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lundi 26 septembre 2022

Que voit le duc d'Anjou de son avenir ?

(billet spécial royco déporté après les funérailles d'Elizabeth II)

Echange commenté entre Louis-Alphonse de Bourbon et Antoine de Montjoie à l'occasion de la venue en France cette année de l'aîné des capétiens. Le texte est repris du site Légitimité sous timbre officiel du secrétariat du duc d'Anjou en France (texte intégral). Antoine de Montjoie est le rédacteur du journal Une France Un Roy, organe du Cercle Royal des Enfants de France (clic). Nos commentaires sont nettement identifiables et tapés en gras italique vert. Nous avons choisi d'enlever la décoration pour se concentrer sur le verbatim.


ADM - Que pensez-vous de l'avenir de la France avec la réélection d'Emmanuel Macron en tant que président ?

Louis-Alphonse de Bourbon
LDB - Je ne polémique pas avec l’actuel Président de la République qui comme tous ses prédécesseurs passera… Je suis plus intéressé par l’avenir de la France qui, elle, a vocation de durer. Je dois dire que je suis inquiet de ce qui se passe depuis des décennies dans la terre des lys. Comme nous le montre l’histoire, la France a été une terre de progrès, de culture, de civilisation ; un pays non seulement prospère et puissant mais, encore plus, regardé par de nombreux autres comme un modèle. Pourtant, actuellement, nous voyons l’œuvre des siècles détruite. Pour une large part c’est le fait d’institutions inadaptées car elles ne permettent aux meilleurs de donner toute leur puissance au service de la collectivité. Où sont les Colbert, les Sully, les Michel de l’Hospital ? Pareillement elles appauvrissent des populations toujours plus nombreuses. La France a progressivement été déclassée ce qui a des conséquences sur sa souveraineté et son moral. Or c’est contre cet esprit d’abandon qu’il faut réagir et, malheureusement les gouvernements actuels sont incapables de le faire puisque les institutions ne sont plus à même de répondre aux besoins. Bâties sur des idées fausses, minées par le scepticisme et le relativisme elles ne peuvent répondre aux interrogations du monde d’aujourd’hui. D’ailleurs depuis des décennies les gouvernements ont promis des réformes mais ils n’ont rien fait car c’est le système qui est mauvais.

RA : on est d'accord, le système est vicié à la base, qui interdit réforme et renaissance du pays dans le concert des grands.

ADM - Que pensez-vous de l'Union Européenne, trouvez-vous qu'elle remplit son rôle, ou va-t-elle trop loin ?

LDB - Vous faites bien de poser la question en termes d’Union Européenne car c’est là où le bât blesse. Un capétien ne peut être que pour l’Europe qui a été le creuset de la civilisation occidentale à laquelle le monde entier doit tant. L’Europe a toujours eu le souci de transmettre sur les cinq continents ses valeurs inspirées par sa foi chrétienne et l’héritage gréco-romain. Qu’a-t-telle à transmettre actuellement si ce n’est des idéologies délétères. Avec l’Union européenne ce qui était un projet de civilisation rayonnant sur le monde, est devenu un mauvais modèle économique et financier technocratique menant à une mondialisation dangereuse puisqu’ordonnée à rien d’autres que l’esprit de profits à court terme. Afin que L’Europe puisse de nouveau être un modèle et non un pion plus ou moins malmené dans un concert des nations toujours plus instable et dangereux, la France doit reprendre conscience de sa vocation d’éducatrice des nations.

RA : la vocation française d'éducatrice des nations est justement niée hors du cercle étroit de la francophilie de proximité. Il faut inventer autre chose que de reprendre la trace d'un passé civilisé qui n'a pas l'aura escomptée dans le monde actuel. La dévolution des pouvoirs n'est pas citée or c'est un des "sine qua non".

ADM - Avez-vous l'impression que les Français désirent un roi ?

LDB - Cela ne peut-être une question d’impression. Le roi sous-entend une volonté de partager un destin commun, un grand dessein dans lequel tous se retrouvent, heureuse alchimie entre les désirs individuels et la volonté de garantir ce que les anciens appelaient la chose publique. Les Français n’ont jamais totalement oublié le roi. Les dix siècles de royauté demeurent comme une sorte d’âge d’or auquel ils peuvent se référer ne serait-ce qu’en matière de patrimoine. Ce qui est « royal » par nature est « beau et glorieux ».
Sur un autre plan voyez aussi combien les Français regardent avec envie vers les princes étrangers que ce soit les Windsor ou les Grimaldi. Plus de Français ont suivi le Jubilé des 70 ans de règne de la Reine Elisabeth II que la cérémonie du second septennat de M. Macron. Mais d’un certain sentiment en faveur de la royauté il conviendrait de passer à une volonté.

RA : les Français n'auront une volonté de royauté qu'à partir du moment où ses promoteurs afficheront un vrai projet, lisible et compris facilement par tous. Les photos sur papier glacé des magazines royaux n'y suffiront pas.


ADM - Avez-vous une impression que la civilisation européenne sombre dans un déclin profond à un point où toutes les valeurs qui l’ont bâtie ont été oubliées ? Quelle serait votre alternative face à ce déclin ?

LDB - Comment ne pas voir qu’il y a un certain déclin européen. Il y a des causes extérieures par exemple la poussée des pays émergents qui sont de nouveaux concurrents notamment économiques mais encore plus il y a des causes morales, une sorte de démission née d’une perte de confiance. L’Europe rejette ses racines historiques, religieuses et civilisationnelles, comme si elle avait honte d’elle-même et de ce qu’elle a réussi par le passé et qui a fait sa grandeur. Elle semble oublier qu’elle a été le lieu de tous les progrès tant matériels que culturels. Elle a été l’espace où ont pu s’épanouir tous les arts. L’Europe peut être fière d’elle-même. Quand elle abandonne sa mission le monde retrouve les désordres : l’esclavage renait comme la piraterie et tous les trafics, les obscurantismes de tous ordres s’épanouissent et donc l’insécurité pour tous. Les périls extérieurs sont autant le fruit des démissions internes que des volontés hégémoniques de nos ennemis. Quand la France et l’Europe montraient leur puissance et leur détermination elles n'ont pas été attaquées. C’est une des leçons que Louis XIV donnait au Dauphin. Elle n’a pas perdu de son actualité.
Pour stopper le déclin il faut que l’Europe retrouve confiance en elle et revienne a plus de sens du réel c’est-à-dire tire un trait sur les fausses idées et les idéologies. Les dernières crises, économiques, sociales et sanitaires, montrent nos fragilités en des domaines toujours plus larges et pourtant vitaux pour notre pays. Cette dépendance accompagne le déclin. Il faut en tirer les conséquences et savoir renouer avec une action politique réaliste permettant de retrouver les voies de la croissance et du développement équilibré.

RA : on peut discuter du déclin européen qui n'est pas si sûr dans tous les domaines. Par ailleurs l'affirmation de puissance de la France et de l'Europe s'est faite aussi dans l'aliénation de nations qu'elles ont vaincues à la guerre. C'est pas top.
Le second paragraphe ne veut rien dire. Le passé ne nous aide pas au pantographe de la mondialisation. La France, premier royaume jadis, a été engloutie par la naissance ou le retour des grands empires. Relever le défi d'une civilisation de mort (IVG, euthanasie) et de perversités sexuelles est au-dessus des forces de la seule France actuelle qui exhale une odeur d'eau croupie. Le seul bassin civilisationnel où sont promues avec succès mais au prix de l'asservissement des âmes les "valeurs chrétiennes" pour lesquelles combat la droite et le prince, est celui de l'Islam ! On fait quoi, Monseigneur, une fois qu'on aura transformé l'Europe en hard-power ? J'avoue être perdu.

ADM - Que pensez-vous de la place de la jeunesse dans le royalisme actuel ? Les encouragez-vous à poursuivre des actions tel que ce journal, du militantisme (collage d’affiche…) ou d’autres actions ?

LDB - Les jeunes sont toujours l’avenir. Cela est vrai pour les familles comme pour les Etats. Cela est vrai aussi, bien évidemment, pour le royalisme. Que serait-il s’il n’était que prôné par les anciens ? Tout au plus une nostalgie pour un monde révolu du passé. Or le royalisme comme cela l’a toujours été du temps des rois de France doit être avant tout vision d’avenir, d’espoir pour demain. Chaque règne nouveau apportait un peu plus au royaume. Dans les premiers siècles, assurer l’essor territorial ; ensuite créer des structures politiques et administratives performantes avec une fonction publique dévouée au service de l’Etat, enfin assumer et garantir la souveraineté. Actuellement la société est si malade que sa renaissance incite à revenir aux formes qui ont fait leur preuve et non aux utopies. Je ne peux qu’encourager les jeunes à la fois dans leur activité d’approfondissement des connaissances pour pouvoir défendre leurs idées et de militantisme car les jeunes ont besoin d’action. Ainsi je soutiens les jeunes qui s’engagent dans les actions diverses pour contribuer au bien commun.

RA : oui, c'est exactement ça, mais quel est le cadre monarchique à bâtir pour demain qui motivera une jeunesse combattante ? Quel est le cadre monarchiste à bâtir aujourd'hui où s'exprimeront efficament ces jeunes ? Atterrissez un jour, Monseigneur !

[...]

ADM - Quelle forme aurait la Monarchie future ?

LDB - Elle ne pourrait avoir que la forme de son temps comme ce fut toujours le cas. Du Xème au XIXème siècle la royauté a connu des formes diverses. Celle de saint Louis n’est pas celle de Louis XIV, celle de François 1er la même que celle d’Henri IV. Il en serait de même aujourd’hui ou demain. La monarchie restaurée dans un souci de bien commun retrouvé devra assurer leur place aux corps intermédiaires pour une bonne représentativité de tous. C’est sur ce point que notre régime malgré son emploi permanent du mot démocratie, n’assume plus ses devoirs d’où la crise sociale permanente du fait de tous ceux qui se trouvent exclus. C’est de cela que le taux d’abstention à toutes les élections témoigne. La royauté nous a appris que la société doit être un corps social vivant dans lequel chacun est à sa place du plus humble jusqu’au roi qui est sa clef de voûte. C’est vers cela qu’il faut tendre en redonnant leur place à tous les corps intermédiaires, le premier étant bien évidemment la famille.

RA : "je vous remercie de cette question, mais je n'en sais foutre rien !" On est là au fond de la faille programmatique ; aucun des prétendants à la couronne ne sait aujourd'hui quoi en faire, aucun ! Il faut faire sauter le mur de l'indécision sauf à vouloir continuer l'agit'prop à trois pelés et un tondu en collant des tracts sur les réverbères la nuit ! Cette cause génère du désespoir, il faut que ça change et que les princes parlent d'autre chose que du glorieux passé, sans y avoir jamais vécu.

[...]

Cette recension critique des propos largement réécrits du prince Louis n'est pas une manifestation d'hostilité à son égard. Mais il est toujours aussi indéterminé que lors de l'entretien donné à Paris-Match depuis New-York après la naissance des jumeaux en 2010. En résumé, le prince n'a pas de projet rédigé, seulement de pieuses intentions, mais à sa décharge, les questions sont mal posées et n'appellent pas des réponses constructives.

Qu'il se saisisse donc du régalien et basta !

dimanche 10 mai 2015

Cercle Jean-Pierre Calloc'h*
COMMUNIQUÉ OFFICIEL

Sainte Anne d'Auray au 31 mai 2015


Monseigneur le Duc d’Anjou** et son épouse feront une visite officielle en Morbihan, du 29 au 31 mai 2015 à l’occasion du 300ème anniversaire de la mort de Louis XIV, fondateur de la ville de L’Orient.



Le début de cette visite est consacré aux rencontres officielles : Maire de Lorient, Président de la Chambre de Commerce, Amiral commandant la Marine, Président du Conseil départemental.

A partir du samedi 30 mai après-midi, le programme est ouvert à toutes les personnes qui souhaitent s’associer à la visite des ducs d’Anjou.
Journée du samedi 30 mai
18h00 – Réception et dîner de gala à l’Espace Montcalm, près du port de Vannes. (Inscriptions préalables obligatoires auprès du Cercle - voir plus bas)

Journée du dimanche 31 mai
09H00 - Rassemblement au Champ des Martyrs, sur la commune de Brec’h, pour un hommage rendu par le duc d’Anjou aux combattants de Quiberon et de la chouannerie.
10H15 – Cérémonie au Mémorial des bretons morts pour la France, à Sainte-Anne d’Auray
11H00 - Grand-messe pontificale à la basilique de Sainte-Anne d’Auray célébrée par Mgr Centène, évêque de Vannes.
(Prévoir d’être présents avant 10h45 pour avoir des places dans la basilique).
13H00 - Déjeuner libre à Sainte-Anne d’Auray
15H00 – Cérémonie de mémoire et de fidélité au monument du Comte de Chambord.
15H30 - Présentation des associations et rencontres avec le Prince et la Princesse.
15h30 - 17h00 Animations et stands
17h00 – Navette possible vers la gare d’Auray

 

Cercle Jean-Pierre Calloc’h
Pen Bodo 56420 Plaudren
cerclejpcalloch@sfr.fr
http://cerclejeanpierrecalloch.over-blog.com

(*) Jean-Pierre (ou Yann-Ber) Calloc’h (Groix 1888 – Urvillers 1917) est l’un des plus grands écrivains bretons. Il naît en 1888 sur l’île de Groix, dans une famille de marins pêcheurs. Comme tant d’autres écrivains bretons, il est repéré par un vicaire, entre au petit séminaire (1900), puis au grand séminaire (1905) de Sainte Anne d’Auray, et rêve de devenir prêtre. Il fait de brillantes études, mais trois événements marquants vont se liguer contre sa vocation : [la suite sur Daskor].

(**) Si le royaume de France était restauré dans ses lois fondamentales imprescriptibles ce prince espagnol serait appelé à régner chez nous sous le nom de Louis XX.


dimanche 18 septembre 2011

Utrecht, 299 jaar oud binnenkort !

On se souvient que la précampagne d'Yves-Marie Adeline pour la présidentielle de 2007 avait été polluée par une question récurrente que lui posaient les passants auxquels il annonçait l'offre politique royaliste et que l'on compacterait comme ça : "Pour quel prince roulez-vous ?". La réponse esquivait la Querelle d'un "je ne sais pas au moment, mais les princes de la maison de Bourbon sont bien assez nombreux".
« Quid de la question d'une restauration, se demandait au mois d'août dernier Gérard de Villèle, dans le numéro 40 du Lien Légitimiste. Elle pourrait, suggérait-il, se poser à tous si l'Alliance Royale réussit à présenter un candidat aux prochaines présidentielles, candidat qui avancera l'idée référendaire pour ré-instaurer la royauté en France... Espérance !». Cet envoi de Villèle conclut une page très intéressante sur les conséquences dynastiques de la paix d'Utrecht vues sous un angle inédit.
Pour la candidature, on y est, le candidat de l'AR s'est déclaré hier à la Biennale Blanche de Paris. C'est donc M. le comte Patrick Cosseron de Villenoisy qui défendra les couleurs royalistes dans ce tournoi sans règles ni morale, autres que celle sélectionnant les candidats par le barrage des parrainages dans le vivier des sortants. Signe distinctif : porte une épée en épingle de cravate à défaut de lui battre la cuisse. Ça ne se fait plus certes - pour le moment - mais signale un candidat offensif qui exaltera et les règles et la morale et le roi. Royal-Artillerie fera campagne, SDLPV.
Revenons à Utrecht si donc la même question est de nouveau posée par les piétons qui passent.

Utrecht 1713 ! La paix d'Utrecht est considérée comme le début de la diplomatie moderne. Ces traités marquent la fin de presque deux siècles de guerres et conflits religieux en Europe. En 1713, la richesse de la vie culturelle de la ville d'Utrecht participa à l'empathie des différentes cultures apportées par les délégations étrangères, qui ne manqua pas de rapprocher les points de vue. Les préliminaires aux articles négociés donnent le ton de l'enthousiasme de commande qui ouvre une période de paix perpétuelle.
(Voir pour comprendre la version française du traité franco-anglais du 11 avril 1713).
Est-ce le dernier traité international d'importance rédigé en original latin ? Il mettait fin à la guerre de succession d'Espagne (Charles II de Habsbourg était mort à Madrid sans enfants) au bénéfice de l'Angleterre, du Saint-Empire et des Pays-Bas et au détriment de l'Espagne et de la France, alliées par un pacte de famille depuis que le fils du Grand Dauphin régnait à Madrid.
Le fait majeur pour la suite fut d'élever l'Electeur de Brandebourg au titre de Roi de Prusse. A part ça, il ne reste de ce traité que le transfert à la couronne britannique des possessions françaises du Canada oriental, la frontière franco-italienne en Savoie et l'annexion de Gibraltar. Un site canadien explore le volet américain de ce traité dans un dossier très bien fait que l'on consultera en cliquant ici.

Mais au Roycoland la paix d'Utrecht est restée comme la Durandal plantée à Roncevaux qui partagerait les couronnes de France et d'Espagne en interdisant toute réunification des royaumes voisins. Ce que Napoléon parviendra malgré tout à réaliser dans son plan de guerre contre l'Angleterre, mais de manière éphémère, jusqu'à Trafalgar. Si le royaume castillan existe toujours, son cousin français a disparu corps et biens dans les remous révolutionnaires du XIX° siècle, ce qui paradoxalement a nourri la Querelle dynastique franco-française au motif qu'on ne se dispute jamais aussi bien que sur des espérances.
Utrecht est le brevet d'hispanité des Bourbons d'Espagne promouvant symétriquement l'exclusivité des Orléans à la couronne de France par défaut d'héritier direct de la branche Bourbon de France (le petit-fils de Charles X est mort sans enfants). Du moins sont-ce les seconds qui s'en prévalent, et les premiers qui drosophilent.

Dans ce 40ème numéro du Lien Légitimiste¹ paru le 25 août dernier, Gérard de Villèle, faisant la critique du nouvel ouvrage de Daniel de Montplaisir « Louis XX petit-fils du Roi-Soleil », évoquait donc la clause dynastique d'Utrecht à la lumière des attendus de la Cour internationale de Justice de La Haye consultée par l'auteur en la personne de son ancien président Gérard Guillaume. Cette exégèse de la Paix d'Utrecht conduite sur de nombreuses pages justifie à elle-seule l'achat du bouquin que l'on qualifie partout d'utile, ce qui n'est pas un mince compliment dans la sphère royaliste où les hagiographies pompeuses sont la règle. Il ressort de la discussion que la clause d'ordre public rebus sic stantibus ouvrirait le chemin des constatations que les deux couronnes sont définitivement séparées depuis 1975 (avènement de Juan-Carlos Ier) et que, s'il en était besoin, la chose pourrait être actée dans un addendum, le traité restant en vigueur pour préserver ses clauses territoriales.

Est-ce si simple ? Si ce n'est l'un c'est l'autre ? Des esprits dérageants refusent de s'en tenir aux Capétiens directs et contestent que la restauration de la monarchie ne puisse être que la renaissance du royaume disparu et la résurgence de ses lois. Ça se discute, même entre amis.
L'histoire de France est celle des surprises, des aubaines et fatalement des "usurpations". Les ruptures dynastiques furent nombreuses et celle que nous endurons a déjà 141, 163 ou 181 ans selon l'année zéro du temps décompté². Qui interdirait une restauration qui n'en soit pas une ? Je ne devine aucune force en capacité de l'imposer, et même si un courant carolingien se mêlait à la dispute dans le cadre élargi d'une Europe occidentale vouée à se confédérer comme au temps du Saint-Empire pour survivre au choc des empires orientaux renaissants, il ferait du chiffre. Et le retour des Carolingiens annulerait l'usurpation de 987. Ça vous la coupe.

Utrecht 2013 ? Trois cents ans auront passé. La République en banqueroute, ayant achevé la confiscation de l'épargne des ménages pour survivre dans ses "valeurs" et ses prébendes, s'effondre. Hier soir, les ministres se sont réfugiés chez leur maman comme en 68, les ministères ont fermé leurs lourds portails que personne ne garde plus. Les arsenaux, les paieries générales sont barricadées et les agences de la banque de France aussi. On ne trouve plus de piles pour la radio, ni de bougies. Les députés se terrent en province comme des proscrits, Marseille vient de s'ériger en émirat, l'Aquitaine, la baronnie de Laàs et le Pays Basque ont proclamé leur sécession, le maire de Paris porte un casque à plume rose pour gambader sur le balcon de l'Hôtel de Ville cherchant d'un oeil la caméra de CNN, et le préfet de police de Paris attend des ordres d'où qu'ils viennent. Les régiments sont consignés dans leurs quartiers et leurs armureries gardées par des adjudants.
Le président du Conseil Constitutionnel, capturé sur la route d'Evreux, proclame à l'enseigne du sphynx dans le micro d'Al-Jaezira que la République est abolie et que les décombres de l'Etat sont remis au ci-devant Prince de X..., seul présent debout au milieu des ruines.
Qui va franchir le cordon de la garde du prince débarqué au Palais-Bourbon, en brandissant l'exemplaire original du traité d'Utrecht pour l'adouber dans sa future fonction, ou la lui interdire ? Le maître du moment ne sera pas celui des Lois, en ces heures tumultueuses le maître est le Chaos. Vaincra celui qui le sert pour le tuer après. A l'intention des musaraignes du Renseignement Intérieur, je signale que c'est de la fiction pour un prochain film ukrainien.

Ceci pour suggérer aux tuteurs de rois, docteurs de la monarchie, qui tranchent et coupent dans le vide d'un royaume aboli, que le prince en situation peut ne pas être désigné par les anciennes lois mais par les circonstances, et que nous le prendrons tel qu'il vient. Il n'y aura pas de "rectification" ultérieure, de querelle dynastique lancée à la face de la Nation par les Planqués de la lutte quand l'écume des désordres sera retombée.
Il n'y a pas de premier à Reims, et peut-être même pas de sacre du premier impétrant. Il y a un homme debout, seul au moment avec lui-même, entouré de fidèles qui l'observent ; il y a un jour, un seul jour ! Peut-on dès lors rédiger un programme ? La seule loi sera celle de la nécessité, on ne refera pas le faux coup de Chambord (merci M. Guillotel - LLL40°- d'avoir désiller nos yeux). On ne loupera pas une restauration sur un principe.

Nous avons la chance d'avoir deux champions en santé, bien mariés, volontaires désignés par leurs troupes certes, mais qui vont finir par y croire. Ils sont imprégnés des prémices d'un destin qui les dépasse ; il faut être un peu impressionné soi-même pour paraître grand sous la charge. Sans préjuger de leur résilience ni de leurs chances, j'ai le pressentiment qu'ils se battront l'un comme l'autre, avec leur intelligence et leurs soutiens.
Pour expliquer la suite au monde ébahi - sacrés Français quand même - le plus simple serait bien sûr d'avoir à montrer au balcon du Ministère de la Marine³ l'héritier présomptif de Louis XIV et Grand-croix d'honneur et dévotion de l'Ordre souverain de Malte ! Mais les Pays-Bas réarmeront, me dit-on dans l'oreillette ! Alors on prendra qui veut.


Note (1): bimestriel sur abonnement à souscrire chez :
Le Lien Légitmiste, Petit-Prix, 37240 La Chapelle-Blanche Saint-Martin
pour 10€/an en version électronique. On peut obtenir le n°40 pour 4€.
Note (2): 1830, 1848 ou 1870
Note (3): ... que l'on sauverait des griffes mercantiles et qui ferait un palais royal plus convenable que la bonbonnière à pouffiasses de l'Elysée

dimanche 26 décembre 2010

Boxing Day

Les temps changent, les hommes aussi. Mais il reste des causes immuables ; celle que j'incarne en est l'exemple vivant. Certains ont peut-être eu le sentiment que la légitimité n'avait plus de chef. Ils se trompaient. J'ai toujours été présent, conscient des responsabilités revenant au chef de maison que je suis, dans la droite ligne des préceptes que mon père m'a transmis, des principes et des valeurs qu'il n'a eu de cesse de m'inculquer et que je saurai, à mon tour, léguer à mes enfants, conscient des devoirs qui m'incombent. Devoirs que je remplirai avec l'énergie que m'inspirent notre histoire commune et la force que je puise dans les exemples de mes illustres ancêtres. Aujourd'hui est un jour nouveau... (Louis de Bourbon) cf. sa déclaration sur le site.
Le prince Louis-Alphonse de Bourbon, légataire universel de la main de justice des Capétiens, a créé son propre institut « pour donner un souffle nouveau à la Légitimité » ainsi que l'affirmait un communiqué officiel du secrétariat du prince en date du 20 décembre 2010.
Il en coûte quarante euros pour s'inscrire à l'Institut Duc d'Anjou, deux cents si vous êtes en fonds, quinze seulement si vous êtes raide motivé. Rien ne se fera d'efficace et durable sur les bénéfices de l'air du temps ou les quêtes pieuses des jours commémoratifs, l'idée monarchique a besoin d'argent pour être réacclimatée en France dans les conditions de médiatisation au niveau de l'enjeu. Ceux qui l'ont compris poussent à la roue du carrosse, ceux qui ne l'ont pas compris sont du poids mort, et débarqués, encombrent le passage.

Les objectifs de l'institut nouveau sont au nombre de quatre
:
(i)- développer la connaissance de l'histoire de la Maison de Bourbon et celle de l'Histoire de France.
(ii)- soutenir le chef de la Maison de Bourbon dans ses entreprises sociales, culturelles, caritatives, patrimoniales, commémoratives et historiques
(iii)- pérenniser et approfondir la mémoire due à la famille qui a présidée aux destinées de la France tant en France qu'à l'étranger
(iv)- encourager les personnes dévouées à des institutions à caractère social, éducatif et culturel pour des aides diverses.

Il est utile de noter que le duc prend la présidence exécutive de l'organisation alors que jusqu'ici il ne s'était pas investi plus loin que des parrainages, comme celui de l'Institut de la Maison de Bourbon hérité de son père. L'avenir nous permettra d'apprécier ses qualités de manager (il a les diplômes et l'expérience requis) mais pour aujourd'hui nous en resterons à de chaleureuses félicitations pour son courage et son esprit décisif.

Cet "Institut Duc d'Anjou" est fondé sur le même territoire de propagande - manifestations historiques et culturelles - que l'Institut de la Maison de Bourbon (IMB) qui ne représente plus désormais que la famille de Bauffremont et ses amis. Quelle mouche a piqué le prince Charles-Emmanuel de Bauffremont-Courtenay pour se mettre à dos l'aîné des Capétiens, chef de la maison de Bourbons, quand on dirige un institut dédié exclusivement à la promotion de cette même maison ? La fusée est de longue mèche et l'héritage de l'Institut de 1973 fut progressivement capté, comme nous l'indiquent les clés données par le numéro 36 du Lien Légitimiste qui vient de paraître. Nous y adressons¹ nos lecteurs pour connaître tout ce qu'ils ont voulu savoir sur l'IMB sans jamais oser le demander.
N'est-ce qu'une affaire de caractère ? N'ayant assisté personnellement à aucune algarade et n'ayant sous la main que du matériel tiers, je ne développerai pas, mais je suppose l'affaire sérieuse pour qu'après le déni de Chartres², le secrétariat publie un communiqué³ très sec le 20 décembre 2010 coupant tous les ponts entre Don Luis et l'IMB. Est-ce le crépuscule des dresseurs de prétendants ? On se plaît à le croire, mais si l'illustre et antique maison de Bauffremont ne mérite pas cette fâcherie, on attend de sa dernière tige qu'elle fasse amende honorable et se rallie au prince légitime qui a décidé de tirer lui-même le char de son destin. Les lecteurs curieux peuvent se procurer le bouquin ci-contre (Librairie généalogique de la Voûte) qui déroule la généalogie des Bauffremont remontant au chef des Burgondes en 427 and still going strong.

Pour ce qui nous concernerait, nous souhaitons que la reconstruction du légitimisme ne s'arrête pas à la fondation de cet institut - Daniel de Montplaisir et Christian Pinot viennent d'en être nommés vice-présidents - mais qu'elle s'équilibre sur l'organisation d'un bureau politique dédié aux domaines régaliens qui sont apparemment les cibles du prince Louis, si l'on met ensemble ses derniers textes, discours et interviews. Nous nous retrouverions alors sur les bases prometteuses qui avaient été celles mises en place par le prince Alphonse, jusqu'au bout attentif à l'avenir de notre cause autant qu'au passé prestigieux des Bourbons.

Notes
(1): Sur abonnement par chèque adressé à :
Le Lien Légitimiste
Petit-Prix
37240 La Chapelle Blanche Saint Martin
Six numéros papier : 20 euros
Six numéros électroniques (.pdf): 10 euros
(c'est cadeau).
(2): L'IMB avait programmé de son propre chef la venue du prince Louis à Chartres le 15 mai 2010 pour le quadricentenaire dans la ville du sacre de la mort du roi Henri IV. Son secrétariat avait publié que ce déplacement était exclu de l'agenda chargé du prince, mais l'IMB le maintint donnant l'impression de lui forcer la main. Il ne vint pas !
(3): Texte du communiqué :
Mgr le Prince Louis de Bourbon, duc d'Anjou, informe qu'il a démissionné de la présidence d'honneur de l'Institut de la Maison de Bourbon et retiré définitivement son haut patronage à cette association.


Une faute d'orthographe, de grammaire, une erreur à signaler ? Contactez le piéton du roi à l'adresse donnée en bas de page et proposez votre correction en indiquant le titre ou l'url du billet incriminé. Si l'article vous a plu ou déplu, vous pouvez le faire suivre à un ami en cliquant sur la petite enveloppe ci-dessous :

vendredi 25 juin 2010

Louis XX à New York

les ducs d'Anjou au baptèmeEn quelques lignes, j'ai compris Louis de Bourbon et m'en voilà rasséréné. Comme beaucoup de royalistes de France, je cachais mes doutes pour ne point affaiblir une cause pas si vaillante déjà. Si je n'en avais aucun quant à son intérêt pour les affaires françaises - même si j'avais conçu que ses activités prenantes puissent l'en distraire souvent - je me demandais si le "beau gosse", fan de polo et de régates, ne serait pas phagocyté par la jetset depuis qu'il avait épousé la fortune. Il n'aime pas le "jet", c'est un bon début.
Et puis il y avait cette lutte intime du timide ouvrant son coeur, serré dans la tunique rouge de bailli grand croix. Fini tout ça ! Fini les rédactions préventives. Les hésitations participaient d'un chantier personnel en cours de construction. Il semble achevé dans la maturité des convictions d'un prince à l'heure de son époque et bien dans sa peau, à l'insu des dresseurs de l'ancien temps.

les ducs d'Anjou complices à SotograndeAucun journal royaliste n'est allé chercher Louis de Bourbon, ce mois-ci. Peut-être s'en serait-il méfié à voir les carafes de fiel qui ont été versées sur sa position dynastique dès son mariage, mariage célébré sans le nihil obstat des penseurs officiels de la Cause. On l'oublie souvent, mais seul le président de Présence du Souvenir Bourbonien fit le voyage de La Romana et sauva l'honneur des légitimistes gaulois.
Il s'en souvient ! Et de la Querelle qui coule d'édition en édition, d'un bord ou l'autre, il entend parler aussi.
C'est donc Paris-Match qui a fait le voyage de New York.
L'entretien a été mis en ligne par le magazine qui l'a publié dans son numéro daté du 18 juin 2010. On peut le lire en cliquant ici.

Louis XX en quelques lignes

pleines armes de franceHomme de terrain, abonné au possible loin des fumées bitumineuses d'un pouvoir absolu hors du temps, il nous apporte une monarchie du Nord et la fonde d'instinct sur trois services à rendre au pays : autorité morale au-dessus des luttes partisanes inhérentes à un régime constitutionnel démocratique, ambassadeur de son pays à l’étranger, garant de l’unité du pays et preuve vivante de sa continuité historique. Dans un élan rassembleur, il ne récuse pas les républicains. Cherchera-t-il à les convaincre ? Apparemment il croit que c'est possible, comme son cousin y est parvenu en Espagne.

Ceux qui n'ont pas loué leur miséricorde dans les chapelles de la monarchie intégrale échouée rient aux exigences des docteurs de la loi. Loi que le prince connaît fort bien dans sa déclinaison plurielle des lois fondamentales du royaume de France, et qu'il rangerait sur l'étagère des utopies éventées si elles débordaient de la pointe de pyramide qu'elles règlent. Deux cents ans de désert, on passe le râteau sur la caisse à sable et je te redessine tout ça ! Il a son axe devant lui et comme un athlète, il le voit clairement. Dites-moi que quelqu'un dans le royalisme voit les choses clairement, ça finissait par manquer !
Moi, la praticabilité du projet me plaît beaucoup, même si j'eusse aimé qu'il prenne déjà ses pouvoirs régaliens, mais peut-être le fera-t-il au moment de classer les tenants et aboutissants d'une sortie de crise.

Luis-Alfonso

louis carnassierIl sait aussi expliquer très simplement d'où il vient. Il n'a pas de slogan pavlovien comme les cabris qui crient "Utrecht, Utrecht", il n'a pas non plus de tabous. Franco ? Oui, il a fait beaucoup pour l'Espagne et c'est dommage de défranquiser le pays espagnol.
Sa francité ? Elle fut brisée par l'accident (ndlr - nous disons le meurtre) de son père en 1989 à Beaver Creek. Orphelin et privé de son frère aîné, il fut recueilli par sa grand-mère maternelle à Madrid. On savait déjà qu'il en fut reconnaissant à l'Espagne en choisissant d'y faire son service militaire dans l'armée de l'air.
Quand la lampe royale s'est-elle allumée dans sa tête ? En suivant son père au Millénaire capétien de France, naturellement. Tout est dit simplement, mais le plus charmant est son évocation répétée de Marguerite, son épouse. Après le coup de foudre, il ont construit un pôle de soutien mutuel dans un pays compliqué et difficile à vivre par les positions de sa belle-famille. Son regard carnassier quand il lève un paparazzi sur le chemin de sa petite famille en dit long sur son sens de la protection rapprochée. Il compte sur elle :« Les grandes responsabilités ne me font pas peur. Marguerite, ma femme m’aide. Quand elle s’est mariée avec moi, elle savait qui elle épousait. Elle m’accompagnera là où j’irai ».

Les relations avec ses cousins sont cordiales, nous le savions, il le confirme et ceux-ci mettent en porte-à-faux les sectateurs dynastiques. La Querelle a été réglée par la Cour de Cassation en 2003, les pleines armes lui revenant, il est celui qui est sans prétendre, point barre.

Sera-t-il le dernier debout à Paris avant d'être le seul à venir à Reims ? Puisqu'il adore l'action, souhaitons-lui d'en avoir. S'il se dépêche un peu, nous serons là malgré une atroce sciatique.

le prince Alphonse et ses 2 fils
Postscriptum : L'entretien de Paris-Match est couvert par une belle photo de la famille à cinq qui sera, j'en suis sûr, agrandie dans bien des foyers de France. Archivez tout avant que l'accès n'en devienne payant. Pour finir, je remarque qu'il n'a pas fallu deux cents pages pour tout savoir de lui, parce qu'il n'y a rien à expliquer tant c'est évident.
PPS : Remerciement à Royauté News pour avoir signalé à ses lecteurs l'article de Paris-Match.


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samedi 29 mai 2010

Deux princes à New York

 


Marie-Marguerite de BourbonVivat Rex !
La jeune duchesse d'Anjou a été délivrée de ses jumeaux hier à New York. Louis, duc de Bourgogne et Alphonse, duc de Berry, poursuivront donc la saga capétienne ouverte à Senlis un certain 3 juin 987, par la volonté des grands du royaume, Gaulois, Bretons, Normands, Aquitains, Goths, Barcelonais et Gascons selon Richer de Reims.
Quand viendra l'heure de leur retour, nul doute que quelques provinces s'ajouteront aux vieilles provinces carolingiennes, et que notre pays enfin retrouvé fera de nouveau envie aux autres comme jadis.
En attendant, partageons à distance la joie des heureux parents avec tous les royalistes.

la famille à VeniseLes légitimistes de France, un peu crispés par la naissance accélérée du petit prince Gaston d'Orléans et sa médiatisation soutenue, exultent. Comme on dirait en Angleterre, Bourbon a fait son dauphin et son spare.
On peut dès lors... tirer des plans bien plus sérieux sur la comète, ce dont nous ne nous priverons pas, bien sûr.
Nous y reviendrons dans un billet à paraître bientôt dont le titre (provisoire) est De l'Autorité du Réel.

Nul doute que les petits ducs croîtront en sagesse et en grâce sous l'autorité naturelle de leur grande soeur Eugénie. En poids et taille¹, ce sont des calibres de tennismen plutôt que de rugbymen.

Il n'est que d'espérer quelques nouvelles de temps en temps.

 


Félicitations à la maman.

Royal-Artillerie lui adresse son plus joli bouquet de roses.


bouquet de roses


Note (1): poids et mesures : 3340 grammes pour 51cm et 3710 grammes pour 52cm. A 10g près le second a le poids et taille de leur soeur aînée à la naissance.

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Dépêche AFP de circonstance (pour mémoire) :
AFP PARIS - 29 mai 2010 - 17H59 - Louis de Bourbon, premier prétendant au trône de France de la branche légitimiste, et son épouse la princesse Marie-Marguerite ont eu des jumeaux, Louis et Alphonse, nés vendredi à New York, a annoncé samedi à l'AFP à Paris le secrétariat de la famille.
Nés à une minute d'intervalle, les jeunes princes Louis et Alphonse, qui ont le titre de duc de Bourgogne et duc de Berry, sont désormais deuxième et troisième dans l'ordre de succession au trône de France, après leur père, âgé de 36 ans.
Les parents, lui franco-espagnol, elle vénézuélienne, n'avaient jusqu'alors qu'une fille, la princesse Eugénie, née en 2007 à Miami.
Louis de Bourbon porte le titre de duc d'Anjou, comme son père - cousin germain du roi d'Espagne Juan Carlos - et son grand-père.
C'est "un prince moderne", assure son secrétariat, puisqu'il est aujourd'hui vice-président chargé de l'international pour la banque vénézuélienne Banco Occidental de Descuento (BOD), "vit entre New York, Miami et Caracas", et qu'il est "joueur de polo".
Depuis le XIXe siècle, deux lignées capétiennes se disputent les droits à l'hypothétique trône de France et le titre de duc d'Anjou: la branche aînée "légitimiste" des Bourbon d'Espagne, représentée par Louis de Bourbon, et la branche cadette "orléaniste", descendant du frère de Louis XIV via Louis-Philippe.
En décembre 2004, Henri, comte de Paris, prétendant orléaniste au trône de France, a conféré à l'un de ses nombreux neveux, Charles-Philippe d'Orléans, fils du prince Michel, le même titre de duc d'Anjou. L'héritier "orléaniste", âgé de 37 ans, s'est marié en 2008.

samedi 27 février 2010

Le Lien 31 est paru

le Duc d'AnjouRoyal-Artillerie offre à ses lecteurs ce beau portrait du duc d'Anjou, mis en ligne sur la page Facebook de l'Institut de la Maison de Bourbon. Cette 31° livraison du Lien Légitimiste qui ouvre le carême manque un peu à la charité de circonstance, mais n'est pas piquée des hannetons. Ceux qui ne se sont pas abonnés au Lien perdent vraiment quelque chose. On dit que des orléanistes patentés le reçoivent chez des amis pour connaître heurs et malheurs de la "Maison de France". Cette fois-ci, la "fête à Gaston" les rembourse de leur (modeste) investissement. Malheureux faux-dauphin à peine né et déjà impliqué dans la querelle dynastique des grands. Mais son prénom n'est pas non plus "cadeau" qui remonte au frère déloyal de Louis XIII, sinon résonne quelque part dans le "téléfon ki son". Le signe du scorpion le sauvera !

Temps pourris... titre Villèle à la une du Lien, et de nous donner d'entrée le goût des néologismes de sens. Je découvre la "parasélite" qui précipite les vocables parasite et élite. C'est bien trouvé et sa définition est encore mieux :
Parasélite désigne les individus appartenant aux classes sociales favorisées, dirigeantes et médiatiques, n'ayant ni le goût ni la compétence à gérer le Bien Commun. L'élite étant la fleur d'une société, la parasélite forme un clan de notables usurpateurs, idéologues, portés par l'ambition personnelle. L'oligarchie au pouvoir s'illustre dans la parasélite.

On effleure alors le futile débat bessonnien de l'identité française qui se limite in fine à l'exaltation des valeurs républicaines. Si 1793 fut l'an I de la République, il ne fut pas l'an I de la France ainsi que le laisse croire les gens en place qui captent l'héritage, comme nous le montre plus loin la récupération du quadricentenaire d'Henri IV par la cellule "Com" de l'Elysée. Finement analysée, elle fait dire à Gérard de Villèle que « dans nos interventions extérieures au milieu royaliste, il faudra pouvoir faire des comparaisons et donner des explications inversement tendancieuses à l'aperçu du poulet présidentiel* et aux diverses manifestations républicaines et laïques que devra subir la mémoire de ce roi ». Gageons que d'aucuns, anarchistes voire libre-penseurs, promouvront en revanche la mémoire de Ravaillac qui les débarrassa de ce roi consensuel. Quel mescladis à venir !
* On y reconnaît la patte de Guaino, Sarkozy étant incapable de synthétiser tout ça.

TremoletMais le meilleur suit. Le baron Pinoteau a failli s'étouffer à la chronique des gaffes en série de maître Trémolet de Villers, transporté d'extase dans Présent, par l'avènement d'un Gaston Premier dont « le couple (Jean et Philomena) menace les Français si leur cause arrive à ses fins ». Pinoteau est en verve, qui nous en fait deux pages et demi, écrit serré, et m'apprend incidemment qu'Henri d'Orléans portait à Senlis la décoration de la Légion d'Honneur qui ne lui avait pas été encore remise par le Chef d'Etat qu'il entend remplacer. Personnellement, j'avais plutôt noté le port du makila, arme déplacée au mariage de son propre fils. Je partage aussi l'étonnement du baron à l'instrumentalisation récurrente de la mort du sous-lieutenant François en Algérie pour asséner l'esprit de service à l'auditoire, et déplore l'amalgame que fait son frère entre cette fin tragique et la peine de coeur que nous savions. Tant de familles ont été dévastées sinon terminées par les deux guerres mondiales sans jamais prétendre à l'exception. Il y en eut trop !

Comte de Paris à SenlisOn sort de chez Pinoteau un peu secoué, en regrettant seulement qu'il utilise par deux fois l'argument d'autorité, qui affaiblit toujours la meilleure démonstration. Qu'il reçoive le Boletin de la Real Academia matritense de heráldica y genealogía en tant qu'académicien correspondant étranger coûte quatre lignes à l'article pour rien ; de même que doubler explicitement son courrier à Trémolet de Villers d'une copie à la rédaction avec prière d'insérer au motif que « je connais son illustre mentor depuis plus de 40 ans, et que je lisais sa prose il y a 59 ans à Cherchell pour devenir aspirant » fait ... petit joueur ; car l'avocat dithyrambique n'en mérite pas tant, se ridiculisant de lui-même.
L'humeur vindicative n'excuse pas non plus le cuir morganatique à l'endroit de Mlle de Tornos y Steinhart, parce que « par les temps qui courent » et ont couru, l'épouse du prince Jacques-Henri n'était pas de sang royal, il s'en faut de beaucoup, et encore moins celle du prince Alphonse son fils. Mlle Vargas y Santaella, aussi charmante qu'elle soit ne descend pas non plus d'un conquistador royal. Il y a évolution des moeurs pour renouvellement des plaquettes.

C'est Yves Méra qui fait l'interlude à mi-chemin. Non seulement c'est un teigneux de la plus belle eau mais en plus il a du style. L'opposition royaliste en mairie d'Héricourt restera dans les mémoires et les minutes. Il a fait condamner le maire par le tribunal administratif de Besançon pour l'y forcer ! Une page de pur bonheur.

abbé MichelJe passe sur l'analyse pertinente du numéro précédent, mais qui a maintenant quatre mois, par le fondateur du journal, Jacques Rolain. Apparemment il s'est mis à Internet et semble s'y plaire. Je passe pour aller comprendre l'affaire de Thiberville décrite en détails (croustillants) par l'ancien cérémoniaire pontifical du cardinal Veuillot, Claude Timmerman. On est au coeur de la lutte sourde entre l'épiscopat progressiste français emmené par le cardinal Vingt-Trois et le Vatican du motu proprio, et on comprend pourquoi c'est le second qui va gagner parce que beaucoup plus retord que ne l'anticipaient les prélats gallicans. Ratzinger a fait ses classes à la Sainte Inquisition, rebaptisée pour plaire aux gentils, ils l'ont oublié. Timmerman nous en met deux pages et demi que l'on relit aussitôt pour emmagasiner toute l'histoire.

logo ARAprès Gérard Guillotel qui entame la genèse du concept de légitimité par la déclaration de Philippe V d'Espagne au pape Clément XI en 1720 (dont post-Utrecht), le 31° livraison se termine par une explication du schéma institutionnel prôné par l'Alliance Royale. C'est le déroulé de la plateforme politique qui est en ligne sur le site du parti. Si j'aurais aimé un rewriting plus pédagogique - le texte original est affaibli en portée par un ton de décret-loi un peu difficile pour les esprits simples - je persiste à mettre en cause l'assemblage Premier ministre - Ministre d'Etat - Garde des Sceaux dans les structures concurrentes que sont le Gouvernement, le Haut Conseil et le Ministère d'Etat. Les textes organisant les compétences respectives sont clairs mais insuffisants pour la bonne raison qu'ils seront mis en musique par des hommes, naturellement enclins à pousser les marches de leur "empire" et à favoriser la primauté de leur influence auprès du roi. Il sera intéressant d'en débattre à l'occasion, tranquillement entre deux élections.

Le présent billet n'est qu'un aperçu du Lien Légitimiste. Abonnez-vous si ce n'est encore fait. Un tarif de dix euros pour six éditions électroniques, c'est vraiment donné, vu la masse d'information et la rigueur de traitement.

Le Lien Légitimiste
Petit-Prix
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(votre chèque à l'ordre du Lien légitimiste)


les ducs d'Anjou


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jeudi 29 octobre 2009

Légitimisons !

lettrine QLa querelle des princes au sein de l'infanterie royaliste ne diminue jamais d'intensité. En tous échanges elle surgit. Que le prince fasse, et plus encore qu'il s'en abstienne, et la roue reprend des tours. La chronique n'est pas épargnée. "Légitimiste" me lance-t-on ici. "Oecuméniste" ailleurs. "Orléaniste" plus loin. La totale étant "agnostique maurrassien", sulfureux en diable. Malgré une propension naturelle à la contemplation, que je combats, je suis adepte du mouvement plus que du vitrail. Le mouvement c'est l'action, le vitrail c'est le soleil dehors ; ça le fait tout seul. Militant providentialiste est un paradoxe. D'où l'ennui de la Charte de Fontevrault par exemple. A tout faire autant être survivantiste, c'est plus excitant, un peu Da Vinci Code et terriblement mérovingien.

Légitimisant, je m'intéresse au prince Louis et j'en ai du mérite. Il serait venu aux Invalides ce 20 septembre pour la messe annuelle de fondation, sans tambour ni trompette pour des raisons de sécurité sans doute. Si j'osais une question, je l'adresserais à son secrétariat : Quel est le fondement de la démarche consistant à faire venir l'aîné des Capétiens aux Invalides en toute discrétion pour y rencontrer le gouverneur militaire de Paris, deux généraux, l'évêque-aumonier des armées, le président du Sénat et quelques convaincus ? J'exagère un peu, on y a vu Charles-Emmanuel de Bourbon-Parme en famille et même Jacques d'Orléans. Il y avait "messe" sur l'agenda, pas "écrouelles". Au fait, a-t-il visité l'Institution ?
Si les autorités qui savent vivre ont salué le "fils de saint Louis", elles ne sont pas venues expressément pour lui, mais par devoir d'Etat.

Anjou aux Invalides 20-09-09Qu'on ne se méprenne pas. Le retour du roi - je sais que pour nombre de légitimistes ce n'est pas le but - ne se fera pas par la haute fonction civile, encore moins militaire. Si par temps de troubles, des "velléités de changement" étaient détectées chez le personnel de pouvoir, la gendarmerie y mettrait bon ordre en embarquant au saut du lit ce joli monde convaincu de conspiration. En revanche, ce que l'on pourrait attendre à ce niveau de l'Etat est la neutralité, et à mesure de la progression, une empathie. Le roi ne reviendra, à l'issue d'un long travail de vulgarisation de l'institution monarchique dans l'Opinion, que sur la jolie définition de La Tour du Pin : le droit du prince naît du besoin du peuple. Il faut donc créer ce besoin. Les Invalides sont un sympathique coup d'épée dans l'eau.

Comme le roi de France n'existe réellement qu'oint, le prince en situation de le devenir n'existe comme tel que s'il "fait le prince". Prince politique. Et avouons-le, nous en sommes loin du côté de Bourbon. Il est plus souvent acclamé comme l'aîné des Capétiens que comme alternative institutionnelle. D'ailleurs de ce côté-là c'est le grand flou. L'UMB ne moufte pas. Le Politique d'abord de Charles Maurras terrorise. On ne saute pas du bénitier comme ça. Dieu sait, qui inspirera son lieutenant... et puis, vous m'ennuyez avec vos questions, vous ne comprenez rien au légitimisme.

photo officielle aux Invalides 2009
Je suis abonné à la Gazette électronique de l'UCLF et ne fut avisé qu'après coup de la journée du 20 septembre, ou bien je n'ai pas piqué la news (c'est possible). Aurais-je tendu le micro sinon ? Plus sûrement j'aurais glissé un billet à l'insu du team, dans lequel j'aurais exercé sans vergogne mon droit de remontrance, absent des lois fondamentales mais inscrit ultérieurement à la panoplie du citoyen contribuable :
En l'absence de recommandations suivies du noyau fondamentaliste français pour une approche politique de la fonction offerte à vos espérances, il serait avisé que vous caliez un axe de propagande (changer le vilain mot) maintenu par un vrai secrétariat politique, convenablement staffé de professionnels actifs, qui communiquerait aléatoirement sur les questions institutionnelles - la réforme territoriale en cours est importante, la dette keynésienne aussi - et qui préparerait deux interventions annuelles du prince sur des sujets majeurs - complot du réchauffement planétaire, antagonismes civilisationnels, ...-, en prenant soin d'éviter les questions sociétales sensibles qui ne promeuvent que la dispute et pas le prince. Il serait productif d'organiser un "point d'orgue annuel" en dehors des commémorations usuelles et usées, quelque "roche de Solutré" en Bourbonnais*, qui exploiterait le charisme naturel et la bonne forme physique du titulaire, à l'intention de promouvoir l'affect populaire en dehors des églises. Fin.
*c'est une image !

Mettre la chose en musique convoque moult talents, mais il reste indispensable de parfaire l'expertise politique du prince, mécanicien bancaire ne suffira pas. La question à vingt bolivars qui est restée dans le micro, la voici :

« Monseigneur, de tout cela, en avez-vous envie ? »



Louis et Marguerite à Sotogrande
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vendredi 25 avril 2008

Bon anniversaire



armes de France sur manteau25 avril 1974, naissait à la St Marc le fils cadet du prince Alphonse de Bourbon, héritier des rois de France. Vicissitudes et tragédies le laissèrent un jour seul, sans frère ni père, et lui tomba sur les épaules à l'âge de 14 ans la lourde charge d'aîné de Capétiens dans l'ordre de primogéniture mâle.
Louis-Alphonse de Bourbon, Duc d'Anjou, est Bailli Grand-Croix d'Honneur et Dévotion de l'Ordre souverain de Malte et sociétaire titulaire des Cincinnati de France où il représente Louis XVI.

le prince Louis

Bon anniversaire, Monseigneur.
Que votre 35ème année soit faste et votre famille heureuse.


Vous avez de nombreux fidèles qui, de leur propre chef, oeuvrent à l'élargissement de votre notoriété, faisant feu de tout bois du mieux qu'ils le peuvent. Souhaitez-leur en retour de la persévérance dans cette démarche ingrate qu'ils ont entreprise très naturellement, en attendant votre convocation par l'histoire, et accordez-leur votre soutien et votre indulgence.



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