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samedi 24 juillet 2021

Summertime - II

Si en vacances on sort des rails, voici donc pour changer, le rappeur original MC Hammer dans un de ses premiers tubes (1990).
Le bonhomme fut un phénomène sur la planète Djeun, terriblement commercial mais parfaitement... au point !



You can't touch this/You can't touch this/You can't touch this/You can't touch this

My, my, my, my music hits me so hard
Makes me say "Oh my Lord"
Thank you for blessin'me
With a mind to rhyme and two hype feet
It feels good, when you know you're down
A super dope homeboy from the Oaktown
And I'm known as such
And this is a beat, uh, you can't touch

I told you homeboy (u can't touch this)
Yeah, that's how we livin' and ya know (u can't touch this)
Look in my eyes, man (u can't touch this)
Yo, let me bust the funky lyrics (u can't touch this)

Fresh new kicks, and pants
You gotta like that, now you know you wanna dance
So move outta yo seat
And get a fly girl and catch this beat
While it's rollin', hold on !
Pump a little bit and let'em know it's goin'on
Like that, like that
Cold on a mission, so fall on back
Let'em know that you're too much
And this is a beat, uh, they can't touch

Yo, I told you (u can't touch this)
Why you standin' there, man ? (u can't touch this)
Yo, sound the bell, school's in, sucka (u can't touch this)

Give me a song, or rhythm
Makin'em sweat, that's what I'm givin'em
Now, they know< br /> You talkin'bout the Hammer, you're talkin'bout a show
That's hyped, and tight
Singers are sweatin', so pass them a wipe
Or a tape, to learn
What's it gonna take in the 90's to burn
The charts ? Legit
Either work hard or you might as well quit

That's word because you know (u can't touch this)(u can't touch this)
Break it down!

Stop, Hammer time !

Go with the flow, it is said
That if you can't groove to this then you probably are dead
So wave yo hands in the air
Bust a few moves, run your fingers through your hair
This is it, for a winner
Dance to this and you're gonna get thinner
Move, slide your rump
Just for a minute let's all do the bump
(Bump, bump, bump)

Yeah (u can't touch this)
Look, man (u can't touch this)
You better get hype, boy, because you know you can't (u can't touch this)
Ring the bell, school's back in
Break it down !

Stop, Hammer time !

You can't touch this/You can't touch this/You can't touch this/You can't touch this< br /> Break it down !

Stop, Hammer time !

Every time you see me, the Hammer's just so hyped
I'm dope on the floor and I'm magic on the mic
Now why would I ever stop doin' this ?
With others makin' records that just don't hit
I've toured around the world, from London to the Bay
It's "Hammer!" "Go Hammer!" "MC Hammer!" Yo Hammer!"
And the rest can go and play
You can't touch this

You can't touch this/You can't touch this/Yeah (You can't touch this)
I told you (Can't touch this)
Too hot (Can't touch this)
Yo, we outta here (Can't touch this)

Au départ, MC Hammer, Stanley K. Burrell pour les Impôts, est un rappeur-garage dans un autre métier que les geeks-garage comme Bill Gates. Le rêve américain en fera une star internationale. La tête sur les épaules, il ne sera jamais exploité par le showbiz, ce sera même l'inverse. Plus sur la Wikipedia ! Dans un autre style de rap, c'est par ici toujours au top : Have You Seen Her ? Vous allez aimer !

lundi 16 mai 2016

Verdun 1916-2016

Le Faubourg Pavé


« Situé au cœur du champ de bataille de Verdun, le Mémorial de Verdun, actuellement en rénovation, rouvrira ses portes en février 2016 et deviendra à cette occasion centre d’interprétation de la bataille de Verdun. Sa scénographie, totalement renouvelée, fera découvrir au visiteur sur trois niveaux l’expérience de la vie combattante du soldat allemand et français. Le dernier niveau permettra une vue dégagée sur le champ de bataille, jusqu’à l’Ossuaire de Douaumont » (Mission du Centenaire de la bataille de Verdun).

Il y a certainement de bonnes intentions à cette mise en scène, destinée aux générations nouvelles qui s'éloignent des souvenirs terribles racontés jadis à la veillée. Mais que veut dire cette valorisation de l'enfer ? Car ce fut un véritable enfer. Des livres de témoignages ont été écrits sur cette bataille mythique, il suffit d'en lire un pour en ressortir effrayé ; il n'est nul besoin d'une scénographie renouvelée, forcément complaisante aux thèmes du moment. Cent cinquante mille soldats de part et d'autre ont péri, quatre cent mille blessés, sept cent mille victimes en tout dans une unité de temps et de lieu ramassée autour de Verdun. Est-il besoin d'en rajouter pour comprendre ou bien sont-ce des idiots que nous avons engendrés ?

A cette commémoration - qui devrait être à mon avis purement militaire, mais ce n'est que mon avis - est-il nécessaire d'ajouter un festival, quelque "Rock in Douaumont" ? On comprend l'émoi du pays à l'annonce de la participation au concert d'un rappeur français qui chante sa détestation des mécréants*, des pédés, des youpins. Forcément ça fait tache. Des Français de simple bon sens se sont levés contre l'infamie. La réaction de la sphère "culture officielle" à ce qu'elle appelle la fachosphère est misérable. La Gauche est celle du pourrissement général et pis qui est : elle se dévore elle-même. Les cris d'orfraie des représentants emblématiques de ce que l'on nomme les minorités visibles ou protégées, ciblées par le rappeur, sont là pour le prouver, à applaudir au barbarisme d'André Bercoff qui parle de "conosphère" contre la "fachosphère".
* kouffar dans le texte, pluriel de kâfir, injure coranique stigmatisant l'infidèle

Tant et si bien que ses propres supplétifs en agit'prop ont commencé à lui casser la gueule. On ne compte plus les permanences socialistes saccagées par les antifas, le black block et autres intermittents du pavé. Pour nous laver de cette odeur de lisier, je vous passe la chanson qu'aimaient nos poilus quand ils revenaient en position de repos.
Repos, vous pouvez fumer.





lundi 31 mars 2008

RAP 3

Kery James
En attendant que les Sarkozy s'inquiètent du sort peu reluisant des Français (j'allais dire leurs concitoyens) qui au 1er juillet prochain seront la risée de l'Europe, parce que banqueroutiers de leur modèle social, lisez du rap d'entrepreneur !
Instructif sur l'état d'esprit des banlieues et complètement français !

Seconde et dernière piqure de rappel : Kery James.
Extrait de son nouvel album dans les bacs aujourd'hui sous le titre : Banlieusards :
L'écran page suivante ...



Partition de Kery James

Son site officiel en cliquant ici

On n'est pas condamné à l'échec,
Voilà le chant des combattants,
Banlieusard et fier de l'être, j'ai écrit l'hymne des battants,
Ceux qui ne font pas toujours ce qu'on attend d'eux,
Qui ne disent pas toujours ce que l'on veut entendre d'eux,
Parce que la vie est un combat
pour ceux d'en haut comme pour ceux d'en bas.
Si tu n'acceptes pas ça c'est que t'es qu'un lâche,
Ecoute ce morceau, lève toi et marche.

C'est 1) pour les miens, arabes et noirs pour la plupart
Et pour mes babtous (blancs), prolétaires et banlieusards.
Le 2) ce sera pour ceux qui rêvent d'une France unifiée
Parce qu'à ce jour y'a deux France, qui peut le nier ?
Et moi je serai de la 2ème France, celle de l'insécurité
Des terroristes potentiels, des assistés.
C'est ce qu'ils attendent de nous, mais j'ai d'autres projets, qu'ils retiennent ça,
Je ne suis pas une victime mais un soldat,
Regarde moi, je suis noir et fier de l'être,
Je manie la langue de Molière, j'en maîtrise les lettres,
Français parce que la France a colonisé mes ancêtres,
Mais mon esprit est libre et mon Afrique n'a aucune dette.

Je suis parti de rien, les pieds entravés.
Le système ne m'a rien donné, j'ai dû le braver.
Depuis la ligne de départ, ils ont piégé ma course
Pendant que les keufs me coursaient, eux investissaient en bourse.
J'étais sensé échouer, finir écroué,
La peau trouée, et si j'en parle la gorge nouée,
C'est que j'ai nagé dans des eaux profondes sans bouée.
J'ai le ghetto tatoué, dans la peau, j'suis Rebel comme ekoué
Mais l'espoir ne m'a jamais quitté
En attendant des jours meilleurs, j'ai résisté
Et je continue encore.

Je suis le capitaine dans le bateau de mes efforts
Je n’attends rien du système, je suis indépendant.
J'aspire à être un gagnant donné perdant,
Parce qu'on vient de la banlieue, c'est vrai, qu'on a grandi, non
Les yeux dans les bleus mais des bleus dans les yeux.
Pourquoi nous, dans les ghettos, eux à L'ENA,
Nous derrière les barreaux, eux au Sénat,
Ils défendent leurs intérêts, éludent nos problèmes,
Mais une question reste en suspens : qu'a-t-on fait pour nous même ?
Qu'a-t-on fait pour protéger les nôtres
des mêmes erreurs que les nôtres ?
Regarde ce que deviennent nos petits frères :
D'abord c'est l'échec scolaire, l'exclusion donc la colère,
La violence et les civières, la prison ou le cimetière,
On n'est pas condamnés à l'échec.

Pour nous c'est dur, mais ça ne doit pas devenir un prétexte
Par honneur pour ce qu'ont accompli nos parents
On n'peut pas baisser les bras.
Malgré les déceptions et les dépressions
Suite à la pression, que chacun d'entre nous ressent,
Malgré la répression et les oppressions
Les discriminations, puis les arrestations,
Malgré les provocations, les incarcérations,
Le manque de compréhension, les peurs et les pulsions,
Leur désir, de nous maintenir la tête sous l'eau
Transcende ma motivation,
Nourrit mon ambition.

Il est temps que la 2ème France s'éveille.
J'ai envie d'être plus direct, il est temps qu'on fasse de l'oseille (argent)
Ce que la France ne nous donne pas on va lui prendre.
Je veux pas brûler des voitures, mais en construire, puis en vendre
Si on est livré à nous même, le combat faut qu'on le livre nous même
Il ne suffit pas de chanter, « regarde comme il nous malmène »
Il faut que tu apprennes, que tu comprennes et que t'entreprennes.
Avant de crier « c'est pas la peine ! quoi qu'il advienne, le système nous freine ! »
A toi de voir ! T'es un lâche ou un soldat ?
Brandis l'épée du courage, entreprends et bats toi !

Banlieusard et fier de l'être,
On n'est pas condamné à l'échec, diplômés, éclairés ou paumés
En 4x4 en tromé (métro), gentils ou chantmé (méchant)
La banlieue a trop chômé, je sais ce que la France promet
Mais que c'est un crime contre notre avenir que la France commet
C'est pour les discriminés, souvent incriminés,
Les innocents, qu'ils traîtent comme de vrais criminels.
On a l'image des prédateurs, mais on n’est que des proies
Capables mais coupables et exclus de l'emploi.

Si je rugis comme un lion c'est que je n’compte pas me laisser faire,
Je n'suis pas un mendiant, je suis venu prendre ce qu'ils m'ont promis hier,
Même s'il me faut 2 fois plus de courage, 2 fois plus de rage,
Car il y a 2 fois plus d'obstacles et 2 fois moins d'avantages,
Et alors ?! Ma victoire aura 2 fois plus de goût.
Avant de pouvoir la savourer, j'prendrai 2 fois plus de coups,
Les pièges sont nombreux, il faut que je sois 2 fois plus attentif,
2 fois plus qualifié et 2 fois plus motivé.

Si t'aimes pleurer sur ton sort, reste pas à côté de moi
Je te le répète, je n'suis pas une victime mais un soldat,
Banlieusard et fier de l'être
On n'est pas condamné à l'échec !

On est condamné à réussir,
A franchir les barrières, construire des carrières.
Regarde ce qu'ont accompli nos parents,
Ce qu'ils ont subi pour qu'on accède à l'éducation.
Où serait-on sans leurs sacrifices ?
Comme Mahmoud pour Thays.....
Bien sûr que le travail a du mérite
Ô combien j'admire nos pères,
Manutentionnaires mais fiers,
Si on gâche tout, où est le respect ?
Si on échoue, où est le progrès ?
Chaque fils d'immigré est en mission,
Chaque fils de pauvre doit avoir de l'ambition,
Tu peux pas laisser s'évaporer tes rêves en fumée
Dans un hall enfumé,
A fumer des substances qui brisent ta volonté,
Anesthésient tes désirs et noient tes capacités.
Arrête, on vaut mieux que ça !
Rien n'arrête un banlieusard qui se bat.
On est jeunes, forts et nos sœurs sont belles,
Immense est le talent qu'elles portent en elle.
Vois-tu des faibles ici ?
Je ne vois que des hommes qui portent le glaive ici.
Banlieusards et fiers de l’être,
On est pas condamné à l’échec !

Ce texte je vous le devais,
Même si je l’écris le cœur serré,
Et si tu pleures, pleure des larmes de détermination,
Car ceci n'est pas une plainte, c'est une révolution !

[choral]

Kery James


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mardi 4 mars 2008

RAP le rappel

Le premier billet de Royal-Artillerie sur le rap français (NTM), doublé d'un sujet de discussion ouvert sur le forum ViveLeRoi (Kery James), n'a pas déçu. Voici donc la première piqure de rappel.
Les royalistes dans leur grande majorité refusent d'entendre, et peut-être de lire même les partitions proposées qui sont jugées "... de merde, plein de poncifs, aucune intelligence ...". Cet art est crasseux. Peut-être. A-t-on lu le reste de la production discographique non-rap ? Les chansons yé-yé ? Débile le rap ? Sans doute pas. Bien que je n'écoute pas du rap en boucle, je sais qu'il exprime un faisceau de sentiments, un perception sociale, laisse une trace historique mais qu'il est destiné d'abord à la vente ! Ce qui indique aussi que les thèmes et la façon de les délivrer doivent correspondre à l'attente d'un public solvable. C'est la base de tout art de masse. Aussi sulfureux que NTM, voici Sinik sur son titre ironique "Une époque formidable". Il a un site de fans ici.



Les 100 meilleures ventes de disques 2007 publiées par l'IFOP montrent que le rap, hip-hop et dérivés sont rémunérés par le marché. On peut cliquer ici pour s'en rendre compte.

Revenons à nos moutons, pure laine à chèche : Le réflexe de rejet préalable d'une couche sociale importante - que les Français-de-souche rêveraient de voir partir, dit-on, mais qui ne partira pas - donne les limites de la perception du pays réel par le mouvement royaliste. Ce pays réel ne peut-il être que celui qu'on aime ? D'aucuns hurlent chez nous que les "racailles" sont l'armée du pays légal ! Sommes-nous envahis de malades mentaux ? Je le crains dès fois. De boulets sans doute !

Quand nous serons décidés à faire de la politique, de la vraie politique les pieds au sol et pas des conférences pour trente convaincus sur des sujets convenus d'avance, nous devrons analyser alors le champ de manoeuvre - le théâtre d'opérations extérieures pour les plus guerriers - et y repérer les fossés, les parcours faciles mais aussi les portions effondrées ou dangereuses. A défaut de quoi nous en resterons trois ou quatre, à prendre notre petit Lipton Yellow de chez Franprix, le petit doigt bandé vers le Ciel qui se marre !

Thomas Gérard Idir, alias SinikAvant de vous passer le texte (full size) du clip ci-dessus, je fais une digression. Certains professeurs des collèges opérant (on ne peut pas dire enseignant dans ce cas) en zones d'éducation prioritaire, s'avisèrent un jour de mettre certaines classes "défavorisées" au latin-grec. Le résultat ne se fit pas attendre : non seulement l'offre de savoir "chic" fut très bien reçue par les élèves, plus facilement que par leurs parents sans doute forcés à l'utile en conscience, et les notes de toutes les autres matières remontèrent. Digression 2 : un chef de fabrication d'une importante usine de roulements à aiguilles me confiait un jour que le ressort de la paix sociale dans un atelier est la considération que l'on porte aux ouvriers. Avons-nous de la considération pour la population politique que nous devons fatalement ensemencer ?

Les royalistes qui méprisent ou insultent les jeunes des cités pris en bloc parce qu'ils sont rassurés de n'avoir pas à analyser ou trier leurs comportements par ce réflexe de rejet, se trompent lourdement s'ils prétendent pousser à la roue d'un projet politique. Finalement ils vont au camp des saints, celui des vieilles inutilités, alors que personne ne les y pousse ! C'est leur choix, mais il ne faut pas compter faire de la politique à partir d'un camp retranché. On est hors du siècle ou dans le siècle, pas dans l'entrebaillement de la porte.

[Une époque formidable]

L'histoire commence aux Ulis en 1984,
Petit et peace dire que cette ville allait changer ma life ;
J'en suis marqué j'ai débarqué un soir d'hiver,
Cité des Hautes Bergères, tout à l'air grand mais faudra bien s'y faire ;
J'avais 4 ans mais les souvenirs me sont restés intacts
Ainsi débute ma vie entre les ter- inspec et le terrain vague ;
De jour en jour mes nouveaux potes seront mes nouveaux frères
Peut être qu'on est sur terre mais seul l'enfer me sera offert !
A cet instant, j'ignore encore que les mâtons m'attendent
Vas dire à ta maman que je suis un bon, que j'ai déjà ma bande !
88, on a 8 piges et tout roule,
Avec mes potes on joue au foot, de la tour Février à la tour Août,
A l'école ça se passe mal, je me sens mal, je vis mal, je dors mal,
Et quand j'en parle j'ai mon coeur qui s'emballe ;
Tous les 25 décembre, il faut trouver les mots,
L'argent nous fait défaut et par sa faute le Père Noël est mort !

{Refrain:}

Rappelle-toi, on était jeune, on n'avait pas la haine, on n'avait pas de label,
Dix ans plus tard certains manquent à l'appel !
Un peu plus tard j'aurais ma ville comme soutien,
Soudain j'écrirais ça pour que tu saches d'où je viens, les Ulis,
Pour que tu saches que toute ma life a un goût de flingue,
Pour pas que t'oublies après Bergères rajoute jungle !
Pour que tu saches à quel point tout ça me manque !
Que tu comprennes mon histoire tout simplement !

J'ai peur de rien sauf de mon père et ses putains de colères,
De ce putain de collège, des profs et des bulletins scolaires.
Ca se dégrade, doucement mais sûrement, et tard le soir sur le banc
J'entends les grands pousser des hurlements !
2 années passent et les premiers soucis s'amassent très vite,
La chance m'évite, alors après la classe, on casse des vitres !
J'aimais le son mais quand je rentrais j'apprenais pas mes leçons,
Petit mais paresseux trop parisien mais bon n'ai-je pas raison ;
90, j'ai 10 ans je commence à faire le mac et même à parler mal
Parce que j'ai pas cette putain de paire de Nike !!
Je traîne de plus en plus et aime de moins en moins
Hier quand je suis rentré, j'ai vu des jeunes rouler des joints dans le coin.
J'aimais l'été avec les potes le soleil sur l'épaule,
Du rap et du football, pendant que les grands déssoulaient sous les halls ;
J'encaisse les coups quand j'ouvre ma gueule, ou j'ai un mot
Hors de la norme, encore un homme caché dans le corps d'un môme !
Anéanti car mes parents n'ont jamais su mentir,
L'huissier m'appelle fiston parce que ce fils de pute m'a vu grandir !
Doucement je commence à rentrer tard pour admirer les tours,
J'ai 12 ans et l'école me casse les couilles alors je sèche les cours !
Je te l'ai pas dit à cette époque la rue m'inspire,
Et à 13 ans j'écrivais des petits bouts de phrase qui ne voulaient rien dire,
1er chapitre les Ulis pour adresse,
1er couplet de 84 à 93

{Refrain}

L'histoire reprend violement, année 1.9.9.4.
A une époque, mon pote, où les carreaux éclatent et les keufs claquent,
Mauvaises fréquentations entraînent les tentations,
Désordonné selon la conseillère de désorientation !
L'école c'est mort ! Je redoute que ma rue doute !
Dans le fond c'est rien à foutre,
Parce que plus tard je serais une star du foot !
Mes premiers vols, mes premières tapes, mes premières liasses,
Mon premier pote qui meurt, mon premier flingue devant ma première tasse,
Du haut de ma tour je vis en hauteur avec ma benne autour,
Ce putain de monde est sourd, personne m'entend lorsque j'appelle au secours !!
95, avec mes potes ça va de plus en plus mal,
Haineux pour la plupart, me calcule pas, je m'endors de plus en plus tard
J'ai l'air d'un gosse fait pour la tèce et les biz des tron-li,
Les grands m'ont dit "fais gaffe, les keufs te soulèvent dans ton lit" !
Effectivement les keufs te sautent pour te faire déraper,
J'avais 16 ans quand j'ai gravé malsain en G.A.V.
Encore trop jeune pour travailler, plus d'école,
Alors on traîne et on déconne, ici c'est le hall qui distribue les rôles ;
J'aimais rapper, mes potes pas trop, mais j'ai tenté ma chance.
C'était la première fois que des bouts de phrases pouvaient quitter ma chambre
Les miens m'écoutent et ne me suivent pas dans mon délire,
Tandis qu'aux Amonts y'a du flow déjà très tôt c'est ce que j'entendais dire,
C'est avec eux que je pète le mic et toutes les carotides,
Que tous les carreaux tilts qu'on baise la ville de façon chaotique,
A part le son 2 ans plus tard, j'ai grillé toutes mes cartes,
Et j'ai soufflé mes 18 bougies aux D4 !
En ressortant je me suis pas dit que j'avais eu tort mec,
C'est pour le simple fait mais ça ne te rend ni plus faible ni plus fort !
J'ai du tirer ma première taf un putain de soir d'été,
Puis j'ai compris que c'était mal et je commence à regretter,
Entre temps j'ai du replonger 2, 3 fois,
La police veut m'avoir le rap est love de ma Voix !!!

{Refrain}x2


Du nuage où il se penche pour admirer le progrès des villes et la lamentable stagnation des âmes, François Villon bat la mesure en écoutant le rap des cités.
Lui, comprend. A vous les studios !


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vendredi 22 février 2008

RAP

Joey StarrLisez du Rap !
Pour deux raisons, ce sont les textes que vos enfants écoutent ; ils sont écrits généralement en bon français avec finalement peu de verlan - un vieux dialecte d'apaches quand même !
Aujourd'hui Royal-Artillerie vous offre vidéo et paroles de "Laisse pas traîner ton fils" du groupe sulfureux NTM emmené par l'inimitable Joey Starr et son complice Kool Shen.

Pourquoi sur Royal-Artillerie ? C'est un écho au plan banlieue de Mme Fadéla Amara. A faire de la politique, il serait temps de s'intéresser au pays réel, vous savez, le terreau politique de demain ...
C'est page suivante ...



A l'aube de l'an 2000
Pour les jeunes c'est plus le même deal
Pour celui qui traîne, comme pour celui qui file
Tout droit, de tout façon y a plus de boulot
La boucle est bouclée, le système a la tête sous l'eau
Et les jeunes sont saoulés, salis sous le silence
Seule issue la rue même quand elle est en sang
C'est pas un souci pour ceux qui s'y sont préparés, si ça se peut
Certains d'entre eux même s'en sortiront mieux
Mais pour les autres, c'est clair, ça s'ra pas facile
Faut pas s'voiler la face, il suffit pas d'vendre des "kil"
Faut tenir le surin pour le lendemain
S'assurer que les siens aillent bien
Eviter les coups de surin
Afin de garder son bien intact
Son équipe compacte, soudée, écoute de scanner pour garder le contact
Ou décider de bouger, éviter les zones rouges, et
Surtout jamais prendre de congés
C'est ça que tu veux pour ton fils ?
C'est comme ça que tu veux qu'il grandisse ?
J'ai pas de conseil à donner, mais si tu veux pas qu'il glisse
Regarde-le, quand il parle, écoute-le !
Le laisse pas chercher ailleurs, l'amour qu'y devrait y avoir dans tes yeux.

Refrain :
Laisse pas traîner ton fils, laisse pas traîner ton fils
Si tu ne veux pas qu'il glisse
Qu'il te ramène du vice
Laisse pas traîner ton fils, laisse pas traîner ton fils
Si tu veux pas qu'il glisse.


Putain, c'est en me disant :"J'ai jamais demandé à t'avoir !"
C'est avec ces formules, trop saoulées, enfin faut croire
Que mon père a contribué à me lier avec la rue
J'ai eu l'illusion de trouver mieux, j'ai vu
Ce qu'un gamin de quatorze ans, avec le décalage de l'âge
Peut entrevoir, c'était comme un mirage
Plus d'interdit, juste avoir les dents assez longues
Pour croquer la vie, profiter de tout ce qui tombe
La rue a su me prendre car elle me faisait confiance
Chose qui avec mon père était comme de la nuisance
Aucun d'entre nous n'a voulu recoller les morceaux
Toute tentative nous montrait qu'on avait vraiment trop d'ego
Mon père n'était pas chanteur, il aimait les sales rengaines
Surtout celles qui vous tapent comme un grand coup de surin en pleine poitrine
Croyant la jouer fine. Il ne voulait pas, ne cherchait même pas
A ranger ce putain d'orgueil qui tranchait les liens familiaux
Chaque jour un peu plus
J'avais pas l'impression d'être plus coté qu'une caisse à l'argus
Donc j'ai dû renoncer, trouver mes propres complices
Mes partenaires de glisse
Désolé si je m'immisce.

Refrain

Que voulais-tu que ton fils apprenne dans la rue ?
Quelles vertus croyais-tu qu'on y enseigne ?
T'as pas vu comment ça pue dehors
Mais comment ça sent la mort ?
Quand tu respires ça, mec, t'es comme mort-né
Tu finis borné
A force de tourner en rond
Ton cerveau te fait défaut, puis fait des bonds
Et c'est vraiment pas bon quand t'en perd le contrôle
Quand pour les yeux des autres, tu joues de mieux en mieux ton orle
Ton orle de "caï-ra", juste pour ne pas
Qu'on te dise : "Voilà tu fais plus partie de la "mille-fa" d'en bas"
C'est dingue mais c'est comme ça
Sache qu'ici-bas, plus qu'ailleurs, la survie est un combat
A base de coups bas, de coups de "tom-ba"
D'esquives et de "Paw !" de putains de "stom-bas"
Laisse pas traîner ton fils
Si tu veux pas qu'il glisse
Qu'il te ramène du vice
Non, laisse pas traîner ton fils.

Refrain et fin.

Laisse pas traîner ton fils, à peine de devenir, un jour tard comme moi (ndlr):

Joey Starr



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