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lundi 21 décembre 2015

Du pacte à l'acte, un autre pacte !


Dans quatre jours, nous mettrons nos "petits" souliers dans la cheminée ou sous les boules du sapin. J'ai acheté de la neige en bombe au cas où la COP21 aurait échoué. Qu'attendre du Père Noël ? Des oranges et du chocolat.

Le vent mauvais des élections régionales à peine tombé que les politiciens professionnels s'entre-déchirent déjà sur les mêmes "coutures" qu'avant, la gauche partagée entre le modèle soviétique épuisé mais ronflant et une social démocratie rhénane mal adaptée ; la droite entre le masque libéral d'une économie toujours autant administrée et le chiraquisme social qui nous a forgé un mental de zébu ! D'aucun côté, la situation catastrophique de l'économie n'est sérieusement affrontée. Dette, chômage, submersion bureaucratique, déni d'autorité, la République molle défend ses derniers privilèges... à crédit... jusqu'au ridicule ! Que cela ne prive pas la mare aux connards de remous, la semaine passée fut consacrée à l'aller-retour de Claude Bartolone au perchoir de l'Assemblée nationale ! Chose qui ne me choque en rien, qu'attendait-on de pire chez notre parasélite ?

Les politiquarts¹ de service affûtent leurs "programmes", qui pour les primaires républicaines, qui pour faire parler d'eux pendant ce long transit de quinze mois qui nous sépare de l'élection présidentielle de 2017. Que les deux-tiers du corps électoral les vomissent leur en touche une sans faire bouger l'autre. Le métier fournit encore les trois repas par jour et un lit chauffé, à condition de promettre l'embellie au veau national ! C'est à droite pour le moment le plus intéressant : l'ancien président Sarkozy nous est revenu au volant de sa phase II. Il n'a pas fallu plus de cent kilomètres pour s'apercevoir qu'il n'y avait strictement rien de neuf, ni dans le bonhomme, ni dans le catalogue d'options gratuites. Comment dès lors envisager que les mêmes causes puissent ne pas produire les mêmes effets ? La bête est 100% politique, le verbe est pour les croyants :
- Ministre du Budget (1993-1995)
- Porte-parole du gouvernement (1993-1995)
- Ministre de la Communication (1994-1995)
- Ministre de l'Intérieur (2002-2004)
- Ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie (2004)
- Ministre de l'Intérieur (2005-2007)
- Président de la République (2007-2012)
Soit un total de 5183 jours (source Wikipedia)...
sans compter le temps passé à faire son courrier sur les bancs de l'Assemblée nationale.

l'homme qui ne rit plus
S'il lui reste encore quelque chose à comprendre dans la souffrance du pays, c'est qu'il n'est pas si doué que nous le crient ses groupies à cervelle de moineau. L'hystérie a de beaucoup dépassé la réflexion chez ses fidèles, et tous ceux qui comptent sur le Sarkozy Nouveau pour nettoyer les écuries d'Augias devraient se souvenir de ses piètres résultats dans les fonctions ci-dessus énumérées. Sans se taper tout le bilan de chef de la Police puis de l'Etat (dix années quand même !), on notera qu'après lui les croquemitaines de référence, Hortefeux, Guéant, furent des tigres de papier affairés à une politique du chiffre visant à déclamer leur supériorité dans les débats publics mais sans réel effet sur la sûreté intérieure du pays. Paroles, paroles, paroles... N'ajoutons pas la timidité des réformes économiques, décisions rapportées projet après projet selon l'ambiance donnée par les innombrables sondages de l'Elysée, ni l'explosion phénoménale de la Dette pour sauver les positions spéculatives des banques. Et pas non plus la dérive césarienne de construire à l'Elysée un gouvernement de substitution ayant barre sur le gouvernement responsable devant la Chambre afin de gérer l'impact politique de toute action.

Après l'avertissement sans frais du 6 décembre 2015, la classe politique revient au mode opératoire antérieur comme si de rien n'était, c'est dire son cynisme ! Vous nous avez compris ? Promettez, promettez, il en restera bien quelque chose ! Quelque chose qui pourrait bien déplaire à la nomenklatura si la nation arrive à défaire le nœud orwellien :
« Ils se révolteront que ils seront devenus conscients et ils ne pourront devenir conscients qu'après s'être révoltés » (Georges Orwell in 1984).

La paix mentale de la nation a disparu puisque l'Etat a failli, l'inquiétude progresse partout, chez chacun dans le désespoir, chez les autres, même nantis, dans la crainte de voir les premiers leur sauter à la gorge. L'éveil est possible mais une transition sans risques reste douteuse chez un peuple peu doué dans la prévision mais bien meilleur dans l'analyse gratuite des faits et causes. Si la révolte est annoncée c'est un classique du genre qui ne dérange pas les prébendiers prêts à faire battre tous les intérêts particuliers contre l'intérêt général pour sauver leurs positions. Ils nous referont un 18-Brumaire et tout aura changé pour que rien ne change... Nous aurons pour un temps l'homme fort. Quand y substituerons-nous un roi au-dessus de la mêlée qui tout simplement nous aimera ?

(1) Politiquart : 25% d'intérêt pour le bilan, 75% pour la prébende

 

lundi 2 novembre 2015

Le bonneteau corrézien

Marion Maréchal nettoiera les écuries de Vauzelle
Les élections régionales ne seront peut-être pas le désastre annoncé pour la Gauche officielle si le Front national perce dans deux régions au moins, le Nord-PDC et la région Provence-etc. Certes la Nomenklatura prendra deux paires de gifles mais elle a cela de très catholique qu'elle les supporte bien. Le pouvoir catalan qui ameute sans relâche contre les marinistes, braque le projecteur de DCA sur un pronostic favorable au Front à deux effets : banaliser la présence des marinistes dans le champ politique principal et donc booster les suffrages indécis en leur faveur ; noyer la communication des droites coalisées - émiettées bientôt après les Primaires des républicains - dans le secret espoir (secret, pas tant que ça) de voir le challenger à la présidentielle Bismuth terminer le premier tour en troisième position. C'est le coup (bien involontaire jadis) de Chirac en 2002. Contre Marine Le Pen et sa cour, la Promotion Voltaire garderait une chance d'un sursaut anti-fachiste tétanisant le pays survolté par les médias subventionnés. On a vu de quoi ils étaient capables en 2002 justement. La fille du Pirate n'a aucune chance d'accéder aux affaires contre la coalition de la peur et de la bien-pensance.

Même chassée des régions, la Gauche officielle pourra gouverner - d'une émeute à l'autre, mais la Garde veille sur les palais - comme le fit la Droite officielle en son temps, qui n'avait plus que l'Alsace dans sa giberne. C'est d'ailleurs là que l'on remarque combien cet étage administratif n'est pas une strate de gouvernement mais une sinécure pour les politiciens ou apparatchiks battus au plan national. Les régions ne font pas de politique ni la politique. Ce sont des bureaux déconcentrés et très chers à maintenir.

Victoire à la Pyrrhus pour la Droite, le team Sarkozy met pleins phares sur le cauchemar annoncé puisque gagner dix régions par exemple ne résout rien. D'où l'investiture d'une femme politique de division II à l'élection en Île-de-France, région qui est pourtant l'une des plus importantes d'Europe. La Gauche ne cherche pas non plus un candidat alléchant quand elle investit Don Bartolone, parrain du 9-3, président désormais fantôme de l'Assemblée nationale, une vieille carne de la démocrassie dénoncée par... la Cour des Comptes. On en arrive au cas Sarkozy.

Le même logiciel sans Buisson ? Du cirque ! 
Le piéton du Roi a relu quelques billets publiés sous sa présidence pour se voir confirmé qu'il n'a pas changé d'un iota. Il reste le Petit Reître, colérique et hyperactif comme les maîtresses d'école de jadis en attachaient au radiateur dans les classes primaires. Tout à sa réélection légitime - il a entendu le Cri sourd du Pays qu'on enchaîne - il navigue au plus près, comme avant, comptant sur son ingéniosité politicienne pour faire face aux déconvenues possibles. Il n'a pas l'air de voir plus loin que, dans son genre, Bernard-Henri Lévy. L'affaire Morano est exemplaire d'une brutalité retrouvée mais naturelle, qui accroche un wagon complet de mécontents au train du Front national. Fallait quand même le faire alors qu'elle avait toute la majorité silencieuse derrière elle.

Sarkozy gagnera-t-il les Primaires des républicains ? Je crois que oui, car il bénéficie comme Justin Bieber de forts contingents de groupies sans cervelle qui battent des mains comme les otaries à chacune de ses apparitions. C'est imparable, et tant monsieur Fillon que le géronte Juppé devraient bien se garder d'insulter l'avenir s'ils veulent avoir leur rond de serviette à la table du futur shadow cabinet, car ils se feront rincer en 2017.

La régie me demande dans l'oreillette ce que feront les royalistes. A quoi je réponds mezzo voce que je n'en sais pour l'instant rien, me retenant d'aller sur les sites de combat politique afin de détecter depuis l'extérieur le moment où leur audience publique brisera le mur de discrétion qui les enferme. Espérons des chapelains une démarche de notoriété pugnace en cette période de déclin national, propice aux opportunités de changement de paradigme. Mais pour ce faire il faut du nerf, le nerf de la guerre, de l'argent !

Sur ce, je propose de voter aux élections régionales pour un programme honnête et réalisable afin de ne pas jeter le bulletin puisque ce niveau d'expression démocratique est le niveau légitime le plus haut dans l'esprit monarchiste, en ce qu'il n'entame pas les pouvoirs régaliens. Trouverait-on une tête de liste qui mène une campagne intelligente et qui aurait prouvé une certaine maîtrise politique dans ses capacités d'assimilation de dossiers compliqués, que le vote sincère en serait de beaucoup facilité. Je cherche déjà... en vain.

Nous reparlerons du bonneteau hollandien pour 2017.

vendredi 21 mars 2014

Staatssicherheit Ersatz

Ce billet a-normal était destiné au Crapouillot mais on me dit dans l'oreillette que ce canard de combat a de longtemps fondu les plombs et que je devrais demander une mise à jour des lobes temporaux. Il entre donc frais et moulu en archives Royal-Artillerie dans la catégorie des astrakans.

- la vie passionnante des autres -
Oui, le mot, l'injure, l'insulte étaient à dessein trop forts. Non tant par ce qu'il évoque dans l'imagination populaire, quasiment rien, mais parce qu'il rime avec "nazi". Le "S" est en plus majuscule, ce qui signale l'avatar, le duplicatum, la renaissance. Avec une minuscule, peut-être serait-il mieux passé. Pour être honnête, on doit quand même balayer d'un coup de projecteur la belle France des Droits, qui à la vérité se révèle être une franquisie en peine d'agonir. Sans remonter à la Barbouzeraie de la para-France gaulliste, on notera en marge du papelard les écoutes antiterroristes privées de la cellule élyséenne sous François Mitterrand, un type bien sous tout rapport, élevé à l'ombre portée de la Cagoule. Ce n'était pas la Stasi, Carole Bouquet, feu Jean Edern-Hallier, Edwy Plenel (déjà!) pouvaient en témoigner. Tout au plus un succédané, quelque sorte de Staatssicherheit Ersatz.

On n'imagine pas les successeurs du grand florentin s'en priver, pas même le Petit Reître qui balance avec quelque talent son pamphlet dans Le Figaro de ce matin, dont la meilleure critique au moment est celle inattendue de Bernard Tapie. Qu'un roi de la combinazione comme François Normal de Tulle s'en tienne loin, personne n'y croit. La facilité est carrément irrésistible : « Sarkozy, je le surveille, je sais tout ce qu'il fait » (FH, Elysée - 17.2.14). D'ailleurs je conseillerais amicalement au Crétin de Solférino de passer son bureau au magnétomètre pour chasser le bip ; son portable, lui, est déjà plombé.

Dans notre jour de bonté, nous conseillons également à ceux qui admirent dans le miroir de leur salle de bains le reflet d'une position nationale au sein du gouvernement remanié d'apprendre le langage des fanions de marine dont nous reproduisons ci-dessous la table alphabétique afin de communiquer sans bruit. Inutile bien sûr pour qui connaît le langage des sourds.



Sans minorer le "coup d'Etat verbal" de M. Sapin (faut oser!), Staatssicherheit Ersatz il y a quand même un peu :

  1. Quand les Compagnons républicains de la sécurité sociale bloquent les manifestants du Jour de Colère au moment de la dispersion pour en rafler 250, c'est de la Staatssicherheit Ersatz ;
  2. Quand la police politique (antenne de Viroflay) met le marché en main taupe-passeport à une étudiante russe requérant sa naturalisation, c'est de la Staatssicherheit Ersatz ;
  3. Quand La DGSE a table ouverte chez France-Télécom-Orange pour pénétrer jusqu'à point d'heure les armoires de stockages des données téléphoniques de tous les abonnés, c'est de la Staatssicherheit Ersatz ;
  4. Et quand pour finir, ne parvenant pas à saisir ou salir suffisamment l'ancien président de la République (qui n'est pas ma tasse de thé, loin s'en faut) on met à la mer un système de chalutage des soupçons comme à l'époque de François Mitterrand, on se dit que la boucle est bouclée et que c'est bien là de la Staatssicherheit Ersatz.

Alors les cris de pucelles de la Gauche morale ressemblent de plus en plus aux crécelles des lépreux.


jeudi 1 novembre 2012

Le mélodrame de la Parasélite

Le bateau Douce France à moitié noyé, tente de trouver refuge sur une seule hélice. La passerelle est aux cent coups, les couacs ne cessent de monter de la salle des machines par le chadburn. Le chef-mécanicien préside impuissant à la foire d'empoigne des idées vendues avec le programme de croisière ; le commandant est en cabine à sauter sa grue. Le représentant des usagers crie "aux chaloupes" à chaque changement de houle. C'est à peu près le spectacle que nous donne la parasélite qui court partout dans la nef des fous, quelle que soit la couleur du pompon, rose, vert ou jaune.

En a-t-il déjà marre ?
Le Premier ministre Ayrault n'a jamais brillé par son intelligence quand il était président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, il suffisait de suivre les questions d'actualités sur FR3 pour le mesurer. Il dégrade son prestige ou ce qu'il en reste dans des communications foireuses et sans but. De quoi se faire prendre à la gorge par les "ténors" de l'opposition qui n'en ratent pas une au milieu d'un combat fratricide pour devenir chef des battus. 39 heures ou 35 heures ? En vrai ça ne concerne personne. Cet allongement devrait être décrété pour les fonctionnaires dans le cadre d'une réduction de la dépense publique (39h payées 35), mais les socialistes n'affronteront pas leurs clients, ils ont tout à y perdre dans les prochains scrutins¹. L'élection en démocratie prime tout. Pour les salariés, le souhait de l'année 2013 sera plutôt d'atteindre 35 heures, le chômage technique et les "intempéries" risquant d'être la règle. Au-delà de 18 mois, qui se soucie des lendemains, nous n'avons plus aucune visibilité dans l'avenir économique de ce pays plombé à mort par la social-démocratie. Croissance nulle, investissements zéro, chasse aux créatifs, et dans l'oeil du cyclone on ne sent rien !

Cette situation létale n'autorise en rien les trouducs de l'UMP de la ramener sur les plateaux télé, eux qui ont laissé l'endroit en sortant dans un bien pire état qu'ils ne l'avaient trouvé en entrant. Mai 2002-2012, dix ans de couillemollisme tonitruant pour un désastre au final irrémédiable sauf à jeter le bébé et le bain pour réduire enfin nos déficits structurels dans absolument tous les compartiments du jeu, le pire à venir étant l'explosion des régimes de retraite (clic). L'enfarineur, le setter fou, le zébulon tournicoton et son premier mi-triste ont savonné la planche au pays. Après cela, se draper dans des formules exigeant du courage comme le font ces messieurs en guerre, n'est pas moins que scandaleux. Au pouvoir, ils se couchent ! La Forge les encule et la Banque les saigne. Dans l'opposition, ils savent tout !

Que fallait-il prouver ?
On ne dira jamais assez que ce régime politique d'alternance des pleutres est mortifère en soi, la démocratie d'étage national est une perversion quand on la prend au sérieux. Les mesures de redressement sont connues - les chefs des organismes internationaux (OCDE, FMI-BM, OMC, OIT) sont venus le redire à M. Hollande à Paris le lundi 29 octobre - mais leur mise en application est bridée par le parlementarisme effréné et la co-direction de l'Etat avec des syndicats politisés.
Mettriez-vous un homme intelligent et à poigne aux affaires, qu'il serait lentement émasculé par les priorités électoralistes clamées par tout son entourage. La prébende prime, l'orgueil commande, la bêtise n'est pas grave. Et ailleurs ?
Sans parler de l'Allemagne qui est un cas spécial de génie tardif, comment donc ont fait le Canada et la Suède pour s'arracher à l'ornière ? Soyons moins prétentieux, prenons d'eux ce qui a bien marché et s'il faut rééduquer les citoyens, allons-y carrément ! Ce qui agace nos doctrinaires de tous bord est que ces réformes convoquent la responsabilisation des assujettis et une gestion libérale sanctionnée par l'équilibre des comptes. Horreur !
On se fera une idée de ce que peut donner l'intelligence au pouvoir en consultant ces deux analyses :


Par quoi remplacer notre système politique et social à bout de souffle ?
Par rien pour le moment. Il faut d'abord désintoxiquer l'esprit de nos concitoyens, ce qui n'est pas gagné d'avance. Soixante ans de perfusion à la connerie ne se rincent pas en six mois. Les supports modernes de communication commencent à s'ouvrir à des tribunes iconoclastes qui osent appeler un chat un chat et qui s'essaient à vendre du bon sens, dans le style "ne pas dépenser plus que l'on gagne", capitaliser pour les générations à suivre, rendre des comptes clairs, favoriser l'inventivité de l'espèce en récompensant le succès, choisir la compétence chez les élites et pas le bagout, maudire les cons et le Conseil national de la Résistance.




On saura vite ensuite quel régime politique s'adaptera le mieux à un peuple dont le mental aura été régénéré vers la responsabilité individuelle mise en oeuvre au sein de collectivités d'émulation qui sauront défendre leurs intérêts à l'échelon politique convenable. A titre d'exemple, les #geonpi devraient politiser leur action de défense du capital-risque. C'est aux innovateurs à tirer le char, pas aux casuistes. Sinon cette nation se liquéfiera.



(1) liste des scrutins du quinquennat Hollande :
2012 : législatives partielles à Hénin-Beaumont (59) et à Bourg-la Reine (92)
2013 : rien
2014 : municipales, européennes, sénatoriales (1/3 hémicycle)
2015 : catonnales et régionales

mardi 18 octobre 2011

Contact !


Tous les clignotants sont au rouge a-t-on coutume de dire ici, sans plus se soucier de la suite tant la formule est usée. Mais depuis hier, une petite loupiote s'est ajoutée sur le tableau de bord de la Bercy Grand Sport. Elle alerte sur la mise à contact d'une agence de notation. Juste le contact, pas encore le démarrage du moteur à misère qui n'interviendra que dans trois mois.
C'est Moody's cette fois qui a des doutes sur le crédit international de la France et vient de nous mettre sous surveillance négative avant le vote des dépenses du Budget 2012. Disons que nous sommes désormais notés AAA- avant d'entrer dans le club des AA au mois de janvier.
Les taux d'emprunt de France Trésor vont s'envoler et nous ne pourrons suivre, etc... vous savez de quoi il retourne depuis que Royal-Artillerie a mis cette affaire à l'étau. Nous sortirons aussi de l'Euromarkland car l'Allemagne dressera une barrière sanitaire entre elle et les GiPSIF !
Réactions ?
Rien ! On attend des nouvelles de la Clinique de la Muette, la bien-nommée.

Si nous voulons éviter le krach, le budget 2012 doit être ramené dans les clous de Maastricht tout de suite, en ne dépassant pas le chiffre magique de trois pour cent du Pib, quel que soit le taux d'exécution de ce budget in fine. Il faut bluffer les agences dans une tactique de déception.
Mais c'est électoralement impossible, sauf si le Président énervé décide de se sacrifier et annonce qu'il ne se représentera pas en avril prochain afin de nettoyer immédiatement les écuries d'Augias. Les Indignés s'indigneront !
De la même taille que Thiers, il entrera dans l'Histoire comme le boucher de Paris après que le traitement des CRS ait été majoré de cinquante pour cent et le tir à balles caoutchouc interdit. Mais il aura sauvé l'honneur et... l'épargne de France !

Idiot ? Observez.

 

jeudi 25 mars 2010

Le petit reître est "mort"

NSSarko est mort. Je ne sais qui l'a tué, de la Rolex ou du vulgaire, mais le camelot de trottoir qui ouvre devant le grand magasin son parapluie de cravates, n'arrête plus personne. Passe le passant sans tourner la tête ; même au mégaphone il ne percute plus. Histrion démocratique de la trempe d'un Berlusconi mais sans les sous du cavaliere, le jadis président de la République n'est que l'hôte encombrant d'un palais dont on va chercher à s'enfuir pour éviter les stigmates. Les deux années restantes seront une sorte d'agonie.

Les députés bientôt sortants donc inquiets ont donné le la, les traîtres au Centre en tête, qui cherchent à désolidariser leur propre image de celle très abîmée du pouvoir parisien. Sarkozy c'est le plomb dans l'aile, le catalyseur à mécontents, mais d'un côté aussi, le bouc émissaire inespéré pour une assemblée de godillots qui lui passa tous ses caprices pendant trois ans.

Croyant rameuter des catégories d'électeurs qui lui semblent proches – mais c'est une illusion d'optique – il affiche aujourd'hui ses cinq priorités¹ avec des airs de matamore qui font penser à ces grandes gueules du Quai de Rive Neuve : « Arrêtez-moi ou je fais un malheur ! ».
Et personne n'arrête !

beau mouton noir
Ainsi va-t-il charger, sus à la réforme de l'Europe agricole, pour préserver les voix de la FNSEA. Les paysans s'assoient sur le tracteur et attendent qu'on leur joue toute la pièce, en connaissant l'issue d'avance car ils savent le texte par coeur, ce qui n'est pas le cas du ludion de service, surgi de nulle part, allant vers nulle part. Historiquement, les nations du Nord sont ouvertes aux échanges intercontinentaux par la division internationale du travail, et elles jugent que la politique agricole commune renchérit les prix sur les étals (ou dans les barquettes filmées). La Grande Bretagne associée aux Pays-Bas et au Danemark mène la fronde. Ce sont trois pays agricoles exportateurs dans le mouton, le porc transformé, les fleurs, la volaille et les huiles. Ils ont l'oreille de la Suède et de … Malte, et de quelques autres qui se cachent !
Jusqu'à la commission Delors, la PAC était le sas d'entrée dans le Marché commun franco-allemand (agriculture contre industrie) et tout le monde achetait le concept un peu extravagant de la sécurité alimentaire, oubliant volontairement que tous les pourvoyeurs étrangers de nourriture vers l'Europe étaient dans la zone OCDE (pays neufs austraux) ou sous influence (colonies économiques). L'embargo des pistaches iraniennes ou des noisettes chinoises n'était déjà pas une vraie menace.
Depuis lors, par impéritie de gestion, par arrogance de vieux noble ruiné, par camelotage de parvenu, la France a perdu son chic d'intelligence, son aura européenne et les moyens de pression qui découlaient de sa position de chef de file. On voit bien comment l'équipe Sarkozy est baladée par tout le monde dans la crise grecque. Notre influence est nulle sinon epsilon. Comment dès lors protéger la PAC ? Par l'obstruction systématique des discussions qui détruira le peu de prestige que certains aveugles nous accordaient encore, ...jusqu'à ce que nous nous couchions à la vingt-cinquième heure : « Je suis prêt à aller à une crise en Europe plutôt que d’accepter le démantèlement de la politique agricole commune et de laisser la spéculation fixer de façon erratique des prix agricoles qui ne permettraient pas à nos agriculteurs de vivre décemment du fruit de leur travail » (N. Sarkozy, a capella le 24.03.2010).

séniors boulistes
La seconde priorité est la réforme des retraites françaises, patate chaude que se lancent les gouvernements depuis vingt ans (19 exactement depuis le Livre Blanc de 1991) et qui alimente la chaudière de l'opposition démagogique. Il n'y a que deux étages d'intervention : (1) régler l'arithmétique comptable tout de suite, (2) reconstruire un système sain sur des bases sociales rénovées (désoviétisées).
Il ne faut pas six mois comme l'annonce Sarkozy pour régler la comptabilité. Tous les chiffres sont archi-connus. Il faut une heure d'explication au tableau noir devant les téléspectateurs et une autre pour les décrets ! La condition sine qua non est la justice intégrale « au marc le franc » pour les pensions, et la destruction de tous les régimes spéciaux, à commencer par celui des parlementaires qui est une vraie insulte à la population. Remettre l'âge légal à 65 ans comme chez nos voisins², relever les cotisations des salariés, plafonner les pensions de la caisse nationale vieillesse, sont les réponses « simplistes » dont nous avons besoin.
Viendront ensuite les mesures de finition accotées à la redéfinition des solidarités intergénérationnelles qui sont aujourd'hui une épouvantable escroquerie. On peut prendre quelques mois pour discuter entre gens de bon sens du régime à prestations définies, à cotisations définies, à annuités, à points, à comptes notionnels, etc. L'Institut Montaigne a fait une étude l'an dernier (clic) qui conclue au big bang ! A lire tranquillement avant le désastre.
Mais dans cette affaire où doit s'imposer la volonté de préserver l'intérêt général, Sarkozy reculera in extremis pour quelques pourcentages électoraux, comme il le fit sur les régimes spéciaux fin 2007, qui furent réformés facilement …par leur remplacement par de nouveaux régimes spéciaux ! Chirac, lui pas mort !

La troisième priorité est de récupérer les voix de la médecine de ville, à qui on va confier la clientèle laissée sur place par les structures hospitalières regroupées au chef lieu. Ce que vient faire cette affaire dans le plan de résurrection est un mystère. Le président du Conseil de l’Ordre va donc conduire une mission pour « inventer un nouveau modèle de soins de premier recours ». On est dans le burlesque étatique puisqu'il n'est pas nécessaire d'inventer quoique ce soit, l'offre et la demande s'ajustant aisément après une courte phase d'observation. Si le terme de « marché » est un gros mot, il faut alors carrément revenir aux dispensaires de quartier, dont personnellement je regrette la disparition. Ils concurrençaient dangereusement la médecine conventionnée !

racailles devant le lycéeLa quatrième priorité électorale est... la sécurité. Nul ne pouvait faire plus mal. Nous avons élu en 2007 le chef de la police pour voir croître l'insécurité. Nous sommes bien un pays latin. Au lieu de frapper fort avec le gourdin disponible, on rédige de nouvelles lois et règles d'engagement, on ballade des équipes mixtes de diagnostic et pourquoi pas la cellule psychologique qui traitera de « l'insécurité ressentie » mais pas réelle ! Les Français, qui ont vu passer sous leurs fenêtres tout et son contraire en matière de sécurité publique, sauf l'affrontement décisif des forces de l'ordre et des bandes urbaines, ne croient plus à rien et achètent de la 3-en-1. Le programme d'investigation proposé ne lui gagnera pas une voix ; c'est trop tard. Il est jugé comme Tartarin de Tarascon (qu'il n'a pas lu), chasseur de lion apprivoisé !

La cinquième et dernière grande priorité nationale vise à rassurer les parents d'élèves, en sortant des classes normales les enfants inadaptés, parfois bien grands, que l'on dirigera vers un système bizarre de sections spéciales. Qui encadrera les monstres ? Sans doute pas le personnel de l'Education nationale qui se prend des gifles en tendant l'autre joue. Des karatékas peut-être sous le contrôle de Chantal Jouanno ! Mais comme la chose n'est pas susceptible d'attirer l'électeur en masse, il est probable que les SS ne trouveront pas de budget.

On voit très bien dans le choix que fait Sarkozy pour renaître dans les sondages, qu'il n'y a plus de projet pour la France. On est dans la gestion d'image et de buzz au dixième de point, gestion bridée par un affaissement des ressources fiscales et par des promesses faites à des corps sociaux dangereux (syndicats publics) ou mourants (PME perfusées aux exonérations que l'on ne peut stopper). Il n'y a aucune marge de manoeuvre, en écho au manque d'enthousiasme général.
Ce pays qui détient encore quelques atouts, devrait se reprendre en main en détruisant son Etat. L'Ordre sans l'Etat ! Une utopie à méditer tant le second nous a fait de mal.

port au Français
« Liberty Ships » pour les Kerguelen, on sait déjà qui sera nommé commandant de la flotte sans retour, et les autres ici se tiendront tranquilles.



Note (1): c'est le découpage retenu par La Croix.
Note (2): Age légal homme dans l'UE : Allemagne (67), Autriche (65), Belgique (65), Danemark (67), Espagne (65), Finlande (65), France (60),Grèce (65), Hongrie (62), Irlande (65), Italie (65), Luxembourg (65), Pays-Bas (65), Pologne (65), Portugal (65), Tchéquie (62), Royaume-Uni (65), Slovaquie (62), Slovénie (63), Suède (65)

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