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samedi 14 septembre 2019

Le monde ruiné de Quasimodo


Après le choc, la colère, vint la tristesse. Notre Dame de Paris éventrée par l'incendie de la "forêt" telle qu'on appelait sa magnifique charpente ! Philippe Villeneuve, l'architecte de monuments historiques et chef du chantier de la cathédrale s'alarme des risques d'effondrement en termes clairs : « Le monument reste en danger sur deux plans : celui des voûtes qui peuvent toujours tomber, et celui de l'échafaudage, qui peut s'écrouler. Ce n'est pas rien... Il y a là près de 200 à 300 tonnes de ferraille...» (lire la note AFP en cliquant ici).

Après cette nouvelle dramatique, je me suis fait à l'idée de la ruine de l'édifice, totale et définitive, jusqu'à l'accepter dans mon cœur en ce qu'elle signerait aux yeux du monde l'incurie majuscule de ce régime de toutes les hontes. La décrépitude du plus beau pays qu'on ait vu sous le soleil est telle qu'on ne peut que la signaler au reste du monde en espérant qu'ils l'entendent comme un appel au secours.
La classe dirigeante, en fait la bourgeoisie d'affaires, qui se succède aux manettes à son profit, a quasiment ruiné l'économie générale en développant l'assistanat au niveau du grotesque, déplaçant tous les capitaux de développement et maintenance vers la satisfaction de besoins essentiels qu'une strate de population ne veut plus assumer par elle-même mais qui vote. Cette classe dirigeante a surtout désarmé moralement la population en lui imposant des choix sociétaux destructeurs. Rien n'y fera, sauf révolution dans le sang et l'ordure comme nous aimons bien remettre à zéro les compteurs quand tout va mal en France, la voie de la réforme globale est bouchée ; nous ne savons pas réformer, comme le disait Pompidou !

L'affaire est trop triste pour évoquer dans la mémoire des livres ce qui fut le royaume le plus riche de la planète avant que ne se déchaînent le régime des envies et le clientélisme des élites qui y répond. L'ombre portée de ce royaume disparu était encore assez nette à la fin du XIXè siècle pour que Friedrich Nietzsche dise à la Belle Epoque qu'il n'était de culture que française. En ce premier quart du XXIè siècle, que reste-il de tout cela ? La rentrée littéraire avec Orléans de Yann Moix ? La pudibonderie islamique que nous devons "comprendre" ? Le relâchement général des mœurs avec bientôt le droit de tous aux poupons vivants ? L'euthanasie des stocks de vieux qui plombent les bas de bilan ? La nausée convoque à notre punition les ruines de Notre-Dame de Paris au cœur même de la Cité !

Outre l'insulte permanente aux pouvoirs publics, les ruines témoigneront de la tristesse du peuple français comme le poète Pindemonte le disait il y a longtemps : « quell'orror bello che attristando piace ». Elles laisseront les esprits réfléchir à l'impermanence d'une immense beauté menacée par la mort ! En deviendrons-nous plus sages et moins revendicatifs, plus assumés, un peu plus fiers ?

samedi 29 juin 2019

Comptables devant l'histoire !


Il est des photos qui frappent au cœur. Telles sont celles de Paris-Match prises par Jean-Gabriel Barthélémy à l'intérieur de la cathédrale Notre-Dame de Paris dans son numéro collector 3658 (20-26 juin 2019). Nous n'avons pas les droits, mais transmettons le choc :

Il aura fallu attendre huit siècles pour que la nation dégénérée qu'est devenue la socialie française laisse périr le joyau de sa civilisation. Ce désastre, qui est tiré du même tonneau que la débâcle de 40, signe le je-m'en-foutisme aggravé de nos services publics, suffisants et insuffisants, et la nonchalance générale des pouvoirs quand ils ne sont pas menacés dans leurs retranchements. Pour bien comprendre, j'ai écouté chez Taddeï (RT France - Interdit d'interdire n°71) le reportage d'un journaliste enquêteur sur cette soirée tragique, Sébastien Spitzer. Il en ressort deux choses et pas trois sur les causes du sinistre.

D'abord l'équipe d'ouvriers fumait bien que cela soit formellement interdit pour des raisons de sécurité. Les experts des sapeurs-pompiers ont trouvé les mégots. D'ailleurs chacun a pu voir le groupe d'ouvriers quittant les locaux de police, clope au bec ! Le contremaître le savait fatalement et le patron certainement. C'est impossible à cacher. Ils ont préféré la "paix sociale" et elle ne nous a jamais coûté aussi cher. Tout ce que dit l'entreprise est dès lors douteux quant aux tableaux électriques, aux stocks de produits de traitement des bois, etc...

Le second élément est que la signalétique d'alerte-incendie au poste de sécurité était fausse depuis le début. Tout le monde le savait et corrigeait l'erreur si ça s'allumait (on réparerait plus tard)... sauf le dernier venu qui avait embauché peu de jours avant et qui n'était pas au courant de l'astuce. Ainsi perdit-il vingt minutes à chercher un départ de feu à la sacristie alors que c'était un détecteur de la "forêt" qui avait fait contact ! Trente minutes ont passé avant qu'il ne découvre le brasier de la charpente !

En tant qu'exploitant en titre des lieux, l'archevêché est pour sa part coupable de mollesse pour n'avoir pas exigé la correction immédiate des signaux d'alerte. A réfléchir dix secondes, on n'y croit pas ! Suffit-il de faire des messes en casques pour expier ?

Avec pareil faisceau d'imbécillité, il n'est pas besoin d'attentat, de hasard ou de cause magique. "Nous" avons perdu Notre-Dame de Paris parce que nous n'avons pas les gens capables de la protéger, parce que nous ne la méritons plus !

Mais comme en 40, un corps d'élite s'est battu pied à pied pour sauver le beffroi-Nord dont l'embrasement aurait provoqué la ruine de l'ensemble pour notre plus grande honte.


Honneur à eux ! Honneur aux sapeurs-pompiers !





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