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samedi 2 mars 2024

La main passe

Ioulia et Alexei Navalny
#2244 - J'avais décidé de ne rien écrire sur l'enterrement d'Alexei Navalny au seul motif que l'espace internétique allait être inondé de reportages et que toute tentative de post pouvait être prise pour du copiage. Mais j'ai vu !
La foule !
La foule à la fois commotionnée par l'assassinat qu'aucune personne honnête ne nie, et en colère d'avoir à subir les foucades tragiques du petit tsar péteux en campagne électorale truquée, s'est rendue en masse sur le parvis immense de l'église de l’Icône Notre-Dame-Soulage-Mon-Chagrin, puis en cortège interminable vers le cimetière Borisovsski. Non seulement elle a surmonté les menaces ouvertes du pouvoir contre toute manifestation "non-autorisée", sed etiam elle a bravé les risques explicites de toute participation aux obsèques du héros, et surtout les jeunes passibles de recrutement pour la guerre. Cinquante-six "braillards" ont été arrêtés par la police anti-émeute ; il y a fort à parier que ce soient des agents provocateurs venus là crier "non à la guerre" pour électriser la foule et initier la rafle attendue. Mais non, les gens ont applaudi le cercueil, ont jeté des fleurs et ont marqué l'événement d'une dignité exemplaire.

Le tyran a-t-il su le décompte d'affligés qui se chiffre en milliers ? Rien n'est moins sûr.
Mais une catégorie d'acteurs sont les témoins de cette affluence, les policiers dépêchés par le pouvoir.
Qu'ont-ils répondu à leur épouse ou leur mère qui hier soir leur a demandé : "alors ?".
- Beaucoup de monde ! Vraiment beaucoup !

On savait les citadins moins touchés par le bombardement informationnel que leurs concitoyens de la campagne sans eau courante. On avait sous-estimé leur courage ; et sans tirer des plans, on peut raisonnablement croire qu'il y en a beaucoup plus encore qui aujourd'hui, moins courageux ou très occupés, ont regardé les cérémonies sur les réseaux sociaux, n'en pensant pas moins :
Le pouvoir est un tueur.
La terreur poutinienne ne prend pas ; le Parrain est désavoué, les dignitaires du FSB se posent sans doute des questions : a-t-on le bon champion pour continuer Notre Etat ? Vladimir Soloviev et Margarita Simonyan devraient penser à s'acheter une minerve d'acier ; la corde à piano ça coupe.

Au-delà des condoléances attristées, tous mes vœux accompagnent Ioulia Navalnaïa dans son projet.

lundi 29 janvier 2024

Monsieur le Premier aux étables

#2235 - La déclaration de politique agricole livrée par le premier ministre à la ferme de Montastruc ce 26 janvier n'a pas déclenché autant d'applaudissements que la fraîcheur bucolique de l'exercice le laissait espérer. Comme pour l'insurrection des Gilets Jaunes, les réponses du pouvoir sont confinées à l'intérieur d'un paradigme économique qu'il ne maîtrise pas, et si les mesures prises au moment ne sont pas négligeables, au vu de leur prix pour le budget national, elles n'entrent pas dans le dur des revendications paysannes.

tracteur Valtra Série S

Ce que cherchent à faire comprendre sans le dire explicitement les centrales syndicales agricoles au gouvernement, c'est leur désamour pour le libéralisme accusé de mise en concurrence faussée. La liste des revendications posées sur la table des négociations croise à angle droit la doxa libérale de la Commission européenne qui a toujours fait la part belle à l'industrie, la bancassurance et pour ce qui nous occupe, à l'agriculture commerciale accédant aux marchés internationaux, une agriculture latifundiaire réglée pour affronter les grands producteurs mondiaux. Certes, les exploitations d'alimentation du quotidien ont bien été prises en compte par Bruxelles sur l'insistance des pays producteurs européens dans l'optique de préserver une souveraineté alimentaire qui effectivement fut atteinte, puis oubliée, mais la diversité des conditions opérationnelles et la foultitude de produits concernés ont multiplié les normes et standards particuliers qu'il est devenu presque plus difficile de produire aux champs qu'en usine.
Nous pourrions faire un autre article dédié à cette spécificité française obligeant les productions livrées au marché intérieur d'entrer dans la seringue de quatre centrales d'achat (bientôt trois avec l'union Auchan-Intermarché ?) faisant la pluie et le beau temps en fixant quotidiennement leur tarif adapté à la consommation de masse la plus large et à leurs marges d'aval. Une autre fois peut-être.

Quand vous écoutez les leaders paysans, vous en retenez la même fréquence porteuse chez tous : ils réclament la protection générale du secteur considéré comme ressortant au domaine public (X milliards de crédits budgétaires annuels de fonctionnement) et la liberté individuelle dans le périmètre de chacun. Même schéma pervers que celui de la médecine de ville. Si on entre dans le détail des revendications sectorielles on est obligé de passer en revue toutes les agricultures concernées pour à la fin se rendre compte qu'elles ont des conditions d'exploitation très différentes, ce qui n'est pas l'intention de ce billet de simple jardinier. Il y a des journaux pour ça (clic).

Quand on aura dit que l'agriculture européenne dans son ensemble est une activité économique subventionnée au niveau européen et protégée des calamités au niveau national, on en déduira facilement que les bailleurs de fonds gardent leur mot à dire sur les effets de leur investissement et que les budgets nationaux sont bridés par une logique comptable simple, celle des déficits paralysants. La crise des filières agricoles européennes participe de la concurrence économique mondiale exaltée par l'Organisation mondiale du commerce, légataire universel du comptoir des droits de douane, le General Agreement on Tariffs and Trade de 1948. Le dispositif de régulation des échanges est globalisé, au sens qu'il peut y avoir des secteurs moins favorisés tant que l'économie globale croît et satisfait ses consommateurs. Pourquoi pas si l'on déploie des filets de protection pour éviter la ruine de tel ou tel. Mais où cela devient assez vicieux, c'est lorsque une communauté d'intérêts économiques s'accouple avec une autre communauté d'intérêts économiques, globalement et toujours moins disante dans ses prix de revient. Pourquoi ?
Parce que les agricultures commerciales du Sud sont éminemment capitalistiques. Ce sont de grands domaines adossés à des fortunes foncières anciennes qui savent profiter des cours mondiaux et amortir les mauvaises passes dans le temps. L'inverse des agricultures européennes fondées généralement sur la ferme et les traites bancaires cautionnées. Sauf dans les grandes exploitations céréalières ou dans le "champagne", les comptes de nos agriculteurs n'ont pas le fond de roulement capable d'amortir les aléas climatiques ou mercantiles. C'est pour eux un stress permanent qui conduit parfois à détériorer leur santé mentale et les pousse au stop ultime. En ce sens, la crise que nous traversons est autant sociologique qu'économique.
C'est bien pourquoi la profession est si remontée contre la démarche allemande de traité de libre échange avec les pays du MERCOSUR, poussé en avant par la Deutschland AG et son fondé de pouvoir à Bruxelles, Ursula VDL. Il n'y a aucune chance pour que l'agroalimentaire européen fasse son nid en Amérique latine, hormis chez les consommateurs très favorisés capables d'absorber luxe et gastronomie, quand il est plus que probable que les produits industriels européens, dont la filière automobile portée par l'Allemagne et l'Espagne, y trouvent leur compte et largement, à mesure qu'augmentera le niveau de vie d'un bassin de 260 millions de clients. Cette prospérité annoncée sera compensée par la ruine de certaines filières françaises, à commencer par l'agriculture de montagne, filières tenues à bout de bras et incapables d'affronter une concurrence largement faussée de productions à bas coûts.

Les centrales syndicales en agrégeant les menaces sectorielles ont parfaitement compris que dans cette globalité elles jouaient leur peau. Mais on les avait peu entendues quand les ONG spécialisées dans l'agriculture tropicale dénonçaient la submersion des marchés alimentaires africains par des produits européens subventionnés à mort, qui ruinaient certains efforts de développement de cultures vivrières soumises à une concurrence internationale non souhaitée. Nous sommes aujourd'hui dans le même schéma, en position inversée et l'Afrique c'est nous !

Des décisions les plus positives annoncées par Gabriel Attal à Montastruc, je retiendrai la simplification des normes et l'arrêt de leur surtransposition en France. Mais il faudra batailler ferme à Bruxelles contre leur bureaucratie en même temps que nous briderons la nôtre à Paris, et je ne vois pas bien Emmanuel Macron dans ce combat tant il me semble absorbé par son destin européen. Au final, le débouché des négociations avec le MERCOSUR sera la pierre de touche de sa sincérité.

Bibliographie d'une thèse
. Christophe Guilluy, La France périphérique (chez Slate)
. Robert Redeker, Le Peuple de la terre (chez JSF)
. Nicolas Baverez, L'Euthanasie de l'agriculture (via Le Figaro)
. Jérôme Fourquet, l'Archipel français (chez Cairn)
. Le Lys écologique (chez le Groupe d'Action royaliste)
et plus ancien mais toujours moderne :
. Les Géorgiques de Virgile (par Frédéric Boyer)

samedi 25 novembre 2023

Les peuples d'Europe s'ébrouent

Il se passe quelque chose chez les peuples européens que nos sociologues confits en dévotion académique ont du mal à appréhender, parce que ces manifestations d'humeur croisent à angle droit toutes les lignes de l'épure du vivre ensemble et son contraire. Fascisme, antifascisme, extrême-droite ou gauche, néo-nazisme, saints et autres remplacés, rien ne colle. Et c'est à Dublin qu'on vient de le constater.

feux d'émeutes à Dublin

L'éruption de violence déclenchée par le surinage de braves passants par un étranger présumé ne coche aucun des codes conformes à la doxa des écoles régionales de journalisme. Des Irlandais moyens et plutôt jeunes ont attaqué la police et les vitrines du capital vagabond dans une belle émeute à la française, ne touchant pas un seul cheveu des quelques étrangers venus aux nouvelles qui eurent la bonne idée de rester en retrait de ce combat de roux. Pis encore, d'aucun chez ceux-là portèrent secours spontanément aux yeux brûlés par les gaz et autres blessures superficielles de manifestants trop avancés. En fait, le motif prévalant n'était ni la malchance dans la vie, ou un quelconque déclassement social causé par quelque grand remplacement, le désœuvrement, encore moins un fureur raciste, la cible était clairement le gouvernement de la République d'Irlande. Sa molesse générale dans la gestion de la société, ses indulgences coupables, son enfumage permanent, sa façon de mentir en fait ! Un reportage du Guardian sur zone titre « Le gouvernement n'écoute pas ». Ils auraient pu choisir aussi "l'anarchie celtique renaît".

Ces événements déboulent dans les lucarnes bleues juste après la victoire (mesurée) du parti de Geert Wilders aux Pays-Bas qui a percuté de face les éditocrates patentés. La relation qu'en a fait la presse française subventionnée est complètement démentie par les réactions politiques du peuple batave et des partis qui le représentent. Le peuple espère être entendu cette fois. Si la coalition avec le PVV est difficile à former, aucun parti jusqu'ici n'a exclu de voter certaines mesures que proposerait le prochain gouvernement quand elles iront dans le bon sens, pour faire court, aussi longtemps qu'il s'agira de contrôler l'immigration d'une main de fer à la danoise. Et nos petits curés de l'information dirigée de chercher partout le plafond de verre ou le barrage républicain voire le cordon sanitaire indispensable à... à quoi déjà ? A confiner l'extrème-droite, définition tellement usée qu'on n'en voit plus la trame. Du dégagisme. La classe politique est disqualifiée, elle qui a laissé dériver la société au nom de principes exogènes dictés par une commission intouchable, sortie depuis longtemps de son sillon économique pour maintenant régler nos mœurs. Ainsi parle-t-on de "Nexit" pour foutre les jetons aux commissaires pontifiants, leur rappelant que les Pays-Bas avaient voté "non" à Maastricht en 2005.

Mais plus que la Commision, ce sont les médiats français qui paniquent. Ils font des cartes de progression de la fameuse extrême-droite en Europe (en passant, France-Inter qualifie l'AfD de parti néo-nazi), de sages universitaires sont arrachés à leurs grimoires pour éventrer la "Bête immonde au ventre encore fécond", et bien des pisse-copie se demandent sans doute s'ils seront encore payés l'an prochain. On agite le lectorat à moitié disparu, on gratte l'épiderme de l'opinion pour s'apercevoir qu'elle n'est en rien choquée par ce renversement d'alliances convenues sans son accord. L'opinion veut des gens sérieux, à poigne, gérant intelligemment les défis qu'affronte ce pays, sur la seule base du bon sens. C'est toute la construction idéologique de la Casta qui est menacée par l'exaspération des "gens" devant l'impéritie des pouvoirs publics et ses indulgences coupables au nom de principes fumeux dont on n'a cure à la fin. Le très grand nombre de participants à la marche de Crepol et ensuite aux obsèques du jeune Thomas sont un message de défiance à l'endroit de tous les pouvoirs vérolés par la naïveté consentie pour apaiser les tensions. La désobéissance civile n'est plus très loin et on peut anticiper un clash contre l'Etat (style gilet jaune du Puy-en-Velay) plus problable qu'aucune ratonnade comme aimerait à le faire croire la gauche en manque d'idées, les noms des mis en cause pour Crépol seraient-ils même arabes.

En conclusion, si la classe politique dans son ensemble est disqualifiée par le peuple, c'est le segment de gauche qui va disparaître en premier dès lors qu'il sera considéré comme un potentiel ennemi de l'intérieur. On qualifiait autrefois ainsi le Parti communiste stalinien et son relais de nervis de la CGT, mais c'est aujourd'hui toute la gauche, molle au centre, hystérique au bord, qui est jugée malfaisante et vendue aux intérêts hostiles à notre société. Quand le vieux peuple gaulois s'éveillera, il emportera tout facilement tant la charpente républicaine est pourrie de valeurs anti-sociales. Saurons-nous alors vivre en anarchie ? rien n'est moins sûr, nous avons désappris à nous prendre en charge chacun.

jeudi 16 novembre 2023

De la trudoïsation du leadership

Le limogeage de Suella Braverman, authentique ministre de droite du cabinet Sunak, et la lecture d'un article de Jeremy Stubbs publié ce matin dans Causeur (clic) m'ont conduit à mesurer les progrès du sans-couillisme dans nos démocraties vénérées. Il est patent.

Suella Braverman, l'homme à poigne du cabinet Sunak

Dans sa réaction donnée à la presse dès le lendemain de sa disgrâce, Suella Braverman taille un costard au premier ministre de sa majesté l'accusant de trahir le programme qui les a fait élire sur un ton inhabituel dans le cercle étonisé du pouvoir britannique. C'est à lire ici (clic droit sous Chrome en français). En résumé, mollesse dans la régulation de l'immigration, mollesse agravée dans la lutte contre l'immigration forcée ou illégale (Stop the boats !), molesse dans l'application du protocole irlandais, molesse dans l'expulsion des foutaises de genre du milieu scolaire, etc... Elle avait aussi demandé de rompre avec la Cour européenne des droits de l'homme qui bride la liberté de gouverner son espace au mieux des intérêts du royaume. Bref, elle était tout simplement de droite, et lui succède au Home Department James Cleverly, un besogneux ayant préféré l'escalier social à l'ascenseur, qui a fait carrière dans l'armée de réserve. Il est lt-colonel d'état-major à la 1st (UK) Division depuis huit ans. Rishi Sunak cherchait un ministre de l'Intérieur instruit et obéissant, il l'a !

Ces reproches sont du même accabit que ceux qu'on pourrait faire aux deux autres yuppies aux manettes que sont Emmanuel Macron et Justin Trudeau. Celui qui proclamait lors de son élection que le Canada était de retour sur la scène internationale, en digne fils de son père, n'a jusqu'ici impressionné personne. Que pouvait-on attendre d'un étudiant prolongé en sciences éducatives de McGill ? Est-ce la faute au Canada itself ? Sorti de l'arctique, le pays immense et sous-peuplé ne pèse pas grand chose en géopolitique, au moment surtout où le monde libre affronte des casques à boulons comme Poutine, Netanyahou, Erdogan ou Kim Il-jun (et sa sœur).

Mais le nôtre est-il mieux ? Que retiendra-t-on de ses deux mandats ? Dix ans, sinon rien. Macron a (mal) géré les défis sans les affronter vraiment, même sous un second mandat débarrassé d'une réélection. Ne parlons pas de la polka avec Poutine avant l'invasion de l'Ukraine (personne n'a toujours rien compris sauf peut-être que la doxa nucléaire interdisait de penser qu'un psychopathe pouvait accéder au bouton rouge), mais parlons plutôt de la position en ajustement quotidien sur l'opération d'éradication du Hamas par Israël. Frémissant d'horreur, il convoque une coalition anti-terroriste copiée sur celle anti-daesh, laisse passer les bombardements en tapis de l'armée de l'air israélienne sur Gaza-nord, puis se réveille pour un cessez-le-feu quand les combats ont cerné les hôpitaux mais au sol, donc moins meurtriers, et croit pouvoir longtemps ménager la chèvre et le chou en même temps, sans paraître à la marche contre l'antisémitisme quand on lui demandait seulement d'y venir un quart d'heure au début. Quant à la "coalition" anti-Hamas, personne strictement personne ne lui a répondu.

Comme le Canada de Justin Trudeau hélas, la France d'Emmanuel Macron n'est pas écoutée sur la scène internationale même quand il lui arrive de concrétiser de bonnes intentions. Aider l'Arménie à montrer les dents au satrape azéri et au sultan de la Porte n'a suscité aucun rallye derrière nous bien que ce pays chrétien enclavé mérite qu'on le protège des appétits voisins.
Pour boucler sur l'entame de ce billet d'humeur, que va-t-il se passer dans la navette de la loi d'immigration entre les deux chambres du parlement ? Le projet du gouvernement a été durci au Sénat par des mesures de bon sens. C'est dans ce domaine (le bon sens) qu'on attend la chambre haute. Nul doute que la majorité relative présidentielle à l'Assemblée nationale épurera le durcissement des dispositions pour aller vers le fameux consensus mou qui est la marque de fabrique de la Vème République depuis le second mandat de Chirac. Déjà les oppositions automatiques tant élues que professionnelles fourbissent leurs arguments contre la "cruauté" du texte. Le marais parlementaire fléchira et la énième loi de régulation de l'immigration sera archivée sur l'étagère ad hoc après que Dalloz ait amendé ses codes.

Le sentiment général, avec plus de cinquante pour cent d'abstention aux élections, est que le pays n'est pas gouverné tant à l'intérieur que sur ses marches. C'est pour nous le régime même qui est en cause. La classe politique est obsédée par sa carrière politique et jauge toute décision à l'aune du résultat électoral attendu. Ils sont déjà en campagne pour la présidentielle de 2027. Au niveau national, la démocratie est un venin. Nous l'avons souvent développé sur ce modeste blogue. Comme on dit au champ de tir, au résultat : nos armées sont sous-équipées ; nos finances publiques en grave déficit partout ; notre dette souveraine versée sur la tête de nos enfants est criminelle pour un pays disposant de tels atouts et en temps de paix en plus ; notre système éducatif public est à fuir tant notre place dans les classements mondiaux est basse ; notre société est de plus en plus communautarisée donc fragmentée, donc dividée en camps qui s'observent avec mépris ; et pour finir, nos outremers qui sont un héritage du prestige d'antan, ne sont pas défendus.
Il faut arracher l'essentiel de notre Etat au carnage démocratique tout en laissant prospérer le débat aux étages subalternes dans une monarchie fédérative, décentralisée, ayant pour principe de gouvernement le bons sens et la nature. Il existe des manières douces, non brutales, de convertir pas à pas un régime déficient, mais le pays gaulois ne croit qu'aux grands éclats, c'est notre malédiction hélas, trois fois hélas.

mercredi 13 septembre 2023

La Droite où l'on arrive jamais...*

*C'est un titre d'Yves-Marie Adeline et Hugues de Soyecourt, disponible à l'Alliance royale (clic).

Beaucoup d'agitation dans le camp retranché de la droite pour les élections européennes, mais nul ne veut refaire le parti de la Ligue à moins bien sûr d'en être lui-même le chef. Je ne sais plus quel journaliste américain en poste à Paris, surtout au Harry's Bar, me disait devant un blue lagoon qu'il y avait trop de "chefs" en cuisine à droite pour que les plats arrivent en salle et soient bons.

Voici les sondages : Toutes catégories confondues, le score le plus fort en intentions de vote est l'abstention : ce serait du 55+/-5% puis viennent les quatre partis qui nous intéressent :
- Rassemblement national/Bardella à 25%
- Les Républicains/Bellamy-Barnier à 9%
- Reconquête/Maréchal à 6%
- Debout la France/Dupont-Aignan à 3%

Il saute aux yeux que le RN, qui devance déjà le patchwork Renaissance à 23%, n'est pas demandeur d'un renfort, qui l'amènerait fatalement sur des bordures qu'il ne veut pas piétiner. En plus, Jordan Bardella n'a pas commencé sa campagne et il est un débatteur qui peut améliorer le chiffre tant il est bon. Un 30% est à sa portée, sans qu'il ait besoin du rancisme de Zemmour ni des hypothèques de pouvoir stérile des Républicains. Qui est-il d'abord ?

Jordan Bardella avec son rictus chiraquien
Pur produit de l'immigration heureuse, né à Drancy aujourd'hui en 1995 d'une souche italo-kabyle, Jordan Bardella fera très tôt de la politique en intégrant l'UNI. Cultivant une certaine intimité avec une fille du clan du Menhir, il accèdera facilement à la rampe de lumière du FN-RN, parce qu'il est surtout foutrement intelligent et très délié dans son discours. Tout le monde comprend Jordan Bardella, et d'abord sur les sujets difficiles. C'est pourquoi nous pensons qu'il peut améliorer le score RN aux Européennes de 2024 et, si nous le pensons dans notre cuisine, d'autres ont compris aussi qu'il y avait un train à prendre qui arrivera à l'heure pour une fois. C'est pourquoi la Droite, une fois encore ne coagulera pas en une alliance de circonstance capable de la faire gagner en sièges au Parlement de Strasbourg. Plus sur l'homme, voir la Wikipedia.

L'autre pointure dans le basket c'est bien évidemment Marion Maréchal. Elle aussi est intelligente et a un esprit délié, mais il n'a pas la plasticité de celui du jeune patron du RN ; en un mot, elle ne peut (sait) pas parler de tout en restant convaincante. Avant d'en venir au porte-à-faux Zemmour, il faut quand même dire que le projet qui devait la lancer à pleine vitesse sur une ligne droite politique, a fait pschitt. L'ISSEP de Lyon (Institut des sciences sociales, économiques et politiques) est un four, pour une première raison : il y a beaucoup de concurrence dans ce secteur de grandes écoles de management et la validation des diplômes par l'Etat est primordiale pour que s'y inscrivent des élèves cotisants en nombre. Même s'il y a quelques noms connus, on n'a jamais vu non plus de vraies pointures dans le corps enseignant et sans doute trop d'éditorialistes moyens. L'autre problème de Marion Maréchal est la présence à ses côtés de Nicolas Bay et Guillaume Peltier au Bureau national du parti zemmourien. Ces ambitieux ont un agenda qui croise celui de belle blonde et leur CV les garantit sans scrupules. Mais elle a par son mari italien des connexions que les autres n'ont pas et qui pourraient compenser dans les couloirs de l'institution européenne.

Reste le syndicat des sortants, Les Républicains, réunissant toujours les deux courants du centre libéral et de la droite affaissée de gouvernement. Leur chef actuel à Strasbourg est François-Xavier Bellamy, prof de philo, intelligent et assez bon débatteur, mais - est-ce physique ? - il n'imprime pas, comme on dit chez les sondeurs. Le parti de M. Ciotti aurait-il enfin un candidat naturel ? Nul n'en voit et les tentations sont grandes d'aller faire masse chez Horizons pour profiter des bons sondages d'Edouard Philippe, si tant est qu'il y reste de la place depuis que le Petit Reître qui s'agite en tous sens avant que ne claque la trappe judiciaire, a adoubé Moussa Darmanin pour la présidentielle de 2027 sans voir qu'il ne fait pas le poids. Les malins ont vu le défaut de carres et la connivence des nains. Chez Horizons et le hamac électoral promis !

Un mot sur celui que tout le monde avait en tête jadis, Eric Zemmour. Ses qualités de polémiste n'ont pas suffi à transformer le lecteur en électeur. Son plus gros défaut, et c'est la fente de l'armure, est son inclination à solliciter l'histoire pour nourrir son présupposé. La dernière bêtise est cette affaire de Pétain sauveur des juifs français. C'est une légende urbaine que j'entends depuis mon enfance et qui n'a jamais pu être prouvée dans aucun protocole de recherche. Pourquoi s'y agripper comme la moule au bouchot ? Il semble incapable de ne pas avoir raison, surtout dans le domaine de l'histoire du dimanche. Le roman national(iste) est de plus en plus romancé. Sa prosopopée l'enferre et il semble que personne ne puisse le convaincre d'arrêter le massacre de ses idées par ailleurs de bons sens souvent. Ses travers prendront le pas sur le programme de sa tête de liste et augurent d'un petit score (3%?) après lequel les troupes se débanderont en vue des prochaines législatives.

A qui Bardella prendra-t-il des voix ? Aux Républicains bien sûr, même si le programme socio-économique de Marine Le Pen est un repoussoir pour les électeurs actifs qui se lèvent plus tôt qu'elle. Six ou 7% ? Ce sera bien payé vu le brouillard programmatique de ce parti téfalien et enterrera définitivement ses chances futures. Les affaires à droite se discutent désormais hors de lui, entre Philippe, Le Maire, Woerth, Bayrou voire Darmanin et Sarkozy. La Droite sera alors représentée par le Rassemblement national avec une politique sociale à l'Insoumise qui répond parfaitement au constat d'Yves-Marie Adeline, lequel expliquait dans son livre en titre « pourquoi la droite, même quand elle est au pouvoir, est contrainte à faire une politique de gauche » mais cette fois pour d'autres raisons que morales, par pure démagogie, le second péché capital de la démocratie après la luxure des élus.

mardi 5 septembre 2023

L'abaya, le gag !

La petite maison de couture Al Haya Paris réinvente l'abaya et le kimono pour ses clientes du Golfe. En arabe, "al haya" veut dire la pudeur, et son premier défilé à Dubaï en 2021 mérite qu'on s'y attarde. Les modèles sont très chics, parfois suggestifs, les mannequins plus en chair que les arincades de l'agence Elite. Jugez-en :


Qui parle le mieux de cette aventure innovante d'une jeune créatrice de mode ? Le site d'entraide musulmane Go Muslim bien sûr, dans un long article illustré qu'on lira ici.

Entretemps, le fougueux ministre de la Fabrique du Crétin a décidé d'interdire la modest fashion islamique dans les classes, ce qui a levé la tempête de la rentrée, tempête bienvenue si elle efface tous les dysfonctionnements de l'institution laïque et républicaine. Trois mille profs manquent ; le métier dégoutte, personne au Capes ; deux centaines d'écoles ont brûlé parce qu'on n'a pas voulu tirer à balles caoutchouc dans le tas des incendiaires ; le programme scolaire est toujours capable de nous faire descendre l'échelle de Shanghaï ; le niveau du crétin est le plus mauvais d'Europe. Ah si, on a une deuxième grenade fumigène pour cacher la misère, l'uniforme ! On ira jusqu'à la Toussaint avec ça.

Au risque de déplaire - mais la lecture de ce blogue est gratuite et sans cookies - le Piéton du roi n'a rien à carrer de la vêture des écolières et lycéennes, quand bien même celle-ci marquerait l'appartenance à une religion quelconque, car aucune d'entre elles n'est méprisable, sauf l'Ordre du Temple solaire, tant qu'elle élève l'esprit. Les laïcards à éclipse - ils le sont moins en période électorale - hurlent au prosélytisme parce qu'il occulte le leur. Faite de lâchetés et dépravations au motif d'une liberté totale de chacun, la promotion d'un modèle social woke et équivoque se heurte au contre-pouvoir de la raison exprimée, timidement par la morale chrétienne, et avec une certaine arrogance par la charia islamique. Les bouddhistes ne sont pas mal non plus mais ils ne communiquent pas, se contentant de se laisser voir en robe safran, le visage pénétré de bonheur.

jeune fille musulmane aux yeux bleus
Ainsi peu me chaut le voile, le fichu, l'abaya du Golfe, le hijab ou le caftan marocain si l'élève est studieuse, ce qui ne va pas forcément avec. Passons maintenant au prosélytisme. La manifestation publique de cette appartenance musulmane ne convoque rien moins que les six piliers de la religion et les cinq devoirs du fidèle (clic clac) si tant est que les filles soient pieuses, ce qui n'est pas sûr non plus. Sinon c'est une marque identitaire qui vise à se distinguer de la morale sociale majoritaire, réputée permissive, un poil décadente. Et contre une démarche de pudeur et pureté affirmée ou simplement mise en scène, il va avoir du mal notre fringant ministre de la jaquette. D'autant que la fashion musulmane est devenue déjà une puissante industrie de la confection et qu'elle va défendre ses intérêts économiques par un lobbying adapté.

En fait, c'est la dérive de l'institution nationale de l'instruction à l'éducation qui crée ces bouffées de contestation chez des communautés qui estiment suffisant qu'on les instruise sans vouloir en plus régler leurs mœurs. De quel droit osons-nous régler les mœurs d'autrui ? Pour obtenir une société caporalisée où aucune tête ne dépasserait ? Cette "petite union soviétique qui a réussi" (comme disait Váçlav Havel) a-t-elle encore le projet d'un homme nouveau, le sursapiens qui éradiquerait le dernier des Mohicans et autres Néandertals ? Toute religion est perçue comme l'ennemi de la religion laïque embrassant des valeurs faisandées réputées républicaines, quand cet amalgame est pure fiction pour ne pas dire fabrication. Contrairement aux proclamations libérales des pouvoirs publics, l'application de la loi réprime la manifestation des religions, et je ne vois pas en quoi le milieu scolaire devrait être exempt de cette diversité de clientèle que de toute façon l'espace public ne peut pas confiner.

L'islamisation de la France ? Si tant est qu'elle puisse progresser plus vite que la désislamisation des familles - ils affrontent la même désertion que les églises chrétiennes - l'islamisation-marotte ne va pas passer par l'école, mais par l'économie du quotidien. Au temps des jeux vidéos et du smartphone, il faudrait un incroyable aggiornamento pour que les rites médiévaux du 7è siècle achèvent de faire la loi dans la jeunesse. Par contre les rites et produits orientaux vont se développer avec le ressac du petit commerce traditionnel et l'abandon des emplois salissants par les résidents premiers. On ne peut cacher non plus que l'affichage islamique importe des problématiques confinant au séparatisme, et c'est là que s'ouvre le champ de la réaction. La France et l'Angleterre sont les pays européens les plus "aimables" avec l'islam, ayant depuis longtemps cultivé (ou imposé) des relations spéciales aux pays du Croissant vert. Tout a commencé ici avec les vaillants Turcos de l'infanterie du Second Empire puis quand on incorpora des troupes coloniales en quantité jusqu'à la fin des années 50. Ce n'est pas d'hier matin et la Grande Mosquée de Paris est là pour nous le rappeler. Mais les funestes conneries des accords Sykes-Picot ont ouvert la voie rentrante de tous les méfaits du Proche Orient, à commencer par la querelle palestinienne. Certes nous pourrions réagir administrativement en ne faisant pas droit aux revendications identitaires exogènes sans le motiver d'ailleurs, mais le Quai d'Orsay est réputé pour cultiver un certain tropisme arabe, et en dehors de notre sphère naturelle d'ingérence, nous nous sommes mis à la colle avec des pays du Golfe jusqu'à leur proposer des accords de défense automatique très loin de nos bases. Heureusement pour nous, les riverains du Golfe persique sont en train de se raccommoder, nous évitant ce faisant de déployer notre insuffisance. Il en a découlé que les intérêts émiratis et séoudiens sont très importants en France tant dans l'industrie que dans les services et le foncier. Il n'est pas sûr que le freinage précité comme la stigmatisation de la modest fashion arabe dans nos établissements scolaires leur plaisent beaucoup, certainement parce qu'elle leur est déjà incompréhensible, comme d'ailleurs pour beaucoup de pays occidentaux.

Ce pays, sans boussole stratégique et sans projet, a l'art de se créer des complications. L'uniforme, comme dans beaucoup de pays tiers, serait sans doute une réponse adaptée pour calmer le jeu, mais voila que déjà notre président veut en même temps en diminuer l'effet et la portée, on se demande encore pourquoi. Aurait-il peur finalement ? Nous ne sortirons jamais des ronces avec des gens pareils.
Encore quatre ans !

mercredi 2 août 2023

L'empreinte glisse au Niger...

Sur l'affaire de Niamey nous ne dirons rien de plus que nous n'ayons déjà dit depuis l'intervention de François Hollande au Mali en 2013. En cliquant sur le libellé "Mali" le lecteur lira treize billets ad hoc sur l'OPEX française au Sahel, avec des développements sur les confrontations ethniques, la tactique proactive, la stratégie perdante, l'africanisation du défi, l'opportunisme russe etc. En résumé, il faut repenser notre rapport à l'Afrique une bonne fois et je doute fort que notre adepte du "en même temps" soit calibré pour atteindre le cœur de cible. M. Macron est bien trop arrogant, en général et en particulier avec les dirigeants d'Afrique francophone, pour reconstruire une relation normale. Sa seule inovation fut de tenter d'européaniser le défi sahélien pour voir en vraie grandeur ce que donnerait sa chimère d'une défense européenne sous commandement français. En fait, rien !

enfant Haoussa
Si le péché originel fut la décolonisation ralentie par Foccart et ses réseaux mafieux, outre le mauvais découpage des ethnies que nous laissions à découvert par notre retrait, le péché d'orgueil fut de faire croire tant à l'ONU qu'aux élites africaines impliquées, que nous allions régler le problème islamiste avec nos amis européens et avec un concours circonstancié des forces locales, bien qu'elles soient entraînées surtout à mater les foules. Dix ans plus tard, les Freux du califat courent partout. Nous avons échoué. On ne tient pas des millions de kilomètres-carrés avec des powerpoints et des drones. D'où la colère des peuples qui se sentent floués et croient que notre combat n'est qu'un prétexte pour se maintenir chez eux, pas plus ! Il est si facile de les en convaincre que c'est risible de s'apercevoir maintenant de l'inefficacité du Renseignement français. Dans le cas d'aujourd'hui, l'évacuation précipitée des blancs signifie aux locaux que nous avons déjà perdu contre la junte de Niamey. C'est irrattrapable ! A noter le quant-à-soi du Kremlin qui redoute de devoir saisir le bâton merdeux de la sécurité des putschistes par le biais d'une milice désormais peu sûre qui pourrait l'embarquer où il ne veut pas aller (la base américaine d'Agadès).

La tectonique des plaques stratégiques annonce le retrait des armées françaises d'Afrique à terme et la normalisation de nos relations économiques. Il serait temps que le pouvoir à Paris anticipe un peu en commençant par en rabattre - Macron attaque un jour, se couche le lendemain - et cesse de péter plus haut que son cul : nous n'avons plus les moyens de déployer une gendarmerie continentale en Afrique et le faux-nez des accords bilatéraux de défense va tomber. Qu'on se rassure - façon de parler - à part quelques ressources minières, les pays du Sahel (français) sont accablés de misère et de naissances ; ce ne sont pas des investissements d'avenir. Si les Russes y jouent une partition d'hostilité systématique à notre endroit sans se soucier de l'effondrement économique qu'ils provoquent partout, les Chinois n'y verront rien à gagner et resteront en dehors du schmilblick. Imaginons que sans ressources, le Niger aura presque 80 millions d'habitants en 2050 (en réduisant drastiquement sa natalité - clic). Qui va les nourrir ? Les Russes, les Chinois, les Freux ? La messe est dite.

Veux-t-on encore que ces pays participent à la Francophonie, dont le Niger fut un des pays-fondateurs ? Il faudrait redéployer des écoles de français dare dare car les systèmes éducatifs nationaux sont en cours d'effondrement partout, nous dit S.E. Gérard Araud, ancien ambassadeur de France aux Nations Unies. Une dernière réflexion : un trait commun aux trois coups d'Etat : ils sont soutenus à fond par la jeunesse de ces pays. De quoi méditer sur la nôtre.


Postscriptum du 13 août 2023

Les books de Tombouctou (ne pas confondre) peuvent prendre les paris : il ne se passera rien à Niamey que nous puissions comprendre.
Les fiers-à-bras de la CEDEAO n'ont aucun moyen d'engager la bataille avec une éventuelle coalition quadripartite des juntes (Guinée, Mali, Burkina Faso, Niger) renforcée de quelques appuis aériens pilotés par qui l'on sait.
La France est tétanisée par une condamnation panafricaine de néo-colonialisme pour peu qu'elle bouge les compagnies qui protègent les deux bases françaises nigériennes du dispositif Barkhane, faisant mine d'aider l'opération spéciale des pays de l'ouest.

Une fois encore, M. Macron a méjugé la situation réelle du pays-hôte. Avec un âge moyen de sa population de quinze ans (les images des manifestations le montrent bien) ce pays pauvre n'est pas pour autant dépeuplé avec 23 millions d'habitants. Sans ressources importantes, sans rente minière autre que celle de l'uranium, le défi est colossal ; et on reprochera toujours à la France de ne l'avoir pas résolu. Les sanctions africaines sont dures mais ne peuvent aller jusqu'à augmenter durablement la misère du peuple nigérien qui est déjà grande. Donc elles seront levées sur injonction de l'Union africaine avec un emballage africain typique de l'équilibre des ethnies calculé au pouvoir de nuisance.

Finalement, que lui chaut un califat sahélien à notre président houppe-au-vent ? Les plus hautes autorités musulmanes sont venues aujourd'hui à Niamey. Tout se terminera sous l'arbre à palabres où la France sera exclue comme elle vient de l'être du sommet des BRICS en Afrique du Sud. Les ethnies concurrentes trouveront un modus vivendi qui sera périodiquement brisé par l'une des parties, ce qui convoquera tout le monde à de nouveaux bavardages, et le cycle tournera, c'est sa définition. Ça fait mille ans que ça dure. Macron dégage !

manifestation à Niamey contre les bases étrangères

Notre vrai problème est de dégonfler la pression à l'émigration. La nature politique des régimes sahéliens n'y contribue pas car le développement nécessaire n'est pas lié directement à la "démocratie" mais aux capacités de réception et gestion des fonds et compétences par les autorités locales. La France peut parfaitement participer dans un cadre international (projets ou banques), et à l'occasion arguer de son passé colonial pour n'y pas toujours venir. L'intelligence au pouvoir ? C'est peut-être beaucoup demander aux technos playmobil que nous avons ; on n'est pas sortis des ronces !

Il faut demander aux Tchadiens ce qu'ils comptent faire avec la coopération française et dans le doute, faire le paquetage et laisser le Sahel dans la tenaille géopolitique entre l'Algérie au nord et le Nigeria au sud... et basta ya !
Comme l'a dit tout récemment le président centrafricain : "Nous n'avons rien contre les Français, nous voulons simplement gouverner chez nous !"

mercredi 26 juillet 2023

Codex DLXII

jeunes policiers sortant de l'école
C'est le code du service restreint de la police exprimé en chiffres difficiles pour feinter la NSA, des fois que ! Blague à part, le mouvement de protestation qui s'étend dans les quinze cents zones de chalandise des "cités d'autre droit" coupe à l'équerre la séparation mythologique des pouvoirs, la cible étant tout simplement la Justice. La Justice réputée laxiste dans ce pays où seuls les fous lui feraient confiance. Certes, elle a ses raisons, essentiellement la pénurie de lits pénitentiaires et la promotion d'une société en conquête permanente de ses droits bafoués par le grand capital. La Justice fait de la Politique. Le Syndicat de la magistrature en est l'archétype, le Mur des cons son expression. L'indépendance constitutionnelle l'a transformée en Casta ; inamovibles, inexpugnables, les juges d'instruction sont en conscience les hommes les plus puissants de l'Etat. Les autres font bloc dans un corporatisme soudé.

On pourrait parler de sous-investissements, de sous-traitements indiciaires, de surcharge excessive des greffes, de délais aussi dissuasifs qu'extravagants mais en fait, tout ce désordre tient dans la revanche de l'élu locataire à bail précaire de la République contre l'Etat dit profond, l'Etat permanent. Tant Lionel Jospin, Nicolas Sarkozy que François Hollande ont construit leur mandat en ponctionnant les moyens nécessaires à leur politique clientéliste (ou démocratique autrement dit) sur les ministères essentiels quoi qu'ils en aient dit par la suite. Justice, Police, Diplomatie, Armées ont été deshabillées au bénéfice des bras-cassés du Hamac national à tel point que, la haute fonction publique mise à part, nos fonctionnaires du quotidien sont parmi les plus mal payés d'Europe occidentale. Peut-être faut-il moins s'étonner de certaines dérives constatées dans le feu de l'action par des fonctionnaires psychologiquement déstabilisés par le spectacle des remises en libertés systématiques pratiquées par certains juges. La presse propose ses analyses et nous n'y viendrons pas, mais profitons de cette actualité pour demander au fin fond du désert que le domaine régalien soit un jour prochain sanctuarisé et mis hors de portée des griffes de politiciens de rencontre comme nous en avons eus.

Il serait peut-être avisé de créer un corps de fonctionnaires régaliens des cinq domaines (les quatre précités plus le Fisc/Trésor) séparé des autres corps de la fonction publique, Etat général, enseignants, hospitaliers, territoriaux. Concernant les capacités pénitentiaires, il serait temps d'évacuer les prévenus étrangers par relégation ou expulsion et les condamnés étrangers en appliquant un régime de peine au pays comme expliqué dans Le Nonagone-Hexo. Comme les places libérées seront presque immédiatement réoccupées par les malfaisants qu'on rechigne à y mettre aujourd'hui, il faudra construire des centres de détention dans des zones de foncier pas cher (friches industrielles).

Restera à maintenir vraiment l'ordre dans la rue et en finir une bonne fois avec les casseurs professionnels que sont devenus black-blocs et autres antifas ; les petits voyous de pissotière y regarderont alors à deux fois, et une police de proximité pourra être réinstallée où nécessaire sinon partout.

lundi 17 juillet 2023

Emile et le loup

les estives du Vernet

Le drame du Haut-Vernet a convoqué en commentaires tout ce que la république compte de canaux de presse, et bien au-delà, puisque on a vu des journaux de haute tenue comme le Guardian de Manchester mettre son écot au pot commun. C'est terrible à dire, mais le malheur fait plus d'audience que le bonheur et les tarifs publicitaires des chaînes s'en ressentent tellement qu'il faut entretenir la flamme jusqu'à la dernière extrémité, quand elle vacille et diminue jusqu'au désintérêt du public, soufflée par un malheur plus grand ou la mort du dalaï lama.

Malgré la meilleure volonté des autorités compétentes et la sincérité pétrie de bon sens du maire de la commune, on ne put rien donner de plus que "rien" en pâture à la presse avide de sensations communicables ; jusqu'au jour où le maire, redoutant les camping cars et les pique-niques du crime dans les prairies du hameau, ne décide de barrer la route par arrêté municipal pour le week-end. C'est à ce moment que les chaînes d'information en continu pétèrent un câble pour continuer à nourrir le moloch de la Pub.

On sut alors que le père de l'enfant était "autoritaire et directif" en battue, dirigeant les autres (c'était son gosse quand même !), certainement d'Action française, et pire si possible, du bastion social dissous à Marseille par Christophe Castaner en avril 2019. Qui pis est, le mec s'était inscrit sur une liste électorale de soutien à Zemmour. Pour bien enfoncer le clou, la famille était présentée comme fermée (sectaire), nombreuse et, circonstance aggravante, pratiquante à la mode traditionnelle. Messe à la chapelle du hameau, messe dominicale à l'église paroissiale. Deux messes, rendez-vous compte ? Les témoignages positifs des voisins infirmant cette dérive n'étaient pas pris en compte parce que moins vendeurs. Et s'il n'y avait que ça ? Pensez donc que la mère avait invoqué Benoîte Rencurel, la voyante du Laus tout proche pour qu'elle lui ramène son petit. La maison des grand-parents était remplie par la parentèle - ce qui en creux nous signale que c'est le meilleur moment pour un gamin de disparaître. Qu'y faisaient-ils tous ? Des prières ? Et là, le maire ferme la route aux connards :
« Que nous cache-t-on ? Que se dit-il maintenant derrière les volets clos de ce hameau si chargé de mystères ?» (Dominique Rizet - BFMTV)

On n'a pas osé ressortir le crash de l'A320 de la Germanwings à proximité en 2015. Les fouille-merde auront tout essayé, jusqu'à la Bête du Gévaudan ou la louve qui aurait capturé le petit Remus pour remplacer l'un des siens (penser aussi à L'enfant-loup de l'Aveyron ici) ; sauf que les saint-hubert ne l'ont pas sentie. Alors c'était un aigle, un grand aigle royal, de ceux qui enlèvent un jeune chamois jusqu'à l'aire, ce qui expliquerait l'absence de piste olfactive et d'indices matériels. Mais la quête circulaire d'un aigle se voit en campagne ou en montagne comme le nez au milieu de la figure. Et nul ne l'a vu. N'en déplaise aux journalistes, il n'y a aucune nouvelle à mâcher, le "scandale identitaire" a fait pschit, et les hypothèses les plus diverses sont confinées à l'intérieur du cercle des enquêteurs.

Alors, on est bien obligé de laisser sa chance à l'hypothèse du tiers extérieur, même si le Haut-Vernet est un cul-de-sac. La même disparition s'est produite à Ganagobie en 1989 avec la même absence de conclusion. Le gosse s'appelait Yanis et ce village est à une heure de route du Vernet. On sent la réplique (le copycat comme on dit dans les séries américaines), on ne l'explique pas. Par chance, une canicule atroce attaque le sud et en son for intérieur M. Macron a dans la main la pelotte de chamboule-tout ! Schiappa ? Ndiaye ? Borne ? On commençait à s'emm...

Normalement, le billet devrait se terminer par un vœu. J'adresse aux parents de l'enfant l'expression la plus sincère de tout mon soutien jusqu'à bonne conclusion de ce drame terrible. Malgré les insinuations délétères de la presse à fric, qu'ils sachent qu'ils ne sont pas seuls.

dimanche 2 juillet 2023

Tectonique de l'insurrection

L'insurrection des banlieues (pour faire court) ressemble furieusement à la détente d'une faille en tension comme la Californie en connaît avec la San Andreas. Mais ce n'est pas encore le Big One annoncé par Gérard Collomb en 2018 : « après le côte-à-côte, le face-à-face !»

émeute à Saint-Denis (93)

Ce pays ne s'aime pas. Les secousses prémonitoires ont été nombreuses depuis la Manif-pour-tous en 2013, la mobilisation contre les lois sur le Travail en 2016, les gilets jaunes de 2018 et leurs suites hebdomadaires, les manifestations contre la réforme des retraites cette année et aujourd'hui les exaspérations de tous bords. La répression étatique, parfois sadique (police de Valls ou de Castaner) n'a rien réglé : l'étendue des dégâts constatée ce matin nous économise un long exposé. C'est proprement ahurissant. Et contrairement à la tectonique des plaques, il n'est pas sûr que l'explosion de colère termine la tension constatée jusqu'au meurtre de Nahel Merzouk. Peut-on parler des plaques ?

Le Piéton du roi en voit trois :

- la plaque de la globalisation des niveaux de vie ;
- la plaque de la mondialisation des spécialisations productives ;
- la plaque du déclassement relatif à la démographie.
La France les refuse toutes.

Mais s'y ajoute un ferment de révolte émané de nos élites en charge, le forçage d'une idéologie allogène dans les réflexions et les mœurs d'un peuple qui la refuse d'instinct. Le mariage pour tous est typique de cette obstination d'une caste allumée qui veut transformer de force la morale commune (un million de manifestants à Paris le 24 mars 2013) pour complaire à sa philosophie des sociétés humaines. Quand on pense que de grands ténors de la gauche gay, comme Pierre Bergé, refusaient la mascarade du mariage homosexuel, symbole éminemment bourgeois et décadent, on mesure l'entêtement de la pie Taubira à se faire un nom dans les livres d'histoire. Maintenant c'est le wokisme. Revenons à nos "plaques".

(1) La globalisation des niveaux de vie portée par l'universalité de l'information sur les conditions d'existence dans toutes les parties du monde, nourrit des comparaisons parfaitement légitimes qui sont le moteur très puissant des migrations Sud-Nord. Ce moteur ne s'essouflera que lorsque le gap sera moins grand que la peine exigée pour le franchir. En français facile, que vaudront les soucis et le prix d'un voyage d'exil pour obtenir juste une amélioration des conditions de vie si celles vécues au moment du choix sont quand même acceptables ? Tous les Kashmiris qui ont fini au fond de la mer au large de la Grèce avaient jugé que le jeu en valait la chandelle tant la misère est grande chez eux. Le problème crucial est dont le défi de l'EMIGRATION. Il ne peut se régler et progressivement que par une certaine entropie des niveaux de vie sur la planète. Les spécialistes chiffreront quel sera le gap acceptable quand remontera le niveau des moins dotés.
Jusque là, le "nord" doit gérer les migrations en fonction des capacités d'embauche et des conditions de résidence des populations déplacées par la globalisation. Et on ne parle pas encore des réfugiés climatiques. Le gouvernement français, encombré d'idées toutes plus fumeuses les unes que les autres, ne fait rien de concret, sauf à exprimer de temps en temps ses préférences auxquelles personne ne croit. Les Français ne perçoivent pas l'axe officiel de réflexion, les nouveaux arrivants non plus. Les conséquences sont fantasmées et les fomenteurs de troubles ont un boulevard.

(2) La mondialisation des spécialités productives n'est pas un concept récent. Les empires thalassocratiques occidentaux appliquèrent cette organisation de la production à l'intérieur de chacun. Mais le commerce mondial décrété par l'Occident a pris par surprise les vieilles autarcies protégées comme la France, quand les pays habitués au commerce extérieur en tirèrent bénéfice. Gouvernés par des profs de fac comme Raymond Barre, nous y avons perdu notre industrie, carrément. Nos voisins, gérés par une caste industrielle puissante comme l'Allemagne ou par des familles d'industriels qui avaient la fibre nationale comme l'Italie, ont sauvé la leur. Nous faisons des efforts pour nous rétablir et "rapporter du travail à la maison" mais la mentalité industrielle n'est pas encore revenue et nous ne rapatrierons rien de durable en industrie tant que vous n'aurons pas capté les débouchés de notre production. Le marché et l'usine vont de conserve. Cette agonie a détruit beaucoup de valeur ajoutée et de revenus, précarisant les acteurs de la production, sans toucher aux inactifs mais penseurs qui s'arrogent le droit de les gouverner. D'où le clash des gilets jaunes, entre autres.

(3) Le déclassement relatif à la démographie est inéluctable tant que la perception de la vie humaine reste en l'état dans certains pays du Sud global. Aussi longtemps que ce vecteur de puissance immédiate ne sera pas maîtrisé, il y aura une pression très forte à l'équilibre des fluides, le trop-plein d'ici cherchant à compenser le déficit là, parfois même par aspiration comme le fit longtemps l'industrie française rétive à automatiser ses chaînes. Le mouvement créé par la confrontation surpression-dépression doit être obligatoirement contrôlé (à la danoise), ce qui semble impossible en France tant que les allées du pouvoir seront en libre accès aux idées de la gauche généreuse et irresponsable. C'est donc un combat politique, qui doit être gagné absolument, sauf à voir le plus beau pays du monde se dissoudre en une magnifique réserve d'indiens. Mais qui sont ceux qui mènent ici ce combat ? Bizarrement, des Français de papier. Comme si la race n'avait pas survécu à deux guerres mondiales. On y reviendra.
cul de lampe diviseur
Après avoir défini les plaques en tension, il faut parler maintenant de la gestion nationale des catastrophes de rue. Alain Bauer disait récemment que les pouvoirs français ne savaient pas choisir entre l'intégration des nouveaux venus et leur précarisation en attente de retour à meilleure fortune chez eux. Il a raison. Il ne suffira jamais de déverser des milliards de remise en peinture des quartiers défavorisés pour avoir la paix. Il faudra intégrer les communautés allogènes en révisant l'empreinte de l'Etat sur tout le territoire, sans se départir d'une gestion à poigne de l'ordre quotidien. Comment ? En appliquant le droit existant aux acteurs du désordre comme aux fauteurs de troubles. On en revient à la judiciarisation du défi pour comprendre qu'il faut commencer par là. Reprendre en main la Justice et pour que la sacro-sainte séparation ne soit pas violée, le faire faire par l'institution elle-même. Quand mettra-t-on au gnouf les magistrats du "mur des cons" ?
Sans doute à ce moment commencera-t-on à comprendre qu'il faut extraire le domaine régalien de la dispute démocratique, si on veut avancer vers quelque chose de pérenne, en extirpant la politique politicienne de cet espace primordial.
C'est mon Projet... comme dirait l'autre.

vendredi 30 juin 2023

Et le petit ange devint papillon !

Chacun connaît L'Aile du papillon de Pierre Schoendoerffer, à défaut cliquez .

Bien qu'il joue régulièrement au rugby dans l'association Ovale Citoyen à la satisfaction de tous, le jeune apache des fortifs de Nanterre, qui se faisait un nom dans la provocation récurrente des policiers de quartier, a fini plus tôt que prévu dans une rencontre fatale avec deux flics fébriles qui ont loupé la tête mais pas le cœur. Une carrière brisée net mais une carrière de quoi ? qui met le feu à la France entière. Pourquoi ?

Feu Nahel M.
Nahel Merzouk (2006-2023)
Parce qu'il n'est pas acceptable qu'un gosse soit tué à bout portant par l'Etat dans un contrôle routier, surtout en ville et quoiqu'il ait fait. Que le lecteur n'attende pas dans ce court billet d'actualité la genèse du chaos sauf à comprendre un jour que tout est parti du quinquennat de Nicolas Sarkozy, mandat gangréné par son irrépressible envie de saccager le domaine régalien. Restons-en au constat de dècès du "vivre-ensemble". Il y a aujourd'hui en France plusieurs communautés qui se reconnaissent concurrentes dans l'occupation de l'espace public. Sans les citer toutes, on connaît la bourgeoisie dans tous ses états, le lumpen-prolétariat écrasé de travail-trajet et de précarité, les rentiers du savoir non impliqués sauf dans les bavardages académiques, et les oisifs souvent allocataires nets. On notera qu'aucune des communautés précitées n'est fondamentalement racisée, même si dans celle des oisifs on trouve en voirie beaucoup de citoyens de couleur, mais c'est un leurre en fait, quand on va au fond ; il suffit de voir la colorimétrie des black-blocs.
Comme dans les temps médiévaux, la sûreté de chaque communauté est recherchée dans une certaine "normalisation" de certains quartiers, dans la gentrification d'autres et dans l'extension de ghettos standardisés souvent rénovés à grand frais. Quand une communauté est agressée par une autre dans le mouvement de la lutte des classes revenue, elle précipite en un bloc défensif d'abord, puis offensif. L'émeute est une défense, les lois de sûreté sont offensives, c'est normal. L'adaptation des réactions réciproques est la plus sûre escalade de la violence, nous y sommes en plein. Faudra assumer sans chercher noise aux lampistes !

Le pouvoir actuel, tout de la gueule, va donc monter le niveau de la réponse à l'issue du Conseil des Amateurs qui se tient en ce moment à Beauvau. Etat d'urgence ou état de siège (clic) ? Inévitablement, il va cimenter une solidarité intra-cité jusqu'à faire sortir les kalash des caves si on pénètre les zones de non-droit avec des blindés. Est-ce ce que cherche notre grand impulsif de l'Elysée ? Il aurait tort parce qu'il n'a pas mesuré ou compris le niveau de colère qui traverse ces espaces ghettoïsés et, sans doute aucun, n'a jamais vu la tour entière descendre dans la rue (femmes, enfants, hommes et vieux) pour attaquer la colonne de gendarmerie mobile qui stationne au pied des immeubles. Les participants à ces réunions ministérielles n'ont jamais vu non plus tomber à leur pied ou sur le kangoo de service les plaques d'égout depuis les toits d'immeuble. Ne parlons même pas de mort parmi les émeutiers du quartier considéré. Chaos total. Que faire ?

D'abord arrêter de parler au niveau des pouvoirs publics et de la sphère politique complètement déconsidérée. Mettre au bloc les souffleurs de braise comme J.L. Mélenchon sans s'inquiéter des réactions de leur parti peuplé de rhéteurs de pissotière qui n'ont pas les baloches pour refaire la Commune de Paris ; aller au contact des noyaux durs et les rafler en nombre au filet épervier, ce qui va obliger à les concenter en camp fermé faute de place dans les commissariats pour procéder aux gardes à vue, montre arrêtée ; confiner les cités chaudes avec des sas d'accès contrôlé ; ne pas faire d'exemple, ne pas collectiviser les peines, laisser le pistolet dans l'étui en toute circonstance, le tonfa suffit ; couper les réseaux sociaux si nécessaire, voire même le courant de secteur ; rassurer les forces de l'ordre qui ont bien compris le défi créé par l'instance judiciaire et qui démissionnent en masse, en reprenant en main la Justice. Le temps de réaction des grands naïfs de l'establishment et ceux de la Cour européenne laissera largement celui de la mise au pas ; facultatif : casser la dynamique des fours à coke.

Rien de plus facile dans ce dernier cas : on photographie et on publie les plaques d'immatriculation des acheteurs et on fait pareil de la pièce d'identité de l'acheteur piéton pris en flag. Le bourgeois va cesser rapidement d'aller refaire le plein. Problème avec le droit ? On le change et on traite convenablement les têtes de serpent des réseaux narcotiques ! En passant, on récuse tous les passe-droits des "fils de..." et autres célébrités sans mollir. Bon ! Ça marchera ?
Pas sûr. Le poisson pourrit par la tête et la République aussi.

Il restera ensuite, plus tard, à prendre en compte au niveau de l'Etat les réalités vraies de la société française d'aujourd'hui, fatalement communautarisée, et foutre la paix aux gens dans leurs mœurs et leur vêture par exemple. Cesser l'arrogance des "valeurs républicaines" qui n'en sont pas puisqu'aucun autre pays avancé ne les brandit ni les applique. Un peu de modestie dans l'approche du problème franco-français ne nuira pas, si elle s'accompagne d'une fermeté évidente.
Stop aux grands mots !

dimanche 25 juin 2023

Castration du csar

pince de hongreur
Le même qui a fait tuer son premier opposant politique sous les fenêtres du Kremlin, ne peut pas laisser vivre celui qui l'a humilié en montrant toute sa fébrilité à la face du monde dans ce qui s'avère être ce matin une tragédie de théâtre. Mais à la différence de Nemtsov, Prigojine est au courant des voies et moyens d'injection de la mort qui guette. Où qu'il aille, et surtout pas à Coyoacán du Mexique, il sera sur ses gardes au sens propre et au sens figuré, et il ne boira rien qu'il n'ait préparé lui-même à Bangui ou à Bamako. Tant qu'il aura de l'argent ! Il est probable que Patrouchev et les siloviki vont tarir les ressources du bandit qui les a défiés, à commencer par les commandes d'Etat et les transferts vers les bases lointaines. Puis ils vont le pister sans aucune évaluation de dommages collatéraux - son épouse Lyoubov lui a donné trois enfants - à moins que le proxénète de Saint-Pétersbourg ne détienne un secret qui les ruinerait (bancaire ? ça se raconte...).

Que nous apprend le putsch ? Finalement rien que nous ne sachions déjà. La guerre des gangs n'a pas eu lieu, mais elle reste larvée d'autant plus que le Parrain n'a vraiment pas la carrure de l'emploi - sauf à faire tuer l'un ou l'autre au caprice du jour - et qu'il a laissé monter les revendications de Prigojine pendant des semaines d'insultes à l'endroit de son ministre et de son chef d'état-major, sans rien dire, comme s'il ne savait sur quel pied danser. Ce type est définitivement un subalterne, pas un chef.

Le premier impact de cette pantalonnade atteint la sphère ultra-nationaliste chez qui le doute s'était installé quant aux capacités de stratège du petit csar, et qui se voit confirmée dans son appréciation : Poutine est incapable de finir cette p... de guerre.

L'autre impact est sur l'oligarchie régnante. Les coffres ne sont plus gardés à l'intérieur du pays, les sanctions entament de beaucoup les possessions externalisées, la guerre ne va rien leur rapporter, si tant est que l'on tienne longtemps du territoire conquis en Ukraine. Si la franche camaraderie a disparu, si la fâcherie est manifeste à voir les défenestrations, la franche hostilité n'est pas déclarée sauf par des exilés de longue date comme Khodorkovski, à cause des escadrons de la mort qui patrouille le globe. Si le pronostic est plus complexe que les capacités d'analyse du blogueur assis, il est, dans cet empire pourri qu'est la Fédération de Russie, une action qui n'a pas été tentée par les Américains et qui avait parfaitement réussi en Irak au moment de la marche sur Bagdad : acheter les commandants d'unités dans le dos de Saddam Hussein. Une grande pizzeria à Reno avec un million de dollars de mise de fonds, ça peut tenter ! La discussion apaisée (clic) entre Prigojine et le vice-ministre de la Défense russe Iounous-bek Evkourov d'un côté et un général de l'armée russe de l'autre, au QG de Rostov-sur-le-Don abandonné par Guerassimov, montre une certaine compréhension mutuelle. Il sera plus dur de faire monter aux échelles de tranchée les fantassins qui auront vu cette vidéo après avoir entendu les allégations dévastatrices du patron de Wagner pour le haut-commandement.

dimanche 18 juin 2023

Rien et cetera desunt

Ce week-end est celui de l'ultragauche, cornaquée par la Nupes, les zadistes de l'anarchie et les altermondialistes. Grand drapeau noir sur le pont de Saint-Rémy-de-Maurienne. Le fond de l'affaire donne du grain à moudre aux deux parties dès lors que la mauvaise foi est partagée équitablement, aggravant l'incompréhension réciproque. En fond d'écran, l'incapacité de la SNCF a organiser un ferroutage attractif sur la ligne historique franco-italienne par le Fréjus... après un milliard d'euros de rénovation ! Mais c'est une vieille histoire. Il y a longtemps que le fret ferroviaire aurait dû être donné au privé, y compris la traction, les chantiers à conteneurs, les parcs rail-route et les gares de marchandises. Tout !

carte LGV Lyon-Turin
La LGV Lyon-Turin raccourcit les distances et compacte l'espace des quatre pôles industriels majeurs que sont Lyon, Grenoble, Turin et Gênes. Mais si on milite pour la décroissance forcée des territoires, c'est vrai qu'elle va à contresens. Alors faisons comme en Suisse : qu'en pense le peuple des Alpes ? Globalement il est pour la LGV, comptant sur les retombées du chantier pharaonique et sur l'emploi induit par le développement économique. Mauvaise langue, je pense que dans la masse des écolos-radicaux il y a peu de gens à leur compte ; et beaucoup d'allocataires, du lest, des poids morts dont le pays n'a pas besoin. Des écœurés sociaux, pas mal !
Chacun ici a compris que la question posée par cette insurrection larvée, qui vient à tous motifs pourvu que l'on soit contre, signe la crise d'un modèle démocratique à bout de souffle, à force d'avoir été dévoyé pour servir les intérêts et visions d'une noblesse d'Etat qui a accaparé tous les pouvoirs. Et rien de ce que nous entendons chez la bienpensance pour sauver les "valeurs" n'est au niveau de l'enjeu. Notre démocratie est aussi inadaptée au monde qui se précipite au devant d'elle que pourrie. On y reviendra ; on y revient toujours.

A Brest, ils se sont bien marrés. Les nervis de la "gauche de gouvernement", les antifas renforcés des gilets rouges de la CGT, ont cassé du "facho" à l'hôtel Océania à l'occasion d'une séance de dédicade d'Eric Zemmour. Peine perdue, pas de mort, donc pas d'exploitation médiatique sérieuse ! On ne voit pas souvent l'ultradroite agresser les littérateurs obscurs de la gauche, sans doute à défaut de succès, les tirages étiques étant bien suffisants comme punition.
Conseil gratuit aux cadres du parti Reconquête : achetez-vous un service d'ordre, plutôt de la corpulence d'un Papacito ou d'un Vardon que celle d'un Stanislas Rigault, aussi sympathique soit-il, même si le grand maigre mle 1312 à petit chignon n'est pas bien difficile à démonter de ses grands airs. Un peu de close-combat au prochain séminaire de Marion ne nuira pas. En désespoir de cause, je donnerai le 06 d'une brigade de sécurité 100% viet, mais faudra prendre une assurance-obsèques.

C'est tout ? Non. C'est dimanche. Plus kitsch qu'une chanson traditionnelle de Chine, tu meurs :


lundi 29 mai 2023

Miscellanées de Pentecôte

A tout seigneur... le pélé de Chartres 2023 est un franc succès avec un doublement du nombre de pèlerins. Un reportage, paru dimanche sur une chaîne mainstream de la télévision, s'est attardé, en marchant, sur le tronçon "tradi" de cette merveilleuse aventure, nous spécifiant qu'il s'agissait de catholiques "pré-conciliaires" suivant la messe en latin, marquant, ce disant, un progrès indéniable du journalisme de consommation. Que des jeunes pleins de joie, prêtres en soutane et moines en capuche ! on n'a pas vu l'abbé de La Morandais.

une colonne du pèlerinage de Chartres

J'ai suivi sur le canal 592 l'avalanche des résultats de la présidentielle turque qu'Erdogan a finalement gagnée avec 52% des suffrages. Le renfort décisif de la diaspora très nationaliste - elle ne subit aucun désagrément de la crise économique domestique et ne voit que le pouvoir de nuisance internationale de la Sublime Porte dont elle est fière - a consolidé le succès très net du Sultan dans la voie électorale, qui avec 25.433.000 voix contre lui n'est quand même pas plébiscité. Son concurrent, attaché à redresser la situation socio-économique et financière du pays et à virer les réfugiés syriens, n'a pu remporter les enchères électoralistes en Anatolie. Ceci dit, c'est pareil chez nous, mais en plus subtil.

Fois mille : un voisin est venu hier me demander de lui prêter mon jeu de clés en pouces. "Deux minutes" lui ai-je répondu, à quoi il me dit "prenez en mille, j'ai tout mon temps". Allant à l'atelier, je me suis mis à faire un peu de calcul mental par hygiène, pour trouver que mille secondes faisaient un gros quart d'heure. Je lui en fis part en lui donnant la boîte et nous nous mîmes à calculer :
Mille fois mille, soit un million de secondes font presque une douzaine de jours (11,6) ; mais mille fois plus, soit un milliard de secondes nous portent à 32 ans (31,7) et mille fois plus encore, un trillion, nous fait bondir de 317 siècles ! Mazette. C'est l'époque de Cro-Magnon. Ça sert à quoi, me direz-vous ? A méditer sur notre avenir.

Justement, en soufflant sa bougie de centenaire, le gourou Kissinger a bien capté que l'intelligence artificielle rebattait toutes les cartes géostratégiques par le monde. La puissance pure développée en continu par l'IA va donner le lead aux pays qui la maîtriseront, c'est à dire aux peuples les plus intelligents. S'il ne doute pas des Chinois, il exclut déjà les Russes. Quant aux autres c'est selon. A mon avis, le degré de liberté créative fera la différence. La France aurait sa chance si l'Etat se désengageait de l'économie qu'il veut absolument diriger malgré ses insuffisances.

Parlant de la technocratie, d'un œil distrait j'ai vu sur l'écran bleu que le Premier ministre Borne avait traité le Rassemblement National d'Enfants de Pétain. Depuis un moment déjà elle cultive une image de socialiste pénétrée de compétences et de raison, mais elle oublie que dans un régime démocratique, d'images donc, il faut avoir la gueule de l'emploi, ce qui lui fait défaut. Sur le fond de l'histoire, c'est vrai, mais on peut arguer en bon dialecticien (comme Sébastien Chenu) qu'ils (les enfants) n'ont jamais été majoritaires. De vrais résistants ont soutenu le Menhir.

Terminons sur le gag du jour : l'excellentissime Rishi Sunak - le Trudeau anglais bronzé à l'année voire le Macron britannique avec du blé - a déclaré au DUP de Belfast qu'après les nouveaux accords européens en Mer d'Irlande, l'Ulster avait la chance inouïe d'un accès privilégié à la fois au marché britannique, le cinquième du monde, et au marché unique européen, le plus large et solvable au monde. A quoi le Labour a répondu avec perfidie que c'était la situation dans laquelle se trouvait tout le Royaume Uni avant le désastreux Brexit. Le clown Farage, Nigel Farage, la coqueluche des souverainistes français, en convient : le Brexit a complètement merdé.
Les Rosbifs jettent aujourd'hui tous leurs maux dans le plateau "Brexit" de la balance quand, avant 2016, ils les mettaient tous dans celui de "l'Union européenne". Il faut dire qu'ils en chient comme des Russes depuis qu'ils se sont aperçus que la terre était beaucoup plus basse que ce qu'en disaient les Bulgares qui la cultivaient jusque ici. Leurs récoltes pourrissent dans les arbres et sur pied. Je ne vois pas chez nous Philippot aller aux fraises. Et Singapour-sur-Tamise ne ruisselle pas sur les inforthunés. Mais il n'a pas plu ce week-end, c'est déjà ça.

S'il en manque une, la voici : ils ont viré Patrick Cohen de Radio-France. Je vais m'acheter une livre d'oignons.

vendredi 12 mai 2023

L'affaire de Saint-Brévin

plage et cabane de St Brévin les Pins
Jolie station balnéaire que Saint-Brévin les Pins, et riche idée du préfet que d'y avoir installé en 2016 un centre d'hébergement d'urgence, suite au déménagement d'une jungle de Calais. Au moins purent-ils aller à la plage ou pêcher à la balance d'une de ces cabanes perchées emblématiques du lieu. Il ne se passa rien de "négatif" jusqu'à ce que le maire ait décidé de déménager le centre dans des locaux municipaux vacants près d'une école primaire de la ville. Info : Le centre d'urgence de 50 places installé en 2016 dans un ancien local EDF sera fermé après la mise aux normes d'un local municipal à vendre pour accueillir une centaine de personnes. C'est la même association nantaise qui gère les deux trucs.

Sur la carte de France des conflits latents en xénophobie s'est allumée une loupiotte rouge sous l'estuaire de la Loire. Bien que docteur en médecine, le maire de Saint-Brévin n'a pas eu l'intelligence de laisser en l'état une situation sans histoires. Il fallait comme tout maire qui se respecte, faire quelque chose au prochain conseil municipal et déménager les asilés, en voilà une idée qu'elle est bonne ! Manque de pot, l'accès au bâtiment passe par la grille de l'école primaire et même si "ces gens" ne sont pas dangereux a priori, on ne sait jamais qui viendra demain. Okay ?

Donc rallye anti-nègre et contre-rallye pro-nègre sur la lumière rouge et c'est parti comme en 14 au début de cette année ! La presse vous narre par le menu les exactions des excités du remplacement en montant le son au maximum sur l'ultra-droite, tandis que le maire, écœuré, préfère partir plutôt que de rapporter sa décision au prochain conseil municipal. En sept ans, le centre a vu passer quatre centaines de réfugiés paisibles, ce qui sur une population que quatorze mille habitants n'est pas non plus Le Camp des Saints de Jean Raspail.

Allons au fond. La xénogreffe recherchée par tous les gouvernements d'Europe, à la seule exception de celui du Danemark, ressemble plus à un bâton merdeux que personne ne veut prendre à pleine main. Il y a des motifs d'y souscrire, principalement de main d'œuvre, comme il y a des motifs de la refuser : l'impossible intégration de certaines communautés musulmanes dans le tissu civilisationnel européen et l'agenda civique des réseaux fréristes parfaitement décrit par Michel Houellebecq dans "Soumission", sont ceux qui reviennent sans cesse. Notre dernière approche du défi migratoire reste valide, que nous vous invitons à relire ici (il faut descendre un peu dans l'article). Nous n'y revenons pas.

Le cirque de Saint-Brévin découle du jacobinisme d'Etat qui préside à tous ses actes de gouvernement. Les crânes d'œuf de la technocratie n'ont pas compris une chose pourtant simple. Dans une affaire un peu délicate comme l'insertion d'un centre d'asile dans une société urbaine de moindre taille, l'astuce est de demander l'avis de la population. Si la consultation refuse le centre, les autorités chercheront à le placer dans une ville plus grande de la région. Si la consultation accepte le centre - ce qui est le cas lorsque la capacité d'accueil est basse rapportée à la population de la ville (pas comme à Saint-Beauzille de Putois (34) en 2016 dans le même contexte (Calais) - ce résultat démocratique sera opposable à toute contestation et basta ! Et la contestation en voirie organisée par des partis ou groupuscules radicaux sera passible de répression après interdiction de manifester contre l'avis populaire.
Mais non ! Fidèle à ces ancêtres conventionnels, le gouvernement républicain tranche et coupe jusqu'au plus près du citoyen, avec la certitude jamais démentie de mieux savoir ce qui est bon pour le peuple. Aux étages subordonnés, il y a la même réaction. Tel maire brandit son élection sur un programme attrape-tout pour justifier d'une décision qui n'y est pas mais qui sera prise par délégation du corps électoral local. Et il y a l'orgueil de l'édile qui n'est pas moindre que celui du chef de l'Etat élu par le peuple en délire... sur un socle d'un quart des suffrages exprimés, soit bien moins rapporté au nombre des inscrits, et moins encore sur celui de la population en âge et capacité de voter.

Les thuriféraires de la République-en-valeurs ont plein la bouche de la démocratie, mais c'est finalement après l'exercice imposé de la campagne électorale, ce dont ils se méfient le plus. Si en plus de voter, les gens avaient aussi des idées, où irions-nous ? Changer de peuple ne fut pas dans l'histoire qu'un slogan. Les insultes répétées de M. Macron à notre endroit en témoignent. Il est très vite agacé. Chez les contestataires venus à Saint-Brévin vider l'abcès, il y a plus qu'une alerte contre l'empreinte étrangère qui risquerait de devenir indélébile ; il y a pour eux matière à défier l'Etat vertical qui n'entend rien. Et un soupçon de xénophobie pour le goût.

mardi 9 mai 2023

France, danger droit devant !

Le colloque Action Française du 13 mai précèdera le cortège traditionnel AF de Jeanne d'Arc du lendemain dimanche. Son thème est "La France en danger" et les intervenants sont énumérés dans l'affiche reproduite ci-dessous. Allez-y.

affiche rouge du colloque avec François Marcilhac, Laurent Henninger, Roch de Cauvigny, Anne-Laure Bonnel, Jean Messiha, Bernard Lugan, Jean-Frédéric Poisson, Philippe Mesnard, Pierre-Yves Rougeyron et Hilaire de Crémiers

A côté des intervenants habituels qu'on ne présente plus, sont invités Laurent Henninger et Anne-Laure Bonnel.
Laurent Henninger est un spécialiste "défense" réputé qui a publié des ouvrages de référence sur la question. Il est certainement intéressant d'entendre quelqu'un qui est allé au fond du "danger" que représentent la méprise stratégique franco-russe et les sous-dotations des armées françaises dans un monde en révolution (Babelio).
Anne-Laure Bonnel est une journaliste d'extérieur, reporter de guerre qui va où d'autres vont moins (Donbass, ronds-points, Liban etc). Rapporter des réalités de terrain peut vous faire accuser de ménager la chèvre et le choux, mais revivifier la première victime de la guerre, la vérité, n'est jamais inutile dans un monde où la désinformation fait rage (Gala).

Espérons que ces deux-là auront la plus longue exposition dans ce colloque, puisqu'on connaît déjà ce que diront les autres.
La France en danger ? Parlons-en.

Puisqu'on a commencé par la guerre, faisons-en le premier paragraphe.
(1) Au plan stratégique, la France est en danger de vanité, d'abord sur ses outremers, mais aussi dans ses responsabilités continentales à tenir son créneau au rempart de l'Alliance. La guerre d'Ukraine a dévoilé au grand public des insuffisances graves dans l'équipement de nos unités appelées à combattre en haute intensité, sans même parler d'une masse critique pour le combat de mêlée qui n'existe pas. Les bons esprits (qui redoutent que des crédits sociaux soient détournés vers le réarmement) soutiennent que notre position géographique en fond de court nous dispense du déploiement de masses blindées sur le Rhin. Ils se trompent, car une guerre européenne, hybride et classique, n'aura pas de front. Elle sera partout.
Faute de disposer de moyens de défense conséquents, nous serons un poids mort, revenus de notre arrogance génétique et définitivement déclassés. Réarmons quoi qu'il en coûte !
En zone indo-pacifique, nous sommes à la merci d'intrusions de forces navales ou paramilitaires étrangères qui pourraient submerger certaines îles et s'y maintenir avec le concours d'une population retournée par une propagande habile. Certains ont vu comment nous nous sommes fait jeter du Sahel.
Simple aparté : si nous avions disposé en Nouvelle Calédonie d'une base navale défendue et dotée de moyens adéquats de projection, le retournement australien n'aurait peut-être pas eu lieu.

(2) Après ce sous-investissement, parlons du désinvestissement. Ce qu'on appelle la "fuite des cerveaux" n'est pas une expression galvaudée, comme le grand remplacement de Renaud Camus. Il y a un mouvement d'exorbitation de chercheurs et de jeunes entrepreneurs qui fuient une société sclérosée et revendicative pour se réaliser ailleurs. Exemples nombreux, jusque dans les couche CSP-. L'insuffisance crasse de la classe politique française et le goût technocratique des complications a fini par motiver d'aucuns coincés de partout malgré leur courage ou leurs bonnes idées à partir. Nous aurons bientôt une diaspora française dans tous les pays du monde comme les Chinois ont leurs Chinatowns. Les "quartiers français" (avec bordel de luxe obligatoire) seront autant de relais pour les migrants francophones. La valeur qui est ajoutée au loin ne l'est plus chez nous. Malheureusement l'horizon ne s'éclaircit pas, le tapage le plus bruyant contre nos blocages provenant des masses archaïques de la gauche plurielle agrippée au codex antique du socialisme à compte d'autrui comme la moule au bouchot. Le socialisme nous a coulé ; on en redemande !
Après la saignée des deux guerres mondiales qui ont couché la fine fleur du pays, voila que la dictature des bureaux fait décamper les praticiens de l'intelligence, mettant en danger la remise à niveau de notre pays, ouvrant ce faisant la voie du toboggan de notre inéluctable déclin. Il nous restera qui ?
Petit aparté : quand je vois partir de purs produits des communautés asiatiques sensées s'incruster, je doute encore plus de notre attractivité.

(3) Qui les remplace ? Eric Ciotti, en perdition dans le champ politique, vient de découvrir l'eau chaude de l'immigration soutenue qui menace nos us. Hélas, les migrations sont le propre de l'homme autant que le rire. Sinon nous serions tous encore dans la vallée du Grand Rift éthiopien. S'il est peu douteux que des technocrates onusiens cherchent à faciliter la montée des populations pauvres vers les nations riches, l'affaire se présente plutôt comme une simple mécanique des fluides : dépression, surpression, contrepression ou dit autrement sur Royal-Artillerie depuis trois lustres : entropie générale jusqu'au gap acceptable des niveaux de vie. La faible appétence des populations européennes à se salir dans les travaux pénibles appelle à son remplacement qui veut bien, des populations laborieuses sans espoir d'aucune amélioration de leurs conditions d'existence chez elles. C'est la surpression. La contrepression vient des mesures de freinage des Etats européens sans solution d'intégration des nouveaux venus, tant au plan économique et financier qu'au plan des frictions civilisationnelles. On a le cas aujourd'hui des réfugiés soudanais qui, où qu'on les questionne, au Tchad, en Egypte, au Sud-Soudan ou en Libye, déclarent tous vouloir atteindre l'Europe et sa pax romana. Ce n'est pas un mirage pour eux. Tout ça pour un concours de bites entre généraux soudanais en érection mentale. Et on touche là du doigt le moteur de l'émigration continue en Afrique : la contre-gouvernance des élites autoproclamées qui ont capté les pouvoirs civils presque partout. Rares en Afrique, mais il y en a, sont les pays gouvernés par la raison. La solution ? il n'y en a pas. Un peu comme avec la hausse des océans. Après on peut faire des moulinets contre le complot des illuminati...
Dernier aparté : les mesures de régulation de l'immigration sont connues, certaines peut-être moins:
  • Licencier tout le personnel politique à poste jusqu'au rédacteur de cabinet ;
  • Déporter les mêmes aux Kerguelen, Saint-Paul, Nouvelle Amsterdam et Crozet, l'ivraie comme le chiendent repoussent ;
  • Rapporter le regroupement familial ;
  • Réguler les entrées licites aux quotas ;
  • Récupérer et concentrer les clandestins pour puiser dans un vivier d'OS afin de fournir les secteurs en forte dépression ;
  • Régulariser les travailleurs à temps plein cotisables (l'appel d'air est un leurre, il ne diminue jamais) ;
  • Respecter la sueur d'autrui et dételer les chômeurs professionnels.

(4) Le dernier danger avant le prochain est l'état de calamités des finances publiques en France au sens large, qui va nous autoriser à candidater pour un siège prestigieux à l'Union Africaine. On ne va pas y revenir aujourd'hui, ni lors du colloque du 13 mai apparemment ; sauf à redire quand même, que tant les marchés par le biais des taux de prise en pension de nos bons du Trésor que le Fonds monétaire international par ses remontrances appuyées, vont entamer notre souveraineté en encadrant notre gouvernement de contraintes semblables à une mise en tutelle.
Mais le jour où les jeunes générations comprendront qu'elles se sont fait baiser dans les largeurs par les hypothèques prises sur leurs têtes, bonjour les pogroms dans les EHPAD ! Anciens, séniors ou simplement vieux, ne vous départissez pas du sachet de ciguë !

affiche AF Jeanne 2023 pour le 14 mai à 10h à l'Opéra

Bon colloque ! Bonne Jeanne !

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