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lundi 11 décembre 2023

Le blasphème de Zineb

Zineb El Razhoui
Je soutiens Zineb el Rhazoui. Non tant sur la forme que sur le fond. Accusée de tous les péchés pour avoir retweeté sur X un post carrément antisioniste de Benjamin Rubinstein (créateur de contenu, journaliste anti-impérialiste, analyste géopolitique, américain fier de l’être (sic), post qu'on peut lire ici, post dont un petit-fils de Simone Veil a fait un signalement circonstancié à la présidente de la Région Ile-de-France pour que soit retiré à Mme El Rhazoui le prix Simone Veil 2019, l'expression de cette personne étant incompatible avec les valeurs défendues par sa grand-mère, le tout enveloppé des linges encore sanglants de la shoah. A quoi Mme Razhoui qui n'avait jusqu'ici rien dit (sauf le retweet), a répondu :
« Bonjour Monsieur Aurelien Veil. Il y a 4 ans, j’ai eu l’honneur de recevoir des mains de Madame Pécresse le prix Simone Veil des Trophées "Elles de France", prix du public qui a très largement voté pour qu’il me soit attribué. Pour moi, l’enseignement de Simone Veil, c’est que l’humanisme prime toujours sur le clanisme ou le politique. Son héritage à mes yeux, c’est que l’être humain, quelle que soit sa couleur, sa croyance, sa langue, son sexe, est irréductible dans son droit à vivre et à être libre. Pour moi, Simone Veil c’est « Plus jamais ça ». Plus jamais ça pour toute l’humanité, y compris pour les Palestiniens, car les Palestiniens sont des êtres humains comme vous et moi Monsieur. Pour moi, honorer Simone Veil, c’est s’insurger contre TOUTES les morts de civils, quelle que soit leur nationalité ou leur religion, quelle que soit l’idéologie de l’assassin. Si le prix Simone Veil signifie de s’indigner uniquement des victimes innocentes du 7 octobre, et pas celles du 8 octobre, du 9 octobre, du 10 octobre, du 11 octobre… jusqu’à ce jour, et bien je n’en veux pas. Si le prix Simone Veil, c’est de se taire devant les agissements criminels, internationalement condamnés, du gouvernement d’extrême-droite de Netanyahu, je serais très heureuse de le rendre. En revanche, si le prix Simone Veil signifie, comme je le crois, de défendre l’être humain contre le crime de masse perpétré par tout régime fanatisé, alors je vous invite à joindre votre voix à la mienne pour défendre le droit des Palestiniens à vivre en paix, libres de toute occupation, colonisation ou tyrannie. Je vous invite également, au nom de votre grand-mère et en hommage à son leg, à condamner fermement les crimes du gouvernement israélien contre des milliers de civils palestiniens, dont plus de 8000 enfants tués à ce jour. En dénonçant les crimes de masse commis par Israël à Gaza, au même titre que les crimes du Hamas contre les civils israéliens, je fais plus honneur que jamais à l’héritage de Simone Veil. J’invite tout être humain, dont vous Monsieur, à en être digne »

La présidente de Région, jamais en retard d'une bêtise, a obtempéré derechef et a supprimé le prix SV 2019 à la harpie islamiste (allons-y!), en oubliant ses années de combat pour la laïcité, pour la libération des femmes musulmanes du joug archaïque de la tradition dévoyée par les Frères et contre l'obscuratisme en action dans les pays intégristes du Croissant vert. Voir tout ça sur la Wikipedia. La Versaillaise nous avait montré ses limites lors de la campagne présidentielle qu'elle avait affrontée en marotte à pitre de Patrick Stéfanini, le louseur préféré de la droite de gouvernement, et à la voir gérer ses affaires aujourd'hui pour les Jeux olympiques, on se dit l'avoir échappé belle quand elle s'est vautrée au scrutin. Mme Pécresse ne présente aucun intérêt mais la séquence illustre le plus parfaitement du monde cette supercherie incroyable qui a consisté à amalgamer anti-sionisme et anti-sémitisme. On (mais qui on ?) voudrait nous interdire toute critique des gouvernements israéliens au prétexte que six millions de leurs ascendants ont été réduits en cendres il y a quatre-vingt ans dans les fours d'Heinrich Himmler avant de rejoindre leur créateur. La shoah fut une abomination dont aucun motif, même le plus échevelé, n'est recevable ; mais cette extermination ne fut pas la seule ni la pire dans l'histoire de l'espèce humaine. La novation (si l'on peut dire) fut dans l'industrialisation de cette extermination par la nation la plus industrialisée au monde, l'Allemagne. Ce qui suit n'est pas une banalisation du mal absolu mais, sans remonter aux bornes milliaires de Tamerlan, il y eut depuis la Renaissance des peuples massacrés par millions pour ce qu'ils étaient ; des millions d'Améridiens ; trois ou quatre millions d'Indiens de la plaine ; un million et demi d'Arméniens tués par les Turcs dans des conditions inavouables ; cinq millions d'Ukrainiens détruits par la famine imposée par Staline, l'idôle de Poutine ; un million et demi de Cambodgiens tués dans des coopératives de la mort par les Khmers Rouges ; un million de Tutsis hachés par les Hutus ; quoi demain ? Mais seuls les Juifs d'Hitler ont accédé à cette sacralité qui confère un totem d'immunité à leurs descendants. Peut-on s'étonner du peu de bruit qu'a fait dans l'opinion internationale la déportation récente des Arméniens du Haut-Karabagh par l'armée azérie, ou le voile pudique jeté sur les conditions actuelles d'exil épouvantables des Rohingas d'Arakan ? Les dix-huit mille morts palestiniennes de la Bande de Gaza (chiffre contesté en hausse par Guillaume Ancel) devraient prendre le même chemin de l'oubli au seul motif que le pogrom abject (il n'y a pas de mot) qui a tué douze cents Israéliens dans les kibboutzim et dans la rave party du 7 octobre est un sacrilège impardonnable, perpétré par des "animaux" féroces. Alors on tue sous les bombes et au canon, non les perpétrateurs de ces horreurs mais ceux des leurs présumés coupables en pensée, en parole, par action et par omission, coupables tout simplement et juste bons à tuer !

Vous ne pouvez pas non plus suggérer, sans être un anti-sémite dieudonnesque, qu'après avoir vidé le nord de la Bande de Gaza, et entassé près de 1,9 millions de gens au sud du Wali Gaza, l'armée d'Israël qui attaque maintenant les "zones déclarées sûres par elle-même au sud", va peut-être rompre la frontière égyptienne sous la pression des réfugiés affamés, assoiffés, blessés et se verra enfin débarrassée du problème Gaza qu'elle aura transféré à un pays arabe. Vous ne pouvez pas non plus dénoncer, sauf à être taxé d'antisémitisme, la politique de terreur appliquée aux communautés cisjordaniennes par les colons juifs que leur gouvernement n'arrête pas, quand il ne les protège pas par ses soldats. C'est tout ça qui a révolté Zineb el Razhoui. Mais elle a eu tort de le dire ; quelque part elle a blasphémé !

Par contre, replions le pantographe de l'outrage à notre propre espace pour comprendre que Mme Pécresse, pas plus que Zineb ek Razhoui d'ailleurs, ne pèse rien ou si peu dans l'émotion universelle au spectacle du déroulement de l'opération à la russe de Tsahal à Gaza. Grosny, Marioupol, Gaza City. Deux mois après le pogrom, le canard est toujours vivant dans un rectangle minuscule de 40 kilomètres sur 9 en moyenne. Vous ne pouvez pas dire non plus qu'à la fin de l'épisode de nivellement des terres d'autrui, Israël appellera sans mollir la communauté internationale pour reconstruire à ses frais (les nôtres) tout ce qu'il a détruit. Il y a tant de choses interdites à dire par chez nous que les médiats du monde arabe saturent l'espace et relaient à longueur de journée les avertissements désespérés des agences onusiennes et des ONG privées qui se maintiennent sur place contre vents et marées, entrecoupant la bande passante de reportages poignants au sein du malheur des familles décimées, faisant comprendre à qui ne dort pas sur les présupposés de l'histoire, que le Hamas s'est réfugié dans l'esprit des gens et qu'il survivra à son éradication physique. Quelle que soit la hauteur de crânes empilés, Benjamin Netanyahou a perdu sa guerre ; Israël en reprend pour trente ans.

mercredi 8 novembre 2023

Fin de la blague ?

Un des contributeurs au blogue du colonel Goya (La Voie de l'Epée) a désigné le Hamas comme "le marteau des mollahs". A voir le funeste destin de cette organisation terroriste, il semblerait qu'ils en ont cassé le manche et laissé le fer s'envoler jusque dans les fours de la barbarie. Le grand pogrom du 7 octobre signe au comble de l'horreur le suicide de l'institution palestinienne et de ses excroissances de combat puisque rien n'arrêtera la vengeance du cabinet Netanyahou pris en flagrant délit d'incompétence et arrogance associées. Le même envisage de gérer une période de transition à Gaza, ce que lui déconseillent fortement tous ses amis à l'aune de la profondeur mesurée de ses capacités stratégiques. On ne creusera pas aujourd'hui l'insondable connerie du cabinet des hystériques, pour en venir aux menaces futures qu'il a attisées.

Il y a quatre acteurs résidents sur zone qui rebattent leurs cartes en anticipation de la disparition du marteau des mollahs. Mieux dit, quatre groupes dirigés chacun par un grand pays, je nommerais l'Egypte, l'Iran, la Turquie et l'Arabie heureuse. Le plus impliqué est la République islamique d'Iran qui, à première demande d'Israël, a vu rappliquer en Méditerranée orientale et Mer rouge trois groupes navals américains capables d'incinérer toute la région en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire.

fumée du bombardement

Que dire de l'Egypte ? Le pays est travaillé par les Frères musulmans dont le Hamas est une succursale, et c'est le premier souci du gouvernement du maréchal al-Sissi. Comme ils sont partout sur le territoire et que partout ils ont mis les plus miséreux dans leur poche, les Frères musulmans sont une réelle menace existentielle. L'Egypte jauge le conflit en cours avec cette règle simple d'impact domestique sans trop s'émouvoir du score respectif des massacres. Elle fera le minimum syndical humanitaire en tâchant de préserver sa souveraineté sur le Sinaï. Pas question d'y déporter des Gazaouis sans toit ni ressources ; l'économie égyptienne n'y tiendra pas, elle qui a du mal déjà avec ses propres pauvres et use d'artifices pour maintenir le couvercle fermé sur la misère ébulliente. Si l'Egypte a signé la paix avec Israël, elle ne se considère pas tenue de l'aimer et le fait savoir. Tous les juifs du Caire ont pris l'avion.

L'Iran agit par proxies à l'étranger, les Gardiens de la Révolution en Syrie, les milices chiites en Irak, le Hezbollah libanais en Syrie et sur la frontière nord d'Israël, les Houtis du Yémen pour prendre en tenaille l'Arabie séoudite et jusqu'à hier le Hamas comme détonnateur d'une mine enterrée sous l'Etat hébreu. La réaction américaine lui a montré que ce savant dispositif ne le garantissait contre rien. Il serait intelligent que les autorités de Qom analysent l'impasse de l'option de violence contrôlée du cabinet Netanyahou à l'endroit des Palestiniens de Cisjordanie, en abandonnent sa mauvaise copie sur leurs zones d'efforts et trouvent voies et moyens d'entrer à nouveau dans les bonnes grâces du marché libre solvable et rémunérateur afin de relancer une économie à demi crevée. Pour cela il lui faut "civiliser" son industrie nucléaire et ne pas tout investir dans le camp des assassins patentés. Renoncer à la bombe atomique. Au lieu de quoi, leur esprit étroit va embrasser un raisonnement binaire à la coréenne qui verra dans la première détonation nucléaire la mise au pot d'une garantie irréfragable de sa survie. Que les Russes les y aident (comme on le soupçonne en rémunération de transferts de technologie d'armement) ou pas, ils y parviendront en achetant ce qui leur manque... au Pakistan. A terme mais pas si loin, l'Iran va disposer de la même dissuasion qu'Israël, et rien ne permet de croire que les avions de Tsahal y puissent faire quelque chose pour l'empêcher, les usines iraniennes étant à seize cents kilomètres sans aucune possibilité de se poser au retour sauf à revenir au point de départ. Comment ravitaille-t-on demain des avions au-dessus des pays arabes ? A partir de là, les mollahs auront moins besoin de déstabiliser leurs voisins et peut-être que les proxies seront débandés pour une meilleure respiration d'ensemble. Adieu les marteaux !

L'autre acteur impliqué dans le billard à trois bandes c'est la maison des Séoud. Le prince-héritier a lancé le grand défi de la pérennisation de sa dynastie en misant tout sur une transition industrielle dans la recherche de pointe et l'innovation, pour suppléer au déficit attendu des moyens de développement procurés par le pétrole. C'est parmi d'autres, le projet monstrueux de la ville-monde de NEOM sur la Mer rouge. Il a pensé que la science sophistiquée de la recherche israélienne lui serait d'un puissant renfort, et qu'au spectacle de la collaboration générale des Etats arabes de la région avec Israël et jusqu'au Maroc, il pouvait jouer cette carte sans condamner la cause palestinienne ni trop froisser le Conseil des grands oulémas. C'est terminé ! Si le pogrom du 7 octobre est horrible (mais il avait fait démonter à vif un journaliste séoudien dans le consulat d'Istanbul), le massacre en cours des civils gazaouis repousse aux calendes grecques tout rapprochement avec l'Etat hébreu désormais pestiféré. Ce recul va peser sur les monarchies du Golfe et, bien que l'argent n'ait aucune odeur, les Accords d'Abraham ou mieux de Jared et Ivanka Kushner ont coulé à pic. Toutes les portes claquent ; même celle de Jordanie avec laquelle l'Arabie vient de se lier en mariant royalement une riche et belle séoudienne avec le prince-héritier Hussein.

En Jordanie, le roi Abdallah II a passé le micro à son épouse qui gratifie d'entretiens fouillés la presse internationale en soutien des Palestiniens (elle est palestinienne) en dénonçant l'iniquité de la politique juive (voir sur CNN). Soixante pour cent des habitants du royaume sont des Palestiniens réfugiés de la Guerre des Six Jours et la pression exercée par les colons juifs et leurs soutiens parlementaires et policiers le menace directement, comme il en fut pour son père qui dut réprimer dans le sang la tentative de subversion par l'OLP en 1970 (Septembre noir). L'armée bédouine y réussira-t-elle cette fois encore ? Quoiqu'il advienne et pour les mêmes raisons qu'en Arabie, la confiance a disparu entre voisins et la Jordanie va basculer dans le camp des "durs" pour elle-même survivre. Chapeau l'artiste Netanyahou. On ne peut se quitter sans parler de ce grand faisan d'Erdogan. La Turquie est le troisième pays impliqué mais lui, volontairement. C'est Jean-Gilles Malliarakis qui en parle le mieux dans son blogue l'Insolent (clic).

L'article, à mon avis décisif et complet, est titré Un virage prévisible (clic). J'en dévoile ici la conclusion : Qu'il s'agisse de l'ambition de son président de devenir le chef du monde musulman, et de se servir pour cela du prétexte de la question palestinienne ou de son aspiration islamiste et identitaire à marcher vers l'Asie centrale, mais aussi de son utilisation contre l'Europe de l'arme migratoire, la Turquie d'Erdogan ne saurait évidemment faire partie de notre famille. La Défense de l'Europe ne peut plus dépendre des foucades et des intrigues du dictateur d'Ankara. Si au moins la guerre de Gaza peut faire comprendre à l'Europe amollie qu'elle serre en son sein un renard capable de lui bouffer le foie et qu'il est temps de reconsidérer nos partenariats sous un angle froid d'intérêts ponctuels sans aucune stratégie d'influence, tout n'aura pas été perdu dans ces horreurs. On peut aussi douter que les trois peintres en charge de l'Union fassent la toise de ce défi turc. Mais certains autres posent la question de la suite à donner quand plus rien ne sera debout et que les bombes se tomberont plus. C'est la question à un million de dollars qu'il ne faut pas poser tant que les deux peuples opposés et imbriqués sembleront n'avoir pour projet chacun que de foutre l'autre à la mer ! Et pourtant des gens pensent :

Dominique de Villepin affirme avec raison qu'aucune solution n'est viable si elle ne convoque pas la justice, et pour lui, la solution du conflit qui nous préoccupe, si on en cherche une bien sûr, est de sortir cinq cent mille juifs de Cisjordanie et deux cent mille autres de Jérusalem-est, à défaut de quoi l'Etat d'Israël sera confronté à une insécurité grandissante (clic source à lire). Il est écrit dans l'histoire des peuples que la spirale des surenchères conduira le plus faible démographiquement à être acculé à sa propre disparition, voire à son asservissement, avant quoi il aura exercé l'ultima ratio dont disposera sa nation au moment critique . Pour l'Etat hébreu, l'éventualité de sa disparition imminente fera péter une bombe atomique. Massada ! Tout finit toujours par s'arranger, même mal (proverbe cévenol). Fin du conflit !

samedi 28 octobre 2023

Du blasphème à la damnation

Riche éditorial de Bertrand Renouvin dans le numéro 1264 de Royaliste sur le désordre du domaine régalien assumé par le pouvoir au motif d'on ne sait quoi, et qui produit en queue de trajectoire l'égorgement du père Hamel dans son église à Saint-Etienne-du-Rouvray, la décapitation de Samuel Paty en pleine rue à Conflans-Sainte-Honorine et le poignardage mortel de Dominique Bernard dans son lycée d'Arras.
Mais cette fois encore, il est un paramètre absent de l'analyse, dont tous les éditocrates se tiennent éloignés et que nous allons évoquer ici : le blasphème.

Le droit au blasphème, si souvent brandi par la presse branchée quand il s'applique à une divinité quelle qu'elle soit ou aux us et coutumes d'une religion, ne peut régler les injures aux croyants, au clergé, aux adeptes, provocations à la haine souvent qui restent passibles de 45000 d'euros d'amende et d'un an de prison. La frontière est mince entre l'homme physique et ses idées.

Le blasphème est de longue mèche en France - une date les écrase toutes, celle du supplice du chevalier de La Barre le 1er juillet 1766 à Abbeville, convaincu « d'impiété, blasphèmes, sacrilèges exécrables et abominables » par le présidial compétent du baillage. Il faudra attendre la loi de Séparation de 1905 pour que ce délit ou crime (c'est selon) disparaisse du Code, la religion devenant une affaire privée de conscience (ou l'inverse). Puis ce droit exercé d'abord à l'endroit des clergés - l'anticléricalislme français est un sport national - a dérivé vers l'injure publique à l'endroit de Dieu. Je me souviens d'une réflexion de Jean-Marie Lustiger, pas encore cardinal, qui, a la vue de dessins immondes du Christ en croix sur Hara Kiri, faisait remarquer que la presse satirique était monté d'un étage, délaissant les clercs pour affronter Dieu lui-même, et qu'on en verrait de funestes conséquences. La rédaction de Charlie Hebdo et Samuel Paty expliquant maladroitement l'intérêt de ce filon l'ont payé de leur vie ; leurs assassins n'ayant pas compris la liberté d'injures garantie par le droit français. Mais qui comprend vraiment ça ?

Les unes anticléricales et très sexualisées des journaux satiriques, en voie de disparition aujourd'hui car débranchés du marché infomationnel, faisaient sourire quand on passait au kiosque prendre le journal du matin. Quand il s'est agi d'appliquer le même traitement aux divinités célestes, beaucoup de passants en furent choqués, et en bon agnostique, j'en fus. Il n'est pas si difficile de deviner l'effet que ces caricatures produisent sur le mental plus frustre de fidèles non "modernisés"; le ramdam qui suivit (avec un certain délai) la publication des fameuses caricatures danoises nous en a convaincu en son temps (2005). Mais sûrs de l'ancrage de nos valeurs républicaines, les pouvoirs publics se sont mis la tête dans le sac de la constitution irréfragable de la république en guise de totem d'immunité pour ceux qui franchiraient la ligne rouge verte ! Ceux-là ont perdu la leur. Et bien sûr, la République française n'y est pour rien !

un enfant juif et un enfant arabe
Arc-boutés sur le droit, les gouvernements croient se prémunir des dangers provenant du domaine spirituel, et de tous autres aussi, par une diarrhée législative continue réglant l'effet de la cause. Ceci est punissable, donc ne peut survenir ! Ce mantra est tout ce qu'on oppose en haut lieu au futur tsunami qui nous guette, je parle de la déferlante propalestinienne que la guerre dévastatrice de Gaza est en train de pousser vers tous les pays d'Occident. On signale à New York, Londres, Berlin une insécurité grandissante chez les communautés israélites ciblées par un nouvel antisémitisme, pas toujours initié par des musulmans d'ailleurs. Les doyens des universités américaines ont un mal de chien (quand ils s'en donnent) à faire rentrer le dentifrice de la haine antisémite dans le tube. Le Secrétaire Blinken somme le Qatar de modérer et réduire le flux d'informations émis par la chaîne Al Jæzeera sur la situation de Gaza pour prévenir une extension des manifestations de la rue arabe, en pure perte puisque dès ce matin, la chaîne a quasiment doublé son volume de reportages et analyses. Ankara prend fait et cause pour le Hamas : cette posture va résonner jusque dans les communautés turques d'Allemagne et d'Alsace. Et même TF1 diffuse un reportage par images satellites des destructions de l'enclave dans le style "avant-après". C'est ravageur ! En bas de chez nous, les partis radicaux tels La France insoumise ou le Nouveau Parti anticapitaliste ont flairé l'opportunité d'un surf facile sur la vague islamique qui monte partout en Europe contre les bombardements israéliens de la population gazaouie innocente. Les canaux officiels ont du mal à fonder la réaction virulente d'Israël sur le grand pogrom du 7 octobre dont on a fait, à tort, l'économie d'images insoutenables de décapitations, éventrations, incinérations à vif etc... qui auraient marqué les esprits dans un sens plus favorable aux kibboutzim et aux raveurs israéliens. Ces horreurs sont déjà passées par pertes et profits des "dérapages inévitables" par tous les sectateurs du Prophète. Ce que l'on entrevoyait de compassion au lendemain des massacres de Juifs a été estompé par certaines réactions très mesurées comme celles de la reine palestinienne de Jordanie sur CNN. Les gouvernements arabes ont parfois déploré mais le plus souvent se sont tus. Les autocrates à poste ont sauté sur l'occasion pour dénoncer, mais avec d'autres mots, l'idée absurde de vouloir forcer une greffe ethnique dans un corps qui la rejette. L'Asie centrale et orientale qui ne compte pas les hommes avec autant d'affection que nous, reste loin de l'orage, bien près de résoudre un conflit typiquement occidental par la loi du "dernier arrivé premier parti". Comme le dit Ricardo Perissich dans Telos, l'occasion est donnée au « Sud opprimé » de maudire l'Occident dans l'organisation foireuse de son espace au détriment de tous les autres. Que dire enfin de cet Occident dégueulasse qui en plus brûle des corans à Stockholm ? Blasphème, la boucle est bouclée.

Si Israël ne peut pas laisser vivre une menace terroriste d'ampleur théocratique à ses frontières, il ne peut aboutir à un résultat pérenne à Gaza et demain au Sud-Liban sans accepter sa propre damnation. Cornérisé par l'impéritie du cabinet "biblique" Netanyahou, l'Etat hébreu renoue avec la conquête sanglante de Canaan que ses voisins peuvent relire pour s'édifier. Et trois groupes navals américains ne bloqueront pas les torrents de rage qui vont noyer le monde arabe. Le Secrétaire général des Nations Unies le voit bien et l'exprime avec d'autres ; on va vers quelque chose d'inédit qui peut muter à tout moment en une guerre sainte épouvantable, laquelle allumera ses feux partout où vivent des musulmans, quiétistes, pieux ou salafistes, voire soufis ou agnostiques. Il ne sera plus temps de faire des lois et de s'empoigner sur les bancs de l'Assemblée nationale. Ce sera bien plus cher que les émeutes "Nahel" du 27 juin au 7 juillet de cette année qui ont touché soixante-six départements et cinq cent seize communes pour 58297 atteintes aux biens ; elles ont surpassé de beaucoup celles de 2005 qui avaient concerné (seulement) vingt-cinq départements et deux cents communes, selon un rapport au Sénat du 25 octobre. What next ? Quelqu'un a-t-il le 06 de Madame Borne ?

samedi 21 octobre 2023

Guerre des morts

Ton mort vaut plus cher que le mien. C'est le principe d'échange des otages sur lequel le Hamas fonde la libération des prisonniers palestiniens en Israël et que lui renvoient les médiats occidentaux ayant établi la liste nominative des victimes de la razzia sanglante du 7 octobre contre l'empilage de "statistiques" pour les victimes gazaouies. Mais l'acharnement des explications ciblées au bénéfice de l'une ou l'autre des parties interdit l'expression d'opinions balancées qui anticiperaient une sortie de crise. Il va falloir beaucoup de morts encore avant que les dieux aient étanché leur soif !

Bombardement de Gaza

Dans une lettre ouverte au président de la République française paru hier vendredi dans l'Orient-Le Jour, Dominique Eddé somme les Européens d'ouvrir les yeux sur la confrontation qu'ils ont organisée :
« Combien de temps encore allez-vous, ainsi que les autorités allemandes, continuer à puiser dans la peur du peuple juif un remède à votre culpabilité ? Elle n’est plus tolérable cette logique qui consiste à s’acquitter d’un passé odieux en en faisant porter le poids à ceux qui n’y sont pour rien ». La lettre est à lire ici.

Tout commence à la genèse : à la sortie de la deuxième guerre mondiale, les chancelleries alliées cherchaient un pigeon pour éponger le sang de la shoah nazie en Europe. Elles sanctuarisèrent le foyer juif de Lord Balfour en Palestine aux dépens des "aborigènes" arabes, connus déjà pour détester les Juifs comme l'avait prouvé s'il en était besoin le pogrom d'Hébron en 1929 ; on sait la suite. On força la greffe à coups de canon.

Chaque communauté a le droit pour elle, mais il n'est pas fondé sur le même corpus juridique. Il n'y a donc pas de passerelle. D'un côté, un cadastre biblique que l'idéologie sioniste entend réoccuper pleinement, en compensation des horreurs endurées par les juifs depuis des siècles et particulièrement sous le IIIè Reich allemand ; de l'autre le simple maintien sur des terres occupées depuis longtemps, partagées à contrecœur, mais confirmé par des résolutions onusiennes que le plus fort n'applique pas. Il est inutile de chercher un verdict à ce procès qui se tient depuis soixante-quinze ans dans deux langues ennemies. Les âmes des protagonistes ont été trop longtemps perfusées à la haine pure que rien n'en sortira de bon, jamais.

Le problème pour nous, notre problème, est que nous participons encore à cette supercherie amalgamant l'antisionisme à l'antisémitisme pour fonder moralement un droit positif de la capture des terres et du captage des eaux en dehors de toute règle d'usage consenti. Nous adoubons une colonisation dure au même moment que nous déplorons ici les effets induits de cette forfaiture. Nous n'avons aucune chance de venir à bout d'une idée de libération, c'est dans les gènes humains ! Nous paierons. Et les miquets à la manœuvre chez nous à l'étage politique se gobergeront de mots ronflants pour dissimuler leur impéritie crasse. La "patrie des droits de l'homme et du citoyens" fait sous elle ! Elle n'a pas voulu contrarier la dérive Netanyahou qui est à la source de l'épisode tragique d'aujourd'hui. C'est Ehud Barak qui le dit au Spiegel (clic).

Un point de confirmation avant de rendre l'antenne. Les atrocités abominables perpétrées dans les kibbouzim par les voltigeurs des brigades al-Qassam le furent à deux titres : fournir par les caméras go-pro enregistrant les massacres le matériau nécessaire à faire sur-réagir le cabinet Netanyahou pour le précipiter dans le piège de Gaza City qui soulèvera l'opinion internationale contre Israël ; attaquer Israël dans la manifestation la plus emblématique du sionisme en action parce que les kibboutzim sont la concrétisation originelle d'un retour pacifique à la terre juive dans une organisation collectiviste et égalitaire. Frapper le symbole !
Cet épisode tragique de la confrontation ne marquera aucun tournant comme on l'entend trop dire par les "experts" en plateaux, parce qu'elle est dans la droite ligne des séquences d'horreurs que cette coexistence sécrète. Que nul n'attende d'un modeste éditorialiste de solution au conflit, d'autres s'en chargeront, en pure perte !

Poscriptum : ondes transmises par cet affrontement. La vitesse à laquelle les Etats-Unis ont procédé au rallye naval sur le Proche Orient (trois groupes aéronavals et un groupe amphibie) doit interroger certains états-majors chargés de rassurer leur pouvoir politique sur la pertinence de leurs choix (à tous les deux). Le message américain est destiné à la Chine populaire plus qu'à l'Iran ou à la Russie dont les moyens d'action sont en vérité très limités : toute mise en tension du Détroit de Formose convoquera le rallye sur la zone d'effort de plusieurs groupes aéronavals avant même que la flotte communiste ait achevé l'embarquement pour Cythère au Foukien. Ne parlons même pas de forcer le passage de Luzon pour prendre l'île de Taïwan à revers. Il suinte d'ailleurs au sein de la marine chinoise continentale un doute sur l'invincibilité officielle proclamée par la clique de monsieur Xi. Un article d'Aljaezeera en parle d'abondance ici.


lundi 17 mai 2021

La bataille de Gaza

Tour Jala Gaza

Le monde a eu le souffle coupé par la déconstruction sur les écrans télé de la Tour Jala abritant l'Associated Press et la chaîne qatari al-Jézira à Gaza. Le motif de l'occupation des sous-sols par les activistes du Hamas n'est pas douteux, ces gens étant depuis toujours adeptes du bouclier humain. On monte les roquettes sous les écoles, les mosquées, les dispensaires. Tsahal a eu l'élégance de prévenir par téléphone que le site allait être rasé dans l'heure. Dont acte.

Savoir qui a commencé cette bataille, c'est perdre son temps ! Vers la fin de cette décennie la guerre fêtera ses cent ans puisque le pogrom d'Hébron fut perpétré en 1929 sous le mandat britannique.

Mais, comme il en fut au cours de "notre" guerre de Cent Ans, il peut y avoir des respirations, en musique on dirait un soupir, en météo des intervalles (quand le soleil brille), et ces moments ne devraient pas être gâchés par le harcèlement permanent des Palestiniens établis sur un mauvais cadastre ottoman par les colons iraéliens radicaux, comme on l'a vu une fois encore dans le quartier de Sheikh Jarrah à Jérusalem-Est au début de ce mois.
Mais est-ce encore utile de s'en préoccuper ?

La coexistence, et la collaboration économique qu'elle induisait entre citoyens israéliens arabes et juifs, est en phase terminale. La peur d'autrui est entrée dans les villes mixtes, et comme dans nos banlieues françaises, l'exode des uns va croiser l'exode des autres, une manière d'épuration ethnique contre laquelle aucune proclamation ne tient !

L'autre conséquence du désordre actuel est l'enterrement du projet à deux Etats. La Cisjordanie, qui est une prise de guerre du Fatah qui s'en repaît, ne peut être gouvernée par un Etat indépendant contre le vœu du voisin tout-puissant. Le Likoud soutenu par une majorité de citoyens juifs refusent les accords d'Oslo et la "solution". Mais en réalité, l'OLP ne peut pas gérer un territoire enclavé, mité par la colonisation juive et dont la ressource hydrique lui échappe en totalité. Le seul territoire palestinien capable de s'en sortir en étant indépendant, c'est la bande de Gaza qui a tous les atouts pour former une principauté philistine développée et prospère, après incinération complète du Hamas et du Djihad islamique, s'entend ! C'est en cours. Et peut-être que sur le Golfe persique, les sheikhs observent avec intérêt cette destruction d'un furocle iranien en terre sunnite, qui ouvrirait l'espace à de juteux investissements sur la dernière "échelle" du Levant.

Ceci ne résoud pas le dilemme cisjordanien. Le territoire occupé ne peut être annexé pour une raison démographique, ne peut être rendu au roi de Jordanie qui n'en veut pas, ne peut être décolonisé sauf à la marge, ne peut continuer longtemps comme un bantoustan... Dans un prochain numéro, nous soumettrons aux Nations Unies l'interdiction générale des religions et le pinard obligatoire.




La minute stratégique


Si le Hamas ressort vivant de la séquence, même diminué, il aura remporté trois victoires :
1.- Par tout le Moyen Orient, la Rue arabe, chauffée par les chaînes islamiques, va détester la normalisation offerte par les Accords d'Abraham au détriment de l'Autorité palestinienne impotente et bafouée ;
2.- Le consensus démocratique contraint entre Arabes et Juifs israéliens, qui avait abouti à l'entrée d'un parti arabe à la Knesset, aura volé en éclat au niveau de la rue ;
3.- Le silence de Mahmoud Abbas donne aux Palestiniens radicaux l'argument d'une pétainisation de l'Autorité palestinienne avant les élections générales.

Si le Hamas succombe et disparaît des écrans, il aura remporté une quatrième victoire confortant les trois autres : il entrera dans le martyrologue islamique.

Netanyahou n'a pas anticipé les conséquences directes de l'affrontement, sinon il aurait apaisé les points de friction après les Accords d'Abraham, surtout dans le domaine de la colonisation des territoires occupés, en faisant rapporter les lois israéliennes de captation du foncier vacant. Au lieu de quoi il a paradé comme s'il avait remporté la victoire finale et laissé la bride sur le cou des enragés. C'est un politicien du niveau du Sentier !

vendredi 1 juin 2018

242 †

La résolution 242 des Nations Unies qui depuis 1967 "marquait" les frontières d'Israël au sein de l'ancienne Palestine britannique a vécu. L'Etat hébreu manifeste quotidiennement son refus des deux entités juive et arabe imbriquées, et privilégie l'apartheid sud-africain avec deux bantoustans, la bande étanche de Gaza et les communautés palestiniennes fédérées de Cisjordanie puisqu'il ne sert plus à rien de parler d'Autorité palestinienne. La Maison Blanche ayant donné son feu vert au dispositif hégémonique pour des raisons électorales et familiales propres à la famille Trump, il ne sert à rien de se cacher, ce que ne fait plus le Likoud aux commandes à Jérusalem.



Les responsabilités ne sont pas partagées, comme on serait tenté de le dire pour faire un long article des causes réciproques, même si les exigences du Fatah et du Hamas sont inacceptables au plan de la logique démographique. C'est ainsi que les représentants palestiniens ont loupé toutes les occasions sous les présidences américaines précédentes, ce qui faisait bien sûr les affaires d'Israël. Les Juifs demeurent axés sur le projet sioniste éternel d'Eretz Israël, par moment ils le cachent, par moment on le voit. What next ?

Il n'est pas impossible que les faucons provoquent une seconde nakba arabe en dissolvant les pseudo-pouvoirs palestiniens comme le sucre dans l'eau. Le stratagème le moins mauvais (ou le moins immoral) serait d'offrir un travail régulier avec papiers et cotisations sociales à au moins un membre de chaque famille arabe, que le poste soit en-deça ou au-delà de la ligne de cessez-le-feu de 1967. La tentation reste grande néanmoins, quand on voit l'approche carrément raciste de l'infanterie juive à la clôture de Gaza, de désespérer suffisamment le peuple palestinien de Cisjordanie pour le forcer à l'exode vers... Babylone (Bagdad)!

Resterait le cas des déportés de la cage de Gaza, deux millions de gens dont deux tiers de réfugiés chassés par la conquête, qui formeraient le bantoustan extérieur géré directement par l'ONU et les organisations non gouvernementales. Il ne faut pas avoir l'ouïe fine pour entendre le tic-tac de la montre qui déclenchera la charge de semtex. Le Shin Bet peut se voter des félicitations, lui qui a créé le Hamas radical pour emmerder Arafat et se retrouve, maintenant que le pitre historique de la cause palestinienne est mort, avec le Frankestein libre de mouvement dans tous l'espace du zoo où l'on croyait le contenir. Pas pour longtemps !

La déploration du ghetto de Gaza est une cause facile à instrumentaliser avec les meilleures intentions du monde et le logiciel hébreu de confinement par tous moyens réglés par leur seule efficacité ne tiendra pas longtemps. Cette bêtise est le piton où va s'ancrer toute la générosité des bonnes âmes horrifiées des conditions faites aux familles palestiniennes de Gaza, fliquées par la racaille islamiste d'un côté et par les gardes-frontière israéliens de l'autre qui les pilonnent.
Un nouveau convoi part d'Amsterdam pour occuper l'espace médiatique et dénoncer la barbarie israélienne, et si ce n'est pas le premier convoi - les Turcs ont payé de huit morts leur dernière tentative en 2010 - l'opération inaugure de fréquentes répétitions dans l'avenir parce qu'il y a des "clients " fortunés qui partagent l'écœurement de ces pacifistes quant au sort fait aux déportés et aux pêcheurs.
Quant à brandir les "malheurs de Sderot" en réplique, ça m'en touche une sans faire bouger l'autre comme disait Jacques, Sderot avant s'appelait Najd et les villageois connurent le dilemme de "la valise ou le cercueil".

Finalement, Israël suit la mode. La Chine opprime le Turkestan chinois et le Tibet historique, elle vise Taïwan, la Russie reconquiert des terres soviétiques sur la Mer noire et ailleurs menace les Baltes, le Chili écrase les Mapuches, le Mexique le Chiapas et l'Indonésie est agacée par le Timor chrétien dont elle ne fera qu'une bouchée. A la réserve près que nous parlons là de grands Etats et de grandes nations, alors que le Foyer juif hypertrophié de Palestine a atteint aujourd'hui son apogée dans une taille modeste et qu'il est menacé à son tour d'exodes à mesure que se préciseront les nuages noirs de la revanche des piétinés !


lundi 2 avril 2018

Deux notes au lundi de Pâques

Pour que Rocket-Man sorte le train blindé et aille à Pékin, il fallait un besoin pressant de soulager les entraves mis par les Chinois à la nucléarisation de la péninsule coréenne. Il n'est pas besoin d'intercepter le trafic télégraphique mais simplement les statistiques disponibles, ce que le Financial Times s'est empressé de faire (c'est l'heure des pros !) aussitôt le tyran revenu sur ses bases :
Au premier bimestre 2018, la Chine n'a exporté que 350 tonnes d'essence en Corée du Nord, soit presque rien comparé au premier semestre 2017 où sont sorties de Chine 81316 tonnes d'essence.
Pour le charbon et l'acier, ce n'est pas meilleur : de décembre à février 2018 rien n'est sorti de Chine (zéro) alors que les exportations au premier semestre 2017 atteignait 51762 tonnes. Pour l'acier on parle de 514 tonnes seulement au premier bimestre 2018 contre 90660 tonnes au premier semestre 2017.

Certes il y a la contrebande. Mais la mise sous séquestre par l'ONU de bateaux nord-coréens, indépendamment du pavillon sous lequel ils naviguent, l'entrave sérieusement : 28 navires sont touchés et 21 compagnies de commerce maritime voient leurs comptes bloqués, et pas des moindres quand on relève dans la liste Huaxin Shipping, Shanghai Dongfeng Shipping et Weihai World Shipping Freight !
A noter également que le traitement de la question nord-coréenne relève de la stratégie d'Etat et qu'il n'en faut pas beaucoup pour charger les contrebandiers d'atteinte à la sûreté nationale, ce qui se traduit en clair par une balle dans la nuque sur la place du marché à 11 heures !

La Chine a sorti les longues queues de billard. Elle montre qu'elle règle à sa guise l'oxygénation du régime de Pyongyang et qu'il ne faut pas trop pousser sur les droits de douanes à l'importation aux Etats-Unis. On est dans le grand jeu. Trump est au pied du mur, sera-t-il de taille ? Quand il hésite sur le traité sud-coréen, ces messieurs de Pékin s'activent dans une juteuse coopération avec le petit tigre dont l'industrie hypertrophiée peut équilibrer les atermoiements de certains pays occidentaux qui cherchent à protéger leurs emplois.




Pâques

La grosse manifestation du désespoir des Gazaouis contre leurs conditions d'existence imposées par le blocus israélien en réponse à la résistance du Hamas s'est soldée par quinze, seize, dix-sept... morts et mille ou quinze cents blessés dans leurs rangs. Les pétochards en frontière protégée ont tiré à balles réelles parce qu'on leur jetait des pierres et des bouteilles d'essence. Il n'en faut pas beaucoup aujourd'hui pour que Tsahal chie au froc. Ce n'est pas cette armée de Marie-Louise fébriles qui gagnera une nouvelle guerre des six-jours. L'infanterie juive a tourné en armée d'occupation et c'est un poison dans lequel elle a perdu son âme parce qu'il est un ferment de haines recuites, réciproques, insolubles.
Les justifications brandies par le gouvernement de Netanyahou, comme quoi leurs soldats ont identifié des activistes palestiniens dans la foule, sont misérables. Ouvrir le feu contre des pierres, pendant le temps de la Pessa'h en plus, il fallait oser... mais c'est à ça qu'on les reconnaît.

Rien n'arrêtera plus la jeunesse palestinienne, surtout celle concentrée dans le camp clos de Gaza. C'est bien plus que leur légitimité que les Juifs israéliens vont perdre, mais le soutien moral du reste du monde. Ils s'en foutent, me dit-on dans l'oreillette. Alors, qu'ils n'attendent pas de pleurs de commisération de l'étranger si ça tourne mal. Il ne reste plus que l'Europe à endosser son soutien sur le souvenir de l'Holocauste, mais jusqu'à quand ? La réprobation de façade des années noires se lézarde, il n'y a plus d'écho européen aux revendications israéliennes sauf dans les communautés juives qui, ce faisant, se marginalisent. Aveugles à ce point, c'est sidérant.

Postscriptum du 6 avril 2018 :
Marche du Retour de ce vendredi à Gaza : 10000 protestataires, 1000 blessés, 7, 8, 9, 10 tués palestiniens (selon le New York Times).


mercredi 19 décembre 2012

Nouvelles de la boutique sémite

Dispute au dîner. Les Juifs de Palestine ferment le couloir cisjordanien à Givat Hamatos avec 2610 appartements (voir la carte de B'Tselem) et agrandissent Ramat Shlomo de 1500 clapiers. Ici, ils ont des droits historiques, bibliques, sur la Judée et la Samarie. Là, ils enfreignent les résolutions onusiennes et le droit international en bâtissant chez autrui pour immigrer en zone occupée. Le piéton du roi fait passer la bouteille et se ressert une lichée de Saint-Amour (les grès triasiques du terroir en font des vins charpentés en macération longue mais qui se boivent adolescents) et proclame qu'il s'en fout !
Les Gazaouis ont bombardé Sdérot pendant des lustres avec des rockets faites en tubes fly-tox ; en fait ils visaient les occupants sans titre de Najd dont les villageois arabes furent expulsés en 1948. Peu me chaut, ce n'est pas moi qui prend la pelle à fossoyer. Les Israéliens pilonnent des écoles ou des dispensaires à Gaza City dans lesquels se planque la vaillante infanterie du Hamas. Même punition, la pelle à d'autres, j'ai mal au dos.
Cette ethnie sémite s'entretue de bon coeur depuis des siècles dans une guerre fratricide. Salut Abram, le patriarche, pas le char ! C'est leur malédiction et les voies du Dieu tonnerre qu'ils adorent à leur manière sont impénétrables.

Sur la même longueur d'onde du Département d'Etat, je pense que le double langage hébreu n'honore pas son gouvernement de boutiquiers sans vista. Petit jeu, petit gain ! A diverses raisons aussi entortillées que les anglaises des purs fainéants de la vieille ville, les responsables israéliens cultivent le danger de leur situation comme des tomates, repoussant de diverses façons l'aube de toute solution ; comme celle de deux Etats économiquement imbriqués. Peut-être pensent-ils que l'Holocauste leur sert de viatique originel (comme le péché originel qui sert à tout) et les autorise à pratiquer sans vergogne les caprices politiciens qui leur traversent l'esprit. Ils se trompent lourdement car les yeux du monde sont secs à leurs malheurs. La moitié de la planète en passe de diriger l'autre est étanche aux horreurs de nos guerres, ils ont eu les leurs, en pire ; et quelques millions d'empêcheurs de commercer en rond ne vont pas leur couper l'appétit si d'aventure ils se faisaient foutre à la mer ! Mettre l'affaire en débat dans les diasporas asiatiques est instructif vu de Sirius.




Et symétriquement, le recours aux bombes terroristes placées dans le public, le refus de tout compromis pacificateur du côté du Hamas, comme le défilé d'enfants armés déguisés en martyrs dans les cohortes vertes hystériques, assèchent par avance toute commisération extérieure pour les conséquences futures d'une vindicte remontée en boucle. Les monceaux de ruines de Gaza ressemblent à d'autres monceaux de ruines accumulés ailleurs par les évènements naturels. Affronter les réalités semble des deux bords impossible. C'est le mot : réalités. Ces gens, accrochés à des principes fumeux et mortifères, ignorent volontairement les réalités du monde actuel et comptent encore, des trois côtés¹, sur des soutiens extérieurs pour que le mirage de leurs illusions restent en suspension sur l'horizon. C'est la guerre et la mort qui vont surgir du brouillard de poussière ! Tirez le rideau c'est horrible à voir.
"Trente à !", la partie continue sans moi.


Dieu pourvoiera aux cartouches !


(1) Likoud, Hamas, Fatah

dimanche 3 janvier 2010

Ghetto, chacun son tour...

mouton dans le tunnelQui ne s'est jamais blessé en forçant des tenailles ? C'est ce qui attend l'Etat d'Israël dans son projet de ghetto gazaoui, poussé jusqu'au délire. Avec l'aide de l'US Engineers Corp, l'Egypte obéissante et cupide¹ enfouit un mur d'acier jusqu'à soixante pieds sous terre et sept miles de long pour contrer la foration de tunnels palestiniens sous sa frontière. Ces tunnels sont les artères de survie de la population gazaouie qui subit un blocus quasi-étanche de la part d'Israël. Un seul chiffre parle : en 2009, seulement quatorzes camions de matériaux de construction ont pu pénétrer dans la Bande de Gaza pour commencer à réparer quelques-uns des dégats causés par l'assaut Plomb Durci² de décembre 2008. Les produits alimentaires sont strictement contrôlés et limités à l'essentiel, tous bien sûr produits par des entreprises israéliennes qui s'enrichissent du blocus. On est en pays juif. Le complément d'approvisionnement est fourni par les tunnels qui trafiquent de tout, même des moutons sur pied, et des kalashnikov...

mur de Gaza
Et la production locale ? Des cent trente mille tonnes de produits frais que la Bande de Gaza exportait il y a encore deux ans, il ne reste rien. Les jardins, champs et vergers ravagés ne produisent même pas la ration nécessaire aux prisonniers. La Bande est perfusée par les Nations-Unies.

On savait le Likoud "grosses couilles, petits cerveaux", mais là ils manifestent une formidable absence de vista. Que croient-ils devenir au milieu de l'océan arabe³ ? Attendent-ils que les pays du Golfe soient un jour à sec pour enfin les attaquer et y déporter ces Palestiniens encombrants qui, comme le bâton merdeux, sont plus faciles à prendre qu'à lâcher. Croient-ils pouvoir gérer d'ici là la bombe chiite qui leur est en priorité destinée, alors que des pays déterminants comme la Chine et la Russie la considèrent comme un fait acquis, simplement retardé ?
Si le reste du monde - j'en exclue les pays musulmans - ne supporte ni le terrorisme palestinien, ni les katiouchas tirées sur les écoles juives, il n'admet pas plus le vol des terres, le captage forcé des sources chez autrui, l'édification de murs au milieu des exploitations agricoles, les pogromes anti-arabes, en un mot le pillage colonial "haute époque".
Le problème juif a peu à peu dérivé d'une condamnation de la politique terroriste de l'OLP vers la "compréhension" d'une extraction chirurgicale de la dent cariée que représente Israël au milieu de cent millions de musulmans qui le détestent. L'avenir va les enterrer debout comme les escargots dont ils imitent la progression intellectuelle.

plage à Gaza
A quoi sert la plus forte armée du Proche Orient si elle ne peut forcer la paix avec ses voisins ? La question commence à courir les compagnies de Tsahal. Israël fut longtemps capable d'occuper militairement et d'administrer les territoires gagnés par la guerre des Six Jours. Au lieu d'avancer sur l'axe d'un projet de paix (même précaire au début) où les résidents anciens et nouveaux pourraient trouver leur place (protocole d'Oslo), ils ont mis la haine en culture par toutes leurs possessions, en bâtissant à tout va sur le pays conquis pour y importer des immigrés du vaste monde ; en expropriant les meilleures terres arables, celles qui détenaient l'eau ; en paupérisant les villageois, peut-être dans le dessein de les décourager et de les pousser à l'exil ; ils restent !

Finira par arriver un accident historique qui relancera le "juif errant" pour quelques siècles de plus. Et les rabbins de se lamenter longtemps de la cruauté du Monde à leur endroit. Le Destin leur aura pourtant donné leur chance.


Note (1): un milliard de dollars d'aide militaire américaine et un milliard d'aide économique (USAID) ; cinquante milliards plus tard (depuis 1975), l'Egypte fait où on lui dit de faire.
Note (2): un billet a déjà été publié sur Gaza à l'occasion du rapport Goldstone.
Note (3): arabes et juifs sont maintenant à parité sur la zone Israël-Palestine : En 2000, Israël comptait 6,1 millions d’habitants, dont 950 000 arabes. La Palestine comptait 3,2 millions d’habitants, dont Cisjordanie : 1,8 millions, Gaza : 1,2 millions et Jérusalem Est : 230 000. Total de la zone : 9,3 millions d’habitants dont 5,1 millions de juifs et 4,2 millions d’arabes.
En 2020, Israël devrait compter 8,3 millions d’habitants, dont 2 millions d’arabes. La Palestine en comptera 6, 5 millions. Total de la zone : 14,8 millions de personnes, dont 6,3 millions de Juifs et 8,5 millions d’arabes.
Tous les pays voisins sont arabes : Egypte 79 millions, Jordanie 5,2 millions, Syrie 19 millions et Liban 3,8 millions.



affiche toulousaine
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mercredi 16 septembre 2009

Cinq minutes en Barbarie

Richard GoldstoneLe rapport de l'ONU sur l'opération Plomb Durci de Tsahal à Gaza qui parle de crimes de guerre, est jugé sévère par l'opinion israélienne qui, à son habitude, préempte le dossier au prétexte qu'Israël est la seule république démocratique de la région. Je doute que l'argutie suffise aujourd'hui, les salopards peuvent voter au suffrage universel. La déclaration de presse officielle est ici. Même s'il est juif sudafricain, le juge Goldstone (on dirait un nom byzantin anglicisé) ne peut renvoyer Hamas et Tsahal dos à dos comme le fait souvent la diplomatie américaine, car les missiles ne pèsent pas le même poids et le résultat des courses est en défaveur de l'Etat hébreu : 1300 à 13 ! Coefficient 100 ! Ne parlons pas des champs de ruines, ils ont défavorablement impressionné la mission onusienne qui succéda à la visite médiatique de Ban Ki Moon in situ. Quelques photos...

porteur de gravatscoupole de mosquée à terreLe motif le plus sûr fut celui de décourager la population civile de soutenir l'Admnistration islamique intégriste de Gaza. C'est donc bien une guerre de punition. Si l'on sait comprendre que le pouvoir du Hamas est quand même quelque part un pouvoir élu (même mal), donc légal et partant légitime puisque résident, l'opération Plomb Durci s'apparente ainsi à une opération de "terreur" dans la signification stricte du mot. Les représailles sur populations civiles après un attentat, les bombardements de zones peuplées pour démoraliser l'arrière, les blocus alimentaires, participent de l'outillage terrorisant, et de grands exemples du passé résonnent à ce mot, Coventry, Dresde, Nagazaki pour arriver aujourd'hui à la minuscule Gaza. Tsahal est le bras armé d'un Etat déshumanisé, sans âme ni projet, qui regarde avancer vers lui le mur du peloton d'exécution commandé par le concert des nations lassées. Ses gouvernements naviguent à vue dans une optique globale de survie d'un pays allogène enkysté dans une région fondamentalement hostile, à l'exception peut-être de l'avatar républicain de l'empire ottoman, ancien prédateur des mêmes territoires qui en asservit les populations arabes durant des siècles. Quel renfort !

bombes au phosphoreCertes, les chrétiens sionistes, peu émus par le massacre et les dévastations, nous expliqueront que la Rue arabe ne respecte que la force, que les combattants islamistes sont des froussards qui se cachent dans les jupes de leurs femmes au milieu de leurs gosses, que leurs dirigeants sont sans parole ni honneur, et que la misère des populations doit tout à leur indolence génétique. D'accord !
Mais si les combattants se terrent chez les civils "comme le poisson dans l'eau" (disait Mao Tsé Tung), les dommages collatéraux incontournables doivent retenir le bras armé, et d'autres moyens doivent être trouvés pour les excaver et les neutraliser. C'est à cela que l'on distingue une nation civilisée d'une nation barbare. Or, le comportement prédateur d'un Etat hébreu aveuglé par sa règle suprémaciste le disqualifie de la civilisation, malgré l'incinération de la moitié de son peuple par le reich allemand le plus sauvage de l'histoire humaine. Comment en est-on arrivé là ??? Que penserait Theodor Herzl de son "enfant" ?
Maurras ne plaçait-il pas d'instinct Sion en barbarie ?
A creuser.


Note (1): Le score de Plomb Durci ci-dessous sur les 360 km² de la bande de Gaza :
4,000 logements
600 ateliers, boutiques ou bureaux
24 mosqués
31 casernes de police
10 réseaux d'assainissement
8 hôpitaux
26 dispensaires
50 sites onusiens endommagés, principalement UNWRA
Les photos satelitte ont spotté 2692 immeubles détruits
220 cratères sur les routes et ponts
167 kilomètres de routes inutilisables
714 cratères en zone agricole
2,100 hectares de champs bouleversés
187 serres détruites (28 ha)
2232 hectares retournés par les bulldozers, les chars et les bombardements phosphoreux.
Total estimé à deux milliards de dollars au moins.
A partir de là, la bande a été transformée en camp d'internement géant et sa reconstruction bloquée par Israël à tous prétextes disponibles.



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jeudi 22 janvier 2009

Quelle paix sans justice ?

caricature George MitchellLe président Obama a nommé son envoyé spécial au Moyen Orient, George Mitchell (de mère libanaise et de père irlandais), ancien chef de file de la majorité démocrate au Sénat et négociateur de l’accord de Belfast qui mit fin à la guerre civile irlandaise sous la présidence Clinton. Il a 75 ans, il est catholique et du genre "à qui on ne la fait pas". Vient-il transformer le cessez-le-feu en paix durable pour complaire à l'opinion internationale, ou cherche-t-il les voies de la justice pour régler la question judéo-palestinienne une bonne fois ?
Crier "la paix, la paix!" en sautant comme des cabris, soulage le téléspectateur qui n'a pas la résistance émotionnelle suffisante pour supporter le carnage (expurgé) dans les lucarnes bleues de son salon. Mais "la paix, la paix!" ne peut être que la conséquence de la justice et non le fruit de négociations de souk qui datent l'instant, sanctionnent un rapport de forces, précèdent un communiqué glorieux qui annule et remplace le précédent. L'histoire n'en finit pas de repasser ce plat ; même les Allemands des Sudètes attaquent aujourd'hui les décrets Beneš de 1945 qui les exproprièrent injustement de leurs terres (un bon article des Manants ici), avec quelque chance d'aboutir dans le nouveau cadre de la Charte des Droits Fondamentaux que le Traité de Lisbonne activera. La paix sans justice est un leurre démocratique qui s'apparente à un grand "taisez-vous" quand les cimetières sont bourrés !

Le crime ne fait pas jurisprudence. La reconnaissance onusienne de l'Etat hébreu en 1949 dans ses conquêtes de 1948, si elle fondait en droit la légalité d'une renaissance juive en Palestine, ne procèdait pas de la justice élémentaire qui est due aux peuples. D'où soixante ans de guerre ! Comment dès lors bâtir la paix sur un déni de justice, quelque sorte de péché originel ? Impossible ! L'URSS qui fut le premier état à reconnaître l'Etat hébreu ne s'y trompa pas car il enfonçait un pieu planté dans le cœur pétrolier de l'Occident, ferment de longs désordres. Génial Staline, un coup d'avance, toujours.

BalfourArguer de signatures, de textes d'armistice, d'articles de traités, de décrets, de résolutions internationales, fait gonfler la paperasse du conflit mais ne garantit aucune justice, si toutes les parties en cause n'en reconnaissent pas. Seul Salomon règlerait le dossier de Palestine car au bout du bout, la moindre division signifierait la mort du pays lui-même, tant les cousins sont imbriqués . Il n'est partout de cohabitation pérenne des peuples que fondée sur la justice, à distinguer d'ailleurs d'une égalité de conditions, même si existent des différences de tous ordres qui marquent les caractères propres à chacun. La force n'y supplée pas. L'apartheid qui se dessine sous les auspices internationaux pas plus !
On ne peut contraindre autrui à la paix sur la base de positions injustes sauf à le mettre au joug pour qu'il courbe l'échine ; mais in petto sa haine recuit et sa volonté de vengeance l'emplit tout entier jusqu'à le rendre aveugle. La force brute diffère un règlement juste jusqu'au jour où son exigence devient imparable. Le pays qui exemplifia la force brute jusqu'à lui faire primer le droit s'est suicidé par deux guerres mondiales : la Prusse, née en 1701, a été rayée de la carte, quelques dizaines de millions de morts et 244 ans plus tard. On parle maintenant du détricotage de l'Allemagne par ländérisation de l'Europe. Bismarck, connais pas, connais plus !

Loin de nous l'idée ridicule de vouloir repartir de la Déclaration Balfour et de refaire les choses autrement que le Foreign Office ne les guida. Il laissa partout l'endroit plus sale en sortant qu'il ne l'avait trouvé en entrant, lâchant la Palestine du mandat SDN en plein tumulte. Il vaudrait mieux faire table rase du passé qui pèse comme un géant mort sur la carte et considérer les réalités d'aujourd'hui sans plus chercher à comprendre le pourquoi et comment. Chaque partie dispose d'une tonne de "pourquois et comments" dans ses archives, qu'il utilise à mitraille. Que voit-on de la lune ?

Proche Orient nocturne : Un monde habité, avec des taches de prospérité, de grands déserts, des zones intermédiaires moins éclairées, et ci et là on devine en imagination des concentrations de réfugiés en camps qui ont fait souche comme des plantes en pot et vivent de la charité internationale.

carte nocturne du moyen orient
La région dispose des ressources nécessaires à son autonomie économique, pour aujourd'hui et pour demain, même s'il n'y a pas de terres nouvelles à défricher, car il y a des solutions techniques au développement. On constate simplement que les ressources existantes sont captés par les entités nouvellement apparues au détriment des autres, et que la richesse des nouveaux est fondée sur l'exploitation forcée de leurs voisins, ou carrément sur leur banissement des terres de rapport. Il faut être aveugle pour ne pas comprendre qu'il y a colonisation en mouvement de l'espace par les derniers entrants, qui pousse à la paupérisation des premiers résidents pour les contraindre à partir ; un rapport de Régis Debray pour le président Chirac en faisait l'énième démonstration en 2007. On peut le consulter ici. A quel titre laisse-t-on faire est un mystère !

régis debrayExtrait du rapport Debray :
Que montrent ces cartes ? Que les bases physiques, économiques et humaines d’un « Etat palestinien viable » sont en voie de disparition, en sorte que la « solution des deux Etats », le « divorce juste et équitable » (Amos Oz), le territoire partagé entre deux foyers nationaux, l’un plus petit que l’autre, démilitarisé, mais souverain, viable et continu, ressemblent désormais à des mots creux, à écrire au futur antérieur. On pourra contester que le point de non-retour soit atteint, en faisant valoir que, si les Israéliens ont gagné la bataille territoriale (seulement 22 % du territoire palestinien au moment du mandat britannique échappe encore à leur contrôle), les Palestiniens gagneront la bataille démographique. On pourra opposer la stupéfiante « résilience » des populations locales au calme rouleau compresseur qui, se hâtant lentement, met à exécution le plan Allon de 1968 (fin de l'extrait).

On comprend vite que l'Opinion internationale, si elle s'émeut parfois dans les enceintes internationales jusqu'à numéroter des résolutions inutiles, est complice de la conquête juive à des motifs que nous refusons aujourd'hui d'examiner. Ainsi la justice est-elle bafouée en continu depuis 1949. Dans le cas présent de l'affaire de Gaza, tout consentement de cessez-le-feu déplace le curseur de l'injustice vers une position nouvelle acquise par la force ; en espérant le laisser tel quel jusqu'aux élections du 10 février en Israël. Le cessez-le-feu ne résout rien au fond, même s'il allège la pression sur les populations terrorisées par la supériorité mécanique.
Les progrès (médiatiques) de la conférence franco-égyptienne de Charm el-Cheikh ont permis de figer le curseur de l'injustice sur la règle des inconvénients réciproques à un instant T, jusqu'à ce que les Américains viennent y poser leur doigt et le meuve d'un côté ou de l'autre ; mais de justice il n'est pas question. Il ne fut jamais question de laisser au peuple palestinien d'espace vital. Les diplomaties occidentale et arabe l'ont bougnoulisé dès le début !

Flyer No Justice No peace
La confiscation européenne de la Palestine au bénéfice des survivants de l'holocauste allemand est une tragédie irréparable si l'Occident ne fait pas aujourd'hui leur place aux premiers résidents, soit sur les terres encore disponibles soit dans les états voisins. L'établissement d'un Etat palestinien est moins important que l'espace vital. De cette justice naîtra la paix.
Mais peut-être, si l'on continue cette hypocrisie, l'invoquera-t-on à grands cris dans trente ans, lorsque la bascule démographique aura mis en péril Eretz Israël, et que la chimiothérapie naturelle palestinienne et bédouine qui l'entoure, seront venue à bout du cancer de la colonisation sioniste.
Patience, mourrez tranquilles, la lumière est au bout du tunnel, vous verrez d'en haut les fils de Sion crier "justice, justice !" en sautant comme des cabris ...



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dimanche 18 janvier 2009

La Marche sur Bruxelles

manif palestinienneC'est ce que font les militants des causes palestiniennes et israéliennes sans que nous n'y comprenions quelque chose de prime abord. Les manifestations qui n'en finissent plus d'encombrer les avenues françaises au motif de hurler contre les atrocités de la guerre de Palestine apparaissent tellement "organisées" qu'elles n'émeuvent plus personne et encore moins semble-t-il le pouvoir sionisant qui les observe. Les Français ne peuvent comprendre leur implication dans cette douloureuse affaire dont les protagonistes étrangers jouent sur la corde sensible. Je voyais hier sur ma télé, un manifestant arabe portant dans ses bras un ballot de linge voulant représenter un enfant mort serré dans son petit linceul. ILYS a montré une manifestante tragédienne portant deux poupées barbouillées de sauce tomate. Où vont-ils chercher tout ça ? Dans le manuel de décrédibilisation ? La cause palestinienne est bien mal défendue par les hystéries qu'elle provoque et encore pire par ces mascarades à la limite de la moquerie...

la djanbiaJ'ai pris langue avec un taliban du club de karaté de mon gamin pour savoir ce qu'il pensait de la culture de mort qui semble submerger le Proche Orient, sans aller jusqu'à lui passer un tiré-à-part du billet (en arabe) de Wafa Sultan, dès fois qu'il porte la djanbia sous la veste. Sa réponse est claire :...
- « Nous essayons depuis 60 ans de rejeter Israël à la mer et seuls nous n'y parvenons pas, ni même avec l'appui des armées arabes. Seule la dramatisation à outrance de notre situation couplée à la menace d'exportation de nos menaces peuvent agréger à la cause palestinienne suffisamment de soutien international, jusqu'à confiner Israël au lazaret des pestiférés. L'Intifada a démontré cela. »
Lui faisant remarquer que la bombe démographique serait plus puissante à échéance de 15 ans que le combat de rue perdu d'avance, ou que les kamikazes qui "pestifèrent" aussi les organisations palestiniennes, ou que les roquettes Qassam de mauvais goût si on veut faire la victime, il me répondit :
- « Israël le sait aussi, et ne nous laissera pas atteindre le point de basculement démographique !»

C'est donc la guerre totale dans son esprit, et sans doute aussi dans l'esprit d'une grande majorité de Palestiniens qui ont vu défiler toutes les promesses imaginables proférées par les mufti, raïs, rois, attilas et présidents, sans jamais voir le début du commencement d'une pacification vraie de leur pays, et qui sont réduits chez eux à une misère dont nul ne sait les extraire sauf à les dépêcher au Ciel !

manifestation pour IsraelEn quoi cela nous concerne-t-il qu'Ariel Sharon ait évacué Gaza en 2005 ?
Comme nous vivons dans une démocratie de voirie, multiplier les manifestations doit logiquement inciter les pouvoirs publics à faire pression sur l'agresseur du jour aux niveaux décisionnels utiles qui, s'ils ne sont pas à Paris-même, n'en sont pas si loin ; à Bruxelles où nous nous flattons d'avoir retrouvé une certaine influence depuis la présidence ronflante de M. Sarkozy, et au Conseil de Sécurité de l'ONU dont nous sommes membre permanent à veto. Si au Conseil la cause palestinienne se heurte au bouclier américain, du moins jusqu'au 20 janvier, il n'en va pas de même à Bruxelles où les relations économiques des 27 pays européens avec Israël vont être réglées par un traité associatif qui prévoit des clauses de privilèges plus ou moins liées aux droits de l'homme.
Ce traité, dit de rehaussement, améliore les accords commerciaux précédents jusqu'à faire penser à une intégration de facto d'Israël dans l'Union. C'est le prototype d'un traité proposable à la Turquie. Il a été négocié par la présidence française et devrait intervenir en avril 2009 ainsi qu'en ont décidé les 27 ministres des affaires étrangères en décembre 2008. Il prévoit un partenariat stratégique (y compris dans le domaine de la défense) et au moins une grand messe médiatique par an. Mais déjà le parlement européen, interpelé par les manifestations de soutien au Hamâs dans les grandes villes d'Europe, l'a fait ajourné au motif attendu de la conclusion de l'affaire de Gaza dans un sens heureux pour la paix.

Qu'en pensent les Cohn-Bendit, Kouchner, Strauss-Kahn, Badinter, Fabius, Lang, tous du camp antifachiste ? Qu'en pensent les faiseurs d'opinion comme Daniel Schneidermann, Gérard Miller, Serge July, Serge Moati, Paul Amar, Routh Elkrief... et cent autres qui comptent dans les médias ? Sacré dilemme ! Il ne s'agit maintenant pour la Commission que de contourner le Parlement, as usual, ce à quoi doit s'employer la présidence tchèque qui est un soutien sûr de l'Etat hébreu, à ce qu'on me dit dans l'oreillette !

eurodéputé DeKeyserImpliqués dans la dispute sémite par la repentance allemande qui a déteint sur eux, les pays de l'Union voisins de la RFA ont été circonvenus par la Commission européenne qui a investi énormément d'argent sur les Territoires sans jamais rien demander de significatif en échange, Israël ayant toujours l'ultima ratio en ruinant "nos" infrastructures. Peut-être vient-il avec la Crise le jour de faire publiquement les comptes ; et de défalquer des transferts futurs vers l'Etat hébreu le prix des immobilisations européennes détruites sciemment par l'artillerie et l'aviation de Tsahal. Les peuples européens en seront doublement abasourdis ! D'un, par les montants injectés, de deux, par l'étendue des ruines.
Il n'est donc pas surprenant que les parties ennemies prennent possession des chaussées d'Europe puisque chacune espère que l'Union européenne et son Trésor boycotte l'autre ! Nos institutions disposent à l'insu des peuples européens de beaucoup de leviers de pression sur les protagonistes, qu'au motif du "soft power" et de l'empathie obligatoire avec Israël, elles n'utilisent pas.
Actionnons donc les leviers, marchons, marchons ! Qu'un sang impur ... !

Hors Union, la France a par elle-même un intérêt historique à la sauvegarde des lieux saints et à protéger les communautés chrétiennes du Levant. Elle aurait mieux fait de s'y cantonner et de montrer plus d'intransigeance sur ses principes plus souvent, au lieu d'embrasser large et mal étreindre. Au lieu de quoi, l'usurpation diplomatique européenne, consentie par des gouvernements inférieurs au niveau requis et exécutée par des nains de jardin, convoque chez nous la dispute sémite dans sa barbarie essentielle.


le Mur
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vendredi 16 janvier 2009

Le Musulman et la Mort

Wafa Sultan¹ remet les pendules à l'heure à propos du conflit de Gaza. Dénonçant la violence intrisèque à l'islam, elle fait écho au fameux discours de Ratisbonne² de Benoît XVI. L'intelligence de l'analyse est comme une douche chaude au sortir d'un bain de poussière gazaouie qui puerait la cheddite. Pour une fois, nous disposons de son texte original auquel nous renvoyons nos lecteurs arabisants.

الإخوان المسلمون: بلغ نفاقهم حدّ إرهابهم!
استطاع بعض قراصنة الإنترنيت، من حيث لا أدري ولا يدرون، أن يخدموني خدمة جليلة لمدة عدّة أسابيع. استولوا على ايميلي، وبذلكاستطاع بعض قراصنة الإنترنيت، من حيث لا أدري ولا يدرون، أن يخدموني خدمة جليلة لمدة عدّة أسابيع. استولوا على ايميلي، وبذلك أعطوني وقتا كافيا لأن أخلد إلى راحة كنت بأمس الحاجة اليها. طلقت الإنترنيت وغرقت في بحر من الكتب الذي طالما استهواني الإبحار فيه.
غيّروا كلمة السر وبروفايلي، وبذلك لم أتمكن من الدخول ريثما تمّ إقناع العاملين في "ياهو" على صحة هويتي.
لم يكن في الإيميل ما يثير قلقي ولكن أثار الأمر امتعاضي لأنه قطع الإتصال بيني وبين قرّائي الذين أكنّ لهم كلّ الحبّ والودّ وأعترف لو رسائلهم ـ بحلوها ومرّها ـ لتوقفت عن الكتابة منذ أن بدأت.

... la suite en langue arabe sur Aafaq en cliquant ici
Inutile de bavarder, on va directement au texte de Wafa Sultan dont les extraits les plus significatifs ont été traduit en français à Beyrouth par Chawki Freïha (copyright MediArabe.info³ obtenu pour RA)...

Mrs Wafa Sultan[...] Puisqu’il m’importe peu de satisfaire les uns, de défendre les autres ou d’éviter la colère des troisièmes, je peux dire que le Hamâs n’est qu’une sécrétion islamique terroriste dont le comportement irresponsable à l’égard de sa population l’empêche de se hisser au niveau du gouvernement. Mais ceci est conforme à l’habitude, puisque, à travers l’histoire de l’islam, jamais une bande de criminels islamistes n’a respecté ses administrés.
[...] Je ne prétends pas défendre Israël, puisque les Juifs ne m’ont pas demandé mon avis quant à leur terre promise. S’ils me demandent mon avis, je leur conseille de brûler leurs livres sacrés et de quitter la région et de sauver leur peau. Car les Musulmans constituent une nation rigide exempte de cerveau. Et c’est contagieux. Tous ceux qui les fréquentent perdent la cervelle ... Avant la création de l’Etat d’Israël, l’histoire n’a jamais mentionné une guerre impliquant les Juifs, ni qu’un Juif ait commandé une armée ou mené une conquête. Mais les Musulmans sont des combattants, des conquérants et leur histoire ne manque pas d’exemples et de récits de conquêtes, de morts, de tueries, de razzia ... Pour les Musulmans, tuer est un loisir. Et s’ils ne trouvent pas un ennemi à tuer, ils s’entretuent entre eux.

Il est impossible pour une nation qui pour plaire à son créateur éduque ses enfants à la mort et au martyre, d’enseigner en même temps l’amour de la vie. La vie a-t-elle une valeur pour une société qui inculque à ses enfants qu’ils doivent tuer ou être tués pour aller au Paradis ?

[...] Depuis le début de l’opération israélienne contre Gaza, je suis bombardée de courriers électroniques venant de lecteurs musulmans qui me demandent mon avis sur ce qui se déroule à Gaza. Je ne suis pas impliquée par ce qui s’y passe, mais je suis intéressée par les motivations qui animent ceux qui m’écrivent. Je suis convaincue que ce qui les motive n’est pas la condamnation de l’horreur, ni la condamnation de la mort qui sévit à Gaza ; car, si la motivation était réellement la condamnation de la mort, ces mêmes lecteurs se seraient manifestés à d’autres occasions où la vie était menacée.

Ceux qui condamnent le massacre de Gaza, par défense de la vie en tant de valeur, doivent m’interroger sur mon avis à chaque fois que cette vie-valeur était menacée.
Plus de 200.000 Musulmans algériens ont été massacrés par d’autres Musulmans algériens ces quinze dernières années, sans qu’aucun Musulman ne s’en émeuve. Des femmes algériennes violées par les islamistes ont témoigné et raconté que leurs violeurs priaient Allah et imploraient son Prophète avant qu’ils ne violent leurs victimes. Mais personne ne m’a demandé mon avis.
Plus de 20.000 citoyens syriens musulmans avaient été massacrés par les autorités (Hama en 1983) sans qu’aucun musulman ne réagisse et sans qu’aucun ne me demande mon avis sur ces massacres d'état.
Des Musulmans se sont fait exploser dans des hôtels jordaniens tuant des musulmans innocents qui célébraient des mariages, symboles de la vie-valeur, sans qu’aucune manifestation ne soit organisée à travers le monde, et sans qu’on ne me demande mon avis.
En Egypte, des Islamistes ont récemment attaqué un village copte et ont massacré 21 paysans, sans qu’un seul musulman ne dénonce ce crime.
Saddam Hussein a enterré vivants plus de 300.000 Chiites et Kurdes, et en a gazé beaucoup plus, sans qu’un seul Musulman n’ose réagir et dénoncer ces crimes.

Au plus fort des bombardements de Gaza, une femme musulmane, fidèle et pieuse, s’est fait exploser en Irak dans une mosquée chiite, tuant une trentaine d’innocents, sans que les médias ou les Musulmans ne s’en émeuvent.
Il y a quelques mois, le Hamâs avait aussi tué onze personnes d’une même famille palestinienne, accusés d’appartenir au Fatah, sans que des manifestations ne soient organisées en Europe ou dans le monde arabe, et sans qu’aucun lecteur ne m’écrive et ne m’envoie ses protestations.

Ainsi, la vie n’a pas de valeur pour le Musulman. Sinon, ils auraient dénoncé toute atteinte à la vie, quelle qu’en soit la victime. Les Palestiniens et leurs soutiens dénoncent les massacres de Gaza, non pas par amour de la vie, mais pour dénoncer l’identité des tueurs. Si le tueur était musulman, appartenant au Hamâs ou au Fatah, aucune manifestation n’aurait eu lieu.

mere et enfants morts ensemble[...] CNN a diffusé un documentaire sur Gaza montrant une femme palestinienne qui se lamente et crie : "mais qu’on fait nos enfants pour être tués comme ça ?" Qui sait ? Peut-être s’agit-il de la même Palestinienne qui se réjouissait il y a deux ans quand l’un de ses fils s’était fait exploser dans un restaurant de Tel-Aviv et qui disait souhaiter que ses autres enfants suivent le même exemple et deviennent martyrs à leur tour ?
Quand l’idéologie et l’endoctrinement sont d’une telle bassesse, il devient normal que cette Palestinienne perde toute valeur de la vie. Sinon, elle pleurerait ses enfants de la même façon, qu’ils se tuent dans un attentat suicide à Tel-Aviv ou qu'ils le soient sous les bombes israéliennes. Car la mort est la même qu’elles qu’en soient les circonstances, et elle demeure rejetée ; la vie mérite au contraire d’être vécue et pleurée.

Dans ce cas, comment puis-je me solidariser avec une femme qui lance les youyous de joie quand l’un de ses enfants se fait exploser contre les Juifs, et qui pleure quand les Juifs tuent ses autres enfants ? Mais l’idéologie enseigne aux Musulmans que tuer ou être tué permet au fidèle de gagner le paradis. Dans ce cas, pourquoi pleurer les Gazaouis alors qu’ils n’ont pas bougé le petit doigt pour les Irakiens, les Algériens, les Egyptiens ou les Syriens, pourtant musulmans ?

[...] Après ce qui précède, je suis certaine que ceux qui m’écrivent et me demandent mon avis sur ce qui se passe à Gaza cherchent à me faire dire ce qu’ils peuvent utiliser pour m’incriminer et me condamner, voire me faire dire ce qu’ils ne peuvent exprimer eux-mêmes.

[...] Borhane, un jeune Palestinien de 14 ans, a perdu il y a une dizaine d’années ses bras, ses jambes et la vue dans l’explosion d’une mine en Cisjordanie. La communauté palestinienne aux Etats-Unis s’est mobilisée pour lui venir en aide et financer son hospitalisation dans l’espoir de sauver ce qui pouvait l’être. Lors d’un dîner de bienfaisance organisé à son profit en Californie, la plus riche palestinienne des Etats-Unis s’est présentée en grande fourrure et a qualifié Borhane de héros. Elle s’est adressée à ce bout de chair immobile et inerte : "Borhane, tu es notre héros. Le pays a besoin de toi. Tu dois retourner dans le pays pour empêcher les Sionistes de le confisquer"… Mais l’hypocrisie de la Palestinienne la plus riche des Etats-Unis l’empêche d’envoyer ses propres enfants défendre la Palestine contre les Sionistes. Exactement à l’image des chefs du Hamâs qui demandent des sacrifices à Gaza, mais restent bien à l’abri à Damas et à Beyrouth.

[...] La guerre contre Gaza est certes une horreur mais elle a le mérite de dévoiler une hypocrisie inégalée dans l’histoire récente de l’humanité. Une hypocrisie qui distingue les Frères Musulmans syriens qui annoncent abandonner leurs activités d’opposition pour mieux serrer les rangs contre les Sionistes. Mais ces Frères musulmans ont-ils le droit d’oublier les crimes du régime commis contre les leurs à Hama, Homs et Alep ? Avant de se réconcilier avec le régime pour lutter contre les Sionistes, ces Frères Musulmans ont-ils dénoncé les crimes commis par leurs alliés et partenaires (dans la confrérie) en Algérie et en Irak ? Ont-ils dénoncé la mort de centaines de milliers de Chiites en Irak sur le Pont des Oulémas à Bagdad, pulvérisé par l’un des vôtres conformément aux enseignements de votre religion de paix et de miséricorde ? Avez-vous une seule fois dénoncé les exactions contre les Chrétiens en Irak ? Ou contre les Coptes en Egypte ? Votre hypocrisie nous empêche de croire vos sentiments à l’égard des enfants de Gaza, puisque vous êtes responsables du pire.

[...] Essayons d’imaginer ce que le Hamâs aurait fait du Fatah et des autres, s’il possédait la technologie et les armes d’Israël ? Essayons d’imaginer ce que l’Iran aurait fait des Sunnites de la région, s’il détenait les armes modernes que possède Israël ? Ce serait sans doute aucun le massacre garanti.

[...] J’ai récemment rencontré un religieux hindou en marge d’une conférence consacrée à la guerre contre le terrorisme. Il m’a dit : « toutes les guerres se sont déroulées entre le Bien et le Mal. Sauf la prochaine, elle doit se dérouler entre le Mal et le Mal ». N’ayant pas compris ses propos, je lui ai demandé des explications. Il m’a dit : « Je suis contre la présence américaine en Irak et en Afghanistan. Si les Etats-Unis veulent gagner la guerre contre les Islamistes, ils doivent se retirer et laisser les deux pôles du Mal s’entretuer. Les Sunnites et les Chiites étant nourris de haine, vont se battre et se neutraliser ».

fille pleurant son pèreTirant la conclusion de ces mots pleins de sagesse, on peut dire qu’Israël contribue aujourd’hui, inconsciemment, au succès de l’islam. En s’attaquant à Gaza, Israël pousse les musulmans à se solidariser et à surmonter leurs divergences. En Jordanie, Septembre noir est encore dans tous les esprits [...] Les exactions dont sont capables les Arabes et les Musulmans dépassent l'imagination : un char jordanien ayant écrasé alors un Palestinien, le conducteur du char descendit du blindé et bourra la bouche de sa victime avec un journal… Un comportement qu’aucun militaire israélien n’a eu à Gaza. De même pendant les massacres de Hama en Syrie, des militants de la confrérie des Frères Musulmans trempaient leurs mains dans le sang des victimes pour écrire sur les murs : Allah Akbar, gloire à l’islam. Je n’ai jamais entendu qu’un Juif ait écrit avec le sang d’un autre Juif des slogans à la gloire du judaïsme. Je le dis avec un pincement au cœur : pour sauver l’humanité du terrorisme, il faut que le monde libre se retire et qu’il laisse les Musulmans s’entretuer.

[...] Je me souviens quand j’étais étudiante à l’université d’Alep, que l’ancien ministre syrien de la défense Mustapha Tlass était venu nous rencontrer. Dans un élan d’hypocrisie, Tlass nous avait dit qu’« Israël craint la mort et la perte d’un de ses soldats lui fait peur et mal. Mais nous, nous avons beaucoup d’hommes et nos hommes ne craignent pas la mort ». Là réside la différence entre les deux conceptions et les deux camps, et le témoignage de Tlass semble avoir inspiré les dirigeants du Hamâs aujourd’hui.
Ainsi, l’extermination de tous les enfants de Gaza importe peu aux dirigeants islamistes et du Hamâs, la vie n’ayant aucune valeur pour eux. Ils se réjouissent simplement de la mort de quelques soldats israéliens. Pour les Islamistes, l’objectif de la vie est de tuer ou de se faire tuer pour gagner le paradis. La vie n’a donc aucune valeur.

[...] Les Musulmans doivent commencer par changer eux-mêmes avant de prétendre changer la vie. Ils doivent rejeter la culture de mort enseignée et véhiculée par leurs livres. C’est seulement quand ils y parviendront qu’ils n’auront plus d’ennemis. Car, celui qui apprend à aimer son fils plus qu’à haïr son ennemi appréciera mieux la vie. Jamais la terre ne vaut la vie des gens, et les Arabes sont le peuple qui a le moins besoin de terres. Mais paradoxalement, c’est le peuple qui déteste le plus la vie. Quand les Arabes comprendront-ils cette équation et commenceront-ils à aimer la vie ?


لا يمكن أن تعادل الأرض قيمة الحياة، والعرب أقل البشر حاجة للأرض وأكثرهم انتهاكا للحياة! فمتى تصبح الحياة كقيمة ضالة المسلم، ومتى يُدرك ذلك المخلوق المغيّب عن العقل بأن الإنسان، أي إنسان، لا يملك من الأرض مساحة أكبر من موقع قدميه؟!!


Ce texte est de la veine de ceux qui conduisent le combat de nombreuses femmes musulmanes pour la Vie. Sur le blogue Wafa Sultan, on en rencontre quelques unes, qui commencent à être soutenues par des "théologiens" comme Abdelwahab Meddeb4.
Dans le cas qui nous occupe aujourd'hui, on doit dire quand même que la justice n'est plus celle du talion : La morticulture arabe n'excuse pas les crimes de guerre de Tsahal. Finalement aucun des deux belligérants ne veut la paix au moment, et les Palestiniens ont intérêt à jouer la montre. Nous y reviendrons.


Note (1): Mrs Wafa Sultan est une Syrienne alaouite de 50 ans qui sévit aux Etats-Unis comme psychiatre et occasionnellement sur la chaîne qatari Al-Jézira pour dénoncer la violence islamique. En fait, son refus des enfants-dynamite déclencha un esclandre sur la chaîne arabe.
Note (2): Discours en ligne sur le site du saint siège
Note (3): MediArabe.info est composé de spécialistes, journalistes et analystes de la zone MENA (Moyen/Proche-Orient, Golfe et Afrique du Nord). L’équipe de MediArabe.info est sensible aux besoins des lecteurs francophones en matière d’informations, d’analyses et d’approches différentes de la situation dans cette région complexe.
MediArabe.info propose une publication régulière de revues de presse arabe, de traductions d’éditoriaux, de tribunes et de chroniques, ainsi que des analyses en profondeur. MediArabe.info offre un décryptage des événements marquants, susceptibles d’apporter une perspective d’évolution.
Note (4): A lire Enjeux et controverses de la Conférence de Ratisbonne par d'Abdelwahab Meddeb, Christian Jambet, Jean Bollack, chez Bayard (128p., 13.80€)



fillette de camp Gaza
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