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jeudi 29 mars 2018

Brèves du jeudi

Dans la dispute anglo-européenne du Brexit le pragmatisme légendaire des Rosbifs est en défaut sur la question irlandaise. Une carte nous montre la frontière tourmentée qui sépare, aujourd'hui virtuellement, la République d'Irlande et la province anglaise d'Irlande du Nord.

Les populations irlandaises refusent une frontière classique en dur (hard border) qui entraverait le commerce insulaire et la circulation des gens. Cette abolition de la frontière physique est l'effet le plus notable de l'Accord du Vendredi Saint de 1998 (vingt ans demain). Ni le Royaume-uni ni la République d'Irlande ne participent à l'espace Schengen pour, entre autres, éviter la mise en place d'un contrôle des passages de voyageurs entre eux-deux. Pour que le Brexit effectif ne change rien, il faut que l'Irlande du Nord demeure dans le Marché commun et partage les règles de libre-échange édictées. C'est le souhait exprimé localement lors du référendum coupable en donnant une majorité de 56% au maintien dans l'UE.

A ceux qui dénoncent une frontière "européenne" au milieu du North Channel coupant l'Ulster de la Grande Bretagne, on ne peut que répondre que les situations particulières tant économiques que fiscales existent déjà à l'Île de Man en Mer d'Irlande justement, et dans les îles Anglo-normandes, sans parler de Gibraltar. Est-il si difficile de créer un statut économique et fiscal nord-irlandais préservant la souveraineté de la couronne anglaise ? Les opinions politiques sont si divisées au Royaume-Uni sur la conduite à tenir qu'on peut soupçonner une politisation du débat, très éloignée des réalités.


Autre cagade de la semaine, la Catalogne ! Inutile de raconter les péripéties grotesques au parlement de Barcelone, on est toujours en retard d'une nouvelle qui annulera les précédentes. Mais le Dalaï Lama Puigdemont s'est fait rattraper par la Feldgendarmerie du IV° Reich dont les grand-pères ont combattu dans la Légion Condor ! Il va finir dans les geôles fachistes de la Fiscalia espagnole comme Oçalan, le leader kurde embastillé sur l'île d'Imrali, le château d'If turc.

Il ne viendra à l'esprit d'aucun catalan de cesser cet opéra-bouffe d'une indépendance impossible et refusée par l'Union européenne qui en détient les clefs. Dans ce registre, les nationalistes corses montrent beaucoup plus de talent en avançant masqués derrière des procédures indolores, à notre avis insignifiantes mais électoralement lisibles et approuvées.


On en arrive à l'actualité tragique française. Notre billet de lundi dernier (Boxe !) a fait le tour de l'affaire de Trèbes. L'Etat par son président a eu les mots justes et tout a été bien fait. Il n'en va pas de même pour l'assassinat de Madame Knoll à Paris dont l'horreur a suscité une émotion légitime mais aussi des récupérations politiques indignes, contre le vœu de son fils Daniel qui a fustigé les participants à la Marche Blanche de mercredi en ces termes : « Je pense qu’aujourd’hui toute la France aurait dû être unie. Peu importe de quel parti on vient, je m’en fous... Je pense qu’il y a des gens bien partout, dans toutes les religions, tous les partis, toutes les couleurs de peau. Et il y a des abrutis, et chez nous aussi il y a des abrutis. Je le reconnais et je ne leur donne pas raison. Tout le monde aurait dû défiler dans le calme ».

Madame Knoll
En cause le CRIF, qui est de toutes les récupérations au bénéfice du sionisme israélien dont toute critique est amalgamée à de l'antisémitisme (n'est-ce pas monsieur Valls ?). Nul ne comprend que cette agence carrément étrangère puisse décider de bannir du cortège les représentants de millions de Français au motif si léger de l'extrémisme. Anathème ridicule !

En cette année d'autodafés virtuels (Maurras, Céline) où l'on purge la littérature de l'entre-deux guerres de textes antisémites, on se garde bien de montrer du doigt l'origine des assassinats anti-juifs de notre époque et de prendre les mesures de rétorsions qui s'imposent contre la mouvance antisémite d'importation qui revendique son islamité. Ilan Halimi, Sarah Halimi et Mireille Knoll mériteraient qu'on appelle chat un chat.

Les personnalités musulmanes en France sont économes de leurs condamnations et coupables de ne prendre aucune décision d'interdiction d'accès à leurs mosquées d'individus convaincus d'une haine inextinguible à l'endroit de la communauté juive (et des mécréants aussi). Mais à cause du conflit israélo-palestinien, il faut que soient bien séparés l'anti-sionisme et l'anti-sémitisme. En même temps qu'on met les imams devant leurs carences inexcusables, on doit mettre le CRIF à raison en dénonçant l'amalgame pervers qu'il promeut pour défendre ses patrons. Notons que l'Union des mosquées de France avait demandé à ses ouailles de participer à la Marche blanche.

Ce sera tout pour aujourd'hui.

mardi 26 décembre 2017

Code 50.50.0

Aujourd'hui, Boxing Day ! Les jeux sont faits, rien ne va plus ! Impair, passe et manque ! Mariano Rajoy se retrouve dans la même situation qu'il y a trois mois, mais une situation aggravée puisqu'il est confirmé maintenant que la Catalogne est coupée en deux, non seulement en voix, au Parlement de Barcelone mais aussi dans ses territoires. En effet, peu de villes ou circonscriptions sont à 50/50. Elles sont presque toutes franchement d'un côté ou de l'autre et le sol de la Généralité est largement républicain. La presse espagnole en a fait l'inventaire comme dans l'article de la Vanguardia : La mayoría independentista del 21-D sobre el mapa catalán. Mais Le Figaro s'est lui-aussi distingué remarquablement dans ce travail (ndlr: depuis lors, le PPC a repris un siège à Ciutadans à Tarragone, donc totalise 4 sièges).

Infographie ©Le Figaro. Merci.

Même si la coalition indépendantiste (qui n'est pas encore formée) voulait ressusciter la conjuration de cet été en mafiatant un référendum à main levée dans la rue, elle n'y arriverait pas car tout le monde la surveille maintenant. L'Europe a vu la supercherie, la propagande russe et les fake news. À tout référendum organisé normalement, elle n'obtiendra pas la majorité en voix dans le pays. Mais comme elle n'acceptera pas cet échec à divers motifs qu'elle imaginera d'ici là (le vote des Espagnols catalans étant le plus probable), l'instabilité continuera avec le drainage des sièges sociaux et des domiciliations fiscales qui vont avec.

La seule issue pour le président du gouvernement espagnol est de frapper un grand coup en desserrant l'étau, de rencontrer le président du parlement catalan pour lui proposer l'autonomie fiscale comme en Navarre ou au Pays basque, et de répartir équitablement la dette de la Généralité. Tout le reste est du temps perdu, des risques pris avec des acteurs souvent de mauvaise foi, qui poussent à la roue par tous moyens parfois déloyaux. Il est même inutile d'attendre la formation du gouvernement catalan, la discussion pouvant être entamée au niveau du Parlement de Barcelone dans les jours qui viennent.

Malheureusement Rajoy est un Playmobil constitutionnaliste sans finesse, qui va s'agripper à l'institution judiciaire qui lui fut jusqu'ici favorable, en cadenassant les Catalanistes au lieu de les laisser circuler sous contrôle judiciaire voire sur l'honneur.

Felipe VI par Ernesto Priego
L'autre Playmobil coule des jours heureux à Bruxelles (aux frais de qui d'ailleurs ?). Carles Puigdemont n'a de légitimité que celle reçue des résultats des élections législatives du jeudi 21 décembre, s'il veut bien en jouir sur place. Pour le moment, il n'existe pas, sauf en hologramme par les lucarnes belges. La CUP (4 sièges) a une dent contre lui pour n'avoir pas osé proclamer la République le 2 octobre après le référendum à l'arrachée. Pour la CUP c'est un procrastinateur, un foireux perruqué qui se pavane en exil comme le défunt comte de Barcelone, et sans la CUP, la coalition n'a que 67 députés (il en manque donc un). Sa revendication d'être rétabli dans ses pouvoirs irrite autant le gouvernement madrilène qui pensait bien s'en défaire en abandonnant le mandat d'amener européen que ses coalisés emprisonnés comme des voyous, et surtout Oriol Junqueras. Aurait-il des couilles qu'il rentrerait en Espagne maintenant pour faire valoir ses "droits", même depuis le fond d'une prison franquiste. Il a tout bonnement la trouille... à réclamer deux fois par jour un sauf-conduit.

D'aucuns attendaient les vœux du roi pour la fête de la Nativité qui promettraient l'embellie et l'apaisement. Avant-hier soir il a appelé au compromis, au vivre-ensemble et à la raison dans un discours mesuré et chaleureux à la fois. Jugez-en ci-dessous par le texte de cette allocution diffusée par la Casa Real de Madrid. Il se retranche derrière la constitution. Elle est bâtie d'autonomies disparates faisant surtout des jaloux, mais qu'il proclame intangible. Cela ne suffira pas parce qu'il s'adresse, pour ce qui est des catalanistes, à des autistes shootés à l'envie de régner seuls. A-t-il la carrure pour faire une révolution de palais en proposant (dans les grandes lignes bien sûr) une réorganisation confédérale de l'Espagne qui clouerait le bec aux impatients ? Hors de son rôle certes, mais qu'importe en cas d'incendie ! Il est malheureusement prisonnier, et du président de gouvernement le moins imaginatif qui soit, incapable de manœuvrer l'adversaire qu'il prend de front, et des Cortes que toute révision constitutionnelle menacerait de dissoudre. Autant dire que la porte est ouverte au grand désordre.






B​uenas noches,

Me dirijo a todos vosotros para felicitaros la Navidad y transmitiros junto a la Reina, la Princesa de Asturias y la Infanta Sofía nuestros mejores deseos para el año 2018.
Y os agradezco que en esta noche de encuentro de familias y de seres queridos, me permitáis acompañaros unos minutos para compartir con vosotros algunas reflexiones cuando estamos ya a punto de terminar el año.
2017 ha sido en España, sin duda, un año difícil para nuestra vida en común; un año marcado, sobre todo, por la situación en Cataluña, a la que luego me referiré.
Pero también ha sido un año en el que hemos comprobado el compromiso muy sentido, firme y sincero de los españoles con la España democrática que juntos hemos construido.
Porque lo largo de los últimos 40 años, hemos conseguido hacer realidad un país nuevo y moderno, un país entre los más avanzados del mundo:
Hemos asentado definitivamente la democracia, incluso superando hace décadas un intento de involución de nuestras libertades y derechos.
Somos una parte esencial de una Unión Europea con la que compartimos objetivos y una misma visión del mundo.
Frente al terrorismo hemos conseguido hacer prevalecer la vida, la dignidad y la libertad de las personas con la fuerza de nuestras convicciones democráticas.
Y hemos llevado a cabo, en fin, la transformación más profunda de nuestra historia en muchos ámbitos de nuestra vida: en educación y en cultura, en sanidad y en servicios sociales, en infraestructuras y en comunicaciones, o en defensa y seguridad ciudadana.
En definitiva, a lo largo de todos estos años de convivencia democrática, los derechos y libertades, el progreso y la modernización de España, y también su proyección y relevancia internacional, han ido de la mano.
Y todo ese gran cambio, todo ese gran salto sin precedentes en nuestra historia, ha sido posible gracias a una España abierta y solidaria, no encerrada en sí misma; una España que reconoce y respeta nuestras diferencias, nuestra pluralidad y nuestra diversidad, con un espíritu integrador; una España inspirada en una irrenunciable voluntad de concordia.
En el camino que hemos recorrido, desde luego, hay que reconocer que no todo han sido aciertos; que persisten situaciones difíciles y complejas que hay que corregir, y que requieren de un compromiso de toda la sociedad para superarlas.
A pesar de todo ello, el balance tan positivo de todos estos años es innegable. Tenemos que apreciarlo y valorarlo. Merece la pena y nos lo merecemos como país y como sociedad.
Porque la historia de la España que juntos hemos construido es la historia de un gran triunfo de todos los españoles. Una España a la que no debemos renunciar, que debe ilusionar y motivarnos, y que debemos seguir construyendo, mejorándola, actualizándola, sobre la base sólida de los principios democráticos y los valores cívicos de respeto y de diálogo que fundamentan nuestra convivencia.
Unos principios y valores que, como hemos comprobado incluso en este año 2017, están profundamente arraigados en nuestra sociedad, en la vida diaria de nuestros ciudadanos, y tienen raíces muy hondas en las conciencias y en los sentimientos de los españoles. Mucho más de lo que nos podíamos imaginar.
España es hoy una democracia madura, donde cualquier ciudadano puede pensar, defender y contrastar, libre y democráticamente, sus opiniones y sus ideas; pero no imponer las ideas propias frente a los derechos de los demás.
Respetar y preservar los principios y valores de nuestro Estado social y democrático de Derecho es imprescindible para garantizar una convivencia que asegure “la libertad, la igualdad, la justicia y el pluralismo político”, tal y como señala nuestra Constitución. Porque cuando estos principios básicos se quiebran, la convivencia primero se deteriora y luego se hace inviable.
Hace unos días, los ciudadanos de Cataluña han votado para elegir a sus representantes en el Parlament, que ahora deben afrontar los problemas que afectan a todos los catalanes, respetando la pluralidad y pensando con responsabilidad en el bien común de todos.
El camino no puede llevar de nuevo al enfrentamiento o a la exclusión, que –como sabemos ya– solo generan discordia, incertidumbre, desánimo y empobrecimiento moral, cívico y –por supuesto– económico de toda una sociedad.
Un camino que, en cambio, sí debe conducir a que la convivencia en el seno de la sociedad catalana –tan diversa y plural como es– recupere la serenidad, la estabilidad y el respeto mutuo; de manera que las ideas no distancien ni separen a las familias y a los amigos. Un camino que debe conducir también a que renazca la confianza, el prestigio y la mejor imagen de Cataluña; y a que se afirmen los valores que la han caracterizado siempre en su propia personalidad y le han dado los mejores momentos de su historia: su capacidad de liderazgo y de esfuerzo, su espíritu creativo y vocación de apertura, su voluntad de compromiso, y su sentido de la responsabilidad.
Pero superar los problemas de convivencia que ha generado esta situación no nos puede hacer olvidar, por supuesto, otras serias preocupaciones y desafíos de la sociedad española, que también condicionan nuestro futuro y a los que me voy a referir muy brevemente:
Nuestra economía y el empleo han mejorado sustancialmente, pero la creación de puestos de trabajo estables tiene que ser siempre un objetivo esencial y prioritario. Como igualmente no puede caer en el olvido la obligación y la responsabilidad de afrontar la desigualdad y las diferencias sociales, sobre todo tras las consecuencias generadas por la reciente crisis económica, que tanto daño ha hecho a no pocas familias, y ha afectado tanto al futuro de muchos jóvenes.
El terrorismo yihadista sigue siendo una amenaza mundial y este año nosotros lo hemos sufrido directamente en Barcelona y Cambrils. Los españoles sabemos muy bien que solo desde la unidad democrática, la firmeza del Estado de Derecho, y la eficacia de la cooperación internacional, podremos vencerlo y derrotarlo. Y así lo haremos, teniendo siempre muy presentes el recuerdo y el respeto permanente a sus víctimas.
La corrupción se mantiene también como una de las principales preocupaciones de la sociedad, que demanda que sigan tomándose las medidas necesarias para su completa erradicación y que los ciudadanos puedan confiar plenamente en la correcta administración del dinero público.
Por otra parte somos Europa, y Europa se encuentra en estos momentos en una encrucijada histórica. España debe recuperar su protagonismo en un proyecto europeo que ahora requiere una mayor vitalidad e impulso. Europa –y España con ella– tiene que hacer frente a unos retos que son globales y ante los que no cabe la debilidad o la división sino la fortaleza de la unión.
La defensa del medio ambiente y la lucha contra el cambio climático no son problemas menores ni secundarios por la dimensión y los riesgos que acarrean y que ya estamos sufriendo. Debemos ser muy conscientes de ello, e implicarnos todos mucho más. Y España debe mantenerse firme en sus compromisos ante un problema que afecta a todo el planeta y que requiere soluciones no sólo globales, sino verdaderamente urgentes.
Tenemos otras muchas preocupaciones –desde luego– pero esta noche no quiero olvidarme de las mujeres que, en un silencio tantas veces impuesto por el miedo, sufren la violencia de género. Una lacra inadmisible que nos hiere en nuestros sentimientos más profundos y nos avergüenza e indigna. Mantengamos la firmeza y el apoyo político para ayudar y defender a las víctimas y concienciemos a toda la sociedad contra esa violencia, criminal y cobarde, que degrada nuestra convivencia.
2018 nos espera en unos días y debemos seguir construyendo nuestro país, porque la historia no se detiene. Y no hemos llegado hasta aquí para temer al futuro sino para crearlo.
Y estoy seguro de que nadie desea una España paralizada o conformista, sino moderna y atractiva, que ilusione; una España serena, pero en movimiento y dispuesta a evolucionar y a adaptarse a los nuevos tiempos.
Sintámonos, sin complejos, orgullosos de todo lo que hemos conseguido porque es mérito de todos; confiemos en lo que siempre nos ha unido, en lo que somos, tal y como somos, y sobre todo en lo que podemos alcanzar juntos con una fe firme en nuestras convicciones y en nuestras capacidades. Si seguimos por ese camino, si lo hacemos así, y con todas nuestras energías, yo estoy convencido de que el año que viene –y los que vendrán después– serán mucho mejores. Sin duda.
Ese es mi deseo para todos en esta noche tan especial.

Muchas gracias. Feliz Navidad, Eguberri on, Bon Nadal y Boas festas.

Buenas noches. Y Feliz y próspero año 2018.

mercredi 20 décembre 2017

Note d'étape Catalogne 21-D


Oriol Junqueras
Les élections de ce jeudi en Catalogne ne seront pas plus déterminantes que les précédentes et l'escroquerie démocratique qui veut qu'à la moitié des voix plus une, la courte majorité soit en droit d'opprimer la courte minorité n'y changera rien. C'est ce qui s'est passé ou presque sous les gouvernements catalanistes successifs. Ils eurent les pleins pouvoir sur l'éducation, la langue administrative, la culture (radio, télé...) et les travaux publics (les procès en corruption font rage). Leurs rivaux n'obtinrent que le droit de se taire.

Les sondages donnent à nouveau les unionistes et les catalanistes au coude à coude mais un fait nouveau peut rebattre les cartes : les trois partis indépendantistes se bouffent le nez, Oriol Junqueras depuis sa prison dénie toute légitimité à Carles Puigdemont qu'il traite de fuyard. Les points de dispute dépassent cette querelle, à mon avis justifiée, mais ne sauraient affaiblir l'addition des voix tant la quête d'une libération est ardente dans ce camp du départ. 50-50 ! Et monsieur Rajoy aura lancé les dés pour rien parce qu'une courte victoire de Ciudadanos et du Partido Popular ne ruinera pas le coup d'Etat rampant initié par le défunt gouvernement Puigdemont il y a quelques mois ! Et à l'inverse, ne permettra pas à la coalition catalaniste de gouverner mieux avec la masse de dissensions entre eux.

Bien sûr les Catalinistes revendiqueront la victoire des Catalans de souche. Sans les aliens et les traîtres, ils seraient, pensent-ils, vainqueurs haut la main. Ira-t-on un jour jusqu'à diviser les listes électorales entre résidents de la Généralité et aborigènes de la Province, seuls les seconds ayant la capacité de choisir le destin catalan, les autres votant sur les questions subalternes d'écoles et de tramways ? Quel sera le critère de "tri" ? Quatre grands-parents catalans ? Appartenance à l'haplogroupe des Macaboundeus ? Le fond d'œil ? Ne pas rire, les Corses phosphorent là-dessus.

Inés Arrimadas
Des observateurs mieux avisés suggèrent de responsabiliser les classes politiques régionales en passant d'un Etat décentralisé à un Etat fédéral classique à la Suisse, avec autonomie fiscale comme au Pays basque. Si les provinces acquièrent les capacités d'Etat au sein d'un royaume fédéral, elles seront immédiatement en concurrence entre elles tout en restant dans le marché commun, et sans doute que les délires basques ou catalans seront bloqués par leur impact négatif sur les salariés et petits patrons, la faute ne pouvant plus être déportée à Madrid. Les milliers d'entreprises qui ont délocalisé leurs domiciliations fiscales hors de Catalogne deviendront l'exemple à suivre en cas d'abus manifeste.

Reste que l'Union européenne aura sa partition à jouer, ce qu'elle ne fait pas actuellement. Pour rassurer les peuples, elle doit les défendre ! Et ce ne sont pas les accords de libre-échange à tout va qui y arriveront. Le marché unique de cinq cents millions de consommateurs solvables (britanniques comptés) n'est pas sommé de s'ouvrir ou périr ! Il serait temps que l'équipe Tusk-Juncker cède sa place à des gens moins dogmatiques et plus attentifs aux intérêts des productions européennes. Défendre, c'est renforcer la cohésion.



Postscriptum du lendemain qui chante :
La suite en détail sur El País : Elecciones catalanas 2017


lundi 13 novembre 2017

Le coup mou catalan

Le royaume au sang noir a la chance d'être gouverné par une médiocratie périphérique qui le sauve des rusés et autres habiles en agitation, propagande et victoire. Avec 43% d'indépendantistes déclarés en Catalogne, Lénine en aurait fait une bouchée.

Carme Forcadell, parlement de Catalogne
Ne doutant de rien, c'est pourtant ce vieux schéma que choisirent les catalanistes dès l'instauration de la Communauté autonome il y a quarante ans. Laver les cerveaux des générations montantes aux souffrances d'une République injustement vaincue, imposer par tous moyens une langue locale entendue de soi-seul, purger l'université des tièdes, multiplier les passe-droits aux pensent-droit, s'envelopper de la toge démocratique tout en travaillant les scrutins, exciter l'oppression franquiste en continu, et dans la pleine arrogance du sot, ignorer les avertissements de Bruxelles et Madrid. Le Parti communiste français suivait pareil schéma soviétique dans les années cinquante, c'est peu dire qu'il s'est planté, la société avança sans lui !

Dans ces circonstances dramatisées à outrance il fallait des pointures à la manœuvre plus qu'au pupitre. A part la tchache on n'a rien vu de probant. Embastillés sans résistance aucune, les ministres ont fini par "abjurer" leur foi et déclarer qu'ils œuvreraient désormais dans le cadre de la constitution espagnole de 1978 s'ils continuaient jamais à faire de la politique (mort de rire !). La présidente du Parlement de Catalogne a plié devant la Fiscalia, payé 150000 euros pris sur les dons et cotisations populaires, pour rentrer chez elle faire des tartes aux poires à ses gosses. Mais le plus beau est la fuite en Egypte du président de la République nouvelle, esquivant les sicaires d'Hérode !

Soraya de Santamaria
gouvernement de la Generalité
Justement, puisqu'on parle de Mariano Rajoy, revenons au principal. C'est un politicien très moyen avec une petite licence en droit de Galice, ayant grimpé les échelons dans l'écurie du phalangiste José María Aznar. Il tient dans son fauteuil comme bouche-trou de la charge de président du gouvernement afin que nul ne s'en empare parmi la classe politique espagnole passablement déconsidérée. Dans l'affaire catalane, après les semonces d'usage, il a malgré tout le mérite d'avoir écrit la jurisprudence des décrets d'application de l'article 155 de la constitution, inédit jusqu'ici, dont les termes vagues laissaient place à toute interprétation.
Ceci fait, il a passé la patate chaude à l'institution judiciaire qui, elle, ne fait pas de politique mais comme la Sainte Inquisition de jadis, applique des textes sans grand discernement, ce qui a fait peur aux catalanistes emprisonnés, menacés de trente ans de cage par un tribunal de lézards à sang froid. Derrière la présidente du Parlement de Catalogne, Carme Forcadell, ils ont tous levé les deux bras comme les Panoupanou du Congo, promettant de rester en pensées, en paroles et en action au sein du royaume honni. Bien qu'ancienne présidente de l'ANC (Assamblea Nacional Catalana) et égérie indiscutée du mouvement de libération catalan, elle n'a pas osé participer à la manifestation monstre de samedi dernier à Barcelone pour exiger la levée d'écrou de huit capitulards du gouvernement Puigdemont et des deux Jordi enchaînés à leur obstination séditieuse qui fait d'eux les bons lampistes. Reste le Dalaï Lama !

Ada Colau, alcade de Barcelone
Depuis la Belgique où il est assigné à résidence, Carles Puigdemont appelle au front patriotique pour les élections législatives du 21 décembre, mais les pertes de charge en ligne obèrent tout rassemblement des partis unis dans la précédente législature. Il lui faudrait être dans les couloirs du mouvement pour convaincre les uns et les autres d'une synthèse hollandienne, en dépit du fait qu'il ait fui comme un péteux, laissant tout le monde affronter la Santamaria. La CUP voulait récupérer sa posture révolutionnaire "sans frais" contre les partis bourgeois qui l'ont trahie, mais les militants chauffés à blanc ont forcé hier le politburo à aller aux élections ; les autres partis catalanistes veulent chacun compter leurs voix et iront dispersés tandis que l'alcade (Podemos) de Barcelone, Ada Colau, n'a pas assez d'insultes en rayon pour stigmatiser l'irresponsabilité des dirigeants indépendantistes qui ont joué avec la Catalogne jusqu'au "désastre" (sic) !

Comme Royal-Artillerie le suggère depuis le début de l'affaire, c'est le fric et le travail qui seront juges en dernier ressort. Les révolutions identitaires ou prolétariennes sont impossibles dans un monde brassé comme le nôtre, qu'on le regrette ou pas. Sauf imparable sursaut de la cause indépendantiste lors du scrutin 21-D, mais il faudrait dépasser 60% des sièges pour que ça fonctionne, la Catalogne va entrer en grand carénage à la Noël. Puisse le peuple pour moitié dégoutté, comprendre l'impasse d'une nostalgie romantique non étayée par les réalités de notre époque, même si le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point (Pascal). Le peuple fut sincère. Ses dirigeants n'étaient pas de taille (pour rester gentil); comme le dirait encore Marie-France Garaud : "nous attendions le marbre dont on fait les statues, c'était de la faïence à bidet".

On peut sur ce blogue poser la question au prince Louis-Alphonse de Bourbon, madrilène de souche et français de racines : « Qu'en pensez-vous franchement, Monseigneur, face au soleil levant ? »


Pica del Canigó 2784m



Catalunya triomfant,
tornarà a ser rica i plena.
Endarrera aquesta gent
tan ufana i tan superba.

Bon cop de falç !
Bon cop de falç, defensors de la terra !
Bon cop de falç !

Ara és hora, segadors.
Ara és hora d'estar alerta.
Per quan vingui un altre juny,
esmolem ben bé les eines.

Bon cop de falç !
Bon cop de falç, defensors de la terra !
Bon cop de falç !

Que tremoli l'enemic,
en veient la nostra ensenya.
Com fem caure espigues d'or,
quan convé seguem cadenes.

Bon cop de falç !
Bon cop de falç, defensors de la terra !
Bon cop de falç !

samedi 4 novembre 2017

Comme qui dirait du jour au bout du tunnel !

Où bien Carles Puigdemont est le génie méconnu que la Catalogne attendait depuis Charlemagne, sinon quelque Salvador Allende en fuite avant que Rajoy-Pinochet ne le cloue à la porte de la Moncloa ! Le fait est que l'application stricte (dura lex sed lex !) des lois sédition et rébellion dévie beaucoup d'eau vers la turbine indépendantiste.

La cote de l'indépendance catalane a monté subitement dès l'incarcération des ministres séditieux à Madrid (après celle des deux chefs ultras, les Jordi) à tel point que dans l'hypothèse d'un scrutin législatif demain dimanche, la libération de la communauté autonome l'emporterait, de justesse certes, mais l'emporterait en droit ! L'Indépendant de Perpignan publie (clic) un sondage du Centre d’estudis d’opinió (CEO) de la Generalitat en date du 1er novembre, qui donne 48,7% d'opinions pour l'indépendance contre 43,6% de non (le solde ne sait pas). En juin, les résultats du CEO étaient inversés : 41,1% pour et 49,4% contre, ce qui conduisit la coalition catalaniste à mafiater le référendum du 1er octobre.

On comprend bien désormais pourquoi les partis indépendantistes se ruent sur les élections régionales organisées par M. Rajoy le 21 décembre (à l'exclusion de la CUP anticapitaliste qui boude). Favorisés par une fusion des partis rebelles, les résultats dans la droite ligne du sondage seraient une magnifique revanche sur la dictature espagnole. Imaginez déjà la libération des martyrs de la prison Soto del Real sous le crépitement des flashes et le retour de Puigdemont en gare de Gérone avec deux drapeaux catalans croisés au nez de la locomotive !

Comment l'opinion a basculé ?

Par l'émotion ! En démocratie, l'émotion joue des tours aux raisonneurs. Bien sûr que la Justice espagnole est indépendante et applique les lois. Les gens qui tiennent les stylos de la rigueur judiciaire, comme Carmen Lamela sont irréprochables. Mais l'affaire n'est pas qu'anticonstitutionnelle malgré les avertissements explicites du Tribunal constitutionnel aux dirigeants catalans ; elle fut, demeure et sera politique aussi. Ce qu'a bien vu le président en exil au point de presse de Bruxelles mardi 31 octobre. Accordons-lui d'avoir anticipé la conversion de l'opinion.

L'émotion submerge les réalités, les cruelles vérités économiques par exemple, et emporte les cœurs vers un plébiscite pour l'indépendance. Les lendemains ne chanteront pas, mais le dicton "mon verre est petit mais je bois dans mon verre" aura l'avantage, d'une courte tête ou mieux, va savoir !

Il serait présomptueux ici de prédire ce que fera le pouvoir espagnol en cas de victoire démocratique des indépendantistes au scrutin législatif du 21 décembre. Un référendum national ? Déclencher la lourde procédure de la révision de la constitution de 1978 ? Laisser partir la belle province à la dérive ? Il est plus intéressant de s'inquiéter de l'Europe.



Comment basculera l'Europe ?

Les dirigeants européens unanimes excluent déjà la province rebelle de la Communauté. Mais ça c'est avant ! Avant le 22 décembre 2017. Les traités, directives et règles tiendront-ils longtemps à la poussée d'une libération des peuples ? Car le 22, la Catalogne Libre ne sera plus seule. La casserolade va gagner tout le continent au seul motif d'une victoire sur l'oppression des Etats-nations obsolètes pour garantir le bonheur des peuples, etc. Que cela soit très romantique, voire enfantin, n'en diminue pas la force. Les peuples ne sont pas adultes, c'est pourquoi ils ont de temps en temps des tyrans.

On peut parier que le Roussillon français va défiler et faire le plus de bruit possible, les Corses profiteront de l'embellie souverainiste, les Basques sortiront le drapeau de l'Euzkadi à Saint-Jean de Luz. Mais ce sont les régions lourdes que les pouvoirs européens peuvent craindre, au premier chef desquelles le Pays basque espagnol, l'Ecosse, les Flandres belges, la Vénétie. Si le concert de protestation contre l'exclusion est bien réglé, la Commission ne tiendra pas le choc. S'y agrégeront ensuite les régions folkloriques menées par des suceurs de roue en Bretagne, Alsace, Lombardie, Bavière peut-être pour augmenter le vacarme et la vieille Galice. A partir de là, tout peut arriver. Même Poutine peut s'introduire dans le désordre européen. Super-gag !
Un absent de marque au débat espagnol : Don Felipe régnant !


Une question transcendantale : la gare de Perpignan restera-t-elle le «Centre cosmique de l'Univers» ?



vendredi 27 octobre 2017

Dieu te garde, Catalogne


La proclamation de la République par le Parlement de Catalogne soulève l'enthousiasme de la moitié des habitants de la province, et le silence de l'autre moitié ne l'entamera pas. Il sera désormais très difficile d'ignorer sur place cette proclamation et au gouvernement central de passer effectivement à l'application physique des tutelles approuvées par le Sénat de Madrid aujourd'hui.


Les indépendantistes se disent prêts à tous les sacrifices pour accéder au rêve au cri de "llibertat!" mais les régionalistes de la couronne d'Espagne comptent sur Madrid pour sauver la Catalogne qui s'est mise en grand danger : l'Europe la refuse, les milieux d'affaires la fuient, la finance internationale ne lui fait pas crédit. L'exode des sièges sociaux - plus d'un millier de sociétés ont émigré - déporte avec lui les domiciliations fiscales et prive donc la Catalogne des contributions directes et indirectes des entreprises comme de leurs cotisations sociales. Le tourisme peut se rétrécir sévèrement pour des questions aussi bêtes que les surprimes d'assurances des tour-opérateurs.
Rien n'est encore fait. La mise en tutelle concernerait les ministères régionaux, la police et accessoirement la radio-télévision ; les finances sont déjà sorties. Seuls vont compter les "détails".
La République pourrait très bien mourir d'insolvabilité totale privant les fonctionnaires de leurs traitements et les services publics des subsides de base.
Pour avoir assisté intégralement à la séance historique du Parlement de Catalogne ce vendredi 27 octobre 2017 grâce à TV3-Catalunya, on ne voit aucun projet national qui sorte des incantations risibles contre le fascisme et autres oppressions castillanes que la constituante à venir va éradiquer. Au-delà de quoi la République catalane va se trouver pendue par les cheveux au milieu de nulle part.
J'avoue comme languedocien être très excité par les développements futurs de cette extravagance unique en Europe occidentale, néanmoins la Catalogne étant une nation de l'arc occitan qui a choisi volontairement de faire une grosse bêtise, nous lui souhaitons quand même bonne chance !


Postscriptum du lendemain qui chante :
Sont destitués à Barcelone et/ou poursuivis :

- Sr. Carles Puigdemont, président de la Generalitat
- Sr. Oriol Junqueras, vice-président de la Generalitat
- Sra. Carme Forcadell, présidente de la Chambre dissoute (pas encore)
- Le major Josep Lluis Trapero, commissaire principal des Mossos d'Esquadra
- Sr. Jordi Sànchez, président de l'ANC (assemblée nationale catalane)
- Sr. Jordi Cuixart, président d'Omnium Cultural
- Suivront cent cinquante noms de hauts fonctionnaires simplement démis de leur fonction (jusqu'à plus ample informé)...

- L'exécutif de la Communauté autonome (qui le reste) est gouverné par la Sra. Soraya Saenz de Santamaria (CV ici)
- Le chef d'escadron Ferrán López, ex-adjoint du major Trapero, est nommé chef-commissaire des Mossos d'Esquadra
- ......





lundi 23 octobre 2017

Puigdemont, grand diseu petit feseu !


Le président de la Généralité de Catalogne
Pour la deuxième fois depuis l'ouverture de la crise référendaire, Carles Puigdemont passe la patate chaude voire brûlante à Carme Forcadell, la présidente du Parlement de Catalogne.

La première fois, ce fut au lendemain du référendum interdit mais gagné ou presque, le 2 octobre 2017 quand la déclaration d'indépendance promise fut suspendue sans conditions, ou du moins conditions si floues qu'elles annulaient toute réplique ultérieure. Demander un dialogue et la médiation étrangère revenait à publier des vœux de prompt rétablissement à une Catalogne meurtrie.
La deuxième fois date de samedi soir, 21 octobre, en réponse à l'ouverture de la procédure de destitution de l'article 155 de la Constitution espagnole de 1978. Le président saisit son parlement qui doit "débattre", alors que pour annuler les effets de l'art. 155 il aurait suffi de dissoudre la chambre et de convoquer dans le même mouvement des élections régionales. En réaction de quoi, le Sénat aurait stoppé vendredi prochain 27 octobre la mise en route de la destitution du gouvernement catalan, le statut d'autonomie restant en vigueur d'après la décision du Conseil des ministres de Madrid.

Il suffisait alors de faire campagne en instrumentalisant la brutalité castillane (ou galicienne) vis à vis de la démocratie et en gommant le volet "solidarité européenne" qui ne s'ouvre pas ! Le bureau du Parlement annonce maintenant qu'ils se réuniront en session plénière le 26 octobre, veille de la réunion du Sénat. Est-ce pour dramatiser encore plus ? On est en plein théâtre de boulevard. Franchement, les Catalans méritaient mieux !

Ce chef indécis, c'est Louis XVI qui va se faire rattraper à Figueras. En attendant la berline, voici la teneur de la reprise en main selon ZeroHedge :

*Administration directe

Mariano Rajoy demande au Sénat de saquer tout le gouvernement de Barcelone, y compris Carles Puigdemont et Oriol Junqueras son vice-président chargé des questions économiques (un génie).
Le gouvernement central prendrait la main sur l'administration régionale autonome (elle le resterait) jusqu'aux élections législatives à organiser avant six mois.
Si l'actuel Parlement de Catalogne conserverait son rôle délibératif, le gouvernement en revanche serait mis sous la tutelle de Madrid.

*Police

Les hauts fonctionnaires nommés prendraient le contrôle des Mossos d'Esquerra qui ont été impliqués dans la rebellion avant et après le référendum illegal. La chaîne de commandement sera vérifiée et mise en ordre. Le chef des Mossos est déjà inculpé.

*Finances

Le Ministre madrilène de l'Economie a déjà resserré son contrôle des finances régionales afin de bloquer l'utilisation des fonds d'Etat destiné à soutenir la sécession. Les règlements essentiels sont dirigés depuis Madrid, et il en continuera ainsi jusqu'à normalisation.

*Médiats

TV3 Catalogne passerait sous contrôle de Madrid afin que l'information traitée par la chaîne régionale de référence soit "vérifiée, objective et équilibrée, en ligne avec le pluralisme politique, social et culturel du territoire".

Une capitale mondialisée à la merci d'un petit journaliste !


Postscriptum :

M. Christian Vanneste dit les mêmes choses autrement en s'appuyant sur une comparaison utile entre la sagesse de l'ancienne république millénaire de Venise et les pays catalans, éternels vassaux de la couronne d'Aragon : cliquer ici.

Indignations symétriques en Espagne

Plaça de Sant Jaume (Generalitat), Barcelona

 

155* c'est l'article 37 allemand voire l'article 16 français : pleins pouvoirs ! Carles Puigdemont et ses parrains catalanistes ont obtenu l'humiliation recherchée, sensée remettre du charbon en chaudière pour provoquer la répression qui attendrira les peuples d'Europe. On va tout entendre du coup d'Etat au déni de démocratie mais el pueblo unido jamás será vencido ! Il pleut, on rentre. L'Europe s'en fout ! Les dirigeants de Barcelone n'ont pas saisi la porte de sortie honorable que Madrid leur entrouvrait : convoquer jeudi dernier des élections législatives régionales sous soixante jours pour les perdre démocratiquement et sauver l'avenir en conservant le statut actuel. Au lieu de quoi, le président (par défaut) a passé la patate chaude à Carme Forcadell, présidente du parlement de Catalogne pour qu'elle organise un débat sur le quoi faire. Quel courage, monsieur Puigdemont ! Quel courage, mais son air d'étudiant à crinière n'augurait pas d'un tempérament guerrier. Les Catalans de tous bords vont assister la mort dans l'âme à une reprise en main. La communauté autonome rend les clefs jusqu'à meilleure fortune à des gens qu'elle a insultés. Tout va dépendre maintenant du doigté apporté par le gouvernement central dans la gestion locale de la crise. Mais si les Cortes de Madrid n'entament pas tout de suite la procédure de révision constitutionnelle, trop de gens désœuvrés ou faciles à convaincre vont fermenter et ravager une Catalogne promise à la ruine. L'Espagne doit s'autonomiser à fond : trois siècles d'histoire à effacer. Mazette, on commençait à s'ennuyer !

Depuis l'aube du monde ce que l'on nomme dans les titres royaux "les Espagnes" commence au sud de la ligne de crête des montagnes pyrénéennes pour finir à l'Afrique. Et nul n'y changera rien. Sanche le Grand (♰ 1035) était Rex Hispaniarum, autant dire roi d'Ibérique, colossal ! Si l'on exclut le royaume de Portugal tourné vers l'outremer, le territoire de la péninsule, farci de royaumes, fut très longtemps morcelé, un peu à la manière italienne, puis partagé entre les couronnes de Castille et d'Aragon qui en firent des agrégats. Ces Espagnes ont duré jusqu'à la guerre de Succession entre les maisons de France et d'Autriche, quand vint le temps d'une unification politique et budgétaire, les suzerainetés ne suffisant plus à la gestion de l'espace. C'est le roi Bourbon Philippe V qui réorganisera tout le territoire des Espagnes autour des années 1715, répliquant plus ou moins le schéma centralisateur français (source). Cette marche à l'intégration se continuera par une assimilation forcée, que briseront les deux républiques puis que renforcera le fascisme. Le pouvoir légataire du franquisme tiendra compte de l'histoire écrite dans la terre d'Espagne après la mort du Caudillo en 1975 pour équilibrer une nouvelle constitution (1978). D'où les divers statuts d'autonomie poussée des provinces actuelles. On a repris alors la route des Espagnes à la satisfaction générale, Catalans compris. Mais la Catalogne veut toujours plus.

Citadelle-musée de Montjuïc (Barcelone)

Toujours plus, au motif que la Seconde République lui avait octroyé une quasi-indépendance. La seule question qui vaille aujourd'hui à l'adresse des leaders catalans est : pour quoi faire ? Pour brasser plus de pognon à Barcelone ? pour dépenser sans compter ? pour s'enrichir personnellement comme tous les révolutionnaires du monde ? Si l'on me parle de "culture bafouée", de "civilisation brimée", de "catalanité combattue", je dis foutaises, ce n'est tout simplement plus vrai depuis quarante ans, la dictature franquiste est loin. Mais depuis la libération, on infuse dans l'esprit des écoliers le martyre de la Catalogne opprimée ; et bien sûr, les enfants de jadis ont grandi dans ce bouillon nationaliste de synthèse, ont regardé dans le rétroviseur plus que par le pare-brise jusqu'à se couper des perceptions culturelles de la rue (les putes sont japonaises) et des réalités socio-économiques modernes (l'IBEX 35 s'est enfui). Autant dire que le nerf de la guerre d'indépendance est en train de quitter la région rebelle, non par un complot international des Forges maçonniques et des Banques cosmopolites, mais parce que nulle entreprise, quelle que soit sa taille, n'a vocation à mourir de bêtise quand cinquante kilomètres plus loin, elle va prospérer. Et les livres se souviennent aussi de la révolution sociale de 1936 dont les partis gauchistes de Barcelone s'imaginent être les continuateurs et qui a laissé d'impérissables souvenirs.

Dans une déclaration faite juste avant le référendum extravagant du 1er octobre 2017, Mgr Sixte-Henri de Bourbon Parme, régent de la tradition carliste et grand détestateur de la constitution de 1978**, évoque "les Espagnes" comme ciment de l'union espagnole (voir la page de Katehon en français ou celle de la Comunión Tradicionalista en espagnol et catalan). A part de lui, tout converge au retour des suzerainetés médiévales sous une forme moderne. Le centralisme français d'importation ne fut jamais une réponse au-delà des Pyrénées. Les peuples espagnols sont fiers, à la limite chauvins et rétifs à l'uniformisation qui effrite le ciment national. On peut d'ailleurs les amuser adroitement de manifestations folkloriques et religieuses qui permettent de gérer le reste.

Le roi, raide et compassé en même temps, ne doit pas s'enfermer dans un juridisme étroit, même si l'intransigeance constitutionnelle de Mariano Rajoy est la seule réponse possible pour le moment. Il est le roi de toutes les Espagnes, il peut jouer le rôle du good cop comme dans le discours d'Oviedo (clic) et pousser à la réforme en sortant lui-même des rails constitutionnels s'il le faut. Le temps des juristes est venu. Tant la Catalogne que l'Euzkadi doivent restées amarrées à la couronne d'Espagne comme l'étaient jadis les provinces étrangères à la couronne d'Aragon, qui était passée au XV° siècle du statut de royaume pyrénéen à celui d'une thalassocratie méditerranéenne puissante, avec Barcelone comme tête de lignes. La Catalogne en réduction qui propose la sécession n'arriverait à rien. Sa cousine basque ne ferait pas mieux.

Possessions de la Couronne d'Aragon au XV° siècle


Quant à déteindre sur le reste de l'Europe, cette prospective des dominos est pure manipulation des centralisateurs obtus. Des entités historiques assez fortes, capables de s'extraire d'un Etat régulièrement constitué et ayant une surface suffisante pour jouer leur partie sans appeler de la Dette à chaque fin de mois, je n'en vois que deux : les héritiers du royaume d'Ecosse (qui jadis passa la Auld Alliance avec le royaume de France) et ceux d'une réunion des royaumes de Piémont, de Lombardie alliés à la république de Venise (la Padanie alpine). Tout le reste est "enclavé" et pour la France, stupide. La Corse est très dépendante, l'Occitanie politique n'existe pas (même réduite à la Septimanie), Bretagne, Alsace sont du folklore, le pays basque français est une question dérivée.
La seule équivalence à la lutte catalane serait les Flandres belges, mais comme pour la Catalogne la seule question qui vaille serait : "pour quoi faire ?". Des économies sur la Wallonie ? Une indépendance d'usufruitiers ? La création de postes prestigieux à compte des contribuables? La gloire ? Même les Hollandais les détestent.

A l'heure des Etats-continents, il est presque risible de voir certains intellectuels soutenir l'émiettement de l'Europe occidentale au motif fumeux du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, quitte à en crever (comme le Kosovo). L'Union européenne doit gagner en force pure dans le grand jeu diplomatique. Le Soft Power par le commerce et les crédits de développement ne marche plus. Attaquée de partout dans le champ démographique par des migrations massives, elle doit résoudre les déséquilibres qui provoquent l'exode du tiers-monde et combattre les offensives délibérées qui la visent. Les Etats-continents ont déclaré la guerre économique mondiale et la noix européenne doit résister entre les branches du casse-noix sino-américain. Pour ce faire, il faut passer outre les interminables conférences à 27 ou 30 en dix langues et parler d'une seule voix à Trump et Xi. A défaut de quoi L'Europe sera achetée (conquise), région par région, matée et consommée sur place comme il en fut lors de la conquête maure de 711.

Mais parce que c'est aussi une communion de peuples très anciens, souvent antagonistes, l'Europe doit trouver un juste équilibre entre les aspirations réelles d'une démocratie de proximité et la puissance continentale nécessaire à notre survie. L'Europe des régions est une proie.
En attendant l'embellie politique, on fera son profit de l'entretien donné à Royauté-News par Marie-Thérèse de Bourbon Parme, la pasionaria carliste de référence, en cliquant ici. Nous partageons avec elle l'amour des fueros ou chartes communales, franchises et immunités qui sont l'essence-même de l'enracinement des peuples dans leur diversité, s'ils savent en revanche s'unir au plus loin pour perdurer.

Europe des régions subordonnées


Notes :
(*) Artículo 155 de la Constitución española de 1978:
1. Si una Comunidad Autónoma no cumpliere las obligaciones que la Constitución u otras leyes le impongan, o actuare de forma que atente gravemente al interés general de España, el Gobierno, previo requerimiento al Presidente de la Comunidad Autónoma y, en el caso de no ser atendido, con la aprobación por mayoría absoluta del Senado, podrá adoptar las medidas necesarias para obligar a aquélla al cumplimiento forzoso de dichas obligaciones o para la protección del mencionado interés general.
2. Para la ejecución de las medidas previstas en el apartado anterior, el Gobierno podrá dar instrucciones a todas las autoridades de las Comunidades Autónomas.

(**) Sixto de Borbón à El Pais en 2013 : « Estamos en presencia de una seudoconstitución, que no puede tener principios en función de su origen bastardo y espúreo. El sistema [constitucional] del 78 se basó en la mentira, por lo que antes o después tenía que desmoronarse. El desfondamiento institucional, moral y religioso hace, sin embargo, que no podamos celebrar en exceso el fiasco »


Addedum du 22.10.17
On retirera beaucoup d'informations utiles de l'article de Patrick Kingslay dans le New York Times du 20.10.17 qui a parlé avec Ada Colau, maire de Barcelone. Elle défend sa ville, l'une des premières de Méditerranée, dans la mondialisation de préférence à un improbable Etat catalan. L'article se termine au Camp Nou Stadium et les photos sont très réussies.

samedi 21 octobre 2017

Le discours du roi avant l'orage

C'est depuis Oviedo où le roi Felipe VI et son épouse vinrent remettre les prix Princesses des Asturies que fut prononcé hier vendredi un discours pour l'unité espagnole, empreint de plus de chaleur que l'adresse constitutionnelle du 3 octobre à Madrid rapportée ici.
Ce discours précède les décisions du Conseil des ministres convoqué aujourd'hui par le président du gouvernement, Mariano Rajoy, qui rentre de Bruxelles assuré du soutien de tous les pays de l'Union et de ses institutions contre la sécession catalane. Quel que soit le déroulement de la crise à Barcelone, le discours d'Oviedo fera date en tant qu'ultime appel à la raison.
Lundi, Royal-Artillerie proposera un article sur le même sujet intitulé "Indignation symétrique en Espagne".


(source Casa Real)

lundi 9 octobre 2017

ISF, incitation à s'enfuir !

Avant-propos

Royal-Artillerie avait prévu de faire pour ce lundi un "billet catastrophe" sur la marche à la falaise des lemmings catalans. Au risque de se tromper demain, nous avons jugé que les pouvoirs économiques régionaux ont amené les catalanistes à résipiscence par le départ de deux banques et l'abandon du port de Barcelone pour exporter les voitures Citroën de Saragosse, signaux déclencheurs d'un exode complet du CAC40 espagnol. S'en est mêlée l'Union européenne dans ses trois corps (CE, PE et BCE) qui ont exclu d'avance la République catalane qu'on allait retrouvée pendue au milieu de nulle part. Sont enfin apparues dimanche les manifestations monstres pour l'unité espagnole. La conjuration (selon Mario Vargas Llosa) se termine en eau de boudin, le mérite en revenant d'abord au sens du ridicule de M. Puigdemont et un peu au roi d'Espagne, bien secondé par la Cour constitutionnelle qui bloque toute issue extérieure au motif d'illégalité, et par les dispositions judicieuses prises par M. Rajoy pour vider la région de ses sièges sociaux importants ! Terminé pour nous. C'est donc sur une macronade que nous ouvrons le feu cette semaine puisqu'il s'agit de l'impôt sur la fortune.

A raison, le gouvernement français a décidé de remiser cette relique du Grand Soir dans le placard à conneries. Quelques pays conservent encore cette punition à des motifs divers et spécifiques à leurs particularismes comme la Suisse qui en finance ses cantons, la Norvège immense et peu peuplée qui taxe à 1% les établissements de tous ordres, et le Lichtenstein qui en use comme révélateur statistique de son patrimoine en obligeant à déclaration pour taxer à 0,07% ! Rien à voir avec le système spoliatoire français à 1,50%. Une douzaine de grands pays ont supprimé cette incitation pressante à l'exil.

Le problème est que nos élites administratives sont dévorées par leur fine intelligence, comme s'en plaignait pour lui-même M. le ministre de l'Economie en campagne des primaires républicaines. Et plutôt que de dire "cessons l'ISF stupide !" on trie ! On trie ce que l'on pourrait conserver, ce qui chagrine, ce qui plaît moins, jusqu'à la politique d'amendements parlementaires qui va user du temps et l'ouvrage à l'envi. Le tohubohu a commencé pour ou contre les yachts et les lingots d'or, les Beechcraft et Falcon mais aussi sur la pierre-papier et la pierre-maçonne, franchises, progressivité et détails déclaratifs... le sac de nœuds dont la France est friande pour pouvoir rémunérer des contrôleurs qui insinuent partout le pouvoir pesant de l'Etat. Pourtant l'objet de la réforme est simple : faire venir en France des gens capables de gagner de l'argent par eux-mêmes ou en réunion et qui feront travailler du monde directement ou indirectement. Le nautisme est un bon exemple. Filière d'excellence française, elle emploie vingt mille personnes et exporte beaucoup, mais nous perdons tout l'aftermarket juteux au profit de l'Italie. Cesser de cibler les yachts ne pourrait être que bénéfique, cesser de cibler la richesse tout court, aussi. C'est à cet endroit du texte qu'on devrait placer l'appât des mouches au vinaigre ! Le manque à gagner par la suppression complète de l'ISF serait compensé et bien au-delà par une taxe générale sur la connerie socialiste.

Mais quand bien même ! Non seulement les gens riches ne reviendront pas pour les raisons citées plus bas, mais d'autres arrivés à maturité choisiront de partir au simple motif que, outre les complications fiscales et bureaucratiques d'une administration tsariste, toutes ces dispositions libératrices sont peu sûres et susceptibles d'être rapportées par une nouvelle majorité politique dans quatre ans. Le startupper français qui réussit à millions va immanquablement chercher la voie d'un salut fiscal certes, mais surtout celle d'un environnement plus favorable à son développement professionnel et au bien-être de sa famille. Riche ou pas encore, on ne remue pas sa vie d'un pays à l'autre chaque lustre. La France devra faire sur une décennie au moins la preuve de sa conversion à la norme libérale OCDE pour convaincre les gros cigares. Quand on suit les débats parlementaires, s'insinue le doute, un gros doute après bien sûr l'effarement de leur médiocrité.

Pourquoi la plupart des riches ne se refiscaliseront pas en France ?

Pour une raison trop simple pour monsieur Le Maire : parce qu'ils ont déjà fait leur vie ailleurs. Les conjoints sont installés, certains dans de vrais jobs qu'ils n'auront pas en France, les enfants sont intégrés dans les cursus scolaires et fréquentent des amis, les activités périphériques sont établies et goûtées. Et une fois l'an, la famille fait un saut en France pour voir et gâter les grands-parents, apprendre les tracasseries nouvelles que le gouvernement a inventées, faire connaître aux gamins comme il est beau le pays malgré les communistes et les "arabes", et repartir les valises pleines de pinard et de produits défendus comme le foie d'oie étranglée.

Si je dis cela sur la base de mon entourage familial et professionnel, je signale aux sceptiques que de grands patrons ont calté au su de tous avec femmes et enfants (comme Jean-Pascal Tricoire de Schneider Electric à Hong Kong). Et comme je le répète parfois (mais à mon âge j'y suis autorisé) aucun de mes potes expatriés n'est revenu à la fin, sauf un (1) appelé par un rêve paysan qui meubla ses nuits toute sa vie au fin fond des déserts pétroliers. Tous les autres ont fait souche, un peu comme ces Français de Louis XV, fatigués de leur condition, qui "disparaissaient" dans la grande plaine américaine en prenant squaw et papooses. Mais peut-être avons-nous dans les gênes cette facilité à nous intégrer partout ? Notre liste d'ermites est longue, celle de nos bâtards immense. Une race à part ? On trouve des Français (ou d'anciens Français) partout sur la planète (même en Papouasie), dans des petits ou grands bizness, qui ont pour la plupart d'entre eux le sourire. Leur parler de revenir déclenche d'irrésistibles fou-rires, je n'ai jamais eu d'arguments.


Trappeurs français d'antan au Nebraska actuel

dimanche 8 octobre 2017

Réponse à Royauté-News sur le catalanisme


Re votre article du 6 octobre 2017 : Catalogne, un tournant à négocier avec intelligence.

On y lit à propos des institutions européennes : Cet objectif (ndlr: l'indépendance) convient parfaitement à l'Union européenne, qui souhaite dépecer les États pour mieux asseoir son autorité technocratique et atlantiste, et pour qui cette principauté qui, autonome depuis des siècles, avait tout (avec l'Écosse) pour donner l'élan à un mouvement plus généralisé en Europe.

Bien que les fédéralistes soient nombreux en Europe et dans les institutions centrales, l'émiettement des Etats n'est pas l'objectif. Concrètement, si l'on a choisi dans le passé la régionalisation des crédits européens (parce que tout commence et finit au fric), c'était pour rapprocher le bailleur de l'utilisateur final et de contrôler au plus près la mobilisation des lignes budgétaires, et accessoirement, éviter le coulage possible au niveau du gouvernement national à travers des fameuses études d'impact et de faisabilité qui nourrissent les officines subventionnées. Mais on a vite vu le coulage se décentraliser...
L'Union a un mal de chien à avancer à 28 (27) chacun ne voulant voir que sa gamelle. Il ne fait aucun doute que les égoïsmes seront exacerbés par une régionalisation des pouvoirs. C'est pourquoi la Commission de Bruxelles, comme la banque centrale et le parlement ont prévenu les dirigeants de Barcelone que l'indépendance allait les chasser du cercle de famille.

Concernant la transition franquiste maintenant. Vous dites (RN1) : L'erreur des Princes Carlos Ugo et Alphonse, le Duc de Cadix, aura été de suspendre sans condition leurs légitimes prétentions au moment où s'organisait, sous les auspices franquistes, la future monarchie et se dessinait et se jouait l'après-franquisme, lorsque ces deux Princes, pour ne pas diviser le tissu espagnol, acceptaient Juan Carlos qui avait reçu la préférence du Caudillo. La faute des rois Juan Carlos puis Felipe aura été de ne pas satisfaire les légitimes aspirations des provinces selon la doctrine Carliste.

Je ne suis pas sûr que l'accession au trône de l'aîné d'Espagne aurait été pérenne. Dans un pays opprimé sur deux générations par la dictature, les peuples hispaniques n'auraient pas longtemps supporté la petite-fille du Caudillo comme reine, et son tempérament de feu aurait donné prise à médisances et calomnies jusqu'à l'émeute. Reste la régence carliste, le parti de l'Honneur, disait Brasillach. Il est indéniable que son régionalisme poussé à fond conviendrait assez bien au tempérament espagnol, dans un pays où, comme s'en agaçait Ferdinand VII, huit millions de rois gouvernent. Ramener les impatiences et la "justice" au niveau des "pays" (fueros ou chartes municipales) est une mesure sage, laissant le régalien au roi sous surveillance des Cortes. Mais le parti carliste est divisé en trois courants hostiles qui s'enterrent dans les fractures politiques espagnoles, ce qui lui ôte toute chance de succès sauf d'estime. La branche actuelle des Bourbons qui règne à Madrid est le seul choix workable. Qu'elle enthousiasme toute l'Espagne est une autre question, même si Felipe VI et sa famille se donnent à fond. Basques de souche et Catalans de souche ne les aiment pas et les Espagnols dans leur ensemble ne sont pas des royalistes acharnés, mais apprécient une représentation de qualité à l'extérieur. C'est insuffisant.

L'article de Royauté-News se termine sur le "malaise culturel" en région. Pour avoir connu l'Espagne franquiste, je ne vois pas aujourd'hui de malaise identitaire dominant en aucune des régions, ce qui explique l'insuccès du séparatisme basque et sa folklorisation. Les Catalanistes (parfois enrichis) ont choisi d'éviter l'insurrection armée qui risque votre peau, au lieu de cela ont travaillé au corps la société catalane, comme vous le dites si bien, et jusque dans les écoles, pour arriver par les urnes et fermer le ban à la cubaine. Ils n'aboutiront pas mieux que les Basques pour la simple raison que dans un monde digital et bientôt quantique, les gens sont fatigués des binious et pastourelles politiques, surtout quand ils détectent chez les chefs une soif inextinguible de pouvoir pour le pouvoir. Merci d'avoir évoqué les 60 millions d'euros externalisés par le président Jordi Pujol. En fait c'est cent millions que l'on cherche.

A noter qu'il n'a jamais existé dans l'histoire d'Etat catalan. Même les barons francs de Barcelone que l'on vit à Senlis en 987 répondaient au rex francorum. Quant à Mariano Rajoy, c'est un politicien comme il en faut pour vidanger les écuries d'Augias, avec la particularité d'être Galicien, donc sensible aux identités fortes. Est-ce pour cette qualité qu'il a anticipé l'échec de la revendication catalane ?

mercredi 4 octobre 2017

Le discours d'un roi

L'intervention du roi Felipe VI fait obligatoirement penser à celle de son père lors du coup d'Etat de Tejero en 1981. La fermeté de ton, l'expression de convictions solides, la primauté de la constitution démocratique de 1978 (votée aux Cortès et ratifiée par référendum), les dévolutions de souveraineté à l'intérieur du royaume, toutes ces assertions sont indispensables pour raffermir la confiance dans tout le pays.

Si le président catalaniste Puigdemont ne proclame pas l'indépendance le week-end qui vient, proclamation fondée sur des résultats acquis dans des conditions rocambolesques et retravaillés au dépouillement comme savent si bien le faire les républicains, il sera plus que temps pour le roi et la Casa Real de manifester leur compréhension à tous les habitants de Catalogne en promouvant les avantages d'un grand pays uni dans la mondialisation sauvage et en suggérant sans le dire explicitement la prééminence de l'hispanité (Amérique latine) sur la catalanité qui ne va pas plus loin que le Barcarès.

Les républicains catalans ne veulent rien entendre qui détournerait les gens de leur chimère. Ils agitent un passé révolu dont seuls les vieillards se souviennent, pour faire monter la fièvre à leur propre bénéfice. Peut-être que de la Catalogne ils n'ont que faire puisque déjà ils parlent, comme Pablo Iglesias de Podemos, de remettre à plat la constitution de toute l'Espagne pour se débarrasser de la monarchie. Si la Catalogne se détache réellement du royaume, elle perdra tout, pour la simple et bonne raison qu'elle sera coupée du système circulatoire européen et espagnol. Mais de ça, les indépendantistes ne parlent jamais au peuple fasciné par les manifestations de masse et les chants patriotiques ; il y a quelque chose de vénézuélien dans la tactique explicitement dénoncée par le roi.



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Buenas noches,

Estamos viviendo momentos muy graves para nuestra vida democrática. Y en estas circunstancias, quiero dirigirme directamente a todos los españoles. Todos hemos sido testigos de los hechos que se han ido produciendo en Cataluña, con la pretensión final de la Generalitat de que sea proclamada − ilegalmente − la independencia de Cataluña.

Desde hace ya tiempo, determinadas autoridades de Cataluña, de una manera reiterada, consciente y deliberada, han venido incumpliendo la Constitución y su Estatuto de Autonomía, que es la Ley que reconoce, protege y ampara sus instituciones históricas y su autogobierno.

Con sus decisiones han vulnerado de manera sistemática las normas aprobadas legal y legítimamente, demostrando una deslealtad inadmisible hacia los poderes del Estado. Un Estado al que, precisamente, esas autoridades representan en Cataluña.

Han quebrantado los principios democráticos de todo Estado de Derecho y han socavado la armonía y la convivencia en la propia sociedad catalana, llegando ─ desgraciadamente ─ a dividirla. Hoy la sociedad catalana está fracturada y enfrentada.

Esas autoridades han menospreciado los afectos y los sentimientos de solidaridad que han unido y unirán al conjunto de los españoles y con su conducta irresponsable incluso pueden poner en riesgo la estabilidad económica y social de Cataluña y de toda España.

En definitiva, todo ello ha supuesto la culminación de un inaceptable intento de apropiación de las instituciones históricas de Cataluña. Esas autoridades, de una manera clara y rotunda, se han situado totalmente al margen del derecho y de la democracia. Han pretendido quebrar la unidad de España y la soberanía nacional, que es el derecho de todos los españoles a decidir democráticamente su vida en común.

Por todo ello y ante esta situación de extrema gravedad, que requiere el firme compromiso de todos con los intereses generales, es responsabilidad de los legítimos poderes de l'Estado asegurar el orden constitucional y el normal funcionamiento de las instituciones, la vigencia del Estado de Derecho y el autogobierno de Cataluña, basado en la Constitución y en su Estatuto de Autonomía.

Hoy quiero, además, transmitir varios mensajes a todos los Españoles, particularmente a los Catalanes.

A los ciudadanos de Cataluña – a todos − quiero reiterarles que desde hace décadas vivimos en un Estado democrático que ofrece las vías constitucionales para que cualquier persona pueda defender sus ideas dentro del respeto a la ley. Porque, como todos sabemos, sin ese respeto no hay convivencia democrática posible en paz y libertad, ni en Cataluña, ni en el resto de España, ni en ningún lugar del mundo. En la España constitucional y democrática, saben bien que tienen un espacio de concordia y de encuentro con todos sus conciudadanos.

Sé muy bien que en Cataluña también hay mucha preocupación y gran inquietud con la conducta de las autoridades autonómicas. A quienes así lo sienten, les digo que no están solos, ni lo estarán ; que tienen todo el apoyo y la solidaridad del resto de los españoles, y la garantía absoluta de nuestro Estado de Derecho en la defensa de su libertad y de sus derechos.

Y al conjunto de los españoles, que viven con desasosiego y tristeza estos acontecimientos, les transmito un mensaje de tranquilidad, de confianza y también, de esperanza.

Son momentos difíciles, pero los superaremos. Son momentos muy complejos, pero saldremos adelante. Porque creemos en nuestro país y nos sentimos orgullosos de lo que somos. Porque nuestros principios democráticos son fuertes, son sólidos. Y lo son porque están basados en el deseo de millones y millones de españoles de convivir en paz y en libertad. Así hemos ido construyendo la España de las últimas décadas. Y así debemos seguir ese camino, con serenidad y con determinación. En ese camino, en esa España mejor que todos deseamos, estará también Cataluña.

Termino ya estas palabras, dirigidas a todo el pueblo español, para subrayar una vez más el firme compromiso de la Corona con la Constitución y con la democracia, mi entrega al entendimiento y la concordia entre Españoles, y mi compromiso como Rey con la unidad y la permanencia de España.

[verbatim Casa Real 3.10.2017 contrôlé au prononcé]

Addendum de 11h00 : A ceux des royalistes qui réclament déjà la traduction française de ce discours, le Piéton signale que l'apprentissage de la langue de Cervantès n'est pas une coquetterie en souvenir du Pacte de famille. Le prétendant légitimiste est espagnol, ses contempteurs d'Orléans sont tous mariés à des Ibéricaines et les alternatives carlistes sont d'Espagne et de Navarre. L'espagnol sans peine est de rigueur.

lundi 25 septembre 2017

Catalogne, grenouille de la fable

Carles Puigdemont, président
Le parlement de Catalogne a donc voté le 6 septembre l'organisation du référendum conduisant à l'indépendance de la nation catalane. La sécession commence par un de ces artifices parlementaires dont les gauchistes ont le secret* (lire l'article de Pellistrandi dans Telos - clic) mais nul ne doute que le 2 octobre, au lendemain d'un éventuel scrutin, l'indépendance sera proclamée, si seuls les bulletins des Macaboundeu pur-sang sont validés. Le chef de l'ancienne generalitat et nouvelle république se coiffera-t-il d'un casque sur le balcon de la présidence comme le regretté Allende ? C'est toute la question de cette pitrerie qui commence à agacer sérieusement le Galicien Mariano Rajoy, premier ministre blasonné à l'anguille que l'on a connu plus ondoyant. Il a compris que les cojones de l'insurrection - quand on aura terminé la sardane des tapettes - sont finalement les finances qu'il prend à pleines mains. S'il coupe... les virements l'affaire est pliée, du moins c'est le résultat de la simulation sur ordinateur. En attendant il se fait traiter de franquiste par les bébés-phoques de l'Indignación, ce qui lui en touche une sans faire bouger l'autre® (l'expression est déposée).

La Catalogne se voit indépendante et riche au sein d'une Europe revisitée où émergeront les Nations sans Etat libérées enfin des Etats-nations. Elle est bien la seule, nul en Europe ne l'attend ! La Catalogne n'a rien laissé encore dans l'imaginaire collectif rhénan [le lecteur peut donner sa liste dans la section "commentaires"], sauf pour les chauffeurs routiers qui la connaissent comme le bas-ventre du Sud. La Jonquera (prononcez le Ji) est le plus formidable bordel d'Europe occidentale. Aller au Paradise ou au Lady Dallas marque une vie de camionneur...
[fin de la séquence amorçage]

Il y a deux ans, Albert Gea, reporter Reuters à Barcelone, émettait des doutes sur les lendemains de l'indépendance. Autant revenir à son article publié sur RFI :

Forte économiquement aujourd'hui, la Catalogne pourra-t-elle encore le rester une fois indépendante ? En cas de victoire, Artur Mas (ndlr : aujourd'hui disparu) n'a pas l'intention de déclarer l'indépendance au lendemain des élections. Il se donne 18 mois pour entamer le processus de séparation. Dans un premier temps, il souhaite négocier avec Madrid une séparation en douceur et discuter avec Bruxelles de son maintien dans l'Union. Si les trois parties parvenaient à un accord, la Catalogne assumerait alors sa part de la dette espagnole. En revanche, faute d'accord, elle n’aurait plus aucune obligation, ce qui mettrait Madrid en difficulté, tout autant que la Catalogne qui sortirait alors de l'Union monétaire. Une menace à laquelle les indépendantistes ne croient pas. Selon eux, Bruxelles n'a aucun intérêt à exclure la Catalogne.
Pourtant, des voix s'élèvent pour contrer l'optimisme des indépendantistes. Le gouvernement espagnol bien sûr, mais surtout les milieux d'affaire catalans. Ils agitent le chiffon rouge et mettent en garde l'opinion publique contre des conséquences dramatiques pour l'économie de la région. Chute du PIB, flambée des dépenses, explosion du taux de chômage, sans oublier la fuite des capitaux vers l'étranger. Une séparation de l'Espagne serait un choc pour le pays, et pour l'Europe... Certains patrons catalans sont sortis de leur réserve et prédisent un avenir assez sombre à la Catalogne. Les entreprises subiraient une perte de leur compétitivité, ralentissant les exportations. De leur côté, les banques préviennent qu'en cas de sortie de la zone euro, elles reverront l'opportunité de rester ou non en Catalogne. De plus, Barcelone sera confrontée à la question cruciale : à quel prix pourra-t-elle se financer sur les marchés, et pourra-t-elle encore bénéficier des financements de la BCE ?

Un économiste distingué, le professeur Ferran Brunet de l'Université Autonome de Barcelone (UAB), prévoyait un avenir sombre en cas d'indépendance : L'économie catalane perdrait 14,2% de son PIB dans le meilleur des cas, et 23,5% dans pire des scénarios ; elle perdrait aussi 16% des emplois et son taux de chômage atteindrait 34% de la population active. Principale explication de cette évolution catastrophique supposée : la chute annoncée de 50% des ventes sur le marché espagnol où la Catalogne exporte plus de 40 milliards d'euros. Les économistes pro-indépendance rétorquent que le soulagement fiscal que représentera la cessation des transferts vers l'Espagne boostera l'économie au plan intérieur et résoudra tous les problèmes agités pour effrayer l'électeur. C'est faire peu de cas de l'environnement européen qui est indispensable à la Catalogne et de l'hostilité d'autres provinces aujourd'hui clientes, et surtout, de la phase de transition où les virements mensuels du Trésor madrilène des salaires publics, pensions, frais médicaux et allocations vers la Catalogne peuvent se tarir.

Il n'y a pas une vague de submersion des positions castillanes en Catalogne. Après l'attentat islamique des Ramblas, le couple royal fut applaudi sur le parvis de la Sagrada Familia après la messe de requiem plus ou moins improvisée. Mais quand la mairie indignée organisa plus tard une manifestation de recueillement Place de Catalogne les sifflets et huées fusèrent à l'endroit du roi et du président du Gouvernement, les militants indépendantistes ayant été convoqués à dessein. Assez bolivarien en somme !

Carte folklorique extraite de l'Atlas des Nations sans Etat de Mikael Bodlore-Penlaez

A côté du républicanisme de saison, c'est bien une question de fric qui va régler l'affaire. Les indépendantistes "durs", minoritaires, ne sont pas les plus motivés par le succès économique de la République industrielle mais plutôt par leur chance d'accéder aux prébendes subalternes alors que dans la masse des suiveurs il y a beaucoup d'ouvriers, employés, petits patrons dont la perplexité va croître. Tant que la Catalogne restera branchée sur les tuyaux européens rien ne se dégradera réellement sauf la dispute avec Madrid sur la Dette souveraine et les crédits de développement ; mais la République risque bien de trouver guichets clos (BCE, BERD, BIRD), sinon des taux offshore très élevés pour placer sa dette non classée par les agences de notation. Nul doute que des régions en effervescence comme le Pays basque, l'Ecosse voire la Padanie suivront de près la guerre picrocholine entre Madrid et Barcelone, sauf s'il y a un match de Champions League à la télé.

Partir à la guerre sur la base de 50% de sympathisants locaux contre une Espagne revenue dans le concert des nations de référence est osé. Entre la mairie Podemos de Barcelone et la Generalitat c'est un vacarme de surenchères lancées sur des portées romantiques qui peut aboutir au chaos si les réticences finales de la majorité raisonnable sont trop fortes et désespèrent les partis gauchistes. Carles Puigdemont voudra-t-il sa page d'histoire à tout prix ? Ce grand lider n'est pas connu des bataillons de l'opinion au nord des Pyrénées et son sort indiffère ! On a trouvé mieux pour le martyre et Barcelone n'est pas Santiago.

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