtre. Au principe de rédemption des masses guidées par le démon, une secte puissante s'arroge le droit d'intervention dans notre avachissement avec un règlement de campagne écrit au Moyen Age qu'il faut appliquer ici aujourd'hui pour nous "sauver". La guerre civile, si elle éclate en France, sera pour eux une guerre sacrée justifiant toutes les abominations. Ils les ont déjà échantillonnées à la face du monde contre les non-musulmans de Syrie et d'Irak (et les Coptes) afin de nous montrer combien tout devient clair et simple pour un djihadiste, dès lors que le statut d'humain est refusé à leurs captifs.


la Gorgone tranchée


Une guerre civile commence à deux. Si le parti de l'étranger est facilement désigné depuis qu'il nous attaque ouvertement, qui représente le parti de France ? Et là nous sommes assez mal. Toute la classe politique aux affaires a négocié la paix sociale et civique des quartiers contre des empiétements tolérés sur nos us et coutumes qui font ce que nous sommes nous-mêmes et comment nous nous reconnaissons entre nous. La liste est longue, des jours de piscine aux moukhères à la cantine hallal. Je vous l'épargne.

Pour la guerre annoncée on serait tenté de mettre sur le pavois le Front national, parti vierge de compromissions rédhibitoires. Malheureusement, outre le fait que ses dénonciations récurrentes ne sont pas transformables en mesures efficaces - il verse de plus en plus dans l'incantation - son logiciel va boguer en 2017 comme nous l'avons pressenti dans un billet de la semaine dernière (Roucasseries frontistes). Il va donc falloir faire avec l'establishment que l'Opinion essayera de retourner à son secours. Ce sera moins difficile qu'il n'y paraît puisque par définition l'establishment se gouverne par intérêts et défendra donc les "siens" à "nos" risques et périls. La bourgeoisie fera tout pour sauver ses biens nationaux et mettra un mouchoir sur le nez pour le bruit et les odeurs d'éventration.

Reste quand même l'hypothèse valide de pouvoir passer à côté de la guerre civile :

La Châtre n'a pas tellement tort dans sa dénonciation des puissants. Les musulmans qui sont entrés sur le territoire de la république après guerre nourrissaient l'économie de reconstruction du pays qui les faisait vivre en retour, et malgré les soubresauts de la guerre d'Algérie, faisaient chez nous leur pelote ou s'intégraient plus ou moins bien s'ils ne voulaient pas retourner au bled. Les générations suivantes, nées ici ou importées à divers titres dont celui du regroupement familial de Giscard d'Estaing, commencèrent à saturer les structures d'accueil jusqu'à envahir tout l'immobilier de reconstruction, ces futurs bidonvilles de béton appelés cités ! Déverser des milliards sur ces territoires soviétisés économiquement insalubres n'a pu tarir les ferments du désordre ni l'exaltation du repentir chez nous et chez nos zélites, quand nous fûmes déclarés coupables de leur propre misère. Et les descendants des anciens combattants si ce n'est ceux des esclaves noirs, d'enchérir sur les revendications de compensations pour des situations abolies ou éteintes dont ils n'ont pas souffert eux-mêmes. L'impéritie des pouvoirs publics, président en tête, a laissé monter dans tout le pays l'odeur pestilentielle d'un remord qui lui a coupé les jambes.

Et pourtant, les jeunes générations n'ont pas partout baissé les bras comme leurs aînés. Par exemple en zone grise, ceux qui veulent s'arracher à la stigmatisation s'arrachent d'abord aux cités et beaucoup réussissent leur vie chez nous ou chez nos voisins. Les autres se laissent couler dans la facilité de la haine de nous, haine qui se cultive tel un champ de patates dont on retire de l'argent comme le font certains groupes de rap et d'autres maisons de production audio-visuelle, sans compter les ligues morales collées au bouchot qui les engraisse. Détectant une terre fertile, sont intervenues de puissantes sociétés islamiques (que l'on doit distinguer des Etats hôtes pour être honnête) : les prêcheurs islamistes sont financés à bourse ouverte par les fondations missionnaires dont les caisses sont abondées par de riches familles arabes qui gagnent ainsi des indulgences pour leurs pêchés parisiens auprès des dispensateurs de justice immanente. Après une quinzaine de décadence à Paris, il faut revenir aux valeurs domestiques et que ça se voit ! Bien outillés pour reformater les esprits jusqu'à la radicalisation, les imams étrangers parviennent à transformer des esprits faibles en soldats disciplinés, jusqu'à l'abrutissement parfois ; la bêtise coagule dans les sociétés humaines, elle est souvent le meilleur moteur des conquêtes.
Il n'y a pas cent façons d'éviter la guerre civile*** mais une seule : couper d'abord les liens de la nation avec le parti de l'étranger, couper ne veut pas dire distendre mais trancher :

- expulsion des prêcheurs wahhabites et assimilés (on pourrait rêver que le CFCM se charge de les désigner) ;
- contrôle des zones de chalandise des mosquées salafistes et fermeture des locaux en évitant le phénomène de la ratière ouverte ;
- contrôle physique des nationaux radicalisés pour déradicalisation et expulsion des non-nationaux ;
- reprise en main de l'espace public partout ;
- rompre la solidarité presque instinctive qui unit toutes les fractions musulmanes face aux "mécréants" en condamnant les excuses aux déviants pour apologie du crime ;
- négocier un traité de non-ingérence réciproque avec la péninsule arabique dont les Etats se chargeraient de faire la police chez eux et n'interviendraient plus chez nous.
- Reste à la population à manifester publiquement sa défense des coutumes françaises et accepter le réarmement moral qui lui rendra sa fierté malgré les jappements des pourrisseurs qui ont conquis les tréteaux médiatiques. Si la classe politique ne parvient pas à nettoyer le pays, quoique le bon démagogue sache très bien suivre le mouvement d'opinion, il faut s'en débarrasser et passer à la démocratie directe qui élira, n'en doutons pas, un dictateur à la romaine pour faire le travail de vidangeur. Les Français aiment bien l'homme providentiel mais le système est verrouillé jusqu'ici par les partis politiques qui ont chacun le leur. Seule la haute administration de l'Etat régalien, dégoûtée de la pusillanimité des politiques peureux qui la met en danger, pourrait se charger de préparer cette substitution...

On ne manquera pas non plus d'inciter lourdement les théologiens musulmans à mettre à jour en France le Coran et réviser la Sunna - il y a de l'écho dans la société musulmane sur ce point - mais la Sunna est la base de toutes leurs divisions, divisions sanglantes, il faut le rappeler. L'affaire prendra quelques années du fait des combats internes entre les hérésies mais la pression devra être maintenue jusqu'au bout.


A partir de là et pour consolider la paix acquise à l'intérieur, la majorité silencieuse, nous tous, doit signaler son acceptation des différences par ce qu'on appelait jadis l'urbanité des comportements sociaux. Vivre ensemble plus que jamais, mais sans eux, ceux qui nous détestent en tant que nation, ceux qui non seulement veulent notre mort mais nous tuent. Soyons aimables avec autrui qui vient en paix, et particulièrement curieux des mœurs culinaires et chorégraphiques qu'apportent chez nous les invités depuis leurs lointains ailleurs. Mais pas avant que les dispositions ci-avant n'aient été appliquées complètement. A défaut de quoi, le futur sera particulièrement bruyant en France. En attendant...




So, ring the bells that still can ring
Forget your perfect offering
There is a crack in everything
That's how the light gets in

The birds they sang at the break of day
"Start again", I seem to hear them say
Do not dwell on what has passed away
Or what is yet to be

Ah, the wars, they will be fought again
The holy dove, she will be caught again
Bought and sold and bought again
The dove is never free

Ring the bells that still can ring
Forget your perfect offering
There is a crack, a crack in everything
That's how the light gets in

We asked for signs, and the signs were sent
The birth betrayed, the marriage spent
Yeah, the widowhood of every single government
Signs for all to see

I can't run no more with that lawless crowd
While the killers in high places say their prayers out loud
But they've summoned, they've summoned up a thundercloud
And they're going to hear from me

Ring the bells that still can ring
Forget your perfect offering
There is a crack, say crack in everything
That's how the light gets in

You can add up the parts, but you won't have the sum
You can strike up the march, on your little broken drum
Every heart, every heart to love will come
But like a refugee

Ring the bells that still can ring
Forget your perfect offering
There is a crack, a crack in everything
That's how the light gets in

Ring the bells that still can ring
Forget your perfect offering
There is a crack, a crack in everything
That's how the light gets in
That's how the light gets in
That's how the light, gets in.
............................


* M. de la Châtre (1814-1900), Dictionnaire universel, Paris 1856
** C'est un peu vrai...
*** Le danger de guerre civile doit être prévenu en dehors des opérations de guerre extérieure contre l'Organisation Etat islamique en Syrie et en Irak. Les deux sont nécessaires mais le nettoyage du terrain national doit assécher les facilités d'accueil du terrorisme en France.

lundi 16 novembre 2015

Roucasseries frontistes

Même si les attentats de Da'ech à Paris ont remis du charbon dans la chaudière à Marine, rien ne pouvait tomber plus mal avant les élections régionales pour le Nouveau-Front-national que le départ d'Aymeric Chauprade et de Jean Roucas. Le pitre que nous aimons bien s'est vu ostracisé par la profession et par les loueurs de salles ; il doit gagner sa vie en suant sang et eau comme tout un chacun depuis le départ d'Adam du jardin d'Eden. On comprend bien qu'il n'ait pu longtemps résister à la promesse de l'ermitage, d'autant qu'il est assez intelligent pour comprendre que les penseurs du Front, en sus de quelques bonnes idées, racolent sur un catalogue adaptable à chaque auditoire et n'ont aucune colonne doctrinale au-delà des incantations de préaux ! Les contradictions politiques sont légion en tous domaines et le chapitre économique parfaitement décalé voire ringard. Même Jean-Luc Mélenchon ne s'y risquerait pas autant ! On pourrait en faire la liste mais il est plus intéressant de comprendre avec Bertrand Renouvin pourquoi le FN est génétiquement stérile pour l'exercice du pouvoir. Nous utilisons son découpage comme guide-âne (clic) :

Le parti est (était) divisé en trois, ce qui augure mal de l'axe politique décisif à mettre en œuvre en régions, sans même parler des législatives de 2017 qui convoqueraient une fusion des courants.

Dans l'ordre d'apparition :

Premier bloc autour du fondateur Jean-Marie Le Pen et de son plus fidèle soutien Bruno Gollnisch : les « vieilles chemises » de l’extrême-droite qui cultivent un nationalisme xénophobe et ne reculent pas devant les contre-performances de déclarations outrancières qui ruinent l'effort de propagande précédent.

Deuxième bloc autour de Florian Philippot, énarque très présent dans les médias : un courant néo-gaulliste qui défend les services publics, le Plan quinquennal et réclame le retour à la monnaie nationale, sans insister sur l’immigration, qui sera traitée cas par cas avec déjà un quota acceptable depuis peu.

Troisième bloc autour d’Aymeric Chauprade, ancien professeur à l'Ecole de Guerre de Paris et de Kénitra, un courant qui endosse le « choc des civilisations », le grand remplacement camusien et appelle à la remigration surtout dirigée contre les musulmans. Sa vidéo de l'université d'été 2014 du FNJ est explicite :


On voit déjà que les trois blocs ne sont pas miscibles, donc en concurrence. Le thé dansant de la Waffen SS autrichienne ne peut cohabiter avec les gaullisteries de Philippot, qui lui même a du mal à percer le plafond d'érudition géopolitique d'un Chauprade.

Et là on en vient au problème Marine Le Pen. Laissons dire Renouvin qui est limpide sur la question : « Elle ne peut espérer se maintenir par des compromis car toutes les tendances du Front national proposent des ruptures radicales : sortie de la zone euro, nettoyage ethnico-religieux, rejet des élites… Ces radicalités juxtaposées permettent de rassembler le jour du scrutin des électorats très différents en jouant au législateur qu’on ne sera pas. » En résumé, l'essai de 2017 ne pourra pas être transformé car la majorité parlementaire sera improbable, les antagonismes étant trop forts. Les élections régionales, si elles permettent au Front national d'accéder par la proportionnelle à cet étage administratif, révéleront sans doute ce désordre qui sinon fusera sous le tapis jusqu'à la présidentielle.

Roucas n'a peut-être pas vu l'emboîtement du schmilblick mais Chauprade, si ! Apparemment (pour l'instant du moins), son départ clair et net n'entraîne pas le bloc camusien derrière lui. On va quand même récupérer au Figaro sa déclaration de rupture pour la suite. Ses motifs sont carrés :

1.- amour-propre : il a été déssaisi de toutes ses responsabilités par mafiatage du bloc Philippot ;
2.- amour-propre : ringardisation du programme économique. C'est invendable à l'étranger où il va souvent et passe pour un dinosaure marxiste dans ce segment primordial ;
3.- question d'ego : caporalisation au bureau politique qui lui reproche d'avoir extradé les pilotes d'Air Cocaïne en affaiblissant l'image du parti.





Conclusion

On savait que le Front national était le parti du mécontentement (et d'ailleurs légitimement). L'aggiornamento de la firme Le Pen par la fille du pirate, qui a priorisé le raccolage tous azimuts afin de crever le plafond des extrêmes droites françaises, l'a transformé en aggrégats de mécontents, parfois opposés. Comme le signale très justement Renouvin, la Vè République marche sur deux jambes, un exécutif fort et une caution démocratique par une chambre basse de godillots en soutien. Or les tendances ne sont pas miscibles et même avec un programme commun de gouvernement, il apparaîtra vite que chaque projet de loi divisera l'hypothétique majorité, jusqu'au renversement du cabinet Philippot et dissolution de la Chambre. Ce n'est pas le bloc ancestral qui renâclera à ruiner l'accession si on veut bien se remémorer le nombre de fois où le Menhir cassa la baraque électorale par des outrances hors d'âge !

Voter pour le Front national rénové ne peut l'être dans l'espoir de voir s'appliquer un programme performant de redressement du pays. Il n'existe pas ; ils ne l'ont pas. Voter pour le Front national est le choix d'un chaos politique d'abord, social ensuite et politique pour finir. Trois fois ! Le scénario est assez facile à écrire avec pour acteurs : le secteur protégé avec ses deux millions de surnuméraires, les régimes spéciaux soviétiques, les forces vives du secteur marchand, les partenaires étrangers aux champs politique et économique, les prêteurs sur gage qui nous permettent de faire la soudure entre le 10 novembre et le premier janvier. La décrépitude de la république sur tous les plans appelle à faire table rase d'un système irréformable. Le mieux-disant des systèmes de remplacement en termes d'efficacité est le système monarchique, à la réserve près que les monarchistes (ou royalistes) ne sont pas prêts, et loin s'en faut ! Le chaos frontiste fera une magnifique page d'histoire et un océan d'explications savantes, mais nul ne sait sur quoi il débouchera. La mise en tutelle comme en Grèce ? Je n'en sais rien.

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