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Puissances en division 1

coucher de soleil
- Toutes les thalassocraties de l'histoire furent, sont et seront occidentales -

Dans la série "Dîner en ville", Royal-Artillerie propose trois sujets de conversation qui feront leur effet à la table de la sous-préfète. Vous avez tous compris que, depuis le retrait américain d'Afghanistan, le state-building par occupation du sol n'était plus à la mode. Même si ce terme est sulfureux, le temps des "croisades démocratiques" est terminé. Est-ce mieux ? Les défis létaux à affronter par le monde libre peuvent nous démontrer le contraire dans quelques années, mais pour la suite du mandat présidentiel de Joe Biden, les satrapes ont carte blanche, dès lors qu'ils ne menacent pas physiquement (ou numériquement) les intérêts américains. Beaucoup d'entre eux qui se sentaient fragilisés par les élans démocratiques d'importation sont rassérénés ; ils vont écraser tout ça à la birmane et basta ya !
Sauf que ! L'armée birmane s'attaque aujourd'hui aux populations remuantes du Kashin et du Chan, en frontière du Yunnan chinois, avec les mêmes méthodes que celles employées en Arakan contre les Rohingas. Pour simplifier, c'est Oradour-sur-Glane toutes les semaines ! P..... de satellites qui voient tout ! Alors pour les grands érecteurs à la Poutine, Erdogan ou Loukashenko, il va devenir difficile de tenir les comparaisons sur CNN. Passons en revue la Division 1.

Les Etats-Unis d'Amérique

sceau des Etats-Unis
Les empires, quelle que soit leur loi fondamentale, sont toujours sur une pente d'extension et d'exportation de valeurs propres à leur modèle. Si les Etats-Unis d'Amérique marquent un temps d'arrêt aujourd'hui, les crises mondiales annoncées dans les domaines géopolitiques, climatiques, écologiques, nutritionnels et sanitaires ne tarderont pas à les convoquer au balcon du sénat galactique pour des engagements qu'ils sont les seuls capables d'assumer pour le moment. Avec beaucoup de précautions inutiles, ils mettront de nouveau le pied dans le piège pour des motifs à inventer, mais qui ne seront pas si loin de l'esprit généreux du Peace Corps toujours vivant. D'autant qu'à la différence des empires continentaux, l'Occident est fille de l'océan, qui a "découvert" le monde ! Toutes les thalassocraties de l'histoire furent d'occident. L'appel du grand large, comme le disait Winston Churchill, ne cessera de retentir à l'Ouest ! Ce goût des complications lointaines nous perdra-t-il ?
En attendant la réponse, Joe Biden, pressé par l'horloge biologique, rebat les cartes et crée une alliance stratégique contre la Chine populaire avec l'Australie et le Royaume-Uni pour tenir le Pacifique-nord. Et ajoute l'Inde et le Japon dans le schmilblick du QUAD. Pearl Harbour, souviens-toi ! Un bémol néanmoins : combien de temps faudra-t-il à l'état-major de l'US Navy pour redynamiser les équipages de la flotte au niveau de haute intensité. Il y a des faiblesses inexplicables comme la récente collision en immersion d'un container flottant entre deux eaux par un submersible atomique dans le Détroit de Taïwan. Il y a eu aussi une collision impardonnable dans le détroit de Malacca due à l'absence de vigie. Mais le défi important n'est pas vraiment là :

La guerre ouverte contre une Chine populaire devenue insupportable est-elle la meilleure solution ? L'hystérie officielle sur la question taïwanaise couplée à l'accumulation de régiments d'artillerie au Foukien armés de missiles conventionnels à longue portée, peut faire craindre des revers dans toute opération navale alliée engagée sur le détroit pour barrer la route aux opérations amphibies. Des esprits plus fins suggèrent qu'en cas d'attaque de l'île, on s'en tienne à pourrir la réputation chinoise sur toute la planète par tous moyens absolument, en restreignant au possible son commerce d'exportation pour mettre son économie à genoux. Viendrait ce faisant une réaction anti-gouvernementale des masses laborieuses qui n'auraient pas le motif d'une agression militaire pour faire bloc avec les dirigeants communistes. L'économie à genoux, la banqueroute d'un système financier criblé de dettes pourries, conduiraient au chaos social, prélude à l'insurrection. Le PCC le sait qui a décrété une ère de prospérité modérée (clic) afin retirer de la rue les Ferrari. On entend par ailleurs le même Xi Jiping réaffirmer l'incontournable anschluss de l'île rebelle mais, et c'est nouveau, de manière pacifique. C'est à creuser, mais il faut commencer à rapatrier dans la zone OCDE les fabrications essentielles à nos économies de consommation, au cas où l'usine du monde s'effondrerait sous les chocs d'une contre-révolution culturelle.

La Chine populaire

emblème de la RPC
Le second empire au monde, au logiciel d'escargot projeté dans la durée, a sorti ses cornes à l'avènement du princeling Xi Jinping qui cultive un profil de médaille rouge. Il s'investit pour des raisons industrielles dans les pièges à cons que sont le Myanmar et l'Afghanistan, après avoir touché l'eau froide de la pointe de l'orteil. Son modèle de "développement-à-la-chinoise" préservé des interférences libertaires par le contrôle social des droits de l'homme y sera de pleine application rapidement, à moins que la caisse centrale ne rechigne à prendre en charge le budget public des pays vassalisés que les instances financières internationales boycotteront à diverses raisons. C'est une raison suffisante pour bloquer le cash vers les talibans d'Afghanistan. Ainsi la Chine populaire qui semble à son tour fascinée par le piège afghan et ses mines prometteuses, l'hubris de la clique Xi l'aveuglant sur les trois expériences passées du fameux Grand Jeu, peut très bien s'y embourber à la suite des autres. Prudente de nature mais très inquiète sur le front des Ouighours, elle commence à petit air sans avoir vu le film jusqu'à la fin, alors que tous les membres du Conseil de sécurité, Russie comprise, l'observent. Si par osmose islamiste au travers du Wakhan, les choses s'envenimaient au Turkestan oriental (Xinkiang) au point de mettre en doute les procédures de pacification brutale pratiquées par le Parti communiste chinois, ou si la guerre civile et narcotique se déclenchait de l'autre côté de la frontière birmane du Yunnan comme on en prend le chemin, la tentation serait grande pour Xi Jinping de laver l'affront à sa grandeur incomparable par l'attaque de Taïwan, puisqu'il a promis à la face du monde que la "réunification" se ferait de son vivant. Mais la fenêtre d'opportunité commence à tourner sur ses gonds depuis que les Etats-Unis se renforcent sur leurs bases asiatiques, que Joe Biden monte en agressivité pour compenser sa sénescence, et surtout que le complexe militaro-industriel américain refuse explicitement que la Chine dicte sa loi. Est mise à l'étude l'autoroute sélène avec pitstops de refueling et maintenance des vaisseaux-navettes comme en Nascar. Les Chinois vont-ils se hâter ? Ont-ils le niveau ? Les problèmes intérieurs montent aussi sûrement que fondent les glaces mais pour le moment, seuls les activistes exilés le voient sans en convaicre les think tanks occidentaux qui restent sur la porteuse d'une Chine indépassable.

L'invasion de la Mer de Chine méridionale braque tous ses voisins et partenaires commerciaux (à l'exception du Cambodge de Hun Sen) et elle va entamer ses succès hors les murs, dans son propre hinterland, au détriment des communautés de la diaspora chinoise active en Asie du Sud-Est. Il existe un mépris ancien du pouvoir communiste pour les communautés chinoises d'outremer. On a beaucoup tué de Chinois jadis en Indonésie pour leur nationalité et leur argent. Au point d'ailleurs que les Chinois de Thaïlande qui, comme en Malaisie, tiennent l'économie du pays, ont abandonné leurs références ethniques par peur de rétorsions populaires terribles, en réponse aux humiliations provoquées par Pékin. Faut-il ressortir la régulation par la famine des Chinois du Cambodge concentrés en camps de la mort sous l'œil impassible du personnel diplomatique chinois de Phnom Penh qui appuyait les Khmers Rouges ? Les Malais sont sur le qui-vive ; Les Philippines sont aux cent coups, Duterte qui a joué l'équilibre des superpuissances sans convaincre, se retire, sans doute gavé ; le Vietnam subit la violation de ses eaux territoriales dans le Golfe du Tonkin où ses flottilles de pêche sont harcelées - plus aucun bateau vietnamien ne va pêcher seul ; Taïwan subit presque quotidiennement les provocations des escadrilles chinoises en violation de son espace aérien qui n'est pas reconnu par la Chine populaire, jusqu'à l'accident dû à une erreur de navigation ? Et comme un fait exprès, une nouvelle alliance occidentale (AUKUS) va lui barrer la route de l'Océan pacifique.
Si on y réfléchit, le soft power aussi puissant que peut l'être celui de la Chine populaire est suffisant à hégémoniser la mer sans prendre un seul îlot. Les Chinois ont bien baissé aux échecs. Ils compensent cet aveuglement stratégique par une fébrilité sans pareil dans le lancement de batiments de guerre - un sous-marin atomique d'attaque tous les seize mois - et l'armement d'un nouveau porte-avions comparable en taille à la classe Ford américaine, avec des catapultes électro-magnétiques, une première. Mais le tonnage n'a jamais suffi. Le combat d'escadre, c'est le vrai défi ! [Petit aparté : je me souviens d'un acheteur d'un arsenal chinois qui avait changé la spécification thermique de composants électroniques de tourelle pour les obtenir cinq fois moins chers (0/+70° au lieu de -55/+135°C). A qui j'avais répondu: "vous n'envisagez pas de combattre sous le feu ennemi, à demi-noyé ?" Il prit peur...... que j'en parle plus haut et se ravisa, mais lui-même ne comprenait pas la fonction d'un poste de commandes Otomat !]

Saouls de proclamations internes ronflantes, ils sont sur la pente de la guerre totale comme y vint le deuxième reich allemand pour se mesurer à l'empire britannique. Ils avaient tout pour devenir heureux et gras, au lieu de quoi il risque de répéter la bataille du Jutland à laquelle se préparent l'US Navy et ses alliés japonais. Les Junkers de jadis sont les apparatchiks communistes d'aujourd'hui. On commençait à s'emmerder, mais à la fin c'est la dissuasion nucléaire qui calmera le jeu.

La Fédération de Russie

armoiries de la Fédération de Russie
La Fédération poutinienne de Russie est dans le même cas. Exportant son modèle de destruction de toute opposition par tous moyens et chimiques compris, le Kremlin rêve de ragréer le glacis occidental de ce qui fut le limes de l'Union soviétique. Tout y est bon, usines à trolls, mercenaires sans matricules, tueurs gris. Ayant débordé de l'épure utile, il se trouve dorénavant embourbé en Syrie où la solution d'une succession contrôlée de Bachar el-Assad s'avère impraticable avec la famille alaouite au pouvoir, surtout depuis qu'elle se refait (à millions) sur l'aide humanitaire internationale. Combien de temps les Russes vont-il fournir leur soutien au régime syrien dans les trois dimensions (financière, guerrière et diplomatique) ? Aussi longtemps que les Américains le firent à Kaboul, pour à la fin découvrir que les parties arabes se seront entendues entre elles à Damas sur leur dos. Le danger est que le revers annoncé et l'humiliation probable risquent de déclencher, comme en Chine, une réaction violente de l'orgueil russe, vis à vis de l'Ukraine rebelle par exemple, mais aussi de la Géorgie, voire même de la Biélorussie si Loukashenko disparaissait. Poutine veut finir en beauté.

S'ils font alliance à l'est avec le PCC dans l'extrême-orient russe, dont une partie fut prise aux Chinois - ne l'oublions jamais - ils restent néanmoins éveillés à mesurer l'écart de plus en plus grand des puissances militaires respectives. Certes la suprématie nucléaire et l'expérience spatiale russes seront difficiles à palier, même si la technique chinoise met les bouchées doubles, mais au plan économique et dans la recherche, la Fédération de Russie est déjà passée en division 2 (PIB de l'Italie). Nul ne doute que les amis éternels ne deviennent à terme comme chien et chat quand la pression inévitable chinoise sur les ressources sibériennes indispensables à sa production, débordera de la négociation normale entre partenaires "win-win". En attendant, les uns et les autres singent une grande amitié en manœuvrant ensemble dans les détroits nippons d'Hokkaïdo pour "maintenir la stabilité stratégique" en mer du Japon, obligeant à l'appareillage de destroyers et d'avions patrouilleurs japonais. Qui les croit ?

A l'ouest, c'est plus compliqué, du moins pour le simplisme des équations du premier degré dont raffole le Kremlin. Les pays libérés d'Europe orientale ne reviendront pas ! Répétons aux malentendants que l'OTAN n'a jamais avancé à l'est de son propre élan. Ce sont les pays libérés du pacte de Varsovie qui se sont rués dans le pacte atlantique, avant même de négocier avec la Communauté européenne, parfois contre l'avis des conseillers de la Maison Blanche. Ils cherchent par tous moyens à entraver une coopération euro-russe tant qu'ils n'y trouveront pas leur avantage propre. Si Vladimir Poutine pouvait sortir de l'hagiographie d'Oliver Stone et terminer sa paranoïa d'encerclement, il libéraliserait l'enclave de Kaliningrad à outrance et ouvrirait une zone de libre-échange, jusqu'à l'Oural pour commencer, puis l'ajusterait dans la profondeur infinie du grand marché sibérien sur crédits de développement japonais. Ce ne sont pas des élucubrations gratuites puisque ce programme de développement était travaillé par l'équipe de Yeltsine qui avait envisagé un moment de collaborer sur les îles Kouriles. Qu'apporte à la Russie la déstabilisation des riverains de la Mer baltique ? A quoi sert-il de porter à bout de bras l'Etat-croupion de Biélorussie gouverné par une caricature du roi Ubu ? La Russie perd son temps, dans des schémas de montreur d'ours, et les peuples de la Fédération commencent à s'en apercevoir, qui à l'occasion mesurent le fossé qui les séparent du monde libre dont on leur dit tant de mal.
Vladimir Poutine n'était pas taillé pour convertir la rente minière extraordinaire du pays du monde le plus étendu en une industrie de classe mondiale. Comme je le dis souvent, qui a jamais vu un produit russe au supermarché ?


Ces trois puissances gouvernent toutes les stratégies déployées sur la planète. Elles devraient se sentir responsables de l'avenir du monde et collaborer, au moins face au chaos climatique annoncé et perceptible déjà, au lieu de quoi l'absence annoncée d'importants chefs d'Etat à la COP de Glasgow, pourtant gravement menacés sur leur sol par le dérèglement en cours*, signe par avance l'échec de la réunion dont les nations insulaires attendent tout. Par leur statut de puissances, elles s'inventent des défis qui organisent toute leur politique et cajolent le danger de guerre qui donne du piment à leurs dirigeants. Sans le risque de cataclysme nucléaire, il serait impossible de les tenir à distance l'une de l'autre, ce qui donne la mesure de l'intelligence humaine. On dit qu'elle est supérieure à celle de toute autre espèce, mais en mode collectif ! Il ne faut jamais désespérer de la Bêtise, les grands conflits du XXè siècle nous l'ont montré.

* il suffit d'évoquer les immenses feux de taïga de l'arc arctique russe, les crues et ouragans de pluies pas moins monstrueux en Chine.


« Comment se fait-il que l'espèce humaine, non seulement aujourd'hui mais durant toute son histoire, néglige délibérément les informations dont elle dispose, et qui lui permettraient de s'épargner certaines catastrophes ?» (Revel)

Océan pacifique
Le Pacifique baignant la Californie


Quid de la Divison 2 ?
A la semaine prochaine.

Commentaires

  1. Lire ça, c'est nouveau, ça vient de sortir :

    Les opérations d'influence chinoises - un moment machiavélien (IRSEM septembre 2021) publication signalée par François Danjou/Question Chine.

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  2. J y'ai appris qu'il y avait des indépendantistes à Okinawa et j'ai surtout compris qu'on a perdu la Nouvelle Calédonie

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    1. Okinawa est la Corse (tropicale) du Japon. Elle fut d'ailleurs rattachée à l'empire bien plus tard que la Corse à la France. Mais le sujet chaud c'est bien la Nlle Calédonie, puisque le résultat de décembre pourrait bouleverser toute la stratégie "pacifique".
      Si elle part, nous deviendrons sur zone une "puissance" touristique et je ne doute pas que les ïles de la Société ne soient à leur tout travaillées par l'anglosphère australe pour que nous sortions du jeu.

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  3. La Chine en Afghanistan découvre le "bâton merdeux" plus facile à prendre qu'à lâcher. La tentation d'y supplanter les Etats-Unis pour se goinfrer de ressources minières et pour écraser les derniers vestiges de l'ETIM se heurte au mur des réalités. L'attaque-suicide de la mosquée chiite de Kunduz a été perpétrée par Muhammad al-Uyghuri pour punir les Talibans d'avoir déporté des réfugiés ouighours sur demande expresse chinoise (source).
    L' ISIS-K a enrôlé beaucoup de Tadjiks mais aussi de Ouighours réchappés du plan de normalisation chinois au Xinkiang. Les entreprises chinoises deviendront des cibles privilégiées. Le pouvoir à Pékin décidera-t-il de les "sécuriser" ? De l'orteil on passe au pied...

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