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mardi 9 mai 2023

France, danger droit devant !

Le colloque Action Française du 13 mai précèdera le cortège traditionnel AF de Jeanne d'Arc du lendemain dimanche. Son thème est "La France en danger" et les intervenants sont énumérés dans l'affiche reproduite ci-dessous. Allez-y.

affiche rouge du colloque avec François Marcilhac, Laurent Henninger, Roch de Cauvigny, Anne-Laure Bonnel, Jean Messiha, Bernard Lugan, Jean-Frédéric Poisson, Philippe Mesnard, Pierre-Yves Rougeyron et Hilaire de Crémiers

A côté des intervenants habituels qu'on ne présente plus, sont invités Laurent Henninger et Anne-Laure Bonnel.
Laurent Henninger est un spécialiste "défense" réputé qui a publié des ouvrages de référence sur la question. Il est certainement intéressant d'entendre quelqu'un qui est allé au fond du "danger" que représentent la méprise stratégique franco-russe et les sous-dotations des armées françaises dans un monde en révolution (Babelio).
Anne-Laure Bonnel est une journaliste d'extérieur, reporter de guerre qui va où d'autres vont moins (Donbass, ronds-points, Liban etc). Rapporter des réalités de terrain peut vous faire accuser de ménager la chèvre et le choux, mais revivifier la première victime de la guerre, la vérité, n'est jamais inutile dans un monde où la désinformation fait rage (Gala).

Espérons que ces deux-là auront la plus longue exposition dans ce colloque, puisqu'on connaît déjà ce que diront les autres.
La France en danger ? Parlons-en.

Puisqu'on a commencé par la guerre, faisons-en le premier paragraphe.
(1) Au plan stratégique, la France est en danger de vanité, d'abord sur ses outremers, mais aussi dans ses responsabilités continentales à tenir son créneau au rempart de l'Alliance. La guerre d'Ukraine a dévoilé au grand public des insuffisances graves dans l'équipement de nos unités appelées à combattre en haute intensité, sans même parler d'une masse critique pour le combat de mêlée qui n'existe pas. Les bons esprits (qui redoutent que des crédits sociaux soient détournés vers le réarmement) soutiennent que notre position géographique en fond de court nous dispense du déploiement de masses blindées sur le Rhin. Ils se trompent, car une guerre européenne, hybride et classique, n'aura pas de front. Elle sera partout.
Faute de disposer de moyens de défense conséquents, nous serons un poids mort, revenus de notre arrogance génétique et définitivement déclassés. Réarmons quoi qu'il en coûte !
En zone indo-pacifique, nous sommes à la merci d'intrusions de forces navales ou paramilitaires étrangères qui pourraient submerger certaines îles et s'y maintenir avec le concours d'une population retournée par une propagande habile. Certains ont vu comment nous nous sommes fait jeter du Sahel.
Simple aparté : si nous avions disposé en Nouvelle Calédonie d'une base navale défendue et dotée de moyens adéquats de projection, le retournement australien n'aurait peut-être pas eu lieu.

(2) Après ce sous-investissement, parlons du désinvestissement. Ce qu'on appelle la "fuite des cerveaux" n'est pas une expression galvaudée, comme le grand remplacement de Renaud Camus. Il y a un mouvement d'exorbitation de chercheurs et de jeunes entrepreneurs qui fuient une société sclérosée et revendicative pour se réaliser ailleurs. Exemples nombreux, jusque dans les couche CSP-. L'insuffisance crasse de la classe politique française et le goût technocratique des complications a fini par motiver d'aucuns coincés de partout malgré leur courage ou leurs bonnes idées à partir. Nous aurons bientôt une diaspora française dans tous les pays du monde comme les Chinois ont leurs Chinatowns. Les "quartiers français" (avec bordel de luxe obligatoire) seront autant de relais pour les migrants francophones. La valeur qui est ajoutée au loin ne l'est plus chez nous. Malheureusement l'horizon ne s'éclaircit pas, le tapage le plus bruyant contre nos blocages provenant des masses archaïques de la gauche plurielle agrippée au codex antique du socialisme à compte d'autrui comme la moule au bouchot. Le socialisme nous a coulé ; on en redemande !
Après la saignée des deux guerres mondiales qui ont couché la fine fleur du pays, voila que la dictature des bureaux fait décamper les praticiens de l'intelligence, mettant en danger la remise à niveau de notre pays, ouvrant ce faisant la voie du toboggan de notre inéluctable déclin. Il nous restera qui ?
Petit aparté : quand je vois partir de purs produits des communautés asiatiques sensées s'incruster, je doute encore plus de notre attractivité.

(3) Qui les remplace ? Eric Ciotti, en perdition dans le champ politique, vient de découvrir l'eau chaude de l'immigration soutenue qui menace nos us. Hélas, les migrations sont le propre de l'homme autant que le rire. Sinon nous serions tous encore dans la vallée du Grand Rift éthiopien. S'il est peu douteux que des technocrates onusiens cherchent à faciliter la montée des populations pauvres vers les nations riches, l'affaire se présente plutôt comme une simple mécanique des fluides : dépression, surpression, contrepression ou dit autrement sur Royal-Artillerie depuis trois lustres : entropie générale jusqu'au gap acceptable des niveaux de vie. La faible appétence des populations européennes à se salir dans les travaux pénibles appelle à son remplacement qui veut bien, des populations laborieuses sans espoir d'aucune amélioration de leurs conditions d'existence chez elles. C'est la surpression. La contrepression vient des mesures de freinage des Etats européens sans solution d'intégration des nouveaux venus, tant au plan économique et financier qu'au plan des frictions civilisationnelles. On a le cas aujourd'hui des réfugiés soudanais qui, où qu'on les questionne, au Tchad, en Egypte, au Sud-Soudan ou en Libye, déclarent tous vouloir atteindre l'Europe et sa pax romana. Ce n'est pas un mirage pour eux. Tout ça pour un concours de bites entre généraux soudanais en érection mentale. Et on touche là du doigt le moteur de l'émigration continue en Afrique : la contre-gouvernance des élites autoproclamées qui ont capté les pouvoirs civils presque partout. Rares en Afrique, mais il y en a, sont les pays gouvernés par la raison. La solution ? il n'y en a pas. Un peu comme avec la hausse des océans. Après on peut faire des moulinets contre le complot des illuminati...
Dernier aparté : les mesures de régulation de l'immigration sont connues, certaines peut-être moins:
  • Licencier tout le personnel politique à poste jusqu'au rédacteur de cabinet ;
  • Déporter les mêmes aux Kerguelen, Saint-Paul, Nouvelle Amsterdam et Crozet, l'ivraie comme le chiendent repoussent ;
  • Rapporter le regroupement familial ;
  • Réguler les entrées licites aux quotas ;
  • Récupérer et concentrer les clandestins pour puiser dans un vivier d'OS afin de fournir les secteurs en forte dépression ;
  • Régulariser les travailleurs à temps plein cotisables (l'appel d'air est un leurre, il ne diminue jamais) ;
  • Respecter la sueur d'autrui et dételer les chômeurs professionnels.

(4) Le dernier danger avant le prochain est l'état de calamités des finances publiques en France au sens large, qui va nous autoriser à candidater pour un siège prestigieux à l'Union Africaine. On ne va pas y revenir aujourd'hui, ni lors du colloque du 13 mai apparemment ; sauf à redire quand même, que tant les marchés par le biais des taux de prise en pension de nos bons du Trésor que le Fonds monétaire international par ses remontrances appuyées, vont entamer notre souveraineté en encadrant notre gouvernement de contraintes semblables à une mise en tutelle.
Mais le jour où les jeunes générations comprendront qu'elles se sont fait baiser dans les largeurs par les hypothèques prises sur leurs têtes, bonjour les pogroms dans les EHPAD ! Anciens, séniors ou simplement vieux, ne vous départissez pas du sachet de ciguë !

affiche AF Jeanne 2023 pour le 14 mai à 10h à l'Opéra

Bon colloque ! Bonne Jeanne !

mardi 2 mai 2023

Fitch alors !

Dans un billet resté fameux de Royal-Artillerie*, on soutenait que dans l'état de calamités avancé où se trouve notre pays, il sied de sauver l'essentiel pour qu'il ne soit pas emporté par la crue des taux d'intérêts que les banques centrales annoncent, au milieu de tous les déficits qui plombent déjà notre société avachie et son économie déglinguée. L'essentiel, comme son nom l'indique, c'est le "régalien". On y est : Fitch Ratings dégrade la note de l'Etat français.

Qu'est-ce à dire ? Que les analystes de risque les plus importants de la planète mettent la solvabilité de l'Etat non pas en doute, mais en débat. Certes, après la claque de janvier 2012 qui, Sarkozy régnant, nous a dégradé de AAA à AA+ chez S&P's, il ne fut jamais évoqué les bons russes en parlant des bons du Trésor français. Il en sera de même cette fois, l'Etat étant adossé au bas de laine français qui sera mobilisé sans retenue en cas de pépin. Mais si Moody's et Standard & Poor's vont au rallye en juin, les taux de prise en pension de nos bons à 5 ou 10 ans vont fatalement augmenter, creusant un écart sensible avec ceux appliqués aux émissions de la Banque centrale allemande. En conséquence de quoi, nous aurons à financer une ligne budgétaire du service de la Dette plus chère, entamant d'autant les arbitrages en faveur des nécessités politiques du pays. Moins d'argent pour l'essentiel, plus d'argent pour les prêteurs étrangers, nos zinzins et pour la BCE. Elle, va remonter ses taux.

diagramme des horaires de cotations
A entendre le surintendant Le Maire et le silence de Macron, la gifle de Fitch leur en touche une sans faire bouger l'autre ! Mais ils vont vite déchanter à entendre monter dans la presse internationale les sarcasmes et sombres prédictions sur la France ingouvernable, surtout par des amateurs. L'émeute parisienne du 1er mai a fait le tour du monde. Les analystes les plus pointus lisent aussi le journal.

Une synthèse utile de La Finance pour tous sur les agences de notation vous en dit plus en cliquant ici.

Sauf miracle, il sera quasiment impossible de résorber nos déficits budgétaires et sociaux d'ici la fin du quinquennat de M. Macron. Faute de perspectives politiques, il n'a de réponse au mécontentement que du quoiqu'il en coûte, et la situation de nos comptes publics ne pourra que s'aggraver, quels que soient les artifices employés et la cavalerie des échéances. Le risque est donc une nouvelle dégradation de la note après la loi de finances rectificative qui sera déposée au sein d'un collectif budgétaire à la fin de l'automne prochain devant un parlement où le gouvernement n'a pas de majorité. Tout refus actera le pourrissement de l'action publique et retentira dans les salles de cotations outre-atlantique. On aimerait que ça se passe autrement, mais le comportement dédaigneux du président et de ses ministres qui, comme des paons, se jugent au-dessus du bon sens populaire, va forcément amplifier la crise politique à la Rentrée. Dissoudre et disparaître sera alors la seule échappatoire avant que de démissionner lors des vœux de nouvel an. Alors descendra le messie dans les jardins de l'Elysée. Y-a-t-il un féminin à "messie" ?

En attendant, vous pouvez suivre tout ça sur le site remarquable de l'Agence France Trésor (clic) où opèrent de super-pointures. Ne pas se priver de fouiller dans les pages, il y a tout.

mardi 28 juin 2022

Au mur, les cons !

affiche de campaggne EnMarche
Non, non, il ne s'agit pas du tableau syndical se moquant des plaideurs contre la misère du monde importée, pas plus que du mur sacré des Fédérés, quoiqu'on pourrait bien le repeindre afin d'y présenter, les yeux bandés, le motif de notre juste courroux ; non, il s'agit de nous, de vous, de moi ! Les cons, c'est nous ! Même pas circonvenus, trompés à l'insu de notre plein gré, on nous aurait menti ? tiens, d'ailleurs c'est de ça qu'il s'agit : de la morphine démocratique, du dopage républicain d'un peuple immature qui va payer, cher, très cher, sa connerie. Tout part de là, le peuple est souverain, on est en France, et s'il est con, il l'est souverainement.

Parce que tous ces mecs qui se pavanent à nos frais sous les ors de la République, les fesses en arrière et le menton levé, n'ont pas pris d'assaut le Capitole ! Pas du tout ! Nous les y avons mis !

Bruno Lemaire s'émeut de la remontée des taux. Parce qu'il est intelligent et informé - ça ne va pas toujours ensemble - il prend au sérieux le prix de pension du 10-ans français qui, tel le cordeau détonnant de la pyrotechnie financière, va renchérir l'abondement hebdomadaire au tonneau des Danaïdes de la dépense publique française. Les caisses sont vides, toutes, les comptes sont en rouge vif, et les peigne-culs de l'Elysée projettent de se maintenir aux commandes en tirant des chèques en bois sur notre capacité d'emprunt afin d'apaiser le peuple qui a eu l'imprudence de les élire, eux et tous ceux qui sont arrivés en 1981 et par après, dans les fourgons de la Gauche plurielle ; fameuse gauche dépensière à compte d'autrui qui va bien plus loin sur les bancs de l'Assemblée que la gauche certifiée, autrui étant - selon la formule de Royal-Artillerie - nos enfants et les leurs, si ce ne sont ceux qui naîtront de tous ceux qui ne sont pas nés encore ! Nous sommes la civilisation du hamac qui détruit son futur. Les générations montantes devraient s'en saisir pour prendre les commandes. Par les urnes ? De force ?

Par les lanternes !

Les Cassandre habituelles vous ont déjà expliqué comment mourir à crédit, les Marc Rousset, Charles Gave, Charles Sannat et tant d'autres nous promettent des journées noires, longues comme des semaines, longues elles comme des mois ! Auxquels on avait coutume de répondre qu'un pays comme la France, adossé à un capital aussi fabuleux que le nôtre ne risquerait jamais de perdre la confiance des agences et des marchés. Nous n'étions pas l'Argentine, merde ! Sauf que... nous n'avons plus d'industrie et donc nous n'arrivons pas à vendre aux autres ce qui nous permettrait de payer nos importations de biens mais d'énergie d'abord, parce que nous n'avons pas non plus suffisamment d'énergie, notre agriculture est au péril du déclassement, à ce que disent les chambres d'agriculture ; et nous n'avons pas d'armée digne de ce nom. Avec trois jours de munitions nous faisons rire. L'hôpital public est à la ramasse, les infirmières le fuient en nombre, et notre système public d'éducation n'est pas mieux, on embauche des cloches pour faire l'effectif minimal enseignant (écoutez Brighelli).
S'ajoute au tableau de calamités la nouvelle tripolarisation du territoire politique qui rend le pays et pour longtemps ingouvernable ! Pourquoi les institutions financières étrangères prendraient-elles nos bons du Trésor à vil prix ? Nous allons les placer aux taux italiens avant l'automne, bien plus cher donc, et encore l'Etat italien n'a pas de déficit primaire comme nous-autres ! Les zinzins acceptent nos bons parce que l'Etat français a la réputation de faire rentrer l'impôt facilement. Avec un peuple de veaux, c'est facile. Mais si les fermentations sociales attisées par les désordres parlementaires déclenchent l'insurrection générale, le consentement à l'impôt disparaitra avec elle, et la confiance de nos prêteurs aussi ! Nous entrerons en division 2, celle des pays à risque. Et le roi Macron sera nu, son pouce dans le cul !

vendredi 3 décembre 2021

L'ordolibéralisme du sourire

Le Spiegel a diffusé un entretien avec le nouveau ministre fédéral des finances Christian Lindner (FDP) le 27 novembre dans son édition papier. Nous traduisons le passage qui concerne la France et abandonnons le reste à votre curiosité en cliquant ici.

Christian Lindner

DER SPIEGEL (DSp): Savez-vous déjà où vous irez pour votre première mission ?

Lindner : À Paris. L'amitié germano-française a un caractère particulier. Le ministre des finances Bruno Le Maire et moi nous connaissons depuis longtemps. Nous avons déjà parlé au téléphone cette semaine.

DSp : Comment envisagez-vous d'apaiser les inquiétudes françaises sur un ministre des finances allemand libéral en économie tel que vous - qui vraisemblablement sera plus strict sur la dette souveraine que ne l'est Scholz, un social-démocrate ?

Lindner : La politique fiscale allemande sert les intérêts de ce pays en cohérence avec nos responsabilités européennes. Je ne deviens pas le ministre des finances du FPD, mais le ministre des finances de la République fédérale d'Allemagne. Cependant je ne peux caché le fait que je sois un libéral. Il est dans l'intérêt suprême de l'Europe que l'union économique et monétaire reste stable et qu'ensemble, nous produisions plus de flexibilité pour agir contre des défis plus grands, tels que la réponse technologique au changement climatique. Ceci veut dire que l'Allemagne ne peut pas être le tuteur d'autrui pour ses dépenses, ni ne suivra l'avis de ceux qui cherchent à miner le Pacte de stabilité et croissance.

DSp : Pendant la campagne, Olaf Scholz exigea que les milliards de dette nouvelle dont s'est chargée l'Europe en réaction à la pandémie de coronavirus soient augmentés. Prenez-vous le parti de cette stratégie ?

Lindner : Bien que dans l'opposition, le FDP a voté en faveur du Fonds européen de reconstruction. C'était une réponse appropriée à une situation extraordinaire, présentée alors comme ponctuelle. Maintenant, l'argent du fonds doit être utilisé. L'accord de coalition est clair : nous soutenons les résolutions de l'Union européenne qui ont été prises ; mais elles n'établissent pas une architecture (ndlr: financière) permanente. Divers Etats membres ont aussi exclu cette possibilité, et plus récemment le chef du gouvernement de Finlande.

DSp : Sérieusement, vous n'essayez pas de vous cacher derrière la Finlande n'est-ce pas ?

Lindner : L'Allemagne a la responsabilité de faire converger les positions. La position collective de l'Ampelkoalition (coalition des feux tricolores) est que le Pacte de stabilité et croissance, y compris sa flexibilité, a fait ses preuves.

DSp : L'accord de coalition dit que le gouvernement à venir devra davantage développer le Pacte de stabilité et croissance. Qu'est-ce que ça veut dire ?

Lindner : Actuellement, beaucoup de règles fiscales, par exemple, sont opaques et bureaucratiques. Avant tout, il faut prendre en considération le danger que la prédominance fiscale s'accroisse - que la Banque centrale européenne se retrouve elle-même guidée par les finances des Etats. Une certaine pression peut résulter du développement de l'inflation et du possible rehaussement des taux d'intérêts de la Réserve fédérale américaine. Dans ce cas, l'Europe a tout intérêt à assurer la durabilité à long terme des finances des Etats. Une dévaluation de la monnaie serait incroyablement injuste pour les retraités et les petits épargnants.
(le reste concerne la politique intérieure allemande)

Sans faire une exégèse de la sémantique libérale de Christian Lindner (surtout en traduction), on a compris que la souplesse des dispositions budgétaires européennes ne sera acceptée dans l'avenir que contre la durabilité des comptes nationaux que l'Allemagne refuse d'entrée de garantir d'aucune façon. L'échange de vue franco-allemand sera une négociation d'arrière-pensées, les Allemands restant sur une orthodoxie des finances publiques modérée, Ampelkoalition oblige, mais les dérapages du quoiqu'il-en-coûte macronien ne seront plus de saison. Les tensions probables attendues sur le service de la dette souveraine française devront d'abord se gérer au sein de la dépense publique française. En douceur, le ministre FDP nous met face à la glace ! La présidence française du Conseil européen, qui pis est en pleine campagne présidentielle française, sera, n'en doutons pas, houleuse quand les caméras seront éteintes.


[1986°]

lundi 17 avril 2017

Chaud devant !

Dans le projet de définanciarisation de notre société, le candidat Jean Lassalle se propose de « faire revenir les évadés fiscaux ». Il attaque ce gros problème (60 Mds€/an) par le volet de la coercition alors que, pour nous, la meilleure façon d'y parvenir est de diminuer la température de combustion des revenus dans notre enfer fiscal. On peut faire les deux, me dira-t-il, mais réhabiliter le succès et le spectacle du succès amoindrirait le goût des complications perverses de l'évasion fiscale. Ce procédé de dissimulation des revenus n'est qu'une affaire d'intelligence pure. Aussi est-il difficile à combattre. L'évasion se construit au départ, elle ne se prépare pas lorsqu'on a réussi comme s'y est essayé ce pauvre monsieur Cahuzac après avoir implanté des cheveux dans le tout-Paris. Pour que le lecteur comprenne bien, nous allons prendre l'exemple de la boucherie, c'est moins snob que la capilliculture.

Le quartier de viande produit beaucoup de déchets qui finissent à l'équarissage. Bien malin qui saura le pourcentage de pertes à la seule lecture d'une facture d'abattoir. Par contre le professionnel expérimenté voit ce pourcentage au premier coup d'œil comme le boucher du Rapide du Nord qui annonçait au chef combien il tirerait de steaks, d'entrecôtes, de faux-filets, daubes etc... avant de commencer la découpe. A partir de là, on décide d'exagérer les pertes et au lieu de tricher à la petite semaine on crée une boucherie virtuelle B. Elle achète cash son papier de pesée... à Vintimille dans le cas qui nous occupe, dévie une bonne partie des règlements en espèces mais de manière aléatoire, pas en pourcentage systématique, tient une vraie comptabilité séparée (du cabinet comptable) pour mesurer les écarts et prévenir les bêtises. L'argent de la boucherie B ne reviendra jamais dans la boucherie A, il ne sera jamais investi dans le périmètre patrimonial du boucher, il sort. Exeunt les sous ! Un bel appartement en front de mer à Porto Fino, loué l'été à des Anglaises en chaleur.

Pour une société, c'est pareil. On crée dès le départ les circuits de dérivation en se méfiant bien sûr des fondations à Maurice, fiducies luxembourgeoises et du bureau d'études en travaux publics aux Îles Caïmans. De même évitera-t-on les domiciliations, facturations, virements sur des territoires exposés au pilori de l'évasion comme les Îles Vierges, les Antilles néerlandaises ou le Vanuatu, laissant cela aux fonds spéculatifs professionnels. Alors quoi ? Mais l'Offshore vous est ouvert en grand à condition d'y faire physiquement du bizness, et les grandes places de brassage sont toujours les mêmes, Hong Kong, Singapour, Genève, La City, Wall Street ou... Shenzhen, où l'on aura l'intelligence de déclarer ses bénéfices et payer de modestes impôts. Le truc, c'est de payer mais peu, en optimisant les règles locales (comme l'a fait Donald Trump tout simplement chez lui)!

Mais nous promouvons aujourd'hui le projet de Jean Lassalle, lequel insiste sur quatre actions :

(3.7): Fiscaliser en France l'activité de sociétés ou banques françaises en paradis fiscaux, même en Europe. Autrement dit assujettir au Code français des Impôts tous les résultats des sociétés quelque soit le pays d'exercice (comme le font les Etats-Unis). Le monde entier va s'américaniser sur ce point tant sont grands les besoins en ressources budgétaires partout. Nous pouvons monter dans le bandwagon.

(3.8): Sanctionner l'incitation à la fraude fiscale plus sévèrement qu'une simple complicité. Ceci vise les cabinets de conseil. Je ne pense pas qu'aux jours de l'Internet (et du Deep Web) il soit possible de fliquer longtemps les conseils. Leur premier réflexe sera de sortir du territoire fiscal français, avant que de plonger en sous-marin pour initiés. Cela existe déjà et deviendra la règle.

(3.9): Cibler les plus grandes entreprises et les dossiers à risque plutôt que de contrôler des PME au hasard. Bercy le fait déjà. La seule action supplémentaire serait de durcir les amendes et de limiter leur négociation. Mais cela demande l'embauche de compétences qui, si elles sont vérifiées, trouveront à s'employer pour des salaires dix fois supérieurs dans le bizness de l'optimisation fiscale. Les Hussards Noirs de Bercy existent-ils encore ? Pour le reste, contrôler les petites boîtes est saine gestion des recettes publiques, mais l'état d'esprit doit changer et les contrôleurs abandonner l'approche inquisitoriale sournoise. Aparté : faire porter l'effort sur les TVA intra-communautaires non déclarées aux Douanes gagnerait des millions.

(3.10): Exiger des banques qu'elles signalent les opérations suspectes d'illégalité. TRACFIN sert à ça. On contrôle l'iceberg émergé et plutôt bien. Le reste ne peut être exigé des banques et reste une affaire entre hommes et quatre z'yeux. Un banquier sera toujours attentif à prouver son professionnalisme en proposant une solution "peu risquée" à un gros client dans l'embarras. On enlèvera la carte SIM du portable avant d'enfiler la combinaison de plongée.





Le lecteur fidèle a compris que le Piéton est sceptique sur ce volet de réformes lassalliennes. L'évasion fiscale dit bien son nom. On cherche à s'évader de l'enfer. Supprimer l'enfer implique de changer complètement de paradigme. La France soviétisée ne peut survivre qu'en dévorant le capital apparent et disponible dès lors qu'elle ne fait plus globalement de bénéfices. Elle a vendu le vin, saisi la vigne pour la vendre après et fait l'inventaire de la tonnellerie qui suivra. L'Etat (et c'est nous tous) solde ses atouts, il ne laissera rien derrière lui. Les capitaux ont fui depuis longtemps, à preuve les tours de table sont impossibles dans les affaires sauf à y inviter des banques. L'Etat est obligé de menacer de nationaliser les chantiers STX contre Ficantieri faute d'investisseurs français. Dans la nouvelle économie, le succès final d'une entreprise française est sanctionné par son rachat par les GAFA et son départ pour San Francisco ! La raison n'est pas le marché mais l'accès aux financements.

Quoiqu'il en soit un chef d'Etat respectant la lettre de la Constitution n'a pas à se préoccuper des détails. Il serait avisé de créer deux structures sous l'autorité directe du Premier ministre, l'une pour refroidir l'enfer, l'autre pour recouvrer la fraude. Ces deux structures doivent être staffées hors-statut de la fonction publique afin de rémunérer les talents au prix du marché sans contraintes administratives.
Pour la seconde, le but assigné pourrait être de récupérer la moitié de la fraude fiscale en quatre ans, en progressant par objectifs à travers douze rapports d'étapes, un chaque quadrimestre. On peut aussi intéresser les équipes de pointe au million le milliard. Il faut inventer ! Sans tabous ! Jean Lassalle a montré qu'il n'en redoutait aucun, ni les ours, ni les loups. Ça tombe bien, en la matière on est en pleine jongle.


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Billets de soutien RA libellés "Jean Lassalle" à cliquer:

- Un berger à l'Elysée du 15/03/2017
- Jean Lassale, note liminaire du 19/03/2017
- But de la manœuvre du 22/03/2017
- Libertés basses du 24/03/2017
- Une autre Europe demain du 27/03/2017
- Passons aux énergies renouvelables du 30/03/2017
- Jean Lassalle l'Africain du 3/04/2017
- Perception du grand débat du 5/04/2017
- Accompagner nos enfants dans la découverte du savoir du 10/04.2017


La préparation psychologique de l'évadé fiscal commence aussi par une immersion heureuse dans le bonheur tropical pour se laver de la suie des clubs interlopes de la rue de Ponthieu, par exemple :

lundi 22 août 2016

La banqueroute planquée sous le beurkini

« Mettez deux électrodes dans une poche de gélatine de veau ça ne fera jamais une batterie de voiture ». C'est ce que me disait ce vendredi matin mon coiffeur à vingt euros - finition rasoir, à la lecture des extraits de la somme éphémère de François Padebol parue chez Albin Michel sous le titre accrocheur : "Conversations privées avec le président". Accrocheur mais décevant parce qu'à la fin il n'est pas félixfaurisé par la Pompe funèbre ! « Quel con, ce type !» conclua l'artisan payé au clic, ne sachant pas pour qui j'avais voté jadis.
Et tandis que je repliais le Midi Libre, j'aperçois l'entrefilet signalant que Benoît Hamon - mais si, il est connu jusqu'à Palavas-les-Flots - monte dans le manège aux connards*. L'élite, la vraie, ayant déserté la politique, les médiocres se ruent !

On ne parle aujourd'hui que du sac à bain de Shéhérazade et de tout ce qui est islamique jusqu'à la nausée. En ce dernier jour de sérénité estivale, laissons tomber les sectateurs du prophète et revenons aux fondamentaux : nous entrerons demain dans la période électorale de tous les dangers pour les finances publiques - s'il en reste : les programmes des candidats ne brandissent que des dépenses à découvert sauf à enfumer parfois l'électeur de projets de recettes impopulaires impossibles à décréter, qui le feront fuir. Or Les caisses sont vides et le pays n’est en rien réformé dans les sources de l'hémorragie financière qui draine toute son énergie, à commencer par l'Etat tétraplégique hérité de l'Empire, baleine échouée en soins palliatifs éternels dont on ne sait qui la débranchera. La croissance de remploi de l'expansion démographique est nulle ou epsilonique, à la limite de la fabrication statistique. La Dette soutenue par des taux d'intérêts bas ou nuls doit quand même être servie en principal et nous coûte horriblement cher ; et au-delà de nos déficits structurels, nous importons abrutis** et crevards par palanquées complètes derrière l'Allemagne ! Qu'importe à la fin ! Le cirque des primaires amusera le peuple et lui cachera la misère du régime. Pendant ce temps, se glissent discrètement vers un ailleurs meilleur nos chances pour des lendemains qui chantent : ceux qui ont réussi partent, ceux qui réussiront partent plus vite encore (clic).

Reste le Veau national, qui persévère dans une épargne soutenue de ses disponibilités ne consommant que le nécessaire. Le taux d’épargne est presque un record mondial. Ce qui peut s’expliquer d’une bien curieuse façon ; du moins commence-t’on à l’expliquer ainsi dans les couloirs des ministères où circule l'épouvantable idée d'un amalgame de la nation et de l'Etat, la première devant assurer la survie du second quoiqu'il en coûte. Ouvrez vos oreilles :

Les Français ont une capacité d’épargne plus importante parce qu’ils bénéficient de prestations sociales de tous ordres bien plus élevées que les autres. Les prélèvements sur la richesse nationale que l’on dit rédhibitoires pour la santé économique du pays seraient donc compensés par des bas de laine énormes. Plus simplement, les déficits budgétaires et sociaux alimenteraient certes la consommation mais surtout l’épargne privée en bout de tuyau. Il faut être demeuré pour ne pas comprendre qu’il faudra inverser le flux pour sauver le pays et surtout le régime socialiste, et que l’épargne privée sera confisquée d’une manière ou l’autre pour boucher les trous. Comme en Argentine jadis ? Le FMI est déjà d'accord***, nous dit son directeur général français, Christine Lagarde : on commencera à taxer l'épargne des ménages à dix pour cent. Qu'en disent les candidats au pompon ?
Salut les c… !

* Sobriquet donné par Dominique de Villepin aux députés français qui lui reprochaient de ne pas être des leurs.
** Qualificatif utilisé par le ministre de l'Intérieur du land de Berlin pour les "réfugiés" de Mme Merkel.
*** cf. Business Bourse (clic) d'il y a un an.

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lundi 11 avril 2016

La porte du paradis ? next door !

Ce billet n'est pas un parangon de vertu et n'appelle pas au patriotisme comme il conviendrait. Mais notre petite Union soviétique qui a réussi (dixit Váçlav Havel) impose un taux de prélèvement obligatoire moyen de 71% des revenus (calcul du coin fiscalo-social), et comme ça ne lui suffit pas, emprunte à l'étranger. Comparée à celle de l'Allemagne, notre situation est indéfendable (clic). On ne peut évacuer ce pillage de la question de l'évasion fiscale, même si des pays prélevant moins en souffrent aussi. On ne voit nulle part le parti de la hache qui nous sauverait, les effectifs surnuméraires en cause de la fonction publique et parapublique étant importants et assidus aux urnes.

Grand émoi chez les ligues morales à la publication des noms des évadés fiscaux par L'Internationale du Trou de Serrure : des mecs futés garent leur blé à l'insu de leur plein gré sous les tropiques. C'est l'affaire des Panama Papers (clic). Première et dernière question : pourquoi sous les tropiques et pas à Ushuaïa ? Je pouffe : malgré son nom, le monokini est impossible en Terre de Feu. Cherche pas plus loin la cerise au fond du Martini Dry. Une piscine à Ushuaïa et quoi encore.
Finalement, c'est la presse d'investigation qui a sorti le scoop, les services fiscaux des Etats volés s'avérant particulièrement inaptes à combattre l'évasion fiscale s'ils en comprennent déjà la mécanique. Non ! Pas la mécanique d'avant-hier, celle de demain matin. Parce qu'il faut être suffisant comme un ministre des Finances français pour croire en la victoire finale dans le domaine de l'ingénierie financière avec des mecs payés au mois. Quand les besogneux de Bercy sur Seine auront terminé l'étude des voies et moyens de s'évader de l'enfer fiscal français, les gnomes des officines qui bossent 12 heures par jour avec des QI d'autistes auront, eux, remonté une mécanique nouvelle de sauvetage des peines et soins surtaxés, peut-être même sans argent en circulation ou sans argent du tout !

Le monde des Etats est le monde visible. Celui des génies est plus grand. Or ce sont les génies qui sont convoqués à l'évasion des enfers. Chacun a entendu parler du Deep Web, l'internet invisible des robots. Cette Toile opaque ferait, pense-t-on, 95% de toutes les ressources en ligne et il est faux de croire qu'elle ne serait qu'un nid de pédophiles. Il y a des raisons purement techniques qui repoussent l'intérêt des robots (sites à clés, métablocage de sites, sites ultra-lourds) et des raisons professionnelles où le secret est primordial. On a la même chose dans la finance internationale.

Selon « le Conseil de stabilité financière, le Shadow Banking (système bancaire parallèle), qui sert notamment de support à l’évasion fiscale, a globalement triplé dans le monde en une dizaine d’années et a été évalué à 67000 milliards de dollars en 2011 et probablement 74000 milliards en 2013. Il y circule aujourd’hui la moitié des actifs qui passent par le système bancaire traditionnel. C'est à dire que toutes les grandes banques dans le monde (environ 4000) sont concernées » (source Gilles Bridier in Slate).

Ce n'est pas demain la veille de la Tranparence internationale pour tous. La seule chose qui va changer après le nouveau scandale de Panama sont les conditions d'accès aux officines d'ingénierie financière. Inutile de soulever le heurtoir si vous êtes inconnu au bataillon et même, non parrainé. On va se méfier des testeurs et des affairistes aux nerfs fragiles. Pour sortir des griffes socialistes le blé gagné à la sueur de votre front, il faudra investir en séjours à Nassau (champagne, piscine) et à Gstaad (cognac, jacuzzi) et vous y faire des relations sûres avant de prendre le train pour les tropiques. Si vous êtes de condition relativement modeste, vous réinvestirez l'argent de la schnouff dans un bar à p... de Phuket. On parle déjà français (avec un inimitable accent de la Zone) dans bien des établissements ouverts aux touristes. Certains se procurent la convention fiscale franco-thaïlandaise, d'autres passent voir le commissariat de police en demandant où donner au temple.

Si beaucoup de contribuables estiment trop payer d'impôts, une première mesure permettrait de diminuer cet effectif : réduire la pression fiscale en réduisant les dépenses publiques. On peut rêver pour un pays devenu moyen comme la France donc incapable de déporter des charges sur d'autres, et qui semble avoir complètement assimilé sa soviétisation. Les manifestations d'assistés consentants, place de La République, laissent peu d'espoir au surgissement de guerriers capables de vaincre notre déclin. Reste à partir.

Bien des familles aisées ont fait ce choix, qui sont libres de revenir en France un ou deux mois par an pour visiter la parentèle et profiter de paysages exceptionnels et des atouts typiquement français. Mais leur carrière ou leurs affaires sont ailleurs, leurs enfants sont élevés ailleurs, leurs assurances sont prises ailleurs. J'en connais de plus en plus et au-delà de ma famille. Là, Bercy ne peut plus rien. La plus-value et les bénéfices ont disparu du Rôle de l'administration. La tendance à l'émigration est lourde¹. La porte du Paradis est à Roissy Charles-De-Gaulle.


(1) Selon Contrepoints (15.09.2014) : 1/3 des milliardaires français sont partis (clic)
Selon The Millionaire Migration Report for 2015 (©New World Wealth, mars 2016): dix mille millionnaires français se sont évadés en 2015 (clac).


Il y a encore du choix !

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lundi 5 octobre 2015

Spécialités du pentagone du prince

Dans un premier article [Le Pentagone du prince] nous nous sommes permis d'énoncer quelques spécialités utiles à la formation d'un prince accédant. Certains parmi nos lecteurs ayant demandé des éclaircissements, ces cinq spécialités sont aujourd'hui un peu plus développées ci-dessous :





* Finances internationales immergées, marchés denrées et matières

#1. Les finances immergées et les marchés denrées-matières sont des spécialités dont la compréhension n'est accessible que par les back-offices des banques ou par les salles de marché des maisons de trading. Leur influence est considérable sur les paramètres politiques, certains disent que l'essentiel du pouvoir y gît.

A s'en tenir aux finances immergées, signalons que les "finances au noir" brassent soixante-dix trillions (mille milliards) de dollars par an (fourchette de l'estimation de ses acteurs : 65-75). Les produits financiers dérivés capturent sept cents trillions de dollars, soit le PIB mondial puissance 10. Côté titres, la bourse en chambre noire de compensation absorbe environ un sixième des transactions (ce n'est pas d'aujourd'hui que l'on compense avant bourse comme les pêcheurs font la "criée" en mer avant de débarquer le poisson). Ces transactions sont par définitions "préalables", elles induisent des effets sur les marchés de plein vent ! Ceux qui veulent creuser la question en français peuvent cliquer ici sur le shadow banking de Henri Lepage.

Les exécutifs des grands pays connaissent ces données sans toujours les comprendre à l'exception de Cameron, Xi Jinping et Obama. Un prince incapable de participer à ces mécanismes (même s'il n'en joue pas) est un prince d'opérette. Il semblerait que les lois de la génétique nous en aient préservé un.

Les marchés denrées et matières sont plus compliqués et bien plus dangereux puisque ce sont des marchés de leviers. Passer quelques semaines au London Metal Exchange ou à Chicago n'est pas perdre son temps.
Un exécutif "étanche" aux futures est à la merci d'explicateurs intéressés et ne verra venir ni la disette intentionnelle ni l'inondation dirigée. Vladimir Poutine s'en mord les doigts qui mesurait sa puissance à l'immensité d'un Etat-continent en oubliant qu'il n'est maître d'aucun prix des productions de l'empire ! Tout ce qu'extraient les Russes est "valorisé" à l'étranger. Au Congo, c'est pareil.
La plupart des dirigeants arabes cherchent encore où fut mise l'allumette des "printemps". Et pourtant la manipulation des cours des produits alimentaires n'est pas chose nouvelle, manipulation dont ils étaient chez eux coutumiers pour rétablir les équilibres sociaux.





* Droit international appliqué

#2. Sauf à passer par un cursus juridique classique de droit public, la connaissance des réalités pratiques du droit de force inter-nations est indispensable. Il est aujourd'hui des cours internationales qui brassent ces problèmes quotidiennement.

Depuis l'aube du monde les nations s'affrontent à bon droit. S'il n'y suffit, on convoque les puissances célestes ! Nous avions cru en être revenu alors que la moitié du bassin méditerranéen se gouverne désormais du Ciel ! Il n'y a rien à opposer au Croyant que la force, sa propre force parfois. En ce sens les jugements des cours internationales ont peu d'effet sur les théocraties prétendues, et le prince accédant sera bien avisé d'outiller sa diplomatie selon des lignes de force fondées sur la jusrisprudence et l'histoire plutôt que sur des principes généreux. C'est pure manipulation dans un champ d'hypocrisie sans frontière qu'il faut labourer dans la pestilence des remords.

Pour les royalistes, la plus célèbre fut l'exhumation de la vieille loi franque des successions patrimoniales en 1358 qui fondait enfin sur quelque chose d'écrit la masculinité souhaitée du légataire universel au bénéfice du royal champion. Tout l'art fut ensuite d'en faire une loi fondamentale du royaume de France, affublant l'usurpation réussie du pouvoir légal qui le menaçait. Facile, l'Université de Paris jadis s'imposait à tous.

Il en va de même aujourd'hui avec la sacralisation de la démocratie de Westminster qui gouverne (ou gouvernait jusqu'à hier) les "jugements" des enceintes internationales, séparant le bon grain de l'ivraie, donnant et reprenant les crédits de développement, séquestrant et libérant les avoirs bancaires, canalisant le commerce et l'alimentation. Ces supercheries ne sont tenables qu'étayées par un corpus doctrinal. Pour la démocratie il est de grand poids et grossit sans cesse. Il faudra au prince pénétrer les arcanes du droit des Etats pour n'être jamais subjugué par les diktats que lui présentera la Faculté et garder le recul nécessaire qu'apporte la connaissance des "dessous" avant l'expérience à venir, sans oublier, comme le dit Herbert dans les archives du Bene Gesserit (T.v-XOX232), que la loi choisit toujours son camp en fonction des modalités exécutives ; la moralité et les finasseries juridiques ont peu de chose à voir avec elle dès lors que la véritable question qui se pose est : "Qui tient le manche du fouet ?".
Bismarck avait compris qu'un prince dit le droit avant de le lire ! C'est une formation spéciale de l'esprit.






* Infra-stratégies, art de la guerre

#3. Pour la stratégie, on a envie de pousser à l'étude des Sun Tzu et Clausewitz - ce qui ne serait aucunement perdre son temps - mais ce sont les infra-stratégies actuelles qui comptent dans le débat et leur approche n'est pas si aisée. Peu de cénacles s'en occupent et les pénétrer demande beaucoup d'habileté... ou de relations. Avec les secondes cela reste possible.

La seule stratégie qui soit porteuse des diplomaties des Etats-continents est la globalisation : c'est la stratégie infrastructurelle, d'aucuns pensent (comme nous) qu'elle est unique et que toute alternative y est un leurre. L'entropie générale des mœurs de l'espèce humaine déclenchée par la colonisation globale européenne puis par la mondialisation anglo-saxonne dérive vers un empire planétaire fini dont les instruments de pouvoir sont à ce jour inconnus mais cherchés avec avidité. On disait auparavant impérialisme ou hégémonisme. Le concept s'est mercantilisé mais la queue de trajectoire est la même : Imperat !
La démarche américaine visant à équilibrer le TAFTA d'un traité identique à son occident¹ participe de cette marche à l'empire dans laquelle son seul contempteur est la Chine qui a déclaré son propre projet impérial sur sa tranche de pamplemousse.

Toute diplomatie - et c'est un domaine réservé d'excellence pour un prince accédant - doit être définie et conduite dans cet environnement quelque peu éloigné des déclarations fraternelles des enceintes de communication internationale que sont celles de l'ONU pour ne citer qu'elle entre dix. Ne pas oublier que le droit international et la morale internationale sont deux grilles d'analyse parfaitement étrangère l'une à l'autre. Trouver entre les deux l'intérêt stratégique d'un pays moyen et démunis comme le nôtre est un exploit. Nous l'attendrions du prince, sinon à quoi bon, nous nous contenterons d'un Vergennes-Védrine dans l'emploi.

Pour ce qui est de notre zone de chalandise, on conviendra que nous assistons à l'effondrement du bassin méditerranéen, comme si le fond de la mer s'était ouvert sur les abysses et emportait tout dans un trou noir. S'opposent deux mondes, l'un scientifique mais désarticulé, l'autre perdu dans les incantations et le désordre. A la charnière de cet affrontement on trouve deux Etats religieux stables dont l'un au moins ne laisse d'inquiéter : le Maroc à l'ouest, la Turquie à l'est. L'Europe a perdu cinquante ans à bricoler des relations douteuses avec la rive africaine et les Échelles du Levant. Il n'y eut aucune autre politique occidentale que celle de contenir les richesses minières de la région en période d'instabilité et de laisser aux politiciens la libre pratique de tous les trafics rémunérateurs.
Une collaboration des deux rives s'avère aujourd'hui l'échappatoire obligée pour contrer une guerre qui menace, et la France y conserve du crédit.

Dans sa conférence pour Vexilla Galliae, Jean-Claude Martinez suggérait de concrétiser l'Union pour la Méditerranée en une Haute Autorité indépendante des Etats (Royal-Artillerie reviendra s'il y a lieu sur ce nouveau concept à quatre agences exécutives) et Gérard de Villèle promouvait la candidature du prince aîné de Bourbon à sa présidence (ndlr: il est déjà Bailli Grand-croix d’honneur et dévotion de l’Ordre de Malte et s'installerait à La Valette). Ce serait à tout le moins un stage instructif. Comme au paragraphe #5 ci-dessous, le prince serait bien avisé de réfléchir à une infra-stratégie méditerranéenne pour son pays.

En attendant, on prendrait le pouls d'Hubert Védrine que ce ne serait pas non plus du temps perdu : clic !




* Physique sociale du comportement des masses

#4. La sociologie des foules est une base d'apprentissage politique qui fut travaillée par de grands penseurs, mais la nouvelle société de communication actuelle en demande la révision complète pour ne pas dire la reconstruction totale. Les foules réagissent au smartphone. Le meilleur stage ne peut être fait ailleurs que dans un grand service de sûreté nationale.

C'est de la gestion de la démocratie qu'il s'agit donc. Les libertés individuelles avec lesquelles on la confond souvent pour en exporter le modèle chez des peuples asservis, entrent en collision avec la philosophie de l'État lorsqu'on parvient au seuil de l'anarchie chez les peuples romanesques comme le français, l'italien ou le russe. Ces outre-libertés sont néfastes au plan national dès lors que, s'en réclamant, des contre-pouvoirs s'organisent en empiétant sur le domaine régalien, contre-pouvoirs qui bétonnent leurs positions par des lois d'opportunités... On pense généralement aux syndicats professionnels organisés sur les métiers et qui ont accédé à la strate politique pour renforcer le modèle social de chacun de leur sponsor. Par chance ils sont divisés, vénaux et se détestent. L'autre pouvoir usurpé est la presse qui s'érige en cour suprême des opinions et se fait fort de la "faire". Sans suggérer à l'impétrant un stage chez un gouvernement à poigne, nous le pensons très fort :) et il n'aurait aucun mal à s'y faire admettre es qualité.

Droit au but : le flicage généralisé du troupeau est en marche, à preuve les faibles remontrances contre l'espionnage réciproque inter-allié. Le terrorisme se banalise à grande vitesse. Les tueries universitaires aux Etats-Unis participent de cette sociopathie exacerbée par le bombardement informatif quotidien et la seule réponse connue à ce jour - après une période d'angélisme - reste la surveillance.
Michel Foucault a creusé la question jusqu'au roc dans son ouvrage Surveiller et punir de 1975 ; voir son étude du Panoptikon de Bentham. La surveillance est en progression partout sous forme de ruses ou de coercition et ses méthodes appliquées sont complètement documentées et disponibles. Un livre de chevet pour tout prétendant sérieux.

La reconstruction d'une sûreté nationale est devenue primordiale à l'heure du Village Global et les réglages en sont très fins. Il y a plusieurs modèles (parfois français d'ailleurs qui fut appliqué ci et là dans l'empire) mais la certitude de leur accomplissement nous annonce le retour de la Stasi-light, du NKVD-diet, de la Securitate-soft et peut-être à la fin, de la Gestapo-second chance !

Quel exécutif prendrait ces choses par dessus la jambe ?
Un prince détaché de ces contingences en sera la victime rapidement. Il lui serait avantageux d'assimiler quelque cynisme à l'antique et de développer aussi une philosophie du soupçon pour affronter l'encerclement de son pouvoir. Tout pouvoir sécrète son propre encerclement. Etabli, il doit former le cercle de chariots. Les techniques de police ne sont pas un sujet secondaire ; il est des officines expérimentées capables d'enseigner la matière. Même en France ; inutile de demander un stage chez Academi à Moyok en Caroline du nord.






* Géographie humaine de l'Afrique noire

#5. Pourquoi l'Afrique noire ? Parce que c'est notre premier défi européen. Nous en économisons ici la description que chacun anticipe déjà. Le prince en formation ne pourra faire autrement que de passer du temps dans plusieurs ONG mouillées sur le terrain.

Cette acquisition de connaissances sur l'Afrique, et plus particulièrement l'Afrique noire, ne vise pas pas à meubler de longues soirées d'hiver où l'on ne parlerait que de migrations. Il ne s'agit rien moins que de définir pays par pays quel est le hiatus de développement acceptable par les indigènes qui annulerait les inconvénients de l'émigration. S'arracher aux siens, à sa patrie (sauf l'enfer sur terre) exige de grands sacrifices. Le décalage attendu signale-t-il un progrès dans l'espérance d'un futur meilleur, cette "idée" en vaut-elle le coup ?

Il y a deux moteurs puissants de l'émigration, la misère endémique et le mirage européen. Si la guerre au sous-développement n'est pas déclenchée par les empires responsables du monde, on va au K.O. de l'Occident. L'Afrique comme souci n'est pas un jeu ! Quels qu'en soient les motifs mercantiles, l'implication de la Chine dans la construction ex-nihilo d'une grande ville comme Kilamba nous fait comprendre qu'on peut forcer le développement s'il l'on s'attache au concret avant de nourrir les administrations. A cet égard, la double grille africaine dont le principe est calqué sur le développement des piémonts himalayens chinois rencontre l'intérêt de politiques intelligents comme Jean-Louis Borloo qui en viennent aujourd'hui à prioriser l'électrification générale des pays. C'est du développement lourd, le seul qui franchira le siècle. En attendant les champs de force de la double grille, le défi exige de mettre déjà une forte pression sur les structures de pouvoir existantes afin de développer au moins l'illusion d'un progrès pour enrayer la misère.

A titre d'exemple, les pays du Sahel sont un laboratoire : en Centrafrique, une femme a cinq enfants viables en moyenne. Quel taux de développement serait nécessaire pour "absorber" ce flux démographique quand on sait les ressources modestes de ce pays perdu ? Aucune croissance normale n'est possible avec les moyens classiques. Il s'agit d'inventer quelque chose d'autre...

Quant au mirage européen, le propre des mirages est de ne point exister. Aussi est-il vain de vouloir le casser par une confrontation aux réalités. D'expérience ça ne marche pas. L'espoir porté par l'imagination sera toujours plus fort.

Sans doute aucun, faire accompagner le prince en "stage" par un spécialiste des questions africaines serait un must, et il en est plusieurs qui seront flattés de se voir convoqués à un travail utile, concrétisant leurs recherches. Suivez mon regard : clac !



Le billet précédent sur le même sujet se terminait par les synthèses qui achèvent la période de formation. Nous y renvoyons le lecteur intéressé s'il veut bien cliquer ici.







Note d'ordre

Ce billet n'a d'autre but que de nourrir le débat sur la question de la formation des princes en situation d'accession. On connaît bien l'éducation des rois, on ne sait pas grand chose de celle des princes qui ne règnent pas (pas encore). Qui prendrait ces propos pour une manifestation d'arrogance se tromperait mais pour une critique de l'existant, un peu moins. Les princes en vue sont pour le moment sous-calibrés rapport à l'emploi possible. Il ne sert à rien de faire semblant et ce begnin neglect doit être abandonné pour les générations montantes qui, elles, devront se former aux tempêtes du siècle.


(1) le TPPA (Trans-Pacific Partnership Agreement) vient d'être signé aujourd'hui 5 octobre à Atlanta. Le TAFTA va suivre.

(Cycle d'Arrakeen 2015)

lundi 7 septembre 2015

Le pentagone du prince

Le silence assourdissant des maisons princières aux jours de l'assaut des frontières européennes, ainsi qu'au spectacle de cette guerre non déclarée d'une rive à l'autre de la Méditerranée qu'est l'offensive du fondamentalisme musulman, m'a conduit à douter de leur perception des enjeux. Quel est leur degré de perception des réalités ? Ma langue au chat. Quel devrait-il être ? C'est déjà plus facile.

Contre la Cour - Billet didactique offensif

Il y a quatre choses pour soutenir un monde : La connaissance du Sage, la justice du Grand, les prières du Pieux, le courage du Brave. Mais tout cela n'est rien sans celui qui gouverne et connaît l'art de gouverner (Frank Herbert, in Dune). C'est le pentagone du pouvoir.

(source inconnue)
Cet art de gouverner s'apprend jeune. Il doit pénétrer le prince au fur et à mesure de sa croissance. C'est son sang, son âme, sa "spécialité". Les enfants des dynasties régnantes sont éduqués au berceau pour y atteindre - enfin, dès l'âge de raison. En dehors du cursus d'appropriation des connaissances, le plus difficile pour eux est d'apprendre à convaincre plutôt qu'à obliger. Aiguiser l'analyse et le jugement réclame des connaissances fouillées, mais d'abord la formation d'un caractère "intellectuel" affirmé, en plus d'un tempérament persuasif et serein. Le nerf du prince n'est pas celui du commun.
Les enfants des dynasties ambitieuses qui ne règnent pas doivent être mis au travail comme les autres, sinon on peut retrouver en eux le jour venu, les mêmes travers que l'on reproche aux dirigeants de rencontre que la République puise dans le vivier des arrivistes : boulimie sexuelle, comportement de parvenus ridicules, goinfrerie gratuite, caporalisme du commandement et in fine tyrannie ; toutes choses impossibles chez une famille régnante même depuis peu, qui entendrait poursuivre.

Nous devons constater, sans nous en affliger, que les prétendants que promènent ci et là les actualités royalistes ne sont pas prédisposés à la mise sur orbite d'un vrai chef d'Etat ; soit qu'ils jugent utopique une quelconque confrontation de leurs capacités à l'emploi éventuel qui les guette, soit que ces mêmes capacités ne suffisent pas à les porter au niveau requis et qu'ils en soient conscients. D'aucuns peuvent aussi se laisser tromper par le niveau parfois exécrable de chefs sélectionnés par le système démocratique. Sont-ce les princes les plus inquiets de ce hiatus ? peut-être plus que la cour qui ne rêve que de promulguer avertissements et conseils ! Les "dresseurs de prétendants", selon l'heureuse formule d'Yves-Marie Adeline, se renouvellent sans cesse à mesure de l'usure du précédent, vaincus par l'inertie du champion. La chambrière de Royal-Artillerie n'est pas loin non plus de glisser des mains du Piéton.

Mais hors de la pépinière des conseillers avoués, le doute fuse et la proportion très grande de militants royalistes rangés des voitures - comme l'avait mesuré le sondage¹ SYLM pour les Premières Assises Royalistes - ne s'explique que par la révélation de l'inanité d'un combat dont l'urgence n'est pas partagée en haut lieu. L'infanterie se laisse décimer en formation tant que le capitaine est devant, l'épée au ciel.

Villars à Denain - 1712


Sans déroger au respect que méritent les princes sincères, on peut faire une simulation de niveau et laisser à chacun le soin de mesurer l'écart à l'existant. Nous avertissons le lecteur que la description d'emploi contenue dans les lignes qui suivent ne visent en rien à copier les gouvernements d'Ancien régime, mais cherche à cerner les qualités utiles pour faire de la politique exécutive à haute fréquence. Dans notre monde, la prise de décisions irrévocables est quotidienne pour l'Exécutif. Cette aptitude dépasse la formation classique d'un élève appliqué. Il y faut la race : on ne peut que partir d'un tempérament favorable et forger le caractère qui y commandera. Sans ce préalable, il est vain de "cotiser".

Comme nous le disions dans un billet irrévérencieux au mois de mars, L'âme des princes, « la destinée du prince oblige à monter le niveau le plus haut possible pendant la période de sa formation - on en jugera par les diplômes obtenus - et à forger un caractère résilient. Outre les nécessaires humanités et mathématiques, il tombe sous le sens que des études de droit public, de finances publiques et de commerce international, clôturées par un passage dans une académie militaire, soient le minimum syndical pour qui s'apprêterait à nous gouverner aujourd'hui ». Ceci étant acquis, il reste la pratique des codes sans laquelle le prince accédant resterait dépendant de son entourage. C'est exactement l'objet de cet article.

Gouverner au plus près du vent oblige à bien connaitre les codes de communication et de transaction des hommes qui comptent. Sans en rechercher l'expertise, le prince doit être familier de la langue des grandes corporations sociales qui pèseront le plus lourdement sur ses décisions. Cet apprentissage ne peut être obtenu autrement qu'en travaillant le temps nécessaire à cette acquisition dans chacune de ces grandes corporations. Cette accoutumance "technique" est indispensable pour comprendre les débats du futur Conseil et provoquer sans délai les synthèses attendues. Le monde du XXI° siècle ne nous laisse plus le loisir d'interminables exégèses, il faut "réagir". Pour ce faire, faut-il aussi comprendre l'événement dans l'essentiel sans le filtre du chargé d'affaires. Les anciens rois nous avaient habitués à cette prescience.

Quelles sont donc ces corporations que la culture générale de l'honnête homme ne suffit pas à connaître ? Il y en a heureusement peu, mais ce sont des spécialités contiguës au pouvoir ; à notre avis, les voici toutes, je crois :

* Finances internationales immergées, marchés denrées et matières
* Droit international appliqué
* Infra-stratégies, art de la guerre
* Physique sociale du comportement des masses
* Géographie humaine de l'Afrique noire et haïkous

En quelques paragraphes pourquoi :

Ces spécialités ne sont pas enseignées pour elles-mêmes, sauf à dériver d'enseignements magistraux plus globaux, et il vaut mieux qu'il en soit ainsi car le monde universitaire est trop confiné et lent pour les pratiquer ensuite². Elles s'apprennent en s'investissant dans le milieu considéré, pas forcément longtemps. Il y a d'autres spécialités secondaires dans ce cas, mais elles ne sont pas contiguës au pouvoir et ne nous intéressent pas ici. Exemple : affrètement, conduite d'une opération amphibie, cyber-attaque,... le cas de l'espionnage se discuterait :)

#1. Les finances immergées et les marchés denrées-matières sont des spécialités dont la compréhension n'est accessible que par les back-offices des banques ou par les salles de marché des maisons de trading. Leur influence est considérable sur les paramètres politiques, certains disent que l'essentiel du pouvoir y gît.

#2. Sauf à passer par un cursus juridique classique de droit public, la connaissance des réalités pratiques du droit de force inter-nations est indispensable. Il est aujourd'hui des cours internationales qui brassent ces problèmes quotidiennement.

#3. Pour la stratégie, on a envie de pousser à l'étude des Sun Tzu et Clausewitz - ce qui ne serait aucunement perdre son temps - mais ce sont les infra-stratégies actuelles qui comptent dans le débat et leur approche n'est pas si aisée. Peu de cénacles s'en occupent et les pénétrer demande beaucoup d'habileté ou de relations. Avec les secondes cela reste possible.

#4. La sociologie des foules est une base d'apprentissage politique qui fut travaillée par de grands penseurs, mais la nouvelle société de communication actuelle en demande la révision complète pour ne pas dire la reconstruction. Les foules réagissent au smartphone. Le meilleur stage ne peut être fait ailleurs que dans un grand service de sûreté nationale ou chez... Facebook.

#5. Pourquoi l'Afrique noire ? Parce que c'est notre premier défi européen. Nous en économisons ici la description que chacun anticipe déjà. Le prince en formation ne pourra faire autrement que de passer du temps dans plusieurs ONG/agences mouillées sur le terrain. Vacances exotiques en perspective sur trois ou quatre ans. Et les haïkous ?
C'est le comte Herman Van Rompuy qui m'a demandé d'ajouter cet art tout en finesse qui ne sera jamais enseigné à la fac à peine d'en mourir. Ils lui permirent de meubler les séances interminables du Conseil européen. Royal-Artillerie vous offre le sien à la fin du billet.


(hors sujet - plaisir des yeux)



À la fin du cycle des spécialités, viendra le temps des synthèses. En situation d'accéder, le prince devrait avoir achevé la connaissance intime de son pays en faisant l'inventaire des dépendances incontournables, des contraintes indesserrables que sa géographie et le monde lui appliquent. Il serait dommage à ce moment d'affaiblir sa réflexion de l'incorporation de coutumes apprises de l'ancien temps puisque l'époque du royalisme pouet-pouet sera achevée à la veille de l'accession.
Les atouts du pays qui restent nombreux à ce jour seront mis à l'actif du bilan. Contraintes et dépendances au passif. Afin que le déséquilibre du bilan national soit gérable, il conviendra de combattre l'effet des dépendances et contraintes et de magnifier les atouts. Par l'optimisation des déséquilibres se terminera l'apprentissage de "l'art de gouverner" laissant place dès lors à l'accumulation de l'expérience.

A la table du nouveau gouvernement on ne devrait gérer que le domaine régalien - il serait sage précaution que de laisser la société à ses disputes démocratiques. Au Conseil de demain, ils seront cinq. Comme un poing fermé, ce Conseil des ministres sera puissant et réactif. Ainsi que l'expliquait Jean-Claude Martinez à la conférence du Centre d'Etudes Historiques sur le Maroc : un pays se gouverne avec une demi-douzaine de "patrons". Faut-il encore les avoir ! C'était l'effectif de la vieille monarchie et Napoléon n'en prit pas beaucoup plus. L'Allemagne (5+9), la Suisse (7) s'y tiennent presque. Les cabinets pléthoriques de la République française sont ridicules, et l'émiettement partisan du pouvoir ajoute l'inefficacité au grotesque ! Ne changeons pas en pire et retenons-nous, messeigneurs, de récompenser ducs et marquis, vicomtes et barons.

Que vienne ce temps avant que le pays n'expire. Il aura alors achevé sa révolution à l'extrême limite de la période autorisée pour sa survie. Deux siècles et demi pour lui faire faire 360 degrés, une révolution. Au roi, et vite !

Vexilla regis prodeunt, y a plus qu'à !








Note d'ordre

À quoi sert ce billet, en suite de quelques autres attachés à la formation du prince ? L'audience modeste du blogue laisse répondre : "à rien". Mais le Web est vaste comme l'océan où on laisse des bouteilles. Si quelque impétrant ramasse celle-ci sur la grève de nos regrets, elle voudra lui dire que nous prenons au sérieux le retour d'une monarchie en France et qu'il ne faut pas jouer avec notre espérance. A se dire "dynaste" comme on l'entend partout dans les maisons princières, il sied de se préparer à toute éventualité de restauration ou instauration pour la conduire au succès, et cela commence par sa propre formation et celle de ses héritiers.

Les princes d'aujourd'hui en situation d'accéder ne sont pas vraiment formés à l'emploi³. Etudes très moyennes, profession sans profession, inaptitude à bâtir un corpus doctrinal personnel, communication terne, confort de l'historicisation de toute apparition publique, revendication répétitive de droits hérités qui sont en fait perdus, le tout signalant une inaptitude alarmante. Le syndrome du bouchon de liège plombé par l'hameçon.

Si leurs enfants ne sont pas mieux formés à terme, alors nous saurons que les princes en vue n'y croient pas plus que n'y croient nos adversaires républicains et qu'ils jouent avec un mouvement de sympathie populaire qui les flatte et leur coûte si peu. C'est pour cela que j'observerai avec une grande curiosité les progrès que feront Eugénie, Gaston, Louis, Alphonse, Antoinette, Louise-Marguerite et quelques autres... en souhaitant de tout cœur que cette nouvelle génération s'investisse avec courage dans le grand projet en s'organisant entre eux pour le réussir.

A défaut de quoi, le pronostic historique demeure qu'ils devront s'effacer tous un jour pour laisser passer du sang neuf, car il est une certitude inflexible : le plus beau pays du monde ne pourra rester longtemps sans maître.





L'arbre se dévêt
Contre la morsure du vent
L'oiseau est trahi


(1) 61% selon le Livre Blanc de 2009
(2) La lexicisation du transport maritime mondial entreprise soit par l'ONU soit par l'université française dans les années 80 sont des exemples aboutis d'obsolescence instantanée. Deux mois de travail chez un transitaire hongkongais valent deux ans de cours et durent plus longtemps.
(3) Sauf un.


A paraître : Spécialités du pentagone du prince


(Cycle d'Arrakeen 2015)

lundi 16 février 2015

L'argent de la Conquête

Ce billet a été publié dans le numéro 2902 de L'Action française 2000 daté du 5 février 2015 (p.10) qui faisait un dossier "Islam". Il entre en archives RA avec quelques liens supplémentaires pour qui veut creuser le sujet de la finance islamique.

La capture des âmes se fait plus souvent par le chemin de la charité, celui emprunté par les Frères musulmans d'Egypte après avoir observé nos Pères blancs, et que suivent toujours le Hezbollah libanais et le Hamas palestinien. Pourvoir à l'essentiel, l'oreille en devient attentive. Mais il est des limites à la culture des pauvres et finalement pour progresser, il s'agit d'attaquer le marché de ce qu'on nomme par convention les classes moyennes. Le rendement est moindre mais la qualité monte, on ne peut plus se contenter de textes primitifs et du chant des sourates. Aussi la pédagogie doit-elle être rehaussée. Il faut convoquer à sa définition des esprits déliés comme Tariq Ramadan, voire des experts incontournables en leur domaine. Dans le catalogue de propagande il y a le rapport du Croyant à l'argent. C'est le chantier qui fut confié à la City de Londres, Vatican de la finance, cerveau-moteur de toute l'ingénierie financière du monde. Il en est sorti la finance charia-compatible.
Nous n'avons pas l'intention d'éplucher la charia financière ici¹, mais on devine déjà que sont interdits le prêt à intérêt ou la négociation des dettes et forcément, l'agrandissement des porcheries bretonnes.

C'est parti comme un marché de niche il y a dix ans. La masse brassée aujourd'hui dans le monde dépasse deux trillions de dollars américains pour 40 millions de clients en accroissement constant (source FMI). Quatre-vingt pour cent de cette masse sont sur des comptes bancaires, 15% en bons obligataires (sukuks), 4% en fonds d'investissement et 1% en assurances islamiques (takafuls). Le Dubai International Financial Centre estimait l'an dernier à 270 milliards de dollars la masse des seuls sukuks en circulation. Tous les taux d'accroissement sont à deux chiffres. Si au plan mondial la finance islamique reste encore noyée dans les énormes quantités d'argent en circulation chaque jour, elle est sur une trajectoire d'émergence par la concurrence acharnée des places financières mondiales à en capter les flux.

L'évolution est sensible. A la fin du XXè siècle, les pétro-monarchies investissaient leurs surplus financiers dans de l'immobilier ou dans l'industrie stratégique à côté de placements boursiers à fort levier comme le London Metal Exchange ou plus trivialement en bons du Trésor. La finance typée islamique a attendu longtemps de s'immerger dans l'économie générale. Elle a poussé ses pions partout. Une fois le nihil obstat accordé, elle entre dans des entreprises sur le modèle des banques rhénanes. Son intérêt est marqué pour les firmes intelligentes sous-capitalisées auxquelles elle apporte le tour de table. Les fonds chinois font pareil. Son action étant fondée sur la charia, elle sélectionne des domaines d'activité « hallal » et s'exclut de l'armement ou des casinos par exemple. Mais il est des accommodements avec le Ciel. A côté de ces investissements "purs", grossissent aussi les participations laïques quand l'intérêt d'un pays exige du fonds souverain spécifique qu'il absorbe des activités "entre-deux". C'est le cas des CMN à Cherbourg² qui construisent aussi des corvettes de guerre et qui sont dans l'orbite d'Abu Dhabi. Il y en a beaucoup d'autres partout³ où le savoir-faire est primordial, jusqu'aux moteurs de chars (MTU, Deutz).

Reste à faire le pronostic des priorités islamiques entre la Conquête et la gestion patrimoniale d'excédents colossaux. Dans Le Choc, Samuel Huntington notait que « la résurgence religieuse à travers le monde est une réaction à la laïcisation, au relativisme moral et à la tolérance individuelle, et une réaffirmation des valeurs d’ordre, de discipline, de travail, d’entraide et de solidarité humaine ». La clef d'analyse pour un pronostic crédible est peut-être dans la démographie. Explosera-t-elle que la finance islamique devra être détournée de la gestion de fortune pour accompagner le Charity Bizness de conversion des foules. Sera-t-elle contenue que la finance islamique se capitalisera jusqu'à rejoindre les cercles à gros cigares. Dans les deux cas, la paix chez les économies d'accueil sera recherchée. Un Croyant n'en est pas moins homme, avisé parfois.

Notes :
(1) cf. Aldo Levy «Finance islamique - Opérations financières autorisées et prohibées» chez Gualino-Lextenso Editions, Paris 2012
(2) voir le billet Sinbad de la Hanse sur RA et dans l'AF2000 datée du 16.09.2010 sous le titre "Abu Dhabi conquiert l'Europe"
Additions sur le blogue :
(3) Liste des banques islamiques du monde
(4) Institute Of Islamic Banking
(5) the Economist - Islamic Finance



mardi 11 septembre 2012

Libéralisme vs. lâcheté

Benjamin Constant
Avant les premières vacances de Monsieur Normal et Madame de Maintenant au Fort de Brégançon, le président de l'Institut Coppet a eu le toupet de faire un éloge critique du premier libertarien, un Français, Anne Robert Turgot, physiocrate et ministre de Louis XVI, dont le limogeage tirera ce cri du coeur à Voltaire : « Ah ! quelle nouvelle j’apprends ! La France aurait été trop heureuse. Que deviendrons-nous ? Je suis atterré. Je ne vois plus que la mort devant moi depuis que M. Turgot est hors de place. Ce coup de foudre m’est tombé sur la cervelle et le cœur. »
Les colbertistes, sûrs d'avoir compris totalement une économie administrée tellement plus facile, allaient reprendre la main sur les affaires publiques, jusqu'à la Révolution qui confisquera les libertés résiduelles pour préserver le gouvernement de la sienne propre. Il faudra des monceaux de morts pour s'en sortir, le jacobinisme c'est létal mais, comme le chien retourne à ses vomissements, les gouvernements français y reviennent dès qu'ils doutent ; une façon de nous montrer qu'ils n'ont jamais été au niveau des enjeux... Depuis la Libération, une étrange coalition gaullo-communiste nous a ramenés dans un système de gestion marxiste de notre économie, et s'il fallait juger l'arbre à ses fruits, nous dirions que c'est raté. Un bon demi-siècle après, la France stérilisée par l'hypertrophie de dogmes en tout rayon, est en passe de disparaître de la cour des grands, et le redressement de dans deux ans n'y changera rien.

Turgot
S'il ne manquait pas de sujets d'inquiétude, Anne Robert Turgot n'avait pas ce souci, le royaume était la première puissance continentale et le savait, ce qui peut-être causa sa perte en lui laissant croire qu'il pourrait encaisser les dérives politiques les plus dures. Au seuil de la banqueroute parce qu'écrasé par le poids de la dette, l'Etat rechignait comme aujourd'hui à se réformer. Turgot¹ visa en premier les dépenses inconsidérées de l'Etat dans cette supplique sévère au roi : « Il faut, Sire, vous armer contre votre bonté, de votre bonté même, considérer d’où vous vient cet argent que vous pouvez distribuer à vos courtisans ». Puis il leva les obstacles à l'initiative privée et au commerce dans son fameux « laissez faire, laissez passer ! » marchant sur les pieds des avantages acquis que l'on appelaient alors "privilèges". Turgot fut vaincu comme tous les réformateurs en ce pays, de l'ancien régime comme du nouveau. L'article de M. Theillier est par ici.

C'est faire tout le contraire de Turgot que M. Hollande a décidé, s'il a décidé. Dans une allocution télévisée en forme de faux-débat cirage de pompes, il cherche de l'argent au lieu d'en produire et se carre sur un slogan simpliste destiné aux nigauds : "trente milliards, ça fait trois fois dix : toi, toi et toi". Dans cet exercice d'illusionniste à la m'as couillounat quand t'ai bist, il cherche 30 milliards quand il lui en faut déjà 40 avec une croissance epsilon, et n'en trouve que 10 dans la dépense publique alors que, selon l'Institut Thomas More, nous dépensons 163 milliards de plus que notre cousin germain avec les résultats que l'on sait. Ces 163 milliards sont le lard du mammouth soviétique français. Aurait-il annoncé que nous économiserions 16 milliards par an cumulés sur la longueur de ses deux quinquennats qu'il aurait eu un nouveau supporter pour "produire" les 24 qui manquent maintenant afin d'arriver à 40 ! A défaut, nous resterons très critique sur cette politique du verbe et de l'esbrouffe dans une période très dangereuse pour notre pays.

Thomas More
Dix milliards d'économies dans la dépense publique est largement insuffisant au regard de l'inflation socialiste depuis 1981, tous gouvernements confondus. Les défenseurs de l'économie administrée - pratiquement toute la presse non économique - brandissent la menace d'une récession terrible à la grecque ou à l'espagnole si on touche à la dépense publique. Les 163 milliards sont donc tous utilisés à bon escient et participent de la consommation générale indispensable. Bon ! Que l'on emprunte à l'étranger chaque semaine pour nourrir cette consommation indispensable ne semble pas les troubler tant ils sont rongés par le cancer de la Dette. Les économies attendues sur le service des bons du Trésor (premier poste budgétaire de la République) ne pourraient-elles pas amortir le dégraissage de l'Etat et du régime ? Bicamérisme anachronique, mille-feuilles administratif inextricable, sur-représentation nationale, représentation territoriale, crue des subventions politiciennes, tout doit-il rester figé ? La production nouvelle libérée par l'innovation et la créativité ne pourrait-elle pas contribuer elle-aussi au soutien de la consommation par les salaires et les cotisations versés ? Il semblerait que non. On nous oppose une vision statique de la société économique. Ne créons rien qui puisse enrichir ces salaud de créateurs - casse-toi, riche con ! - partageons l'existant ! Même le ministre de la bandaison industrielle ne sait plus où faire ce qu'il doit faire, et Peugeot vend des voitures électriques Mitsubishi.

Pour la réorganisation générale de notre société, l'Institut Thomas More donne la réponse dans ses cibles ; ils ont identifié quatre grands secteurs déficitaires, savoir, les usines à gaz de la Sécurité sociale et de la Caisse nationale d'assurances vieillesse, et les deux blockhaus inexpugnables traditionnels :
  • Un système français de santé beaucoup plus cher (40 Mds) que l'allemand, et médiocre²
  • Moins de seniors au travail, sur des pensions de retraite publique supérieures en moyenne de 50%
  • Un système éducatif peu performant mais bien plus coûteux (30 Mds)
  • un quart de fonctionnaires en plus pour une administration publique des territoires vraiment pas meilleure, et pire encore si on la mesurait en voitures brûlées
On voit déjà qu'on est dans le dur du désordre structurel cristallisé par le clientélisme démocratique, construit patiemment sur cinquante ans par de doctes inactifs, mais surtout au coeur de l'électorat des partis de l'establishment. Le patriotisme de ces catégories retranchées qui ruinent sciemment les générations futures laisse penser qu'elles feront l'impossible et plus pour sauvegarder leur prédation sur la nation. S'il est probable qu'on diminue les photocopies dans les services, il semble exclu de remettre en cause leur pertinence. Tous ces employés en chaussons sont des amis d'amis qui votent bien.
La pieuvre étatique fera crever le pays qu'elle saignera pour sa survie.
C'est en cours, on embauche sur fonds publics.




Rien à battre ! Fromage ET dessert !




Notes
(1): Lire en ligne la Vie de Turgot par Condorcet
(2): A ce propos, lire le bouquin du docteur de Casanove présenté par Francis Richard. Le piéton se sent moins seul.

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