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vendredi 5 avril 2024

Européennes 2024

#2256 - Les listes s'affichent pour les élections du 9 juin 2024 au parlement de Strasbourg et leur diversité convoque une méthodologie de tri pour que chacun choisisse en toute connaissance de cause. Aussi quelques réflexions peuvent être utiles... ou pas, sauf si vous avez un parti-pris idéologique d'entrée. Pour le moment il y a vingt-et-une listes déclarées (clic) mais les enquêtes d'opinion ne font émerger que sept listes qualifiables (clac) parmi lesquelles vous sélectionnerez la vôtre, si vous voulez "amortir" le déplacement jusqu'à l'isoloir. A moins d'avoir un parent, un oncle, un neveu, un cousin qui tente l'aventure des couilles en or et attend votre voix, laissez tomber les listes ne captant que 4% des intentions de vote - le seuil d'accès au parlement est de 5%. Ceci dit, il convient d'appliquer quelques critères propres à ce scrutin transnational :

1.- Quelle liste a un programme vraiment européen qui puisse se déployer dans l'enceinte institutionnelle ?

2.- La liste qui a votre préférence a-t-elle tranché le débat essentiel entre fédération européenne (Union intégrée) et confédération européenne (Union des nations préservées) ?

3.- La liste a-t-elle une idée claire des questions de défense posées au continent par les empires hégémoniques ? Cette idée est-elle réaliste ?

4.- Le débat UE-OTAN est-il tranché dans le programme ?

5.- Les programmes attrape-tout à usage national cachent parfois de simples ambitions alimentaires comme le Front national nous l'avait montré jadis.

Voter en citoyen avisé qui se méfie des promesses qui n'engagent que ceux qui les reçoivent, en jugeant de la praticabilité des propositions.

Europarlement de Strabourg

Têtes et liens des sept listes qualifiables (dans l'ordre du sondage Harris)

* La France insoumise (8%) - Manon Aubry

* Place publique et PS (13%) - Raphaël Glucksmann

* Les Ecologistes (6%) - Marie Toussaint

* Renaissance plus (17%) - Valérie Hayer

* Les Républicains (7%) - François-Xavier Bellamy

* Rassemblement national (31%) - Jordan Bardella

* Reconquête! (6%) - Marion Maréchal

cul de lampe aux grenouilles

Que faire du reste ?

Le "parti" majoritaire sera celui des Mainfoutiss désignés par l'attribut volontariste d'abstentionistes. Et si vous ne cherchez qu'une distraction dans l'exercice électoral, donnez votre voix au parti inéligible de votre choix ; il y en a déjà quatorze. Mais interdisez-vous de vous plaindre à l'avenir des décisions prises ou refusées au niveau du parlement européen puisque vous aurez botté en touche.

mercredi 7 février 2024

Des singes en hiver

#2237 - Nous sommes le 7 février, les ligues dissoutes ne se sont pas reconstituées pour prendre d'assaut l'Assemblée nationale. On me dit dans l'oreillette qu'aucun pouvoir ne gît en ce lieu sauf de nuisance. On s'en doutait un peu quand après la défaite de Rungis, le premier élan de la Coordination Rurale fut d'assaillir l'institution, pour finalement retourner ses tracteurs par dépit et rentrer à Montauban. Sans doute avaient-ils vu entretemps les questions d'actualités au gouvernement sur la 3ème chaîne et mesuré les capacités réduites de la machine parlementaire. A quoi bon prendre d'assaut le siège des inutilités. Tout se décide ailleurs.

L'antiparlementarisme primaire de ce blogue est une honte bue ! Même s'il est largement partagé par certaines célébrités politiques qui s'en tiennent loin pour ne pas prêter la main à la verge purificatrice des caricaturistes, l'antiparlementarisme est un mal qui se répand jusqu'au plus profond du pays par la conviction des masses laborieuses que ces enceintes sont des fromages de la République qui servent à nourrir les sans-métiers du pays faisant profession de politicien. Un député mien s'était jeté dans la bataille politique en 2017, qui avait eu l'idée saugrenue d'apppliquer scrupuleusement son programme une fois élu. Quelle idée ! Son travail fut remarquable et salué, son assiduité rare, son opiniâtreté parfois moquée ; il ne se représenta pas en 2022 car il n'avait abouti à rien. "J'ai payé pour savoir" me dit-il un jour, écœuré. Le parlement n'est pas du tout le moteur démocratique que l'on imagine. C'est un jeu de l'oie, un monopoly géant, un mécano d'usine à gaz. D'ailleurs si constitutionnellement ils détiennent la souveraineté, ils ne s'en servent pas parce que les règles d'exercice de leur mandat qu'ils se sont eux-mêmes données les en détournent. Peigne-culs en plus : avec leurs émoluements confortables, ils se votent une augmentation des notes de frais pour suivre la hausse des prix parce qu'il ne leur est pas venu à l'idée qu'au moment où bien des catégories sociales rament, ils pouvaient distraire un peu de leur traitement de base pour régler une ou deux notes de restaurant ou les fleurs destinées à leur assistante parlementaire ou à leur maîtresse parisienne. Domminique de Villepin les surnommait "les connards". C'est définitif, ils président à l'effondrement du pays constaté aujourd'hui par Michel Onfray et Dominique Jamet(*).

8 février demain, il y aura toujours Gaza, l'Ukraine, Taïwan et Montauban. Un réflexe tardif de bon sens au Château a sorti de l'épure diplomatique Ouagadoudou, Bamako et Niamey. Aux Russes de protéger maintenant les futurs maréchaux du canibalisme des foules surchauffées. Lâche mais légitime soulagement. Mais ce qui m'interpelle dès l'aube, c'est la candidature de Xavier Bertrand à l'élection présidentielle de 2027 proclamée depuis les Hauts de France à l'effet de vaincre le Front National (sic). Cette obsession du président de région n'est pas nouvelle parce qu'il est confronté à des élus de terrain de bon niveau qui ne se laissent pas éblouir par son aisance technocratique et qui persistent à appeler un chat un chat. Mais cet axe de campagne sera-t-il le bon ? Les Français ne semblent pas redouter la possible irruption de la droite dure sous les plafonds dorés de la république. Ils s'inquiètent de l'insécurité qui n'est plus du ressenti, de l'affaissement des services publics financés par des impôts qui augmentent et, quand ils ont le temps, de la nouvelle colorimétrie de notre société qui remplace l'ancienne plus pâle. Certes pour monsieur Bertrand, il y a loin de la coupe aux lèvres - comme on dit dans les blogs destinés à l'Académie française - à commencer par déblayer ses concurrents au sein de son propre parti politique. Avouant avoir appris de ses erreurs, et les primaires républicaines furent l'erreur majeure des trois derniers quinquennats, il envisagerait donc se lancer seul à côté de la "machine à perdre" que représente si bien le tandem Ciotti-Wauquiez. Peut-être aussi contre le pavois des adhérents qui pensent, dit-on, à David Lisnard, maire de Cannes et président de l'Association des maires de France. Celui-ci n'a pas l'aisance médiatique de Bertrand mais, un ton plus bas, semble plus proche de son auditoire, ce qui n'est pas non plus gage de succès, l'image imprégnée dans le cerveau de l'électeur étant plutôt celle du grand chef catholique à la Chirac que celle d'un besogneux honnête. Sauf qu'au jour où nous mettons sous presse, ce candidat LR capable d'aimanter le corps électoral n'est pas visible encore. Les Républicains ont raté le coche en 2021 en éliminant Michel Barnier qui avait la stature "professionnelle", le prestige du Brexit et la gueule de l'emploi. La photo d'époque parle d'elle-même (clic) qui n'aligne à côté de lui que des vedettes d'étape.

Je partage l'avis de Luc Ferry qui les trouve nuls. Emmanuel Macron a clairement gagné la présidentielle de 2022 et tout aussi clairement perdu les législatives s'ensuivant. Les Républicains auraient dû passer un accord de gouvernement à l'allemande avec Macron pour lui fournir la majorité requise à l'Assemblée nationale et faire avancer leurs idées en même temps. Que risquaient-ils à la fin puisque Macron ne pourra pas se représenter en 2027 et donc que les cartes de tous les groupes politiques seront rebattues fin 2026. De vrais stratèges ; mais c'eût été pour faire quoi ? Ce sont les élections européennes qui comptent de plus en plus et leur chef de file n'imprime pas.

dessin d'une candidate au pupitre

Qui voit-on susceptible de courir ce marathon de trois ans ?

- Personne à l'extrême-gauche qui s'émiettera pour compter ses voix en vue des élections législatives ! Les Vertes-de-rage pourraient néanmoins sauter plus tôt du Titanic.
- La gauche de raison n'a pas de candidat naturel - elle est presque le seul parti dans ce cas. Avec son QI de bulot (Luc Ferry dixit) Olivier Faure n'avait aucune chance, c'est bien pourquoi le PS propulse Raphaël Glucksman aux européennes avant peut-être de l'accompagner plus loin s'il réussissait à finir troisième derrière la majorité présidentielle voire deuxième si elle se divise.
- La majorité présidentielle partagera les mêmes intentions de comptage que l'extrême-gauche en vue des législatives ; ses trois composantes se braqueront forcément après les européennes à mesure que se rapprochera l'élection présidentielle. Renaissance n'a pas de leader national, à moins que Bruno Le Maire ne suive les conseils de Houellebecq ; Horizon n'a qu'Edouard Philippe à qui colle toujours le sparadrap des 80km/h ; et le MODEM n'osera pas remettre le couvert à François Bayrou même s'il insiste après sa relaxation au bénéfice du doute. Ceux qui le connaissent bien en l'affaire, ne doutent pas.
- On a parlé plus haut des Républicains. Ciotti chauffe la salle pour Wauquiez, mais ce président de région reste pour l'opinion un très bon président... de région. Xavier Bertrand a ses chances s'il surmonte sa propension à entrer dans le détail des dossiers, ce qu'il fait avec passion, car ce n'est pas la technicité qui est porteuse d'une candidature à la présidentielle mais le charisme et le récit national proposé.
- Enfin le Rassemblement National. Si Jordan Bardella gagne largement les élections européennes de juin prochain, Marine Le Pen sera assurée de participer au scrutin de 2027 en laissant courir l'idée d'un ticket avec lui. Sa (seule) chance d'aboutir est que ses adversaires la diabolisent - Bertrand parle aujourd'hui déjà de "fachos" - au lieu de démonter son programme économique bolivarien et qui ne vaut pas plus. L'électeur RN (30% du corps électoral annoncé pour juin) n'est pas sensible à la dénonciation de dérives réelles ou supposées des dirigeants de son parti vers le NSDAP, en plus qu'il ne comprend pas grand chose au bal de la Waffen à Vienne, aux conférences communes avec la Lega ou Fratelli d'Italia en Italie, aux indulgences plénières accordées à Victor Orban ou à Robert Fitso ; ce qu'il veut c'est d'abord de l'ordre, encore de l'ordre et finir les fins de mois !
- Reste le Z. Pas celui de l'opération militaire spéciale (quoique!) mais celui de Reconquête. Difficile de ressortir de la fosse à la fin du parcours du combattant. Si Marion Maréchal fait les 5% libérateurs aux européennes (elle est sondée à 6% donc c'est possible) se posera la question du candidat pour 2027 puisqu'il a été jugé que le lecteur ne fait pas l'électeur. Auquel cas Reconquête balisera l'accès au second tour et Zemmour rejoindra Mélenchon à l'EHPAD des bois flottés de la démocratie échouée.
Si revenait en 2027 un parti "Chasse, Pêche et Traditions" j'y retournerais bien.


Postscriptum du 7/02/2024 :
L'autre nouvelle diffusée par la Nomenklatura est la conscience morale de la gauche caviar prise la main dans le panier de jeunes patientes sous hypnose. Où vont-ils chercher tout ça ?

vendredi 10 mars 2023

Notre fatigue démocratique

Du tumulte entretenu par les centrales syndicales pour préserver la rente des travailleurs protégés et faire régler par les générations montantes les pensions non financées, jaillit parfois de ces foules le cri du "déni de démocratie" ! A constater l'autisme des pouvoirs publics qui ignorent ce fameux "mécontentement populaire" qui, comme "le peuple", ne fut jamais défini, les porte-parole de la contestation en voirie dénoncent un piétinement méprisant des valeurs démocratiques par le président de la République et sa clique de technocrates. Nous abordons ces temps-ci aux rivages de la révolution, non pas avec la veuve et son tragique dégoulinant de sang, mais dans une contestation étroite et précise de la démocratie représentative qui pourrait bien - 89 ans après la ruée des ligues sur le pont de la Concorde - renvoyer nos chers et coûteux parlementaires à leurs études provinciales. Car la réforme des retraites sera votée, d'un coup d'un seul, au calibre 49.3, laissant les masses laborieuses et démocratiques se demander à quoi servent ces assemblées élues à grand frais et traitées à la crème chantilly, pendant que le labeur sue comme un mineur polonais pour son caddie hebdomadaire inflaté.

Ce n'est pas vaine anticipation ; le niveau record d'abstention aux élections législatives doit être compris comme l'expression d'un doute total sur l'utilité des chambres par plus de la moitié du corps électoral de base. Il n'est nul besoin d'être antiparlementaire primaire pour comprendre qu'elles ne servent pas à grand chose, déjà par le ruissellement continu de normes et directives européennes en tous domaines, mais surtout par l'ingénierie gouvernementale des voies de contournement de toute décision ou non-décision de l'Assemblée nationale. Or, constitutionnellement, c'est l'Assemblée nationale qui détient le pouvoir souverain en France. Mais nos députés le croient-ils vraiment ? Le peuple, lui, n'y croit plus. D'autant que les tenants du parlementarisme augmenté en 6ème République, viennent de se vautrer comme jamais dans la bauge qu'est devenu l'hémicycle du palais Bourbon, démonétisant la valeur morale de leur mandat. M. Mélenchon est un braillard talentueux mais sans doute un piètre stratège. Il vient de s'enterrer politiquement ; les chefs syndicaux y veillent déjà.

René de Maupeou, ministre de Louis XV
Ce régime est en péril du seul fait de ses acteurs. Il peut crever sans que l'émotion populaire ne dure plus longtemps qu'il n'y a d'espace entre le journal de 20 heures l'annonçant et les pubs meublant l'intervalle jusqu'au film du soir. Notre démocratie parlementaire dut-elle disparaître qu'elle n'emporterait avec elle que les règles des jeux de pouvoir et aucunement les valeurs abusivement attachées à cette forme de gouvernement. Ni les libertés individuelles, ni les droits de l'homme et de l'animal, ni l'égalité des salaires homme-femme, ni le droit au savoir, ni rien de ce qui garantit une vie paisible au citoyen éveillé ne disparaitra ! Neuf cent vingt-cinq députés ou sénateurs seront licenciés sans indemnités. Pour dire vrai, hormis les jardiniers, les assistants et les huissiers à chaîne, personne ne s'en apercevra ! Nos indécrottables jacobins nous annonceront-ils le chaos indescriptible laissant le pays affronter les heures les plus sombres de notre histoire et la bête dont le ventre est fécond ? Que nenni. Resteront en place une centaine de préfets adossés aux conseils départementaux, qui pourront gouverner le pays au quotidien, et une quinzaine de régions administratives capables de plannification, soit au total cinq mille huit cents conseillers, tous élus au suffrage universel. Sera venu le moment d'augmenter par décret les compétences de ces instances régionales et locales pour palier la suppression des chambres de Paris. Monsieur de Maupeou* applaudit dans sa boîte.

Et puisqu'il faudra quand même une instance qui votera le budget de l'Etat régalien, on pourra réfléchir à un Sénat des Cent, élu par les collectivités locales, qui dialoguera avec le Conseil économique, social et environnemental, lequel fonctionnera comme usine à penser à côté des grands corps régulateurs. Profiter surtout de cette période de relatif désordre pour couper toutes les subventions à toutes les associations et à débander toutes les sinécures, agences, instituts, commissariats, autorités, syndicats extérieurs aux services de l'Etat. Le budget dira merci !

Par quoi remplacer les institutions nationales de pouvoir actuelles ?
Si possible par rien, du moins y tendre.
Et le président de la République ?
Vous voulez rire ? La Théorie des Trois Ridicules ne vous aura pas suffi ?
Du chaos faire naître l'ordre. Ça c'est une vraie création ! A vos crânes, sortez le jus !

* René de Maupeou, très au fait du pouvoir de nuisance extravagant des parlements, débande le parlement de Paris le 20 janvier 1771

lundi 20 juin 2022

Macron brise la glace

Macron
Comme Jésus marchait sur l'eau du lac de Tibériade, Emmanuel Macron marchait sur le plafond de verre du front républicain. Il est passé à travers !
C'est sa pratique de la fonction qui a aminci la glace au point qu'elle se rompe. Le Rassemblement national est entré à la chambre basse du parlement, et sans doute pour longtemps. Le vieux Menhir en avait rêvé, sa fille l'a réalisé.

Menacé de calamités, méprisé, battu et moqué, la moitié du corps électoral a envoyé une assemblée plus représentative du pays, autant du moins que le mode de scrutin trafiqué au bénéfice des sortants au prétexte de majorité, l'a permis. L'autre moitié de ce corps a abandonné toute illusion électorale (+).

Ce qu'il se passera demain dans la production des lois de la République ne sera pas différent de ce qu'il se passe chez tous nos voisins. Notre exception démocratique (visant à atténuer la celticité de nos intérêts locaux) se fracasse sur le Mécontentement général. Mais la condescendance, le mépris, l'arrogance jusqu'à l'insulte du président n'ont pas peu fait pour ruiner la clef de voûte du régime : une majorité obéissante. Son ressemelage devient inutile. Le processus législatif basé sur "le bloc permanent" devient inopérant - la garde-chiourme Ferrand-Castaner est déjà débarquée - et nous allons assister aux fractures politiques habituelles entre les vizirs potentiels, coalisés jusqu'à hier. La majorité présidentielle devrait éclater en trois groupes, dont celui d'Edouard Philipe déjà en selle pour 2027. La coalition hétéroclite du cartel des gauches va en faire autant, aidée en cela par les divergences internes non pontables. Voici de gauche à droite les cartes à jouer probables par groupes (les deux seuils importants sont à 15 et 60 députés) :
  • PCF : 12
  • LFI : 72
  • EELV : 26
  • PS : 23
  • LREM : 170
  • Rad. : 3
  • MoDem : 46
  • HORizon : 26
  • UDI : 3
  • LR : 61
  • RN : 89
  • Solde et divers : 46
C'est maintenant que va apparaître d'une part l'incapacité génétique de M. Macron a négocier en continu, et d'autre part l'inutilité d'un premier ministre-collaborateur aux ordres comme Mme Borne. Il va falloir plus de finesse en politique que la caporalisation qui a prévalu jusqu'à hier ; et comme l'intelligence à Matignon deviendra vite insupportable au locataire de l'Elysée, cette chambre sera dissoute à la rentrée après le gros échec annoncé de la réforme des régimes de pensions. A l'issue de ces quatre tours électoraux, on notera la mort de tous les traîtres, à la notable exception de l'inoxydable Eric Woerth. Marion Maréchal peut se reconvertir, elle appartient au passé. Pour finir, une mention spéciale pour Jordan Bardella qui a montré tout au long de l'exercice une maturité politique rare à son âge, exprimée clairement dans une dialectique posée et articulée. Tiens, personne n'a parlé de restaurer le roi. Reste à jauger la perte d'influence dans les enceintes européennes d'un président français battu. Le tour français s'achève le 30 juin, la Tchéquie lui succèdera avec un agenda très différent ; puis ce sera la Suède, membre influent de l'Europe sérieuse agacée. Que du bonheur pour les cigales !

jeudi 9 juin 2022

Doit-on voter dimanche ?

Par principe, non ! La chambre de godillots, obtenue par trucage du scrutin, est sortie de l'épure constitutionnelle qui lui octroie la souveraineté par délégation du peuple, pour faire de l'enregistrement automatique des projets de loi de l'Exécutif ; pis encore, le président réélu qui semble n'avoir d'autre projet quinquennal que lui-même, lui ôte sa fonction de production intellectuelle en créant parallèlement un Conseil national de la Refondation (CNR ! c'est ambitieux et putassier à la fois), énième leurre narcissique destiné à agiter le tapis médiatique au bénéfice de l'image projetée dans sa page d'histoire !
Utilement, oui ! C'est ce que nous allons voir :

Nous avons besoin d'un parlement pour entériner la réforme plus que jamais nécessaire de l'Etat. Mais les jeux de pouvoirs de la Vè République et sa dérive autocratique nous amènent à considérer qu'une chambre basse sans majorité absolue est la meilleure protection des citoyens devant les délires élyséens. Il faut donc passer entre les partis idéologisés qui souffrent tous du syndrome hégémonique et favoriser les personnalités de caractère et de bons sens.
Pas une voix ne devrait aller aux partis de la "majorité présidentielle" (Ensemble!) pas plus qu'aux partis rassemblés de la gauche soumise à M. Mélenchon, dont le programme bolivarien est annoncé partout comme une calamité. Voter sinon pour d'autres candidats parce qu'ils sont investis par des partis comme LR, Reconquête! ou RN ne servira à rien. LR est un syndicat de sortants sans idées neuves ; RN est le ramas des mécontents primaires et n'a pas montré d'innovation programmatique ni au Palais Bourbon ni à Strasbourg ; Reconquête! n'ira pas plus loin que son obsession islamique qui ne peut déboucher sur une reconquista, c'est trop tard.
C'est donc dans chaque circonscription qu'il faut choisir l'honnête homme dont le pays va avoir besoin sur les bancs de l'Assemblée. Et tout motif est bon s'il exclut les deux groupements de partis précités (Ensemble! et Nupes).

Le maire de ma commune se présente. C'est un bon maire, jeune juriste, qui a su gérer l'héritage explosif d'une gauche plurielle endettée par corruption partisane (il fallait financer le PSU). Il ne se pousse pas du col et me connaît dans la foule, c'est un politique adroit, l'honnête homme dont j'ai besoin à la tribune de l'Assemblée. De plus, sa qualité de député-maire l'aidera à défendre les intérêts municipaux au sein de la communauté urbaine. J'ai donc un choix facile et j'en profite.

Rappelons à ceux qui ont la chance d'avoir un candidat lassallien dans leur circonscription qu'ils n'ont pas besoin de réfléchir longtemps comme nous le disions ici. Ces gens authentiques sont dans le vrai. Ajoutons pour finir que les pitreries de voter blanc ou nul ne servent à rien sauf à compliquer le dépouillement bénévole. Autant aller à la pêche au silure !

silure de la Loire

jeudi 21 octobre 2021

Le sac du Capitole

la foule sur les marches du Capitole


Bannon
Steve Bannon n'est pas mon ami plus que ça, juste un type intéressant. Le comité ad hoc de la Chambre des Représentants de Washington a voté à l'unanimité que des poursuites contre lui soient engagées par le ministère de la Justice pour son rôle présumé dans l'assaut du 6 janvier 2021 (clic). Ces messieurs les parlementaires cherchent à monter plus que montrer le complot trumpien en faisant porter le chapeau au conseiller "intellectuel" de l'ancien président, président-star de la téléréalité remonté sur les planches, qu'ils n'ont pas su empêcher. Le golfeur fou avec un chien de prairie mort sur la tête caracole d'Etat en Etat pour placer ses amis en meilleure position aux "Mid-Terms" et ultérieurement prendre le lead pour la présidentielle qui se rapproche. Contre Kamala Harris il ne devrait pas avoir trop de mal si déjà dans son camp à elle les purs blacks s'en distancent. Il faut donc construire sans tarder l'intellectualisation du coup d'Etat pour bien démontrer à quel point l'affaire avait été réfléchie et préparée dans les caves de la Maison Blanche. Je pouffe ! Revenons en arrière.

Un budget de deux mille policiers aurait été submergé par deux cents braillards non armés ? Je ne le crois pas. Les portes ont été ouvertes. Trois heures passées devant CNN (canal Free 354) avec des confirmations par les réseaux sociaux qui ont diffusé des vidéos de l'intérieur, ont documenté une faiblesse inavouable des unités de sécurité. Ceci ne concerne pas le Secret Service qui n'obéit pas à la sécurité domestique. Ce n'est qu'à l'arrivée des renforts de police que les forces de l'ordre ont commencé à manœuvrer pour amorcer l'évacuation des couloirs et de la rotonde. L'enquête du FBI ira au bout des choses, mais il n'est pas anodin que le chef de la police ait démissionné sans attendre la fin de la journée ; quelque chose avait foiré. Reste à savoir quoi.

S'agissait-il de faire peur aux sénateurs républicains trop timorés pour rejeter la certification du vote des grands électeurs ? J'ai beaucoup de mal à imaginer le scénario d'un vote en chambre haute sous pression de la foule comme aux plus beaux jours de la Révolution française. Au final, s'il y a eu émeute, il n'y a pas eu insurrection, il n'y a pas eu coup d'Etat.
L'affaire s'est conclue à peu de frais. Cinq morts dans un pays qui tire avant de comprendre, du mobilier cassé, portes et carreaux brisés, du désordre. Pas d'incendie au Reichstag ! Mais une réelle profanation du Temple de la Démocratie en Amérique, comme dirait notre Tocqueville.

Les limites de la démocratie représentative ont été atteintes. Le peuple en foule ne fait plus confiance à ses élus. Nous avons le même tropisme antiparlementaire en France. Quelles que soient les conclusions de l'enquête, l'administration Biden ne pourra pas faire l'économie d'une réforme en profondeur des modes de scrutin, Etat par Etat, pour éteindre les soupçons de fraudes électorales de plus en plus pesants. C'est un travail de dix ans ! Et chez nous ? La lanterne ? Que disions-nous le lendemain du carnaval de Washington ?

dimanche 17 janvier 2021

Tout n'a pas commencé aux États

 



Ce jeudi 21 janvier, nous commémorerons la décapitation du roi Louis XVI, sacrilège qui a damné le peuple de France pour longtemps. Les manifestations royalistes ordinaires sont perturbées cette année par la lutte contre la pandémie du coronavirus chinois ; et j'aurais compris qu'on ne fasse exceptionnellement rien de spécial, sauf des intentions de messe, l'affaire ayant 228 ans d'âge. Des messes du souvenir seront dites partout (avant le couvre-feu ?) et sont annoncées par le site dédié Messes Louis XVI et quelques autres. L'office de référence est celui du Mémorial de France qui perpétue l’ordonnance du 21 janvier 1815 du roi Louis XVIII, instituant une messe de requiem en la basilique Saint-Denis chaque 21 janvier et 16 octobre, en mémoire de l'exécution du roi Louis XVI et de la reine Marie-Antoinette. Le 21 janvier elle est toujours célébrée à midi.
A chaque anniversaire nous éclairons ce jour si particulier d'un récit de circonstance, d'un commentaire appuyé ou d'une vidéo religieuse, et on peut les retrouver dans ce blogue par le libellé Louis XVI. Pour 2021, le confinement nous donne le temps de revenir au grand balancier de l'histoire pour chercher à comprendre "pourquoi" l'Ancien régime millénaire a fondu les plombs si rapidement (trois mois jour pour jour*) ; les lecteurs de Royal-Artillerie connaissent le "comment" et nous n'y reviendrons pas.

* 5 mai - 4 août 1789


Ouverture des Etats Généraux de 1789

Commençons à l'envers. Le 5 mai 1789 sont réunis à Versailles les Etats Généraux du royaume. C'est un grand succès de l'administration de Louis XVI que d'organiser en quelques mois seulement (la convocation datait du 8 août 1788) la réunion des députés élus par toute la nation pour la première fois depuis cent soixante quinze ans. Il fallait tout redéfinir, les collèges électoraux, les modes de scrutin à la base et aux Etats, les questions matérielles posées par ce grand chambardement à Versailles, les règles de la campagne électorale, et puisqu'on avait choisi d'entendre les doléances de toutes les communautés rurales et urbaines, fallait-il être capable de collecter et synthétiser les cahiers primaires en cahiers généraux de baillage à l'issue d'une campagne électorale complètement libre qui ne dura que quatre mois au début de 1789. Ceci étant accompli par un effort surhumain de l'administration royale, devant onze cents députés des trois ordres qui représentaient assez fidèlement la vieille France monarchique, la séance fut ouverte par le roi. Qui bientôt s'endormit !

Au spectacle du désintérêt du monarque, les fortes têtes se prirent sans doute à rêver d'emporter la décision par les moyens éternels de la conviction d'autrui : la harangue et souvent le désordre qui la suit. Comment étaient donc constitués les ordres ? Le premier, le Clergé, était majoritairement aux mains du bas-clergé des paroisses et donc pourvu de gens habitués à parler en public, à convaincre et disposant de connaissances techniques et administratives éprouvées dans leurs charges. Le second, la Noblesse, celui qui finalement trahira, ne fit pas corps. Ont été élus des petits nobles attachés à leurs privilèges fiscaux, la noblesse de robe, une caste instruite travaillée par les idées nouvelles de ce qu'on appelera les Lumières qui sont la terreur des royalistes d'aujourd'hui, et les grandes familles descendant des origines de la monarchie qui eurent du mal à comprendre les enjeux. A eux deux, ces ordres valaient en nombre le troisième, le Tiers. Composé de bourgeois de toutes les strates sociales sauf celle du labeur, il regroupait un fort contigent d'hommes de loi destinés naturellement par leurs professions à donner et étayer un avis politique, des propriétaires fonciers qui se colletaient avec la dureté des temps et ramenaient les pieds des autres sur terre, et des acteurs économiques des manufactures et du commerce. Le niveau du Tiers est assez élevé en compétences. Tout le monde connaît les grandes revendications de justice et de "progrès" inscrites dans les cahiers de doléances dont on a parlé partout en France durant quatre mois. Certains des députés veulent faire avancer leur cause, d'autres s'en informer et juger ensuite, mais une chose est sûre : l'assemblée est formée de gens qui ne se connaissent pas, sauf chez le second ordre, et surtout, qui n'ont pas l'habitude de travailler ensemble pour aboutir. Cette psychologie particulière des ordres réunis dans une certaine anarchie exige une conduite autoritaire et progressiste des débats politiques que seul le roi peut assumer par sa fonction et son prestige. Il n'en fit rien ou presque. On s'ensable dès le départ dans les questions oiseuses de procédures ! On sait la suite : le Tiers-Etat forme bloc et le 17 juin se proclame Assemblée Nationale pour fixer par écrit les règles de gouvernement et les attributions de chacun dans une Constitution du royaume. C'était parti... jusqu'au 4 août... et ça pouvait s'arrêter là, mais c'est une autre histoire.

Pourquoi le roi dut-il convoquer les Etats généraux du royaume ? Parce que le fonctionnement du pays était bloqué par sa propre organisation des pouvoirs. Comme ses voisins, le royaume de France devait s'adapter à l'évolution des mœurs sociales et des techniques en grand progrès, concurremment au bouillonnement intellectuel d'idées nouvelles qui pénétraient les couches éduquées de la société. Les pouvoirs et lois issus du siècle de Louis XIV devenaient chaque jour plus inadaptés à l'économie générale du royaume, mais ce n'était pas à l'insu du roi et de ses conseillers. Ceux-ci et lui-même étaient parfaitement informés des nécessités du temps. Cependant, malgré la centralisation et l'absolutisme, le pouvoir légal avait glissé dans les parlements, et surtout celui de Paris qui était normateur ; parlements envahis de prébendiers cramponnés à leurs privilèges qui ne jugeaient les projets qu'à l'aune de leurs intérêts propres. Louis XV avait bien vu ce captage de souveraineté et accepta la réforme Maupeou qui régla la question brutalement en débandant ces assemblées quasiment factieuses en 1771, afin de passer les réformes indispensables à la continuation de l'histoire, projets économiques, administratifs et fiscaux entassés dans les tiroirs des ministères en attente de débouché. Mais le roi mourut ! En 1774, croyant au charisme d'une couronne rajeunie pour réformer en douceur le système entre gens raisonnables - il avait lu L'Esprit des lois et l'Encyclopédie - le nouveau roi Louis XVI rappella les parlements ! Après le temps des sourires et des révérences, revinrent les gens de robe à front de taureau qui bloquèrent toute évolution ou changement. Le lit de justice du 8 mai 1788 engageant la réforme Lamoignon qui les contenait à leur juste place, déclencha la bronca à Paris, vite suivie de celle des parlements régionaux revenus eux-aussi aux contestations. Des émeutes sont déclenchées en province, le roi recule pour la première fois et promet des Etats généraux dans l'idée de Loménie de Brienne qui dira en rendant son tablier que : "seule une assemblée de représentants de la nation peut imposer des réformes aux privilégiés et aux parlements". Le roi n'avait pas tranché dans le vif, la procrastination signait son arrêt de mort. Ce n'est pas à la Bastille qu'il aurait fallu charger à mitraille mais au parlement de Paris un an plus tôt. Il me souvient d'avoir lu une réflexion de Mirabeau qui, après sa réplique célèbre des baïonnettes aux Etats, avait demandé autour de lui ce qu'ils allaient devenir si les Suisses chargeaient baïonnette au canon. Avec Louis XVI ils ne risquaient rien.

Le prince alors en charge de l'Etat était dit-on le plus cultivé d'Europe, le plus intéressé aux sciences et techniques, le plus aimable avec ses peuples. Paradoxalement timide et gauche, impolitique au possible, ennuyé par les affaires autres qu'étrangères et la géographie, il était au moment le plus mauvais maillon de la chaîne dynastique par sa pusillanimité et sa paresse à contrer les coteries de la Cour. Les monarchies héréditaires exigent du caractère chez l'impétrant, caractère qui ne peut être jugé qu'en temps de crise. Il est des époques où l'emprise moindre sur les choses de l'Etat peut s'amortir par l'avénement du successeur qui les répare, ce qui est le mantra du régime héréditaire. Mais il est aussi des temps orageux où le prince acculé doit réagir, d'instinct. Nul n'est destiné à régner s'il n'a pas cette grâce. Et Louis XVI s'est avéré impuissant une fois que fut lancée la constitution des pouvoirs. Reste qu'il n'était pas nécessaire de lui couper la tête pour de futiles raisons et terminer une révolution dans l'horreur absolue. C'est pour s'y être prêté lâchement, après avoir convoqué tous les moyens possibles à la ruine de son cousin, que le duc d'Orléans fut frappé d'indignité perpétuelle dans l'esprit de beaucoup et de nos jours encore. En fallait-il plus pour qu'on le tuât aussi ? Il est bien le seul avec quelques conventionnels à avoir mérité son raccourcissement.

Ainsi donc, l'Ancien régime, pétri de contradictions et d'antagonismes de classe, où foisonnaient les injustices du quotidien, ne fut pas submergé par un peuple se "libérant de ses fers" comme on le chante dans des hymnes pompeux, mais par le précipité d'intérêts bourgeois d'une classe avisée, formée aux techniques administratives et économiques, que le roi avait convoquée à la réforme du pays. Cette classe instruite ne manquait que du prestige public d'un pouvoir qu'elle exerçait déjà de mille façons et positions. Lui vint l'envie d'être aux commandes. C'est ainsi qu'aux vieilles familles de la noblesse croisée succédèrent les dynasties bourgeoises qui surent comme personne mettre en coupe réglée un pays qui ne leur rapportait jamais assez. Le 14-Juillet des bourgeois fut un 18-Brumaire qui marqua la victoire finale de la classe la plus "intéressée" au changement (comme le démontre Beau de Loménie). Nous n'avons plus modifié le paradigme depuis lors, quel que soit le nom des régimes politiques qui se sont succédés, monarchies comprises. Aujourd'hui encore et sans doute plus qu'avant, une caste sans honneur, avec des droits et des besoins, se prétend légitime à nous gouverner, en promenant sa suffisance sous les ors de la vieille monarchie. Et les otaries d'applaudir tous les cinq ans ! A quoi servaient les lanternes déjà ? On y applaudissait aussi !


lys funeraires
* pour Louis XVI *

jeudi 20 février 2020

Des souris et des ânes

Les soupentes du Palais Bourbon : au suivant... au suivant !

Deux jours après le happening élyséen destiné à regonfler la troupe des marcheurs qui doutent, en exaltatant un sain amateurisme ringardisant le "professionnalisme" des vieux routiers de la Chambre, apparaît sur l'écran noir de nos nuits blanches le chibre turgescent de Benjamin-Blaise Griveaux, astiqué poli-miroir par son détenteur pour séduire une belle à distance à travers l'œil de son smartphone ! Elu député de Paris dans la XVè législature, secrétaire d'Etat dans le gouvernement Philippe, le porte-parole de Matignon transportait son plus roide argument à travers Internet comme un adolescent de quatrième ! Accessoirement candidat à la succession de Radis-Noir à l'Hôtel de Ville, BBG l'arrogant a dû annoncer son retrait à cause de l'impossibilité de faire sereinement les marchés de plein vent, couverts et forains, ni les préaux d'écoles ou les salles municipales. Quelqu'un d'entre vous voudrait-il me poser une question sur mon programme de déménagement de la gare de l'Est et la création du Central Park parisien ? Fou-rire ! Le mec est dead ! Avec la nomination de la ministre Buzyn qui a remisé le projet municipal antérieur sur l'étagère à conneries, l'affaire de Paris reprend des couleurs et LaREM rattrape les furies de tête ; il faut dire qu'il n'y a pas photo entre l'apparatchik socialiste à jeun de toute valeur ajoutée et la parisienne de souche qui a déjà réussi sa vie, même si la fonction publique hospitalière la déteste. Se posera un jour la question de savoir pourquoi fut fait le plus mauvais choix chez les marcheurs, sans connaître bien sûr les dérapages de l'impétrant. Tout le monde détestait les ondes négatives émises par M. Griveaux. Le soulagement est général.

Image en cheongsam créée par Dieu et Milanoo

Pour l'amateurisme glorifié par monsieur Macron nous sommes servis, pour la pornographie aussi, mais nous n'épiloguerons pas puisque la France entière a vu la "bite à machin". Ce qui nous intéresse aujourd'hui est la crasse mentale de notre beau parlement, qui crie au viol comme une performeuse de pole-dance coincée dans les toilettes de la boîte, en réclamant le flicage chinois d'Internet plus l'interdiction de l'anonymat des contributeurs aux divers canaux et plateformes du Web. Bien secondée par des médiatiseurs comme Christophe Barbier ou Alain Duhamel qui réclame des peines en millions de dollars, la représentation nationale derrière Bruno Bonnell, Eric Woerth et quelques autres (Questel...) court aux abris avant l'averse de leurs turpitudes réelles ou supposées.

Leur problème est qu'en l'affaire, la coercition légale est sans effet - le scandale BBG aurait existé avec ou sans Internet et le faux anonymat des réseaux sociaux (voir les FAI)- mais surtout, d'anonymes on n'en a vu aucun : Alexandra de Taddeo a reçu l'enfer matutinal du secrétaire d'Etat, objectivement nommé dans la transmission de l'exploit (nom, prénom PTDR). Probablement en a-t-elle fait part plus tard à son nouveau compagnon russe, l'artiste encloué Piotr Pavlenski, pour lui confirmer le niveau de ses relations ; lequel avec l'aide d'amis ne lui voulant que du bien, a ouvert un site au Canada pour héberger du matériel de revenge porn ; et ce, afin de défendre la liberté d'expression dans le pays des droits de l'homme ! Le conseil de l'artiste russe, maître Juan Branco, a levé le doute sur la légalité de l'entreprise de diffusion de la séquence sur Internet, lui donnant en quelque sorte un blanc seing, ce qui le discréditera ensuite pour prendre en charge la défense du fada vis à vis du Parquet et du bâtonnier de Paris. Après l'alerte lancée par Zoé Sagan, le relais par les gros comptes Twitter fut le fait du député Joachim Son-Forget et du doctissime Laurent Alexandre sous leur vrai nom. La comparution de M. Pavlenski au fond, qui aura lieu le 3 mars prochain, lèvera d'autres noms puisqu'il est établi que le Russe n'a pas les capacités numériques de son ambition - son plus grand exploit fut de foutre le feu à la Banque de France - et ces noms nous seront communiqués par le secret habituel de l'instruction. D'anonymes, point ! Arrêtez de rire, vous allez vous étouffer. Pause ! Convertissez-vous plutôt au créationnisme :

Une autre image créée par Dieu et le soleil

A écouter les députés de la majorité à laquelle appartenait BBG, la loi de 2016 contre le revenge porn n'est pas dissuasive. Sommes-nous au seuil du rétablissement de la peine capitale pour crime de lèse-intimité, jusqu'à nous faire croire - mais ce n'est pas vrai bien sûr - qu'il s'y passerait des choses absolument inavouables. Le séisme parlementaire a touché la présidence du Sénat qui a diffusé sa réprobation de procédés intrusifs dans la vie privée, même si dans ce cas les "torrents de boue" qu'elle dénonce ne charrient que la boue produite par des responsables politiques. Ne revenons pas sur les histoires de mœurs qui ont défrayé la chronique, l'élection crée l'orgasme. Normalement le brouillon de ce billet faisait la liste des pourris de la République toujours aux affaires, mais il faut distinguer entre courage et témérité et bien regarder avant de traverser aux clous, comme l'apprenait jadis la république gaullienne aux dissidents.
Un seul politique semble être resté lucide, c'est le secrétaire d'Etat au Numérique, Cédric O, qui prévoit plein d'embûches à légiférer dans la panique des trouillards, même s'il penche pour un contrôle plus serré de la Toile.

Il reste pour finir à se préparer sans doute pour la levée de l'anonymat qui éteindra l'ire parlementaire, même si aucun pseudonyme n'a été mis en cause. Seront évacués des canaux internétiques ceux qui sont faibles en français et passent par l'insulte au lieu de peaufiner l'injure, la suggestion médisante jamais calomnieuse, les second et troisième degrés, l'ad hominem huileux à sobriquet, la rumeur innocente d'Orléans, bref tout ce que la bonne société française utilisaient jadis. J'ai hâte. Au fait qu'en sera-t-il du pseudonymat littéraire ?


Quand le mélomane entend Ornella chanter sous la douche il approche son oreille du trou de la serrure (W. Allen)

lundi 13 février 2017

Quelle séparation des pouvoirs ?


Simple rappel pour les primo-accédants, c'est le philosophe Montesquieu (1689-1755) qui a théorisé le plus clairement l'exigence de séparation des trois pouvoirs politiques en triangle vertueux : l’exécutif met en œuvre les lois conçues par le législatif, lois dont l’application est confiée au judiciaire. Limpide dans l'absolu, chez une société de Parfaits ! A cette occasion, lire ou relire l'Esprit des Lois qui fut lontemps mon livre de chevet d'adolescent, en cliquant ici ou en VO.

Après quatre républiques de tâtonnements et ruptures, la cinquième mouture décida de s'affranchir du triangle qui tournait fou, les hommes politiques n'étant pas à la hauteur du concept. En 1958 on rappela donc le roi en évitant de le dire et le règne en fut confié à l'exécutif constitué par l'attelage d'un prince laïc voté par les chambres en Congrès et d'un chef de gouvernement nommé par lui et responsable devant elles, la production des lois passant à l'exécutif, réputé protéger aussi le judiciaire qu'il contrôle étroitement : on instaura ainsi une dictature à la romaine appelée par les circonstances gravissimes du naufrage des institutions démocratiques de la IV° République et la ruine annoncée de l'Empire. Pour mémoire, deux articles de la constitution établissent la dictature, l'art.16 qui donne les pleins pouvoirs au mar... général et l'art.49.3 qui affronte l'Assemblée nationale par la menace de la dissoudre.

Après bien des ajustements pour flatter le peuple, serrer les partis à la gorge, complaire aux directives européennes, la constitution dénaturée persiste et le schéma dictatorial est toujours en vigueur. Il est amusant d'entendre un candidat à l'Elysée dénoncer aujourd'hui l'amalgame des pouvoirs alors qu'il vit dans le schmilblick depuis 40 ans. Le parti vainqueur - ce qui ne veut pas dire majoritaire dans le pays - nomme aux maroquins et nomme aux bancs de l'assemblée. Rares sont les androïdes capables de s'insérer à l'insu des partis. Le chef de gouvernement vient devant "ses" députés faire un discours de politique générale pour s'y faire applaudir et faire entrer le lendemain le wagon des lois préparées, contre souvent le parti battu qui dès lors, a forcément tort sur tout. On est dans un jeu chronophage de cour de récréation, une récréation qui ne finirait jamais. Plus intéressant, comment circule le fric ?

Chaque année, les deux chambres réunissent leurs questeurs respectifs sous la présidence d'un membre de la Cour des Comptes pour arrêter le budget du parlement afin de l'inscrire au budget de l'Etat, au chapitre "Pouvoirs publics". A partir de là, le couvercle d'airain se referme sur les chambres qui font ce qu'elles veulent des transferts financiers de l'Etat, à charge de remettre des comptes à la clôture de l'année fiscale, comptes dont la Cour éponyme vérifie l'arithmétique et les bonnes imputations mais jamais leurs emplois. Chaque chambre est souveraine pour l'utilisation des fonds publics selon les règles qu'elle se fixe. C'est ainsi que l'on a pu voir la présidence de l'assemblée nationale sous Jean-Louis Debré, augmenter de manière inouïe les conditions de sortie de la législature pour les députés.

Me Antonin Lévy
Ainsi vont plaider les avocats de M. Fillon : le Parquet national financier (PNF) n'a rien à faire dans l'enceinte de l'Assemblée nationale encore moins d'y perquisitionner. Malheureusement quand on met un président du niveau de Don Bartolone, on peut s'attendre à ce qu'il ne comprenne ni ne défende sa position. Brassens disait que c'était pour la vie. Des magistrats comme Charles Prats contestent le caractère public des dépenses engagées par le parlement. Sa thèse est sur le Dalloz (intéressant - ici). Si les fonds ne sont pas réputés "publics", la compétence du PNF s'évanouit puisque sa mission est cantonée aux fonds réputés publics. A quoi on peut répondre que la transformation de fonds publics en fonds parlementaires privés ressortit plutôt au blanchiment d'argent propre qu'autre chose ; et il nous faut admettre sous la torture de la Chicane, que le citoyen doit circuler, circuler... ça ne le regarde pas puisqu'il n'y a rien à voir. Pas plus que cela ne regarde le PNF. Les chambres se sont bunkérisées, la lumière ne peut sortir que par les meurtrières.

Pour la séparation de l'exécutif et du judiciaire, on peut faire une thèse de cent pages ou se débarrasser de la question en la posant : si, par exemple, un premier ministre ayant exercé cinq longues années le pouvoir exécutif à Matignon pour en connaître les arcanes, invitait à déjeuner son ami devenu Secrétaire général de l'Elysée dans l'intention de lui demander de pousser les feux des procédures judiciaires en cours - ce qui n'est jamais arrivé - en vue d'embastiller un dangereux rival qui aurait été jadis son patron tyrannique, évidence serait faite de la collusion sinon de la subordination de l'un par rapport à l'autre. Dit autrement, le protecteur de la Justice n'est-il pas d'abord le chef de l'Etat qui préside le Conseil Supérieur de la Magistrature (fonction salomonique) et commande au gouvernement (fonction exécutive) qui, lui, nomme les procureurs ?

Le principe de Montesquieu est complètement corrompu par la pratique institutionnelle d'une démocratie biaisée dans tous les trous. Se réclamer de la séparation des pouvoirs est ridicule depuis longtemps mais pas mortel, à preuve, on en prépare une sixième redonnant la main au législatif pour renvoyer cette fois le balancier du côté du désordre des fora permanents !

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mercredi 1 février 2017

L'anti-parlementarisme en roue libre


Le scandale Fillon met au net le conflit d'intérêts permanent au sein des assemblées qui sont maîtresses de leur budget en votant les impôts forcés dont elles consommeront les rentrées pour abonder au tonneau de leurs prodigalités. Que l'épouse de M. Fillon ait pu servir de prétexte pour ramasser 831440 euros d'allocations parlementaires au râteau de croupier afin d'acheter un château du XVè siècle bordé de terres et équipé d'une écurie, laisse les gens sans voix dès lors qu'ils ont compris l'embrouille.
Le parlement français est typique de ces institutions irréformables qui disent n'en répondre qu'au peuple qui les élit sans imaginer toujours qu'il les nourrit grassement. C'est au sens premier une pourriture de la démocratie, une gangrène gazeuse et puante de la domination d'une caste sur les hommes de bonne volonté qui se lèvent chaque matin pour créer de la valeur ajoutée que l'Etat de ces messieurs confisquera ensuite à hauteur de 57% ! Ce n'est pas être méchant que de dire ça, mais simplement clinique. Les exemples sont si nombreux dans tous les rangs de l'hémicycle que personne n'en demande plus le décompte.

M. Fillon est un politique moyen, grimpé sur les épaules de Joël Le Theule (un ami du notaire Fillon) qui eut la bonne idée de vite casser sa pipe, et qui a navigué dans la facilité jusqu'à Matignon où le nouveau président hongrois de la République avait besoin d'un collaborateur zélé et obéissant. A preuve, au sortir du quinquennat perdu, il se parachutait de lui-même sur la circonscription la plus facile du royaume où peut être élu un cheval s'il est blanc ! Nathalie Kosciusco Morizet aura bien du mal à conserver l'investiture sur la Deuxième de Paris maintenant que son mentor a rejoint les greniers de l'histoire de France. Elle mérite mieux qu'une prébende hippiatrique. N'oublions jamais que M. Fillon est mort politiquement de n'avoir pas compris l'amoralité de sa situation, se réfugiant dans un déni ridicule aboyant au complot institutionnel derrière le mince paravent de la légalité de ses appétits démesurés. Que nos princes en prennent de la graine et recentrent leurs soucis sur le Bien commun de la nation, leur propre image, l'insoupçonnabilité de leurs mœurs et n'en sortent pas, quelles que soient leurs tentations et les conseils indulgents de l'entourage. Nous aurons eu un mal de chien à restaurer une monarchie et nous n'accepterons pas de voir le projet ruiné par légèreté, inconséquence, courte-vue ou la chasse à l'éléphant.

S'il y avait eu coup d'Etat instutionnel, ce serait à coup sûr contre le parlement et ses dérives tribales, sa gabegie, ses satrapies. Elle est bien oubliée la nuit du 4 août 1789. Les privilèges ont été augmentés régulièrement par le système d'autonomie incontrôlable des assemblées, jusqu'à devenir de la corruption pure et simple... mais légalisée par les règles internes du conclave. Certains programmes pour la présidentielle prévoient de réduire le nombre de députés. D'aucuns jugent le bicamérisme hexagonal dépassé par l'assemblée européenne et les institutions d'éthique que sont la Cour européeene des droits de l'homme de Strasbourg et La Cour de justice de l'Union européenne de Luxembourg. Beaucoup demandent qu'on fasse l'économie symbolique du cimetière des amis d'amis et autres seconds couteaux ou nécessiteux en supprimant carrément le CESE. Royal-Artillerie a fait la démonstration en son temps que 300 députés (contre 577 aujourd'hui) suffiraient amplement à voter le budget de la nation et à légiférer. Si nous sortions complètement des institutions européennes par le Frexit, une chambre haute de réflexion que l'on pourrait appeler encore Sénat servirait de miroir à la chambre basse, avec un maximum de 90 sénateurs (contre 348 aujourd'hui) pour bien représenter l'outremer et les expatriés. Notre représentation parlementaire ramenée à 390 élus serait encore supérieure proportionnellement à celle des Etats Unis d'Amérique. Mais que de temps gagné, de paperasse et d'argent économisé ! Maupéou taperait dans sa boîte.

On me dit dans l'oreillette que la destination des palais nationaux est à prévoir en queue de trajectoire de la grande purge parlementaire. Laissons de côté le Palais Bourbon et ses 300 cabinets d'élus, ils auront un peu plus de place. Quant au palais du Luxembourg, il deviendra la résidence de la famille royale revenue à Paris et son hémicycle un grand théâtre de Guignol & Gnafron que l'on transfèrera du jardin où il manque de place. Quant au Sénat, si nous le remontons à 90, il emménagera dans les locaux du CESE au palais d'Iéna après en avoir rénové la cantine. Ne se sent-on pas déjà mieux ?
Reste à abattre la République ! Les Républicains s'y emploient. Que du bonheur !


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L'in-cauda du lendemain

Si on développe l'hypothèse (non-vérifiée) que Pénélope Fillon ne savait rien des contrats d'attache parlementaire sur lesquels elle figurait, tout s'accorde, y compris son air parfaitement innocent au meeting du Zénith à Paris, où elle nous montre un visage grave et les yeux humides qui semblent dire :
« Mais que nous arrive-t-il, mon Dieu ?»

A Solesmes, elle s'occupe des chevaux, des cookies, du vide-grenier, croise des paroissiens qui peuvent lui demander de passer le bonjour ou une sollicitation à son mari. Elle ne semble pas savoir non plus que le maire de Sablé-sur-Sarthe est taxé de 10000 euros pour occuper le siège de député laissé vacant par son mari. Qu'elle ait rédigé sous pseudonyme deux petites notes de lecture pour la Revue des Deux Mondes d'un ami de François n'ajoute et n'enlève rien pour ce qui la concerne ; elle y est inconnue. On comprend à la fin son "je ne savais pas".

Mais c'est une autre histoire pour François Fillon dont les opérations de syphonnage avoisinent le million d'euros, en sus de ses traitements tous frais payés de parlementaire ou ministre selon les époques.
Le château était-il si délabré ?
Les yeux dans les yeux ?
[02.02.2017-13:42]

lundi 1 août 2016

La Mémoire d'un ordre naturel


Ce billet a paru dans la rubrique Libres propos du Lien légitimiste n°69, tombé dans les boîtes fin juin (p.17). Ecrit bien avant le référendum britannique, il anticipait sans le savoir la fracture du Royaume Uni par l'exercice du procédé démocratique le plus brutal possible. Galles et Angleterre s'opposent désormais à l'Ecosse et l'Ulster. Londres fait sécession intérieure. L'ancrage monarchique qui tenait ensemble tout l'attirail grand-breton ne semble pas suffire, mais un Premier ministre adroit fait le projet de circonvenir ses pairs au Conseil européen pour satisfaire les brexiteurs sur la forme et les hérauts du libre échange sur le fond.
Le RU est une fédération de quatre nations, la France un Etat-nation. C'est la différence entre nos deux pays qui laisse tout son intérêt au billet du Piéton réclamant de ré-aimanter la société autour d'un souverain. Cet intérêt est décuplé par la demande anxiogène des Français d'être enfin gouvernés par des hommes en lieu et place des bêtes à concours qui trustent le pouvoir par le jeu mortifère des partis politiques. La constitution de 1958 était faite pour un chef d'Etat naturellement fort, elle fut de bonne application pour son "dauphin" Pompidou, mais montra bien des défauts quand les coteries partisanes la submergèrent ensuite. Il n'est plus besoin d'avoir autorité et charisme aujourd'hui pour prétendre à gouverner la France, mais de soumettre à ses vues un parti rassemblé et convaincre de nombreux sponsors. Nous sommes bien loin de l'ordre naturel. Ce billet entre en archives Royal-Artillerie sous le libellé LLL.

Bimestriel sur abonnement pour dix euros en version électronique et trente euros pour la version papier (6 numéros). Envoyer le chèque à : Le Lien Légitimiste 2, Le Petit-Prix 37240 La Chapelle Blanche Saint Martin.

« Puisque donc l'âme est immortelle, qu'elle a éprouvé de multiples réapparitions, et contemplé toutes choses, celles de ce monde et celles de l'Hadès, il n'est rien qu'elle n'ait appris, si bien qu'il n'est nullement surprenant qu'à l'égard de la vertu comme de tout le reste, elle soit en état de se ressouvenir de cela même qu'elle savait antérieurement. Car, puisque la nature tout entière est liée par des affinités, et que l'âme a appris toutes choses, rien n'empêche qu'en se remémorant une seule chose, on ne retrouve de soi-même toutes les autres, à condition d'être courageux et d'une endurance sans faille dans la recherche ; car ce qu'on nomme chercher et apprendre n'est en somme que réminiscence.» (Socrate* à Ménon dans un dialogue de Platon sur la vertu).

Comme s'il se souvenait d'un ordre naturel vieux comme le Temps, le petit d'homme organise d'instinct son environnement social en pyramide (famille, école, équipe sportive) et l'âge venant il ne s'en départit pas jusqu'à ce qu'on le force à raisonner sur d'autres bases. Est-ce cette inclination qui fait le succès des rois dans l'esprit humain ? Depuis l'aube du monde, l'espèce s'est organisée en pyramide et si d'aventure il s'est vu un peuple différent du modèle courant, il n'en reste rien, à croire qu'il n'a jamais existé. C'est le drame de l'impossible organisation par l'horizontalité, par la démocratie : l'être humain en ressent d'abord le côté artificiel, plaqué sur sa nature profonde, avant que d'être forcé d'y croire par une doxa politique de consommation courante, même si au bout du bout, il s'avère que ça ne marche pas. C'est le point où est rendu notre bel occident, pour paraphraser Maurras. La démocratie d'étage régalien ne marche pas. Pour preuve, à l'étage fédéral on lui substitue la technocratie, seule organisation capable apparemment de développement cohérent. En revanche, au niveau local l'arbitrage démocratique reste pertinent, soyons juste.

Les défauts inhérents au suffrage universel ont partout suscité des protocoles d'application censés les surmonter. Notre pays, dans ses modes de scrutins avantageant le bipartisme, est un champion de la fabrication des résultats électoraux, dès lors que le peuple est un souverain incapable. Mais le constat n'est pas nouveau. Proudhon** allait jusqu'à nier en termes définitifs le peuple remis en selle par la Deuxième République :
«Le Peuple, non plus que Dieu, n'a des yeux pour voir; des oreilles pour entendre, une bouche pour parler. Que sais-je, s'il est doué d'une espèce d'âme, divinité immanente dans les masses, comme certains philosophes supposent une âme du monde, et qui, à certains moments, les émeut et les pousse; ou bien si la raison du Peuple n'est autre que l'idée pure, la plus abstraite, la plus compréhensive, la plus dégagée de toute forme individuelle, comme d'autres philosophes prétendent que Dieu n'est que l'ordre dans l'univers, une abstraction ? Je n'entre point dans ces recherches de haute psychologie: je demande en homme pratique de quelle manière cette âme, raison ou volonté, telle quelle, du Peuple, se pose, pour ainsi dire, hors de soi, et se manifeste ? Qui est-ce qui peut lui servir d'organe ? Qui a le droit de dire aux autres : c'est par moi que le Peuple parle ?»
(Solution du problème social, 1848).

Et le même de pulvériser ensuite le suffrage universel qui n'est que l'arithmétique d'un arbitrage atomisé par des individus tous inégaux dans leurs capacités d'appréhension des questions sociales, en d'autres termes : faire droit à la quantité jusqu'à ce qu'une fraction de l'Opinion dépasse, même d'un cheveu, les autres pour les combattre légalement, les pressurer, le comble de la stupidité ! C'est le ferment des guerres civiles rampantes qui hantent la République depuis son rétablissement.

Nos concitoyens sentent bien au fond d'eux-mêmes que notre société est dans l'erreur. Ils ne perçoivent pas l'âme collective dans le désordre ambiant, il faut leur signaler qu'il n'y en a jamais eue. Le peuple n'a pas d'âme, son expression est fabriquée. Dans le passé, on le leur a fait croire mais dans les faits, la démocratie en ses meilleurs moments ne fut que le socle d'élection d'une nouvelle aristocratie capable de gouverner les corps sociaux jusqu'à ce que la dispute intrinsèque au modèle achète l'un et l'autre par le débondage de privilèges dévorant le capital de la nation pour en distraire le plus possible au profit d'intérêts particuliers, relançant déjà l'affrontement des factions que l'on avait su un moment apaiser. Le peuple, certes sans "âme" mais pour le coup unanime, constate la chienlit générale et l'incapacité des procédures politiques à y porter remède : les taux actuels d'impopularité sont accablants. De quelque bord qu'on l'observe, le système est récusé tous les jours dans son financement, ses modes opératoires, sa pseudo-aristocratie.

Le pays est écrasé de dogmes étatiques portés par une caste de fonctionnaires pléthorique qui finit par engloutir la valeur ajoutée de l'activité économique du secteur libre, sous le regard impuissant d'une caste politique, immense elle-aussi, et dont beaucoup de membres sont des fonctionnaires protégés, caste qu'il faut nourrir d'abondance dans ses réclamations et ses inutilités. Conscients de la captation de l'héritage républicain par une nomenklatura plus habile que savante, certains bégaient une resucée de la Quatrième république sous un numéro Six, plus encore soviétisée que le gouvernement provisoire de la Libération ; d'autres poussent à réduire un Etat impotent au bénéfice d'une approche technique des défis mondiaux par des équipes compétentes au niveau européen ; les rêveurs appellent à nationaliser des capacités de décisions qui ont disparu à jamais du fait de l'incurie crasse de notre propre Etat-nation ! Aucun, du moins si peu, n'appelle à revenir au modèle naturel ressenti en chacun depuis toujours : la pyramide et sa pointe immobile qui sert d'amer à tout le pays.

Nous devons retrouver le sens du monde en reconstruisant nos sociétés dispersées aujourd'hui en groupuscules hostiles. Le plus simple n'est-il pas d'y réintroduire d'abord l'aimantation générale que constitue partout ailleurs l'affection des peuples pour leurs souverains de chair et d'os ? Et d'accord enfin sur ce premier point, commencer à hiérachiser nos priorités d'intérêt général pour construire le Projet commun dont la France a maintenant un besoin urgent, à peine de fondre comme neige au soleil dans le magma global dont elle n'a pas su tirer tout le parti possible. Il nous reste peu de temps pour exercer ce qu'il nous reste d'autonomie à réparer notre pays. Le temps ? L'organisation mondiale des blocs en cours pourrait bien nous le prendre. Hâtons-nous !

* « Non seulement Socrate est la plus pure incarnation du bon sens et de la philosophie pratique dont la Grèce ait fourni le modèle, mais il demeure l'immatérielle image du beau moral et du vrai, non moins que l'exemple de la valeur civique et militaire, le symbole de la mort du juste » (Joseph Orsier). Lisez Socrate (chez Platon) un philosophe des plus modernes et des plus "clair" dans sa tête, qui vous changera des philosophes germaniques obscurs à la mode ! Nous avons été créés par la thalassocratie grecque et nous ne venons pas des landes de Courlande ni des marais de Poméranie, l'agonie du néant.

** Pierre-Joseph Proudhon (1809-1865), un des plus éminents publicistes du parti républicain socialiste (selon le Lachâtre de 1856), inventeur de slogans définitifs comme "la propriété, c'est le vol" ou "la démocratie, c'est l'envie".

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lundi 4 juillet 2016

Du Brexit au Brexin

Exit subito ! L'insistance avec laquelle les fondateurs de la CEE poussent les Anglais a déclarer maintenant le divorce sans consentement mutuel est presque risible. Pourquoi avoir soutenu l'amarrage du Royaume uni au continent pour le presser de libérer la bitte après la surprise du résultat ? Nos politiciens de rencontre surfent au gré des courants, palpent l'émotion de l'opinion, y succombent eux-mêmes et gèrent leur vestiaire en conséquence. Le comble du chic est de demander de quitter l'Europe aux représentants du Royaume uni sur les champs de bataille de la Somme aux commémorations du centenaire. On a les peigne-culs qu'on élit !

N. Farage
La démocratie a ceci d'imparable qu'elle ne fonctionne raisonnablement qu'étroitement encadrée. C'est un outil dangereux à ne pas mettre entre toutes les mains. Les consultations populaires directes sur circonscription unique déroutent toujours la classe politique, qui s'active ensuite à dénoncer "l'idiotie" des réponses. Jeudi dernier, une seule question, apparemment simple dans sa formulation, a fracturé le vieux royaume en cinq morceaux, autant qu'il y a de nations fédérées en lui, et a suscité une vocation de principauté pour sa capitale historique. Ceci pour la politique. Pour l'économie c'est moins clair, après le coup de déprime en rachat des positions à découvert, les marchés se reprennent et réinitialisent leurs compteurs comme si quelque gnome de la City avait trouvé la clef qui tourne dans la boîte à musique de la démocratie britannique. Le "marché" ne s'y trompe pas qui est reparti à la hausse, la spéculation ayant anticipé le naufrage à venir du Brexit et des brexiteurs. Comment ? C'est très facile, on est loin d'un embarquement précipité des Rosbifs pour le grand océan. M. Juncker devra s'y faire.

D. Cameron
L'article 50 ne prévoit pas de couperet mais l'ouverture de négociations pour le détricotage des relations anglo-européennes. Le référendum était réputé consultatif contrairement au référendum écossais de 2014 qui était de pleine application. C'est aux Communes qu'il revient maintenant de décréter le retrait du Royaume Uni de l'Union européenne et de donner mandat au nouveau premier ministre de déclarer l'article 50 du Traité de Lisbonne aux autorités de Bruxelles. Selon la mafia parlementaire, ce nouveau premier ministre doit être un brexiteur, dur ou mou, pour respecter la vox populi, dei et tout le diable son train. Sauf que :
Le parlement anglais est très divisé sur la question ; la moitié des Tories et les deux tiers du Labour sont remainistes sans compter les libéraux du centre complètement eurobéats ; la décision, si elle est obtenue naturellement (le parlement est souverain), promet de heurter de front les tenants du grand large. Bien que le régime anglais soit réputé sous le nom de démocratie parlementaire de Westminster, il paraît osé de soutenir que les députés vont faire bloc pour s'opposer au peuple ayant exprimé son choix directement. Alors ? Avant de capturer le nouveau Cromwell, on dissout la Chambre et on sort les poubelles. C'est ça le truc.

B. Johnson
Dans la campagne électorale qui suivra la dissolution, les candidats à la députation vont afficher très clairement leur position sur l'Europe institutionnelle, ce sera d'ailleurs le sujet prioritaire dans tous les débats, au pub et aux courses. Le peuple appelé aux urnes enverra aux Communes les représentants qui lui conviennent, circonscription par circonscription, bourg pourri par bourg pourri. La composition du nouveau parlement indiquera très précisément l'état de l'Opinion au jour du vote et ce résultat sera considéré comme celui d'un second référendum.

La nouvelle Chambre déclarera-t-elle l'article 50 au Conseil européen ? Rien n'est moins sûr. Tout dépend du délai offert au public pour organiser ces élections, plus il sera long moins ils seront nombreux à vouloir partir car ils s'apercevront que les inconvénients de la rupture l'emportent sur une légitime fierté, un peu gratuite à la fin : le régime spécial euro-britannique négocié depuis le début par les premiers ministres anglais, et confirmé par le pacte du 19 février 2016 arraché par David Cameron au Conseil, suffit amplement à l'indépendance de la perfide Albion vis à vis du vieux continent, et si l'immigration sème à ce point la terreur dans les boroughs, on peut signaler que le problème de l'inintégration des aliens relève d'abord des intrants du Commonwealth avant de se poser sur les Européens de l'Est et sur ces p... de continental coloured catholics que nous sommes. La haine du Polonais ressemble beaucoup à la haine de l'Irlandais de jadis. Celui-ci catholique et européen affirmé remplacera-t-il à nouveau les ressortissants d'Europe de l'Est dans la détestation publique ? Peut-être bien, sauf à se retourner contre les Pakistanais, Indiens, Jamaïcains et autres niggers et rastacouères qui hantent les métros et les tabloïds.

T. May
Que la sagesse des nations britanniques me fasse mentir et qu'ils partent donc ! Ce sera beaucoup plus clair ensuite pour nous continentaux parce que nous gagnerons en autonomie par rapport aux Etats Unis et parce que nous pourrons aussi mieux résister à l'élargissement de l'Union ; mais le gros business ne semble pas d'accord sur le largage, comme Easy Jet qui menace déjà de transférer ses sièges sociaux en Irlande ou sur le Continent, ou la HongKong & Shanghaï Bank qui voudrait s'installer à Paris. Dans un an, on se rappellera peut-être ce tsunami politique du Brexit comme une gigantesque farce avec Farage en clown blanc et Johnson en auguste, l'apprenti-sorcier restant David Cameron, l'aristo un peu con qui joua son empire pour un cheval.

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vendredi 29 août 2014

Quatrième minute nécessaire: les parlements

Voici la quatrième livraison de la minute de l'Union royaliste Bretagne Vendée militaire. Elle brosse la constitution et la pertinence des parlements provinciaux dans l'architecture étatique de l'Ancien régime.



C'est du concentré, mais il y a tout ou presque. On frise l'exploit ! L'organisation juridique de la monarchie d'Ancien régime mérite d'autres développements, d'autant que les particularismes locaux sont très nombreux. C'est la raison pour laquelle Royal-Artillerie avait cantonné ses recherches sur l'Etat quotidien d'Ancien régime à la province de Languedoc, n'ayant pas le format utile ni les compétences requises pour embrasser plus largement la question.

On notera simplement qu'avant le roi (au sens d'Etat) existait des seigneurs-justices qui localement assumaient cette fonction sociale et un système d'instances. Voir La justice du roi sur ce blogue.


mardi 5 février 2013

6 février 2013

Il n'y a rien à changer au billet du 6 février 2012. Le IV° Reich avance comme au Sahel le désert, sans murmures ni reproches, sans bruit. Mais un blogue monarchiste ne peut se contenter de recopier un texte d'occasion, il doit témoigner. Témoignons ! L'émeute du 6 février 34 fut un assaut antiparlementaire contre la démocratie de représentation qui avait basculé dans la prévarication, la concussion et tous les synonymes de la corruption. Le "tous-pourris" déjà. Si le 79ème anniversaire ne verra pas l'assaut des colonnades du Palais Bourbon, le 80ème pourrait être moins calme, à voir à quelle vitesse la spirale de la République perfore les réalités d'un déclin maintenant sûr avec les mêmes. Si notre économie a de gros problèmes qui ne sont pas tous politiques, notre Etat réclamé en faillite pour la deuxième fois par un ministre important n'assure plus ses fonctions régaliennes, et le régime qui le commande cache son impéritie derrière des disputes clivantes sur le sexe des anges, le trou des démons, l'élevage des foetus, le recyclage des vieux en biscuits protéinés et la liberté de chacun d'enculer ses chèvres avant de les épouser. Au motif d'un abrutissement décadent, le pays qui se brandit valeur morale illuminant le monde, patrie des droits, empire de la loi (en chinois), argue d'avancées sociétales chez ses voisins pour abolir deux millénaires d'une civilisation construite patiemment sur le droit naturel. Quel progrès !

La représentation nationale est utilisée aujourd'hui pour parer le coup décisif que serait un référendum populaire sur la question de l'homoparentalité ; et bien que les dispositions projetées convoquent la liberté de conscience, le groupe majoritaire demande la discipline de vote au péril d'investiture. L'apparatchik Le Roux, chef des godillots socialistes, n'y va pas par quatre chemins : Quand on a été élu avec le soutien du Parti socialiste, on respecte les promesses de la campagne présidentielle. Il faut assumer et être cohérent. Que les pouvoirs exécutifs et législatifs soient séparés ne l'impressionne pas ; pas plus que les râleurs de la chiourme. On dit que le suppléant de Benoît Hamon ne votera pas l'homofolie. Un homme.
En face de quoi, les arguments de l'opposition ne sont pas d'un niveau qui tranche vraiment ; mais on savait déjà, pour avoir suivi la bagarre de cour de récréation entre MM. Fillon et Copé, qu'élever le débat aurait été surhumain. Alors, je suis allé chercher de l'intelligence comme on va à la pêche avec une bouteille à bouidelles. Elle s'appelle Sylviane Agacinski, agrégée de philosophie, intéressée par le rapport des sexes, épouse d'un premier ministre au teint de lavabo qui n'avait pas trop démérité sachant d'où il procédait. L'homoparentalité pour elle, c'est niet. Il faut revenir à un article qu'elle avait donné au Monde le 21 janvier 2007 ; c'est du lourd :

Sylviane Agacinski
Déjà homoparentalité et mariage homosexuel c'est du pareil au même, un mot-valise où se nichent plusieurs questions différentes qui toutes s'affrontent à l'éthique de la race humaine. Pour bâtir ce concept il faut lui créer une opposition, d'où la naissance des hétérosexuels auxquels on va rapporter les droits existants. L'institution du mariage n'est pas une construction étrangère à la sexuation et à la génération mais complètement dédiée à la bilatéralité de la création. "En résumé, si l'ordre humain, social et symbolique, donne aux individus une filiation double, mâle et femelle, ce n'est pas en raison des sentiments qui peuvent lier les parents entre eux, des désirs qui les animent ou des plaisirs qu'ils se donnent, c'est en raison de la condition sexuée de l'existence humaine et de l'hétérogénéité de toute génération dont la culture a jusqu'ici voulu garder le modèle".

Dans le doute permis, je préfère suivre l'avis de Mme Agacinski ou M. Gilles Bernheim que celui d'un type comme Pierre Bergé qui, avec juste un baccalauréat de couturière, loue du ventre comme une chambre de bonne. Il se vante d'en avoir tous les moyens, il devrait monter un gynécée pour homos durs avec les poules en batterie.

Mais passer le débat de la rue au parlement produit l'effet inverse de celui prévu par le modèle. On s'attendrait à y trouver plus de sagesse et un niveau plus élevé d'arguments. Au lieu de quoi, l'opposition dépose plus de cinq mille amendements de pilonnage qui n'expliquent rien, et la majorité édicte une règle de présence obligatoire pour conserver plus de voix que les autres en hémicycle. Facile, plus de la moitié des députés de l'opposition ne prendront même pas la peine de siéger en séance plénière. Le "grand" débat sociétal tourne à la foire d'empoigne politicienne, CQFD : ce parlement est inutile et cher. Les privilèges parlementaires sont devenus insupportables à l'aune du travail rendu. Quant à "justifier" un projet par le pourcentage de soutien qu'il reçoit de l'Opinion, ce n'est pas exactement le profil de ce blogue qui se méfie de la loi du Nombre. A refaire un six-février, il ne faut pas s'arrêter en chemin.

Il n'y a plus de races !

Cette commémoration de l'émeute de la Concorde est le troisième marronnier royaliste (galette, messe, 6-février) et il nous faudra attendre le quatrième pour dire à nouveau quelque chose d'utile (enfin, j'essaie !) : le CMRDS du mois d'août. Puis nous patienterons jusqu'à la galette des rois 2014. Ceci pour suggérer affectueusement qu'à ce rythme, le roi d'au-delà des mers peut faire la planche et dériver jusqu'au Gulf Stream, nous ne sommes pas pressés. Nos chapelles se "battent" courageusement contre des avancées sociétales qui confirment le pourrissement général, mais le peuple, lassé de la logorrhée extravagante d'un pouvoir hystérisé par son renouvellement aux prébendes juteuses, s'est choisi un gouvernement normal qui lui ressemble. Médiocre donc ! Et si d'aventure, l'emploi et un peu d'argent à dépenser se trouvaient sous un caillou, il le laisserait gouverner comme bon lui semble. Ce qu'il fait finalement. Téléphonez-moi si des préfectures brûlent.

Pour le mouvement royaliste, la participation à ces batailles de société, si elle occupe les militants, ne fait pas propagande des principes monarchistes qui pourraient sauver le pays, noyés que nous sommes dans le Nombre et la tonitruance ambiante. Les réformes de société passeront au parlement puisque le gouvernement a les deux majorités, aussi est-il revenu le temps de s'occuper d'autre chose, de revenir à nos "fondamentaux".
Par "chance" ces fondamentaux sont attaqués. Il s'agit des pouvoirs régaliens de l'Etat laissés aux ambitieux, aux lobbies, aux circonstances électorales quand ce n'est pas aux étrangers prétendument européens. Passons un pacte avec la nation de restaurer nos pouvoirs régaliens à l'excellence afin de libérer et décentraliser les pouvoirs publics. Quelle belle réputation ce beau pays retrouverait-il avec une police inflexible et formée, une justice démaotisée, juste et sévère, une armée indépendante des soutiens alliés, une diplomatie ramassée sur l'essentiel, une politique monétaire de bon sens, et un chef d'Etat détaché de toute coterie, parti, loge ou ligue, qui promènerait ses gosses au jardin du Luxembourg ! Il ne resterait qu'à le faire savoir ! Vous souvenez-vous du Million du Roi (clic) ?






AVIS DE MESSE

L'Action française fera dire une messe
à l'intention des victimes du 6 février 1934
en la chapelle de la Crypte de la Madeleine à Paris,
ce mercredi 6 février 2013 à 18h30
(entrée latérale)

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