jeudi 2 décembre 2021

Gary l'écologue

Bicentenaire de Napoléon ! Ne peut tomber une autre jour qu'à la Saint-Austerlitz. Il est des gens biens qui sont morts un 2 décembre et pas qu'à la célèbre bataille ; et des célébrités aussi, la plus récente étant le président Giscard d'Estaing. A les rapprocher dans le temps, il avait quelque chose que plus tard Emmanuel Macron montrera, le superbe orgueil qui lui coûtera son poste ; mais on ne s'est pas levé ce matin pour chuinter. Si Bonaparte fut notre chef d'Etat le plus atypique, il est un autre natif du jour qui en fit voir de toutes les couleurs aux diseuses de bonne aventure, Romain Gary. Aviateur décoré, écrivain primé, diplomate distingué, cinéaste incompris, suicidé ! c'est lui que nous choisissons cette année pour la Saint-Austerlitz.

Romain Gary

Romain Gary est mort en 1980. il est "le type bien" d'aujourd'hui. Le dernier livre que j'avais lu de lui était l'histoire des fils de pute de Mama Rosa mais j'ai perdu le titre. Le site Commentaires & Dissertation propose une notice biographique récente qui va bien en cliquant ici. Compagnon de la Libération, il mourut commandeur de la Légion d'honneur. Nous y ajouterons la modeste critique d'un ouvrage écrit en 1956 (Goncourt dans la foulée) et qui est de plein pied avec l'écologie des hommes d'aujourd'hui : Les Racines du ciel.

Comme vous ne le savez plus, c'est l'histoire d'un ancien du STO qui s'est toqué des éléphants d'Afrique et qui part en croisade pour les sauver de la chasse capitalistique. L'ivoire des Blancs, la viande des Noirs. C'est un des premiers romans écologiques de qualité lisible, qu'on aurait pu sous-titrer jadis : "Faut-il s'encombrer de la Nature ?" mais qui aujourd'hui prend tout son sens avec l'extinction des espèces en concurrence avec la nôtre. La Wikipedia a fait un sacré bon article sur ce roman mythique (clic). Mais un mec formidable a créé tout un site sur le bouquin et il serait déloyal de le pomper. Faites-vous une tisane, un thé ou un café selon l'heure et allez voir Racinesduciel.overblog. Vous y passerez un bon moment, et je m'économise une facile gloire que d'aucun, copieur impénitent du Monde-abonnés, ne se refuserait pas (clé).

Romain Gary m'intéresse parce qu'à quelques mois près, il avait l'âge de mon père et fit la guerre de 39-40 lui-aussi dans un bombardier comme navigateur, tout pareil ! Mon père s'est crashé deux fois avec un Cercueil volant MB210 de l'avionneur Marcel Bloch, bientôt Dassault ; il en réchappa parce qu'ils n'avaient que peu d'essence sinon au touchdown ces machines prenaient feu ; la première fois de nuit en rentrant de la Ruhr, la seconde en revenant d'Oran ; Gary a eu plus de chance, si l'on peut dire, puisqu'il volait sur Douglas A-20/Boston, un appareil fait pour rester en l'air. Son combat du 25 novembre 1943 au sein du No.342 Squadron RAF des FFL est entré dans la légende. Pour faire court, l'appareil prit la flak allemande à l'aller, qui enleva la vue à son pilote, mais la mission sur la rampe de V1 comme le retour et son atterrissage en Angleterre furent conduits à la voix du navigateur dans les écouteurs du pilote aveugle ! Gary, blessé au ventre, s'évanouit, une fois l'avion posé. L'histoire est invendable à moins d'être vécue.

Pessimiste indécrottable, diplomate distingué avec la pointe d'humour qui va bien, Romain Gary sut garder une certaine distance avec la vie qui lui en avait fait voir de toutes les façons. Il se fit sauter le caisson au 108 Rue du Bac quand il jugea l'heure venue. Il avait tout vu et soixante-six ans.

Avec Jean Seberg


Jean Dorothy Seberg en Jeanne d'Arc d'Otto Preminger, comment ne pas tomber amoureux ? Les congrégations s'y précipitèrent, jusqu'aux Capucins en scarpos grossos. Et tous ses autres films ! Les Oiseaux, Bonjour Tristesse, parmi trente, magnifique... et plus sur Allo Ciné. Pschitt à quarante ans ; Romain Gary tiendra quinze mois de plus et niera in fine qu'elle soit la cause de tout ! Un monde disparut alors. Il nous reste les éléphants.


Douglas A-20 bomber
Bombardier Boston

mercredi 1 décembre 2021

Aukus, le doute !

Virginia class sub
- Un sous-marin atomique Virginia chasse aux ballasts pour plonger -

Comme le disait Jean-Yves Le Drian récemment, l'affaire des sous-marins australiens n'est pas vraiment terminée. Sans doute aucun, notre ambassadeur à Canberra a-t-il transmis au Quai d'Orsay les interrogations qui montent là-bas tant dans les partis politiques, Labour en tête, que dans les associations écologiques, voire dans l'opinion publique quand l'Australie en aura une. Par le pacte Aukus, et quoiqu'en disent les officiels de chaque bord du Pacifique, l'Australie intègre un pacte militaire qui va plus loin qu'une alliance défensive ; disons-le tout net, c'est un pacte d'agression. Qu'il en reste au stade de la menace dissuasive est le seul bien qu'on puisse lui souhaiter, sauf si la guerre éclate, auquel cas nous soutiendrons l'Occident.
Disons pour être juste que les parties prenantes se sont données dix-huit mois de réflexion pour juger de la faisabilité de la nouvelle triplice. Scott Morisson doit franchir l'obstacle d'élections fédérales au parlement de Canberra avant la date constitutionnelle du 30 juin. Le rapport de sièges entre la Coalition libérale et les Travaillistes est de 77 à 68. Rien n'est joué d'autant que toutes les petites nations du Pacifique-Ouest dénoncent la nucléarisation de la marine australienne et que leur avis a un certain poids chez les éco-consciences du pays.

Australia chart
Zones météo australiennes

La stratégie du gouvernement Turnbull précédant celui-ci était de maintenir la supériorité aéro-navale de l'Australie sur tous ses atterrages. Du sud au nord et laissant de côté l'Océan indien, il s'agit des quarantièmes rugissants puis de la Mer de Tasman qu'elle partage avec la Nouvelle-Zélande, la Mer de Corail qui baigne la Mélanésie avec la Mer des Salomons qui donne accès à la Mer de Bismarck, la Mer d'Arafura et la Mer de Timor qui donnent l'accès à l'Insulinde. Toute progression au-delà vers le nord passe par des détroits qu'ils soient tenus par l'Indonésie ou par les Philippines sauf à franchir l'Océan Pacifique-Nord à travers les Carolines et les Mariannes. On voit aisément qu'il y a beaucoup d'espace maritime à couvrir, certes mais que des sous-marins diesel-électriques de dernière génération au nombre de douze patrouilleraient facilement. Il était très réaliste que l'Australie et la Nouvelle-Zélande dans son compartiment affirment une indiscutable supériorité navale au moment où les corporations de la République populaire de Chine achètent les gouvernements de l'ancien empire allemand pour obtenir des concessions minières, et plus si affinités comme ils le font en Afrique noire. Sans même parler de la police de la pêche hauturière que seuls les deux dominions britanniques peuvent assumer. C'était un bien grand challenge déjà, sans entrer en plus dans la dispute sino-américaine.

Aukus fait franchir les détroits à la marine australienne jusqu'à apparaître un jour peut-être en Mer de Chine méridionale. Des sous-marins nucléaires sont plus adaptés à cette projection des forces. Mais cette projection au flanc du premier partenaire commercial du pays est-elle avisée ? C'est une question que la classe politique australienne débat en ce moment. L'autre question est celle de la souveraineté, ou plus prosaïquement celle de l'autonomie stratégique. En quelque sens qu'on tourne et retourne le pacte Aukus, cette autonomie disparaît sous le monitoring nucléaire américain. Sans même parler du Quantum ! Le chargé d'affaires américain de la zone indo-pacifique, Kurt Campbell, vient d'affirmer sans détours qu'il y aura mixité des équipages et que les bases australiennes serviront à l'US Navy (source). La base de Cairns (ou celle de Townsville) sera-t-elle dans dix ans le Mers-el-Kebir américain en soutien d'Okinawa ?

Il est sûr que tous les plans de bataille sont prêts au Pentagone. Reste à assembler les pièces du puzzle et Aukus va en ramasser beaucoup. Les soucis de la Chine populaire sont légitimes car l'Australie est pour eux le premier producteur-transformateur de matières premières indispensables aux géants de son industrie. Il faut souhaiter que ses dirigeants trouvent un protocole de désescalade des tensions sans perdre la face. Pour cela ils doivent (sans le dire) lever le pied sur Taïwan ou préparer à l'intention de leur opinion intérieure des explications crédibles sur la raclée que Joe Biden veut leur mettre de son vivant.

HMAS Canberra
Un porte-hélicoptères d'assaut amphibie australien en escale à Cairns (Queensland)


Ceux des lecteurs qui chercheraient une vue d'ensemble stratégique dans laquelle s'inscrit l'Australie peuvent consulter l'article titré Abrégé de stratégie navale en zone indo-pacifique du 23 septembre 2021.


[1984°]

lundi 29 novembre 2021

Le doigt de Zemmour

Poires d'Honoré Daumier
Petite fatigue dans la campagne zemmourienne qui se vautre à Marseille par la faute d'une opposition frontale à un discours imprécatoire contre l'islam, les renoi et les rebeu. Marseille ! Il n'a rien lu sur Marseille, ce con ce fada ? Il fallait envoyer quelqu'un avant, qui aurait fait un petit reportage depuis les escaliers de Saint-Charles vers la Porte d'Aix en direction du Panier via les Carmes. C'est juste cool, un peu crasseux mais finalement cool, le jour, pour un mec, sans attaché-case, ni Rolex, ni RayBan miroir. Salam ! Finalement, il dut affronter ce que tout candidat politique rencontre, des mécontents, voire des agitateurs malveillants. Ça se traite !

Les chaînes en continu étaient aux cent coups, le week-end était plat, venté, gris, pluvieux et on avait tout entendu déjà de partout quand, faute de tempête ou de crue décennale, on a eu le doigt de Zemmour et la bite à Hulot ! Sauvé ! Les rédactions étaient sauvées. Les "grands magazines" que je ne regarde jamais avaient quelque chose à mettre en bouche des grands fellateurs du PAF. Mais revenons aux classiques.

Ainsi donc, à l'insu de tous, même la nomenklatura verte se tape les stagiaires comme un vulgaire président des Etats-Unis. "Il est à gauche l'obsédé ?" me crie de la cour ma concierge qui verse un seau de lessive au pluvial (c'est interdit). C'est fou ce que les gens comprennent vite qu'il suffit d'en être pour avoir libre pratique du chibre. Que Pascale Mitterrand ait été déboutée en 2008 et 2018 au principe de prescription ne purgeait pas le casier moral de monsieur Hulot, particulièrement chargé au sein du microcosme médiatico-mondain. Pour que Jean-Michel Aphatie s'en mêle, c'est qu'il y avait du matériau pour son livre ! Hulot, le préféré des Français depuis la mort de l'abbé Pierre, disposait à ce titre du totem d'immunité ouvrant wide shut l'omerta médiatique jusqu'à ce qu'un des leurs, en recherche de scoop, sorte le linge taché de foutre de la panière. Comme le fit avant lui Olivier Duhamel qui démissionna de tous ses postes de mandarin dans l'heure, le Vert galant jusqu'à la garde a quitté prestement toutes fonctions appelant du public au motif bien connu de protéger sa famille. La prescription semblant sûre, je conseille à M. Hulot, qui a du bien garé à gauche, d'embarquer sa famille pour les Bahamas et d'y rester. Le seul problème est que le vaisseau Jadot vient de se prendre une torpille par tribord arrière en plein dans la salle des machines ; déjà qu'il ramait à 7%, la suite va devenir compliquée.

Le pitre compilateur savant pour sa part ne risque rien. Un doigt "bien profond" contre un doigt muet ne lui enlèvera aucun lecteur et peu d'électeurs. Pas plus qu'il n'en gagnera ! Il a jusqu'à dimanche prochain pour briller au milieu de ses groupies, jusqu'à la certification du candidat officiel de la droite bourgeoise. Après quoi sa popularité devrait s'effriter lentement par lassitude des gens autant que par défaut de toise. Candidat déclaré (cette semaine), il entre au champ clos* où tous les coups sont donnés quand bien même ils ne seraient permis. Par amitié pour certains de nos lecteurs qui ont donné la pièce pour aller l'entendre vendre ses idées adossées à une histoire reconstruite et tordue en tous sens, je ne donnerai pas les défauts de la cuirasse, mais si je les ai vus, d'autres s'y affairent sans doute. Zemmour va dérouiller, et il est seul sur scène, même si le back-office est apparemment staffé.
* relire Brantôme


Chacun peut avoir de bonnes idées - nous sommes en France, un pays intelligent - d'aucuns peuvent croire qu'ils en ont de meilleures, mais ici, l'habit fait le moine et la façon de les exprimer compte beaucoup. Fébrilité, entêtement, fabrications, insultes ne font pas bon ménage dans l'isoloir. Mon grand-père me racontait l'étonnement du général de Castelnau, le capucin botté, aux piètres résultats électoraux qu'il avait reçus comme une gifle, après avoir fait la tournée de toutes les salles des fêtes et cinémas de l'Aveyron, pleins à craquer, applaudissant debout. Dans l'isoloir, chacun avait préservé ses intérêts particuliers quand ils n'avaient pas répondus à des promesses personnelles sur l'empiètement du chemin communal ou le branchement du hameau aux égouts. Il eut du mal à accepter qu'il avait pris le melon, ce qui chez lui avait ouvert la vanne des outrances par lesquelles il traitait de haut tout contradicteur. S'ils en rient comme tout bon public, les paysans n'aiment pas ça. Ça leur rappelle la morgue des grands propriétaires fonciers qui tranchent et coupent sur leurs parcelles sans égards pour leurs voisins. Eric Zemmour aurait besoin de soutiens actifs. Ses outrances les repoussent. Ça lui sera fatal. Désolé !

[1983°]

Tectonique des blocs électoraux

Va commencer la campagne électorale très bientôt. Avec l'arrivée sur le marché du candidat LR officiel le 4 décembre prochain et la mainlevée cette semaine aussi de l'hypothèque Zemmour, le band-wagon sera lancé. Qui ne le prendra pas maintenant n'y montera jamais... le sortant étant à part, pour continuer à bénéficier des avantages de la fonction et faire campagne aux frais de la marquise, mais quand tu tutoies le pape, tout t'est permis ! Il n'est aucun jour déjà que lui ou sa clique ne fasse irruption sur l'avant-scène médiatique pour maintenir éveillé l'intérêt des masses laborieuses et démocratiques comme le disait Georges Marchais (il nous manque !). Les médiats sont au maximum de puissance d'émission dans le même but, captiver l'auditoire qui renchérira l'Audimat (comprenez, le prix des quinze secondes de publicité). Mais les bâtons merdeux commencent à se compter, qui vont faire grossir la facture des déplacements : guerre des coquilles, Antilles, Nouvelle Calédonie, Brexit de Calais, rigueur budgétaire revenue à la Chancellerie de Berlin, prurit poutinien aux portes de l'Union et pour faire bon poids, l'Omicron austral. Miquet à la houppe a donc lancé la sienne campagne, toute en rhétorique ; il adore "expliquer" !

L'auditoire justement, quel est-il ? Mis à part les locuteurs étrangers non impliqués dans la vie d'une nation qui n'est pas la leur mais qui résident ici à millions, apparaissent dans la boule de verre quatre blocs distincts qui ne se mélangent pas. On aurait pu titrer ce billet "Typologie de l'électorat" mais c'est assez prétentieux. Commençons par les plus nombreux, ceux qui ne votent pas !

Bon an mal an, ils constituent maintenant la moitié des citoyens appelés aux urnes, non-inscrits et abstentionistes. C'est beaucoup pour avoir fait la Révolution que le monde entier nous envia. La moitié des non-inscrits sont de jeunes adultes ayant autre chose à faire que de la politique ou qui sont partis réussir ailleurs. Un tiers des non-inscrits sont des déclassés sociaux qui ne se sentent pas concernés par la Cité ou qui subissent parfois des avanies administratives qui les distancient des services publics. Le solde (17% donc) sont des anarchistes et autres asociaux de naissance qui ne reconnaissent pas la légitimité de l'Etat et moins encore celle des scrutins. Les deux dernières catégories sont figées, on y entre comme dans les ordres sans en jamais sortir. La première catégorie est évolutive, les individus passant ou pas vers les autres blocs. Les abstentionistes varient au fil des circonstances si les étals politiques n'offrent rien qui les branchent. Ils sont issus des quatre blocs dont on va parler maintenant et ne sont pas agrégés, donc divisibles et enrôlables (plus par là).

C'est donc la moitié seulement des citoyens qui va voter et infléchir la course des astres politiques. Cette moitié est constituée de quatre blocs sociaux, travaillés par des partis politiques qui cherchent à s'identifier à eux pour en obtenir les faveurs avant d'en prendre le commandement. Subséquemment on trouve les Indignés de Stéphane Hessel, les lève-tôt, les administrateurs à statut et les pensionnés. Leurs intérêts se croisent rarement mais on pourrait segmenter différemment. Ce qui est intéressant n'est pas de décrire dans le détail la composition de chaque bloc (on va le faire très brièvement ci-dessous) mais de les voir interagir pour déboucher in fine à former une majorité qui réalisera l'équation magique « e=50+epsilon/100 ». Pour les cerner, il ne faut pas se fier aux politiciens qui idéologisent le bloc concerné mais parler aux gens qui le constituent. Voisins, familles, bar-tabac, camping, transports en commun, manifestations diverses et variées donnent accès à l'échantillonnage. Libre ensuite à chacun de comprendre, de vouloir comprendre et de relever sa position géodésique.

animaux de Granville

Composition des blocs

Les Indignés comprennent les révolutionnaires, les insoumis, les réveillés (woke), les discriminés par auto-suggestion et les assistés sociaux de métier. C'est le syndicat des "droits à" et toujours plus. Les équilibres budgétaires sont refusés au simple motif que de l'argent, il y en a ! L'oisiveté est une occupation comme une autre. Chez eux, c'est à ras du sol ! Certains écologistes s'y font happer qui en meurent comme la mouche sur le papier-collant.

Les "lève-tôt" sont tous ceux qui on mis le réveil entre 6h30 et 7h00 pour rejoindre un poste de travail. Ça va du cadre d'entreprise au petit patron, du médecin à l'infirmière, de l'ouvrier au commercial itinérant, du saltimbanque à la caissière. Ils sont le plus grand effectif électoral, et heureusement ! Leur souci est d'arrêter le manège aux chevaux de bois électoraux pour stabiliser le faisceau de contraintes en tout genre qui les visent. Travaillant dur, ils n'acceptent pas la gabegie de la dépense publique et l'assistanat open bar à l'endroit des populations du hamac national.

Les administrateurs à statut sont les rouages de l'Etat et des services publics, abonnés au Monde en haut, lisant Le Hérisson chez le coiffeur en bas ! En France ils sont très nombreux et partagent des réflexes conservateurs pour perpétuer les avantages de leur statut, avantages anciens qui furent édictés pour attirer des vocations dans des emplois monotones ou usants. Tous savent exactement le nombre de jours de congé qu'il leur reste ainsi que celui des arrêts maladie acceptés.

Les pensionnés profitent de leur retraite de la vie active. Certains viennent des catégories ci-dessus mais leur nouvelle position en marge crée des intérêts spécifiques au bout de quelques années. Leur souci est la pérénisation viagère de leur pouvoir d'achat, fut-il modeste, la stabilité du système d'assurance maladie et les conditions à venir qui environneront la vie de leurs descendants s'il en ont ; à défaut d'en avoir, ils mangent leur épargne au tirage et au grattage en croisière.

A noter que les écologistes se répartissent entre ces quatre blocs, et le challenge du candidat officiel des Verts n'est que de les en extraire pour former un bloc à lui, en dramatisant à outrance le défi climatique et la pollution.

Tectonique des blocs électoraux

L'archipel des Indignés commence toujours sa campagne en représentation de tout le corps électoral dont on décrète l'insupportable souffrance sous le joug des riches et des puissants. Les imprécations révolutionnaires n'améliorant pas le score, les ténors se radicalisent tout au long de la campagne au fur et à mesure qu'ils comprennent qu'ils ne gouverneront jamais. En 2017 M. Mélenchon, champion de ce bloc, fit quand même 20% des exprimés et 15% des inscrits (source). L'usure de l'image d'un vieux tribun toujours plus bolivarien laisse douter d'un meilleur résultat en avril 2022. Ce bloc fait bloc et reste à part. Il ne participe pas à la tectonique des blocs électoraux.

C'est chez les trois autres qu'il faut observer la parthénogenèse qui au fil des semaines va faire Le Nombre. Le bloc le plus important des lève-tôt restera le plus solide dans ses convictions d'ordre et de gestion patrimoniale d'un Etat dégraissé, puis se jettera dans les bras du plus habile à lui faire croire qu'il est le pari le plus sûr dans l'avenir. Mais ce n'est pas non plus le bloc des playmobils. Il sait compter, il sait anticiper, et plus important, il sait décoder la promesse électorale. Toutes choses égales par ailleurs, le candidat gagnant sera celui qui apaisera les inquiétudes des lève-tôt à se lever pour rien. Et ce bloc a fourni la ressource des gilets jaunes sur les ronds-points, auxquels M. Macron n'a jamais sû répondre malgré un happening de tous les instants en province. Si ce bloc vote pour un candidat incongru comme Hollande en 2012, c'est que l'adversaire est moins que rien dans sa tête. Pauvre Zébulon Sarkozy qui a cru refaire en 2012 le coup de 2007 : "Vous allez voir ce que vous allez voir !" Qui l'aurait cru deux fois ?
Les candidats déclarés à ce jour, qui ne sont pas captifs d'un bloc comme celui des Indignés, ont parfaitement saisi les attentes du bloc majeur. C'est pourquoi tous les programmes des centres et de droite sont miscibles. Reste à voir qui va se détacher des deux autres blocs pour rejoindre celui-ci au second tour.

De celui des pensionnés ? Probablement parce qu'il ont des soucis approchants d'ordre et de saine gestion pérénisant leurs "acquis". Une fraction cèdera aux sirènes socialistes en souvenir de vieilles solidarités à compte d'autrui comme les piétons de gauche les exigeaient de la Bastille à la République quand ils étaient plus jeunes. Et ce bloc se coupera en trois. Les rêveurs finissants voteront par habitude, les gens sérieux revenus de tout voteront pour l'efficacité à rénover l'Etat, et les doctrinaires engoncés dans des schémas impossibles mais parfaits en théorie qui entendent mourir intellectuellement intacts, voteront pour un candidat atypique voire s'abstiendront, ou marqueront leur bulletin du signe de leur dépit, d'une fleurdelis parfois.

De celui des administrateurs ? Peu à très peu rejoindront. L'état de calamité générale observé dans tous les compartiments d'une sphère publique invasive et décalée (déficits partout, dettes à l'africaine, affaissement des services publics à commencer par l'enseignement) convoque à son chevet les bons docteurs de droite comme de gauche, signifiant à ce bloc des immobiles que leur statut plus ou moins privilégié est malgré toutes les assurances, en péril ! Devant la menace, ce bloc n'en restera pas un. Les plus intraitables, sachant perdue d'avance la cause de solidarité nationale à leur profit, rallieront les Indignés pour marquer le coup. Ce qui explique le score étonnant de Mélenchon la dernière fois ! Au second tour, une partie des administrateurs votera blanc ou nul. Le solde votera contre le favori des instituts de sondage pour amoindrir le plus possible sa légitimité en prévision des élections législatives et du quatrième tour dans la rue s'il y échet.

A retenir peut-être, que les commerçants du marché politique sont là pour vendre leur production en fracturant les blocs électoraux à leur avantage. Quand vous écouterez les allocutions des uns et des autres, campés sur des convictions inébranlables, vous en saisirez désormais plus facilement le motif, qui est de cliver d'abord pour entrer ensuite dans la circulation générale des blocs fracturés dérivants, avant qu'ils ne se ressoudent.


Loui-Philippe fait des bulles


Sinon, à quoi sert cet article ?
A rien, sauf à augmenter le compteur : c'est le numéro 1982.


[1982°]

vendredi 26 novembre 2021

Nos Outremers

« Notre outre-mer est une chance et un espace de respiration et de réalisation extraordinaires pour la France, de par sa richesse avant tout humaine et de par les horizons qu’il nous ouvre dans un monde trop enclin au repli sur soi » déclare Eric Cerf-Mayer dans la RPP (clic). Il est permis d'en douter et de lui répondre que ces départements français, qui à l'origine était des territoires de plantations, sont aussi des danseuses de la République. Leurs économies insulaires de faible envergure n'arrivent pas à contribuer aux schémas sociaux importés de métropole. Si les niveaux de vie de nos outremers sont sensiblement inférieurs à ceux de métropole de 31 à 68% selon le Sénat, ceux des îles voisines qui jouissent de leur indépendance sont encore en dessous des nôtres. Quelques comparaisons (ce ne sont que des ordres de grandeur):

- Martinique ou Guadeloupe : 20000 à 21500 euros par tête
- République dominicaine : 14000 euros
- Grenade ou Sainte Lucie : 12000 euros
- Dominique (l'île seule entre les nôtres): 9000 euros
- Saint-Vincent-Grenadines : 9000 euros
- Haïti pour mémoire : 1500 euros !
Seules les îles néerlandaises produisant des hydrocarbures s'en sortent, sans parler des paradis fiscaux.
Et pour finir, Maurice : 18000 euros (Réunion 19500€), les territoires sont déjà plus grands.
On pourrait faire aussi des comparaisons instructives entre les petites nations de l'Océan pacifique.
Ces décalages signifient que l'indépendance n'est viable économiquement qu'en rabattant les prestations sociales au minimum minimorum, ce qui calme bien des ardeurs.

Table des PIB d'outremer
Les grands territoires comme la Guyane où tout reste à faire ou bien la Nouvelle Calédonie richement dotée pourraient réfléchir à larguer les amarres, nos départements antillais addictés à l'assistance certainement pas. Mais il n'y a pas que la production de richesse. Il y a les hommes. Nos départements d'outremer sont entrés dans le premier empire, celui des rois de France, bien avant que la Corse, la Savoie et le comté de Nice n'entrent en France. Qu'on en juge :
  • La Martinique et la Guadeloupe, 1635, Louis XIII régnant
  • La Réunion, 1665, Louis XIV régnant
  • La Guyane, 1676, Louis XIV régnant
J'en profite pour signaler que ces colonies ont été achetées à des compagnies privées qui les avaient conquises pour les mettre en exploitation à leur manière et profit. D'où la publication du Code Noir par Colbert pour réglementer une utilisation partout égale et moins dure de la main d'œuvre dans les plantations dorénavant françaises.
Ceci pour dire que la France a des responsabilités sur ces territoires et que l'histoire des soubresauts de l'époque moderne prouve qu'elle ne s'en est pas acquittée. Certes la "départementalisation", décrétée par un Etat jacobin dans l'âme, est un venin qui suscita toutes les envies et de justes revendications pour atteindre à la parité avec les départements métropolitains. Mais c'est moins dans le domaine des prestations sociales que dans celui des services publics élémentaires que la France a péché. Les viabilités enfouies sont obsolètes depuis longtemps. L'eau ne coule plus au robinet dans beaucoup de villages. Les flux économiques sont monopolisés par des malins qui se goinfrent sur la respiration financière des îles : octroi de mer enchérissant tous les produits importés, obligation de faire venir de France métropolitaine des produits qui sont accessibles à moindre prix dans la région caraïbe (comme l'essence); déficit d'investissements lourds qui auraient un effet d'entraînement. Abandon des îles au tourisme et à la banane. Mais ces reproches furent entendus en 2009 (Sarkozy régnant) lors des émeutes Domota pour essayer d'aller un peu plus loin que la répression aveugle des désordres. En vain ! Les politiciens locaux reprirent vite les habitudes et le chemin de la chocolaterie, ne se souciant même pas de convaincre les pouvoirs parisiens.

Et puis il y a cet outrage du chlordécone, le bien nommé. Interdit partout ailleurs, ce pesticide contre le charançon de la banane fut maintenu aux Antilles françaises pour le bénéfice des planteurs. Son usage massif et sa longue persistance dans les sols ont provoqué des désordres sanitaires graves parmi la population. Ce qui explique pourquoi l'Etat français n'est plus crédible aux yeux de beaucoup, même si certains forcent un peu le trait. Pauvreté, chômage, cherté de la vie, gestion Covid mal comprise ? alors la République envoie sa gendarmerie pour protéger les intérêts des commerçants et rouvrir les routes coupées par l'insurrection ! Et le ministre des outremers Lecornu ? A l'heure où nous mettons sous presse, il a décidé de ne pas se montrer pour ne pas distraire de moyens à sa propre protection ! Aucune empathie, aucun courage et il se croit indispensable. Misère de nous ! Ce gouvernement où les grotesques gouvernent les miquets n'en finit plus de faire sous lui !

Sans doute est-il venu le temps de poser les dossiers sur la table. Tous les dossiers.

Si on veut aller au bout de la départementalisation, il faut sortir les DOM du ministère des Outremers en n'y gardant que les TOM. Les DOM passeraient simplement au ministère de l'Intérieur et la mise à parité serait programmée sur quinze ans par exemple.

Si l'affaire coûte trop cher, il faut trouver les ressources financières pour réparer et étendre les infrastructures de base, comme les réseaux d'adduction d'eau par exemple et les logements sociaux. Il faut aussi intéresser des investisseurs internationaux au développement des îles en débureaucratisant les procédures et en mettant notre souveraineté jalouse dans la poche. C'est aussi une question de niveau des fonctionnaires appelés à décider comme au temps béni de l'Ecole coloniale. Cessons de détacher dans les DOM-TOM ceux dont on ne veut plus dans l'Hexagone. Et s'il reste une case libre dans le cerveau politique du chef de l'Etat, intégrer économiquement les deux DOM antillais dans l'espace caraïbe en coupant le cordon ombilical comme les Anglais l'ont fait de leurs possessions régionales en les intégrant dans la Communauté caribéenne (CARICOM) qui regroupe quinze états. Vous en entendez parler ?


Pause bonheur !


Mwen ja ba'w tchè mwen Mi kò mwen É man paré pou alé la ou lé Pou volé dan syèl Aï chèché soley Man ké fè mil é mil foli Pou fè'w plézi É man ké goumen Pou nou toujou byen É si fò mwen kriyé divinité Man ké fé'y Lanmou dan tchè mwen Ka brilé kò mwen É man ké préyé Dié pou sa toujou toujou diré Pa fè mwen lapenn o Pa fè mwen la penn an ké'y mò Pa fè mwen lapenn o An an an an Pa fè mwen lapenn o Pa fè mwen la penn an ké'y mò Pa fè mwen lapenn o An an an an Si janmen sa rivé Ola man ké alé Lwen lwen É le tan ka pasé Pé ké fè mwen oubliyé Hou hou Ou ja ni tchè mwen Mwen ja ba'w kò mwen Donné lavi mwen si ou lé La ou lé Man oubliyé fanmi Tou lé bon zanmi Man ké fè mil é mil foli si ou anvi Man ni'w an lapo mwen San ki dan venn mwen Ès fòk mwen kriyé pou ou konprann sa ou yé pou mwen Bondié ou ka kouté Ba mwen fòs pou tjenbé Fòs pou mwen goumen lannuit kon jou pou lanmou nou Pa fè mwen lapenn o Pa fè mwen la penn an ké'y mò Pa fè mwen lapenn o An an an an Pa fè mwen lapenn o Pa fè mwen la penn an ké'y mò Pa fè mwen lapenn o An an an an Si janmen sa rivé Ola mwen ké alé Lwen lwen Ki sa ké réparé Tchè mwen ki déchiré Pa fè mwen lapenn o Pa fè mwen la penn an ké'y mò Pa fè mwen lapenn o An an an an Pa fè mwen lapenn o Pa fè mwen la penn an ké'y mò Pa fè mwen lapenn o An an an an La la la la la la la la la la la la la la la Gadé mwen dan zyé'w Gadé mwen Jiré mwen Mi zyé mwen dan zyé'w O Oooooo Pa fè mwen lapenn o Pa fè mwen la penn an ké'y mò Pa fè mwen lapenn o An an an an Pa fè mwen lapenn o Pa fè mwen la penn an ké'y mò Pa fè mwen lapenn o An an an an Pa fè mwen lapenn o Pa fè mwen la penn an ké'y mò Pa fè mwen lapenn o An an an an - ©Eric Virgal


Pour finir, je regardais mercredi dernier un court reportage sur l'invasion des sargasses sur les plages de Guadeloupe. Deux ou trois employés avec une griffe à feuilles ramassaient ces algues dans des seaux. Il y en avait des tonnes et des tonnes ; et aucun autre moyen de récolte (tracteur à herse) comme on en voit en baie de Saint-Brieuc, n'est apparu. Moyens dérisoires pour employés démotivés, et la paillotte de la plage était en faillite ! Une grande fatigue émanait de ces images. Face à l'énormité de la tâche, ces ouvriers étaient démunis, abandonnés par leur hiérarchie. Il y aura du travail pour rattraper tout ça.





[1981°]

lundi 22 novembre 2021

À droite, toute !

Laurent Joffrin
Au débriefing du troisième grand débat des Républicains d'hier dimanche, Laurent Joffrin sur CNews (en photo) marqua sa stupéfaction au spectacle de l'extrême droitisation des idées d'un parti de gouvernement, anticipant un effet de renfort au candidat Macron venant du centre mou dépité. A moins qu'il n'ait surjoué sa réaction, il semblait sincèrement effaré. Droit du sang, préférence nationale au logement, moratoire sur l'immigration, délai probatoire d'allocataire, quotas, double peine, charters...
Nous sommes en démocratie, monsieur Joffrin. C'est un régime de marché, de marché politique. La demande est à droite de la droite, les commerçants du marché répondent à la demande en offrant les produits qui se vendront. C'est très bête, je sais. La "morale" ? Il n'y a jamais eu de morale en démocratie que dans les vapeurs bitumineuses du socialisme d'amphithéâtre. D'ailleurs les grands fauves de gauche quittent le champ de manœuvre préférant jouir des derniers feux de la prévarication. Espèce inadaptée, elle va s'éteindre selon la loi naturelle d'attrition des chimères. Même les petits miquets comme Bilal Hamon ont rendu les clés du paradis socialiste, sur injonction peut-être d'une épouse lassée de ses enfantillages islamiques. Dominique Strauss-Kahn est parti soigner son priapisme dans la finance sans frontières ; Robert Badinter ne survit que dans la peine de mort ; Lionel Jospin qui a voulu revenir encourager un candidat socialiste pour se lire dans le journal, est reparti à l'île de Ré au vu des sondages calamiteux de la gagnante des primaires ; si tant est qu'on les interroge, tous les intervenants autrefois socialistes marquent un recul critique à l'étalage des résultats calamiteux de leur passage aux affaires ; Chevènement sculpte sa statue de ministre-rebelle en reportant son affection sur Vladimir Poutine pour faire pièce aux démocraties illibérales (pendant la première guerre du Golfe il aimait Saddam Hussein); le grand majordome Olivier Duhamel hésite encore à partir se noyer pour quelques enculades népotiques sans conséquences sur sa carrière, et François Hollande persiste à vouloir faire rire ! Et vous vouliez, monsieur Joffrin que la France ne coulisse pas à droite ? Que reste-t-il à gauche qui fasse envie ? Il fut un temps où ils avaient au moins de la cuisse. Fabius encaisse, Lang encaisse, Manuel Valls ? la pie Taubira, Cruella Hidalgo, Jean-Luc Chavez Mélenchon ? Pento Cambadélis juché sur sa palette, Dray toujours à l'heure ? L'exception de sincérité Montebourg confirme la règle du désamour général pour les profiteurs institutionnels dont la liste est trop longue pour ce petit billet d'humeur. D'accord, il y a Bernard Cazeneuve et Jean-Yves Le Drian, qui n'entreront pas en lice.

Les frondeurs de jadis sont dépassés par les minorités bruyantes que gouvernent le démon du wokisme et celui de la déconstruction bras dessus bras dessous dans l'intersectionnalité. Tyrannie ordinaire de factions s'arrogeant une légitimité payée de la fausse monnaie des bons sentiments. Et la Sociale dans tout ça ? Elle a tenté d'accrocher les wagons aux cris d'Allahou akbar, mais fut vite éconduite par les Frères qui ont leur propre agenda. En fait, ils sont perdus ! A voir la cruche andalouse qu'ils ont choisie pour faire la guerre au fascisme imaginaire dans le vide des évidences, on mesure leur désarroi ! "Faut arrêter le crack !" a lancé Rachida Dati en plein discours d'autosatisfaction de la maire au Conseil de l'Hôtel de Ville. L'insulte a porté, ne craignant plus rien de ce bord, toutes les chaînes l'ont retransmise.

Revenons au débat.

Michel Barnier
Michel Barnier
Les chroniqueurs politiques font la liste des mesures préconisées par les candidats du parti LR, comme Marc Baudriller qui parle de "Noël patriotique" chez Boulevard Voltaire (clic). S'il faut retenir quelque chose de cette soirée, ce sont moins les promesses qui n'engagent que ceux qui les entendent, que l'effet Zemmour qui a poussé tout le monde à droite-droite !
L'imprécateur a-t-il achevé sa mission ? Il semblerait à tout le moins que la bourse des opinions qui de sondage en sondage balance entre panique et hystérie, le pense aussi. Difficulté à récolter les promesses de parrainage, à constituer un front de combat avec quelques pointures de métier, attirer les penseurs qui font les meilleurs discours de fonds, créer partout des équipes de colleurs d'affiches, en un mot, transformer la foule des badauds en électeurs-militants !

J'ai retenu une orientation nouvelle dans le débat de dimanche, c'est une volonté de retour à la Constitution dans le partage des pouvoirs entre le parlement, l'exécutif et la présidence. Michel Barnier l'a annoncé clairement, Matignon gouvernera de facto dans l'axe choisi par le président. Xavier Bertrand pour sa part distingue deux champs présidentiels, marquer les urgences, engager le temps long. Les autres restent dans la configuration macronienne du président je-sais-tout-je-fais-tout qui a versé la nation au fossé. Les monarchistes auraient de bons arguments à présenter pour entrer dans cette voie en surplomb de la politique quotidienne. Il serait utile au pays qu'ils élaborent maintenant un modèle lisible de gouvernance rétablissant les libertés basses et les capitulations territoriales ; mais jusqu'ici les chapelles dénoncent, stigmatisent, ricanent à nul effet et pissent à petits tirages. On a déjà tout entendu d'elles. Sauf à se renouveler, elles vont suivre les sections socialistes au cimetière des éléphants.

A finir sur un pronostic dangereux et tenant compte que seuls les militants votent, je continue à donner Barnier gagnant au congrès LR du 4 décembre, ce qui n'augure pas de sa victoire par après, mais bon...! Rien ne dit non plus que ses concurrents évincés (surtout Pécresse et Bertrand) mettront toute leur énergie à lui faire gagner la deuxième place au premier tour de l'élection présidentielle. A suivre évidemment !



[1979°]

Un pape en chemin

pape François
La rumeur court les dicastères, qui fut reconnue tout récemment par Sa Sainteté elle-même nous signifiant qu'il était encore vivant. La rumeur d'un conclave alimente les agapes des monsignori et à l'autre bout du Saint-Siège fait pouffer les nonnes dans leurs petits couvents. Le pape craint serait mal en point depuis son opération du colon et marque la pénibilité de la charge d'une démarche bancale qui augure mal de son col du fémur en ajoutant une irascibilité de chaque instant. Charité chrétienne ! Des journalistes de bénitier (c'est une spécialité) ont prévu un grand article sur les "Trois Papes de Rome comme en 1409" si L'Esprit saint prolonge un peu S.S. Benoît XVI qui mériterait cette revanche sans jamais l'avoir souhaitée. Ils avaient un grand théologien, ils ont voulu un cynique qui les "comprendrait", mais qui s'enferme aujourd'hui dans la petite politique des obsessions modernistes, dans l'ouverture au monde qu'il ne maîtrise pas, le tout avec un insupportable orgueil à la Jules II (sans l'armure).

Sans se presser plus que de raison, le temps du bilan est venu, même si les voies de la Providence sont impénétrables. Ce pape a toujours marché à côté de ses pompes, que ce soit dans la pauvreté-spectacle du début de son règne, mais surtout par la vente de l'église cachée de Chine au Parti communiste (clic), l'insulte au cardinal Zen (voir la note en pied d'article) et plus près de nous, la rupture d'un dialogue apaisé avec la communauté de la Tradition dans la question des liturgies par le motu proprio Traditionis custodes, lequel décrète une cohabitation impossible entre le rite de saint Pie V et celui de Paul VI sous les mêmes voûtes, sauf circonstances exceptionnelles difficiles à réunir. Qu'avait-on besoin de ça ? Les épiscopes "conciliaires" se sont engouffrés dans la brèche liturgique pour bannir de leurs murs tout officiant qui ne baiserait pas l'anneau. On peut compter là combien de marches séparent les niveaux respectifs des papes Ratzinger et Bergoglio.

A moins que l'Esprit saint ne se moque des hommes qui chérissent des causes extérieures au magistère de l'Eglise, tout laisse penser que Son "intervention" dans l'élection du dernier pape est une supercherie. Le conclave a élu un jésuite que l'on savait habile en politique pour avoir traversé la dictature argentine les doigts dans le nez, et qui venait du nouveau monde mais parlait l'italien. Ça changeait du Ratzinger de Ratisbonne, du membre associé étranger de l'Académie des sciences morales et politiques de Paris au fauteuil de Sakharov, du philosophe des Bernardins qui avait subjugué le tout-Paris politique ! J'entends Badinter ébloui, tout à sa joie d'une soirée inoubliable. On a donc eu la pachamama, les musulmans syriens à l'exclusion des chrétiens d'orient, la vente des catholiques chinois, sa guerre des missels qui pousse au schisme et maintenant "la parole avant la foi". Qu'on ne me dise pas qu'il est "inspiré" ! Pape foutraque au possible - on ne va pas entrer dans la condamnation indulgente des mœurs coupables - Bergoglio (c'est Mgr Vigano qui le nomme ainsi) soulagerait l'Eglise romaine en se retirant dans quelque monastère de mission jésuite au pied de la cordillère des Andes. Il y contemplerait de loin la marée montante des Evangéliques sur toute l'Amérique du Sud, à désespérer des puissances célestes qui se gondolent au spectacle de sa mauvaise humeur !
Au suivant !


L'insulte papale au cardinal Joseph Zen

SE Joseph Zen
Quand il fut avéré que la diplomatie du Saint-Siège allait confirmer la remise aux autorités de Pékin de la direction de l'église catholique cachée, et voyant que les représentations qu'il avait faites au nonce apostolique de Taïpei pour en dissuader son maître ne portaient aucun fruit, Joseph Zen décida de prendre l'avion pour Rome afin d'expliquer de nouveau au pape François certains fondamentaux dans les négociations avec le Parti communiste chinois, à commencer par la valeur nulle de tout engagement de leur part en politique intérieure. Un accord "provisoire" avait déjà été signé en 2018 contre son avis. Prévoyant que le clergé chinois serait traqué, fiché, intimidé, les lieux discrets des célébrations liturgiques évacués (on le fit au Shandong), et fermés à tout motif comme les normes d'accueil ou l'absence de baux par exemple, il était résolu à convaincre le Saint-Père qu'il y avait un déficit d'évaluation des réalités que lui connaissait bien. Les prêtres fidèles à Rome, entrés dans la clandestinité pour certains afin d'échapper à la certification officielle dont le défaut ouvre droit à persécution, étaient devenu un "problème" pour la diplomatie, ce qu'il ne pouvait admettre. Mgr Zen n'avait pas mesuré la force de conviction des "négociateurs" du Vatican auprès du pape, qui voulaient leur part de gloire dans une normalisation historique, des vaniteux comme le cardinal Parolin ayant duré trente ans dans l'emploi de diplomate et voulait finir sur un exploit ! A quatre-vingt-huit ans, il prit l'avion l'an dernier, plein de courage. Il fut admis comme surnuméraire à l'audience papale du jour au milieu de la foule des croyants et Sa Sainteté le garda à déjeuner avec plusieurs membres de la Curie. N'osant pas aborder le sujet qui fâche au milieu du repas, il attendit patiemment que le repas s'achève pour avoir quelques minutes en privé afin d'expliquer les raisons de son alarme. On se leva de table et le secrétaire en charge lui signifia que l'agenda était trop chargé pour le recevoir maintenant en particulier, ni aujourd'hui, ni demain. Et le pape disparut sans un signe, qu'il ne revit jamais de son court séjour. Joseph Zen Ze-kiun, cardinal émérite et ancien évêque de Hong Kong, le prélat le plus connu et le plus respecté de toute l'Asie du Sud-Est catholique, traité comme un solliciteur encombrant, un emmerdeur ? Il laissa au secrétariat une lettre au pontife avant de reprendre l'avion. Fin de l'histoire.



[1978°]

samedi 20 novembre 2021

L'Adaptation, le clan

A mon humble avis, il est peu probable que les politiques publiques des grands pays du monde achèvent la mission de maintenir le réchauffement climatique entre 1,5 et 2,0 degrés celsius. Chacun sait aussi que le demi-degré d'écart est très impactant pour les nations au ras de l'eau. Nous ne disserterons pas aujourd'hui sur la graduation des effets sur cette échelle des cinq dixièmes, faute de savoir tout simplement. Nous ne verserons pas non plus dans les hypothèses les plus pessimistes sauf à dire, avec Jule Charney, que « la dernière fois où la planète avait été plus chaude de 3°C, c'était au cours du Pliocène, et le niveau des océans était plus élevé qu'aujourd'hui de vingt-quatre mètres.» Ceci pour le cadre général !
Par contre nous allons parler des voies et moyens nécessaires à traverser le four qu'on nous promet, nécessaires sans doute aucun, suffisants, nul ne le sait. Nous ne choisirons pas non plus une latitude, une région privilégiée, tout est relatif et contingent à l'avenir promis. Partant de l'hypothèse que cet habitat soit trouvé et qu'il soit libre d'accès, comment y devrions-nous survivre ? C'est l'objet unique de ce billet. Voici la table des matières :
  • Environnement social
  • Empirisme de l'histoire
  • Formation du groupe
  • Autonomisation des ressources
  • Défense du périmètre
  • Degré de faisabilité et conclusion
aphorisme de Charles Darwin

L'Environnement social

Le plus sûr évènement de la crise climatique ouverte sera le chaos de nos sociétés. Tous les paradigmes organisant les sociétés humaines dans leur diversité auront fondu comme neige au soleil, parce que c'est l'ensemble de l'humanité qui se mettra en mouvement vers des espaces lui promettant de survivre, à commencer par les peuples de la mer remontant vers les peuples à sec, lesquels iront vers d'autres plus haut qu'eux etc. Exclure la guerre générale de cette séquence de la Remontée participe de la niaiserie humanitaire du socialisme libidineux. Individuellement, rien non plus ne pourra se tenter pour sauver soi-même et les siens avant que l'écume du désordre ne soit retombée. C'est pourquoi les précautions prises ci et là par les plus craintifs des hôtes de ce bois ne serviront à rien, les "fermes blindées" seront submergées par les nouveaus zombies échappés de la ville, à la vie à la mort.
Quand se lèvera le silence sur les décombres fumants de nos sociétés sophistiquées, il sera temps de relire cet article, imprimé déjà quand il y avait encore du courant et placé dans une bouteille vide de morgon.

Empirisme de l'histoire

Plusieurs peuples de l'histoire ont traversé le four. Sans remonter à la résilience de l'homo sapiens qui a traversé tous les changements climatiques pour parvenir jusqu'ici, pensons aux hommes du désert dont les ancêtres n'en étaient pas. L'espèce humaine est capable de tout franchir, la seule question qui vaille est de savoir dans quelle quantité d'individus. Mais ceci est de la métaphysique.

Evacuons déjà l'idée incongrue de l'homme retourné aux bois pour se réadapter à l'évolution du temps. Bambi est mort, les Sept Nains l'ont mangé. Rien ne peut être entrepris seul au milieu du désordre de la nature sauf à vouloir prier et compter sur autrui pour écrire sa page dans le Livre des Saints, à supposer qu'il reste un croyant sur terre. En famille, non plus il n'y suffira pas. Comme à l'époque préhistorique, la masse critique d'agrégation des compétences utiles à la survie est le clan. A chacun son tartan ! Le mien sera fait des trois bleus, marine, roi et ciel. C'est pour de rire, je serai mort. L'avantage du clan sur la famille (même nombreuse) est qu'il n'est pas nécessairement constitué de parentèle ayant des "droits" mais de compétences volontaires. L'union de clans différents préfigure une force de défense qui s'avérera vite utile sur un territoire jugé défendable.

Ruinons déjà l'idée que le clan serait la ressucée moderne de néanderthal ou cromagnon. Repartant des bases certes, le clan bénéficiera des acquis des hommes d'aujourd'hui dans les sciences et la technique. De même aura-t-il vocation à augmenter ses effectifs, l'ensemble recommençant l'histoire où la révolution industrielle l'avait accélérée pour nous perdre, mais dans une autre direction, avec des ressources limitées sinon absentes, avec des savoir-faire intacts.

Formation du groupe (clan)

Est-il important que le clan soit formé dès aujourd'hui ? L'exemple des associations de précaution montées de toutes pièces en "temps de paix" nous a montré l'inadaptation de ces groupes au nouvel environnement qu'ils avaient du mal à anticiper. On dit qu'au premier mois d'une guerre on renouvelle beaucoup d'officiers supérieurs. On ignore que l'Organisation de l'armée secrète entre militaires démobilisés, qui succéda à la capitulation du maréchal Pétain, a fait la preuve... ou mieux dit, n'a rien prouvé du tout : les patriotes retournés sur leurs terres à la fin des combats s'y évanouirent le plus souvent, attendant de voir dans quel sens les choses tourneraient, autour de leurs intérêts propres voire immédiats. Il faut sentir la chaleur du napalm pour se décider en conséquence et déployer ses capacités dans le cadre ordonné d'un commandement hiérarchisé. "La discipline faisant la force principale des armées..." disait Soult. C'est pareil pour former un clan. Chacun y entre librement mais doit accepter de servir, à première demande, motivée ou non. Former un clan relève de la typologie sociologique du groupe humain et c'est presque un métier. Les candidats au pavois seraient bien avisés de s'y mettre tout de suite. Il y a quelque chose d'Uderzo et Goscinny en l'affaire.

On peut prédire aussi qu'il n'y aura pas tant de clans que ça, formés et viables, mais plutôt beaucoup de gens en groupes apeurés cherchant leur survie dans l'instant. Ils se vaporiseront au premier revers. Ceux-là seront la part des anges, et par leur attrition, consommeront moins de ce qui est nécessaire à ceux qui se seront organisés en clan.

Autonomisation des ressources

On parle ici de ressources naturelles en ambiance hostile. La première est l'eau. Nous sommes faits à 60% de H2O. L'eau c'est la vie mais aussi l'énergie quand elle court. Tout programme d'autonomisation commence par l'eau. Nos ancêtres s'établissaient à proximité d'une eau, de bonne ou moins bonne qualité. Ils la filtraient au charbon de bois. Ils n'envisageaient aucune alternative à l'eau même si la rosée matutinale fit germer dans leur esprit bien des systèmes de récolte en période de sécheresse prolongée. Avec de l'eau, tout devient possible en culture jusqu'à des températures élevées. Le plan hydraulique de l'espace en culture sera donc primordial. Cela fait quatre mille ans qu'on s'y affaire, tout est à redécouvrir facilement depuis l'antiquité mésopotamienne. J'ai vendu des cahiers autonomes sur les turbines Francis, Pelton, Kaplan et autres ; ça se trouve ; des ponts de voitures servant de multiplicateurs en retour d'angle aussi. Il existe de la littérature pour l'autonomisation dans l'édition alternative.

Généralement, on reviendra à la parcellisation des terres en remontant les haies qui freinent l'évaporation des sols et forment des prairies verticales pour les animaux adaptés. Les espèces alentours qui résistent au nouveau climat donneront de bonnes indications sur quoi semer, quoi planter. Même si tout existe déjà ou a existé, des compétences agronomiques au sein du clan seront indispensables pour raccourcir les délais de mise en culture d'un territoire autarcique. Il en va autant pour les races d'élevage les mieux adaptées à la difficulté des temps. Quand à force d'un courage opiniâtre et après bien des échecs l'affaire deviendra viable enfin, il s'agira d'avoir prévu de la défendre.

Défense du périmètre

L'espèce humaine est ainsi faite qu'elle a une tendance naturelle à s'approprier le labeur d'autrui pour économiser le sien. C'est un des signes de sa barbarie endémique cachée sous les atours de la civilisation. Un clan, établi sur des terres qui rendent, devra forcément les défendre contre l'intrus. C'est là que la typologie du groupe étudiée au moment de sa conception prend toute sa valeur. Sans hiérarchisation des responsabilités adossées à des domaines d'action, et même avec un affectio societatis fort dès le départ, il aura fallu chercher chez les volontaires une résilience certaine aux contrariétés, et même à l'injustice. Car les décisions ne seront pas toujours "justes", surtout en période d'hostilités. Les membres du clan devront donc obéir sans reproche ni murmure, quitte à rediscuter le point au moment du débriefing. Soviets et démocratie directe sont d'inutiles jouets en temps de guerre. Sans doute beaucoup de projets de clan achopperont sur cette teinture militaire qui va colorer tous les rapports sociaux. Comme le disait à ses cadets de l'Académie militaire le général Franco y Bahamonde au jour de sa fermeture : « La discipline ne confère aucun mérite lorsqu'un ordre nous est agréable. La discipline revêt sa vraie valeur lorsque nos pensées nous conseillent le contraire de ce qu'il nous est ordonné, lorsque notre coeur cherche à susciter une rébellion intérieure, ou lorsqu'un ordre est arbitraire ou erroné. Telle est la discipline que nous observons.» (Saragosse, le 14 juillet 1931)
Rien ne durera autrement. Les moyens de défense quant à eux ne sont pas un sujet. L'esprit de défense prime tout.

Degré de faisabilité

Sans insulter l'avenir, peu de clans réusssiront. Quand l'humanité se mettra en branle, elle apportera partout le désordre jusqu'au chaos. Les apocalypticiens sont tout à leur gourmandise de le décrire, sauf peut-être à prévoir dès maintenant la guerre mondiale générale vers la Sixième Extinction. Dans ces circonstances très probables, imaginer des havres de paix armée capables d'y résister peut paraître osé ! Mais il n'est pas dit qu'après une période de forte récession de la population mondiale, on ne puisse subsister dans des territoires isolés très difficiles d'accès qui auront été conquis par les plus avisés d'entre nous AVANT la guerre. A priori, aujourd'hui froids et/ou humides, ils risquent de convenir dans le futur. On peut citer le Groenland et toute la couronne arctique ; et bien évidemment le continent antarctique et la Patagonie ; mais aussi un enfouissement dans les jungles montueuses impénétrables d'Asie méridionale, un repeuplement des hauts plateaux d'Amérique latine voire celui des forêts sibériennes. L'Europe occidentale ? La première proie !

Conclusion

Il n'y en pas pas. Mais un conseil, si ! Ceux des lecteurs de ce blogue finissant qui réfléchiraient à leur participation à un clan, voire même à la formation d'un clan, et qui sont dans la quarantaine (après c'est déjà trop tard), seraient bien inspirés d'apprendre la méthode de raisonnement tactique (MRT) ; un truc militaire de caisse à sable qui a fait ses preuves, à en croire Rodolphe Barkhausen, qui partage avec nous une petite mousse depuis le pays des cigales (cliquez ici). Et n'oubliez jamais ce principe de base : pessimiste toujours dans la préparation, optimiste à l'application !
Ce billet met à disposition les briques nécessaires à chacun pour qu'il monte son mur de défense. Il ne les maçonnne pas.
Bonne guerre, les mecs !




[1977°]

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