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lundi 13 mars 2017

2018

2018 ! Pour changer un peu des gamineries coûteuses de la campagne électorale, il n'est pas interdit de se projeter un an en avant et d'anticiper certains changements tout à fait plausibles sur notre zone d'effort : l'Europe. L'époque est aux ruptures et révolutions : voici celles qui pourraient compter, la première étant acquise :

1.- Stabilisation de la diplomatie de l'Administration américaine de Donald Trump
2.- Présidence française de Marine Le Pen
3.- Chancelier allemand : Martin Schulz
4.- Chef de l'opposition néerlandaise : Geert Wilders
5.- Brexit achevé en avance

La mise en mouvement de cette Europe nouvelle est déclenchée par un pion qui saute au jeu de dames : Vladimir Poutine rejoue en Estonie la comédie du Donbass. Ce scénario est celui retenu par James Kirchick dans son bouquin The End of Europe: Dictators, Demagogues, and the Coming Dark Age (Yale 2017 - clic). Mais la fiction qui suit est bien du Royal-Artillerie pur jus. Auparavant il convient de justifier rapidement la crédibilité des hypothèses ci-dessus.

(1) [US] Après quelques semaines d'errements destinés à satisfaire l'appétit de bon sens du Commander-in-Chief Trump, l'impétrant a accepté l'analyse d'Ivanka qui l'a convaincu que les affaires étrangères étaient un registre compliqué et passablement chiant, et qu'il était bien plus excitant de s'occuper des travaux publics américains avec les visites de chantiers en casque rouge et les inaugurations de nouveaux ponts ! Exxon a repris en main la diplomatie US de manière classique.

(2) [FR] L'écœurement des Français a conduit beaucoup d'entre eux à s'abstenir de participer à la mascarade électorale, ce qui proportionnellement a favorisé la candidate du Front national dont les militants et sympathisants se sont rués en masse aux isoloirs. Marine Le Pen est passée à 50,25%, ce qui est suffisant. Les législatives de juin 2017 n'ont amené aucune majorité au Palais Bourbon, les coalitions se font et défont mais le domaine réservé - guerre et diplomatie - est plus que jamais au-dessus de la mêlée politique. Les caisses sont pleines d'assignats depuis que l'euromark a été interdit de circulation en France. le pays est devenu très vénézuélien finalement.

(3) [DE] La démagogie du caméléon Schulz a vaincu la sobriété d'Angela Merkel. Le peuple allemand a voulu une période de récréation et s'est éloigné de la logique de père fouettard de l'Europe des cigales. Au fur et à mesure de la dégradation des comptes publics, la société allemande respire de mieux en mieux, qui a retrouvé l'esprit de fête débridée comme aux derniers jours de Sodome et Gomorrhe au grand dam de l'âme rhénane pesante et tristement économe. Comme aux Etats-Unis, le peuple allemand s'est recentré sur lui-même sous la devise du Vivre et laisser mourir... les autres. Les nuits de cristal ont découragé l'immigration.

(4) [NL] Le Batave peroxydé a raté de peu les élections de 2017 mais comme en France, aucune majorité n'a pu être constituée durablement à la Chambre, renforçant le pouvoir de blocage du Parti Pour la Liberté. Toute la politique étrangère des Pays-Bas est prise en otage par les nationalistes. La Turquie avait essuyé un premier revers d'importance en mars 2016, c'est l'Arabie séoudite la vedette de l'année. Avec le renfort des Flandres belges, c'est toute la côte orientale de la Mer du Nord qui est devenue maintenant patriote, de Dunkerque à Amsterdam.

(5) [UK] Theresa May a terminé le processus de largage. Elle n'a eu aucun mal à signer des accords de libre-échange avec tous les acteurs économiques importants dans le monde à commencer par la Chine qui a mis beaucoup de billes dans l'ingénierie financière de la City. L'Europe continentale a finalement suivi en accordant au Royaume-Uni un statut à mi-chemin entre celui de la Turquie et celui de la Norvège, dès le mois suivant le départ à la retraite de Jean-Claude Juncker. L'effondrement de la livre sterling a créé de nouvelles activités comme jadis en Irlande du Sud. L'euromark reste une monnaie qui s'échange à la bourse comme dans la rue.

C'est alors que deux cents camions sans plaques d'immatriculation sont entrés dans Narva (Estonie), portant une infanterie sans insignes qui a pris tout le monde de court et la radio. Il est 20 heures, vendredi.


Les insurgés proclament à la radio vouloir libérer l'Estonie russophone de la colonisation et protéger la communauté russe mise en grave danger par les politiques revanchardes de l'Union européenne. Le Kremlin vient de diffuser un communiqué dans lequel le Premier ministre assure n'y être pour rien et condamne l'invasion perpétrée à son insu.
Des observateurs soi-disant neutres qui normalement pointent au payroll de l'OSCE, tweetent que viennent d'entrer dans Vasknarva sur la rive nord du lac Peipus deux douzaines d'obusiers de 152mm tractés derrière des camions sans marques. On aperçoit au loin des colonnes d'infanterie portée convergeant vers le lac. Le ministre russe des affaires étrangères avoue n'y rien comprendre et soupçonne une déstabilisation des peuples de la côte balte par des médiats occidentaux apparemment informés chaque fois les premiers.
Les insurgés viennent de déclarer que la libération du district russe jusqu'au fleuve Kunda était en cours, les rebelles venant d'entrer dans la capitale régionale, Kohtla-Järve. Toutes les rues sont pavoisées de drapeaux russes.

Le gouvernement de Tallinn projette ses troupes sur la rive gauche du fleuve et demande au SHAPE de Mons que soit déclenché l'article 5 de la Charte atlantique. SHAPE demande au Pentagone une couverture satellitaire de la Baltique sous six heures. Norfolk est avisé, AFCENT à Brussum mis en alerte ; on démarre les stations de pompage pour compléter les pleins de kérozène des cuves des aérodromes avancés. De son propre chef, la Bundeswehr en fait autant pour le F54 de l'armée blindée. La brigade américaine en Pologne rappelle ses permissionnaires et vérifie ses soutes. Rien ne peut être maintenant reproché à l'état-major allié en Europe, alors on attend. Le Commander-in-Chief est parti en week-end à Camp David. La Pologne mobilisera ses réserves dès dimanche.

Samedi matin, le président Trump demande à lire l'article 5 de la Charte à son petit déjeuner :
Article 5.- Les parties conviennent qu'une attaque armée contre l'une ou plusieurs d'entre elles survenant en Europe ou en Amérique du Nord sera considérée comme une attaque dirigée contre toutes les parties, et en conséquence elles conviennent que, si une telle attaque se produit, chacune d'elles, dans l'exercice du droit de légitime défense, individuelle ou collective, reconnu par l'article 51 de la Charte des Nations Unies, assistera la partie ou les parties ainsi attaquées en prenant aussitôt, individuellement et d'accord avec les autres parties, telle action qu'elle jugera nécessaire, y compris l'emploi de la force armée, pour rétablir et assurer la sécurité dans la région de l'Atlantique Nord.
Toute attaque armée de cette nature et toute mesure prise en conséquence seront immédiatement portées à la connaissance du Conseil de Sécurité. Ces mesures prendront fin quand le Conseil de Sécurité aura pris les mesures nécessaires pour rétablir et maintenir la paix et la sécurité internationales.


Le gouvernement de Varsovie lit ce texte en même temps que Trump mâche ses muffies à la canelle : où est la clause automatique ? Pétain, mais où est la clause automatique, s'écrient les Polonais ? Trump téléphone à Rex Tillerson d'arranger le coup avec Lavrov, pour arrêter ce merdier qui ne trompe personne sinon « ça va chier grave (sic)». Tallinn a appelé trois fois le Département d'Etat pour s'entendre dire que le président Trump s'en occupe et qu'ils arrêtent de les lui briser ! Le groupe de Visegrad, averti de la colère stérile de Donald Trump décide de se réunir à Gdansk pour marquer sa désapprobation. Vilnius et Riga ont mobilisé tous leurs effectifs en attendant la clause automatique qui tourne au cauchemar.
A Paris, la présidente Le Pen convoque un conseil de défense pour lundi 9h30 après avoir reçu l'ambassadeur Orlov, un ami sincère. Londres s'est mis en capacité de fermer le Skaggerak sous douze heures mais reste tranquille. Nul ne sait ce qu'il se dit à la Chancellerie de Berlin. De mauvaises langues insinuent que Martin Schulz est en mode panique. Il faut dire qu'élire un chancelier qui n'a pas le bac était une riche idée. Les Pays-Bas et le Danemark ont réhaussé leur degré d'alerte aérienne mais ne patrouillent pas.

Dimanche soir, Rex Tillerson téléphone à Camp David pour dire qu'Alexandre Lavrov le balade. Ses conseillers à l'ambassade de Moscou lui disent que ce sont les Soviétiques qui ont envahi les trois Etats baltes en application du Pacte Staline-Ribbentrop de 1939 mais que c'est plus compliqué. Compliqué n'est pas américain, Trump demande combien coûterait au pays un blocus naval de la Russie en Mer baltique. C'est alors que tout le monde réalise que Vladimir Poutine n'a pas encore parlé.

F-35 JSF


(à suivre)
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lundi 11 juillet 2016

Le pacte atlantique de Varsovie

Réunion polonaise de l'OTAN ? Quel symbole ! l'Alliance atlantique¹ a organisé un sommet dans la capitale de l'ancien Pacte de Varsovie qui unifiait jadis les forces est-européennes sous commandement soviétique unique. Mais cette position géographique est doublement significative : la Pologne est au sud de deux grands Etats neutres (Suède et Finlande), mitoyenne d'une enclave russe (Kaliningrad) autrefois prussienne, elle touche la Lituanie convoitée par le Kremlin avec les deux autres Etats baltes, elle est contiguë à la Biélorussie, allié indéfectible pour l'instant de la Russie, et à l'Ukraine, cauchemar d'icelle. Autant dire qu'il y a du monde à l'agenda.



Le sujet majeur de préoccupation ne peut être autre que la prospective poutinienne. Que pourrait tenter encore le nouveau Csar de toutes les Russies pour faire oublier à son peuple la corrosion endémique de l'économie russe ? Car c'est bien d'insuffisance économique qu'il s'agit avant tout. Pour bien commencer, signalons que le PIB russe est inférieur à celui de l'Espagne (source Banque mondiale 2016). Le territoire à maintenir est trente-trois fois plus grand et sa population trois fois plus nombreuse ! Seul atout mais de taille : la Russie dispose de beaucoup de matières premières et d'énergie fossile. Le problème est que le prix de ses matières et denrées ne lui appartient pas, il est entre les mains étrangères de ceux que la Russie croit être ses ennemis, à tort ! C'est du pouvoir crypto-soviétique installé au Kremlin dont tout le monde se méfie, pas des Russes.

Quand l'URSS s'effondra sur elle-même, chacun comprit que le projet russe du futur ne serait pas d'arriver sur les marchés mondiaux comme une économie de rente à l'africaine, mais de convertir progressivement cette économie "primaire" en économie industrielle. Et le potentiel du pays était énorme. A tel point que même les Japonais avaient approché le gouvernement de Boris Eltsine pour mettre en valeur la Sibérie orientale à leur profit mutuel, comprenant qu'il ne pouvait le faire seul. Finalement, l'apport en développement le plus important fut celui qui exploitait la rente minière avec souvent le concours des pétroliers occidentaux. L'industrialisation passa en mode mineur au profit de dépenses de première nécessité - le Russe redécouvrait la faim -, des dépenses somptuaires ou de prestige lancées pour conjurer le déclin stratégique, voire la guerre à outrance comme en Tchétchénie. Un quart de siècle après le changement de paradigme, la Russie est toujours la Haute Volta nucléarisée que débinait le chancelier Schmidt, tributaire des imports alimentaires et de l'expertise étrangère en tous domaines, que ce soit pour fabriquer des voitures vendables ou lancer des ponts comme à Kerch. Elle fait faire plus qu'elle ne fait, sauf dans l'aéronautique militaire ! Qui peut citer un produit russe en supermarché ? Les kalashnikov ne s'y vendent pas encore.

Comme souvent, le pouvoir (issu majoritairement de l'ancien KGB) se refait une santé en liquidant ses opposants et en agitant les combats patriotiques ; et si la ré-annexion de la Crimée était "explicable", la déstabilisation armée du Donbass est une faute stratégique grave en ce qu'elle signale à tous les voisins de la Russie que son appétit est intact, autant sinon plus quand elle échoue à l'intérieur. Les trois Etats baltes ont parfaitement entendu le message, eux chez qui réside une forte communauté russe susceptible de servir de prétexte à l'invasion, comme les Allemands des Sudètes jadis. Mais le plus inquiétant est le niveau intellectuel assez médiocre du pouvoir en place. Il n'est jamais parvenu à comprendre un développement économique hors-Plan, par débondage des initiatives privées valorisées sur un marché libre, la fameuse jungle capitaliste. Cette voie libérale qui a fait ses preuves jusqu'en Chine, n'est pas contrôlable depuis un pupitre central, sauf par élimination des succès² - Khodorkovski, Nevzlin, Evtouchenkov, Pougatchev, Gouzinski...etc - ou leur destruction (Berezovski... etc).

Le leit-motiv du Kremlin est l'avancée du front atlantique vers elle. Outre que le projet occidental n'était pas au départ d'intégrer au SHAPE des économies malades et des armées rouillées, chacun feint d'ignorer que le premier souci des satellites libérés fut de chercher une assurance de sécurité pour prévenir un retour de flamme de la chaudière russe. Ils se jetèrent tout de suite dans l'OTAN qui avait encore la sale réputation de menacer en permanence les masses démocratiques orientales - d'où le choix de passer côté manche - et qui était une structure pseudo-défensive leur ayant fait réellement peur pendant des lustres. Leur demande d'intégration militaire immédiate précéda toute démarche visant à entrer dans d'autres programmes internationaux comme la Communauté européenne ou l'OSCE. Même si l'arrogance de certains américains comme Dick Cheney était préjudiciable à la bonne entente est-ouest, des garanties explicites de non-agression du côté russe auraient ouvert la voie à un régime de paix et de développement fructueux du Danube à la Volga. On parla un court instant du nouveau Wild East. Le pacte de coopération russo-atlantique de 1994, appelé Partenariat pour la Paix, s'inscrivait sur cette trajectoire. Manque de pot, les Russes, fatigués du gouvernement d'un ivrogne (Eltsine), se jetèrent dans les bras d'un politicien rusé sans scrupules, capable de combattre un ours saoul à mains nues, lequel débarqua les réformateurs pour placer ses copains des services d'espionnage et police, plus faciles à comprendre puisque du même niveau scolaire que lui !
What next ?

Les classes moyennes russes voient toute l'énergie perdue à agiter de nouveau la menace soviétique en direction de l'Occident. Hormis quelques métropoles occidentalisées qui satisfont à leur désir de consommation par les importations, le reste du pays a peu progressé, les friches industrielles sont immenses, les nouvelles usines rares et étrangères. Voir en pied de billet ce qu'en dit le MOCI (Moniteur du commerce international). Habile à propager ses projets dans l'opinion, le Kremlin serait mieux avisé de faire accepter par son peuple une baisse de la tension au Donbass en normalisant son attitude vis à vis des séparatistes russophones et en négociant diplomatiquement sa reprise de la Crimée sur le tapis vert, pour laquelle ils ont de bonnes justifications et qui serait l'occasion de sécuriser le seul secteur utile de la péninsule, Sébastopol. Cesser aussi les provocations aériennes chez ses voisins et même plus loin (Angleterre), qui déclenchent des contre-mesures, jusqu'ici maîtrisées sauf au Hatay (un SU-24 russe abattu par un F-16 turc). Assainir enfin la situation géopolitique en Mer Noire en cautérisant les abcès abkhaze, ossète et transnistrien. Viendrait alors une relance de la conversion économique dont nous parlions plus haut, un défi plus intelligent à l'avenir que le renouveau de la Flotte. Les torrents de liquidités débondés par les banques centrales pour relancer la croissance mondiale feraient naturellement leur chemin vers l'immense Russie sans qu'il soit besoin d'aucune autre incitation que la sécurité des investissements !

En revanche, on peut apprécier l'attitude prudente du Kremlin sur sa frontière sibérienne. Ils partagent avec la Chine une sorte de détestation d'un Occident qui rend malgré tout service, ce qui leur permet d'entrer dans les programmes chinois de collaboration régionale (Shanghaï, Route de la Soie) et les place en position d'être alertés quand le Parti communiste chinois réactivera son projet de retour aux frontières impériales sur l'Amour, comme il le fait en Mer de Chine aujourd'hui. A terme, c'est inévitable. La Russie a perdu toute influence en Mongolie extérieure et elle est envahie par l'activisme privé des Chinois dans la province maritime de Vladivostok. Le port de Vladivostok endormi a failli se vendre aux opérateurs chinois (comme Gwadar ou Le Pirée) mais la transaction fut interdite par Moscou. La Russie qui n'a aucun moyen de pression en Extrême-orient ne peut pas faire autrement que de composer avec son puissant voisin. Des stratèges payés au mois annoncent un nouvel Axe menaçant. Il n'en est rien, les satrapies d'Asie centrale se méfient des deux côtés et veillent sur les pipelines. A preuve de l'indigence conceptuelle des équipes de Poutine, on peut signaler que si elles avaient su composer aussi bien avec le Japon (Kouriles vs. Sibérie) qu'avec Pékin, l'assurance de non-agression adossée à une diplomatie de revers aurait été bien meilleure.

Entre-temps en Europe, l'Alliance muscle un peu son dispositif oriental pour répondre quelque chose aux Baltes et à la Pologne, même si le gouvernement Droit & Justice de Varsovie, arc-bouté sur une russophobie utile au plan électoral, ne fait pas l'unanimité dans les cercles atlantiques qui se méfient de Kaczynski. A l'image de ce qu'il s'est passé à Kiev, les Polonais peuvent-ils déclencher des représailles russes et appeler alors la réaction atlantique en vertu de l'article 5 de la Charte ? Il est à noter que la brigade de renfort déployée à l'Est sera sous commandement allié des Etats-Unis, Allemagne, Grande-Bretagne et Canada. Pas la Pologne !

On a entendu aussi un projet de renforcement de la coopération entre la structure Politique de sécurité et de défense commune européenne et le SHAPE dans les domaines utiles comme le renseignement et le contrôle physique des vagues migratoires en Méditerranée. Tout l'intérêt de ce rapprochement gît dans les détails ignorés du grand public qui sortiront un jour. Mais d'ici là, il semblerait que l'européisation d'une défense commune ait reculé sans qu'il en soit parlé ; pourtant l'évasion du Royaume uni serait l'occasion d'installer enfin un quartier général permanent, commun aux pays de l'Union (OTAN et hors-OTAN), dans le cadre de la politique de défense communautaire. Si le concept est toujours de saison (moi j'en doute), les pays fondateurs devraient s'en charger, cela n'obérerait en rien la coopération technique franco-britannique qui va être maintenue car elle soutient nos industries d'armement.

Vis à vis de la Russie, la gesticulation d'une brigade au contact est mineure par rapport au bouclier anti-missile³ que le Pentagone est parvenu à installer en Europe de l'Est et qui est maintenant opérationnel, stade 1. C'est là la vraie réponse de l'Alliance au Kremlin après l'affaire d'Ukraine : elle dit en substance : "Nous ne vous croyons pas !". Quelle surprise ?


- Port de Kaliningrad, pas un chat, on dirait Sète -
Les Russes annoncent en réponse qu'ils vont moderniser leurs fusées et augmenter leurs effectifs. Pour faire quoi, on se le demande. Là aussi, la vraie réponse eut été de développer l'enclave maritime de Kaliningrad idéalement placée au milieu de la Communauté européenne pour en faire une zone franche de construction navale et fabrication en tout genre, à portée du marché libre et solvable de l'Union, quelque sorte de Hong Kong balte, au lieu du Macao de stupre et du jeu tel que le devient l'oblast oublié. Non ! on dérouille l'artillerie au Transyl et le Kremlin commence à se méfier du peuple de Kaliningrad qui juge déprimant l'écart de niveau de vie entre lui et ses voisins libres ! C'est bien le niveau intellectuel au sommet qui est en cause.


La Douma vient de passer une nouvelle loi anti-terrorisme qui muselle encore plus s'il en reste, les opposants au pouvoir. Vladimir Poutine fuit en avant des défis affrontés par son pays. Sa stratégie d'endormissement tellement codée URSS ne fait plus recette. Chacun voit très clair dans son jeu, sauf les idiots utiles français, comme l'était Charles Hernu à l'époque de la Guerre froide, comme le sont aujourd'hui des parlementaires en mal d'exposition médiatique comme Myard, Goasguen, Mariani, Pozzo di Borgo et d'autres qu'il nous ferait mal de citer ici (?!). Les vrais amis de la Russie plaignent les Russes qui subissent les menées de basse police du modèle antérieur et dont l'opinion sincèrement patriote est manipulée pour servir à les contraindre à l'acclamation. Sondage de popularité par téléphone : "Que pensez-vous du président Poutine ? Nous avons votre numéro de téléphone." Et trop de politiques chez nous veulent ignorer ces faits par anti-américanisme pavlovien ! Rien appris, rien compris !


(1) Royal-Artillerie a publié 28 billets sur l'OTAN. On y accède par le nuage de tags en bas du blogue.
(2) Source Investig'Action
(3) Voir l'article de l'AF2000 reblogué sur Royal-Artillerie en cliquant ici, duquel j'extrais ce court paragraphe :
"La dispute russo-américaine sur le bouclier d'Europe orientale tient toute dans ce jeu de rôles : Moscou affirme que l'invulnérabilité américaine obtenue inciterait Washington à frapper préemptivement et que le système anti-missile polonais servirait à contrer une partie des tirs de représailles russes. En conclusion de quoi, le bouclier serait un facteur de guerre. Les Chinois approuvent, et construisent le leur ! Obama déplace le sien."


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MOCI : En 2015 la Russie s’est enfoncée dans la crise amorcée en 2014. Les réserves du pays ont fondu, le déficit budgétaire s’est creusé et la volatilité du rouble s’est accentuée avec l’introduction d’un système de change flottant fin 2014, forçant la Banque centrale à intervenir. L’inflation a continué d’augmenter et une crise bancaire a touché plus de soixante dix banques russes. La chute des prix pétroliers pèse sur les recettes provenant des hydrocarbures, alors même que les recettes hors pétrole sont pénalisées par la faiblesse de l’activité et que les sanctions occidentales continuent d’impacter l’économie russe. Le budget 2016, de l’ordre de 16000 milliards de roubles, est consacré au paiement des charges sociales, à la défense et à la sécurité. Il prévoit une lente progression des pensions de retraite et le gel des salaires publics, en vue de limiter la dégradation des finances publiques et l’endettement de l’Etat. Néanmoins, les dépenses pourraient être plus élevées que prévu, dans la perspective des élections législatives de septembre 2016. Nombreux sont les défis posés à la Russie : manque de compétitivité, sous-investissement, faibles capacités de production, dépendance aux matières premières, mauvais climat des affaires, absence de réformes structurelles, population vieillissante et dérive autoritaire du gouvernement de Vladimir Poutine.
(source)

Quant à l'Allemagne, elle n'attend plus personne et réarme !


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