Affichage des articles dont le libellé est inde. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est inde. Afficher tous les articles

dimanche 23 juillet 2023

Chiadez vos épitaphes !

Le titre académique original était celui-ci : "De la diagonale du fou à la verticale du vide" ; mais il sentait la sous-préfecture et je lui ai préféré la queue de trajectoire du présent billet.

En travaillant un peu, on pourrait faire vingt pages d'une écriture serrée pour analyser et comprendre la métamorphose du pouvoir russe, certes mal né, mais ayant compris au départ les attentes de sa population. Faire le choix de rétablir la souveraineté de la Fédération de Russie et de se faire craindre à nouveau était légitime, mais l'exercice d'un pouvoir en perpétuelle mutation a dérivé vers quelque chose qui s'apparente maintenant au règne le plus brutal de la Bêtise aveugle et sourde !
Si la reconstruction d'un Etat s'avérait nécessaire après le mandat éthylique de Boris Eltsine - on se souvient du développement phénoménal de l'industrie du rapt à la libanaise - on s'interrogeait déjà sur l'absence de plan pour transformer à long terme une économie de rente à la katangaise en une économie industrielle puissante, adossée aux richesses minérales inépuisables du pays. Les libéraux mis de côté, priorité fut donnée au réarmement naval et balistique, défensif d'abord puis menaçant ensuite, et à l'exportation d'hydrocarbures extraits et valorisés par les pétroliers occidentaux. La Russie s'installa sur une trajectoire de monopolisation de la fourniture de gaz à prix d'ami à l'Europe, s'assurant un débouché sur le marché le plus solvable du monde. La société de consommation fit dès lors son nid dans les grandes villes, sans jamais en sortir. Et tout le monde crut qu'elle entrait dans le club des nations raisonnables.

Harcelé sans doute par les théoriciens de la Sainte Russie éternelle et asiate menacée de partout, le petit csar, insuffisamment affranchi des réalités plus subtiles de l'époque, se mit à craindre que la fuite rapide des nations libérées de l'emprise soviétique vers le pacte atlantique de sécurité n'aboutisse finalement à un front d'hostilité grandissante à son endroit, et quand la "peste" s'étendit à l'Ukraine - nation-sœur qui n'en est pas une - il décréta la magouille hybride de 2014 vers le Donbass russophone et la Crimée de Catherine II. Génial mais pas autant que nécessaire, il y consacrera dès lors tout son temps, confortant ses décisions au sein d'un cercle de courtisans admirateurs du maître aux échecs. En effet, la réaction internationale qu'il avait bien jugée au gré de ses rencontres avec ses alter ego, fut modérée et d'ailleurs, le nouveau pouvoir élu à Kiev n'en fera plus tard pas un casus belli aux discussions d'Istanbul en mars 2022 où les deux républiques-croupions tiraient leur épingle du jeu, sans parler de la Crimée dont le sort était renvoyé aux calendes grecques. Gonflé d'orgueil et sous les applaudissements, le petit csar étala ses dons de stratège dans ce que nous pouvons appeler la "diagonale du fou". Un an et demi après la guerre-éclair du 24 février 2022 qui n'en finira jamais à l'en croire, s'il continue certes de détenir quinze pour cent du territoire ukrainien reconnu par les instances internationales, il voit désormais l'OTAN doté d'armes meilleures bondir vers lui, les deux pays clés de la Mer baltique orientale basculer chez l'adversaire, Gazprom perdre ses meilleurs clients, le réseau bancaire russe tricard du monde libre, l'industrie russe de consommation retourner au système D, la compagnie aérienne nationale survivre en canibalisant ses avions, et il faudrait dix lignes de plus pour convaincre notre distingué lectorat que les sanctions internationales sont une peste bien plus redoutable que la démocratie en marche sur le limes impérial, démocratie avec laquelle on peut toujours ruser sous condition d'influence en sous-main. Mais depuis le début de l'été, la diagonale n'est plus en action. Le fou semble usé.

Ville de Marioupol depuis l'espace
- Marioupol russifiée -

Par la destruction stupide du grand barrage hydroélectrique sur le Dniepr (le canal de Crimée est à sec), le bombardement hystérique des quartiers d'habitations dans les villes d'Ukraine et maintenant le chantage aux grains, s'ouvre le vide sidéral de la contre-stratégie, les abysses de l'intelligence disparue, la connerie parfaite de Vladimir Vladimirovitch. Est-il besoin d'épiloguer ? La réplique à ses délires n'a plus de "ligne rouge", de quoi renforcer les critiques acerbes des blogueurs patriotes comme Guirkine, et la Crimée devient une obsession balistique de laquelle le Kremlin se croyait prémuni. Un dépôt y saute chaque jour et le Pont Poutine ne tient qu'à un fil. A quoi le Hun réplique par le bombardement des quais de chargement des docks céréaliers d'Odessa visant directement la boulangerie africaine. Mais le vide d'intelligence descend plus loin que sa verticale apparente, à cause de cette idée géniale que fut la déportation massive de gosses blonds dont manque la Russie slave. Expliquons ça :

L'absence du petit csar au sommet des BRICS, provoquée par le mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale de La Haye, enclenche une mécanique extrêmement dangereuse. On ne vous l'explique nulle part ailleurs.
La charpente anti-occidentale en construction s'appuie sur la poutre eurasienne constituée de trois puissances économiques et nucléaires que sont la Chine populaire, l'Inde et la Fédération de Russie. Or l'absence du leader boréal affaiblit l'influence russe dans le triumvirat de fait. Même si le ministre Lavrov fera des pieds et des mains pour faire adopter les consignes du Kremlin et maintenir son rang, il manquera toujours les échanges de civilités, les discussions de couloir entre quat'zieux, les promesses cachées, les invitations discrètes, au final un déclassement de la Russie dont le chef d'Etat ne sera pas là pour accueillir les nouveaux membres qui devaient renforcer son aura.

Le plus sûr moyen de stopper ce déclassement presque inévitable, et périlleux pour l'extrême-orient russe, est de stopper cette guerre d'Ukraine rapidement, en débloquant ce faisant le grain que le tiers-monde attend pour confirmer son soutien à la politique anticoloniale du grand frère russe et en régorganisant les services de contrôle intérieur d'un Etat russe fragmenté. Aparté : le volet "anticolonial" relève du gag hilarant sachant que les nations non slaves fédérées sous la houlette du Kremlin sont toutes des colonies qui le détestent. Ceci dit, l'impasse Poutine n'est pas qu'une vue de blogueur occidenté. Des penseurs influents comme Sergueï Karaganov (clic) analysent toutes les contraintes que la guerre fait peser sur la Russie qui, même victorieuse, n'en sortira pas sans mal ; et après moult convulsions sémantiques, ils aboutissent à la nécessité d'une action définitive, même difficile à décider et à gérer, une frappe atomique à laquelle l'Occident ne répondra que par des proclamations outragées. En cause, les Etats-Unis qui feront un refus à l'obstacle et laissent déjà fuiter une certaine responsabilisation de l'Europe dans la continuation du soutien à l'Ukraine.
Mais le choc atomique aurait, à notre avis à nous, un autre effet : celui de rehausser la position de la Russie actuellement minorée dans le triumvirat précité. Cette décision indiquerait à Pékin que la conciliation demandée pour en finir dans l'affaire d'Ukraine n'ira pas plus loin que les intérêts fondamentaux de l'empire russe revenu sur ses terres historiques, outre le fait de montrer que la Russie demeure LE membre viril de la troïka avec le plus gros pouvoir de nuisance ! Pékin fera la gueule, mais les intérêts bien pesés de la coopération sino-russe et l'absence d'alternative auront raison de toute réaction précipitée. Il ne faut pas avoir fait Saint-Cyr pour deviner que le Kremlin, bientôt agoni d'injures, déroulerait alors un plan de coréanisation de l'Etat russe devenu un Etat-paria surarmé et financé par ses rentes minières dont le monde ne peut longtemps se passer. Un destin peu enviable pour les peuples de la Fédération, mais qui s'en soucie, même chez nous ? Pour sûr, une sortie du monde civilisé.
Cinq conséquences d'un strike atomique qui rebattrait toutes les cartes diplomatiques :
  • le seuil d'emploi de l'arme nucléaire serait abaissé et descendrait de l'étage stratégique à l'étage opérationnel ; qu'en penserait le Pakistan au Cachemire ?
  • le tabou d'une attaque nucléaire d'un pays non doté par un pays doté serait annulé ; des imitateurs ? Kim Jong Un ?
  • la Chine populaire entrerait dans la tenaille d'incertitude entre deux Etats foutraques, la Russie au nord et la Corée du nord à l'est ; il serait alors temps de parler de bascule stratégique pour le PCC, débordé sur la partie utile de l'empire (Dongbei) et défié à l'opposé par l'Inde sur le versant himalayen ;
  • un parapluie nucléaire deviendrait l'obsession permanente de tous les primo-accédants à l'atome, à commencer par l'Iran ; puis le Brésil, l'Afrique du Sud, l'Algérie dit-on etc.
  • la teneur de la réaction des Etats-Unis sera le juge de paix de leur protectorat d'Europe occidentale. On se souvient d'Obama en Syrie, on peut craindre un grand trou noir qui obligerait les Etats européens à sabrer dans les comptes sociaux pour réarmer à vitesse accélérée afin de sauver quoi ? mais la Pologne bien sûr, c'est Poutine qui le dit.

Combien de temps une Russie érémitique pourrait-elle tenir ? Aussi longtemps que le petit csar et son successeur pourront asservir les autres nations et leurs richesses à travers onze fuseaux horaires et que l'apathie légendaire du Russe persistera. Une redistribution des revenus d'exportation sera sans doute améliorée pour tenir tout le monde au sec mais l'aventure civilisatrice européenne, amorcée par Pierre le Grand, sera terminée pour plusieurs générations et le vide de tout destin deviendra monnaie commune tel qu'il en va dans la nuit communiste.


Liens en clair de cet article :

- Déclic : https://www.msn.com/fr-fr/actualite/monde/de-la-verticale-impitoyable-au-vide-abyssal-la-m%C3%A9tamorphose-du-pouvoir-russe/ar-AA1e9O68?ocid=msedgdhp&pc=U531&cvid=3a435d6d75b149c0b986d5b34c80e9c5&ei=79

- Karaganov : https://fr.wikipedia.org/wiki/Sergue%C3%AF_Karaganov

- Nucléarisation de la Biélorussie : https://charter97.org/en/news/2023/7/22/556808/

jeudi 23 septembre 2021

Abrégé de stratégie navale en zone Indo-Pacifique

mappemonde

La carte géographique ci-dessus est celle que les petits Chinois ont devant eux en classe pour leur ouvrir l'esprit au vaste monde. C'est celle qui illustre le mieux le concept d'empire du milieu. Les petits Japonais doivent avoir la leur légèrement décalée vers la ligne de changement de date. On comprend donc leur engouement plus tard à découvrir le sous-continent d'extrême-Occident qu'est l'Europe de l'Ouest. Le top de l'exotisme, le voyage d'une vie, l'Ushuaïa du luxe ! La France de Louis Vuitton étant le clou du tour !

C'est cette carte que Joe Biden a affiché dans son garage à Wilmington (Del.). Messieurs Hollande et Le Drian voulaient la même, mais les Huns du Califat prirent Tombouctou pour y couper la musique, les cheveux et des mains, les obligeant à ressortir celle du méridien de Paris. Les chancelleries bruissent encore du surprenant strike que fait sur le Pacifique-nord le président le plus vieux que les Etats-Unis aient jamais élu : nucléariser la marine royale australienne pour l'associer à parité de capacités interopérables dans une guerre annoncée contre la Chine populaire dès sa première attaque... si d'aventure les hommes de Xi Jinping se maintiennent assez longtemps au pouvoir à Pékin.

Jusqu'à l'arrivée du gouvernement de Scott Morrison, l'Australie alignait ses pions au sein du jeu d'échecs asiatique. L'Australie s'insérait en Asie du Sud-Est pour des raisons de bonne gestion économique, la Chine et l'ASEAN faisant l'essentiel de son commerce extérieur. Jusqu'à même concéder un bail emphytéotique de 99 ans à la corporation chinoise Landbridge Group pour gérer le port de Darwin (NT) ! Ce port est un maillon d'une route de la soie vers l'Océan indien. Il est spécialisé dans l'exportation de cheptel vif (vers l'Indonésie) et de vrac minier, l'importation d'hydrocarbures et de marchandises diverses dont les automobiles. Cela n'empêche nullement les Etats-Unis de maintenir une demi-brigade de fusiliers-marins à quelques encâblures des docks chinois.
Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes jusqu'à ce que la Chine populaire réalise que son levier commercial devenait très puissant (la Chine absorbant bientôt la moitié du commerce extérieur australien) et que les tuition fees de dizaines de milliers d'étudiants célestes de plus en plus sensibles aux thèses du Parti communiste chinois (17 milliards d'euros selon Libération) permettaient d'intervenir dans le contenu des cours universitaires et dans la politique étrangère des Aussies. L'administration Obama-Biden avait fait des reproches au gouvernement fédéral australien pour son laisser-faire ; celle de Trump avait haussé le ton, jusqu'à ce qu'arrive à la barre au mois d'août 2018 qui voulait en découdre : Scott Morrison, sous vos applaudissements ! Les Chinois ont manœuvré comme des abrutis dans la séquence des loups combattants en ne négociant rien, donnant au nouveau cabinet australien tous les motifs de les contrer ! C'est là qu'intervient le changement de pied dans la marine de guerre ; un "complot" vieux de dix-huit mois maintenant, destiné à surprendre... la Chine ? Et ce fut la France qui prit le boulet dans le buffet !

Alors que les sous-marins anaérobies français étaient la meilleure option non-nucléaire en zone dénucléarisée pour défendre efficacement tous les parages du continent australien, et donc de rester forts mais chez soi, les sous-marins nucléaires américains allongeront la capacité offensive jusque sur les atterrages de la République populaire de Chine. Cela fait une différence énorme. L'Australie, qui sert aux Américains d'antenne Echelon et de base-arrière logistique depuis toujours, est à nouveau happée dans la guerre annoncée (du moins par les Etats-Unis) comme elle le fut au Vietnam, en Irak et en Afghanistan et cette fois encore, contre ses intérêts propres. Elle rompt en plus l'accord anti-nucléaire austral en acceptant d'assembler et maintenir chez elle des propulseurs atomiques à l'uranium enrichi au grade militaire. La Nouvelle-Zélande a déjà dénoncé ce revirement, et la nouvelle donne insulte les micro-nations de l'océan qui voient la première puissance du Pacifique-sud emprunter une voie interdite par elle-même après les derniers essais nucléaires français de Mururoa. Pour mémoire, les propulseurs atomiques miniaturisés des Barracuda français tournent à l'uranium enrichi au grade de 20% au lieu de 80% pour les américains.

Ce revirement annonce-t-il la nucléarisation de l'énergie électrique ? Si l'Australie veut décarboner sa consommation d'énergie, disposant de ressources importantes en uranium, son meilleur choix est la centrale nucléaire de dernière génération, au grand dam du cousin néo-zélandais. Ce serait donc un 180° qui retentira comme un coup de tonnerre à travers tout le Pacifique-sud. Nul n'en voit encore les conséquences qui seront de longue mèche, à coup sûr.

Après le pacte Aukus, on ne peut dire encore comment vont se ranger ou se reclasser par rapport à la Chine populaire les puissances sur zone. Elles sont trois en division 1, de l'ouest à l'est, l'Inde, l'Indonésie et le Japon. Elles sont six en division 2 : la Malaisie, la Thaïlande, les Philippines, le Vietnam, Taïwan (ROC) et la Corée du Sud. Et il ne faudra pas se fier aux déclarations des uns et des autres mais surveiller leurs démarches factuelles. L'entrée de l'Australie (qui manœuvrait déjà dans le cadre du QUAD) au sein de la stratégie des détroits accroît la pression conflictuelle, d'autant que sont annoncés les premiers sous-marins nucléaires en prêt-bail pour former ses équipages. Djakarta a signalé la hausse du risque de prolifération et de surarmement, mais au seuil d'une condamnation émise par Djakarta, les pêcheurs industriels chinois continuent à pénétrer dans les eaux de l'archipel des Natuna, ce qui est proprement stupide de la part du PCC, aveuglé par la "ligne en neuf traits" de Tchang Kaï-chek (qui en comportait onze).

carte de la mer de Chine par la ROC en 1947
Carte de la Mer de Chine du Sud publiée par la République de Chine en 1947


Commençons par la Chine. La future première économie du monde est à la merci d'une interruption des flux marchands dont elle vit, flux dont les routes peuvent être coupées assez facilement au niveau des approches océaniques. Une grande puissance doit forcément être "océanique". En cas de crise intense, les Chinois doivent être en capacité de forcer un blocus en Mer du Japon ou à travers la ligne des Ryukyu pour rejoindre l'Océan pacifique nord et organiser la protection des convois marchands, sinon forcer le passage à travers les Philippines, de même qu'ils doivent pouvoir traverser l'archipel indonésien pour atteindre l'Océan indien si le couloir de Malacca leur est fermé. Dans ces circonstances, il ne s'agirait pas de nautisme mais de guerre navale à outrance. On comprend son insistance à capter toute la Mer de Chine méridionale pour en faire un lac intérieur sûr où déployer leurs ressources logistiques en arrière des fronts. On comprend surtout son impatience à recouvrer Taïwan dont la côte opposée ouvre sur l'océan. Tout ceci explique sa fébrilité à disposer au plus vite de deux escadres modernes puissamment armées, capables de faire réfléchir ses contempteurs principaux que sont les Etats-Unis et le Japon. Malgré les cadences effrénées dans ses chantiers navals, elle n'y est pas encore parvenue et tout laisse à penser que la flotte américaine du Pacifique va être renforcée par l'administration Biden.
Le défi qu'affronte la Chine populaire en périphérie des mers de Chine n'est pas la différence des tonnages ou le nombre de missiles embarqués mais sa capacité à faire combattre l'escadre engagée dans les trois dimensions sur une durée suffisant à atteindre ses objectifs. C'est loin d'être simple car elle ne dispose d'aucun historique de guerre navale alors que le Japon et les Etats-Unis sont des experts en la matière pour avoir combattu l'un contre l'autre sur le plus vaste théâtre d'opérations imaginable, l'Océan pacifique. On comprend que les Etats-Unis veuillent péréniser ce gap à travers des manœuvres fréquentes en coalition pour maintenir matériel et équipages au top niveau. Mais ce n'est pas parfait non plus chez eux, à voir les avaries répétées en mer. Quoiqu'il en soit aujourd'hui, au vu des escadres engagées, la bataille navale annoncée sera... "fabuleuse". Dommage que l'Australie ait décidé de ne pas engager nos sous-marins Shortfin Barracuda classe Attack pour les faire entrer dans l'histoire ! Continuons la revue :

L'Indonésie est un empire flottant de milliers d'îles de toutes tailles (la mère des thalassocraties) peuplées de deux cent soixante-dix millions d'habitants, qui ferme la Mer de Chine méridionale. Cet espace est invincible rapidement, sauf dans la durée et musulman ! Sa cousine la Malaisie ou plutôt la fédération des neufs sultanats malais, surveille en tenaille la partie sud de la Mer de Chine et la sortie par le détroit de Malacca vers l'Océan indien. Comme l'Indonésie, elle est une jungle invincible. Elle a de plus assimilé une diaspora chinoise qui tient à haut niveau son économie et qui se méfie des communistes chinois comme de la peste. A sa pointe sud, le plus gros port du monde, Singapour, est indépendant et chinois.
Jusqu'à présent le monde malais, bien que très attentif, n'est pas monté en pression plus que de raison. Avec la guerre froide sino-américaine, le QUAD et l'Aukus, pactes extérieurs à lui, la tentation va être grande à Djakarta comme à Kuala-Lumpur de réarmer sérieusement pour ne pas subir les dommages collatéraux de la bataille de Taïwan annoncée. Y placera-t-on nos sous-marins Attack* ? Un peu chers peut-être.

* Naval Group Malaysia a fourni deux sous-marins Scorpène et travaille sur des frégates légères furtives (LCS) avec la Malaisie.


Les Philippines ? c'est Cairn Info qui en parle le mieux. Nous n'allons pas réécrire l'article de Quentin Chanal Stratégie maritime – Entre espoirs et vestiges : la marine philippine en changeant les virgules comme s'y complaisent certains. C'est à lire en cliquant sur le titre. Il conclut le dossier comme suit : « La marine philippine va rajeunir et gagner en polyvalence, mais la stratégie navale du gouvernement semble se borner à la protection des côtes, de la population et de l’ordre public. Comme depuis des années, et probablement pour l’avenir à long terme : plutôt que de préparer sa marine à une confrontation avec le rival chinois, Rodrigo Duterté a choisi de s’en faire un allié, allant jusqu’à demander son aide pour lutter contre l’explosion de la piraterie dans les eaux philippines. Il ne reste alors plus guère de raison d’investir le maigre budget militaire philippin dans une force de haute mer comme le souhaitent les responsables de la marine… Laquelle serait de toute façon déclassée par ses rivales régionales, qui ont presque toutes entamé une modernisation à marche forcée de leurs moyens navals. Alors que le pays est au cœur de plusieurs transitions simultanées (sociopolitique, économique, diplomatique), il semble clair que ce n’est pas par la force de son arme navale qu’il entend s’imposer sur l’échiquier régional d’aujourd’hui et de demain.» Il n'empêche que la pêche armée chinoise continue son harcèlement des îles littorales, ce qui a conduit la France à proposer de doter le pays d'une flotte submersible correspondant à son empreinte maritime sur zone, bien dans la ligne du double jeu du président Duterte. Les gracieusetés américaines pourraient nous y favoriser.

La Thailande commande le golfe éponyme et s'ouvre sur la Mer d'Adaman. Sa Royal Navy est une force navale littorale axée sur la police des eaux territoriales contre tous les trafics, et ils sont nombreux, et la surveillance de ses approches. Diverses problématiques intérieures ont privé la marine thaïe d'un rehaussement du tonnage et des systèmes d'armes. Par contre elle s'intéresse au concept de guerre maritime hybride (HMW) beaucoup moins coûteux et tout aussi efficace selon ses promoteurs qu'une ligne d'escadre. Ce concept, créé par le colonel des Marines Frank Hoffman en 2007, articule la riposte du faible au fort par des moyens conventionnels dissimulés en attaquant la cible dans plusieurs secteurs simultanément. C'est la méthode qui fut choisie par le Kremlin pour phagocyter la Crimée au nez et à la barbe des Ukrainiens. Appliqué aux crises navales, le HMW nous ramène à l'époque de la course à brevet, voire à la piraterie. Dans les faits, on surarme de petites plateformes furtives que l'on lance sur la cible, en saturant les réseaux de communications et en procédant à une déception ailleurs. On sait que les grands vaisseaux qui font l'orgueil des flottes océaniques sont à la merci d'un speedboat furtif armé d'Exocets, voire d'un chalutier cachant dans ses entrailles deux tubes lance-torpilles. ou tout autre vecteur inventé pour James Bond. Mais c'est bien la mise en conférence de plusieurs techniques simultanées qui garantit le succès. La Royal Thai Navy travaille sur cette option et limite, ce faisant, ses ambitions maritimes à la défense de ses intérêts de continuité. Ce choix permet aussi de mieux déceler les intentions d'opérations asymétriques de l'ancien sultanat malais annexé en 1902 et toujours turbulent.

Le Vietnam est dans la même situation que Taïwan, à portée immédiate de la Fureur. L'esprit de Plan a privilégié la mer afin que le pays devienne une réelle puissance maritime en Mer de Chine méridionale pour limiter au possible l'espace laissé à la Chine populaire dans la zone d'intérêts vietnamiens. Flotte marchande, flotte de pêche, caboteurs de transport, navires d'exploitation minière, tourisme balnéaire et forcément la marine de guerre qui va bien. L'économie martitime du Vietnam contribue aujourd'hui au tiers de son produit intérieur brut, pas mal.
Sa stratégie, à défaut de pouvoir faire confiance au grand frère chinois, est de tisser des liens avec les autres au sein de l'ASEAN, de bombarder les institutions internationales de ses revendications fondées sur le droit de la mer et de se montrer acueillant vis à vis des Etats-Unis avec lesquels le Vietnam participe à des manœuvres navales. Il compte aussi défendre absolument les îles lui appartenant pour que le prix de leur conquête soit dissuasif. Ils savent faire. Comme la Thaïlande, le Vietnam est concerné par ses intérêts propres et aura peu d'appétit à converger vers une coalition anti-chine, surtout à des motifs moraux ou... démocratiques. Et comme tous les riverains de la Mer de Chine méridionale, le Vietnam s'adonne au double jeu.

Pour le Japon et l'archipel des Senkaku menacé par Pékin, nous prions le lecteur de retourner à nos articles :

- J'irai mourir aux Senkaku du 14/09/2012
- Le facteur américain du 26/10/2012, et accessoirement :
- Le phare d'Agincourt du 20/10/2012.

Les Senkaku sont la ligne d'intrusion en avant des RyuKyu qui sont, elles, les portes de l'Océan pacifique. Leur valeur stratégique est notable dans la mise en œuvre d'un endiguement de la Chine populaire qui se trouve ainsi repoussée vers la Mer du Japon, en tenaille entre la Corée du Sud et l'empire nippon. Sauf à conquérir Taïwan ! L'autre issue étant le détroit de Malacca au sud, impraticable en cas de guerre. Pour terminer ce tour d'horizon, disons que le Japon contribuera à l'endiguement dans un renfort efficace de la VIIè Flotte US car il dispose de bâtiments modernes et d'équipages entraînés. Le soleil rayonnant est revenu sur ses navires d'autodéfense.

En deux mots, la Corée du Sud n'entrera peut-être pas en guerre contre la Chine qu'elle considère comme sa génitrice civilisationnelle. Son unique obsession est la Corée du Nord et tout son agacement s'adresse au Japon, qui peine à reconnaître tout le mal qu'il lui fit. On pourrait y voir des manifestations d'ampleur contre la nouvelle guerre froide de Joe Biden, si la Chine populaire modérait ses provocations maritimes, ce qui n'est pas demain la veille.

Nous avons gardé l'Inde pour la fin. Le géant indien commande son "propre" océan ! Comme tous les grands Etats du monde il a besoin de sécuriser les flux marchands qui sont le sang de son économie. La géographie du sous-continent, avec les hautes montagnes de la chaîne himalayenne au nord et à l'est, et un voisin hostile à l'ouest, le Pakistan, oblige l'économie indienne à respirer par ses huit mille kilomètres de côtes. La protection d'un trafic marchand si important l'oblige à déployer une flotte de guerre de bon niveau et d'un tonnage respectable. La Chine a la même obligation stratégique. On ne parlera pas de Ceylan dans les griffes des corporations chinoises, ni du collier de perles chinois qui va des Paracels à Djibouti, ce serait trop long.

Océan indien

La menace permanente pakistanaise oblige l'Inde à modéliser des plans d'attaque pour bloquer tout renfort au niveau des grands ports comme Karachi avec sa base navale, celle d'Ormara et plus loin le port rapide (chinois) de Gwadar, ce qui signifie des capacités amphibies. A l'est, le Myanmar est l'allié objectif des Chinois qui pourraient y disposer rapidement d'une base navale. L'Etat précaire de la paix armée avec la Chine populaire au Ladakh exige de l'amirauté indienne le déploiement de moyens pour contrer en même temps la Chine et le Pakistan, très capables de se coaliser contre elle ; auquel cas il lui faudrait bloquer le détroit de Malacca pour rompre les liaisons maritimes chinoises au débouché de la Mer de Chine méridionnale. A noter qu'on parle ici de trois puissances nucléaires !
On comprend mieux l'intérêt pour l'Inde de participer aux manœuvres du QUAD (Quadrilateral Security Dialogue) dans l'Océan indien avec les Etats-Unis, le Japon et l'Australie. La nouvelle du pacte Aukus la renforce directement. Tout ceci nous indique que les capacités de construction navale sont primordiales pour l'Inde mais qu'elle doive aussi recourir aux importations de technologies étrangères (russe, française) puisque la menace s'accroît. Elle participe aussi à la course aux bases navales sur tout l'Océan indien concurremment à la Chine. La France lui a ouvert les siennes.

Est-ce bien utile de parler de la France et du Royaume-Uni dans le schmilblick ? Ces deux pays lointains (voir la carte recentrée en tête d'article) cultivent un tropisme impérial jugé exotique voire "comique" par la plupart des acteurs de la zone indo-pacifique. Dans l'esprit des élites informées, la Grande Bretagne est un championnat de foot à nul autre pareil, et le destin des possessions françaises parsemant l'espace maritime austral est à terme une indépendance douce, sans violence. Peut-être que le résultat du troisième et dernier référendum proposant à la Nouvelle Calédonie de voler de ses propres ailes en sera pour eux la confirmation. Ceci pour nous dire que la posture global player tant de Macron que de Boris Johnson est d'une grande vanité, surtout avec les moyens étiques disponibles sur zone.


Pour fixer les idées, Global Firepower classe cent quarante pays du monde par puissance militaire sur un indice de puissance conventionnelle calculé en son sein sur 50 critères pour les trois armes, dont ils ne dévoilent pas le détail, mais on sait que l'index mesure en fait les capacités d'agressivité. Voici ceux de la zone Indo-Pacifique (avec l'index de référence -> 0,0000 c'est le maximum théorique):

1er/ Etats-Unis d'Amérique (0.0718)
2ème/ Fédération de Russie (0.0791)
3ème/ République populaire de Chine (0.0854)
4ème/ Union indienne (0.1207)
5ème/ Japon (0.1599)
6ème/ Corée du Sud (0.1612)
10ème/ Pakistan (0.2073)
16ème/ Indonésie (0.2684)
19ème/ Australie (0.3378) (on touche du doigt le souci australien)
22ème/ République de Chine (Taïwan) (0.4154)
24ème/ Vietnam (0.4189)
26ème/ Thaïlande (0.4427)
28ème/ Corée du Nord (0.4673)
44ème/ Fédération de Malaisie (0.7451)
48ème/ Philippines (0.8219)
Pour mémoire, la France est classée 7ème sur 140 pays avec un index de 0.1681 comparable à celui de la Corée du Sud, et le Royaume uni est 8ème/140 avec 0.1997 à peine mieux que le Pakistan.


Conclusion pour nous

Dans son discours à l'Assemblée générale de l'ONU du 21 septembre 2021, Joe Biden a célébré les alliances qui renforcent la politique américaine. Il n'est pas question de partenaires, moins encore de co-décisions partagées. La conversation téléphonique d'apaisement entre Biden et Macron a débouché sur un approfondissement des questions de coopération bilatérale, et a évoqué le renforcement du pilier européen de l'Alliance atlantique, ce qui ne peut-être dans l'esprit de Biden que l'augmentation des budgets militaires européens. On se doute que tout développement des relations sera contrôlé par le Pentagone dans un schéma de subordination. Nous ne sommes pas pris au sérieux. Rien de changé ! Il est plus que temps que la France joue le match dans des crampons à sa pointure plutôt que de courir dans des galoches en 45 quand on fait un petit 41. Nous irons plus loin bien chaussés.
Utilisons les alliances à notre profit - et l'Alliance atlantique par exemple en propose beaucoup - et cessons de nous prétendre exportateurs de valeurs, lumières, foutaises et vessies ! Braquer les Etats-Unis ne nous apportera rien, nous coucher devant eux non plus. Innovons, fabriquons et commerçons sérieusement sans morgue ni arrogance, en évitant de nous proposer comme la meilleure alternative aux ambitions de l'Oncle Sam !
Sachons raison garder la tête froide. E la nave va !

vendredi 29 février 2008

PMG : Choc de Titans

monde électrique
Les Manants du roi publient une chronique du général Gallois titrée "Le Choc des Titans". C'est une longue synthèse géostratégique qui tourne autour de la globalisation des activités humaines et en fouille tous les recoins jusqu'à bien expliquer la puissance des nouveaux fonds souverains générés par ce succès planétaire de l'émergence des "pays milliardaires". Il serait avisé de la part des Manants de faire un tiré à part de ce dossier sous "pdf" afin de pouvoir l'archiver en l'état car le travail accompli par l'auteur est conséquent. Beaucoup d'informations sourcées, de tableaux clairs, intelligemment mis en perspective. Avant de continuer ce billet de Royal Artillerie, le mieux est bien sûr de lire cet article de Pierre-Marie Gallois en cliquant ici.

pierre-marie GalloisA la fin de cet article magistral j'ai réalisé que les empires chinois et indien reprenaient tout simplement le rang qu'ils occupaient à l'aube de la révolution industrielle occidentale. Ce qui ne veut pas dire qu'ils n'aient jamais eu d'industries. La Chine par exemple connaissait la production de série depuis le haut empire, à preuve les soldats de l'armée de terre cuite, qui peut-être sont dix fois plus nombreux que le carré qui a été déblayé à Xian, ont été produit dans des "usines" qui pratiquaient le taylorisme ... en l'an 200 avant JC. On a retrouvé les repères d'assemblage et les poinçons de traçabilité.
L'Inde a beaucoup donné dans les temps anciens à l'Occident, sinon même presque tout, alphabet, astronomie, métallurgie, agronomie ... Et la colonisation anglaise lui a redonné le goût des grandes manufactures, goût dont elle tire parti aujourd'hui dans tous les domaines jusqu'à venir faire de l'acier chez nous. La Chine est bien différente mais un empire de tous temps réputé pour la force de travail de la race han. Si des coolies chinois ont participé à des travaux publics ou des récoltes agricoles dans le monde entier, cela nous indique que ce peuple a une prédisposition. Lui donner les "outils" de son développement comme la globalisation les lui a apportés a suffit. Soit dit en passant, si le char de la République chinoise de 1912 n'avait pas versé dans le maoïsme en 1948, le surgissement qui nous effraie aujourd'hui aurait eu lieu à la fin des années soixante !
Je remets en ligne l'image de la cité-état de Chongqing au coeur de la Chine pour que l'on mesure ce que veut dire "émergence" :
Chong Qing
En fait on doit considérer que les "empires milliardaires" avaient été coulés par le choc de civilisation des XIX et XX° siècles, et qu'ils émergent à nouveau d'un océan économique où nous pensions qu'ils avaient coulé. Les Titans² dormaient. Les potentialités perduraient, inemployées. D'ailleurs les manuels scolaires de géographie des années 50-60 ne leur donnaient aucune chance de développement. Tout était promis aux pays neufs et communistes, et rien à ces magmas populeux misérables sans rentes minières ni autres talents que ceux de l'exotisme. On mesure où conduit l'endogamie des sociétés de géographie vivotant dans une idéologie. En est-il pareil de l'Afrique aujourd’hui ? un peu.
L'article du général Gallois décrit très bien "Le choc". Il garde sans doute pour un prochain billet l'exposé de notre contre-attaque occidentale. Sans attendre, nous allons l'esquisser et nous verrons un jour si nous convergeons.

J'ai relevé quelques rares approximations qui résultent sans doute d'un raccourcissement de paragraphe ou de correction de texte, mais qui n'affaiblissent pas la portée du discours (exemple cf. nota 1.).

On peut dire que nous avons une vingtaine d'années de tous les dangers devant nous, ou un quart de siècle. Le temps nécessaire à ce que les niveaux de vie asiatique et occidental se rapprochent, le développement des marchés intérieurs "milliardaires" engloutissant l'essentiel de leurs propres productions. Il ne peut en être autrement pour une simple raison : La communication planétaire instantanée jusque dans la dernière yourte mongole, indique à chacun l'écart à rattraper pour vivre "normalement".
La bonne volonté que montrent les cohortes ouvrières chinoises n'est portée que par la rémunération de leur travail, elle-même destinée à l'amélioration de leur position socio-économique. Les générations qui triment paient la pension de leurs vieux parents mais surtout le font pour améliorer l'avenir de leurs enfants. Les autorités chinoises le savent parfaitement, même si parfois ils nous laissent l'impression de cyclistes dévalant le Tourmalet sans freins. Rien ne peut continuer sans sécurité sociale ni si le rêve de l'ascenseur social se brise. D'autant que le souvenir de l'époque maoïste reste pour beaucoup celui de l'égalité des chances au départ, et surtout de la sécurité d'emploi et vieillesse - c'est d'ailleurs ce modèle social ce qui a coulé les Corporations d'Etat.

Ils nous rattraperont d'autant plus vite que notre niveau de vie va baisser. Ce n'est pas un souhait, mais un résultat arithmétique. Un pays moyen de 63 millions d'habitants disposant de 28 millions d'actifs potentiels dont 4 millions de fonctionnaires non hospitaliers, qui laisse au chômage 2 millions de travailleurs plus 2 millions à tiers-temps, plus tous ceux qui sont sous les radars sociaux, ne peut maintenir longtemps son train de vie général, surtout quand on sait que son gouvernement emprunte chaque semaine, pour faire vivre les rouages de son organisation et la protection sociale de tous.

AttaliLes réformes nécessaires sont trop coûteuses en termes électoraux, et surtout heurtent de front la nomenklatura. Et comme la démocratie n'a que le génie du compte, l'entropie universelle fera chez nous tous les ravages annoncés, sauf "révolution". A voir l'accueil du rapport Attali dans les allées des pouvoirs parlementaires on mesure la dureté Brinell de l'ossification de nos structures politiques. Après la révolution, nous pourrons renaître, un peu comme les Asiatiques sont revenus à la surface.

Oui, nous sommes bien les pays "anciennement industrialisés", mais il n'est pas écrit que nous soyons voués à la désertification. Plus de la moitié des produits ou services consommés sur la planète à l'échéance de vingt ans sont réputés inconnus aujourd'hui. Il faut donc mettre le paquet sur la recherche, et la matière grise. Par exemple les Américains et les Européens tiennent la dragée haute depuis des lustres au reste du monde dans la R&D informatique. On passe même sur le ventre des Japonais ! Etudions pourquoi, et appliquons les résultats à d'autres secteurs. Les soucis de l'espèce humaine sont en train de muter de la consommation à outrance de produits éphémères vers une consommation consciente. Creusons ! Dit en passant, les Américains viennent sur les questions environnementales depuis qu'ils y ont détecté du profit à faire en quantités énormes. Et ils vont réussir car c'est le pays de l'Innovation à outrance. Ne nous laissons pas distancer.
nanotechnologies
Explosons l'Etat pachydermique sans grâce ni talent qui enfle de sa gangrène gazeuse, crée une taxe chaque mois, et se croit autorisé à tout couper et trancher ; même le prix du lait ou celui de la baguette de pain que l'on envoie des ministres noter chez les détaillants ! Que partent ces gens ! Que partent ces saltimbanques et qu'on vide la piscine politique pour en jeter au fumier leurs métastases, la relève. Ils ne servent à rien, bavassent, biaisent, trompent et s'engraissent de nos déficits à compte des enfants à naître. Faudra-t-il arriver à la ruine de la nation pour s'apercevoir de cette vampirisation ?

Dans le concert occidental de la renaissance attendue, nous ne pourrons jouer aucune partition en l'état si nous laissons les fauteurs de déclin aux commandes ou dans les sphères d'influence. Il faut des hommes neufs, intelligents, jeunes, au moins d'esprit comme Pierre-Marie Gallois, ouverts au monde, capables d'appréhender les axes forts du Futur sur lesquels nous tracerons notre route sans complexes ; et qui ne se retourneront pas sur un passé bien moins glorieux qu'on ne le raconte, à peine de nous changer tous en statues de sel.
Faut-il répéter que nos enfants vivront dans la "France de demain" ? A entendre le tapage des arriéristes de service, cramponnés aux mangeoires républicaines, hurlant à l'euro, je crois que oui.

: Nota 1. L'auteur dit : « L’appareil industriel des Etats-Unis subit le choc de la surproduction à bas prix des « milliardaires en vies humaines ». General Motors est en difficulté, Ford procède à de nouveaux licenciements après avoir perdu 2.7 milliards de dollars au 4ème trimestre de 2007. Les milliardaires Chine et Inde n'exportent pas de voitures aux Etats-Unis ; la concurrence vient du Japon et surtout des usines japonaises implantées aux Etats-Unis. En outre les trois grands de Detroit exportent peu et les productions indiennes font epsilon sur les marché du Tiers-monde solvables. La Chine n'exporte quasiment rien, pour l'instant.

: Nota 2. Mythologie grecque, les Titans en cliquant ici
.


Si l'article vous a plu ou déplu, vous pouvez aussi le faire suivre à un ami en cliquant sur la petite enveloppe ci-dessous :

Articles les plus consultés