samedi 22 octobre 2022

L'ami Fritz reloaded

Entre Allemands et Français on attendait le clash depuis 2017, depuis l'arrivée d'un ado pas fini aux affaires, qui portait le projet d'un majorat français de l'Europe institutionnelle, malheureusement pour lui divisée entre Europe rieuse et Europe sérieuse ©RA. Après les premières rebuffades, conduites par le monacal premier ministre du roi des Bas Pays, notre sémillant vroum vroum carressa l'idée de faire la reine des gitans en chargeant dans le char à bœufs nos sœurs latines, oubliant parfois qu'elles au moins, avaient l'ambition de rejoindre un jour l'Europe sérieuse quand nos rêves d'empire au pied petit enflaient à mesure que se creusaient nos déficits en tous domaines sans exception y compris... dans les munitions de guerre !

Ainsi donc, le roi Olaf de Hambourg, présentement chancelier du IVè Reich, Scholz pour ne pas le nommer, a mis au panier la proposition française de capping européen du prix du gaz, formant avec le Danemark et les Pays-Bas une sorte de front du refus des "exigences" françaises lors du dernier Conseil des présidents. Il n'en fallait pas plus à M. Macron pour brandir bien haut le roman du couple franco-allemand, l'amitié incassable et le traité de l'Elysée dont il faut fêter l'anniversaire bientôt, le moteur européen et tout le diable son train, sauf que depuis Angela Merkel, l'Allemagne ne connaît pas de couple franco-allemand (germano-français peut-être et encore) et le Reich gère ses intérêts propes en activant quand c'est nécessaire la poulie de la Commission européenne où gouverne son ancienne ministre de la Défense fédérale. Ursula von der Leyen n'a pas mis les réquisitions françaises à l'agenda. Et si la péninsule ibérique a adopté le capping du gaz, nul ne voit pourquoi les vingt-cinq autres pays de l'Union devraient adopter chacun les mêmes mesures dans un projet de monopole énergétique bruxellois qui ne dit pas son nom. On en revient toujours au tropisme européen de M. Macron qui croit résoudre les problèmes franco-français en les portant à l'étage européen ! C'est pour lui plus facile que de se s'atteler au nettoyage des écuries d'Augias tel qu'est devenu l'Etat français où la merde est à hauteur d'homme, allégorie scatologique désignant le niveau de la dette rapportée au PIB.

Qui a vécu parmi eux, qui a travaillé avec eux sait que jamais les Allemands n'accepteront d'être les seconds de quelqu'un en Europe. Le "couple" est une supercherie à la gloire du général de Gaulle, qui fut adoptée par ses successeurs, Giscard d'Estaing en tête, comme un talisman préservant la France du déclin. Il n'a pas suffi, la pourriture intellectuelle des mœurs politiques françaises a emporté la vigne après le vin, et le plan de participation à la mondialisation heureuse s'est fracassé sur les autocraties qui n'en veulent prendre que les bénéfices sans les contraintes démocratiques. Ce qui fait que, rejetés de la mondialisation par le Covid chinois et la guerre russe, nous sommes à poil. L'Allemagne plus que nous ! Mais eux ont encore de l'argent, une vraie industrie qui continue d'investir en Chine populaire et l'esprit hégémonique que nous avons perdu ; à part l'exception culturelle française des sous-produits du ministère ad hoc qui nous servaient de ticket d'entrée dans des économies solvables, et que nous cultivons toujours. C'est fini.
Les problèmes du chancelier Scholz sont si lourds qu'il ne peut pas s'encombrer des conseils vaseux de notre gentil monsieur Macron, incapable de gérer chez lui mais qui veut gérer les autres, et toute la question pour la suite est de savoir si lors de la rencontre de mercredi prochain à l'Elysée, le chancelier va le dire en face ou simplement le laisser comprendre. Son air chaffouin présage une apparente retenue qui ne changera rien à la conviction de fond : cette France que l'Allemagne a battu à plate couture en 1940, usurpe une position de commandeur moral qu'elle est bien incapable de tenir en l'état de faillite du logiciel socio-économique national, et qu'au final, elle est du lest pour le redressement allemand. D'ailleurs, lors de sa conférence de presse d'hier après-midi à Bruxelles, notre leader moumouté parlait au nom du couple, donc au nom de l'Allemagne, ce qui est quand même fort prétentieux. Au milieu des difficultés, l'Allemagne ne s'encombrera pas des "collaborations" plus ou moins obligées avec la France. On le voit déjà sur l'avion du futur et le superchar de combat. Dans d'autres chapitres, elle a choisi soit l'Amérique (F35, Poseidon, Chinook), soit la coopération de pays de l'est et du nord comme dans l'European Sky Shield. Ça ne trompe pas. Mais l'admettre à Paris acterait un revers stratégique sévère que rien ne compensera dès lors que les deux plus fortes armées du futur européen seront l'allemande et la polonaise avec l'ukrainienne bientôt. Autant dire que si une défense continentale européenne devait naître un jour, elle ne pivoterait pas sur un axe français.

PS: J'ai le sentiment que les élites économiques et politiques allemandes - surtout celles du SPD - pensent que l'Allemagne seule aurait pu s'entendre avec Poutine avant que les choses ne dégénèrent à la frontière ukrainienne. La première réaction de Scholz à l'invasion russe fut de déclarer que jamais des canons allemands ne tireraient à nouveau sur les Russes par respect de la tragédie historique de la seconde guerre mondiale. La réaction surprenante du chancelier de lancer un plan de réarmement de cent milliards d'euros participe de cet inconfort en valorisant les moyens de décider plus tard, seuls !

lundi 17 octobre 2022

"Légion" est mon nom car nous sommes plusieurs

Le sixième jour ils reprirent Kherson et le septième jour Zélensky se reposa. Il avait terminé la construction d'une nation ukrainienne. De la seule façon qui tienne longtemps : contre les Huns amassés à sa porte !

une avenue d'une ville ruinée

Dans le Guardian d'hier, un papier de Simon Tisdall qui fera date, promeut l'incinération des relations diplomatiques avec la Fédération de Russie gouvernée par une clique de menteurs sociopathes, en confinant partout ses délégations dans une immense léproserie morale. « Il est temps, dit-il, d'arrêter de croire que la Russie de Poutine est un pays normal. Il est temps d'admettre que la diplomatie a échoué. Il est temps de terminer l'isolement complet de Moscou en retirant tous les diplomates américains, européens et japonais, en fermant toutes les ambassades occidentales et en ostracisant les officiels russes dans les forums, y compris aux Nations-Unies. Tous les diplomates russes doivent être expulsés simultanément. Cela débarrassera l'Ouest d'une équipe bigarrée de menteurs professionnels qui polluent les ondes de leur propagande ».
Car tout ne procède pas d'un seul homme, mais d'une légion démoniaque de pillards et d'assassins qui se sont rencontrés sous le parapluie du Kremlin, après qu'en furent chassés les hauts fonctionnaires de carrière, motivés, les malheureux, par l'intérêt supérieur de cet immense pays. Cette mafia a la certitude de jouer son propre avenir plus que celui de la Russie. Comme dans l'Evangile selon saint Marc, ils sont plusieurs en un seul corps. A défaut de les anéantir, nous souffrirons comme jamais car ils n'ont pas de limites, dans aucun compartiment.

Contrairement à ce que veulent des pays intéressés plus que d'autres au retour du commerce normal international, la guerre d'Ukraine ne cessera pas dans une chambre de décompression diplomatique avant qu'elle ne soit gagnée au sol par l'un ou l'autre des protagonistes. Pour une première raison, Poutine joue sa peau s'il la perd et même si simplement il est stoppé sur place dans une guerre de positions pour longtemps. Des esprits moins encombrés du pathos nationaliste russe, que certains décrivent comme le "second cercle", ont compris que leur petit tsar était bien un lieutenant-colonel raté du KGB, une petite frappe des fortifs mangée par l'appât du butin, mais certainement pas le stratège prétendu qui retournerait l'Europe dégénérée comme un gant ! Le gnome maléfique n'a même pas vu qu'il avait un allié d'évidence, riche et puissant, capable de booster son industrie d'armement et sa fortune - le reste, il s'en fiche - allié qu'il a perdu dès le lendemain du 24 février 2022 : c'est l'Allemagne de Schröder, Merkel et Sholz. Au cœur du réacteur atlantique, ils faisaient contrepoids à l'imperium américain en écrivant l'avenir du continent sur le logiciel de L'Esprit des lois : « l'effet naturel du commerce est de porter à la paix ». Ils protégeaient la Russie des emballements de la démocratie américaine ou du trumpisme. Il va mesurer maintenant le "gap" entre son armée de brocante et celle de son pire ennemi qui peut la réduire en cendres.

L'article de Tisdall en anglais est à lire ici. Pour une fois il n'est pas sévère avec Macron, mais le deviendrait si notre sémillant génie des longues tables persistait à vouloir régler quelque chose par téléphone avec quelqu'un qui le méprise comme sont méprisés tous les autres dirigeants occidentaux. Extrait sur les médiateurs :

«...despite this huge anti-war consensus, backed by three-quarters of the world’s countries; despite solemn declarations that the latest atrocities are “unacceptable” and Russia’s annexations are illegal; and despite the Kremlin’s insincere talk of talks, substantive steps to halt the fighting and pursue a genuine peace process remain wholly absent. Emmanuel Macron, France’s president, tried hard. But his repeated phone calls to Putin proved fruitless and sparked accusations of appeasement. After his trauma in Kyiv, Guterres, the UN’s secretary-general, is reduced to heartfelt pleas. His sole success – lifting Russia’s Black Sea grain blockade – is in trouble. Some hoped China might act as honest broker. But Beijing, enjoying western discomfort and discounted Russian oil, prefers to sit it out while expressing “concern”. Breaking the habit of a lifetime, even Israel’s Naftali Bennett offered to play peacemaker. But he, too, was fobbed off, flannelled and misled by Putin and Lavrov. The reason there’s no peace – the reason diplomacy isn’t working – is simple. Putin does not want it. [...]»

L'histoire de la nouvelle Ukraine commencera le lendemain de la reprise de Kherson et le roman national nécessaire à l'édification des générations montantes est déjà bourré de gloires, cher payées comme il se doit. Telle la France en son temps les yeux vissés à la ligne bleue des Vosges, la Crimée deviendra l'Alsace-Lorraine des peuples ukrainiens et tout sera mis en œuvre pour reconquérir un territoire qui, dit en passant, se vide de ses colons russes à grande vitesse. Les voleurs ne se sentent pas tranquilles malgré les assurances d'un pouvoir lointain mais pour l'instant battu partout. Il se pourrait même que les nouvelles frappes sur la ville de Donetsk vide également cet oblast mal assuré des colons russes apeurés. Sans population civile à préserver, il n'en restera rien, que dalles, comme Stalingrad, Varsovie, Berlin, Grozny, Alep, Marioupol.

diviseur

Alors ils entrèrent dans l'antre de la Bête.
- Quel est ton nom ?
- Légion est mon nom, car nous sommes plusieurs...
Et Il les expulsa vers les porcs... qui sautèrent la falaise à se noyer (Marc 5-9 revisité)

mercredi 12 octobre 2022

L'accessoire en scène

Dans la Revue politique et parlementaire, Hugues Clepkens dézingue la politique intérieure de M. Macron sous un titre bien adapté : Un Etat réduit aux acquêts.

carte d'un bouffon à marotte
Il ne s'agit rien moins que des réformes touchant le domaine régalien pour le rendre accessible aux caprices du prince, et l'auteur de citer celle des Affaires étrangères, de la Police, de la Justice en évitant celle de l'enseignement, sans non plus dénoncer la supercherie des annonces de renforcement militaire et de protection civile quand on oublie de passer commande des Canadair promis aux sapeurs pompiers. Il ne s'agit pas ici de réécrire l'article (très bien écrit d'ailleurs) mais de pousser le lectorat du Canon à s'y rendre par le lien ci-dessus ; il n'est pas long en plus.

Il y est fait un sort au Conseil national de la refondation (CNR), une marotte à bouffon cantonnée dans les domaines non sensibles et qui sont au nombre de sept, comme les nains :
Climat et biodiversité (1), bien vieillir (mieux mourir?)(2), la souveraineté économique (3), le futur du travail (s'il en reste) (4), le logement (5), la jeunesse (6), le numérique (7). Pas de quoi fouetter un chat. Il ne pouvait être question de mettre en cause le foutoir institutionnel ou la caste inexpugnable retranchée dans l'Etat profond. C'est au niveau du zinc et Blanche Neige sert l'apéro.

Eut-il voulu gouverner son pays que M. Macron aurait économisé le grand raout du CNR - en fait, une scène de théâtre où il adore venir jouer - et aurait pris les problèmes cités par les joyeuses, savoir :

1/- nommer Jancovici à l'industrie et à la transition plutôt que d'y garer les habituels seconds couteaux ;
2/- réformer d'autorité le système de retraites dans le but de les accroître, en contrant la grogne syndicale par l'étalement des privilèges discrets (comme l'a fait TOTAL sur les salaires versés) et en tenant la rue ;
3/- bloquer par moratoire les cessions ou transferts d'actifs industriels à l'étranger ;
4/- décaper le code du travail à l'acide pour le ramener au poids du code suisse ;
5/- réviser la politique de logments populaires en insérant un facteur "emploi" dans le processus d'attribution ;
6/- foutre la paix à la jeunesse ;
7/- motiver les chercheurs par des débouchés et en promouvant leur réussite sociale sans les punir par l'impôt.
Mais pour ça, il en faut !

samedi 8 octobre 2022

Pont cassé !

Bon anniversaire, Volodia, ce titre n'est pas du contrepet !
Le lendemain de son anniversaire, le petit tsar voit sauter Le Pont qui portera son nom dans l'histoire à jamais ; enfin ça, c'était avant. Avant que quelque chose n'émette suffisamment de lumière et chaleur pour couper la moitié de l'autoroute et incendier sept wagons d'un train-citernes ravitaillant les forces russes de Crimée. Le gouvernement local va redémarrer des ferries. Nos chaînes d'info en continu vont en faire un fromage, aussi nous n'allons pas entrer dans le combat d'à-qui-profite-le-crime ou comment ces enc... d'ukronazis ont cassé le beau pont. Reste que la route à deux voies semble praticable à des véhicules légers et qu'une voie ferrée semble intacte.

Sur un plan purement tactique, la protection du pont de Kertch s'est avérée en défaut à l'aube de ce matin. Limogeage du colonel responsable attendu ce soir au motif d'incapacité à opérer les nombreux systèmes de protection d'un ouvrage essentiel à la logistique de guerre. Détournement critique du ravitaillement de la Crimée par la côte de la Mer d'Azov sous la menace de l'artillerie ukrainienne qui avance chaque jour un peu, ce qui va compromettre la défense de Kherson adossée aux moyens de Crimée.
L'armée russe est une nouvelle fois humiliée et une nouvelle fois punie, ce qui n'est pas top pour le régime de la mafia poutinienne. Le voit-elle ?
Par ailleurs les médiats ne manqueront pas de mesurer l'affluence éventuelle du trafic routier franchissant l'ithsme de Crimée ce week-end, signalant l'exode des colons russes transférés après le référendum de 2014. Après les touristes.

Abrégé technique :

double pont de Kertch

Le fuseau ferroviaire à deux voies du Pont de Kertch fait 18,1 kilomètres de long et l'ouvrage autoroutier gratuit à 2 fois deux voies, parallèle à lui, fait 16,9 kilomètres. Y passent une ligne électrique haute tension et un ou plusieurs tubes à eau douce, la Crimée intérieure n'en ayant pas suffisamment. Le tirant d'air sous l'arche centrale ne fait intentionnellement que 35 mètres, interdisant ainsi le passage aux Panamax qui venaient charger céréales et produits sidérurgiques à Berdiansk et Marioupol avant la construction du pont.


Lire aussi :
- Le Pont de Crimée, redoutable instrument contre l'Ukraine de Julien Plouchart

lundi 3 octobre 2022

Stopper le toboggan russe

Au Donbass, après Koupiansk, Lyman est tombée. Le chemin de croix continue pour l'infanterie et la cavalerie russes, premiers fournisseurs de chars et blindés aux Ukrainiens. La retraite désordonnée ne va pas rehausser le moral de troupes épuisées, mal équipées, mal commandées, mal nourries, russes quoi !
Lyssytchansk et Sievierodonetsk sont à portée d'assaut. L'état-major russe va-t-il jeter demain vingt, trente, quarante mille mobilisés dans le four du Donbass comme des poulets à frire ?

char d'assaut ukrainien
Recyclage d'un char russe par les Ukrainiens

Dans son billet des âmes mortes à propos du format réduit des armées russes, le colonel Goya dit que « l’opération militaire spéciale était condamnée à réussir tout de suite sous peine de se retrouver en grande difficulté. Elle n’a pas réussi tout de suite.» Elle est donc en grande difficulté puisque la professionalisation est insuffisante à fournir la masse requise pour tenir un front chaud de mille kilomètres ; et que la mise en ligne d'amateurs en bouche-trous ne servira qu'à savoir où les Ukrainiens ont percé. Petit résultat, faible satisfaction. Combien de temps le troufion acceptera-t-il de faire au froc pour sauver la Sainte Russie des illusions perfides du riche occident ?

Après son discours mussolinien du vendredi 30 septembre devant les chambres rassemblées et son gouvernement au complet, Poutine entre sans le savoir dans l'entonnoir maléfique à l'intérieur duquel il n'aura plus assez d'espace pour opérer un retournement. N'écoutant que son délire uchronique, dans un réflexe de survie personnelle, il déclare une guerre à mort à l'Occident décadent qui pervertit l'âme slave. On sait où ça peut nous conduire sous effet de cliquet : à l'apocalypse ! Brisons là.

Y a-t-il une perspective raisonnable ?

Quand les Ukrainiens seront revenus aux frontières disputées de 2021 et auront récupéré toute la coupure du Dniepr, un cessez-le-feu sous l'égide de l'OSCE devrait ouvrir une phase de pacification de la zone occupée afin d'organiser la libre circulation des résidents actuels et passés. S'y appliqueraient sans retenue les Accords de Minsk (on n'a pas mieux) qui prévoyaient une large autonomie civile des territoires russophones dans le cadre de la République d'Ukraine. Une neutralisation (finlandisation) de l'Ukraine garantie par les cinq membres du Conseil de sécurité serait actée et Kiev s'y résignerait. Mais la condition sine qua non est que le fûhrer Poutine et les Siloviki aient préalablement disparu du gouvernement de la Fédération de Russie, car il est impensable de croire en leur signature. Est-ce trop demander ? A priori oui, mais il semblerait qu'au spectacle de la ruine lente du pays, l'idée de « regrets éternels » commence à affleurer dans les cercles du pouvoir moscovite, après l'annonce de fournitures militaires accrues de la part des pays de l'OTAN à l'Ukraine, geste ajoutant du moment au moment. Sans une redistribution des cartes politiques, il faudra atteindre la frontière internationale après beaucoup de morts et de dévastations. Seules les révolutions de palais fonctionnent depuis la grande révolution de 1917, et peut-être qu'une vérité à propos du saccage de Marioupol pourrait en être le déclencheur : quarante jours de bombardements indiscriminés, une estimation de vingt mille victimes, 90% des logements détruits, usage de gaz de combat dans les assauts d'Azovstal. Tout est prêt pour La Haye.

Crimée

A supposer que ce protocole de sortie de guerre réussisse (buvons frais !), il faudrait l'appliquer ensuite à la Crimée dans un délai raisonnable et négocié. La libre circulation serait rétablie sur toute la presqu'île, et compte tenu des spécificités de la ville-état de Sébastopol et de la Crimée intérieure de Simféropol, des référendums internationaux de rattachement à l'Ukraine ou à la Russie seraient organisés dans ces deux circonscriptions, sinon sur la presqu'île d'un seul bloc. Mais la bonne idée (puisqu'elle vient de moi) serait que la Crimée se constitue en principauté indépendante de toutes les parties et se développe comme la Singapour de la Mer Noire. Un grand port en eau profonde avec une belle rade d'attente, une grande zone franche de transformation de valeur ajoutée et de réexportation, des zones touristiques populaires, églises à oignons, hôtels pour tour-operators, marinas, casinos, pubs et claques à marin. Penser à remplacer l'arche centrale du pont de Kertch par un pont-basculant ou levant permettant l'accès des panamax à la mer d'Azov.

Baltique

Dans un autre registre l'image du jour fait la couverture du Spiegel. L'article du jour concerne la sûreté des communications immergées, dont je vous passe le lien de la version anglaise en cliquant ici. L'allemand est accessible en pied d'article et on peut traduire en 40 langues par Google Translate. Ma perception est que Gazprom a saboté les tubes sur ordre, par introduction des piglets explosibles dans les gares de racleurs. On saura après plongée (les fuites de méthane vont cesser) si les moignons de tube se sont ouverts de l'intérieur ou de l'extérieur. C'est tout pour aujourd'hui.
Tchao !

jeudi 29 septembre 2022

Il était une fois La Nation Française

Avertissement: Le blogue a changé de nom (mais pas d'adresse url) pour marquer la rupture de contrat entre son rédacteur vieillissant et son lectorat distingué qui en attend toujours plus de polémiques, à croire la courbe d'audience dont les pics jalonnent les arquebusades.

page-titre de La nation Française
1955-1967
Si la cure d'altitude est une expression souvent galvaudée, ce fut pas le cas de cet hebdomadaire monarchiste d'après-guerre fondé par Pierre Boutang avec le renfort de contributeurs distingués que furent Michel Vivier, Henri Massis, Pierre Varillon, Jacques Navailles, Gilbert Comte, Michel Mourre. Vinrent ensuite des pointures comme Jules Monnerot, Antoine Blondin, Roger Nimier, Gilles Dubourg, Philippe Ariès, Louis Pauwels, Michel Chrestien, Jérôme Carcopino et d'autres. Autant dire qu'il y avait de la diversité. Il s'agissait après la mort du Martégal de rompre avec le réflexe d'exclusions de l'Action française et cette mécanicité du débat qui avait engouffré la cause monarchiste dans un tunnel sans fin, et dont les continuateurs officiels ne voulaient démordre, jusqu'à la sclérose. A voir les résultats d'audience, on n'en est toujours pas sortis, mais ça avance, à moins qu'on reprenne les mêmes.

Aujourd'hui encore quand on veut élever le niveau de réflexion dans le dernier carré monarchiste, on cite d'abondance Pierre Boutang et sa bande d'Iroquois de La Nation Française. Rien ne leur était étranger, rien ne leur faisait peur. Pour saisir ce que je veux dire, je me limiterais à citer Boutang dans un libelle d'actualité d'alors, "La Terreur en question" (clic), comme une réponse au livre La Question du communiste Henri Alleg, écrit dans la prison d'Alger, qui dénonce les pratiques odieuses des autorités militaires. C'est un sujet impossible à analyser aujourd'hui sans mourir sous l'anathème. Boutang n'a pas eu peur, lui, mais ce n'était pas la même époque, il est vrai.

« La logique de la torture, en sa simple et terrible essence, est que, le jugement de la force une fois prononcé, le vaincu doit au vainqueur la reconnaissance de sa victoire, il lui doit ses secrets, son pouvoir de parler et de se taire, puisqu'il lui doit la vie. Mais la morale de notre honneur, dans l'Occident chrétien, n'accepte plus que ce jugement soit total ; elle ne tient pas la parole pour une simple part de la vie, une des fonctions dont le combat déciderait souverainement. Il faut donc que le prisonnier, une fois sa bataille perdue, se retrouve homme, libre de sa parole ou de son silence. Cette exigence est sans mesure, scandaleuse du côté de la puissance : il faut d'immenses efforts, une attention et une invention accrues, pour qu'elle ne profite pas au mal et à la mort ; pour qu'elle ne contribue pas au triomphe de ce qu'elle refuse, du monde ancien où la terreur appelle la question. L'armée, nous en avons les preuves et les gages, accepte de répondre au défi, de vaincre sans avilir.»

A revenir sur terre aujourd'hui, on mesure l'orwellisation des moeurs politiques.

Sur Boutang lui-même, j'ai bien aimé la recension fouillée de Juan Asensio du bouquin de Luc-Olivier d'Algange, Pierre Boutang (clic). Copieux certes, mais on ne perd pas son temps. Extrait :

« Être monarchiste, pour Pierre Boutang, c'est comprendre, par-delà les considérations positivistes (inspirées d'Auguste Comte, d'Anatole France ou de Renan) de Maurras, que l'ordre politique et terrestre n'est digne d'être respecté que s'il reçoit humblement l'empreinte de l'Ordre du Ciel. La fonction d'Auteur monarchique que Pierre Boutang fut, avec Henry de Montaigu, un des très rares à hausser à l'exigible dignité chevaleresque, annonce ainsi sa fonction de philosophe, c'est-à-dire d'amoureux de la sagesse. Car si l'Ordre est vénérable, en ce qu'il témoigne du permanent, et s'il est préférable a priori à la subversion, désastreuse par nature, il n'en demeure pas moins que Pierre Boutang, dans la fameuse querelle sur le coup de force qui eût libéré Socrate de ses geôliers, fut enclin à passer outre aux recommandations légalistes de Socrate pour le sauver. L'Ordre est sacré, certes, mais encore faut-il qu'il ne contredise point le cri du cœur qui, en certaines circonstances, nous en révèle la nature parodique.»

Et je ne résiste pas non plus à l'amorce de Romain Debluë de sa critique (clic) de l'Ontologie du secret :

« La philosophie française est une pâture que mit en jachère le génie de Descartes, et à quoi l’intuitif labeur de Bergson ne sut point rendre sa fertilité ancestrale, égarée, durant le petit siècle qui fit suite au Grand, parmi les stériles sillons tracés par l’araire ravageur que prirent les Lumières pour le grand véhicule du Progrès. La terre fut fendue mais ne fut point retournée ; et il y eut alors, pour les veaux et les cochons, un long double siècle de pacage exclusif, au lieu même où les aigles et les taureaux, naguère, tenaient d’altissimes conciliabules. Le sarcloir français, au temps des perruques pulvérulentes, puis au temps des révolutions, était de bois : le fer puissant et rigoureux fut à la France confisqué par les Germains qui firent, dans de perverses directions, des merveilles immenses ; l’exigence de l’intelligence était alors teutonne, et si l’on n’orait plus, l’on avait pour les labeurs de la pensée un sérieux vertigineux. Par suite, au siècle des occidences ultimes, la France à sa déliquescence trouva d’onctueux délices et s’y laissa glisser en provoquant même à la pousser aux abîmes les mille secondes petites mains de la Sophistique, entortillée toute dans un voile d’Isis acheté chez Cache-Misère. La Sophistique prit alors l’Insignifiance par le bras, et les manigances d’entremanificence purent commencer pour sembler ne vouloir cesser jamais. Quelques-uns, pourtant, s’extirpèrent de cette contredanse macabre : ils furent une petite quinte diminuée à n’être pas ensorcelés par les prestiges luxueux et luxurieux de l’ère nouvelle où Satan induit le bal en incessantes tentations. Parmi ceux-ci : Pierre Boutang. »

Fasciné par le logo flamboyant de Georges Mathieu, j'avais onze ans quand j'ai ouvert ma première Nation Française que mon père laissait traîner toute la semaine sur la table basse du salon. Et j'en ai lu presque tous les numéros, sans toujours tout comprendre, jusqu'à ce que je parte en Allemagne (1967). Depuis des années, Olivier Véron prépare aux Provinciales une édition d'une centaine d'éditoriaux de Boutang publiés tout au long de la vie du journal. Doit-on le harceler ? Les Provinciales ont déjà réédité les livres importants du métaphysicien fou (voir le catalogue).

Voilà ! C'est le premier billet du Canon de Gaillon.

lundi 26 septembre 2022

Faccetta Nera


Se or dall'altipiano guardi il mare
Moretta che sei schiava fra li schiavi
Vedrai come in un sogno tante navi
E un tricolore sventolar per te
Faccetta nera, bell'abissina
Aspetta e spera che già l'ora si avvicina!
Quando staremo vicino a te
Noi te daremo un'altra legge e un altro Re

La legge nostra è schiavitù d'amore
Ma è libertà di vita e di pensieri
Vendicheremo noi Camicie Nere
Gli eroi caduti e liberiamo te
Faccetta nera, bell'abissina
Aspetta e spera che già l'ora si avvicina!
Quando staremo vicino a te
Noi te daremo un'altra legge e un altro Re

Faccetta nera, piccola abissina
Ti porteremo a Roma, liberata
Dal sole nostro tu sarai baciata
Sarai in Camicia Nera pure te
Faccetta nera, sarai romana
La tua bandiera sarà sol quella italiana!
Noi marceremo insieme a te
E sfileremo avanti al Duce e avanti al Re

Noi marceremo insieme a te
E sfileremo avanti al Duce e avanti al Re


contorsionnistes du cirque abyssin

Que voit le duc d'Anjou de son avenir ?

(billet spécial royco déporté après les funérailles d'Elizabeth II)

Echange commenté entre Louis-Alphonse de Bourbon et Antoine de Montjoie à l'occasion de la venue en France cette année de l'aîné des capétiens. Le texte est repris du site Légitimité sous timbre officiel du secrétariat du duc d'Anjou en France (texte intégral). Antoine de Montjoie est le rédacteur du journal Une France Un Roy, organe du Cercle Royal des Enfants de France (clic). Nos commentaires sont nettement identifiables et tapés en gras italique vert. Nous avons choisi d'enlever la décoration pour se concentrer sur le verbatim.


ADM - Que pensez-vous de l'avenir de la France avec la réélection d'Emmanuel Macron en tant que président ?

Louis-Alphonse de Bourbon
LDB - Je ne polémique pas avec l’actuel Président de la République qui comme tous ses prédécesseurs passera… Je suis plus intéressé par l’avenir de la France qui, elle, a vocation de durer. Je dois dire que je suis inquiet de ce qui se passe depuis des décennies dans la terre des lys. Comme nous le montre l’histoire, la France a été une terre de progrès, de culture, de civilisation ; un pays non seulement prospère et puissant mais, encore plus, regardé par de nombreux autres comme un modèle. Pourtant, actuellement, nous voyons l’œuvre des siècles détruite. Pour une large part c’est le fait d’institutions inadaptées car elles ne permettent aux meilleurs de donner toute leur puissance au service de la collectivité. Où sont les Colbert, les Sully, les Michel de l’Hospital ? Pareillement elles appauvrissent des populations toujours plus nombreuses. La France a progressivement été déclassée ce qui a des conséquences sur sa souveraineté et son moral. Or c’est contre cet esprit d’abandon qu’il faut réagir et, malheureusement les gouvernements actuels sont incapables de le faire puisque les institutions ne sont plus à même de répondre aux besoins. Bâties sur des idées fausses, minées par le scepticisme et le relativisme elles ne peuvent répondre aux interrogations du monde d’aujourd’hui. D’ailleurs depuis des décennies les gouvernements ont promis des réformes mais ils n’ont rien fait car c’est le système qui est mauvais.

RA : on est d'accord, le système est vicié à la base, qui interdit réforme et renaissance du pays dans le concert des grands.

ADM - Que pensez-vous de l'Union Européenne, trouvez-vous qu'elle remplit son rôle, ou va-t-elle trop loin ?

LDB - Vous faites bien de poser la question en termes d’Union Européenne car c’est là où le bât blesse. Un capétien ne peut être que pour l’Europe qui a été le creuset de la civilisation occidentale à laquelle le monde entier doit tant. L’Europe a toujours eu le souci de transmettre sur les cinq continents ses valeurs inspirées par sa foi chrétienne et l’héritage gréco-romain. Qu’a-t-telle à transmettre actuellement si ce n’est des idéologies délétères. Avec l’Union européenne ce qui était un projet de civilisation rayonnant sur le monde, est devenu un mauvais modèle économique et financier technocratique menant à une mondialisation dangereuse puisqu’ordonnée à rien d’autres que l’esprit de profits à court terme. Afin que L’Europe puisse de nouveau être un modèle et non un pion plus ou moins malmené dans un concert des nations toujours plus instable et dangereux, la France doit reprendre conscience de sa vocation d’éducatrice des nations.

RA : la vocation française d'éducatrice des nations est justement niée hors du cercle étroit de la francophilie de proximité. Il faut inventer autre chose que de reprendre la trace d'un passé civilisé qui n'a pas l'aura escomptée dans le monde actuel. La dévolution des pouvoirs n'est pas citée or c'est un des "sine qua non".

ADM - Avez-vous l'impression que les Français désirent un roi ?

LDB - Cela ne peut-être une question d’impression. Le roi sous-entend une volonté de partager un destin commun, un grand dessein dans lequel tous se retrouvent, heureuse alchimie entre les désirs individuels et la volonté de garantir ce que les anciens appelaient la chose publique. Les Français n’ont jamais totalement oublié le roi. Les dix siècles de royauté demeurent comme une sorte d’âge d’or auquel ils peuvent se référer ne serait-ce qu’en matière de patrimoine. Ce qui est « royal » par nature est « beau et glorieux ».
Sur un autre plan voyez aussi combien les Français regardent avec envie vers les princes étrangers que ce soit les Windsor ou les Grimaldi. Plus de Français ont suivi le Jubilé des 70 ans de règne de la Reine Elisabeth II que la cérémonie du second septennat de M. Macron. Mais d’un certain sentiment en faveur de la royauté il conviendrait de passer à une volonté.

RA : les Français n'auront une volonté de royauté qu'à partir du moment où ses promoteurs afficheront un vrai projet, lisible et compris facilement par tous. Les photos sur papier glacé des magazines royaux n'y suffiront pas.


ADM - Avez-vous une impression que la civilisation européenne sombre dans un déclin profond à un point où toutes les valeurs qui l’ont bâtie ont été oubliées ? Quelle serait votre alternative face à ce déclin ?

LDB - Comment ne pas voir qu’il y a un certain déclin européen. Il y a des causes extérieures par exemple la poussée des pays émergents qui sont de nouveaux concurrents notamment économiques mais encore plus il y a des causes morales, une sorte de démission née d’une perte de confiance. L’Europe rejette ses racines historiques, religieuses et civilisationnelles, comme si elle avait honte d’elle-même et de ce qu’elle a réussi par le passé et qui a fait sa grandeur. Elle semble oublier qu’elle a été le lieu de tous les progrès tant matériels que culturels. Elle a été l’espace où ont pu s’épanouir tous les arts. L’Europe peut être fière d’elle-même. Quand elle abandonne sa mission le monde retrouve les désordres : l’esclavage renait comme la piraterie et tous les trafics, les obscurantismes de tous ordres s’épanouissent et donc l’insécurité pour tous. Les périls extérieurs sont autant le fruit des démissions internes que des volontés hégémoniques de nos ennemis. Quand la France et l’Europe montraient leur puissance et leur détermination elles n'ont pas été attaquées. C’est une des leçons que Louis XIV donnait au Dauphin. Elle n’a pas perdu de son actualité.
Pour stopper le déclin il faut que l’Europe retrouve confiance en elle et revienne a plus de sens du réel c’est-à-dire tire un trait sur les fausses idées et les idéologies. Les dernières crises, économiques, sociales et sanitaires, montrent nos fragilités en des domaines toujours plus larges et pourtant vitaux pour notre pays. Cette dépendance accompagne le déclin. Il faut en tirer les conséquences et savoir renouer avec une action politique réaliste permettant de retrouver les voies de la croissance et du développement équilibré.

RA : on peut discuter du déclin européen qui n'est pas si sûr dans tous les domaines. Par ailleurs l'affirmation de puissance de la France et de l'Europe s'est faite aussi dans l'aliénation de nations qu'elles ont vaincues à la guerre. C'est pas top.
Le second paragraphe ne veut rien dire. Le passé ne nous aide pas au pantographe de la mondialisation. La France, premier royaume jadis, a été engloutie par la naissance ou le retour des grands empires. Relever le défi d'une civilisation de mort (IVG, euthanasie) et de perversités sexuelles est au-dessus des forces de la seule France actuelle qui exhale une odeur d'eau croupie. Le seul bassin civilisationnel où sont promues avec succès mais au prix de l'asservissement des âmes les "valeurs chrétiennes" pour lesquelles combat la droite et le prince, est celui de l'Islam ! On fait quoi, Monseigneur, une fois qu'on aura transformé l'Europe en hard-power ? J'avoue être perdu.

ADM - Que pensez-vous de la place de la jeunesse dans le royalisme actuel ? Les encouragez-vous à poursuivre des actions tel que ce journal, du militantisme (collage d’affiche…) ou d’autres actions ?

LDB - Les jeunes sont toujours l’avenir. Cela est vrai pour les familles comme pour les Etats. Cela est vrai aussi, bien évidemment, pour le royalisme. Que serait-il s’il n’était que prôné par les anciens ? Tout au plus une nostalgie pour un monde révolu du passé. Or le royalisme comme cela l’a toujours été du temps des rois de France doit être avant tout vision d’avenir, d’espoir pour demain. Chaque règne nouveau apportait un peu plus au royaume. Dans les premiers siècles, assurer l’essor territorial ; ensuite créer des structures politiques et administratives performantes avec une fonction publique dévouée au service de l’Etat, enfin assumer et garantir la souveraineté. Actuellement la société est si malade que sa renaissance incite à revenir aux formes qui ont fait leur preuve et non aux utopies. Je ne peux qu’encourager les jeunes à la fois dans leur activité d’approfondissement des connaissances pour pouvoir défendre leurs idées et de militantisme car les jeunes ont besoin d’action. Ainsi je soutiens les jeunes qui s’engagent dans les actions diverses pour contribuer au bien commun.

RA : oui, c'est exactement ça, mais quel est le cadre monarchique à bâtir pour demain qui motivera une jeunesse combattante ? Quel est le cadre monarchiste à bâtir aujourd'hui où s'exprimeront efficament ces jeunes ? Atterrissez un jour, Monseigneur !

[...]

ADM - Quelle forme aurait la Monarchie future ?

LDB - Elle ne pourrait avoir que la forme de son temps comme ce fut toujours le cas. Du Xème au XIXème siècle la royauté a connu des formes diverses. Celle de saint Louis n’est pas celle de Louis XIV, celle de François 1er la même que celle d’Henri IV. Il en serait de même aujourd’hui ou demain. La monarchie restaurée dans un souci de bien commun retrouvé devra assurer leur place aux corps intermédiaires pour une bonne représentativité de tous. C’est sur ce point que notre régime malgré son emploi permanent du mot démocratie, n’assume plus ses devoirs d’où la crise sociale permanente du fait de tous ceux qui se trouvent exclus. C’est de cela que le taux d’abstention à toutes les élections témoigne. La royauté nous a appris que la société doit être un corps social vivant dans lequel chacun est à sa place du plus humble jusqu’au roi qui est sa clef de voûte. C’est vers cela qu’il faut tendre en redonnant leur place à tous les corps intermédiaires, le premier étant bien évidemment la famille.

RA : "je vous remercie de cette question, mais je n'en sais foutre rien !" On est là au fond de la faille programmatique ; aucun des prétendants à la couronne ne sait aujourd'hui quoi en faire, aucun ! Il faut faire sauter le mur de l'indécision sauf à vouloir continuer l'agit'prop à trois pelés et un tondu en collant des tracts sur les réverbères la nuit ! Cette cause génère du désespoir, il faut que ça change et que les princes parlent d'autre chose que du glorieux passé, sans y avoir jamais vécu.

[...]

Cette recension critique des propos largement réécrits du prince Louis n'est pas une manifestation d'hostilité à son égard. Mais il est toujours aussi indéterminé que lors de l'entretien donné à Paris-Match depuis New-York après la naissance des jumeaux en 2010. En résumé, le prince n'a pas de projet rédigé, seulement de pieuses intentions, mais à sa décharge, les questions sont mal posées et n'appellent pas des réponses constructives.

Qu'il se saisisse donc du régalien et basta !

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