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vendredi 19 octobre 2012

L'arme fatale de M. Cahuzac...

... n'a qu'un coup !

Quatre-ving-dix pour cent des Français ne subiront pas de surpression fiscale, annonce le morne Ayrault. Dix pour cent seront appelés à contribuer à une meilleure justice, tant les cadeaux furent gras sous le quinquennat précédent. Et les mesures de justice fiscale vont faire le buzz dans l'Hémicycle à partir de maintenant à la lecture des amendements parlementaires sur le budget 2013.
Depuis deux mois - on ne savait rien avant - les conseillers juridiques et fiscaux de la place travaillent soixante heures par semaine pour fournir aux ayant-biens leurs hypothèses de surtaxation pour le quinquennat de M. Hollande, afin que ceux-ci prennent les décisions de sauvegarde qu'ils jugeront appropriés pour leur famille. Il est à parier que les assiettes qui n'auront pas disparu du Rôle début 2013 le feront en cours d'année, à la fois parce que les décrets d'application donneront exactement le périmètre menacé aux cabinets-conseils, d'une part, et que la récession économique attendue par tout ce qui n'est pas au gouvernement, va accumuler les nuages d'orages sociaux sur le pays, orages qui finissent plutôt mal ici. M. Cahuzac sera bien aise de passer ses textes courageux mais le coup parti, il n'aura plus besoin de cartouches car les cibles se seront évanouies. Un gouvernement imbécile frappe sur le capital disponible et sur les esprits capables de le transformer. Typiquement socialiste ! On reparlera après ça des Emigrés pour faire bon genre.

Non, DSK n'est plus là
Fleur Pellerin, ministre délégué chargé des Petites et Moyennes Entreprises, de l'Innovation et de l'Economie numérique (ça fait beaucoup même pour un charmant conseiller référendaire à la Cour des Comptes), ne voit rien partir : « Pour l'instant, il n'y a pas de signe d'un quelconque exode fiscal ». Parce que ceux qui caltent lui téléphoneraient auparavant pour leur quitus fiscal ? Il faudra attendre, chère Fleur Pellerin, les déclarations d'impôts de mars 2013. Si Madame le ministre délégué sortait un peu plus souvent de l'Etat et de ses pompes, elle apprendrait des trucs pas bien. Les bureaux d'acclimatation fiscale de Belgique et du Royaume-Uni, comme ceux d'Irlande et des Pays-Bas, du Grand Duché et même du Bade, comme bien d'autres encore - on part aussi pour Séoul, chère Médème - pourraient lui dire combien ils remercient le cabinet Ayrault de ses encouragements au départ. Ils sont en train de faire fortune.

"Barrez-vous !" disaient trois bouffons sur Libération, en écho à l'insulte calculée de David Cameron au G20 de Los Cabos : « Quand la France instituera un taux de 75% pour la tranche supérieure de l'impôt sur le revenu, nous déroulerons le tapis rouge et nous accueillerons plus d'entreprises françaises, qui paieront leurs impôts au Royaume-Uni. Cela paiera nos services publics et nos écoles.» Le pauvre M. Sapin qui croit flotter avait répliqué que le tapis coulerait dans la Manche (?!).

C'est au tour du maire de Londres, Boris Johnson, énivré peut-être par l'indéniable succès des Jeux Olympiques, qui envoie sa flottille à Dunkerque embarquer les talents en partance : « We say to the people, not since 1789 has there been such tyranny in France, I am very keen to welcome talented French people to London.» C'est clair et net, la peste socialiste renoue avec l'ancienne tyrannie de la Convention aux yeux des Anglais !


ciel de propagande de la mégapole anglaise

Mais plus grave sans doute est l'activité de l'officine londonienne de récupération des états-majors du CAC40, créée par le cabinet Cameron, qui leur déroule réellement le tapis rouge en prenant en charge la recherche de logement, celle d'emploi ou d'occupation pour les conjoints, des écoles ou des places à l'université pour les enfants... à seulement 2h30 de Paris sans prendre l'avion ! Un blocus continental de la Perfide Albion est plus que jamais indiqué pour sauver la matière grise.


Si ça vous tente, débroussaillez d'abord le sujet avec l'APCE française qui vous dévoile ici l'atterrissage en Grande-Bretagne, par exemple. En plus c'est un royaume ! Que demande le peuple ?

vendredi 15 juin 2012

NKM dimanche

Je serais Longjumellois, je voterais Nathalie dimanche. Candidate de race, polytechnicienne diplômée de génie rural, femme à poigne dans un gantelet inox, elle douta publiquement que M. Borloo en ait deux lors du Grenelle de l'Environnement, et rien que pour cela, je l'admire autant que je déteste l'autre. Elle est de plus maire d'une commune francilienne dans un arrondissement difficile, ce qui traduit une appétance pour le concret après la réflexion.


Quel est son programme ?

Les "Non" d'abord :
- Pas de vote étranger à Longjumeau, ses lointaines origines juives tressaillent à l'idée d'un choix dicté par les métèques.
- Pas de révision du quotient familial dont les règles actuelles visent à reproduire une société plurielle en ne privilégiant pas certaines catégories sociales. Faut-il avoir plus d'enfants de pauvres pour être heureux ?
- Pas de fraude aux prestations sociales, sport national des souchiens et des immigrés ; les déficits commencent à diminuer en bouchant les trous de drainage.
- Pas d'arrêt de l'exonération de charges des heures supplémentaires qui majorent le pouvoir d'achat des actifs.
- Pas de bétonnage HLM de la circonscription pour faire plaisir aux bobos de Paris qui chassent les pauvres au-delà du périphérique. Que Delanoë les loge.

Les "pour" de la circonscription ensuite :
- L'hôpital de Longjumeau restera à Longjumeau même s'il n'y était pas à l'époque mérovingienne, car c'est un maillon sanitaire indispensable en Essone-nord avec 25000 hospitalisations et 50000 entrées aux urgences. C'est en plus une source d'emplois non négligeable, 1200 agents et 140 médecins.
- Le RER C, un des plus vieux train électrique du monde, mérite enfin sa rénovation car ses incidents d'exploitation sont si fréquents qu'une journée normale est signalée dans la presse locale.
- La gratuité de l'autoroute A10 jusqu'à chez elle par rachat de la concession.

Les "non" au plan national enfin :
- Contre le parti unique socialiste qui se superpose à la main-mise gauchiste sur l'information, l'éducation, l'université et la recherche ! Une France toute socialiste, trop c'est trop ! Il reste des pays d'accueil pour les camarades impatients d'une nouvelle soviétie. Ceux qui aiment Mélenchon prendront le train.
- Contre la réforme hollandaise de l'IVG par un président qui n'y connaît rien et assistance à la contraception des jeunes filles intéressées par l'ascenseur.
- Contre le mariage des folles en grand-blanc à la mairie de Longjumeau.
- Contre l'euthanasie rampante, sauf peut-être si le sujet a la carte du PS.
- Contre les enfants-jouets adoptables à l'encan. Un enfant c'est sérieux, ça paie les dettes.


Libre dans sa tête, candidate de tempérament écologique, Nathalie Kosciusko-Morizet est belle, intelligente et les résultats du premier tour des élections législatives laissent deviner un affaissement du raisonnement de son électorat sans doute trop chouchouté dans le passé. Aussi sera-t-il plus que temps dès le 18 juin d'ouvrir les chantiers d'assainissement des marais pontins du Hurepoix à la gent oiseuse et démocratique qui a mal voté, afin de lui mettre du plomb dans la cervelle.

Inscrits : 92.245
Votants : 57.089
Kosciusko-Morizet : 22.302
Thomas socialiste : 20.512
le reste sans intérêt.



Dimanche, votez beau, votez bien, votez NKM !
On devinera que j'ai un faible !


mardi 5 juin 2012

Sortez le sortant !


Au claquement du fouet le caniche se juche. L'est-y pas mignon avec sa touffette en queue, son paletot de poil bouclé, houpette en tête et le cul nu ? Il dit ouah ouah au susucre et beau comme il fait, il sera l'élu caniche ! N'importe quoi et même pas le ridicule ne lui barrera la prise de cocarde et cinq ans de hamac à Paris, cinq ans de garçonnière, juste le baise-en-ville de la liberté, le rond de serviette à la cantine luxe à deux sous, des sous, beaucoup de sous à ramasser à la glandouille et la considération des huissiers à chaînes ! Il suffira de venir en séance quand s'allume la caméra de FR3. Ça mérite bien une révérence à l'électeur.
La démagogie restant la force la plus sûre de l'élection, on entend, lit, tout et n'importe quoi dans les professions de foi qui circulent pour nous faire venir dimanche donner une majorité à Valérie Trierweiler, sinon une cohabitation à François Hollande. Car on élit cette fois les godillots. Ne comptez pas donner un "mandat impératif" à votre député, il monte à Paris pour être incorporé en bataillon et se soumettre aux ordres de Matignon ou à ceux de la rue de Vaugirard (UMP); les considérations locales sont de nul avènement, il n'y a plus temps ni fonds ! Alors que faire s'il pleut ?


Laisser parler ses envies !
La liberté c'est comme le cerveau ou la libido, elle s'use si on ne s'en sert pas. Or la dictature du bien-penser nous laisse par éclipses celle de dire ce qu'on veut à la nomenklatura, en piquant un nom par sympathie dans la corbeille des bulletins. Mais peut-être voudriez-vous comprendre les critères du meilleur choix ? Royal-Artillerie édite son crible. Il permet de trier la pertinence des propositions et non pas la faisabilité des promesses locales qui d'ailleurs ne sortiront pas à Paris faute d’argent.

(1) Défiez-vous des projets d'infrastructures de développement de votre circonscription, les financements ne peuvent en être assurés que par une réduction drastique des dépenses de l'Etat dans ses oeuvres mortes, et s'il échet, le financement sera étalé dans le temps jusqu'à peut-être la prochaine législature.

(2) Plus généralement ne prenez pas pour argent comptant les promesses d'aides, crédits et subventions, car il n'y aura rien à compter. Il faudra tarir un fort drainage de moyens dans le fatras des contributions sociales en tout genre qui sont le mauvais cholestérol du pays.

(3) Ecoutez avec attention les projets de réformes qui ne mangent pas de pain, voire l'économisent. On peut améliorer notre vie quotidienne par des choix débudgétisés.
Si je prends le programme de JULIE MOREAU dans la première d'Indre & Loire, j'y trouve deux idées qui font exemple :

- Pousser l'agriculture biologique
C’est un concept-valise complètement royaliste : il convoque une politique naturelle des sols, le temps long de leur reconversion, une évaluation d'impacts locaux et non pas la phosphorescence jacobine des études en chambre, une intention de santé publique responsabilisée. Ce programme est d'avenir puisqu'on ne conçoit pas celui de l'agriculture française, confrontée aux latifundias du monde, hors de l'écologie, du "made in France - made in qualité".
Dans le cas de mademoiselle Moreau, on touche au concret, ce qui n'est pas banal pour un député. Son père est arboriculteur bio, lauréat du concours Eco-trophée à Vallères près d'Azay-le-Rideau. La famille Moreau ne peut que nous plaire. Elle comporte naturellement un père et une mère, mais aussi dix enfants de 21 ans (Julie) à 3 ans. La famille est soudée, les aînées font la classe aux petits, ce qui entraîne l'hostilité de l'Administration défiée ; ils s'occupent aussi de l'exploitation tourangelle et d'une autre acquise en Roumanie il y a cinq ans. Profondément catholique traditionnelle, la famille se heurte au mauvais esprit d'usage en notre beau pays laïque, mais sans doute à cause de cette éducation, Julie Moreau a la force de caractère nécessaire pour tenir hors les normes. Son deuxième point est dans le droit fil du premier :


- Promouvoir les thérapies naturelles de proximité
C'est très porteur certes, mais faut-il savoir aussi de quoi l'on parle. Naturopathe, Mlle Moreau connait bien son sujet. Pour contrer la désertification médicale du monde rural, on n'ira pas ressusciter les sorcières - quoique ça mettrait de l'ambiance à la pleine lune - mais on pourrait parfaitement responsabiliser la patientèle en l'éduquant au diagnostic des maux courants jusqu'à l'auto-médication, comme on le faisait jadis au village sans prétention. Se prendre en charge est le début du renouveau de la citoyenneté responsable. On passe au quatrième critère de choix du crible Royal-Artillerie :

(4) Dans le doute, sortez le sortant. L'Assemblée nationale a une lourde responsabilité dans la précarisation des comptes publics et l'abêtissement des gens addictés à l'assistance publique de l'enfance à la mort. Celui de Moreau est Jean-Patrick Gille (PS), un cas ! Caricature du parasélite qu'aurait adoré Daumier, coq de sous-préfecture qui n'a jamais rapporté un franc au pays mais donne un avis sur tout, M. Gille accumule les présidences à sa portée pour garnir une carte de visite sur laquelle on s'attend à lire aussi : "Abonné au gaz et à l'eau". Déambulateur d'appareil, il obtiendra le poste de premier secrétaire socialiste d'Indre et Loire (si, si, ça existe) pour son investiture contre Donnedieu de Vabres, ministre coquet écrasé en 2007 par les affaires !
A sa droite, Julie Moreau a un autre phénomène : le zigzaguant Peltier Guillaume, celui-là même qui flingua la carrière politique de Saintignon par la "politique de comptoir" puis a contribué à la ringardisation du candidat Sarkozy par un matériau de campagne fortement avarié.
La candidate de l'Alliance royale devrait faire un score rien que sur la propreté !



Sortez le sortant, toujours !


dimanche 3 juin 2012

Redresser et humaniser notre société


- Bloc-notes de campagne -

Nous continuons la présentation du « programme électoral » de l'Alliance royale qui lance 34 candidats aux législatives. Le premier volet (Des idées dans un programme) modifiait les institutions et le mandat de député, le deuxième (Une vie chaque jour plus facile) cataloguait les réformes les plus essentielles en dehors des questions institutionnelles et ce troisième volet vise à humaniser notre société en s'appuyant sur le pivot de la famille.

Une société plus humaine est plus compliquée qu'un pieux slogan. L'Alliance royale articule assez bien son dispositif. Le pivot en est la cellule familiale qu'elle entend protéger mais qui réclame un environnement favorable à son épanouissement pour le succès de sa fonction. Le texte en italique est celui de l'Alliance royale.

Une famille plus sûre
Refonder une véritable politique familiale pour soutenir les familles ; reconnaître leur place première dans l’éducation, la transmission des valeurs et la solidarité

Est-ce à l'État de refonder une politique familiale ou doit-il s'en tenir à subventionner la démographie ? Vaste débat.
Incorrigible libertarien, moins je LE vois, mieux je me porte. Mais tout le monde dans notre pays n'est pas en capacité de suppléance. Le maître-mot est subsidiarité avec son compère indissociable la responsabilité. Accorder un pouvoir politique à la famille par la création d'un collège électoral spécifique renvoie l'État à son rôle naturel d'arbitre en dégageant le champ des responsabilités au niveau local.

Une éducation partagée
Sans opposer le régime aux familles, quoique la tentation ait été forte au début de la III° République de caporaliser la jeunesse sous la houlette des Hussards Noirs, les tenants de l'ordre régnant se prévalent souvent de la sous-qualification des familles à l'éducation de leurs enfants pour dépasser la simple instruction publique et se substituer à elles à l'école. D'où le nom terrible du ministère ad hoc, "Education nationale". Ce n'est pas entièrement faux, mais pourquoi donc l'alphabétisation de la vieille France était-elle meilleure à la veille de la Révolution par le travail des maîtres d'école nourris par les bourgs et villages, qu'elle ne le fut sous le Premier empire ?  Par exemple en Bas-Languedoc, il fallut attendre la fin du Second empire pour retrouver le niveau d'alphabétisation obtenu par les clercs modestes de l'Ancien régime.

A contrario, les valeurs transmises par les familles sont-elles toujours celles que nous recherchons ? Le "pays réel" est bien différent du pays rêvé et certaines orientations "familiales" sont inadmissibles en classe. Que l'on songe aux collèges des zones multi-ethniques où s'affrontent les haines rancies de l'arc méditerranéen.
On embraye ici directement sur la carte scolaire, qui bloque le choix d'inscription au collège. Sa destruction est l'incitation la plus sûre aux écoles communautaires. Est-ce bien ce que nous cherchons, le communautarisme ? Il y a un réglage à peaufiner entre liberté d'organisation au niveau local et diversité des consciences. Pas simple.
Ceci étant posé pour l'éducation, il s'agit de cerner les conditions de vie :

Respecter la Vie
Protéger la vie et la dignité de la personne humaine, notamment celle des enfants à naître, des handicapés et des personnes âgées.
Développer une politique d’accueil des personnes en détresse, des mères et de la petite enfance. Faciliter l’adoption en France.


Il n'est pas bien vu de dire qu'une société qui tue ses bébés et ses vieillards est gravement malade. Quand elle s'avise de marier les invertis dans la salle des mariages de la mairie, et d'offrir des enfants-jouets à des paires stériles par construction préalable, elle est en décadence et nous rappelle la pente irrésistible du Bas-Empire. Qui dans le champ politique aura la force de s'opposer à ces extravagances ? Pas grand monde dès lors que les modes de vie signalés sont ceux de clientèles électorales particulièrement actives dans le lobbying, relayées par la presse affairée au "progrès de l'humanité". On touche du doigt les vices de la démocratie d'étage national qui a substitué à la raison les envies de chacun. Lorsqu'elles précipitent en groupe de pression elles aboutissent au Parlement qui en prend acte.

Contre cela nous sommes impuissants sauf à cibler les causes premières de ces désordres. L'avortement n'aura pas grand avenir dans ce pays si nous constituons les structures d'accueil des enfants non désirés en nombre suffisant, et en accompagnant les mères jusqu'à terme. On n'annulera pas les IVG de rattrapage d'une contraception loupée, sachons-le, mais au moins la société aura fait du mieux possible entre la liberté "moderne" et l'éthique sociale de l'espèce.

A l'autre bout de la vie est la vieille guenille d'un corps dépassant bientôt sa date de péremption. Laisser souffrir les malades condamnés à brève échéance est insupportable lorsqu'on y est directement confronté, mais qui qualifie la certitude de la condamnation et la brièveté du délai restant ? c'est tout le problème. On mesure là l'inanité, l'imbécillité des lois universelles, quand elles font commerce de compassion. Ne peut-on laisser juges les médecins, juges des patients, juges des "ayant-droits" ? Faut-il légiférer sur tout jusqu'à laisser la main à des juges non-experts ? Question très difficile dont la prégnance va augmenter avec le vieillissement de la société et l'accroissement des coûts conséquents, car nous ne vivrons pas plus longtemps, mais nous vieillirons plus tard et longtemps. L'Europe asile de vieillards ? Il faut redresser la pyramide démographique. Se pose déjà la question de la santé :

Une carte sanitaire performante
Instaurer des services sociaux et hospitaliers de proximité

En une ligne, on touche à la définition de la Sécurité sociale nationale française qui a cru réussir le mariage de la carpe et du lapin, la carpe étant le service public déboursant sur prescriptions du lapin privé faisant carrière. Les déficits énormes de cette belle construction communiste autorisent à reconsidérer le dispositif et à préconiser un nouveau système de soins élémentaires peu dispendieux et généralisé. Pour cela il faut des centres médicaux municipalisés convenablement dotés en personnel et matériel, et gratuits sans conditions de ressources. On les appelait jadis des dispensaires. On les a tués en les affublant de tous les maux pour faire place à la médecine de ville. Je connais beaucoup de gens qui s'en contenteraient, même si leurs prestations sont basiques. A la fin de l'histoire, tout part à l'incinérateur, n'est-ce pas ? Et pour beaucoup au paradis, alors ?

A côté du réseau des dispensaires, croîtront et embelliront les lourdes machines de l'exploit que sont les centres hospitaliers à qui l'on demandera une gestion équilibrée des patients et des moyens, dans les limites des subventions possibles et consenties par les contribuables. Pas d'argent, pas de Suisses ? Faudra-t-il arrêter scanners et IRM le quinze novembre de chaque année pour que le peuple en manque de protection assimile la hauteur du défi budgétaire ?
C'est un gros sujet, mais on ne peut "américaniser" le dispositif sanitaire français comme y poussent les compagnies d'assurances. Pour s'en prémunir, il faut sortir de l'idéologie d'une économie mixte, tout remettre à plat et appeler un chat un chat. L'essentiel est que tous les habitants de ce pays aient accès aux soins de base (dentaires et ophtalmologiques inclus), quelle que soit la couleur du chat. Ce qui pose la question de la démographie médicale à laquelle s'affronte avec courage d'ailleurs le Conseil de l'Ordre tant sont grands les déséquilibres. Après, pour monter en première classe, il faudra acheter le ticket en travaillant.






Conclusion : un trou dans le décor
Calé au fond du fauteuil et fermant les yeux sur notre belle société, je me dis que si mes grand-pères revenaient comme on le fait dans les films de science-fiction, ils n'en croiraient pas leurs yeux. S'être fait casser la gueule pour arriver à ça ? Que le régime politique soit assourdi par le défilé des casseroles de nos élites, passe encore, les barbichus de la Troisième étaient des experts en concussion ; mais que soient promus des comportements sociaux aberrants les sidérerait.

"Notre" directeur général du FMI, complètement débordé par une pathologie de priape fou, était le champion socialiste à la présidentielle ! Le président élu est l'amant d'une dame mariée et la promène partout comme que le faisaient jadis sur les allées Paul Riquet de leur cocotte les gros marchands de vin de Béziers. Leurs épouses se poussaient du coude en terrasses à jauger les mérites rebondis des gourgandines. Le "couple" présidentiel normal emmènera-t-il au bassin du Luxembourg ses sept enfants ? Le premier ministre a pris six mois de prison (mais avec sursis comme toujours dans une affaire politique) pour favoritisme éhonté. Il a été réhabilité plus tard comme si le procès avait eu lieu à Prague. A en citer trois de l'équipe en place, nous choisirions l'amant de Mme Pulvar, mais il va s'accabler lui-même assez dans les semaines à venir, sur son projet ubuesque de "Redressement progressif", qu'il est inutile de lui tirer dessus.
Un président normal disait le candidat Hollande, dans un gouvernement irréprochable ! Où ça donc ?

On se plaît à rêver à un chef d'État normal, éduqué, poli, bien marié, entouré d'une famille normale et nous représentant dignement à l'étranger, sans en faire non plus une gravure sulpicienne ; mais arrivant à l'heure par exemple. Cette pointe de pyramide s'appelle ailleurs un roi, une reine, dont l'exactitude est la politesse, disait Louis XVIII.
Pourquoi pas chez nous ?

mardi 29 mai 2012

Une vie chaque jour plus facile


- Bloc-notes de campagne -

Dans la profession de foi des candidats de l'Alliance royale aux législatives, il y a un défi titanesque, celui de désagripper l'Etat de nos vies quotidiennes, mais c'est dit autrement. La République est invasive de la sphère privée par essence puisqu'elle cherche à contrôler les idées de ses clients depuis sa création. Attention au "mauvais esprit", aux déviants de la pensée majoritaire, aux zombies de l'autonomie, on en fera des terroristes à la fin pour les écraser comme punaises sous le talon de la connerie béchamélienne en jabot. C'est Chritian Millau qui a la formule : « Les églises se vident, mais d'autres s'emplissent de crapauds de bénitier que les dévôts de la bienpensance engraissent à la guimauve du conformisme le plus abyssalement débile. On a dit de la France qu'elle était moisie. Je dirais plutôt que, tremblotante et frileuse, elle se couvre de lois et d'interdits comme les vieillards se couvrent de petites laines. ».

Régler le fatras législatif

Ainsi l'Alliance royale appelle clairement à la défense des libertés par desserrement du carcan législatif. C'est tout à fait révolutionnaire que de vouloir chasser l'Etat de nos chez-soi. Y sommes-nous prêts ? Peut-être pas encore tant son empreinte est marquée. Du berceau à la tombe, IL est là ! D'où une sympathie non dissimulée du piéton avec les anarchistes qui veulent le détruire dans ses signes, ses pompes et ses oeuvres.
Dynamiter le carcan est un slogan de campagne, dans la réalité d'une politique conduite dans ce but il s'agirait d'abroger les lois inutiles et simplifier les autres dans un chantier de dix ans. "Nul n'est sensé ignorer la loi" n'est plus une provocation du pouvoir législatif mais une blague de mauvais goût. La société croule sous les textes à ne plus même s'en souvenir. A preuve on écrit des lois nouvelles pour régler des cas déjà traités dans des lois antérieures.

Sécurité publique

L'autre défi auquel se collète l'Alliance royale n'est pas moins grand : c'est celui de la sécurité publique. Tous les gouvernements s'y sont cassés les dents, même quand fut élu président le chef de la police ! Tout le monde sauf quelques sociologues protégeant leur fromage s'accorde sur les limites de la préventionn et de l'éducation. Tant que la loi ne sera pas appliquée avec une rigueur exemplaire par des juges affranchis de leur lutte idéologique contre le pouvoir exécutif, on pissera dans les violons de l'excuse. On ne peut être multirécidiviste plus de trois fois, sauf pour des motifs politiques ! Certes le retrait de la circulation du vilain canard pose la question de la surface habitable... en prison. Aussi n'est-il pas profiter de la campagne pour replacer ici une des propositions du Nonagone de l'artilleur : c'est la proposition 6 - Peine zéro pour les condamnés étrangers.
Et la réinsertion demandée se fait tout naturellement... au pays natal !

Encadrer l'économie, ou pas

Dans ce chapitre de la vie quotidienne, les stratèges de l'Alliance ont placé l'amélioration de nos activités économiques. Ils veulent l'encadrer, faciliter la création et le développement des PME/PMI et alléger leurs charges sociales et fiscales. C'est un choix qui n'est pas le nôtre. Disciple de l'Ecole autrichienne, le piéton considère, après des économistes bien plus trappus que lui, que l'intervention de l'Etat dans l'économie est débilitante pour le corps social comme les antibiotiques le sont pour le corps humain. Mais aux jours des grands périls (guerre, famine, cataclysme, effondrement social) il est du devoir de l'Etat de concourir à la protection de la Nation car lui seul dispose de la force et de la légalité pour coordonner les sauvegardes et les répliques. Mais comme le dentifrice ne rentre jamais dans le tube, il est difficile de le faire reculer ensuite quand le beau temps est revenu. Voir la survie du Patriot Act américain à la liquidation d'Oussama Ben Laden. L'Etat mal nécessaire ? Sans doute, mais que cela n'empêche pas la vigilance.

Le salut par l'innovation

Demain sera le temps de l'innovation, de la création, de la recherche aboutie, à défaut de quoi nous n'existerons plus, sauf en consommateurs sous-traitants des nouveaux empires de production. A la misère de notre condition s'ajoutera l'insulte de leur revanche. Les Chinois ont acheté le "port du singe" : ainsi ont-ils expulsé du Pirée les lois sociales et les travailleurs syndiqués et importé leurs contremaîtres et leurs portiques. Affamés, les Grecs se précipitent aux cours du soir de mandarin vers leur prochain asservissement. Ils n'ont pas le choix. Qui aurait cru il y a seulement dix ans qu'un pays d'Europe subirait pareille humiliation ? Pour se battre il faut distraire des moyens de secteurs stériles vers les secteurs prometteurs sans mettre en danger la sûreté de notre espace économique. L'Alliance royale ne dit pas d'où vont basculer les moyens nécessaires à l’investissement, l’innovation et l’exportation, vecteurs de création d’emplois. Nous pouvons suggérer des gisements :
- les milliards d'un Etat tentaculaire sont récupérables en changeant le modèle. L'Elysée coûte deux fois et demi plus cher que la Maison Blanche, c'est l'exemple-type. Bâtissons une monarchie scandinave à moitié prix.
- les milliards de la formation professionnelle et continue disparaissant dans le sable des officines, agences et pôles de reconversion qui nourrissent les amis et clients de tous les pouvoirs territoriaux, sont à récupérer pour la recherche et l'apprentissage.
- les milliards de subventions associatives en tous genres de la plus petite commune jusqu'au plus grand des ministères. Que les associés cotisent.
- les milliards de subventions syndicales à des organisations professionnelles incapables de lever des cotisations ouvrières. Unique au monde. No comment !
- fermer le trou de la Sécurité sociale en stoppant les remboursements le jour de l'année où le déficit commence. Il y a une vie éternelle après, me dit-on dans l'oreillette.
Un programme à double détente

On comprend bien que c'est le mauvais état de notre économie qui va prendre le relais de l'invasion étatique pour faire obstacle à la quête d'une vie quotidienne plus facile comme la recherche l'Alliance royale. Aussi pourrait-elle dans sa démarche présenter l'effort nécessaire que récompensera bientôt une vie quotidienne plus facile. Reconquérons réellement nos libertés !


Bon courage à tous les candidats !

jeudi 24 mai 2012

Des idées dans un programme


- Bloc-notes de campagne -

La campagne électorale du parti royaliste part sur trois axes.
- Changer les institutions
- Rendre plus facile la vie quotidienne des Français
- Donner à la société des bases plus humaines


Le changement des institutions englobe la réforme de la représentation parlementaire que nous avons évoquée dans "Les Collèges de l'Alliance".
Mais ce chapitre comprend aussi deux mesures importantes que nous allons traiter aujourd'hui :
(1)- les référendums d'initiative populaire de bas en haut de la pyramide politique
(2)- le nouveau code de la nationalité

L'intention clairement affichée est d'en finir avec le régime des partis qui confisque les voeux électoraux de la population par l'écran du système représentatif transformé en "métier" et par le vote de masse lissant les orientations minoritaires.


Le référendum
La démocratie directe s'exprime par le référendum d'initiative populaire à la suisse ou par le mandat impératif donné aux députés. Dans le régime actuel et ceux qui le précédèrent, le député a une compétence nationale. Il légifère au plus haut niveau en approuvant des lois applicables par toute la République. Bien qu'émis par une circonscription territorialisée, le mandat impératif de ses électeurs à leur député n'est d'aucun effet (art. 27 de la Constitution). Le choix de l'Alliance royale n'est pas de revenir à la démocratie rousseauiste de la souveraineté populaire qui bat en brèche la souveraineté nationale, mais de se défaire de l'oligarchie consentie qui phagocyte la démocratie au bénéfice de la carrière de ses représentants. Les disputes au couteau des investitures auxquelles nous assistons nous économisent un long développement.
Dans l'éthique du mandat impératif, les députés sont commissionnés par leurs électeurs pour soumettre à l'exécutif leurs doléances et projets. Le modèle pur les voudrait révocables ad nutum sous l'inquisition permanente de leurs commettants, mais le modèle adapté aux réalités d'un Etat moderne laisse sa liberté au député jusqu'au bout de la législature quand il rend compte et demande le quitus. « Peut-être irons-nous jusqu'au modèle pur : l'État devra s'adapter aux réalités nouvelles. Il ne faut après tout que des gens responsables…» me confiait Gérard de Villèle récemment.

Reste le référendum. Les Suisses en ont une longue expérience, prenons-en de la graine. Comment ça marche ?
Au pays des calibres¹ on pourrait appeler le référendum une complication¹. Sans lui le Conseil fédéral pourrait ronronner à Berne en gérant les suppléances au profit de l'intérêt général dépassant les 26 cantons. Mais non ! Le Suisse a des idées, il veut les dire plutôt que les envoyer dire. Deux étages sont concurrents, celui des objets fédéraux et celui des objets cantonaux. On comprend bien l'initiative descendante qui appelle à trancher ou ratifier une décision du Conseil fédéral ; mais ce qui nous intéresse est l'initiative ascendante.
Un comité référendaire se forme dans le canton, comité qui peut ne comprendre qu'une douzaine de citoyens et qui appelle les gens à signer sa pétition. Le seuil déclenchant l'inscription du référendum au Grand conseil cantonal varie selon la démographie du canton. A Genève il faut dix mille voix. Au niveau fédéral il en faut cent mille. On a dix-huit mois pour les obtenir.
Il y a huit fenêtres référendaires chaque année afin de canaliser les impatiences de l'électorat. Les quatre fenêtres fédérales sont connues de tous pour les vingt ans qui viennent.

« L’exemple suisse démontre plusieurs choses : d’abord, il réduit à néant l’argument du fameux populisme qui voudrait que le peuple consulté ne puisse éructer que des abominations. Ces démocratophobes trahissent le peu d’estime dans lequel ils tiennent leurs contemporains et, pour peu qu’on les pousse, ne seraient pas forcément hostiles au retour à un vote censitaire, dont eux auraient bien entendu le bénéfice. Se bousculent dans cette catégorie tous les pseudo-tenants, avoués ou non, d’un léninisme où l’avant-garde sait mieux et voit plus loin que le populo qu’il s’agira d’éduquer le moment venu.
La régularité du scrutin tout comme la variété des objets soumis à l’avis des électeurs éliminent par force la posture imbécile qui consiste à dire non à tout ! La complexité du scrutin force l’électeur non à s’opposer mais à faire fonctionner son cerveau. » (François Garçon, le Plus du Nouvel Observateur, 16 février 2012)

Passez faire un tour sur le site du gouvernement pour mesurer la marge de progrès à accomplir chez nous afin d’entendre un jour la voix du pays réel.


Le code de la nationalité
Chantier chiraquien inabouti, le nouveau code d'acquisition de la nationalité française souleva une grande dispute au chapitre de la déchéance de nationalité sur les motifs qui la déclenchent. Parlement et Conseil constitutionnel ont échangé des piques sur le jeu de "chat perché" ouvert par le dispositif. Le Français d'hier matin devient intouchable comme le Français de souche, surtout s'il n'a d'autre nationalité que la française, puisqu'il est interdit de créer des apatrides ; amis clandestins, brûlez vos papiers.
A dire vrai, si l'esprit d'acquisition de la nationalité était réellement la récompense d'une intégration sociale réussie dans les mœurs françaises, le débat tournerait court. Mais les voies d'acquisition, si elles demandent un peu de patience, ne mettent pas d'obstacles sérieux à la naturalisation, faite parfois avec une indulgence coupable pour des raisons de cohérence familiale. On naturalise des parents illettrés en langue française parce que leurs enfants ont bénéficié du droit du sol, et dix autres situations scabreuses. C'est quand on envoie les cercueils "au pays" qu'on devine que quelque chose a foiré.
(plus sur Vie-publique.fr)


Plus que l'acquisition automatique de la nationalité à la majorité légale, c'est la francisation de mœurs exogènes insolubles dans les valeurs basiques de notre civilisation qui pose problème. Et on ne se cachera pas derrière son petit doigt en affirmant que les musulmans sont au centre de la question. Non point que la religion soit critiquable en tant que croyance - il y a pire - mais parce qu'elle règle la vie quotidienne de la cité, édicte son code civil et pénal (la charia) et ne cache pas un élan de conquête politique, que certains courants radicaux appellent conquête tout court. La frilosité des représentants légaux de la religion islamique, menacés peut-être, ne permet pas d'éradiquer de leurs rangs les éléments subversifs. Naturaliser ces gens est une faute. Mais ce n'est que le point de vue du Royal-Artillerie et de quelques autres éveillés qui pensent reconnaître une Révolution fatale au continent européen dans ce « Grand Remplacement ».

Le royaliste canal historique est en porte-à-faux sur cette question par l'arrêt du Parlement de Paris en date du 23 février 1515 qui reconnaît à un enfant né en France de parents étrangers, le droit d'avoir la nationalité française à condition que celui-ci ait atteint la majorité civile et qu'il ait vécu de façon durable sur le territoire français. Mais c'était bien après Poitiers (732) alors que nous sommes aujourd'hui avant Poitiers II la Revanche (2032). Imaginons sans tarder la belle !

Ultérieurement bientôt, nous terminerons le cycle de présentation du programme électoral royaliste, commencé le 24 octobre 2011 par la présentation de M. de Villenoisy sur ce blogue, en approchant la vie quotidienne des Français et l'humanisation de la société, telles que les voit l'Alliance royale.


(1) Calibre et complication sont des termes d’horlogerie






mercredi 16 mai 2012

Gouvernement de croissance zéro


L'année 2012 commence sans croissance avec ce chiffre magique et maya du zéro ! Ça tombe bien, on finit l'Histoire le 21 décembre prochain, ce qui nous évitera de connaître le quatrième zéro de croissance de l'année.
Tous les indicateurs du monde sont à l'orange clignotant grâce au bordel noir de la crise des dettes souveraines, et la nouvelle équipe française "table" sur une croissance décrétée pour lancer la boule de la justice sociale dans les quilles de l'économie. Mais la croissance ne se décrète pas. Les socialistes sont rongés par le désir impérieux d'Etat qui va tout régler. Foutaises et lampions en vessies de porc. L'électrocardiogramme de l'économie française est plat comme une limande morte, son carburant est consommé par la survie d'un Etat pachydermique, sa compétitivité est nulle au résultat mais plus gravement encore dans les esprits des entrepreneurs, et les "riches" inventeurs en rêve fuient déjà le nouveau tax-system qui va couper les têtes qui dépassent. Réussir, toujours réussir, mais ailleurs, nom de dieu !
Il n'y a pas trente-six ailleurs mais presque, et nous allons les citer tous :
- Londres, capitale mondiale du concours Lépine d'ingénierie financière. Quand en 1981 le p'ti-prof de lycée technique Mauroy arriva à Matignon, tout le back-office de la Banque de Paris et des Pays-bas, le meilleur du continent, passa la Manche chez B...
La position éminente de la capitale financière de la galaxie Nylonkong produit de l'argent comme la Beauce du blé et la valeur ajoutée retombe sur tous les secteurs économiques. Si le Royaume-Uni est en période de basses eaux économiques, sa capitale se porte bien, malgré des ajustement drastiques compris dans la règle du jeu et vendus avec le permis de travail.
- New York et Hong Kong sont dans la même position d'attraction des compétences et les meilleurs sujets les mettent en concurrence.
- On va faire un sort à la Chine, qui hésite entre le mammouth et le tyranosaure par les défis auxquels elle est confrontée. Avant de prendre l'avion et de perdre des sous ou de faire une fortune taxable par M. Cahuzac, il faut attendre que la relève de l'équipe dirigeante soit accomplie. Entre libéralisation et nord-coréisation. Comptez un an.
- L'Australie brille de mille feux même si le désert brûle. Les opportunités sont réelles mais demandent un goût réel de l'effort. Les Australiens sont bas du plafond mais acharnés et ils ne connaissent pas les ratiocineurs. Alors imaginez pour les cartésiens.
- La Nouvelle Zélande est un véritable ermitage pour un Français, sauf à être un écologiste pur et dur. Mais c'est exactement à notre antipode ; on ne peut pas aller plus loin !
- La Russie est une frontière depuis toujours, j'entends qu'elle ne cesse de reculer. Vrai fareast, c'est une terre sauvage d'opportunités où la force prime. Tarlouzes, s'abstenir.
- Il y a une méthode sure pour réussir au Brésil, c'est de prendre le contrepied des défauts des autochtones qui sont nombreux. Un ami mit cet adage en pratique et y créa une petite compagnie de camionnage hauturier présentant un seul et unique avantage sur la concurrence, celui de livrer dans les temps par tous les temps. Il devint si riche que je ne l'ai jamais revu.
- Est venu le moment d'aller au Japon. Le méga-tsunami du Tōhoku a changé les mentalités. Plutôt chauvins, les Japonais ont découvert une compassion inattendue du monde entier à leur endroit, doublée d'une admiration sincère de leur dignité et de leur discipline impassible. Les Français sont parmi les nationalités les plus prisées sinon la plus aimée. Cela remonte au Second Empire. On y reviendra. Allez-y.
- Si l'on veut rentrer au pays chaque mois, il faut considérer les chances qu'offre le IV° Reich. Le nouveau saint empire se porte relativement bien. Depuis les provinces italiennes de Piémont, Lombardie et Vénétie et en remontant l'arc allemand jusqu'aux pays baltes et au-delà en Finlande, la zone est en croissance et travaille à la grande exportation. Il faut parler couramment l'allemand et connaître les codes sociaux car les indigènes ne chercheront pas à vous les apprendre mais à vous les signifier. A étudier sans hésitation.
- J'ai gardé en queue de liste le pari du Golfe persique. Si les déboires économiques de l'Iran parviennent à effondrer le régime ayatollesque, il faudra être installé déjà aux Emirats pour surfer sur la plus forte croissance du monde. C'est du poker. Mais Dubaï, Charjah, Abou Dabi ou Doha bluffent les plus blasés.

On me donne dans le poste la liste des chercheurs de croissance du morne Ayrault, liste que nous limitons au domaine régalien :

  • Diplomatie : Laurent Fabius
  • Police : Manuel Valls
  • Guerre : Jean-Yves Le Drian
  • Finances : Pierre Moscovici
  • Justice : Christiane Taubira

Aucun ne touche la toise requise et le plus capé n'a pas bonne réputation à l'étranger, aussi l'a-t-on nommé au Quai d'Orsay comme de bien entendu ! Les jours qui viennent convoqueront l'imagination au pouvoir si l'on ne veut présider à la continuation de notre déclin. Soupir !
Arnaud Montebourg (à l'industrie) relèvera-t-il le gant par des idées neuves et le laissera-t-on combattre, au risque de faire de l'ombre aux autres ? Ne veut-il pas frapper de mainmorte les friches industrielles séquestrées par leurs propriétaires ? Pas mal !
Nous saurons très bientôt à quel niveau ce gouvernement portera l'attaque.



lundi 14 mai 2012

Les Collèges de l'Alliance


Madame Pico-Déprez n'a pas d'état d'âme. Se poserait-on vingt questions sur les obstacles infranchissables entre le départ en campagne et le siège de député qu'elle a déjà baissé la visière et la lance pour charger à l'éperon. « Va, va, advienne que pourra !», disait Baudricourt à la Pucelle ; et c'est elle qui a raison.
Dans une contribution au site du parti royaliste elle a cette formule heureuse pour appeler à la réforme drastique du Parlement vers une démocratie participative : « ce n'est pas en améliorant la bougie qu'on a inventé l'ampoule électrique ! ». On connaît depuis Yves-Marie Adeline les circonscriptions électorales par collèges, c'est le moment d'en découvrir un peu plus.

Le texte de la réforme proposée dit ceci :
La représentation publique évolue selon le principe de démocratie équitable. Les députés sont élus par quatre collèges représentatifs : les familles, les entrepreneurs, les salariés et les élus locaux. Ils siègent à la fois à l'Assemblée et au Conseil régional pour assurer la continuité de la représentation publique. Les sénateurs, quant à eux, sont élus au suffrage universel proportionnel.

Nous reviendrons une autre fois sur le mandat impératif qui change du tout au tout la nature même de la députation ; c'est la faute à Rousseau, tout excité jadis par la démocratie directe du peuple souverain. Idem pour le Sénat. Mais ce qui nous intéresse pendant cette campagne électorale ce sont ces collèges électoraux promus par l'Alliance royale.

QCM soumis à un délégué de l'Alliance :
RA : comment cela peut-il se passer pour l'électeur lambda ?
*AR : cela dépend de ses responsabilités. Jusqu'à ne pas pouvoir voter s'il ne rentre pas ou ne se rattache pas à un collège.

RA : comment est-il inscrit sur la liste électorale d'un collège ?
*AR : en se déclarant père ou mère de famille, salarié (même au chômage) entrepreneur etc. ou élu local.

RA : peut-il s'inscrire dans deux ou trois collèges ?
*AR : oui, puisque l'on peut être père de famille, chef d'entreprise et élu local, par exemple.

RA : peut-il s'inscrire dans deux circonscriptions selon le lieu de qualification de ses droits d'électeur ?
*AR : sans doute et il est plus que possible d'être père à Rambouillet, salarié ou entrepreneur à Paris.

RA : où s'inscrivent les jeunes majeurs encore étudiants ?
*AR : ils peuvent demander leur rattachement à leur famille et grossir ainsi le vote parental ; ou aller étudier… tant qu'ils n'ont pas de responsabilités.

RA : où s'inscrivent les électeurs appartenant au clergé, à l'armée, et généralement aux services de l'Etat ?
*AR : ils sont grosso modo salariés…

RA : les divorcés sans enfants chômeurs restent-ils inscrits au collège "familles" ?
*AR : un divorcé sans enfant et chômeur rentrera dans le cadre du collège "salariés" plutôt que celui de la famille. Pas d'enfants, seul(e), donc sans famille, sinon la sienne propre. Rattachement solidaire et charitable avec ses parents (famille) ou rattachement social (salariés).

RA : plus généralement, un électeur qui cesse sa qualification sans en trouver une nouvelle reste-t-il inscrit dans la première en attendant ?
*AR : oui, ce sera comme à la Sécurité sociale aujourd'hui où l'on bénéficie durant un an de son statut antérieur. Mais plus justement, tant que l'on a des responsabilités, l'on peut être électeur. Un divorcé a encore des responsabilités en dehors de sa famille et encore au sein de celle-ci, s'il est père ; un salarié licencié devient-il chômeur ou retraité : il reste dans le collège ; un entrepreneur fait-il faillite ou prend-il sa retraite : il reste dans son collège ; un élu perd-il son siège : il reste père ou mère de famille, salarié ou entrepreneur…

Donc pour être électeur, vous devez appartenir à l'un des quatre collèges. A défaut, vous n'êtes pas électeur. Le nouveau mode de scrutin traverse le suffrage universel à angle droit, par contre une fois entré dans les listes, vous y restez même après un accident de parcours.

Chaque collège étant un panier de responsabilités et d'intérêts, on comprend mieux ce que veut dire le mandat impératif du député qui est envoyé au palais Bourbon défendre sa catégorie d'électeurs. A noter quand même que le collège n'est pas un corps intermédiaire tenté par des réflexes corporatistes. Il s'éveille au matin du scrutin et se rendort le soir.

L'autre innovation est l'articulation entre la chambre basse de Paris et les assemblées régionales. C'est assez malin. Le député élu de son collège est aussi le conseiller régional. Si les thématiques sont différentes entre les deux niveaux, il y a quand même une subsidiarité qui appelle une continuité de la représentation démocratique. La région devient enfin un vrai corps intermédiaire dans une décentralisation aboutie. Et contrairement à ce qui se passe aujourd'hui, l'électeur connaîtra très bien le nom, le visage et les idées de son représentant ou ses représentants à Paris et à la métropole régionale.

Si vous avez des questions plus détaillées, il vous faut consulter le Livre Bleu de l'Alliance royale où la réforme institutionnelle de la représentation est traitée des pages 147 à 152. Ce livre est vendu sur le site du parti au prix de 15 euros. Ça les vaut.




Commentaire du piéton du roi
Le dispositif des collèges casse la logique des partis politiques puisqu'il leur oppose la défense d'intérêts catégoriels concrets. Jusqu'ici la dialectique partisane de base avait pour cible le Nombre et selon les circonstances, les attentes, les scrutins, on choisissait dans la palette idéologique les thèmes les plus rémunérateurs en voix. Difficile de jongler avec l'intérêt général, bien compris par chaque état-major, quand les intérêts responsables priment. C'est bien pourquoi la réforme de la représentation nationale de l'Alliance royale sera combattue avec l'énergie du désespoir par tous moyens et surtout bas…
… d’autant que quatre cents députés et cent sénateurs seront largement suffisants !

mardi 8 mai 2012

577 présidentielles

 

Inutile d'épiloguer sur le résultat de la présidentielle. M. Hollande n'obtient pas la majorité des inscrits et M. Sarkozy n'est pas chassé du pouvoir comme un malpropre, leurs scores respectifs sont... modestes ! La République est toujours coupée en deux.
Les législatives qui se profilent à l'échéance d'un mois peuvent être analysées sur la base des résultats du premier tour du 22 avril dans chaque circonscription, mais certainement pas sur les résultats globaux, les enjeux étant très différents, pour ne pas dire divergents. Comme indiqué dans le billet précédent, ce mois de 35 jours va "caractériser" le président élu et crédibiliser ou décrédibiliser son programme, et donc l'argumentaire de campagne des députés socialistes et apparentés.

Les partis du premier tour
Si le Front national a été porté par un vote d'adhésion plus que par un vote de protestation il peut enfin s'ancrer sur des territoires, mais la personnalité des candidats sera scrutée à la loupe tant ce parti a été marqué par la diabolisation des médias.
Les députés UMP n'auront pas le temps de se désunir mais le "désistement républicain" d'entre-deux-tours est moins assuré que jamais, au grand dam des sortants qui ont pris l'habitude de négocier cette facilité dans des accords d'arcanes. Le maintien automatique de marinistes ayant obtenu 12,5% des inscrits mettra en question la consigne d'état-major chez les socialistes et à l'UMP.
Les centristes, communistes, écologistes, chevènementistes et autres bouffons supplétifs coalisables par aimantation naturelle, demanderont un pacte de gouvernement pour s'agglomérer à une majorité qui les nourrira ; l'important ? la soupe.

Les 577 campagnes électorales seront plus personnalisées que d'habitude parce que le fatum du déclin frappe à la porte du pays et que la Grèce va plonger sous nos yeux. Il faudra sortir de l'argumentaire playmobil officiel, surtout chez les partis de droite habitués à une discipline dialectique, et donner de sa personne, de son propre jus de crâne ! Est venu le temps des détails.

L'Alliance royale
Le parti royaliste présente des candidats. Le volet institutionnel de la plateforme politique ayant été traité maintenant pour cinq ans, il est inutile de s'y référer ou d'appeler au roi comme le font encore certaines chapelles mal informées de l'actualité. Tout le discours, du moins si l'on veut qu'il porte, est à écrire sur les valeurs sociétales et les petites choses. L'Alliance s'est avancée sur ce terrain dans le chapitre Grandes réformes pour la France". On y trouve cinq orientations synthétisées comme suit :

I.- La réforme de la fonction publique
Le statut de fonctionnaire est réservé aux emplois spécifiques de l'Etat et donne des privilèges en contrepartie d'une disponibilité et d'une limitation du droit d'expression ; les autres personnels de l'Etat acquièrent le statut d'employé.
II.- L'armée de volontaires
L'armée de volontaire est instituée. Elle rend au citoyen la responsabilité de la défense et ne peut dès lors être engagée que par le Roi. Elle retrouve le rôle social qu'elle avait avant e permet de mieux faire face à l'évolution des menaces.
III.- Le renforcement de l'institution de la famille
La famille est la cellule fondamentale de la société et sont donc représentées politiquement Le patrimoine familial est institué ainsi que le statut de la mère de famille.
IV.- La réforme du système social
Le système de solidarité social est rendu plus équitable : il est dissocié de la possession d'un emploi.
V.- La réforme de l'accès à la nationalité française
L'accès à la nationalité française est obtenu par filiation naturelle ou par filiation adoptive, une naturalisation obtenue à partir du statut de résident étranger après une période probatoire.

Ces orientations sont inutilisables en l'état. Elles seront développées par chaque candidat, en fonction aussi de son environnement politique local. Ce que fait Sandrine Pico-Déprez de manière convaincante dans la vidéo ci-dessous :


Mais sur les marchés couverts ou de plein vent, il lui faudra parler aussi des abeilles, des OGM, de nos soldats en expédition, des classes de l'école primaire, des bureaux de poste, du soutien à l'industrie du canton, du meilleur régime alimentaire pour les diabétiques remboursé par la sécu, de la pérénisation du RSA et cent autres trucs, qu'il sera interdit de zapper par défaut d'avis. C'est le jeu. Les électeurs attendent de tous ceux qui se présentent à leurs suffrages qu'ils évitent de se foutre du monde en surfant sur les généralités et qu'ils présentent un programme complet et crédible, même si le pronostic leur laisse un pour cent des voix à tout casser. C'est comme ça !
Nos candidats - j'espère en avoir un dans ma circonscription - seront bien avisés de sortir du slogan "lune & soleil" et d'entrer en matières, car le souci de l'électeur moyen à ce niveau n'est pas le roi mais le pouvoir d'achat, la sauvegarde de la retraite par répartition, le crédit hypothécaire, le vote des musulmans, la hausse de la TVA ou la taxation des résidences secondaires...

Bon courage à tous, le sprint est lancé.

dimanche 6 mai 2012

Pêche & Poésie


Notre cycle politique piscicole s'achève. Fermons-nous aux caquètements d'une campagne à bout de souffle et passons aux choses sérieuses. La pêche zen par exemple, et rentrons en nous-mêmes, nous allons en avoir besoin.


Touchée par le fil
De la canne à pêche
La lune d'été
(Chyo-ni)

normal ! puisque ...

Le voleur a tout emporté
Sauf la lune
Qui était à la fenêtre
(Ryôkan)

Mon âme
Plonge dans l'eau et ressort
Avec le cormoran
(Onitsura)


Un serpent s'est enfui
Ses yeux qui m'ont regardé
Seuls restent dans les herbes
(Kyoshi)

Le printemps passe.
Les oiseaux crient
Les yeux des poissons portent des larmes.
(Basho)



Selon la Mushimegane, revue poétique japonaise, c'est au 15e siècle que la forme poétique nommée renga a fleuri au Japon. Le renga est un poème produit collectivement par plusieurs auteurs. Les membres ajoutent alternativement des versets de 17 syllabes (5, 7 et 5 syllabes) et de 14 (7 et 7 syllabes), et achèvent un poème composé de 100 versets.
Le renga était un genre littéraire de haute tenue. On demandait aux membres, selon la tradition, de présenter leurs versets en se basant sur l'esthétique médiévale et en citant des classiques.
Au 16e siècle, au lieu du renga, c'est le haïkaï - poème humoristique - qui est devenu populaire. Le haïkaï (haïkaï-renga) est un poème construit de versets de 17 et de 14 syllabes comme le renga, mais il parodie le renga en introduisant des blagues vulgaires à la mode. Les poètes de haïkaï se sont servis de jeux de mots et ont traité des choses de la vie quotidienne auxquelles le renga ne s'intéressait pas.
Le premier verset (17 syllabes) du renga et du haïkaï est appelé "hokku". Les poètes de haïkaï ont commencé à présenter leurs hokkus comme les poèmes indépendants, ce qui est l'origine du haïku.
On demandait, selon la tradition, d'adopter dans le premier verset du renga et du haïkaï un kigo (mot de saison). Donc, il s'est aussi imposé d'introduire un kigo dans un hokku et dans un haïku.
(Ryu Yotsuya)

Voilà, nous nous coucherons moins idiots ce soir, en attendant le désastre.




A chaque pétale qui tombe
Les branches du prunier
Vieillissent
(Buson)



Postscriptum : le prince Henri appelle le Hongrois à relever la vieille nation capétienne. Si vous ne pouvez vous résoudre à mettre les cuissardes, écoutez-le donc, vous aurez un prétexte.

samedi 5 mai 2012

Pêche à la mouche

 

Notre cycle politique piscicole continue sur une pêche technique : la pêche à la mouche. Elle est pratiquée par les sportifs(ves) sachant manier la soie et qui se mouillent.

Un équipement idoine et une casquette (en option sur l'image) sont indispensables pour rester au sec et couper les reflets réverbérés par l'onde d'entrée en matière. Contrairement à l'image pieuse que nous offrons à notre lectorat vacant, il ne faut pas s'attendre à voir sortir Ursula Andress ruisselante de l'eau chaque jour que Dieu fait. Mais ça peut arriver. Le sexe dangereusement faible s'est mis à la mouche parce que c'est une pêche élégante qui affermit les seins et muscle les fesses. Ceci dit il est plus utile de passer à la démonstration en mouvement.

Observez bien le soin mis à la pose de l'appât au bout de la queue de rat pour leurrer parfaitement la cible, le mouvement de fouet qui permet de poser la mouche à l'endroit voulu, le contrôle de la soie à l'index de la main libre.

On peut s'entraîner partout au lancer, dans une prairie aussi bien que sur un plan d'eau, pourvu qu'il y ait des repères faciles pour mesurer sa marge d'erreur.
Pêcher en remontant les postes est une excellente activité physique qui réclame endurance et attention pour poser les pieds. C'est aussi pourquoi les pêcheuses à la mouche font d'appétissantes pécheresses.


mercredi 2 mai 2012

Éloge de la frontière

 

Ce titre fut un billet de Paul-Marie Couteaux donné aux Epées en décembre 2005 (n°18) du temps que les royalistes faisaient de belles choses ensemble. Le succès relatif du nouveau Front national à l'élection présidentielle a dévié les thèmes de campagne des candidats sélectionnés par le Système pour le second tour. Le président-candidat a découvert la frontière. C'est de Toulouse que nous avons entendu ce morceau de bravoure tracé de la plume des "nègres" de l'Elysée :

«Depuis 30 ans une partie des élites et le système, notamment médiatique, ont confondu le sentiment national hautement humaniste avec le nationalisme qui est une idéologie dangereuse». «Le patriotisme, c'est l'amour de la patrie, le nationalisme c'est la haine de l'autre.» Ces élites «ont ouvert la porte à la loi des communautés et des tribus». «A l’intérieur des frontières de la France, il n’y a pas de frontières religieuses, ethniques.»
Frontières, le mot fut placé cinquante fois au moins. M. Sarkozy n'a pas eu le temps de tirer sa leçon de l'histoire de France, qui depuis les premiers rois mit en coïncidence un territoire, la nation qui y vit, la langue commune qu'elle y parle, les marchés où elle échange et la monnaie du prince qui y circule ; il y a des historiens dans l'équipe de campagne. Ils lui ont appris, que les frontières furent patiemment repoussées par la monarchie jusqu'à ce que Vauban borne le "jardin à la Française de Keyserling" ; que la nation prit conscience de ses frontières puisqu'on les défendait âprement et les crût naturelles alors qu'elles avaient été créées artificiellement par un Etat opiniâtre ; que si les nations de Russie, de Pologne, d'Allemagne se contentaient d'aires aléatoires, la France avait "bâti" son périmètre pour en sauver l'intégrité. Restait à fermer la béance du nord-est en poursuivant la marche au Rhin. L'histoire n'a pas fini le travail des rois, la République avait pris la suite... jusqu'à la guerre des nationalismes, répétée deux fois, qui se termina par un projet d'abolition des frontières. Nous arrivons au bout de l'expérience ! Mais ce n'est pas le sujet du jour.

Quoiqu'il advienne de cette ligne de démarcation dans les années futures, ces frontières sont en empreinte dans le mental de chacun de nous. Individuelle et portative, il faut utiliser la frontière intérieure sans attendre la réhabilitation politique de la frontière extérieure qui peut très bien ne pas se faire, par molesse ou sous pression des partis de l'étranger.

Relevons la frontière intérieure
Alors sans attendre le label Made in France achetons français. Apprenons à retourner les étiquettes des vêtements, à lire les mentions d'origine sur les produits qui nous tentent. Même un peu plus cher, préférons le produit national, quitte à freiner un peu notre consommation. Achetons des Citroën, des Renault, des Peugeot, des Smart, des Yaris ; construites même ailleurs, il en retombera quelque chose chez nous. Prenons Air-France quand nous partons ; Air France quand nous revenons. Partagé largement, ce travail de désillement du consommateur finira pas améliorer nos comptes commerciaux.

Mais une frontière, même mentale, est une limite à franchir, sinon elle ne sert pas à grand chose. Elle n'existe en chacun que s'il a conscience de la sauter. Le Français est en même temps casanier, et c'est normal dans le plus beau pays du monde, et curieux d'autrui, à tel point qu'on nous fit le reproche d'être forts en conquêtes mais peu résistants à les conserver. La nation a besoin d'améliorer sa pratique des langues étrangères en commençant par celles qui nous entourent. Il faut quitter les vacances bronze-cul et prendre l'habitude de visiter nos voisins, puis derrière eux plus loin, les leurs, et ainsi de suite jusqu'à franchir un jour l'Himalaya pour rencontrer l'outre-monde. Nous avons la chance d'habiter le continent d'excellence, ne nous lassons pas de le parcourir. L'ouverture d'esprit que nous en retirerons servira à nourrir créativité et inovation dont ce pays a tant besoin pour se relever. Il est inutile pour cela d'appeler au brassage des idées étrangères chez nous, comme en sont si friandes nos parasélites parisiennes. Allons plutôt nous-mêmes les brasser dans leurs pays d'origine comme nous sûmes le faire au temps béni des colonies. Nous étions quand même moitié moins cons quand nous parcourions l'empire, au lieu de le faire défiler chez nous comme aujourd'hui.

Mais une frontière mentale peut être trompeuse aussi
Ne créons pas un monde lithographique en quadrichromie prisonnier de notre hexagone intérieur. Soyons ouvert à quiconque veut partager nos valeurs, avec parfois l'enthousiasme un peu agaçant du nouveau converti ; facilitons-lui l'accès des codes civilisationnels qu'il veut acquérir, et osons lui signifier également nos "interdits" qui participent de notre génie territorial. Faut-il encore nous-mêmes bien les connaître ! Un approfondissement de la civilisation française devrait être programmé en lieu et place de la théorie du genre par exemple, et poursuivi bien après la fin des études. Réhabilitons la littérature classique, pour s'apercevoir qu'elle nous étonne encore. Relire les Caractères de La Bruyère engendre une émotion textuelle qui rivalise avec celle que procure du Proust. On l'a oublié.

Il n'est donc pas besoin d'attendre que le sauveur quinquennal remette en vigueur nos frontières pour les disposer chacun dans nos idées et dans nos activités les plus banales. Qui nous en fera le reproche ? C'est pur patriotisme finalement, et rien de nationaliste.



lundi 30 avril 2012

Depuis le bord de mer

Le cycle Pescaïre du dimanche continue. La pêche du bord s'appelle aujourd'hui surfcasting puisqu'on prend le poisson sur la crête de la vague quand il fait l'hawaien ! Elle se pratique en général les jours de gros temps, et en Méditerranée, quand la mer "ramène" si le vent est tombé. Le ciel est généralement gris de plomb, mais on peut toujours faire le coquet par beau temps pour engager la conversation avec les oiseux qui passent, sauf qu'en ce cas on passe chez le poissonnier en rentrant.


Il est toujours impressionnant de se voir lancer la ligne à près de cent mètres. On ressent sous le grain un sentiment de puissance face aux éléments. J'ai vu sortir un dauphin au Grau du Roi, et des thons plus longs qu'un homme est haut à Palavas. Mais l'ordinaire peut heureusement entrer dans la poêle ovale : daurade, loup, marbré, sole et parfois un congre perdu qu'il est sympa de remettre à l'eau.

Outre l'aisance d'un lancer énergique qui réclame une certaine force, il sied de connaître un minimum de technique. C'est en bout de ligne que ça se passe et Royal-Artillerie se décarcasse pour que vous prépariez votre journée de surfcasting sur la plage du Grand Travers dimanche prochain.
Oublions pour aujourd'hui d'insister sur la fraîcheur renouvelée en continu des appâts, c'est au vif qu'on prendra plus gros, et étudions les empiles. Il y a 19 montages différents (©Christophe Leroux)) d'après le Conseil d'Etat ; nous en choisissons quatre, du plus simple au plus sophistiqué :


Le flapper


Le trainard bas suspendu


Le téléphérique


Le pulley rig auto-ferrant


Avant de passer aux 15 autres configurations, vous devinez déjà que vous n'aurez jamais le temps de lire les promesses électorales qui n'engagent que vous, puis d'aller éliminer celui des deux qui vous convient le moins. On n'a qu'une vie, ne la perdez pas dans les isoloirs. Bonne pêche !


Même début mai, il faut s'habiler chaudement pour surfcaster car le mauvais temps est votre allié.


vendredi 27 avril 2012

Rêveries du pêcheur solitaire


Notre cycle politique piscicole s'ouvre par un éloge de la pêche au coup. Il y a quelque chose d'hypnotique dans la pêche au coup. Suivre des yeux le bouchon dansant jusqu'à ce qu'il plonge enfin ou disparaisse dans un moment d'apnée de la conscience participe de la focalisation intense procurant l'hypnose.

Combien de pêcheurs au coup s'évadent ainsi bien calés sur le pliant et voyagent en songe ? Presque tous, et les quelques-uns qui ne voyagent pas rêvent autrement, d'un bon repas, d'un bon film, aux cuisses chaudes de leur belle, tout ce que l'imagination humaine leur sert en cerveau.
Que vous pêchiez en Chanel, en short italien, en Vieux Campeur ou dans votre vieux treillis d'infanterie, c'est valable, à condition que l'esche soit fraîche et goûteuse et que vous sachiez manier le brin.

Il a disparu ! D'un coup. Et la ligne se tend. Sans aucun délai de décompression, le rêve est éjecté, le pêcheur cherche à ferrer de toute son attention, en finesse, captivé par le dosage de la force passant du poignet à la canne. Le réflexe est roi, la technique est reine, il n'est plus temps de réfléchir ou de comprendre, tout se fait d'instinct... et le poisson sort.

Les désœuvrés qui longent les rivières les mains derrière le dos se demandent ce que font tous ces types immobiles, statufiés, sur un poste meublé d'un attirail bizarre, l'oeil fixe sous la visière. Ils ne savent pas ou font semblant d'ignorer que le moindre bonjour ou la moindre question emmerde diablement le pescaïre qui doit s'extraire du procédé pour répondre par politesse.
Alors, si vous lui demandez s'il a voté avant de venir, il y a une chance sérieuse pour que vous finissiez la promenade à la nage, ce qui n'est que justice.





jeudi 26 avril 2012

Lettre ouverte d'un travailleur


La lettre ouverte (et donc libre de droits) d'un « exilé » libre à Jean-Luc Mélenchon, publié par Les Echos avant le premier tour de l'élection présidentielle (le 17 avril exactement) mérite qu'on s'y arrête. M. Paul Dubrule est co-Président/Fondateur d'ACCOR, premier opérateur hôtelier mondial, leader en Europe, présent dans 92 pays avec plus de 4 400 hôtels et 530 000 chambres ! Pas un miquet. Il a optimisé sa gestion patrimoniale en habitant en Suisse, dans un pays qui traque les gaspillages et a besoin de prélever bien moins d'argent de ses contribuables que son grand voisin occidental en faillite chronique. Il ne fait pas mystère d'économiser deux millions de contributions sur les revenus retirés de son activité économique et des rentes qu'il s'est créées par le travail.
Il s'adresse à l'apparatchik hispano-marocain qui n'a jamais bossé que deux ans dans sa vie, comme professeur de français au lycée technique de Lons-le Saunier, mais a rédigé d'abondance de la doctrine au mètre pendant des lustres dans les revues où il a sévi pour le compte du Parti socialiste. Sa licence de philosophie, un talent de plume et une gouaille méditerranéenne ne le destinaient pas à donner l'assaut dans la guerre économique mondiale. M. Dubrule, si ! Dans la lettre ci-dessous, l'entrepreneur se moque du tribun payé au mois qui n'a jamais rien risqué, mais gentiment.

Cher Monsieur Mélenchon,

Vous parlez trop de moi, pas toujours en termes sympathiques, mais qu'importe. En revanche, vous devriez mieux vous informer pour ne pas déformer la réalité par une méconnaissance des sujets que vous évoquez - ce n'est pas juste, ni même honnête vis-à-vis de ceux qui vous suivent, vous et vos idées.

Passons sur le terme « exilé fiscal » qui est in-approprié, vous le verrez plus loin. Vous condamnez sans procès et me jetez à la vindicte populaire par ignorance et parce que cela vous arrange.

Savez-vous que je vais payer cette année, en 2012, suivant mes dernières estimations environ 1.250.000 euros d'impôts, en France ? J'ai bien dit en France, et chaque année. Les procès en mauvaise citoyenneté et en incivisme, contre celui (ou ceux) que vous appelez l'« exilé fiscal », servent sans doute votre discours, mais sont faux et manipulatoires. L'« exilé fiscal », que je suis selon vous, a donné plus d'impôts à la France que M. Jean-Luc Mélenchon.

Vous êtes un magnifique tribun, j'avoue même prendre plaisir à vous écouter. L'ennui, c'est que le charisme allié à la démagogie a toujours conduit, de tout temps et dans tous les pays, quand ils ont triomphé, à des dérives politiques et à des drames sociaux.

J'ai créé ACCOR avec Gérard Pélisson. J'étais seul au début, et quand nous avons pris notre retraite, nous étions 160.000. Nous avons toutes et tous payé des impôts et nous continuons tous d'en payer, y compris l'entreprise que nous avons créée.

Mais cette question d'impôts est secondaire à côté de la fierté d'avoir permis à ces 160.000 cadres et employés d'avoir un métier et un emploi, et pour beaucoup, grâce à la formation, d'aller de promotions en brillantes carrières.

Mais au-delà de vos effets de tribune et de bateleur de l'indignation, j'ai la conviction que, comme vos adversaires désignés, vous nourrissez votre propre forme de « stigmatisation », pour reprendre un terme en vogue : en l'espèce, à l'égard de tous ceux qui entreprennent, ceux qui souhaitent changer leur propre vie, ceux qui ont envie de construire. La réussite financière est souvent un moteur pour ceux-là, mais ne constitue qu'une gratification dans un parcours dont la finalité est très souvent beaucoup plus noble. Vous connaissez mal les entrepreneurs et ce qui les anime, à savoir la passion de l'aventure humaine et collective.

Bien heureusement vous ne serez pas élu mais vous ferez un score non négligeable. Vous aurez vendu de l'illusion à ceux qui rêvent du grand soir. Je ne voterai pas pour celui qui est le plus beau, le plus charmeur, le meilleur tribun, le plus cultivé ou celui qui prône « l'insurrection » politique.

Je voterai pour celui qui travaille, qui a le courage de prendre des décisions et, quand l'une d'elle s'avère mauvaise, de la corriger et de repartir de l'avant, non pas un « démolisseur » mais un « bâtisseur », qui n'a pas peur d'être parfois impopulaire même si cela n'est pas vraiment bon en période électorale. Je voterai pour celui qui croit à la force des projets collectifs que sont les entreprises pour transformer nos sociétés, les rendre meilleures, plus justes et plus intégratrices. Pour le besoin du pays et de ceux qui y vivent, celui-là doit gagner.

Cher Monsieur Mélenchon, vous pouvez continuer à vous servir de moi dans vos meetings, cela ne me dérange pas, mais vous abusez ceux qui vous font confiance. Vous avez besoin d'exister et cette élection vous donne une tribune qui vous permet de briller et vous brillez au détriment de ceux qui vous suivent.

Dans l'attente de vous lire, je vous prie de croire en mon estime mitigée.

Paul Dubrule

Parmi ceux qui ont "voté" avec leurs pieds, nous citerons Jean Alesi(CH), Marion Bartoli(CH), Julien Benneteau(CH), Arnaud Boetsch(CH), Arnaud Clement(CH), Nicolas Escudé(CH), Guy Forget(CH), Richard Gasquet(CH), Jean-Claude Killy(CH), Henri Leconte(CH), Sébastien Loeb(CH), Paul-Henri Mathieu(CH), Gaël Monfils(CH), Christophe Moreau(CH), Amélie Mauresmo(CH), Stéphane Peterhansel(CH), Cédric Pioline(CH), Alain Prost(CH), Fabrice Santoro(CH), Florent Serra(CH), Gilles Simon(CH), Jo-Wilfried Tsonga(CH), Vincent Rives(IRL), Jean-Philippe Gatien(US-DE), Michèle Laroque (US-NV). Pour les quatre mille autres, nous reviendrons demain.


Depuis cette lettre ouverte, le premier tour a passé et avec lui la Vérité. Le Bruit & la Fureur n'aura pas tenu deux heures avant de se rendre sans conditions au patron du parti socialiste. Onze pour cent des voix c'est peu et beaucoup, mais le job est fait : rapporter à son maître le plus de voix possible placées à sa gauche afin de réduire les partis trotskystes et écologique à trois fois rien. Il n'y avait rien à négocier, c'était ça le scoop du dimanche soir. Ces 11%, s'ils ne se délitent pas dans l'entre-deux-tours, seront-ils suffisants pour vaincre. Beaucoup en doutent, qui restent crispés sur leur dégoût de l'establishment ; d'autres y voient la promesse d'un infléchissement du programme hollandais, ce que le candidat de gauche dit refuser.
D'ici le 6 mai, M. Mélenchon va connaître le sort des battus et disparaître dans les WC de la démocratie.
Qu'importe le résultat, le chèque européen tombe chaque mois, et c'est bien l'essentiel. Lui reste à éviter les Sofitel, Mercure, Novotel et SuiteHotel où les femmes de chambre sont redoutables !




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