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samedi 25 novembre 2023

Les peuples d'Europe s'ébrouent

Il se passe quelque chose chez les peuples européens que nos sociologues confits en dévotion académique ont du mal à appréhender, parce que ces manifestations d'humeur croisent à angle droit toutes les lignes de l'épure du vivre ensemble et son contraire. Fascisme, antifascisme, extrême-droite ou gauche, néo-nazisme, saints et autres remplacés, rien ne colle. Et c'est à Dublin qu'on vient de le constater.

feux d'émeutes à Dublin

L'éruption de violence déclenchée par le surinage de braves passants par un étranger présumé ne coche aucun des codes conformes à la doxa des écoles régionales de journalisme. Des Irlandais moyens et plutôt jeunes ont attaqué la police et les vitrines du capital vagabond dans une belle émeute à la française, ne touchant pas un seul cheveu des quelques étrangers venus aux nouvelles qui eurent la bonne idée de rester en retrait de ce combat de roux. Pis encore, d'aucun chez ceux-là portèrent secours spontanément aux yeux brûlés par les gaz et autres blessures superficielles de manifestants trop avancés. En fait, le motif prévalant n'était ni la malchance dans la vie, ou un quelconque déclassement social causé par quelque grand remplacement, le désœuvrement, encore moins un fureur raciste, la cible était clairement le gouvernement de la République d'Irlande. Sa molesse générale dans la gestion de la société, ses indulgences coupables, son enfumage permanent, sa façon de mentir en fait ! Un reportage du Guardian sur zone titre « Le gouvernement n'écoute pas ». Ils auraient pu choisir aussi "l'anarchie celtique renaît".

Ces événements déboulent dans les lucarnes bleues juste après la victoire (mesurée) du parti de Geert Wilders aux Pays-Bas qui a percuté de face les éditocrates patentés. La relation qu'en a fait la presse française subventionnée est complètement démentie par les réactions politiques du peuple batave et des partis qui le représentent. Le peuple espère être entendu cette fois. Si la coalition avec le PVV est difficile à former, aucun parti jusqu'ici n'a exclu de voter certaines mesures que proposerait le prochain gouvernement quand elles iront dans le bon sens, pour faire court, aussi longtemps qu'il s'agira de contrôler l'immigration d'une main de fer à la danoise. Et nos petits curés de l'information dirigée de chercher partout le plafond de verre ou le barrage républicain voire le cordon sanitaire indispensable à... à quoi déjà ? A confiner l'extrème-droite, définition tellement usée qu'on n'en voit plus la trame. Du dégagisme. La classe politique est disqualifiée, elle qui a laissé dériver la société au nom de principes exogènes dictés par une commission intouchable, sortie depuis longtemps de son sillon économique pour maintenant régler nos mœurs. Ainsi parle-t-on de "Nexit" pour foutre les jetons aux commissaires pontifiants, leur rappelant que les Pays-Bas avaient voté "non" à Maastricht en 2005.

Mais plus que la Commision, ce sont les médiats français qui paniquent. Ils font des cartes de progression de la fameuse extrême-droite en Europe (en passant, France-Inter qualifie l'AfD de parti néo-nazi), de sages universitaires sont arrachés à leurs grimoires pour éventrer la "Bête immonde au ventre encore fécond", et bien des pisse-copie se demandent sans doute s'ils seront encore payés l'an prochain. On agite le lectorat à moitié disparu, on gratte l'épiderme de l'opinion pour s'apercevoir qu'elle n'est en rien choquée par ce renversement d'alliances convenues sans son accord. L'opinion veut des gens sérieux, à poigne, gérant intelligemment les défis qu'affronte ce pays, sur la seule base du bon sens. C'est toute la construction idéologique de la Casta qui est menacée par l'exaspération des "gens" devant l'impéritie des pouvoirs publics et ses indulgences coupables au nom de principes fumeux dont on n'a cure à la fin. Le très grand nombre de participants à la marche de Crepol et ensuite aux obsèques du jeune Thomas sont un message de défiance à l'endroit de tous les pouvoirs vérolés par la naïveté consentie pour apaiser les tensions. La désobéissance civile n'est plus très loin et on peut anticiper un clash contre l'Etat (style gilet jaune du Puy-en-Velay) plus problable qu'aucune ratonnade comme aimerait à le faire croire la gauche en manque d'idées, les noms des mis en cause pour Crépol seraient-ils même arabes.

En conclusion, si la classe politique dans son ensemble est disqualifiée par le peuple, c'est le segment de gauche qui va disparaître en premier dès lors qu'il sera considéré comme un potentiel ennemi de l'intérieur. On qualifiait autrefois ainsi le Parti communiste stalinien et son relais de nervis de la CGT, mais c'est aujourd'hui toute la gauche, molle au centre, hystérique au bord, qui est jugée malfaisante et vendue aux intérêts hostiles à notre société. Quand le vieux peuple gaulois s'éveillera, il emportera tout facilement tant la charpente républicaine est pourrie de valeurs anti-sociales. Saurons-nous alors vivre en anarchie ? rien n'est moins sûr, nous avons désappris à nous prendre en charge chacun.

lundi 18 septembre 2023

Immigration, fuir le défi ?

île de Lampedusa
La submersion de l'île de Lampédusa (↑) par des bateaux chargés de migrants noirs a réveillé le rayon "romans d'anticipation" où figure très visiblement Le Camp des saints de Jean Raspail. On s'y serait cru ! Jusqu'à Marion Maréchal qui a fait le voyage avant Ursula VDL pour toucher la réalité du doigt. Ce n'est pas non plus le port de Charleston, hein ?

Parler du défi migratoire que l'Europe devrait affronter convoque plusieurs angles d'analyse précédant des réponses raisonnées ; mais n'ayant pas reçu la mission de donner un cours magistral à l'assistance médusée, je me contenterai de prendre la question par nous-mêmes :
Que voulons-nous réellement à la fin ?

Il doit y avoir quatre "demandes" dans la conscience collective des Français. De la plus difficile à la plus facile à réaliser, on citera...
  • 1.- Retrouver le village entre Gaulois.
  • 2.- Calibrer l'immigration aux stricts besoins non comblés de l'économie française.
  • 3.- Rester Français et vivre à la française en s'adaptant intelligemment aux contraintes.
  • 4.- Ouvrir grand les portes du pays dans une démarche de charité universelle.
Le Piéton a choisi la proposition (3) ; les contraintes sont dans tous les champs, démographiques (un continent va se déverser dans l'autre), économiques (déficits de main d'œuvre primaire chez nous) et stratégiques (l'Occident reflue inexorablement par bonté d'âme sur la vague de ses valeurs libératoires).

S'il semble évident que l'immigration doive se travailler en priorité au stade de l'émigration en intégrant aux efforts réciproques ce concept d'entropie des conditions d'existence qui annulerait la marche au mirage de peuples sous-éduqués (nombreuses références sur Royal-Artillerie par le mot-clé "entropie"), deux paramètres s'interposent qui bloquent ces efforts, d'une part la natalité non maîtrisable augmentée des ravages de la polygamie dans les sociétés les plus précarisées d'Afrique ; d'autre part la modification du paradigme environnemental qui, outre la stérilisation des écosystèmes, déclenche des catastrophes naturelles d'ampleur, annulant en peu de temps des années d'efforts. En résumé, la Transméditerranéenne a de "beaux" jours devant elle et les squales deviendront énormes ! On fait quoi dès lors ?

Pas vraiment de solution. Endiguer le torrent démographique serait un bon commencement. Etant tenu pour acquis qu'il n'y a pas de politique européenne en la matière, il serait avisé que les trois sœurs latines s'entendent entre elles, en dehors de toute ingérence bruxelloise, pour accorder leurs violons sur la régulation de l'immigration qu'elles subissent. Il ne peut s'agir que d'un faisceau de dispositions nombreuses et ciblées, moins tonitruantes que les proclamations de préaux électoraux, mais reconnues efficaces. Le reste est littérature. Des idées, il y en a donc beaucoup, mais on doit commencer par la promesse d'application des mesures retenues, et sans doute revoir les protocoles judiciaires et la maîtrise des frontières, ce qui ne veut pas dire de les fermer à la coréenne comme certains le crient. Problème à attendre maintenant d'une union latine ad hoc : M. Macron voudra absolument en prendre le leadership et, comme le disait Donald Trump, ça deviendra de la merde !

Des grands espaces vides et cultivables existent au nord, derrière l'Oural ; mais pas en Europe occidentale où il n'y a ...... que du travail !

dimanche 2 juillet 2023

Tectonique de l'insurrection

L'insurrection des banlieues (pour faire court) ressemble furieusement à la détente d'une faille en tension comme la Californie en connaît avec la San Andreas. Mais ce n'est pas encore le Big One annoncé par Gérard Collomb en 2018 : « après le côte-à-côte, le face-à-face !»

émeute à Saint-Denis (93)

Ce pays ne s'aime pas. Les secousses prémonitoires ont été nombreuses depuis la Manif-pour-tous en 2013, la mobilisation contre les lois sur le Travail en 2016, les gilets jaunes de 2018 et leurs suites hebdomadaires, les manifestations contre la réforme des retraites cette année et aujourd'hui les exaspérations de tous bords. La répression étatique, parfois sadique (police de Valls ou de Castaner) n'a rien réglé : l'étendue des dégâts constatée ce matin nous économise un long exposé. C'est proprement ahurissant. Et contrairement à la tectonique des plaques, il n'est pas sûr que l'explosion de colère termine la tension constatée jusqu'au meurtre de Nahel Merzouk. Peut-on parler des plaques ?

Le Piéton du roi en voit trois :

- la plaque de la globalisation des niveaux de vie ;
- la plaque de la mondialisation des spécialisations productives ;
- la plaque du déclassement relatif à la démographie.
La France les refuse toutes.

Mais s'y ajoute un ferment de révolte émané de nos élites en charge, le forçage d'une idéologie allogène dans les réflexions et les mœurs d'un peuple qui la refuse d'instinct. Le mariage pour tous est typique de cette obstination d'une caste allumée qui veut transformer de force la morale commune (un million de manifestants à Paris le 24 mars 2013) pour complaire à sa philosophie des sociétés humaines. Quand on pense que de grands ténors de la gauche gay, comme Pierre Bergé, refusaient la mascarade du mariage homosexuel, symbole éminemment bourgeois et décadent, on mesure l'entêtement de la pie Taubira à se faire un nom dans les livres d'histoire. Maintenant c'est le wokisme. Revenons à nos "plaques".

(1) La globalisation des niveaux de vie portée par l'universalité de l'information sur les conditions d'existence dans toutes les parties du monde, nourrit des comparaisons parfaitement légitimes qui sont le moteur très puissant des migrations Sud-Nord. Ce moteur ne s'essouflera que lorsque le gap sera moins grand que la peine exigée pour le franchir. En français facile, que vaudront les soucis et le prix d'un voyage d'exil pour obtenir juste une amélioration des conditions de vie si celles vécues au moment du choix sont quand même acceptables ? Tous les Kashmiris qui ont fini au fond de la mer au large de la Grèce avaient jugé que le jeu en valait la chandelle tant la misère est grande chez eux. Le problème crucial est dont le défi de l'EMIGRATION. Il ne peut se régler et progressivement que par une certaine entropie des niveaux de vie sur la planète. Les spécialistes chiffreront quel sera le gap acceptable quand remontera le niveau des moins dotés.
Jusque là, le "nord" doit gérer les migrations en fonction des capacités d'embauche et des conditions de résidence des populations déplacées par la globalisation. Et on ne parle pas encore des réfugiés climatiques. Le gouvernement français, encombré d'idées toutes plus fumeuses les unes que les autres, ne fait rien de concret, sauf à exprimer de temps en temps ses préférences auxquelles personne ne croit. Les Français ne perçoivent pas l'axe officiel de réflexion, les nouveaux arrivants non plus. Les conséquences sont fantasmées et les fomenteurs de troubles ont un boulevard.

(2) La mondialisation des spécialités productives n'est pas un concept récent. Les empires thalassocratiques occidentaux appliquèrent cette organisation de la production à l'intérieur de chacun. Mais le commerce mondial décrété par l'Occident a pris par surprise les vieilles autarcies protégées comme la France, quand les pays habitués au commerce extérieur en tirèrent bénéfice. Gouvernés par des profs de fac comme Raymond Barre, nous y avons perdu notre industrie, carrément. Nos voisins, gérés par une caste industrielle puissante comme l'Allemagne ou par des familles d'industriels qui avaient la fibre nationale comme l'Italie, ont sauvé la leur. Nous faisons des efforts pour nous rétablir et "rapporter du travail à la maison" mais la mentalité industrielle n'est pas encore revenue et nous ne rapatrierons rien de durable en industrie tant que vous n'aurons pas capté les débouchés de notre production. Le marché et l'usine vont de conserve. Cette agonie a détruit beaucoup de valeur ajoutée et de revenus, précarisant les acteurs de la production, sans toucher aux inactifs mais penseurs qui s'arrogent le droit de les gouverner. D'où le clash des gilets jaunes, entre autres.

(3) Le déclassement relatif à la démographie est inéluctable tant que la perception de la vie humaine reste en l'état dans certains pays du Sud global. Aussi longtemps que ce vecteur de puissance immédiate ne sera pas maîtrisé, il y aura une pression très forte à l'équilibre des fluides, le trop-plein d'ici cherchant à compenser le déficit là, parfois même par aspiration comme le fit longtemps l'industrie française rétive à automatiser ses chaînes. Le mouvement créé par la confrontation surpression-dépression doit être obligatoirement contrôlé (à la danoise), ce qui semble impossible en France tant que les allées du pouvoir seront en libre accès aux idées de la gauche généreuse et irresponsable. C'est donc un combat politique, qui doit être gagné absolument, sauf à voir le plus beau pays du monde se dissoudre en une magnifique réserve d'indiens. Mais qui sont ceux qui mènent ici ce combat ? Bizarrement, des Français de papier. Comme si la race n'avait pas survécu à deux guerres mondiales. On y reviendra.
cul de lampe diviseur
Après avoir défini les plaques en tension, il faut parler maintenant de la gestion nationale des catastrophes de rue. Alain Bauer disait récemment que les pouvoirs français ne savaient pas choisir entre l'intégration des nouveaux venus et leur précarisation en attente de retour à meilleure fortune chez eux. Il a raison. Il ne suffira jamais de déverser des milliards de remise en peinture des quartiers défavorisés pour avoir la paix. Il faudra intégrer les communautés allogènes en révisant l'empreinte de l'Etat sur tout le territoire, sans se départir d'une gestion à poigne de l'ordre quotidien. Comment ? En appliquant le droit existant aux acteurs du désordre comme aux fauteurs de troubles. On en revient à la judiciarisation du défi pour comprendre qu'il faut commencer par là. Reprendre en main la Justice et pour que la sacro-sainte séparation ne soit pas violée, le faire faire par l'institution elle-même. Quand mettra-t-on au gnouf les magistrats du "mur des cons" ?
Sans doute à ce moment commencera-t-on à comprendre qu'il faut extraire le domaine régalien de la dispute démocratique, si on veut avancer vers quelque chose de pérenne, en extirpant la politique politicienne de cet espace primordial.
C'est mon Projet... comme dirait l'autre.

vendredi 12 mai 2023

L'affaire de Saint-Brévin

plage et cabane de St Brévin les Pins
Jolie station balnéaire que Saint-Brévin les Pins, et riche idée du préfet que d'y avoir installé en 2016 un centre d'hébergement d'urgence, suite au déménagement d'une jungle de Calais. Au moins purent-ils aller à la plage ou pêcher à la balance d'une de ces cabanes perchées emblématiques du lieu. Il ne se passa rien de "négatif" jusqu'à ce que le maire ait décidé de déménager le centre dans des locaux municipaux vacants près d'une école primaire de la ville. Info : Le centre d'urgence de 50 places installé en 2016 dans un ancien local EDF sera fermé après la mise aux normes d'un local municipal à vendre pour accueillir une centaine de personnes. C'est la même association nantaise qui gère les deux trucs.

Sur la carte de France des conflits latents en xénophobie s'est allumée une loupiotte rouge sous l'estuaire de la Loire. Bien que docteur en médecine, le maire de Saint-Brévin n'a pas eu l'intelligence de laisser en l'état une situation sans histoires. Il fallait comme tout maire qui se respecte, faire quelque chose au prochain conseil municipal et déménager les asilés, en voilà une idée qu'elle est bonne ! Manque de pot, l'accès au bâtiment passe par la grille de l'école primaire et même si "ces gens" ne sont pas dangereux a priori, on ne sait jamais qui viendra demain. Okay ?

Donc rallye anti-nègre et contre-rallye pro-nègre sur la lumière rouge et c'est parti comme en 14 au début de cette année ! La presse vous narre par le menu les exactions des excités du remplacement en montant le son au maximum sur l'ultra-droite, tandis que le maire, écœuré, préfère partir plutôt que de rapporter sa décision au prochain conseil municipal. En sept ans, le centre a vu passer quatre centaines de réfugiés paisibles, ce qui sur une population que quatorze mille habitants n'est pas non plus Le Camp des Saints de Jean Raspail.

Allons au fond. La xénogreffe recherchée par tous les gouvernements d'Europe, à la seule exception de celui du Danemark, ressemble plus à un bâton merdeux que personne ne veut prendre à pleine main. Il y a des motifs d'y souscrire, principalement de main d'œuvre, comme il y a des motifs de la refuser : l'impossible intégration de certaines communautés musulmanes dans le tissu civilisationnel européen et l'agenda civique des réseaux fréristes parfaitement décrit par Michel Houellebecq dans "Soumission", sont ceux qui reviennent sans cesse. Notre dernière approche du défi migratoire reste valide, que nous vous invitons à relire ici (il faut descendre un peu dans l'article). Nous n'y revenons pas.

Le cirque de Saint-Brévin découle du jacobinisme d'Etat qui préside à tous ses actes de gouvernement. Les crânes d'œuf de la technocratie n'ont pas compris une chose pourtant simple. Dans une affaire un peu délicate comme l'insertion d'un centre d'asile dans une société urbaine de moindre taille, l'astuce est de demander l'avis de la population. Si la consultation refuse le centre, les autorités chercheront à le placer dans une ville plus grande de la région. Si la consultation accepte le centre - ce qui est le cas lorsque la capacité d'accueil est basse rapportée à la population de la ville (pas comme à Saint-Beauzille de Putois (34) en 2016 dans le même contexte (Calais) - ce résultat démocratique sera opposable à toute contestation et basta ! Et la contestation en voirie organisée par des partis ou groupuscules radicaux sera passible de répression après interdiction de manifester contre l'avis populaire.
Mais non ! Fidèle à ces ancêtres conventionnels, le gouvernement républicain tranche et coupe jusqu'au plus près du citoyen, avec la certitude jamais démentie de mieux savoir ce qui est bon pour le peuple. Aux étages subordonnés, il y a la même réaction. Tel maire brandit son élection sur un programme attrape-tout pour justifier d'une décision qui n'y est pas mais qui sera prise par délégation du corps électoral local. Et il y a l'orgueil de l'édile qui n'est pas moindre que celui du chef de l'Etat élu par le peuple en délire... sur un socle d'un quart des suffrages exprimés, soit bien moins rapporté au nombre des inscrits, et moins encore sur celui de la population en âge et capacité de voter.

Les thuriféraires de la République-en-valeurs ont plein la bouche de la démocratie, mais c'est finalement après l'exercice imposé de la campagne électorale, ce dont ils se méfient le plus. Si en plus de voter, les gens avaient aussi des idées, où irions-nous ? Changer de peuple ne fut pas dans l'histoire qu'un slogan. Les insultes répétées de M. Macron à notre endroit en témoignent. Il est très vite agacé. Chez les contestataires venus à Saint-Brévin vider l'abcès, il y a plus qu'une alerte contre l'empreinte étrangère qui risquerait de devenir indélébile ; il y a pour eux matière à défier l'Etat vertical qui n'entend rien. Et un soupçon de xénophobie pour le goût.

mardi 9 mai 2023

France, danger droit devant !

Le colloque Action Française du 13 mai précèdera le cortège traditionnel AF de Jeanne d'Arc du lendemain dimanche. Son thème est "La France en danger" et les intervenants sont énumérés dans l'affiche reproduite ci-dessous. Allez-y.

affiche rouge du colloque avec François Marcilhac, Laurent Henninger, Roch de Cauvigny, Anne-Laure Bonnel, Jean Messiha, Bernard Lugan, Jean-Frédéric Poisson, Philippe Mesnard, Pierre-Yves Rougeyron et Hilaire de Crémiers

A côté des intervenants habituels qu'on ne présente plus, sont invités Laurent Henninger et Anne-Laure Bonnel.
Laurent Henninger est un spécialiste "défense" réputé qui a publié des ouvrages de référence sur la question. Il est certainement intéressant d'entendre quelqu'un qui est allé au fond du "danger" que représentent la méprise stratégique franco-russe et les sous-dotations des armées françaises dans un monde en révolution (Babelio).
Anne-Laure Bonnel est une journaliste d'extérieur, reporter de guerre qui va où d'autres vont moins (Donbass, ronds-points, Liban etc). Rapporter des réalités de terrain peut vous faire accuser de ménager la chèvre et le choux, mais revivifier la première victime de la guerre, la vérité, n'est jamais inutile dans un monde où la désinformation fait rage (Gala).

Espérons que ces deux-là auront la plus longue exposition dans ce colloque, puisqu'on connaît déjà ce que diront les autres.
La France en danger ? Parlons-en.

Puisqu'on a commencé par la guerre, faisons-en le premier paragraphe.
(1) Au plan stratégique, la France est en danger de vanité, d'abord sur ses outremers, mais aussi dans ses responsabilités continentales à tenir son créneau au rempart de l'Alliance. La guerre d'Ukraine a dévoilé au grand public des insuffisances graves dans l'équipement de nos unités appelées à combattre en haute intensité, sans même parler d'une masse critique pour le combat de mêlée qui n'existe pas. Les bons esprits (qui redoutent que des crédits sociaux soient détournés vers le réarmement) soutiennent que notre position géographique en fond de court nous dispense du déploiement de masses blindées sur le Rhin. Ils se trompent, car une guerre européenne, hybride et classique, n'aura pas de front. Elle sera partout.
Faute de disposer de moyens de défense conséquents, nous serons un poids mort, revenus de notre arrogance génétique et définitivement déclassés. Réarmons quoi qu'il en coûte !
En zone indo-pacifique, nous sommes à la merci d'intrusions de forces navales ou paramilitaires étrangères qui pourraient submerger certaines îles et s'y maintenir avec le concours d'une population retournée par une propagande habile. Certains ont vu comment nous nous sommes fait jeter du Sahel.
Simple aparté : si nous avions disposé en Nouvelle Calédonie d'une base navale défendue et dotée de moyens adéquats de projection, le retournement australien n'aurait peut-être pas eu lieu.

(2) Après ce sous-investissement, parlons du désinvestissement. Ce qu'on appelle la "fuite des cerveaux" n'est pas une expression galvaudée, comme le grand remplacement de Renaud Camus. Il y a un mouvement d'exorbitation de chercheurs et de jeunes entrepreneurs qui fuient une société sclérosée et revendicative pour se réaliser ailleurs. Exemples nombreux, jusque dans les couche CSP-. L'insuffisance crasse de la classe politique française et le goût technocratique des complications a fini par motiver d'aucuns coincés de partout malgré leur courage ou leurs bonnes idées à partir. Nous aurons bientôt une diaspora française dans tous les pays du monde comme les Chinois ont leurs Chinatowns. Les "quartiers français" (avec bordel de luxe obligatoire) seront autant de relais pour les migrants francophones. La valeur qui est ajoutée au loin ne l'est plus chez nous. Malheureusement l'horizon ne s'éclaircit pas, le tapage le plus bruyant contre nos blocages provenant des masses archaïques de la gauche plurielle agrippée au codex antique du socialisme à compte d'autrui comme la moule au bouchot. Le socialisme nous a coulé ; on en redemande !
Après la saignée des deux guerres mondiales qui ont couché la fine fleur du pays, voila que la dictature des bureaux fait décamper les praticiens de l'intelligence, mettant en danger la remise à niveau de notre pays, ouvrant ce faisant la voie du toboggan de notre inéluctable déclin. Il nous restera qui ?
Petit aparté : quand je vois partir de purs produits des communautés asiatiques sensées s'incruster, je doute encore plus de notre attractivité.

(3) Qui les remplace ? Eric Ciotti, en perdition dans le champ politique, vient de découvrir l'eau chaude de l'immigration soutenue qui menace nos us. Hélas, les migrations sont le propre de l'homme autant que le rire. Sinon nous serions tous encore dans la vallée du Grand Rift éthiopien. S'il est peu douteux que des technocrates onusiens cherchent à faciliter la montée des populations pauvres vers les nations riches, l'affaire se présente plutôt comme une simple mécanique des fluides : dépression, surpression, contrepression ou dit autrement sur Royal-Artillerie depuis trois lustres : entropie générale jusqu'au gap acceptable des niveaux de vie. La faible appétence des populations européennes à se salir dans les travaux pénibles appelle à son remplacement qui veut bien, des populations laborieuses sans espoir d'aucune amélioration de leurs conditions d'existence chez elles. C'est la surpression. La contrepression vient des mesures de freinage des Etats européens sans solution d'intégration des nouveaux venus, tant au plan économique et financier qu'au plan des frictions civilisationnelles. On a le cas aujourd'hui des réfugiés soudanais qui, où qu'on les questionne, au Tchad, en Egypte, au Sud-Soudan ou en Libye, déclarent tous vouloir atteindre l'Europe et sa pax romana. Ce n'est pas un mirage pour eux. Tout ça pour un concours de bites entre généraux soudanais en érection mentale. Et on touche là du doigt le moteur de l'émigration continue en Afrique : la contre-gouvernance des élites autoproclamées qui ont capté les pouvoirs civils presque partout. Rares en Afrique, mais il y en a, sont les pays gouvernés par la raison. La solution ? il n'y en a pas. Un peu comme avec la hausse des océans. Après on peut faire des moulinets contre le complot des illuminati...
Dernier aparté : les mesures de régulation de l'immigration sont connues, certaines peut-être moins:
  • Licencier tout le personnel politique à poste jusqu'au rédacteur de cabinet ;
  • Déporter les mêmes aux Kerguelen, Saint-Paul, Nouvelle Amsterdam et Crozet, l'ivraie comme le chiendent repoussent ;
  • Rapporter le regroupement familial ;
  • Réguler les entrées licites aux quotas ;
  • Récupérer et concentrer les clandestins pour puiser dans un vivier d'OS afin de fournir les secteurs en forte dépression ;
  • Régulariser les travailleurs à temps plein cotisables (l'appel d'air est un leurre, il ne diminue jamais) ;
  • Respecter la sueur d'autrui et dételer les chômeurs professionnels.

(4) Le dernier danger avant le prochain est l'état de calamités des finances publiques en France au sens large, qui va nous autoriser à candidater pour un siège prestigieux à l'Union Africaine. On ne va pas y revenir aujourd'hui, ni lors du colloque du 13 mai apparemment ; sauf à redire quand même, que tant les marchés par le biais des taux de prise en pension de nos bons du Trésor que le Fonds monétaire international par ses remontrances appuyées, vont entamer notre souveraineté en encadrant notre gouvernement de contraintes semblables à une mise en tutelle.
Mais le jour où les jeunes générations comprendront qu'elles se sont fait baiser dans les largeurs par les hypothèques prises sur leurs têtes, bonjour les pogroms dans les EHPAD ! Anciens, séniors ou simplement vieux, ne vous départissez pas du sachet de ciguë !

affiche AF Jeanne 2023 pour le 14 mai à 10h à l'Opéra

Bon colloque ! Bonne Jeanne !

vendredi 4 novembre 2022

Des bouffons et des jours

D'un œil distrait et sans le son, je regardais à la télé un député noir de gauche débitant sa question au gouvernement quand surgit dans son dos une sorte de laie verte hors les gonds. L'affaire avait l'air sérieuse et mettant le son, j'appris aussitôt qu'un député de droite avait invectivé le dit-noir lui enjoignant de retourner en Afrique.
En fait c'est pas ça.
Le député noir demandait que le gouvernement accueille un bateau de migrants bloqué entre Malte et Sicile, sur quoi un député blanc préconisait qu'on le renvoie en Afrique. Comment renvoyer un bateau que vous n'avez pas capturé ? Ou qui pis est, renvoyer un député natif de la Plaine de France et régulièrement élu ? Etc... ce fut un grand moment parlementaire. De la suite, chacun chez nous s'en fout ! Il faut débarquer deux tiers de ces connards (l'expression est de Villepin) et supprimer la Chambre haute qui mange beaucoup de pain. Et surtout supprimer la retransmission des débats qui transforme les élus en mauvais acteurs de série B.

La chose sérieuse est plutôt la pénurie de main d'œuvre que nous constatons dans les métiers de premier échelon. A un point tel que le ministre de l'intérieur "envisage" (quand ces gens-là décident-ils pour de vrai reste un mystère) de régulariser des migrants sans papiers dans les métiers dits en tension ou pénuriques. Avant de les énumérer afin que des amis à vous trouvent leur bonheur, signalons que la loi du marché est d'ajuster par le prix l'offre à la demande. Appliqué à l'emploi d'une catégorie donnée, c'est normalement le relèvement des salaires et des avantages induits qui doit palier le désintérêt des travailleurs pour les emplois de cette catégorie. Deux bémols : si le travail est un intrant important dans le produit ou le service final soumis à concurrence, ou si l'alternative de l'assistance publique est de meilleur rapport que l'embauche, ça ne marche pas ; et il faut importer de la main d'œuvre plus courageuse et moins gourmande. Donc comme le dénonçait en son temps Georges Marchais, la pression à la baisse des salaires par l'immigration de travail est indéniable.

La position du Piéton du roi sur le sujet de la régularisation n'a jamais changé : si un travailleur fait la preuve d'un emploi régulier (sinon fréquent) dans une catégorie économique délaissée par les nationaux, il doit être régularisé dans ses droits sociaux sans reproche ni murmure (manquerait plus que ça). Ceci n'implique pas sa naturalisation qui doit obéir à un faisceau d'obligations différentes ; encore moins le regroupement familial qui doit être rapporté ! Et maintenant si ça vous tente, voici la liste des emplois pénuriques, selon l’Institut national de formation et recherche sur l’éducation permanente (Infrep) :
  • Aides à domicile et aides ménagères
  • Professionnels de l’animation
  • Agents d’entretien des locaux
  • Aide-soignants
  • Serveurs, employés de l'hôtellerie et de la restauration
  • Professionnels de l’animation socio-culturelle
  • Ouvriers non qualifiés de l’emballage et manutentionnaires
  • Maçons
  • Plombiers et chauffagistes
  • Ouvriers des travaux publics, du béton et de l’extraction
  • Employés de libre-service

Peut-être que le message a été passé à l'Education nationale pour la suite, parce que ce qui est bien plus intéressant, c'est la projection des métiers pénuriques pour les dix ans qui viennent. On trouve des enseignants, des chauffeurs, des comptables, infirmières et sage-femmes, des carristes et des informaticiens. Heureusement qu'une vague russo-ukrainienne s'est abattue sur l'Europe occidentale ! Ceux-là travailleront-ils sans papiers ? Poser la question est y répondre.

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