Affichage des articles dont le libellé est grand débat national. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est grand débat national. Afficher tous les articles

mardi 19 mars 2019

Recoudre la nation par l'État

L'effilochage de ce qui fut la nation française* et les sursauts de cohésion que traduit le mouvement des gilets jaunes signalent un pays en crise profonde strié de fractures en tous sens. D'aucuns s'en désespèrent jusqu'à demander "quoi faire". Royal-Artillerie propose d'agir au niveau de l'enjeu, bien loin de la timidité et de l'amateurisme des pouvoirs en place chaque jour un peu plus déconcertés. Les réflexions ci-dessous ont été laissées sur le site LFAR de la Restauration nationale ; elles entrent en archives R.A. :



Même si le paysage politique et social est glaçant comme le dit si bien Pierre Builly sur La Faute à Rousseau, il reste un horizon, à condition de réfléchir les pieds au sol et se méfier des "grands principes" définitifs. Le pays est tellement dans la merde qu'on peut s'asseoir sur beaucoup de principes quels que soit leurs illustres originateurs. Place au pragmatisme. Un royaliste peut y trouver son compte.

Il faut sauver le régalien d'abord, et la pratique de la Vè République peut y aider. Deux domaines sont déjà disjoints du gouvernement de Matignon, les Armées et la Diplomatie. Il suffit (?) d'y rajouter la Police nationale et le Trésor public avec les TPG départementaux, pour avoir déjà un Etat central solide.

Pour compléter le domaine réservé, il faut réformer la Justice haute, rock bottom, en détruisant d'abord l'Ecole nationale de la magistrature et en revoyant tous les liens entre les hauts pouvoirs de la République (Elysée, Sénat, Assemblée) et les structures judiciaires de niveau national tels que les conseils, cours, autorités attachées, afin de désyndicaliser les tribunaux... puis remettre de l'argent dans cette fonction essentielle comme le font tous nos voisins.

Une fois réservé, le domaine régalien devrait être arraché à la dispute démagogique (dite démocratique) et remis à un pouvoir permanent au-dessus de la mêlée. On peut inventer ce qu'on veut... même un roi en commençant par rétablir le septennat.

Les autres domaines du gouvernement du pays pourraient être partagés entre Matignon et les treize régions (comme en Allemagne) qui pousseraient ensemble les réformes nécessaires, nombreuses et urgentes dans les transports, l'éducation, le climat, l'énergie, la santé, vieillesse, alimentation, sécurité publique (polices municipales), les cours consulaires, juges de paix, le fisc régional, etc... Tous ces champs d'action nourriraient les parlements régionaux et national dans la grande tradition des grands étripages gaulois, mais au moins le socle essentiel de l'Etat serait mis en sûreté.

Cela pourrait obliger à revoir l'épure monarchiste devenue obsolète et différer sine die la remonte de l'Armée catholique et royale. Au moins les militants bosseraient-ils sur du concret avec une gestion par objectifs des étapes de réflexion pour construire un régime rénové. Quant au prétendant, il aurait du grain à moudre pour une queue de trajectoire enfin jouable.

Idiot ? Je ne sais pas.


(*) La nation, telle que nous l'avons connue au sens de Renan, a duré moins moins longtemps qu'on ne l'imagine parce qu'elle n'a pu s'exprimer que par la centralisation capétienne. Elle va de l'échec de la Fronde à la crise de 1929 (1932 pour la France) qui va faire le lit de l'internationalisme (SFIO, PCF), 280 ans environ.

vendredi 15 mars 2019

Contribution au Grand Débat national en ligne



Pour archive, voici la contribution du Piéton du roi déposée sur le site du Grand débat national dans le chapitre "Fiscalité et dépenses publiques". Dès la prise en compte du texte, le site supprime les balises d'alinéa et la mise en forme pour valider un bloc compact de mots qui apparemment seront traités numériquement, sans doute par la loi d'occurrence. Le texte ci-dessous cite cinq fois l'État et une seule fois la Dette et la CNAV (Caisse nationale d'assurance-vieillesse); l'important sera donc de pérenniser l'État...
Quelqu'un du pouvoir lira-t-il une contribution personnelle en ligne ? Tant pis, la voilà !

«... La revitalisation de la classe moyenne inférieure et la réindustrialisation (progressive) des territoires convoquent, à côté des investissements privés, des moyens budgétaires qui n'existent pas.
Il faut les trouver dans la dépense publique dont la réduction est la mère de toutes les réformes. Les trois plus gros postes de dépenses sont l'État, la Santé et la Vieillesse.

(i) Il faut gérer l'État avec modestie en écoutant la Cour des comptes et freiner le coulage clientéliste. Stop aux fromages républicains et aux structures gouvernant la dérive invasive de l'État dans la société (même si les Français, intoxiqués depuis 1945 à l'assistance, en redemandent).

(ii) La Santé doit être auditée sérieusement dans les gaspillages de tous ordres dont beaucoup proviennent de l'absurdie bureaucratique. Écouter les professeurs hospitaliers qui vivent au coeur de la machine mais avec un état de conscience supérieur à la moyenne, serait ne pas perdre son temps.

(iii) On a tout dit sur la vieillesse. Il faut jeter aux orties les dogmes et principes obsolètes pour s'attacher à une gestion de bon père de famille qui reculera l'âge de départ à la retraite pour cause de vieillissement prolongé et arrêtez de faite supporter par la CNAV les dégraissements des entreprises.


Hors-sujet : le chômage. La caisse doit équilibrer ses comptes et l'État cesser d'y mettre ses doigts, en imposant par exemple au régime d'indemniser les intermittents du spectacle qui ne couvrent pas les frais. C'est indigne de se moquer du paritarisme quand l'ordonnancement des dépenses lui échappe.

On ne cherche pas deux ou trois milliards. mais bien trente pour commencer. Ensuite, viendra le tour de la Dette, humiliante pour le plus beau pays du monde. Mais a-t-on encore de la fierté en France sans que le ridicule ne nous tue ? ...»


Pour valoir et faire...


dimanche 10 février 2019

Emboîtage de la contestation


C'est une affaire de sous-traitance qui a mal tourné. Au tout début, des gens invisibles dans la société de l'image ont mis des gilets d'accidentés de la route pour être vus des pouvoirs publics qui les ignoraient. Afin que nul ne les efface des journaux télévisés, ils occupèrent rond-points et bretelles d'accès aux zones commerciales, des péages autoroutiers aussi, pour faire ch... le peuple afin que ceux-là se plaignent. Bizarrement, ils obtinrent plus de soutien que de critiques, du moins de la part des "gens". Rien n'a vraiment bougé depuis trois mois. Le soutien populaire fluctue mais ne coule pas au fond de la mer des indifférences ! Les Français expriment leur ras-le-bol et sous-traitent leur mécontentement aux Gilets jaunes, lesquels, bien conscients que les manifs syndicales bien propres avec corso fleuri n'ont jamais rien donné, sous-traitent à leur tour les revendications aux casseurs..., lesquels sont la coquille de protection des black blocks ou comme on les appelait au XIX° siècle, les anars ! Tout s'emboîte. Et le pouvoir ne sait quoi faire plus que des proclamations qui toutes tombent à l'eau.

Ce ne sont pas les cinquante ou soixante mille gilets jaunes insurgés, infestés de black blocks et d'antifascistes, qui posent problème. C'est le soutien des deux-tiers des Français (on est monté jusqu'à 84%) qui ne faiblit pas quelles que soient les mesures, annonces, diversions lancées comme des boules dans les quilles de l'actualité. La porteuse est double : la classe politique est une nuisance ; le titulaire de la présidence a volé l'élection.

Alors les minions du Château ont inventé la cellule psychologique géante, le Grand Débat National (GDN). « Dites ce que vous avez sur le cœur et vous irez mieux » un peu comme le suspect en garde à vue : avouez, soulagez votre conscience. Manque de pot, les gueux ont vu l'embrouille et les trois premières semaines de débats les ont confortés dans le jugement que le GDN est en effet une cellule sociale de dégrisement et qui pis est, une plateforme de propagande du président en tenue de campagne qui capte les heures d'audience dans un one-man-show chaque fois renouvelé et dont la conclusion devrait être inédite pour tenir les promesses de l'exercice. Sauf que chacun anticipe déjà une sortie de crise de la couleur des gilets, la couleur des cocus.

Les vieux routiers ne voient que deux issues aux deux défis : dissolution de la chambre ou réinitialisation de la procédure présidentielle. Le quinquennat aura duré deux ans ! Au lieu de cela, le pouvoir et ses relais médiatiques sont complètement abrutis sur le GDN qui repousse l'échéance de décisions très difficiles, et ils se regroupent sous l'oriflamme de la légalité. Elus pour cinq ans, ils ont la loi avec eux.

Si Macron avait du Mazarin en lui, il arrêterait le GDN qui a déjà tout donné, et il convoquerait immédiatement le Congrès de Versailles pour réhabiliter la Constitution dans son esprit parlementaire :
- retour au septennat, mais à mandat unique ;
- injection d'un tiers de proportionnelle dans les élections législatives ;
- déconnexion des élections présidentielle et législatives : plus de législatives post-élection présidentielle.

Ce serait un électrochoc dont l'intensité diminuerait la prégnance des revendications catégorielles qu'il faudra affronter, mais plus tard. Pour sortir de l'ornière, il faut casser la présidentialisation du régime car les contrepouvoirs ne fonctionnent pas et les abus de position sont trop faciles. La Constitution est détournée en permanence dans son esprit, les pouvoirs s'en amusent. Si les quinquennats précédents ont eu leur lot de césarisme à éclipses, le mandat actuel n'est que césarisme ! Le bouquet "final" est l'affaire Benalla.

Si l'attitude du président Macron, onctueuse et rigide à la fois, est perçue par les Français comme un foutage de gueule cynique, ce ne sera plus l'insurrection de cinquante mille gilets jaunes mais la révolution en marche. Sire, ce peuple est terrible, disait quelqu'un à Louis XVI, surtout quand on lui a mis la tête à l'envers !



lundi 4 février 2019

Le régime fait problème

Et si finalement c'était trop simple ? Le régime est en cause directement et son changement, voire a minima la réforme drastique de l'Etat, sont la mère de tous les remèdes au chaos actuel. C'est simple : améliorer les conditions de vie des Français moyens et pauvres exige que soit réinjecté dans le circuit économique tout l'argent qu'on pourra récupérer des dérives démocratiques qui arrosent sans discernement les champs d'inutilités. La sphère publique engloutit chez nous bien trop de plus-value créée si difficilement par l'activité humaine. Un slogan ?

L'Etat dévore la Nation !


Un régime démocratique truqué comme le nôtre jette à chaque élection la moitié du pays sur l'autre, et pour tenir la distance jusqu'à la prochaine, récompense ses clients. Cette récompense est toujours tirée de la ponction sur les perdants pour arroser les gagnants ; et pour pérenniser l'arrosage, il faut augmenter le périmètre d'intervention de l'Etat afin de sanctuariser les avantages concédés. Outre les fameuses mesures sociales en faveur des plus démunis, qui vont bien sûr créer des bureaux et des fonctionnaires pour les accompagner, on invente des "droits à" et des fromages très nourrissants. Un exemple ponctuel de fromage qui n'est pas de gauche : *En décembre 2009, une mission sur « les conséquences sociales de la mondialisation » est confiée à Christine Boutin pour enrichir les propositions du G20* (*Lci.tf1.fr-9.06.2010). ¤Le poste évolue en avril 2010 en "collaborateur de cabinet" du ministre du Travail Éric Woerth, avec une rémunération de 9500 euros par mois, qu'elle cumule à une retraite mensuelle de député et conseiller général de 8600 euros¤ (¤France Info-9.06.2010). Selon Le Canard enchaîné du 9 juin 2010 (page 2) : laquo; cette nomination aurait permis à Nicolas Sarkozy de faire taire les critiques de l'ancienne ministre envers le gouvernement (elle avait été débarquée par Fillon) et surtout d'écarter son éventuelle candidature à l'élection présidentielle de 2012 ». C'était une récompense électorale anticipée ! Elle dévoile l'état d'esprit des politiciens parvenus aux affaires : c'est rien, c'est l'Etat qui paye. Vous pouvez maintenant évoquer cent autres cas semblables de tous les bords politiques.

La Casta comme disent nos cousins italiens quand ils évoquent leur classe politique, est corrompue mentalement et matériellement jusqu'à l'os, et les désordres en cours sont en partie provoqués par le dégoût et la défiance des électeurs à son endroit. Assertion gratuite ? Que nenni ! Le Baromètre de la confiance politique du CEVIPOF 2019 (clic) signale que 79% des Français éprouvent soit du dégoût pour la classe politique (39%) soit de la défiance (28%), de l'ennui (10%) ou de la peur (3%).

Le glouton, emblème de l'Etat français


Si le peuple est souverain de par la Constitution, il va bien falloir qu'il se substitue à cette classe dans son ensemble pourrie, à quelques exceptions près de proximité que nous connaissons chacun. Le précipité populaire en cours n'augure pas encore d'une intelligence suffisante tant les vœux émis sont contradictoires (plus de services publics, moins de taxes et des retraites augmentées), mais il devrait suffire d'une éducation rapide à base de bon sens pour enfin l'éclairer, ce que La Casta s'est toujours refusée à faire puisqu'elle a préempté le pouvoir, les filières de pouvoir et l'éducation au pouvoir.

La Casta représente le peuple o-bli-ga-toi-re-ment. Savez-vous de quand date la préemption ? C'est subtil. Du 15 juin 2000, quand les jugements d'assises rendus au nom du peuple souverain furent passibles d'appel. Le mirage se liquéfiait, le peuple constitutionnel n'était crédible que jusqu'à midi. A midi dix, c'était un ramas de beaufs, diabétiques et consanguins, une foule... qui jouait aux juges mais qu'il convenait de guider entre les lices bourgeoises de la pensée autorisée pour bien garder les moutons. Royal-Artillerie appelle à briser les lices bourgeoises et, jamais en retard dans l'éducation des masses laborieuses et démocratiques, propose un axe de réflexion simple et testé ailleurs pour améliorer les conditions de la vie humaine ici, celui qui vise à tirer des ressources d'un Etat-providence lamentablement obèse, perverti par les dérives électoralistes évoquées plus haut : techniquement, on va nourrir notre projet à partir de la graisse du mammouth.

Commençons par la répartition de la dépense publique (les chiffres arrondis fournis par Contrepoints sont de 2017 mais ça change peu):

TABLEAU A
286 milliards d'euros) à l'Etat
169 aux collectivités territoriales
760 aux dépenses sociales
77 aux investissements
Total : 1.292 Mds€

On voit que le gros poste est la dépense des régimes sociaux ; elle se ventile ainsi :

TABLEAU B
250 milliards d'euros à la santé
45 à l'emploi
21 à la pauvreté et l'exclusion
325 à la vieillesse
18 au logement
55 à la famille
46 aux frais de gestion des dépenses sociales (c'est beaucoup)
Total 760 Mds€

Les plus gros postes sont finalement au nombre de trois : Etat (tableau A), Santé et Vieillesse (Tableau B).

Même si la réduction herculéenne de la dépense publique doit chasser le gaspi dans tous les compartiments de la République, on ne résoudra pas ce déficit monstrueux de 69 milliards d'euros sans taper sur les gros postes. Le plus cher est le régime de retraites déficitaire. A quoi bon s'enfouir la tête dans le sable pour ignorer qu'on vieillit plus longtemps en entrant plus tard dans la vie active ? Le tabou de l'âge légal de départ participe de cette sottise française que le monde entier découvre puisque, endettés jusqu'au cou, nous maintenons l'âge le plus jeune de l'OCDE pour des raisons idéologiques. Tous nos partenaires sont à 65 ans et cet âge glisse dans le futur pour suivre le taux de survie. Qu'attendons-nous pour être raisonnables ? Que le FMI nous l'impose ? D'autre part le défi de la durée de cotisation pour des actifs tardifs sera résolu par la retraite à points et par la défiscalisation des cotisations complémentaires libres. Quant aux régimes spéciaux non financés, puisqu'ils sont abondés par l'ensemble des contribuables, ils doivent disparaître par le seul principe d'équité, équité chérie, et tout de suite.

L'autre gros poste est l'Etat. C'est un morceau difficile à percer, mais on sait que la dépense majeure est dans les effectifs. Sans se disputer poste par poste, ni se réfugier derrière le flic ou le pompier, on sait quand même que le volant de surnuméraires est très important. Nous sommes au-dessus de la moyenne OCDE de presque deux millions de postes et les autres pays développés ne sont pas sous-administrés. Même si nous avons une attirance pour les services publics (comme l'Autriche ou le Danemark) les surnuméraires, c'est-à-dire les doublons, ceux dont le travail est dupliqué ailleurs, sont très nombreux. Fillon voulait dégager 500000 postes par attrition naturelle des départs à la retraite. C'est un minimum, pourquoi ? Parce que lors de la déconcentration des pouvoirs publics dans le cadre décentralisé, les fonctionnaires d'Etat auraient dû être poussés en masse vers les nouveaux emplois des régions, au lieu de quoi, soutenus en cela par un parlement envahi de fonctionnaires, les postes ont été maintenus au niveau de l'Etat central, personne n'acceptant d'être muté à Vesoul. Sarkozy a pu dégraisser presque 200000 postes payés à rien foutre, mais celui qui fréquente l'Etat central sait qu'il en reste beaucoup. Donc 500000 est un bon chiffre dont on peut trouver l'articulation dans les propositions électorales de François Fillon ; il se complète par la remontée des heures hebdomadaires de travail présence à 39 heures.

Dans ce chapitre "Etat", il reste bien sûr tous les débordements publics sur la sphère privée à travers une foultitude de comités théodules appelés hauts commissariats, commissions, agences, fondations, hautes autorités, défenseurs, délégués etc... On a recensé plus de cinq cents postes du style de celui de Chantal Jouanno, sans parler de l'audiovisuel public et son excroissance CSA qui font un peu relique soviétique en 2019, non ? Il faudrait chiffrer plus finement mais la destruction de ces empiétements sur la sphère privée, outre les économies engrangées, ôterait un motif important d'insatisfaction populaire. Les Français aiment la politique sociale ? Qu'ils créent et financent sur cotisations des associations qui la prendront en charge. Pourquoi, moi, dois-je cotiser par mes impôts à la société cynégétique... du Vercors ?

Le troisième gros poste est celui de la santé. C'est un sujet sensible surtout dans un pays où la pyramide des âges rétrécit à la base et où la quasi-gratuité des soins est entrée dans les mœurs publiques au même titre que le pinard et le fromage. Raison de plus pour privilégier une gestion serrée non pas du stock d'infirmières mais des bureaucrates et des ayant-droits. Comment ? En consultant les professeurs hospitaliers qui savent très bien où ça coince malgré l'huile surabondante des rouages administratifs, et en réprimant la fraude de façon impitoyable. Le juge honoraire Charles Prats en a fait son cheval de bataille, souhaitons-lui d'aller jusqu'au bout et de dénicher quelques millards qui pallieront des manques ailleurs, comme par exemple dans les soins dentaires. Dit en passant, l'AME (Aide médicale d'Etat) protégeant les étrangers de maladies transmissibles aux autochtones (ce fut l'argument de départ) devrait être auscultée dans le détail pour éviter les soins de confort et le tourisme médical provenant du Maghreb et du Proche Orient. Il s'agit d'un milliard par an. On ne peut pas non plus accepter la surconsommation médicale. Si les patients veulent conserver le bénéfice d'une prise en charge maladie quasi-gratuite sur crédits publics, ils doivent être raisonnables et pour ce faire, contraints ! Cela ne plaît pas, mais rien n'empêche les hypocondriaques de consulter des médecins non conventionnés qui leurs factureront des honoraires conséquents à la hauteur de leurs espérances de guérison.

Hôtel de région à Montpellier, avec les immeubles administratifs de part et d'autre.


Quand on aura terminé par ces évidences, il faudra passer au crible les dépenses des grandes collectivités locales, métropoles et communautés urbaines qui sont des nids de neveux à notes de frais gargantuesques. Un stage dans un conseil départemental ou régional vous apprendra tout. Ne cherchez pas, les plus grands coulages de crédits publics sont dans le midi, il faut le dire. Une gestion à la limite mafieuse coûte très cher, mais nous n'allons pas accabler d'avance ceux qui vont passer bientôt sur le grill de l'incompétence crasse, des passe-droits, de l'absentéisme et des durées de travail si courtes qu'elles en sont devenues grotesques.

Quand nous aurons fait de l'huile avec le gras du mammouth, on servira en premier la Justice qui est chez nous dans un état déplorable. Elle est notre honte en Europe. Puis nous commencerons à économiser pour réduire la dette française avant qu'un retournement de tendance sur le marché des bons souverains n'en renchérisse le prix et nous mène de la faillite à la banqueroute.


Les Gilets jaunes sont-ils aptes à comprendre qu'ils ne sont que les atomes d'un tout ? Je le crois dès lors qu'ils accepteront que pour s'en sortir, l'intérêt général doit primer les intérêts particuliers sans que ceux-ci ne soient bafoués pour autant. Les milliards non ponctionnés resteront dans le circuit marchand, dans la consommation de masse et l'investissement des courageux. Les marchés s'élargiront, la production augmentera et peut-être que certains exilés se diront que la France - plus beau pays du monde - risque bien de devenir un eldorado, et qu'il ne faudra pas traîner pour y tenter sa chance.

Arrêtons donc avec ces bêtises françaises qui n'ont plus cours ailleurs, dans le style "les plus riches paieront", "il faut partager la richesse" (sans se casser le cul à en créer), la "solidarité" des actifs et des feignants, la retraite magique à 60 ans et, chez un peuple battu, l'assistanat du berceau à la tombe (il y a des allocations d'obsèques).

Le bonheur français doit être apporté à chacun en se réalisant dans un boulot rémunéré correctement, au mérite et service rendu aux autres, occupation qui doit ouvrir des perspectives de progression par l'effort. Au lieu de quoi le bonheur français est sous Prozac à ce que dit la faculté de Médecine. Mais il faut commencer par rétablir la confiance entre les dirigeants et les citoyens, comme elle pouvait l'être par exemple sous la présidence de Georges Pompidou qui disait jadis : « Tout franc épargné, est épargné pour la France. Quant à ce qu'on en fera, faites nous confiance ! ». Nul n'en doutait.

Débarquons tous nos petits marquis poudrés, nos raisonneurs à compte d'autrui, et cherchons des hommes bien nés mais surtout d'expérience ! Comme disait Catherine II à Denis Diderot qui faisait le chemin de Saint-Peterbourg : « Avec tous vos grands principes que je comprends très bien, on fait de beaux livres et de mauvaise besogne. Vous oubliez dans tous vos plans de réforme la différence de nos deux positions : vous ne travaillez que sur le papier qui souffre tout ; il est tout uni, souple et n'oppose d'obstacle ni à votre imagination ni à votre plume. Tandis que moi, pauvre impératrice, je travaille sur la peau humaine qui est autrement irritable et chatouilleuse.»

Si vous voyez quelqu'un qui ferait l'affaire et accepterait qu'on le hisse sur le pavois, faites-moi signe. Je sais plein de trucs à ce sujet.





Addendum du 22/02/2019 : Synthèse contributive au Grand débat national postée ce jour sur le site du gouvernement (clic)
La revitalisation de la classe moyenne inférieure et la réindustrialisation (progressive) des territoires convoquent, à côté des investissements privés, des moyens budgétaires qui n'existent pas.
Il faut les trouver dans la dépense publique dont la réduction est la mère de toutes les réformes. Les trois plus gros postes de dépenses sont l'Etat, la Santé et la Vieillesse.

(i) Il faut gérer l'Etat avec modestie en écoutant la Cour des comptes et freiner le coulage clientéliste. Stop aux fromages républicains et aux structures gouvernant la dérive invasive de l'Etat dans la société (même si les Français, intoxiqués depuis 1945 à l'assistance, en redemandent).

(ii) La Santé doit être auditée sérieusement dans les gaspillages de tous ordres dont beaucoup proviennent de l'absurdie bureaucratique. Ecouter les professeurs hospitaliers qui vivent au coeur de la machine mais avec un état de conscience supérieur à la moyenne, serait ne pas perdre son temps.

(iii) On a tout dit sur la vieillesse. Il faut jeter aux orties les dogmes et principes obsolètes pour s'attacher à une gestion de bon père de famille qui reculera l'âge de départ à la retraite pour cause de vieillissement prolongé et arrêtez de faite supporter par la CNAV les dégraissements des entreprises.

Hors-sujet : le chômage. La caisse doit équilibrer ses comptes et l'Etat cesser d'y mettre ses doigts, en imposant par exemple au régime d'indemniser les intermittents du spectacle qui ne couvrent pas les frais. C'est indigne de se moquer du paritarisme quand l'ordonnancement des dépenses lui échappe.

On ne cherche pas deux ou trois milliards. mais bien trente pour commencer. Ensuite, viendra le tour de la Dette, humiliante pour le plus beau pays du monde. Mais a-t-on encore de la fierté en France sans que le ridicule ne nous tue ?
Merci au gouvernement pour avoir ouvert cet espace.




vendredi 4 janvier 2019

Le Grand Débat en question ?

(©François Guillot/AFP)


« Qu'ils viennent me chercher !» restera dans les Annales républicaines au même titre que la brioche de Marie-Antoinette, la marque d'une inconséquence. Ils viennent, sire, et chaque jour plus près. Dans quinze jours nous commémorons la décollation du roi, n'y voyez aucune prémonition.

Comme tous ses prédécesseurs en crise, le pouvoir réagit en biaisant, par subterfuges afin de se dédouaner par avance des décisions à suivre qui pourraient être difficiles à vivre, le plus grotesque étant ce grand débat national encadré qui ne vise qu'à noyer le mécontentement général sous les formes démocratiques d'une procédure usée jusqu'à la corde. Comme dans les conférences internationales où le communiqué final est mis en forme dès le premier matin, le pouvoir a signalé qu'il continuerait comme avant quoiqu'on en dise, avec quelques ajustements à la marge pour adoucir les effets collatéraux du programme 2017. "Nous ne détricoterons pas le Quinquennat", s'est aventuré à dire le porte-parole Griveaux. Et bien évidemment, les sujets sensibles comme l'immigration sont retirés de l'agenda alors qu'elle est le premier souci de l'opinion, à ce que disent les derniers sondages IFOP du 26 novembre et BVA du 6 décembre 2018 après le dernier Eurobaromètre standard 90 de la Commission européenne de l'automne 2018. En faut-il encore ?

D'un côté, la bienpensance trie les sujets que le peuple "peut comprendre" en éliminant la peine de mort, le mariage des folles, la PMA des vierges, le lancer de nain, d'un autre côté, elle demande au même peuple de lui donner les clefs de sa propre perpétuation. Enfumage total. Qui s'y prête ? Sans doute pas les royalistes, même s'ils ne sont pas convoqués es-qualité par l'histoire immédiate à défaut d'avoir le plan de sortir de crise avec une queue de trajectoire praticable. Mais cela n'empêche pas d'y réfléchir tout de suite car tout va se passer hors-débat, maintenant.

Le site RoyautéNews abat ses cartes en trois applications concrètes de la thèse maurrassienne (l'autorité en haut, les libertés en bas), que l'on pourra lire en détails en cliquant ici et que nous résumons ci-dessous :

(a) Etablir localement le socle "Gilets jaunes" en bombardant maires et députés de demandes de corrections d'injustices et tous sujets de mécontentement.

(b) Propager sur les réseaux sociaux les insuffisances d'un Etat qui se protège derrière le mur d'une République "antédiluvienne". Exiger une réforme profonde des institutions qui explicite de vrais contre-pouvoirs autonomes et le contrôle de l'exécutif (ndlr : la Constitution a été complètement dévoyée par le césarisme).

(c) Cesser le cycle des réflexions en petits comités, observatoires, think-tanks et agir concrètement pour faire reculer l'Etat jusqu'au seuil de son domaine essentiel en détruisant ses empiètements.

Ce n'est pas une réforme mais une révolution. Et les parlementaires de la majorité présidentielle le ressentent bien, eux qui crient au charron en se proclamant élus pour cinq ans au jeu du chat perché. Pathétique d'aveuglement.

J'ai souvent sur ce blogue reproché à Louis XVI d'avoir subi la Révolution française, vautré dans le char du roi fainéant, alors qu'il aurait dû jeter le cocher au ravin et prendre les rênes pour conduire le changement (afin que rien ne change, dira-t-on plus tard). Il en avait toutes les capacités intellectuelles et cognitives - le prince le plus instruit de son temps - mais il n'avait aucune intuition politique ni la trempe de caractère voulue. Emmanuel Macron est dans le même cas. Intelligent, il ne voit rien au-delà des rapports d'étape produits dans les soupentes du Château. Le 31 décembre, si l'on ne pouvait attendre raisonnablement sa démission, il aurait pu jouer la tour et le fou avec la dissolution de la chambre basse et un référendum constitutionnel pour réformer le parlement en y insérant le référendum d'initiative citoyenne réclamé par les trois-quart des Français. Dès le 2 janvier, le pays n'aurait parlé que de ça, tout l'espace politique et médiatique aurait été submergé par les campagnes politiques initiées par la présidence ; les Gilets jaunes rentraient chez eux. Chapeau, aurait-on dit ! Mais pour ça, il faut des couilles de bison !


Nous souhaitons que RoyautéNews creuse la question de l'agit'prop à la base. Pour notre part, nous diffusons notre absolue défiance à l'endroit du grand débat national encadré et nous privilégions la multiplication des actions de terrain dans les cellules politiques de base, communes et cantons. Mais il faut faire masse et que la limaille de fer s'oriente dans le champ de l'aimant. On en reparle...... d'ici là, Michel Fugain remastérisé par les Gilets jaunes :



mercredi 19 décembre 2018

Pour un nouveau contrat social

Va s'ouvrir bon gré mal gré la conférence nationale dont la préparation est sous-traitée à Chantal Jouanno (si, si). On peut supposer mais pas prouver que cette manifestation étirée sur deux mois servira de cellule de dégrisement au peuple insurgé, voire de cellule psychologique pour certains. Sauf que la matérialité de l'exercice risque d'en vite dévoiler la perversité et de refouler les gilets jaunes qu'on aura invités à "exprimer leur souffrance". Lassés d'attendre leur tour après tous les "pros" subventionnés incontournables dans tout débat national, ils rentreront chez eux ou au bar-tabac du coin. Bien sûr, je ne parle pas des petites mairies. L'affaire sent l'enfumage. Combien de jours a duré la nuit du quatre août ? J'en vois au fond qui n'écoutent pas. Le Grenelle de mai 68 ? deux jours ! Le pouvoir croit tenir les Etats généraux du pays sur deux mois ? Pour en sortir sans doute un pavé de deux mille pages avec lequel on calera pieds de tables et commodes ! La dernière consultation verticale a été inventée par Nicolas Sarkozy. Elle appelait dans toutes les préfectures à cerner l'identité française. A part quelques associations sur crédits publics qui n'avaient pas le choix, la consultation fit un flop retentissant, tout le monde avait piscine ou poney. A l'inventaire des premières réactions politiciennes, le caractère condescendant des gens qui organiseront le débat laisse présager le même résultat. Après un moment d'attention, l'exercice à deux minutes par tête va conduire le bavardage national au ravin. Cette décision a néanmoins un intérêt pour ceux qui savent y faire :

Pendant quelques semaines (deux ? trois au grand maximum) les Français seront réceptifs aux propositions politiques et en mesureront la pertinence à l'aune de leur intérêt particulier. Moins captivés par l'intérêt général qui dans nos sociétés fragiles et sophistiquées est vite inextricable quand on pousse l'analyse, il peut advenir que les gens se lassent d'y porter attention, et comme chez certains de nos voisins, préfèrent laisser phosphorer des experts de l'imbrication. Et c'est ce à quoi les royalistes auraient dû se préparer depuis longtemps, par le projet d'un nouveau contrat social, afin de proposer un deal au peuple :

Le DEAL que les monarchistes français devraient proposer est de revenir au roi pour le domaine régalien stricto sensu que l'on arracherait à la dispute gauloise. En contrepartie, tout le reste serait remis à la démocratie participative, quelque forme de régime suisse à adapter chez nous.

Bannière de l'Armée catholique et royale - Acte V - Paris

Ce partage ne serait pas si différent des domaines prétendûment réservés d'aujourd'hui dont le parlement vote les crédits par reconduction automatique en même temps qu'il prend du champ sur les questions subalternes laissées aux morceaux de bravoure de la représentation nationale et aux amendements.

Une instauration monarchique compréhensible par tous, sur tous les ronds-points, barrages et péages, et dans tous les commissariats de France et de Navarre ! Un chef pour l'essentiel qu'on oublie et tous pour le social et notre quotidien. Et cessons ces commémorations au souvenir d'une époque qu'aucun de nous n'a jamais connue ! C'est impolitique au possible.

Reste à former les "cantons français" sur la base de nos départements avec quelques ajustements de commodité. Et en avant pour le R.I.C. ! Qui rédige le projet dans le détail et son argumentaire ? L'école de pensée ?
Soyons pratique et faisons court :

« l'autorité en haut, les libertés en bas »
.


Articles les plus consultés