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vendredi 17 février 2012

Qinghaï, le pays où les moines...

... brûlent comme du papier

Quand les opinions européennes sont tétanisées par le spectacle des révolutions arabes mettant à leur porte des régimes théocratiques qui leur promettent la Conquête, l'autodafé des moines bouddhistes des provinces chinoises du piémont himalayen les laissent froides. C'est loin, même de nos jours, et les moines en feu font partie du voyage mental organisé en Asie.
Bravant l'interdit dogmatique, de jeunes moines et d'autres préfèrent donc s'incinérer plutôt que d'accepter les camps de rééducation promis aux déviants. Des 6000 monastères des années cinquante il n'en reste que 580, mais leur destruction méthodique n'avait pas intégré dans le programme administratif que les moines continueraient d'y affluer. Aussi les manifestations populaires dans les provinces extérieures du Tibet historique, Kham et Amdo, sont-elles réprimées à feu ouvert par les préfectures. Les meneurs, "moines-gangsters", sont raflés et traités par l'appareil d'Etat qui, en la matière, est un expert. La perversité de la sanction est son côté positif assumé par le pouvoir : le futur empereur, Xi Jinping, n'a-t-il pas été "reconstruit" en sept ans pendant la révolution culturelle dans les travaux des champs de la commune populaire de Wen'anyi au Shaanxi ? Le fer à repasser idéologique est institutionnel. Le lavage de cerveau c'est pour votre bien, il vaut bien votre vie.

La lutte de la foi et de l'intelligence contre la Connerie en bottes de fer est perdue d'avance pour deux raisons premières :
- l'image formatée d'une civilisation tibétaine barbare est inculquée dès le plus jeune âge dans le cerveau des Hans¹, la race céleste restant contre vents et marées le Sel de la Terre ; quoiqu'il arrive aux minorités instables est de leur faute, indolence, paresse, superstitions ; il suffit de faire ses huit heures avec application pour que tout s'arrange. Aucune image de moine en feu ne peut écorner cette caricature, même si la blogosphère dénonce le veto chinois au Conseil de sécurité de l'ONU dans l'affaire syrienne, ce qui signale une perception décalée des affaires intérieures bientôt.
(1) à un point tel que la chaîne sino-américaine du Falungong, New Tang Dynasty Television, n'en parle pas.

- l'absence de structure offensive de résistance tibétaine permettant de pitonner de l'extérieur des soutiens autres que moraux. A la pression chinoise, il faut une contre-pression du modèle courant et accessible. Le gouvernement théocratique en exil ne fait pas l'unanimité et n'a jusqu'ici provoqué que des demandes étrangères de négociation pacifique entre les parties, ce qui est risible avec un régime communiste.

S'y ajoute bien sûr l'interdit de Mammon, un milliard de boeufs doivent cracher du fric comme on en vit jamais autant sur Terre, ce n'est pas le moment de fermer les portes de l'Eldorado, et M. Xi Jinping qui sera promu secrétaire général du PCC à l'automne prochain, a été reçu à la Maison Blanche pour parler de la sous-évaluation du renminbi, et du veto chinois au Conseil de sécurité qui met en péril la santé du peuple syrien !


L'irrédentisme tibétain dans les provinces chinoises, et non plus seulement sur le toit du monde, s'ajoute à l'effervescence ouïgoure et à l'irrédentisme silencieux de la Grande Mongolie. Menacé sur ses trois marches continentales, l'Empire est déstabilisé par sa décrédibilisation générale dans les affaires du quotidien, comme le souligne avec moults détails l'International Herald Leader (clac). Les gouvernements central et provinciaux poussent au développement le plus possible et partout pour désarmer leurs contempteurs, en créant chez eux des classes moyennes plus attentives à leur patrimoine qu'à leurs convictions religieuses. Malgré cela la concurrence des jeunes hans éduqués reste forte, et dans certaines préfectures du Qinghaï et du Sichuan ils font figures de colons, de pieds-noirs, avec cette propension de la race au clinquant qui excite les aborigènes.

Les études des cercles économiques nourrissant le pouvoir stigmatisent les déséquilibres de tous ordres et les dévastations provoquées par une urbanisation débridée qui ruine l'environnement pour longtemps, la conjonction des deux pouvant déclencher un chaos global hors de maîtrise de l'armée. Les analystes étrangers sont sur la même ligne interrogative et certains, plus indépendants, ont dépassé le stade du "comment" pour celui du "quand". Jusqu'ici la croissance très forte de la Chine pouvait émerveiller le visiteur mais s'analyser dans la foulée comme une fuite en avant. Pour cent raisons dont la première est imagée par la maxime de bourse qui dit que les arbres ne poussent jamais jusqu'au ciel, la croissance va devenir normale, créant des tensions intenables dans la population active, ruinant les banques plombées par des actifs pourris dissimulés, vidant les tours orgueilleuses, faisant exploser les prix des nécessités. Alors se lèveront les nouveaux Boxers.

En attendant que s'écrive l'histoire, silence, on compte ! La chancelière Merkel, venue en visite à Zhongnanhaï au début du mois pour appâter la SAFE¹ aux bons souverains en euros, a soulevé la question tibétaine parmi beaucoup d'autres sujets de préoccupation (sic), mais n'a certainement pas relevé la brutalité du maintien de l'ordre communiste dans les provinces tibétaines de l'intérieur, ce qui serait de l'ingérence. Wen Jiabao a collectionné sa liste de dissidents favoris dans le tonneau où le capucin de l'Arizona jette les "Mars".
Nos gouvernements étant livrés pieds et poings liés au négoce, il n'y a qu'une riposte à apporter au massacre des Tibétains, le boycott des produits chinois. Lisez les étiquettes et jetez ostensiblement.
Ça va le faire, pour une fois qu'il suffit d'y croire.





(1) SAFE : State administration of foreign exchange, Pékin

mardi 22 décembre 2009

Aoum Mani Padmé Hûm

Semaine spirituelle.
Quatre minutes et demi de respiration pour un Thibet tranquille en 2010.


On m'explique ce mantra en français ici. A compter du dimanche 14 février 2010, on quittera l'année du Buffle de Terre, un symbole assez peinard, pour aborder le nouvel an tibétain du Tigre de Fer, 2137.
Croisons les doigts en fredonnant om mani pémé houng.


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lundi 11 mai 2009

Le venin dans le dard

le 14° dalai lama en prière Paris - 9 mai 09 - Le 14° dalaï lama est invité le 6 juin à Paris par son premier magistrat pour recevoir la médaille de la Ville de Paris. Normalement cette décoration distingue des personnalités ayant contribué significativement au rayonnement de la capitale française ou ayant réalisé quelque chose d'extraordinaire à son bénéfice. M. Delanoë qui, à l'image de ses prédécesseurs est "propriétaire" de l'Hôtel de Ville, puise dans la cassette à médailles selon son bon plaisir comme un président de la III° République. Ainsi manifeste-t-il en chemin ses propres opinions et tout à la fois les récompense, jusqu'à désigner dans ses faveurs un pontife religieux d'une contrée lointaine avec laquelle la ville de Paris n'a ni attaches ni traditions.

Est-ce pour renforcer son ami Pierre Bergé dans sa lutte contre la confiscation du recel de bronzes pillés lors du sac du Palais d'Eté, ou tout simplement pour faire l'intéressant ?
M. DelanoeQue vient donc faire le dalaï lama hypermédiatique dans le schmilblick parisien ?
De l'audience, chère médème, de l'audience pour la Guêpe de Bizerte malmenée par la liquéfaction de projets un peu pharaoniques de la précédente mandature et de l'explosion des taxes qu'elle a causée ! Alors, "faisons la une pour pas cher avec l'Océan de sagesse, et les emmerdes du petit reître que nous allons déclencher nous profiteront de surcroît".

Les relations franco-chinoises ont beaucoup souffert de la maladresse du ministère de l'Intérieur totalement "innocent" dans le traitement en voirie de la question tibétaine et surtout des rattrapages calamiteux du cabinet noir de l'Elysée. Nos postures de "grande puissance" font sourire les Chinois qui sont "au front" en permanence et connaissent très bien nos faiblesses et nos forces. Ça leur réussit pas mal : nous sommes allés à Canossa !

Mao ZhaoxuDans une déclaration du 7 mai - juste au début du pont sacré - le porte parole du ministère des Affaires étrangères Mao Zhao Xu a tonné : « Nous demandons au gouvernement de la ville de Paris d'arrêter toutes les actions qui s'immiscent dans les affaires intérieures de la Chine et de ne pas faire encore les mêmes fautes sur la question du Tibet. Je voudrais aussi indiquer que les relations bilatérales ont été remises en orbite à travers des efforts communs. Nous espérons que nos deux pays pourront surmonter les obstacles et promouvoir le développement de relations sino-françaises saines et stables. »
Si ce n'est pas faire la leçon, je n'y comprends rien. A ce jour, aucune réaction publique du Quai d'Orsay, directement visé par les Chinois même si la mèche est allumée par l'Hôtel de Ville, n'a été diffusée par les agences.

Nous ne reviendrons pas sur le fonds de la question tibétaine, sauf à rappeler que le Tibet ne sera jamais indépendant. Nous et les Tibétains de la diaspora ne pourront profiter d'aucune opportunité, et chaque jour qui passe, la sinisation de la province himalayenne avance comme un rouleau compresseur que rien ne freine ou freinera parce qu'il y a un milliard de Hans derrière tout ça, qui sont d'accord de bonne foi avec leur gouvernement.
Même s'il est des voies et moyens intelligents pour soulager les Tibétains de la pression chinoise, il nous paraît simplement utile de dénoncer ce qui nous regarde, savoir la puérilité de prébendiers précaires qui jouent de leur irresponsabilité statutaire pour encombrer ad libitum les flux économiques indispensables à nos industries et à nos banques, de leurs émois fabriqués dans un but politicien, ou simplement pour se hausser !

M. Kouchner hilareEn pleine crise économique, soyons sérieux ! Il est plus important de serrer les coudes pour protéger autant que faire se peut nos emplois et nos usines, que de proclamer à la face du monde notre irrésistible propension à dire le droit d'ordre et pour compte tout tiers empêché !
Je ne sais comment y parviennent si bien nos voisins anglais, allemands et italiens qui n'ont pas d'écoles du niveau exceptionnel de l'ENA. Il semblerait qu'ils ne mélangent pas les genres et ne partent pas en mission commerciale d'Etat quand ils prospectent la Chine. Du moins s'ils le font parfois, restent-ils discrets, et disposent en revanche des professionnels compétents sur la zone d'effort de manière permanente. Car à vouloir prendre l'avion du Président et tout le diable diplomatique son train pour partir signer des contrats, nos industriels marquent leurs projets de l'emblème de la caravane politicienne, et ne peuvent ensuite s'étonner d'être impliqués malgré eux dans les chicayas politiques droitdel'hommesques.

Et si nous profitions de l'Europe et de sa liberté de circulation pour importer leurs diplomates, voire quelques industriels !



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mercredi 11 mars 2009

Du Tibet à la Mer de Chine

PotalaLe "choc des civilisations" est en marche dans la commémoration du soulèvement tibétain de 1959 Encore une commémoration ! A quand la Journée internationale du yack en cette année du Buffle ? L'on sait d'avance qui gagnera : l'empire adémocratique.
La militarisation actuelle de la province himalayienne et de ses marches historiques au Qinghai, Gansu et au Sichuan n'a d'autre but que de ne pas faire perdre la face à l'Etat central vis à vis de son propre peuple. L'ordre règnera quoiqu'il en coûte, à la réserve près que son maintien s'exercera à huis clos pour prévenir tout "détournement" d'images mal-intentionné. Et c'est bien ce qui met en rage la presse internationale, littéralement kidnappée dans la zone précitée.

Si le couvre-feu médiatique au Thibet était attendu par un moyen direct (refus des sauf-conduit) ou détourné (carence de sièges dans les transports), la chasse aux journalistes en périphérie de la TAR (Tibet Autonomous Region) contredit les assurances données en 2008 par le Ministre des Affaires étrangères à Pékin pour apaiser alors la bronca internationale avant les Jeux olympiques. Elles stipulaient que tout le territoire chinois (sauf la TAR) était accessible sans préavis ni préalable par les journalistes étrangers.

tigre brasse couléeEdward Wong et Jonathan Ansfield du New York Times, ont été détenus le 27 février par la police anti-émeutes au bureau de sécurité du Gansu pendant 20 heures sans boire ni manger, puis mis dans l'avion de Pékin. Un cliché pas assez rapide leur a valu un bras démonté et l'appareil photo en miettes.
Beniamino Natale de l'agence italienne ANSA a été détenu 2 heures à Guinan (Gansu) pour avoir visité un monastère le 9 mars. La veille, Isabel Hormaeche de TVE Madrid et son équipe ont été arrêtés par la police de Ganzi (Sichuan), leurs enregistrements détruits, et pour finir, eux-mêmes convoyés pendant 200 kilomètres hors de la province.
Katri Makkonen de la télé finnoise a été arrêtée plusieurs fois et son véhicule escorté sur la route de Tongren à Xiningin (Qinghai). Son permis de conduire chinois lui a été enlevé jusqu'à ce qu'elle fasse sur le capot de la voiture une déposition sur son emploi du temps des derniers jours.
(source FCCC - Foreign correspondents' club of China)

L'agence Associated Press a rapporté le même genre de misères faites à ses équipes au Sichuan et au Gansu. Inutile d'ajouter que les assistants chinois de toutes ces agences se sentent très menacés. Des collabos !

Nous savons que l'empire céleste ne fonctionne pas avec nos codes et que l'insurpassable supériorité chinoise sur tout ce qui marche ou rampe sur terre ou dans les mers, n'acceptera jamais les codes étrangers sauf à s'en émerveiller. Contrairement à notre perception, l'époque des "traités inégaux" qui vit le vieil empire dépecé comme un vulgaire bantoustan, reste en mémoire et s'apprend dès l'école primaire.

base de Yulin
Mais la semaine ne se passe pas dans les brumes du printemps himalayen. La semaine est "navale". L'affaire des bronzes volés d'Yves Saint-Laurent est un épiphénomène, la revendication de souveraineté chinoise sur les Îles Spratleys, réitérée ces jours-ci, présage, elle, d'un engagement naval sans retenue si les riverains s'avisaient de broncher.

Cette semaine, le chasseur de sous-marins américain USS Impeccable a été "poussé" hors de la zone économique exclusive chinoise par cinq patrouilleurs lancés de la base de Yulin (Haïnan). Ils ont même envoyé le pavillon de beaupré qui est une marque agressive. Que l'Impeccable navigue dans les eaux internationales à 120 km de l'île chinoise ne les a pas émus, puisqu'ils se disent souverains de toute la Mer de Chine du Sud jusqu'à l'archipel des Natuna, qu'ils disputeront un jour à l'Indonésie. Le temps des jonques armées est révolu, leur navires de guerre atteignent la capacité occidentale même s'ils restent en retard sur la conduite d'opérations combinées et la manoeuvre d'escadre.

destroyer chinoisToujours à l'effet de propagande, la marine chinoise fait plus que sa part dans le convoyage de navires marchands autour de la Corne d'Afrique, et sa disponibilité est très appréciée des armateurs, autant sans doute que son manque de scrupule à tarir la piraterie somalienne en ouvrant le feu. Un navire taïwanais a transmis un message de compliments au renfort apprécié du "grand frère".
Si la mission du contre-amiral Zhang Deshun est d'abord d'escorter les navires chinois, ses deux destroyers sont aussi appelés par les allemands, les italiens, les singapouriens et même les chypriotes. Est-ce cette hyperactivité qui a motivé le détachement de deux destroyers nippons afin que les porte-containers japonais ne soient pas escortés par la marine céleste ? Sans doute aucun, l'image ferait un triomphe incroyable !

Pour marquer leur espace ils doivent "démilitariser" la Mer de Chine en expulsant la 7th Flotte américaine du détroit de Formose. Tout sera bon, y compris l'enrôlement de leurs voisins dans cette croisade nautique, pour marquer la limite de fourniture de la démocratie étrangère qui dérange là-bas tout le monde. Car au fond il s'agit bien de cela. La démocratie est un virus dont on n'a pas le vaccin, et le PCC n'entend pas chopper cette maladie médiatiquement transmissible capable d'abaisser un pays aussi puissant que l'impérial Japon, sans parler même de la sainte Russie !

Je ne crois pas qu'Obama puisse les convaincre du contraire, d'autant qu'ils détiennent la poche de perfusion en bons du Trésor américain, ce que le vice-ministre Yang Jiechi est venu dire aujourd'hui à Timothy Geithner, le nouveau secrétaire au Trésor.

china sub



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samedi 6 décembre 2008

Chine: pourquoi cette haine ?

ministre des affaires étrangères chinoisesL'intérêt scrupuleux que porte Zhongnanhai aux faits et gestes du tandem infernal Sarkozy-Kouchner ne peut s'expliquer par le refus de toute ingérence dans les affaires impériales. Bien des dirigeants occidentaux de premier plan ont accueilli et écouté le 14° dalaï lama sans que l'irritation céleste ne dépasse un communiqué de réprobation lyrique.
Or depuis les émeutes tibétaines du printemps dernier, la France qui se revendique "patrie des droits de l'homme", titre qui coûte cent fois plus qu'il ne rapporte et qu'on nous abandonne bien volontiers, est dans l'alidade populaire.
Aux échauffements imprudents du ministre tiersmondain Kouchner qui n'allait pas laisser Lhassa sous le feu des canons impériaux, succéda la bévue du ministre de la police Alliot-Marie qui s'est laissée embringuer dans une délégation de sécurisation du parcours de la flamme olympique aux nervis trotteurs de l'organisateur, complètement incompétents. Mais, pays hôte, elle porta le chapeau !...

Jamais en mal de postures, le petit reître déclara alors qu'il "conditionnerait" sa présence à la cérémonie d'ouverture des JO à l'ouverture de négociations entre les nationalistes tibétains et le pouvoir légal chinois ! De quoi je me mêle ?

Malgré le boycott des enseignes Carrefour en Chine - facilement organisé par le mépris affiché de la société pour ses employés - le président franco-européen vint à Canossa-Pékin bien que les négociations n'aient rien donné, les Chinois n'ayant jamais envisagé qu'il puisse en être autrement puisque l'UE a trop d'intérêts en jeu en Chine, l'Allemagne tout particulièrement.

14° dalai lamaLa diplomatie est comme les échecs : n'y peut jouer que celui qui voit deux coups d'avance. Notre président sait le nain jaune, les petits chevaux ou le monopoly, mais les échecs pas vraiment. Quand les moines attaquèrent la communauté han de Lhassa, nous n'avions certainement pas à nous taire mais à bien séparer la brutalité de la répression, la revendication identitaire et l'irrédentisme tibétain ; sachant - ou alors il faut changer de métier - que les Chinois nous pousseraient à l'amalgame entre ces trois volets de la Question qui fâche Richard Gere. Au lieu de quoi des apprentis sans brevet sont partis dans le fondu enchaîné à la remorque de l'agent Ménard chez RSF. Le piège à c... était dès lors armé par ceux-là mêmes qu'il attendait dans ses mâchoires.

Les négociations pour rire traitaient le volet identitaire et la profondeur d'empreinte des bottes célestes. Risible, Lhassa est déjà sinisée et la marée han gravit l'Himalaya par trains complets : les autochtones deviendront à vingt ans d'ici une minorité protégée comme les Miao, les Daï, les Zhuang, les Baï et cinquante autres ... qui d'ailleurs, à l'exception des Ouigours, ne s'en plaignent pas. M. Sarkozy est-il déjà lassé du gouvernement de la petite France pour s'intéresser d'aussi près à celui de l'Empire du Milieu ?

le tangula
La communauté internationale dans son organisation suprême, l'ONU, reconnaît la souveraineté historique chinoise sur tout le piémont oriental de l'Himalaya. Il en a cuit aux Indiens d'envoyer des géomètres arpenter les glaciers en 1962.
Quand les émeutes éclatèrent en mars dernier, cette reconnaissance fut implicitement renouvelée par la déclaration du secrétaire général Ban Ki-moon qui exhortait les autorités chinoises à faire preuve de retenue, expression qui en reconnaît la légalité. La question ne fut pas débattue au Conseil de sécurité dont le président russe de l'époque, Tchourkine, déclara que le sujet ne relevait "clairement pas" de la compétence de l'exécutif onusien.

Notre président hyperactif veut-il tenir son rang ou se saisir du gouvernement du Monde ? Pour les Chinois, il ne le tient pas et ils ne ratent aucune occasion de lui faire perdre la face. Annulation du XI° sommet sino-européen de Lyon, du sommet franco-chinois qui devait le suivre, exécution du pseudo-espion Wo le jour de l'ouverture de la session sino-européenne des droits de l'homme à Bruxelles, et aujourd'hui menaces claires de rupture des relations commerciales suite au voyage de Gdansk.

Alors j'ai demandé à mes amis chinois de m'expliquer leur point de vue. C'est assez inattendu :
En cause Carla Bruni et le séisme de Wenchuan du 12 mai.

décombres à WenchuanLe public chinois n'a pas ressenti de compassion sincère de la part des Occidentaux, et des Français en particulier qui avaient tenu la vedette à leurs dépens sur les écrans patriotiques de la CCTV ; sans doute parce que la monstruosité de l'évènement concentrait l'attention des téléspectateurs sur les efforts de l'Armée populaire (qui a été remarquable) et sur ceux des volontaires de la protection civile. Malgré la forte mobilisation des postes diplomatiques français en Chine, qui ont saisi l'occasion de recoudre le drap, la contribution de Paris à un seul million d'euros (dont nous avons décompté 380.000€ de produits de première nécessité) a été prise pour un don à la vente de charité du coin ! Même le Maroc a fait plus que nous ; l'Italie a envoyé 1,5 million d'euros en cash dès les premiers jours. Les pays riches ont donné de 10 à 40 fois autant chacun. Nous ne pouvions peut-être pas en faire beaucoup plus du fait que la Chine avait freiné notre parade sur le théâtre humanitaire, mais le million faisait vraiment petit rapporté à l'ensemble des besoins ressentis.
Selon le ministère des Affaires civiles, les donateurs chinois et étrangers ont accordé jusqu'au 25 novembre 2008 environ 75,2 milliards de RMB de dons en espèces et en matériel, pour les secours et la reconstruction. Au 30 novembre 2008, ont été envoyés aux régions sinistrées 24,3 milliards de RMB en argent liquide et 94,6 milliards en matériel. Le RMB yuan vaut aujourd'hui 11,50¢ : le don français fait 8.696.000 RMB : l'adjectif qualificatif des Chinois est "petit air", traduction : peigne-cul.

Les Chinois sont des gens réservés en public et attachés à l'étiquette de leur classe sociale. En privé ils se déboutonnent, et pas seulement dans les "maisons de thé". Mais ils ont fait leur, avant même la guerre des Gaules, la devise fameusement hypocrite : « La femme de Caesar ne doit pas être soupçonnée ». Vae Victis, la troisième épouse de notre président a été offerte dans son plus simple appareil aux enchères de Christie's New York par le truchement d'une photo de Michel Comte partie à 91.000$ dans la poche d'un collectionneur ...... chinois !
A circulé aussi une autre photo très impolie : M. le président de la République française, l'air excédé, le portable dans la main et offrant ses semelles à ses interlocuteurs - le comble de la grossièreté en Asie - parmi lesquels le Premier ministre Wen Jiabao qui apparemment le prend au moment pour le parfait barbare.

Sarkozy chez Wen Jiabao
Il n'en fallait pas beaucoup plus pour que le locataire de l'Elysée soit reclassé à l'étage des incongruités diplomatiques éphémères et que les gants soient superflus. Cette coalition d'impairs et pas de clerc nous prouve, s'il en était encore besoin, l'intérêt de confier nos destinées à un chef d'Etat de métier.

Reste que la Chine nous vend bien plus qu'elle ne nous achète et que nous serions stupides de ne pas répondre à toute obstruction de nos exportations par l'embargo de produits chinois, embargo que nous devrions tenter d'élargir à tout le Marché commun. Si nous ne pouvons pas déclarer une juste guerre de représailles (le CDG sort d'IPER cette semaine :) parce qu'ils sont trop loin, les salauds ; eux non plus !






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ADDENDUM du 8 décembre :

PANNEAUX DE BOYCOTT CHINOIS DIFFUSE EN CHINE




jeudi 7 août 2008

Boycottez vos télés!

rubikub JO
Demain 8/8/08 à 08H08 pm (moins un décalage horaire de six heures), la superstitieuse République Populaire de Chine ouvrira les énièmes Jeux Olympiques sous le regard attendri de Madame Sarkozy (sous toutes réserves me chuchote-t-on) et celui de tant de grands de ce monde. Qu'on ne compte pas sur moi pour avaler la pub télévisée qui va déferler dans mon super moniteur Loewe digital ! J'ai fait voeu de boycott des émissions olympiques pour punir le régime oppresseur de Pékin.
Bon d'accord, comme mon fils ne manquera la cérémonie d'ouverture pour rien au monde je serai forcément au courant, et peut-être même devrais-je jeter un coup d'oeil à l'insu de mon plein gré.

affiche boycott de la TV
Fin du cri ! Que la République chinoise organise le gouvernement des peuples Han à sa guise, elle a une longue expérience du contrôle de ces masses innombrables, et je ne me risquerai pas à lui donner des conseils ! Mais qu'elle impose son imperium à des provinces périphériques dont l'histoire est très décalée par rapport à la sienne est plus dur à avaler. Quand on les critique, les hauts fonctionnaires chinois vous font un cours sur la préservation des 50 minorités ethniques de l'empire, qui, il est vrai, est remarquable, jusqu'au point quand même de confiner ces groupes dans des territoires déterminés, un peu comme le firent les Américains des réserves d'indiens, et de les maintenir dans une certaine arriération civilisationnelle. D'accord, c'est bon pour le tourisme et ces braves gens ne se plaignent pas.

folklore minorité
Mais des nations comme celles des Thibétains ou des Ouigours ne peuvent pas être "gérées" en "indigènes de la république" comme les Cherokees sous tepees. De plus en plus les migrants chinois vers ses destinations de peuplement acquièrent des réflexes "pied-noirs" qui n'augurent rien de chantant pour demain, malgré le trompe-l'oeil d'un formidable essor d'infrastructures et d'immeubles prestigieux : Urumqi au Xinkiang est devenue une capitale qui ne le cède en rien aux autres grandes villes de l'intérieur, mais elle a aujourd'hui 60% de Chinois. Lhassa aura bientôt sa skyline et la ville sera elle-aussi majoritairement chinoise, du moins hors de la saison d'hiver.

Urumqi
Le gouvernement central est confronté à une triple contestation populaire.
Dans les provinces (han) de l'intérieur, il doit contrer une véritable insurrection civique qui s'est levée contre les pouvoirs locaux très discrédités surtout au niveau communal. Les manifestations paysannes parfois violentes se multiplient depuis plusieurs années, de même les émeutes de chômeurs dans les provinces industrielles du Nord-est. Après les destructions récentes du séisme du Se-Tchouan, cette insurrection mentale a gagné toutes les couches sociales au point qu'on a vu des mères de famille obliger des édiles municipaux à se mettre à genoux devant elles pour s'excuser de leur gabegie.
La grande parade des Jeux Olympiques tombe à pic pour calmer les foules et valide le "panem et circences" romain ; mais elle ne sera qu'un intervalle de beau temps politique, déjà oublié au prochain nouvel an lunaire sauf grave couac à Pékin lors des épreuves. Mais j'en doute, à détailler les mesures de précaution inimaginables décidées par le pouvoir.

kunming
Les deux autres contestations sont relativement moins graves car elles concernent les "colonies" du Thibet et du Turkestan chinois (Xinkiang), et contre elles, le gouvernement central bénéficie de l'approbation unanime des peuples han.
Les irrédentistes périphériques feraient bien de le prendre en compte, vingt ou trente mille morts dans leurs rangs n'émouvront pas beaucoup le Chinois de base. Seule laréprobation irritée de la communauté internationale pourrait éventuellement peser et quelque part sauver les autonomistes fébriles.

Encore faut-il que les pays lourds du Monde s'en inquiètent. Si ce ne sont que la France et les pays scandinaves, il y a gros à parier qu'il leur sera répondu d'un coup de chasse-mouches. Pour ce qui nous concerne, la Chine n'a de cesse de nous humilier au supplice de la goutte d'eau depuis la perte de face de la Torche à Paris : boycott des Carrefour, blocage temporaire des touristes chinois vers la France, mise en demeure par l'ambassadeur de Chine à Paris de ne pas recevoir le dalaï lama, report sine die des immatriculations de bureaux français à Pékin, police des Noirs dans les établissements nocturnes pendant les Jeux, etc. Elle sait que nous n'avons que la gueule, et même si le président Sarkozy allait jusqu'à l'esclandre, il ne serait suivi par personne.

lhassa feux d'émeutes
Alors, sans autre moyen que l'absence, j'ai décidé de taper dur au portefeuille pour les calmer un peu, en boycottant les émissions olympiques et donc les écrans de pub qu'elles véhiculent, et surtout en le faisant savoir afin que l'Audimat fléchisse et que les sponsors mercantiles connaissent le commencement du début d'une inquiétude nanoscopique. Désolé, je ne peux faire plus !


loriot
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mercredi 9 avril 2008

Chine le noeud gordien

Tanggula ExpressCe que ressent la nomenklatura chinoise du gouvernement central à l'embrasement tibétain n'est pas difficile à imaginer : une forte crispation à la limite de la tétanie, à présager chaque matin la ruine des efforts olympiens.
Le ton employé dans les rares déclarations mesure la profondeur du ressentiment contre tous les diables étrangers. Les Jeux de Pékin avaient été "commandés" au magasin international des accessoires démocratiques pour breveter la République populaire au banquet de la civilisation mondialisée, couteau-fourchette. Même la Grande Bretagne et les Etats Unis avaient, il y a quelques mois, retiré la République céleste de la liste des vilains, comme prévu à l'agenda du CIO.
Patatrac !
Comment donc les autorités chinoises ont-elles pu louper leur surveillance des fermentations tibétaines ? Trompées par le calme méditatif himalayen ?
« Et pourtant nous leur avions même amené le plus beau train du monde !»

En envahissant littéralement Lhassa, ville désormais à forte majorité chinoise, et en ouvrant la ligne du Tanggula Express qui monte à Lhassa depuis Golmud (Qinghai) en amenant quotidiennement 5000 migrants hans, la bureaucratie centrale avait joué la carte de la submersion de la civilisation tibétaine, réputée crasseuse et arriérée. Deux couacs : les pieds noirs hans ne montent que pour gagner leur vie, faire la pelote et redescendre finir leurs jours chez "eux" ; comme l'oiseau sur la branche, ils ne s'impliquent donc dans aucune structure "nationale" tibétaine, ce qui convient bien à leur tempérament individualiste où le plus large horizon de leurs intérêts est la famille, mais coupe les Hans des Tibétains.
Le second couac provient du système bureaucratique incapable suis generis de déléguer et qui réagit dans l'urgence (comme partout ailleurs aussi) mal et trop tard. Dans le cas de l'insurrection, les chefs communistes locaux étaient à Pékin pour le Congrès National du Peuple et leurs sous-fifres n'ont pas pris la mesure de la révolte, pensant à quelques échauffourées commémoratives. Ils attendirent les ordres par la voie hiérarchique.
Comme il en va toujours avec les bureaucraties quand elles sont débordées, elles ne réfléchissent plus, elles marchent aux réflexes.

Hu JintaoQuels sont-ils au sommet de l'Etat ? Le patron est un Brejnev lisse, Hu Jintao, connu pour ses succès dans la pacification du Tibet en 1989. Il a suscité des déclarations incendiaires de ses subordonnés à l'encontre du 14è Dalaï Lama - face humaine dissimulant un coeur d'animal - l'accusant de lancer contre l'Etat des commandos-suicides constitués de moines chacals, pas moins ! Et sans plus perdre de temps, comme en 1989, il a fait monter sur le Toit du Monde des milliers de troupes pour rétablir la paix par le silence.

Autour de lui, le peuple han est 100% d'accord avec ses dirigeants sur la question tibétaine car la propagande est professionnelle chez les communistes. Aussi, les déclarations imprudentes des autorités les empêchent-elles maintenant de prendre langue avec le 14è Dalaï Lama pour ouvrir la cage à la colombe de la paix, seule attitude capable de désamorcer la bronca internationale et de sauver les Jeux tant désirés par la Nation han, en s'égratignant le moins possible la face. On comprend mieux le dilemme actuel. Ne pouvant ni reculer à cause de l'opinion domestique, ni trop avancer sous les regards du Monde libre, Hu Jintao risque bien de tomber du côté où il penche. Clôture étanche de la province et pacification chirurgicale intense et silencieuse. Hélas ça chauffe déjà au Gansu voisin où les moines bouddhistes ne veulent pas dormir, et l'ouest du Sichuan n'est pas tranquille.

Le Turkestan chinois, à quelques centaines de lieues au nord du Tibet, a commencé lui aussi à bouger. Fin mars, des manifestations nombreuses de Ouigours ont eu lieu au Xinkiang pour des motifs de liberté religieuse, et la presse chinoise a elle-même rapporté des affrontements entre les forces de l'ordre et des rebelles musulmans. Des bombes ont été trouvées dans des bagages d'avion. C'est très sérieux, et l'inévitable répression, si elle ne se retient pas - mais comment apprendre à imaginer des improvisations au premier échelon en si peu de temps - va braquer les voisins d'Asie Centrale qui sont peuplés des mêmes ethnies et pas encore trop dépendants de la Chine.

char 96 chinois
Est-il trop tard pour maintenir les Jeux ?
Je ne sais pas, mais l'angoisse guette la nomenklatura qui est la première à redouter une fermeture obligatoire du pays et la suppression des avantages indécents que l'ouverture de Deng Xiao Ping lui a rapportés, et pour le train de vie, et pour l'éducation des enfants, et pour leurs investissements à l'étranger, et pour les bénéfices de la corruption mercantile, etc.
Ces gens, très informés, ne voient pas la Chine comme les Occidentaux la perçoivent. Nous sommes presque effrayés par la puissance industrielle qui monte sans freins, par les masses financières en mouvement et par la modernisation rapide des forces armées. Pour les Chinois, cela est normal provenant d'un empire comme le leur - il faut toujours garder leur empreinte impériale en mémoire - mais, dans leur esprit, ne menace personne.
Par contre, eux, sont quasiment effrayés de la fracture sociale des campagnes complètement décrochées du PIB, qui déclenche des jacqueries spontanées, par les fermentations ouvrières dans les régions de l'ancienne industrie lourde ruinée, par les désastres écologiques irrémédiables avant plusieurs générations, et bien plus par l'effervescence des provinces périmétriques comme le Xinkiang ou le Tibet qui peuvent aussi faire décrocher Taïwan. Le sentiment qui prévaut dans les hautes sphères de Pékin est donc celui de l'insécurité politique. Elle est très mauvaise conseillère.

nouveau porte-avions chinois
Au fur et à mesure que la contestation de sa légitimité olympique progressera, le pouvoir chinois cherchera par réflexe pavlovien le silence, pour sauver les apparences d'une grand messe sportive où il compte récolter une brassée de médailles d'or. Aussi n'est-il pas surprenant qu'Amnesty International note une recrudescence des internements alors que les J.O. devaient fluidifier les libertés d'opinion.

Malgré la présence de trente mille correspondants de presse attendus en Chine en août 2008 - comme une horde de chats impossible à guider -, le contrat de libéralisation ne sera pas rempli car les dirigeants chinois, aujourd'hui menacés, en sont incapables dans leurs structures mentales, à peine de "se voir" périr.
Finalement, c'est le film qu'ils se passent dans leur tête qui les bloque.
Comment trancheront-ils le noeud gordien ?
A la hache !


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lundi 7 avril 2008

Le boycott sans peine

cueiller pour BelzebuthJe regardais le battage médiatique sur le parcours si risqué de la flamme olympique à travers le monde - parcours de trois fois le périmètre de la planète qui ne peut se terminer sans incident - quand il me vint une idée.
Boycott, pas boycott ? Sarkozo en uniforme de colonel de la Garde sur la Grande Muraille : «Viva el Tíbet libre» ? Les gens du commun tel que lui ignorent que la marche impériale des hautes terres tibétaines est céleste depuis toujours, disent tous les Chinois. Pourquoi menacer la Chine qui va créer des problèmes graves à nos industries d'autant qu'il se trouvera bien un de nos concurrents sans vergogne pour ramasser les contrats que la République populaire nous aura forcés à abandonner.
Il faut être subtil, et pour manger avec le diable chinois, choisir la très longue queuillère.

manif à Paris
Attendu n°1 :
Toutes les cibles à tir du monde quand elles sont "humaines" ont la mouche sur le coeur - le ventricule comme on dit au chevreuil -, mais dans notre cas, entre l'ogive qui accourt et le ventricule, il y a - devinez quoi - le portefeuille !

Attendu n°2 :
L'olympisme est devenu une grosse machine à fric à tel point que le choix du Comité International Olympique est d'abord gouverné par le bilan prévisionnel de l'organisateur et sa solvabilité souveraine dans l'hypothèse d'un lourd déficit. Toutes les marques de la mondialisation se précipitent sous cette fontaine miraculeuse et les chaînes de télévision n'en font pas moins.

Attendu n°3 :
Les engagements des uns et des autres sont fondés sur les meilleures estimations possibles et pessimistes à la fois de l'audience mondiale des Jeux. La pression des sponsors est au moins aussi forte que celle du CIO sur le pays organisateur, car les budgets sont énormes.

affiche CocaCola torche JO

ACTION :
A défaut de demander le boycott des Jeux ou de leur cérémonie d'ouverture, ce qui entraverait gravement nos économies entrelacées, promouvons largement et avec beaucoup de bruit le boycott par les téléspectateurs motivés des émissions télévisées retransmises depuis Pékin ! Les audiences mondiales risquant de s'effondrer, les engagements financiers au pays du Fric Roi ne pourraient être tenus.


Commentaire n°1 :
Si l'on veut "actionner" les sponsors contre la répression chinoise au Tibet, il est aussi important de le faire savoir que de le faire.

Commentaire n°2 :
La propagande doit se faire en tâche d'huile sur le Net et se soutenir de tracts et affiches électroniques. En anglais pour aboutir plus vite.

CAMPAGNE POUR LE BOYCOTT DES ECRANS OLYMPIQUES
DO BOYCOTT OLYMPICS TV SCREENS !


anneaux monétaires

A infuser chez ...
www.freetibet.org
(Lien récemment infecté, donc coupé par la rédaction de RA)
www.freetibet.net
www.solhimal.org
www.savetibet.org
(Lien récemment infecté, donc coupé par la rédaction de RA)
Tibet.defense.free.fr
International Tibet Support Network
Student for a free Tibet
No torch in Thibet !


Manif tibétains aux Indes

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mercredi 2 avril 2008

Priorité au mental

jeunes grecques en robe plisséeLe Parti communiste chinois rapporte la flamme olympique à Pékin au travers de cérémonies exotiques, assez cocasses dans l'inégalable drapé grec, à cent lieues de l'empreinte des traditions du céleste empire.
Qu'importe ! Le moindre des esprits simples voit une grande distance entre la "gestion" chinoise des traditions morales et religieuses du Haut Pays et l'esprit olympien du serment.
Au fait, ce drapé est un plissé qui se trouve dans la statuaire bouddhique à l'Ouest de l'Himalaya, l'orient extrême d'Alexandre le Macédonien.


Dans le coeur des peuples du monde entier le Tibet a ravi la vedette à son formidable suzerain. Tout ce que fait la Chine ces temps-ci est jugé et dévalorisé par rapport au Tibet. Tant d'efforts pour se faire avoir sur le dernier kilomètre. L'image du Dalaï Lama est surimpressionnée à toute image des Jeux. Monsieur Rogge n'avait pas prévu que son "préféré" se vautrerait si lamentablement au grand dam des sponsors internationaux. Les marchands ont-ils ruiné le temple ? Ce ne serait pas un scoop. Après les prévarications du clan Samaranch et la corruption généralisée du comité international olympique, nous avons aujourd'hui les ondulations du Dr Rogge dont on disait tant de bien. Par opposition à son prédécesseur sans doute, pensait-on qu'il ne pouvait être pire. Le malheureux est aux ordres de Messrs. CocaCola & Consorts qui pourraient avoir plus de poids que MM. Kouchner et Sarkozy pour soulager le peuple tibétain, en sommant Pékin de cesser de jouer avec leurs milliards.

En fait ce sont bien deux concepts de la libéralisation des moeurs qui s'affrontent dans les provinces occidentales chinoises. Là, un dépouillement des contraintes anciennes dont la moindre n'était pas celle d'épargner sou par sou pour se nourrir, mais concurremment avec le désir de rompre aussi avec les superstitions très fortes - la Vieille Chine - et s'enivrer de consommation et de matérialité. Mon empire pour une Volkswagen !
Ici, il s'agit bien avant tout de se "libérer" de l'ignorance, et de tous les maux qu'elle engendre. On comprendra qu'il ne s'agit pas que d'alphabétisation, mais surtout de l'appréhension savante du "monde réel et caché" par la méditation et l'apprentissage des techniques de raisonnement.
Il y a entre les deux une différence de strate spirituelle qui ne pourra être comblée que par l'élévation de l'âme chinoise à ce jour complètement capturée par la civilisation mercantile. Il y a des signes encourageants.

le 14 DLLe principe axial du bouddhisme est la notion d'interdépendance de tous les êtres sensibles en réseau inextricable, le filet magique d'Indra, le coeur de la matrice vivante. Aussi quand le 14è Dalaï Lama dit : « Détruire votre ennemi est vous détruire un peu vous-même », il doit être le seul Tibétain à souhaiter le succès des jeux olympiques à Pékin. S'y ajoute cette foi de pouvoir changer le monde par le seul regard qu'on lui porte. Effectivement si "le monde" n'est que la perception que nous en avons, la modifier le change aussi. Par cet angle d'attaque, le Dalaï Lama a converti l'exil forcé de 1959 en opportunité d'aggiornamento du cadre politique et des rites ancestraux. Ce que lui reprochent ses intégristes. Mais n'ayant pas daigné approuver les comportements sociétaux subalternes (divorce, liberté sexuelle) il reçoit la critique de ses fidèles occidentaux, addictés aux "droits". Pas simple, surtout quand il dépasse la strate religieuse et nous recommande, à nous Français, de ne pas creuser le bouddhisme qui nous est étranger mais d'en utiliser les clefs de méditation pour approfondir celles de nos propres traditions spirituelles dont les racines sont les plus profondes.

Formée par cette Science de l'Esprit qu'est le bouddhisme tibétain, et avec l'ouverture forcée au monde moderne dès l'âge de dix ans, la diaspora tibétaine dispose d'une éducation de haute qualité jusqu'à devenir un vivier d'excellence.
Dans le monde entier, cette diaspora a converti autour d'elle, revivifiant la religion traditionnelle par l'exploration logique de l'âme, en déracinant littéralement la culture et les rituels tibétains jusqu'à l'osmose avec les autres religions dans le Village Global.
Sorti de l'Himalaya, ce bouddhisme se propage avec force, et tout ce qui arrive au malheureux Tibet l'accélère. A tel point que l'on compte en France plus de bouddhistes déclarés que de protestants ou de juifs. Les centres bouddhistes tibétains prolifèrent partout. Taïwan en compte deux cents ! Il serait étonnant que la Chine continentale ne soit pas touchée à son tour par la grâce. New York City en a déjà quarante, et les Chinois n'ont d'yeux que pour les Etats-Unis ! Finalement l'exode a sauvé le Tibet hors du Vieux Tibet. Le Tibet peut exister en esprit, en imagination, en mentalité, même sans le Haut Pays. Une certaine communauté culturelle peut survivre hors-sol, si elle partage de solides racines spirituelles. C'est le cas des Tibétains, et les Chinois savent bien qu'ils ne captureront pas plus leurs âmes que les fantômes qui les effraient tant.
Palestiniens, Ouigours, Kurdes entendent le message. Les Juifs firent en leur temps la démonstration.

du filet d'Indra
Malgré l'exode, la terreur et les efforts d'écrasement de la culture ancestrale (retenus depuis quelques années, mais qui n'ont pas empêchés la révolte), l'aggiornamento tibétain a surclassé le niveau mental de ses adeptes grâce à 68 ans de règne éclairé du 14è Dalaï Lama, et peut-être un peu aussi au sentiment de précarité de la communauté qui a plongé dans le mental, seule porte sure de la sérénité.
Les royalistes pourraient en tirer la leçon qu'il ne suffit pas d'appliquer le précepte confucéen de maintenir les rites pour maintenir la foi en leur noble cause. Ancrés par nos racines culturelles dans la tradition, il faut laisser pousser l'arbre qu'elles portent. Le royalisme évolue, il suffit de regarder les modèles en vigueur. Dépasser ainsi les schémas datés en préservant les principes qui les ont créés, principes qui le plus souvent visaient un coeur de cible très concrète, et inventer les outils futurs d'une gouvernance apaisée et juste. La monarchie est un système utilitaire de gouvernement d'un pays réel en évolution continue ! A nous de le comprendre, sauf à préférer pleurer chaque 21 janvier.

Quant au Sport, il s'honorerait de revenir à ses fondamentaux et de ramener les Jeux à Olympie. La Grèce qui a tant donné au Monde (même bouddhique ! le plissé !) en a peu reçu, et mériterait cette reconnaissance.
Les athlètes antiques devaient être grecs, citoyens capables, et ne pas être accusés de meurtre ou de sacrilège. Avec une modernisation de ces règles, nous éviterions à l'avenir de voir le Boucher de Lhassa devenu président de la République populaire de Chine accueillir la flamme olympique en période de pacification musclée des monastères tibétains.
L'olympisme nomadisant tourne au gag tragique.


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mercredi 26 mars 2008

Mammon contre Bouddha

fillette thibetaineLes Hans sont entrés au Tibet, province impériale aux marches du monde chinois, en 1950. Mus par l'idéologie communiste qui procède de la connerie en bottes-de-fer et consomme ses opposants comme du bois de poêle, les Chinois ont non seulement voulu recouvrer leur souveraineté himalayenne mais imposer aussi leur propre gestion matérialiste de la cité et des âmes qui s'y terraient. Les révoltes se succédèrent dès 1956 jusqu'au soulèvement de Lhassa en 1959 qui fit fuir le 14è Dalaï Lama aux Indes. Plus de 200 manifestations d'ampleur éclatèrent ensuite. La dernière ce mois-ci.

Soixante ans après l'arrivée des armées chinoises, on constate que Lhassa a pris le train-fantôme du développement échevelé - surtout depuis l'ouverture de la ligne de chemin de fer - et dispose de tous les éléments du progrès, cafés-Internet à foison, 240 dancings et karaokés, 650 maisons de passes ; et le Potala, "Résidence des dieux", est entouré d'un beau parc d'attractions. Deux habitants sur trois sont désormais chinois. Rien n'arrête le rouleau compresseur han. La seule voie permise à la survie de la civilisation tibétaine est celle de la conversion des pieds-noirs hans au bouddhisme, ce qui n'est pas impossible, vu l'intensité de leur superstition.
Mais leur faire admettre la souveraineté d'un dalaï lama est hors de question, le Han, sel de la Terre et fils du Ciel, ne supporte que l'empereur.

monts enneigés
Le Tibet, royaume ermite gouverné autrefois par une théocratie plutôt cruelle, entra dans l'empire du Milieu à la fin du XVIII° siècle de notre ère quand Lhassa fut attaquée par les Gurkhas népalais. Les Chinois appelés au secours n'en firent qu'une bouchée et s'installèrent. La décrépitude de l'empire des Grands Tsing au XIX° siècle invita au Tibet la confrontation des empires britannique et russe qui cherchaient une position stratégique dominante. Pour régler cette question, le colonel Francis Younghusband monta des Indes en 1904 et écrasa dans le sang la défense tibétaine. Le roi Edouard VII régnait dès lors au Tibet, les Britanniques imposèrent leurs conditions et arrachèrent privilèges commerciaux et diplomatiques. Le pays étant très inhospitalier, les troupes indo-britanniques redescendirent aux Indes en 1908, et la Chine remonta prendre le contrôle du Toit du Monde quand la place fut libre.
Le Dalaï Lama (n°13) saisit l'occasion de l'avènement de la République de Chine en 1912 pour proclamer l'indépendance et expulser les troupes Tsing.
Aussi loin de tout que vous soyez et aussi difficile à atteindre sous un climat exécrable pour la manoeuvre militaire, il faut quand même une bonne armée pour maintenir son indépendance au flanc de l'empire céleste. Les maigres ressources naturelles du Tibet ne lui permettaient pas ce que réussirent les Tonkinois en 1979 qui repoussèrent avec pertes et fracas l'Armée Populaire chinoise venue lui infliger une correction.

Le Tibet est aujourd'hui une province autonome - c-à-d. son gouverneur chinois a les pleins pouvoirs - soumise à la colonisation de masse. Nos petits-enfants n'en entendront plus parler. Quelles que soient les conséquences, et à cause d'autres forces centrifuges qui se manifestent au Xinkiang voisin et ailleurs, la Chine ne baissera pas le ton aujourd'hui tant que sa province himalayenne ne sera pas pacifiée. Un pacificateur efficace fut le résident général Hu Jintao qui gagna le surnom de "boucher de Lhassa" en 1989, aujourd'hui président de la République populaire. A son tour de menacer les menaçants à la table des grands de ce monde. On ne joue pas au chat et à la souris avec un empire d'un milliard trois cent millions d'hommes qui accumule un matelas impressionnant de bons du Trésor américain et achète trains et centrales nucléaires à la pelle. Les Occidentaux et leurs alliés asiatiques observent prudemment en multipliant les déclarations à l'intention de leurs opinions domestiques. Le Tibet indépendant ne fut jamais reconnu par la communauté internationale. C'est le motif avancé par les chancelleries.
Les Tibétains sont cuits, Mammon écrase Bouddha. Partout !

le Potala ciel rouge
- - - PUB !

Bientôt New Thibetland, une société du groupe Disney cotée à la bourse de Shenzhen : 80$ le ticket adulte, 40$ enfant, réductions de groupes, prix valable pour une journée entière comprenant un moulin à prières souvenir, la course des yaks le matin, le cheeseburger-Coca à midi au réfectoire des moines, le concert des trompes himalayennes, la danse des rosières au ruban, une séance de Tintin au Tibet en 3D avec l'abominable homme des neiges, et la grande procession des Cymbales d'or en clôture. Chaque dimanche, élection du Panchem lama. Charters depuis Londres, Dubaï, New Delhi, Beijing, Sydney, Los Angeles, Chicago, NewYork. Frequentflyer miles acceptés.
Chez toutes les bonnes agences de voyage.


PS: Magnifiques photographies du Tibet sur le site de Wang Jian Shuo.
PPS: On peut lire aussi les deux relations du fakir chrétien Sundar Singh (1889-1929) sur le Tibet en cliquant sur les deux titres ci-dessous :
- Au Tibet ;
- Encore le Tibet.



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