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dimanche 4 juin 2023

Futile résistance ?

étudiants studieux sur la place Tiananmen

Tian-An-Men 89, apogée moderne de la Connerie-en-bottes-de-fer, nous rappelle la nature profonde de l'Etat communiste qui est de "se maintenir". Le bon monsieur Deng avait jugé que deux cent mille morts seraient la limite à ne pas franchir pour éteindre la contestation libertaire de mai, avant que la conscience internationale ne lui fasse des reproches. Par chance, ils n'étaient pas organisés, passèrent sous les chenilles sans broncher et furent capturés sans combattre par tout le pays, puis disparurent. Il avait raison. A la fête nationale chinoise de 1989, le monde des affaires au complet se précipita à l'ambassade de Chine populaire à Paris porter ses félicitations au représentant du Parti communiste.
Ils avaient demandé la démocratie alors qu'ils rêvaient de libertés. Fatale confusion. Sur les secondes, ils auraient pu être entendus, le Premier secrétaire Zhao Ziyang les avait compris ; il lui en cuira.


fleur de chrysanthème
Qu'ils reposent dans la paix des illusions perdues !

jeudi 3 juin 2021

Vigile du 35-Mai interdite à Hong Kong

gerbe commémorative de Tiananmen

Tout est dans le titre. Le Parti communiste chinois est parvenu à supprimer la commémoration du massacre de Tian An Men (4 juin 1989) dans la Région administrative coloniale, sous peine d'embastiller les contrevenants, comme le tycoon de presse Jimmy Laï y goûte en ce moment. Mais la Police de Pékin se rappelle à notre bon souvenir en déployant des effectifs aujourd'hui sur la place, avec scan des cartes d'identités et des passeports de tous ceux qui y viennent. Pourquoi, dit cette touriste ? C'est un jour un peu spécial, lui répond le gradé au point de contrôle. Lundi dernier, Global Times, le tabloïd officiel du Parti, évoquait l'évènement comme une "vaccination" du peuple chinois contre le désordre ! Le cynisme au top !

Deng Xiaoping avait donné aux autorités de Pékin un budget de deux cent mille morts pour la loi martiale qu'il avait fait promulguer, au-delà desquels il anticipait certains désagréments chez les clients de la Chine populaire, fraîchement relancée sur les rails du commerce mondial. Il avait raison. Les réceptions diplomatiques traditionnelles qui suivirent cet épisode sombre firent le plein dans toutes les ambassades chinoises. Le Marché fut compréhensif ! Il n'y avait eu que quelques milliers de morts, des jeunes immatures en plus, incapables de terminer l'affaire, et les canaux de liaison n'avaient pas été interrompus, les télex crépitaient toujours.

Le Marché "comprend" tout aussi bien aujourd'hui la reprise en main de la population hongkongaise par le pouvoir central, population dégénérée à l'insulte facile, qui ose brandir l'Union Jack dans ses cortèges, et qui pouvait mettre en péril la confiance des institutionnels dans la troisième place mondiale de la galaxie financière. La répression bat son plein, les idéalistes peuvent partir, le pouvoir les remplacera par des continentaux dociles et reconnaissants. La richesse de Hong Kong n'en pâtira pas plus que ça, mais l'âme de Hong Kong, qui était quelque chose d'indéfinissable et unique en Asie du Sud-est, est morte ! Ce qui n'a aucun intérêt pour un pouvoir communiste dédié au matérialisme qui serre la vis en même temps que se diffuse la prospérité. C'est le deal ! Du pognon contre ton silence. La Révolution française n'avait pas besoin de savants, la Chine communiste n'a pour sa part nul besoin de l'ingéniosité et de cette adaptation instantanée au mouvement qui était la spécialité de Hong Kong, imitée partout, égalée jamais. Hong Kong, c'était unique. RIP !

petite gerbe blanche

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