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lundi 5 juin 2017

Ubu et la fake science

"What the fuck in America ?" me disait hier ma concierge américaine. C'est tout simplement l'aboutissement d'une longue guerre des fossiles contre les énergies renouvelables et le marché-carbone, menée par les frères Koch et leur groupement d'intérêts Americans For Prosperity qui tirent depuis 2008 à coups de millions sur les sénateurs et représentants rétifs. Pour comprendre de quelle façon le parti républicain a été "reconstruit" par le fric et pourquoi tous les ténors républicains du Congrès (sauf McCain) ont applaudi la décision de Donald Trump, il faut lire le long article de Davenport et Lipton dans le New York Times du 3 juin : How GOP Leaders Came to View Climate Change as Fake Science (clic).

Douze heures après le retrait fracassant du gouvernement US de l'Accord de Paris (COP21), la fronde s'est organisée à grandes enjambées par tous les territoires de l'Union. Vendredi matin, trois gouverneurs démocrates (CA, WA, NY), des dizaines de maires de grandes villes (dont Los Angeles, Salt Lake City, Atlanta, New York, Pittsburgh, la ville emblématique du discours de Mr Trump), des patrons importants, des dizaines de doyens d'université ont convergé dans une volonté de continuation des mesures visant à freiner le réchauffement climatique mondial. Le public ne va pas tarder à s'organiser et MM. Trump, Pence et Bannon vont faire se lever la pire contestation de leur politique populiste, sans lignes de partage ethnique, classe d'âge ou de revenu. il est difficile de gouverner plus mal en levant tout le monde contre soi sauf les red necks des Appalaches ! Que n'a-t-il promis en campagne pour se faire élire ! Au jour de parution de ce billet, la contestation aura grossi au niveau d'un tsunami*.

La presse entre dans le détail des conséquences du désengagement annoncé et ce modeste blogue ne va pas s'y frotter, mais il peut s'avancer sur le terrain psychologique. L'étude de comportement du cas Donald Trump s'achève sur sa façon grotesque de chanter à tue-tête l'hymne national en mémoire des soldats morts au combat le 29 mai dernier, tout en en gigotant sur place comme à l'Oktoberfest devant l'orchestre en culotte de peau. On rapporte que les parents des soldats morts ces derniers temps en furent outrés ! Mais lui s'en fout. Une étude de comportement du nouveau président des Etats-Unis ferait déjà quatre cents pages, jusqu'à vouloir prendre la main au pape pour faire un mano a mano de pure com (hoax) ! La présidence n'est qu'un théâtre, les décrets sont signés devant les caméras et retournés vers elles pour bien montrer la signature de Dieu. Quand il y pense, il toise ses interlocuteurs en levant le menton comme le Duce, pus se ravise sur un sourire pour la photo. Et finalement, il est partout chez lui, fait le pitre à la danse du sabre chez les Séouds, le monde lui appartient comme un grand champ de fric à moissonner. Donald le formidable est en scène du lever au coucher. Il adore parler de lui. On peut lire la version prononcée de la déclaration de retrait de la COP-21 devant son parterre de groupies sur le site de la Maison Blanche en cliquant ici. NDLR : sur les sujets de politique internationale l'administration Obama publiait jadis la traduction française du discours officiel dans la foulée (autre temps, autres mœurs).

Les deux axes soutenant la thèse climatosceptique américaine sont l'emploi domestique et les transferts financiers vers le Tiers-Monde. La transition énergétique est créatrice d'emplois, mais ce ne sont peut-être pas les mêmes, au mêmes endroits et ne s'adressent-ils pas non plus à la même clientèle électorale. Ce qui est probable en revanche, c'est que les emplois techniques induits par la révolution énergétique sont en train de quitter les Etats-Unis, sauf si Ubu change d'idée, ce qui est possible encore ! Quant à l'argent - juste obsession mais obsession quand même - les pays pauvres n'en ont pas demandé tant que ça au premier producteur de pollution cumulée de la planète, trois milliards de dollars seulement. Au fait, si le budget fédéral se retire, les GAFA pourraient couvrir facilement la contribution due. Il reste que l'esprit "positif" de la COP21 est un facteur de cohésion sociale dont les Etats-Unis n'auraient donc pas besoin ?

Ourse en zoo au Canada

Nous n'avons pas les compétences pour juger de la pertinence des mesures engagées à l'échelle du monde par les signataires de l'Accord, mais les yeux ouverts nous font voir que les glaces fondent au Groenland, que les inter-saisons raccourcissent en France, que les épisodes météorologiques sont plus violents, sans même faire l'inventaire des tornades, tempêtes et inondations en Amérique du Nord, les villes asiatiques sont irrespirables, en bien des coins l'eau pue. La planète change (à cause des gens sans doute, de la surpression démographique aussi) mais il n'est pas inutile de s'atteler sans attendre Trumpinator à son nettoyage de printemps, en grand et à fond. J'aurais préféré à la réponse ironique du président Macron "make our planet great again", un "make the earth clean again", c'est déjà herculéen et moins disgracieux à l'endroit d'un dirigeant qui n'a pas le niveau de la fonction.

Cette grande dispute illustre la faiblesse programmatique des démocraties qui se gouvernent sur l'instant, au sondage, au nombre et parfois comme ici, sous la puissance de la corruption institutionnalisée ! Les meilleurs projets des gouvernements démocratiques sont amputés des moyens de leur projection à long terme au bénéfice d'avantages politiques de court terme. Ce n'est pas que nos vieilles nations européennes en soient incapables mais elles courent d'une élection à l'autre et le renforcement de leur socle électoral prime tout, après le fameux état de grâce des cent jours qui ridiculise le régime. Après, est-ce la rue qui gouverne ? Vient en outre une mode nouvelle chez nous, celle de défaire les mesures prises par l'équipe précédente, surtout quand elles sont bonnes. Deux empires se projettent à trente ou quarante ans parce qu'ils ont détaché la géostratégie des débats quotidiens, ce sont des dictatures : la Fédération de Russie et la République populaire de Chine. Et pour la seconde, le dire au lendemain de l'anniversaire du massacre de Tian'anmen me coûte. Mais les perspectives assumées sont là-bas. Le revirement climatologique de Pékin est le fruit d'une analyse poussée sur des constatations irréfutables.

Sans appeler au pavois le despote éclairé qui remettrait les choses au carré (quoique !) on touche du doigt l'intérêt d'un pouvoir permanent libéré des passions partisanes qui s'occuperait des grands sujets de temps long. Un roi ferait ça bien. Imaginez que les trente plus grands pays du monde soient des monarchies actives. Les effets du réchauffement climatique les inquiéteraient gravement puisque leur progéniture recevrait la promesse de défis impossibles à relever, et en cénacle plus restreint que l'Assemblée générale des Nations unies, ils prendraient des mesures communes de sauvegarde dans l'intérêt de tous. Ceci ne doit pas diminuer les mérites des organisateurs de la COP-21 et de M. Fabius. Vingt ans de négociations, précipitées sur un résultat planétaire dans un sprint de trois ans, une procédure qui pourrait nous faire mentir sur l'incapacité des nations à s'entendre. C'est bien pourquoi l'intrusion grotesque de l'éléphant Trump dans ce magasin de porcelaines est du domaine des calamités. On n'avait jamais réuni 195 pays sur un texte de 39 pages !



Mais, soyons fair-play. L'éléphant peut être aussi un grand niveleur de difficultés. Que s'est-il passé entre les chefs d'Etat arabes et Donald Trump lors de son voyage chez les Séouds ? Sabre en main, dansait-il de joie ? Ce matin les téléscripteurs crépitent : l'Arabie séoudite (allié de référence des Républicains), le Bahrein (pays-hôte de la V° Flotte de l'US Navy), Les Emirats arabes unis qui tiennent toute la Côte des Pirates et plus sérieux, l'Egypte qui éradique systématiquement chez elle les Frères musulmans outre le fait qu'elle est la première puissance économique, démographique et militaire de la région, coupent les ponts avec le Qatar, au motif du financement avéré du terrorisme international. Si bien des politiciens français** sont abattus ce matin, c'est ailleurs que se lève le vent de la panique. Les fondations, associations caritatives ou pieuses de la péninsule arabique puis toutes celles du proche Orient savent qu'elle sont devenues depuis ce matin des cibles pour les polices secrètes arabes, bien plus redoutables que les nôtres. On va suivre maintenant la cascade d'accidents regrettables qui va nourrir le feu de la purification qui va blanchir ceux qui l'apportent. Un motif ? Je m'avance ? Donald Trump a convaincu les Séouds et leurs alliés qu'il irait jusqu'à vitrifier l'Iran si nécessaire sous condition de leur pleine collaboration dans la lutte contre le terrorisme islamique et pour la pacification du Moyen Orient. Toute autre explication sera bienvenue.


(*) Ampleur du mouvement de contestation et résistance écologique aux Etats-Unis suite au retrait de l'Accord de Paris : les élites américaines cherchent à réunir les gouverneurs des Etats fédérés, les doyens d'université, les grands patrons, les maires des métropoles. Il serait étonnant que la Maison Blanche, à moitié staffée et qui pis est, à partir du fond de panier, puisse affronter la bronca générale, les jours n'ont que 24 heures et le vieux président fatigue vite. Les coups de menton n'y suffiront pas !
(**) Lire le bouquin de Georges Malbrunot, Nos très chers Emirs

jeudi 30 mars 2017

Passons aux énergies renouvelables

Centrale de Crucey (Eure & Loir)
Le malheur de l'humanité n'est pas d'avoir laissé la belle Ève manger la pomme du boa, mais d'avoir découvert qu'un kilo de pétrole avait la puissance d'élever de mille mètres une tonne de n'importe quoi ! Et Rockfeller vint ! On connaît la suite dès qu'on a lu tous les Tintin au pays de l'or noir et la malédiction de la facilité qui s'est abattue sur beaucoup de pays détenteurs d'huile. A quelque chose malheur est bon, côté consommation les progrès furent gigantesques tant dans les transports que dans la chimie organique, sauf que la fracture des hydrocarbures par combustion charbonne l'atmosphère et menace d'aplatir le globe comme une pizza brûlante que couvrira bientôt l'océan réchauffé. D'où l'idée de ne pas creuser plus encore, de garder la ressource pour sa transformation noble (plastiques et steaks) et de capter en lieu et place les énergies anonymes et vagabondes que sont le vent, le soleil et l'eau qui bouge au gré de la lune.

Billets de soutien RA libellés "Jean Lassalle" à cliquer:
- Un berger à l'Elysée du 15/03/2017
- Jean Lassale, note liminaire du 19/03/2017
- But de la manœuvre du 22/03/2017
- Libertés basses du 24/03/2017
- Une autre Europe demain du 27/03/2017

Jean Lassalle fait des énergies renouvelables un des points importants de son programme électoral avec ses mots à lui :
« La valeur d’une vie humaine ne peut plus se calculer à la présence ou l’absence de ce liquide sous ses pieds. Le nucléaire a été longtemps présenté comme une alternative, mais après l’accident de Fukushima, et alors que l’ensemble nucléaire français vieillit, nous devons reposer la question. Des choix énergétiques difficiles sont devant nous, et ils nous engageront pour longtemps. Prenons le temps de les comprendre et d’en débattre.
Les forces conjuguées du soleil et des marées sont susceptibles de produire autant d’énergie que le pétrole, et de se substituer au nucléaire. Dans notre pays où le soleil ne se couche jamais, ou sur le continent africain, comment croire que l’énergie solaire puisse nous faire défaut ? Je suis certain que le solaire se serait développé bien plus vite si les intérêts pétroliers ne l’avaient freiné.
Mettons au service de la transition énergétique les moyens consacrés aujourd’hui à la « dérégulation » et la privatisation de l’énergie, et les énergies nouvelles prendront rapidement le relais ! Nous pourrons clore paisiblement ce qui est devenu le cauchemar du pétrole, et libérer la France de sa dépendance aux pays qui nous le vendent.»

Si les énergies renouvelables ne sont plus aujourd'hui des fadaises d'hurluberlus exilés en Haute Ardèche - elles ont pris les trains de l'industrie énergétique - d'autres contestations naissent à mesure de leur développement, et dans le camp souvent de leurs premiers promoteurs, les écologistes. Est-ce le rapt du concept par des gens efficaces qui vont faire des sous sur les énergies renouvelables, qui a braqué tant de gens contre les barrages hydroélectriques ou contre les éoliennes ? L'enjeu visant à remplacer les énergies fossiles est suffisamment énorme pour qu'on saute d'échelle et abandonne les microturbines et les pompes à hélices pour industrialiser dans le sérieux ce que l'on appelle désormais des "fermes", des "champs". Nous ne sommes plus à la pièce mais par centaines, d'hectares pour les fermes solaires, d'unités pour les champs éoliens offshore. Il n'y a pas le choix ! Et si la filière gagne de l'argent sans subventions, le succès de la conversion énergétique est assuré, nonobstant l'intrusion de pales géantes dans le paysage partout.

Reste l'énergie nucléaire, formidable technique plus efficace encore que le kilo de pétrole, mais qui a commencé par le péché originel d'Hiroshima et Nagazaki. Certains ne s'en sont jamais remis et le combat pro/anti tourne à la guerre de religion. Mon dieu est plus puissant que le tien. L'avenir de l'énergie nucléaire est dans sa transformation atomique, la fission du noyau cédant le pas à la fusion. Trois fois plus d'énergie est libérée par la fusion et la ressource est inépuisable puisqu'il s'agit d'eau de mer : un tonne d'eau salée comprenant 33g de deutérium va produire autant d'énergie de 700 tonnes de pétrole. Tous les espoirs du monde reposent sur le Tokamak industriel d'ITER en construction à Cadarache. Dans l'hypothèse assez probable d'une validation de l'industrialisation de la fusion contrôlée, les premières centrales pourraient tourner dans la seconde moitié du XXIè siècle. S'il est vérifié que les sous-produits ne sont pas radioactifs (essentiellement de l'hélium 4), le seul frein à l'exploitation du procédé ne pourra être que le prix du kilowatt-heure produit, et bien sûr les éternels contempteurs du progrès laissés pour compte.

Le souci premier de Jean Lassalle est de briser notre dépendance au pétrole étranger. Qui ne serait d'accord s'il fait défiler sous ses yeux nos fournisseurs ? Spectacle pénible...
Question : comment ferons-nous rouler nos automobiles de la liberté ? Voudrait-on nous encager tous dans des transports collectifs ? Je me méfie. La pile à combustible alors ? L'hydrogène. Quelqu'un a-t-il quelque chose contre l'hydrogène ? Non ? Je savais bien qu'on y arriverait.

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lundi 18 février 2013

Une idée qu'elle est bonne !

«Les nouvelles sont mauvaises d'où qu'elles viennent», chantait Stephan Eicher. Croissance zéro, déficit agravé, taxes en hausse, peu d'emplois créés, beaucoup d'emplois détruits. Au milieu du marasme, Jean-Philippe Chauvin, qu'il est inutile de présenter [en photo], a lancé une idée de ruralisation pour combattre le chômage. Il est rare en pays cartésien que l'on s'attaque intelligemment aux symptômes sans vouloir régler d'abord la ou les causes du mal, ce qui aboutit le plus souvent à n'aboutir à rien car l'entreprise est colossale. L'idée pleine de bon sens est développée dans un billet du 8 janvier intitulé Une Piste contre le chômage. Prolongeons sa piste, nous en ferons un chemin. Lisez-le, ce n'est pas long, sachant qu'il n'est pas nécessaire non plus d'attendre l'établissement d'une monarchie fédérative.
Rénover l'habitat rural n'est pas une idée folle si elle ne convoque pas de gros crédits budgétaires, parce que les territoires vont être essorés par l'Etat central à compter de demain matin, c'est dans le brouillon du projet de loi de finances 2014. Sans justifier une par une les composantes du projet ci-dessous par un chapitre critique complet, en voici l'épure :

§.1- But à atteindre : rénover l'habitat ancien en groupant les interventions sur une, deux communes non encore mortes pour commencer, afin d'apporter une masse critique de population supplémentaire en termes de services publics de proximité et de chalandise.

§.2- Cadre géographique : le département. S'il n'est pas sollicité de concours financiers importants du Conseil général, il apportera sa pierre à l'édifice en termes d'autorisations et règlements divers, urbanisme, adductions, voirie... Le conseiller général peut en tirer gloire, ce qui n'est jamais négligé.

§.3- Population visée : familles nombreuses mal-logées dont un adulte travaille, afin d'atteindre plus facilement des chiffres dans un premier temps, de transférer des secours publics tant qu'il y en aura, parfois un savoir-faire ou un talent utilisable à destination, et pour parier sur l'avenir par les enfants.

§.4- Biens visés : biens abandonnés, successions vacantes, biens délaissés pour cause de rénovation lourde. Le soutien d'agences immobilières locales peut être déterminant pour sélectionner les biens transformables et ceux qui sont des loups.

§.5- Moyens d'acquisition : les hoiries vacantes pourraient être préemptées par le département qui les céderait à la structure d'aménagement privé du paragraphe 7. Les biens abandonnés devraient être déclarés tels et cédés par la même procédure. Les biens à céder contre numéraire pourraient être achetés par des SCI associant la structure du paragraphe 7 et la famille intéressée (les valeurs sont généralement faibles, voir plus bas des prix bretons affichés avant transaction).

§.6- Moyens de rénovation : c'est peut-être en ce "détail" que gît le diable. Le bénévolat n'est pas la solution ; trop d'aléas, connotation "restos du coeur". Il n'y a pas d'autre voie que de passer par un SEL¹ ou un groupe Castor². Les Impôts locaux risquent fort d'entraver l'exécution des programmes de rénovation car ils ne captent rien sur un SEL bien mené. A creuser sans retard !
(1) Système d'Echanges Locaux. L'esprit du SEL est par ici
(2) Coopératives d'autoconstructeurs ayant des accès matériaux et conseils

§.7- Structure d'accueil : une association loi de 1901 dédiée à la rénovation rurale, appelant à cotisations le plus largement possible et organisant des souscriptions village par village ou SEL par SEL.

§.8- Travail : le programme de rénovation donne déjà des heures de travail rémunérées d'une façon ou d'une autre. Sans atteindre l'autarcie, potager et basse-cour contribuent à l'ordinaire de manière sûre. Mais tout emploi extérieur au système ou à sa plus proche périphérie soulage le projet, d'où l'intérêt d'une qualification marchande des candidats. Pour mémoire, un salarié au SMIC 2013 coûte 21330 euros par an TTC.

Cet épure n'a que le mérite, s'il existe, de créer huit points de discussion et réflexion. Ce peut peut être le squelette d'un dossier qui développerait les huit points en huit chapitres constitués chacun d'une présentation, une critique franche, de tableaux et références qui vont bien (EHESS, CNRS...) ; à la réunion desquels on obtiendrait un modèle solide servant à la promotion du projet par divers canaux (recherche d'associés, soutiens départementaux, presse, réseau immobilier...). Après la confection du Plan de développement, il faudrait commencer par un canton dans un seul département. Peut-être à lancer après les cantonales mais à préparer dès maintenant pour le faire mousser pendant la campagne électorale de 2015.
A vous les studios !

90m2 sur 400m² à 22000€ à déb. au Morbihan

130m² à cloisonner dans les Côtes d'Armor, 18000€ à déb.

4 murs droits de pierres, charpente et volige sur place, 15000€ à déb. avec 400m² en Îlle & Vilaine







lundi 7 janvier 2013

Chine : la sécurité publique au rapport

Legal Daily est un bulletin du ministère de la Justice de Chine populaire qui traite d'affaires judiciaires. Il est diffusé jusqu'au dernier cadre du Parti. Il a publié le 27 décembre dernier son rapport de manifestations de masse pour l'exercice en cours de clôture et donné ses recommandations pour traiter ses questions au niveau local. C'est très instructif sur l'état de l'Opinion chinoise vis à vis de ses administrations. On comprendra que le ministère n'ait pas noirci le tableau, et les non-dits sont des aveux pour tous ceux qui ont eu maille à partir avec les autorités et qui ne se retrouvent pas dans le Rapport annuel 2012, que l'on obtient sur simple demande au ministère (avec nom, prénom, date et lieu de naissance, nom du père, nom de la mère, motif de la consultation.... faut pas rêver non plus). Ce que veut dire le ministère est aussi intéressant que la vérité. D'autres administrations chinoises situent le nombre de protestations collectives entre 80 et 100000 par an, mais tout dépend bien sûr de la masse agrégée chaque fois !

Premier mis en cause le réseau social de microblogging Weibo. Et Legal Daily de recommander aux autorités locales de ne pas bloquer l'information, de ne pas disperser les rassemblements par la force, de ne pas commencer par des arrestations, mais de prendre une attitude positive en faisant des déclarations sincères et en contactant les meneurs. Cette attitude est bien sûr destinée à la consommation populaire afin de pouvoir dire quand ça dérape que c'est par désobéissance des cadres locaux aux directives nationales et pas à cause de la politique de contention de la contestation... légitime. Façon aussi d'enfoncer le clou dans les têtes de pioche communistes de base que Weibo sera à la fin le plus fort et qu'elles se seront déconsidérées en vain aux yeux de la population.

Quelques statistiques :

- les manifestations ne durent généralement pas plus d'une journée (75,6%), parfois jusqu'à une semaine (20%), rarement plus (4,4%).
- les provinces les plus remuantes sont au nombre de trois : le Guandong (ndlr= capitale : Canton, et grosses villes de production industrielle), le Sichuan (ndlr= capitale : Chengdu, et forte minorité tibétaine à l'ouest), le Henan (ndlr= capitale : Zhengzhou, et pays très rural sur le Fleuve jaune avec de fortes rivalités ethniques).
- les motifs d'insatisfaction sont au nombre de six :
  • conflits sociaux (24,4%)
  • affrontements entre la population et la police locale (22,2%) C'est assez révélateur d'une insécurité politique du Parti communiste.
  • démolitions immobilières forcées, expropriations (22,2%)
  • conflits administratifs (13,3%)
  • émeutes ethniques (8,9%)
  • protection de l'environnement (8,9%)
- la mise en cause de l'intérêt général dépasse nettement celle des intérêts particuliers (57,8 contre 42,2%). Les affrontements contre les constructions d'usines polluantes ont émaillé toute l'année 2012.
- les segments de la population impliqués dans ces manifestations sont parfaitement sectorisés : citadins (51,1%), paysans (46,7%), migrants intérieurs (17,8%), étudiants (11,1%), minorités ethniques (4,4%) et ressortissants étrangers (2,2%) chiffre important quand on sait la facilité d'expulsion.
- les cadres locaux sont invités à se préparer (voire s'entraîner) aux situations d'urgence d'autant que 53% des manifestations sont spontanées (31% programmées d'avance et 16% interviennent après une accumulation de griefs).
- les vecteurs d'appel à manifester sont divers, mais très majoritairement par contact direct entre individus (rencontre, coup de fil à 95,6%), les réseaux sociaux étant surestimés pour l'instant, 13,3% par Weibo, 4,4% par un forum et 4,4% par sms ou "tweets". Le reste, on ne sait pas.
- La part du microblogging ne peut que croître. Voici la recommandation explicite de Legal Daily :
On s'aperçoit que la nature des manifestations collectives change avec le développement d'Internet et qu'il y a de plus en plus de méthodes disponibles pour les organiser avec des gens qui ne se sont jamais vus mais se constitueront en groupement d'intérêts, ce qui encouragera les incidents de masse. Dans ces circonstances, tous les d=services des administrations locales ont besoin de professionnaliser leur utilisation des comptes officiels Weibo et leur surveillance et contrôle de l'expression publique sur Internet.
- les conséquences de ces manifestations collectives laisse entrevoir une brutalité (réciproque):
  • dommages aux biens (73,3% des cas)
  • blessures (71,1%)
  • solution pacifique (11,1%)
  • morts (8,9%) ndlr= ce qui est énorme !
- les réponses données aux revendications collectives ont été épluchées. Il ressort de l'étude que les mesures positives (57,8%) sont au même niveau que les mesures négatives (62,2%), 15,6% des cas n'ayant fait l'objet d'aucune mesure (pourrissement). Sont considérés comme positifs les explications officielles, la discussion avec les meneurs, l'enquête sur les procédures contestées, l'arbitrage bienveillant, la publicité des lois et règlements. Sont considérés comme négatifs le blackout de l'information, la dispersion par la force publique, l'arrestation et la détention des meneurs.

Ce que nous apprend ce rapport (dont les éléments de base ont été sollicités en tous sens, ne nous leurrons pas) est la forte instabilité sociale du pays et la résilience surprenante (pour le Parti) de la contestation. Inutile de mettre tous ces gens en prison, suggère Legal Daily, le nombre de manifestations ne baisse pas et la violence des conséquences largement avérée, empire. C'est bien sûr la corruption endémique des mandarins et la distorsion gigantesque des niveaux de vie aggravée par l'étalage impudent d'un luxe du plus mauvais goût par les "profiteurs" de la libéralisation économique qui nourrissent la revendication générale ; mais aussi le défi sanitaire auquel le pays est confronté et contre lequel réagit la classe moyenne et la jeunesse ; il n'est pas besoin de sondes, compteurs et capteurs pour étouffer par endroit dans la suie du développement échevelé. Quant à l'eau... c'est un effluent d'égout, tout y va.
Le nouveau cabinet Li Keqiang qui prendra la barre après le Nouvel an lunaire et dont on anticipe une meilleure compétence dans les affaires sociales et environnementales, devra relever les défis précités, au milieu de nombreux problèmes diplomatiques. Les premières déclarations de la "jeune "équipe" laissent comprendre qu'ils ne différeront pas les réformes intérieures à meilleure fortune des contentieux externes - le nouveau président est déjà président de la Commission militaire centrale sans le délai d'usage - mais que la fracture sociale et l'environnement auront leur priorité. Reste à mettre la langue de bois en musique !




Shizhou City Juin 2009



(Merci à Danwei pour sa compilation d'images)

dimanche 30 septembre 2012

Mooncake

Au quinzième jour du huitième mois, presque à l'équinoxe d'automne¹, on célèbre la déesse de la Lune et de la Longévité. Dans le calendrier impérial chinois cette fête est symétrique de la fête du soleil qui se tient à l'équinoxe de printemps. Cette fête, dite aussi du Milieu de l'Automne² depuis l'empire Song, se résume souvent à l'échange de boîtes de gâteaux à l'oeuf appelés mooncake³. Elle se nomme ainsi "Mooncake" tout simplement, comme nous dirions Saint-Mooncake ! La fête est célébrée au Vietnam et dans toutes les communautés chinoises d'outremer, en Thaïlande, Indonésie, Philippines et même Japon. Les taoïstes de la Vieille Chine fêtent la Nuit de la Lune en sortant promener des lanternes, en allumant partout des lampions, en lâchant des petites mongolfières ou en flottant des feux sur l'eau, voire par endroit en organisant des bals nocturnes. Il est de bon augure que la lune brille à ce moment. Les municipalités plus riches organisent des retraites aux flambeaux, un corso au dragon lumineux et des feux d'artifices géants.



Même si l'abêtissement consumériste touche aussi les populations chinoises, et plus gravement les continentaux, il est rafraîchissant de voir surnager ces belles traditions païennes qui persistent à vouloir relier l'homme à la Nature. Chez les Chinois, le taoïsme ancestral est inscrit dans les gènes et aucun converti à une religion monothéiste occidentale ne dérogera à ces pratiques véhiculées de génération en génération. Peut-être est-ce cela la vraie écologie, mêler intimement la Nature à sa vie plutôt que de recevoir le mandat céleste d'exploiter la terre à sa guise comme la Bible nous le rapporte. Heureux peuples qui conservent une mythologie qui les enserre dans leur environnement et qui les tient toujours debout au Milieu du monde depuis quatre mille ans.




(1) 22 septembre 2012 à 16:49 Paris, le soleil a passé l'équateur céleste
(2) Une bonne synthèse sur la Wikipedia française
(3) Une recette de gâteau Yuebing :
INGRÉDIENTS POUR 10 PERSONNES
Pour la pâte :
300 g de farine
750 g de pâte de graine de lotus
10 jaunes d’oeuf salés
7 petite cuillère d’huile d’arachide
1 petite cuillère de thé noir (Pu’er)
1/2 petite cuillère de levure
Pour la décoration :
2 jaunes d’oeuf
1 petite cuillère de sucre
2 petites cuillères d’eau

PREPARATION :
Mélangez le thé noir (Pu’er) avec la levure.
Enveloppez les jaunes d’oeuf salé dans un papier d’aluminium huilé.
Faites les cuire au four pendant 20 minutes (90°)
Coupez le pain de farine de graine de lotus en 10, faites un creux au centre de chaque bloc et, placez-y un jaune d’oeuf salé.
Roulez-les pour en faire une boule.
Tamisez la farine et mélangez avec le thé et l’huile.
Laissez reposer la pâte sous une serviette mouillée pendant 4 heures. Coupez en 10.
Enveloppez chaque boule avec la pâte et mettez-la dans un moule à gâteau de lune.
Aplatissez bien, puis retirez du moule et, placez les gâteaux sur un plateau huilé.
Faites cuire au four à 200ºC pendant 15 minutes.
Puis enlevez les gâteaux et arrosez-les d’eau.
Faites cuire encore à 180ºC pendant 5 minutes.
Sortez et brossez les gâteaux avec l’oeuf battu, le sucre et l’eau.
Faites cuire encore 10 minutes jusqu’à ce que les gâteaux prennent une belle couleur dorée.
(recette Traditions d'Asie)
Easy !

mardi 14 février 2012

Le Nonagone du piéton du roi


Neuf propositions inédites plus une pour la détente (la gâchette), c'est la contribution de bon sens du blogue Royal-Artillerie au débat électoral pour la présidentielle. Ce mini-programme sans ordre de priorité est soumis au principe de non-cohérence, à savoir que les mesures ne sont pas liées entre elles. Leur choix est librement autoporteur.
Ce nonagone, non approuvé par cinq cents parrains, sera adressé aux candidats présidents de la République, et lequel répondra en acceptant d'inclure dans son propre programme une seule des neuf propositions gagnera la voix du Piéton du roi, qu'il pourra afficher dans sa salle de bains, au dessus du miroir. Sans se prendre au sérieux, l'affaire est quand même sérieuse, une fois.

PRIMO : Réhaussement de l'enseignement des langues vivantes.
Les professeurs de langues étrangères du collège au lycée seront progressivement recrutés parmi les diplômés locuteurs de leur langue maternelle, et les lycéens quitteront le second degré en parlant couramment deux langues étrangères.
Le ressort de cette mesure est à bander au niveau européen pour que tous les professeurs de langues de l'Union européenne soient locuteurs natifs. Ainsi le marché du professorat sera élargi - les profs de français enseigneront partout -, de même pour ceux d'allemand, anglais, italien, espagnol...
RA+
La capacité à s'exprimer naturellement dans deux langues étrangères est un atout de compétitivité indéniable. Les peuples ne disposant pas d'une langue universelle sont paradoxalement plus ouverts au monde et plus performants dans leurs entreprises, et dans les organisations planétaires où se prennent les grandes décisions ; cette aisance à jongler parfaitement avec au moins trois langues donne l'aisance nécessaire à la cafétéria pour s'ouvrir les portes des directions, toutes choses égales par ailleurs.

DEUZIO : Pour une tête bien faite.
Les langues mortes structurantes comme le grec et le latin seront intégrées de plein pied au programme des collèges, en commençant par les établissements zonés. On retirera des programmes les cours "sociétaux" décérébrants pour libérer des heures et on allongera l'année scolaire comme en Europe du Nord. Ces matières sont des formateurs inégalés de l'esprit et en priver la jeunesse d'où qu'elle vienne c'est du vol.
RA+
Ces deux langues sont à la base de notre civilisation. Des expériences ont été tentées dans des quartiers moins favorisés disposant de collèges difficiles,  de donner des cours de langues mortes sur une année. Ce fut un franc succès, les élèves ayant ressenti une augmentation de la considération à leur égard et une fierté bien placée ensuite. Ne jamais oublier que le grec est une formation de l'esprit aux mathématiques.

TERCIO : Achèvement du parc de logements sociaux.
Les permis de construire seront remontés au niveau de la sous-préfecture pendant sept ans. Après avoir fixé le mode de calcul et la fraction de logements sociaux obligatoires par commune, les nouveaux permis seront suspendus sur les communes n'atteignant pas le niveau règlementaire, pour n'être libérés qu'au jour du dernier mètre-carré social livré à la location.
RA+
La république se consume dans les satrapies locales surtout quand on leur offre le droit de déroger moyennant amende. Les riches paient. Si la cause du logement de tous est vraiment une priorité, et le spectacle de nos rues nous l'indique, l'amende inefficace doit être remplacée par le gel des permis. Il suffira de relever d'où proviennent les cris d'orfraie pour cibler une réaction plus fine, mais la seule menace déjà enclenchera un mouvement de construction à bas coûts.

QUARTO : Libération de la production d'énergie.
Le monopole de distribution électrique de l'EDF sera abrogé. Les systèmes individuels de production de courant ne seront plus reliés au réseau mais alimenteront les circuits domestiques dédiés à cette production. L'achat à perte sera terminé, et les foyers auront recouvré la liberté de produire sous la seule contrainte environnementale et de voisinage.
RA+
Contre le mondialisme, certains prônent le localisme. C'est à la force hydraulique que le point 4 est dédié. Dans ce cadre, rénové par l'intrusion des libertés citoyennes de premier échelon, il faut remettre en route les moulins, relever les biefs, placer des turbines et laisser prendre du courant électrique à la nature. Un syndicat d'usagers des eaux par quartier ou hameau peut régler la cohabitation de tous.

QUINTO : Réarmement du voltigeur.
Le nouveau fusil d'assaut de l'infanterie sera développé et fabriqué dans les arsenaux français et ses munitions produites en France. Il est inadmissible que la munition d'infanterie soit de nouveau achetée aux Emirats ou en Israël, avec les problèmes de qualité que l'on sait.
RA+
Le triste score de l'embuscade d'Uzbin est en partie dû au défaut d'interopérabilité des munitions de fusil entre le soutien américain et nous. La munition française au calibre OTAN fut à l'origine conçue pour le fusil FAMAS, pur produit de la Manufacture de Saint-Etienne. Elle n'est pas standard. Le fusil ayant achevé sa carrière, il est question de le remplacer par un HK allemand sinon un Herstal belge, ce qui laisserait croire à tout le monde que nous sommes devenus incapables de faire un fusil en France avec des munitions interopérables ? C'est proprement énorme.

HEXO : Peine zéro pour les condamnés étrangers.
Les ressortissants étrangers condamnés au pénal seront remis à l'administration pénitentiaire de leur pays de naissance avec lequel sera passé un traité de collaboration, munis d'un "viatique" calculé sur la moitié du prix de journée en prison française. Les économies de places et de programme de constructions seront significatives, et la mesure éventuellement dissuasive.
RA+
La question de la surpopulation carcérale est centrale dans le budget de la Justice, l'enfant délaissé de la République. Se séparer des condamnés étrangers allègerait d'autant le stress sur l'institution et procurerait aux pays d'accueil des moyens financiers pour assurer leur réinsertion au pays natal et améliorer leur système carcéral dans un cadre coopératif.

HEPTO : Incarcération des condamnés politiques.
Suppression du sursis dans les condamnations de toute nature d'élus politiques dans l'exercice de leurs fonctions électives et inégibilité à vie. La République ne pouvant fonctionner que sous l'utopie de la Vertu, les comportements immoraux la mettent en danger.
RA+
Le sursis est aujourd'hui la règle en matière de concussion et l'inégibillité très rare. A tel point que l'on voit des politiciens condamnés en première instance et en appel, se faire "blanchir" par des électeurs hostiles à l'immixion d'une justice extérieure à la cité dans les affaires de celle-ci. La récompense du "condamné injustement" est un affront à la Justice qui ne doit pas être toléré.

OCTO : Régularisation des sans-papiers travaillants.
Tout travailleur, capable de fournir les preuves d'un emploi stable sur pièce de tiers non impliqué, sera admis à la procédure de délivrance de papiers administratifs et obligatoirement syndiqué à l'organisation de branche de son choix.
RA+
Fort avec les faibles, telle est la devise de l'Administration. Le minimum d'humanité demande qu'un travailleur honnête puisse disposer des papiers nécessaires à sa vie sociale. Ceux qui ont franchi les frontières et travaillent, parfois durement dans des métiers délaissés, ont montré assez de courage pour être positivement "oubliés". Reste à organiser la règle pour que la mesure ne soit pas une convocation à immigrer à tout prix.

ENNEO : Combattre l'obsolescence programmée.
L'allongement de la durée d'utilisation des biens fabriqués par l'industrie accroîtra mécaniquement le pouvoir d'achat des consommateurs et allègera la pression sur les matières premières. Un label octroyé par le Ministère de l'Industrie, et non par aucune corporation de fabricants, identifiera les produits dont la durée de vie n'aura pas été trafiquée.
RA+
L'obsolescence programmée des produits fut décrétée aux Etats-Unis en 1925 par l'oligopole des fabricants de lampes afin de doper leurs ventes. Elle s'est étendue à tous les compartiments de l'industrie, à tel point que les imprimantes électroniques actuelles recèlent des codes de mort technique au bout d'un certain nombre d'impressions. Un certain degré d'éphémérité est recherché dans tout produit de grande consommation, mais celle de la mode est la seule indomptable




DES PROPOSITIONS INÉDITES ET SENSÉES
C'EST SUR ROYAL-ARTILLERIE



BONUS : Développement de l'archipel des Kerguelen.
Colonisation choisie parmi les associaux de métropole, pour préparer le dernier refuge du génome gaulois avant réchauffement climatique, tout en faisant baisser la pression dans les quartiers de non-droit.



http://prin.tt/wGjj1g 

mercredi 28 juillet 2010

La Fée Bleue en Afrique

Ce billet est paru dans l'Action française 2000 du 15 juillet 2010 dans la catégorie "optimisme forcé". Il célèbre le courage et le talent des peuples africains qui méritent plus que tous autres de vivre et mourir au pays. Augmenté de cartes et illustrations, ce billet passe en archives RA.

Il y a quelque chose d'insolite dans le défilé de troupes nationales africaines en tête de l'armée française ce quatorze juillet 2010. Non pas que nous soyons chagrins de l'empire perdu, encore moins que nous fassions mauvaise mine aux soldats de ces pays qui sont aussi la chair de notre histoire, mais l'indépendance, qui succède toujours à un asservissement, se fête chez soi seul ! Le président Gbagbo a raison. C'est sans compter le logiciel médiatique du pouvoir qui a lancé l'année du "Tirailleur Sénégalais" comme il l'aurait fait de la fève de cacao. Sachant tous leur bravoure aux combats de métropole pendant les deux guerres mondiales, nous saluons en ces troupes la mémoire de leurs pères. Laissons cette obsession élyséenne d'une "com" à tout prix et prenons le chemin de Chasselay dans le Rhône.

assaut des tirailleurs en septembre 14
Nous nous souvenons
La nécropole sénégalaise est l'un de nos derniers cimetières des troupes noires puisqu'elle a recueilli les restes de cent quatre-vingt-huit tirailleurs du 25ème, submergés le 20 juin 1940 au château du Plantin dans l'axe de la Nationale 6, après deux jours de combats héroïques contre un régiment d'avant-garde de la division allemande "Grossdeutschland" qui venait prendre Lyon. Les vainqueurs (à cent contre un) trièrent les blancs des noirs, et massacrèrent tous ceux-là en exécution d'un ordre permanent du général Guderian. Le Tata (enceinte sacrée) de Chasselay nous rappelle que ces jeunes noirs (la plupart originaires de Guinée) attaquèrent pour l'honneur de leurs officiers, la Coloniale ne se rendant pas sans combattre. On notera que l'armée française était en pleine débâcle après le discours radiophonique du maréchal Pétain du 17 juin 1940, avertissant les unités au feu de l'imminence d'un armistice, et que Lyon venait d'être déclarée ville ouverte sur demande expresse du président Herriot. Respect au 25°RTS et au 405°d'Artillerie de DCA qui l'épaulait.

le Tata en 1942
Sarkozy et Kouchner veulent-ils montrer à la tribune des invités venus du monde entier que notre influence africaine est intacte ? Tous les contempteurs de la France en Afrique savent sur leurs dix doigts que l'heure française est au reflux, au plan militaire déjà, mais d'abord sur les facilités budgétaires de l'APD(1) qui étrécissent chaque jour. Le Livre Blanc de M. le ministre Morin, établi sur une logique comptable, mais comment faire autrement en prévision de la banqueroute, ne laissait que deux points d'appui maritime sur le continent noir, Dakar ou Libreville et/ou Djibouti, mais la montée en puissance de la nouvelle base aéronavale d'Abou Dhabi, en face d'un Iran promis à la vitrification, réduira probablement notre dispositif à un seul, un éventuel second point d'appui abritant des moyens prédisposés sous cocon. En accompagnement de ce retrait, nous participons à la mise sur pied d'une défense interafricaine et renégocions nos accords bilatéraux. Notre position future sera bien plus saine, même si nos communautés nationales perdent la garantie d'une protection instantanée. A nous de convaincre que nous sommes utiles, plus utiles et moins cupides aussi que les nouveaux maraudeurs. Qu'en pense la "cellule africaine" de monsieur Guéant ? Veut-elle encore faire les "rois" ?

Une décolonisation ratée, à preuve l'émigration

L'Afrique française (AEF et AOF) fut décolonisée par la Cinquième République au début des années soixante après que les protectorats du Maroc et de Tunisie aient été libérés en 1956. Seuls deux territoires sans Etats dignes de ce nom furent conservés, le temps de leur créer un vrai gouvernement : Djibouti, réformé en 1967, gagnera son indépendance par référendum populaire en 1977 ; l'archipel des Comores votera la sienne en 1973 (effective en 1975), Mayotte refusant l'aventure. L'archipel n'est toujours pas stabilisé. Djibouti s’en sort bien.

famine et conflits - Documentation Française
Un demi-siècle après, chacun peut juger de la faillite d'une utopie, ce continent ne se développant pas, quels que soit la latitude, la géographie, les ressources, la dominante ethnique, le régime politique, et il est bien difficile de saisir une cause prépondérante à ce marasme. Certes, on se goberge de chiffres de croissance plus ou moins fabriqués afin de clamer dans les enceintes fréquentées par les bailleurs de fonds que le développement se fait bien. Mais epsilon plus cinq ou dix pour cent, ne fait quand même pas grand chose !

Ces difficultés ne doivent pas nous décourager. Elles nous obligent à trouver des voies différentes que celles suivies jusqu'ici. Nous devons nous intéresser à l'Afrique pour deux raisons. Nous avons une communauté de culture avec l'Afrique francophone – qui a inventée la francophonie, ne l'oublions pas - et même une certaine connivence au niveau de l'individu de part et d'autre de la mer. Personnellement je me sens bien plus d'affinités avec un Malien, un Camerounais, un Togolais, un Sénégalais qu'avec aucun ressortissant balkanique. Croiser un Congolais à Yiwu (2) et c'est un quart-d'heure de "perdu" à giberner. Je ne ressens rien des caucasiens et autres ukrainiens, moldaves ou géorgiens que je compare à des doryphores.
La seconde raison est que la pression migratoire africaine sur l'Europe est trop forte pour y être toute employée, mais elle ne pourra être contenue qu'en zone d'embarquement. C'est l'émigration qu'il faut soigner. Il n'y a donc pas d'autre choix que d'obliger les pays de départ à se développer. Comment ?
C'est ici que l'on commence à s'arracher les cheveux. Les organismes de développement désintéressés existent du plus gros au plus petit, de la TICAD japonaise à Africa Works du chanteur Youssou N'Dour. Les banques et caisses de développement débondent les fonds sans arrêt et tout le flux ne disparaît pas dans le sable de la corruption. Mais au résultat, peu de résultats.

Un plan Marshall précis et intelligent

Foin des récriminations perpétuelles, faudrait-il n'avoir qu'une idée, une seule bonne idée vraie, quelle serait-elle ? La voici. Mobiliser une fraction des moyens détenus par les dix ou douze grands acteurs(3) BTP de la planète sur un programme continental d'électrification générale, en le finançant par une minuscule ponction des flux interbancaires quotidiens, le tout placé sous le gouvernement de la Banque Mondiale.
A partir de l'énergie fossile ou renouvelable disponibles localement, multiplier les centres de production électrique et les réseaux de distribution pour former une grille électrique couvrant tout le continent jusqu'au dernier village. Sans détailler le programme, encore moins le raccorder aux disputes hydroélectriques en cours, on sait déjà que d'apporter la force ou même simplement la basse tension dans un village change radicalement l'activité de la communauté résidente. Reste à étudier une tarification progressive qui tienne compte de la vitesse (ou de la lenteur) d'enrichissement de chaque district électrique. On verra très vite les effets de la mécanisation sur l'irrigation, sur le traitement plus facile des récoltes, la possibilité de conserveries, sur l'artisanat de production, les services puis sur l'industrie. Les villes aussi et leur quartiers pauvres devront être servies. Mais il est un effet de levier plus puissant encore si la grille électrique prend dans ses mailles une grille ferroviaire. Les Etats africains sont capables de prendre en charge la rénovation voire l'extension de leurs réseaux ferrés, à charge pour nous de fournir le courant et les locomotives électriques adaptées.

hydroélectricité africaine
Le premier avantage de ce programme de grille électrique, avant même de l'avoir réalisé, est la force du signal donné à tous les Africains : une bataille d'infrastructures pour un développement abouti va se concrétiser par une efficacité mesurable par chacun. On n’est plus dans le vent des inaugurations époustouflantes de ponts sans route, d’aérodromes sans avions, d’entrepôts vides. Les gens mesureront le progrès à l’installation de leur compteur individuel. Le deuxième avantage est de mobiliser les ressources BTP supplétives des entrepreneurs locaux voire à susciter la création d'entreprises faisant de la vraie valeur ajoutée. Le troisième avantage est la mobilisation générale de main d'œuvre par tout le continent car les centrales et leurs lignes, et les chemins de fer, convoquent beaucoup de bras vaillants et distribuent autant de salaires.
L'écueil de tout programme de cette envergure est de manger les crédits en bureaux d'études, souvent créés spontanément par les fils de ministres intègres, sinon par les agences nomenclaturées des banques de développement ; il suffit de lire le Journal officiel de l'Union européenne (JOUE) dans ses pages attributives de travaux pour voir le carnage financier. L'intérêt des grands groupes BTP est de pouvoir s'en prémunir, et l'abondement direct de la Banque Mondiale aux sièges des contractants bipasserait les tyranneaux africains voraces(4) et leurs réseaux de prédation.

Quel décideur politique d'envergure aurait une idée concrète pour l'Afrique ?
Celui qui a deux entreprises de BTP en tête du top-ten mondial ? Suivez mon regard. Peut-être alors celui qui en a trois ? La Chine (encore !) reconquiert l'Ouest agité de l'empire du Milieu par un plan massif de développement de sept cent quatre-vingt milliards de yuans(4). Comment donc ? Par la superposition d'une grille électrique et d'une grille ferroviaire sur son piémont himalayen (Gansu, Guizhou, Hunan, Sichuan, Yunnan) et ses déserts nordiques (Xinjiang et Mongolie). Où les centrales hydrauliques ne seront pas possibles, ils construiront des centrales solaires et nucléaires. L'énergie est latente, la main d'œuvre est disponible, l'argent sera bien placé. En Afrique, c'est pareil, à la réserve près du commandement unifié !



Notes :
1. Aide Publique au Développement dans le cadre onusien des 0,7% du PNB
2. Yiwu est le plus grand supermarché de gros du monde dans la province chinoise du Zhejiang
3. Les grands du BTP mondial sont (classés par le chiffre d'affaires) : (1)Vinci (France), (2)Bouygues (France), (3)China Railway Group (RPC), (4)China Railway Construction Corp. (RPC), (5)Hochtief (RFA), (6)CCCC (China Communication Construction Company – RPC), (7)ACS (Actividades de Construcción y Servicios - Espagne), (8)Kajima (Japon), (9)Ferrovial (Espagne), (10)FCC (Fomento de Construcciones y Contratas - Espagne), (11)Acciona (Espagne), (12)Eiffage (France), (13)Skanska (Suède). On connaît aussi les texans Fluor et KBR (Kellogg Brown & Root) et le californien Bechtel, grands contractants en Irak.
4. Voir les motifs du remerciement de notre excellent ambassadeur Rufin à Dakar, viré par la Carrière pour avoir dénoncé (par messages codés !) la satrapie sénégalaise du vieux Wade. Les décodages ont fuité dans la presse, et la place fut libérée.
5. Communiqué de la NDRC (Commission Nationale de Développement et Réforme) pour le 12° Plan qui débute en 2011, repris par le Quotidien du Peuple du 6 juillet 2010. Contrevaleur à aujourd'hui : 80 milliards d'euros.
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vendredi 18 décembre 2009

Copenhague OK

la seine à parisNormalement nous devrions avoir un accord à Copenhague ce soir. L'enjeu le mérite. Et ce, pour une première raison : ce ne sont pas les chefs d'Etat qui gouvernent mais leurs directeurs de communication. Observons que les grands pollueurs (EU, Chine, UE) semblaient presque d'accord à l'ouverture des débats. Al Gore et consorts avaient gagné la partie. Puis, lorsque le soufflé est retombé après les délires hulotiques médiatisés jusqu'à la nausée, on a vu surgir la mésentente au sein de la conférence. A trop vouloir prouver, on insinue le doute dans les esprits. L'intérêt du public fut revivifié par la violence des manifestants attaqués par les Danois, et par l'instrumentalisation de la "fracture" Nord-Sud.
Arrivent aujourd'hui les "grands" de ce monde pour le tomber de rideau. Barack Obama a laissé percer la chute prévue en déclarant que rien ne serait pire - en terme d'audience - que de revenir de Copenhague avec un consensus de principe. Les pays africains ont endossé le rôle de faire-valoir jusqu'à mettre en demeure le Nord (et l'Australie) de leur payer cash ixe milliards d'euros par an pour un développement durable hyperclean. A cette annonce, l'action Daimler-Benz a fait un bond !

Paradoxalement c'est le "grand pollueur" qui sera le plus favorable à contraindre les autres, malgré son rabâchage sur la révolution industrielle du XX° siècle dont les occidentaux l'ont privé en colonisant l'empire dans une phase d'affaissement. La Chine ne peut plus vivre dans la pollution qu'elle engendre pour rattraper son retard. Elle doit distraire des moyens importants consacrés aujourd'hui au développement échevelé de son économie, vers des solutions curatives coûteuses. Il est donc utile de son point de vue que les autres pays du monde freinent en même temps qu'elle leur pollution et leur développement, pour que le "gap" demeure entre elle et eux.

usine chine
Les Etats-Unis sont une démocratie d'opinion et le battage médiatique des ONG et d'Hollywood va convaincre largement et obliger les pouvoirs locaux et fédéraux à faire propre. L'axe d'Al Gore est bien jugé. Les grands enfants de l'Amérique ne vont pas laissé saloper la Légende. Reste l'autre milliardaire, l'Inde. Ce pays n'est pas vraiment gouverné, du moins son Etat fédéral, le seul à négocier à l'extérieur, n'exhibe que son pouvoir de nuisance, édictant contraintes et règlements pour exister. Le capital indien est rodé aux tracasseries administratives, et vit sa vie sans s'inquiéter des conséquences depuis qu'il a accédé à la sphère financière internationale. Qui va dire quoi à Lakshmi Mittal ? C'est donc le partenaire indien le moins sûr, après la Russie peut-être.

rivière polluée
Le ré-soviétisation du pays - Staline est un grand homme - fait lever les mentons et il ne semble pas venu le jour où les nouveaux csars plieront devant les injonctions internationales comme au temps d'Eltsine. Le pays est une poubelle, ses mers des égouts, mais l'hiver cache la misère sous la neige et hop, le tour est joué. Ce pays d'Afrique exilé au pôle est comme ses cousins tropicaux, tributaire des marchés de matières et d'énergie. Il compte sur l'expression de besoins augmentés dans le tiers-monde pour s'enrichir par la hausse durable des cours. Jusque là il n'investira pas grand chose dans l'écologie, à preuve, les premiers bénéfices de sa ré-émergence sur les marchés primaires ont été versés dans le réarmement !

tigres sibériens
De notre côté, nous avons la chance d'avoir un grand dépensier à compte d'autrui, qui promet l'argent qu'il n'a pas aux pays africains - mais nous emprunterons bien sûr - afin d'obtenir leurs applaudissements. Qui leurrons-nous ? Les Africains ou nos partenaires européens qui savent notre situation comptable désastreuse ? Un demi milliard d'euros par an pour que le petit reître se pavane sur les écrans du monde. C'est finalement plus cher que prévu au budget Communication.
Au fait, M. Sarkozy a inauguré son compte Twitter à Copenhague. Rassurez-vous, c'est le conseiller Nicolas Princen qui tape sur les touches d'ElyseeCop15.


mutant aux 16 orteils
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jeudi 11 juin 2009

L'ire de Saint-Flour

vue de St FlourLe petit reître n'est pas assez enraciné¹ pour comprendre que lorsque des éleveurs du Cantal sortent de leurs gonds, il y a péril au château, et de gros risques à la gendarmerie. Ils ne portent pas cagoule comme les Corses ni ne tirent dans le dos, mais franc de face, ils peuvent nuire gravement à la santé de qui se moque d'eux. Au lieu d'encenser l'endive Barnier et sa frétillante houri pour leur succès immérité aux élections européennes, M. le président aurait été mieux inspiré de laisser les combines d'appareil à ses nombreux conseillers et investir de la matière grise dans l'analyse du paysan.

L'averne est "légitimiste", posé, endurant et accepte l'émigration vers Paris comme variable d'ajustement du produit intérieur brut cantalou. Mais par atavisme il sait compter. Recevoir depuis des mois 210€ à la tonne de lait quant elle lui en coûte beaucoup plus, remettre son bas de laine dans le compte-courant du Crédit Agricole pour ne pas être "interdit bancaire", se lever à l'aube par tous les temps et bouffer des rutabagas en regardant passer la limousine du gros distributeur régional, l'exaspère, même s'il n'est pas envieux de nature.
Ceci est vrai pour tout le Massif Central, ses paysans n'aiment pas être pris pour des cons par les monsignores des gangs Leclerc, Carrefour, Auchan et Cie. Ils sont comme du dentifrice : s'ils sortent de leurs exploitations, impossible de les y faire rentrer.

vache rousseMême en l'absence de surveillance efficace de l'Observatoire des Prix et Marges, on se doute bien que la grande distribution se goinfre, au motif que ce qui est pris aujourd'hui risque bien de ne pouvoir l'être demain. Aucun consommateur n'a vu les prix baisser même symboliquement en conséquence de l'effondrement des prix payés au paysan, et dans aucun compartiment, fruits, viande, légumes, laitages.
Mais c'est bien plus qu'une remise à plat des filières qu'il faut engager ; il faut repenser les modèles économiques agricoles de ce pays et se poser la question des quasi-monopoles de distribution de masse dont le gourou médiatique Michel Edouard Leclerc ose passer dans les lucarnes pour vendre sans vergogne sa défense du pouvoir d'achat populaire. Le sermon est génétique dans cette famille !

Glissons, il se trouvera peut-être un détraqué du porte-monnaie pour le faire taire. En attendant, Royal-Artillerie ne va pas se ridiculiser à dérouler un plan de refonte de l'agriculture française, mais offre gracieusement à son distingué lectorat quelques notations.
Tous les éleveurs (porc, vaches, lait) que j'ai entendus craignent d'abord leur banquier, à deux titres : gel des découverts de campagne, défaut sur remboursement de prêts. J'ai noté aussi que dans les calculs de déficits quasi-structurels maintenant, le coût des crédits d'investissement est celui qui fait basculer l'économie de l'exploitation. Les éleveurs sont pris à la gorge à cause de leur sous-capitalisation.

vache blondeL'agriculture démocratique n'est viable que de subsistance et surplus au marché du bourg. Au-delà, le segment économique oblige à disposer d'un certain capital. Et l'on répond depuis 50 ans à cette carence notoire par le Crédit Agricole qui fonde son risque qui est grand sur le foncier de l'emprunteur. S'est-on posé la question élémentaire, Dr Watson ?
Si le Capital ne vient pas dans les fermes - sauf en Champagne ou en Bordelais - c'est que les dividendes sont maigres ou inexistants. Les capacités rémunératrices des exploitations étant faibles, on ne peut s'étonner qu'elles peinent ou défaillent à suivre la banque. L'agriculture démocratique est un vestige du passé, une erreur économique dès qu'on la veut "économique".
L'agriculture n'est pas une entreprise comme une autre. Ses bilans ne se comparent pas au reste des activités humaines. Avant d'en vivre plus ou moins bien, ou pas, elle est patrimoniale, familiale, toute d'enracinement, et la rémunération qui manque au bout de la sueur donnée est simplement la fierté d'en être. Il n'y a que des desouches dans l'élevage, et quelques miséreux d'ailleurs pleins de courage qui reprennent des terres enrésinées pour y creuser leur tombe (quand les autorités cantonales les laisse faire) ! Je n'ai jamais croisé d'éleveur juif sur le Levézou.

vache lait-chocolatTroisième et dernière notation. Les bonnes âmes désignent la qualité comme canot de sauvetage de la profession. Il y a certainement beaucoup à repenser sur les modes de culture et faudrait-il ainsi braver les semenciers et les chimistes qui tiennent la production en amont. Mais la qualité va se fracasser sur le consommateur lambda, le plus nombreux, qui ne recherche que des prix, quitte à plus tard ruiner la Sécurité Sociale pour avoir ingurgité de la merde pendant des lustres ! L'éducation diététique est à faire, peut-être en commençant par les cantines d'écoles et la restauration d'entreprise. Sans une pédagogie soutenue de la qualité, voire du plaisir, la promotion d'une agriculture saine (et de la proximité) est perdue d'avance.

Il est à souhaiter que les affameurs prennent vraiment peur et libèrent ce secteur indispensable à la France.

Note (1): gosse des villes, il avoua un jour à Philippe de Villiers que les clochers, les campagnes de France, tout ça ne lui disait rien.




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lundi 30 mars 2009

L'heure estivale

GiscardCe matin je me lève comme Alex Loukachenko. Grâce au pharaon d'Estaing qui a pouvoir sur Râ, je vais vivre pendant sept mois à l'heure de Minsk ou d'Istanbul. Et moi qui me plaisait déjà de me réveiller à l'aube sans tourner l'électricité, me revoilà contraint d'allumer à nouveau au saut du lit. La presse spécialisée m'indique que la mesure visait à réduire notre consommation de courant sans qu'il n'ait jamais été possible de mesurer la mesure. Qu'importe, dès lors que les génies cosmogoniques en chambre de bonne l'avaient calculée ! Le coup de pied de l'âne est que, vu notre situation centrale en Europe occidentale, tous les états continentaux se sont mis à l'heure française, et qu'aujourd'hui si nous voulions abroger cette mesure anti-naturelle, il nous faudrait l'accord de tous nos voisins. Autant attendre Jean Sarkozy !

Pourquoi les hommes sont-ils à ce point intéressés à brider la Nature, jusqu'à décaler leur soleil ? A y bien réfléchir, c'est par immodestie. N'ont-ils inventé Dieu que pour s'arroger la propriété des sols, sous-sols, de l'eau et de l'air qui y courent ? Celui qui a écrit la Genèse a clairement fait la captation :

Adam original- Genèse 2.15 L'Éternel prit l'homme, et le plaça dans le jardin d'Éden pour le cultiver et pour le garder.
Au lieu de quoi l'homme prolifique moderne choisit les meilleures terres non pour en tirer de justes fruits, mais pour les bâtir. Louis le Grand à qui rien ne résistait, choisit de bâtir des marais et landes incultes au lieu de bonnes terres à froment !

- Genèse 2.19 L'Éternel forma de la terre tous les animaux des champs et tous les oiseaux du ciel, et il les fit venir vers l'homme, pour voir comment il les appellerait, et afin que tout être vivant portât le nom que lui donnerait l'homme.
S'imaginant au faite de la pyramide alimentaire alors qu'il est mangé sans problème par beaucoup d'animaux réputés inférieurs à lui, il n'eut de cesse de la détruire, n'y voulant rien comprendre jusqu'à ce qu'il en soit mortellement infecté.

Les scribes orientaux ne se sont pas aventurés dans cette barbarie méso-sémitique qui confie l'image terrienne des empires céleste et infernal aux bons et mauvais soins d'un être aussi attardé sur le chemin de l'Éveil. Ils ont fait participer les hommes du concert des dieux qui les écoutent, s'en amusent ou les plaint, sans leur donner, jusqu'à une date récente, le pouvoir illimité d'un landlord dément.
C'est de la capture des eaux que date l'Affront : Assouan, Les Trois-Gorges, demain le Grand Inga du Congo, visent à égaler le Grand architecte, mais leurs ingénieurs n'ont pas la vista nécessaire pour en anticiper sur cent ans les effets. Le sel revient partout en aval, qui se conjugue à la lente montée des eaux salines des mers.

aquarelle du grand inga
La Planète bleue semble - si elle dispose du moins de son libre-arbitre - vouloir se venger de la submersion des lemmings humains qui la dévore. Cette race devenant par elle-même une calamité naturelle, Elle détraque son atmosphère pour hâter leur réduction. Depuis l'anéantissement de la sélection naturelle par la prolifération des réseaux sanitaires et sociaux, comment la contenir tant que n'auront pas été construits les grands vaisseaux spatiaux menant les surnuméraires vers une autre galaxie ?
Par la pandémie !
Nous avons éradiqué la peste bubonique, la grippe espagnole, la variole, mais les nouvelles cartouches de fly-tox sont le H5N1 et le Sida contre lesquels nous luttons pour aggraver notre cas et ignorer l'intérêt général, bien différent dans ce cas du bien commun ! A moins qu'on ne finisse par manger nos vieux comme dans Soleil Vert.

danse de la pluieSale temps nous disent EKWO :
- Himalaya : le fonte des glaciers va surcharger les lacs d'altitude qui rompront leur endiguement naturel. Idem dans les Alpes.
- Canada : la débâcle du permafrost chasse tous les établissements inuits vers le sud. Une des rares civilisations qui n'aient jamais emmerdé personne s'éteint.
- Antarctique : la calotte glaciaire, qui représente 90% du stock d'eau douce terrestre, fond !
- Afrique : bye bye les neiges du Kilimandjaro, et les rivières qu'elles alimentent. L'Egypte va perdre 14% de surfaces agricoles. Le Sahara va se réchauffer !
- Amérique latine : seule la Patagonie va tirer son épingle du jeu, ce qui rassure Jean Raspail et Florent Pagny.
- Océanie : généralisation des moustiques et mort des coraux. Quid du Club Med ?
- Péninsule indienne : l'eau monte partout refoulant les populations vers des "tertres" déjà surchargés comme des radeaux médusiens.
- Chine : l'eau monte à l'assaut des côtes du Sud ; il faut mettre la Mandchourie en cultures.
- Pacifique : disparition de toutes les îles basses.
- USA : l'augmentation de la pluviosité et de la chaleur sur le Midwest-nord favorisera les rendements agricoles. Sont-ils touchés par le doigt du Dieu chrétien ou par la danse indienne de la pluie ?
- France : les catastrophes naturelles commencent à se normaliser, en attendant la fin des glaciers alpins qui bouleversera le climat et l'économie du quart sud-est.

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