dimanche 6 mars 2022

Le sursaut, c'est maintenant !

A l'heure où s'écrivent ces lignes, nul ne sait si Tamerlan II, que l'on dit bunkérisé dans l'Oural, appuiera ou non sur le bouton nucléaire pour éviter d'enliser sa formidable armée dans les ruines ukrainiennes qu'il étend avec méthode, d'autant plus que la guerre économique déclarée par le monde libre à la Fédération de Russie est vécue par le Kremlin comme une déclaration de guerre tout court ! Reportez-vous aux sites spécialisés pour modérer vos angoisses et prenez du Xanax, il ne s'agit pas de ça aujourd'hui.

La menace irrationnelle qui pèse maintenant sur l'Europe a le mérite de remettre à zéro le compteur des "valeurs" et de revenir aux fondamentaux de la sûreté des nations. Rien ne sert d'avoir fait de longues études, il n'est de fondamentaux que de bons sens ! Le reste est cuistrerie. Vivre en sûreté de son travail pour améliorer sa condition est la première récompense qu'apporte à l'homme le périmètre d'une nation. Tous les mots comptent. Pour y atteindre, la production de biens (ou services) et la sécurité des échanges sont deux prérequis qui n'en convoquent pas moins des qualités humaines indispensables à l'harmonie économique du projet national : parce que la meilleure des organisations - les meilleures lois de la cité - ne vaudront que si elles s'exercent sur une population éduquée dans la voie d'un bonheur chaque jour conquis.

Que nous montre la guerre d'Ukraine dès maintenant, bien qu'elle soit loin d'être finie ? Que nous avons perdu tous les instruments de notre souveraineté et sommes à la merci d'un dictateur fou, armé de seize cents bombes atomiques prêtes à l'emploi, dont une seule couchera notre détermination à lui tenir tête. Le scénario de la dissuasion manquée a déjà été évoqué sur ce blogue (ici par exemple) et par le libellé "dissuasion". Pour évacuer ce gros problème, disons qu'elle ne sera crédible que lorsque la population française sera hébergeable en abris antiatomiques comme nos voisins suisses, et qu'un bouclier anti-missiles étanche (Aster) protègera toutes les régions utiles du pays. Autant dire, jamais ! Les arguties gaulliennes et "galloises" contre la protection du peuple qui ruinerait la menace de riposte ultime, ne m'ont jamais convaincu plus loin que notre incapacité budgétaire à le faire.

Retrouver une souveraineté n'est pas un programme, mais la queue de trajectoire d'une réforme d'ampleur qui risque d'aboutir dans vingt-cinq ans. Il nous faut casser dès aujourd'hui le paradigme actuel dans tous les compartiments qui dépendent d'autrui parce que rien, absolument rien n'est possible, dans l'état de calamité financière où la Cinquième République dévoyée a conduit notre pays. Ne rabâchons pas, mais gardons à l'esprit que nous sommes déficitaires en tout et de beaucoup maintenant, comptes publics, comptes commerciaux, balance des changes, autonomie alimentaire, énergie, matières premières, l'ensemble ayant construit une montagne de dettes souveraine et sociale jamais vues dans ce pays doté de si riches atouts. Cette banqueroute républicaine nous prive en plus d'une défense à la hauteur de nos intérêts vitaux. Il nous faut donc REPARER le pays avant tout, ce qui implique de mettre à plat tout le système de l'Etat-providence d'un côté, et toute la gouvernance de la nation de l'autre, une bureaucratie ravageuse ayant tout avalé. Il y faudra beaucoup de pédagogie, mais les Français sentent venir la fin d'un monde qui n'est plus soutenu par rien. On fait la liste ?
  • Remplacer le régime de pensions d'Etat par un régime à points équilibré dans ses comptes publics ;
  • Réduire l'assurance-maladie à l'essentiel : les dépenses hospitalières, les instituts et cliniques spécialisés et les dispensaires municipaux ;
  • Ramener les allocations familiales aux besoins des familles et cesser les allocations de solidarité ;
  • Couper le cordon ombilical étatique avec la médecine de ville ;
  • Changer d'Etat en conservant un Etat régalien compétent et en décentralisant au niveau idoine le gouvernement du quotidien et l'assiette fiscale qui le porte ;
  • Décentraliser complètement l'éducation nationale de la maternelle à l'agrégation pour dégonfler le mammouth ;
  • Rupture (progressive) du financement public des observatoires, hauts commissariats, agences, fondations, instituts et autres associations d'intérêts spécifiques ;
  • Désengagement de l'Etat des "avancées" sociétales et caritatives ;
  • [votre propre proposition précédée du chiffre 9 en commentaire ].
Les masses de manœuvre ainsi dégagées permettront d'enclencher une phase de réduction progressive de la dette souveraine pour asseoir une future indépendance des marchés financiers, puis de briser les fers aux pieds de nos entreprises afin de commencer à remonter la pente du déficit des échanges extérieurs.
Au plan géopolitique, nous ne pourrons attendre l'effet des mesures prises pour réarmer. Il faudra donc "soigner" les dépenses militaires à mesure des économies obtenues dans d'autres chapitres du budget national. Mais les plus gros efforts attendus de la réforme de l'Etat concerneront la Justice, l'Hôpital, les forces aériennes et navales, en attendant de mettre à niveau l'armée de terre en remontant nos manufactures avec les agents techniques indispensables.

futur porte-avions français
- Le "Jacques-Chirac" en opérations -

Nos entreprises industrielles, agricoles et commerciales sont la clef du renouveau parce qu'elles font masse. Elles demandent moins de subsides que de libertés et de débureaucratisation. Les talents, l'envie existent dans tous les domaines d'activité, qui ne demandent qu'à s'exercer dans un champ d'application débarrassé du foutoir administratif et fiscal français typique de l'Ancien régime. Qu'on le garde en mémoire ! Et pour ne rien oublier et réformer dans la joie, extraire le domaine régalien de la dispute démagogique ne saurait nuire !
Qui s'y collera ? On voit mal ce peuple en état de révolte sourde accepter un dictateur à la romaine qu'il n'aurait pas choisi. Faut-il attendre la première détonation atomique à l'orient du Rhin ? Préparez-vous, messeigneurs, c'est le moment, c'est l'instant.

jeudi 3 mars 2022

Nouvelles du front intérieur

L'Assemblée générale des Nations Unies, l'enceinte souveraine de l'Organisation, a condamné hier l'invasion russe de l'Ukraine. Le résultat est impressionnant : 141 pays ont voté la condamnation, 3 pays dictatoriaux de quatrième division ont voté contre (Corée du Nord, Syrie et Erythrée), 47 avaient piscine (dont la Chine). Les deux pays visés ont eu l'inélégance de voter contre la résolution (Russie et Biélorussie qui auraient pu s'abstenir) mais on n'en attendait pas moins d'eux. Changeons d'épaule la kalash :

Marion Maréchal déclare sa flamme à Eric Zemmour, du moins officialise-t-elle une affection rentrée pour le petit juif berbère de Montreuil qui fut son mentor quand elle accéda à l'hémicycle. Ce faux "coming out" lui permet d'envoyer du bois à sa tante dictatrice qui chassa tous ses fans du parti - la vengeance est un plat qui se mange bien froid -; de réfuter tout soupçon d'antisémitisme, des fois que ; de prendre une position marquée sur le besoin existentiel d'une reconquista par chartérisation ; et de former prochainement un groupe parlementaire à l'Assemblée nationale au mois de juin. Parce qu'on ne vous l'a pas dit, l'élection présidentielle est bouclée. Un peu de suspense pour les éditorialistes politicardisés sur le premier tour pour avoir l'ordre d'arrivée à inscrire dans les annales, mais d'intérêt pour le second, point !
Les 11 et 12 mars, le président sortant recevra la crème du gotha politique à Versailles pour dénoncer la guerre et agraver les sanctions anti-russes. Une photo en pied du mari de Brizitte dans la Galerie des Glaces tuera le match ! Avouons que les "autres candidats" n'ont rien montré de supérieur à lui dans la guerre par procuration que nous menons à la Russie : le "oui mais" l'emportant ! On n'y reviendra pas, après avoir compris comment les choses avaient pu se passer en 1938. Tous les motifs sont bons chez certains aujourd'hui pour se coucher devant les bouffées délirantes du tsar nucléaire. Même l'Ecole de Pensée (AF) se vautre dans des schémas anciens qui n'ont plus prise sur les réalités du moment. Des esprits autrefois grands, s'égarent dans la recherche d'équilibres par des moyens de soutien ou de coercition qui n'existent plus. S'en dégage un infinie tristesse à voir se renouveler des erreurs qui à l'identique jadis ont coulé le mouvement durablement, le transformant en petit cénacle de ronchons. De honte, je ne mets pas le lien.

Alain Bauer
Ce matin, Alain Bauer qu'on ne présente plus, déployait tout son talent chez Apolline de Malherbe (BFMTV), sous la forme d'une vision christique (à la mode mormone) du nouveau Grand Jeu. La tectonique des plaques géostratégiques est en mouvement - on le savait déjà - mais les effets de choc sur les nations européennes inorganisées, contrairement aux trois empires dominants, sont déroulés par emboîtement ; on sent le talent du prof ! Pour nous démoraliser plus encore, Bauer soutient que les sanctions, aussi dures soient-elles, ne freineront pas la bille dans le flipper russe. Emission à archiver tant qu'elle est en ligne.
La crise à laquelle sont confrontés tous les pays d'Europe occidentale - les orientaux se sont méfiés - rompt le paradigme des régimes sociaux étendus qu'ils ont privilégiés. Le Bonheur est en danger de mort. Il y va de notre survie maintenant. Le monde simple ou archaïque est de retour, le moment des rapports d'équilibre n'est pas le droit international, les droits, les libertés, la gay-pride et la démocratie, mais celui de la force brute. Ce qui entraîne à brève échéance (enfin, après les élections) la redéfinition du périmètre providentiel, donc du rôle de l'Etat dans la société : renforcement de l'Etat central (profond), débandage des satrapies territoriales coûteuses et empilées (c'est mon souhait), réarmement moral et militaire de la nation en danger. Bauer ne croit pas en la bureaucratie grasse et surpayée mais à la résilience des acteurs de terrain, et il déteste les comptables publics (il a dû avoir un contrôle fiscal).
De plus on aura froid !

Les rapports parlementaires tombent sur les tables qui, tous, dénoncent l'insuffisance avérée de nos moyens militaires hors de la chasse aux freux. Nos stations d'outremer sont quasiment démilitarisées, il faut doubler les moyens navals partout (et les effectifs embarqués). L'armée de mêlée est en dessous de l'étiage (on en a déjà parlé). Ce n'est pas avec 10 ou 15% d'augmentation du budget des armées sur cinq ans qu'on va remédier aux arbitrages calamiteux d'hier (bonjour Bercy : quid de la dépense publique ?) et la loi de programmation militaire en cours n'y suffira pas. Les candidats à la présidentielle n'en parlent jamais, qui agitent le tapis avec les foutaises démagogiques habituelles, et tous le font. Voici quelques rapports parlementaires à lire sur la question Défense :

mercredi 2 mars 2022

Ukraine J7 jour-pivot

Un des ordres permanents de l'arme blindée-cavalerie est : « si vous faites une connerie, faites la vite ! » Au septième jour de la guerre d'Ukraine, on sent que le Tyran s'impatiente, qui va demander des comptes à ses généraux playmobil avant de les adresser à la Loubianka ! L'art de la guerre n'a jamais été russe, elle n'est chez eux que destructions, ravages et ruines pour ensevelir les corps, les scores étant toujours impressionnants, à Grosny comme à Alep les toutes dernières fois. Le Russe n'avance que sur des gravats ! Blessé dans son incommensurable orgueil par la résistance ukrainienne, même dans les zones réputées russophones (Kharkiv), Poutine a-t-il décrété le nivellement des villes qu'il rencontre sur son chemin ? On commence à le craindre, même si on ignore toujours son chemin. Il est déjà sûr d'entrer au panthéon des Huns. Que s'est-il passé pour que ça foire ?

VTT russe en feu à Kharvik

On avait compris, en croisant les déclarations pugnaces du Kremlin et les images satellitaires des attaques menées sur le terrain, qu'il s'agissait de prendre d'assaut la Diète ukrainienne, la télé d'Etat de Kyiv, les infrastructures de transport de la capitale, nœuds routiers, gare et aéroport et surtout, de capturer le président comique juif Zélensky avec l'espoir qu'il se défende l'arme à la main, auquel cas il aurait pris une ogive entre les deux yeux, et terminé bonne nuit ! Deux semaines de "dénazification" avec licence de tuer auraient réglé ensuite toute résurgence de la pieuvre hitlérienne. Avec un gouvernement pro-russe ou carrément russe et un parlement purgé au calibre 7.62, l'affaire était terminée avant même que Joe Biden ne sorte du coma. Merde alors !

Le directeur du Renseignement extérieur a rapporté sans doute ce que le Tyran souhaitait entendre. Cela va lui coûter cher : le peuple ukrainien, appartenant à une nation de papier, se défend sous ses couleurs bleu et jaune, et dans la zone russophone tout autant ! Defense One analyse cinq causes de ce premier échec qui malheureusement vont motiver la guerre russe classique de destructions élargies (source - ndlr: le texte ci-dessous n'est aucunement une traduction):
  • Obsédé par le secret de sa stratégie formidable, Poutine n'a pas informé à l'avance son état-major des véritables buts tactiques des opérations attendues pour lesquelles il avait amassé des moyens considérables aux frontières, sans les entraîner dans un but précis. L'impulsion était donnée sur le Donbass et à la garantie de sécurité apportée aux républiques croupions reconnues à dessein. Finalement c'est parti de Biélorussie et de Crimée.
  • Le raid préalable sur Kiev des forces spéciales a foiré lamentablement et, contrairement à ce qui était partout dit, la suprématie aérienne n'a pas débordé le théâtre des combats au sol. L'armée de l'air ukrainienne, diminuée certes, persiste à voler dans le tiers sud-ouest du pays. L'état-major russe a dû engager la masse de manœuvre sur des objectifs plus durs à prendre, mais sans préparation logistique. Il faut être très con pour étirer un convoi d'infanterie portée sur soixante-dix kilomètres ! Essence et vivres ont été taries : les moteurs tournent en permanence pour avoir un peu de chauffage en période de gel dans les camions à l'arrêt ; les vivres sont un consommable comme un autre qui disparaît plus vite dans l'inaction (même si les rations de combat sont périmées depuis 2015 à ce qu'on a vu des cartons pris à l'ennemi).
  • Saturé de propagande, l'état-major a surestimé ses forces dont les manœuvres impressionnantes passaient en boucle sur les télés du monde entier. En découlait une opération hit ans run sans bain de sang, l'Ukraine et ses soutiens passifs occidentaux étant bien sûr mis en sidération par la puissance russe. Le renseignement était faux, le moral des conscrits particulièrement bas après des semaines de manœuvres à patauger dans le froid vif ; la coordination et l'intendance... typiquement russe ! S'en suivirent par endroits des redditions sans combattre, des désertions peu nombreuses mais quand même, et fatalement des morts. Beaucoup si l'on en croit les Ukrainiens qui parlent de cinq mille ! Les cercueils rentrent en ce moment en Russie.
  • L'appui aérien n'a pas été à la hauteur de l'enjeu, peut-être pour éviter de perdre de beaux avions tout neufs dans une guerre présumée facile. Mais ça va changer, Poutine ne peut pas rentrer sans contempler dans son bunker les ruines des villes qui le défient.
  • le dernier "imprévu" est la force et la vitesse de réaction des nations européennes qui ont substitué en deux jours une vraie guerre économique aux menaces diplomatiques d'usage. Tout le travail de division du Kremlin, qui craint l'Union des démocraties plus que l'OTAN finalement, s'est avéré inadapté à la conscience européenne profonde des vingt-sept pays. A tel point que les Etats-Unis en ont été surpris, jusqu'à nous suivre sans rattraper leur retard dans la mise en œuvre de sanctions lourdes. L'espace aérien américain ne vient d'être fermé aux avions russes que ce matin. La chasse à l'oligarque commence seulement alors qu'en Europe tous leurs comptes sont gelés jusqu'en Suisse ! Les Îles vierges britanniques vont-elles recevoir le coup de téléphone "nucléaire" qui les forcera à rejoindre ?
Comme le note hélas Dmitri Alperovitch (CrowdStrike) dans l'article source : "...à mesure que diminuent les options qui sauveraient la face de Poutine, pires deviennent-elles. Le changement de tactique exigé par l'échec misérable de l'entrée en campagne annonce le nivellement zéro des villes, les buts mêmes de la guerre s'en trouvant tout autant modifiés. Plus longtemps durera l'affaire, plus sérieuse sera la menace sur Poutine, une révolution de palais n'est pas exclue."

Il se pourrait malheureusement que le prochain article ici soit titré : "Le sac de Kyiv par les ribauds tchétchènes".

lundi 28 février 2022

Stop ou encore ?

Tel Ajax qui massacra les bœufs d'Ulysse les prenant pour ses soldats, Poutine va-t-il se réveiller du cauchemar dans lequel il s'enferre ? Prisonnier d'un univers mental qui a décollé des réalités, le tsar bouffi de haine met en scène publiquement toutes ses décisions majeures avec le concours de généraux pétrifiés par la fuite en avant dont ils sont obligés de lui garantir une issue favorable. La longue table où se figèrent le ministre de la Défense, Sergueï Choïgou, et son chef d'état-major Guérrasimov, devient un meuble incontournable de la propagande du Kremlin.

table du Kremlin
La batterie de caméras qui scrute les réactions doit les mettre à l'aise !

Les quarante-huit heures nécessaires à la prise de Kiev et à l'exécution du "clown" ne cessent de s'étirer, les frères ukrainiens ayant montré un fort désaccord. Quant au soulèvement populaire contre les nazis de Maïdan prévu par le directeur du Renseignement extérieur Narychkine, il fait plus que tarder, sans compter qu'on n'a nulle part vu les enfants des écoles agitant des drapeaux russes au bord des routes au passage de l'infanterie portée. Hélas pour eux tous, au cinquième jour de la guerre, rien n'est acquis, ce qui ne veut pas dire qu'ils n'y arrivent pas bientôt et même avant, tant la crainte de lourdes sanctions court les chefs de bataillons russes engagés au sol.

On savait Poutine étanche aux effets des sanctions internationales, mais il n'avait certainement pas envisagé l'hypothèse d'une expulsion générale et rapide des intérêts russes en tout genre dans la plupart des pays du monde libre, jusqu'à se voir exclus des espaces aériens européens, des compétitions sportives en attendant celle de la FIFA. L'humiliation est le séquestre des avoirs convertibles de la Banque centrale de Russie et la chute vertigineuse du rouble qu'elle ne peut enrayer. Les alternatives au protocole de virements interbancaires Swift seront laborieuses et ralentiront durablement les flux financiers et commerciaux, outre le fait que toute confiance dans les ordres russes a disparu des écrans. La complexité des rétorsions financières et monétaires l'a tenu à distance des détails où se nichent les démons.
Le soutien affiché par la Chine lors des Jeux d'hiver à Pékin l'ont leurré, car mise au pied du mur, la Chine s'avère réticente à tenir à bout de bras le nouvel empire russe en voie d'effondrement économique et social qui, pis est, représente un adversaire géopolitique à échéance de vingt ans en extrême orient. Normalement la Chine prend des gages sur l'aide qu'elle procure, mais s'il est facile de voler le Burkina Faso au coin du bois, il est plus difficile d'en faire autant de la Haute Volta qui dresse seize cents ogives nucléaires vers le ciel à la fin de la discussion. La Chine ne se ruinera pas pour un autocrate en fin de course qui veut entrer dans l'Histoire... quand il s'agit plutôt de faire sa page dans l'histoire de la psychiatrie.

Si je ne doutais pas de la fermeté des réactions de l'anglosphère, j'ai été surpris par celles prises à si bref délai par la Commission européenne et par la Chancellerie de Berlin, entraînant dans leur sillage tous les pays d'Europe orientale et ce même jusqu'au Japon et en Corée du Sud. Nos partenaires européens ont considéré que le soutien aux Ukrainiens méritait bien qu'on ait froid dans les logis jusqu'à l'arrivée du printemps, dans vingt jours. Medvedev glosait sur le confort avilissant des démocraties, il prend lui-aussi une claque. Entretemps arrivent en Ukraine les matériels anti-char et sol-air en recomplètement des dotations perdues, sans même parler des Mig-29 de réforme que possèdent encore la Pologne, la Slovaquie et la Bulgarie. Nous avons finalement compris que l'armement était aussi un moyen de survivre.

De tout celà ne découle aucune victoire sûre des Ukrainiens qui ont affaire à un ennemi surarmé, déraisonnable, colérique et orgueilleux, capable d'avancer des missiles nucléaires en Biélorussie jusqu'à la frontière polonaise pour étendre la guerre à tout son fameux étranger-proche. Les Russes vont-ils eux-mêmes le stopper ? Les informations commencent à circuler, à mesure des communications d'expatriés russes en Occident qui appellent leur famille pour les tenir au courant, voire même de voyageurs bloqués chez nous par l'annulation des vols aériens, qui téléphonent en Russie les raisons de tout ça. Et vont commencer à rentrer... les sacs noirs. Le monde libre exulterait de joie s'il devait être privé demain de la vieillesse de monsieur Poutine. L'autre monde, de soulagement caché !

samedi 26 février 2022

Ad Hitlerum direct !

le Dictateur Chaplin

Est-il besoin d'égrener l'analogie des démarches de l'un vers les Sudètes, de l'autre vers le glacis impérial ? Même l'annonce faite au monde est dans la comparaison, Vladimir Poutine n'ayant cessé d'affirmer qu'il avait le devoir de garantir la sécurité des minorités russes (il ne dit jamais russophone) laissées à découvert par le ressac de l'URSS. S'y agrège la mission de sauver l'âme russe de la pourriture démocratique qui s'exprime dans des monstruosités telles que les trans, pédés, gouines, athées et métis, quand il ne célèbre pas la virilité de la guerre : la Tchétchénie a payé pour voir. Au tour de l'Ukraine ! L'autre analogie, plus récente, est son enfermement à la Howard Hughes, grandes tables, peu de contacts physiques, cercle restreint à trois ou quatre personne autorisées à l'approcher. Mange-t-il de bon appétit ? L'Union soviétique a laissé une armoire à poisons redoutables, Poutine a certainement un goûteur. Mais qu'importe, il va à la messe et la droite française (la vraie) en reste béate d'admiration. Qu'il ait fait tuer vingt fois plus de civils en Syrie que de combattants du djihad ne l'impressionne pas. La malle aux circonstances atténuantes est sans fond. Mais laissons la Collaboration future touiller le petit glaçon dans son petit verre à vodka, il est des choses plus graves nous concernant.

Le Ministère de la Défense envoie quatre Mirage 2000/5 en Estonie avec deux cents soldats (200!) ; et en Roumanie, un groupement tactique interarmes de cinq cents hommes (500!). Afin de rassurer les uns et les autres ?
A leur place je serais inquiet. Plus généralement les forces positionnées aux frontières orientales de l'Alliance sont plus des sonnettes d'alarme(1) que des buttoirs sur une voie d'invasion. Sauf peut-être en Pologne qui depuis toujours se méfie. Ceci pour dire qu'est venue, et malvenue, l'heure du réarmement de masse. L'Allemagne va nous plonger le nez dans les résultats de notre gabegie phénoménale pour nous lâcher en rase campagne parce qu'elle n'a pas décidé de payer son réarmement et le nôtre en même temps. Le char lourd franco-allemand vient de prendre un panzerfrost au flanc : qui fera les moteurs des nôtres ? L'avion du futur sera probablement abandonné par Berlin au profit des productions américaines sur étagère, à moins d'investir de grosses sommes dans la recherche aéronautique fédérale, ce dont elle a les moyens. Pour les hélicoptères, le coefficient élevé d'indisponibilité des Tigre l'a durablement défrisée, à se demander s'il était vraiment utile de concevoir un appareil capable de pratiquement voler sur le dos. Comptons sur nous-mêmes, avec des caisses publiques vides ! Nos partenaires européens se rendront compte si ce n'est déjà le cas que nos projets de coopération sous-entendent leurs concours financiers pour palier l'absence des nôtres ; en ce sens, on leur donne le levier de la définition des produits. Nous n'avons personne à dénoncer pour notre impéritie. Attendons-nous à payer cher les allocations sociales open-bar !
(1) Etat des lieux de la Bundeswehr selon Der Spiegel : risible ou tragique c'est selon. Pire que le nôtre : par ici. S'y ajoute le désastre de l'Ostpolitik, totalement ruinée par l'invasion de l'Ukraine et la menace nucléaire brandie par Poutine.


Plutôt que de sortir le modèle qui épatera le monde au salon de Satory, nos ingénieurs de l'armement friands de nouveautés ultimes devraient rechercher la masse en mêlée pour un combat continental et produire en quantités ce que nous savons déjà bien faire : chars Leclerc, canons Caesar, missiles, VBCI etc... Ne nous cachons pas qu'il sera difficile et cher de convertir une gendarmerie coloniale en corps d'armée vert-Europe. Mais nous n'avons plus le choix, à moins que ne meure de priapisme le petit tsar.

Entretemps, la paranoïa poutinienne a suscité le réveil de l'Alliance atlantique au contact. Finlande et Suède sont depuis hier menacées de représailles par Moscou si elles adhèrent à l'OTAN. La Suède est la plus avancée dans ce but, qui a rétabli la conscription et fortifie ses îles en Mer baltique. Un temps conciliante, elle a carrément choisi son camp (clic), peut-être au souvenir de la puissance redoutée qu'elle fut dans un lointain passé mais plus certainement par les violations répétées de ses eaux territoriales et de son espace aérien par les forces russes. La Finlande est sur la même ligne, qui attend un prétexte car elle a treize cents kilomètres de frontière commune avec le pays du fou. Sans doute se contentera-t-elle d'un accord de coopération atlantique et manœuvres mixtes.

Faut-il conclure ? N'attendons pas le 1er septembre 1939 pour relancer nos industries d'armement. Quant à les financer, je donne ma langue au chat ; mais M. Macron va nous dire tout ça dès son entrée en campagne.

jeudi 24 février 2022

Les zélateurs du Kremlin n'avalent plus !

La guerre est la pierre de touche de la carrure d'un chef d'Etat comme le feu est la pierre de touche de l'or, aurait pu dire Nicolas Flamel. Les candidats qui s'opposent au président Macron ont réagi à l'invasion de l'Ukraine par les armées de Vladimir Poutine, chacun à sa manière. La sélection complémentaire que la guerre leur impose a vite fait d'éclaircir leurs rangs. Alors que les candidats postés aux extrêmes "comprenaient" jusqu'à dimanche dernier les objections du président Poutine qui justifiaient toute menace non suivie d'effet, la guerre ouverte a réveillé l'instinct de survie, sauf pour un, comme nous allons le voir.

Marine Le Pen condamne sans ambiguïté : « Aucune raison ne peut justifier le lancement d’une opération militaire contre l’Ukraine par la Russie qui rompt l’équilibre de la paix en Europe... »; elle appelle à une conférence internationale sous l'égide de l'ONU à Genève sans doute. Que peut-elle faire de plus après l'étalage des relations qu'elle a eues dans le passé avec les chefs du Kremlin pour booster et financer sa candidature ? A mesure que la menace se rapprochera, son patriotisme non feint prendra les commandes chez elle et nul ne peut douter qu'elle fasse bloc sous l'orage avec les pouvoirs français.

C'est plus dur pour Jean-Luc Mélenchon qui historiquement relayait en boucle la propagande russe contre l'OTAN dont la désintégration arrangerait bien les affaires de Vladimir Poutine. Et il en remettait une couche il y a peu en déclarant que dans cette crise, c'était l'OTAN l'agresseur ; et que la prise des républiques populaires du Donbass était une réponse logique (clic). On sent derrière ses grandes phrases d'aujourd'hui une terrible déception qu'il faut vite noyer dans des conférences de la paix qu'il sait inefficaces à retenir son mentor dans sa bataille des moulins. Ainsi faut-il « une réunion immédiate de l'OSCE » et une délibération d’urgence de l’Onu pour obtenir « un cessez-le-feu immédiat et un retrait de toutes les troupes étrangères d’Ukraine ». Bien sûr, il suppose que des bataillons américains ou polonais sont tapis dans les fourrés pour envenimer les choses. On ne se refait pas à si bref délai ! L'affaire restera dans les nuées diplomatiques et ça lui conviendrait plutôt (clac).

Eric Zemmour
Eclairé au gaz russe, Eric Zemmour proclame sa condamnation d'usage de l'invasion tout en adoptant les revendications du Kremlin qui la justifient. Il avait montré le bout de l'oreille lors de la reconnaissance des deux Etats croupions du Donbass (clic) ; il y va carrément aujourd'hui en réclamant de faire droit aux demandes russes dans le cadre d'une conférence internationale sur la sécurité en Europe. Il sort en même temps du commandement intégré de l'OTAN, au moment où nos faiblesses militaires justifient plus que jamais une défense en coalition. Définitivement, un rat de bibliothèque n'a pas la carrure de l'emploi, même s'il y a plus mauvais encore et moins excusable : François Fillon est sur la même ligne, à 180 degrés, la thune est en péril, on aura tout compris.

Valérie Pécresse, comme à son habitude, se paie de mots et critique la forme. En fait, sur le fond, elle ne sait pas quoi faire, mais condamne fermement et exige des réactions fortes. Lesquelles ? Bien en peine de les trouver au fond du crâne, elle n'a pas bossé le sujet. Limites de la technocratie !

Yannick Jadot, Chritiane Taubira, Anne Hidalgo condamnent la déclaration de guerre sans arrière-pensées, Jadot demandant même de soutenir l'Ukraine par l'envoi d'armement. La sphère communiste (NPA, LO et PCF) condamne du bout des lèvres et partage les responsabilités par la formule Ni OTAN, Ni Poutine, on s'en serait douté.

Entretemps, les sanctions prises par le camp occidental ne sont pas minces et les perroquets qui proclament qu'elles ont toujours prouvé leur inefficacité n'ont pas bien lu ou compris le discours de Joe Biden ce soir : un trillion quatre cents milliards de dollars d'actifs russes aux Etats-Unis ne leur parlent pas ! Les Occidentaux - je n'ai pas le détail des sanctions européennes - gardent comme dernière cartouche l'expulsion des banques russes de la chambre de compensation SWIFT qui flinguera complètement le commerce russe, pour le cas où le Kremlin ferait assassiner le président Zélensky que Poutine, tout à sa haine de qui n'est pas lui, méprise souverainement ; jusqu'à le faire liquider par ses spetnatz au prétexte qu'il leur aurait tiré dessus par exemple quand ils sont venus l'arrêter au siège de la présidence à Kyiv. Un peu comme on le fit d'Allende au Chili. On commençait à s'emmerder.

L'Europe nue

Les efforts diplomatiques éperdus des chancelleries européennes qui ont été déployés pour prévenir une guerre ouverte en Ukraine n'ont pas abouti : oubliant qu'il commande un pays membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies, Vladimir Poutine attaque son voisin, lui-même fondateurs de l'ONU (on l'oublie), au motif indépassable dans sa paranoïa, qu'il lui appartient et qu'il est libre d'en faire sa chose. Malheur, a-t-il dit, à quiconque oserait se mettre en travers de la reconquête de sa propriété. J'avoue n'avoir pas cru à cette fébrilité de sa part en privilégiant un bluff diplomatique adossé à une menace existentielle qui en resterait au stade de l'intimidation. J'ai eu tort.

Nul ne sait jusqu'où l'affaire ira. Ecoutons nos polémologues qui font assaut d'alarmes : la Pologne et les trois Baltes seraient déjà menacés. Qu'en tirer à ce stade qui nous serve ? Une évidence : la diplomatie non adossée à la force n'en est pas une. Il est coutume de dire dans les écoles de guerre que celle-ci n'est que le prolongement violent d'une politique étrangère assumée (c'est de Clausevitz). Dans le cas présent, la maxime s'applique à la Fédération de Russie et nullement au bloc occidental qui n'a pas les moyens de la faire sur le continent qu'il prétend régenter. En ce sens, et même si ce fut mieux que rien, les rencontres à convaincre qu'avaient décidées nos dirigeants étaient vouées à l'échec sans menace actionnable dans la sphère polémologique. Prenons-en de la graine, si Poutine nous en laisse le temps.
avions de chasse SU-57

Un mot sur les sanctions internationales : la Fédération de Russie va en pâtir, et ses peuples d'abord : mais aussi profondément plongés dans une misère noire qu'ils le soient, ils devront compter dans cette dictature de brutes sur les corps de police à la mode d'antan décidés à les contenir par tous moyens. On les fera taire, on tuera ses chefs sans même se cacher. Le logiciel de la terreur est en place comme l'a montrée l'humiliation publique du chef du Renseignement extérieur Narychkine, au conseil de défense l'autre jour. On comprend aussi que les "tables" immenses n'avaient pas qu'un intérêt prophylactique sous Covid mais font parties de l'image du petit tsar proposée au monde. Les limites de la caricature du Dictateur de Charlie Chaplin sont franchies.

Déjà qu'elle n'est pas si brillante, l'économie russe risque gros, qui devra mettre tous ses œufs dans le panier militaire pour parer à toutes représailles au sol ou dans les airs, et parce que Poutine ne voit plus que "ses" armées. Crève qui n'en est pas, ce n'est pas son problème tant que roulent les chars.
Plus finement : rien ne dit à ce stade que la Chine populaire ne soit pas contente in petto d'une crise économique russe puisque la seule force à sa mesure sur sa frontière nord serait durablement fragilisée, mettant Moscou en position de quémandeur. La Chine a un agenda éternel sur sa frontière steppique : reprendre la Mongolie (extérieure) et toute la rive droite de l'Amour. Outre le caractère "impérial" de ces territoires (comme Poutine avec l'Ukraine et la Biélorussie), ils regorgent de ressources minières. L'affaiblissement économique russe peinant à fournir chenilles et canons, missiles et munitions sophistiquées au front, lui offre le levier des secours financiers. Ce qui lui donne en même temps plus de liberté dans l'ingestion de ces pays voisins autrefois soumis à l'empereur de Chine.

Revenons ici. Nos dirigeants ayant, pour plaire aux masses laborieuses et démocratiques qui les élisent, tout misé sur le soft power, se retrouvent fort dépourvus quand la bise fut venue. Pour ce qui concerne la France, entre la fusée atomique sous-marine et le voltigeur de la Légion, il n'y a rien qui tienne au feu d'une vraie guerre plus longtemps qu'une semaine ; et notre aviation de chasse tiendra l'air cinq jours en cas de conflit continental selon un dernier rapport parlementaire déjà cité ici. C'est le leurre d'une sécurité par dissuasion nucléaire qui ne dissuade pas un ennemi passant sous le radar de la riposte finale qui rayerait notre pays de la carte. Il fallait une armée de mêlée, en coalition sans doute, qui fasse peur. Nous ne l'avons pas. Si les armées de Poutine se rapprochent délibérement des frontières polono-baltes, nous serons happés dans le conflit latent par l'article 5 de la Charte atlantique. Soit, à divers motifs rhétoriques fumeux, nous ne ferons rien comme en 1938 - il ne faut pas écarter cette dépression mentale de notre peuple avachi - soit nous répondrons présent dans l'honneur, mais avec quoi ? Une semaine de soutien aux Lettons ? Le roi Macron est nu.

C'est tout le modèle social français qui doit être repensé car il n'est à l'évidence pas protégé physiquement. Cesserons-nous la gabegie dans l'assistance aux rachitiques et difficiles à venir pour nous réarmer à hauteur de l'idée que nous nous faisons de la France en Europe ? Ou disparaîtrons-nous des pupitres décisionnels où notre logorrhée universaliste ravissait le monde depuis, paraît-il, 1789 ? Les interventions des candidats à l'élection présidentielle française deviennent complètement décalées à partir d'aujourd'hui. Tous ces programmes se fracassent sur le mur des réalités caché derrière le rideau des idéologies démagogiques. La social-démocratie en prend un sacré coup ! J'attends avec intérêt comment le président va vendre nos faiblesses consenties à l'opinion française. Quant à la présidence européenne...

mercredi 23 février 2022

Lassalle président !

En 2017, Jean Lassalle avait convaincu 435364 électeurs de voter pour lui au premier tour de la présidentielle, plus un, moi. C'est le score à battre en 2022. L'homme n'est plus à présenter, et les raisons de le soutenir n'ont pas changé depuis la dernière fois, qui sont :
  • Il avance sur des principes de pleine application et pas sur des promesses de plein vent ;
  • Son projet de régime refonde le gouvernement du pays (au sens large) sur la mosaïque ancienne des communes qui sont la chaîne et trame de la France ;
  • Il a un souci permanent du bien commun et le distingue bien des intérêts majoritaires ;
  • Il identifie parfaitement les lobbies industriels et financiers dont l'agenda est étranger au projet "France";
  • La république vertueuse (c'est le plus grand défi de la démocratie qui est par essence perverse) est son modèle indépassable ; il est donc adaptable ;
  • Son approche accouplant l'autorité naturelle en haut aux libertés basses est tout à fait maurrassienne mais il ne le sait pas, ce qui ajoute à sa sincérité ;
  • Il a un vrai tempérament, il est dur au mal et a su gagner sa vie, il bénéficie d'un vrai parcours professionnel et politique d'expérience.
Hâbleur et roublard comme un Béarnais ensouché depuis la nuit des temps, c'est moins le programme que l'homme qui me va. Il faut dire que la détestation des politocards qui ont hanté ce quinquennat en nous laissant une montagne de dettes et des déficits partout monstrueux, facilite le choix d'un député sincère et compréhensible par tous. Certes, j'en connais ses limites et quelques dissimulations mais le plaisir de l'aventure Résistons! l'emporte, jusqu'à vous engager aujourd'hui à lire son programme... depuis qu'il a obtenu ses cinq cents parrainages. Ben voyons !

Jean Lassalle

Le programme est fait de douze chapitres qui sont présentés sur le site officiel 2022 en cliquant ici. Nous allons en prendre deux, sans faire de la théorie ; restons "paysan", gens de pays :

(1) Décentraliser par subsidiarité ascendante

Pour une intercommunalité à taille humaine : abroger les lois NOTRe et Maptam :
La commune doit retrouver le choix d’intégrer ou non une intercommunalité à taille humaine et sans fiscalité directe ;
Restaurer les compétences des communes ainsi que leur autonomie financière et fiscale.

Reprendre la réflexion sur les régions budgétivores et peu efficaces :
S’orienter vers des Provinces historiquement, politiquement, économiquement et culturellement cohérentes ; ceci afin de valoriser les produits, les savoir-faire, les savoir-être et les langues patrimoniales. Ces provinces permettront enfin les vrais choix territoriaux de demain.

Rétablir les mandats de député-maire et sénateur-maire afin de renouer le lien entre les territoires et la représentation nationale.


La réorganisation technocratique des territoires a abouti à l'accroissement sensible de la distance entre décideurs et administrés à tel point qu'elle a créé par les communautés urbaines (mais dans les intercommunalités c'est pareil) une nouvelle caste de caporaux-chefs, crispés sur des pouvoirs bien plus étendus que leurs capacités propres. Mon exemple :
Ma ville de 35000 habitants est entrée (sans qu'on ne mette ça au vote des intéressés) dans une CU de soixante-treize villes, bourgs et villages pour un total recensé de 408000 habitants. Ayant subi un accident de voiture par la faute entière d'un chantier communal, j'ai pris langue avec le service juridique municipal pour être couvert de la franchise appliquée par ma compagnie d'assurance (avec le renfort de leur service juridique). Je fus renvoyé au service juridique de la CU qui a tout fait pour ensabler mon petit dossier (il n'était pas à la hauteur de leurs diplômes), mon assurance jetant l'éponge devant tant d'inertie 'apparemment' calculée. Serait-il resté à portée dans la commune où, depuis le temps, je connais du monde, que le dossier aurait été traité et finalisé sans problème entre gens de bonne compagnie ; j'en ai la preuve d'expérience. Je comprends donc tout à fait ce que Jean Lassalle veut dire.

Quant aux provinces historiques, je les prends tout de suite. J'ai vécu dans la Septimanie de Georges Frêche et je puis affirmer que l'historicité du territoire était un puissant moteur de dévelopepment, à vouloir redevenir Wisigoth et lui, roi Georges. Paix à son âme.

(2) La justice avant le droit

Renforcer la médiation dans le domaine de la justice :
Soutenir les modes alternatifs de règlements des différends (MARD) pour développer la négociation, la conciliation et la médiation, existant en trop petit nombre. Anciens juges, militaires, gendarmes, commandants de police, responsables syndicaux, cadres…, les médiateurs mettront leur savoir-faire au service de la France en permettant à la société de retrouver davantage d’harmonie. Plus nombreux, ils peuvent devenir les nouveaux juges de paix, qui intervenaient au niveau du canton jusqu’au milieu du siècle dernier. Le médiateur, tout en désengorgeant la justice, apporte une réponse non violente et non juridique à bien des conflits en restaurant le lien humain et en réparant le tissu social.

Augmenter le nombre de magistrats effectifs dans le tribunaux :
Organiser autrement leur recrutement et leurs détachements, à hauteur d’un tiers des promotions par concours et deux tiers par passerelle (sur concours 3e voie et/ou dossier), réservée à des praticiens des professions judiciaires ayant au moins quinze ans de pratique. S’agissant des magistrats administratifs, éviter le développement d’un corporatisme déjà présent.

Lancer un plan de construction de prisons afin de garantir que les peines courtes seront appliquées et que les conditions d’hygiène et sécurité seront respectées :
Elles devront être à taille humaine. Les TGI pourraient y contribuer, permettant de préparer une éventuelle reconversion.

Améliorer le dispositif de l’aide juridictionnelle :
La formation en prison doit faire l’objet de partenariats plus importants avec le monde professionnel. Il s’agit de former les détenus et de préparer leur reconversion en association avec les entreprises.

Légaliser le cannabis, en encadrant strictement sa vente et en dédiant une grande part des recettes à la lutte contre l’addiction.


Revenir aux juges de paix qui n'avaient pas démérité, comme les avoués d'ailleurs, désengorgerait les couloirs judiciaires autant qu'elle nourrirait la Chicane qui semble en avoir besoin. Remonter nos effectifs de magistrats en prétoires au niveau de nos voisins européens ne serait pas dommage. Que du bon sens ! Pourquoi ne le fait-on pas ? Pour garder ailleurs des crédits d'assistance sociale clientéliste ? Le pognon de dingue serait mieux placé à apaiser les temples du droit en France. Reste à traiter la question de la production législative ininterrompue qui noit tous les codes de la république. Je vais lui en parler.

Quant à la légalisation du cannabis : c'est par là.

vers Lourdios-Ichère

Est-ce bien utile de voter pour un candidat qui peine à percer dans les sondages d'opinion à cinquante jours du scrutin ? A quoi je répondrais : est-ce bien utile de voter ?
L'assemblée nationale est devenue le bureau des pleurs, un guichet, ma tante ! Le président élu s'époumone à mentir devant le mur de l'impossible. Le protocole de choix d'un chef d'Etat est faussé par l'essence même de la démocratie, relisons Tocquieville et Proudhon. Alors profitons de l'attention qu'y portent les Français pour faire avancer quelques idées simples en attendant que les loges royalistes décident de descendre dans l'arène et d'entrer en mêlée.

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