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dimanche 26 décembre 2021

Marguerite d'Anjou en charité

 

Marguerite d'Anjou

C'est du vol ! Carrément ! Marguerite d'Anjou en beauté pour finir l'année, avec deux poses d'Antonio Terrón et un reportage de Silvia Castillo sur sa participation au Solidarity Xmas Tree organisé par des marques de luxe comme Cartier, Chaumet, Chopard, Chanel, IWC Schaffhausen, Loewe (bagagerie) ou Sisley (parfumeurs) au bénéfice de la Fundación Banco de Alimentos de Madrid et de l'Asociación Norte Joven ; le tout avec une vidéo de la séance de pose qui nous laisse découvrir le sourire désarmant de notre duchesse adorée. L'ensemble est copyrighté chez ¡Hola!. Ne le dites pas !

Marguerite d'Anjou



[1999°]

samedi 27 décembre 2014

Confort de l'Histoire

Régine Salens¹ (Noblesse & Royautés) nous apprend que le prince de Bourbon replie les gaules de l'Institut Duc d'Anjou à la fin d'une année fertile en déclarations pugnaces et rassurantes sur l'état calamiteux du pays. La chose est confirmée par le Lien légitimiste² numéro 60 qui est tombé dans les boîtes juste avant la Noël. C'est maintenant l'Institut de la Maison de Bourbon qui retrouve ses faveurs et les Bauffremont ont donc remis le visage du prince Louis dans la bannière des pages dédiées au journal IMB-info, laissant sur l'index du site celui de son père, le prince Alphonse, fondateur de la structure. Les cadres de l'IDA sont invités à rejoindre !

Les raisons plus particulières de cette fusion n'ont pas de place sur ce blogue, mais l'expérience que nous avons retirée de confrontations passées avec les Ultrabrite de la Légitimité qui meublent la pensée de ce groupe patrimonial, nous laisse accroire que la politique est désormais rangée au rayon des choses sales pour laisser toute sa place à la Révélation et aux Lois immuables du Royaume de France, fondamentales, intactes, inapplicables, inutiles. «Souviens-toi!» sera la devise exclusive de la maison du Prince.

Pour avoir éprouvé le confort du commémoratif - le président de l'UCL se défendait un jour de toute ambition de restauration devant le monument au Comte de Chambord à Ste Anne d'Auray, en réponse au journaliste local qui faisait son papier - l'Institut de la Maison de Bourbon et ses relais vont continuer à propager le souvenir enjolivé de l'Ancien régime à destination des Happy Few disposant de temps libre, et organiseront deux ou trois cénacles confidentiels mais très pointus pour montrer le niveau entre soi.

Sans doute Louis de Bourbon a-t-il apprécié les cohortes serrées des Chevaliers Teutoniques, de Malte et du Saint Sépulcre qui le conduisirent au printemps dernier de l'église Saint Eugène à la cathédrale Notre Dame de Paris. Ça ne mange pas de pain et la photo est belle. Le vieux comte de Paris et son épouse espagnole étaient même venus l'accueillir sur le parvis. Pourquoi se compromettre encore dans des tentatives avortées de retournement des fatalités qui précipitent la France au déclin ? On fera l'Expiation à Paris et à Vienne, les Invalides, la Chapelle royale de Versailles, pourquoi pas un retour à Goritz, mais on ne se mettra pas en frais pour des commémorations connotées mettant en danger dons et legs, mécènes et subventions - que le futur me traite de menteur ! Le carton des vœux 2015 en famille est d'une rigidité de plomb, presque une corvée à voir la sécheresse du texte. La belle princesse n'arrive pas à sourire.


2014 fut aussi l'année où nous attendîmes avec impatience le corpus doctrinal du prince de Bourbon sous la forme d'un livre d'entretiens, annoncé, reporté, ré-annoncé, pour finir je ne sais où³. Nous pensions avoir plus à comprendre dans l'ouvrage qu'une simple déclaration de patrimoine comme en produit l'héritier d'Orléans qui se dit légataire des Quarante Rois en pure perte d'ailleurs, hors du mouvement royaliste, personne ne sait ce que représente cette "succession".

Alors ! Une queue de trajectoire ? l'ébauche d'un schéma constitutionnel dans la veine du discours de New York ? sans y croire, un peu quand même, l'établissement d'un vrai secrétariat politique comme son père l'avait monté en son temps ? Nous n'aurons rien, faute de nègre ou de matière, ou d'intérêt, nul ne le sait. Que le futur me fasse encore mentir ! J'en serais heureux.

Restent nous, les manants, gueux et drôles, ribauds et brigands du roi, pov'cons.
Rengainez vos rapières ! On vous demande de cotiser et d'applaudir au signal : passent les rois-mages partis aux écrouelles derrière la Fanfare royale d’Hanzinne.

Tiens, c'est demain les Saints Innocents ?

Bonne Fête !



(1) le billet est rédigé par l'un de ses équipiers, Léopold
(2) page 7, fin de la 3è col.
(3) Un Roi pour la France aux Editions du Moment avec Yves Derai et Jean-Baptiste Giraud.
Quatrième de couverture diffusée par l'éditeur:
Alors que la France traverse une crise politique majeure, d’aucuns évoquent la fin inéluctable de la Ve République et appellent de leurs vœux une VIe République. Et si cette VIe République prenait la forme d’une… monarchie parlementaire à l’espagnole ? Louis de Bourbon, potentiel Louis XX, trente-huit ans, héritier légitime de la couronne de France, se déclare "disponible pour la France". Il n'a pas, jusqu'ici et officiellement, fait état de ses intentions et de ses perspectives. Ce livre est un véritable "coming-out" d’un prétendant au trône qui se dévoile, mais prend aussi clairement position sur de nombreux sujets majeurs de société ou d’économie. Il confirme cet engagement et en explique pour la première fois longuement les raisons en acceptant de répondre aux questions de deux journalistes, etc.




dimanche 4 novembre 2012

La Bella Venezolana


La duchesse d'Anjou est désormais française.
Nous sommes honorés.



Communiqué de l'Institut Duc d'Anjou

D'origine vénézuélienne, la Princesse Marie-Marguerite avait demandé la nationalité française en raison de son mariage avec un Français, au titre de l'article 21-2 du code civil. Il faut rappeler à ceux qui ne le sauraient pas encore, que Monseigneur le Duc d'Anjou est Français de naissance par filiation, tout comme ses trois enfants : la princesse Eugénie, 5 ans, et les jumeaux, âgés de 2 ans, le prince Louis, duc de Bourgogne, et le prince Alphonse, duc de Berry.
Avec la Princesse Marie-Marguerite, c'est désormais toute la famille royale de France qui possède la nationalité française au regard des lois actuellement en vigueur.
Le Prince et la Princesse démontrent, par cette démarche fortement symbolique, leur attachement à la France et leur engagement auprès de leurs 65 millions de compatriotes vivant en France, comme aux deux millions de Français formant la communauté française expatriée à travers le monde.
(IDA - 2.11.2012)


Enchantés ravis, nous sommes, d'une "recrue" de qualité pour notre nation qui en a bien besoin. La princesse Marie-Marguerite a montré bien plus que sa beauté, son attachement au prince Louis de Bourbon et à la mission que l'avenir lui confierait. Née Vargas Santaella, elle est la fille du banquier Victor Vargas Irauquín, Banco Occidental de Descuento, un des premiers établissements de la place, proche du pouvoir chaviste (!).
Mariée en 2004 à Louis-Alphonse de Bourbon qu'elle avait rencontré à la noce de sa soeur aînée, elle lui a donné trois beaux enfants. Il n'est qu'à souhaiter de les voir souvent en France.


Vive le roi, la reine, la dauphine et les petits dauphins

vendredi 2 mars 2012

Des divergences à l'échec


Dans le numéro 842 des Inrockuptibles (18 janvier 2012), le comte de Paris Henri d'Orléans disait sa lassitude envers les factions royalistes qui, pour capter toute son attention, barrent l'accès des forces vives du pays au prince. Elles s'imposent comme l'unique médium entre lui et le peuple, jusqu'à mieux savoir que quiconque quoi dire et taire en public. Il est aussi des "secrétariats" qui débitent des avis ou communiqués de leur propre allant, comme celui qui sert de relais au prince Louis de Bourbon et dont les cuirs sont parfois réjouissants.
Derniers barrages en date, d'un côté, le Cercle de l'Œillet blanc refuse l'épouse du comte de Paris à la messe, de l'autre côté, le secrétariat de l'Institut Duc d'Anjou rejette d'emblée la demande faite au prince par l'excellent trimestriel La Toile pour un article sur le développement durable. L'a-t-on consulté ? j'en doute. Le storytelling de sa biographie publiée sur le site institutionnel dévoile une certaine autonomie de la Cour dans sa créativité.

Ca fait deux siècles que dure le cirque royaliste pour le résultat que l'on sait. Positions effondrées, invisibilité, pénurie d'argent, querelle dynastique et divisions subalternes, éclosions fantaisistes de sous-groupuscules divisibles, ridicule de certaines postures.
Au centre, la piste ! S'y sont de tout temps pavanés les dresseurs de prétendants à la chambrière, qui à défaut d'impressionner les pères firent courir les fils. Et voilà que l'Institut de la Maison de Bourbon accapare l'orphelin, désobéissant aux conseils de sa mère qui lui disait de s'en méfier ; et voici la Restauration nationale qui prend fait et cause pour le jeune prince Jean, disqualifiant le vrai prétendant d'Orléans au motif de moeurs coupables à leurs yeux, et ignorant superbement le lignage qui désigne François. Puis le Bourbon déploie ses ailes et monte son propre club promotionnel, comme son alter ego d'Orléans qui reprend les choses en main dans son parti et devient patron. Le piéton veut bien dispenser son distingué lectorat du paragraphe interminable qui devrait suivre, contant par le menu l'affranchissement des titulaires de leurs chaînes courtisanes... pour aller à la conclusion.

Les disputes, à se prendre à la gorge parfois, sont vaines à deux motifs. A l'intérieur de la sphère royaliste elles ne servent que d'exutoire à un dépit de notoriété de la cause que chacun défend, et aucun ne changera d'idée. Pourquoi se disputer sur la couleur de la mer ? A l'extérieur, les arguments des uns et des autres passent à cent coudées au-dessus de l'attention disponible de l'Opinion, car ils apparaissent gratuits ! A quoi servirait-il au peuple de prendre parti ? La paix d'Utrecht pour les mieux informés n'eut pour effet tangible que la cession du rocher de Gibraltar à la couronne britannique. Le reste est... bidon aujourd'hui pour  le vulgum pecus.

Et si on parlait des institutions, une minute ?
Faut-il un troisième motif de déshérence de la cause royaliste, c'est le décalage entre l'offre institutionnelle des différents partis ou agences (comme on disait jadis) et la perception qu'a l'Opinion du rôle d'un roi (ou d'une reine d'ailleurs). La distance est grande. Le roi du sondage BVA-Alliance royale ne désignait pas un touche-à-tout fébrile à la Sarkozy ou quelque César génial, mais un roi digne et populaire, du modèle visible dans l'actualité. Très peu d'organes royalistes comblent ce fossé entre les dogmes et leur défaut de perception, et le Rassemblement démocrate pour la monarchie de Jean-Marie Wante est l'un de ces happy fews. Qu'il en soit salué. Ce n'est quand même pas pour rien que les princes donnent leur avis. Mais si, mais si ! Après la monarchie hors-sol, on veut nous vendre la monarchie sans-prince. Que disent-ils et pourquoi leur avis est-il convergent ?

Louis de Bourbon part sur une monarchie constitutionnelle à l'espagnole dans ses interviews, en faisant le projet de rassembler jusqu'aux républicains. Et Henri d'Orléans est, on ne peut plus, clair :
« Dans une royauté moderne, soit constitutionnelle et parlementaire, un Premier ministre gouverne, les Assemblées légifèrent et le roi règne. C'est le cas en Grande-Bretagne, en Espagne, en Belgique, dans l'Europe du Nord... Pourquoi régner, et comment ? Parce que le roi incarne l'identité de la nation, qu'il doit demeurer accessible à tous, qu'il ramasse en sa personne l'histoire et les racines du pays. Il est aussi là pour tempérer les excès des uns et des autres, droite ou gauche. L'homme politique ne peut plus rêver de toute puissance : il a un souverain au-dessus de lui ».

Pourquoi convergent-ils ? Ce sont des hommes responsables qui peuvent être appelés à assumer une charge écrasante, aussi convoquent-ils leurs fidèles au "possible" afin qu'au bout du bout, il ne puisse pas être dit en cas d'échec que l'affaire n'était pas jouable parce qu'utopique. La monarchie constitutionnelle du modèle éprouvé dans ce siècle est un projet faisable. En fait, ils y croient !

Si les royalistes étaient conséquents, ils devraient s'en tenir là, apprendre par cœur la formule du comte de Paris et travailler sur ces axes. Au lieu de quoi, on fouille greniers et grimoires à la recherche d'un monde disparu dans ses codes non écrits, plaquant sur le pays des dogmes déconnectés des réalités, mais avec la certitude perverse que la perte de temps de ces travaux de vulgarisation d'idées échouées ne portera de toute façon aucun préjudice à une cause il y a longtemps perdue. C'est de l'autoprédiction. Je tue le projet pour constater qu'il est mort. A dire vrai, et je voulais le faire dans le billet des 1001 nuits, depuis dix ans que mes activités professionnelles relâchées m'ont permis de revenir à la promotion de la cause monarchiste, j'en serais presque à partager l'avis des princes : le problème, c'est les royalistes !




La solution n'est pas ailleurs que dans la prise de commandement du mouvement par le prince. Le "royalisme" ce n'est que ça, finalement. La publication d'une note hebdomadaire d'Henri d'Orléans sur le site du CRAF est une contribution enrichissante, mais surtout positionne le prince au bon endroit. A bon entendeur, salut.


samedi 19 novembre 2011

Samedi dansant à l'abbaye

C'est à Chaalis que le 10 décembre 2011 l'association Lys de France organise son bal annuel de la Saint-Nicolas, un des évènements les plus courus dans la sphère royaliste.


C'est un "rallye" de qualité où l'on se fait des relations en passant une excellente soirée. Demandez le programme :

18 h 30 : Cocktail-vernissage des œuvres "Saint-Nicolas" de Jean-Paul Marchal, maître imagier d’Epinal.

19 h 30 : Dîner

22 h : Ouverture du bal

Minuit : Arrivée de « Saint Nicolas et sa bourrique »

Animations : Florence GUILMAULT (artiste lyrique) / Francis MARTINEZ (chanteur)

Code bal : Robe longue - Uniforme - Smoking
(Une pièce d'identité sera demandée à l’entrée)


Prévente jusqu’au 6 décembre 2011 : 65€ (adhérent Lys-de-France : 60€)
Après le 6 décembre : 75€ (adhérent : 70€)

Pour y aller. Soit votre propre carrosse, soit celui de l'association au départ de la Concorde (25€ aller-retour). Voir le plan ci-dessous :


Pour payer et s'informer une seule adresse :

Lys de France
BP 80 434
75327 Paris Cedex 07
Courriel : contact@lys-de-france.org




Mais auparavant il serait dommage de passer à côté d'un colloque d'histoire fort attrayant :


L'Institut de la Maison de Bourbon présentera Clovis, aux origines de la France, le 26 novembre au lycée Saint-Sulpice, 68 rue d'Assas Paris 6ème.
C'est après la pause de l'après-midi qu'on nous promet le plus intéressant :

16h00 :
"Les institutions publiques du royaume mérovingien", par le Professeur Franck Bouscau, Université de Rennes.
17h00 :
 "Le roi-prêtre ou la naissance du principe de légitimité du Vème au Xème siècle", par le Professeur Michel Rouche, Université de Paris-Sorbonne.
17h45 :
Questions - Réponses.
18h00 :
Clôture

Le programme complet est publié sur le site de l'IMB.

Téléchargez le bulletin d'inscription (réponse souhaitée avant le 21 novembre 2011).
Renseignements : IMB - 81, avenue de la Bourdonnais Paris 7ème - Tél : 01 45 50 20 70

mardi 24 mai 2011

Du Prince et des Français

A l'issue de la messe pontificale du 800° anniversaire de la fondation de la cathédrale Notre-Dame de Reims qui a réuni dimanche 15 mai trois mille fidèles, Mgr Louis-Alphonse de Bourbon a partagé avec les Français la charge d'une dette historique que le pays contracta avec le Ciel au moment du baptème de Clovis. Sous la bénédiction du nonce apostolique, il s'est adressé aux autorités civiles et religieuses venues l'entendre au Palais du Tau, à ses cousins de Parme et aux nombreux invités de la municipalité.
(Extrait de l'allocution du Tau¹) :
« J'ai reçu un héritage, que j'assume, mais je ne suis pas seul à le porter. Oui, vous chers amis, vous le peuple de France, vous aussi c'est votre héritage, notre mémoire commune, nos fondations, nos racines. Autant que moi, vous y attachez cette importance particulière qui n'échappe à personne aujourd'hui. France, qu'as-tu fais des promesses de ton baptême ? Interrogeait ici il y a plus de vingt ans un bienheureux homme qui fit se rencontrer les peuples. Aujourd'hui la France se souvient, la France s'anime, la France respire. Oui, ce monument du passé, ce monument d'unité, est aussi un monument d'avenir : Celui que nous sauront transmettre à nos enfants, pour qu'ils puissent aussi être fiers de leurs racines, de leur pays, de la France ».

La formulation a été pesée non pour revendiquer une place qui n'en est pas vraiment une dans la réalité quotidienne, mais pour appeler à un élan national. Notre avenir serait donc dans l'unité des Français en capacité de transmettre la force de leurs racines aux générations montantes. Et cet héritage commun est un capital à faire fructifier autant qu'il représente notre dernière ligne de défense dans ce monde globalisé que le prince connaît si bien de par son métier².

L'allocution de Reims renforce les termes de l'entretien de New-York que nous avions évoqué ici. Qu'est le prince sans le peuple ? Un dictateur romain chargé des pleins pouvoirs pour dévier le pays de sa ruine ? C'est peut-être ce dont nous aurions besoin à voir l'apathie de notre classe dirigeante à combattre le déclassement de ce pays, piqué au penthotal de la crise financière. Même si je préjuge qu'il saurait le faire - il faut faire confiance à un prince athlète qui maîtrise son mental en toutes circonstances - il n'est pas attendu dans la fonction pour cela et ne le veut sans doute pas. Il reste disponible. A nous, à la Nation de s'en "servir".

C'est donc bien la monarchie constitutionnelle l'axe ! Un attelage du peuple et du roi, ce rêve fusionnel rarement concrétisé dans notre histoire où les malins et les puissants s'interposèrent de tous temps entre le roi et ses peuples, pour tirer avantage de l'un et des autres. Les périls ou un surplus d'affect jetèrent parfois le pont entre eux, mais cet accord parfait qui est le socle vrai d'une monarchie pérenne fut toujours éphémère, et les rois eux-mêmes ne surent pas toujours l'emprunter. Charles X aurait-il joué carrément le peuple contre l'oligarchie pour lâcher les fourches sur la Banque et la Presse qu'il n'aurait pas abdiqué à Rambouillet. Fallait-il être malgré tout un peu plus "politique" aussi !

Nous convoquant au Projet, le prince pose sur nos épaules une lourde responsabilité : celle de l'appeler en dernier recours, non pas à assumer son héritage, mais à faire confiance au principe monarchique qu'il incarne pour continuer la capitalisation entreprise par nos quarante rois et interrompue par le règne du Nombre jusqu'au plus haut niveau de l'Etat, insulte tragique à l'intelligence humaine.
Si le principe n'est pas revivifié, il restera un "prince de vitrail", de belle prestance certes, mais le jouet de la lumière qui le traverse. Sommes-nous capables, et en position, de le faire accéder quand viendront (vite) les jours les plus sombres qui s'annoncent ? Le prince dans son discours du Tau mutualise la caution de gouvernance apportée par la monarchie moderne puisque le relèvement du pays est assigné à nous tous, sans avoir à compter sur la facilité gauloise de l'homme providentiel qui tirera seul le char du royaume.


Mais savons-nous bien les exigences dissimulées par la rénovation de notre société ? C'est une véritable purge de notre modèle social, une rénovation drastique de toute notre justice, et l'amputation de vingt pour cent au moins de notre niveau de vie qui nous guettent. Il ne suffira peut-être pas d'un solide consensus avec notre roi revenu pour faire accepter enfin des codes sociaux raisonnables dans un pays de cocagne.

La question qui n'est pas soulevée là est celle de l'impréparation des royalistes.
Il faudra en parler bientôt !


Note (1): l'allocution complète a été publiée sur le forum Vive Le Roy (clic)
Note (2): Le prince Louis est licencié en sciences économiques et représente à Madrid le Banco Occidental de Descuento, une grosse banque vénézuélienne appartenant à son beau-père, soutien de Hugo Chávez.

vendredi 8 avril 2011

Un prince fondeur

En 2009¹, le prince Louis de Bourbon finissait le marathon de New York City dans le wagon des neuf pour cent avec un temps de 3h 24minutes. Cool ! Ce dimanche 10 avril, le dossard 19502 sera suivi attentivement par les légitimistes qui espèrent "un résultat" de leur héros au 35° Marathon de Paris².

La carte de la course en .pdf est cliquable ici : Parcours 2011

Le parcours réglementaire de 42195 mètres part de la section haute des Champs-Elysées, de l'Etoile au Rond-Point selon les sas de performance tentée³, puis va à la Bastille par Rivoli et continue jusqu'au bois de Vincennes, revient ensuite dans l'axe avalant de la Seine rive droite jusqu'au bois de Boulogne et s'achève à la Porte Dauphine.
Le profil ci-dessous montre que le premier tiers est éliminatoire, le second tiers super-facile, et le dernier tiers propice à la rupture des groupes :


Pour les Français, on attend Abdelatif Meftah, devant ou juste derrière les Kenyans et autres Ethiopiens qui ne sont pas invincibles. Le marathon de New York 2009 avait été remporté par l'Américain Keflezighi.
Un marathon se gagne en 2h et 10 minutes, soit à 20km/h.
Mais c'est aussi une grande fête. Départ à 8h45.





Note (1): Résultats du prince Louis NYC 2009 : http://web2.nyrrc.org/cgi-bin/htmlos.cgi/90893.6.013700415519798204
3921° sur 43741 coureurs (43475 arrivés)
683° dans sa classe d'âge
3h 24min 18sec
moyenne 12,4 km/h
vainqueur : Meb Keflezighi (USA)
Note (2): le site officiel : Parismarathon
Note (3): dossard rouge 3h00, jaune 3h15, bleu 3h30, violet 3h45, vert 4h00, gris 4h15, rose 4h30+

samedi 26 mars 2011

Conseil dans l'Espérance du Roi

 

C'est la veille de l'Annonciation que la Charte de Fontevrault a émis sur mille fils du monde qui vibrent à ses annonces que le shadow cabinet royaliste français était né (clic). Conseil dans l'Espérance du Roi ou contre-gouvernement virtuel organisé par l'Institut Henri IV pour clore l'année du Vert Galant, la "chose" n'inquiète pas encore le pouvoir, tout à l'affaire de la raclée cantonale et des piqués sans sirène de la chasse française sur les tacticals bédouins, censés la faire oublier.
Mais il a tort.

La population française est au seuil de l'épuisement psychique tant elle en a ras-le-bol des bateleurs rationnaires de la politique qui se contredisent en connivence pour mieux l'empoisonner à l'arsenic de la social-démocratie. Le pays fier coule, doucement ; la faute à pas de chance, le sens de l'Histoire, le crépuscule inexorable de l'Occident coupable. Demain il fera plus beau, "demain" c'est le temps conjugué de la Démagogie. La droite de la Gauche™ est incapable génétiquement de réduire l'Etat prédateur au minimum vital - elle accroît encore la dépense publique en volume de 0,8% - et vient d'entrer en campagnes présidentielle et législative en frappant un grand coup... sur les faubourgs de Benghazi.

La Gauche™, titulaire de l'AOC mais en plein urticaire napoléonien, a ouvert le débat du chef providentiel comme un vulgaire parti fachiste, et au-delà se fout du tiers comme du quart pourvu que les postes que M. Strauss-Kahn leur offrira soient distribués comme il faut. Tariq Ramadan aux affaires cultuelles ; qu'en pense Me Brochen ? Les Lambertistes à Matignon.
La gauche de la Gauche™ veut mettre tout le monde au pas en commençant par le contrôle social généralisé des comportements individuels au nom d’une idéologie libératrice des chaînes rouillées du capitalisme sauvage. Et vivent les Chinois qui ont libéré il y a cinquante ans les esclaves tibétains de la théocratie néandertalienne en chapeaux comiques (Mélenchon + Néandertal) !

Hors-sol, au jardin des utopies, vaquent les souverainistes et les gros bataillons du Front national qui voient et comprennent tout mais ne projettent rien. Un programme pour gros ballots s'ils n'en sont pas, il faut le dire même si l'on s'en sert comme bélier contre la herse. Le destin de la Corée du Nord révisée n'est pas alléchant, même avec des néons dans la rue. C'est de cela que va parler M. Dupont-Aignan au prochain Mercredi¹ de la NAr sous les applaudissements des gaullistes de gauche qui y réchauffent leur nostalgie.

Ce régime est cul par-dessus tête à la merci de sa ploutocratie. Le micheton de base découvre avec effroi que l'Etat qui fut enfanté jadis pour la justice et la liberté est devenu à la fois cher et impotent, et maintenant ne le protège même pas des Huns de l'intérieur. Aucune autorité naturelle, mais de l'autoritarisme comme le dévoile le Médiateur Delevoye ; alors que les Anglais détruisent toutes les agences travaillistes budgétivores², prolifération chez nous des fromages républicains contrebalancée par la réduction des services basiques de proximité (affaires Bougrab, Boutin, etc. et 343 sénateurs à l'embouche qui font des trous à leur ceinture) ; culture de l'excuse si ce n'est celle de l'immunité - les ministres ne démissionnent jamais - ; normalisation des passe-droits, une nomenklatura de type moscovite est devenue une réalité, des mini-dynasties se créent partout ; une justice qui juge la Justice avant les justiciables ; une armée de... militaires, mexicaine par ses étoiles ; un gouvernement de théâtre agrippé aux micros comme une rock-star !
Et pourtant les livres nous disent que la France ne fut pas toujours un pays à l'abandon, incapable de joindre les deux bouts, dont on se moque dès qu'elle a le dos tourné. La France fut aussi un modèle, classique.

S'il faut réinventer un sytème social pérenne juste et financé, il n'est pas besoin de réinventer le principe de gouvernement ; il suffit d'actualiser celui qui en deux mille ans d'histoire a fait progresser le pays. Et ce principe est la monarchie qui offre l'autorité naturelle et la politique de temps long. C'est ici que semble-t-il le CER de l'Institut Henri IV veut travailler. M. Jean-Yves Pons nous en dévoile l'axe de construction :

Tous les Conseillers seront égaux et aucun ne dirigera le Conseil puisque, dans notre conception du pouvoir monarchique, le Roi gouverne et préside son Conseil. Il s‘agira donc d’une nouvelle « Table Ronde ».
Tous les courants royalistes français pourront y être représentés à la seule condition de s’interdire tout prosélytisme dynastique et de ne jamais exprimer publiquement, ès qualités de membres du CER, leurs préférences ou leurs engagements au service de l’un des princes de la Maison de Bourbon.

L'axe est parallèle à celui de la Charte de Fontevrault qui refuse de prendre parti sauf pour le providentialisme. Pas de prince désigné, chacun le sien in pectore, priant avec tous pour son retour sans le nommer. Je me doute bien que l'oraison de la Charte soit agréable à Dieu mais je m'inquiète de son influence sur la conduite des opérations, même si comme au désert, YWH y pourvoiera. Ce dont par contre je suis sûr, c'est que la Table Ronde sans le roi Arthur ne peut pas fonctionner, sauf à faire dire des messes ou partager une galette des rois.

Supposons que le CER occupe le domaine régalien et se limite à lui pour éviter les conflits. Une seule charpente doit porter l'ouvrage et la volonté politique d'un seul, au demeurant instruit pour la définir et la défendre, et je n'en vois pas autour de moi, un seul fera les tenons et mortaises entre la justice, la police, la diplomatie et la guerre. A moins de vouloir laisser l'affaire entre les mains d'un chef de gouvernement d'alternance, ce qui ruinerait le schéma, il faut un projet politique cohérent, bien délimité, suivi en continu, un projet pour la France, à pousser sur une voie directe ou détournée mais ressortissant au temps long et persévérant sur son axe. Je ne comprends pas ce qui retient l'Institut Henri IV de suivre les Lois Fondamentales du Royaume de France, ce serait plutôt son style puisque le Navarrais en est issu.

On en vient très vite à l'économique qui régente tout. Par là le CER abordera au rivage des valeurs. Que dira la Table ronde sur le modèle économique ? Doctrine sociale de l'Eglise ? Elle n'est qu'un prologue ; il faudrait écrire tout le reste. Nous n'entrerons pas dans les divers choix à faire, ce n'est pas le jour, mais les voies sont généralement inconciliables et il n'y a pas de troisième voie viable, nous en avons la preuve par la Dette. Il faudra donc évaluer le meilleur choix pour le pays dans l'état où la République l'aura laissé, et s'y tenir. Comment se passer d'un chef pour incarner la synthèse du projet économique ? Sauf à continuer la social-démocratie européenne en faillite, langue au chat.

Aussi attendrons-nous sagement que le CER trouve ses marques et choisisse surtout la clef de voûte nécessaire à cette construction, même parfaitement virtuelle, mais qui sait. Le roi en ses conseils fait le pendant du peuple en ses états, et tous sauf un parlent de décentralisation.

J'entends un Mérovingien qui vient.

(A suivre)


Note (1): Dupont-Aignan à 19h59 le mercredi 30 mars, au 4° étage du 17 rue des Petits-Champs Paris 1°, PAF 1€50
Note (2): il n'était pas si mal finalement le Plantagenêt

vendredi 25 juin 2010

Louis XX à New York

les ducs d'Anjou au baptèmeEn quelques lignes, j'ai compris Louis de Bourbon et m'en voilà rasséréné. Comme beaucoup de royalistes de France, je cachais mes doutes pour ne point affaiblir une cause pas si vaillante déjà. Si je n'en avais aucun quant à son intérêt pour les affaires françaises - même si j'avais conçu que ses activités prenantes puissent l'en distraire souvent - je me demandais si le "beau gosse", fan de polo et de régates, ne serait pas phagocyté par la jetset depuis qu'il avait épousé la fortune. Il n'aime pas le "jet", c'est un bon début.
Et puis il y avait cette lutte intime du timide ouvrant son coeur, serré dans la tunique rouge de bailli grand croix. Fini tout ça ! Fini les rédactions préventives. Les hésitations participaient d'un chantier personnel en cours de construction. Il semble achevé dans la maturité des convictions d'un prince à l'heure de son époque et bien dans sa peau, à l'insu des dresseurs de l'ancien temps.

les ducs d'Anjou complices à SotograndeAucun journal royaliste n'est allé chercher Louis de Bourbon, ce mois-ci. Peut-être s'en serait-il méfié à voir les carafes de fiel qui ont été versées sur sa position dynastique dès son mariage, mariage célébré sans le nihil obstat des penseurs officiels de la Cause. On l'oublie souvent, mais seul le président de Présence du Souvenir Bourbonien fit le voyage de La Romana et sauva l'honneur des légitimistes gaulois.
Il s'en souvient ! Et de la Querelle qui coule d'édition en édition, d'un bord ou l'autre, il entend parler aussi.
C'est donc Paris-Match qui a fait le voyage de New York.
L'entretien a été mis en ligne par le magazine qui l'a publié dans son numéro daté du 18 juin 2010. On peut le lire en cliquant ici.

Louis XX en quelques lignes

pleines armes de franceHomme de terrain, abonné au possible loin des fumées bitumineuses d'un pouvoir absolu hors du temps, il nous apporte une monarchie du Nord et la fonde d'instinct sur trois services à rendre au pays : autorité morale au-dessus des luttes partisanes inhérentes à un régime constitutionnel démocratique, ambassadeur de son pays à l’étranger, garant de l’unité du pays et preuve vivante de sa continuité historique. Dans un élan rassembleur, il ne récuse pas les républicains. Cherchera-t-il à les convaincre ? Apparemment il croit que c'est possible, comme son cousin y est parvenu en Espagne.

Ceux qui n'ont pas loué leur miséricorde dans les chapelles de la monarchie intégrale échouée rient aux exigences des docteurs de la loi. Loi que le prince connaît fort bien dans sa déclinaison plurielle des lois fondamentales du royaume de France, et qu'il rangerait sur l'étagère des utopies éventées si elles débordaient de la pointe de pyramide qu'elles règlent. Deux cents ans de désert, on passe le râteau sur la caisse à sable et je te redessine tout ça ! Il a son axe devant lui et comme un athlète, il le voit clairement. Dites-moi que quelqu'un dans le royalisme voit les choses clairement, ça finissait par manquer !
Moi, la praticabilité du projet me plaît beaucoup, même si j'eusse aimé qu'il prenne déjà ses pouvoirs régaliens, mais peut-être le fera-t-il au moment de classer les tenants et aboutissants d'une sortie de crise.

Luis-Alfonso

louis carnassierIl sait aussi expliquer très simplement d'où il vient. Il n'a pas de slogan pavlovien comme les cabris qui crient "Utrecht, Utrecht", il n'a pas non plus de tabous. Franco ? Oui, il a fait beaucoup pour l'Espagne et c'est dommage de défranquiser le pays espagnol.
Sa francité ? Elle fut brisée par l'accident (ndlr - nous disons le meurtre) de son père en 1989 à Beaver Creek. Orphelin et privé de son frère aîné, il fut recueilli par sa grand-mère maternelle à Madrid. On savait déjà qu'il en fut reconnaissant à l'Espagne en choisissant d'y faire son service militaire dans l'armée de l'air.
Quand la lampe royale s'est-elle allumée dans sa tête ? En suivant son père au Millénaire capétien de France, naturellement. Tout est dit simplement, mais le plus charmant est son évocation répétée de Marguerite, son épouse. Après le coup de foudre, il ont construit un pôle de soutien mutuel dans un pays compliqué et difficile à vivre par les positions de sa belle-famille. Son regard carnassier quand il lève un paparazzi sur le chemin de sa petite famille en dit long sur son sens de la protection rapprochée. Il compte sur elle :« Les grandes responsabilités ne me font pas peur. Marguerite, ma femme m’aide. Quand elle s’est mariée avec moi, elle savait qui elle épousait. Elle m’accompagnera là où j’irai ».

Les relations avec ses cousins sont cordiales, nous le savions, il le confirme et ceux-ci mettent en porte-à-faux les sectateurs dynastiques. La Querelle a été réglée par la Cour de Cassation en 2003, les pleines armes lui revenant, il est celui qui est sans prétendre, point barre.

Sera-t-il le dernier debout à Paris avant d'être le seul à venir à Reims ? Puisqu'il adore l'action, souhaitons-lui d'en avoir. S'il se dépêche un peu, nous serons là malgré une atroce sciatique.

le prince Alphonse et ses 2 fils
Postscriptum : L'entretien de Paris-Match est couvert par une belle photo de la famille à cinq qui sera, j'en suis sûr, agrandie dans bien des foyers de France. Archivez tout avant que l'accès n'en devienne payant. Pour finir, je remarque qu'il n'a pas fallu deux cents pages pour tout savoir de lui, parce qu'il n'y a rien à expliquer tant c'est évident.
PPS : Remerciement à Royauté News pour avoir signalé à ses lecteurs l'article de Paris-Match.


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samedi 29 mai 2010

Deux princes à New York

 


Marie-Marguerite de BourbonVivat Rex !
La jeune duchesse d'Anjou a été délivrée de ses jumeaux hier à New York. Louis, duc de Bourgogne et Alphonse, duc de Berry, poursuivront donc la saga capétienne ouverte à Senlis un certain 3 juin 987, par la volonté des grands du royaume, Gaulois, Bretons, Normands, Aquitains, Goths, Barcelonais et Gascons selon Richer de Reims.
Quand viendra l'heure de leur retour, nul doute que quelques provinces s'ajouteront aux vieilles provinces carolingiennes, et que notre pays enfin retrouvé fera de nouveau envie aux autres comme jadis.
En attendant, partageons à distance la joie des heureux parents avec tous les royalistes.

la famille à VeniseLes légitimistes de France, un peu crispés par la naissance accélérée du petit prince Gaston d'Orléans et sa médiatisation soutenue, exultent. Comme on dirait en Angleterre, Bourbon a fait son dauphin et son spare.
On peut dès lors... tirer des plans bien plus sérieux sur la comète, ce dont nous ne nous priverons pas, bien sûr.
Nous y reviendrons dans un billet à paraître bientôt dont le titre (provisoire) est De l'Autorité du Réel.

Nul doute que les petits ducs croîtront en sagesse et en grâce sous l'autorité naturelle de leur grande soeur Eugénie. En poids et taille¹, ce sont des calibres de tennismen plutôt que de rugbymen.

Il n'est que d'espérer quelques nouvelles de temps en temps.

 


Félicitations à la maman.

Royal-Artillerie lui adresse son plus joli bouquet de roses.


bouquet de roses


Note (1): poids et mesures : 3340 grammes pour 51cm et 3710 grammes pour 52cm. A 10g près le second a le poids et taille de leur soeur aînée à la naissance.

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Dépêche AFP de circonstance (pour mémoire) :
AFP PARIS - 29 mai 2010 - 17H59 - Louis de Bourbon, premier prétendant au trône de France de la branche légitimiste, et son épouse la princesse Marie-Marguerite ont eu des jumeaux, Louis et Alphonse, nés vendredi à New York, a annoncé samedi à l'AFP à Paris le secrétariat de la famille.
Nés à une minute d'intervalle, les jeunes princes Louis et Alphonse, qui ont le titre de duc de Bourgogne et duc de Berry, sont désormais deuxième et troisième dans l'ordre de succession au trône de France, après leur père, âgé de 36 ans.
Les parents, lui franco-espagnol, elle vénézuélienne, n'avaient jusqu'alors qu'une fille, la princesse Eugénie, née en 2007 à Miami.
Louis de Bourbon porte le titre de duc d'Anjou, comme son père - cousin germain du roi d'Espagne Juan Carlos - et son grand-père.
C'est "un prince moderne", assure son secrétariat, puisqu'il est aujourd'hui vice-président chargé de l'international pour la banque vénézuélienne Banco Occidental de Descuento (BOD), "vit entre New York, Miami et Caracas", et qu'il est "joueur de polo".
Depuis le XIXe siècle, deux lignées capétiennes se disputent les droits à l'hypothétique trône de France et le titre de duc d'Anjou: la branche aînée "légitimiste" des Bourbon d'Espagne, représentée par Louis de Bourbon, et la branche cadette "orléaniste", descendant du frère de Louis XIV via Louis-Philippe.
En décembre 2004, Henri, comte de Paris, prétendant orléaniste au trône de France, a conféré à l'un de ses nombreux neveux, Charles-Philippe d'Orléans, fils du prince Michel, le même titre de duc d'Anjou. L'héritier "orléaniste", âgé de 37 ans, s'est marié en 2008.

mercredi 28 avril 2010

Le Lien 32 est paru

Henri IVIl y a trois jours, je me disais que c'était la saison du Lien, mais affligé des pitreries royalistes parisiennes autour de la fête de sainte Jeanne d'Arc, je me suis laissé surprendre par la livraison de ce matin. Le 32 était là. Pour les quelques lecteurs qui ne sont pas encore abonnés à ce bimestriel de qualité, je fais une brève recension de ce numéro qui ouvre sur l'année Henri IV. Roi de l'apaisement, roi du compromis mais surtout roi de ses peuples - la poule au pot n'est pas qu'une image d'Epinal - le Navarrais aura surtout l'intelligence de sa fonction dans toute son acuité, alliée à une pugnacité cachée dans l'édredon de ses empathies.
Je passe pour y revenir plus bas sur le coup de brosse à reluire concernant ce blogue-ci et suis heureux de voir apparaître dans les colonnes du Lien le blogue Café Royal de notre ami Muscadin qui désosse les élections régionales dans le camp de la victoire, celui du désintérêt général exprimé par un taux d'abstention record.

Puis on chevauche la genèse de la légitimité de Saint-Simon, le duc, à Chateaubriand. Ça se lit d'un trait, avec une belle photo du prince Alphonse déposant sa gerbe de lys au rocher du Grand Bey à Saint-Malo ! C'est du Guillotel. Impeccable.

rené de chateaubriand
Les "propos du lecteur" de Jacques Rolain restent dans l'axe de l'année H-IV et je m'intéresse toujours à suivre l'actualisation de ses souvenirs à la permanence de la doctrine, même s'il n'a pas saisi qu'Henri IV soit "le seul roi qui pourrait être élu président de la République". On atteint là les limites de conception de certains légitimistes qui fondent tout sur l'adoubement divin et s'amusent de la maxime célèbre de La Tour du Pin, "le droit du prince naît du besoin du peuple" ; ou dit moins savamment, la monarchie est populaire sinon rien ; ou comme le dit aussi Royal-Artillerie : c'est un régime de consensus populaire.
Bon, on ne va pas s'empoigner, mais de l'avoir oublié jadis a ruiné l'ouvrage. Bourbon aurait-il privilégié ses peuples en tout - à finir par Charles X et un suffrage "rural" pour nommer à la chambre basse - qu'il serait toujours là.

M. Rolain termine sur "l'affaire Benoît XVI", les textes qu'il choisit autant que ses propres commentaires sont remarquables, et c'est un agnostique qui le lui dit. Il faut avouer que j'ai un immense respect pour le pape Ratzinger qui est bien celui qui va avec nos temps de liquéfaction morale, contrairement à ce que prétendent les cuistres de sa propre église qui n'y voient goutte et ameutent contre lui. Un seul regret, qu'il ait posé la hache en revêtant le pallium. Elle lui servirait aujourd'hui à couper le bois mort, et je ne pense pas qu'aux salopards. Retrouvez l'article de Denis Tillinac dans Valeurs Actuelles 3815 du 7 janvier 2010 qui dit aussi tout ça bien mieux.
Jacques Rolain termine par une longue analyse des propositions de l'Alliance Royale qui ont sauté ses préventions premières, et le convainquent suffisamment pour qu'il en fasse une juste articulation. Il se convertit lentement, ce qui prouve la pertinence de l'approche politique de ce parti, mais ne le lui dites pas.

Jean d'Orléans à LimogesPuis patatrac ! "Sans la liberté de blâmer, il n'est pas d'éloge flatteur" nous dit le Figaro (et Beaumarchais). Je ne comprend pas l'acharnement sur Jean d'Orléans et sa famille, de la part du baron Pinoteau. Nous avions bien ri de Gaston Ier dans la livraison précédente, mais les meilleures sont les plus courtes. Et même si faute avouée est à moitié pardonnée, les assertions du précédent billet d'humeur étaient en partie fausses. C'est grave. Le Lien légitimiste est destiné à un lectorat de qualité qui n'a pas l'habitude de croiser les informations qu'il y trouve. La confiance est de mise.
Mais au-delà de cette charge, quand même imméritée depuis que l'on sait que le prince Jean promeut la Monarchie de Juillet de son aïeul et pas la Monarchie "légitime" ou traditionnelle, je déteste vraiment l'attaque au faciès : « ... une des clés de la personnalité du prince est sa curieuse physionomie, et des spécialistes en la matière de plusieurs pays (peut-être même ceux de certaines officines) en savent plus que nous sur le véritable caractère de Jean d'Orléans.»
A quoi je répondrai de manière ramassée : "qu'est-ce que ça peut vous fiche, Baron, qu'il n'ait ni charisme ni aisance ? On fait de la politique, pas de la physiognomonie¹ !".
Cette querelle incessante des positions, faits et gestes de la famille d'Orléans, minutieusement renseignée aux meilleures sources, n'apporte rien à la cause du roi ; à se demander si les légitimistes existeraient encore si l'avion de la Maison d'Orléans s'écrasait sur Smolensk ! Sacrebleu, la Légitimité aurait-elle besoin d'Orléans comme Dieu a besoin du Diable ?

SS Benoit XVI
Page 11, les Mélanges à propos de choses diverses qui courent ici ou là nous présentent (sur trois colonnes) le prochain colloque des Amis de Guy Augé à la fac de Droit-Panthéon le 29 mai prochain qui va remettre sur le pupitre le Cujus regio, ejus religio" du traité de Westphalie. Le thème en sera La Religion et La Cité.
Notre société a les deux pieds dans le problème (pour rester poli) et c'est tout bonheur qu'un aréopage de ce niveau² débatte de ces questions en public. Un extrait de la revue La Légitimité nous fait vivre cette journée par anticipation (n°60). J'en extrait une question de Claude Polin : "Sommes-nous arrivés à cette fin de l'Histoire et de la pensée où le pluralisme religieux fondera, sur les reculs de notre identité et les brassages incontrôlés de populations, une cité tolérante et pacifiée ?" Et de nous jeter au visage l'encyclique Dignitatis Humanae.
A partir de 10 heures, le 29 mai à la fac de Droit, 12 place du Panthéon à Paris 5°.


Le 32° Lien se termine (mais pas nous) sur l'affaire de Thiberville, j'allais dire la lamentable affaire de Thiberville (diocèse constitutionnel de l'Eure). On y comprend un peu mieux la chaîne de commandement de l'Eglise catholique et la puissance des féodaux historiques que sont les évêques. Mais ceux qui ont étudié les prémices et le déroulement de la Révolution Française savaient déjà bien des choses. N'est-ce pas ? Souhaitons au curé Michel d'avoir enfin l'oreille en dernier recours de La Signature Apostolique. Sans doute gagnera-t-il et je le souhaite.
Ceci dit, je ne vais pas récrire les 12 pages du numéro 32 pour les inconséquents qui se privent de ce lait nutritif, mais il y a l'in cauda.

louis de bourbonEn page 2 de cette livraison, Gérard de Villèle reprend le billet de clôture "Archivons!" de Royal-Artillerie (20.01.10). Bien qu'il ait été récrit trois fois pour atténuation parce que je me doutais un peu qu'il serait un jour ou l'autre cité, ce billet reste sévère avec les structures qui animent la cause royaliste en France. On peut le lire ici. J'aurais aimé un rebond plus qu'un coup d'encensoir, et plus particulièrement sur l'absence étonnante du prince Louis au moment où le pays va affronter ses pires jours de l'après-guerre. Nous nous ruinons littéralement à courir derrière un modèle invérifié qui a coulé un des empires les plus puissants du siècle passé, ce pays n'est pas une île isolée du Pacifique mais un très beau pays au carrefour de toutes les collisions occidentales, et Dieu sait qu'elles accourent, et les Français se sentent bien seuls sous le sceptre en formica de Zébulon Ier.

Côté princes, je ne vois que la promotion des idées assez convenues du dauphin qui fait un succès d'estime en province en s'exposant lui-même plus que ses idées. En a-t-il ? Mais Silence radio du côté de Caracas ! Tout ce qui m'est parvenu est l'annonce faite par la duchesse d'Anjou à un correspondant local, de son futur accouchement à l'hôpital Mont-Sinaï de Miami et tout le bien qu'elle pense de cette clinique de gringos. Qu'en dit Chavez ?
Rien du prince Louis depuis un bon moment, pas mêmes les voeux traditionnels de nouvel an au sortir de la crise financière mondiale dont il est un expert pourtant. C'est léger, à croire même que depuis qu'on a répété à l'aîné des Capétiens qu'il "était" tout simplement le roi par le droit monarchique, quoiqu'il en pense ou dise, il a fait le choix du hamac canonique et ne s'inquiète plus de rien, si tout est décidé en dehors de lui. Espérons que la naissance des jumeaux (à Miami) recentrera ses inquiétudes à notre endroit et le fera sortir de sa réserve. Mais je n'en mettrais pas ma main au feu.

Pour finir, je rappelle aux privés de bonheur l'adresse où envoyer leur chèque de 10 euros pour un an (6 numéros) de version électronique ou 20 euros pour le modèle Gutenberg :

Le Lien Légitimiste
Petit-Prix
37240 La Chapelle Blanche Saint-Martin


Note (1): http://fr.wikipedia.org/wiki/Physiognomonie
Note (2): Jean-Pierre Brancourt (de Louis XIV à Louis XVI), Thierry Buron (Michael von Faulhaber, théologien bavarois), Pascal Gourgues (la théocratie), Claude Polin (l'oecuménisme), Claude Rousseau (humanisme et divin grec), Philippe Toulza (Bossuet vs. Louis-le-grand).

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mercredi 6 janvier 2010

Divorces, un sport royal

H.4Nous sommes entrés dans l'année Henri IV. Une messe fut dite à Rome le 12 décembre à St Jean de Latran en présence de SE l'ambassadeur de France auprès du Saint-Siège et des princes Jean d'Orléans et Charles-Emmanuel de Bourbon-Parme. La légende en a fait un roi paillard qui roulait les "erre", n'utilisait d'eau ni en usage interne ni externe, et qui chargeait ses ennemis sur un cheval tout blanc. Collectionneur de femmes comme aujourd'hui il le ferait de Ferrari, il restera pour l'éternité le grand baiseur à panache de la dynastie bourbonienne.
Pas sûr ! Si la "dynastie" est supposée survivre au royaume... qui lui n'est plus, à ce qu'il me semble certains relèveraient le défi ancestral.

Un peu de généalogie laisse constater les résurgences irrépressibles du sang chaud de Bourbon dans la grande famille capétienne. Les âmes pieuses se risquent à croire que le prestige de la lignée convoque au partage de sa gloire des aventurières de tous calibres, de vraies briseuses de ménage. Mais ces assauts - ce lâcher de salopes, disait Bigard à B.16 qui le recevait avec Sarkozy - justifient-ils un si grand nombre de divorces ? Les princes sont-ils si faibles pour les choses du sexe faible ? Même des prétendants ayant toutes leurs chances d'accéder "un jour peut-être", s'y sont abandonnés, entamant gravement le pronostic du pavois gaulois.
cerf bramantLa loi d'exemplarité n'existe pas, serait-elle la Huitième qu'on cache ? et le vieux précepte "faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais" couvre de son manteau d'indulgence une réalité qui peut en déranger beaucoup, à commencer par ceux du commun retranchés de la communauté des fidèles et jetés au parvis, alors que le Vatican déroule le tapis rouge sous les pas de grands pécheurs et pécheresses des familles royales.
A noter que les remariages dans ce monde ne génèrent pas d'enfants, la brisure de bâtardise restant forte. Les vieilles lois fondamentales en impressionnent encore, surtout celle de catholicité qui est la "sine qua non" imparable, autant demain que jadis. Henri IV nous l'avait confirmé, qui apostasia moult fois selon le vent de l'histoire immédiate.

De nos jours, on dirait que l'extinction (provisoire) du royaume a quelque part allégé le poids des règles et débondé le rut du cerf qui n'a plus de Parc. D'aucuns répudient même comme des sultans.

Après l'abdication d'Alphonse XIII qui "éteignait" le royaume et ses lois, les aînés d'Espagne ont tous divorcé :
- Jacques-Henri de Bourbon, de Emmanuelle de Dampierre qui elle-même se remariera pour se séparer à nouveau de son côté.
- Son fils, le prince Alphonse, de Carmen Martínez Bordiú qui elle-même se remariera deux fois. La fin tragique du prince à Beaver Creeks le privera de se remarier de son côté comme il en avait le droit sous licence pontificale.
- Le frère cadet d'Alphonse, Gonzalve de Bourbon, divorcera de Carmen Harto Montealegre et se remariera deux fois sans faire d'enfants légitimes.

Dans la branche de Séville qui vient juste après :
- François de Paule de Bourbon & Escasany, est divorcé de Béatrice d'Hardenberg et se remariera deux fois.

Chez les Bourbon-Parme :
- Charles-Hugues, aîné de la maison, est divorcé d'Irène des Pays-Bas.
- Pour mémoire :) les quatre enfants du prince Louis de Bourbon-Parme (1899-1967) divorceront !

Les Deux-Siciles se sont tenus tranquilles jusqu'à maintenant. La médaille pontificale du zouave !

Chez la maison d'Orléans :
- Henri d'Orléans, prétendant en titre, est divorcé de Marie-Thérèse de Wurtemberg, puis remarié religieusement sous licence expresse de la Rote romaine.

Dans les maisons concurrentes, on n'est pas en reste non plus :
- Charles Napoléon est divorcé de Béatrice de Bourbon-Deux-Siciles, et remarié, ce qui permet à son fils Jean-Christophe de contester ses "droits".

fontaine au sapèque
Il faut souhaiter aux jeunes princes du moment la sérénité nécessaire à leur vie privée, même si l'environnement familial est "inquiet". Leur dire aussi qu'on peut être un vrai Bourbon de tradition sans sauter sur tout ce qui bouge, et qu'au pire moment du démon de midi, il est sage ou rusé de prendre une "bonne amie" de circonstance, révocable ad nutum, comme le font les "gueux", voire de méditer la sentence de Sacha Guitry :"les femmes les moins chères sont celles que l'on paie".

Pour le démon de minuit, tout reste permis puisqu'il n'y a plus d'espoir. Un peu d'indulgence quand même ! Le gotha sans couronne fait aussi partie de l'espèce humaine.


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mardi 3 novembre 2009

Lex salica, de Madrid à Paris

un manuscrit de la Lex SalicaDans la 29è livraison du Lien Légitimiste¹, Gérard de Villèle signale une déclaration méconnue du roi Louis-Philippe rapportée par le prince Jules de Polignac (dernier premier ministre de Charles X) dans un ouvrage publié à Paris sous la monarchie de Juillet en 1845. C'est la question des dommages collatéraux d'un retour aux Partidas chez les cousins d'Espagne. Ce document est le 26° de la somme Sainty. L'affaire est d'actualité, on verra plus bas.
« Ce n'est pas seulement comme Français que je prends un vif intérêt à cette question, c'est aussi comme père. Dans le cas, en effet (ce qui n'arrivera jamais de mon temps) où nous aurions le malheur de perdre M. le duc de Bordeaux sans qu'il laissât d'enfant, la couronne reviendra à mon fils ainé, pourvu que la loi salique soit maintenue en Espagne ; car, si elle le l'était pas, la renonciation de Philippe V au trône de France, en son nom et au nom de ses descendants mâles, serait frappée de nullité, puisque ce n'est qu'en acte de cette renonciation que les descendants de ce prince ont acquis un droit incontestable à la couronne d'Espagne ; mais, si ce droit leur est enlevé, ils peuvent réclamer celui que leur donne la loi salique française à l'héritage de Louis XIV. Or, comme petits-fils de Louis XIV, ils passent avant mes enfants »...
La Somme de la Querelle dynastique a été faite par Guy Sainty, sur la base de 46 documents originaux de toute provenance. Elle a été publiée intégralement sur le site Chivalric Orders en six lourdes pages, complétées de notes. C'est en anglais. Bon courage... mais il y a tout.

les partidasLes (7)Partidas du roi Alfonso el Sabio (Alphonse le sage) sont les lois fondamentales du royaume d'Espagne jusqu'à l'arrivée du Dauphin de France, Philippe V de Bourbon, qui apporta avec lui en 1701 la loi dite-franque de succession par les mâles, connue sous le nom magique de loi salique. Pour comprendre les Partidas, la notice de Garcia Marsilla éditée par Persée est très utile, mais la notice de la wikipedia en espagnol sur les Partidas est complète aussi, avec des accès vers les grimoires d'époque. On retiendra par ailleurs que la loi franque originale fut altérée par Philippe V en installant par défaut les femmes dans la succession, puis abrogée par le roi Fernando VII qui privilégiait ainsi, contre son frère cadet Don Carlos, sa fille Isabel. La Pragmatique Sanction de Fernando, excluant vingt princes du sang, contredisait les Renonciations de Philippe V qui devenaient sans objet. Sous les protestations des princes de Bourbon, le roi révoqua la Pragmatique, la réinstaura, tomba malade et mourut. La guerre carliste commençait, mais les mâles se succédant, la chose en resta là pendant le naufrage de l'Etat espagnol et la dictature qu'il appela. La Constitution de 1978 reprend la loi semi-salique de Philippe V. A noter que les modifications de la constitution espagnole sont approuvées par les Cortès, à l'issue de quoi ceux-ci sont dissous² et renvoyés devant le corps électoral (Titre X de la Constitution).

Donc par l'article 57.1 du Titre II³, l'homme précède la femme pour la succession sur le trône, s'il y a égalités de lignée et degré. Ce vestige "français" irrite les démocrates qui brandissent les Partidas "castillanes" tellement plus modernes, même après huit siècles ! L'article 57.1 contrevient en outre aux dispositions de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, adoptée le 18 décembre 1979 par l’Assemblée Générale des Nations Unies, mais l'Espagne est dérogataire pour son Titre II qui organise la monarchie.

la famille d'Asturies
Dans la mesure où le prince des Asturies Felipe et son épouse Letizia, parents de deux charmantes petites filles, n'ont pas de troisième enfant, éventuellement mâle qui disputerait alors le trône à sa soeur aînée, la révision constitutionnelle perd de son urgence dans l'Opinion, mais n'en demeure pas moins sur l'agenda politique pour continuer la "modernisation" du pays et renforcer l'hispanicité de la couronne, sa transmission n'étant pas forcément paisible. L'autre motif est bien sûr de cesser la dérogation onusienne machiste et d'aligner la couronne espagnole sur celles des monarchies du Nord que rien ne semble menacer à long terme. En fait il ne s'agit que de "rentrer dans le rang" et perpétuer la charge.

Mais il y a loin de la coupe aux lèvres. Le référendum qui doit clôturer la procédure de révision peut - comme il en va souvent dans ce genre de consultation populiste - tourner au référendum "pour ou contre la monarchie". Car si les Espagnols sont très majoritairement "juancarlistes", il n'est pas sûr qu'ils aient choppé le virus monarchiste. Trois provinces sont ouvertement indépendantistes et donc républicaines, la Galicie, le Pays Basque et la Catalogne. Un référendum constitutionnel pourrait créer in fine le royaume "désaliquisé" de Castille et Grenade, et trois républiques dans un cadre confédéral européen, en lieu et place du royaume historique des Espagnes.

carte des espagnes
Il n'est pas dit que la Crise, aiguisant les impatiences, n'aboutisse jamais à une explosion de la nation hispanique. Auquel cas, les conventions d'Utrecht dont se réclame chaque jour Orléans pour asseoir ses revendications, tomberaient en quenouille (c'est le mot)... et il faudrait trouver autre chose. Dur, dur !

Note (1): Le Lien Légitimiste, Petit-Prix, 37240 La Chapelle-Blanche-St Martin
Note (2): l'annulation des vestiges saliques touche au Titre Il (sur la Monarchie) et exige donc la procédure extraordinaire prévue : c’est-à-dire, que le nouvel article soit approuvé à la majorité des deux tiers des membres de chaque Chambre ; ensuite que l’on procède à la dissolution immédiate des Cortes ; puis, que les Chambres élues ratifient la décision et procèdent à l’étude du nouveau texte constitutionnel qui devra être approuvé par les deux Chambres à la majorité des deux tiers. Finalement, après avoir été approuvée par les Cortes Generales, la révision sera soumise à ratification, par voie de référendum.
Note (3): Art. 57. 1 CE : La Couronne d’Espagne est héréditaire pour les successeurs de S. M. Juan Carlos I de Bourbon, héritier légitime de la dynastie historique. La succession au trône suivra l’ordre régulier de primogéniture et de représentation, la ligne antérieure étant toujours préférée aux postérieures ; dans la même ligne, on préfèrera le degré le plus proche au plus lointain ; au même degré, l’homme à la femme et, dans le même sexe, l’aîné au cadet.



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