La présidente de Région, jamais en retard d'une bêtise, a obtempéré derechef et a supprimé le prix SV 2019 à la harpie islamiste (allons-y!), en oubliant ses années de combat pour la laïcité, pour la libération des femmes musulmanes du joug archaïque de la tradition dévoyée par les Frères et contre l'obscuratisme en action dans les pays intégristes du Croissant vert. Voir tout ça sur la Wikipedia. La Versaillaise nous avait montré ses limites lors de la campagne présidentielle qu'elle avait affrontée en marotte à pitre de Patrick Stéfanini, le louseur préféré de la droite de gouvernement, et à la voir gérer ses affaires aujourd'hui pour les Jeux olympiques, on se dit l'avoir échappé belle quand elle s'est vautrée au scrutin. Mme Pécresse ne présente aucun intérêt mais la séquence illustre le plus parfaitement du monde cette supercherie incroyable qui a consisté à amalgamer anti-sionisme et anti-sémitisme. On (mais qui on ?) voudrait nous interdire toute critique des gouvernements israéliens au prétexte que six millions de leurs ascendants ont été réduits en cendres il y a quatre-vingt ans dans les fours d'Heinrich Himmler avant de rejoindre leur créateur. La shoah fut une abomination dont aucun motif, même le plus échevelé, n'est recevable ; mais cette extermination ne fut pas la seule ni la pire dans l'histoire de l'espèce humaine. La novation (si l'on peut dire) fut dans l'industrialisation de cette extermination par la nation la plus industrialisée au monde, l'Allemagne. Ce qui suit n'est pas une banalisation du mal absolu mais, sans remonter aux bornes milliaires de Tamerlan, il y eut depuis la Renaissance des peuples massacrés par millions pour ce qu'ils étaient ; des millions d'Améridiens ; trois ou quatre millions d'Indiens de la plaine ; un million et demi d'Arméniens tués par les Turcs dans des conditions inavouables ; cinq millions d'Ukrainiens détruits par la famine imposée par Staline, l'idôle de Poutine ; un million et demi de Cambodgiens tués dans des coopératives de la mort par les Khmers Rouges ; un million de Tutsis hachés par les Hutus ; quoi demain ? Mais seuls les Juifs d'Hitler ont accédé à cette sacralité qui confère un totem d'immunité à leurs descendants. Peut-on s'étonner du peu de bruit qu'a fait dans l'opinion internationale la déportation récente des Arméniens du Haut-Karabagh par l'armée azérie, ou le voile pudique jeté sur les conditions actuelles d'exil épouvantables des Rohingas d'Arakan ? Les dix-huit mille morts palestiniennes de la Bande de Gaza (chiffre contesté en hausse par Guillaume Ancel) devraient prendre le même chemin de l'oubli au seul motif que le pogrom abject (il n'y a pas de mot) qui a tué douze cents Israéliens dans les kibboutzim et dans la rave party du 7 octobre est un sacrilège impardonnable, perpétré par des "animaux" féroces. Alors on tue sous les bombes et au canon, non les perpétrateurs de ces horreurs mais ceux des leurs présumés coupables en pensée, en parole, par action et par omission, coupables tout simplement et juste bons à tuer !
Vous ne pouvez pas non plus suggérer, sans être un anti-sémite dieudonnesque, qu'après avoir vidé le nord de la Bande de Gaza, et entassé près de 1,9 millions de gens au sud du Wali Gaza, l'armée d'Israël qui attaque maintenant les "zones déclarées sûres par elle-même au sud", va peut-être rompre la frontière égyptienne sous la pression des réfugiés affamés, assoiffés, blessés et se verra enfin débarrassée du problème Gaza qu'elle aura transféré à un pays arabe. Vous ne pouvez pas non plus dénoncer, sauf à être taxé d'antisémitisme, la politique de terreur appliquée aux communautés cisjordaniennes par les colons juifs que leur gouvernement n'arrête pas, quand il ne les protège pas par ses soldats. C'est tout ça qui a révolté Zineb el Razhoui. Mais elle a eu tort de le dire ; quelque part elle a blasphémé !
Par contre, replions le pantographe de l'outrage à notre propre espace pour comprendre que Mme Pécresse, pas plus que Zineb ek Razhoui d'ailleurs, ne pèse rien ou si peu dans l'émotion universelle au spectacle du déroulement de l'opération à la russe de Tsahal à Gaza. Grosny, Marioupol, Gaza City. Deux mois après le pogrom, le canard est toujours vivant dans un rectangle minuscule de 40 kilomètres sur 9 en moyenne. Vous ne pouvez pas dire non plus qu'à la fin de l'épisode de nivellement des terres d'autrui, Israël appellera sans mollir la communauté internationale pour reconstruire à ses frais (les nôtres) tout ce qu'il a détruit. Il y a tant de choses interdites à dire par chez nous que les médiats du monde arabe saturent l'espace et relaient à longueur de journée les avertissements désespérés des agences onusiennes et des ONG privées qui se maintiennent sur place contre vents et marées, entrecoupant la bande passante de reportages poignants au sein du malheur des familles décimées, faisant comprendre à qui ne dort pas sur les présupposés de l'histoire, que le Hamas s'est réfugié dans l'esprit des gens et qu'il survivra à son éradication physique. Quelle que soit la hauteur de crânes empilés, Benjamin Netanyahou a perdu sa guerre ; Israël en reprend pour trente ans.
































