jeudi 18 mai 2006

Populicide ou Génocide

La Chambre des députés qui n'ont plus grand chose à débattre entre la dévolution des affaires sérieuses à Bruxelles et les scandales parisiens qui bloque les pompes ministérielles, va statuer sur le génocide arménien, non pour le confirmer, ce qui est déjà fait, mais pour pénaliser éventuellement les commentateurs qui ne seraient pas dans l'axe officiel.
Cette triste affaire semble émouvoir le Landerneau politique français et les officines historiques bien plus que la tragédie nationale de la Révolution française qui débonda un torrent de sang que le peuple commence à découvrir. Et notre Vendée alors ? "La Vendée" c'est un populicide, ainsi que l'avait qualifié Gracchus Babeuf.

Westermann le boucherKleber défait l'Armée Catholique et Royale le 23 décembre 1793 à Savenay. Le sympathique Westermann (ci-contre) qui s'était distingué dans la prise des Tuileries du 10 août 1792 mais surtout par ses atrocités en campagne à l'Armée des Côtes de La Rochelle, témoigne de l'achèvement de l'ACR avec son emphase habituelle :
Nous fîmes une boucherie horrible ; les dernières pièces de canon, quelques caissons, équipages, trésor, etc..., tout tomba en notre pouvoir. Marceau et les autres généraux, avec les représentants du peuple Prieur et Turreau, suivirent l'ennemi sur la droite. Très peu leur échappèrent ; partout on ne voyait que des monceaux de morts. Moi, je me suis sauvé sur la gauche ; tous furent noyés ou taillés en pièces. Les brigands qui échappèrent à la mort en cette journée furent traqués et tués ou ramenés par les habitants des environs. Dans la banlieue de Savenay seulement, plus de 6000 ont été enterrés. C'est ainsi qu'une armée, forte au moins, le 22 frimaire, de 80 à 90 000 hommes, fut complètement détruite dans douze jours par le génie et le courage des soldats républicains, qui tous, pour ainsi dire, ont amassé des trésors des dépouilles des ennemis de la république ... Il n'y a plus de Vendée, elle est morte sous notre sabre libre, avec ses femmes et ses enfants. Je viens de l'enterrer dans les marais et les bois de Savenay ... Suivant les ordres que vous m'avez donnés, j'ai écrasé les enfants sous les pieds des chevaux, massacré les femmes qui au moins pour celles-là, n'enfanteront plus de brigands. Je n'ai pas de prisonnier à me reprocher, j'ai tout exterminé.
Westermann sera arraché à l'affection des siens par décapitation le 3 avril 1794 à Paris.

L'éradication vendéenne prévue par les décrets des 1er août et 1er octobre 1793, avait été reportée jusqu'à l'anéantissement de l'ACR. La terreur ayant été institutionnalisée par le décret du 10 octobre 1793, l'ACR défaite à la Noël, la solution finale est lancée sur les plans du général Turreau, le 21 janvier 1794. Quel anniversaire !

Extrait du décret de la Convention du 1er août 1793, renouvelé en termes quasi-semblables le 1er octobre.
Article premier : le ministre de la guerre donnera sur-le-champ les ordres nécessaire pour que la garnison de Mayence soit transportée en poste dans la Vendée.
Il sera envoyé par le ministre de la guerre des matières combustibles de toute espèce, pour incendier les bois, les taillis et les genêts. Les forêts seront abattues, les repaires des rebelles anéantis, les récoltes coupées et les bestiaux saisis. La race rebelle sera exterminée, la Vendée détruite.
Les femmes, les enfants et les vieillards, seront conduits dans l'intérieur; il sera pourvu à leur subsistance et à leur sûreté, avec tous les égards dus à l'humanité... Les biens des rebelles de la Vendée sont déclarés appartenir à la république.

TurreauSix divisions seront formées en douze colonnes qui vont pénétrer la Vendée d'est en ouest sur des itinéraires parallèles. Depuis la côte atlantique le général Haxo reçoit l'ordre de former huit colonnes qui devraient "travailler" de la même façon d'ouest en est en direction des douze colonnes déjà lancées, formant un emboîtement d'où rien ne devrait réchapper. Haxo se conduira en soldat régulier, sans haine ni fébrilité, mais toujours sur la piste de Charette, sera tué par les insurgés le 21 mars 1794 à Clouzeaux. Ailleurs, le massacre jusqu'à extermination sera général.
Les sites sur la guerre de Vendée donnent le détail du dispositif et la liste des exactions. Celui-ci est synthétique et assez clair. Les colonnes Turreau sont créditées de 40 à 200 000 morts selon l'angle d'évaluation. Qu'importe finalement ; entre les recensements de 1787 et 1800, la Vendée a perdu 350000 habitants ! Une paille ?

L'émotion finira par s'emparer des édiles républicains résidant en Vendée qui firent rapport au Comité de Salut Public à Paris. Turreau fut rappelé au mois de mai, arrêté en septembre, jugé en décembre et ... acquitté. Après plusieurs postes de haute distinction jusqu'à ambassadeur aux Etats-Unis, il mourra le 10 décembre 1816 dans son lit, absous par Louis XVIII, baron de Linières et chevalier de Saint-Louis.

Il fut reconnu exécutant zélé mais irresponsable des ordres reçus. Pour aller au fond des choses, il faudra tout de même questionner l'indulgence de Louis XVIII. La conclusion reste difficile à avaler quand on sait qu'il fut à l'origine des plans d'éradication et que les plans concurrents de pacification sévère mais juste d'un Kléber furent écartés par la Convention au profit des siens. Pour être complet(?) il faut dire aussi que son plan d'extermination succédait à un projet d'amnistie que la Convention avait refusé, ce qui l'incita à appliquer strictement les décrets. Le moins qu'on puisse dire est qu'il y mit du coeur.

On stigmatise le génocide comme étant l'application légale d'une volonté d'extermination d'une catégorie de population, exprimée par un Etat. Vendée 1794, nous y sommes en plein, les textes et leur application sont confirmés par les témoignages et rapports de chaque bord.

Que se passe-t'il en France pour que la République se passionne pour des génocides lointains et jamais ou si peu pour ses propres turpitudes. Que l'on proclame dans l'Hémicycle le "génocide" en lieu et place des Etats génocidaires ou des peuples victimes est déjà très prétentieux. N'est-ce pas plutôt de la mission des Nations-Unies ? Mais que l'on pénalise légalement la liberté de dire des bêtises ou des énormités à ce sujet est franchement outré. Dans le cas du génocide arménien les témoignages de parties tierces au conflit sont terribles et nombreux. Les nier aujourd'hui participe de la Connerie fasciste que l'on a déjà vue s'appliquer à la Shoah. Il n'est pas besoin de loi pour appeler un "c.." par son nom. Cette attitude de dénigrement scabreux d'une horreur avérée, a certainement coûté le pouvoir à certain tribun populiste en 2002 et les resucées lyonnaises de son vice-machin universitaire auront le même impact en 2007. Tant pis !

Dans le cas de la Turquie, on ne peut quand même pas laisser de côté la déclaration solennelle du gouvernement Erdogan qui se soumet d'avance aux conclusions d'un comité d'historiens turcs et arméniens qui devrait travailler sur cette tragédie, à Istanbul en 2006. Ainsi sera-t'il désormais, si la loi de pénalisation passe à la Chambre, plus facile de débattre de cette horreur à Istanbul qu'à Paris. Un comble ! Une histoire officielle écrite par un soviet de nains de jardin.

A moins que d'aller au fond des choses ne laisse découvrir que les Français et les Anglais d'alors, dans la fièvre du dépeçage de l'Empire Ottoman, ont suscité les fermentations arméniennes pour s'en affranchir ensuite, laissant au sabre turc les nationalistes imprudents ?

Avant de nous quitter passez sur le mémorial virtuel anti-arménien, vous serez édifié du chemin à parcourir dans les esprits. Et sur un site qui fonctionne comme un mémo : cliquez .

2 commentaires:

  1. Les "nains de jardin" craignant d'exprimer un vote au moment où le vent de l'Opinion change, ont joué la montre comme une équipe de Nationale et ont été sauvés par le coup de sifflet final.
    Pitoyable mais attendu !

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  2. Ce mémorial virtuel du prétendu génocide turc par les arméniens est vraiment dégueulasse et du niveau: les juifs mange les petits enfants

    paléoaté

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