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jeudi 14 avril 2022

Le dernier bouclage de Liberté

Le journal Algérien LIBERTÉ fond les plombs. Son propriétaire, Issad Rebrab, patron du groupe industriel CEVITAL, cesse la publication à perte dans l'optique de passer bientôt la main d'un groupe sans danseuse à son successeur. Sauf que, LIBERTÉ n'était pas une danseuse, mais un journal en lutte permanente contre la crasse islamiste, Dame Bêtise et la junte de Barbarie. Il avait aussi tendance à s'occuper de la Kabylie contre vents et marées. J'ai lu ce canard pendant des années avec plaisir et parfois étonnement. Qualité de plume, approche incisive des actualités, vrai courage parfois (ils eurent des morts). C'est le directeur de la publication, Hassane Ouali, qui en parle le mieux. C'est un journal qui va nous manquer.


APRÈS TRENTE ANS D’UNE AVENTURE INTELLECTUELLE, “LIBERTÉ” S’ÉTEINT

Merci et au revoir



caricature de Diem - Liberté Algérie
Ce fut une semaine lourde. Les derniers instants de Liberté étaient vécus dans la douleur. Difficile de confectionner les derniers numéros d’un journal dont le sort était scellé. Le cœur n’était plus à l’ouvrage.
L’ambiance animée de la rédaction a vite cédé devant l’avancée inéluctable de la fin pour jeter son voile de tristesse. Jusqu’au bout, les journalistes et les autres employés s’accrochaient à un infime espoir, un espoir qui s’amenuisait au fil des articles, accouchés au forceps. Ils livraient une ultime bataille avec la même vigueur qui a caractérisé le journal durant trois décennies. Leur attachement à Liberté est sans égal. C’était leur vie dans le sens plein du terme. Mais ils n’y pouvaient rien, eux qui avaient fait face à des épreuves difficiles. Eux qui avaient pourtant tenu dans des moments intenables. La dernière réunion de rédaction tenue hier était un moment de déchirement. Une blessure qui s’ouvre et qui sera difficile à cicatriser.
À tour de rôle, chaque journaliste témoignait de son expérience faite d’exaltation, de colère, d’impuissance, d’espérance, mais surtout de conviction. Celle de “porter la plume dans la plaie”. Celle d’une mission au service d’un idéal porté par un socle de valeur. Chacun à sa manière défendait férocement les libertés citoyennes, le droit à la différence, la liberté de conscience, l’égalité des sexes, le droit des laissés-pour-compte. Ils ne pouvaient concevoir une Algérie heureuse sans ses valeurs. Ils n’hésitaient pas à se confronter aux difficultés pour rendre visible un pays que l’on essaie de cacher. Une lutte permanente contre le déni, le mensonge. Un combat sans relâche pour les vérités. Un devoir citoyen. C’est vers ce citoyen dans sa diversité que vont nos pensées en ces temps finis.
Au-delà des journalistes et de la frustration que la fermeture de leur journal provoque, cette disparition fera du mal aux Algériennes et aux Algériens des quatre coins du pays qui seront désormais privés d’un espace qui leur assurait une existence sociale, intellectuelle et politique.
Autant de batailles engagées par des hommes et des femmes dans l’immense territoire algérien qui seront anonymisées et des réussites d’un pays oublié qui seront “invisibilisées”. L’effacement d’un espace libre porteur de l’idée d’une Algérie plurielle aura un impact considérable sur des segments importants d’une société en perpétuelle résurgence. Les femmes organisées en coopératives agricoles dans les monts de Seraïdi n’auront plus la possibilité de rendre visibles leurs prouesses. Plus de reportages sur les villages les plus propres de Kabylie que nos journalistes se précipitaient à couvrir. Le prochain Racont’Art se fera sans Liberté. Le grand Lounis Aït Menguellet qui donnera un spectacle la semaine prochaine ne sera pas à la Une de Liberté. Les petites mains qui font le pays avec la passion de Sisyphe, un peu partout en Algérie, de Biskra à Mascra, de Sétif à Tlemcen, n’auront plus de prolongement médiatique.

Ne rien lâcher !
Les luttes des femmes qui se mènent dans l’indifférence seront inaudibles. Pis encore, elles risquent d’être stigmatisées par les tenants d’un ordre médiatique réactionnaire, réfractaire aux idées émancipatrices. Les démons d’hier reviennent en force à mesure que disparaissent les espaces de la modernité. Le combat des années quatre-vingt-dix subit les contrecoups d’une régression sociale et sociétale inquiétante.
Les résistants d’hier sont poussés à la marge d’une histoire qui s’écrit par ceux qui portaient l’étendard noir du fondamentalisme. La mémoire des victimes du terrorisme et de l’arbitraire court ainsi le risque d’entrer dans un long tunnel de l’oubli. Cela a déjà commencé par un révisionnisme en vogue savamment orchestré. C’est dans ce contexte incertain que disparaît un journal qui s’est employé à poursuivre le chemin tracé par les Mammeri, Djaout, Liabès, Matoub Lounès, Belkhenchir, Boukhebza. Il n’aura pas résisté à l’épreuve du temps. Il disparaît au moment où l’Algérie en a le plus besoin. Trois ans après l’insurrection citoyenne de Février 2019 qui a réenchanté l’Algérie et subjugué le monde entier. Une fin qui confirme un retour à une époque de congélation politique et d’assèchement intellectuel. Un saut dans l’inconnu.
Mais faut-il s’y résigner, faut-il désespérer ? Non. Par fidélité à la mémoire des hommes et des femmes de ce pays qui ont donné leur vie pour que vive une Algérie républicaine, par l’attachement à l’idéal démocratique, le désespoir n’est pas permis. Liberté et ses journalistes, toutes générations confondues, doivent être fiers de ce qu’ils ont accompli. L’histoire du journal se confond avec celle de l’Algérie combattante. Une histoire vécue dans sa chair, dans la douleur. Deux de ses journalistes ont péri sous les balles assassines d’un terrorisme barbare.
Comme des milliers d’Algériennes et d’Algériens assassinés, ils ne sont pas morts pour rien. Leur mort ne sera jamais vaine. C’est pour cela que nous devons poursuivre cette aventure sous d’autres formes à réinventer. Si Liberté est fini, ses journalistes ne vont pas disparaître dans la nature. Ils sauront se réinventer. C’est le sens qu’ils ont donné à leur vie. Certes, le moment algérien est particulièrement difficile, il pèse une peur sur le pays, sur nous tous. Mais l’heure n’est pas au renoncement. L’histoire n’est jamais finie. Les mots de la moudjahida Zoubida Amirat qui nous a rendu visite, il y a quelques jours, résonnent encore en nous. Elle qui porte le poids des décennies de combat, d’abord sous la colonisation, puis sous le régime du parti unique nous donne ce courage de tenir, de ne pas se laisser gagner par la résignation. Ne démissionnez jamais ! Sa génération fondatrice qui a engagé le combat décisif doit nous inspirer à chaque fois que nous trébuchons. Nous devons assumer notre part de l’histoire. Nous devons cultiver et sublimer la vie, sortir vite de cette panne d’avenir.
Les mots de notre chroniqueur attitré Mustapha Hammouche nous poussent à espérer, nous propulsent vers des lendemains meilleurs que nous devons bâtir. Il ne sert à rien de culpabiliser les anciens qui nous lèguent un héritage chaotique.
Dans des conditions extrêmes, à l’époque du noir et blanc, sans télévision, ni réseaux sociaux, ils ont pu avec un courage rare briser les chaînes de l’asservissement. Ils étaient, certes, minoritaires, mais leur idéal était plus puissant que tout l’arsenal autoritaire auquel ils faisaient face. Nous nous sommes toujours inscrits dans cette lignée. Ils nous ont ouvert la voie, montré le chemin. Il nous appartient en tant que journalistes, mais aussi en citoyens libres, de poursuivre la tâche. Avec ou sans Liberté.

Hassane OUALI, publié 14 Avril 2022 à 12:00

samedi 19 mars 2022

Algérie, 60 années de perdues ?

Alger la Blanche
* Alger la Blanche *

Soixantième anniversaire de la mise en application des Accords d'Evian de 1962, décrétant le cessez-le-feu pour donner l'indépendance à l'Algérie. C'est pour nous un jour triste. Nous serions tentés de refaire l'histoire de ce déchirage, comme on dit dans la navale, mais de vrais historiens s'en chargent à notre place. Il fut une époque où l'on offrait ici aux enfants sages les Contes et légendes d'Algérie, illustrés d'aquarelles qui les faisaient rêver. Les filles avaient des yeux noirs en amande extraordinaires. Suivaient les Mille et une nuits de Shéhérazade chez le calife de Bagdad et quelques histoires mystérieuses de djinns du Maroc. Plus grands, on nous offrait des aventures sahariennes qui ouvraient un espace incroyable avec des hommes bleus, des képis blancs, et les camions Berliet. Tous les gosses connaissaient Bidon V, Tombouctou ou Tamanrasset, le nadir de Dunkerque ! C'est loin ! Le Sahara, L'Algérie si proches jadis se sont beaucoup éloignés des préoccupations françaises, et aujourd'hui c'est le jour des nostalgies, des condamnations, des rêves brisés des colons au bon sens du terme, mais aussi celui du souvenir de morts inombrables pour aboutir à la libération éphémère d'un peuple floué, bientôt confiné dans les limites d'une idéologie mortifère venue des pays de l'Est ; avant destruction de l'économie du quotidien. Pour beaucoup de jeunes français c'est un jour sans intérêt particulier malgré le tapage de saison.

L'Algérie nouvelle, qui était sur une trajectoire de concurrence de l'Espagne avec la sûreté d'une rente pétrolière en garantie, perdit un million d'Européens et autant de savoir-faire pour commencer ; des millions d'autres fils ensuite, votant avec leurs pieds vers tout l'espace de la francophonie jusqu'au Canada, parce que le nouveau pouvoir ne cherchait qu'à partager entre soi le butin colonial phénoménal que la France y laissait, au lieu de développer un pays prometteur. Pour tout arranger, on y tua beaucoup !
Le drainage des cerveaux (Hammouche) et des bras (Cairn) continue aujourd'hui, ce qui arrange un pouvoir incapable de leur donner leur juste place dans une économie pétrifiée. De tout cela le piéton ferait des pages, comme pour le 50ème anniversaire (clic), s'il n'était pas autant fatigué des désastres. En guise d'inventaire de la sphère mentale algérienne après soixante années de stage d'autogestion, nous avons décidé de laisser la parole à un Algérien de souche qui a fait ses études en Algérie, a exercé dans le troisième cycle algérien, et pas un compradore au sens maoïste ! Intuitif, érudit et d'excellente plume :

Rabeh Sebaa, né en 1951, est docteur en sociologie. Enseignant-chercheur et coordonnateur des enseignements d’anthropologie culturelle et d’anthropologie linguistique et responsable du projet "l’Algérie dans la Méditerranée" à la Faculté des sciences sociales d'Oran. Essais, nouvelles, chroniques, M. Sebaa est dans tout ça. Il n'est pas monomaniaque, et quand il analyse l'état présent de son pays ou plutôt le tréfonds de l'âme algérienne d'aujourd'hui, on y gagne à l'entendre. Voici son article paru le 12 février dernier dans le journal Liberté-Algérie (source). Il n'y a rien à ajouter, l'indépendance et la réislamisation qui la suivit sont un terrible échec.
NB: Par crainte d'une rupture éventuelle du lien hypertext vers la source, nous publions l'article in extenso ci-dessous après en avoir sollicité le droit auprès de la rédaction dans les règles du Qui ne dit mot consent.


Arcatures sociologiques

« L’insignifiance est un mode de pensée, de perception et d’action particulier à l’œuvre dans une société.» (Cornelius Castoriadis)

De l’impudence de l’exubérance à l’arrogance de l’ignorance

Ces faussaires de moralité. Des énergumènes qui ignorent tout de ce que peut bien représenter la symbolique de l’acte de croire. Et de toutes les symboliques d’ailleurs. Ces propagateurs endurcis sont les révélateurs caractéristiques d’une société qui souffre d’un dramatique déficit éthique.

Rabeh Sebaa
La fulmination psalmodiante est de retour. Foi contre foi. Passéistes et rédempteurs se tirent furieusement dans les pattes. Clamant chacun son authenticité et sa véridicité. Montrant chacun la voie irrécusable de la véracité. Le chemin irréfragable de la loyauté et de l’authenticité. De nouvelles anciennes injonctions nous reviennent. Jusque dans l’enceinte des lycées. Portées par des enseignants prêcheurs. Des enseignants zélateurs. Des enseignants propagateurs de sornettes sous forme d’injonctions. Des injonctions à l’allure de sommations. De nouvelles vieilles intimations, arborant des mines de provocation. Des fanfaronnades obsolètes prétendant tirer les oreilles à une société qui a toujours vécu calmement ses croyances. Ses croyances naturelles. Ses croyances conviviales. Des croyances de partage et de solidarité. Une société qui n’a cure de toutes ces vociférations rugissantes. De toutes ces onomatopées bruyantes au nom de la prétendue pureté inexpugnable. Brandissant de présumés préceptes intouchables, de supposées vertus indiscutables et de prétendus dogmes irréfutables. La brèche par laquelle se faufile immanquablement le moralisme culpabilisant. Culpabilisateur. Un moralisme qui exhibe sèchement les crocs et l’emblème noir du sectarisme furieux. Enragé, vindicatif, acharné et monstrueux. Que l’Algérie refuse de toutes ses forces de voir se réitérer. Au moment où tous les Algériens sont en accord avec leurs croyances coutumières. Leurs traditions familières. Des lieux de culte comme des parcelles de leur sacralité ordinaire. Des lieux de recueillement et de méditation. Des balises de leur mémoire communautaire. Une mémoire bourrée de symboles et de repères. Et c’est pour cela que leurs univers cultuels et leurs espaces culturels n’ont strictement besoin d’aucune fossilisation. D’aucune momification. D’aucune pétrification. Des cultures vivantes, des cultures vibrantes. Des cultures irrévocablement rétives à toute fixation. À toute immobilisation. Des cultures qui habitent le mouvement et le mouvement les habite.

Il est parfaitement insane de vouloir ramener une histoire et une mémoire à la glaciation de l’inertie. Au désir morbide des vociférateurs et des gesticulateurs se prosternant assidûment sur l’autel brumeux de l’immobilité. Quelle que soit la version ou la variante défendue, elles puisent toutes, leur sève vaseuse dans les eaux stagnantes d’un syncrétisme idéologique totalement étranger à la sociabilité intrinsèque qui vibre au tréfonds palpitant de l’Algérie intelligente. Une Algérie qui avance. Malgré tout. Et qui n’a que faire de tous ces sermonneurs hirsutes. Une Algérie qui est en train de livrer le plus exaltant des combats : se réconcilier avec elle-même. Célébrer les retrouvailles de soi. Les retrouvailles avec soi. Malgré un enchaînement de parenthèses et de bien saugrenues hypothèses. Des parenthèses qui ressemblent à des bulles asphyxiantes et qui lui ont coûté en femmes courageuses et en hommes valeureux. Mais qui a continué à marcher. La tête sur les épaules. Et les yeux pointés sur le front de l’horizon. Cette Algérie avec ses petites habitudes. Avec ses petits caprices. Avec ses multiples déceptions. Avec ses innombrables déconvenues. Ses déboires. Ses désillusions. Ses désappointements et ses désenchantements. Avec ses séries de petites joies et son chapelet de grandes colères. Ses incommensurables souffrances. Pour revenir, à chaque fois, à la vie et à la raison. Après des périodes entières à vivre le calvaire et à faire semblant de respirer. À s’étrangler parfois. À s’énerver pour des broutilles. Et à supporter toutes les humeurs massacrantes. Et les valeurs ignoblement massacrées. Par tous ceux qui ignoraient tout de sa détermination, mais qui sont les premiers à le crier avec une assommante ostentation. Avec pour cible privilégiée toutes ces femmes dignes.
Toutes celles qui passent leur journée à s’acquitter loyalement de leur tâche. À travailler ou à étudier. Avant de rentrer pour une seconde journée de travail, encore plus chargée. Après un détour pour des courses épuisantes dans plusieurs marchés. Les sachets bleus récalcitrants à trimballer. Dans un semblant de transport aléatoire. Pour être coincées, à l'arrivée, entre casseroles brûlantes et marmites débordantes. Le tout arrosé par les sautes d’humeur d’un de ces maris ou fils zélateurs parmi les braillards invétérés de la rue. Prolongeant leur diktat dégoulinant de religion à la maison. Demandant. Commandant. Ajoutant. Retranchant. Puis recommandant. Jusqu’au moment du service. Assuré par les femmes, évidemment. Dans le silence qui sied à l’ingurgitation. Et la solennité lourde de la mastication.
Après cela, il reste encore la vaisselle. Les femmes retournent à leur cuisine. Et les pêcheurs à leur espace mâle. Avec des acolytes aussi mal inspirés. Pour les bavardages et les galimatias de la soirée où tout est passé en revue. Des déviations de la société à l’aridité de la vie sans une prétendue spiritualité. Molestant au passage quelques pauvres diables qui ont un mal fou à joindre un seul bout. Et qui sont les victimes toutes désignées de ces pillards de la foi. Ces faussaires de moralité. Des énergumènes qui ignorent tout de ce que peut bien représenter la symbolique de l’acte de croire. Et de toutes les symboliques d’ailleurs.
Ces propagateurs endurcis sont les révélateurs caractéristiques d’une société qui souffre d’un dramatique déficit éthique. Ils sont le signe d’un manque de probité religieuse drastique. Tout en passant le plus clair de leur temps à clamer haut et fort une moralité mirifique. Ignorant totalement le désarroi et la détresse exacerbée chez le prochain. Malgré une foi supposée universaliser la convivialité et l’amour d’autrui. Et que cette flambée d'exubérance aggravée transforme en enfer chez les plus désorientés.

Nonobstant l’excès d’exhibition de toutes les formes d’altruisme et de toutes les espèces de générosité. Où chacun y va de son indulgence et de son humanité. Chacun de ces zélateurs se fait le chantre attitré de toutes les bienfaisances et de toutes les bienveillances.
Pourtant, personne n’a rien oublié. Personne n’a effacé la page sanglante qui a fait couler des larmes à l’Algérie. Au nom d’un projet sinistre. Enfagotté dans un discours patibulaire. Et relayé par une soi-disant communauté internationale qui voulait voir tout un pays mordre la poussière. Et ingurgiter les bouillons de l’incongru. Au nom d’on ne sait quels versets frelatés. Au nom d’on ne sait quels préceptes empestés. Et de quelle bêtise entêtée. Une bêtise voulant obturer les pores de respiration de l’Algérie. Lui voiler les yeux et la conscience. La plonger dans l’immobilité du noir épais. L’empêchant de pétiller, de rire et de chanter. Lui ligoter le regard. Lui taillader les entrailles. Et transformer ses horizons en murailles. Cette Algérie qui veut vivre et aimer. éperdument. Se laisser emporter par la fougue incandescente de ses rêves indociles. Et irrévocablement indomptés. Les rêves fous que ses filles sublimes savent porter altièrement comme des diadèmes éblouissants. Et que ses garçons turbulents chevauchent allègrement comme des arcs-en-ciel en furie. Éclaboussant le monde morne de leurs couleurs éthérées. Noyant tous les avenirs rétifs de leur luminescence incommensurablement démesurée. Ces avenirs insurgés qui s’étaient longtemps éclipsés. Prétendant qu’ils s‘étaient égarés. Loin de l’Algérie.

Ces avenirs sauront retrouver le chemin tortueux mais exaltant de mon pays. Pour le réinventer et s’y lover chaleureusement. Pour l’habiter durablement. Pour s’y incruster profondément. Tout en enfantant d’autres avenirs. Pour tous les avenirs à venir.


En voulez-vous plus ? Pouvais-je faire mieux ? Non !

Je terminerai par un mot de circonstance prononcé par Hélie de Saint Marc devant ses juges, qui résume le sentiment d'écœurement des officiers français à l'annonce du largage de l'Algérie : « On peut demander beaucoup à un soldat, en particulier de mourir, c’est son métier. On ne peut lui demander de tricher, de se dédire, de se contredire, de mentir, de se renier, de se parjurer.» Et pourtant c'est bien ce que Charles de Gaulle et ses liquidateurs exigèrent d'eux jadis.

Myosotis


Autres arcatures sociologiques par Rabeh Sebaa pour ceux qui voudraient creuser ces questions, pour ceux aussi qui aiment l'Algérie :

- Entre les misères de la maladie et les maladies de la misère
“Les affres du dénuement n’altèrent en rien la saveur de la probité” (Fedor Dostoïevski)

- Pour une méditerranéité réappropriée
"L’impossible, nous ne l’atteignons pas, mais il nous sert de lanterne” (René Char)

- Libidinalités dérobées, deshumanités enrobées
“Dans la féminité, il existe une part de divinité” (Ibn El-Arabi)

- Comme une plaie grise sur le corps agité d’une nymphe insoumise
"Chaque fois que je la regarde, je deviens un noyé heureux" (Romain Gary)



mercredi 6 octobre 2021

Le défi saharien de l'Algérie

carte Afrique-nord

L'Algérie du président Tebboune n'avait pas besoin de l'humiliation que lui inflige notre Macron en campagne électorale. De vous à moi, il n'était pas utile d'employer des expressions blessantes, sauf à dérouler un plan inédit de rupture avec l'Algérie. A quel motif ? Langue au chat ! Des représailles plus prononcées sont à l'étude selon la presse d'Alger, qui verse dans le pronostic autoréalisateur. Dans le même temps, les hostilités entre l'Algérie et le royaume chérifien dont le pouvoir algérien aurait besoin pour détourner l'attention de ses peuples, ne sont retenues que par le soutien indéfectible des Etats-Unis, présents au Maroc depuis l'établissement, sous le protectorat français en 1951, de quatre bases américaines aujourd'hui en sommeil, et accessoirement celui de la France en sous-main. Des bases US Africom sont annoncées au Sahara depuis pas mal de temps à Ksar Sghir ou à Tan Tan. Bref le Maroc n'est pas seul, l'Algérie, si ! Les autorités d'Alger, mises sous pression par leur propre état-major, pensent toujours dans le schéma d'encerclement qui préside à tous les plans militaires. La terre entière leur en veut, l'espionnage Pegasus en est la preuve ! Eux qui se croyaient à la pointe du renseignement sur le logiciel soviétique, ont été percés par un logiciel israélien ajoutant l'insulte à la honte. Affairés à contrer le Maroc qu'ils soupçonnent de noirs desseins - la menace fait vivre - ils prennent le renversement d'alliance français comme un coup de poignard dans le dos. Ça nous rappelle quelque chose de récent dans une histoire de sous-marins.

Qui pis est, la France - qui doit toujours rendre des comptes, selon l'hymne algérien - réduit son dispositif Barkhane au Mali en quittant bientôt deux bases proches de la frontière algéro-malienne. Kidal à 240km à vol d'oiseau de Tin-Zawatine (249 au sol) et Tessalit à 120km seulement du Bordj Mokhtar (160 au sol), libérant l'espace et le massif des Iforhas pour l'Armée nationale malienne qui n'y montera jamais. Faute de pouvoir s'imposer, à moins que le groupe Wagner les y aide et encore, elle laissera les unités touarègues de l'Azawad administrer le territoire qui leur revient depuis les accords d'Alger de 2015. Tous les trafics, drogues, armes, rançons, passeurs vont y prospérer, obligeant l'Algérie à fermer sa frontière tant avec le Niger qu'avec le Mali. C'est bien de le déclarer, faudra-t-il encore le faire, les Touaregs tenant des territoires contigus dans les trois pays. On n'imagine rien moins qu'un renfort important de troupes algériennes mécanisées aux frontières du sud pour palier la dépression française. Le Sahara algérien est abandonné à ses propriétaires.

carte OCDE du Mali-nord


Sans doute le moment est-il mal choisi pour se mettre à dos la France et son dispositif sécuritaire au Sahara, soutenu par l'Africom US. L'interdiction de survol de l'Algérie change un des paramètres de l'OPEX, et celle d'accéder aux raffineries algériennes aussi. Il fallait bien qu'ils répondent ! Mais dans le premier cas, l'alternative est possible (voir la carte de la Méditerranée) ; quant à la seconde, l'état-major de Barkhane dit n'avoir pas chargé d'essence depuis décembre 2020. On comprend bien que faire circuler des citernes de carburants en zone d'insécurité puisse mobiliser de gros moyens de protection. L'Algérie n'aura d'ouverte alors que sa frontière tunisienne, jusqu'à ce qu'elle menace d'intervenir en Libye contre les mercenaires du camp de Tripoli, comme le président Tebboune en a hasardé l'idée cette année. Auquel cas, la Tunisie fermera sa frontière pour ne pas être entraînée dans une guerre, perdue d'avance en plus.

Qui se souvient que l'attaque et la prise d'otages au site gazier algérien d'In Amenas en janvier 2013 fut perpétrée par une katiba djihadiste d'al-Qaïda montée d'Aguel'hoc au Mali jusqu'en Libye ? Ils y récupérèrent armes et renfort pour tenir tête à l'armée algérienne, laquelle in fine donnera l'assaut avec succès, au prix de la vie de pas mal d'otages. L'Azawad "libre" va devenir un gros souci pour ses trois voisins du nord, mais pour l'Algérie surtout, qui exploite à portée de rezzou des gisements d'hydrocarbures très rémunérateurs. Que va faire d'autre l'Algérie contre les intérêts français ? Il n'y a que deux domaines accessibles aux sanctions en évitant de se tirer une balle dans le pied : le commerce extérieur franco-algérien et l'influence civilisationnelle française. Le premier ressortit aux règles du Marché Commun qui prendra toutes mesures de rétorsions d'autant que la France aura la présidence tournante du Conseil européen en janvier 2022 pour six mois. Le second est l'éternel problème de l'arabisation stérile de l'enseignement. L'université algérienne est considérée comme sous-développée jusqu'à n'apparaître dans aucun classement international. Son seul débouché est l'université française (ndlr: 30000 étudiants à cette rentrée) ou l'université canadienne (2000+) (source).

Tebboune et Macron

Emmanuel Macron va jouer l'apaisement, "jouer" c'est bien le terme. Comme s'il devait reprocher ensuite à la partie adverse de ne pas participer à la baisse de tension, renversant ce faisant la responsabilité de la crise ! Ainsi que tous ses prédécesseurs, Abdelmadjid Tebboune sait très bien pourquoi l'histoire fut reconstruite, afin d'asseoir l'hégémonie du FLN, éliminer la concurrence et déployer un clientélisme protecteur en ouvrant de multiples privilèges et passe-droits au moindre soupçon d'avoir combattu du bon côté. L'inflation des effectifs d'anciens combattants est spectaculaire et continue de nos jours ! Tous les dirigeants savent ce que représente la rente mémorielle qui sert de réponse à toute contestation. La crise d'aujourd'hui servira-telle à son tour à débouter les dissidents du Hirak de leurs revendications ? Dissidents travaillés bien sûr par les services français tandis que la marmotte plie le chocolat. Il y a une certaine perversité dans le mensonge algérien, depuis le début.

Adepte du changement pour que rien ne change ainsi qu'on l'a vu aux élections législatives, M. Tebboune est un homme de bonne volonté à la santé fragile, un peu dépassé par les évènements, ce qui n'augure rien de bon chez un régime gouverné derrière le rideau. On parlera une autre fois de la misère des Sahraouis de Tindouf, otages géopolitiques d'une ambition algérienne hors d'atteinte ! Une fois encore, Alger, seule contre le monde entier, tient à bout de bras la République ectoplasmique du Sahara occidental. Même l'ONU ni aucune autre organisation internationale n'y croient ! Non, M. Tebboune n'avait pas besoin des saillies de Macron. S'entrouvre en Algérie une porte sur le vide !

On ne peut se quitter sans évoquer le renvoi dans ses 22 du premier ministre de la transition malienne par M. Macron, après sa sortie spectaculaire à l'Assemblée générale des Nations-Unies contre la France qui "l'abandonne en plein vol". Cette colère sourde mais publique de notre président chercherait à pousser la junte malienne dans les bras des Wagner russes, que nous aurions enfin le motif pour plier les gaules ! Sans doute saurons-nous un jour quelle était la cause de tout ça.

jeudi 29 avril 2021

Le Poupoutche

Ce qui est intéressant dans la Tribune des vingt généraux en colère est moins le texte de la lettre très convenu mais intéressant à plus d'un titre (clic), que la nature des réactions déclenchées. La lettre, signée par onze cents soldats de tous grades, exprime aujourd'hui le mécontentement d'un corps constitué dans sa section "Pensionnés", après le soulèvement du peuple en anarchie que furent les Gilets Jaunes, soulèvement qui fut éteint par dilution politicienne et découragement à hauteur d'yeux. La méthode Castaner n'est pas applicable à des officiers et sous-officiers de l'armée, sauf à prendre un pari dangereux sur l'avenir. C'est sans doute ce qui a fait peur à certains membres du pouvoir, peu doués pour les analyses socio-politiques, qui en sont même venus à utiliser la logorrhée gaullienne du Quarteron en souvenir du putsch des généraux de 1961 qui, lui, n'était pas de la frime. Agnès Pannier-Runacher s'est ainsi inscrite dans la page d'histoire du jour avec un quarteron de généraux en charentaises (pas si mal trouvé), défaisant par cette saillie bien des efforts à maintenir l'artisanat de la pantoufle en Périgord. Ministre agitée des fermetures d'usines, elle avait un creux dans l'agenda pourtant fourni en ces temps de crise. Mais c'est plutôt la réaction de la ministre de tutelle Florence Parly qui pose problème :

Elle dégaine d'entrée pour incitation à l'insurrection ! C'est beaucoup ! En ces circonstances, il aurait mieux valu prendre la peine de lire le texte soigneusement, aussi soigneusement qu'il a été rédigé par Jean-Pierre Fabre-Bernadac pour publication dans Valeurs Actuelles. Pourquoi VA ? Peut-être que la presse subventionnée aurait refusé de mettre en péril ses subsides d'Etat ? Les signataires dénoncent une sécurité générale très détériorée et expriment leur écœurement sur les conditions de vie faites à des populations françaises abandonnées par les pouvoirs publics. Rien qui justifie une assignation, sur la base de quelle loi d'ailleurs ? Encore moins une insulte à la face des militaires d'active, comme le proclame la ministre qui cherche l'élément de langage qui ira bien, en vain. Mme Parly aurait pu s'évader de la bulle technocratique et réfléchir à une réponse plus "maternaliste", faisant part de son émotion, manifestant l'injustice de ces assertions à l'endroit d'un gouvernement qui ne cesse d'augmenter les moyens affectés à la guerre, expliquant etc... etc... etc. Non ! Arrogance type SNCF. Elle a joué petit jeu. Et ce n'était même pas son département de pouvoir qui était attaqué.

Gal Martinez


Jean Castex s'est méfié du bâton merdeux plus facile à prendre qu'à lâcher, du moins en public, et son collègue de l'Intérieur, confronté chaque matin au caillassage de ses forces de police, a pris le parti d'ignorer. Les carences de l'Exécutif, ils les vivent quotidiennement et ne seraient pas loin d'approuver la lettre ouverte des généraux s'ils ne mettaient pas en danger de fragiles équilibres politiques en année électorale. Des réticences il y en d'autres. A commencer par les généraux qui dénoncent ces choses depuis longtemps mais qui n'ont pas signé ; même si on devine qu'ils furent sollicités. Bertrand Soubelet, général de la Gendarmerie sanctionné par le ministre Valls, aujourd'hui vice-président du parti Objectif France (Rafik Smati) ; Didier Tauzin, général parachutiste entré en politique sous son mouvement Rebâtir la France ; l'ancien chef d'état-major Pierre de Villiers, attendu comme Godot, mais qui à la fin ne viendra pas, quoiqu'en pense son frère Philippe. Deux képis "politiques" ont malgré tout fait un pas en avant : Antoine Martinez (en photo), général d'aviation, président des Volontaires Pour la France, et Christian Piquemal, général de la Légion, dont on ne parle plus depuis qu'il s'est fait embarqué par la BAC de Calais sur ordre de la sous-préfecture. Mais quand on sait la pyramide hiérarchique de l'armée mexicaine française, cela fait au bout du compte peu d'étoiles sur la piste aux reproches !

Côté opposition, c'est l'effroi ! surjoué par Mélenchon le chaviste, Hamon le dhimmi, Cocquerel l'insoumis payé au mois, et jusqu'à Pierre Laurent (PCF) qui, abandonnant toute mesure, appelle à ce que "les vingt généraux, signataires d'un appel à une intervention militaire, soient poursuivis et condamnés par la Justice". On ne se refait pas, la condamnation serait inéluctable avec le Parti au pouvoir. De son côté, Marine Le Pen fait une offre de service légitime, même si M. Fabre-Bernadac s'en irrite, dès lors qu'elle sait qu'une forte proportion de cadres subalternes des armées votent pour le Front national - RN. Sur le fond, la sémantique, ce blogue n'a rien à ajouter, n'étant pas un fanzine de l'indignation. Ses lecteurs sont mieux au courant que le Piéton des vicissitudes de ces temps complètement républicains. Aussi briserons-nous là, sauf à prévenir les enthousiastes que rien ne viendra de nos généraux. A-t-on déjà vu un coup d'Etat téléphonné ? En attendant l'active, restera en mémoire l'honneur sauvegardé de ceux qui, il y a soixante ans ce mois-ci, n'ont pas envoyé une lettre de remontrances : Jouhaud, Challe, Zeller, Salan, mais surtout les chefs de corps des unités d'engagés qui refusèrent la grande braderie gaulliste.
« De Dunkerque à Tamanrasset... » qu'ils disaient ! Ça avait une autre gueule !

samedi 27 février 2021

Discrimination, réalité ou argument ?

Ramzy Bedia
- Ramzy Habib El Haq Bedia -

C'est une mise au point définitive d'un certain Ismaël Saïdi, invité de Léa Salamé sur France Inter, qui m'a décidé de sortir du bois sur la prétendue discrimination à l'embauche des Arabes. M. Saïdi est d'origine tangéroise (comme JL Mélenchon mais lui est espagnol), belge et ancien policier. Après un master de sociologie, il écrit, filme et débat sur les milieux de l'immigration. C'est une pointure, une fois !

A Léa Salamé qui insiste pour lui faire dire qu'il est difficile de trouver un travail ou un logement pour un petit jeune de dix-huit ans quand on se prénomme Mohammed, il répond que ce n'est pas la norme, après avoir beaucoup ri de la question précédente tirée du même tonneau. Effectivement, les penseurs du calife en chemise de nuit et les sociologues payés au mois qui vivent sur la misère des gens, bourrent le mou de la jeunesse des cités pour accroître la revendication identitaire de certains jeunes en désarroi. Et ceux du programme de victimisation qui en réchappent - les plus nombreux finalement - sont systématiquement ignorés par les éditocrates officiels qui pontifient sur les ondes. Toujours réticent à m'insérer dans le débat sociétal, je fais une exception cette fois dans le cadre général de la réconciliation franco-algérienne en chemin, même si le bout du tunnel m'apparaît diablement obscur.

Ces derniers vingt ans de métier entre la France et l'Asie m'ont fait côtoyer des Arabes partout et surtout dans les services comme la banque et les transports, moins dans la fabrication, du moins au contact de la clientèle. Avant d'avoir entendu les récriminations habituelles sur les plateaux de télévision, je n'avais jamais pris conscience d'aucune discrimination des Arabes à l'embauche ; d'autant que la mode de franciser son prénom avait largement disparu dans les années 90 pour afficher fièrement ses origines. Combien d'artisans arabes ai-je rencontré en dehors de ma profession ? Pléthore ! Garagistes, chauffagistes, taxis, peintres, carreleurs et moins souvent des terrassiers ou des jardiniers ; allez savoir pourquoi. En ville, des mitrons, garçons-bouchers, épiciers, préparatrices en pharmacie, des radiologues et mon ophtalmo. Beaucoup d'entrepreneurs individuels dans la réparation informatique ou téléphonique et dans les services à la personne, et aussi beaucoup de journalistes des deux sexes que tout le monde connaît. Combien d'acteurs, d'actrices originaires du Maghreb dans le cinéma français ? Des tonnes. La discrimination ethnique est une absurdité qui se nourrit d'exception confirmant la règle. Madame Salamé est un joli perroquet.

Fille d'un haut-fonctionnaire international archi-connu et d'une mère riche à millions, Léa Salamé, qui a fait un beau parcours académique dans la ouate, n'a jamais "bossé" en vrai. La télévision n'est pas la vraie vie. Aussi voit-elle le monde à travers des articles de presse vite lus ou des résumés qu'on lui fait de traités de sociologie orientés. Sinon, comme Ismaël Saïdi et bien modestement le Piéton du roi, aurait-elle croisé au-dehors des centaines d'Arabes ayant réussi dans leur vie professionnelle, peut-être même des millionnaires montés à la force du poignet comme Mohed Altrad. Et si Forbes France n'en trouve pas dans le Top 50 des patrons français les plus influents sur les réseaux sociaux, c'est tout simplement parce qu'ils ont construit leur carrière en s'arrachant du rang et qu'ils n'ont pas le temps de lâcher le business pour venir faire les paons ; tandis que les vedettes de la bourse descendent de l'olympe des grandes écoles et croient devoir dire. Les Saadé de la CMA-CGM n'y sont pas, Iskandar Safa non plus. La liste des patrons arabes serait longue mais pour marquer le coup nous allons citer avec Capital.fr (clic) : Abdelkrim Benamar, algérien de Montfermeil, vice-président d'Alcatel-Lucent ; maître Haïba Ouaissi, marocain de Longwy, avocat au barreau de Paris , il n'est pas le seul ; Anissa Djaadi-Mezhoud, algérienne de Saint-Etienne, chargée de communication senior chez JC Decaux ; auxquels s'ajoute Fatiha Gas, algéroise, directrice de L'École supérieure d'informatique électronique automatique (ESIEA Paris) qui met son échec en ingénierie dans le privé sur le compte de sa féminité mais pas sur celui de son arabité... Tous ont à dire que le chemin du succès est celui de l'effort, pas celui des excuses. Et pour faire bon poids, faut-il donner la liste des élus arabes ou kabyles ? Au Palais Bourbon, El Guerrab, Hammouche, Khattabi, Laabid, Lakrafi, Laqhila, Mahjoubi ; et ma préférée, Samia Ghali au Sénat jusqu'à l'an dernier (d'accord elle est Chaouie) ; des centaines de conseillers régionaux, des milliers de conseillers municipaux, tous cheminent dans le mille-feuille politique français. On vit des Maghrébins dans les allées du pouvoir dès le quinquennat de Nicolas Sarkozy avec Abderrahmane Dahmane, Fadela Amara, Azouz Beggag, Nora Berra, Jeannette Bougrab et Rachida Dati. Gérald Moussa Darmanin est d'origine algéro-maltaise. Ce sont des gens comme eux qu'il faut inviter sur les plateaux de télévision quand on parle "banlieue" en prime time pour y distiller les recettes du succès, le travail et la persévérance, plutôt que des requérants de discrimination positive comme Belattar, Bouteldja ou Blanchard, autrefois Ramadan. C'est la vraie méthode pour ne pas désespérer les jeunes les plus fragiles des cités qui, le cerveau lavé, ne voient d'autre avenir que dans le trading de came, le rap, l'humour ou le foot, même si Mahrez, Salah, Benzéma et... le dieu Zidane y sont pour quelque chose. Aucune porte n'est fermée si l'on veut quitter cette prison mentale du fantasme de la discrimination ; et pour ce faire, il faut s'adapter au marché du travail et aux mœurs de l'entreprise, petite ou grande. Un peu de courage y aide, un soupçon d'opiniâtreté ne nuit pas !

Sabrina Ouazani

Pour compléter ce billet, il est utile de revenir sur l'affaire de l'enseignement de l'arabe à l'école. Ayant assez d'amis pour en perdre, je dis tout de suite que je suis pour. C'est Boutros Boutros-Ghali, alors directeur général de la Francophonie, qui suggérait que l'expansion de la langue française dans les pays arabes pour y contrer le globish était conditionnée par une certaine réciprocité, l'enseignement de l'arabe en France. Outre le fait qu'il y a environ trois cent cinquante millions d'arabophones dans le monde et que c'est donc une langue commerciale (même s'il existe des variants dialectaux), c'est une belle langue littéraire à la bibliothèque très fournie. L'apprentissage sérieux de l'arabe dans le système scolaire est un atout supplémentaire pour l'éducation de la jeunesse aux civilisations extra-européennes et pour la formation professionnelle des futurs commerciaux, à une condition : que la langue arabe soit incluse dans le circuit LV1, LV2 et ne soit pas une option ludique ouvrant la porte aux dérives communautaristes que l'on peut craindre. On sait depuis toujours que le monde arabe représente un potentiel considérable pour la France qui y jouit d'un préjugé favorable. Certes l'arabe est le latin du Coran mais ce n'est pas sa pratique qui va démultiplier les adeptes de la terre plate et ceux des houris toujours vierges à la fontaine murmurante du paradis. Dit en passant, le jardin islamique est insurpassable de beauté, de parfums, de silence et de chant d'oiseaux. Aller au jardin du Generalife de Grenade n'oblige pas à la circoncision à la sortie. Accessoirement l'enseignement de l'arabe en milieu scolaire, de plein pied avec les autres langues vivantes déjà au programme, marginaliserait les prêcheurs islamiques qui sont souvent de piètres locuteurs, à moins que les islamogauchistes de l'Education nationale ne les infiltrent dans le process, ce qui reste possible si le côté ludique est privilégié. Dernier coup de pied de l'âne, bien des profs de l'université médiévale de Montpellier furent au début de l'Ecole de médecine la plus réputée d'Europe des lettrés arabes sous l'autorité de l'évêque de Maguelone. On n'invente rien.

Ismaël Saïdi aura le dernier mot. Pour lui l’humour est un vecteur puissant pour faire passer des messages de cohésion et de fraternité indispensables à emprunter le droit chemin : « Le point fondamental, c’est de s’accorder sur un horizon commun ; non pas ce que l’on est ensemble, mais ce que l’on souhaite faire ensemble ».

Réussir sa vie ? Action !




- Julia Boutros in Ana Betnafas Horiya/Je ne peux respirer que la liberté -

lundi 25 janvier 2021

La Quadrature algérienne

L'équation franco-algérienne ne sera pas résolue avant que n'aient disparu les successeurs des protagonistes des Accords d'Evian, gaullistes carolâtres d'un côté, et faux anciens combattants de la guerre d'indépendance de l'autre. Elle convoque des gens de bonne volonté, dépassionnés, créatifs et qui veulent ardemment une réconciliation, ce qui n'est pas évident chez la jeune génération des deux bords de la Méditerranée. L'oubli peut être aussi le buvard du ressentiment, disait un moraliste dont j'ai perdu le nom. La posture mémorielle d'Emmanuel Macron a paradoxalement quelque chose de "colonial". Il a décidé que l'Algérie souhaitait raccommoder les morceaux parce que la gérontocratie au pouvoir à Alger lui réclamait des excuses, mais rien ne l'assure que la jeunesse algérienne soit si intéressée que ça à une procédure de repentir et réparations dans une affaire qu'elle n'a pas vécue, ni subie et qui n'est sans doute pas son souci premier, ni second, vu l'état de calamités du pays. Le Hirak est un printemps arabe qui ne dit pas son nom. Les gens veulent entrer de plein pied dans la modernité en marche et profiter d'une gouvernance honnête, de libertés publiques et privées, de possibilités d'entreprendre, de se réaliser comme on dit ! Le peuple secoue le joug d'une kleptocratie féroce qui a tué ses contempteurs et qui a ruiné un pays possédant de réels atouts, puisqu'à la fin des années 50, il pouvait carresser la promesse d'une rivalité avec l'Espagne d'alors, selon les critères de l'époque et les plans de développements en route. Après 1962, cette destruction économique par la canalisation du commerce extérieur entre quelques mains seulement, cette prévarication des familles d'anciens combattants ou prétendus tels sur toute l'assistance sociale, emplois, logements, subsides, cette culture du mensonge après une guerre civile terrible, tout ceci a provoqué l'insurrection que nous pouvons suivre aujourd'hui si nous lisons la presse algérienne. Combien de jeunes français se tiennent au courant des actualités algériennes ? Ces gens qui manifestent dans les rues des grandes villes ont-ils le désir de refaire l'histoire ? Ou bien est-ce la France qui entend s'occuper à nouveau de l'Algérie ? Est-ce une exigence des masses ou une lubie d'historiens ? Un désir de vérité pour la vérité ? Les Algériens que je connais (d'anciennes relations d'affaires le plus souvent)... s'en foutent ! C'est la question que je pose avant de passer à autre chose.

portrait d'Abd El-Kader
L'émir Abd el-Kader, un ennemi loyal

Partant du postulat qu'il faille renouer quelque chose entre nos deux pays, on peut lire le rapport de Benjamin Stora, il suffit à tout. Ceci dit, dans la concurrence des reproches historiques, les crimes sont partagés et jusqu'à la fin des temps nul ne pourra prouver qui a commencé à provoquer l'autre. S'il me plairait de mettre en accusation dans les formes d'un procès les barbousards de la Trahison, je sais qu'il resterait trop de chemin à contenir dans une seule vie d'homme pour aboutir à leur condamnation. L'histoire commence aux Barbaresques, elle n'est pas finie à ce que nous montre le Hirak actuel. Les lecteurs assidus de ce modeste blogue savent que le Piéton avait choisi son camp jadis, celui de l'Algérie française, une nouvelle Algérie française, peuplée de Français. C'était un choix de générosité que je n'ai jamais renié et pas celui de poursuivre une forme d'oppression qui avait suscité une légitime revanche. L'Algérie française a été mal construite par la IIIè République, fondée sur l'injustice et parfois l'humiliation. Les deux guerres mondiales où elle a participé auraient dû déclencher une reconnaissance de la France envers ses trois départements d'Afrique en élargissant la francisation. De petits calculs, de grands colons, une timidité paralysante, une corruption galopante, des gouvernements de rencontre en ont décidé autrement pour le malheur de tous. Mais tout le monde savait tout ! Est-ce ce constat d'échec qui a conduit le général De Gaulle à jeter le bébé avec l'eau du bain ? Tant d'années ont passé qui nous montrent que la prévention normalement audible à l'époque de ne pas rebaptiser un jour le village de Colombey en "Colombey-les-deux-mosquées" était vaine ! La prospective était fausse, la vista absente, l'évaluation obsolète, les gaullistes en retard ! Nous avons maintenant deux mille cinq cents mosquées en France métropolitaine, leur nombre progresse. La population française originaire d'Algérie est estimée à sept millions, soit plus de dix pour cent du total. Peut-être, je dis bien peut-être que si nous avions continué à développer "notre" Algérie, aurions-nous pu fixer dans l'emploi bien plus de travailleurs que n'en payèrent à rien faire les gouvernements de concussion du FLN dont l'économie s'est clairement effondrée depuis dix ans, jetant sa jeunesse dans tous les ports d'Europe et plus loin. Alors si je me rappelle notre appel de jadis à la citoyenneté française pour les autochtones, je me dis que la francisation par un décret Crémieux II était loin d'être idiote, même si l'enjeu aujourd'hui n'est pas d'avoir eu raison dans le passé, comme l'écrit Benjamin Stora, mais de regarder ensemble un futur possible.

Si les bienfaits de la colonisation se résument à un développement infligé à un peuple soumis, on les inscrit à l'actif du bilan colonial sans en faire une décoration au mérite (relire la lettre du Pr Savelli à Abdelaziz Bouteflika). Quand on expulse deux millions de paysans de terres arables pour assécher les ressources de la guérilla, il est difficile de se vanter de la belle route qui les traverse ensuite. C'est une métaphore. Au passif : la brutalité d'une conquête de vingt-sept ans (1830-1857), ce qui ne signifie pas que la pacification de la côte de Barbarie n'ait pas été justifiée au vu de nos seuls intérêts ; les massacres inexcusables de Sétif et Guelma qui amorcent la rupture entre citoyens français et non-citoyens ; la guerre de terreur réciproque menant à l'indépendance qui mérite d'être mise à plat sans épargner aucun acteur. A l'actif encore mais au passif aussi, le combat épaule contre épaule des tirailleurs algériens et des biffins de métropole dans tous les combats de la France depuis les Turcos de Napoléon III, combats qui auraient dû leur obtenir la nationalité française dès 1920 et de justes pensions.

Le rapport Stora est en soi un exploit. S'attendait-on au pire ? qu'il a surpris par son équilibre, sa mesure, ses innovations ! Plus que des proclamations ronflantes qui ne survivent que dans le souvenir des initiés (comme pour s'en moquer, il en fait des annexes que personne ne lira), il préconise des actions concrètes, visibles, utiles. A commencer par la mutualisation des archives de souveraineté (rapatriées en France) et des archives de gestion (laissées en Algérie) afin d'améliorer les recherches historiques et privées vers une vérité fondée sur des preuves acceptables par les parties prenantes. C'est un énorme travail qui pèse des centaines de tonnes ! Dans le même fil, constituer un "guide des disparus" pour aider le deuil des familles algériennes et françaises et si possible retrouver les restes de tous les fantômes. Revamper l'histoire de l'émir Abd el-Kader qui fut un adversaire loyal (je trouve l'idée astucieuse). Gérer proprement les cimetières militaires et civils, juifs et chrétiens là-bas, algériens ici. Réviser les programmes scolaires des deux bords, et caetera, etc...

Le rapport Stora fait cent pages sans les annexes (157 en tout, mais il manque une table des matières et il y a des redites). Ceux qui ne savent pas où le lire peuvent cliquer ici vers le site de l'Elysée.

L'Elysée n'en tirera-t-il que le bénéfice d'une communication pour la campagne électorale présidentielle qui va débuter dans trois mois ? Le "candidat" branle trop dans ses certitudes pour achever une réconciliation entre des populations vieillissantes, victimes concurrentes encore sous le choc de l'affrontement. Il est à craindre un scoop maladroit au 19 mars 2022 pour passer à la postérité. Quant à se comprendre au niveau des pouvoirs, c'est déjà fait par maint canaux, à la fois sur les plans administratif et économique, à la réserve près que la caste militaire algérienne a besoin d'afficher une victoire mémorielle pour consolider son avenir et pérenniser sa prédation. La guerre contre la colonisation est son totem d'immunité. Au pouvoir, ils ne parlent que du handicap de l'occupation française sous les plafonds que nous avons construits, pour atténuer leur incompétence. Mais cette caste se trompe lourdement ! Les Algériens de la rue ont tout compris, autant leurs mensonges que les nôtres ! C'est à eux, du moins aux représentants qu'ils se seront choisis, que nous devrons nous adresser éventuellement pour retricoter quelque chose entre nos deux nations, s'ils le souhaitent toujours. Il y a de quoi faire, moins par l'histoire des cent quatrevingt-dix-ans passés à s'aimer et à se détester, que par les évidences géopolitiques qui nous désignent comme partenaires presque obligés et par les effectifs croissants de la communauté algérienne française. Que l'Algérie soit une grande démocratie prospère sera tout à notre avantage. Il suffit d'ouvrir une carte de l'Afrique ! Que nous y participions est naturel, tant par la communion de langue et de littérature que par les destins croisés de tant de familles de chaque côté ; et sans compter les intérêts économiques existants qui ne demandent qu'à se multiplier afin que ce pays sorte un jour de la monoculture des hydrocarbures qui l'épuise (clic). Trente mille jeunes algériens sont dans nos universités, c'est un signe. Mais eux, par exemple, le veulent-ils ce partenariat privilégié ?

Avec sur notre sol une population aussi nombreuse attachée à l'Algérie, juifs orientaux et pieds-noirs inclus bien sûr, ce défi que relève M. Macron n'est pas acccessoire même si d'autres urgences nées de notre propre gabegie en reportent sans cesse la réponse. M. Macron est-il le chef d'Etat capable d'aboutir à la synthèse de deux approches, française et algérienne ? Rien n'est moins sûr. Candidat à l'élection de 2017, il stigmatisait la colonisation de l'Algérie en crime contre l'humanité ; au moment de la remise du rapport Stora, il fait dire qu'il ne présentera ni excuses ni repentance aux autorités algériennes (ce que le rapport ne lui demande pas d'ailleurs). Un doute planne sur la sincérité du pouvoir. Terminons avec une citation de Ferhat Abbas relevée par Stora, qui évoquait il y a vingt ans la situation de malchance de son pays si proche de la situation actuelle, et souhaitons-nous donc plus de chance cette fois, si les Algériens le veulent bien :
« Au cours d'une longue conversation que j'ai eue avec le maréchal Juin, un an avant les événements du 1er novembre, mon interlocuteur finit par admettre qu'à ma place il se comporterait de la même manière que moi. A la vérité, une sorte de malédiction semble peser sur notre pays. L'Algérie n'a pas de chance. Elle n'en a jamais eu. Les choses les plus simples se compliquent à dessein et deviennent par la malignité des hommes, des problèmes insolubles.»
(Ferhat Abbas, Autopsie d’une guerre, Garnier Paris 1980)




Pour mémoire, URL des liens inscrits dans l'article :

- http://etudescoloniales.canalblog.com/archives/2007/12/14/7239215.html
- https://www.elysee.fr/admin/upload/default/0001/09/0586b6b0ef1c2fc2540589c6d56a1ae63a65d97c.pdf
- https://royalartillerie.blogspot.com/2012/03/50-ans-pour-rien.html



Les commentaires ci-après sont des additions, mais la fonction reste ouverte à tous

samedi 20 juillet 2019

Les Algériens champions d'Afrique... de foot !


La finale française de la Coupe africaine des nations aura appris à certains égyptiens que la France n'a pas encore disparu malgré les efforts louables de sa classe politique, à incinérer d'urgence après la théorie de scandales qui la souille.

Un tiers des joueurs sur la pelouse et les bancs étaient français, les sélectionneurs de l'Algérie et du Sénégal sont de Champigny-sur-Marne et l'arbitre ; nommé au dernier moment en remplacement d'un Sud-africain trop intègre, parle aussi la langue de Molière. C'est vrai qu'il incarnait parfaitement la Justice de nos frontons, les yeux bandés et la balance bien penchée !

L'Algérie a gagné logiquement en conclusion d'un parcours en coupe meilleur que celui des autres. Le Sénégal a montré de beaux talents individuels mais une fébrilité mortelle au moment de conclure. Le match ne fut intéressant que par les duels et les dribles. Entachée de nombreuses fautes, l'attention s'évaporait parfois.

Cette deuxième étoile arrive à point nommé sur un pays en révolution qui a décidé de faire appliquer sa devise nationale à la nouvelle classe dirigeante : « Un seul héros : le peuple !» Après un bon demi-siècle de gabegie et pillages familiaux, ces anciens départements français, qui avaient tout pour réussir, ont été confisqués par la hiérarchie du FLN victorieux qui les a mis en coupe réglée, bas ! Renverser les pouvoirs en place fut facilité par la débilité du président en exercice, mais quand le processus de purge démocratique sera achevé, se lèveront à l'horizon les terribles contraintes nées des désavantages acquis depuis l'indépendance.

La démographie d'abord. Trente pour cent (30%) de la population n'a pas quinze ans ! Les chiffres forcément bidonnés du chômage sont quand même à douze pour cent, et ne sont contenus que par l'émigration.

L'économie, tributaire des hydrocarbures ne sait pas fournir le nécessaire à une population de 42,8 millions d'habitants (clic).
Le commerce extérieur est celui d'un émirat désertique du Golfe persique mais ne correspond pas à un pays aussi grand et aussi peuplé. Il est complètement déséquilibré par le pétrole et ses dérivés et le pays subit les terribles secousses des cours mondiaux. Voir la fiche risque de la Société Générale en cliquant ici.

Pour aller dans le détail des problèmes algériens, il faut revenir à la liste des cinquante vœux émis par la Chambre de commerce d'Alger lors du cinquantenaire de la république. Royal-Artillerie avait été un des rares blogues à s'y intéresser. L'article de 2012 est toujours en ligne ici.

Le plus grand danger qui guette ce pays, avec lequel nos liens ne pourront se défaire jamais, est paradoxalement celui de la démocratie du modèle occidental. Parce que l'Algérie est très divisée, en ethnies, en classes sociales, en régions d'intérêts divergents, et surplombant le tout, la menace subversive de l'islamisme rural régnant sur une terre plate.

Il lui faudrait un pouvoir fort mais intègre. Sortant d'en prendre, il est peu probable que le peuple ne verse pas dans le vertige de la démocratie, confondue comme toujours avec la liberté. Mais quand on a dit cela, on doit admettre que depuis le grand Abd el-Kader il n'y a plus de solution !
Quoique, sait-on jamais !

lundi 25 février 2019

Algérie, l'exode couve !

L'Algérie entre en ébullition à l'annonce de la cinquième candidature pour la forme d'Abdelaziz Bouteflika. Les fondamentaux de la République démocratique et populaire sont tous mauvais. Il n'est même pas la peine de les citer, sauf à savoir que le pays importe des figues !

Une jeunesse nombreuse et désœuvrée ne voit aucun avenir dans les anciens départements français d'Afrique du Nord et il ne me surprendrait pas que naissent bientôt des manifestations devant l'ambassade de France, dénonçant l'abandon des peuples algériens à la clique mafieuse du FLN, jadis. On mettra à profit l'inventaire du professeur André Savelli dans une lettre à Bouteflika du 10 décembre 2007 (clic) pour s'en convaincre.

Cinquante-sept ans d'indépendance pour RIEN ! Avec une rente pétrolière importante, des embryons industriels développés, et une agriculture vivrière et commerciale compétitive disposant de larges marchés de consommation, les familles au pouvoir ont bouffé le capital et les intérêts, mais les comptes en Suisse sont bourrés. Lamentable !

Le tsunami démographique annoncé est confirmé par Boualem Sansal : « L’Occident […] ne peut que subir. S’il y a une explosion de l’Algérie, le Maroc et la Tunisie seront déstabilisés. L’Europe sera confrontée à un mouvement de masse qu’elle ne pourra maîtriser. Le problème de Calais paraîtra bien minuscule en comparaison ». La France se prépare-t-elle ? A connaître l'équipe au pouvoir ici, on peut en douter ! L'exode de la guerre civile ressemblera à celui des Pieds-Noirs de 1962 !

Radio France internationale faisait le point vendredi dernier :


mardi 20 novembre 2018

Islam en France, LE rapport

Prologue

Al-Mawlid an-nabaoui ou Naissance du Prophète est célébrée le 12 rabîʿ al awal (3è mois du calendrier musulman) et ça tombe aujourd'hui. Christophe Castaner, ministre des cultes, lance le travail d'une réforme des lois anti-cléricales de 1905 à destination de l'islam (et des évangéliques aussi), une occasion comme une autre de faire le point sur la controverse qui enfle chaque jour un peu plus, jusque sur les barrages jaunes du Tiers Etat aux cris de "Rentrez chez vous !" : sommes-nous (1)envahis, (2)devenus "terre de mission" ?
@(1) : oui
@(2) : oui
La France est une vieille amie des Musulmans. Sans remonter aux professeurs arabes de l'École de médecine de Montpellier ou au pacte de François & Soliman, la fréquentation des Maures et des Turcs n'a jamais cessée dans notre histoire. Ce fut dans l'armée du Second Empire que s'établit plus largement le dialogue entre deux préhensions du monde et ce, dès la guerre de Crimée où les Turcos (algériens) tinrent leur place de belle façon. Puis au Mexique, puis en 1870, toujours devant ! On pourrait parler de la Grande Guerre qui motiva l'érection de la Grande Mosquée de Paris, de la Seconde et du Tata de Chasselay etc... Il en reste un régiment de Spahis et un de Tirailleurs dont les tenues ou les insignes parlent d'eux-mêmes.


Cette collaboration s'est doublée après-guerre d'une population de travailleurs berbères puis arabes dans nos usines et sur les chantiers de plein vent, population que l'on vit aussi sur les marchés, dans des échoppes orientales où se vendaient de l'huile en jarre et des olives en vrac. A la différence des intégristes d'aujourd'hui, ils ne voulaient ni nous convertir, ni nous imposer leur mode de vie dans l'espace public et, de vous à moi, ne pratiquaient pas beaucoup, sauf à fêter les dates rituelles de l'islam. L'islam endormi, dirait Ferhat Mehenni, dirigeant kabyle en exil à Paris. Tout a changé !

Le débat du grand remplacement agite autant de craintes que de bêtises et personne de sensé ne le nie. Il suffit de sortir de chez soi, jusque dans la plus paumée des sous-préfectures, on croisera un homme à barbe et babouches en chemise de nuit. Est-il là pour nous remplacer ou vient-il tel le coucou dans le nid d'autrui vivre sa charia chez les autres ? Le pays est islamophobe au sens littéral qui veut dire qu'il a peur. Les phobies ne sont pas bonnes conseillères en France où l'on a toujours massacré autrui pour desserrer l'étau de l'angoisse, et de nous proclamer "civilisés" ne sert qu'à enfouir cette pulsion de détruire la cause du tourment au plus profond de nous-mêmes sans l'annihiler pour autant. Les pouvoirs publics refusent de prendre la mesure de cette fermentation parce qu'elle les condamne : cela fait presque vingt-cinq ans que la mèche a été allumée (sous Chirac) et que la classe politique dite de gouvernement a refusé d'en suivre la pyrotechnie. Que faire, que dire ? Pourquoi le saurais-je ?






Par contre l'Institut Montaigne a publié le travail d'un normalien passé aux affaires, qu'il présente en quelques mots:
Hakim El Karoui, agrégé de géographie, a enseigné à l’université Lyon II avant de rejoindre le cabinet du Premier ministre en 2002. Après un passage à Bercy, il rejoint en 2006 la banque Rothschild. En 2011, il rejoint le cabinet de conseil en stratégie Roland Berger où il est co-responsable de l’Afrique et du conseil au gouvernement français. En 2016, il fonde sa propre société de conseil stratégique Volentia. Il est également essayiste et entrepreneur social et il a créé le club du XXIe siècle et les Young Mediterranean Leaders.

Le rapport qui ne mérite pas le tiroir fait 620 pages que vous pouvez télécharger ici. L'institut en offre en plus gracieusement, deux moutures plus digestes : une version abrégée (clic) de 90 pages à lire dans le métro et un résumé exécutif (clac) de 8 pages destiné aux journalistes des chaînes d'information continue ; mais sur son site, il développe le travail avec honnêteté. C'est la conclusion que nous allons reprendre ici, et pour la critiquer il faut au moins avoir ingéré d'abord la version abrégée. Le Piéton n'est pas d'accord avec toutes les propositions formulées par M. El Karoui, mais à défaut de pouvoir proclamer le Grand Rembarquement, il essaie de les comprendre et de les retenir.

Le long article de l'Institut Montaigne "La Fabrique de l'islamisme" avec animations, tutoriels et liens méthodologiques vers d'autres travaux dans le même domaine est accessible ici. C'est assez énorme. Voici les conclusions exécutoires et un petit avis de Royal-Artillerie à chaque fois (RA1...7):


« Il ressort de notre analyse (ndlr: c'est el-Karoui qui parle) que l’islamisme est une véritable idéologie, très mal connue en Occident, un récit global qui vise à donner une explication au monde, un sens à la vie, un destin collectif aux musulmans ; il pense par lui-même avec ses propres concepts, sa grille d’analyse et sa vision du monde. Les valeurs portées par l’islamisme sont bien souvent orthogonales aux valeurs occidentales, d’où le sentiment de confrontation que beaucoup d’Occidentaux ressentent face à l’islamisme. Et ce n’est pas la peur qui doit nous guider pour imaginer une réponse. C’est plutôt la raison. »

RA1 : Première déduction, les deux paradigmes occidental et oriental pour faire court ne sont pas miscibles. Il faut du courage pour continuer à raisonner, mais l'auteur a su montrer qu'il en avait pas mal. On dit aussi qu'il a l'oreille du président.

« En France, il faut créer une institution chargée d’organiser et de financer le culte musulman (formation et rémunération des imams, construction des lieux de culte, travail théologique et lutte contre l’islamophobie et l’antisémitisme) : l’association musulmane pour l’islam de France (AMIF)... Par ailleurs, il est essentiel de disposer d’un discours religieux musulman en français alternatif à celui aujourd’hui dominant sur les réseaux sociaux, le discours salafiste. A l’image du dispositif PREVENT mis en place par les Britanniques, la France doit se doter de moyens et de réseaux importants pour diffuser ce contre-discours. »

RA2 : On comprend que la queue de trajectoire serait d'extirper l'islam de ses origines bédouines, mais serait-il pensable d'expurger la Bible pour la mettre à la "mode d'aujourd'hui" ? Cet aggiornamento lèvera contre lui toutes les forces intégristes de l'islam. Qui sera capable de résister ? D'expulser en masse les imams étrangers ? Castaner ? Macron ? Wauquiez ?

« Réinvention de la promotion du discours républicain. L’islamisme prospère sur de nombreux ressorts, parmi lesquels le sentiment, dûment relayé, d’un vide du discours public qui va bien au-delà du simple discours politique. Or, la République doit affirmer son modèle comme un modèle ouvert mais fondé sur des valeurs, des principes et des règles dont la normativité n’est pas discutable. »

RA3 : le problème est que le discours républicain n'est plus d'acception commune. Il est de plus en plus discuté, au début par les extrêmes des deux bords, maintenant au sein de la classe moyenne centriste qui voit ses propres valeurs dévorées par les normateurs de l'oligarchie. Les "valeurs" proclamées et jamais explicitées ne sont rien moins que les valeurs naturelles à l'humanité. Elles ne seront pas suffisantes à contrer le fanatisme du discours intégriste qui créé une humanité nouvelle de droit divin jusqu'à soutenir en chaire au fin fond des déserts que la terre est plate.

« Mobiliser le ministère de l’Éducation nationale : former les cadres et les enseignants à la laïcité qu’ils ne connaissent pas toujours. Leur apprendre à interpréter les manifestations de l’extrémisme religieux aussi. Comprendre ce qui est admissible au nom de la liberté de croyance et ce qui ne l’est pas parce que cela viole cette même liberté de croyance (qui est aussi celle de ne pas croire) est crucial. »

RA4 : On demande beaucoup au corps professoral, déjà insuffisamment formé à son métier de passeur des savoirs et franchement mal payé. La réforme des esprits ne peut tout entière s'opérer à l'école, même si des cours de morale seraient bienvenus. C'est d'instruction qu'il s'agit d'abord, le reste est à négocier hors les murs de l'Éducation nationale qui a déjà échoué sur son propre titre. Quant à proposer la langue arabe dans les options scolaires comme le demande le rapport, c'est un autre débat qui ne croise pas nécessairement l'organisation de nos défenses culturelles.

« L’État doit mieux s’organiser pour savoir d’abord précisément ce qu’il se passe, au-delà des questions liées directement à la sécurité et à l’ordre public. Si des mesures fortes et utiles ont été prises pour gérer les individus les plus violents, tout ce qui se situe en amont du phénomène est méconnu et peu pris en charge. L’État se doit d’améliorer la connaissance des tenants idéologiques et des aboutissants politiques et sociaux de l’islamisme... La question diplomatique est également cruciale dans le dispositif de résistance à l’islamisme. Tout d’abord, un travail d’explication doit être entrepris vis-à-vis des pays qui financent et tentent de contrôler leur communauté d’origine tout en ayant des leviers politiques sur la France. »

RA5 : Le renseignement intérieur n'est qu'une question budgétaire. On sait faire depuis Fouché. Par contre les contre-feux diplomatiques demandent une certaine force de conviction appuyée sur des finances en ordre et des armées plus "impressionnantes" que les nôtres aujourd'hui, outre les moyens d'intervenir où bon nous chante pour jouer notre avantage. Ce ne sont que des rapports de force que l'on peut dissimuler derrière des communiqués apaisants, mais à la base, c'est du brutal.

« Une coopération religieuse avec le Maghreb et les pays du Golfe est à envisager sérieusement. Nous avons donc des intérêts communs dans le champ religieux. Dès lors, la coopération devrait se pencher, outre le développement d’un contre-discours face aux terroristes et l’organisation du pèlerinage, sur un travail théologique dont l’objectif serait de trouver les bonnes réponses aux concepts salafistes saoudiens qui posent tant de problèmes en France. C’est le paradoxe de la situation : la propagande saoudienne est à l’origine du développement du salafisme. Mais, l’on ne combattra pas efficacement le salafisme sans l’Arabie saoudite. L’arrivée de Mohamed Ben Salmane, le prince héritier, est de ce point de vue une opportunité. »

RA6 : c'est raté !

« La montée de l’islamisme est également un sujet européen. Il mérite la mobilisation des institutions, notamment le Service Européen pour l’Action Extérieure (SEAE), pour faire évoluer leur façon d’aborder la problématique et s’atteler à partager les enseignements et bonnes pratiques de chaque membre. »

RA7 : La machine européenne est inadaptée au contrôle des esprits (la preuve par Orban, Kaczyński, Salvini et consorts) et trop lourde à opérer. Chaque pays doit agir en fonction de ses propres besoins sans appliquer encore des directives tombées du ciel sur la libération des âmes. Il n'y a rien de commun entre les problématiques française et tchèque par exemple, sauf des pitons où pendre le voile de l'insuffisance des politiques publiques comme le hijab ou tout autre vêture exotique, des épiphénomènes qui détournent de l'essentiel.


سأصل حيث تغرب الشمس


Conclusion

Il n'en demeure pas moins que le rapport est bienvenu parce qu'il n'est pas tout dans ses conclusions mais dans des analyses fouillées qui resserviront. C'est un monument et l'idée de ce blogue aujourd'hui n'est que de le signaler à ses lecteurs fidèles, parfois assourdis de commentaires définitifs d'éditocrates douteux... que je ne citerai pas pour ne pas dévier du sujet. Tableau-cadeau de Zo :


Le Rêve du Croyant d'Achille Zo


Epilogue

Lors de la première mouture de cet article didactique, nul n'imaginait que le parti algérien du FLN allait propulser Abdelaziz Bouteflika dans la campagne présidentielle d'avril 2019 pour un cinquième mandat. Il n'y a pas lieu ici de "juger" de la pertinence de ce candidat, cette annonce semblant relever de la politique politicienne dans les antichambres ministérielles algéroises.
Si l'incroyable se réalisait, le chaos probable déclencherait un vrai tsunami d'une jeunesse sans emplois vers le nord de la Méditerranée, et la question de notre rapport à l'orient compliqué deviendrait prégnante.
Il ne s'agira pas alors de trois ou quatre mille désœuvrés mais peut-être d'un million de désespérés de culture musulmane qui parlent notre langue et tenteront de se sauver du néant. S'y prépare-t-on dans les hautes sphères de l'orgueil énarchique ? Ça m'étonnerait. Le Quai suit-il ?

jeudi 10 mai 2018

À 60 ans du Putsch d'Alger


Ce dimanche 13 mai compte double, pour le souvenir du Putsch d'Alger de 1958 et pour celui de sainte Jeanne d'Arc bien sûr. Au-delà de la légende attestée par les minutes du procès de Rouen, Jeanne fut surtout un capitaine de guerre d'une rare intelligence du terrain, capable d'assimiler la tactique immédiate aussi rapidement que les vieux briscards qui l'entouraient, La Hire et Xaintrailles, Rais, Dunois. Elle sut aussi garder à l'esprit la queue de trajectoire de sa mission quand elle y inséra, contre l'avis de beaucoup, le sacre du dauphin Charles à Reims. Ce faisant, elle ôtait toute légitimité transcendée au prince de Lancastre et ralliait le maximum d'adversaires des Anglois pour les bouter hors du royaume. Cela se nomme stratégie ; pas sûr qu'à ce niveau d'expertise elle ait plu longtemps à la Cour.
S'il y a un mystère de la Pucelle, il est tout entier dans sa complète disparition sur Terre, à croire qu'elle fut emportée par les anges au Paradis, une sorte d'ascension. Bien sûr, on ne retrouva aucun reste de la crémation, mais n'apparut jamais un objet lui appartenant, sauf au Puy-du-Fou, ni l'anneau que l'évêque Cauchon lui avait pris, ni une pièce d'armure, ni l'étendard blanc, pas même une de ses épées. Quelque Chose a nettoyé la page d'histoire de tout artefact, de toute "relique", comme si l'on avait craint la naissance d'un culte. Elle ne fut d'ailleurs canonisée que cinq siècles après son supplice, ce qui fit longtemps tache sur la cappa magna des épiscopes français.
Postscriptum du 14: le Groupe d'action royaliste (GAR) a exhumé Le Ditié de Jehanne d'Arc (clic), un joyau de Christine de Pisan (1429) qu'on se plaît à réciter à haute voix.
Pierre Lagaillarde
Du Putsch d'Alger de 1958, on ne parle pas non plus en temps ordinaires. Fonder la Cinquième République sur un coup d'État militaire fait désordre dans les armoiries de la gardienne bavarde des droits universels de l'homme et du citoyen. Mais certains s'en souviennent (tititi-ta-ta), qui en éprouvent encore une grande joie, un peu de fierté, de mélancolie aussi, puisque le porteur de tous les espoirs du moment s'attela bien vite à les éteindre un par un, après en avoir garanti l'achèvement.
Il est trop tard pour raconter l'histoire de cette trahison qui épuise les nerfs. Le putsch avait déclenché une réaction populaire à l'avachissement général d'une classe politique liquidant les positions du pays les unes après les autres. Il ne fallut pas longtemps pour faire accepter au peuple qu'il avait tort de s'insurger contre le sens de l'histoire, mais pas celui de faire revenir l'Hermite de Colombey. On manipula les gens par des référendums à question double, privilégiant la lâcheté démocratique naturelle quand il s'agit d'effort. Préférez-vous garder l'argent ou développer les départements algériens ? c'était le sens des questions posées, enrobées de slogans grandiloquents comme la Paix des Braves pour impressionner Mimile. Quatre ans suffirent pour plier l'Algérie française.

L'Algérie fut larguée pour son malheur, et sans aucun remord pour les dommages collatéraux causés aux populations européennes et aux supplétifs indigènes qui s'étaient laissés enrôler. Cinquante ans d'indépendance n'ont rien apporté à sa population qui ne rêve que d'une chose : en partir ! Des lendemains dangereux s'approchent avec la succession de la momie ; pillage, spoliations et corruption de la nomenklatura n'étant plus supportables. Le printemps arabe tunisien était de la gnognotte en comparaison de ce qu'il se prépare en Algérie. Il suffit de lire régulièrement la presse locale. D'ici là, quand vous croiserez un gaulliste du canal historique, traitez-le de sac à merde, ça le surprendra !


L'Action française va marquer la journée du 13 mai par un cortège traditionnel de Jeanne d'Arc qui partira dimanche à 10 heures de la place de l'Opéra à Paris.


Courtoisie Kadou, Groupe action royaliste


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