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mardi 26 décembre 2023

Le vrai discours d'un roi

Dans son message de Noël, le roi d'Espagne a choisi d'entretenir ses sujets des avantages de la constitution de 1978 qui fédère les Espagnes dans le respect des particularismes provinciaux. On comprend bien que la fréquence porteuse de son intervention est le deal passé entre Pedro Sanchez et l'indépendantiste catalan Carles Puigdemont afin que les Cortès de Madrid maintiennent le premier à la présidence du conseil des ministres. Ce texte peut être considéré comme un cours constitutionnel sur un régime décentralisateur tel que le projet royaliste français le promeut. Il y a beaucoup de choses à y prendre. Ce discours n'est pas un oral de Sciences-Po comme nous y sommes habitués en France. Ils n'y ont pas mis l'Ukraine, Gaza, la COP28, les Houthis et le volcan d'Islande. Non, le roi trace son sillon, parfaitement droit, et arrivé au bout du champ, il retourne la charrue et laboure en revenant. Le voici donc in extenso, et les hispanisants se feront un plaisir d'en écouter le prononcé par don Felipe lui-même dans la vidéo ci-dessous :


« Comme à chaque réveillon de la Nativité, j'ai l'occasion de vous souhaiter un Joyeux Noël et de me joindre à ma famille pour vous adresser nos meilleurs vœux. C'est une tradition que je suis heureux de maintenir et qui me permet également d'approcher de vos foyers avec des réflexions sur notre présent et sur les défis auxquels nous sommes confrontés en tant que pays.

« Les difficultés économiques et sociales qui affectent la vie quotidienne de nombreux Espagnols sont une préoccupation pour tous. Une préoccupation exprimée, notamment en ce qui concerne l'emploi, la santé, la qualité de l'éducation et le prix des services de base. Bien sûr aussi, la violence inacceptable à l'égard des femmes ou, dans le cas des jeunes, l'accès au logement. Il y a donc beaucoup de questions spécifiques que j'aurais voulu aborder avec vous aujourd'hui, même si ce soir je préfère me concentrer sur d'autres questions qui ont également beaucoup à voir avec le développement de notre vie collective. C'est à la Constitution et à l'Espagne auxquelles je voudrais me référer.

« Cette année, notre Constitution a atteint l'âge de quarante-cinq ans. Au cours de ces années de vie démocratique, la Constitution à laquelle la princesse des Asturies a prêté serment le 31 octobre, a été présente dans nos vies de manière ininterrompue. Et c'est sans aucun doute le meilleur exemple de l'union des Espagnols et de leur vie en commun. Nous ne pouvons pas oublier que l'un de nos grands atouts en démocratie est précisément cette convivialité fondée sur des sentiments partagés et sur la recherche ensemble du bien-être et de la prospérité de tous. En octobre dernier dans les Asturies, j'ai souligné - et je le crois ainsi - que c'était avec l'union, avec l'effort collectif et les attitudes solidaires que les grands chantiers se construisaient, ceux qui transcendent les gens, qui durent et se pérennisent. C'est ainsi qu'un pays progresse.

« Bien sûr en Espagne, tout citoyen a le droit de penser, de s'exprimer et de défendre ses idées en liberté et dans le respect d'autrui. Mais la démocratie exige aussi un large consensus de base sur les principes que nous partageons et qui nous unissent depuis plusieurs générations. Et cette union qui a de profondes racines historiques et culturelles, doit reposer avant tout sur les valeurs qui régissent toute vie démocratique en commun : la liberté, la justice, l'égalité, le pluralisme politique. Telles sont les valeurs qui nous rapprochent, qui donnent de la force et de la permanence à un système démocratique comme le nôtre. Et donc elles définissent et établissent notre Constitution qui a été le plus grand succès politique de notre histoire récente. Elle a été le point culminant d'un processus qui a mérité l'admiration et une reconnaissance internationales extraordinaires. Grâce à elle, l'Espagne a réussi à construire et à consolider une démocratie pleine, ouverte et inclusive, un État de droit social et démocratique qui a assuré notre vivre ensemble et nous a permis de surmonter diverses crises graves ces dernières années. Telle est l'évidente réalité de notre récente histoire constitutionnelle.

« Grâce à la Constitution, nous avons réussi à surmonter les divisions qui ont été à l'origine de nombreuses erreurs dans notre histoire ; elles ont ouvert des plaies, des fractures affectives et éloigné les personnes. Surmonter ces divisions a donc été notre principal succès il y a près de cinq décennies. Par conséquent, empêcher que le germe de la discorde ne s'installe entre nous est un devoir moral qui nous oblige tous. Parce que nous ne pouvons pas nous le permettre.

« Et il y a une autre dimension de la Constitution que pour le moins nous ne regardons pas assez et qui est certainement aussi très importante : celle qui nous permet de garantir notre modèle de vie, notre mode de vie et notre compréhension de la vie. S'exprimer librement, obtenir une éducation, avoir un emploi ou se protéger de la maladie est certainement essentiel dans notre vie quotidienne. C'est aussi, l'accès à un foyer, la formation d'une famille, pouvoir compter sur une aide sociale ou une retraite décente... Tous ces faits quotidiens - et bien d'autres - sont ceux que la Constitution défend, garantit et protège.

« C'est pourquoi je voudrais justifier la Constitution non seulement en tant que valeur démocratique au présent et dans l'avenir, mais aussi en tant qu'instrument et garantie indispensables pour que la vie des Espagnols puisse continuer à fonctionner en confiance, dans la stabilité et avec des certitudes. Afin que nous puissions jouir librement d'une vie dans laquelle chacun - en sa situation propre - peut raisonnablement être satisfait dans ses attentes légitimes, ses ambitions, ses projets et ses besoins. Mais il est clair que pour que la Constitution développe pleinement sa mission, nous devons non seulement la respecter, mais encore préserver son identité qui la définit, c'est-à-dire, sa raison d'être tel un pacte collectif de tous entre tous dans un but commun. Enfin, nous devons préserver son intégrité en tant que lieu de reconnaissance mutuelle, d'acceptation et de rencontre approuvée par tous les Espagnols, en tant que détenteurs légitimes de la souveraineté nationale.

« Par conséquent, sans respect de la Constitution il n'y a pas de démocratie ou de vivre ensemble possibles ; il n'y a pas de liberté mais de la contrainte ; il n'y a pas de loi mais l'arbitraire. En dehors de la Constitution, il n'y a pas d'Espagne en paix et en liberté. A côté de la Constitution, l'Espagne !

« Les Espagnols ont emprunté une nouvelle voie il y a près d'un demi-siècle ; nous l'avons fait ensemble, démocratiquement, dans le cadre d'un projet commun. Nous avons adopté une vision commune de l'Espagne, qui reconnaît le droit de chacun de se sentir et d'être respecté dans sa personnalité et dans sa propre culture, avec ses langues, ses traditions et ses institutions. Et aujourd'hui, l'Espagne est une société forte, qui a souvent prouvé les valeurs qui donnent un sens à notre communauté politique :

« Nous avons été solidaires avec ceux qui ont souffert de l'adversité ;
nous avons eu un comportement civique exemplaire pour surmonter la COVID ;
nous avons fait preuve de courage, de dignité et de principes face au terrorisme ;
et nous avons exprimé et - surtout - défendu nos valeurs constitutionnelles lorsqu'elles ont été remises en question ou qu'elles ont été mises en péril.
Et tout cela, nous l'avons également fait ensemble et conformément au cadre constitutionnel, décidé par tous les Espagnols.

« La raison ultime de nos succès et de nos progrès dans l'histoire récente a été précisément l'unité de notre pays, fondée sur nos valeurs démocratiques et notre cohésion, sur les liens solides de l'État et des Communautés autonomes, sur la solidarité entre tous... Mais toujours dans notre ouverture au monde extérieur avec une vocation profondément ibéro-américaine et européenne. L'Espagne a présidé le Conseil de l'Union européenne pour le dernier semestre, et l'unité de l'Europe a été renforcée.

« Je ne doute pas que l'unité sera également la clef pour que nous puissions faire face avec succès aux défis graves et complexes du futur auquel l'Espagne est confrontée aujourd'hui. Pour faire face à l'avenir, toutes les institutions de l'État ont le devoir de nous conduire avec la plus grande responsabilité et de toujours rechercher les intérêts généraux de tous les Espagnols fidèles à la Constitution. Chaque institution, à commencer par le Roi, doit être placée à l'endoit que la Constitution lui désigne, exercer les fonctions qui lui sont confiées et remplir les obligations et les devoirs auxquelles la Constitution l'assigne. Nous devons également respecter les autres institutions dans l'exercice de leurs propres compétences et contribuer à leur renforcement et à leur prestige. Enfin, nous devons toujours garantir la bonne réputation, la dignité et le respect de notre pays.

« Tout au long de son histoire, pendant des siècles, l'Espagne a eu la responsabilité d'influencer le cours de l'humanité. Comme elle a également traversé des périodes de tragédie, de silence, d'isolement et de douleur. Mais le peuple espagnol les a toujours surmontées ; il a réussi à les surmonter en sachant comment choisir son chemin avec force et dans l'orgueil des peuples qui savent qui ils veulent être. Nous devrions prendre davantage conscience du grand pays dont nous disposons, le ressentir davantage et en prendre soin avant tout. Nous pouvons ainsi mieux nous acquitter de l'obligation dont j'ai parlé il y a quelques jours aux Cortès : garantir aux jeunes générations l'héritage d'une Espagne unie et cohésive avec une volonté de compréhension mutuelle, et solide dans ses convictions démocratiques, civiques et morales ; l'héritage d'une Espagne respectée, notre chère nation, dans laquelle elles peuvent continuer à développer librement leur vie, en toute sécurité dans un environnement de stabilité et de confiance.

« L'Espagne passera à autre chose. Avec détermination, avec espoir, nous le ferons ensemble ; conscients de notre réalité historique et présente, de notre vérité en tant que nation. Sur cette voie, il y aura toujours la Couronne; non seulement parce que c'est mon devoir en tant que Roi, mais parce que c'est aussi ma conviction.

« Merci de m'avoir accordé un peu de votre temps cette nuit, et avec la Reine, la Princesse Léonor et l'Infante Sofia, nous vous souhaitons un heureux réveillon, avec une pensée très spéciale pour ceux qui en ce moment, avec dévouement et abnégation, veillent à la sécurité de tous et au fonctionnement des services publics.

« À tous, Joyeux Noel, Eguberri on, Bon Nadal et Boas festas. Très bonne nuit et que 2024 soit heureuse et prospère. »

(traduction R.A.)



cul-de-lampe

(Bloc-texte du communiqué original de la Casa Real)
Como cada Nochebuena, tengo la oportunidad de felicitaros la Navidad y de transmitiros, junto a mi familia, nuestros mejores deseos. Es una tradición que me agrada mantener y que también me permite hacer llegar a vuestros hogares algunas reflexiones sobre nuestro presente y sobre los retos que se nos plantean como país. Las dificultades económicas y sociales que afectan a la vida diaria de muchos españoles son una preocupación para todos. Una preocupación que se manifiesta, especialmente, en relación con el empleo, la sanidad, la calidad de la educación, el precio de los servicios básicos. Desde luego también con la inaceptable violencia contra la mujer o, en el caso de los jóvenes, con el acceso a la vivienda. Así pues, son muchas las cuestiones concretas que me gustaría abordar con vosotros hoy, si bien esta noche quiero centrarme en otras que también tienen mucho que ver con el desarrollo de nuestra vida colectiva. Es a la Constitución y a España a lo que me quiero referir. Este año, nuestra Constitución ha cumplido 45 años. Durante estos años de vida democrática, la Constitución, que la Princesa de Asturias juró el pasado 31 de octubre, ha estado presente ininterrumpidamente en nuestras vidas. Y es, sin duda, el mejor ejemplo de la unión y convivencia entre españoles. No podemos olvidar que uno de nuestros grandes activos en democracia es, precisamente, esa convivencia basada en sentimientos compartidos y en la búsqueda común del bienestar y la prosperidad de todos. En Asturias en octubre pasado, señalé -y así lo creo-, que es con la unión, con el esfuerzo colectivo y con las actitudes solidarias como se construyen las grandes obras, las que trascienden a las personas, las que duran y permanecen en el tiempo. Es así como un país progresa. Naturalmente, en España todo ciudadano tiene derecho a pensar, a expresarse y defender sus ideas con libertad y respeto a los demás. Pero la democracia también requiere unos consensos básicos y amplios sobre los principios que hemos compartido y que nos unen desde hace varias generaciones. Y esa unión, que tiene profundas raíces históricas y culturales, debe descansar sobre todo en los valores que rigen toda convivencia democrática: la libertad, la justicia, la igualdad, el pluralismo político. Esos son los valores que nos cohesionan, que le dan fortaleza y permanencia a un sistema democrático como el nuestro. Y así los define y establece nuestra Constitución, que ha sido el mayor éxito político de nuestra reciente historia, y que supuso la culminación de un proceso que mereció una admiración y un reconocimiento internacional extraordinarios. Gracias a ella, España consiguió construir y consolidar una democracia plena, abierta e integradora, un Estado Social y Democrático de Derecho, que ha asegurado nuestra convivencia y que nos ha permitido superar diversas y graves crisis en los últimos años. Esa es la evidente realidad de nuestra historia reciente institucional. Gracias a la Constitución conseguimos superar la división, que ha sido la causa de muchos errores en nuestra historia; que abrió heridas, fracturó afectos y distanció a las personas. Superar esa división, por tanto, fue nuestro principal acierto hace ya casi 5 décadas. Por eso, evitar que nunca el germen de la discordia se instale entre nosotros es un deber moral que tenemos todos. Porque no nos lo podemos permitir. Y hay otra dimensión de la Constitución en la que a menudo no reparamos, y que sin duda es también muy importante: La que nos permite asegurar nuestro modelo de vida, nuestra forma de vivir y de entender la vida. Expresarse libremente, recibir una educación, tener un empleo, o protegerse de la enfermedad, es sin duda clave en nuestro día a día. También lo es, acceder a una vivienda, formar una familia, contar con ayuda social o disponer de un retiro digno... Todos esos hechos diarios -y muchos más- son los que la Constitución ampara, garantiza y protege. Por ello, quiero reivindicar la Constitución no solo como valor democrático de presente y de futuro, sino también como instrumento y garantía imprescindible para que la vida de los españoles pueda seguir discurriendo con confianza, con estabilidad, con certidumbre. Para que podamos disfrutar libremente de una vida en la que cada uno -con sus circunstancias- pueda ver razonablemente satisfechas sus legítimas expectativas, sus ambiciones, proyectos y necesidades. Pero es evidente que para que la Constitución desarrolle plenamente su cometido no solo se requiere que la respetemos, sino también que conservemos su identidad, lo que la define, lo que significa; su razón de ser como pacto colectivo de todos y entre todos para un propósito compartido. Y, finalmente, exige que preservemos su integridad como lugar de reconocimiento mutuo, de aceptación y encuentro aprobado por todos los españoles, como legítimos titulares que son de la soberanía nacional. Por tanto, fuera del respeto a la Constitución no hay democracia ni convivencia posibles; no hay libertades sino imposición; no hay ley, sino arbitrariedad. Fuera de la Constitución no hay una España en paz y libertad. Y junto a la Constitución, España. Los españoles iniciamos hace ya casi medio siglo un nuevo camino; lo hicimos juntos, democráticamente, en un proyecto común. Aprobamos una visión compartida de España que reconoce el derecho de todos a sentirse y a ser respetados en su propia personalidad y en su cultura; con sus lenguas, tradiciones e instituciones. Y hoy, España es una sociedad fuerte, que ha demostrado muchas veces los valores que forjan nuestro sentido como comunidad política: Hemos sido solidarios con quienes han sufrido la adversidad; Hemos tenido un comportamiento cívico ejemplar en la superación de la COVID; Hemos demostrado coraje, dignidad y principios frente al terrorismo; Y hemos expresado y -sobre todo- defendido nuestros valores constitucionales cuando estos han estado en cuestión o se han puesto en riesgo. Y todo ello, también lo hemos hecho juntos y de acuerdo con el marco constitucional, decidido por todos los españoles. La razón última de nuestros éxitos y progresos en la historia reciente ha sido precisamente la unidad de nuestro país, basada en nuestros valores democráticos y en la cohesión, en los vínculos sólidos del Estado con nuestras Comunidades Autónomas y en la solidaridad entre todas ellas... Basada también en nuestra apertura al exterior con una profunda vocación iberoamericana y europea. Precisamente, España ha presidido el Consejo de la UE durante el último semestre, en el que se ha reforzado la unidad de Europa. No tengo duda de que la unidad, será también la clave para que podamos afrontar con éxito los serios y complejos retos de futuro a los que España se enfrenta hoy. Para abordar ese futuro, todas las instituciones del Estado tenemos el deber de conducirnos con la mayor responsabilidad y procurar siempre los intereses generales de todos los españoles con lealtad a la Constitución. Cada institución, comenzando por el Rey, debe situarse en el lugar que constitucionalmente le corresponde, ejercer las funciones que le estén atribuidas y cumplir con las obligaciones y deberes que la Constitución le señala. Debemos respetar también a las demás instituciones en el ejercicio de sus propias competencias y contribuir mutuamente a su fortalecimiento y a su prestigio. Y finalmente debemos velar siempre por el buen nombre, la dignidad y el respeto a nuestro país. España ha tenido a lo largo de su historia, durante siglos, la responsabilidad de influir en el rumbo de la Humanidad. Como también ha atravesado períodos de tragedia, silencio, aislamiento y dolor. Pero el pueblo español los ha superado siempre; ha conseguido sobreponerse, sabiendo elegir su camino con fortaleza y con el orgullo de los pueblos que son y quieren ser. Deberíamos tomar mayor conciencia del gran país que tenemos, para así sentirlo más y cuidarlo entre todos. Así podremos cumplir mejor con la obligación de la que hablé hace unas semanas en las Cortes: la de garantizar a las jóvenes generaciones el legado de una España unida, cohesionada, con voluntad de entendimiento, y sólida en sus convicciones democráticas, cívicas y morales; el legado de una España respetada, de una Nación querida, en la que puedan continuar desarrollando sus vidas de manera libre, de manera segura en un entorno de estabilidad y confianza. España seguirá adelante. Con determinación, con esperanza, lo haremos juntos; conscientes de nuestra realidad histórica y actual, de nuestra verdad como Nación. En ese camino estará siempre la Corona; no solo porque es mi deber como Rey, sino también porque es mi convicción. Gracias por vuestro tiempo en esta noche y junto a la Reina, la Princesa Leonor y la Infanta Sofía os deseamos una feliz Nochebuena, con un recuerdo muy especial para quienes, en este momento, con dedicación y entrega, velan por la seguridad de todos, y por el funcionamiento de los servicios públicos. A todos, Feliz Navidad, Eguberri on, Bon Nadal y Boas festas. Muy buenas noches; y Feliz y próspero año 2024.

lundi 10 août 2020

Don Juan Carlos au pays de l'Or noir


Dans l'affaire Juan Carlos, il y a les interprétations, l'accusation et la défense aveugles, et il y a les faits. Deux sont sûrs et posent problème plus qu'on ne le croit à tel point que même en Espagne ces questions ne sont pas réellement creusées pour l'instant après la fuite à Varennes du roi émérite.

Les cent millions de dollars signalés par la Justice suisse sont apparemment des retro-commissions balladuriennes puisqu'il n'est pas imaginable que le roi ait été remercié par les Séouds pour avoir pousser à la roue du TGV séoudien. Normalement ce devait être l'inverse. La question est donc : que récompensait la monarchie séoudienne avec cent millions de dollars à titre personnel et discrets ? D'autant que le roi n'était pas connu pour faire des affaires, même s'il œuvrait régulièrement à la promotion d'accords commerciaux à l'étranger, surtout en Amérique latine (récupération de l'économie argentine) et sur le Machrek arabe (Maroc, Algérie, reconnaissance d'Israël très tardive en 1986). Alors j'émets l'hypothèse à vérifier que la maison des Séouds a remercié le roi pour son soutien dans l'ouverture de l'Espagne aux wahhabites dont les imams salariés du Golfe prêchent dans des mosquées financées par les pétro-monarchies, sans parler des salles de prières salafistes éparpillées un peu partout où l'on éduque les paumés aux rites médiévaux. Le retour de l'islam en Espagne date de l'époque franquiste quand des accords formels ont été passés avec la communauté musulmane résidente dans les années 60, pour croître ensuite sous Juan-Carlos Ier qui vit s'édifier de magnifiques mosquées, à Madrid et sur l'ancien territoire d'Al-Andalous, toutes financées de l'étranger. Cf. la Wikipedia des mosquées espagnoles. Disons en passant que leur architecture est soignée pour être raccord avec les splendeurs architecturales du califat historique, et que toutes ont érigé un minaret de grande hauteur. Ajoutons aussi que la Commission islamique espagnole serait entre les mains des Frères musulmans par procuration ; mais on ne prête qu'aux riches.

Mosquée King Abdul Aziz al Saud de Marbella


Le second fait est l'atterrissage du roi émérite à Abou Dhabi et déjà son refus d'en bouger. S'il est sûr qu'aujourd'hui pour cent millions t'as plus rien, cela n'empêche pas d'avoir un mandat d'amener international exécutable dans la plupart des pays prétendument démocratiques. L'Amérique latine, un temps pressentie - la presse allait donner le numéro de la rue où Juan-Carlos se cachait en République dominicaine - l'Amérique latine donc était-elle à l'abri d'une procédure ? Les choses changent à chaque élection/révolution et le bain culturel ne compense pas l'angoisse d'Interpol. Par contre les pétro-monarchies du Golfe persique mettent à l'abri leurs riches amis sans qu'ils n'aient plus rien à craindre.

Ce billet ne tient aucun compte des spéculations sur la mésentente des familles au palais de la Zarzuela, sur l'accord tacite ou explicite du président du gouvernement, pas plus que des affirmations de Corinna Larsen zu Sayn-Wittgenstein (atchoum), amie de cœur du vieux paillard et mère de toutes les salopes à soixante briques la passe (c'est exagéré).


Si Don Juan Carlos s'est fait entôler par une croqueuse de diamants, on peut attendre la suite le sourire aux lèvres. Si les cent millions séoudiens rémunèrent l'accès des idéologues wahhabites à la communauté musulmane espagnole, c'est autrement plus grave, à la fois moralement en pays chrétien, mais surtout à gérer par la Fiscalia de Madrid ! Ça ne fait peut-être que commencer quand la Casa Real a pu croire un moment que l'exil étouffait les développements dangereux pour le couple titulaire actuel. Mais ce n'est pas gagné si l'on sait qu'un Centro de Investigaciones Sociológicas a fait un sondage en mai 2020, avant donc la fuite à Varennes. La république l'emportait de justesse à 51% mais la monarchie n'arrivait pas à convaincre plus de 34% des sondés (source HispanTV). On était en mai ! On imagine aisément que la fracture s'est creusée depuis la nouvelle de l'exil rocambolesque à Abou Dhabi. Aujourd'hui 55% des Espagnols voudraient qu'un référendum tranche la question du régime et 35% jugent que la monarchie pose problème (source N&R). Il faut que 2/3 du parlement espagnol approuvent le lancement d'un référendum ; reste à calculer finement de qui serait constitué le tiers réfractaire et bloquant. Mais l'appétit de nouvelles prébendes républicaines peut faire basculer les indécis au motif de "faire trancher le peuple" pour encaisser les bénéfices bourgeois. Nous terminerons par une motion de soutien au roi Felipe VI et sa charmante reine qui se donnent à fond depuis le début de leur règne pour perpétuer la monarchie de Bourbon en Espagne, dynastie régulièrement exilée depuis Carlos IV. Vive le roi !


L'Alhambra de Grenade et la Sierra Nevada au fond

vendredi 25 octobre 2019

La grande croix de Los Caídos


La translation des cendres du généralissime Francisco Franco le 24 octobre 2019 a été déléguée à la famille du Caudillo à ce qu'en ont voulu montrer les reportages de la presse espagnole, particulièrement celui d'El País qui a fait un direct non-stop sur l'évènement. Le gouvernement socialiste s'est contenté d'envoyer la ministre de la Justice pour surveiller l'extraction du cercueil du mausolée et son chargement sur l'hélicoptère de l'Armée de l'Air mis à disposition sur requête de la Guardia civil. Nous ne revenons pas sur cette journée très significative de l'acharnement du président Sanchez en pleine campagne électorale, significative aussi des maigres bataillons franquistes accompagnant la réinhumation dans la chapelle funéraire des Franco au cimetière communal de Mingorrubio, car ce n'est pas de cela qu'il s'agit dans ce billet.

Si l'on suit depuis un an les déclarations des leaders de la gauche espagnole, on peut déceler l'intention qui motive cette première translation (celle de Primo de Rivera, fondateur de la Phalange, est prévue sinon faite) qui n'est que la "défranquisation" du pays à l'image de ce qui s'est fait en Russie pour Staline ou en Allemagne pour Hitler. En Italie, ce fut plus cool. Un commentateur de l'évènement insistait aujourd'hui sur l'évidence que les "restes" de Franco n'étaient pas dans cette bière portée par ses descendants, mais plutôt dans tout le pays, dans des lois, des positions sociales, des monuments publics, des fortunes... Ce n'est donc pas seulement le site du Valle de Los Caídos qui est menacé mais tout l'héritage franquiste. On pense à la Fondation Franco présidée par le prince Luis-Alfonso de Borbón, entre autres.

La dénazification de l'Espagne ne pourra pas s'opérer sans heurter les convictions patriotiques ancrées profondément dans beaucoup de familles qui furent jadis du côté du manche mais surtout sans attaquer de front de puissantes positions établies de longue date. Si l'on sait que ce pays fut fondé à l'origine sur l'amalgame jamais conclu de royaumes orgueilleux, les fameuses Espagnes des titres portés par le souverain, ce pays ingouvernable aux dix millions de rois, disait Ferdinand VII, doit chercher en permanence sa cohésion. Les séparatismes basque, catalan et galicien sont là pour nous en faire souvenir. Si la désacralisation commencée du mausolée de Los Caídos n'a jusqu'ici déclenché aucun soulèvement parce que la guerre civile est finie depuis quatre-vingt ans et que les gens sont abrutis par les difficultés de la vie quotidienne, il n'est pas dit que la société espagnole ne se fracture plus encore entre partisans de l'ordre et progressistes béats si l'affaire continue. Mais pis encore pour le pouvoir, l'attaque contre les fortunes acquises pourrait lever des contestations du grand capital espagnol qui n'ira pas de main morte contre les apprentis sorciers de la Vérité à tout prix, tant ils ont de choses à cacher.

Ce que ne dit pas le PSOE mais d'autres ne s'en privent pas, c'est que dans l'héritage franquiste qui doit être purgé se trouve la dynastie des Bourbons (honnie en Catalogne). Et finalement la monarchie elle-même imposée par le Caudillo. Ce qui se joue en Espagne à échéance de cinq ans ou un peu plus, n'est pas seulement la "défranquisation" à l'européenne mais l'inversion des cartes en main lors de la victoire de 1939. C'était une guerre civile et Pedro Sanchez donne l'impression de souvent l'oublier. D'oublier aussi que dans aucun des pays qu'il prend pour modèle n'a éclaté de guerre civile sauvage comme en Espagne. Veut-il gagner la guerre perdue par ses pères ? Il pensera l'avoir gagnée quand on descendra la grande croix de Los Caídos qui menace la circulation aérienne. Peut-être que celui qui sert de pape à Rome y trouvera quelque chose à redire à défaut de lui conseiller de ne pas tenter le diable qui fait bombance de la connerie humaine.





Postscriptum du 26.10.19 : Telos fait un point très intéressant sur la situation politique espagnole à l'occasion du transfert de Franco : c'est par ici.

dimanche 28 avril 2019

In VOX We Trust

L'avant-veille du scrutin législatif espagnol, le prince Louis de Bourbon encourageait sur sa page Facebook ses Friends à voter POUR l'Espagne traditionnelle en ces termes :
El 28A España se juega su futuro :
- La Unidad Territorial
- La educación de sus hijos
- La defensa de la familia y de la vida
- El respeto a su bandera, a su himno, a su historia, a su cultura, a su lengua y a la religión
- El cumplimiento de la Ley
- El apoyo a los Cuerpos De Seguridad del Estado
Hier il appelait à porter le parti VOX aux Cortès de Madrid :
Basta de votar a disgusto o con los ojos o la nariz tapados : hay que VOXtar con ilusión y esperanza de una España Mejor.
. Vota Con Ilusion
. Vota Con Esperanza
. España Viva

Les ducs d'Anjou (cliché El País 2016)

Contrairement à ses cousins de France, le prince est connu du grand public chez lui en Espagne, plus particulièrement par son ascendance* mais aussi par sa vie de famille exemplaire et ses relations mondaines et professionnelles. Il est l'aîné des Capétiens d'où procède la Casa Real. Luis Alfonso de Borbón y Martínez-Bordiú et Maria Margarita Vargas Santaella (du Banco Occidental de Descuento de Maracaïbo) font souvent leur page glacée dans les magazines people de la Péninsule, mais aussi de la presse quotidienne par son inlassable défense du généralissime Francisco Franco dans ses choix et ses œuvres. On saura ce soir s'il a été entendu.

(*) il est l'arrière-petit-fils en ligne directe du général Franco mais aussi pareillement du roi d'Espagne Alphonse XIII.

Le programme de VOX se décalque parfaitement sur les recommandations du prince Louis mais le soutien qu'il lui apporte n'aurait pas été aussi explicite si le président du gouvernement sortant, Pedro Sanchez, n'avait fait mousser l'exhumation de Franco en Valle de Los Caïdos à des fins électoralistes. Négociant en plus avec les séparatistes catalans un futur détesté par la droite et la majorité des Espagnols, Sanchez a fait de VOX ce parti d'appoint indispensable à une coalition de droite, qui a permis de renverser la table en Andalousie, province socialiste, assistée du berceau à la tombe jusqu'à maintenant.

Si, au-delà de la querelle dynastique française, d'aucuns ici s'interrogeaient sur les intentions politiques de Louis de Bourbon pour la France, il leur suffirait de connaître ce qu'il demande pour l'Espagne :

- l'unité du territoire de la nation
- l'éducation de ses enfants
- la défense de la famille et de la vie - il paraît dans des conférences internationales sur le premier sujet -
- le respect du drapeau, de l'hymne national, de l'histoire du pays, de sa culture, de sa langue et de sa religion
- l'état de droit
- l'appui aux forces de sûreté du pays

On peut trouver une majorité de Français sur ce faisceau de convictions ; mais aussi une forte minorité issue des forces de déconstruction et d'affaissement moral à l'œuvre depuis quarante ans parce que l'esquisse induit de fortes exclusions. Deux absences importantes dans le programme - il y en a quelques autres - sont l'économie et les finances, ce qui ne laisse d'étonner chez un banquier. S'il reste très critique du libéralisme social ou sociétal, je n'ai pas le souvenir de l'avoir entendu sur le libéralisme économique, le capitalisme, la globalisation. Les fan clubs légitimistes français, plutôt que d'exposer son combat catholique qui ne fait aucun doute, enrichiraient le débat en l'interrogeant sur ses convictions dans ces chapitres déterminants pour notre futur. Quoique on puisse soutenir que le réarmement moral de la nation doit précéder la reconstruction du pays qui l'héberge.

Royal-Artillerie souhaite à l'Espagne que triomphe ce soir le meilleur de ses traditions dans le droit fil des espérances du prince de Bourbon.



Addendum du 28/04/2019-23:05

Avec une participation de 75% les cartes ont été rebattues à l'intérieur de chaque camp, à droite et à gauche, mais sans en avantager aucun. Le PSOE de Pedro Sanchez passe en tête et cherche à former un front populaire pour gouverner mais Podemos a rétréci. Le PP s'effondre mais Ciudadanos s'envole. VOX a obtenu 2,5 millions de voix et entre aux Cortès avec 24 députés. Même si le score du parti nationaliste est inférieur à ses attentes, à quarante-trois ans seulement, Santiago Abascal est là pour longtemps.


mercredi 19 septembre 2018

Une couronne en question

Ce blogue a toujours eu de l'indulgence pour la famille de Juan-Carlos d'Espagne au seul motif que l'accession au trône de 1975 n'était pas réellement un cadeau du dictateur mourant puisque les intérêts franquistes étaient toujours aux commandes dans presque tous les postes de l'Etat. Il faut dire quand même que l'assassinat de l'amiral Carrero Blanco en 1973 en avait incité beaucoup à favoriser la transition dans l'espoir de continuer à peser. Ayant assisté à son premier discours aux Cortes de Madrid (je radote, me dit-on dans l'oreillette), j'avais été étonné par la mâle expression du nouveau chef d'Etat et surtout l'enthousiasme de tous les députés, communistes compris, qui célébraient le retour à la normalité d'un pays jusque là coupé du monde aux plans politique et culturel, ses artistes étant pour beaucoup expatriés.

Le putsch du capitaine-général Tejero donnera au roi l'occasion d'entrer dans l'histoire en 1981. L'éléphant qu'il tua en 2012 l'en fera sortir. La presse d'investigation lâcha les chiens, on lui découvrit maîtresse(s) et enfant naturel, vrai ou faux. Il abdiqua. La Casa Real n'en était pas quitte pour autant. Sa fille Cristina fut pincée dans une affaire de détournement de fonds publics dans une histoire corne-cul impliquant son mari Iñaki Urdangarin, ancien handballeur, un coureur à ses heures et sans doute un peu juste pour faire l'escroc. Lui moisit en prison, elle, condamnée à une forte amende, aux dernières nouvelles "survit" en Suisse avec les enfants.

photo de Felipe VI et de son épouse
Un nouveau couple prend la lumière, Don Felipe et son épouse Letizia. L'occasion de redonner des tours au moteur ? Ce jeune roi est impeccable, grand, barbu, disert, ennuyeux et la reine son épouse fait le job très consciencieusement tout en sourires. Les deux infantes sont adorables. Tout irait pour le mieux si le couple retiré ne faisait pas d'ombre aux nouveaux titulaires de la charge. Or, si Juan-Carlos a abdiqué, il promène sa canne partout, dans les parades militaires et navales, les commémorations et j'en passe, jusqu'en Amérique du sud, démonétisant le prestige de son fils. Cette fonction ne peut souffrir aucune affaissement en Espagne où les républicains sont nombreux. La Reine déposée est de son côté toujours fourrée avec les infantes, jouant à la grand-mère protectrice devant les objectifs, au fort déplaisir de la Reine en titre qui gère une communication serrée (elle est du métier).

C'est une grave erreur que de faire cohabiter deux rois, deux reines, dans un pays qui n'est pas totalement converti à la monarchie comme le sont les pays nordiques. Les abdications inaugurées aux Pays-Bas sont acceptables chez des peuples royalistes jusqu'à la moelle, pas dans le patchwork espagnol où l'autorité naturelle doit correspondre à l'autorité fonctionnelle. Felipe n'a pas besoin de l'ombre portée du vieux roi qui n'a plus l'aura du commandeur de Dom Juan. C'est pire encore si la famille royale est entachée de scandale ou de mœurs relâchées. Il y a une exigence spéciale en ce domaine surtout dans le cas d'une restauration.

C'est le même problème qui se poserait pour une restauration en France. Le nouveau roi et son successeur, voire même jusqu'au troisième titulaire pour démontrer que le logiciel héréditaire fonctionne parfaitement, doivent être au niveau exigé par les responsabilités dévolues, compétents et irréprochables, tout comme leurs familles. On ne peut pas rater une restauration après une république ou une dictature, et les monarchies du nord installées depuis la brume des temps anciens ne sont pas le bon exemple ici.

photo des deux infantes
Le roi Felipe VI serait bien inspiré de sortir ses parents du protocole comme d'ailleurs son père a lui-même déclassé la branche aînée de Cadix puis chassé le dernier rejeton de l'Almanach. Il l'a fait par raison d'Etat et pour annuler d'avance toute situation équivoque dans le futur, voire une improbable revendication dynastique. Il devrait aujourd'hui accepter de se retirer loin des manifestations officielles, quelque part avec son épouse - s'ils se supportent encore - dans quelque manoir confortable et discret aux Baléares ou à l'Escorial, l'image frapperait. Comme Benoît XVI, que dans la même situation on ne voit jamais ou presque ! Le gouvernement compliqué du Saint-Siège serait impossible avec deux papes, pourquoi la couronne espagnole y résisterait-elle mieux ?

Bien sûr la mesure d'éloignement heurterait les consciences amollies de notre époque mais la fragilité de cette monarchie appelle à prendre des décisions, et si elles sont injustes sentimentalement et moralement, tant pis ! L'Espagne, si jamais rendue aux divisions anciennes, redeviendra le pays de tous les démons. Elle ne le mérite pas en elle-même et pour tout ce qu'elle nous apporte. Mais pendant ce temps, un vidéoclip très populaire dénonce les Bourbons avec violence - on y parle de guillotine - pour revendiquer une totale liberté d'expression et soutenir le rappeur Valtònyc, condamné pour outrages. Il est en fuite en Belgique, comme Puigdemont. Le clip se termine par le générique complet de la production, un essai de victimisation ? une façon d'inviter la justice à agir pour qu'elle se déconsidère ? Certains se le passent en boucle (c'est sous-titré en français). A suivre.





lundi 17 septembre 2018

Louis de Bourbon, double prince

Don Luis à la Féria de San Isidro
« Eres nuestro rey !» Ainsi furent reçus Luis Alfonso de Borbón et sa famille sur le parvis de la basilique Sainte-Croix de Los Caídos lors de la manifestation franquiste du 15 juillet 2018 contre la translation des cendres de son aïeul hors du mausolée. Je n'attendrai pas la conclusion de ce billet pour vous dire qu'il me plaît bien Don Luis Alfonso. Aussitôt connu le projet Suarez, plutôt que de torcher un communiqué filandreux de désapprobation depuis sa résidence de La Finca, il embarque dans la voiture femme et enfants vers Los Caídos pour se joindre aux partisans de son arrière-grand-père !

Avant même qu'il ne prenne la présidence de la Fondation nationale Francisco Franco, laissée vacante par le décès de sa grand-mère, fille du dictateur défunt, il était intervenu dans le champ politique espagnol avec une certaine autorité à l'occasion des affaires catalanes. Il faut dire que c'est un athlète portant beau, ce qui plaît bien aux Espagnols qui n'ont pas les mêmes goûts que nous. Nous sommes des cérébraux donneurs de leçons, ils sont des bretteurs qui portent les coups. A choisir pour le gouvernement des hommes entre l'athlète et le penseur, j'inclinerais pour l'athlète, surtout aujourd'hui où tout se fait en réaction immédiate au défi relevé.

Son compte personnel Facebook nous signale qu'il prend fait et cause pour les employés de la Radio-télévision espagnole menacés de purges par le nouveau gouvernement socialiste du président Sanchez et il soutient à nouveau les Espagnols catalans. Il perturbe la manif de la Diada en mettant l'hymne national à fond depuis son balcon. D'une certaine façon il réveille le franquisme qui dort chez beaucoup, fatigués des compromissions de la Casa Real avec les Cortes de Madrid, famille royale régnant par ordre du Caudillo, qui laisse faire tout et n'importe quoi sans rien dire, par le mémoricide de la guerre civile. Il semble à tous évident qu'en supprimant la visibilité des souvenirs de cette époque, la nouvelle nomenklatura veut gagner dans la rue la guerre qu'elle a perdue dans les livres d'histoire. D'où la demande d'exhumation de Franco dans la basilique en Valle de Los Caídos. Nous avons déjà suggéré de murer le mausolée sans rien y toucher, jusqu'à la fin de l'éternité. Le monument tiendra le coup jusque-là plus longtemps qu'une pyramide de Gizeh.

La vigueur avec laquelle Don Luis Alfonso défend l'héritage s'explique par l'histoire de sa jeunesse. Ayant perdu son grand frère sur la route, puis son père sur les pistes de ski, il s'est retrouvé à quatorze ans seul dans une société de femmes, sa grand-mère au quotidien et sa mère surexcitée en vacances, qui lui ont inculqué le respect du grand aïeul pour tout ce qu'il fit de positif dans ce pays, à commencer par les ponts, les barrages, les trains, l'industrie, la mise en valeur de la côte méditerranéenne et le respect obtenu sur la scène internationale malgré la paix des grands cimetières sous la lune ; jusqu'à ce que le général de Gaulle, chassé du pouvoir à Paris, vienne lors de sa tournée d'adieu au monde, rendre visite dans un parador au vieux dictateur toujours à poste, lui.

Don Luis Alfonso vibre pour l'Espagne. C'est un patriote. Il y a fait son service militaire dans l'Armée de l'air, aime Las Fallas de Valence, les courses taurines, suit les tournois de polo auxquels plus jeune il a participé, accompagne son épouse dans les concours hippiques où elle se défend bien (sa femme a du sang de conquistador), il adore ses gosses et les protège par une communication très maîtrisée. C'est un bel hidalgo que les magazines n'oublient pas parce qu'il a l'allure et l'assurance que les femmes adorent. Ses affaires à Madrid sont florissantes* au point qu'elles déclenchent des contrôles fiscaux ; il gère avec application la fortune léguée par sa grand-mère parce que c'est son métier et finalement, il n'a rien à prouver. Aussi est-ce en souvenir de la chimère française que son père chevaucha avant lui qu'il vient encore en France pour répondre aux invitations de l'Institut de la Maison de Bourbon ou de Présence du Souvenir Bourbonien. Hier dimanche aux Invalides il a suivi la messe annuelle de dédicace, revenant de Chisinau où il a participé à la cérémonie d'ouverture du XII Congrès Mondial des Familles par un discours très remarqué qui mérite d'être lu dans sa traduction française en cliquant ici. Il plaît chaque fois aux officiels et à l'état-major car il a de la gueule en étant très convivial : il en a reçu les épaulettes de capitaine de corvette de la réserve citoyenne.
(*) Selon le registre du commerce (BORME) il est administrateur de Borcorel SL dont l'objet social est la construction, la réparation et la maintenance d'ouvrages en tous genres, de la International Transaction System SL faisant du conseil informatique et surtout de Borvar Inversiones SL dont les actifs 2016 étaient valorisés à 9.130.657,94 euros (source El Español).

Avec son épouse aux obsèques de sa grand-mère
Sans être dans sa tête - mais sa mère y est sans doute qui n'aime pas les Bauffremont - on peut comprendre qu'à la force de l'âge, il puisse préférer s'investir dans la défense de ses idées en Espagne, son pays natal, où il a déjà une solide position sociale et médiatique que nos princes à Paris pourraient lui envier s'ils en cherchaient une ! Les subterfuges mémoriels qui le convoquent ici chez des nostalgiques de l'Ancien Régime en soins intensifs, sans efficacité prouvée ni moyens suffisants, l'amusent-ils encore ? Habitué de la gestion par objectifs sur résultats, il doit par moment bouillir de voir tant d'énergie dépensée à nul effet tangible.
Le eres nuestro rey de partisans prêts à se battre pour l'héritage qui est le sien, le motive certainement plus que nos "vive le roi" un peu folkloriques dans une République qui se défend mieux encore que la monarchie espagnole. Celle-ci est en danger, de plus en plus discutée pour sa mollesse. Les jeunes souverains font le job à la danoise, tout en photos convenues et reportages ennuyeux, mais la monarchie danoise est fondée sur des bases extrêmement solides, ce qui n'est pas le cas à Madrid. C'est le paradoxe du règne des Bourbons, rappelés par le Caudillo, mais qui refusent en même temps de s'impliquer dans le débat éthique. Ce retrait de la main dans le gant dévoile l'inutilité du dispositif en pratique, d'autant que la vertu d'unification du modèle est mise en pièces par les revendications d'indépendance des trois provinces importantes que sont la Galice, le Pays basque et la Catalogne. Les foules furent un temps juancarlistes par sentimentalisme plus que vraiment royalistes, jusqu'à la chasse à l'éléphant et les maîtresses du roi ! La fonction a été abaissée. Comme s'en plaignait jadis Ferdinand VII : comment gouverner un pays de dix millions de rois ! L'Espagne en a aujourd'hui quarante et c'est la meilleure définition de la République. La journée de la Diada Nacional à Barcelone a réuni mardi dernier un million de Catalans républicains ! Il n'y a pas grand chose à ajouter sinon que les locomotives économiques du pays dédaignent le roi d'Espagne. Tout peut arriver.

Dans ce tumulte et compte tenu du tempérament offensif de Don Luis Alfonso, un rôle s'offre à lui, créé par l'amoralité des pouvoirs, celui de mainteneur des valeurs franquistes en débordant sur toutes les valeurs de tradition. Ce rôle est difficilement compatible avec l'autre et sans doute occupera-t-il le temps libre laissé par ses affaires professionnelles. D'où son retrait possible et progressif mais non confirmé des affaires françaises. Certains légitimistes s'offusquent de son affichage compromettant socialement, même si au fond ils partagent ses valeurs. Avant même de connaître les intentions du duc d'Anjou, les orléanistes se réjouissent à grand bruit de sa dérive franquiste leur indiquant un retour sur ses bases espagnoles. Ils oublient un peu vite que c'est la décadence de la Maison d'Orléans qui a créé les conditions suffisantes pour importer l'aîné des Capétiens dans le schmilblick français. L'espace laissé par le déclassement de la maison royale historique presque ruinée par le goût de l'intrigue, la naïveté et l'orgueil du défunt comte de Paris, fut comblé en dénonçant seulement la paix d'Utrecht¹ et en rappelant les Lois fondamentales du royaume de France, toutes choses étrangères à la Monarchie de Juillet. On peut rire d'entendre les hérauts de l'Usurpation brandir aujourd'hui ces lois contre les prétentions espagnoles sachant combien souvent Orléans les a piétinées.

Alphonse, le chaînon manquant...

L'Infant d'Espagne et duc de Cadix, Alphonse de Bourbon, serait-il encore parmi nous qu'ils en rabattraient de beaucoup tant il leur était supérieur et d'abord en gestion de projet. On oublie qu'il eut la volonté affirmée de faire renaître en France le projet capétien au moment du millénaire décidé par François Mitterrand en 1987, lequel ne l'a jamais bridé dans sa progression (on sait pourquoi), et qu'il décréta un véritable bureau politique staffé et financé, projeté jusqu'en province par des relais motivés. Son CV très complet n'a pu être égalé encore par aucun de ses concurrents, ni par son fils d'ailleurs pour l'instant. A sa mort, la famille Bauffremont roula ce projet exigeant aux archives et repartit sur de pieuses bases mondaines, moins prenantes et moins délicates à négocier avec les Renseignements Généraux...

La démarche de contestation de Don Luis Alfonso pourrait ressembler bientôt à la contestation carliste qui défend Dios, la patria, los fueros y el rey et qui devrait réjouir le régent de la Comunión Tradicionalista, Sixte-Henri de Bourbon Parme, en lui apportant le renfort de l'aîné des Capétiens ; mais nous savons sa haine des Isabélitains² pour douter de son ralliement, d'autant qu'il a caressé, dans un entretien donné à la presse (Nice Matin), l'opportunité d'un hypothétique couronnement de lui-même par défaut de légitimité de tous les autres. C'est dommage ; ils gagneraient tous les deux à une réunion des carlistes à la branche aînée vivante plutôt que de célébrer les morts en boucle. Rien ne les sépare plus.

Les docteurs de la loi qui tranchent et coupent en lieu et place de l'héritier pourraient, si nécessaire, basculer le projet légitimiste sur le jeune duc de Bourgogne, Louis, d'autant que son père a usé d'insinuations en ce sens lors de la présentation des jumeaux aux Invalides au temps de l'Institut Duc d'Anjou, et qu'il a répété son assurance de continuité de l'histoire dans un bref échange publié par Point-de-Vue en juillet dernier. La Légitimité y perdrait beaucoup d'enthousiasme surtout dans la jeune génération. Quoique décide le duc d'Anjou pour son avenir en France, l'âge venant, l'expérience socio-politique accumulée créera en lui un repère de sagesse s'il le veut, et sans doute plaira-t-il à certains, dont je serai si Dieu me prête vie, de demander audience à l'aîné des Capétiens, Bailli grand-croix de dévotion de l'Ordre souverain de Malte et grand maître des ordres royaux disparus, pour en recevoir les conseils et les apaisements, comme on irait rencontrer au Mont Saint-Michel le roi de vitrail qui nous manque terriblement. C'est un joli voyage que celui de Madrid.


Courtoisie de La Couronne (humour)


lundi 10 septembre 2018

Jusqu'à l'océan ! Retours (3/4)

A choisir une chambrière, autant prendre long. Un modèle de cirque fera l'affaire. Puis vous ajouterez un licol, une longe de sept mètres, deux brosses, un cure-pied et un sac de carottes bio. N'oubliez pas le caparaçon, la couverture de la couleur de la robe - pas la vôtre - brodée aux initiales de votre meilleur ami, qui ne vous veut aucun bien étant par construction au-delà du bien et du mal, mais intelligent et doté d'une mémoire prodigieuse. Nous voilà donc partis au cheval, qui paît peinard avec deux copains de son âge dans un paddock loin de partout, pour garantir sa tranquillité. C'est mardi, jour hippologique de la guerre, on dérouille et lave la bête que possède mon hôte. Mes lecteurs lusitaniens savent tout cela (clic) en naissant.
A quoi servent les carottes ? A attraper le cheval au pré. Le licol, à le ramener au manège ; et la longe, à le mettre à distance puis à passer la piscine à la sortie du manège. Un protocole du Cadre Noir tout simplement. Mais je ne vous ai pas fait venir sur le troisième article du voyage pour vous dresser au dressage. Il y a des maisons pour ça, qui ont aussi des chambrières qui tiennent des cravaches ! Revenons à nos chevaux-vapeur.

Juste échappés de l'Inquisition audoise, nous demandâmes l'asile à Foix chez ce vieux salopard de Gaston Phœbus qui trahissait tout le monde sauf ses chiens de chasse. Il en reste un beau château d'une ville endormie au bord de l'Ariège, même à pied en cherchant bien au centre-ville, les rares habitants vous regardent, peu habitués aux étrangers. Mais les Pyrénées sont tout proches, le pays des Macaboundéous, le bout du monde quoi ! Ce qui explique sans doute l'apathie des manants que nous croisons, écrasés par les cimes. Passé le col del Bouich, qui nous permet de vérifier la souplesse des barres de stabilisation et le déclenchement pertinent du correcteur de trajectoire au-delà des limites autorisées par le gouvernement des emmerdeurs, nous nous arrêtons à His après Saint-Girons (RAS) pour consulter la wikipedia car on ne peut s'appeler "His" sans raison particulière. Le contributeur à l'encyclopédie numérique ne s'y est pas trompé qui nous fait tout un paragraphe sur l'origine du bled (223 habitants dont 11 conseillers municipaux - on ne rit pas). Qu'est-ce qu'His ?


« Au XVIe siècle, la localité était désignée sous la dénomination de Lieu d'Ahis. Cette appellation semble découler du fait que le village était construit en grande partie sur un léger promontoire, au-dessus de la vallée du Salat. Des documents portant le cachet du seigneur de Roquefort laissent supposer que le lieu d'Ahis dépendait de cette seigneurie. Une famille Déqué portait au XVIIe siècle le titre de « Déqué de Moncaup ». Lors de la vente de la baronnie d'Aspet (1642-1643), Géraud Déqué, sieur de Moncaup, acheta le 1er mars 1643 les seigneuries d'Affis (ou His) et de Mauvezin pour le compte de Jacques de Nostenx. Il acquit Montastruc, Rouède, Arbas et Saint Martin pour celui de Jacques de Tersac. Il garda pour lui Saleich dont il devint le seigneur. En 1667, par édit du mois d'avril, le roi Louis XIV (ndlr : son intendant plutôt) ordonne le rachat des dix-huit paroisses engagées en 1642 et 1643. Elles rentrèrent toutes dans le domaine royal. Mais par la suite, certaines furent revendues (Castelbiague - Pointis Inard - Alas Agert Balagué). D'autres restèrent en paréage avec le roi (Affis, Arbas, Ganties, Mauvezin, Montastruc et Rouède) ou restèrent définitivement sous la main du roi, seul seigneur, comme Aspet, Chein, Escaich, Estadens, Montgauch-Bareilles et Saleich.»

Qui a dit que l'Ancien Régime était un foutoir indescriptible, "assemblage bizarre d'institutions féodales et de lois césariennes où rien ne coïncidait, où tout était disparate" ? Boiffils de Massanne pardi ! C'est le Second Empire qui arracha ce pays perdu au désordre royal entre construisant une halte voyageurs sur la Transpyrénéenne nommée "His-Mane-Touille" une minute d'arrêt ! Ça ne s'invente pas. Le moteur est encore chaud et deux salades au thon plus tard, nous démarrons pour un non-stop autoroutier vers Tarbes. Parc magnifique où des parachutistes, halés comme le légionnaire d'Edith Piaf, se promènent avec la même devise ou presque que l'Olympique de Marseille : "Droit Devant", ce sont des artilleurs.

Soumoulou enfin ! : voici la civilisation du maïs : Soumoulou, du baillage de Pau et canton de Pontacq. Nœud routier avec accès autoroutier, dernière ville païenne avant Lourdes, la ville est un grand marché étiré sur la nationale N117 où l'on trouve de tout, de l'aspirine, de la Corona, de la viande de bœuf (d'ailleurs indiquée sur les armoiries féodales de la ville) et même un réparateur de mobylette. Hôtel, restaurant, journaux, tout pour le pèlerin. Et partout autour, du maïs... Un vrai pays de cocagne où la chaleur du sud et la pluviométrie béarnaise se conjuguent pour économiser l'eau d'arrosage, ralentir le compteur et augmenter le bas de bilan du paysan tranquille. J'en ai vu un en Aston Martin. En fait, je dois vous dire que je ne suis venu jusque-là pour ne rien faire d'autre que de consulter l'Ermite du gave, le Vieux de la montagne, le Siddhartha Gautama de Pontact, et même si la consultation s'est terminée devant un demi tiède sur le front de mer écrasé de soleil de Saint-Jean-de-Luz, j'ai quand même appris des choses.

Figurez-vous que Brigitte et Emmanuel Macron auraient passé un contrat de convenance sociale en se mariant afin d'aboutir où on les trouve aujourd'hui, au Fort de Brégançon. J'avoue que Bertrand Delanoé avait été plus franc, qui était venu à Rodez avec son futur époux. La tronche des Ruthénois qui font cent cinquante kilomètres pour aller aux putes, fut inoubliable. On y repasse "demain". Outre l'abondement à la rumeur qui prêtait au candidat des écarts cachés, j'ai appris du Sphinx des choses insoupçonnées quoique sans intérêt immédiat. Sachez que la police nationale d'Alicante a naturalisé un paquet d'Allemands de la Stasi en fuite vers l'Amérique du sud. La crise des subprimes a privé le commissariat central de la baignoire commandée pour les garde-à-vue, aussi use-t-on (c'est bien le mot) la résistance psychologique du mis-en-cause dans la plus pure tradition de "L'Aveu" de Costa-Gravas - vous savez bien ? les lunettes de soudeur sous la lampe à bronzer. Ayant tant à me reprocher, j'ai donc reconfiguré mon GPS pour déclencher l'alarme cent kilomètres avant Alicante. Faut pas nous croire des demeurés non plus !


Entretemps nous avons pris la route à vomir du Pays basque, pas cinquante mètres de droit ni de plat - le rêve du cyclecariste - pour verser sur le port de Saint-Jean de Luz tout au bout du chaos basque. On n'imagine pas que ce fut un port aux baleines. La ville affiche un certain orgueil national de bon aloi. Le bâti est impeccable, les plaques de rue rappellent l'histoire riche de ce pays qui aimanta l'Espagne et la France pour le meilleur (le mariage du jeune Louis XIV) et le pire (la guerre de Succession d'Espagne que nous perdîmes à Utrecht). Les autochtones sont hyperactifs, le piment d'Espelette peut-être, et j'ai admiré de très près l'emballage de deux michetons étrangers à la nación par deux amazones du cru à qui tout autre que moi aurait donné le bon dieu sans confession. Du grand art, la modestie de la tenue sur talons compensés quand même, l'œillade timide au rimmel discret, la coupe de champ au lieu de la bouteille direct, la récupération du cendrier sur la table voisine afin de présenter la marchandise promise, le soutif Ulla/90C avec décolleté grande chaleur justifié, une séquence à la Godard, j'ai cherché la caméra en vain, et n'eus pas le temps de confirmer mon pressentiment au moment de la carte bleue. Derrière, la mer et ses beautés, toujours les mêmes et jamais les mêmes...

En revenant vers les bateaux, l'église m'appelle en pleine rue. Fatchecon ! comme on dit à Rodez, la nef est magnifique avec sa triple galerie haute, une voûte en carène inversée et un monstrueux retable surchargé d'or en bois, comme on en voit dans les monastères birmans. Il y a foule. Pas d'office en cours, un prédicant à l'ancienne tient sous son charme touristes et luziens par la seule exégèse du Nouveau Testament. Un âge avancé, la chevelure abondante, une barbe de cent ans et la voix bien placée qui porte, derrière une table surchargée d'ouvrages de sa composition peut-être. Cela ne vous rappelle rien ? Le Bon Chrétien n'a plus le bâton lourd du Sermon sur la Montagne mais on s'amuse à voir un civil à l'œuvre, en lieu et place des clercs occupés aux "pauvres". Décidément le diocèse a une large marge de progression. Et savez-vous qu'en Pyrénées atlantiques quarante pour cent du clergé séculier est en ménage ? Et que les fidèles (ceux qui paient le Denier du culte) protègent leurs ménages. C'est une affaire qui reviendra quand nous reparlerons du mariage des prêtres. Mais le soleil se couche, il faut rentrer déjà... par l'autoroute.


On remontera par Rodez !


0.- Prologue du voyage
1.- Poursuite du voyage
2.- Au soleil couchant du Languedoc
3.- Jusqu'à l'océan !
4.- En remontant le méridien

jeudi 6 septembre 2018

Franco l'encombrant

La translation des cendres du Caudillo serait l'affaire du moment en Espagne à en croire la sphère légitimiste qui ose s'exprimer car le franquisme du champion les met mal à l'aise. D'aucuns, comme le colonel Michel chez Boulevard Voltaire, s'inquiètent du silence de la Casa Real sur le décret gouvernemental qui est soumis aujourd'hui à la ratification des Cortes de Castille. Elle tient tout son pouvoir du dictateur par la restauration de la monarchie des Bourbons à Madrid, et se tait. Qu'est-ce à dire ? Que le roi ne gouverne pas ? Il y a des façons plus subtiles d'influencer les pouvoirs publics comme on le sait faire à Buckingham Palace, mais à Madrid quelqu'un règne-t-il ?

Le jeune roi, peut-être handicapé par la présence encombrante des anciens monarques derrière le rideau et sur la scène médiatique à tout propos, n'a pas convaincu dans la crise catalane où ses déclarations convenues, mais sans nul doute sincères, semblaient écrites par le président du gouvernement Rajoy et manquaient terriblement de chaleur communicative. L'histoire tourne les pages, certaines sont importantes, d'autres moins. La crise catalane qui est bien loin d'être terminée est la crise métapolitique d'un royaume toujours inachevé dans lequel les deux moteurs économiques sont républicains ! L'affaire du cercueil de Franco est aussi une page importante, en ce qu'elle titille les souvenirs les plus tristes de l'époque moderne mais aussi ravive une résistance victorieuse à la doxa marxiste européenne qui a condamné un camp sans appel et absout l'autre avec trop d'indulgence. Le danger de fracture de l'opinion est bien réel.

Tout au fond de la crypte obscure...

Don Felipe ne pourrait-il pas cette fois sortir des rails constitutionnels et innover ? Qu'on lui reproche d'avoir enfreint le code sera moins grave s'il réussit, et ce que l'administrateur de ce modeste blogue lui suggère humblement est de tout simplement murer l'entrée du mausolée de la "Valle de los Caídos" pour toujours, couper le compteur sans rien toucher à l'intérieur, comme on le faisait dans l'Egypte ancienne de la pyramide de pharaon. Ce mausolée creusé dans la montagne (par des prisonniers) à partir de 1942 est sépulcral et sinistre, la crypte en tunnel fait 260 mètres de long, sa statuaire massive libère un sentiment d'écrasement, les effets d'éclairement des voutes n'adoucissent pas l'ambiance. Pour parfaire la décision, il serait sage de retirer du complexe monumental l'abbaye bénédictine de la Sainte Croix qui donne l'image d'une adoration perpétuelle de l'œuvre franquiste, quitte à remonter un monastère qui prierait pour les morts de la guerre civile à l'Escorial tout proche. A y être, prier pour les morts de toutes les guerres civiles espagnoles car on ne saurait oublier dans le registre les guerres carlistes !


Fermons les lourdes portes de bronze et oublions les heures noires, devrait se dire le roi.
Qu'en pense le duc d'Anjou, président de la Fondation nationale Francisco Franco ?

vendredi 29 décembre 2017

Nécrologie

 





Le blogue Royal-Artillerie présente ses condoléances attristées à Doña Carmen Martínez-Bordiú, seconde Duchesse de Franco, pour la perte de sa mère affectionnée, Doña María del Carmen Franco y Polo qui manquera beaucoup à tout son entourage, ses enfants, petits-enfants au premier rang desquels le Duc d'Anjou, Louis Alphonse de Bourbon, son épouse et leurs propres enfants. Qu'elle soit accueillie au Ciel comme une bonne personne.

Resquiescat in pace !


Eulogie de la duchesse par le duc d'Anjou
en cliquant sur l'image ©Hola!


mardi 26 décembre 2017

Code 50.50.0

Aujourd'hui, Boxing Day ! Les jeux sont faits, rien ne va plus ! Impair, passe et manque ! Mariano Rajoy se retrouve dans la même situation qu'il y a trois mois, mais une situation aggravée puisqu'il est confirmé maintenant que la Catalogne est coupée en deux, non seulement en voix, au Parlement de Barcelone mais aussi dans ses territoires. En effet, peu de villes ou circonscriptions sont à 50/50. Elles sont presque toutes franchement d'un côté ou de l'autre et le sol de la Généralité est largement républicain. La presse espagnole en a fait l'inventaire comme dans l'article de la Vanguardia : La mayoría independentista del 21-D sobre el mapa catalán. Mais Le Figaro s'est lui-aussi distingué remarquablement dans ce travail (ndlr: depuis lors, le PPC a repris un siège à Ciutadans à Tarragone, donc totalise 4 sièges).

Infographie ©Le Figaro. Merci.

Même si la coalition indépendantiste (qui n'est pas encore formée) voulait ressusciter la conjuration de cet été en mafiatant un référendum à main levée dans la rue, elle n'y arriverait pas car tout le monde la surveille maintenant. L'Europe a vu la supercherie, la propagande russe et les fake news. À tout référendum organisé normalement, elle n'obtiendra pas la majorité en voix dans le pays. Mais comme elle n'acceptera pas cet échec à divers motifs qu'elle imaginera d'ici là (le vote des Espagnols catalans étant le plus probable), l'instabilité continuera avec le drainage des sièges sociaux et des domiciliations fiscales qui vont avec.

La seule issue pour le président du gouvernement espagnol est de frapper un grand coup en desserrant l'étau, de rencontrer le président du parlement catalan pour lui proposer l'autonomie fiscale comme en Navarre ou au Pays basque, et de répartir équitablement la dette de la Généralité. Tout le reste est du temps perdu, des risques pris avec des acteurs souvent de mauvaise foi, qui poussent à la roue par tous moyens parfois déloyaux. Il est même inutile d'attendre la formation du gouvernement catalan, la discussion pouvant être entamée au niveau du Parlement de Barcelone dans les jours qui viennent.

Malheureusement Rajoy est un Playmobil constitutionnaliste sans finesse, qui va s'agripper à l'institution judiciaire qui lui fut jusqu'ici favorable, en cadenassant les Catalanistes au lieu de les laisser circuler sous contrôle judiciaire voire sur l'honneur.

Felipe VI par Ernesto Priego
L'autre Playmobil coule des jours heureux à Bruxelles (aux frais de qui d'ailleurs ?). Carles Puigdemont n'a de légitimité que celle reçue des résultats des élections législatives du jeudi 21 décembre, s'il veut bien en jouir sur place. Pour le moment, il n'existe pas, sauf en hologramme par les lucarnes belges. La CUP (4 sièges) a une dent contre lui pour n'avoir pas osé proclamer la République le 2 octobre après le référendum à l'arrachée. Pour la CUP c'est un procrastinateur, un foireux perruqué qui se pavane en exil comme le défunt comte de Barcelone, et sans la CUP, la coalition n'a que 67 députés (il en manque donc un). Sa revendication d'être rétabli dans ses pouvoirs irrite autant le gouvernement madrilène qui pensait bien s'en défaire en abandonnant le mandat d'amener européen que ses coalisés emprisonnés comme des voyous, et surtout Oriol Junqueras. Aurait-il des couilles qu'il rentrerait en Espagne maintenant pour faire valoir ses "droits", même depuis le fond d'une prison franquiste. Il a tout bonnement la trouille... à réclamer deux fois par jour un sauf-conduit.

D'aucuns attendaient les vœux du roi pour la fête de la Nativité qui promettraient l'embellie et l'apaisement. Avant-hier soir il a appelé au compromis, au vivre-ensemble et à la raison dans un discours mesuré et chaleureux à la fois. Jugez-en ci-dessous par le texte de cette allocution diffusée par la Casa Real de Madrid. Il se retranche derrière la constitution. Elle est bâtie d'autonomies disparates faisant surtout des jaloux, mais qu'il proclame intangible. Cela ne suffira pas parce qu'il s'adresse, pour ce qui est des catalanistes, à des autistes shootés à l'envie de régner seuls. A-t-il la carrure pour faire une révolution de palais en proposant (dans les grandes lignes bien sûr) une réorganisation confédérale de l'Espagne qui clouerait le bec aux impatients ? Hors de son rôle certes, mais qu'importe en cas d'incendie ! Il est malheureusement prisonnier, et du président de gouvernement le moins imaginatif qui soit, incapable de manœuvrer l'adversaire qu'il prend de front, et des Cortes que toute révision constitutionnelle menacerait de dissoudre. Autant dire que la porte est ouverte au grand désordre.






B​uenas noches,

Me dirijo a todos vosotros para felicitaros la Navidad y transmitiros junto a la Reina, la Princesa de Asturias y la Infanta Sofía nuestros mejores deseos para el año 2018.
Y os agradezco que en esta noche de encuentro de familias y de seres queridos, me permitáis acompañaros unos minutos para compartir con vosotros algunas reflexiones cuando estamos ya a punto de terminar el año.
2017 ha sido en España, sin duda, un año difícil para nuestra vida en común; un año marcado, sobre todo, por la situación en Cataluña, a la que luego me referiré.
Pero también ha sido un año en el que hemos comprobado el compromiso muy sentido, firme y sincero de los españoles con la España democrática que juntos hemos construido.
Porque lo largo de los últimos 40 años, hemos conseguido hacer realidad un país nuevo y moderno, un país entre los más avanzados del mundo:
Hemos asentado definitivamente la democracia, incluso superando hace décadas un intento de involución de nuestras libertades y derechos.
Somos una parte esencial de una Unión Europea con la que compartimos objetivos y una misma visión del mundo.
Frente al terrorismo hemos conseguido hacer prevalecer la vida, la dignidad y la libertad de las personas con la fuerza de nuestras convicciones democráticas.
Y hemos llevado a cabo, en fin, la transformación más profunda de nuestra historia en muchos ámbitos de nuestra vida: en educación y en cultura, en sanidad y en servicios sociales, en infraestructuras y en comunicaciones, o en defensa y seguridad ciudadana.
En definitiva, a lo largo de todos estos años de convivencia democrática, los derechos y libertades, el progreso y la modernización de España, y también su proyección y relevancia internacional, han ido de la mano.
Y todo ese gran cambio, todo ese gran salto sin precedentes en nuestra historia, ha sido posible gracias a una España abierta y solidaria, no encerrada en sí misma; una España que reconoce y respeta nuestras diferencias, nuestra pluralidad y nuestra diversidad, con un espíritu integrador; una España inspirada en una irrenunciable voluntad de concordia.
En el camino que hemos recorrido, desde luego, hay que reconocer que no todo han sido aciertos; que persisten situaciones difíciles y complejas que hay que corregir, y que requieren de un compromiso de toda la sociedad para superarlas.
A pesar de todo ello, el balance tan positivo de todos estos años es innegable. Tenemos que apreciarlo y valorarlo. Merece la pena y nos lo merecemos como país y como sociedad.
Porque la historia de la España que juntos hemos construido es la historia de un gran triunfo de todos los españoles. Una España a la que no debemos renunciar, que debe ilusionar y motivarnos, y que debemos seguir construyendo, mejorándola, actualizándola, sobre la base sólida de los principios democráticos y los valores cívicos de respeto y de diálogo que fundamentan nuestra convivencia.
Unos principios y valores que, como hemos comprobado incluso en este año 2017, están profundamente arraigados en nuestra sociedad, en la vida diaria de nuestros ciudadanos, y tienen raíces muy hondas en las conciencias y en los sentimientos de los españoles. Mucho más de lo que nos podíamos imaginar.
España es hoy una democracia madura, donde cualquier ciudadano puede pensar, defender y contrastar, libre y democráticamente, sus opiniones y sus ideas; pero no imponer las ideas propias frente a los derechos de los demás.
Respetar y preservar los principios y valores de nuestro Estado social y democrático de Derecho es imprescindible para garantizar una convivencia que asegure “la libertad, la igualdad, la justicia y el pluralismo político”, tal y como señala nuestra Constitución. Porque cuando estos principios básicos se quiebran, la convivencia primero se deteriora y luego se hace inviable.
Hace unos días, los ciudadanos de Cataluña han votado para elegir a sus representantes en el Parlament, que ahora deben afrontar los problemas que afectan a todos los catalanes, respetando la pluralidad y pensando con responsabilidad en el bien común de todos.
El camino no puede llevar de nuevo al enfrentamiento o a la exclusión, que –como sabemos ya– solo generan discordia, incertidumbre, desánimo y empobrecimiento moral, cívico y –por supuesto– económico de toda una sociedad.
Un camino que, en cambio, sí debe conducir a que la convivencia en el seno de la sociedad catalana –tan diversa y plural como es– recupere la serenidad, la estabilidad y el respeto mutuo; de manera que las ideas no distancien ni separen a las familias y a los amigos. Un camino que debe conducir también a que renazca la confianza, el prestigio y la mejor imagen de Cataluña; y a que se afirmen los valores que la han caracterizado siempre en su propia personalidad y le han dado los mejores momentos de su historia: su capacidad de liderazgo y de esfuerzo, su espíritu creativo y vocación de apertura, su voluntad de compromiso, y su sentido de la responsabilidad.
Pero superar los problemas de convivencia que ha generado esta situación no nos puede hacer olvidar, por supuesto, otras serias preocupaciones y desafíos de la sociedad española, que también condicionan nuestro futuro y a los que me voy a referir muy brevemente:
Nuestra economía y el empleo han mejorado sustancialmente, pero la creación de puestos de trabajo estables tiene que ser siempre un objetivo esencial y prioritario. Como igualmente no puede caer en el olvido la obligación y la responsabilidad de afrontar la desigualdad y las diferencias sociales, sobre todo tras las consecuencias generadas por la reciente crisis económica, que tanto daño ha hecho a no pocas familias, y ha afectado tanto al futuro de muchos jóvenes.
El terrorismo yihadista sigue siendo una amenaza mundial y este año nosotros lo hemos sufrido directamente en Barcelona y Cambrils. Los españoles sabemos muy bien que solo desde la unidad democrática, la firmeza del Estado de Derecho, y la eficacia de la cooperación internacional, podremos vencerlo y derrotarlo. Y así lo haremos, teniendo siempre muy presentes el recuerdo y el respeto permanente a sus víctimas.
La corrupción se mantiene también como una de las principales preocupaciones de la sociedad, que demanda que sigan tomándose las medidas necesarias para su completa erradicación y que los ciudadanos puedan confiar plenamente en la correcta administración del dinero público.
Por otra parte somos Europa, y Europa se encuentra en estos momentos en una encrucijada histórica. España debe recuperar su protagonismo en un proyecto europeo que ahora requiere una mayor vitalidad e impulso. Europa –y España con ella– tiene que hacer frente a unos retos que son globales y ante los que no cabe la debilidad o la división sino la fortaleza de la unión.
La defensa del medio ambiente y la lucha contra el cambio climático no son problemas menores ni secundarios por la dimensión y los riesgos que acarrean y que ya estamos sufriendo. Debemos ser muy conscientes de ello, e implicarnos todos mucho más. Y España debe mantenerse firme en sus compromisos ante un problema que afecta a todo el planeta y que requiere soluciones no sólo globales, sino verdaderamente urgentes.
Tenemos otras muchas preocupaciones –desde luego– pero esta noche no quiero olvidarme de las mujeres que, en un silencio tantas veces impuesto por el miedo, sufren la violencia de género. Una lacra inadmisible que nos hiere en nuestros sentimientos más profundos y nos avergüenza e indigna. Mantengamos la firmeza y el apoyo político para ayudar y defender a las víctimas y concienciemos a toda la sociedad contra esa violencia, criminal y cobarde, que degrada nuestra convivencia.
2018 nos espera en unos días y debemos seguir construyendo nuestro país, porque la historia no se detiene. Y no hemos llegado hasta aquí para temer al futuro sino para crearlo.
Y estoy seguro de que nadie desea una España paralizada o conformista, sino moderna y atractiva, que ilusione; una España serena, pero en movimiento y dispuesta a evolucionar y a adaptarse a los nuevos tiempos.
Sintámonos, sin complejos, orgullosos de todo lo que hemos conseguido porque es mérito de todos; confiemos en lo que siempre nos ha unido, en lo que somos, tal y como somos, y sobre todo en lo que podemos alcanzar juntos con una fe firme en nuestras convicciones y en nuestras capacidades. Si seguimos por ese camino, si lo hacemos así, y con todas nuestras energías, yo estoy convencido de que el año que viene –y los que vendrán después– serán mucho mejores. Sin duda.
Ese es mi deseo para todos en esta noche tan especial.

Muchas gracias. Feliz Navidad, Eguberri on, Bon Nadal y Boas festas.

Buenas noches. Y Feliz y próspero año 2018.

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