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vendredi 7 mai 2021

Au Rempart des Sultanes

rose rose

Ce billet n'a rien à voir avec la fête nationale de Jeanne d'Arc qui se célèbre le deuxième dimanche de mai en souvenir de la libération d'Orléans. Et pourtant, il s'agit de ces femmes qui en ont assez et parfois plus, que bien des hommes pour défendre nos valeurs françaises, constamment attaquées par les aliens maléfiques que nous avons laissé entrer dans la cohue des réfugiés venus ici survivre en paix et travailler.

Contre le multiculturalisme, la haine du pays d'accueil qu'il provoque parfois, et pour l'assimilation active des entrants, elles sauvent l'honneur de la nation en y cherchant le meilleur de "nous-mêmes" pour le faire fructifier dans une terre que l'insouciance des normateurs, l'imbécilité des élites cosmopolites, mais surtout la paresse d'un peuple décadent ont asséchée. Certaines proviennent du vieil empire, du moins leurs familles en furent, elles nous rendent au centuple le grain levé de la semence coloniale. Toutes filles du Livre, elles sont devenues la lance aiguisée d'un combat civilisationnel contre la terre plate, la barbarie en barbe drue, la crasse morale et la haine sur l'étendard noir !
Contre quoi se battent-elles à notre place ? Contre le dynamitage des bouddhas de Bâmiyân et celui du temple Baalshamin de Palmyre. En ces deux lieux tout fut dit par les perpétrateurs. Nous, nous n'avons fait que nous en plaindre, analysé les circonstances, déploré leurs effets. Il n'y a rien à comprendre, rien à expliquer. Incinération ! Dieu reconnaîtra les siens.

On fait une pause avec Mlle Sanaa Mohamed, menacée de mort pour avoir chanté "J'en ai marre" avec l'israélien Marziano, juif émigré du Maroc, dans le cadre du rapprochement israélo-arabe en cours qui défonce toute la rhétorique de haine islamiste :


La Vie calligraphiée

Le train des hussardes de la république a trois wagons

(leurs origines ne sont pas toujours leur lieu de naissance)


Le premier est celui des Sultanes qui tiennent la dragée haute aux soldats de l'obscurantisme et ridiculisent leurs seigneurs et maîtres :

  • Sonia Mabrouck (Tunis) journaliste (Panthéon-Sorbonne) commande sur CNews et Europe 1
  • Zineb el Rhazoui (Casablanca) journaliste (EHESS), elle est de tous les coups et nobélisable
  • Rebecca Fitoussi (Colombes) journaliste (DEA, Institut français de presse) sur LCI et Public Sénat
  • Claire Koç (Anatolie) journaliste (ESJ Montpellier) s'écoute sur France Info
  • Fatiha Agag-Boudjahlat (Montbéliard) professeur d'histoire-géographie en REP, chroniqueuse à La Dépêche du Midi
  • Lydia Guirous (Tizi Hibel) porte-parole LR (Dauphine, ESCP)
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Le deuxième wagon est celui des Ouvreuses qui ont montré la voie, avec trop de talents pour ne pas déplaire un jour (ma préférence est pour la quatrième). Elles bénéficient d'une aura d'autorité pour en avoir plus vu que beaucoup de leurs collègues qui se pensent avisés :

  • Rama Yade (Dakar) directrice "Afrique" à l'Atlantic Council
  • Rachida Dati (Casablanca) maire du 7è arrondissement de Paris
  • Jeannette Bougrab (Ouleid Deid) maître des requêtes au Conseil d'État, avocate
  • Fadela Amara (Kabylie) inspectrice générale des Affaires sociales, ancienne responsable de NPNS
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Le troisième est celui des Gauloises, dans le sillon des Jeanne-Hachette (Beauvais), Catarina Segurana (Nice) ou Olympe de Gouges dans un autre rôle, qui sont plus qu'un renfort. Outre leur concours précieux au féminisme identitaire qui s'affirme dans la lutte à la Bêtise, elles dévient les attaques contre les premières qui seraient facilement cernées par la misogynie exotique des groupes "arabo-musulmans" en chasse ! Elles augmentent la meute et compliquent l'attaque. Accessoirement, elles fracassent le gauchisme de renoncement, le centrisme mou, le gaullisme d'eau tiède. :

  • Gabrielle Cluzel (Villefranche de Rouergue) rédactrice en chef chez Boulevard Voltaire
  • Charlotte d'Ornellas (Orléans) journaliste (Institut français de journalisme) sur CNews et TV Liberté
  • Eugénie Bastié (Toulouse) journaliste (Sciences Po) sur CNews entre autres
  • Julie Graziani (Saint-Cloud) chroniqueuse (HEC, agrégation) sur BFM-TV ou LCI
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sabre de cavalerie


S'y ajoutent la génération montante des Némésis comme Floriane Jeannin, Estelle RedPill, Alice Cordier, Thonia, Virginie Vota, Thaïs d'Escufon, Jeanne Leclerc et Domitille Faure mises en cause, belles et fachos, par le magazine Elle et qui ripostent de bonne humeur à la bienpensance socialiste en col Mao laine et soie sur L'Incorrect.

Pendant de longues années, l'opinion fut fabriquée par une cinquantaine d'éditorialistes à la remorque des Duhamel, Elkabbach, pratiquement tous parisiens, avec le concours autorisé de rares consœurs faites au moule de la profession et pétées de thunes, qui rêvaient des salons littéraires de la haute époque comme Françoise Giroud (Constantinople-Lausanne), Anne Sinclair (New York), Christine Ockrent (Bruxelles), Catherine Nay (Tours), Arlette Chabot (Chartres) ou Ruth Elkrief (Meknès). Mais les clients de la presse audio-visuelle ont vite préféré la viande fraîche des nouvelles insolentes qui ne demandaient plus à la gérontocratie la permission de faire de l'audience et carrière. Et comme fait exprès, elles ont surgi le plus souvent à droite ! Normal, y gît la vérité, le bon sens et l'esprit français ! C'est ce bataillon de hussardes sur lequel nous pouvons compter car elles cassent les codes qui servent à l'infiltration de nos adversaires. Quand elles parlent de leur déclassement au sein de civilisations archaïques, elles, on les croit ! Elles ont marché sur les braises de la servitude à cause de leur sexe, et c'est une expérience qui glace toute contestation sur place. Les hommes doivent se contenter en imagination.

Dimanche, en marchant pour Jeanne d'Arc, ayons une pensée pour toutes ces "filles de France" qui se sont levées pour monter au rempart !


affiche AF pour la Jeanne 2021

mercredi 12 février 2020

LBC n°15

[spécial roycoland] J'ai reçu le numéro 15 du mensuel Le Bien Commun et, après un an et trois mois de parution, le temps est venu de faire le point. Tout le bien que je dois en dire sera augmenté d'une critique positive de ce nouvel organe de la presse royaliste, régénérée après la faillite du bimensuel L'Action Française 2000, successeur de l'hebdomadaire Aspects de la France.
NB : ce billet est sans grand intérêt si vous n'avez pas Le Bien Commun en main, mais s'il vous donne envie de vous abonner, tant mieux !
Le sommaire donne envie, qu'on en juge :
3 L'édito pugnace de François Marcilhac expliquant la une
6 La France en surendettement ? Ponzi revient !
9 Les Maudits (écrivains purgés à la Libération)
10 Greta Thunberg, petit ange déjà parti
12 Le masochisme national (Blanchonnet)
14 Politique étrangère : Lybie, accord impossible ? • Que se passe-t-il à Rome ? (le match des papes)
17 Philosophie avec Rémi Soulié • Entretien avec Baptiste Rappin : "Ken le survivant", manga post-apocalyptique pour penser notre société
21 Dossier Iran (remarquable)
32 Histoire : l’œuvre d’un grand historien : Jean de Viguerie
36 Pour le Roi : chronique télé • Campagnes, je vous hais (ou l'archipel français de la relégation)
39 Rubrique "littérature" : dans les poches du camelot
40 Nouvelle de Frédéric Rouvillois : La Découverte du 8e continent
44 Musique : Alphonse X, Cantigas de Santa Maria • Cinéma : De Scorsese à Malik, le nom de Dieu
46 Sorties de films
Loin de moi toute intention de critiquer les textes fournis puisqu'ils sont instructifs et agréables à lire. Restons-en au journal sec. Riche idée d'avoir mis un dossier de douze pages au cœur du numéro : ce dossier sur L'Iran à la croisée des chemins, un vrai défi, est très réussi au plan technique et le choix des contributeurs suscite un réel intérêt, même chez ceux qui connaissent déjà le Moyen Orient. L'incipit est alléchant : « La mort du général Qassem Soleimani, le chef des gardiens de la Révolution, tué par un drone américain le 3 janvier à Bagdad, a remis au goût du jour le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis...» mais comme va le démontrer progressivement ce dossier, il s'agit d'abord de la résurgence du nationalisme arabe irakien secouant la tutelle perse offerte à l'Iran par l'effondrement du régime baathiste de Saddam Hussein, qui amorce le reflux de l'Iran. Le dossier rappelle utilement les points de la mortelle dispute entre chiisme et sunnisme.

Sur le reste ; personnellement, j'aimerais lire un peu plus du Rémi Soulié à la place d'une chronique télévision qui date un peu dans ses clichés. Campagnes, je vous hais offre un angle d'analyse inédit sur le mouvement des gilets jaunes qui remonte à la surface Le Midi Esclave de Charles Maurras. Autre bonne chose, le courrier des lecteurs, c'est comme les commentaires de blogue ou de site Web, l'âme d'une revue ; il faut les souhaiter plus nombreux (avec parfois une réponse de la rédaction) puisqu'il y a de la place à l'infini en jouant sur la police. La rubrique "littérature" par encarts dans une page camelot est bien mise en relief et les titres mémorisables. Pensez qu'on nous y vend un Saint-Just ! La rubrique "cinéma" a fait de réels progrès et donne envie de sortir. Que demande le peuple ? Plus ! Plus de matière à format égal.

Quant au support : on est passé de 32 (2x16) pages mensuelles au format "tabloïd" de l'AF2000 de Pierre Pujo à 48 pages "demi-tabloïd" soit une diminution d'espace d'un quart, même si le numéro 15 propose dix pages de plus que le numéro 1. Ceci n'est pas si bénin puisqu'on conserve l'édition mensuelle deux fois plus de temps sur la table du salon, et qu'à la relecture on note trop de blancs dans la maquette : la perte en espace-texte avoisine les 10% ; sans compter deux pages de publicité gratuite (13 et 48) qui font monter encore l'espace perdu. C'est beaucoup trop et l'argument d'une présentation "aérée" ne tient pas vraiment pour un organe politique produit par une école de pensée. Terminons avec ça : si pour occuper les blancs, des encarts publicitaires sont refusés (aux motifs de l'indépendance rédactionnelle et d'une cotisation à l'OJD), ne pourrait-on pas y placer maximes et aphorismes des grands penseurs de l'Action française, textes corrélés au sujet traité, voire des annonces de manifestations organisées le mois suivant ? Dernier reproche côté maquette, le très bel article nécrologique de Philippe Pichot-Bravard sur Jean de Viguerie aurait pu s'illustrer d'un portrait du défunt plutôt que d'une pile de vieux livres près d'une feuille désormais blanche qui mange la moitié de la page.

Incauda : à l'exception des caciques du CRAF - c'est le dernier organe AF pur - toute l'équipe rédactionnelle a été renouvelée, ce qui est logique après une faillite : les rédacteurs de l'AF2000 portent autant que la direction momifiée leur part de responsabilité dans le naufrage du journal, au moins pour l'intérêt insuffisant qu'ils ont suscité chez leurs lecteurs qu'ils n'ont pu multiplier. Personnellement j'y mets un orteil dedans pour la modeste place qui me fut offerte les dernières années par Grégoire Dubost, mais je regretterais Anne Bernet, partie vers nulle part sur un rafiot pétainiste, Pascal Nari et Charles-Henri Brignac sur la rubrique étrangère.

En conclusion de cette recension du quinzième opus, le fond est très intéressant, la forme améliorable, la quantité de pensée au mètre-carré est à augmenter, surtout que le prix au numéro reste élevé : 6,36 euros. Le mensuel n'est pas distribué par Presstalis, il faut vous abonner ou le demander à la section locale d'Action française qui généralement vend le journal à la criée (voir le site AF Paris).

samedi 13 janvier 2018

Des bouffons surpayés

Il fait grand vent dans le Landerneau royaliste contre les Grosses Têtes de Laurent Ruquier qui ont tourné en dérision le handicap mental du prince François d'Orléans décédé récemment. Le comte de Paris, père du défunt, a saisi le Conseil supérieur de l'audio-visuel pour atteinte à la dignité humaine et le CSA a bloqué la vidéo de l'émission, selon le Figaro.

De quoi s'agit-il en fait... parce que, bien sûr, quand on cherche un peu, on la retrouve l'émission des Grosses Têtes du 2 janvier sur RTL, mais en MP3 sans l'image :

[ Les Grosses Têtes du 2/01/2018 de 39:40 à 43:36 ]
(cliquer sur l'icône audio à la cinquième ligne)

Comme vous pouvez l'entendre, la blague d'Elie Semoun est méchante et renforcée par les rires de l'assistance. Ruquier aurait pu la couper au montage et passer directement à sa question sur le lieu de sépulture du prince.

Le sarcasme naît de la prétention de la maison d'Orléans à faire régner un handicapé mental. Le défunt comte de Paris (1908-1999) qui lui, avait un certain sens politique, avait bien vu tous les coups à prendre de maintenir son petit-fils aîné lourdement handicapé dans le jeu dynastique. Aussi l'avait-il remplacé par le cadet, Jean, d'autant que son successeur et propre fils, Henri VII d'Orléans, était en disgrâce pour avoir abandonné le foyer conjugal pour une connaissance (qu'il épousera plus tard), y laissant cinq enfants dont deux frappés sévèrement par la toxoplasmose. Dur, dur !

Comte de Clermont François d'Orléans (1961-2017)


Après la mort de son père, le nouveau comte de Paris rétablit son fils aîné François dans ses droits dynastiques, le titrant dauphin, ce qui fut perçu comme une attaque directe contre son fils cadet qui bien sûr lui reprochait ses mœurs exotiques et qui, entretemps, avait reçu en justice la tutelle de son aîné. Bref une querelle interne familiale s'ajoutait à la querelle dynastique entre Bourbons et D'Orléans. La mort de François remet les choses d'aplomb, tout le monde s'aime. Les photos des obsèques à Dreux le montrent*.

Ceci pour dire que les mésaventures de la maison d'Orléans et la moindre considération qu'elle obtient dans l'opinion sont souvent de son propre fait. Qu'était-il besoin de propager l'image d'un handicapé mental couronné, même si la monarchie n'était pas d'actualité ? Je n'en ai trouvé aucun motif positif.

Si Ruquier et Semoun sont des amuseurs publics que le Piéton n'apprécie pas, surpayés et pas drôles, l'historiette de Michelle Bernier à la fin de la séquence est par contre souriante, presque tendre avec nos frères si différents. Il faut savoir choisir ses sujets.


*diaporama Pure People

samedi 2 septembre 2017

Codex#04 - dossier AF

La revue CODEX parle de l'Action française (AF) dans son opus #04 (clic). Ceux qui connaissent l'AF de l'intérieur n' y apprendront rien, les autres en sauront presque tout, ce qui peut signifier que le défi a été relevé.

L'organisation du dossier de 53 pages est très réussie, pédagogique. Les contributeurs à cet exploit sont, outre les maquettistes maison, Jacques Prévotat, Olivier Dard, Jean-Yves Riou (directeur de la publication), Priscille de Lassus (rédactrice en chef), Christian Sorrel, Florian Michel, Antoinette Castelnuovo et François Huguenin. C'est bien le dernier qui agace. Après son pavé de sept cents pages chez Perrin (L'Action française - Synthèses historiques 2011), Huguenin se garde bien de contredire son assertion première : "l'AF est morte", même si je suis presque d'accord que l'héritage a été stérilisé par les caricatures de maurrassiens qui ont présidé aux différents journaux des années 1960 à 1990.

L'AF serait donc morte mais le Maître ne le serait pas du tout, même si l'édition renâcle à publier ses textes. Il faut dire que la rhétorique maurrassienne est difficile à assimiler pour le grand public d'aujourd'hui qui achèterait les bouquins.

L'Action française n'est pas morte aussi longtemps que des esprits critiques s'en revendiqueront. Entendons que toute l'AF ne réside pas dans les structures déclarées en préfecture, il y a des maurrassiens partout, jusque récemment à la Maison Blanche¹. Disons aussi qu'on ne peut la résumer, comme le font certains bien imprudemment, aux Camelots du roi et à la vente à la criée du journal. Colloques et conférences se succèdent à Paris et dans les trois métropoles provinciales où des équipes restent actives (Lyon, Bordeaux, Marseille). Le niveau des intervenants ne permet cependant pas d'emplir des amphithéâtres, peut-être parce que le projet déroulé ne se démarque pas assez clairement du projet frontiste. L'AF s'est embourbée dans la même ornière que le Front national : le souverainisme obtus ; elle a l'avantage de disposer des ressources intellectuelles pour s'en arracher, ce qui fait défaut au parti Le Pen ou à Dupont-Aignan.
(1) Steve Bannon est maurassien et raspalien, mais pas un "saint".

Répétons ici que l'objectif réel du changement de paradigme devrait être l'optimisation à outrance de nos dépendances et non pas de les rompre, ce qui est impossible et stupide à soutenir. Recentrons-nous sur la monarchie sociale et fédérative comme la présente, par exemple, Jean-Philippe Chauvin dans son blogue Nouvelle Chouannerie. Défendons la priorité budgétaire du régalien et la désétatisation du sociétal. On ne peut que souhaiter une édition didactique en visuels de ce projet monarchique porté par le Groupe Action Royaliste, et de trouver les moyens nécessaires à une large diffusion...
Ce qui manque au royalisme français c'est une offre politique claire, lisible, compréhensible, propagée sur tous les segments de l'opinion. S'en remettre au roi n'y suffira pas !



Ce numéro de CODEX contient une perle rare : l'exposé des travaux de Michel Pastoureau, rare spécialiste de l'histoire des couleurs. Dès l'entame le lecteur est capturé par la dérive des couleurs depuis l'Antiquité, et pour une fois on découvre quelque chose d'inédit. L'autre sujet passionnant est l'histoire des Juifs de la papauté d'Avignon. Le prochain numéro (#05) est consacré à Luther et sa Réforme. Abonnez-vous au quatre numéros annuels, 60 euros pour 720 pages, papier glacé, quadrichromie, vous ne le regretterez pas, sinon allez au point-presse près de chez vous (clac).


jeudi 8 juin 2017

Le Lien légitimiste nouveau n'attend que vous

Gérard de Villèle par Madame sous le noyer de Petit-Prix
C'est une opportunité rare pour un mécène de la cause royaliste. Coup de tonnerre, Gérard de Villèle appelle à candidater pour la reprise du Lien légitimiste dont il ne veut plus assurer la publication pour des raisons personnelles (santé). L'organe de référence de la Légitimité est un bimestriel de vingt pages sous format demi-tabloïd qui a une réputation de sérieux et d'indépendance, d'aucun le jugeant même trop libéral pour être lu à la veillée de la crypte ! Pensez donc, il a promu au fil des éditions l'économiste monarcho-anarchiste Hans Hermann Hoppe. Disert sur l'histoire de l'Ancien régime dans ses recoins oubliés et expert de la Restauration pour la raison que l'on devine, le Lien légitimiste est aussi un journal d'actualités du microcosme sachant critiquer discours et postures s'il y a lieu, et soutenir toujours la maison de Bourbon.

Le repreneur ne peut être seulement un bénévole motivé par l'incandescence de sa foi en le roi. Le média doit évoluer pour suivre la marche du temps, passer au format tabloïd sinon même berlinois, accroître sa pagination, pouvoir ultérieurement soutenir une périodicité mensuelle et se promouvoir par un site professionnel sur internet, etc etc... Si les bonnes volontés compétentes sont bien sûr un renfort utile dans toute démarche de communication, le défi - et c'est l'avis individuel et portatif de votre rédacteur préféré - ne peut être relevé que par une personnalité en capacité de distraire les fonds nécessaires à la rénovation du support pour exploiter la mine légitimiste jusqu'au bout, le bout étant bien sûr l'établissement du prince Louis de Bourbon dans le paysage quotidien des Français.

Le Piéton du roi, ne répondant pas aux critères proposés, sans pistoles et refusé au triste privilège de l'âge, ne peut remporter l'adjudication malgré son vif désir de voir continuer ce canal d'opinion de haute qualité qui lui fit l'honneur insigne d'accepter dans ses colonnes ses libres réflexions. De tout ce qui précède il n'est rien qui engage la publication ou sa rédaction, le présent billet étant une initiative personnelle et non sollicitée. Voici le scan du dernier numéro du Lien légitimiste raccourci à deux pages. Tout y est utile.


Joindre la direction du journal pour manifester ses intentions et s'informer sur les détails techniques indispensables à la reprise, c'est facile par courrier, courriel ou téléphone. A défaut, l'onglet Contact de ce blogue reste un moyen d'accès indirect.

M. Gérard de Villèle
Le Lien légitimiste
2 Le Petit-Prix
37240 La Chapelle Blanche Saint-Martin

✉ gerard 'chez' villele.com
☎ .... ... ...

Yapuka !


Catoneo


mercredi 31 octobre 2012

Google vs. Kane

Citizen Kane sur le bouillon
Les journaux que pille le géant de Mountain View - je vais être sympa, c'est ma logeuse - exploitent des schémas économiques corne-cul et s'en plaignent. Subventionnés à mort en France (car il en meurt, comme le journal russe France Soir), soutenus par la publicité des corporations commerciales et publiques comme la corde tient le pendu, ils cherchent de l'argent comme un Hébreu la manne au désert, au lieu de réinventer la fabrique de l'information adaptée, la fabrique pas l'information, adaptée non pas aux temps - le temps ne lit pas - mais aux clients. Couverts d'experts comme un chien de puces, ils se sont fait bourrer le mou sur la e-économie, un pied dedans, un pied dehors, changeant un peu mais pas trop, gardant les plumes d'antan pour afficher des signatures, faisant jeune, gratuit ! Que dalles ! Les quotidiens sont devenus "horaires", rafraîchissant leur production en continu ; ils travaillent 24/7 et saignent des frais. Les hebdomadaires s'y sont mis aussi, qui cannibalisent le créneau du quotidien et sont aux pièces pareillement. C'est le grand foutoir de l'information en continu, avec beaucoup de recopies, même entre grands titres. Et à la fin, le bénéfice est ce que laisse la publicité, s'il en reste !

Chacun des grands journaux de la planète a choisi sa voie et aucun n'en est content : le New York Times est en kiosque et en ligne, le South China Morning Post de Honk Kong est en ligne mais limite votre IP à deux articles avant de vous abonner, le Times de Londres est en kiosque et met en ligne une version d'accroche avec juste le début des articles, le Asahi Shinbun de Tokyo double ses éditions papier d'éditions digitales libres (dont une en anglais).


La plupart des internautes, n'ayant pas d'agrégateur maison qui monte à l'écran la sélection de sites d'information choisis, s'en remettent à des compilateurs automatiques comme Google News ou Yahoo News. L'article qui dans le tas les intéresse, ils vont l'appeler au site du journal pour le faire monter dans leur navigateur. Ceci suppose une édition digitale du journal, mais d'abord un kiosque de présentation, ce que fait Google puisque c'est de lui qu'il s'agit. Les journaux d'Europe occidentale se sont mis en tête de vendre au kiosque Google. Pas con ! Sauf que le tératosaure californien les envoie ch... en menaçant de les jeter du présentoir, car Internet cool c'est gratuit sous toutes apparences, l'argent pour l'affichage étant sur un second écran qu'on ne voit pas.

Qu'à cela ne tienne ont dit les journaux brésiliens, déréférencés à 90%, si t'en veux pas, j'le remets dans ma culotte, et de s'en trouver bien au plan économique. Pourquoi ? Parce que les internautes brésiliens ne sont pas des benêts et que s'ils veulent lire O Globo à l'écran, ils appellent le site http://oglobo.globo.com/ dans leur barre de navigation ou en favoris, et c'est parti ! Mais la raison du succès dans l'alternative n'est pas là.

Les journaux du Brésil, des Etats-Unis, d'Angleterre, du Japon, de Hong Kong, et nous pourrions continuer avec tous les grands journaux d'Amérique et d'Asie, ont un lectorat étendu. Les journaux français en comparaison n'en ont pas vraiment. Très mal gérés, leurs tirages sont ridiculement bas et les chiffres OJD sont forcés pour gratter sur les courses aux guichets publics, puisque les invendus sont énormes, dit-on ! C'est leur cancer depuis les années 70 quand ils sont entrés dans la spirale baisse des tirages/hausse du prix/diminution de la pagination. Quand je passe Le Monde ou La Croix à un ami d'Asie, il croit tenir en main une feuille confidentielle qui vit de scoops destructeurs tant le numéro est mince !
Sans subventions de tous ordres, il n'y en aurait plus aucun. Les prix sont du double de ceux des journaux étrangers, toujours plus épais. Par contre la qualité rédactionnelle des quotidiens français est infiniment supérieure à la moyenne mondiale, il faut le dire aussi.

Une expérience perso :
Je me suis abonné à bon prix au Figaro six mois par porteur cinq jours par semaine (OFUP à 68cts/j). Levé à 7:00:00, je descendais à la grille prendre le journal dans ma boîte à lettres verte à 7:30. Il y fut toujours ! J'ai déjeuné le coude sur mon journal tous les matins comme au Claridge ! J'ai dû interrompre cette livraison par suite de plusieurs absences. Je vais renouer le contrat pour six autres mois dès que je serai stabilisé. C'est vraiment l'usage le plus intéressant d'un journal, rien ne surpassant son édition papier de par la plasticité du support et la vitesse de consultation (voir la vidéo ci-dessous pour le "support"). Ce service pourrait-il "sauver" la presse quotidienne ? Les anglo-saxons ont inventé il y a longtemps le portage aux aurores. Essayons donc d'importer des idées ! Des fois qu'on ait trouvé quelque chose de bien ailleurs !


Et d'ici là, embauchons de vrais gestionnaires puisque nous avons déjà de bons rédacteurs. Les tristes capitalistes allemands qui se sont mis aux rotatives ont décidé de se passer de Google. Et les Belges, une fois ? Décidément, nous serons toujours en second.



Deux sites peuvent être consultés en enrichissement :
- l'article de la Wikipedia sur la crise de la PQN
- le compteur Mediatico qui recense des titres en ligne du monde entier.

vendredi 25 février 2011

A la recherche de Taïpan Kane ③

Avant-propos
Royal-Artillerie donne une série de six billets sur la stratégie chinoise des années à venir. Voici donc le troisième billet. Ce travail s'appuie sur un dossier publié le 10 décembre 2010 par le Qiu Shi Journal, organe doctrinal officiel du Comité Central du Parti communiste chinois et successeur du Drapeau Rouge (红旗). L'original est accessible en cliquant ici.
Nota bene: Après quelques échanges entre Chinascope.org et le site du Qiu Shi, l'organe du Comité Central a publié une mise au point : « "The above article only represents the personal views of the author and does not represent the position or views of Qiushi Journal or this site" ».
Nous rappelons que chaque billet traite un des six points stratégiques recencés, sous une forme identique : évaluation de la menace américaine (en rouge), contre-mesures chinoises, analyse du piéton du roi (en bleu). Dans l'ordre, il s'agit de :
① la guerre économique
② la guerre monétaire
③ la guerre médiatique
④ la campagne anti-chinoise
⑤ les bruits de sabres
⑥ l'encerclement

LA GUERRE MEDIATIQUE

Guerre de l'opinion publique. Les Etats-Unis sont les meilleurs pour utiliser l'opinion publique au service de leurs intérêts nationaux. Les médias américains sont entièrement au service du gouvernement des Etats-Unis en créant de la propagande. Que ce soit CNN, le New York Times, le Wall Street Journal ou le Washington Times (ndlr: Xu Yunhong pensait au Post), ils pensent tous que c'est grand honneur de publier des articles attaquant et critiquant la Chine. En outre, les médias américains encouragent les médias d'autres pays occidentaux à rejoindre le camp anti-Chine. Ces médias publient tous à peu près les mêmes déclarations visant à créer un rideau de fer autour de la Chine. La situation ne peut empêcher les gens de se souvenir de la Guerre froide.

Répliques chinoises
La fonction de base d'une opinion publique est d'éveiller l'attention d'une majorité de la population, qu'elle soit pour ou qu'elle soit contre une question donnée. L'agitation de l'opinion publique par un média vise à inluencer le soutien ou l'opposition à une personne, une question, un pays. Jusqu'à présent, comparée aux États-Unis, la situation de la Chine dans l'opinion publique internationale est vulnérable. Elle est souvent dans la position d'opposant sur un thème dont les initiateurs sont le plus souvent les médias américains. Cependant, le média américain est-il loyal envers les États-Unis ? Non, le média est fidèle au marché. Quiconque peut assurer au média qu'il aura son bénéfice peut contrôler le média. Le but le plus important d'un média est d'étendre son influence et sa part de marché.
A cet égard, nous pouvons capitaliser sur l'avantage actuel qui est que la Chine est l'objet d'un haut degré de préoccupations dans le monde, pour utiliser à fond le rôle du marché comme levier d'influence du ton diffusé par les médias internationaux. Exemple : les dirigeants chinois peuvent prendre l'initiative d'accepter des entretiens avec quelques médias occidentaux importants, montrant au monde la réalité de la Chine et celle de ses leaders.. Dans le passé, la tendance des dirigeants chinois d'apparaître en groupe était très différente de celle des occidentaux dont la culture se focalise sur l'individualité. Les occidentaux aiment voir des personnalités plus concrètes, plus vivantes, surtout les dirigeants. En conséquence, les leaders chinois qui ont plus de charisme, de personnalité, et le courage d'accepter l'interview d'un média occidental sont généralement populaires à l'Ouest. Il ya un certain nombre de médias dans le monde, mais les possibilités d'interroger des dirigeants chinois sont rares. Être en mesure d'interviewer les dirigeants chinois contribuerait avec certitude à améliorer l'influence du média, favoriserait l'intérêt du lectorat, et élargirait son marché. Ainsi, les dirigeants chinois pourraient complètement tirer parti du marché pour que le monde connaisse la Chine réelle, comprenne la politique chinoise, le peuple et le gouvernement chinois, afin de gagner le soutien des hommes intègres, accroître l'influence de la Chine et créer un environnement international qui lui soit favorable.
L'histoire passée a prouvé que chaque fois que les dirigeants chinois prenaient l'initiative de solliciter les médias occidentaux, notre politique était dans une position avantageuse, les reportages des médias occidentaux sur la Chine étaient plus objectifs et complets, et la compréhension par le public occidental de la Chine concrète était entière. Récemment on a vu une percée importante des interviews médiatiques occidentales acceptées par les leaders chinois, mais il reste encore du mou dans le choix du média et dans la façon dont ces entretiens sont conduits. Nous pouvons explorer ce secteur et choisir la manière de publier des informations à laquelle les gens de l'Ouest sont habitués. Par exemple, nous pouvons donner des interviews télévisées, publier des papiers dans la presse, faire des commentaires sur Internet, et même poster des messages en micro-blogging. Les outils web ont joué un rôle important dans la campagne électorale du président américain Barack Obama. Nous pouvons utiliser les nouveaux médias et nous saisir activement du marché international de l'opinion publique.

Copyright : le texte français est traduit d'un original anglais produit par Chinascope.org avec leur permission explicite à Royal-Artillerie en date du 11 février 2011. L'original chinois sur Qiu Shi a été lu pour chaque billet de la série afin de dénicher tout contresens.

Analyse du piéton du roi

C'est peut-être le chapitre le plus faible de ce dossier où le groupe de rédaction enfonce des portes ouvertes - ils avouent que leurs recommandations d'occuper les médias occidentaux sont déjà mises en pratique par les responsables chinois - et on sent une réticence à instrumentaliser Internet pour la simple raison que, mis à part quelques raids réussis, il est impossible de canaliser le WWW. Comme souvent, une image vaut mieux qu'un long discours : celle des interconnexions Internet.

carte internet

On peut se douter que ce chapitre médiatique est placé dans ce dossier pour "féliciter" les dirigants chinois qui ont fait l'effort de passer dans les médias à l'étranger, à commencer par le Premier Wen Jiabao qui a un feeling certain de la situation. Le président Hu jintao est plus guindé – c'est l'apparatchik pur – mais son successeur shanghaïen saura conquérir les esprits voire les coeurs, s'il montre autant d'entregent avec les politiques qu'il le fit avec les hommes d'affaires.
Ainsi les incitations du PCC à paraître dans la presse occidentale sont elles un des volets du programme de propagande, mais elles oublient qu'il n'y a pas de meilleure propagande que celle qui fait mine de ne pas y toucher. Faire aimer la Chine à l'étranger, et il y a matière à brasser dans ce but, est le plus sûr moyen de faire accepter la politique de son gouvernement pour autant qu'elle reste "raisonnable". La part chinoise du marché médiatique est déjà ancienne et en progression, mais peut-être pas assez "patriotique" dans l'esprit des idéologues salariés.

Les vecteurs chinois
Les progrès en communication des structures chinoises de pouvoir ont fait un bond considérable. Il est loin le temps où le Verbe passait par l'Agence Chine Nouvelle (Xinhua ) avec des communiqués dosés pendant deux jours avant publication. Les sites d'information internationale en langues étrangères sont nombreux et relativement autonomes. Ce ne sont plus des sites de traduction des nouvelles officielles mais des sites produisant du matériau travaillé dans la langue d'émission. Ce sont souvent aussi des sites de réinformation qui visent à contrer la propagande occidentale et japonaise.
On ne peut citer tous les sites chinois mais deux au moins pour vous donner l'envie d'en chercher : Chinadaily et French China ; sans compter les journaux chinois en ligne comme le Quotidien du Peuple ou le Shanghai Daily, mais le China Post est taïwanais. Un portail anglophone sobre et complet fait le tour de tous les médias chinois d'envergure ; nous le recommandons : Dan Wei. Le Qiu Shi Journal est ici.


Le premier réseau de propagande en date est Radio Chine International (1941) qui émet en français sur l'Afrique francophone, sur le modèle de RFI.
A noter que toutes les chaînes de la CCTV continentale émettent sur la TNT. La chaîne du Falun Gong, l'ennemi mortel du PCC, aussi !
Quant au portail ABBAO, il met en ligne plus d'une centaine de journaux chinois pour sinophones.

On doit signaler enfin tous les médias chinois d'outremer édités en anglais, parfois très critiques vis à vis des gouvernements central et provinciaux de la mère-patrie, mais très susceptibles aussi dès que l'on attaque gratuitement ou malicieusement la Chine. Ayant bénéficié de la longue présence anglaise en Asie du Sud-Est, de véritables empires de presse ont vu le jour. Les deux premières références sont le Straits Times de Singapour et le South China Morning Post de Hong Kong. Mais aujourd'hui, où le combat des idées passe justement par la conversion de l'opinion publique à ses vues, les plus efficaces et les plus gros tirages sont en langue chinoise comme le Ming Pao.


Digest
La guerre médiatique n'a pas attendu les recommandations du Parti. Elle est livrée depuis longtemps par la presse chinoise continentale et d'outremer qui a capté tout l'auditoire sinophone possible. Ses dérivés en langue anglaise font autorité au point de devenir des proies de grand prix pour le capitalisme sauvage. Far East Economic Review a été avalé par le WSJ de Ruppert Murdoch.
La guerre est aussi celle des contenus. Pour atteindre l'opinion publique internationale, l'expression de la pensée des leaders chinois doit gagner en qualité. On y arrive.
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mercredi 16 décembre 2009

Goujats de presse

DatiQue Rachida Dati s'ennuie à mourir au Parlement européen n'étonne personne qui connaît l'enceinte. Elle en avait été prévenue. C'est Babel dans toute son horreur, et le mafiatage des vieux députés durcit la pénétration à l'impossible. Qui peut affronter Cohn Bendit et sa clique avec deux minutes de temps de parole, parole traduite en vingt langues sous délai d'interprétation simultanée, voire différée pour les dialectes exotiques ?
Elle avait cru que sa surmédiatisation et la fréquentation des cent familles - ah, le beau mariage civil et religieux de l'Héritier des Quarante Rois ! - dérouleraient le tapis rouge de Strasbourg et que tout le staff parlementaire n'aurait d'yeux que pour son décolleté. Blanchis sous le harnois des collaborations internationales, le staff est blasé. Elle n'est pour eux qu'une Arabe alibi de Sarko-Rolex, poussée par Simone Veil dans les alcôves du pouvoir, et fille-mère nationale qui plus est, punie à Bruxelles pour intempérance et strip-tease mental. Son livre d'heures de garde des Sceaux reste une anthologie de narcissisme.

Mais capter et diffuser ses réflexions à haute voix, quelles qu'elles puissent être, pour les diffuser ensuite, est basse communication. Utiliser cet enregistrement pour la contrer est basse politique. Herr Bendit est un goujat. Rien de neuf.

Les plus exécrables sont ces journalistes qui au prétexte de "donner toute l'information" passent l'extrait de M6 pour débattre ensuite des limites déontologiques de leur profession et nous dire dans le poste que ce n'est pas bien de piller l'expression orale privée. On a vu ce que la réflexion naturelle de Brice Hortefeux à Seignosse avait provoqué comme ramdam chez les faux-culs ; suivit un échange complètement neutre entre Chirac et Juppé à Bordeaux, qui fut monté en neige pour faire mousser la une. Hélas, la meringue ne prit pas. Entretemps les Suisses étaient passés par là. Et tout le monde est maintenant d'accord : on "en" a trop ! Dehors les burquistes, les hidjabaises et toute la ménagerie intégriste des barbus - poil au nez - qui pollue tout, à commencer par l'Islam. Il arrive quand le référendum sur les Exodus ? On ne gardera que les belles. Et Rachida en sous-maîtresse brandissant le chat-à-neuf-queues, sera dans son registre.

Mais avons-nous mieux "de chez nous" ? S'en sert-on ? La chaisière Boutin craint le Front national plus que l'eau bénite pour s'inquiéter du débat Besson. Elle exige l'arrêt des consultations préfectorales. Diantre. Une contribution intéressante ici. En diagonale, "je pouffe en Lorraine, avec mes sabots", exige des rebeux qu'ils retournent la casquette et leur langue, le verlan n'étant pas autorisé puisque réservé aux apaches à la Villon, et la visière à la Dagobert non plus, qui amortit le coup de matraque.

Morano

Décidemment les médias auront fait leur possible pour enterrer Copenhague.


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vendredi 13 juin 2008

Une presse de sansonnets

J'observais hier matin un essaim d'étourneaux au-dessus de la Seine. Leur capacité de vol en formation serrée est impressionnante, un véritable exercice de voltige à plusieurs centaines ; le nuage d'oiseaux ne se défait jamais. Connivence coercitive.

vol d'étourneaux
Au même endroit hier soir, des centaines d'hirondelles chassaient bas à cause du temps lourd. Elles volaient en tous sens dans un grand désordre sans se percuter, et prenaient des virages à angle droit derrière leurs cibles. Anarchie régulée.

La presse française est un vol d'étourneaux ...

Je suis depuis quelques temps la « cabale Enderlin » par le blogue d'Yvan Rioufol (s'il n'en reste qu'un, je serai ce Mohican-là !). Pour les termites de la Cause, je résume : Charles Enderlin, correspondant permanent de FR2 en Palestine, a adressé un reportage à la chaîne montrant l'abattage dans les bras de son père d'un enfant palestinien de 12 ans par l'infanterie israélienne, le 30.09.2000.
Tout laisse croire – y compris un examen minutieux des rushes - que le reportage a été bidonné par le caméraman palestinien, membre lui-même du Fatah, Enderlin n'étant pas sur le lieu même de la prise d'images. Cela ne serait pas si grave, mais la diffusion de cette séquence a déclenché la seconde intifada, et le journaliste Daniel Pearl, décapité en Afghanistan, portait sur son cadavre la photo de l'enfant mort.
affiche al duraLa dénonciation de la supercherie par l'agence de notation Media-Ratings dirigée par Philippe Karsenty, a dressé la profession dans son entier contre un crime de lèse-majesté pour lequel les assignations ont plu. Déboutée en première instance, la corporation fait appel. On soupçonne plus facilement de dépucelage une moukhère de Lille qu'on ne brade la vertu de la classe médiatique. Ils font bloc comme les étourneaux ! Même Régis Debray s'insurge contre "l'insulte" à ses pairs.

S'il en était besoin, la réaction corporatiste confirme ce que Jacques Attali dénonçait comme une « société de connivence et de privilèges » dans ses 300 décisions pour changer la France.

Cet épisode dans l'histoire sulfureuse de l'Ordre Médiatique (Pétain a oublié de le créer) est très justement synthétisé par l'un des commentateurs du billet de Rioufol : « Obnubilés par leur sentiment de supériorité et les idées qu'ils veulent imposer, maints journalistes s'écartent de leur mission et s'exposent ainsi aux compromissions dictées par leur nouvelle ambition : celle de faire triompher le monde dont ils rêvent, quitte à créer les événements ou les adapter, selon les besoins de leur cause, au lieu de les relater. Et dire que dans ce monde-là, ils seraient les premiers exclus pour ne pas dire plus. » (L'Expatrié – 13.06.08 – 5:40 – commentaire/blogue)

Quelles sont donc nos chances d'accéder à l'espace médiatique pour « vulgariser » l'offre monarchiste ? Nulles par le canal historique ! Du moins tant que nous ne faisons pas l'actualité mais nous limitons à la commenter, épisodiquement. Nous ne perçons qu'au niveau des ouvrages historiques et des thèses universitaires, et toutes les conférences de débat-vente ne parviennent pas à insinuer le début du commencement d'une réflexion royalisée dans l'esprit citoyen, celui qui sera convoqué un jour à nous dire que nous avons raison.

Nos éditions de périodiques ne me semblent pas très percutantes, et me donnent l'image de chaufferettes pour les coeurs chouans qui saignent. Par contre leurs livraisons sont remarquables sur le plan historique et sur les analyses de fonds de notre société. Hélas, d'avoir raison sur la connaissance du fond sondé ne fait pas avancer le navire, c'est juste une ligne dans le journal de bord.

kiosque de presse à paris

Sommes-nous condamnés à la crypte parce que nous n'accédons pas aux médias ? Oui ! Du moins tant que nous n'aurons pas mis au point un plan professionnel de propagation de nos idées, de la vraie propagande. Peut-on en parler ? A voir la énième guerre à l'Action Française, il semblerait que cela soit très difficile, jusqu'à se demander si l'axe d'effort désigné est réellement la conquête des esprits ou la commémoration un peu triste d'une conquête inachevée avant la Seconde Guerre mondiale ! Cela commence à faire loin !
Prenons le champ médiatique comme il est organisé par la corporation des journalistes et, comme au judo, essayons de profiter de ses lignes de forces plutôt que de dénoncer ses faiblesses :

La presse est moutonnière : une actualité bien construite et valorisée sur un seul grand média va se diffuser. Nul doute que la présence hier à l'Elysée de l'aîné des Bourbons à la remise de la croix d'officier de la Légion d'Honneur au père médiatique de La Morandais, a été notée et diffusée, ne serait-ce que par la participation de l'abbé à certains émissions un peu sulfureuses du PAF. Le Figaro du week-end a fait une brève avec photo dans sa rubrique des « Confidentiels ».

La presse est paresseuse : les Editions Perrin ont lancé le dernier bouquin de Daniel de Montplaisir sur le Comte de Chambord chez un joallier de la place Vendôme :
« Le présent ouvrage dissipe le mystère politique et humain. Mais l'héritage du dernier monarque continue de planer comme une ombre sur l'histoire de France. » Duc d'AnjouEn contrepoint de quoi elles invitent le Duc d'Anjou, héritier dynastique du Duc de Bordeaux, à y venir aussi. La chaîne du service public FR2 fait un court reportage mais très construit pour son journal de 13-heures hier, évoquant la querelle Bourbons vs. Orléans avec un peu d'humour et laisse parler Louis-Alphonse de Bourbon. Les Editions Perrin et le secrétariat privé du prince ont mâché le travail. Même le webmestre du site officiel du Comte de Chambord, l'ami Lamy, fut convoqué, s'il y avait eu des questions noiseuses !

La presse est irritable :
inutile de l'agresser avec des slogans éculés la dénonçant, du moins si l'on veut faire parler de soi. Il faut savoir brosser dans le sens du poil pour laisser passer les idées. Surprendre aussi.
Il est dommage que le blog de campagne présidentielle d'Yves-Marie Adeline ait été fermé, car il contenait les reportages et permettait de comprendre son angle d'attaque, et les améliorations possibles.

Quand décidera-t-on de faire du chiffre ? Pour pénétrer les consciences, étudions bien ce vol d'étourneaux et évaluons les meilleurs vecteurs possibles.



armes de France

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