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mercredi 19 décembre 2012

Nouvelles de la boutique sémite

Dispute au dîner. Les Juifs de Palestine ferment le couloir cisjordanien à Givat Hamatos avec 2610 appartements (voir la carte de B'Tselem) et agrandissent Ramat Shlomo de 1500 clapiers. Ici, ils ont des droits historiques, bibliques, sur la Judée et la Samarie. Là, ils enfreignent les résolutions onusiennes et le droit international en bâtissant chez autrui pour immigrer en zone occupée. Le piéton du roi fait passer la bouteille et se ressert une lichée de Saint-Amour (les grès triasiques du terroir en font des vins charpentés en macération longue mais qui se boivent adolescents) et proclame qu'il s'en fout !
Les Gazaouis ont bombardé Sdérot pendant des lustres avec des rockets faites en tubes fly-tox ; en fait ils visaient les occupants sans titre de Najd dont les villageois arabes furent expulsés en 1948. Peu me chaut, ce n'est pas moi qui prend la pelle à fossoyer. Les Israéliens pilonnent des écoles ou des dispensaires à Gaza City dans lesquels se planque la vaillante infanterie du Hamas. Même punition, la pelle à d'autres, j'ai mal au dos.
Cette ethnie sémite s'entretue de bon coeur depuis des siècles dans une guerre fratricide. Salut Abram, le patriarche, pas le char ! C'est leur malédiction et les voies du Dieu tonnerre qu'ils adorent à leur manière sont impénétrables.

Sur la même longueur d'onde du Département d'Etat, je pense que le double langage hébreu n'honore pas son gouvernement de boutiquiers sans vista. Petit jeu, petit gain ! A diverses raisons aussi entortillées que les anglaises des purs fainéants de la vieille ville, les responsables israéliens cultivent le danger de leur situation comme des tomates, repoussant de diverses façons l'aube de toute solution ; comme celle de deux Etats économiquement imbriqués. Peut-être pensent-ils que l'Holocauste leur sert de viatique originel (comme le péché originel qui sert à tout) et les autorise à pratiquer sans vergogne les caprices politiciens qui leur traversent l'esprit. Ils se trompent lourdement car les yeux du monde sont secs à leurs malheurs. La moitié de la planète en passe de diriger l'autre est étanche aux horreurs de nos guerres, ils ont eu les leurs, en pire ; et quelques millions d'empêcheurs de commercer en rond ne vont pas leur couper l'appétit si d'aventure ils se faisaient foutre à la mer ! Mettre l'affaire en débat dans les diasporas asiatiques est instructif vu de Sirius.




Et symétriquement, le recours aux bombes terroristes placées dans le public, le refus de tout compromis pacificateur du côté du Hamas, comme le défilé d'enfants armés déguisés en martyrs dans les cohortes vertes hystériques, assèchent par avance toute commisération extérieure pour les conséquences futures d'une vindicte remontée en boucle. Les monceaux de ruines de Gaza ressemblent à d'autres monceaux de ruines accumulés ailleurs par les évènements naturels. Affronter les réalités semble des deux bords impossible. C'est le mot : réalités. Ces gens, accrochés à des principes fumeux et mortifères, ignorent volontairement les réalités du monde actuel et comptent encore, des trois côtés¹, sur des soutiens extérieurs pour que le mirage de leurs illusions restent en suspension sur l'horizon. C'est la guerre et la mort qui vont surgir du brouillard de poussière ! Tirez le rideau c'est horrible à voir.
"Trente à !", la partie continue sans moi.


Dieu pourvoiera aux cartouches !


(1) Likoud, Hamas, Fatah

dimanche 10 avril 2011

Changement de paradigme

Sur le forum Vive-Le-Roi, Pays-De-Caux qui commentait notre billet "Démondialisation", a parlé d'un changement de paradigme¹. C'était sans doute à la lecture du pararaphe ci-dessous :
« Il est des gens très diplômés qui refusent que la globalisation de la planète soit le vecteur d'une nécessaire entropie, à défaut de quoi le choc intercontinental sera encaissé sous forme d'une guerre mondiale. Plutôt que d'affronter les empires émergents par notre inventivité, notre créativité, notre intelligence, les économistes au petit pied qui jugent celle d'autrui à l'aune de la leur, préfèrent au foisonnement des libertés économiques seules créatrices de richesses pérennes, les schémas simples facilement compréhensibles et surtout explicables par l'histoire. Or l'entropie des conditions socio-économiques des pays du monde est un phénomène nouveau. Tout le monde y passe, c'est au tour de la nation arabe ces temps-ci d'avoir ce fol espoir. »

Il relève quatre désordres : Contestations en tout genre, émergence de nouveaux concepts, piétinements du droit international traditionnel, immigration inquiétante...

Contestations ? On a longtemps cru qu'à l'arrivée de la carte perforée IBM, les Etats déjà passablement invasifs au motif marxiste de la dictature dogmatique du Bien, allaient muter en véritable gardes-chiourmes, et une littérature d'enfer terrestre submergea les rayons de science-fiction des librairies. Dans l'AF2000 de jeudi dernier, Piolenc fait une critique poussée de deux romans qui se veulent prémonitoires, "Bienvenue à Gattac" et Les Monades urbaines". Je vous y renvoie.
Depuis l'affaissement de l'Anarchie de bombardement de la seconde moitié du XIX° siècle, le besoin d'émancipation n'a jamais été aussi fort et les Etats jamais aussi généralement contestés, à un point tel qu'ils font leurs les revendications individualistes les plus échevelées comme pour acheter la faveur de continuer à régner sinon à faire semblant, et d'en vivre bien sûr pour leur nomenklatura. L'effondrement moral du Sénat qui vient de voter "sa" loi de bioéthique et la procréation assistée pour les paires comme il en va traditionnellement pour les couples, est un signe de désarroi moral. Les sénateurs veulent-ils être dans le vent qu'ils ne servent plus à rien. Faisons de grandes économies en démobilisant le parlement gériatrique vers les hospices cantonaux.
On notera que la fièvre émancipatrice se propage ces temps-ci dans des Etats réglés au millimètre pour tout prévoir et punir. Le Rue arabe emporte tout au vent de la liberté, et la charia avec ! La Chine observe inquiète cette météo libertaire et coffre tous ses intellectuels douteux², au cas où.

C'est aussi grâce à l'émergence de nouveaux concepts que le désordre progresse. Je pense que la vie internétique fait à chacun la démonstration peut-être factice qu'il vaut son pareil dans son domaine de compétences ou d'intérêts sans aucune référence géographique. Or les Etats sont terriblement géographiques, les deux pieds dans le même sabot scellé sur place ! Par sa navigation sans limites ressenties, l'internaute éprouve une certaine supériorité jusqu'à contester dans des manifestations d'ampleur les empiètements des administrations nationales dans la sphère privée. Par chance pour les Etats, Internet est très peu developpé. Ce que l'on voit est du super-minitel avec une architecture rayonnante. Revoir la conférence de Benjamin Bayart en cliquant ici pour comprendre que si les pouvoirs laissent Internet prospérer dans son concept originel, ils sont cuits³. Sachant que le bon sauvage ne l'est jamais plus tard que midi au gnomon, comment s'organiseront les sociétés, dans leurs proximités, dans leurs dépendances lointaines, reste pour moi un mystère ; mais le changement de paradigme sera alors accompli !

Le droit international traditionnel protège la police et la justice des Etats chez eux avant même de régler les relations de pays à pays. C'est l'irréfragable souveraineté, dont se parent les détracteurs de l'ingérence, même s'il s'agit d'abattre des tyrans cruels. Cette liberté de "gérer" son peuple en vase clos est contestée par ce peuple même qui appelle à l'ingérence quand ses conditions d'existence deviennent intenables, absolument ou relativement à celles d'autres pays qu'ils connaissent en vrai ou en faux.

Ces vingt dernières années, le droit d'ingérence a prévalu chaque fois que la force extérieure surmontait les résistances nationales mais jamais quand une bombe atomique est poussée sous la table de conférence. On l'a invoqué contre la Serbie, l'Irak, maintenant contre le Warziristan, la Libye, mais il est exclu de s'en servir en Corée du Nord, a fortiori au Tibet, et bientôt l'Iran sera hors d'atteinte. Le droit international ? pour quoi faire ? pour en parler bien sûr !

Reste du commentaire de Pays-De-Caux, l'immigration inquiétante.
Le phénomène n'est pas vraiment nouveau, et à notre sens, ne participe pas du changement de paradigme. Les grands désordres ont toujours déclenché de grandes migrations humaines, mais animales aussi. Rappelons les déportations réciproques en Méditerranée orientale lors de l'effondrement de l'Empire ottoman, les substitutions de peuples en Union soviétique, la marche à l'ouest des Allemands à la fin de la guerre, sans oublier les migrations de la famine : déferlement des Chinois affamés du Guangxi au Tonkin, émigration des Irlandais et des Italiens aux Etats-Unis. Aujourd'hui nous observons une décompression de la démographie africaine surnuméraire vers l'Europe des vieux. C'est assez logique en arithmétique des vases communicants.

Changement de paradigme ? A part donc le quatrième "désordre", il est indéniable que la marche de la Planète répond de moins en moins aux critères d'analyse du passé, et cela met à mal la valeur de l'expérience. Le décalage est perceptible dans le discours du front souverainiste qui convoque à ses démonstrations des complexités figées, obsolètes, même si l'intention est louable. Les nouvelles complexités ne sont pas à la portée du premier venu et dépassent le simple bon sens qui fait lui-même souvent défaut dans les politiques publiques et les projets concurrents. Il est venu le temps de « l'imagination au pouvoir ».
La mondialisation dont on parle partout est moins simple qu'une question de frontières et d'écarts criants des coûts de production. On y reviendra dans un billet sur le défi démographique, mais déjà nous devons garder à l'esprit que cette mondialisation est avant tout une surpression qui rompt les digues nationales. Les énormes excédents de main d'oeuvre et de production ici courent vers les déficits, là. On ne la décide pas, on la subit, on l'affronte, on ne l'évite pas... même en Islande, le pays le plus paumé qui me vient à l'esprit !
En revanche, dans le comportement économique individuel, nous gagnerions des parts du marché "intelligence" si nous appliquions des choix naturels, écologiques, et résistions plus nettement au matraquage consumériste qui crée "nos" besoins ! Et pour couvrir nos intrants, il vaudrait mieux trouver quelque chose à vendre plutôt que de blinder les postes de douane.

Dans les affaires publiques, ce bon sens et un peu d'imagination redevenue la règle permettraient d'éviter les abîmes financiers où nous précipitent les gribouilles et les malins qui ont capté les leviers de commandes pour leur propre fortune. Il n'est pas besoin d'avoir fait Saint-Cyr ni Dauphine pour...
. Ne pas dépenser plus qu'on ne collecte ;
. Privilégier le domaine régalien dans le budget de l'Etat central car personne d'autre ne s'en chargera ;
. Ajuster les contributeurs, les contribuables et les pensionnés ;
. Compter au marc le franc la participation de chacun à la société et au partage qui s'ensuit ;
. Avancer partout au mérite ;
. Faire son droit au Futur en favorisant la liberté intellectuelle de R&D ;
. Maintenir les moeurs et les rites traditionnels majoritaires ;
. Diffuser en Afrique le cri du Larzac : Volem viure al país et prendre le taureau du développement par les cornes ;
Vous pouvez continuer vous-même la liste.




Note (1): Le paradigme est un cadre qui définit les problèmes et les méthodes légitimes, et qui permet ainsi une plus grande efficacité de la recherche : un langage commun favorise la diffusion des travaux et canalise les investigations [Thomas Samuel Kuhn (1922-1996) via Wiki]
Note (2): En plus de l'artiste emblématique Ai Weiwei, 200 avocats, juristes, artistes et intellectuels ont été retirés de la circulation en moins d'un mois pour avoir respiré l'odeur du jasmin, dont Liu Xianbin qui avait pris deux ans et demi pour Tian An Men 89 et en fit dix !
Ont été relevées les "disparitions forcées" de...
Chen Wei, maître peintre officiel
Cheng Li, artiste
Chen Wanyun, blogueur
Ding Mao, prosateur
Guo Gai, artiste
Guo Weidong, blogueur
Jiang Tianyong, avocat
Hua Chunhui, intellectuel blogueur
Huang Xiang, artiste
Lan Jingyuan, activiste CHRD
Lian Haiyi, prosateur
Li Shuangde, activiste CHRD
Liu Anjun, artiste
Liu Shihui, avocat
Mo Jiangang, activiste CHRD
Pu Fei, prosateur,
Ran Yunfei, prosateur,
Tan Jitian, avocat
Ten Biao, avocat,
Wei Qiang, blogueur
Wen Jie, blogueur
Xu Zhiyong, juriste
Zheng Changtian, professeur
Zhui Hun, artiste
etc... total : 200
Note (3): L'affaire Wikileaks dévoile déjà la difficulté de contrer un site en multi-hébergement sur serveurs automatiques, sans encore passer aux serveurs individuels connectés 24/7 depuis n'importe où dans le monde. Les panneaux solaires vont permettre ce type de métastases fatales pour les Etats sauf à contrôler chaque écran.

lundi 5 janvier 2009

Nicolas va aux Echelles

Mechaal« Le Hamas et les forces palestiniennes ont offert une occasion en or d’apporter une solution raisonnable au conflit israélo-arabe. Malheureusement, personne ne s’en est saisi, ni l’administration américaine, ni l’Europe, ni le Quartet. Notre bonne volonté s’est heurtée au refus israélien que personne n’a la capacité ou la volonté de surmonter. Dans le document d’entente nationale de 2006 signé avec toutes le forces palestiniennes (à l’exception du Jihad islamique), nous affirmons notre acceptation d’un Etat palestinien dans les frontières du 4 juin 1967, avec Jérusalem comme capitale, sans colonies et avec le sujet (ouvert, ndlr) du droit au retour. C’est le programme commun aux forces palestiniennes. Certaines veulent plus, d’autres moins. Ce programme date de trois ans. Les Arabes veulent quelque chose de similaire. Le problème est en Israël. Les Etats-Unis jouent un rôle de spectateur dans les négociations et ils appuient les réticences israéliennes. Le problème n’est donc pas le Hamas, ni les pays arabes : il est israélien. » (Khaled Mechaal, à Damas le 22 décembre 2008)...

Le cessez-le-feu avec Israël à Gaza est arrivé à échéance le 19 décembre. La guerre actuelle est logique dès lors qu'Israël gère tous "accords pansémites" en fonction de ses intérêts immédiats, sans vista aucune sauf l'obligation de franchir à chaque fois la semaine qui vient, ou les élections qui pointent leur nez !
En fait l'Etat hébreu veut l'eau et tous ses captages, la terre arable et les périmètres de friches qui les protègent, la main d'oeuvre palestinienne docile embauchée à la journée, et la garantie internationale de non-ingérence dans les dispositifs de sécurité de son choix exclusif, le tout en mémoire de l'Holocauste ! Les Palestiniens paient très cher la Shoah allemande !
La seule fois où un homme d'Etat voulut sortir du schéma petit joueur, il en est mort : Yitzhak RABIN assassiné par les siens en 1995 !

LivniQu'à cela ne tienne, le petit reître guette les unes et s'impatiente : il va aller chercher la paix où elle se trouve¹. Eric Woerth (pourquoi lui ?) communique que Nicolas Sarkozy se rend dans la région sans plan préconçu. L'offensive israélienne rend ce voyage plus difficile mais aussi plus nécessaire car, en l'absence de leadership américain, Nicolas Sarkozy est le seul à être capable de prendre ce genre d'initiatives (sic).
On ne se prend pas pour le premier venu, même si Mme Tzipi Livni a fait le voyage de Paris au premier de l'an pour nous dire de surveiller de près nos oignons ! La partie de croquet élyséen ne passe par aucun des acteurs aux manettes cette semaine : Livni et Barak (Défense) seront approchés aujourd'hui pour la forme par la mission tchèque de l'Union européenne qui ne conviera pas M. Sarkozy à l'entendre, mais le rejoindra à Ramallah pour embrasser l'ectoplasmique Abou Mazen ; Mechaal ne peut être programmé - seul Jimmy Carter sait le voir. Obtiendrait-on le soutien bien improbable des présidents el-Assad et Ahmadinedjad pour faire plier Hezbollah et Hamas que le succès serait vain, Israël n'étant pas intéressé par la paix aux conditions internationales. A preuve son désintérêt de toutes résolutions onusiennes. Alors pour ne pas faire perdre 36 heures précieuses à l'audimat, Bigard sera-t-il du voyage ? Un lâcher de salopes au Mur des Lamentations ferait du chiffre sur CNN et sauverait le match !

Plus vraisemblablement, l'acharnement diplomatique provoquera une importation de l'affrontement sur notre sol, ainsi que les prémices en ont apparu place Saint-Augustin samedi dernier. La "banlieue", pour majeure partie arabe et/ou musulmane, prendra fait et cause pour le Hamas contre le pouvoir d'ici, noyauté par les Juifs et leurs alliés. Israël étant désormais engagé dans l'excavation et l'éradication du Hamas (sa propre créature ! ne l'oublions pas), les dommages décidés ou collatéraux ne pourront que croître, obligeant les relais palestiniens à suréagir, et donc à intensifier le fracas médiatique sur tous les espaces ouverts comme ceux des démocraties occidentales.

Nous risquerons-nous à concentrer en camp les agitateurs par milliers qui auront débordé nos gardes mobiles ? Le but n'est pas l'Ordre, on le saurait ! Le plaisir du prince est dans la solution de conflits, le rêve de tout avocat-président de la République. Si ça foire, reste l'avion !


rush à Gaza

Note (1) : le tourbillon diplomatique de 2 journées doit toucher dans l'ordre : Hosni Moubarak, Mahmoud Abbas, Ehud Olmert, Bachar el-Assad, le président Sleimane, Fouad Siniora, Nabi Berri et le contingent français de la FINUL. Ouf ! Faut amortir le kérosène !
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samedi 22 mars 2008

La faible force du droit

président Ma de taiwanMa Ying-jeou est élu président de Taiwan. Après sa victoire aux législatives du 12 janvier, le Kuomintang de Tchang Kaï-chek († 1975) reprend donc les rênes de l'île chinoise. On sait maintenant que la reconnaissance de la Chine populaire par le président Nixon en 1972 aurait été le bon moment pour proclamer l'indépendance de Taiwan, les communistes d'alors n'avaient aucun moyen de passer le détroit et de débarquer. Mais le mythe de la reconquête nationaliste aveuglait les dirigeants de l'île. Depuis, les forces continentales ont fait des progrès, et même si leurs capacités amphibies restent douteuses, celles de bombardement sont sérieuses. La sécession de Taiwan est remisée sur les étagères de l'uchronie au motif d'une seule Chine. Dommage, en cette année de toutes les amputations, celle-ci aurait fait l'évènement avec une belle guerre derrière ! On se contentera de brûler les postes de douane du Kosovo nouveau.

Ici, la résistance à l'albanisation de l'ex-Yougoslavie se fonde exclusivement sur le droit international qui interdit ce type de dépeçage. Elle est donc vouée à l'échec, le droit international n'étant qu'un des attendus en tête de décrets ou traités signés sous la contrainte.

église MitroviçaLe vieux chancelier Bismarck avait proclamé "la force prime le droit". On y a vu toute la brutalité tudesque mais ne voulait-il pas dire simplement que le droit est conséquent des résultats acquis par la force. A l'évidence, et encore tout récemment dans la guerre de liquidation de la Yougoslavie communiste, les "rectifications" de territoires n'ont jamais été négociées entre partenaires de bonne volonté. Même le Canada montre les crocs et sort ses frégates quand les Etats Unis s'avisent de redessiner leur frontière maritime alaskienne sur le passage du Nord-Ouest que le réchauffement de la planète va ouvrir.
Ceux qui brandissent le précédent kosovar pour annoncer de grands désordres au Caucase, au Tibet, au Turkestan chinois, au Sri Lanka et en Bosnie-Herzégovine, pour faire court, s'appuient sur le droit international pour certains cas, et sur la jurisprudence créée par sa violation pour d'autres. C'est pain béni pour les exégètes de la Chicane.
Seule l'Ecosse semblerait pouvoir larguer les amarres à l'amiable vers ses champs pétroliers, encore que le marchandage ne fasse que commencer ; mais Gordon Brown est écossais et l'histoire ne repasse pas les plats.

Hormis l'Ecosse, c'est bien la force qui compte, pas le droit.
- La Serbie a perdu sa guerre. L'eut-elle gagnée comme sa préparation poussée pouvait le laisser croire, qu'elle n'aurait pas été inquiétée longtemps, la Russie aurait bloqué toute revanche occidentale. Mais voilà, la patrie de la DOT a plié. Elle le paie ! C'est un rapport de force. A voir la photo du camp américain Bondsteel au Kosovo en dit long. Les mauvaises langues l'appellent le Guantanamo balkanique. D'autres insistent sur les futures fonctions de sécurisation du pipeline transbalkans du camp qui sera rétrocédé à Messrs. Kellogg Brown & Root après le départ des boys. La Serbie est hors-jeu.

monastère de Shigatse
- Le Tibet n'est pas une menace militaire. Il ne bénéficie d'aucun appui de cette sorte, et la colonisation chinoise a mis ses habitants en minorité. Les pieds-noirs sont plus nombreux et riches que les aborigènes. C'est cuit ! A voir d'ailleurs le peu d'empressement des chancelleries donneuses de leçons de droit, on devine que les analyses diplomatiques convergent. Le Tibet est perdu. L'Empire règne.

- Taiwan, qui dans dix ans aura décroché du niveau de défense exigé par sa situation stratégique, vient de rentrer au bercail aujourd'hui. Soixante ans d'indépendance morale, physique et politique ne sont pas reconnus par le droit international ! La VII° Flotte ne viendra pas - c'est une déclaration officielle - si le gouvernement de l'île provoque le gouvernement continental ou le nargue. La déclaration ne présage en rien la vraie réaction américaine à une tentative de débarquement de l'Armée rouge, - il y aura cent motifs de faire le contraire - mais les plans taiwanais de défense doivent en tenir compte, et un comportement "responsable" du président a été plébiscité par les peuples formosans aujourd'hui. Ils jettent l'éponge !

La République serbe de Bosnie, combien de bataillons ? Le Kosovo-nord derrière la rivière Ibar, combien de bataillons ? Au-delà des grandes effusions dans les stades ou de quelques émeutes dans les rues, il ne semble pas que les Serbes puissent mobiliser leurs propres nationaux. Ils l'auraient déjà fait. Se retrancher derrière le droit international pour assigner les pays ayant reconnu le Kosovo albanais est, pour moi, le signe qu'ils acceptent le fait accompli, faute de puissance disponible.

camp US Bondsteel
Le Monde dès lors devrait être ouvertement régi par la Force qui dirait, elle, le Droit, comme il en toujours été. Rien de nouveau sous le soleil.

En aparté, ce blogue milite depuis le début pour une démarche de puissance de la France, et dénonce l'agitation souverainiste purement formelle. Les souverainistes se fourvoient entre lanternes et vessies. Nos moyens doivent être dirigés par toutes voies sans restriction aucune - même par le biais de l'Europe - vers la puissance économique qui crée la puissance militaire durable ; le reste est guignolesque.
L'affaire du Kosovo nous dessillera-t-elle les yeux ?


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