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lundi 1 octobre 2018

Au comptoir de l'Improbable

L'adresse au Congrès des familles de Chișinău par le prince Louis de Bourbon délivrée le vendredi 14 septembre 2018 (en anglais) restera dans les annales de la Légitimité pour trois raisons : il s'y présente dans un style direct comme le successeur des rois de France ; il évacue toutes dérives de la famille traditionnelle ; le texte est long (qui l'a écrit ?).

Je vous propose d'en reprendre la chair politique en laissant de côté les politesses et les accessoires rhétoriques, mais le texte peut être lu in extenso en français en cliquant ici. Nous ferons aussi l'économie de la revendication dynastique habituelle.

Nous y voyons trois chapitres, (1) la monarchie héréditaire de projet ; (2) la famille, cellule essentielle des sociétés humaines ; (3) le chaînage des générations. Le verbatim du prince est en caractères gras, les intertitres sont de mon cru.

I.- Le projet capétien est celui d'une famille


Je me trouve héritier d’une famille qui a régné durant plus de huit cents ans en France et qui, surtout, comme tous les historiens le reconnaissent, a fait d’un petit domaine un état puissant et rayonnant en Europe et au-delà. Cette œuvre a été possible parce qu’elle fut celle d’une famille, la famille royale, Ainsi, les lois fondamentales du royaume, la Constitution de l’époque, qui ont permis son développement, étaient à l’origine une loi de famille. Pour le plus grand bien collectif, ces lois organisaient la transmission du pouvoir royal de mâle en mâle par ordre de primogéniture. Elles garantissaient ainsi la stabilité du pouvoir et assuraient une dynastie nationale. Tel est le « miracle capétien ». Loi de famille mais tout autant loi sociale puisqu’elle était basée sur un ordre et qu’il en résultait des hiérarchies naturelles entre les personnes.

C'est l'exact fondement du régime de monarchie héréditaire dans le continuum d'un projet. Tous les royaumes n'en ont pas bénéficié, principalement ceux régis par des monarchies électives dont les intérêts pouvaient être distraits par des contingences extérieures. Deux monarchies européennes au moins sont l'archétype des monarchies de projet, la française et la prussienne. L'anglaise, une thalassocratie s'établissant sur un archipel ramassé est à part. La première fut mise en défaut pour n'avoir pas veillé suffisamment à la condition des peuples alors qu'elle agissait puissamment sur les théâtres extérieurs, la seconde est exactement l'inverse, soucieuse du bien commun à l'intérieur, c'est sa démarche d'hégémonie extérieure qui l'a tuée ; les deux ont disparu. L'exemple de monarchie de déconstruction par l'élection est celui de la Pologne. Nul royaume n'a connu pareils malheurs dans son histoire.
Concernant le modèle, nous rappellerons juste un paragraphe (le 6ème) de l'A-propos de ce blogue publié en 2008 auquel nous ne changeons rien :
Le roi est la clef de voûte idéale puisqu'il pérennise l'idée de Nation, l'incarne toute et la domine. Il sert de repère fixe dans les périodes de tumultes, apaise les contentieux, recherche le bien de chacun et de tous, et par éducation, est au fait de la chose publique très tôt dans sa vie. La charge de roi accumule l'expérience nécessaire à l'exercice de sa fonction pendant une période plus longue que la seule vie du titulaire au moment. Le roi dont le souci premier est le legs d'un héritage toujours mieux consolidé n'est prisonnier d'aucun dogme, d'aucune idéologie, d'aucune loi supérieure à celle qui le sacre. Le roi est enfin la garantie d'un rajeunissement périodique de la clef de voûte nationale quand s'ouvre sa succession. Le modèle est naturellement évolutif.


II.- La cellule essentielle


Nous sommes responsables de cette cellule sociale, lieu de la vraie solidarité et rempart contre la précarité et l’isolement. Cette défense de la famille passe par celle de la vie, de sa conception à la mort naturelle et, au-delà, par le respect dû aux morts qui ne doivent pas devenir des enjeux de pouvoir ; elle passe par la transmission des valeurs et notamment par l’éducation qui ne peut se limiter à l’instruction. Voilà ce qu’il convient d’affirmer et surtout d’assumer malgré les embûches de législations souvent hostiles. Ceux qui attaquent la famille naturelle savent ce qu’ils font. Par la famille ils cherchent à atteindre la société toute entière et ses fondements. C’est ainsi que naissent les totalitarismes. Ce danger est actuel.

Si la cellule familiale a fait ses preuves à outrance - neuf milliards d'êtres humains sont en train de ruiner la seule planète habitable de notre système solaire - la régulation des naissances devrait interpeler l'intelligence dans la procréation au lieu de convoquer la boucherie en dernier ressort. Si Louis de Bourbon ne s'en prend pas explicitement à l'avortement-pour-tous qui est devenu l'étalonnage du progrès d'une civilisation dans l'opinion fabriquée par les médiats, on a compris qu'il est pro-vie comme d'ailleurs son cousin d'Orléans, devenu cette année un administrateur de l’Institut Jérôme Lejeune.

Cette question de la régulation par la mort est en train de monter dans tous les pays, à entendre les cris d'orfraie du camp progressiste qui anticipe une réduction de ses "droits". Il ne m'étonnerait pas que dans dix ans , nous revenions en France à la loi Veil d'origine, celle qui préservait la femme de décisions cruelles en s'arrêtant au seuil du meurtre gratuit. Les réserves de plus en plus ouvertes du corps médical vont y aider, surtout si l'Etat veut le contraindre. Le sujet mérite un article séparé, mais il n'échappe à personne qu'ici, sur ce site, l'embryon est un homme en devenir et rien de moins.

Les positions du prince recoupent celles de La Manif Pour Tous, mais il est quelqu'un de plus médiatisé que Ludovine de la Rochère, qui défend la famille traditionnelle en jetant dans la balance l'alternative qui cerne complètement la question, c'est Marion Maréchal ex-Le Pen. Déjà, à l'époque du projet de "loi famille" du gouvernement Ayrault, elle dénonçait sur les bancs de l'Assemblée nationale, la substitution d'une famille sociale à la famille biologique en des termes non équivoques, contre les promoteurs du mariage des paires stériles, de l'insémination des lesbiennes et de la grossesse commerciale, au seul motif de l'égalité des désirs. Extraits :
« On passe simplement du statut de la famille biologique à la famille sociale (...) où le tiers est au même niveau que les parents, ce que je condamne »;
« Au-delà des temps, des générations, des idéologies, papa-maman reste papa-maman et restera toujours papa-maman, c’est peut-être malheureux mais c’est comme ça »;
« Le beau-père ou la belle-mère n’ont pas le même rôle éducatif et affectif que le père ou la mère »;
« Il faut faire des enfants qui sont élevés dans la culture française, qui aiment cette nation et cette patrie, ... faire des générations qui sont les récepteurs, les héritiers de cette belle culture qui est la nôtre et qui vont pouvoir à leur tour la transférer pour l’avenir ».
(ndlr : lors d'une interview, elle a balayé à une question insidieuse de JJ Bourdin sur la couleur préférable de ces enfants : "français veut dire français !")

Sur le sujet de la famille, Louis de Bourbon et Marion Maréchal sont sur la même longueur d'onde. L'avenir de l'un et de l'autre est à écrire, mais si la bienpensance ne s'intéresse pas encore au prince, il vient juste de se déclarer franquiste et il faut un certain temps aux pornocrates pour trouver un créneau de dénigrement entre deux punchlines, par contre celui de la belle blonde qui louche est au stade de l'alarme si on en croit des gens comme Manuel Vicuña (Arrêt Sur Images) qui dénonce la presse mainstream en train de construire "le monstre" (sic) dont elle se repentira quand seront revenues les HLPSDNH ! Dans ce délai, Louis peut travailler son aisance au pupitre.

L'attelage qui nous plairait peut néanmoins se désunir dans l'amalgame "Franco-Le Pen". Même si les choses pourraient être facilitées par le départ prochain du Menhir et plus encore si Marine Le Pen se retirait sur ses terres pour réfléchir à ses impossibilités, on peut deviner que le combat sera rude face au quatrième pouvoir confisqué par les progressistes. Reste à savoir si l'Opinion y croit encore à ces heures sombres brandies à tort et à travers. Il semblerait qu'ailleurs ce ne soit plus le cas. Les élections des pays de Visegrád, celles d'Autriche, celles d'Italie et même de Suède sont un rejet du bien-penser réglementaire. Les esprits s'affranchissent des chaînes de l'esprit posées après la guerre à l'ouest et après la chute du Mur à l'est. Tout dès lors peut arriver aux prochaines élections européennes.

Entretemps Marion Maréchal promeut son nouvel institut de science politique en direction de l'Espagne dans les colonnes d'El Confidencial (clic). Une rencontre eut-elle été possible ? A refaire !


III.- Le chaînage des générations


Par deux fois le discours de Chișinău s'intéresse au "maillon" de la chaîne généalogique et à la mémoire qu'elle transporte.

Cette famille ce sont ceux qui m’ont précédé et à qui je dois d’être ce que je suis. Voyez-vous, il n’y a pas un jour où je ne pense à mes aïeux qui m’ont légué une histoire qui parfois me dépasse ; où je ne pense à mon frère trop tôt perdu, à mon Père, mort alors que j’étais trop jeune, à mes grands-parents, à ma chère grand-mère décédée il y a quelques mois. D’eux tous, je suis redevable de ce que je suis, petit maillon d’une chaîne immense. Il est absurde de vouloir croire que l’on serait des individus orphelins qui auraient tout à redécouvrir ou à attendre de l’État. Bien évidemment si cela s’applique à ceux qui nous ont précédés, cela est encore plus vrai pour ceux qui sont actuellement à mes côtés, chaque jour, chaque instant.

Le rôle social de chacun d’entre nous. Il repose sur l’expérience de l’histoire et sur l’actualité récente. Lorsque certains cherchent à rompre le pacte social, s’ils combattent dans un premier temps ceux qui s’y opposent par les idées ou par les armes, très vite et toujours ils cherchent à briser les familles. Pensons à la Vendée où femmes et enfants étaient tués encore plus que les combattants eux-mêmes et de façons atroces ; souvenons-nous des Arméniens et des politiques génocidaires qui ont suivi et qui, sur bien des points du globe continuent ; comme nous l’avons vu il y a encore peu, pour les chrétiens d’Orient. Chaque fois, sous le règne des totalitarismes rouge, brun et maintenant vert, les familles sont inquiétées pour ce qu’elles représentent, chaque fois il y a des séparations forcées, l’emprise sur les enfants pour en faire des enfant-soldats, et des mises en esclavages pour les filles et les femmes.

Bien sûr les apprentis-sorciers de la refonte sociale sont gênés par cette mémoire qui vient de loin et transmet les "tares" du monde ancien, le genre, l'altérité, l'éthique, une morale dépassée. C'est pourquoi la famille leur est suspecte. N'a-t-on pas entendu des ministres de l'Education nationale s'arroger la mission de former les consciences au-delà de la simple instruction ? En privé, on nous assure qu'il ne s'agit en fait que d'exfiltrer mentalement les enfants des familles salafistes pour leur apprendre à appliquer les droits de l'homme de notre civilisation des Lumières. Mais ce sont quand même toutes les familles de France qui sont concernées par la captation, si elles ne sont pas spécifiquement visées. Il s'avère néanmoins que les "familles" se défendent assez bien jusqu'ici puisque leurs adversaires se considèrent toujours au milieu d'un combat.



Le discours de Chișinău s'ouvre sur un appel à militer pour défendre et pérenniser la famille traditionnelle, nous en faisons notre conclusion :
Il faut connaître les manières de résister face aux attaques auxquelles la famille traditionnelle est confrontée. Elles sont multiples : accueil d’une famille nombreuse, prière, action politique, sociale ou juridique, et toujours attention et vigilance permanentes.


XII World Congress Of Families 2018 Chisinau Moldavie



Relevé des compteurs de notoriété Facebook France au jour de ce billet :

Marion Maréchal......750719 followers

Louis de Bourbon.....93353 followers

Jean d'Orléans........5928 followers



Postscriptum du 4 octobre 2018 : On fera son profit de l'article de Jean-Yves PONS sur le frottement d'idées entre le Rassemblement national et le parti des Républicains en cliquant ici.


lundi 7 mars 2016

Vers l'AMGOT ?

Nous sommes au bord du précipice dans tous les domaines, comme nous l'étions en 1940 dans le domaine militaire. Mais cette faillite militaire était aussi le symptôme de la faillite politique d'un pays qui n'arrivait pas à se reconstituer après le traumatisme de la Grande Guerre. La France aujourd'hui n'a même pas cette excuse puisque sa dernière grosse secousse globale a été la grande fête de 1968. Chacun sent bien qu'un jour ou l'autre il va y avoir un affrontement dans notre pays et ce ne sera pas simplement pour reprendre un territoire toujours confisqué par les zadistes de Notre-Dame-des-Landes malgré plus de cent cinquante décisions de justice. Il faudra alors choisir entre la casse et la capitulation. Ces perspectives, encore aggravées par les attentats terroristes, ne sont pas réjouissantes et on comprend que la plupart préfère ne pas y penser... (Maître Soulez Larivière pour le Huffington Post en cliquant ici¹)

futur emblème de la République fr.
La République d'Autruche vit ses dernières années. Elle navigue de capitulation en capitulation. A la moindre émeute, elle passe sous la table et négocie, sauf dans la révolte des poussettes de la Manif pour tous où il fut jugé sans danger par le Chef de la Police d'affronter avec toute la brutalité d'usage les familles et les vieux qui étaient venus marcher à Paris contre le pouvoir gay. Mais à Strasbourg contre l'OTAN, à Nantes contre l'aéroport du Grand Ouest, à Sivens contre l'étang, à Rennes contre Vinci et les banques, à Calais contre les No Borders, on enfume juste un peu et finalement on attrape trois boiteux faciles à agripper quand ce n'est pas un général en retraite au porte-voix, paumé au sein d'une manifestation statique à 150 pèlerins.

Comme le suggère Me Soulez Larivière, chacun voit bien que la montée des périls en tout genre va déclencher une réaction populaire à défaut d'intervention définitive de l'Etat. De fait, on va passer de la colère rampante à la colère bruyante puis à l'ouverture du feu. C'est ainsi que meurent les régimes foireux, par les fourches et les faux jadis, par l'artillerie de chasse aujourd'hui. Revenons aux périls :

- le premier est l'affaissement continu de l'école publique. Le seuil que les lycéens doivent franchir entre la sortie du secondaire et l'entrée à l'université ou aux grandes écoles est de plus en plus haut. Les dirigeants se gargarisent d'éléments de langage et de pédagogie tordue sous la direction aujourd'hui d'une jolie moukhère échappée du bled, qui succède à des agrégés sinon de grands professeurs ou chercheurs, parce qu'un prince républicain obsédé de "nouveauté" en a décidé ainsi. Voir ses enfants échouer sur les plages du chômage de masse ne va pas diminuer le ressentiment populaire quand on nous explique qu'il faut les mettre maintenant en formation après qu'ils aient passé une douzaine d'années à l'école !

- le deuxième est la constitution de fiefs communautaires qui prospèrent au vu et au su de l'Etat sans réaction. Des territoires entiers de la république sont stérilisés des valeurs françaises et il n'est pas loin le jour où la règle démocratique les détachera juste avant que les étrangers n'y instaure leur loi. Si les pouvoirs s'en accommoderont probablement, les citoyens cernés ou en bordure pourraient bien se bunkériser et former des chaînes de résistance pour protéger simplement leurs biens et leurs ressources. Tuera-t-on un jour pour son potager ? Il nous faudrait un Jules Moch², nous avons monsieur Cazeneuve et son petit téléphone.

- le troisième est la Dette abyssale de la République dont le service est à la merci d'une remontée des taux internationaux de prise en pension des bons du Trésor. Déjà premier poste budgétaire, ce service augmenté depuis l'étranger peut bouffer littéralement toutes les prestations sociales nécessaires comme les pensions de retraite (voir la Grèce, l'Espagne...). La faillite conduira le pouvoir, confronté à sa propre banqueroute, à séquestrer l'argent des ménages par la confiscation de l'assurance-vie, des livrets, et plus s'il en faut encore. Alors ce sera l'insurrection fiscale que promettait Raymond Barre sans l'avoir connue, et les petits épargnants en colère chercheront à qui la faute.
S'il y a de nombreux motifs d'endettement dont le clientélisme démocratique latin, la faute décisive gît sur les députés qui ont voté les déficits budgétaires demandés par le gouvernement, année après année, pour régler le fonctionnement courant du pays. Dans une démocratie représentative, le souverain maître de la République est le législateur, le parlementaire. Il en a les honneurs... ET les responsabilités. Ceux qui auront tout perdu par leur faute risquent bien de les brancher en nombre !

- le quatrième péril n'en est peut-être pas un s'il finit par consumer le déclin : c'est la perte complète de souveraineté de ce pays. L'affaissement économique et mental de la nation ne peut soutenir longtemps une souveraineté artificielle. La moitié des lois proviennent de Bruxelles et Strasbourg, la grande majorité des normes aussi, la monnaie est partie, nos armées ramenées au format d'un défilé ne sont plus autonomes en logistique et munitions, notre diplomatie est de l'eau tiède faute de gaz sous la marmite, notre économie est impactée en profondeur par les groupes mondiaux qui gèrent à leur profit les marchés de denrées et matières. Et pour couronner le tout, nos avis ne sont écoutés par personne, si encore on prend la peine de mettre l'écouteur de traduction au Forum de Davos quand parle un ministre français.


Cette grande vulnérabilité laisse ouverte la porte d'une intervention extérieure en cas d'évolution politique non souhaitée par les enceintes décisionnaires qui comptent. L'étranger (mais un autre cette fois) viendra faire sa loi chez nous. Nouvel AMGOT³ ? Quelque soit le nom, il s'agira de curatelle internationale. Et il en sera fini du Coq de France.

Alors, saura-t-on rebâtir en neuf sur des bases assainies en tenant compte une bonne fois pour toutes de l'impasse démocratique ?
Je nous le demande.

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Note (1) : le lien en clair sur le Huff est [http://www.huffingtonpost.fr/daniel-soulez-lariviere/crise-pouvoir-greve_b_9374296.html] - Par ailleurs Me Soulez Larivière a sa page dans la Wikipedia, une carrière bien remplie ici.

Note (2) : Jules Moch, ministre à poigne de la Quatrième République ayant réprimé les grandes grèves de 1947 et 1948.

Note (3) : Allied Military Government of Occupied Territories, gouvernement allié des territoires européens libérés de la Seconde Guerre mondiale pour y organiser le retour de la démocratie. Grâce au général De Gaulle la France en réchappa et put ainsi mettre des communistes à de nombreux postes-clés du Gouvernement provisoire et à la tête de grands groupes nationalisés comme les Charbonnages.


jeudi 23 février 2012

Parrainages, exercice de piste


Le Sphinx constitutionnel a confirmé les règles en vigueur de la présidentielle, déboutant Mme Marine Le Pen de sa demande de rétablir l'anonymat des cinq cents parrainages d'élus nécessaires pour s'inscrire. La publicité des parrainages que les élus accordent aux candidats à la présidentielle n'est pas contraire au « principe du pluralisme des courants d'idées et d'opinions » d'une démocratie. Dont acte ? M. Patrick de Villenoisy, candidat de l'Alliance royale, regrette dans un communiqué officiel qu'on lira ici, la décision du Conseil « ne permettant pas le libre choix des élus de la République de donner leur parrainage au candidat de leur choix afin de laisser aux électeurs la souveraineté de leur vote dans l’isoloir mais aussi l’existence de tout parti politique et de leur permettre de s’exprimer ». Il annonce malgré cela sa présence au premier tour.

La France est une république territoriale. A la différence des pays choisissant leurs représentants politiques sur des listes de parti à la proportionnelle nationale, tous les élus décisifs sont ancrés, ceux qui ne le sont pas (conseillers régionaux et députés européens) participent de la décoration démocratique.
L'ancrage foncier de la politique est une des conditions de la pérennité d'une nation. Pour ne l'avoir pas compris, le royaume de France a disparu et celui d'Angleterre en revanche a perduré. Comment donc ? Quand les décideurs politiques restent comptables de l'avenir de leur terroir dans quelque ensemble qu'il s'inscrive, ils sont plus près d'anticiper les effets des causes que s'ils font dépendre leurs décisions d'une idéologie hors-sol. Le royaume anglais fut et demeure celui d'une aristocratie foncière très pragmatique. Des gens certes tout à fait inintéressants dans les dîners en ville -  ils vous tiennent un heure à regretter la chasse à courre - mais littéralement "indécrottables".
En France, que d'esprit ! Nous nous parfumons aux vapeurs idéologiques, énivrantes à tel point que nous voudrions les faire respirer par le monde entier tant elles nous paraissent transposables partout.

Jusqu'en 1962, la territorialité politique s'exprimait jusqu'au niveau suprême par l'élection du président en réunion du Congrès à Versailles. Nous aurions mieux fait d'en rester là, avec un vrai premier ministre et un président au-dessus de la mêlée, gérant son domaine réservé, et moins tenté par la démagogie du mode de scrutin ultérieur ! Au lieu de quoi, les chefs d'Etat successifs, drapés par le suffrage universel dans une légitimité hors de proportion avec leur légalité propre, se sont affranchis de toute prudence et ont fait, qui pharaon, qui le bigame de Toscane, qui le roi-fainéant et aujourd'hui le comble, zébulon de Salonique ! Dieu qui veille nous a évité Sardanapale, mais va nous punir par Flanby !

Alors ces parrainages ? A dessein ou par hasard, ils territorialisent les candidatures. Il faut avoir couché sur le terrain pour y parvenir, non pas l'impétrant lui-même, mais tous ceux qui le portent au choix des suffrageants. Manque de pot, faire de la politique hors-sol est la démarche du Front national qui a trop négligé les élections municipales et cantonales. Si les électeurs n'ont pratiquement jamais élu un frontiste au scrutin uninominal, c'est qu'il y a un problème à résoudre... chez le Front, et surtout : chez son ancien président, grand spécialiste de l'acte manqué, ne pouvant se priver du plaisir de casser toute amorce de dynamique par des propos stupides hors-sujet, sur des affaires étrangères en plus ! Se faire une réputation de "con borgne" avec des fours allemands perdus en Pologne il y a un demi-siècle est quand même fort de café, surtout quand on fonde toute sa dialectique sur les affaires franco-françaises !

Très peu d'élus directs donc au Front. Les quatre seuls ayant accédé sur leur bonne mine à des fonctions d'édiles territoriaux (les maires¹ d'Orange, Vitrolles et Toulon, et Stirbois coalisé à Dreux) furent mis sous surveillance avec implication négative par l'état-major de Montretout qui craignait déjà la concurrence "déloyale" d'élus ayant franchi le mur de la nomenklatura. Toute la stratégie de Jean-Marie Le Pen sera de viser les élections à scrutin de liste (régionales, européennes) donnant au parti des sièges et des subsides publics sans enraciner ses concurrents internes.
(1) Dans l'ordre, Bompard, Mégret et Le Chevallier

Pourquoi se plaindre de n'être point aujourd'hui reconnu par la classe politique de terrain ? Cela fait 25 ans que l'état-major est suspendu à une idéologie assez démagogique, paradoxalement centrée sur les inquiétudes populaires de proximité, sans parvenir à les transformer en postes de responsabilités.
Pourquoi un maire de village irait-il aujourd'hui compromettre sa réputation au café du commerce pour présenter un OVNI à la présidentielle ? Cinq cents signatures sur 42000 possibilités, ce n'est pas énorme non plus ! L'équation présidentielle du Front national n'est pas constitutionnelle, et Marine Le Pen le sait, mais il est trop tard pour la résoudre.

Le parrainage des candidats, parce qu'il convoque les terroirs, est finalement compatible avec le royalisme, régime obligatoirement "ancré au sol" dans sa version durable. L'Alliance royale convoque le pays réel à l'ouvrage à l'occasion de différents scrutins, souhaitons-lui d'y créer le socle de ses légitimes ambitions.





vendredi 15 janvier 2010

Royal extrême

affiche FalangeOn ne peut dissimuler que les royalistes aient cultivé dans le passé une certaine proximité avec l'extrême-droite. Sans remonter jusqu'au soutien à la croisade franquiste que dénonçait Georges Bernanos, nous avons jeté des passerelles vers ce bord de l'échiquier politique au moment de l'Algérie française en même temps qu'on attendait Monk (?!). Puis quand nous eûmes enfin "notre" président - il proposera la croix de la Légion d'honneur au comte de Paris qui refusa et la fit donner à sa bonne - nous suivîmes Tixier-Vignancourt chez son héritier, le cyclope républicain qui alors moissonna le blé de l'Observatoire, que nous avions nous-mêmes semé, en obtenant la proportionnelle aux législatives.

Président MitterrandAllez savoir pourquoi le nouveau champion de la "nation française" est allé foutre la tête dans les fours à juifs de Pologne ! Pourquoi est-il allé se pavaner dans les thés dansants de la Waffen-SS en Allemagne ? Qu'avait à faire la France dans ces Courlandes glacées ? Strictement rien de plus que le caprice du satrape. Son républicanisme était dès lors ordinaire et patent.
La décrédibilisation - que solda son meilleur lieutenant, Bruno Mégret, en quittant la Nef des fous¹ avec tous les cadres du parti - entama notre propre crédibilité. Pour moi, Le Pen est un âne du même poil que le colonel de La Rocque. Mais si nous avons pissé ensemble, même sans nous regarder, nous en avons emporté l'odeur.

Aussi les jeunes s'interrogent. Sur le forum de l'Alliance Royale, il en est un qui pose la question habituelle : « Quelle est la différence entre l'Alliance Royale et l'Action Française ? Seriez-vous moins marqués à l'extrême droite ?»

L'Action Française est en train de se défaire des oripeaux du compromis nationaliste qui l'ont plombée à mort, pour penser par elle-même, et dans vingt ans, on ne lui posera plus la question de son "extrémisme" puisqu'elle sera remontée "au-dessus". Bien qu'ils laissent de côté l'AF dans leur propos, les gens de l'Alliance ont donné la bonne réponse pour ce qui les concerne. La voici :

tract AR
Le "moins" n'est pas du tout à sa place. Cela signifierait que l'A.R. est à l'extrème droite tout de même. Est-ce que souhaiter une démocratie de proximité, par et pour le peuple qui pourrait diriger lui même sa vie, et non se laisser diriger, quels que soient ses particularismes régionaux, professionnels, etc... de la même façon que son voisin, ou celui qui vit à des milliers de kilomètres de lui, par des énarques hors des réalités, ou autre politiciens professionnels qui trustent le pouvoir en accusant leurs copains de promo de l'échec de leur politique, et ce à tour de rôle, c'est être d'extrême droite?

[Notre "démocratie" c'est :]
- Un Individu, qui vote pour des élus communaux, pour le quotidien de très grande proximité.
- Un Individu qui vote pour des gens le représentant REELLEMENT, (ouvrier, mère de famille, etc... le corporatisme en clair), pour constituer un parlement régional ayant un VRAI pouvoir d'orientation de la vie au sein de sa région indépendamment d'un pouvoir centralisateur, et non la parodie actuelle de régions asphyxiées, si elles ont le malheur d'appartenir à l'opposition.
- Des parlementaires régionaux qui élisent les membres d'un Conseil supérieur, mais là encore bien plus représentatif que ce rassemblement d'avocats, de médecins et d'énarques auquel nous assistons...
- Et enfin, le Roi en ses conseils, incarnation de la France et de SES peuples avec leurs si belles diversités, et non un président de parti en face de Français tellement lissés qu'ils n'en ont plus de saveur, de beauté !

logo JR
A l'heure de tous ces beaux discours sur la mixité, mais aussi sur l'identité nationale, preuve de la schizophrénie républicaine qui ne sait plus à quelle branche se raccrocher, le Roi est la seule solution.
Seul un Roi, détaché du tiraillement électoraliste, attaché à l'histoire de la France, et "jaloux" de la France comme de sa propre vie, car il devra la donner "la plus belle possible" à ses descendants, saura unir LES peuples de France !

Il n'y a pas d'extrême droite possible dans le royalisme, car si dans la République on voit l'immigré différent, c'est qu'il ressort du lot, du troupeau des moutons créé par deux cents ans de Jacobinisme, par deux cents ans durant lesquels la République n'a eu de cesse de créer un modèle unique, juste utile pour consommer et travailler, à la gloire de l'argent et de ceux qui en profitent. Comme par hasard, ceux qui dirigent !

Dans une France Royale, l'immigré, si tant est qu'il se décide pour la France, sera alors choisi par la France, parce que chaque région, chaque individu retrouvera la fierté de ses différences, POUR la France et PAR le Roi, TRAIT D'UNION de TOUS les peuples.
Il n'aura plus besoin de se créer une espèce de culture nostalgique de ses racines, puisqu'il pourra s'identifier à une culture locale réelle, et non à l'espèce "d'a-culture" généralisée actuelle, où la seule gloire est de ne ressembler à personne et surtout pas à soi-même, mais au final à tout le monde ! Un monde aseptisé!
drapeau fleurdelisé de leopardsNe croyez pas que je sois à la masse (quoique, un peu sans doute), je sais bien que cela ne prendra pas deux ans, il y a plusieurs générations de retard, de désinformation et de lavage de cerveau à rattraper, mais :

Le ROI, c'est LA LIBERTE !!!


Après, bien sûr qu'il y a des extrémistes dans tous les mouvements politiques, mais, à l'inverse d'un président CHEF DE PARTI, et donc obligé de SUIVRE ses partisans pour garder son travail (sans responsabilité d'ailleurs, puisque même avec un bilan calamiteux, pour peu qu'il ait été un minimum honnête, un président s'en ira à la fin de son/ses mandats avec une jolie retraite à vie, sans comptes à rendre) ; le Roi, lui, a les coudés franches pour décider du cap à suivre pour le pays, en bon PERE DE FAMILLE , en fonction de ce qui est bon pour l'ensemble de la Nation dans le long terme, et pas seulement pour ses "électeurs" immédiats.

Ce qui simplement veut dire que le Roi est le Roi, il n'est pas ce que sont les royalistes !

Le Roi en place, ce ne seront pas les royalistes qui décideront de la vie et du quotidien, mais les Peuples, peu importe leurs origines, leurs couleurs, leurs croyances, du moment qu'ils se reconnaissent dans le Roi, et donc dans la France !

Pour la France et Le Roi !


Signé : Quentin


toile de maître, le roi boit

Pas mal ! C'est enlevé, ça vient du coeur. Extrême-droite ?
C'est où la Droite déjà ?


Note (1): ... dit le Paquebot.

Une faute d'orthographe, de grammaire, une erreur à signaler ? Contactez le piéton du roi à l'adresse donnée en bas de page et proposez votre correction en indiquant le titre ou l'url du billet incriminé. Si l'article vous a plu ou déplu, vous pouvez le faire suivre à un ami en cliquant sur la petite enveloppe ci-dessous :

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