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Articles

Affichage des articles du février, 2005

Ce Peuple qu'on abîme (I)

I./ Le réflexe monarchique déçu (1799-1870) A la fin du XVIIIè siècle et malgré la saignée et les dévastations de la Révolution, la France atteignait son apogée. Elle était respectée jusqu’au Nouveau Monde, enviée et crainte dans l’Ancien. Libéré de la gangue des conservatismes, le pays se lançait dans la réforme de ses institutions à la rencontre du progrès et vu de nos jours, semblait dans la meilleure posture possible pour affronter la révolution industrielle qui allait se déclencher. Royaume dans sa chair malgré les Lumières du siècle finissant qu’elle n’avait pas lues, la France de « Voltaire, Montesquieu, Rousseau, Tocqueville, Diderot, … » allait se jeter dans les bras d’un jeune dictateur, fondé de pouvoir d’une bourgeoisie avide de jouir. Celle-là, fiévreuse de conserver durablement les captations diverses que les évènements tragiques avaient mis à la portée de ses serres, n'avait pas d'autres soucis que l'enrichissement à outrance, la vêture, les fourrages et l

Ce Peuple qu'on abîme (II)

II./ Boucheries portes ouvertes (1871-1940) Les dures leçons de la guerre perdue par une armée du modèle mexicain, avaient été comprises et codifiées rapidement dans un nouveau Règlement d'Infanterie dès 1875. Malheureusement pour ce règlement, s'il fixait une doctrine raisonnable, cohérente et assez souple pour s'adapter à des situations très diverses, il ne répondait absolument pas à la profonde idée de la Nation, soi-disant hantée par l'esprit de "revanche" pour reprendre au Hun l'Alsace et la Lorraine, quels que soient les sacrifices que cela puisse lui coûter. La nouvelle doctrine de combat fut donc immédiatement attaquée par des écrivains porte-parole autoproclamés de l'opinion publique ; à tel point que « s’efforcer de limiter les pertes », « se terrer », etc… constituaient une pusillanimité coupable, des pratiques honteuses. Neuf ans plus tard, le règlement incriminé fut remplacé par un nouveau inspiré par des auteurs plus offensifs : les Bon

Ce Peuple qu'on abîme (III)

III./ Vae Victis (1941-1980) Dès la capitulation sans conditions (la deuxième en soixante dix ans), la France abasourdie par l’effondrement de sa puissance et l’invasion germanique allait ne survivre que du souvenir de sa grandeur éteinte. Elle n’aurait plus jamais sa liberté d’entreprendre dans les domaines stratégiques, attelée ou dételée du char commun de l’Occident selon les circonstances, les hommes qui la dirigeraient, l’humeur des partenaires. Et pour commencer la France était ruinée, matériellement et moralement. Ne lui restait qu’un empire colonial qu’elle n’avait plus le goût ni les moyens de gérer, et dont elle n’attendait que des contributions à son propre relèvement sans contreparties. En moins de vingt ans, cet empire en faillite et anachronique aux yeux de ceux qui finançaient le relèvement de notre nation, serait liquidé. Le premier pays d’Europe, autrefois mère des arts, des armes et des lois, avait été plié en 140 ans par la république des Lumières et ses avatars im

Ce Peuple qu'on abîme (IV)

IV./ Le bonheur à crédit (1981-2004) Dans une stratégie de reconquête de leur pouvoir disparu dans les décombres de la IVème République, les Gauches françaises après avoir tassé dans leurs placards respectifs les cadavres exquis qui en empêchaient beaucoup de dormir, tentèrent de se rejoindre sur un programme commun de gouvernement qui par l’effet du plus petit dénominateur commun agrégea les plus vieilles lunes de l’idéologie marxiste-léniniste. Le peuple fatigué d’entendre qu’il ne sortirait finalement de l’épreuve du marché concurrentiel qu’en sacrifiant une partie de ses avantages sociaux et en travaillant plus énergiquement, le peuple peu disposé à lire dans le Programme les prémices naturels de son avachissement, laissa parler sa rancœur d’un Pharaon lointain et moqué, et choisit à une courte majorité l’archaïsme politique le plus ringard d’Europe, mais le mieux présenté. La France cette fois encore se distinguait par la médiocrité de ses analyses collectives et son goût immod

Ce Peuple qu'on abîme (V)

V./ Le Risorgiamento (2005-…) La moitié de la France a du mal à admettre soixante ans après la Seconde Guerre Mondiale que la Communauté Européenne l’a sauvée d’un irrémédiable déclin, la forçant à se remettre en question, et en ouvrant un large marché de proximité à ses productions. Six secteurs seulement se sont maintenus au rang international après bien des attaques provenant de l’intérieur même du pays : - l’aéronautique et l’aérospatial - la filière céréalière - le génie nucléaire - l’automobile - le luxe inutile - la biochimie Les deux premiers doivent tout à l’Europe. Le dernier est encore très menacé. Les activités ci-dessus s’exercent toutes sur le marché concurrentiel mondial. La tentation est grande parmi leurs acteurs de rechercher les meilleures équations de production et d’aller souvent faire faire ailleurs pour tenir et améliorer leur rang. Il ne sert à rien de se dissimuler que l’Europe unie est un acteur économique de référence et de poids, alors qu’aucun de ses mem

L'Europe et le Roi

Quarante pour cent des Français refuseraient le projet de constitution européenne du pharaon Giscard d’Estaing, à des motifs divers, le premier n’étant rien moins que les 488 pages qu’ils ne comprennent pas. Avaient-ils compris quelque chose à la constitution crypto monarchique du général De Gaulle avant que de l’approuver ? Là n’est pas la question. L’article I-2 du projet stipule que : " L’Union est fondée sur les valeurs de respects de la dignité humaine, de liberté, de démocratie, d’égalité, de l’état de droit, ainsi que le respect des droits de l’homme, y compris des droits des personnes appartenant à des minorités. Ces valeurs sont communes aux Etats membres dans une société caractérisée par le pluralisme, la non-discrimination, la tolérance, la justice, la solidarité, et l’égalité entre les hommes et les femmes". Que redire à cela ? Le manque de souffle . On aurait aimé entendre le galop des Chevaliers teutoniques dans les brumes de Courlande, le fracas des hach

En ces jours d'artillerie, revenons au Carlisme

Si l’on vous demande ma chère cousine¹ dans le feu de la canonnade légitimiste que vont échanger nos royales maisons ce qu’est le Carlisme espagnol, répondez que c’est le parti de l’honneur, et nul avocat plus aimable que celui-ci ne saurait plaider sa cause. LE PARTI DE L'HONNEUR On vous a demandé, ma chère Angèle, ce que c'était que ce Carlisme dont on parle tant à propos des événements d'Espagne. Bien que vous soyez un peu fâchée contre moi parce que je n'admire point M. Blum et que je désire du fond de mon coeur voir M. Cot au diable, vous m'interrogez à ce sujet. Pour vous, comme pour beaucoup d'aimables Françaises, tout votre savoir sur ce point vient de Pour Don Carlos, qui est un fort agréable roman de M. Pierre Benoît, et que j'ai vu au cinéma muet il y a déjà longtemps. Vous confondez un peu Allegria Detchart et la Passionnaria dont vous parle le Populaire, et vous vous demandez si tous les Carlistes sont semblables à l'excellent sous-préf

Ce que je crois

Je suis devenu royaliste par conviction, bien que tombé dans la marmite tout petit. Souvent opposé à mon camelot de père sur des questions de stratégie de conquête du pouvoir, j'ai fini par croire que la Vè République dériverait vers un régime autocratique et représenterait une monarchie élective sans le nom. Au bout du compte, et du décompte, il n’en est rien, l’état républicain n’arrête pas d’enfler, la bureaucratie se régénère en permanence, le système pèse sur la nation comme une baleine morte qui nous prive de tout mouvement vers l’avant; sauf un saut dans l’abîme. Abandonnant la monarchie élective à la polonaise , j'ai fait table rase de mes espérances crypto-monarchistes pour promouvoir la monarchie absolue à la française. "Mon" dogme c’est « l’autorité en haut, les libertés en bas ». En haut un exécutif ramassé et compétent gérant les fonctions régaliennes de l’Etat que l'on peut rassembler en quatre ou cinq domaines, justice, défense et sécurité, fina

Apanage en débat

Le 8 décembre dernier, Mgr le comte de Paris titrait son neveu Charles Philippe d’Orléans, duc d’Anjou. Or depuis l’accession de Louis XVIII au trône de France, le titre était transmis régulièrement parmi les aînés des Bourbon d’Espagne, avec les armes* qui l’accompagnent. Cette titulature au sein de la branche cadette fut entendue comme une bordée de 380 par la conscience des Carlistes, et au jour d’anniversaire de la mort du roi Louis XVI – est-ce intentionnel et lié au souvenir de Philippe Egalité le régicide ? - la duchesse de Ségovie (91 ans mais bon pied, bon œil) lui répond, la main sur l’épée. *armes du duc d'Anjou Orléans DÉCLARATION DE LA DUCHESSE D'ANJOU DOUAIRIÈRE, DUCHESSE DE SÉGOVIE Ayant appris qu'Henri d'Orléans avait sans aucun droit concédé le titre de duc d'Anjou à son neveu Charles Philippe, « grand maître de l'ordre de Saint-Lazare », je proteste devant ce nouvel acte inconsidéré qui sème encore plus la discorde dans la Mai