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samedi 18 mars 2023

Ça bouge dans le bon sens

Trois commentaires pour le prix d'un.

Macron à la glace
Le Château a l'impression de s'être fait mettre par le président Ciotti qui avait vendu le déplacement de la borne des 64 ans contre le vote du "bloc" LR. Après le 49.3 de secours déclenché par la Technocratie en mode panique, le même pizzaiolo jure sur la bible de Brice que pas un député sous ses ordres ne votera aucune des motions de censure déposées par l'opposition lundi 20. LR est un parti zombie en cours de division, même pas un syndicat de sortants. On ne peut mentir à tout le monde tout le temps. Quid de la suite ? Langue au chat. Soit les esprits refroidissent en voirie, car les appels au blocage de la République par les élus de la Nupes sont à compte d'autrui - eux ne perdront pas leur traitement - ; soit malgré l'inflation la chienlit se diffuse tant en province qu'à Paris et le chaos de l'économie appelle Foutriquet à réagir. C'est bien dommage pour lui, qui croit avoir de bons résultats en moyennes et une aura européenne intacte, alors que c'est tout l'inverse, comme le lui rappelle vicieusement Pierre Moscovici depuis la Cour des comptes. La France irréformable devient alors l'homme malade de l'Eurogroupe et l'attention de tous nos partenaires sera monopolisée par la sauvegarde de la monnaie unique que les Français n'ont pas su gérer.
Pestiféré à Bruxelles, il dissoudra à Paris ! Béante, la boîte de Pandore : soit une chambre rouge vif envoyée par... les abstentionnistes ; soit une chambre introuvable bleu-horizon libérée par le rallye en masse de la classe moyenne effrayée par la rupture d'approvisionnement des biens essentiels. Il en fait quoi le Miquet à la houppe ? Rien ; sa majesté n'est pas programmée pour les crises, et ne sait faire que du théâtre : marathon communal, convention citoyenne, allocutions vaseuses, allocations à crédit sur la tête des générations futures. Mais de gouvernement, point !

Vlada, fillette de Marioupol sous les bombes
L'autre bouffon est de l'autre côté de la table de huit mètres ! Poutine le rusé vient de se prendre le mandat d'arrêt international qui va bien, au juste et malin motif de la déportation d'enfants ukrainiens en Russie. Avec la masse non négligeable de soutiens gracieux ou stipendiés, il pouvait se permettre presque tout ; les excuses fusaient. Les HLM était bâtis près des centrales électriques ; les gares voyaient passer des convois de troupes ; les hôpitaux avaient des arsenaux en sous-sol ; même Butcha c'était un court-métrage. Mais les gosses, ça ne passe pas. Parce que même les explications les plus tordues ne sont pas présentables à la table de famille où parfois dînent des enfants. On ne déporte pas les gosses, ça fait "grosse saloperie". Bien sûr l'Intouchable du Kremlin pourra tourner dans toute la Fédération de Russie qui est immense, mais sollicitera un sauf-conduit dans tout autre déplacement hors-frontières, si tant est qu'il se trouve encore des dirigeants désireux de s'afficher avec un tricard recherché par Interpol ! Bien sûr il ne sera jamais traîné à La Haye sauf effondrement du régime et encore, la taïga est grande, mais il doit oublier désormais toute invitation dans les enceintes internationales (G20, ONU, OMC, OMS etc...) et tout cela sans attendre le rapport du Conseil des droits de l'homme des Nations unies qui va sortir à Genève sur les crimes de guerre du conflit russo-ukrainien. C'est l'effet kisscool !

Les opérateurs nous serinent que le marché du pétrole est plastique et universel. La guerre n'est pas un paramètre plus déterminant qu'un accord à l'OPEP+. C'est une information au milieu de cent autres. Par contre comme tout marché de denrées, il cote entre panique et hystérie, sans limites. Cette semaine le Brent est cédé à 72,47 USD le baril, le West Texas Intermediate à 66,34 soit un recul de plus de 7 dollars par rapport à la semaine passée. Motif, la faillite de la SVB, rachetée pour un dollar par la Hong Kong & Shanghai Bank, a métastasé jusqu'en Suisse et retour sur la Côte Est. Ceux qui, débutant dans l'emploi, ont organisé leur plan sur la crise pétrolière, en seront pour leur frais. Les compagnies russes qui sont tenues de discounter leur Crude Oil Urals aux Indiens et aux Chinois qui ont des frais, hein ?, doivent se demander s'ils ne sont pas quelque part les pigeons de la guerre du Kremlin. Nos idiots utiles avouent n'y rien comprendre à moins que les illuminatis satanistes n'aient investi les places de cotation. Mais de cela, on s'en fout.

samedi 15 juin 2019

L'affaire d'Ormuz

Caler les faits ! C'est ce pourquoi les journalistes existaient. Au lieu de quoi ils versent aujourd'hui dans l'alarme, peut-être sur ordre des rédactions, afin d'accroître l'audience des beaufs incultes qui achèteront du Coca Cola. Il en est ainsi de l'incident du Golfe d'Oman.
En cas d'aggravation de la situation régionale, ces experts annoncent un bond du brut à 200 dollars le baril qui culbuterait le prix français du sans-plomb à la pompe avec les conséquences politiques que l'on sait dans un pays qui surtaxe le carburant. Le blocage du Détroit d'Ormuz suggéré comme élément de négociation par les mollahs quant à lui, ouvrirait la plus formidable pénurie d'huile que le monde ait connu depuis la Guerre du Canal de Suez. Et vas-y pour le tour de table du «qu'en pensez-vous ?». Rares sont les critiques sérieuses de ce scénario de presse sur les plateaux médiatiques, ce qui tendrait à faire croire au dessein d'abrutissement des masses qu'ils poursuivent.


Même si depuis Colin Powell les preuves d'images américaines sont suspectes, il semble difficile d'exonérer totalement l'Iran. Certes, le gouvernement nie toute implication mais chacun sait qu'il ne gouverne pas tout le spectre islamique et que les Gardiens de la révolution (Pasdaran) ont leur propre agenda : survivre coûte que coûte dans leurs intérêts propres. Pour purger les soupçons, on ne voit pas non plus les services émiratis immerger des mines, a fortiori les plaquer de nuit sur les coques des tankers, au nez et à la barbe des Omanais assez jaloux de leur position équilibrée en l'affaire. On peut exclure aussi les Séoudiens qui ne sauraient que sous-traiter. Reste la CIA, comme dans les bons romans d'espionnage... mais l'agence de Langley n'est pas dans les petits papiers de Big Twittos.

Si la piste des Pasdaran devenait sérieuse, le mobile de la mise en tension du Golfe collerait parfaitement à la situation intérieure de la République islamique s'il s'agissait de provoquer un sursaut national comme à l'époque de la guerre déclarée par Saddam Hussein. Mais rien n'est moins sûr. Le régime des mollahs est durement secoué par la crise économique et sociale qu'il ne peut surmonter, et il est susceptible de s'écrouler à la faveur d'une catastrophe naturelle ou d'une insurrection générale des mécontents tant ils sont nombreux. Miser sur un sursaut nationaliste est jeter trop loin le bouchon. Les Iraniens sont fatigués de la rhétorique guerrière d'un clergé milliardaire qui se battra pour ses privilèges jusqu'au dernier d'entre eux. L'affaire du Golfe d'Oman ressemble par certains égards à la fuite en avant d'une composante essentielle d'un régime qui ne verrait sa perpétuation que dans le chaos.

En restent pour le moment les effets. Pour que le pétrole monte, il faut que les acheteurs soient plus nombreux que les vendeurs, quels que soient leurs motifs. Or les acteurs du secteur ne croient pas en une reprise rapide du commerce mondial tant que le conflit stratégique Chine-USA n'est pas stabilisé. Peu d'entre eux croient en une paix durable et sincère. Mais qu'au moins les compteurs soient bloqués, comme il en va du différent Occident-Russie ! Ainsi, après les avaries de deux tankers, a-t-on vu un pic de cotations qui pourrait bien n'être que spéculatif et limité à la journée ou à trois jours. Puis pendant les travaux la vente continuera sous la loi de l'offre et de la demande...

L'autre hystérie journalistique concerne le blocage du détroit d'Ormuz (carte ci-dessous). "Compte tenu des réserves stratégiques existantes et des possibilités d’augmentation de la production ailleurs dans le monde, la diminution des flux énergétiques qui en résulterait ne durerait pas assez pour entraîner une pénurie dommageable" affirmait dans Cairn le capitaine de vaisseau Eudeline. Il y a eu un précédent, en 1988, une frégate américaine avait été avariée par un mine dérivante et l'Iran a perdu. Incapables de tenir la ligne du détroit, la flotte iranienne avait immergé des mines à partir de ses propres plateformes pétrolières pour y perdre à la fin des bâtiments de guerre et les deux plateformes en question. La parade actuelle, largement soutenue par les Etats arabes du Golfe sauf le Qatar et le Sultanat d'Oman, serait de forcer le blocus avec des chasseurs de mines escortés et de vitrifier la côte iranienne sur trente milles de profondeur (soit 50 kilomètres) en face de la péninsule déchiquetée de Musandam (à Oman) pour éloigner les sites de tir de missiles sol-mer. En cas de persistance de la menace, une administration précédente à celle de Donald Trump se proposait de ruiner les infrastructures industrielles des îles autour de Qeshm dans la baie de Bandar-e-Abbas, au motif du droit de poursuite des bandes de Pasdaran œuvrant sur le Golfe. C'est ce que Trump englobe dans sa menace d'extermination générale du régime des mollahs.


Pour finir, une mise en surtension du Golfe persique n'est pas de l'intérêt de l'Iran parce qu'il utilise aussi le Détroit d'Ormuz comme débouché et que les Américains peuvent parfaitement sécuriser le commerce arabe tout en bloquant le sien dans ses ports. Mais l'Iran a montré aussi que sa logique ne convoquait pas toujours le bon sens et que proclamations et exhortations sont au menu plus souvent que la solution des équations géopolitiques. Depuis qu'il existe, le régime n'a pas développé le pays mais a exporté ses nuisances tout autour pour un bénéfice nul. Même l'Irak chiite s'en méfie, avant que la Syrie n'y pense.


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