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mardi 4 avril 2023

Une Charte pour demain ?

clocher de l'abbaye de Fontevraud
[Spécial Royco] La Charte de Fontevrault est-elle fongible dans l'indifférence ? Sa continuation est mise en péril par l'absence de candidat au poste de gouverneur qui sera déclaré libre au 25 du mois d'août 2024. Pour palier cette timidité à se compromettre socialement, le président-fondateur a décidé de créer une fonction d'alter ego afin de continuer le binôme "président-gouverneur" qui jusqu'ici n'a factuellement rien prouvé, tant en effectif cotisant qu'en influence. Je ne donne pas les chiffres étiques publiés par la Charte, le but étant de trouver une échappatoire plutôt que d'appuyer sur la tête. Il s'agira donc d'un Connétable. Mazette ! On imagine l'impétrant de haute taille, l'œil perçant et suite nombreuse en armures polies-miroir, capable de renverser une situation compromise. Patience, nous allons savoir : on prendra connaissance des "attendus" en cliquant sur cet article récent du blogue chartiste : Fondation d’un nouvel office à la Charte de Fontevrault. Vous noterez que tel un cuirassé, la Charte restera sur son erre et discutera de ce point le 25 août prochain pour application un an plus tard, si Neptune y consent.

Pourquoi ?

Non, pas le connétable, mais l'apparente cachexie dont souffre la démarche œcuménique remettant l'avenir de la cause royaliste entre les mains de la Providence qui apparemment ne l'a pas saisie ! Il y a deux réponses :

(1) Le Temps : comme toute œuvre humaine, la Charte de Fontevrault est inscrite dans la quatrième dimension, le temps. La Providence n'y est pas. On peut raisonnablement penser que la puissance céleste est là, quelque part, de toute éternité et que le séquençage temporel n'est qu'un convention humaine de classement des événements les uns par rapport aux autres, mais fondamentalement ce paradigme n'est pas reconnu en "haut lieu". Pour ne pas désespérer la crypte, certains comptent en semaine d'années kabbalistique afin d'allonger la portée de la partition temporelle, mais comme le chat de Schrödinger, on ne peut être dans le siècle et dans le ciel en même temps. Ce qui veut dire que l'invocation de la Providence finit à certains égards par ressembler au mythe du Bateau Blanc* ou plus prosaïquement s'agissant du retour d'un prince, à celui de John Frum*. Mais ces deux espaces ne collisionnent pas. C'est un vice caché structurel, à mon seul avis, bien sûr.

(2) Le projet : faire parler entre elles les chapelles royalistes comme l'ont tenté les Biennales Blanches jusqu'au four de Tours constaté par le gouverneur Pachot (clic), ne peut pas être l'objectif secondaire durable d'une organisation aussi discrète que la Charte, sans l'émulation d'un but à atteindre, d'une cible. Or, ces chapelles parfaitement sécularisées ne reconnaissent, chacune à sa manière, que les avantages des principes monarchiques applicables à la royauté, sans promouvoir aucun agenda pour y atteindre, à l'exception du parti de l'Alliance royale construit sur une plateforme politique mais qui n'apparaît pas dans les lucarnes bleues. On peut comprendre que le plan proposé par la Charte de "prier et attendre le grand monarque" ne puisse convaincre largement les chapelains ; les princes un peu plus, qui ne désirent rien moins que leur tranquilité. L'accueil n'est que de sympathie, il n'y a pas d'entrainement rassembleur, encore moins multiplicateur. C'est donc bien là le défi auquel elle est confrontée : quelle queue de trajectoire susceptible d'éveiller l'intérêt dans un espace-temps défini ? Royal-Artillerie a étudié une cible programmatique simple à comprendre et surtout à expliquer : le régalien au roi, et rien d'autre ! Nul besoin d'épiloguer longuement, il suffit de cliquer sur les quatre liens de l'Espace Rénovation Politique dans la colonne latérale de ce blogue, et prendre le temps d'étudier la question.

eau-forte d'un château par Montbrillant

Ce choix du régalien strict divise le champ socio-politique entre espace étatique constitutionnel (les institutions de tête) et espaces social et sociétal où le titulaire de la charge n'interviendra jamais, laissant le gouvernement des gens aux assemblées citoyennes qu'ils se choisiront. Ainsi les vertus théologales et cardinales si prisées des chartistes reviendront-elles dans le champ régalien à l'effet de quoi il sera légitime d'appeler la Providence à les y maintenir, même si elle ne répond pas. La cible est réduite et les "valeurs" à défendre sont débarrassées des dérives "progressistes". La rechristianisation souhaitable de l'espace privé deviendra une tâche séparée de la promotion du roi et largement remise entre les mains expertes de l'épiscopat. La cible du régalien n'interfèrera pas dans le choix du monarque que les circonstances présenteront. Celui-ci devra être en capacité de conduire son domaine régalien au profit de tous, et la permanence de ce souci sera assurée par la succession familiale. On ne lui en demandera pas plus, encore moins de répondre aux lois fondamentales obsolètes qui n'ont su préserver le modèle précédent d'un échec retentissant. Une res-tau-ra-tion ne peut être un but fédérateur car, d'expérience, elle est démolissable assez facilement. Ceux qui voudront continuer à invoquer ce mythe échoué seront mieux avisés d'approvisionner suif et mèche pour incanter dans la crypte et s'y rassurer. Le défi de la Charte n'est-il pas d'ATTERRIR à moins de disparaître ? Remettre son destin à la Providence n'oblige pas à vouloir fréquenter toutes les allées du Paradis. Le Ciel aidera autant que les hommes affronteront des réalités et pas des constructions mentales dans un brouillard mystique qui les rassure. Il n'est qu'à ce niveau qu'ils rencontreront un résultat récompensant leurs efforts.

Reste une question avant de fermer l'article, que je pose aux chartistes : ce choix de remettre toute espérance dans les mains d'une Providence qui ne répond jamais, est-il un protocole de psychothérapie sourde ? Parce que l'appétence inlassable pour les visions ou apparitions, toujours indirectes mais dans le bon sens, ne laisse d'interroger l'agnostique atterré que je suis. Vos commentaires spécifiques bienvenus.


Liste des liens en clair :
  • https://charte-fontevrault-providentialisme.fr/index.php/2023/03/31/le-mot-du-gouverneur-fondation-dun-nouvel-office-a-la-charte-de-fontevrault/
  • https://chartedefontevraultprovidentialisme.wordpress.com/2019/10/21/12-octobre-2019-un-petit-commentaire-apres-la-6eme-biennale-blanche-tours/
  • https://www.gilles-debouverie.fr/mes-lectures/archives-lovecraft/10-le-bateau-blanc-lovecraft
  • https://journals.openedition.org/jso/10210
  • https://royalartillerie.blogspot.com/2019/09/providentialiste.html

dimanche 5 janvier 2020

La Charte se rebiffe

Dans son chapitre extraordinaire du mois de novembre de l'an passé, la Charte de Fontevrault a soldé les comptes de la Biennale Blanche 2019 qui a fait un four retentissant dans les salons de l'Hôtel Mercure à Tours le 12 octobre dernier. Plusieurs raisons ont concouru à cette contre-performance, excentricité du lieu, routine des présentations, mais c'est plus sûrement le fond même de l'affaire qui était en cause, comme nous ne nous étions pas privé d'en prévenir les organisateurs dans un billet spécifique titré Œcuménisme providentialiste. Ce qui ne les avait pas émus.


La démarche œcuménique visant à l'organisation d'une conversation de tous les mouvements royalistes s'est avérée au final peu suivie, malgré quelques succès d'estime des éditions précédentes à Paris, dus surtout à l'entregent inlassable et l'empathie du président Texier. Si le projet n'a pas percuté, les raisons en sont assez simples : les groupes royalistes, quand ils se parlent, n'écoutent que ceux qui défendent le même prétendant qu'eux : si vous n'en avez pas, vous n'êtes pas royaliste. En ce sens la Charte de Fontevrault qui attend un signe du Ciel pour choisir le sien, est ailleurs, comme aurait dit Michel Jobert. Chaque chapelle étant convaincue de détenir le seul vrai Graal, la position d'attente de la Charte est lue comme un retrait du champ de bataille. Cela n'est plus le cas.

La Charte de Fontevrault a décidé sa refondation autour de son axe majeur que nous expliquerons dans un billet à venir. Elle ne promouvra désormais que le royalisme providentialiste et cessera de faciliter un dialogue inter-chapelles qui s'avèrent quasiment impossible. La Biennale statique est annulée. Elle sera remplacée par une manifestation annuelle de propagande élargie avec conférences instructives, stands et débats. Y seront conviés tous les Français, convaincus et curieux, royalistes déjà ou futurs, etc. La première de ces Rencontres Blanches aura lieu à Pontmain (Mayenne) le samedi 16 mai 2020, la veille de "La Supplique à Dieu pour le retour du Roi". Les autres organes de propagande sont à découvrir par le truchement du blogue de La Charte de Fontevrault et du royalisme providentialiste

Ça repart !

mardi 17 septembre 2019

Œcuménisme providentialiste


Sur un des forums royalistes de l'époque où ce mode d'intercommunication était courant, j'avais discuté avec un militant de l'Union des Cercles légitimistes de France (Normandie, de mémoire) sur l'inanité des travaux de cénacle pour rappeler le roi. Ces groupes sont comme le cercle de chariots de l'Ouest sauvage, hérissés contre tous ceux qui sont à l'extérieur du périmètre, et n'acceptent aucun accommodement avec le Ciel pour faire avancer la cause royaliste dans le monde réel. A quoi il me répondit que sa démarche n'était pas dans l'activisme mais dans la transmission. La restauration impossible du roi dans les circonstances présentes n'induisait pas des chances nulles dans le futur. Et dans l'attente du changement du paradigme constitutionnel, il était nécessaire que des Français s'instruisent pour perpétuer la grande tradition monarchique du Trône et de l'Autel, afin que leurs continuateurs soient en capacité le jour venu de soumettre ce choix de régime à leurs contemporains. Il allait sans dire que les événements attendus seraient suffisamment graves pour que les cautères républicains ne puissent plus longtemps masquer l'odeur de gangrène gazeuse dégagée par les pouvoirs en place ! Maintenir la flamme, sa dialectique, ses fondements n'était pas vain, il fallait les préserver dans l'avenir. Pas faux ! C'est un peu la démarche de la Charte de Fontevrault, alimentée par une foi chrétienne incandescente.

Le pronostic de pourrissement de notre société assistée du berceau à la tombe n'est pas une figure de style. Et sous la poussée de nations plus résistantes ou hostiles, il est possible que s'écroule le château de cartes de la démocratie crypto-communiste que nous subissons. Au milieu des ruines, sera-ce le moment que choisira Dieu pour désigner l'héritier des Quarante Rois qui relèvera la France ? La Charte s'en remet tout entière à la Providence dont elle guette le doigt. Ce faisant, elle prend le risque de démotiver le militant lambda auquel la prière ne suffit plus mais tant pis, elle en conforte d'autres dans la méditation et les suppliques à Dieu pour le retour du roi. La Charte a aussi l'ambition de faire parler les groupes royalistes entre eux dans une démarche œcuménique issue de la générosité naturelle des providentialistes, démarche que les autres prennent parfois pour une reddition tant ils sont sûrs de détenir le vrai Graal. Charles-Emmanuel de Bourbon Parme avait obtenu un rapprochement des princes Henri, Jean et Louis au moment des commémorations de l'assassinat d'Henri IV. Jean se préoccupe désormais de faire vivre le titre de comte de Paris sans grands moyens ; Louis est investi complètement dans la défense de l'héritage menacé de son aïeul Francisco Franco, outre ses affaires personnelles dont le poste d'administrateur suppléant du Banco occidental de descuento le mouille dans les déboires de la banque de son beau-père. Henri est mort.

Sans la réunion des princes, les royalistes ne convergeront pas. Et pourtant, la candeur et la ferveur des providentialistes refusent le théorème de la dispersion. En cela ils sont éminemment respectables. Même si le nouveau format de ce blogue nous dispense désormais de toute promotion de manifestation royaliste, nous faisons exception pour celle de la Charte de Fontevrault au motif tout simple que ses administrateurs sont les seuls à envoyer leur remerciement pour la peine ; ce que ne font jamais les autres, si fiers de leur succès... à venir ! En octobre 2019, les providentialistes remettent donc le couvert et organisent l'édition 2019 de la Biennale Blanche à Tours. S'il est peu probable qu'un prince s'y montre, sauf à habiter dans un rayon de trente kilomètres (Dreux est à 180km, quant à Madrid...), il serait utile qu'à mi-mandat du quinquennat macroniste, se rencontrent toutes les diversités de convictions monarchistes sur des stands propres à chaque chapelle, à côté bien sûr des stands d'éditeurs présentant des livres difficiles à trouver à la FNAC.


Ce sera donc le samedi 12 octobre que se tiendra la VIè Biennale Blanche à l'hôtel Mercure de Tours. Les détails et horaires tant pour les participants que pour les visiteurs sont à prendre sur le site de la Charte de Fontevrault en cliquant ici.







mardi 31 octobre 2017

A l'impossible nul n'est tenu !

Fleuriste sans clients, Pyongyang 2016

Les organisateurs de la Biennale Blanche 2017 sont rentrés dépités de la faible affluence des royalistes à leur manifestation. Cette journée à l'ASIEM de Paris avait été annoncée sur Royal-Artillerie dans la colonne de droite de façon permanente mais le nombre assez important de clics sur ce blogue pendant un mois (environ 6000) n'a semble-t-il généré aucun désir d'y participer. Nous n'y fûmes pas non plus. Désolé !

L'affaire est organisée tous les deux ans par la Charte de Fontevrault, chapelle royaliste archi-connue se réclamant du providentialisme et dont le logiciel très simple surmonte la querelle dynastique et les errances périphériques en remettant à la Providence le choix d'un roi pour la France en temps et heure. L'accompagnement de cette "dévolution" ne peut se faire valablement que dans la prière. Même les lois fondamentales du royaume le céderont à la volonté de Dieu, si un jour exprimée, car on ne peut L'encager dans une construction humaine. La Charte de Fontevrault, peut-être à son insu, supprime toutes les lices du tournoi, elle casse les codes et brise l'élan qu'ils donnent.

Aucune chapelle dynastique n'est vraiment captivée par cette prosopopée extérieure qui nie la légitimité de ses propres prétentions exclusives à toute autre. Si Dieu est dans la solution, Il ne peut que choisir le champion pour lequel on s'époumone depuis des lustres. Il n'y a rien à débattre chez les partis royalistes et la démarche œcuménique de la Charte de Fontevrault convoque l'impossible. Aussi les participations antérieures furent-elles de courtoisie et le succès d'estime jusqu'à la lassitude. Cette année, Charles-Emmanuel de Bourbon-Parme est venu saluer l'organisation. Aucun autre prince ne s'est jamais montré.

Pour les nouveaux lecteurs qui l'ignoreraient, le Piéton du roi est un agnostique maurrassien qui ne dépend d'aucune obédience et ne s'en cache pas. Les refus de collaborer qu'il a opposé à certaines publications monarchistes ont toujours été motivés explicitement par cette "bizarrerie". Mais le même n'est pas athée pour autant, simplement il juge (hou, le vilain mot d'un autonomiste !) que l'affaire de la transcendance est bien plus compliquée que ne le proclament les Eglises et que le Principe d'origine est hors de portée d'un cerveau de trois livres un peu lent. Encore moins imagine-t-il que Dieu (qui nous aurait fait à son image et réciproquement) puisse s'intéresser à la vie des nations sans parler même au quotidien de celle des individus comme le croient les Protestants. Le Principe originel a l'univers pour champ d'exercice et s'il est prouvé que nous sommes, nous tous, de la poussière d'étoiles, rien ne dément que le Ciel ne soit vide ou tout au moins indifférent à notre sort, quand on contemple l'immonde barbarie de l'espèce humaine. On va s'arrêter là et attendre Stephen Hawking et les frères Bogdanov sur le boson de Higgs. (fin du paragraphe distancié)

Dans nos sociétés post-modernes, la monarchie ne peut être qu'un mode d'organisation de l'Etat, encadrée d'une charte ou d'une constitution approuvées par la nation des citoyens administrés par lui. Les modalités peuvent être très différentes d'un pays à l'autre selon ses atouts propres et les avantages que les constitutionnalistes veulent retirer du régime monarchique visé. On commence en général par la fonction d'unification des peuples constitutifs de l'espace géré, puis vient la fonction d'exemple moral donné à la multitude (c'est l'origine du rex) ; viennent ensuite, s'il est prévu que la couronne s'implique dans le gouvernement de l'Etat, la fonction d'arbitre entre les ministres ou entre les partis politiques, pour aller parfois jusqu'au commandement d'un domaine réservé ou de tout le domaine régalien, les armées étant privilégiées à ce stade. Des fonctions thaumaturgiques peuvent aussi s'inscrire dans une vieille tradition et s'exercer à de rares occasions pour évoquer une transcendance spirituelle. C'est le cas de la Thaïlande, mais quelque part aussi de la Grande Bretagne. Normalement en Europe la famille royale pratique de manière ostentatoire la religion qui a fondé la nation, religion souvent majoritaire dans la culture populaire. Cela participe de la fonction de rassemblement qui est la première citée.

Cette définition de la monarchie est acceptable par toutes les chapelles dynastiques, sauf... par la chapelle providentialiste qui s'en remet exclusivement à Dieu, ce qui est son droit. Mais pourquoi inviter chez soi des royalistes qui ne partagent rien avec vous puisque c'est une question de foi, et purement de foi. La foi ne se démontre pas, n'entre pas en débat, ne s'utilise pas. C'est une grâce qui facilite la fin de vie à ses heureux bénéficiaires, ce n'est pas un argument politique. Quelle mouche pique certains à vouloir rassembler les gens qui ne s'aiment pas ?

L'œcuménisme est à la mode (on célèbre aujourd'hui les cinq cents ans du placard dévastateur de Martin Luther) jusqu'à nous faire croire que la séparation des églises chrétiennes n'était que caprice pour des détails obsolètes. Faux ! Les dogmes et les interprétations sont différents, parfois antagonistes. Qu'est-il besoin de vivre ensemble des liturgies qui s'opposent au fond ? L'œcuménisme est pure agitation, une invention d'épiscopes en mal de reconnaissance, à la limite une supercherie qui semble dire que tout cela est vain, seule la charité compte etc... et l'eschatologie, une occupation de théologien moisi sans audience.
On va jusqu'à rapprocher au plus haut niveau de la chrétienté catholicisme et islam (une religion du Livre !), alors qu'on ne procéderait pas de la sorte avec le judaïsme qui est pourtant le monothéisme fondateur ! Avec quel succès à la fin ? Aucun ! La présence divine dans les espèces est niée et même brocardée avec grossièreté. Tout le dogme marial est nié. Il suffit d'avoir des amis réformés pour comprendre que la distance ne peut se réduire, sauf à partager des œuvres caritatives. Pourquoi vouloir réussir sa vie dans l'œcuménisme royaliste où la haine affleure aujourd'hui, comme elle explosait jadis au temps des guerres de religion ? Le parti de Bourbon ne supporte pas l'arrogance d'un parti d'Orléans prétentieux, lequel se moque ouvertement de l'hispanité de la branche aînée (malgré les épouses ibéricaines de la maison de France) quand on ne s'abandonne pas à évoquer les cascades d'alcôve.

Le projet de rassemblement de la Charte de Fontevrault est impossible sauf peut-être au sein de la sphère intégriste par le truchement de la transcendance en laquelle tous croient ou font mine de croire. Devrait-elle remplacer la Biennale Blanche par une grand messe blanche des royalistes de toutes obédiences, à Saint-Denis par exemple, à chaque quinze août en mémoire de la consécration du royaume à la Vierge Marie par le roi Louis XIII en 1638 ? La messe est le seul bien commun à toutes les chapelles. Tout le reste diffère et les oppose. Je le suggère en toute amitié.

jeudi 10 mai 2012

La Jeanne 2012




Sonnez fanfares triomphales,
Tonnez canons, battez tambours !
Et vous, cloches des cathédrales,
Ebranlez-vous comme au grand jour !
En ce moment la France toute entière
Est debout avec ses enfants
Pour saluer, comme nous, la bannière
De la Pucelle d'Orléans !

Étendard de la délivrance,
A la victoire il mena nos aïeux,
A leurs enfants il prêche l'Espérance,
Fils de ces preux, chantons comme eux,
Fils de ces preux, chantons comme eux,
Chantons comme eux,
Vive Jeanne, Vive la France !


Salut à la blanche bannière
Salut, salut aux noms bénis
Du Christ et de Sa sainte Mère
Inscrits par Jeanne dans ses plis
Par eux, jadis, elle sauva la France
Aimons-les donc comme autrefois
Et de nouveau consacrons l'alliance
De notre épée avec la Croix !

Quels noms fameux tu nous rappelles,
Drapeau sacré, toujours vainqueur !
Patay, Beaugency, les Tourelles,
Et Reims où tu fus à l'honneur !
A ton aspect, que la France reprenne
Sa vieille foi et sa vieille ardeur,
En t'acclamant que ton peuple devienne,
Plus généreux, plus rédempteur !

Planant au-dessus de nos têtes,
Les grands Français de tous les temps
Réclament leur part de nos fêtes
En s'unissant à leurs enfants !
Les anciens Francs, les preux du Moyen Âge,
Et les braves des temps nouveaux
A Jeanne d'Arc rendent le même hommage,
Et lui présentent leurs drapeaux !




Ce dimanche - un 13 mai en plus - se prête à certaines réflexions et nous avons choisi cette année de mettre à contribution M. Pierre Van Ommeslaeghe qui, au mois de février dernier sur le site de La Couronne, extrapolait l'alliance de Jeanne et du Dauphin à la situation du mouvement royaliste, six cents ans plus tard.



« Les royalistes fidèles à la branche légitime des Orléans utilisent souvent l'exemple de sainte Jeanne d'Arc pour justifier qu'une branche issue de la famille de France mais devenue étrangère ne puisse être dynaste en France. C'est là un argument important. La Pucelle, obéissant aux voix divines, ne voulait pas qu'un prince anglais, nonobstant des prétentions non moins solides juridiquement que celles de Charles VII, ne devienne roi de France. Mais ce n'est pas là la seule leçon de Jeanne. Parmi de nombreuses autres, je voudrais en exposer une que nous avons tendance à oublier.

Lorsqu'il s'est agi pour elle de combattre, elle n'a pas tenté de lever une armée en Lorraine pour combattre au nom du roi. Si elle va voir Robert de Baudricourt, ce n'est pas pour le remplacer comme représentant du roi. Ce n'est pas non plus pour lui demander de lever une troupe. C'est pour qu'il l'aide à rejoindre le Dauphin. Elle se met aux ordres du prince. Bien sûr, elle le conseille, le presse même de se porter au secours d'Orléans. Mais c'est le roi qui lui donne cette mission et lui confie une armée. Si elle tient son autorité de Dieu, son pouvoir lui vient du roi. Quand la fortune de Jeanne tourne-t-elle ? Lorsque, lasse de l'inaction imposée par Charles VII, elle reprend les armes et part, sans son soutien, combattre l'ennemi. Et elle se fait capturer à Compiègne.

image de Yuan Shen
Quel enseignement en tirer ? Le combat pour le roi ne peut se faire sans le roi et encore moins contre lui. Ne faisons-nous pas comme Jeanne à Compiègne lorsque nous militons, au sein de structures indépendantes des princes, sans seulement leur demander leur avis ni même nous soucier de ce qu'ils en pensent ? Et ne sommes-nous pas condamnés au même échec qu'elle alors qu'elle réussissait dans ses entreprises lorsqu'elle était soumise au roi ? J'en conclurai qu'il conviendrait à un royaliste de travailler sous les directives des princes, dans les structures qu'ils mettent en place. Depuis très longtemps les royalistes s'organisent en mouvements divers, militent et travaillent non seulement en dehors des princes mais sans prendre leur avis ni même leur rendre compte de ce qu'ils font. Parfois leur action est contradictoire avec la leur. Et s'ils se targuent quelque fois de donner des leçons à l'héritier, ils ne le font pas comme des conseillers exposant leurs vues au roi en s'abstenant de le critiquer s'il ne les suit pas, mais publiquement, sans craindre de les malmener parfois.

L'Action française avait déjà cette attitude. Lorsque feu le comte de Paris, en 1926, la condamnait, il ne faisait que prendre acte d'une rupture dont la responsabilité ne lui incombait pas. Si cela avait été profitable à la cause royale, nous ne pourrions que nous en réjouir. Mais tout comme Jeanne échoua lorsqu'elle se sépara du roi, les mouvements royalistes ont échoué, la restauration n'étant pas moins lointaine en ce début du XXIème siècle qu'au siècle précédent. Dès lors que faire ? La leçon semble claire. Le comte de Paris comme le prince Jean ont monté leurs structures. Chacun mène son action. Mettons-nous donc à leur service. Conseillons-les mais suivons leurs consignes, même si elles nous déplaisent. Conduisons-nous en royalistes, pas en républicains. La cause royale devrait en profiter.» (PVO)





Dans une campagne politique royaliste, la question "qui est votre roi ?" est la première posée à tout militant. C'est de ce point d'axe que tout procède. Ça tombe sous le sens. L'Alliance royale comme la Charte de Fontevrault sont dans l'erreur par l'impasse sur l'affect populaire qu'elles ont choisie. Mais les organisations qui soutiennent un prétendant lui obéissent-elles ? C'est le sens de l'article de PVO. L'Action française a-t-elle appelé à voter pour M. Sarkozy dimanche 6 mai, après que le comte de Paris ait clairement indiqué son choix pour La France Forte dès le 30 avril ? C'est tout le problème.

Devant nous maintenant. Le prince Jean d'Orléans s'implique sérieusement dans une réflexion politique fouillée à laquelle travaille le Cercle Vauban. Une première synthèse sur les PME est publiée par l'association Gens de France sous la forme d'une brochure de 50 pages. D'autres chapitres de gouvernement suivront, tels que l'éducation, la justice, la famille, la laïcité, la politique étrangère, la défense, les institutions. Les chapelles orléanistes mettront-elles à jour leur corpus doctrinal en assimilant ce travail ? Cela m'étonnerait.

Combattre pour le roi sans le roi serait compréhensible s'il était exilé par l'histoire "au-delà de la mer". Ce n'est pas le cas de nos jours et aucun des prétendants n'est réfugié sur son Aventin. Tous participent à leur façon à notre réflexion politique, et nous devrions le prendre en compte dès lors qu'ils investissent le champ politique avec précision.

Un bémol : c'est en passant comme tous les jours sur le site de La Faute à Rousseau que j'ai appris la publication d'un opuscule du Cercle Vauban, et n'ai rien trouvé dans Le Figaro du jour.

vendredi 2 mars 2012

Des divergences à l'échec


Dans le numéro 842 des Inrockuptibles (18 janvier 2012), le comte de Paris Henri d'Orléans disait sa lassitude envers les factions royalistes qui, pour capter toute son attention, barrent l'accès des forces vives du pays au prince. Elles s'imposent comme l'unique médium entre lui et le peuple, jusqu'à mieux savoir que quiconque quoi dire et taire en public. Il est aussi des "secrétariats" qui débitent des avis ou communiqués de leur propre allant, comme celui qui sert de relais au prince Louis de Bourbon et dont les cuirs sont parfois réjouissants.
Derniers barrages en date, d'un côté, le Cercle de l'Œillet blanc refuse l'épouse du comte de Paris à la messe, de l'autre côté, le secrétariat de l'Institut Duc d'Anjou rejette d'emblée la demande faite au prince par l'excellent trimestriel La Toile pour un article sur le développement durable. L'a-t-on consulté ? j'en doute. Le storytelling de sa biographie publiée sur le site institutionnel dévoile une certaine autonomie de la Cour dans sa créativité.

Ca fait deux siècles que dure le cirque royaliste pour le résultat que l'on sait. Positions effondrées, invisibilité, pénurie d'argent, querelle dynastique et divisions subalternes, éclosions fantaisistes de sous-groupuscules divisibles, ridicule de certaines postures.
Au centre, la piste ! S'y sont de tout temps pavanés les dresseurs de prétendants à la chambrière, qui à défaut d'impressionner les pères firent courir les fils. Et voilà que l'Institut de la Maison de Bourbon accapare l'orphelin, désobéissant aux conseils de sa mère qui lui disait de s'en méfier ; et voici la Restauration nationale qui prend fait et cause pour le jeune prince Jean, disqualifiant le vrai prétendant d'Orléans au motif de moeurs coupables à leurs yeux, et ignorant superbement le lignage qui désigne François. Puis le Bourbon déploie ses ailes et monte son propre club promotionnel, comme son alter ego d'Orléans qui reprend les choses en main dans son parti et devient patron. Le piéton veut bien dispenser son distingué lectorat du paragraphe interminable qui devrait suivre, contant par le menu l'affranchissement des titulaires de leurs chaînes courtisanes... pour aller à la conclusion.

Les disputes, à se prendre à la gorge parfois, sont vaines à deux motifs. A l'intérieur de la sphère royaliste elles ne servent que d'exutoire à un dépit de notoriété de la cause que chacun défend, et aucun ne changera d'idée. Pourquoi se disputer sur la couleur de la mer ? A l'extérieur, les arguments des uns et des autres passent à cent coudées au-dessus de l'attention disponible de l'Opinion, car ils apparaissent gratuits ! A quoi servirait-il au peuple de prendre parti ? La paix d'Utrecht pour les mieux informés n'eut pour effet tangible que la cession du rocher de Gibraltar à la couronne britannique. Le reste est... bidon aujourd'hui pour  le vulgum pecus.

Et si on parlait des institutions, une minute ?
Faut-il un troisième motif de déshérence de la cause royaliste, c'est le décalage entre l'offre institutionnelle des différents partis ou agences (comme on disait jadis) et la perception qu'a l'Opinion du rôle d'un roi (ou d'une reine d'ailleurs). La distance est grande. Le roi du sondage BVA-Alliance royale ne désignait pas un touche-à-tout fébrile à la Sarkozy ou quelque César génial, mais un roi digne et populaire, du modèle visible dans l'actualité. Très peu d'organes royalistes comblent ce fossé entre les dogmes et leur défaut de perception, et le Rassemblement démocrate pour la monarchie de Jean-Marie Wante est l'un de ces happy fews. Qu'il en soit salué. Ce n'est quand même pas pour rien que les princes donnent leur avis. Mais si, mais si ! Après la monarchie hors-sol, on veut nous vendre la monarchie sans-prince. Que disent-ils et pourquoi leur avis est-il convergent ?

Louis de Bourbon part sur une monarchie constitutionnelle à l'espagnole dans ses interviews, en faisant le projet de rassembler jusqu'aux républicains. Et Henri d'Orléans est, on ne peut plus, clair :
« Dans une royauté moderne, soit constitutionnelle et parlementaire, un Premier ministre gouverne, les Assemblées légifèrent et le roi règne. C'est le cas en Grande-Bretagne, en Espagne, en Belgique, dans l'Europe du Nord... Pourquoi régner, et comment ? Parce que le roi incarne l'identité de la nation, qu'il doit demeurer accessible à tous, qu'il ramasse en sa personne l'histoire et les racines du pays. Il est aussi là pour tempérer les excès des uns et des autres, droite ou gauche. L'homme politique ne peut plus rêver de toute puissance : il a un souverain au-dessus de lui ».

Pourquoi convergent-ils ? Ce sont des hommes responsables qui peuvent être appelés à assumer une charge écrasante, aussi convoquent-ils leurs fidèles au "possible" afin qu'au bout du bout, il ne puisse pas être dit en cas d'échec que l'affaire n'était pas jouable parce qu'utopique. La monarchie constitutionnelle du modèle éprouvé dans ce siècle est un projet faisable. En fait, ils y croient !

Si les royalistes étaient conséquents, ils devraient s'en tenir là, apprendre par cœur la formule du comte de Paris et travailler sur ces axes. Au lieu de quoi, on fouille greniers et grimoires à la recherche d'un monde disparu dans ses codes non écrits, plaquant sur le pays des dogmes déconnectés des réalités, mais avec la certitude perverse que la perte de temps de ces travaux de vulgarisation d'idées échouées ne portera de toute façon aucun préjudice à une cause il y a longtemps perdue. C'est de l'autoprédiction. Je tue le projet pour constater qu'il est mort. A dire vrai, et je voulais le faire dans le billet des 1001 nuits, depuis dix ans que mes activités professionnelles relâchées m'ont permis de revenir à la promotion de la cause monarchiste, j'en serais presque à partager l'avis des princes : le problème, c'est les royalistes !




La solution n'est pas ailleurs que dans la prise de commandement du mouvement par le prince. Le "royalisme" ce n'est que ça, finalement. La publication d'une note hebdomadaire d'Henri d'Orléans sur le site du CRAF est une contribution enrichissante, mais surtout positionne le prince au bon endroit. A bon entendeur, salut.


mercredi 1 juin 2011

La charge contre la Charte de Fontevrault

Alain Texier et Frank Abed
Demain c'est le jour de l'Ascension. Passant par le site de la Charte de Fontevrault, j'y ai croisé son animateur fort marri, peut-être même blessé, de la charge menée contre eux par les gens du Cercle de Baudricourt. La Charte ne leur avait rien fait et c'est peut-être pour cela !

L'attaque est surprenante - elle date en fait d'octobre 2010 - venant du camp légitimiste contre un mouvement de petit calibre certes, mais très connu dans la mouvance royaliste pour diverses bonnes raisons dont l'érudition n'est pas la moindre, sans compter d'indéniables qualités de coeur de ses représentants que je n'ai jamais vus attaquer qui que ce soit de notre bord. Qui plus est, la Charte est notoirement en empathie avec le légitimisme !

Que reprochent les Ultras de Lorraine au fontevrisme ?
De se remettre entre les mains du Créateur pour que s'accomplissent les promesses du pacte entre le roi et le Christ dont il est le lieutenant sur terre. Rien à dire, sauf que la démarche fut provoquée jadis par la Querelle dynastique entre les trois branches de Bourbon revendiquées, connues sous les noms de légitimistes, orléanistes et survivantistes (Cril17 et naundorffistes).
La crispation des royalistes sur leurs convictions est telle qu'il est pensable que la restauration du roi soit minée par ceux qui s'estimeront lésés dans les principes irréfragables qui les ont choisis. D'où l'idée de surmonter la Querelle pour réunir les bonnes volontés à propager l'idée du roi sans définir le prince, sous la condition première de croire en Dieu et de s'en remettre à lui. Un agnostique n'en peut être membre actif.
Pas de quoi incendier le Palais-Bourbon !
Cependant la première manifestation oecuménique publique, la Biennale Blanche de 2009, fut un succès, et l'on en prédit un meilleur score pour l'édition 2011, après le retrait des Assises du royalisme.

On voit bien ce qui gêne les Ultras de Lorraine : il n'y a pas à choisir, il n'y a qu'un prince, révélé par les lois fondamentales du royaume disparu. Choisir c'est trahir. La posture est défendable ; le ton et la morgue exécrables ; qui rappellent les belles heures de la Sainte Inquisition. Ça pue la poix chez Baudricourt. Les exégètes peuvent courir à leur blogue Beaudricourt.Hautetfort.com, ils y liront que « Le providentialisme est vraiment un mal social terrible, on voit rarement des providentialistes dans un groupe de travail si ce n’est pour proclamer un défaitisme perturbateur ». On demande des noms. Qui est venu au Cercle des Ultras'actifs réciter l'Ecclesiaste ? Après quelques gracieusetés comme défaitisme, superstition, orgueil démesuré (sic), nous apprenons qu'ils ont le téléphone. Le "Bon Dieu" leur parle et leur demande... comme à Jeanne d'Arc bien sûr !

Il y a eu des disputes sur Royal-Artillerie avec les Torquemada de pacotille qui ne supportaient pas notre liberté de ton mais surtout de pensée. Se soumettre à leur loi, l'apprendre par cœur, ne pas penser par soi-même (péché d'autonomie), accepter mot à mot la Révélation qu'ils produisent eux-mêmes, un peu dans le style des Témoins de Jéhovah, telle est la Règle de Fer (blanc). Il est inutile de débattre avec eux tant ils sont formatés rigides, mais on peut dire et nous ne nous en privons pas, que leur existence même est le plus parfait remède au retour du roi par quelque voie qu'il accède, au choix ou non de la Providence. Sait-on qu'ils entendent en remontrer au pape et au prince si l'un ou l'autre "dévie" ? Et si d'aventure le Christ de là-haut leur donnait tort, ils passeraient alors à faire battre entre eux les trois principes de la Trinité ; c'est leur job de semer la discorde.

Royal-Artillerie renouvelle l'expression de toute sa sympathie à la Charte de Fontevrault injustement attaquée par les robots. Que Monsieur Texier personnellement trouve ici les encouragements les plus sincères à la préparation de la Biennale Blanche qui se tiendra le samedi 17 septembre 2011 à Paris. On y verra certainement le Cercle de Baudricourt..., à défaut, y croiserons-nous des légitimistes sympas qui ne soient pas des talibans. Ils sont les plus nombreux du parti d'Anjou et les seuls qui aient l'oreille du prince.




PS: les réponses d'Alain Texier à Reny_F de Baudricourt sont par ici.


lundi 20 février 2006

La raison et le coeur

un transept de calcaireLe millénaire capétien (1987) et la résurgence du mouvement légitimiste en la distinguée personne du prince Alphonse de Bourbon et de son jeune fils, Louis-Alphonse, rencontra un écho véritable dans la Nation au point que bien des édiles soutenus même par la Présidence, déclarèrent une sincère affection à l'endroit de la tradition capétienne. Cette réaction inattendue des milieux politiques surprit même par son ampleur la "contre-révolution" littéraire, mais conduisit à une exacerbation des antagonismes entre les maisons rivales. Quelle pitié en ces temps propices à la communion ! Au milieu des réactions les moins prévisibles, pour prévenir d'autres avanies, et le schisme définitif, un "pur" se leva des ruines de Fontevraud tel un nouveau Bernard l'Ermite, pour prêcher l'union et la croisade sous toutes bannières. Il aurait dû prévoir une année sans guerre chaque trois ans, comme on le fit au Moyen Âge, d'un jour par semaine sans étripage. Il édicta une charte en forme de protocole de paix des mousquetaires. Les rouges d'Orléans, les blancs d'Anjou, les bleus de Parme, les verts de Deux-Siciles, et puis les jaunes de la Providence, les pourpres de Berry et les noirs du connétable du bout du monde. Le texte en est très beau. Il est dommage qu'il ne s'applique qu'aux troupes et pas aux princes eux-mêmes. Mais a-t'il in petto l'ambition d'y parvenir, l'avenir nous le dira.
Charte de Fontevrault Fidélité-Unité royale
Parce qu'il faut prier comme si tout dépendait de Dieu et agir comme si tout dépendait de nous (Lyautey); Parce que ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous sépare; Parce que le temps passé par les royalistes à se déchirer les uns les autres est du temps gaspillé qui pourrait être mieux consacré. Les signataires de la Charte s'engagent : 1- à rester fidèles au service du prince et de sa descendance qu'ils ont choisi en leur âme et conscience ; 2- à s'abstenir de toute querelle dynastique qui ne saurait qu'être préjudiciable à la restauration monarchique en France ; 3 - à mettre en valeur, au besoin en les suscitant, les actions communes entreprises par tous les royalistes soucieux de l'avenir du trône de France ; Pour ce faire, les signataires présents et à venir de cette Charte se réuniront le plus souvent qu'il leur sera possible au coeur du jardin de la France, à l'ombre de l'abbaye royale de Fontevraud. Lors de cette réunion, d'où toute discussion dynastique sera bannie, nous apprendrons à vivre ensemble et à faire de nos différences des richesses. Il n'y a qu'un seul but, mais il y a plusieurs chemins : Fontevrault est l'image du but unique, nos fidélités différentes mais complémentaires sont les chemins qui nous y conduiront. La Charte de Fontevrault est héritière, au même titre que les autres mouvements royalistes, de la tradition royale, parce que chrétienne, de la Monarchie française. Pour son compte, elle entend assumer, avec une volonté farouche, cet héritage : D'où l'appel qu'elle lance aux royalistes d'avoir, avant toutes choses, à se comporter en chrétiens en mettant en application dans leur vie politique ces deux commandements issus du Pater : a) pardonner les offenses faites par les militants qui servent un autre Prince que le nôtre, b) s'en remettre à Dieu du point de savoir qui doit régner sur le trône de France; Que la Volonté de Dieu soit faite sur le trône comme au Ciel. le 25 août 1988, en l'abbaye royale de Fontevraud Ce sont les engagements 1 et 2 (cf. supra) qui coincent. Que le prince veuille la querelle pour en finir au nom du bien de la France, et le conjuré est parjure. La charte serait d'application si les maisons royales avaient elles-mêmes passé un protocole d'accord sur la préséance du mieux placé au moment d'une imminente restauration/instauration avec quelques règles décidées à froid, à la fois pour juger du meilleur placement, et pour organiser le lendemain afin que ne sourde aucune revanche. On me fait signe que c'est beaucoup demander. Au lieu de quoi, ..., nous en resterons là de nos aigreurs. L'engagement troisième est obligatoire dans ce modèle d'exercice mais incite plutôt à la contemplation. Normal dans une abbaye. On ne peut invoquer que trois principes pour réclamer "la préséance".
Le Doigt de Dieu ; La Loi des Hommes ; La Force du Nombre.
Seule l'absence de choix dynastique dispenserait de passer en revue ces trois principes. Laissons Dieu se gratter le menton du doigt. Il s'interroge dans doute aucun, et son vicaire plus encore qui est maintenant si proche de nous. La Loi a le grand défaut d'être multiple et formée - que nos saints rois me pardonnent - de bric et de broc, tant qu'il suffit de mettre tel aspect ou coutume dans l'ombre et au moment d'avancer tel autre dans la lumière, pour tout changer du résultat. C'est un ouvrage humain. Comme il n'est pas correct de convoquer notre Père céleste trop attentif à fumer ses havanes, à décider pour nous du jour et de l'heure matutinale où son élu doit réchapper d'un duel dans les formes, sur une contre-allée du parc de Saint-Cloud, je ne vois d'autre solution que la préséance par acclamations, nourries par l'enthousiasme. Un contributeur rémanent de l'excellent site de textes Vexilla Regis - cliquez sur ce nom dans la colonne de droite - a dit quelque chose de très juste et un peu ahurissant. Voici la partie "utile" de son texte, qu'il me pardonne de zapper toute la partie "flirt" : "Je ne crois pas que le retour nécessaire de la monarchie puisse se faire ni par la raison, ni par le droit, ni par quoique ce soit de rationnel. Je crois qu'il n'est possible que par le cœur. Le Prince doit séduire, c'est sa seule arme. Il doit séduire ceux qui auront quarante ans dans une ou deux décennies". (Paul Turbier - 9.12.00) Dans la préparation d'un tract pour une commémoration unioniste du 21 janvier en 2006, votre serviteur avait tenté de forcer un texte privilégiant la recherche de l'amour du peuple pour son souverain, dans un paragraphe militant qui aurait pu s'intituler "le roi meilleur bouclier du peuple". La phrase exacte était de mémoire : "un roi, nous aurions au moins quelqu'un à aimer". C'est la souvenance ancienne d'un cri des Halles que mon père avait entendu lors d'une manifestation de l'AF d'avant-guerre et qu'il m'avait transmis. Il traduisait l'élan affectif, irraisonnable, du soutien à la personne du roi. Au cours de l'histoire, il s'est souvent manifesté. Resurrexit ! Ainsi rejoignant M. Turbier, s'il n'a pas changé d'avis depuis, je m'autorise à porter certaine limite à l'influence de la doctrine raisonnée aussi impeccable soit-elle dans sa philosophie, et met sous le boisseau mais sans les brûler, nos chères lois fondamentales, et propose aux princes de CONVAINCRE. Pas nous, archi-convaincus, malades de convictions, au seuil de la frustration. Convaincre les autres. Tous ceux qui ne savent pas mais déjà ne croient plus dans le régime de fous qui descend le toboggan de notre déclin dans la joie et la bonne humeur. Ceux-là, je peux bien sûr leur décliner les avantages de ma monarchie capétienne, ils en conviendront vite, dès qu'ils auront évacué les préjugés les plus courants, mais je n'aurais pénétré que leur esprit. Et l'homme n'est pas fait que de cela; on dirait presque "de moins en moins". Mais si apparaît de temps en temps comme une éclipse, un prince qui leur parle, les comprend, les réconforte et leur passe la certitude qu'il les aime, alors mon intervention mécanique raisonnée sera formidablement "boostée". Ce prince doit aussi, mais pas dès les premières fois, leur montrer l'avenir vers lequel on les conduit, et proposer des axes, voire des solutions, mais dans le souci constant d'une bonne assimilation du message. Alors naîtra l'intérêt, croîtra l'envie de voir, viendra l'enthousiasme, et celui qui l'aura suscité, aura la préséance. Définitivement. Les défis sont assez énormes si l'on est éveillé. Sommes-nous au seuil de quelque bouleversement qui déjà nous dépasse ? Personne ne sait, tout le monde le sent ! Un peu comme les éléphants du Siam qui "entendent" dans leurs pieds le craquement d'un lointain séisme. Si les princes doivent parler, c'est maintenant, tout de suite et plus souvent.

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