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mercredi 21 novembre 2012

Areva ==> Chine, danger !

C'est à juste raison que les syndicats du groupe français Areva redoutent leur submersion par la China Guangdong Nuclear Power Holding Co. Ltd. Selon Challenges, le protocole d'accord préliminaire entre cette entité publique chinoise, qui exploite déjà des réacteurs français, et les groupes EDF et Areva prévoit des transferts de savoir-faire des segments chauds, puisque c'est ce qui intéresse d'abord les patrons chinois. La chaudronnerie et le béton nucléaires, ils connaissent.
Sauf si le réacteur de troisième génération dont la technologie sera transférée était construit sous licence domestique exclusive de territoires extérieurs (voir ci-dessous l'état du marché), il est presque sûr que nous nous trouverons dans dix ou quinze ans en concurrence avec des sociétés nucléaires chinoises dans les appels d'offres internationaux émis par l'Amérique latine, l'Afrique, voire même dans la zone OCDE, comme on l'a vu déjà sur le Golfe persique avec les Sud-coréens. Nonobstant le fait que d'autres peuvent aussi leur transférer de la technologie chaude, et sans tenir compte d'un lâchage d'EDF de l'industrie française faisant avec CGNPC le coup de Serge Tchuruk chez Alcatel, qui décida d'expatrier toute la fabrication. Des détails indispensables dans La Tribune du 29/05/2012 (Marie-Caroline Lopez).

AP1000 n°1 de Sanmen
Certes, le marché domestique chinois est énorme, à la hauteur des besoins exprimés et anticipés par la deuxième économie mondiale, et n'en déplaise à nos écologistes de croisière, l'énergie nucléaire est la seule à relever le défi. Ce qui n'empêche nullement les pays des piémonts himalayens d'équiper leurs pentes de centrales hydrauliques et de couvrir leurs déserts de fermes solaires, mais ça ne suffit pas. Au plan stratégique - vu que les questions de terreur atomique sont déjà actées pour la Chine et l'Inde - la future production nucléaire d'électricité soulagera la demande excédentaire sur les autres sources d'énergie et contribuera fortement à la réduction de la pollution atmosphérique de ces empires à charbon.
En 2007, un contrat a été signé entre Areva et la CGNPC pour deux EPR à la centrale de Taishan. Mais à la centrale de Xianning, CGNPC construira deux réacteurs AP1000 de Toshiba-Westinghouse (génération III+) avec un fort coefficient d'intégration locale. Quatre AP1000 sont déjà en construction à Sanmen et Haiyang pour CNNC et CPI respectivement (deux autres sociétés chinoises). Au moins huit autres AP1000 sur quatre sites suivront ; et derrière eux s'en planifient trente de plus, en améliorant chaque fois le coefficient d'intégration.
Les Chinois jouent à la perfection des attentes concurrentes de leurs partenaires obligés, surtout quand l'un d'eux est sensiblement en désordre. Il s'agit bien sûr du club infernal EDF-GDF-Suez-Areva-Vinci qui a fait des "étincelles" à Abou-Dhabi.

Dans dix ou quinze ans, M. Montebourg ne sera plus aux affaires, aussi la perte d'avantage de la filière française et le contrecoup submersif attendu ne l'empêchent-ils pas de dormir, puisqu'on ne l'entend pas sur ce dossier qui est en négociation depuis un an, nous dit le président d'Areva, Luc Oursel. C'est qu'à sa décharge, il vient de se faire larguer par sa copine qui ne le supporte plus après tant d'années de lutte pour l'indépendance. Il doit ranger le désordre de son coeur. A moins que dans ce dossier comme dans celui de Peugeot, d'Arcelor-Mittal ou de Sanofi, M. Montebourg, qui ferait un mauvais coiffeur, n'y comprenne toujours rien.

La France dispose encore d'atouts, avant qu'elle n'en crée d'autres par la recherche fondamentale et appliquée indispensable à notre survie, et parmi ces atouts - aéronautique, astronautique, missiles, ferroviaire, agro-alimentaire, luxe, télécoms, biochimie, bancassurance... - il y a la technologie nucléaire "maison" qui affronte les meilleurs. C'est un diamant plus gros que le Youkounkoun. Parler de patriotisme industriel et laisser négocier pareils échanges sans contrôle d'une intelligence supérieure serait stupéfiant. Malheureusement c'est déjà arrivé !

un EPR de Flamanville



Sans préjuger des réponses adroites que la direction d'Areva prépare, je conseillerais humblement aux délégués syndicaux de l'assigner en justice immédiatement en déposant un recours en référé devant le Tribunal de grande instance de Paris, parce que les textes officiels sont toujours en retard sur les décisions verbales actées dans des memorandum of understanding séparés, établis au fil des négociations. Faudra-t-il encore comprendre le texte du protocole actuel qui peut être limpide, ou réserver les précisions "ennuyeuses" dans des annexes pas toujours disponibles ou finies. C'est un travail de professionnel des contrats d'ingénierie. Si les Chinois négocient le transfert de l'EPR depuis un an, les syndicats sont déjà en retard, pour ne parler que d'eux. Le ministère en remorque de la bandaison industrielle, c'est sans intérêt ! Sur les quinze réacteurs en production en Chine, six sont français (source AIEA compilée Wiki pour la suite).

jeudi 1 novembre 2012

Le mélodrame de la Parasélite

Le bateau Douce France à moitié noyé, tente de trouver refuge sur une seule hélice. La passerelle est aux cent coups, les couacs ne cessent de monter de la salle des machines par le chadburn. Le chef-mécanicien préside impuissant à la foire d'empoigne des idées vendues avec le programme de croisière ; le commandant est en cabine à sauter sa grue. Le représentant des usagers crie "aux chaloupes" à chaque changement de houle. C'est à peu près le spectacle que nous donne la parasélite qui court partout dans la nef des fous, quelle que soit la couleur du pompon, rose, vert ou jaune.

En a-t-il déjà marre ?
Le Premier ministre Ayrault n'a jamais brillé par son intelligence quand il était président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, il suffisait de suivre les questions d'actualités sur FR3 pour le mesurer. Il dégrade son prestige ou ce qu'il en reste dans des communications foireuses et sans but. De quoi se faire prendre à la gorge par les "ténors" de l'opposition qui n'en ratent pas une au milieu d'un combat fratricide pour devenir chef des battus. 39 heures ou 35 heures ? En vrai ça ne concerne personne. Cet allongement devrait être décrété pour les fonctionnaires dans le cadre d'une réduction de la dépense publique (39h payées 35), mais les socialistes n'affronteront pas leurs clients, ils ont tout à y perdre dans les prochains scrutins¹. L'élection en démocratie prime tout. Pour les salariés, le souhait de l'année 2013 sera plutôt d'atteindre 35 heures, le chômage technique et les "intempéries" risquant d'être la règle. Au-delà de 18 mois, qui se soucie des lendemains, nous n'avons plus aucune visibilité dans l'avenir économique de ce pays plombé à mort par la social-démocratie. Croissance nulle, investissements zéro, chasse aux créatifs, et dans l'oeil du cyclone on ne sent rien !

Cette situation létale n'autorise en rien les trouducs de l'UMP de la ramener sur les plateaux télé, eux qui ont laissé l'endroit en sortant dans un bien pire état qu'ils ne l'avaient trouvé en entrant. Mai 2002-2012, dix ans de couillemollisme tonitruant pour un désastre au final irrémédiable sauf à jeter le bébé et le bain pour réduire enfin nos déficits structurels dans absolument tous les compartiments du jeu, le pire à venir étant l'explosion des régimes de retraite (clic). L'enfarineur, le setter fou, le zébulon tournicoton et son premier mi-triste ont savonné la planche au pays. Après cela, se draper dans des formules exigeant du courage comme le font ces messieurs en guerre, n'est pas moins que scandaleux. Au pouvoir, ils se couchent ! La Forge les encule et la Banque les saigne. Dans l'opposition, ils savent tout !

Que fallait-il prouver ?
On ne dira jamais assez que ce régime politique d'alternance des pleutres est mortifère en soi, la démocratie d'étage national est une perversion quand on la prend au sérieux. Les mesures de redressement sont connues - les chefs des organismes internationaux (OCDE, FMI-BM, OMC, OIT) sont venus le redire à M. Hollande à Paris le lundi 29 octobre - mais leur mise en application est bridée par le parlementarisme effréné et la co-direction de l'Etat avec des syndicats politisés.
Mettriez-vous un homme intelligent et à poigne aux affaires, qu'il serait lentement émasculé par les priorités électoralistes clamées par tout son entourage. La prébende prime, l'orgueil commande, la bêtise n'est pas grave. Et ailleurs ?
Sans parler de l'Allemagne qui est un cas spécial de génie tardif, comment donc ont fait le Canada et la Suède pour s'arracher à l'ornière ? Soyons moins prétentieux, prenons d'eux ce qui a bien marché et s'il faut rééduquer les citoyens, allons-y carrément ! Ce qui agace nos doctrinaires de tous bord est que ces réformes convoquent la responsabilisation des assujettis et une gestion libérale sanctionnée par l'équilibre des comptes. Horreur !
On se fera une idée de ce que peut donner l'intelligence au pouvoir en consultant ces deux analyses :


Par quoi remplacer notre système politique et social à bout de souffle ?
Par rien pour le moment. Il faut d'abord désintoxiquer l'esprit de nos concitoyens, ce qui n'est pas gagné d'avance. Soixante ans de perfusion à la connerie ne se rincent pas en six mois. Les supports modernes de communication commencent à s'ouvrir à des tribunes iconoclastes qui osent appeler un chat un chat et qui s'essaient à vendre du bon sens, dans le style "ne pas dépenser plus que l'on gagne", capitaliser pour les générations à suivre, rendre des comptes clairs, favoriser l'inventivité de l'espèce en récompensant le succès, choisir la compétence chez les élites et pas le bagout, maudire les cons et le Conseil national de la Résistance.




On saura vite ensuite quel régime politique s'adaptera le mieux à un peuple dont le mental aura été régénéré vers la responsabilité individuelle mise en oeuvre au sein de collectivités d'émulation qui sauront défendre leurs intérêts à l'échelon politique convenable. A titre d'exemple, les #geonpi devraient politiser leur action de défense du capital-risque. C'est aux innovateurs à tirer le char, pas aux casuistes. Sinon cette nation se liquéfiera.



(1) liste des scrutins du quinquennat Hollande :
2012 : législatives partielles à Hénin-Beaumont (59) et à Bourg-la Reine (92)
2013 : rien
2014 : municipales, européennes, sénatoriales (1/3 hémicycle)
2015 : catonnales et régionales

vendredi 31 août 2012

100 jours x 0 = zéro

Cent jours, c'est le moratoire qu'on accorde aux idées neuves depuis le retour de l'Île d'Elbe d'un certain Napoléon. Allez savoir pourquoi. Mais Royal-Artillerie n'a pu tenir la consigne tant le Zéro attendu était nul ! Les billets d'alerte furent nombreux¹. On sait désormais que les siens, qui le trahirent par avance en le qualifiant de "fraise des bois", avaient poli leur appréciation du futur président de la République au contact de son impéritie légendaire. « Le point faible de François Hollande, c’est l’inaction. Est-ce que les Français peuvent citer une seule chose qu’il aurait réalisée en 30 ans de vie politique ? » (Ségolène Royal dans Le Figaro du 8 septembre 2011). Et pas plus depuis mai ! C'est trop court, disent les éléphants du Parti en public, pour s'effrayer en privé d'avoir pris le bus des fous qui fonce dans le mur en klaxonnant. La "politique" de M. Hollande est un exercice électoral IMPOSSIBLE à matérialiser :

  • Le fossé qui se creuse entre syndicats et patronat est impossible à combler. Ce sont deux modèles sociaux antagonistes, il n'y a pas de motion de synthèse possible. D'un côté, les entrepreneurs - même les mieux disposés à l'égard de la Gauche caviar - suivent contraints et forcés une logique libérale d'acception mondiale et ne peuvent survivre sur un îlot communiste tel que le bâtissent les gnomes de Bercy et Matignon ; de l'autre, les syndicats qui se sont tous investis dans la campagne électorale derrière les candidats socialistes pour récuser cette logique strictement mercantile, sont prisonniers des engagements du vainqueur qu'ils ont fait leurs, et leurs dirigeants ne peuvent plus relever la visière dans une situation économique en constante aggravation. On va au clash !
  • La soviétisation du modèle social dessinée par le programme socialiste est incompatible avec une économie de marché, comme le déclare le patron d'Unilever et le dit autrement celui de Peugeot, mais plus gravement, elle entrave le redémarrage du moteur économique que seuls les investissements privés et l'enthousiasme des preneurs de risques peuvent accomplir depuis que les caisses publiques sont à sec. Le flux de rentrées fiscales continue à être détourné vers la survie d'un Etat pachydermique obsolète nourrissant sous lui une fonction publique pléthorique qui dévore la valeur ajoutée produite.
  • Les équilibres budgétaires accordés avec réticence à la Chancellerie allemande ne pourraient être approchés (et jamais obtenus) que par une hausse massive de taxes en tout genre et une coupe claire dans les prestations sociales de base, ce qui ruinerait toute reprise par un effet de ciseau paralysant bien connu. L'incantation à la croissance est de la magie. Quand on rallume la salle, il n'y a plus rien. L'écart de taux entre les 1,2% du gouvernement Ayrault pour 2013 et les pronostics les moins pessimistes à 0,3/0,5% représentent 10 milliards de déficit supplémentaire, à rajouter aux 33 milliards exigés par la Cour des Comptes (en plus des 7 milliards de 2012) ! De l'avis d'économistes posés comme Elie Cohen du CNRS, c'est infaisable.
Il y a aurait bien une solution à la française au drame qui se noue - nous fêtons cette année le tricentenaire de la victoire de Demain qui sauva le royaume des Impériaux : c'est bien sûr un vrai projet national mobilisateur du niveau d'intensité d'une guerre, accompagnant la complète désoviétisation du pays. Marcel Dassault, qui sentait déjà le déclin du pays, ouvrait comme doyen de l'Assemblée nationale chaque législature en demandant une grande exposition internationale à Paris du modèle de celles qui époustouflèrent le monde à la charnière des XIX et XX° siècles. Nous pouvons avoir d'autres projets mobilisateurs et même plusieurs en faisceau² pour réveiller notre créativité, notre fibre entrepreneuriale, mais on me concèdera que ce n'est pas le "chef de rayon gominé des Trois-Quartiers en petit costard gris" qui peut pousser les feux de cette bruyante locomotive. Qui pis est, il n'est pas plus inculte à la manoeuvre que ses affidés qui, à l'exception d'aucun, n'ont jamais risqué le moindre kopek dans une idée personnelle. Le pouvoir est du niveau intellectuel de celui de la défunte RDA.




Cent jours pour rien et rien devant, telle est la perception qu'ont les Français de la nouvelle équipe, peuplée d'incapables déléguant leur réflexion pour action aux commissions, groupes de travail et autres laboratoires d'idées qui y suppléent. Nul ne sait de quoi sera fait le premier semestre 2013, mais il est déjà acté par nos vieux amis allemands que le poids de la France immobile - deuxième économie continentale - va s'ajouter au lest que constituent les pays du Club Med, peut-être au moment où l'Italie parviendra à s'en arracher. Nous aurons l'air fin de voir se reconstituer l'Axe, à moins que la conjoncture allemande ne se retourne à son tour, ce qui en un sens nous sauverait la mise pour un temps, les marchés ayant à s'occuper ailleurs ! Bonne rentrée.


(1) Billets parus depuis l'élection présidentielle :
- Le Héron gagnant (7 mai)
- Flanby le loup-garou (11 mai)
- Gouvernement de croissance zéro (16 mai)
- En attendant Ségolène et son knout... (31 mai)
- Sous la férule d'Angela (13 juin)
- G20 la France seule (20 juin)
- Le Mouton rose (22 juin)
- D'un Bouffon l'autre (29 juin)
- Eurobreak® (10 juillet)
- Peugeot, l'os dans la soupe populaire (12 juillet)
- Révocation des édits sarkoziens (20 juillet)

(2) Quelques pistes après désoviétisation et déportations aux Kerguelen :
- Expo universelle Paris 2020 exemplifiant les atouts typiquement français, luxe, gastronomie, agriculture maîtrisée, hygiène de vie et santé publique, gestion de l'eau, aéronautique, recherche fondamentale,...
- Achèvement du Plan Fluvial par mise à contribution de cinquante mille prisonniers désoeuvrés - Canal Seine-Nord et Rhin-Rhône ;
- Européanisation de nos hinterlands portuaires et application généralisée du ferroutage ;
- Rénovation du concept de transports en commun et mise en oeuvre d'alternatives crédibles au trafic automobile d'accès au travail ;
- Empaillage de Johnny Halliday sur les colonnes de Buren du Palais Royal.

jeudi 15 mars 2012

Passer de 20% à 15% !

 

Si les sociétés de sondage d'opinion ne corrigent pas outrancièrement leurs résultats primaires, il apparaît que la candidate du Front national régresse dans les intentions de vote de cinq points depuis le début de l'année. C'est beaucoup.
On peut l'attribuer aux carences polémologiques de son équipe de campagne, si tant est d'ailleurs qu'elle l'écoute. Comme aux échecs il faut jouer deux coups d'avance. Sinon on passe aux petits chevaux. C'est le volet économique du programme qui est le maillon faible, pour ne pas dire la mine d'autodestruction, mais il y a aussi des incohérences héritées de la "famille".

Prenons le cas de l'euro dont le Front veut s'affranchir et voyons comment le projet est-il reçu. Les épargnants, dans une large classe d'âge de 50 à 90 ans ou plus, n'échangeront pas leurs avoirs libellés en euromarks contre de nouveaux eurofrancs. Les plus anciens ont vécu le temps des dévaluations du dimanche et savent que la monnaie nationale n'a jamais fait carrière hors des frontières. Ils en parlent aux plus jeunes. Ils ont aussi connu un contrôle des changes nord-coréen pour pallier le déficit de confiance des Français en leur monnaie. Cela suffit pour en dissuader beaucoup de donner leur voix à un candidat qui brandit pareil fanion que sortir de l'eurozone. Si elle passe, elle le fera c'est sûr !

Autre proposition un peu galvaudée
Le programme de blindage des frontières leur semblait plutôt sympathique, tant sur le plan des intrus que du dumping commercial. A creuser un peu, ils doutent. Aucun économiste sérieux ne vient sur ce registre et les mêmes mesures proposées plus adroitement par M. Sarkozy, qui obtient plus de retour médiatique sur ce plan, sont critiquées dans le détail où se niche qui vous savez. Si le blindage sarkozien, certes praticable, est de nulle efficacité, que dire de celui de Mme Le Pen qui est à l'économie ce que M. Jourdain est à la prose ? L'accession d'aubaine du Front national aux affaires (c'était possible à 20% d'intentions au premier tour) allait-elle déclencher une dévaluation de 20 à 25% de la nouvelle devise, l'ostracisme européen, un renchérissement insupportable des taux d'emprunts hebdomadaires, annuler d'avance tout concours du FMI (comme pour la Hongrie) ? Faut-il "mourir" pour des idées, se disent certaines gens plus à l'aise que d'autres.

Des soutiens scabreux
Après que M. Jean-Marie Le Pen ait, comme SAR Sixte-Henri de Bourbon-Parme, soutenu le défunt Guide libyen - il en avait fait autant pour Saddam Hussein - la famille a apporté son soutien aux Assad de Syrie, à des motifs filandreux sur la préservation d'une cohabitation des cultes, mais surtout parce que ces braves gens affrontent l'ire anglo-américaine. Tous les jours les écrans déversent hélas des images tristes, parfois poignantes, sur la guerre civile de Syrie, et c'est demander beaucoup à l'électeur lambda de surmonter son écoeurement pour le salut de la géopolitique frontiste.
Que ces gens, fréquentés jadis par le pouvoir parisien, soient fréquentables dans un bain de sang me laisse perplexe, et les électeurs sûrement autant.


Finalement, le drainage des intentions de vote frontistes entamé par le président-candidat fonctionne pour le moment. Le hold-up est à portée. Il est en plus capable de se contredire dans la même semaine avec une conviction telle qu'elle emporte l'adhésion des niais, ceux qui en démocratie font le succès. Oublier la bêtise commune dans l'élaboration des programmes est une erreur de débutant, mais oublier l'épargnant est plus grave dans une optique de conquête du pouvoir. S'il ne s'agit que de revendre son succès entre les deux tours (comme M. Mélenchon) c'est autre chose.




Revue de sondages récents :

SOFRES (12 mars): 16% contre 17% le 27 février
CSA (5 mars): 15% contre 17% le 20 février
BVA (3mars): 14% contre 15% le 16 février
IPSOS (3 mars): 17,5% cvontre 16% le 25 février
LH2-Yahoo (3 mars): 15% contre 14% le 18 février

mardi 14 février 2012

Le Nonagone du piéton du roi


Neuf propositions inédites plus une pour la détente (la gâchette), c'est la contribution de bon sens du blogue Royal-Artillerie au débat électoral pour la présidentielle. Ce mini-programme sans ordre de priorité est soumis au principe de non-cohérence, à savoir que les mesures ne sont pas liées entre elles. Leur choix est librement autoporteur.
Ce nonagone, non approuvé par cinq cents parrains, sera adressé aux candidats présidents de la République, et lequel répondra en acceptant d'inclure dans son propre programme une seule des neuf propositions gagnera la voix du Piéton du roi, qu'il pourra afficher dans sa salle de bains, au dessus du miroir. Sans se prendre au sérieux, l'affaire est quand même sérieuse, une fois.

PRIMO : Réhaussement de l'enseignement des langues vivantes.
Les professeurs de langues étrangères du collège au lycée seront progressivement recrutés parmi les diplômés locuteurs de leur langue maternelle, et les lycéens quitteront le second degré en parlant couramment deux langues étrangères.
Le ressort de cette mesure est à bander au niveau européen pour que tous les professeurs de langues de l'Union européenne soient locuteurs natifs. Ainsi le marché du professorat sera élargi - les profs de français enseigneront partout -, de même pour ceux d'allemand, anglais, italien, espagnol...
RA+
La capacité à s'exprimer naturellement dans deux langues étrangères est un atout de compétitivité indéniable. Les peuples ne disposant pas d'une langue universelle sont paradoxalement plus ouverts au monde et plus performants dans leurs entreprises, et dans les organisations planétaires où se prennent les grandes décisions ; cette aisance à jongler parfaitement avec au moins trois langues donne l'aisance nécessaire à la cafétéria pour s'ouvrir les portes des directions, toutes choses égales par ailleurs.

DEUZIO : Pour une tête bien faite.
Les langues mortes structurantes comme le grec et le latin seront intégrées de plein pied au programme des collèges, en commençant par les établissements zonés. On retirera des programmes les cours "sociétaux" décérébrants pour libérer des heures et on allongera l'année scolaire comme en Europe du Nord. Ces matières sont des formateurs inégalés de l'esprit et en priver la jeunesse d'où qu'elle vienne c'est du vol.
RA+
Ces deux langues sont à la base de notre civilisation. Des expériences ont été tentées dans des quartiers moins favorisés disposant de collèges difficiles,  de donner des cours de langues mortes sur une année. Ce fut un franc succès, les élèves ayant ressenti une augmentation de la considération à leur égard et une fierté bien placée ensuite. Ne jamais oublier que le grec est une formation de l'esprit aux mathématiques.

TERCIO : Achèvement du parc de logements sociaux.
Les permis de construire seront remontés au niveau de la sous-préfecture pendant sept ans. Après avoir fixé le mode de calcul et la fraction de logements sociaux obligatoires par commune, les nouveaux permis seront suspendus sur les communes n'atteignant pas le niveau règlementaire, pour n'être libérés qu'au jour du dernier mètre-carré social livré à la location.
RA+
La république se consume dans les satrapies locales surtout quand on leur offre le droit de déroger moyennant amende. Les riches paient. Si la cause du logement de tous est vraiment une priorité, et le spectacle de nos rues nous l'indique, l'amende inefficace doit être remplacée par le gel des permis. Il suffira de relever d'où proviennent les cris d'orfraie pour cibler une réaction plus fine, mais la seule menace déjà enclenchera un mouvement de construction à bas coûts.

QUARTO : Libération de la production d'énergie.
Le monopole de distribution électrique de l'EDF sera abrogé. Les systèmes individuels de production de courant ne seront plus reliés au réseau mais alimenteront les circuits domestiques dédiés à cette production. L'achat à perte sera terminé, et les foyers auront recouvré la liberté de produire sous la seule contrainte environnementale et de voisinage.
RA+
Contre le mondialisme, certains prônent le localisme. C'est à la force hydraulique que le point 4 est dédié. Dans ce cadre, rénové par l'intrusion des libertés citoyennes de premier échelon, il faut remettre en route les moulins, relever les biefs, placer des turbines et laisser prendre du courant électrique à la nature. Un syndicat d'usagers des eaux par quartier ou hameau peut régler la cohabitation de tous.

QUINTO : Réarmement du voltigeur.
Le nouveau fusil d'assaut de l'infanterie sera développé et fabriqué dans les arsenaux français et ses munitions produites en France. Il est inadmissible que la munition d'infanterie soit de nouveau achetée aux Emirats ou en Israël, avec les problèmes de qualité que l'on sait.
RA+
Le triste score de l'embuscade d'Uzbin est en partie dû au défaut d'interopérabilité des munitions de fusil entre le soutien américain et nous. La munition française au calibre OTAN fut à l'origine conçue pour le fusil FAMAS, pur produit de la Manufacture de Saint-Etienne. Elle n'est pas standard. Le fusil ayant achevé sa carrière, il est question de le remplacer par un HK allemand sinon un Herstal belge, ce qui laisserait croire à tout le monde que nous sommes devenus incapables de faire un fusil en France avec des munitions interopérables ? C'est proprement énorme.

HEXO : Peine zéro pour les condamnés étrangers.
Les ressortissants étrangers condamnés au pénal seront remis à l'administration pénitentiaire de leur pays de naissance avec lequel sera passé un traité de collaboration, munis d'un "viatique" calculé sur la moitié du prix de journée en prison française. Les économies de places et de programme de constructions seront significatives, et la mesure éventuellement dissuasive.
RA+
La question de la surpopulation carcérale est centrale dans le budget de la Justice, l'enfant délaissé de la République. Se séparer des condamnés étrangers allègerait d'autant le stress sur l'institution et procurerait aux pays d'accueil des moyens financiers pour assurer leur réinsertion au pays natal et améliorer leur système carcéral dans un cadre coopératif.

HEPTO : Incarcération des condamnés politiques.
Suppression du sursis dans les condamnations de toute nature d'élus politiques dans l'exercice de leurs fonctions électives et inégibilité à vie. La République ne pouvant fonctionner que sous l'utopie de la Vertu, les comportements immoraux la mettent en danger.
RA+
Le sursis est aujourd'hui la règle en matière de concussion et l'inégibillité très rare. A tel point que l'on voit des politiciens condamnés en première instance et en appel, se faire "blanchir" par des électeurs hostiles à l'immixion d'une justice extérieure à la cité dans les affaires de celle-ci. La récompense du "condamné injustement" est un affront à la Justice qui ne doit pas être toléré.

OCTO : Régularisation des sans-papiers travaillants.
Tout travailleur, capable de fournir les preuves d'un emploi stable sur pièce de tiers non impliqué, sera admis à la procédure de délivrance de papiers administratifs et obligatoirement syndiqué à l'organisation de branche de son choix.
RA+
Fort avec les faibles, telle est la devise de l'Administration. Le minimum d'humanité demande qu'un travailleur honnête puisse disposer des papiers nécessaires à sa vie sociale. Ceux qui ont franchi les frontières et travaillent, parfois durement dans des métiers délaissés, ont montré assez de courage pour être positivement "oubliés". Reste à organiser la règle pour que la mesure ne soit pas une convocation à immigrer à tout prix.

ENNEO : Combattre l'obsolescence programmée.
L'allongement de la durée d'utilisation des biens fabriqués par l'industrie accroîtra mécaniquement le pouvoir d'achat des consommateurs et allègera la pression sur les matières premières. Un label octroyé par le Ministère de l'Industrie, et non par aucune corporation de fabricants, identifiera les produits dont la durée de vie n'aura pas été trafiquée.
RA+
L'obsolescence programmée des produits fut décrétée aux Etats-Unis en 1925 par l'oligopole des fabricants de lampes afin de doper leurs ventes. Elle s'est étendue à tous les compartiments de l'industrie, à tel point que les imprimantes électroniques actuelles recèlent des codes de mort technique au bout d'un certain nombre d'impressions. Un certain degré d'éphémérité est recherché dans tout produit de grande consommation, mais celle de la mode est la seule indomptable




DES PROPOSITIONS INÉDITES ET SENSÉES
C'EST SUR ROYAL-ARTILLERIE



BONUS : Développement de l'archipel des Kerguelen.
Colonisation choisie parmi les associaux de métropole, pour préparer le dernier refuge du génome gaulois avant réchauffement climatique, tout en faisant baisser la pression dans les quartiers de non-droit.



http://prin.tt/wGjj1g 

mardi 7 février 2012

Du bon sens (capétien)



S'il ne fallait retenir qu'une seule raison de rappeler le roi, la disparition de la "campagne" obscène qui se déroule sous nos yeux afin de pourvoir à la fonction de chef d'Etat, serait suffisante. Il faut partir quinze jours à l'autre bout du monde ou en Lozère et revenir, effaré, pour goûter en fond de gorge le reflux œsophagique de cet écœurement.
Les Français, enfin une bonne moitié, sont totalement addictés au spectacle du cirque présidentiel et 16 millions de badauds ont écouté le 29 janvier le nouveau Janus au nez de Pinocchio, président jusqu'au bout et candidat dès maintenant à sa propre succession dont il critique le bilan de clôture. Ce dimanche-là, on se serait cru à Pyongyang sans la neige, six chaînes majeures étaient convoquées à l'oracle que les autres commentaient en boucle, et la nuit passa en "réactions". Il ne ne restait d'épargné que Gulli !
Ne voulant participer à l'étripage convenu d'une nomenklatura connivente, Royal-Artillerie ne va pas fracasser les propositions des uns sur les propositions des autres, et pas non plus altérer les programmes ronflants des capacités de l'impétrant à les mettre en oeuvre. Le niveau de la classe politique s'est de beaucoup affaissé comparativement à ce qu'il était il y a trente ans, du fait d'un recrutement de fond de panier, l'excellence ayant de meilleurs plans dans le cadre de la globalisation. L'ami des pauvres est le plus thuné du manège mais compte sur sa bouille de clerc pour enfoncer les autres, l'expérience est soutane jetée aux orties. Seule vaut la gouaille au pupitre, le bruit des incantations, et ne pas se rater au baisser de rideau comme éviter la pantalonnade, ce qui est pareil.

Notre beau pays - on finira par se le faire voler à force - se ruine en temps de paix dans les déficits en tous genres et surtout celui d'intelligence. Aucun des intervenants au pupitre de la démocratie d'opinion ne remet en cause le modèle soviétique révisé qui persiste à casser nos valeurs, nos atouts, notre génie national. Comment expliquer le maintien sous perfusion d'un modèle social en banqueroute, dont aucun de nos voisins ne voudrait (sauf les Belges wallons peut-être), sinon par le poids écrasant d'une idéologie égalitaire qui veut tout répartir au motif des principes d'équité de la Révolution française. Deux siècles ont montré que ces beaux principes étaient pervers d'application, car les hommes qui les exercent sont "étonnamment" imparfaits. Dans cette veine il n'est aucun salut. Un seul axe vaut, celui du bon sens, et disons-le tout net, du bon sens capétien : pas de paperasse, réfléchir, agir ! Faut-il encore avoir avoir reçu l'éducation idoine. Les grands dirigeants de notre république plumitive sont des ratiocineurs de complexités, pas des esprits clairs.

Du bon sens en gestion
Il serait temps de faire plus simple pour relever le pays. Est-il par exemple scabreux, injuste ou ridicule d'établir la nécessaire providence de l'Etat à l'endroit des citoyens sur les moyens que lui procure concrètement la nation ? Le Pib étant mesuré à tel niveau, la république se voit allouer un budget de tant pour couvrir ses fonctions régaliennes et de secours, moyens qu'elle sera autorisée à lever par l'impôt. Le budget annuel serait bien évidemment voté en équilibre, même si son exécution pouvait ultérieurement dégager un bénéfice ou montrer un déficit. Nous faisons tout l'inverse, on reporte les besoins d'une année à l'autre, on les chiffre et on emprunte près du tiers¹ du montant trouvé pour le financer, oui 30,61% en 2010 ! Aucune entreprise humaine ne peut résister à ça et son patron va en prison. La compta publique c'est par ici, et le travail de Bercy est très lisible. Ce chiffre de 30% est soigneusement caché au grand public dont on enfume le jugement avec le petit chiffre du pourcentage de déficit rapporté à la richesse nationale, le Pib. Un petit 5%, puis un petit 3% d'objectif de perte. On ose continuer à perdre avec une dette monstrueuse que l'on creuse encore, et la ministre du Budget fait sa mijorée à l'annonce des mauvaises notes des agences. Cela pourrait bien finir au tribunal après cataclysme économique.

Un candidat honnête devrait annoncer un retour aux équilibres le plus rapide possible quoi qu'il en coûte... à L'ETAT ! Pas à la nation ! A l'Etat ! Et au-delà de cet objectif primordial, un programme de réduction de la dette publique, sur deux décennies par exemple, financé par un excédent budgétaire à rechercher, comme le font des pays sérieux du Nord de l'Europe. A ce jour, nous n'avons entendu aucun des candidats sur cette ligne. Ils jouent à cache-cache avec la réalité, invoque la complexité, poussent devant eux les experts. Mais la cible n'est pas compliquée, seul le chemin pour y parvenir est semé d'embûches et convoque l'art politique. S'ils n'y connaissent rien, qu'ils restent donc chez eux !

Du bon sens au négoce
La ponction moins grande de l'Etat sur la nation ravivera l'économie - il pompe aujourd'hui 56% de la richesse produite chaque année - mais l'équilibre de notre commerce extérieur n'en sera pas pour autant atteint. Appliquons là-aussi le bon sens sans s'éblouir de notre orgueil national. Notre industrie est malade. Il est convenu de montrer du doigt les PME, pas assez aidées par les grandes, pas assez offensives, en délicatesse avec leur banque. On oublie dans la liste des causes leurs patrons, qui ont pour certains la fâcheuse habitude d'assécher les trésoreries pour humer le fumet d'une vie de riche, qui se contentent des positions acquises un oeil sur le cours de bourse, et ce n'est rien dire encore des héritiers. Avant de partir pour le crématorium, derrière l'Hispano-Suiza du mort aurait dit Barenton², on cherche le fonds de pension américain qui va vous débarrasser des soucis d'entrepreneurs et vous permettre de vous recycler gavé dans le foncier à Ibiza. Il en est aussi de formidables, passionnés jusqu'au bout, qui n'ont pas le bagout nécessaire pour capter l'attention, qui sont la chaîne du tissu industriel français. Désabusés on ne les entend pas. Mais à l'inventaire de nos insuffisances, on exonère les grosses entreprises des causes du désastre.
Le bon sens du poisson qui pourrit par la tête nous indique que l'attention devrait se porter sur le haut management. C'est tabou. Peut-on mettre en doute l'excellence managériale des X-Mines et Ponts, des Centraliens, des Supelec et même des HEC ? La classe dirigeante accepte qu'on critique la cooptation endogamique des conseils d'administration, sans doute pour signaler en creux qu'il n'y a pas de places libres, mais pas le génie universel de nos grandes écoles. Certes, ils ont concouru et les meilleurs "polars" ont gagné ; mais les managers de même niveau, sortis des universités étrangères, leur mangent la soupe sur la tête. Il y a un truc ! En plus d'une suffisance congénitale - voir la liste des contrats internationaux perdus par vanité - on décèle les défauts dont le plus courant est celui la compétence en équipe occultant une moindre valeur individuelle dans le travail personnel. C'est le propre de la filière prépa-grande école de former des bêtes à concours à la tête moins bien faite. Au contraire de quoi, l'université, après un sévère écrémage, que des andouilles lui reprochent, produit des compétences automotrices, capables de s'investir à fond dans des projets et ne craignant pas la solitude de la réflexion poussée.

Le bon sens, encore lui, voudrait que l'on réserve la filière grande école à pourvoir l'Etat, ses arsenaux et ses armées, et rien d'autre, comme l'avait senti Napoléon. Et que l'on ouvre les directions générales du CAC40 à des docteurs de la filière universitaire. Sans sacrifier à la mode nouvelle de Montoire, signalons que bien des patrons de la Deutschland AG ont commencé leur cursus par l'apprentissage et l'ont achevé par un doctorat. Passons voir la mise à jour et fermons la parenthèse.

Je vais regarder ma télé ce soir au cas où une de ces idées y serait promue. Sait-on jamais, les miracles existent, la meilleure preuve n'en est-elle pas l'Euromillion ?.


(1) Sans pouvoir démonter la créativité comptable des services de Bercy, ils disent avoir dépensé 365,9 milliards d'euros et encaissé 253,9 Md€ en 2010. Pour 2011 ils "font" les chiffres.
(2) Propos d'un confiseur d'Auguste Detœuf

mardi 17 janvier 2012

La minute nécessaire de mondialisation

 

Badische Aniline¹ se casse aux USA. La coopérative auvergnate Limagrain² est déjà partie. Heureusement que la Serasem³ aveyronaise perdure et signe. De quoi s'agit-il ? De la recherche biogénétique en semences et des départements R&D qui l'assurent. Nous avons tous entendu que recherche et inovation étaient les deux mamelles de l'Europe revenue aux avant-postes, alors pourquoi ce drainage de matière grise ? Parce que dans nos belles démocraties populaires de voirie, la rue fait la loi et soutient des groupes de pression idéologiques qui combattent le progrès scientifique à la lumière des chandelles. J'illustre d'ordinaire ce propos par la statue en bronze de Monsieur Bové plantée dans le hall d'accueil du Diable de Saint-Louis (Missouri) avec cet ex-voto gravé sur le socle :« La Monsanto à Joseph Bové reconnaissante ». Feu l'original restera, lui, empaillé dans le salon de Madame Joly.

Retour sur le futur
On a coutume de défendre la mondialisation en sequençant les valeurs ajoutées d'un produit. Le consommateur final d'un article rémunère beaucoup de monde. En remontant le temps, son achat paie une taxe, rémunère le distributeur qui a stocké l'article, le transporteur qui l'a livré, la chaîne logistique qui a pris l'article dans son usine de fabrication, l'a empoté en container, mis à bord, transporté, déchargé et mis sur chassis vers le diffuseur, l'unité de fabrication qui l'a monté, les fabricants des composants incorporés dans le produit, ceux qui l'ont testé en laboratoire ou en station d'essai et ceux qui l'ont conçu sur la planche à dessin. Pour un iPad, la fabrication vaut 7% du prix final hors-taxes.

Badische Anilin et ses confrères amputent "nos" revenus des deux derniers termes de l'échange et annulent notre participation aux découvertes de leur segment économique. Rien à voir cette fois avec les surcoûts de la social-démocratie à compte d'autrui, on fuit la connerie, point-barre. C'est une question de climat social et économique. Quand un (petit) industriel français va produire en ex-yougoslavie, son motif comptable en termes de coûts n'est pas déterminant s'il doit rapatrier ses boîtes d'articles sur des marchés solvables comme ceux d'Europe occidentale. Non. Son motif est le stress provoqué par l'environnement bureaucratique et social, et s'y ajoute depuis trois ans l'hostilité des banques à ses demandes d'accompagnement. Là-bas, le petit patron est "ignoré" des bureaux, partenaire de sa banque, apprécié des ouvriers puisqu'en un sens il s'est expatrié pour eux, et il risque surtout de redevenir heu-reux. Un autre exemple :
Le chêne de France part en Forêt Noire pour être débité au calibre et étuvé afin d'obtenir un bois-machine. Bottelé en fardeaux d'une demi-tonne, il monte à Hambourg pour être conteneurisé, prend un navire de la Hapag-Llyod (voire la danoise Maersk...) direction Ningbo (Zhejiang). Le conteneur débarqué, l'usine chinoise en extrait les fardeaux qu'elle va débiter sur machines numériques en divers composants de meubles modernes. Assemblés à la main et trois couches de vernis plus tard, les meubles emmitouflés dans du papier-bulles reprennent le camion vers le container-yard où ils seront empotés et chargés sur un navire pour Anvers. Arrivé à destination, le conteneur sera mis sur chassis routier direction la zone industrielle de Rungis ou la Haie-Coq d'Aubervilliers si vous préférez. L'article déballé sera choisi et emporté par un détaillant branché pour son show-room en ville.
Peut-on faire l'analyse comparative des coûts engendrés entre ce circuit (auquel j'ai participé) et la séquence Chêne de France transformé en bois-machine dans la région de production, débité en meubles sur machines servies, montés à la main et livrés partout en France à la demande par camions ?
Oui, mais pourquoi le deuxième circuit n'est-il pas choisi, à quelques rares exceptions près comme chez les cuisinistes ?
Il utilise des acteurs artisanaux de faible rendement, habitués à prendre des marges conséquentes pour couvrir avec peu d'activité (comparativement à l'Asie) des frais fixes en perpétuelle augmentation (la contribution foncière des entreprises est plus chère que l'ancienne taxe professionnelle de la suppression de laquelle se gargarise le ministre). Ce n'est donc pas le coût de l'ouvrier chinois (coût en forte hausse d'ailleurs depuis deux ans) qui détermine le choix du circuit économique - il n'est qu'un maillon - mais son rendement global, assuré par des acteurs très professionnels sur des chaînes de fabrication et logistique qui travaillent cinquante heures par semaine par quart pour les premières et 24/7 pour les secondes. Et le délai logistique est incorporé dans la noria une fois pour toutes.

Encore les Schleuhs !
Sur le premier circuit vous retrouvez la patte allemande. Le bois-machine français est étuvé à coeur dans de grandes usines et parfaitement calibré pour être pris sans blocage par le système de guidage des machines-outils. Cette première transformation de matière est une capture, le reste doit profiter le plus possible à l'économie allemande à commencer par une sortie du territoire douanier au nord et un chargement sous pavillon national. Il y a de grandes chances pour que les machines-outils numériques de Ningbo soient allemandes (sinon suédoises, autrichiennes, suisses) et l'agent maritime allemand fera là-bas l'offre placée pour reprendre les conteneurs remontant en Europe.
Aparté : nous signalons qu'un projet LIIIFT* fut mis à l'étude par les autorités françaises, belges et néerlandaises en 2005 pour que Rotterdam tire des trains-blocs privés depuis Lyon, donc à 260 kms de Fos. Fut-il question de prix ? non ! de savoir-faire. Pourquoi Marseille n'a pas organisé le drainage des chargeurs par trains-blocs le long de ses couloirs naturels de Saône et Rhône et jusqu'au Rhin par la trouée de Belfort ? Poser la question n'est pas politiquement correct.
*(Long Innovative Intermodal and Interoperable Trains)

Désastre du Plan soviétique
Nous pensons que les débats comptables sur les écarts de compétitivité globale au niveau de la macroéconomie européenne sont risibles, car il n'y a que des cas particuliers, et au niveau mondial, les paramètres sont évalués trop sommairement. Les facteurs de succès sont aussi nombreux que ceux de l'insuccès et ne peuvent pas tous être chiffrés. Mais la "sympathie" de l'environnement joue pour beaucoup dans l'établissement des circuits "recherche, fabrication, diffusion".
L'avenir est dans la recréation de pôles industriels organisés en filière comme nous en avons eus jadis. On ne peut faire vivre toute la France sur des Silicon Valleys. Deux souvenirs parmi une bonne cinquantaine qui, s'ils ne peuvent être ressuscités, peuvent donner des idées : la rue du Landy, véritable "artère mécanique" au nord de Paris, et la vallée du Gier, boulevard de l'outillage près de Saint-Etienne. Il y avait aussi la "ville automobile" La Garenne-Colombes-Courbevoie-Levallois, le "quai aviation" de Puteaux, bref... nous fûmes ! L'aménagement technocratique du territoire par la contrainte impérieuse du Commissariat gaulliste au Plan a saupoudré la campagne d'usines perdues pour briser la ceinture rouge de Paris, anéantissant l'un des coeurs battant de l'industrie française. Ses héritiers veulent refaire ce qui fut détruit par leurs pères, le département de la Seine de jadis appelé maintenant Grand Paris, et les pôles de compétitivité en rase campagne menés par des fonctionnaires éclairés, fils de ceux qui ont éparpillé tout le monde. Gribouille.

De tous les politiques qui s'empoignent sur la monnaie ou l'exportation, combien connaissent réellement le commerce extérieur pour l'avoir pratiqué ? Je crois qu'il n'y en a aucun (j'ai vérifié les CV). Une seule parade, passer un loi au Parlement décrétant l'obligation d'intelligence dans les affaires économiques et aux ministres celle d'atteindre le niveau requis pour entrer en sixième. Ainsi M. Lemaire de l'Agriculture, apprendra-t-il chez Acadomia qu'un hectare fait cent ares ou dix mille mètres-carrés. Génial !

Notes
(1) BASF déplace sa station OGM en Caroline du Nord suite aux premiers arrachages de parcelles OGM en Allemagne.
(2) Limagrain a délocalisé sa station de recherche OGM au Colorado en 2010 pour trouver du blé modifié et du blé hybride.
(3) La RAGT de Rodez a depuis longtemps pris ses marques aux Etats-Unis dans la recherche génétique semencière avec Dekalb Genetics (Illinois) du groupe Monsanto. Pour le moment elle maintient ses stations de recherche en Aveyron et en France.

samedi 14 janvier 2012

AA what next !



RIEN. Le talisman d'Alain Minc était en bois de cageot ? Nos taux d'emprunt sur les marchés ne seront pas agravés par la dégradation de Standard&Poor's plus qu'ils ne le furent l'an derrnier au spectacle de notre incroyable incurie. Car c'est d'elle que provient la méfiance des investisseurs ; la politique de l'édredon de MM. Fillon-Sarkozy-Baroin et leur arrogance génétique à dicter leurs solutions. Il n'y a pas de marché des bons d'Etat français car financièrement la France n'a pas de surface spéculative. On négocie des bons japonais, américains, allemands, australiens, brésiliens, anglais, hongkongais et demain chinois, pas de bons français. Par contre aux adjudications hebdomadaires de France Trésor le "double A" laissera une carte de plus aux prêteurs pour demander un meilleur rendement de l'offre, mais pas un taux plus extravagant qu'hier où nous avons payé deux fois le prix fait à l'Allemagne.

Certes quand le spread s'accroîtra, les bons esprits diront que c'est la faute aux agences et quand il diminuera, à la gloire du gouvernement. C'est de l'enfantillage, car les gens avisés des assurances, fonds de pension et autres fonds souverains ou spéculatifs savent à quoi s'en tenir sur la richesse de la nation française même si l'Etat est calamiteux. Par contre l'incidence sera immédiate sur les plans politique, diplomatique et sur celui du prestige international, ce qui va ensemble. Nous venons de descendre en Division II. Les Indiens, les Séoudiens, les Koweitis, les Brésiliens, les Papous seront surpris d'apprendre la relégation. Pensez donc, le pays du Champagne et de Louis Vuitton débarqué du Top ! Mais les Etats-Unis sont sous "Double A" également, nous diront les thuriféraires, et n'en sont pas morts. Mais ils sont les Etats-Unis d'Amérique, première économie du monde, libérée dans quelque mois de son président socialo-hawaïen, capable du meilleur quand ils s'énervent, comme d'aller marcher sur la lune, ou du pire, comme mettre en l'air un dictateur qui ne leur avait rien fait !

Politiquement, la perte du talisman AAA plombera l'aura du président virginal en construction qui devra souhaiter maintenant une guerre dans le Golfe persique pour passer à l'international, car au plan national c'est foutu d'avance. Diplomatiquement, la chose va avoir de l'incidence. Malgré tous les artifices de communication et le harcèlement d'image du Petit Reître à l'endroit de sa Kanzlerin chérie, leur rapport ne sera plus le même. Qu'exiger d'un cousin qui réussit là où nous échouons avec presque les mêmes cartes en main, à ce que disent tous les experts sérieux. Monnaie commune, tarifs douaniers communs, coût du travail du même ordre de grandeur, productivité comparable, pour à la fin aboutir à une compétitivité si dissemblable. Ce n'est plus d'ajustement, de convergences, d'austérité dont Berlin va nous parler, mais de changement de paradigme. Notre Etat est devenu un grosse merde qui mange chaque année 160 milliards d'euros de plus que l'Etat allemand pour un tel résultat. En pleine crise, cousin Schpountz fait 1% de déficit quand cousin Pons en fait 6 !! Notre commerce extérieur est risible. Notre dette est fondée sur les frais généraux de la République et pas sur des investissements qui annonceraient un retour bénéficiaire permettant de la rembourser, nous avons tout faux.
Et nous voudrions conserver la primauté sur le continent européen. Faire les traités qui nous arrangent. Dire son fait à tous et chacun. Fustiger la Hongrie. C'est la fin de partie qu'a sifflée hier Standard&Poor's.
Est-ce un complot ourdi par la finance "errante" anglo-saxone ? L'année qui vient nous le dira si le nouveau président serre vraiment les boulons pour sortir le char de l'ornière et si les agences restent quand même dubitatives voire menaçantes. Auquel cas, le soupçon grandira... selon la fameuse théorie du complot !

Il ne nous reste qu'à devenir sérieux. Un défi hors de portée pour l'instant, à entendre les gens cramponnés au pouvoir pour notre malheur. Nous avons 19/20, c'est ce qu'ils croient.

vendredi 2 décembre 2011

Deux tabous

Monsieur Sarkozy s’est projeté hier soir dans son second quinquennat, mais doit attendre les premiers effets des mesures du rapiéçage annoncé à Toulon pour déclarer sa flamme à Marianne. Tous les protagonistes ayant abaissé la visière, la campagne présidentielle est lancée… qui ne remet en cause ni le modèle social, ni le régime parlementaire incapable d'autogestion. Le président cherche à financer le modèle que le monde entier nous envie, surtout au Sahel, et ne peut le réformer sérieusement, protégé qu'il est dans le corset démagogique qui seul le tient debout !

Aucun des candidats, même produit hors-nomenklatura par la société civile, ne voit ou n'ose parler du mirage de la social-démocratie et chacun de trouver son explication qui, bien sûr, ne remet pas en question les principes qu'il persiste à porter malgré les évidences aveuglantes qui vont nous percer au coeur. Question d'étoffe ? Il en faudrait pour bousculer les tabous occidentaux en fin de course, et nous n'avons que des petits formats. Que de chimères, que de licornes idéologiques adorons-nous !
Le premier de ces tabous est la vie à crédit, le second, la concurrence régulatrice des profits, non qu'ils soient mauvais en eux-mêmes mais parce qu'ils sont exercés dans le plus cynique des égoïsmes par des gens déresponsabilisés, mentalement hors de la société qui les entoure.

A compte d'autrui
Le syndicaliste qui marche sous le calicot pour aggraver le déséquilibre de sa caisse sociale à renflouer dare dare par les contribuables est un irresponsable. Ceux-ci ne lui doivent rien ! Et pourtant nous sommes champions du monde de la grève des planqués de la nation qui convoquent tout le monde à leur bien-être, même les usagers qu'ils pénalisent durement par leurs mouvements sociaux. Toujours plus ! C'est fini dans quelques mois. Fini peut-être à la chevrotine.

Quand les termes du crédit excèdent la durée de vie de l'emprunteur, il est légitime que ses ayant-droits se dispensent d'en assurer les échéances en refusant la succession. A accepter l'héritage, ils s'exposent à céder du capital pour clôturer le prêt. Le nombre croît de ceux qui refusent d'être chargés d'une dette publique obligatoire et démesurée, fondée non sur des investissements productifs pour les générations futures - eux - mais presque uniquement due au rembourrage annuel des édredons de la social-démocratie de confort, qui n’est pas remise en cause à Toulon ; ce qui est carrément populiste.
Quand les motivations des los indignados auront précipité en un front du refus fiscal - ce que Raymond Barre anticipait de son vivant déjà - ces messieurs du Conseil national de la Résistance, qui ont mis le pays dans le sac de la soviétisation, auront du souci à se faire, Hessel en tête.

L'autorégulation
Le second tabou est porté par mes amis libertariens qui, derrière Bastiat, Hayek, et quelques autres vivants ceux-là, ont toutes les bonnes raisons de croire que le libéralisme pur, la monnaie privée, l’autorégulation par la punition infligée par les marchés, tous systèmes débridant le génie natif de l’espèce humaine, portent en eux la promesse de lendemains qui chantent. Ils comptent sans l'orgueil des Etats devenus partout invasifs de la sphère économique depuis la grande dépression, aux sources même du capitalisme "sauvage". Associée à cette intrusion, la volonté de fabriquer un homme typé du berceau à la tombe, est le plus sûr présage d'un totalitarisme qui ne dit pas son nom. La démocratie est une voie d'esclavage soft par le haut rendement du moteur de la Médiocrité découlant de la loi du Nombre. C'est un régime d'élite dont le succès convoque la vertu à tous les étages et une forte identité nationale, autant dire l'impossible.
Et l'Etat fausse tout.
Les masses abêties dès l'enfance glapissent au pied des pupitres pour qu'il en soit ainsi. Pour plaire à leur impatience légitimée - ils veulent, donc ils auront - on cueille le fruit de l'arbre, le même que l'on va débiter ensuite en bois de chauffage pour cuire la confiture ! Tout est fou, tout est faux. La concurrence des intelligences est faussée, celle des savoir-faire est faussée, l'exploitation des rentes naturelles ou industrielles est faussée, et la mauvaise monnaie finit toujours par chasser la bonne comme va nous le montrer le remplacement d'une devise internationale de qualité par des piastres latines sans valeurs, à des motifs filandreux promus par des contemplatifs, étrangers au monde des affaires mais attentifs à toujours plaire au peuple en le brossant dans le sens du poil. Quittera-t-on l’euro sur un sondage d’opinion ? Gag possible !

Prenant en compte l’invasion étatique et le peuple en demande d’asservissement, il ne faut plus prôner le libéralisme foisonnant, pur, naturel, bio, mais le libéralisme réglé, un libéralisme de synthèse et en édicter les règles, à commencer par le partage des responsabilités entre l'Etat et la nation. Qu'on nous applique à nous, acteurs économiques, la séparation des pouvoirs et que cesse le "modelage" de l'économie par des gens qui n'en font aucune et qui n'y savent que ce qu'ils en ont lu !

Réarmons symétriquement la nation dans son mental et sa morale afin qu’elle retrouve sa dignité, une conscience collective, et perde cette addiction au pillage des générations suivantes. Du travail !
Ces réflexions n'ont aucune chance d'imprégner la campagne électorale qui vole en rase-mottes vers la seule issue qui vaille : le Nombre. Votez, nous nous chargeons du reste ! C'est tellement compliqué. Un slogan des Pompes funèbres générales qui nous appelait à mourir zen. Nous finirons par en mourir. Mais qui s'occupera du reste ?


mardi 27 septembre 2011

Projet de Projet pour la France

Un pays qui n'équilibre jamais ses échanges depuis dix ans est un pays qui saigne. Quand nous achetons cent dollars de quoique ce soit nous n'en vendons que pour quatrevingt-cinq. Les quinze qui manquent pour faire bouillir la marmite, nous les empruntons au-dehors, à tel point que la masse salariale de la fonction publique n’est pas complètement abondée par l’impôt. Une partie du traitement de chaque fonctionnaire est empruntée à l’étranger. Pourquoi se moque-t-on de la Grèce ? Normalement en droit naturel, prodigalité et oisiveté conjuguées sont passibles d'un grand coup de tomahawk sur le crâne après la prière de routine ! Notre génération babyboom est à tuer !
Avant que l’on distribue du Soleil-Vert à tout le monde par tirage au sort des numéros SS, nous devrions faire cadeau à nos héritiers d'un Projet qui remette ce pays dans l'axe de son influence traditionnelle, et quoiqu'en pensent les disciples de Charles Maurras, tout commence par l'économie.
De l'économie vient la puissance. L’intendance ne suit pas !
Les vaincus de la Seconde Guerre mondiale ont été politiquement nanifiés, ce qui a libéré leur énergie économique. Qui en 1945, sur les ruines fumantes de Berlin et de Tokyo, aurait prédit que ces deux nations deviendraient les deuxième et troisième puissances économiques mondiales dans le temps d'une seule génération ? Deux générations plus tard, ce sont les masses grouillantes du vieil empire céleste qui, à force de travail, redonnent à leur pays sa prééminence ancienne et sa richesse ancestrale. Au triptyque fameux… le travail vient d’abord. Souvenons-nous en !

Le Projet dont nous parlons aujourd’hui pour la France est, en résumé, de réduire et refonder l'Etat, pour distraire des ressources fiscales vers les domaines d'avenir parmi lesquels l'instruction publique et la recherche sont à privilégier. Peut-être devrons-nous mettre un mouchoir sur notre fierté et chercher chez nos voisins des modèles déjà testés qui marchent bien, cela nous fera gagner du temps, dont on n'a pas de reste. La Réforme peut se faire dans une loi-programme de dix ans après la rupture initiale de régime, à moins que l’on importe le nouvel Hercule, quelque Poutine ou Thatcher, auquel cas nous irons plus vite, avec un peu plus de morts (ou de déportés aux Kerguelen).

Ramenons dans un premier temps l'Etat central sur son périmètre régalien et renforçons-le afin que ces fonctions soient assurées réellement, sans être à la merci des alternances et caprices politiques, mais aussi des crises extérieures.
Il faut commencer par la justice. Le procès avorté de Dominique Strauss-Kahn a mis en lumière le vieil adage de cavalerie : si vous faites une connerie, faites-la vite ! Et le procureur de New-York jugeant l'impasse n'a pas tergiversé. Pas plus d'ailleurs quand il fallut entendre la plainte d'une femme de chambre peuhl. Cette justice populaire américaine nous a montré son équanimité et son souci de la dépense, et nous a fait douter de la nôtre qui n'en finit plus d'avancer sur les dossiers. Citons… ou ne citons rien il y en a trop, des années de procédure à se demander si les chargés de l'instruction y comprennent quelque chose. La Suisse dépense 140€ par an et par tête de pipe pour la juger, l'Allemagne dépense 106€, le Grande Bretagne 75 et la France 58 ! (source). S’il faut une meilleure organisation c’est d’argent dont on parle d’abord. Inutile d'épiloguer.

Vient ensuite la police. Comparable en effectifs à celle de nos voisins, elle est sous-équipée, mal commandée et démotivée. Elle subit sa condition d'enjeu politique, surtout depuis que le chef de la police est entré à l'Elysée. Les critiques fusent de partout pour l'atteindre lui à travers elle, et la réplique, faite d'effets d'annonce, est pire encore. C'est dans cette fonction que l'on peut le mieux juger de la pertinence de l’extraction d’une institution centrale hors des joutes politiques et donc du domaine public. Efficacité à coût constant. Il faut rééquiper notre police nationale, hausser le niveau de recrutement en même temps que celui des missions, et faire le ménage dans l'encadrement, accaparé par la carrière et les statistiques. Et bientôt lui faire confiance dès qu’elle aura retrouvé sa fierté.

La guerre est une affaire trop sérieuse pour être confiée aux militaires. C'est un peu vrai à voir les "monstres" que nos ingénieurs de l'armement produisent au jus de crâne, mais qui restent sur étagère car personne n'en veut. Les armées sont des organisations de temps long très mal gérées par les cabinets politiques de temps court. Les lois-programmes sont contournées par l'altération des crédits de paiement, le report des tranches, les transferts entre crédits d'investissement et crédits de fonctionnement, etc... Elles sont gérées sur une onde porteuse de pénurie dans le grand style des gouvernements rad-soc d'avant-guerre. On déclame à la Chambre et derrière on ne paie pas ! La fonction polémologique (dès fois qu’on me proposerait à l’Académie) doit être retirée à la dispute parlementaire, et l'armement défini par le combat et non par des rêves de grandeur. Nous savons tout faire et rien vendre. Une défense libérée des bégaiements ministériels et des injonctions industrielles pourra être durcie à coût constant afin d’atteindre un jour le cœur de cible qui est d’inspirer la peur. On pourra y revenir à l’occasion mais le Livre Blanc de Morin était une bonne base.


Reste la diplomatie. Nous avons une belle diplomatie que nous aimerions plus active, si encore les lobbies de tous ordres ne la doublent pas en permanence, comme le disait Jean-Christophe Rufin, de l'Académie française, ancien ambassadeur de Kouchner au Sénégal, débarqué pour inassouplissement de l’échine. Pour lui, Wade est une crapule, je partage. Avouons aussi qu'il n'est pas facile d'être l'ambassadeur de la Vulgarité quand vous avez un Balkany qui est chez vous chez lui, ou que votre action est filtrée par des Sirven, Falcone ou Papamadi Mitterrand pour ne pas entrer dans les dossiers en cours où nous croiserions tout le Levant des Echelles. Réhabiliter l'autorité de nos ambassadeurs est aussi important que d'éradiquer la corruption de certains consulats (?!).
Le ministre à la tête du Quai doit être compétent et passionné, connaître la trajectoire propre à son pays et avoir une prescience des évolutions. Le mettre en tutelle d'un conseiller élyséen en soupente est le plus sûr moyen d'épandre un certain autisme par tout le réseau et de saper l’autorité. Un pays un peu plus ambitieux que les autres mais disposant de moyens limités doit avoir l’excellence pour de vrai à la tête de sa diplomatie. Par chance nous ne sommes pas trop démunis.

Normalement arrivé à ce point, on fait un paragraphe sur la souveraineté monétaire. La monnaie étant sortie du champ public français pour cause de gabegie éhontée, nous économiserons l'espace et reviendrons sur le sujet dans vingt ans.

Le contre-pouvoir
Il y a une contrepartie à tout ça, que l’on appelle le contrôle des pouvoirs et les contre-pouvoirs. L’histoire a démontré que le despotisme éclairé est aussi rare que le génie. Le domaine régalien ne peut être la clôture des carmes déchaux. Si le domaine est dirigé, comme nous le dirons plus bas, par un cabinet d’hommes d’Etat pénétrés de leur fonction, il est financé sur l’impôt et donc par les contribuables. Il n’est pas envisageable de ne pas le contrôler a posteriori. La jauge la plus honnête est une culture du résultat, l’honnêteté des comptes étant assurée par la cour éponyme.
Il y a un vrai contrat moral à passer entre la Société et l’Etat régalien. La première remet entre les mains du second l’essence même du vivre-ensemble et se promet de ne pas le perturber par les caprices de l’Opinion, à charge pour lui de rester à sa place. C’est beaucoup demander à la Société, sachant surtout que la convalescence de l’addiction à l’Etat-nounou sera longue. Il est donc préférable que ce domaine régalien ne soit pas muré dans ses certitudes mais parle à dates convenues avec des représentants de la société qui lui transmettront leur vision de choses de l‘extérieur. Ce pourrait être la fonction d’un Sénat, représentant des territoires, ramené à des proportions compatibles avec le budget disponible. Le Sénat américain n’a que cent sièges. Arrêtons-nous à cent sièges.


Qui gouverne ?
L’exécutif « régalien » est organisé dans la plateforme politique de l’Alliance Royale. La construction date d’une époque moins bridée par les contraintes financières. Autant faire simple. Les ministères régaliens et les institutions transversales primordiales* doivent être coordonnées par le cabinet d’un ministre d’Etat. Et de plus, rien n’est besoin.
(*) Banque de France, Budget & Fisc, Cour des comptes, Conseil d’Etat, Insee…
La plateforme politique de l'AR est accessible par ici.

Ceci étant clair – quelle chance de faire des réformes par blog ! – comment en profiter ? La société civile libérée peut alors développer tous les atouts de notre économie (voir le billet correspondant en cliquant ici), l'Etat central assurant sans faiblir ses fonctions régaliennes dont il a déchargé le domaine public. Ce niveau « subalterne » est réglé par le principe de suppléance chaque fois que les individus, familles ou corporations ne peuvent faire avancer les choses de leur mouvement propre et remontent l’appel à solution à l’étage supérieur. Principe équilibré par le principe de subsidiarité qui recherche le plus bas niveau possible pour l’action publique dans un esprit de non-intervention. Tout le contraire de ce que nous subissons aujourd’hui où l’Etat est partout jusque dans les alcôves.

Le domaine public
On aura compris que la Société civile va dès lors s’autogérer dans son champ de responsabilités que l’on définirait ainsi : tout ce que nous voulons faire tous ensemble en dehors du domaine régalien. Nous l’appellerons « domaine public ». Dans ce domaine tout est à construire ou à finir de construire puisque le chantier de nos infrastructures administratives reste ouvert ad eternam : la décentralisation est en mouvement perpétuel. On oscille entre la satrapie régionale, la banque du défaut social de l’Etat central, la chambre d’investissements sans crédits, la seconde chance des battus de première division. L'arrivée de la Gauche au Sénat va bloquer la simplification du mille-feuilles, ou en bâtir un autre.
Il faut choisir entre la länderisation effective du territoire et l’uniformisation napoléonienne qui a fait aussi ses preuves dans l'édification d'un état moderne. Sans m’être fait une religion, je pencherais pour la seconde en l’état, à voir l’importance des doublons et des gaspillages, pour ne rien dire de la corruption locale et du népotisme généralisé. On ne peut annuler ces dérives que en remettant tout à plat et en régionalisant le budget et les impôts. Que le contribuable soit appelé à juger du développement de sa région dans les urnes plutôt que de s’exprimer sur la politique étrangère du pays !
Si a contrario l’Anschluss se précisait, un territoire ländérisé serait de meilleur assemblage avec notre cousin germain. Donc, ça reste ouvert.

Les infrastructures administratives du domaine public étant choisies, il serait à mon sens bienvenu de faire une large place à la démocratie directe, comme en Suisse. Rapprocher les pouvoirs élus des citoyens est un gage d'usage de cette denrée indéfinissable qu'est le bon sens. C'est toute l'histoire de notre déclin qui aurait pu être économisée, en termes de dettes sociales, valeurs civilisationnelles, gabegie évidente à tous étages (rapport annuel de la Cour des Comptes) sans parler du ridicule de certaines postures et lâchetés de classe qui emplissent les gazettes.

Dans ce domaine public "autogéré", il est deux exigences impérieuses à respecter pour l'avenir de ce pays en concurrence féroce avec toute la planète. C'est l'amélioration de l'Education générale et universitaire, et le renforcement de la Recherche & Développement. Nous ne partons pas de rien. Il est d'excellents points d'appui en France, mais nous sommes encombrés de bien trop de tabous hérités d'une part de la bolchévisation de la filière, et d'autre part de la suffisance des grandes écoles, qui exposées au grand jour du grand monde ne le sont pas tant que ça. En fait, c'est tout le but de ce projet de Projet, privilégier l'esprit qui pour le moment est notre seule rente.

En résumé, le Projet consisterait à bien délimiter et durcir le domaine régalien que l'on arrachera aux joutes démocratiques pour le confier à une autorité légitime indépendante des partis. Ces fonctions essentielles étant dès lors assurées quoiqu'il arrive, il ne s'agira plus que de libérer les domaines économique et public de toutes entraves politiciennes en faisant confiance au génie propre de cette "race", mais dans le cadre d'un contrat de résultat entre la Société dans son ensemble et les parties vives de la Nation.
Ce blogue promeut la solution monarchique pour faire précipiter ce domaine régalien en un composé homogène, sans s’appesantir à nouveau sur les avantages de ce régime (continuité du projet national, dignité, autorité morale naturelle, consensus minimum, représentativité de la nation). Tout le reste du pays étant livré à une bienheureuse anarchie.
L'autorité en haut, les libertés en bas (Ch. Maurras).

lundi 25 juillet 2011

Où est le Royal Shadow Cabinet ?

L'endive de Savoie qui fait le commissaire français à Bruxelles s'est insurgé le 11 juillet contre les agences de notation qui ne nous trouvent pas aussi beaux que nous pensions l'être. Il faut dire que la situation financière européenne inquiète bien au-delà des agences, et les détenteurs de créances ne sont pas rassurés par les plans d'austérité lancés le dos au mur par les Etats acculés, plans qui risquent d'enrayer l'économie et donc de compliquer sérieusement le règlement des intérêts échus. Que sera demain la réunion de l'Eurogroupe sur le défaut grec ? Technique, uniquement technique. Les nombreux présidents¹ de l'Europe n'ont aucune vista.

Les Cassandres, celles dont les pouvoirs politiques refusent par principe les prédictions, nous avertissent d'une météo financière très dégradée au tournant de l'année, quand les catcheurs pour de rire auront fini d'amuser l'estrade et que les couillons seront taxés comme les gueux de la forêt de Sherwood. Vous et moi.
Parce que je ne crois pas à l'effondrement du système américain annoncé depuis trois ans déjà par des "économistes hors-sol" et parce que la dispute entre le président Obama et les Républicains dramatise à outrance le défi de la dette pour se coucher ensemble dès la onzième heure venue, j'ai pris le parti d'explorer les voies de salut de nos Etats à notre détriment ; et elles sont nombreuses. Comme la Grande Armée retraitant de Russie, ils boufferont leurs chevaux, c'est-à-dire, nous !

Notre situation à nous ? Elle est à peine meilleure que celle de l'Italie qui n'est plus mal traîtée que pour deux fausses raisons : les censeurs redoutent les tocades du satyre national et ne prennent pas en compte le PIB immergé historique qui fait 15 à 20% du produit réel, le portant au niveau de celui de la France. Le plan drastique d'austérité qui vient de passer au parlement de Rome (salaires, retraites, fonction publique, ticket social modérateur, niches fiscales) est plus soft que celui qui nous attend quand la vague de défiance aura sauté le brise-lames italien, car toutes ces mesures nous les avons déjà prises, à nul effet nous l'apprendrons ! Quand nos emprunts de cavalerie² légale seront placés sur le marché à des taux facilement du double des taux actuels, le premier poste budgétaire qui est de servir la Dette deviendra vite écrasant au fur et à mesure du renouvellement des bons, et nous serons enfin un pays africain mettant en accord nos moeurs et notre diversité. J'en vois à Barbès qui se marrent.
Que fera alors le peuple immense des veaux reste un mystère. A le voir se comporter dans le métro et les trains de banlieue, pas grand chose au premier abord.

La manip
Le gouvernement évitera de toucher au livret A et aux petites pensions car son projet n'atteindrait pas le Palais Bourbon sur le chemin duquel les réverbères sont nombreux. Les pauvres épargnés au départ, la classe moyenne et les fonctionnaires ne pourront pas compter cette fois sur les gros bataillons de couillons manipulés qui sont là pour faire peur à la une des quotidiens. Les syndicats non plus, qui ameuteront les profs, l'EDF, la Poste, les pompiers et la SNCF hors week-end.
Souvenons-nous déjà que la dette souveraine est du même ordre de grandeur que l'épargne des ménages (cf. patrimoine financier net à l'Insee) et pour un cinquième détenue par les contrats d'Assurance-vie. Soixante-dix pour cent de cette dette est détenue par des non-résidents (suivre la répartition des détenteurs ici). Comme il n'y a aucune chance que l'Etat mette en péril sa position diplomatique mondiale, son siège permanent au Conseil de Sécurité de l'ONU et une foultitude de positions éminentes dans des organisations diverses et variées (dont le FMI) qui profitent à la classe politique, il ne plantera pas les étrangers. La France ne fera pas défaut. Suivez mon regard. L'Etat s'intéressera donc aux prêteurs domestiques.
Confisquer du patrimoine aux possédants français qui lui ont fait confiance ne l'émouvra pas, si dans le même temps, au motif de préserver la notation des agences, il brise le modèle social afin de répartir également les souffrances. Un coup sur les faux riches, un coup sur les vrais pauvres. L'occasion ou jamais de couper avec la gangrène soviétique laissée par la Libération ?
Si l'on y réfléchit bien, de n'importe quel bord politique qu'on l'observe, la déconstruction obtenue ne sera boudée, puisque l'évacuation du fatras réglementaire permettra à chaque expert des partis de livrer son idée de nouveau contrat social sur une page blanche. Le rêve du penseur.
Finalement, taper dans l'épargne des ménages sera tout bénéfice, politique et financier, sous les applaudissements nourris des bailleurs de fonds étrangers qui détestent notre modèle social arrogant et notre messianisme libertaire.

Là où ça se gâte
A partir de ces confiscations baptisées de quelques noms technocratiques dont les conseillers "com" ont le secret, le Gaulois qui sommeille dans tout Français de souche, ou de papier non-norvégien, entrera en insurrection mentale. Il pétera les plombs, car le patrimoine c'est sacré, comme les vacances au Tréport, la petite résidence secondaire sur heures sup, la piscine en plastique, la bagnole roumaine, le camping et le cubitainer de rosé. Les brigades de contrôle de notre civisme fiscal et social qui policent d'ordinaire la société au bénéfice de l'Etat se trouveront alors en danger de mort. Depuis l'exécution de deux inspecteurs du travail au Périgord en 2004, qui a soulevé une vague de tacite désintérêt au grand dam de la fonction publique (clic), les agents de terrain le savent et ne sortiront plus de leurs bureaux. Ceux que vous rencontrerez seront polis voire obséquieux, et évanescents. L'Etat prédateur fera retraite comme l'hyène vers sa caverne, la gueule obstruée par un jambon : la police publiera ses états d'âme, les pompiers demanderont des protections qu'on n'assurera pas, la gendarmerie analysera ses plans de carrière, les postiers exigeront des guichets blindés, des zones urbaines entières passeront à l'anarchie, la télé amplifiera l'alarme, et tout dès lors risquera d'arriver. Un Mexique avec une crise argentine. Tout ! Même et y compris l'évaporation du gouvernement comme en mai 68, si les hordes d'insurgés se pressent autour des ministères.
Ce sera... l'aubaine !
La septième du genre en 160 ans : 1851 - 1873 - 1940 - 1944 - 1958 - 1968.
Nos princes, qui sont prêts depuis longtemps à assurer leur propre destin, le sont-ils autant à assurer le nôtre ?

Réflexions pour le CMRDS qui vient

Les mouvements politiques ne peuvent suffire à leurs adhérents s'ils se cantonnent dans l'académique. Il faut "combattre". Et le but doit être net autant que le chemin choisi pour aboutir. A défaut, le recrutement en souffre et les effectifs fondent dans ce qui devient un groupuscule mécontent, pas bien méchant au final pensent les RG. Mais l'accession d'aubaine se profile déjà qui convoque tout le monde à la manoeuvre, malgré notre impréparation. Qui sait faire quoi ? Si l'on veut bien admettre qu'à l'heure de l'assaut, les commémorants et les cercles pleureurs seront de peu d'utilité - encore qu'ils risquent d'encombrer les couloirs - où sont les joueurs de mêlée et le pack qui vont balle à la main ouvrir le chemin du roi vers le Congrès, seule institution capable d'acter la rupture systémique ?
Pour faire à la page, où est le shadow cabinet ?

La maigreur des effectifs impliqués dans le mouvement d'après-guerre a fait le lit du concept d'une poignée d'acteurs déterminés instrumentalisant avec succès les débris des forces étatiques pour avancer leur agenda comme à Moscou en 1917, bien qu'on n'ait jamais vu chez nous l'effet positif de cette poignée redoutée qui se tiendrait prête. Jusqu'à plus ample informé dans l'action visible, nous nous en tiendrons aux choses communes.

Ayant caressé un temps l'idée d'un conseil politique du prince, convenablement staffé d'acteurs économiques et politiques en plus grand nombre que les contemplatifs de l'Université, je me suis fait la remarque qu'il y perdrait le prestige et le confort de sa position d'éternel estivant (comme disait Brassens), prétendre oui, mais jamais prendre. On peut croire sans poser la question que la République cessera d'adresser des invitations protocolaires, des décorations et peut-être des emplois dans ses fromages, dès lors que leur bénéficiaire se sera mis indubitablement dans une position de contestation active du régime par l'organe d'un conseil de compétences de niveau gouvernemental. Pour s'en tenir au domaine régalien, imaginez le duc de Saint-Chose critiquer chaque semaine publiquement les positions diplomatiques du Quai d'Orsay, le comte de Montmachin éplucher les décrets fiscaux de Bercy et en dévoiler leur perversité, et le marquis de Carrabas tenir salon chaque vendredi pour dauber sur le Code Napoléon et la Chancellerie aux ordres, le tout au nom du prince, leur maître.
Jusqu'ici, rien à craindre.

Ce qui amène ma dernière interrogation.
Mis à part un appel au secours que la Chambre des députés, ou le Sénat ou les deux en Congrès, enverrait au prince pour cesser la crise systémique qui pourrait les emporter tous, appel du modèle utilisé en 1873 pour installer le comte de Chambord au sommet de l'Etat, je ne vois aucun dispositif d'accès performant qui justifierait mon engagement direct dans une structure de prise de pouvoir en second échelon (le premier est dédié aux vrais aristocrates). Et j'en suis bien triste ma foi. Mais selon Christophe Dickès dans l'AF2000 datée du 7 juillet, Jacques Bainville lui-même n'y croyait plus. Soixante ans à tracer le même sillon, on fera le tour de la Terre pour retrouver le début, et de tour en tour jusqu'à la fin du Monde.
Diffuser l'idée monarchique dans l'Opinion pour qu'elle se retourne une bonne fois, semble être la seule voie ouverte, ce qui induit que ce sera à l'Opinion suffisamment éclairée d'appeler le prince à la faveur d'une rupture de paradigme. La Porte des lys c'est donc l'Alliance Royale, du moins dans la mission qu'elle s'est donnée, ré-acclimater les Français au roi pendant les campagnes électorales où les gens écoutent plus attentivement ce type de proposition. La question des moyens engagés est une autre affaire, et pour le moment on se paie un peu de mots.

Même à "cible nette et guidon flou", attendre que le blé royaliste lève dans l'Opinion risque d'être long. Surtout si nous continuons sur les mêmes schémas et sur les mêmes vecteurs d'idées qu'aujourd'hui, si nous continuons aussi à mélanger valeurs sociétales et principes institutionnels, si nous promouvons une religion d'Etat qui a disparu de 95% des consciences, si nous collons à des programmes simplistes édités pour les Nuls³, si nous rêvons le pays réel au lieu de le comprendre, si nous coiffons le tout du handicap de la Querelle dynastique, sottise ultime. A cet égard et pour finir sur un sourire, sans l'apparition du Mérovingien manquant qui actera l'usurpation générale, il n'y a pas d'issue ! Et cette impasse compte beaucoup dans la démotivation des royalistes. La Querelle est la clef du déclin que l'on peut contourner par une communication adaptée. Celle-ci reste à construire. Il faut un million au départ.

A vous les studios de La Gaubretière, à vous les idées !

Note (1) : C'en est risible : président polonais du Conseil de l'UE, président portugais de la Commission, président belge du Conseil européen, présidente britannique du Conseil de l’Union pour les Affaires générales et les relations extérieures, président luxembourgeois de l'Euroroupe, président français de la Banque centrale européenne, président polonais du Parlement européen, et laissons de côté toutes les vice-présidences croisées entre les institutions, chacun ayant autant de pouvoirs de nuisance que les autres et compétent pour intervenir sur tous les sujets, comme d'ailleurs les chefs d'Etat et de gouvernement des pays majeurs de l'Union. Quel foutoir !
Note (2) : emprunter pour rembourser
Note (3) : le programme économique électoral du FN marinisé n'est pas au niveau des enjeux


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