samedi 25 novembre 2023

Les peuples d'Europe s'ébrouent

Il se passe quelque chose chez les peuples européens que nos sociologues confits en dévotion académique ont du mal à appréhender, parce que ces manifestations d'humeur croisent à angle droit toutes les lignes de l'épure du vivre ensemble et son contraire. Fascisme, antifascisme, extrême-droite ou gauche, néo-nazisme, saints et autres remplacés, rien ne colle. Et c'est à Dublin qu'on vient de le constater.

feux d'émeutes à Dublin

L'éruption de violence déclenchée par le surinage de braves passants par un étranger présumé ne coche aucun des codes conformes à la doxa des écoles régionales de journalisme. Des Irlandais moyens et plutôt jeunes ont attaqué la police et les vitrines du capital vagabond dans une belle émeute à la française, ne touchant pas un seul cheveu des quelques étrangers venus aux nouvelles qui eurent la bonne idée de rester en retrait de ce combat de roux. Pis encore, d'aucun chez ceux-là portèrent secours spontanément aux yeux brûlés par les gaz et autres blessures superficielles de manifestants trop avancés. En fait, le motif prévalant n'était ni la malchance dans la vie, ou un quelconque déclassement social causé par quelque grand remplacement, le désœuvrement, encore moins un fureur raciste, la cible était clairement le gouvernement de la République d'Irlande. Sa molesse générale dans la gestion de la société, ses indulgences coupables, son enfumage permanent, sa façon de mentir en fait ! Un reportage du Guardian sur zone titre « Le gouvernement n'écoute pas ». Ils auraient pu choisir aussi "l'anarchie celtique renaît".

Ces événements déboulent dans les lucarnes bleues juste après la victoire (mesurée) du parti de Geert Wilders aux Pays-Bas qui a percuté de face les éditocrates patentés. La relation qu'en a fait la presse française subventionnée est complètement démentie par les réactions politiques du peuple batave et des partis qui le représentent. Le peuple espère être entendu cette fois. Si la coalition avec le PVV est difficile à former, aucun parti jusqu'ici n'a exclu de voter certaines mesures que proposerait le prochain gouvernement quand elles iront dans le bon sens, pour faire court, aussi longtemps qu'il s'agira de contrôler l'immigration d'une main de fer à la danoise. Et nos petits curés de l'information dirigée de chercher partout le plafond de verre ou le barrage républicain voire le cordon sanitaire indispensable à... à quoi déjà ? A confiner l'extrème-droite, définition tellement usée qu'on n'en voit plus la trame. Du dégagisme. La classe politique est disqualifiée, elle qui a laissé dériver la société au nom de principes exogènes dictés par une commission intouchable, sortie depuis longtemps de son sillon économique pour maintenant régler nos mœurs. Ainsi parle-t-on de "Nexit" pour foutre les jetons aux commissaires pontifiants, leur rappelant que les Pays-Bas avaient voté "non" à Maastricht en 2005.

Mais plus que la Commision, ce sont les médiats français qui paniquent. Ils font des cartes de progression de la fameuse extrême-droite en Europe (en passant, France-Inter qualifie l'AfD de parti néo-nazi), de sages universitaires sont arrachés à leurs grimoires pour éventrer la "Bête immonde au ventre encore fécond", et bien des pisse-copie se demandent sans doute s'ils seront encore payés l'an prochain. On agite le lectorat à moitié disparu, on gratte l'épiderme de l'opinion pour s'apercevoir qu'elle n'est en rien choquée par ce renversement d'alliances convenues sans son accord. L'opinion veut des gens sérieux, à poigne, gérant intelligemment les défis qu'affronte ce pays, sur la seule base du bon sens. C'est toute la construction idéologique de la Casta qui est menacée par l'exaspération des "gens" devant l'impéritie des pouvoirs publics et ses indulgences coupables au nom de principes fumeux dont on n'a cure à la fin. Le très grand nombre de participants à la marche de Crepol et ensuite aux obsèques du jeune Thomas sont un message de défiance à l'endroit de tous les pouvoirs vérolés par la naïveté consentie pour apaiser les tensions. La désobéissance civile n'est plus très loin et on peut anticiper un clash contre l'Etat (style gilet jaune du Puy-en-Velay) plus problable qu'aucune ratonnade comme aimerait à le faire croire la gauche en manque d'idées, les noms des mis en cause pour Crépol seraient-ils même arabes.

En conclusion, si la classe politique dans son ensemble est disqualifiée par le peuple, c'est le segment de gauche qui va disparaître en premier dès lors qu'il sera considéré comme un potentiel ennemi de l'intérieur. On qualifiait autrefois ainsi le Parti communiste stalinien et son relais de nervis de la CGT, mais c'est aujourd'hui toute la gauche, molle au centre, hystérique au bord, qui est jugée malfaisante et vendue aux intérêts hostiles à notre société. Quand le vieux peuple gaulois s'éveillera, il emportera tout facilement tant la charpente républicaine est pourrie de valeurs anti-sociales. Saurons-nous alors vivre en anarchie ? rien n'est moins sûr, nous avons désappris à nous prendre en charge chacun.

lundi 20 novembre 2023

Marguerite d'Anjou aux Puces de Madrid

Pendant le carnage, la vente continue. Mais c'est pour une bonne cause, les gosses de la rue. Après trois ans d'interruption due au Covid chinois, la grande vente de charité madrilène a été relancée pour cet automne 2023 par la fille de feue l'infante d'Espagne Pilar de Bourbon, Simoneta. Le Rastrillo (c'est son nom, "râteau" en castillan) est une grande kermesse voire une super-fête où les stands sont tenus par la bonne société au bénéfice des nécessiteux et difficiles à venir.

L'association organisatrice présentait l'événement en ces termes, ajustés par Royal-Artillerie :
La Galerie de Cristal du Palais de Cibeles accueille du 17 au 19 novembre une nouvelle édition du marché aux puces Nuevo Futuro à but caritatif, qui fête ses cinquante-cinq ans cette année. Un espace où se retrouveront quarante-quatre stands vendant des produits de mode, des antiquités, des cadeaux, des accessoires pour animaux et de la gastronomie. L'intégralité des bénéfices est reversée aux mineurs sans famille ni domicile accueillis par l'association Nuevo Futuro. Antiquités, décoration, restauration, mode et culture sont quelques-uns des secteurs représentés bénéficiant de la collaboration de plus de mille bénévoles. Étant l’un des événements caritatifs les plus attendus de l’année, il reçoit pendant trois jours plus de vingt mille visiteurs venus du monde entier. L'association Nuevo Futuro se consacre à la création de foyers d'accueil pour que les mineurs à risque ou dans le besoin puissent profiter d'une vie normale et stable.

Marie-Marguerite de Bourbon en couverture de Hola!

S'y croisaient cette année entre marquises, ducs et grands d'Espagne, la reine émérite Sofia, le nouveau maire PP de la capitale José Luis Martinez-Almeida et, en beauté, la duchesse d'Anjou, la vraie. Le magazine ¡Hola! lui consacre un article avec une photo ravissante dont nous n'avons pas les droits. Mais vous pouvez y accéder par ici.

Après avoir fêté ses quarante ans à Paris en participant à une séance de mannequinat, qui en a troublé plus d'un dans le microcosme royaliste où on les préfère toutes à la messe, elle a remis le couvert à son stand de fripes du Rastrillo en parlant à une journaliste, ce qu'elle ne fait jamais ou presque jamais. Discrète et belle, équitante distinguée, socio-active, Margarita Vargas comme ils disent, couve son trésor, quatre enfants et un mari amoureux. Quelqu'un écrira un jour un poème sur les yeux de Margarita Vargas. Vive la reine !

les yeux de Margarita Vargas

jeudi 16 novembre 2023

De la trudoïsation du leadership

Le limogeage de Suella Braverman, authentique ministre de droite du cabinet Sunak, et la lecture d'un article de Jeremy Stubbs publié ce matin dans Causeur (clic) m'ont conduit à mesurer les progrès du sans-couillisme dans nos démocraties vénérées. Il est patent.

Suella Braverman, l'homme à poigne du cabinet Sunak

Dans sa réaction donnée à la presse dès le lendemain de sa disgrâce, Suella Braverman taille un costard au premier ministre de sa majesté l'accusant de trahir le programme qui les a fait élire sur un ton inhabituel dans le cercle étonisé du pouvoir britannique. C'est à lire ici (clic droit sous Chrome en français). En résumé, mollesse dans la régulation de l'immigration, mollesse agravée dans la lutte contre l'immigration forcée ou illégale (Stop the boats !), molesse dans l'application du protocole irlandais, molesse dans l'expulsion des foutaises de genre du milieu scolaire, etc... Elle avait aussi demandé de rompre avec la Cour européenne des droits de l'homme qui bride la liberté de gouverner son espace au mieux des intérêts du royaume. Bref, elle était tout simplement de droite, et lui succède au Home Department James Cleverly, un besogneux ayant préféré l'escalier social à l'ascenseur, qui a fait carrière dans l'armée de réserve. Il est lt-colonel d'état-major à la 1st (UK) Division depuis huit ans. Rishi Sunak cherchait un ministre de l'Intérieur instruit et obéissant, il l'a !

Ces reproches sont du même accabit que ceux qu'on pourrait faire aux deux autres yuppies aux manettes que sont Emmanuel Macron et Justin Trudeau. Celui qui proclamait lors de son élection que le Canada était de retour sur la scène internationale, en digne fils de son père, n'a jusqu'ici impressionné personne. Que pouvait-on attendre d'un étudiant prolongé en sciences éducatives de McGill ? Est-ce la faute au Canada itself ? Sorti de l'arctique, le pays immense et sous-peuplé ne pèse pas grand chose en géopolitique, au moment surtout où le monde libre affronte des casques à boulons comme Poutine, Netanyahou, Erdogan ou Kim Il-jun (et sa sœur).

Mais le nôtre est-il mieux ? Que retiendra-t-on de ses deux mandats ? Dix ans, sinon rien. Macron a (mal) géré les défis sans les affronter vraiment, même sous un second mandat débarrassé d'une réélection. Ne parlons pas de la polka avec Poutine avant l'invasion de l'Ukraine (personne n'a toujours rien compris sauf peut-être que la doxa nucléaire interdisait de penser qu'un psychopathe pouvait accéder au bouton rouge), mais parlons plutôt de la position en ajustement quotidien sur l'opération d'éradication du Hamas par Israël. Frémissant d'horreur, il convoque une coalition anti-terroriste copiée sur celle anti-daesh, laisse passer les bombardements en tapis de l'armée de l'air israélienne sur Gaza-nord, puis se réveille pour un cessez-le-feu quand les combats ont cerné les hôpitaux mais au sol, donc moins meurtriers, et croit pouvoir longtemps ménager la chèvre et le chou en même temps, sans paraître à la marche contre l'antisémitisme quand on lui demandait seulement d'y venir un quart d'heure au début. Quant à la "coalition" anti-Hamas, personne strictement personne ne lui a répondu.

Comme le Canada de Justin Trudeau hélas, la France d'Emmanuel Macron n'est pas écoutée sur la scène internationale même quand il lui arrive de concrétiser de bonnes intentions. Aider l'Arménie à montrer les dents au satrape azéri et au sultan de la Porte n'a suscité aucun rallye derrière nous bien que ce pays chrétien enclavé mérite qu'on le protège des appétits voisins.
Pour boucler sur l'entame de ce billet d'humeur, que va-t-il se passer dans la navette de la loi d'immigration entre les deux chambres du parlement ? Le projet du gouvernement a été durci au Sénat par des mesures de bon sens. C'est dans ce domaine (le bon sens) qu'on attend la chambre haute. Nul doute que la majorité relative présidentielle à l'Assemblée nationale épurera le durcissement des dispositions pour aller vers le fameux consensus mou qui est la marque de fabrique de la Vème République depuis le second mandat de Chirac. Déjà les oppositions automatiques tant élues que professionnelles fourbissent leurs arguments contre la "cruauté" du texte. Le marais parlementaire fléchira et la énième loi de régulation de l'immigration sera archivée sur l'étagère ad hoc après que Dalloz ait amendé ses codes.

Le sentiment général, avec plus de cinquante pour cent d'abstention aux élections, est que le pays n'est pas gouverné tant à l'intérieur que sur ses marches. C'est pour nous le régime même qui est en cause. La classe politique est obsédée par sa carrière politique et jauge toute décision à l'aune du résultat électoral attendu. Ils sont déjà en campagne pour la présidentielle de 2027. Au niveau national, la démocratie est un venin. Nous l'avons souvent développé sur ce modeste blogue. Comme on dit au champ de tir, au résultat : nos armées sont sous-équipées ; nos finances publiques en grave déficit partout ; notre dette souveraine versée sur la tête de nos enfants est criminelle pour un pays disposant de tels atouts et en temps de paix en plus ; notre système éducatif public est à fuir tant notre place dans les classements mondiaux est basse ; notre société est de plus en plus communautarisée donc fragmentée, donc dividée en camps qui s'observent avec mépris ; et pour finir, nos outremers qui sont un héritage du prestige d'antan, ne sont pas défendus.
Il faut arracher l'essentiel de notre Etat au carnage démocratique tout en laissant prospérer le débat aux étages subalternes dans une monarchie fédérative, décentralisée, ayant pour principe de gouvernement le bons sens et la nature. Il existe des manières douces, non brutales, de convertir pas à pas un régime déficient, mais le pays gaulois ne croit qu'aux grands éclats, c'est notre malédiction hélas, trois fois hélas.

samedi 11 novembre 2023

Tenir !

Cette année, au cent cinquième anniversaire de l'Armistice de 1918, nous pourrions faire un parallèle entre ces deux guerres de positions que sont la Grande Guerre et la Guerre d'Ukraine, mais d'autres plus savants, comme Michel Goya, nous ont précédé.

général Valeri Zaluzhnyi CEM de l'Ukraine
On retrouve aujourd'hui le même paradigme macabre - "Tenir" était la devise du 129è RI en 14/18 - d'une bataille d'attrition qui consomme beaucoup d'hommes pour que sur les cartes rien ne bouge vraiment. Et c'est vrai chez chaque belligérant. Tenir est synonyme de "mourir" et quand on félicite une unité pour sa "tenue au feu" on acte une surconsommation de ses effectifs par des citations et des croix.

Quand le chef d'état-major général Valeri Zaloujny n'imagine pas de percer le front russe sans une percée technologique décisive, il s'avoue bloqué et condamné à "tenir".

Nous, l'Occident, devons fournir la couverture aérienne sans laquelle rien en-dessous n'est possible à l'économie, et phosphorer à tous niveaux sur une innovation décisive. Les Ukrainiens s'y appliquent mais ne nous interdisent pas d'en faire autant.
Slava Ukraini ! Memento mortuorum et honorifica eos !

Voici la liste des Onze-Novembre de Royal-Artillerie :

L'Action française sera comme chaque année en haut des Champs Elysées ce samedi à 19h30 avec Paul-Marie Coûteaux cette fois (source RN-AF).

mercredi 8 novembre 2023

Fin de la blague ?

Un des contributeurs au blogue du colonel Goya (La Voie de l'Epée) a désigné le Hamas comme "le marteau des mollahs". A voir le funeste destin de cette organisation terroriste, il semblerait qu'ils en ont cassé le manche et laissé le fer s'envoler jusque dans les fours de la barbarie. Le grand pogrom du 7 octobre signe au comble de l'horreur le suicide de l'institution palestinienne et de ses excroissances de combat puisque rien n'arrêtera la vengeance du cabinet Netanyahou pris en flagrant délit d'incompétence et arrogance associées. Le même envisage de gérer une période de transition à Gaza, ce que lui déconseillent fortement tous ses amis à l'aune de la profondeur mesurée de ses capacités stratégiques. On ne creusera pas aujourd'hui l'insondable connerie du cabinet des hystériques, pour en venir aux menaces futures qu'il a attisées.

Il y a quatre acteurs résidents sur zone qui rebattent leurs cartes en anticipation de la disparition du marteau des mollahs. Mieux dit, quatre groupes dirigés chacun par un grand pays, je nommerais l'Egypte, l'Iran, la Turquie et l'Arabie heureuse. Le plus impliqué est la République islamique d'Iran qui, à première demande d'Israël, a vu rappliquer en Méditerranée orientale et Mer rouge trois groupes navals américains capables d'incinérer toute la région en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire.

fumée du bombardement

Que dire de l'Egypte ? Le pays est travaillé par les Frères musulmans dont le Hamas est une succursale, et c'est le premier souci du gouvernement du maréchal al-Sissi. Comme ils sont partout sur le territoire et que partout ils ont mis les plus miséreux dans leur poche, les Frères musulmans sont une réelle menace existentielle. L'Egypte jauge le conflit en cours avec cette règle simple d'impact domestique sans trop s'émouvoir du score respectif des massacres. Elle fera le minimum syndical humanitaire en tâchant de préserver sa souveraineté sur le Sinaï. Pas question d'y déporter des Gazaouis sans toit ni ressources ; l'économie égyptienne n'y tiendra pas, elle qui a du mal déjà avec ses propres pauvres et use d'artifices pour maintenir le couvercle fermé sur la misère ébulliente. Si l'Egypte a signé la paix avec Israël, elle ne se considère pas tenue de l'aimer et le fait savoir. Tous les juifs du Caire ont pris l'avion.

L'Iran agit par proxies à l'étranger, les Gardiens de la Révolution en Syrie, les milices chiites en Irak, le Hezbollah libanais en Syrie et sur la frontière nord d'Israël, les Houtis du Yémen pour prendre en tenaille l'Arabie séoudite et jusqu'à hier le Hamas comme détonnateur d'une mine enterrée sous l'Etat hébreu. La réaction américaine lui a montré que ce savant dispositif ne le garantissait contre rien. Il serait intelligent que les autorités de Qom analysent l'impasse de l'option de violence contrôlée du cabinet Netanyahou à l'endroit des Palestiniens de Cisjordanie, en abandonnent sa mauvaise copie sur leurs zones d'efforts et trouvent voies et moyens d'entrer à nouveau dans les bonnes grâces du marché libre solvable et rémunérateur afin de relancer une économie à demi crevée. Pour cela il lui faut "civiliser" son industrie nucléaire et ne pas tout investir dans le camp des assassins patentés. Renoncer à la bombe atomique. Au lieu de quoi, leur esprit étroit va embrasser un raisonnement binaire à la coréenne qui verra dans la première détonation nucléaire la mise au pot d'une garantie irréfragable de sa survie. Que les Russes les y aident (comme on le soupçonne en rémunération de transferts de technologie d'armement) ou pas, ils y parviendront en achetant ce qui leur manque... au Pakistan. A terme mais pas si loin, l'Iran va disposer de la même dissuasion qu'Israël, et rien ne permet de croire que les avions de Tsahal y puissent faire quelque chose pour l'empêcher, les usines iraniennes étant à seize cents kilomètres sans aucune possibilité de se poser au retour sauf à revenir au point de départ. Comment ravitaille-t-on demain des avions au-dessus des pays arabes ? A partir de là, les mollahs auront moins besoin de déstabiliser leurs voisins et peut-être que les proxies seront débandés pour une meilleure respiration d'ensemble. Adieu les marteaux !

L'autre acteur impliqué dans le billard à trois bandes c'est la maison des Séoud. Le prince-héritier a lancé le grand défi de la pérennisation de sa dynastie en misant tout sur une transition industrielle dans la recherche de pointe et l'innovation, pour suppléer au déficit attendu des moyens de développement procurés par le pétrole. C'est parmi d'autres, le projet monstrueux de la ville-monde de NEOM sur la Mer rouge. Il a pensé que la science sophistiquée de la recherche israélienne lui serait d'un puissant renfort, et qu'au spectacle de la collaboration générale des Etats arabes de la région avec Israël et jusqu'au Maroc, il pouvait jouer cette carte sans condamner la cause palestinienne ni trop froisser le Conseil des grands oulémas. C'est terminé ! Si le pogrom du 7 octobre est horrible (mais il avait fait démonter à vif un journaliste séoudien dans le consulat d'Istanbul), le massacre en cours des civils gazaouis repousse aux calendes grecques tout rapprochement avec l'Etat hébreu désormais pestiféré. Ce recul va peser sur les monarchies du Golfe et, bien que l'argent n'ait aucune odeur, les Accords d'Abraham ou mieux de Jared et Ivanka Kushner ont coulé à pic. Toutes les portes claquent ; même celle de Jordanie avec laquelle l'Arabie vient de se lier en mariant royalement une riche et belle séoudienne avec le prince-héritier Hussein.

En Jordanie, le roi Abdallah II a passé le micro à son épouse qui gratifie d'entretiens fouillés la presse internationale en soutien des Palestiniens (elle est palestinienne) en dénonçant l'iniquité de la politique juive (voir sur CNN). Soixante pour cent des habitants du royaume sont des Palestiniens réfugiés de la Guerre des Six Jours et la pression exercée par les colons juifs et leurs soutiens parlementaires et policiers le menace directement, comme il en fut pour son père qui dut réprimer dans le sang la tentative de subversion par l'OLP en 1970 (Septembre noir). L'armée bédouine y réussira-t-elle cette fois encore ? Quoiqu'il advienne et pour les mêmes raisons qu'en Arabie, la confiance a disparu entre voisins et la Jordanie va basculer dans le camp des "durs" pour elle-même survivre. Chapeau l'artiste Netanyahou. On ne peut se quitter sans parler de ce grand faisan d'Erdogan. La Turquie est le troisième pays impliqué mais lui, volontairement. C'est Jean-Gilles Malliarakis qui en parle le mieux dans son blogue l'Insolent (clic).

L'article, à mon avis décisif et complet, est titré Un virage prévisible (clic). J'en dévoile ici la conclusion : Qu'il s'agisse de l'ambition de son président de devenir le chef du monde musulman, et de se servir pour cela du prétexte de la question palestinienne ou de son aspiration islamiste et identitaire à marcher vers l'Asie centrale, mais aussi de son utilisation contre l'Europe de l'arme migratoire, la Turquie d'Erdogan ne saurait évidemment faire partie de notre famille. La Défense de l'Europe ne peut plus dépendre des foucades et des intrigues du dictateur d'Ankara. Si au moins la guerre de Gaza peut faire comprendre à l'Europe amollie qu'elle serre en son sein un renard capable de lui bouffer le foie et qu'il est temps de reconsidérer nos partenariats sous un angle froid d'intérêts ponctuels sans aucune stratégie d'influence, tout n'aura pas été perdu dans ces horreurs. On peut aussi douter que les trois peintres en charge de l'Union fassent la toise de ce défi turc. Mais certains autres posent la question de la suite à donner quand plus rien ne sera debout et que les bombes se tomberont plus. C'est la question à un million de dollars qu'il ne faut pas poser tant que les deux peuples opposés et imbriqués sembleront n'avoir pour projet chacun que de foutre l'autre à la mer ! Et pourtant des gens pensent :

Dominique de Villepin affirme avec raison qu'aucune solution n'est viable si elle ne convoque pas la justice, et pour lui, la solution du conflit qui nous préoccupe, si on en cherche une bien sûr, est de sortir cinq cent mille juifs de Cisjordanie et deux cent mille autres de Jérusalem-est, à défaut de quoi l'Etat d'Israël sera confronté à une insécurité grandissante (clic source à lire). Il est écrit dans l'histoire des peuples que la spirale des surenchères conduira le plus faible démographiquement à être acculé à sa propre disparition, voire à son asservissement, avant quoi il aura exercé l'ultima ratio dont disposera sa nation au moment critique . Pour l'Etat hébreu, l'éventualité de sa disparition imminente fera péter une bombe atomique. Massada ! Tout finit toujours par s'arranger, même mal (proverbe cévenol). Fin du conflit !

samedi 28 octobre 2023

Du blasphème à la damnation

Riche éditorial de Bertrand Renouvin dans le numéro 1264 de Royaliste sur le désordre du domaine régalien assumé par le pouvoir au motif d'on ne sait quoi, et qui produit en queue de trajectoire l'égorgement du père Hamel dans son église à Saint-Etienne-du-Rouvray, la décapitation de Samuel Paty en pleine rue à Conflans-Sainte-Honorine et le poignardage mortel de Dominique Bernard dans son lycée d'Arras.
Mais cette fois encore, il est un paramètre absent de l'analyse, dont tous les éditocrates se tiennent éloignés et que nous allons évoquer ici : le blasphème.

Le droit au blasphème, si souvent brandi par la presse branchée quand il s'applique à une divinité quelle qu'elle soit ou aux us et coutumes d'une religion, ne peut régler les injures aux croyants, au clergé, aux adeptes, provocations à la haine souvent qui restent passibles de 45000 d'euros d'amende et d'un an de prison. La frontière est mince entre l'homme physique et ses idées.

Le blasphème est de longue mèche en France - une date les écrase toutes, celle du supplice du chevalier de La Barre le 1er juillet 1766 à Abbeville, convaincu « d'impiété, blasphèmes, sacrilèges exécrables et abominables » par le présidial compétent du baillage. Il faudra attendre la loi de Séparation de 1905 pour que ce délit ou crime (c'est selon) disparaisse du Code, la religion devenant une affaire privée de conscience (ou l'inverse). Puis ce droit exercé d'abord à l'endroit des clergés - l'anticléricalislme français est un sport national - a dérivé vers l'injure publique à l'endroit de Dieu. Je me souviens d'une réflexion de Jean-Marie Lustiger, pas encore cardinal, qui, a la vue de dessins immondes du Christ en croix sur Hara Kiri, faisait remarquer que la presse satirique était monté d'un étage, délaissant les clercs pour affronter Dieu lui-même, et qu'on en verrait de funestes conséquences. La rédaction de Charlie Hebdo et Samuel Paty expliquant maladroitement l'intérêt de ce filon l'ont payé de leur vie ; leurs assassins n'ayant pas compris la liberté d'injures garantie par le droit français. Mais qui comprend vraiment ça ?

Les unes anticléricales et très sexualisées des journaux satiriques, en voie de disparition aujourd'hui car débranchés du marché infomationnel, faisaient sourire quand on passait au kiosque prendre le journal du matin. Quand il s'est agi d'appliquer le même traitement aux divinités célestes, beaucoup de passants en furent choqués, et en bon agnostique, j'en fus. Il n'est pas si difficile de deviner l'effet que ces caricatures produisent sur le mental plus frustre de fidèles non "modernisés"; le ramdam qui suivit (avec un certain délai) la publication des fameuses caricatures danoises nous en a convaincu en son temps (2005). Mais sûrs de l'ancrage de nos valeurs républicaines, les pouvoirs publics se sont mis la tête dans le sac de la constitution irréfragable de la république en guise de totem d'immunité pour ceux qui franchiraient la ligne rouge verte ! Ceux-là ont perdu la leur. Et bien sûr, la République française n'y est pour rien !

un enfant juif et un enfant arabe
Arc-boutés sur le droit, les gouvernements croient se prémunir des dangers provenant du domaine spirituel, et de tous autres aussi, par une diarrhée législative continue réglant l'effet de la cause. Ceci est punissable, donc ne peut survenir ! Ce mantra est tout ce qu'on oppose en haut lieu au futur tsunami qui nous guette, je parle de la déferlante propalestinienne que la guerre dévastatrice de Gaza est en train de pousser vers tous les pays d'Occident. On signale à New York, Londres, Berlin une insécurité grandissante chez les communautés israélites ciblées par un nouvel antisémitisme, pas toujours initié par des musulmans d'ailleurs. Les doyens des universités américaines ont un mal de chien (quand ils s'en donnent) à faire rentrer le dentifrice de la haine antisémite dans le tube. Le Secrétaire Blinken somme le Qatar de modérer et réduire le flux d'informations émis par la chaîne Al Jæzeera sur la situation de Gaza pour prévenir une extension des manifestations de la rue arabe, en pure perte puisque dès ce matin, la chaîne a quasiment doublé son volume de reportages et analyses. Ankara prend fait et cause pour le Hamas : cette posture va résonner jusque dans les communautés turques d'Allemagne et d'Alsace. Et même TF1 diffuse un reportage par images satellites des destructions de l'enclave dans le style "avant-après". C'est ravageur ! En bas de chez nous, les partis radicaux tels La France insoumise ou le Nouveau Parti anticapitaliste ont flairé l'opportunité d'un surf facile sur la vague islamique qui monte partout en Europe contre les bombardements israéliens de la population gazaouie innocente. Les canaux officiels ont du mal à fonder la réaction virulente d'Israël sur le grand pogrom du 7 octobre dont on a fait, à tort, l'économie d'images insoutenables de décapitations, éventrations, incinérations à vif etc... qui auraient marqué les esprits dans un sens plus favorable aux kibboutzim et aux raveurs israéliens. Ces horreurs sont déjà passées par pertes et profits des "dérapages inévitables" par tous les sectateurs du Prophète. Ce que l'on entrevoyait de compassion au lendemain des massacres de Juifs a été estompé par certaines réactions très mesurées comme celles de la reine palestinienne de Jordanie sur CNN. Les gouvernements arabes ont parfois déploré mais le plus souvent se sont tus. Les autocrates à poste ont sauté sur l'occasion pour dénoncer, mais avec d'autres mots, l'idée absurde de vouloir forcer une greffe ethnique dans un corps qui la rejette. L'Asie centrale et orientale qui ne compte pas les hommes avec autant d'affection que nous, reste loin de l'orage, bien près de résoudre un conflit typiquement occidental par la loi du "dernier arrivé premier parti". Comme le dit Ricardo Perissich dans Telos, l'occasion est donnée au « Sud opprimé » de maudire l'Occident dans l'organisation foireuse de son espace au détriment de tous les autres. Que dire enfin de cet Occident dégueulasse qui en plus brûle des corans à Stockholm ? Blasphème, la boucle est bouclée.

Si Israël ne peut pas laisser vivre une menace terroriste d'ampleur théocratique à ses frontières, il ne peut aboutir à un résultat pérenne à Gaza et demain au Sud-Liban sans accepter sa propre damnation. Cornérisé par l'impéritie du cabinet "biblique" Netanyahou, l'Etat hébreu renoue avec la conquête sanglante de Canaan que ses voisins peuvent relire pour s'édifier. Et trois groupes navals américains ne bloqueront pas les torrents de rage qui vont noyer le monde arabe. Le Secrétaire général des Nations Unies le voit bien et l'exprime avec d'autres ; on va vers quelque chose d'inédit qui peut muter à tout moment en une guerre sainte épouvantable, laquelle allumera ses feux partout où vivent des musulmans, quiétistes, pieux ou salafistes, voire soufis ou agnostiques. Il ne sera plus temps de faire des lois et de s'empoigner sur les bancs de l'Assemblée nationale. Ce sera bien plus cher que les émeutes "Nahel" du 27 juin au 7 juillet de cette année qui ont touché soixante-six départements et cinq cent seize communes pour 58297 atteintes aux biens ; elles ont surpassé de beaucoup celles de 2005 qui avaient concerné (seulement) vingt-cinq départements et deux cents communes, selon un rapport au Sénat du 25 octobre. What next ? Quelqu'un a-t-il le 06 de Madame Borne ?

samedi 21 octobre 2023

Guerre des morts

Ton mort vaut plus cher que le mien. C'est le principe d'échange des otages sur lequel le Hamas fonde la libération des prisonniers palestiniens en Israël et que lui renvoient les médiats occidentaux ayant établi la liste nominative des victimes de la razzia sanglante du 7 octobre contre l'empilage de "statistiques" pour les victimes gazaouies. Mais l'acharnement des explications ciblées au bénéfice de l'une ou l'autre des parties interdit l'expression d'opinions balancées qui anticiperaient une sortie de crise. Il va falloir beaucoup de morts encore avant que les dieux aient étanché leur soif !

Bombardement de Gaza

Dans une lettre ouverte au président de la République française paru hier vendredi dans l'Orient-Le Jour, Dominique Eddé somme les Européens d'ouvrir les yeux sur la confrontation qu'ils ont organisée :
« Combien de temps encore allez-vous, ainsi que les autorités allemandes, continuer à puiser dans la peur du peuple juif un remède à votre culpabilité ? Elle n’est plus tolérable cette logique qui consiste à s’acquitter d’un passé odieux en en faisant porter le poids à ceux qui n’y sont pour rien ». La lettre est à lire ici.

Tout commence à la genèse : à la sortie de la deuxième guerre mondiale, les chancelleries alliées cherchaient un pigeon pour éponger le sang de la shoah nazie en Europe. Elles sanctuarisèrent le foyer juif de Lord Balfour en Palestine aux dépens des "aborigènes" arabes, connus déjà pour détester les Juifs comme l'avait prouvé s'il en était besoin le pogrom d'Hébron en 1929 ; on sait la suite. On força la greffe à coups de canon.

Chaque communauté a le droit pour elle, mais il n'est pas fondé sur le même corpus juridique. Il n'y a donc pas de passerelle. D'un côté, un cadastre biblique que l'idéologie sioniste entend réoccuper pleinement, en compensation des horreurs endurées par les juifs depuis des siècles et particulièrement sous le IIIè Reich allemand ; de l'autre le simple maintien sur des terres occupées depuis longtemps, partagées à contrecœur, mais confirmé par des résolutions onusiennes que le plus fort n'applique pas. Il est inutile de chercher un verdict à ce procès qui se tient depuis soixante-quinze ans dans deux langues ennemies. Les âmes des protagonistes ont été trop longtemps perfusées à la haine pure que rien n'en sortira de bon, jamais.

Le problème pour nous, notre problème, est que nous participons encore à cette supercherie amalgamant l'antisionisme à l'antisémitisme pour fonder moralement un droit positif de la capture des terres et du captage des eaux en dehors de toute règle d'usage consenti. Nous adoubons une colonisation dure au même moment que nous déplorons ici les effets induits de cette forfaiture. Nous n'avons aucune chance de venir à bout d'une idée de libération, c'est dans les gènes humains ! Nous paierons. Et les miquets à la manœuvre chez nous à l'étage politique se gobergeront de mots ronflants pour dissimuler leur impéritie crasse. La "patrie des droits de l'homme et du citoyens" fait sous elle ! Elle n'a pas voulu contrarier la dérive Netanyahou qui est à la source de l'épisode tragique d'aujourd'hui. C'est Ehud Barak qui le dit au Spiegel (clic).

Un point de confirmation avant de rendre l'antenne. Les atrocités abominables perpétrées dans les kibbouzim par les voltigeurs des brigades al-Qassam le furent à deux titres : fournir par les caméras go-pro enregistrant les massacres le matériau nécessaire à faire sur-réagir le cabinet Netanyahou pour le précipiter dans le piège de Gaza City qui soulèvera l'opinion internationale contre Israël ; attaquer Israël dans la manifestation la plus emblématique du sionisme en action parce que les kibboutzim sont la concrétisation originelle d'un retour pacifique à la terre juive dans une organisation collectiviste et égalitaire. Frapper le symbole !
Cet épisode tragique de la confrontation ne marquera aucun tournant comme on l'entend trop dire par les "experts" en plateaux, parce qu'elle est dans la droite ligne des séquences d'horreurs que cette coexistence sécrète. Que nul n'attende d'un modeste éditorialiste de solution au conflit, d'autres s'en chargeront, en pure perte !

Poscriptum : ondes transmises par cet affrontement. La vitesse à laquelle les Etats-Unis ont procédé au rallye naval sur le Proche Orient (trois groupes aéronavals et un groupe amphibie) doit interroger certains états-majors chargés de rassurer leur pouvoir politique sur la pertinence de leurs choix (à tous les deux). Le message américain est destiné à la Chine populaire plus qu'à l'Iran ou à la Russie dont les moyens d'action sont en vérité très limités : toute mise en tension du Détroit de Formose convoquera le rallye sur la zone d'effort de plusieurs groupes aéronavals avant même que la flotte communiste ait achevé l'embarquement pour Cythère au Foukien. Ne parlons même pas de forcer le passage de Luzon pour prendre l'île de Taïwan à revers. Il suinte d'ailleurs au sein de la marine chinoise continentale un doute sur l'invincibilité officielle proclamée par la clique de monsieur Xi. Un article d'Aljaezeera en parle d'abondance ici.


mercredi 27 septembre 2023

Des boucles d'oreille, avec du tweed !!

Allô quoi ! Lors du classico OM-PSG, le kop parisien a déclenché un tsunami d'insultes à l'endroit de ses adversaires prouvant à qui en doutait que les supporteurs de foot se tenaient loin de la faculté de lettres.
« Les Marseillais, c'est des pédés, des fils de putes, des enculés… et par les couilles, on les pendra ; hélas des couilles, ils n'en ont pas. » (Merci à Têtu pour l'intégrale).
Bronca chez la bienpensance aux manettes qui dénonce l'homophobie des spectateurs du match de foot et prévoit des mesures blablabla et cétéra. Sauf qu'il n'y a pas plus d'homophobie dans cette strophe d'insultes bien rimée que de beurre à la roulante des tirailleurs. Les mots sont juste choisis pour percuter le plus fort possible, mais ça, la jaquette aux affaires ne l'acceptera jamais. Il faut protéger la minorité électorale promue sous les ors de la république et quoi de plus utile que de la prétendre attaquée. Les sanctions tomberont, le club ne peut pas y échapper mais on croise des doigts pour que la marque d'autorité des pouvoirs publics ne déporte pas le chahut vers les quartiers gays de la capitale comme un monôme estudiantin qui déciderait de se venger sur la communauté spéciale, visée non par les fouteux sans cervelle mais par la ministre des sports sortie de la boîte tel un diable et par le délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah). Si, si, ça existe !

boucles d'oreille Konov crânes
Le titre de ce billet d'humeur est une chute de Fernand Raynaud dans son fabuleux sketch Le Tweed. Je vous la remets là avec une affiche de Dubout. Aux jours d'aujourd'hui ce serait la lettre de cachet direct ! On a oublié aussi Jean Roucas à qui l'on demandait dans une émission enregistrée à la télé pourquoi certains portaient une queue de cheval, répondre que c'était "pour se tenir à quelque chose". Il n'a pas été coupé, mais le lobby gay, assez bien représenté dans le showbiz, s'est chargé de terminer sa carrière.

La semaine est riche en scoops.

Itté missa est a dit le Quai d'Orsay. A trois heures du matin l'ambassadeur de France a été exfiltré en catimini vers notre base projetée de Niamey à destination de N'Djamena. Il ne reste plus qu'à organiser les convois de conteneurs vers le port de Cotonou pour vider le pays de notre présence que les foules jugent inutiles. Enfin, si les conseillers en soupente de l'Elysée ont bien compris qu'il était inutile de sauver l'honneur de Barkhane en nous déportant au Tchad où nous ne ferions que précipiter la chute du fils Déby, mal assuré déjà dans son emploi d'autocrate Zaghawah-Gorane. Si, si, ils ont ça aussi là-bas.

Malgré cet échec retentissant - qu'en pensent les Canaques ? - le vibrionnant Monsieur Macron ne tient pas en place et déjà nous projetons un accord de défense avec (je vous le donne en mille) la Moldavie. Si vous faites des mots-croisés, vous savez que le pays est au-delà du Prout, un tributaire du Danube. Quelle mouche a piqué notre président pour aller faire le coquet dans un pays sans le sou, entre Prout et Dniestr, directement menacé par la Fédération de Russie qui y a déjà planté ses dents ? Apparemment ce grand jeune homme n'a jamais envisagé de passer une accord de défense avec la municipalité de Marseille. Balayer devant sa porte est sans gloire mais tant utile ! Ce président veut écrire sa page d'histoire comme leader du monde libre, euhhh de l'Europe occidentale, euhhh de la Méditerranée, euhhh de l'Eurogroupe, euhhh de la rive gauche du Rhin. Un vrai crèvecœur que ce rétrécissement !

A l'autre bout du monde, la Chine populaire amorce la racialisation des conflits. Et connaissant le racisme endémique chinois comme le chauvinisme explosif des masses Han, il m'étonne que les médiats français n'en aient pas fait des caisses dès la réunion tripartite de juillet 2023 à Qindao. A l'annonce de manoeuvres conjointes USA-Japon-Corée, le ministre chinois des affaires étrangères, Wang Yi, avait répondu de façon très surprenante que les Sud-Coréens et les Japonais auraient beau se blondir les cheveux ou affûter leur nez, ils n'en deviendraient pas pour autant des Européens et qu'ils devraient savoir où sont leurs racines, coopérer avec les Chinois et cesser de favoriser une logique de guerre froide. Le verbatim est par ici : “Americans take all visitors from China, South Korea and Japan as Asians. They cannot tell the differences and it’s the same in Europe. No matter how yellow you dye your hair, or how sharp you make your nose, you’ll never turn into a European or American, you’ll never turn into a Westerner.”
C'est l'histoire du commissaire vietminh faisant le tour des villages d'Indochine en cassant un œuf pour montrer au niah-koué que le jaune reste dans sa main et le blanc s'écoule et disparaît. En même temps la coopération reste intense entre la Chine populaire et la Corée du Sud, une façon pour Séoul de conjurer le sort sous la menace permanente du sociopathe atomique de Pyongyang.

Nous croyons ici être criblés de problèmes ; il suffirait d'imaginer le stress subi par la Corée du Sud pour prendre des résolutions de bon sens, à commencer par une politique sociale raisonnée qui ne bouffe pas toute la valeur ajoutée par la production des hommes, une remise au travail des oisifs éternellement secourus, un réarmement sérieux à hauteur des menaces venant de l'Est et de plus loin sur nos outremers, et un zeste de sens moral contre les dérives sociétales qui drainent nos énergies.

On ne peut quitter l'écran sans parler de l'affaire arménienne. Il y a quelques semaines le premier ministre Pachinian a déclaré commencer les démarches pour intégrer la Cour Pénale Internationale de La Haye. L'inculpation de Vladimir Poutine par la CPI est sans doute aucun une blessure douloureuse pour l'ego du Petit Csar qui s'est cru un moment le roi du monde. Et voila que son vassal, très obligé par les forces d'interposition russes dans le couloir de Latchine, lui pète à la gueule ! Un coup de fil à Bakou qui retransmet à Ankara, c'est le moment, c'est l'instant ; les Azerbaïdjanais purgent le Haut-Karabagh de sa population arménienne, et personne, la Russie d'abord, ne bouge ! Fin de l'enclave stalinienne. Réfléchir ne peut nuire !
Une satisfaction pour finir ?

Les embauches publiques ouvertes pour les Jeux olympiques de Paris 2024 ciblent des emplois non qualifiés et c'est une excellente façon d'éviter la soustraitance esclavagiste ultérieure des soumissionnaires au moins-disant. A part ça, j'ai deux centaines d'abeilles dans le colza.

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