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samedi 6 août 2022

CMRDS moins 15

Que vous remontiez du sud ou descendiez du nord, la route de Roanne est la nationale 7. En convoi c'est plus roulant que la départementale pittoresque, sauf s'il pleut. A moins de venir à deux déjà sur la machine, pensez à baisser vos cale-pieds, des anges gardiens peuvent monter en croupe rejoindre le camp de l'Action française qui en a bien besoin, l'actualité du pays étant devenue un vrai champ de mines pour quiconque s'attelle à penser la reconstruction du pays.

cale-pied moto

Jusqu'ici, l'épure était simple. La méchante République, encrassée de strates administratives redondantes et dispendieuses, captées par les fonctionnaires et leurs proxénètes de la haute bourgeoisie au moyen de la supercherie démocratique, visait à accroître les biens de l'oligarchie par tous moyens, dussent-ils convoquer au succès de l'entreprise la désintégration de la nation. La succession de politiciens de rencontre remontés du fond du tonneau des diplômés en sciences molles au bénéfice de La Casta promettait le déclin inéluctable du pays, le plus beau du monde toujours. L'Action française, et toutes les chapelles royalistes après elle, ne promeuvait d'autre issue au désastre annoncé que la remise en état de l'Etat sous la forme traditionnelle d'une monarchie fédérative active et sociale avec pour clef de voûte une famille royale permanente en laquelle puiser le roi (ndlr: ou la reine) par succession héréditaire. Sauf que...
(1) Le pays est en danger
(2) L'Etat monarchique n'est pas défini
(3) Les prétendants ne sont pas crédibles
(4) Le mouvement royaliste n'est pas organisé pour l'assaut

Nous pourrions faire dix pages sur chacun des quatre points cités et d'ailleurs ce blogue ne s'en est pas privé dans le passé. Limitons-nous à quatre paragraphes concis :

(1) Le pays est en danger d'abord parce que le Trésor est vide, ou mieux dit, a été vidé pour satisfaire aux revendications des classes victorieuses aux élections. Gouverné par des puceaux n'ayant jamais travaillé autrement que pour passer des concours d'improductifs, tout son tissu industriel a été bradé laissant insuffisamment de valeur ajoutée pour couvrir l'essentiel des besoins nationaux et le rendant incapable d'équilibrer (c'est un euphémisme) sa balance commerciale. Etranglé par la crise énergétique, menacé dans ses possessions ultramarines, le pays aux caisses vides est dans une situation assez grave pour mettre au second plan toute réforme des institutions. L'urgence prime la forme du régime.

(2) L'Etat monarchique n'est pas défini par le mouvement monarchiste pour qu'on puisse le présenter aux gens sous un angle fonctionnel de manière intelligible. Jusqu'ici la promotion de ce régime (répoussé dans le passé par la nation) s'applique d'abord à la réforme des "valeurs" alors qu'il s'agit dans l'urgence actuelle de privilégier une approche mécaniste démontrant la supériorité de la gouvernance alternative face à chacun des défis. Nous attendons toujours l'explication de cette carence didactique chez les chapelains. Ou autrement dit, quand allons-nous décider d'intéresser les gens à notre projet en offrant des solutions concrètes et compréhensibles, amalgamées dans un dispositif cohérent de gouvernement de la nation. Commencer par le projet de séparation des domaines régalien et public proposé par Royal-Artillerie est-il stupide ?

(3) Les prétendants ne sont pas crédibles parce qu'aucun n'est préparé au gouvernement quotidien des affaires d'un pays 3.0 et tous agissent par imitation de ce qu'ils voient dans les cours européennes régnantes, ce qui ne nous servira à rien. Nous avons besoin d'un roi en armure à cheval et pas dans le char à bœufs. Prendre à notre compte (c'est une formule) les affaires publiques du jour au lendemain suppose d'en avoir prévenu quelqu'un qui réunisse les compétences d'un chef d'Etat d'aujourd'hui, avec le bagage, le tempérament, la résilience, la vitesse de décision, la capacité à auditer son exécutif. Mettre un roi dans le poste de président du modèle 58-62 de la Vè Constitution ne suffira pas à sauver la France de la noyade dans l'état de calamités où elle est plongée. Ceci n'empêche pas de montrer du respect aux descendants des dynasties passées qui ont fait de la France un pays bien supérieur à celui d'aujourd'hui, rapporté aux autres et à l'époque considérée. Mais, malgré l'affection que nous leur portons, leur hérédité, comme les dépositions anciennes, ne leur crée aucun droit particulier à gouverner. Désolé d'être aussi sec mais... !

(4) Le mouvement royaliste n'est pas organisé pour l'assaut, s'il le fut jamais. Contrairement aux cellules trotskystes par exemple, aux aguets de toute insurrection populaire (les gilets jaunes des rond-points par exemple), les chapelles royalistes sont des cercles d'études doctrinales et historiques, composés d'étudiants non encore immergés dans les réalités d'une vie professionnelle, ou de retraités libérés des contraintes de résultat. La tranche d'âge active y est peu représentée, celle qui connaît par exemple la gestion par objectifs, sauf par des enseignants qui, le plus souvent pour ne pas dire toujours, n'ont jamais été exposés au feu des risques entrepreneuriaux qu'il vaut mieux ressentir qu'imaginer, si l'on veut manager le domaine régalien au XXIè siècle. On mesure à l'évidence cette carence dans la gouvernance erratique de M. Macron.

cul de lampe épée

Le Camp Maxime Réal del Sarte qui ouvre dans quinze jours au Château d'Ailly (42), a son utilité dans la construction du laboratoire intellectuel de chacun, en lui fournissant les bases essentielles à son propre enrichissement, lequel exigera quand même du travail personnel par la suite. Il ne débouchera pas sur l'essaimage de cellules de combat politique mais il ne tient qu'à certains courageux, bien au clair dans leur tête et adaptés aux réalités du pays (le vrai pays réel), de s'y mettre en durcissant les sections régionales sous une coordination centrale dont les compétences sont dès à présent disponibles et ne demandent que des moyens, les idées étant là. Les moyens ?
De l'argent... de l'argent... de l'argent !
On n'en sortira pas sinon.

lundi 17 février 2020

Le mirage de la restauration


A mesure que passent les années, la restauration recule. C'est l'exacte définition du mirage, une réfraction optique de la réalité inatteignable. Dans notre cas, l'espace se double du temps : l'image provient du passé.
Est-ce vraiment cette image qui doit précipiter en régime politique à la faveur d'une prochaine révolution ? Nul ne le sait vraiment et sans doute est-ce le plus grand défaut du parti du roi que ce flou artistique sur le devenir du pays revenu à la monarchie. On parle de tout, de monarchie active, décentralisée, de monarchie constitutionnelle à l'espagnole, de présidence permanente sous le manteau de la constitution de 1958, et même de royauté mystique. Doit-on interroger les princes qui se sont déclarés pour ceindre la couronne de France le jour où elle leur tombera sur la tête ? A mesure qu'ils avancent en âge, les deux les plus en vue semblent stoppés sur une monarchie chrétienne qui défend d'abord la société bourgeoise traditionnelle et le régime d'assemblées. Ils donnent l'impression que nous reprendrons le fil depuis l'endroit où il s'est rompu, 1830 pour l'un, 1848 pour l'autre. A qui cela convient-il ? La question n'a jamais été posée.

La situation actuelle de l'opinion française remet en cause le modèle déprimé toujours en fonction. Il devient donc possible d'abattre ses cartes et de proposer un modèle innovant, à la seule exigence que l'épure soit claire, compréhensible par tous. Le projet de société publié par le Groupe d'Action royaliste dont le Piéton du roi va faire une recension critique dans quelques jours, a-t-il le mérite de la clarté et de la simplicité ? Il me plairait à plus d'un titre, surtout s'il échange une large démocratie de type cantonal contre un contrôle absolu* du régalien, prenant à Charles Maurras sa formule-choc : "l'autorité en haut, les libertés en bas". Tout compte fait, une restauration sera d'abord celle des libertés basses, aujourd'hui confisquées dans le prêt-à-penser officiel diffusé par l'Etat lui-même et ses relais de communication-propagande qui, du berceau à la tombe, formatent nos vies personnelles.
* Ab solu : étymologiquement ce qui est par soi, indépendamment de toute autre chose

Ensemencer l'opinion à l'idée du retour de la monarchie
convoque des moyens et des talents. Si les seconds existent, les premiers sont rares parce que l'argent n'est pas dans la culture royaliste et pourtant sans argent pas de Suisses ! On peut utilement passer voir Le Million du Roi (par ici) et nous ne revenons pas sur cette exigence imparable du "nerf", au moins pour la diffusion du projet. De beaux esprits éthérés me signalent parfois que cette propagande coûteuse qui vise à retourner l'opinion dévoie le projet royaliste puisque le souverain ne peut être issu du protocole démocratique. Selon eux l'intention est de rompre avec les alternances d'un régime d'opinion et donc d'en finir avec les sautes d'humeur de l'électorat. A quoi je m'use l'esprit à rétorquer qu'en pays gaulois il est futile de croire qu'un changement de paradigme puisse tenir longtemps sans la confirmation du peuple, peut-être pas avant mais certainement après. Il faut donc préparer les "gens" au retour d'un roi.

Mais comme il est dit plus haut sous réserve d'une construction fondée sur la justice et le besoin du peuple, c'est la clarté qui prime. Pourquoi changer, comment changer, vers quelle épure institutionnelle ? Et se pose déjà la question des princes. Viennent-ils dans ce projet pour le renforcer jusqu'au succès de l'entreprise ou reportent-ils à meilleure fortune leur nihil obstat ? La tentation fut grande chez eux de se mouler sur les circonstances dans une position de chasse à l'affût plutôt qu'en battue. On les sent impliqués dans les valeurs familiales, l'invocation à l'histoire, les commémorations pieuses, une certain souverainisme élastique ; on les sent moins en politique et pas vraiment novateurs. Le prince Jean qui a déblayé la voie de ses ambitions semble vouloir creuser de nombreuses questions politiques ou sociétales. Laissons-lui le temps de s'affirmer, mais avouons qu'il en a beaucoup perdu jusqu'ici.

Tout deviendrait plus facile pour relever les ruines si se levait « un de ces hommes qui semblent nés en un moment précis de l'histoire pour rassembler de vastes domaines en un tout organique, rendre une civilisation entière au sens de son unité ; un caractère d'acier, tranchant et souple, une intelligence politique exceptionnelle et, de surcroît, une âme noble ». Tel est Saladin, le rédempteur de l'islam en Terre sainte, l'ami de Richard Cœur de Lion et d'autres barons croisés, qui apparaît dans La Croisade de Daniel-Rops. Si ce prodige est né, nous ne le connaissons pas. Ou bien est-il trop jeune pour sentir en lui la vocation de roi ! Ferons-nous avec ce que Dieu nous donne ?

Quoiqu'il en soit, le mirage recule toujours dans le temps, mais nous allons essayer d'avancer quelque peu les pendules avec le "Projet de société" du GAR. A bientôt.



jeudi 1 février 2018

Cessation de l'AF2000

Clap de fin pour le bimensuel Action Française 2000. L'aventure s'achève au moment où Charles Maurras est radié du livre des commémorations 2018 au Ministère de la Culture (voir notre billet du 29 janvier). Dans cette unité de temps et de lieu s'opposent trois mouvements de société : la bronca de la bien-pensance en cour, prétextant de l'antisémitisme ordinaire du Martégal pour barrer la réédition de son œuvre poétique, littéraire et de sa physique sociale, ainsi qu'il nommait les sciences politiques ; lui répondant, un mouvement pas moins indigné mais plus intellectuel condamnant la condamnation, au motif de l'influence écrasante de Charles Maurras sur le débat politique de la première moitié du XX° siècle ; signant l'échec des idées portées jadis par l'Action française, le naufrage en toute dignité de son organe de presse, à sec.

Ce billet ne fera pas l'autopsie du concept journalistique ayant présidé à la continuation de l'AF2000. Les gens du journal, libérés aujourd'hui des tabous, sont parfaitement capables de la faire et d'en tirer d'utiles conclusions après avoir constaté qu'il n'y a pas le lectorat pour ce modèle intermédiaire d'un bimensuel d'actualité. Nous nous contenterons d'ouvrir (ou rouvrir) quelques pistes de communication pour l'avenir, déjà dessinées sur le site du Million du Roi.

La communication est professionnelle ou rien. Les survivors créent de l'information, car la presse ne peut pas vivre des commentaires qu'elle produit sur le travail des concurrents. C'est pourquoi, une agence de presse royaliste doit produire du matériau qui nourrisse ses vecteurs, pure-player, magazine, édition du fonds.

Comme nous l'avions chiffré à la création de ce site du Million dédié à la communication royaliste, le tour de table dépasse le million d'euros.

- Newsring avait levé 3 millions avant de mourir ;
- Rue89 fut racheté 7 millions d'euros à ses actionnaires par le groupe du Nouvel Obs ;
- Atlantico fut lancé avec 1 million d'euros et lèva rapidement 2 millions de plus. Un système d'abonnement renforce la viabilité du produit ;
- Contrepoints, expression du courant libéral, se finance sur cotisations des associations libertariennes, dons et legs, plus la pub. Son système est assez hermétique mais la production est active et variée ;
- Agoravox est devenu une grosse plateforme éditoriale ouverte à tout blogueur talentueux ou lanceur d'alerte, donc impropre à une communication ciblée. Financée au départ par une fondation belge éponyme qui collecte en permanence des dons comme une ONG ;
- Le Média (Parti des Insoumis) se lance avec 20000 sociétaires et 2 millions d'euros.

Il y en a d'autres plus riches comme le Huffington Post, mais en moyenne la mise de fonds est entre deux et trois millions d'euros. S'ajoutent tous les sites web des médias mainstream subventionnés. C'est l'inondation numérique, presque le vacarme. Tous sont co-financés par de la publicité. Les timidités de rosières à l'endroit de la pub n'ont que faire dans le monde de la communication. Les petits sites ronchons (pas de nom mais chacun sait le sien) sont peu efficaces parce qu'ils ne captent pas au-dehors de la fachosphère ; juste le plaisir (bien réel) de l'entre-soi.

Ceci pour dire que, si la restauration est encore à l'ordre du jour, la propagande royaliste de demain doit non seulement attirer des lecteurs en nombre en promouvant une épure politique claire et compréhensible par tous, ouvrir le champ de conscience propre à notre époque, enquêter par elle-même et sortir de temps en temps le scoop, valoriser les recherches actuelles du monde futur qui vont dans son sens plutôt que de s'en remettre toujours à l'histoire. Mais aussi convoquer un tour de table financier.
Qu'en pensent les princes ? Pour continuer, il y a bien sûr le crowdfunding. Qui va construire le business plan attrayant qui fera affluer les sous ?


lundi 17 avril 2017

Chaud devant !

Dans le projet de définanciarisation de notre société, le candidat Jean Lassalle se propose de « faire revenir les évadés fiscaux ». Il attaque ce gros problème (60 Mds€/an) par le volet de la coercition alors que, pour nous, la meilleure façon d'y parvenir est de diminuer la température de combustion des revenus dans notre enfer fiscal. On peut faire les deux, me dira-t-il, mais réhabiliter le succès et le spectacle du succès amoindrirait le goût des complications perverses de l'évasion fiscale. Ce procédé de dissimulation des revenus n'est qu'une affaire d'intelligence pure. Aussi est-il difficile à combattre. L'évasion se construit au départ, elle ne se prépare pas lorsqu'on a réussi comme s'y est essayé ce pauvre monsieur Cahuzac après avoir implanté des cheveux dans le tout-Paris. Pour que le lecteur comprenne bien, nous allons prendre l'exemple de la boucherie, c'est moins snob que la capilliculture.

Le quartier de viande produit beaucoup de déchets qui finissent à l'équarissage. Bien malin qui saura le pourcentage de pertes à la seule lecture d'une facture d'abattoir. Par contre le professionnel expérimenté voit ce pourcentage au premier coup d'œil comme le boucher du Rapide du Nord qui annonçait au chef combien il tirerait de steaks, d'entrecôtes, de faux-filets, daubes etc... avant de commencer la découpe. A partir de là, on décide d'exagérer les pertes et au lieu de tricher à la petite semaine on crée une boucherie virtuelle B. Elle achète cash son papier de pesée... à Vintimille dans le cas qui nous occupe, dévie une bonne partie des règlements en espèces mais de manière aléatoire, pas en pourcentage systématique, tient une vraie comptabilité séparée (du cabinet comptable) pour mesurer les écarts et prévenir les bêtises. L'argent de la boucherie B ne reviendra jamais dans la boucherie A, il ne sera jamais investi dans le périmètre patrimonial du boucher, il sort. Exeunt les sous ! Un bel appartement en front de mer à Porto Fino, loué l'été à des Anglaises en chaleur.

Pour une société, c'est pareil. On crée dès le départ les circuits de dérivation en se méfiant bien sûr des fondations à Maurice, fiducies luxembourgeoises et du bureau d'études en travaux publics aux Îles Caïmans. De même évitera-t-on les domiciliations, facturations, virements sur des territoires exposés au pilori de l'évasion comme les Îles Vierges, les Antilles néerlandaises ou le Vanuatu, laissant cela aux fonds spéculatifs professionnels. Alors quoi ? Mais l'Offshore vous est ouvert en grand à condition d'y faire physiquement du bizness, et les grandes places de brassage sont toujours les mêmes, Hong Kong, Singapour, Genève, La City, Wall Street ou... Shenzhen, où l'on aura l'intelligence de déclarer ses bénéfices et payer de modestes impôts. Le truc, c'est de payer mais peu, en optimisant les règles locales (comme l'a fait Donald Trump tout simplement chez lui)!

Mais nous promouvons aujourd'hui le projet de Jean Lassalle, lequel insiste sur quatre actions :

(3.7): Fiscaliser en France l'activité de sociétés ou banques françaises en paradis fiscaux, même en Europe. Autrement dit assujettir au Code français des Impôts tous les résultats des sociétés quelque soit le pays d'exercice (comme le font les Etats-Unis). Le monde entier va s'américaniser sur ce point tant sont grands les besoins en ressources budgétaires partout. Nous pouvons monter dans le bandwagon.

(3.8): Sanctionner l'incitation à la fraude fiscale plus sévèrement qu'une simple complicité. Ceci vise les cabinets de conseil. Je ne pense pas qu'aux jours de l'Internet (et du Deep Web) il soit possible de fliquer longtemps les conseils. Leur premier réflexe sera de sortir du territoire fiscal français, avant que de plonger en sous-marin pour initiés. Cela existe déjà et deviendra la règle.

(3.9): Cibler les plus grandes entreprises et les dossiers à risque plutôt que de contrôler des PME au hasard. Bercy le fait déjà. La seule action supplémentaire serait de durcir les amendes et de limiter leur négociation. Mais cela demande l'embauche de compétences qui, si elles sont vérifiées, trouveront à s'employer pour des salaires dix fois supérieurs dans le bizness de l'optimisation fiscale. Les Hussards Noirs de Bercy existent-ils encore ? Pour le reste, contrôler les petites boîtes est saine gestion des recettes publiques, mais l'état d'esprit doit changer et les contrôleurs abandonner l'approche inquisitoriale sournoise. Aparté : faire porter l'effort sur les TVA intra-communautaires non déclarées aux Douanes gagnerait des millions.

(3.10): Exiger des banques qu'elles signalent les opérations suspectes d'illégalité. TRACFIN sert à ça. On contrôle l'iceberg émergé et plutôt bien. Le reste ne peut être exigé des banques et reste une affaire entre hommes et quatre z'yeux. Un banquier sera toujours attentif à prouver son professionnalisme en proposant une solution "peu risquée" à un gros client dans l'embarras. On enlèvera la carte SIM du portable avant d'enfiler la combinaison de plongée.





Le lecteur fidèle a compris que le Piéton est sceptique sur ce volet de réformes lassalliennes. L'évasion fiscale dit bien son nom. On cherche à s'évader de l'enfer. Supprimer l'enfer implique de changer complètement de paradigme. La France soviétisée ne peut survivre qu'en dévorant le capital apparent et disponible dès lors qu'elle ne fait plus globalement de bénéfices. Elle a vendu le vin, saisi la vigne pour la vendre après et fait l'inventaire de la tonnellerie qui suivra. L'Etat (et c'est nous tous) solde ses atouts, il ne laissera rien derrière lui. Les capitaux ont fui depuis longtemps, à preuve les tours de table sont impossibles dans les affaires sauf à y inviter des banques. L'Etat est obligé de menacer de nationaliser les chantiers STX contre Ficantieri faute d'investisseurs français. Dans la nouvelle économie, le succès final d'une entreprise française est sanctionné par son rachat par les GAFA et son départ pour San Francisco ! La raison n'est pas le marché mais l'accès aux financements.

Quoiqu'il en soit un chef d'Etat respectant la lettre de la Constitution n'a pas à se préoccuper des détails. Il serait avisé de créer deux structures sous l'autorité directe du Premier ministre, l'une pour refroidir l'enfer, l'autre pour recouvrer la fraude. Ces deux structures doivent être staffées hors-statut de la fonction publique afin de rémunérer les talents au prix du marché sans contraintes administratives.
Pour la seconde, le but assigné pourrait être de récupérer la moitié de la fraude fiscale en quatre ans, en progressant par objectifs à travers douze rapports d'étapes, un chaque quadrimestre. On peut aussi intéresser les équipes de pointe au million le milliard. Il faut inventer ! Sans tabous ! Jean Lassalle a montré qu'il n'en redoutait aucun, ni les ours, ni les loups. Ça tombe bien, en la matière on est en pleine jongle.


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Billets de soutien RA libellés "Jean Lassalle" à cliquer:

- Un berger à l'Elysée du 15/03/2017
- Jean Lassale, note liminaire du 19/03/2017
- But de la manœuvre du 22/03/2017
- Libertés basses du 24/03/2017
- Une autre Europe demain du 27/03/2017
- Passons aux énergies renouvelables du 30/03/2017
- Jean Lassalle l'Africain du 3/04/2017
- Perception du grand débat du 5/04/2017
- Accompagner nos enfants dans la découverte du savoir du 10/04.2017


La préparation psychologique de l'évadé fiscal commence aussi par une immersion heureuse dans le bonheur tropical pour se laver de la suie des clubs interlopes de la rue de Ponthieu, par exemple :

mercredi 15 mars 2017

Un berger à l'Elysée ?

On m'a posé une question...
Je soutiendrai Jean Lassalle s'il obtient ses cinq cents parrainages pour sept raisons que voici :

(a) Il avance sur des principes et pas sur des promesses (détaillées chez les autres, qui pis est !);
(b) Son régime refonde le gouvernement du pays (au sens large) sur la mosaïque ancienne des communes qui sont la chaîne et trame de la France ;
(c) Il a un souci permanent du bien commun et le distingue bien des intérêts majoritaires ;
(d) Il identifie parfaitement les lobbies industriels et financiers dont l'agenda est étranger au projet "France";
(e) La république vertueuse (non-OGM) est son modèle indépassable ; il est donc adaptable ;
(f) Son approche accouplant l'autorité naturelle et propre en haut et les libertés basses est tout à fait maurrassienne mais il ne le sait pas, ce qui ajoute à sa sincérité ;
(g) Il a un vrai tempérament, il est dur au mal et a su gagner sa vie, il bénéficie d'un vrai parcours professionnel et politique d'expérience.

S'il entre en campagne pour de bon, Royal-Artillerie présentera (et critiquera honnêtement) ses orientations dans des articles qui se succéderont jusqu'au 22 avril.

Le piéton du roi n'est pas manipulable et ne votera pas en fonction des projections de second tour que nous servent chaque jour des instituts douteux et que relaient une presse arrogante, méprisante et... subventionnée. Seul compte aujourd'hui l'attelage d'un programme et d'un homme capable de le porter cinq ans et plus.

Voici maintenant ses quatre axes d'affirmation qui charpentent son projet (clic):

(i) Se débarrasser de la barbarie financière (original JL)

(ii) Découpler la gestion de l'espace naturel et le profit capitaliste (original JL)

(iii) Refonder la grille administrative française sur les communes en leur rendant la « clause de compétence générale » (original JL)

(iv) Réindividualiser le capitalisme de production à la base (original JL)


Postscriptum du 18/03/2017 : Validation des parrainages (clic)



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lundi 11 avril 2016

La porte du paradis ? next door !

Ce billet n'est pas un parangon de vertu et n'appelle pas au patriotisme comme il conviendrait. Mais notre petite Union soviétique qui a réussi (dixit Váçlav Havel) impose un taux de prélèvement obligatoire moyen de 71% des revenus (calcul du coin fiscalo-social), et comme ça ne lui suffit pas, emprunte à l'étranger. Comparée à celle de l'Allemagne, notre situation est indéfendable (clic). On ne peut évacuer ce pillage de la question de l'évasion fiscale, même si des pays prélevant moins en souffrent aussi. On ne voit nulle part le parti de la hache qui nous sauverait, les effectifs surnuméraires en cause de la fonction publique et parapublique étant importants et assidus aux urnes.

Grand émoi chez les ligues morales à la publication des noms des évadés fiscaux par L'Internationale du Trou de Serrure : des mecs futés garent leur blé à l'insu de leur plein gré sous les tropiques. C'est l'affaire des Panama Papers (clic). Première et dernière question : pourquoi sous les tropiques et pas à Ushuaïa ? Je pouffe : malgré son nom, le monokini est impossible en Terre de Feu. Cherche pas plus loin la cerise au fond du Martini Dry. Une piscine à Ushuaïa et quoi encore.
Finalement, c'est la presse d'investigation qui a sorti le scoop, les services fiscaux des Etats volés s'avérant particulièrement inaptes à combattre l'évasion fiscale s'ils en comprennent déjà la mécanique. Non ! Pas la mécanique d'avant-hier, celle de demain matin. Parce qu'il faut être suffisant comme un ministre des Finances français pour croire en la victoire finale dans le domaine de l'ingénierie financière avec des mecs payés au mois. Quand les besogneux de Bercy sur Seine auront terminé l'étude des voies et moyens de s'évader de l'enfer fiscal français, les gnomes des officines qui bossent 12 heures par jour avec des QI d'autistes auront, eux, remonté une mécanique nouvelle de sauvetage des peines et soins surtaxés, peut-être même sans argent en circulation ou sans argent du tout !

Le monde des Etats est le monde visible. Celui des génies est plus grand. Or ce sont les génies qui sont convoqués à l'évasion des enfers. Chacun a entendu parler du Deep Web, l'internet invisible des robots. Cette Toile opaque ferait, pense-t-on, 95% de toutes les ressources en ligne et il est faux de croire qu'elle ne serait qu'un nid de pédophiles. Il y a des raisons purement techniques qui repoussent l'intérêt des robots (sites à clés, métablocage de sites, sites ultra-lourds) et des raisons professionnelles où le secret est primordial. On a la même chose dans la finance internationale.

Selon « le Conseil de stabilité financière, le Shadow Banking (système bancaire parallèle), qui sert notamment de support à l’évasion fiscale, a globalement triplé dans le monde en une dizaine d’années et a été évalué à 67000 milliards de dollars en 2011 et probablement 74000 milliards en 2013. Il y circule aujourd’hui la moitié des actifs qui passent par le système bancaire traditionnel. C'est à dire que toutes les grandes banques dans le monde (environ 4000) sont concernées » (source Gilles Bridier in Slate).

Ce n'est pas demain la veille de la Tranparence internationale pour tous. La seule chose qui va changer après le nouveau scandale de Panama sont les conditions d'accès aux officines d'ingénierie financière. Inutile de soulever le heurtoir si vous êtes inconnu au bataillon et même, non parrainé. On va se méfier des testeurs et des affairistes aux nerfs fragiles. Pour sortir des griffes socialistes le blé gagné à la sueur de votre front, il faudra investir en séjours à Nassau (champagne, piscine) et à Gstaad (cognac, jacuzzi) et vous y faire des relations sûres avant de prendre le train pour les tropiques. Si vous êtes de condition relativement modeste, vous réinvestirez l'argent de la schnouff dans un bar à p... de Phuket. On parle déjà français (avec un inimitable accent de la Zone) dans bien des établissements ouverts aux touristes. Certains se procurent la convention fiscale franco-thaïlandaise, d'autres passent voir le commissariat de police en demandant où donner au temple.

Si beaucoup de contribuables estiment trop payer d'impôts, une première mesure permettrait de diminuer cet effectif : réduire la pression fiscale en réduisant les dépenses publiques. On peut rêver pour un pays devenu moyen comme la France donc incapable de déporter des charges sur d'autres, et qui semble avoir complètement assimilé sa soviétisation. Les manifestations d'assistés consentants, place de La République, laissent peu d'espoir au surgissement de guerriers capables de vaincre notre déclin. Reste à partir.

Bien des familles aisées ont fait ce choix, qui sont libres de revenir en France un ou deux mois par an pour visiter la parentèle et profiter de paysages exceptionnels et des atouts typiquement français. Mais leur carrière ou leurs affaires sont ailleurs, leurs enfants sont élevés ailleurs, leurs assurances sont prises ailleurs. J'en connais de plus en plus et au-delà de ma famille. Là, Bercy ne peut plus rien. La plus-value et les bénéfices ont disparu du Rôle de l'administration. La tendance à l'émigration est lourde¹. La porte du Paradis est à Roissy Charles-De-Gaulle.


(1) Selon Contrepoints (15.09.2014) : 1/3 des milliardaires français sont partis (clic)
Selon The Millionaire Migration Report for 2015 (©New World Wealth, mars 2016): dix mille millionnaires français se sont évadés en 2015 (clac).


Il y a encore du choix !

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lundi 15 juin 2015

Retour à Berlin


Ainsi le chéri des foules (socialistes) a frôlé le burn-out et s'est sauvé d'un AVC par le foot. On va entrer le remède au Vidal. Malgré les débordements budgétaires d'usage (on mange et on boit à bord des avions), la prescription nous est revenue moins cher qu'un séjour au Val-de-Grâce, avec la meute médiatique campée devant la grille : "Alors, alors, parle-t-il ? Vous reconnaît-il ? Va-t-on le débrancher ce soir comme Vincent Lambert ?". Des «grincheux» objecteront que les cadences infernales de la fonction sont moins pires que celles de l'industrie, et que Festival de Cannes, Tournoi de Roland Garros, Congrès Cambadélis ne convoquaient pas nécessairement le Premier ministre surmené à la finale européenne de la Ligue des Champions à Berlin où aucune équipe française n'avait pu accéder.
Avec Elisabeth Lévy, on s'en fout ! (clic)

Pour des raisons qui ont été pesées, le Premier ministre dispose, comme le président de la République - ils sont les seuls dans ce cas - d'un avion affecté à ses déplacements quel qu'en soit le motif, et c'est le député-procureur René Dozière qui le dit. Ce privilège est attaché à une fonction constitutionnelle (bien plus large dans les textes que celle exercée en réalité aujourd'hui), c'est aussi un gage économique de sécurité avec déploiement d'un dispositif relativement petit, qui apporte aussi une vitesse d'exécution. En cas d'urgence au bureau, on peut revenir rapidement. Il s'est offert une soirée de détente avec deux de ses enfants, n'aggravant en rien les coûts de cette journée, c'est vrai. Il n'y a pas mort d'homme !
Mais pourquoi ça coince ?

Parce qu'en dépit de son autorité colérique, l'impétrant au menton mussolinien s'est montré incapable d'envoyer paître les critiques avec les éléments ci-dessus ! Au lieu de cela, on se dit invité par Michel Platini, qui a déjà rendez-vous à Paris pour l'UEFA la semaine suivante (le Canard enchaîné pouffe). C'est François Hollande qui depuis la Bavière lui invente la fable de la réunion de travail EURO2016, entre deux passages aux pissotières du stade sans doute, et les hiérarques socialistes pris au dépourvu d'enfoncer le pécheur en trouvant chacun une bonne excuse inédite, bien ridicule, jusqu'à "la croissance" pour ce pauvre monsieur Sapin, Leroidec revenu, le vrai ! Gardez-moi, mon Dieu, de mes amis, de mes ennemis je me charge.

Finalement le matamore des hémicycles va rembourser deux billets qu'il n'aurait jamais pu acheter et laisse le souvenir d'un gosse sournois qui affabulerait sur le décès de sa grand-mère pour expliquer un retard de sa composition. Aussi loin que portent ses vociférations, il a la carrure d'un muezzin mais certainement pas l'étoffe d'un homme d'Etat. La péripétie aura-t-elle dessillé les yeux de ses supporters énamourés ? Ben non ! L'amour est aveugle. Normalement il aurait dû y avoir une image ci-dessous de regards énamourés, mais l'autocensure a frappé dans le cadre de la liberté totale d'expression garantie par la loi Valstasi.

Fermez le ban. Remettez vos Ray'Ban !



lundi 25 mai 2015

Miscellanées de Mai


Il m'est difficile de comprendre comment les Français de ce temps arrivent à supporter l'odeur et le bruit de notre régime politique. A moins qu'ils ne s'en foutent carrément, ce qui serait peut-être sage précaution pour lui survivre malgré tout. Car il va tomber. Tomber comme l'Ancien régime bouffé aux mîtes, comme la monarchie de Juillet vampirisée par ses commettants, comme la III° République noyée dans le purin du Front populaire, comme la IV° emprisonnée dans les petits jeux de couloirs.

Le gavage toujours pas interdit en France

La directrice de l'Institut national de l'audiovisuel, congédiée comme un domestique malhonnête pour avoir gratté plus que de raison sur les notes de frais, vient d'être récupérée au sein de la même mouvance par Mme Pellerin et occupera un poste de gestion des emplois créé spécialement pour asseoir ses compétences et continuer sa carrière juteuse. La liste est trop longue des postes de gavage d'oies créés par la République pour nourrir ses thuriféraires, on trouve sous ses ors les maris, compagnes ou compagnons, fils et filles de la parasélite régnante. Même le mari de Mme Belkacem, Boris Vallaud, est sur le payroll de l'Elysée comme secrétaire général adjoint, grâce à son réseau de la Promotion Senghor de l'ENA. Chaque promotion de la fabrique des robots-pensants tourne au gang ! Dans cette époque si difficile pour le pays, les gorets démocratiquement élus se vautrent dans la bauge comme jamais. Le roi des cochons roses prend même l'avion pour aller voter dans une circonscription où il n'habite pas, qui ne l'a pas vu naître non plus, juste pour serrer des mains reconnaissantes à son endroit ! C'est cher le bain de foule. On pourrait en faire dix pages...

 

Palmyre serait tombée, la belle affaire

Palmyre 1910
Avec le mosquée des Omeyyades, la cité de Palmyre, excavée par les Français du Mandat est le diamant de Syrie. D'après ses ennemis, l'armée du tyran alaouite a calté ! D'après la propagande du régime, la vermine est tenue en respect aux portes de Palmyre (source). Quoiqu'il en soit, s'ils sont là, c'est bien que l'armée de l'air syrienne n'a pu ou voulu attaquer les colonnes de l'Etat Islamique progressant à découvert en plein désert ; gardant le kérozène pour bombarder sa population civile au baril de dynamite ? Fiers guerriers qui ont anéanti deux cent mille compatriotes et fuient maintenant comme des lions ! Des cinq frontières du pays, le régime ne contrôle plus que celle du Liban et les ports (source).
Ceux qui, comme ce pauvre monsieur Myard, veulent surfer sur la planche pourrie d'el-Assad, vont-ils comprendre enfin que ce type ne défend que lui-même et son clan ; et que la sûreté toute relative des zones gouvernementales est aux mains des Pasdarans iraniens et du Hezbollah libanais ? Les Alaouites du peuple ne font plus bloc, ils ont compris qu'ils mourront jusqu'au dernier pour le président-oculiste et sa Marie-Antoinette. On devrait d'ailleurs se demander pourquoi Vladimir Poutine ne fournit pas au régime ami la couverture aérienne dont il aurait besoin pour casser l'Etat Islamique, alors qu'il la propose au régime de Bagdad dans l'affaire de Ramadi ! À voir reculer son allié partout, la Russie n'y croit pas. Ces infanteries arabes ne valent pas grand chose, laissant derrière elles leurs stocks d'armes et munitions pour courir plus vite. Aucune n'a tenu le choc, à l'exception notable du Hezb sous le pilonnage israélien de 2006, mais il ne manœuvrait pas.

 

... c'est ma cousine !

Les historiens se demanderont pourquoi dans des postes clés comme l'Education nationale et la Justice, le président Normal a mis l'Imcompétence majuscule aux manettes. Pour avoir l'occasion d'arbitrer les âneries dans le plus pur style de la Synthèse solférinesque ? Concernant Christiane Taubira cela reste un mystère, tant le ministère résonne de ses hystéries imprévisibles qui font défiler ses collaborateurs à grande vitesse. Pour madame Belkacem, que rien ne destinait à l'emploi - elle n'a pas le bagage, loin s'en faut - on peut la dédouaner en partie au débit du staff de pédagogistes fous qui règnent en maîtres rue de Grenelle et qui parviennent chaque fois à imposer leurs délires. Le tintamarre que provoque la réforme du collège dans les rangs de l'UMP ne portera pas à conséquence si ces gens revenaient au pouvoir, ils arrondiront les angles et ne changeront rien aux dispositions retenues, comme il en fut des funestes 35 heures. Il est vain de compter sur un détricotage post-électoral de l'aventure socialiste, le programme de la droite n'a aucune colonne vertébrale et si peu de convictions !

 

Trading sacré

Les géostratèges que le monde nous envie établissent aujourd'hui l'Etat islamique entre l'Euphrate et le Tigre, lui reconnaissant les bénéfices d'exploitation de champ pétrolifères et gaziers. Tous les revenus de l'EI proviendraient de là et sont affectés majoritairement aux dépenses de fonctionnement. La Défense n'est pas abondée depuis que Daech a récupéré tout l'équipement militaire de la province de Ninive que les Américains avaient donné à l'armée de fonctionnaires chiites d'Al-Maliki, le désastreux président de Bagdad, viré non sans difficultés en 2014. Question : qui achète les produits et comment sont-ils livrés ? La carte nous indique que s'ils ne sont pas consommés sur place, ils passent obligatoirement la frontière turque, même si la Turquie n'est pas impliquée par elle-même. La chaîne de contrebande est tout ce qu'il y a de classique, collection des quantités, passage physique de la frontière, livraisons aux grossistes qui détaillent. On en sait un peu plus par ici. Le contenant privilégié sont les fûts et bidons, roulables, portables et même discrets ; le camion-citerne rarement en dehors du territoire de l'EI. Sans bases de calcul très sûres, on pense néanmoins que l'EI collecte ainsi un million de dollars quotidiennement.
Intercepter le trafic convoquerait des moyens de police et douane bien plus utiles ailleurs - on est en pays kurde. Les autorités turques qui sont parfaitement au courant, considèrent cyniquement que ses ressortissants s'approvisionnent à moindre frais et que le débouché, vital pour les Freux, les protège.

 

Rohingya et Bengalis

Comptage de Rohingya par la Marine thaïe
La bonne conscience occidentale est choquée de la gestion des migrants dérivant en Mer d'Adaman. Les marines birmane, indonésienne, thaïe et malaisienne défendent leur côtes jusqu'à envoyer par le fond des bateaux vides au canon. Elles ont "oublié" de demander la permission aux Nations-Unies et on ne voit pas qui viendrait le leur reprocher. Le principe appliqué est de refouler en haute mer les bateaux non déchargés vers les eaux territoriales de départ, sinon vers le voisin, en fournissant des bouteilles d'eau aux gens. Noyades et maladies n'attendrissent pas les coeurs sauf peut-être ceux de pêcheurs-pirates du Détroit de Malacca qui volent au secours des malheureux pour en tirer ce qui peut représenter encore quelque valeur. La vie est en Asie une fenêtre d'opportunités des espèces animales dont la nôtre, et certainement pas un "sacrement". S'y ajoute l'aspect présentable de la personne, l'habit faisant là-bas le moine ! Aussi leur approche est-elle bien différente de la nôtre, compassée et faux-cul. Je pense que M. Bernard-Henri Lévy devrait faire une mission d'intermédiation entre la crasse et le cynisme, ou faire un selfie avec Aung San Suu Kyi, prix Nobel anti-muzz de la Paix. Bonne chance.

 

Addendum

En ce mois de mai, la Chine communiste a réitéré ses menaces d'expulsion des forces américaines de "sa" Mer de Chine méridionale pour régionaliser les conflits de souveraineté qu'elle attise, et ce faisant accroître son poids de négociation non négociable. Mais cela mérite un billet à soi seul... au premier coup de canon.



♫ Joli mois de mai,
Quand reviendras-tu
M'apporter des feuilles, m'apporter des feuilles ?
♫ Joli mois de mai,
Quand reviendras-tu
M'apporter des feuilles pour tala tutu ♫


lundi 25 février 2013

Les Chinois dans la pierre

SAFE est le nom de l'institution chinoise d'administration des réserves de change de l'Empire du Milieu (3310 milliards de dollars). Royal-Artillerie a présenté ce léviathan financier dans un billet resté fameux, Picsou l'a rêvé, Ts'ai-chen l'a fait, paru aussi dans l'AF2000 le 20 janvier 2011. C'est à Londres qu'on reparle du monstre.

1 Angel Square
La SAFE avait garé 2,5 milliards de dollars en 2008 chez un fonds collectif d'investissement américain, Texas Pacific Group (ce fonds détient 42% de notre TDF) qui avait lui-même misé sur la Washington Mutual Investment Holding Corp. de Seattle (WIMH). Cette banque multi-marchés, un des plus gros acteurs des Etats Unis, a fondu les plombs le 25 septembre 2008 dans l'ouragan de feu des subprimes et SAFE n'a jamais rien dit de la lourde perte encourue. Mais n'en a pensé pas moins. Choisir une grosse institution - too big to fail - était décidément une connerie malgré les cours dispensés à l'université. TPG est le seul échec connu de la politique d'investissement de la SAFE, mais il y en eut probablement d'autres. C'est ce qui a redirigé ses crânes d'oeuf vers le placement de père de famille, un vieux truc chinois finalement. C'est Londres (et l'Angleterre) la première cible, la mauvaise santé de l'économie britannique ne perturbant pas les analystes de Pékin ou Singapour. Ils visent simplement l'immobilier et les infrastructures... comme le ferait le Qatar ! Le Qatar certes, mais tous les fonds souverains d'aujourd'hui, Norvège, Azerbaïdjan, Malaisie, Brunei..., échaudés par la créativité financière que seuls les créateurs arrivent à comprendre.

Le bras investisseur chinois en vue est le fonds singapourien Gingko Tree Investment Ltd immatriculé à Londres (comme par hasard) et détenu à 100% par la SAFE qui a décidé de sauter par dessus la cascade d'acteurs spécialisés, fonds investisseurs classiques et banques, pour mettre ses sous directement sur la cible ultime. Selon Dealogic, il est sorti du bois l'an dernier. En janvier il a racheté à la Barclays pour 550 millions de livres 40% de la United Pulp & Paper Company Ltd. qui travaille dans l'écologie du recyclage et traitement de déchets, l'énergie de récupération. Gingko a placé immédiatement deux administrateurs au conseil. Gingko avait pris en juillet 10% dans le consortium qui a racheté le réseau d'eau Veolia Water Central pour 1236M£. Il a ramassé aussi un immeuble de bureau à Manchester (49% de One Angel Square) en décembre, après avoir payé en mai 438M$ pour l'immeuble de bureaux Drapers Gardens de Londres, selon Real Capital Analytics (NYC). Ce ne sont que des exemples émergés.

Winchester House
Excédés par les faibles taux d'intérêt des bonds du trésor et le yoyo spéculatif des actions en bourse déconnecté des réalités, la SAFE gare les avoirs de l'empire dans la pierre, ce qui est une innovation, mais oblige à désinvestir du papier. Jusque là, le défaut de confiance dans les entreprises qu'elles ne dirigent pas obligeait les autorités chinoises à se garder "liquides" le plus possible, quitte à jouer sur les changes. Mais la montagne de bons amassés les étouffe. Ils auront mis deux décennies au moins à comprendre du haut de leur incommensurable orgueil qu'ils ont acheté de la m... La Washington Mutual leur a ouvert les yeux.
De son côté, la CIC, fonds souverain chinois China Investment Corp. qui gère 410 milliards de dollars d'actifs, a racheté la prestigieuse Winchester House pour 401M$, pour la louer à la Deutsche Bank qui en a fait son siège anglais. La CIC a aussi des parts dans l'aéroport d'Heathrow et dans le réseau d'eau Thames Water. C'est clair !

Sont-ils au courant que nous avons des usines super-productives et que personne n'y met un kopek ! C'est vrai qu'un syndicat communiste dans l'affaire est rédhibitoire pour un Chinois responsable, même si M. Mélenchon est un "ami utile" !


mercredi 16 janvier 2013

Un voyage aux EAU pour quoi faire ?

la cambrure est un peu surjouée, mais bon...
M. le Président et son ministre des Affaires étrangères, le ministre de la Guerre empêché s'excusant, sont allés aux EAU. Abou-Dhabi et Dubaï étaient au menu des quêtes. Il ne s'agissait pas moins que de lever des fonds auprès des émirs du Golfe pour exterminer leurs clients, empêtrés désormais dans une guerre ingagnable, malgré l'avis tranché de M. de Villepin. Le projet de prendre un Etat du Sahel, comme al-Qaïda l'avait réussi en Afghanistan, est pour le moins ensablé depuis que la France a dit "non, je t'emm..." aux narco-islamistes. Ce d'autant plus que les résidents complices ont débouclé brêlages et cartouchières pour se remettre à la vaine pâture et soigner leurs chameaux. Les guerriers touaregs qui ne sont pas passés en Mauritanie se sont ralliés aux successeurs de l'Escadron Blanc ! Taratata, c'est le clairon qui sonne...

Les "experts", s'ils décrivent très bien les canaux sunnites de soutien à la "fratrie salafiste" dans sa globalité¹, y compris les enfants terribles du terrorisme, ont du mal à emboîter cette vérité dans la diplomatie pro-occidentale de tous les gouvernements du Golfe, coincés entre un royaume wahhabite soupçonneux de toute contradiction le mettant en péril sur la Péninsule heureuse et un Iran chiite qui cuisine une bombe atomique à leur mettre sur la serviette² au premier coup de vent d'est. Il est reconnu au salafisme une réelle capacité d'entraînement des communautés sunnites contre l'hégémonie chiite. Les émirs étant au coeur de cet affrontement tant comme cibles que comme acteurs, une certaine promiscuité est "naturelle" entre ces pouvoirs despotiques qui ne boivent que de l'eau et la préconisation de rites absolus auxquels ils font semblant d'abonder pour prévenir de sales réactions chez eux. Quand il leur faut s'arracher à la tenaille cléricale et respirer un peu de Famous Grouse, ils prennent l'avion ! Humer n'est pas pécher.

Des Mirage 2000 à la base française d'Abou Dhabi



Le voyage aux Émirats était depuis longtemps prévu d'affaires. Les industriels français rencontraient les hommes d'affaires du Golfe et d'ailleurs à l'occasion du Sommet international sur les Energies du futur. Il est devenu l'occasion unique de vérifier l'état de préparation de notre base aéro-navale d'Abou-Dhabi et de parler de lutte anti-terroriste, ce qui est toujours scabreux en pays arabe tant la logique est en désordre dans le maillage oriental des relations et des intérêts. On peut néanmoins penser que le constat d'échec de l'Islam coincé, qui a débondé l'esprit entrepreneurial des anciens pirates de la Côte éponyme, les poussera à nous comprendre, jusqu'à prendre le train géopolitique qui va bien au teint et au porte-monnaie, le train occidental.
Laurent Fabius semble jouer à pile ou face les effets de son voyage en souhaitant la présence nombreuse des émirs à la Conférence des donateurs qui aura lieu fin janvier à Addis-Abeba en marge du sommet de l’Union africaine, afin de discuter du financement de l’opération militaire lancée contre les terroristes qui occupent le nord du Mali. Il est bien évident que les armées africaines n'ont pas le moindre peso à mettre sur la nourriture et les munitions de leurs soldats et qu'autant leur sera apporté d'Europe, d'Afrique et du Moyen-Orient, autant de moins sera fourni par le budget français en capilotade.


Ce billet est l'occasion de faire un sort par pure justice à la légende du mou du genou attachée à François Hollande. Quand il fut appelé avec sa classe d'âge aux "trois-jours" il fut réformé ! Très déçu, il demanda un contre-examen médical et fut déclaré bon pour le service. Sursitaire, il fit les EOR à Coëtquidan et son application à l'Ecole du Génie à Angers, puis son temps d'aspirant au 71è Régiment du Génie à Oissel (77). A la même époque, son prédécesseur tuait son temps de bidasse à la caserne Balard du 15è arrondissement de Paris ! Ceci étant dit, notre président a quand même les bases, au moins les éléments de langage puisqu'il a poursuivi dans la réserve jusqu'au grade de lieutenant-colonel. Le reste s'appréciera en temps utile. Pour le moment RAS. GO !



(1) "Le salafisme est une vision de l’islam qui privilégie le Coran, la sunna et l’imitation des pieux ancêtres (salaf sâlih) assimilés aux compagnons du Prophète Muhammad dans la période idéalisée de la première communauté de Médine (622-661). Il s’agit donc d’une lecture fondamentaliste, voire littéraliste des textes de l’Islam, hostile à l’intervention de la raison dans l’interprétation du message divin” (François Burgat & Mu‘hammad Sbitli)
(2) allusion fine à l'accoutrement officiel des "towel-heads".

vendredi 11 janvier 2013

L'État proxo

Vendredi, jour du poisson et des morues. L'intérêt que portent les nouveaux maîtres du pays à nous peser fiscalement sous toutes les coutures a quelque analogie avec l'orgueil du propriétaire, courant les champs de coton monté sur son grand cheval noir, à mesurer l'ampleur du présage. Une classe politique que nous avons créée nous a mis en culture. La force avec laquelle elle défend ses positions retranchées des réalités qu'elle compte pérenniser en tirant le sang des pierres, s'apparente à du proxénétisme. La remise en perspective de la loi des 75% en est la preuve. On prend souvent la facilité de dire qu'au-delà de cinquante pour cent d'impôt sur le revenu des ménages, on entre dans un régime de type communiste. La soviétisation avérée de la République française depuis la Libération l'autorise. Le prédécesseur de François Normal, qui penchait plutôt pour les néo-cons, s'en était ému au point de limiter les contributions directes de chacun à la moitié de ses revenus. Le chiffre se calculant après clôture de l'année fiscale, il arrivait que certains contribuables se voient rembourser un trop-perçu, ce qui enrageait tous ceux qui ne heurtaient pas le dit-bouclier, se gardant bien d'expliquer aux "pauvres" que le "riche contribuable" avait quand même donné la moitié de ce qu'il avait gagné. Qui se souvient que l'impôt sur le revenu fut décrété en 1914 pour améliorer les finances d'un Etat qui faisait face à l'accumulation des périls mais que sa progressivité fut contestée alors au motif qu'elle risquait de rétablir au bas de l'échelle sociale les privilèges supprimés en haut lors de la réforme fiscale de la Révolution (Marcel Marion¹). Nous y sommes en plein. Comme le disait JC Maitrot, « le contribuable veut que l'État lui épargne des charges financières trop lourdes, mais de manière paradoxale, le citoyen (qui est aussi contribuable) entend voir accroître les prestations dont il pourra bénéficier, prestations fournies par les personnes publiques et financées par l'impôt ». Tant que le citoyen reste contribuable direct, ce paradoxe demeure un frein à la pression fiscale de l'Assemblée nationale. Quand il ne l'est plus - et la moitié des ménages ne contribue pas à l'IRPP - la population en jachère met en coupe réglée la population en culture par la simple règle démocratique, un homme, une voix.

Les perspectives financières de l'année commencée sont mauvaises d'où qu'on les tire. Les anticipations du gouvernement qui ont servi à établir le taux de prédation de l'Etat pour l'exercice budgétaire sont fausses, et les rentrées fiscales insuffisantes à dépenses constantes. S'ajoute à ce constat comptable, le drainage nié des contribuables les plus riches vers l'étranger et celui, moins effectif en termes de rôle, des jeunes entrepreneurs qui partent abriter leurs espérances sous des cieux accueillants. Fureur des proxénètes qui voient le trottoir s'éclaircir. Faudra-t-il se résoudre à terminer les subventions, les fromages, les niches, les privilèges et exonérations, et tout ce qui s'apparente à du vol légal ? On prend au travail les disponibilités nécessaires à l'entretien des oisifs et des assistés qui représentent un capital électoral considérable qu'il est avisé de transformer en clientèle. Ce capital ne diminue pas - on pensait même l'accroître par le vote étranger - et le disponible rétrécit en conséquence d'une politique hostile à la valeur ajoutée. Alors que faire ? Fermer les frontières ? Lancer la police fiscale dans les présumés paradis fiscaux pour y débusquer les émigrés ? Saisir leurs biens et les vendre à l'encan comme biens nationaux ? Ce serait loger la classe politique en châteaux comme les métayers de l'Ancien régime. Déchoir les absents de leur nationalité française ? Idiot, c'est impossible, même pour la pourriture carcérale. Reste à séquestrer l'épargne résidente. Nul n'y songe ? Alors qu'on entend régulièrement tel haut-fonctionnaire, tel ministre mettre en face de la Dette la masse épargnée par les ménages ?

On pense aussi taxer à l'américaine toute l'assiette fiscale où qu'elle se trouve au taux national, sous déduction des contributions versées à résidence selon convention bilatérale ad hoc. Pour éviter la capitation universelle des ressortissants français, il serait avisé au-delà d'un certain niveau de réussite de laisser tomber sa nationalité française ou d'en prendre une seconde. Certains l'ont fait avant Gérard Depardieu, l'idée est en chemin dans le milieu expatrié et la défaisance serait générale si une telle mesure de rétorsion passait au Palais Bourbon. Bon vent et réciproquement, la patrie s'emporte dans son coeur ; outre le fait que ses contours peuvent ne pas coïncider avec les limites de l'Etat qui l'exploite, il n'est pas besoin d'un passeport pour s'en assurer. Quand donc les hommes politiques s'exileront-ils à leur tour, laissant derrière eux leurs prébendes et l'appel à l'impôt qui les finance ? On pourrait peut-être s'en occuper ! Aux Kerguelen toujours ! L'État-nation n'a plus grand avenir quand il dévore son peuple. Toute l'histoire nous le montre.


(1) «La progressivité épargne des millions de citoyens pour en accabler quelques milliers». Cette progressivité risquait de rétablir au bas de l'échelle sociale les privilèges supprimés en haut et de rompre alors avec l'esprit révolutionnaire de 1789 (l'article excellent et complet sur l'impôt de 1914 ici).


mercredi 9 janvier 2013

Cahuzac, un profil de médaille en or

Le ministre du Budget qui cultive une arrogance de saison avec un dédain mesuré de ses contradicteurs que lui autorise sa contribution à l'ISF, est une fabrication heureuse de la Socialie, encouragée d'ailleurs en Sarkozie régnante par l'auguste fonction de Président de la Commission des finances, de l'économie générale et du contrôle budgétaire à l'Assemblée nationale dans la législature précédente, fonction dont il ne retira que des louanges, et qui était la clef qui tourne dans la serrure de Bercy.
Mais Jérôme est aussi un ancien cardiologue reversé dans la chirurgie capillaire et le conseil en lotions¹, une offre très éloignée des aspirations prolétariennes, mais comme disait Terra Nova, les ouvriers c'est du passé. Tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes de l'argent-roi quand survint le démon de minuit et le détective Jack Palmer, mandaté par Patricia, l'épouse associée en affaires. Patatrac !

La dénonciation de Médiapart - on parlera de Plenel plus bas - met en scène un foule de marionnettes dans son petit théâtre. On y voit pêle-mêle l'Union des banques suisses, actuellement soumise aux inconvénients d'un intérêt soutenu de la part de la police fiscale française (la BNRDF) ; la soeur du Pinochet-nouveau-est-arrivé, Me Isabelle Copé, avocate de l'ex-épouse trompée ; l'inspecteur des impôts psychopathe pensionné de l'Etat, capable de se contrôler lui-même à temps perdu ; le juge anti-terroristes Bruguières devenu candidat à l'élection d'une municipalité-cassoulet, c'est pas fini ; un corbeau non identifié mais dont l'existence est revendiquée par les médisants ; une jolie mariée presque neuve que tout le monde connaît dans le showbiz ; et pour couronner le tout, la qualité indélébile de strausskahnien du "prévenu" qui a eu le front de convoquer dès le départ le renfort de la garde à tout-faire de DSK, en la personne du gentil Stéphane Fouks d’EuroRSCG. Sauf la négresse - elle était philippine - n'y manque aucun ingrédient pour faire un film ! A la réserve près qu'il serait surprenant qu'il bénéficie de l'avance sur recettes de l'Etat !


Jérôme et sa nouvelle Belle-maman entre les Delon

Malgré les dénégations de la cible le doute, s'il n'est permis, est possible, et c'est bien ce qui conforte le scandale médiatique de Médiapart. Fredonnons « La calunnia è un venticello » de Don Basilio² ; de la fange jetée il restera toujours les tâches. Un chirurgien dans un créneau porteur doublé d'un conseiller de laboratoires pharmaceutiques finit par avoir beaucoup d'argent. Sera-t-il le seul parmi ses confrères à l'abriter ? Il l'affirme et chacun de sourire. La social-démocratie au caviar d'Aquitaine ne peut sortir indemne de pareilles accusations. Celles de Médiapart qui prétend que le ministre du Budget en poste avait un compte non déclaré à l'UBS-CH jusqu'en 2010, dont les avoirs auraient été virés à Singapour, ressortissent au domaine du faisable.
Médiapart force la posture de l'impassibilité jusqu'à demander l'enquête préliminaire du Parquet pour ficeler le ministre dans un faisceau de soupçons, car ne rien trouver ne prouve jamais rien ! Et Edwy Plenel le sait bien, qui a lancé l'affaire sur une cassette audio de qualité discutable, fondée sur des hypothèses assez scabreuses d'un inspecteur des Impôts légèrement mythomane. Que cherche-t-il ? Le scoop, tout simplement et des abonnements à son journal électronique d'investigation (et dénonciation). Mais si d'aventure - par un communiqué précis de l'UBS par exemple - il était manifestement prouvé que la dénonciation est parfaitement calomnieuse, le site et son rédac'chef finiront pendus sous le Pont-Neuf, les yeux et la langue bouffés par les choucas ! La non-réponse de l'UBS les sauvent pour le moment, pour le moment !

Dans son rôle d'imprécateur trotskyste - formation LCR - Edwy Plenel attaque sans relâche l'Etat, cause de tous les maux. Ses études à Alger après l'indépendance l'en ont sans doute convaincu. Garçon fort sympathique mais pas vraiment fini, son travail d'enquêteur obstiné dans la Mitterrandie glauque parvenue aux affaires - les petites histoires d'aujourd'hui sont nullissimes à côté de celles d'avant - ont créé l'icône à scoop que nous connaissons. Amusant : il a le même âge que Cahuzac.
Entre-temps, écouter le ministre grand bourgeois du Budget déclarer à l'Assemblée Nationale dans l'affaire Depardieu qu'« il s'agit d'éviter que ceux qui décident de vivre en dehors de nos frontières s'exonèrent par là-même des obligations fiscales que ces personnes ont à l'égard de leur pays dans lequel elles sont nées, elles ont grandi, elles ont été éduquées, formées, le plus souvent où elles ont rencontré la prospérité sinon la fortune » sonne faux. Désespérément faux.



(1) Qui se souvient de la Lotion Dubito qui ferait pousser des cheveux sur une boule de billard ?
(2) Traduction du livret de Sterbini :
La calomnie est un petit vent, une petite brise très gentille, qui, imperceptible, subtile, légèrement, doucement, commence, commence à murmurer. Piano, piano, terre à terre, à voix basse, en sifflant, elle glisse, elle glisse, elle rôde, elle rôde, dans l'oreille des gens, elle s'introduit, s'introduit adroitement, et les têtes et les cervelles, étourdit et fait gonfler. En sortant de la bouche, Le tapage va croissant, il prend force peu à peu, vole déjà de lieu en lieu, il ressemble au tonnerre, à la tempête, qui au cœur de la forêt, va sifflant, grondant, et vous glace d'horreur. À la fin elle déborde et éclate, se propage, redouble, et produit une explosion, comme un coup de canon, comme un coup de canon, un séisme, un orage, un tumulte général, qui fait retentir l'air. Et le pauvre calomnié, humilié, piétiné, sous le fléau public, par grand malheur s'en va crever.

lundi 7 janvier 2013

Chine : la sécurité publique au rapport

Legal Daily est un bulletin du ministère de la Justice de Chine populaire qui traite d'affaires judiciaires. Il est diffusé jusqu'au dernier cadre du Parti. Il a publié le 27 décembre dernier son rapport de manifestations de masse pour l'exercice en cours de clôture et donné ses recommandations pour traiter ses questions au niveau local. C'est très instructif sur l'état de l'Opinion chinoise vis à vis de ses administrations. On comprendra que le ministère n'ait pas noirci le tableau, et les non-dits sont des aveux pour tous ceux qui ont eu maille à partir avec les autorités et qui ne se retrouvent pas dans le Rapport annuel 2012, que l'on obtient sur simple demande au ministère (avec nom, prénom, date et lieu de naissance, nom du père, nom de la mère, motif de la consultation.... faut pas rêver non plus). Ce que veut dire le ministère est aussi intéressant que la vérité. D'autres administrations chinoises situent le nombre de protestations collectives entre 80 et 100000 par an, mais tout dépend bien sûr de la masse agrégée chaque fois !

Premier mis en cause le réseau social de microblogging Weibo. Et Legal Daily de recommander aux autorités locales de ne pas bloquer l'information, de ne pas disperser les rassemblements par la force, de ne pas commencer par des arrestations, mais de prendre une attitude positive en faisant des déclarations sincères et en contactant les meneurs. Cette attitude est bien sûr destinée à la consommation populaire afin de pouvoir dire quand ça dérape que c'est par désobéissance des cadres locaux aux directives nationales et pas à cause de la politique de contention de la contestation... légitime. Façon aussi d'enfoncer le clou dans les têtes de pioche communistes de base que Weibo sera à la fin le plus fort et qu'elles se seront déconsidérées en vain aux yeux de la population.

Quelques statistiques :

- les manifestations ne durent généralement pas plus d'une journée (75,6%), parfois jusqu'à une semaine (20%), rarement plus (4,4%).
- les provinces les plus remuantes sont au nombre de trois : le Guandong (ndlr= capitale : Canton, et grosses villes de production industrielle), le Sichuan (ndlr= capitale : Chengdu, et forte minorité tibétaine à l'ouest), le Henan (ndlr= capitale : Zhengzhou, et pays très rural sur le Fleuve jaune avec de fortes rivalités ethniques).
- les motifs d'insatisfaction sont au nombre de six :
  • conflits sociaux (24,4%)
  • affrontements entre la population et la police locale (22,2%) C'est assez révélateur d'une insécurité politique du Parti communiste.
  • démolitions immobilières forcées, expropriations (22,2%)
  • conflits administratifs (13,3%)
  • émeutes ethniques (8,9%)
  • protection de l'environnement (8,9%)
- la mise en cause de l'intérêt général dépasse nettement celle des intérêts particuliers (57,8 contre 42,2%). Les affrontements contre les constructions d'usines polluantes ont émaillé toute l'année 2012.
- les segments de la population impliqués dans ces manifestations sont parfaitement sectorisés : citadins (51,1%), paysans (46,7%), migrants intérieurs (17,8%), étudiants (11,1%), minorités ethniques (4,4%) et ressortissants étrangers (2,2%) chiffre important quand on sait la facilité d'expulsion.
- les cadres locaux sont invités à se préparer (voire s'entraîner) aux situations d'urgence d'autant que 53% des manifestations sont spontanées (31% programmées d'avance et 16% interviennent après une accumulation de griefs).
- les vecteurs d'appel à manifester sont divers, mais très majoritairement par contact direct entre individus (rencontre, coup de fil à 95,6%), les réseaux sociaux étant surestimés pour l'instant, 13,3% par Weibo, 4,4% par un forum et 4,4% par sms ou "tweets". Le reste, on ne sait pas.
- La part du microblogging ne peut que croître. Voici la recommandation explicite de Legal Daily :
On s'aperçoit que la nature des manifestations collectives change avec le développement d'Internet et qu'il y a de plus en plus de méthodes disponibles pour les organiser avec des gens qui ne se sont jamais vus mais se constitueront en groupement d'intérêts, ce qui encouragera les incidents de masse. Dans ces circonstances, tous les d=services des administrations locales ont besoin de professionnaliser leur utilisation des comptes officiels Weibo et leur surveillance et contrôle de l'expression publique sur Internet.
- les conséquences de ces manifestations collectives laisse entrevoir une brutalité (réciproque):
  • dommages aux biens (73,3% des cas)
  • blessures (71,1%)
  • solution pacifique (11,1%)
  • morts (8,9%) ndlr= ce qui est énorme !
- les réponses données aux revendications collectives ont été épluchées. Il ressort de l'étude que les mesures positives (57,8%) sont au même niveau que les mesures négatives (62,2%), 15,6% des cas n'ayant fait l'objet d'aucune mesure (pourrissement). Sont considérés comme positifs les explications officielles, la discussion avec les meneurs, l'enquête sur les procédures contestées, l'arbitrage bienveillant, la publicité des lois et règlements. Sont considérés comme négatifs le blackout de l'information, la dispersion par la force publique, l'arrestation et la détention des meneurs.

Ce que nous apprend ce rapport (dont les éléments de base ont été sollicités en tous sens, ne nous leurrons pas) est la forte instabilité sociale du pays et la résilience surprenante (pour le Parti) de la contestation. Inutile de mettre tous ces gens en prison, suggère Legal Daily, le nombre de manifestations ne baisse pas et la violence des conséquences largement avérée, empire. C'est bien sûr la corruption endémique des mandarins et la distorsion gigantesque des niveaux de vie aggravée par l'étalage impudent d'un luxe du plus mauvais goût par les "profiteurs" de la libéralisation économique qui nourrissent la revendication générale ; mais aussi le défi sanitaire auquel le pays est confronté et contre lequel réagit la classe moyenne et la jeunesse ; il n'est pas besoin de sondes, compteurs et capteurs pour étouffer par endroit dans la suie du développement échevelé. Quant à l'eau... c'est un effluent d'égout, tout y va.
Le nouveau cabinet Li Keqiang qui prendra la barre après le Nouvel an lunaire et dont on anticipe une meilleure compétence dans les affaires sociales et environnementales, devra relever les défis précités, au milieu de nombreux problèmes diplomatiques. Les premières déclarations de la "jeune "équipe" laissent comprendre qu'ils ne différeront pas les réformes intérieures à meilleure fortune des contentieux externes - le nouveau président est déjà président de la Commission militaire centrale sans le délai d'usage - mais que la fracture sociale et l'environnement auront leur priorité. Reste à mettre la langue de bois en musique !




Shizhou City Juin 2009



(Merci à Danwei pour sa compilation d'images)

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