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mardi 5 septembre 2023

L'abaya, le gag !

La petite maison de couture Al Haya Paris réinvente l'abaya et le kimono pour ses clientes du Golfe. En arabe, "al haya" veut dire la pudeur, et son premier défilé à Dubaï en 2021 mérite qu'on s'y attarde. Les modèles sont très chics, parfois suggestifs, les mannequins plus en chair que les arincades de l'agence Elite. Jugez-en :


Qui parle le mieux de cette aventure innovante d'une jeune créatrice de mode ? Le site d'entraide musulmane Go Muslim bien sûr, dans un long article illustré qu'on lira ici.

Entretemps, le fougueux ministre de la Fabrique du Crétin a décidé d'interdire la modest fashion islamique dans les classes, ce qui a levé la tempête de la rentrée, tempête bienvenue si elle efface tous les dysfonctionnements de l'institution laïque et républicaine. Trois mille profs manquent ; le métier dégoutte, personne au Capes ; deux centaines d'écoles ont brûlé parce qu'on n'a pas voulu tirer à balles caoutchouc dans le tas des incendiaires ; le programme scolaire est toujours capable de nous faire descendre l'échelle de Shanghaï ; le niveau du crétin est le plus mauvais d'Europe. Ah si, on a une deuxième grenade fumigène pour cacher la misère, l'uniforme ! On ira jusqu'à la Toussaint avec ça.

Au risque de déplaire - mais la lecture de ce blogue est gratuite et sans cookies - le Piéton du roi n'a rien à carrer de la vêture des écolières et lycéennes, quand bien même celle-ci marquerait l'appartenance à une religion quelconque, car aucune d'entre elles n'est méprisable, sauf l'Ordre du Temple solaire, tant qu'elle élève l'esprit. Les laïcards à éclipse - ils le sont moins en période électorale - hurlent au prosélytisme parce qu'il occulte le leur. Faite de lâchetés et dépravations au motif d'une liberté totale de chacun, la promotion d'un modèle social woke et équivoque se heurte au contre-pouvoir de la raison exprimée, timidement par la morale chrétienne, et avec une certaine arrogance par la charia islamique. Les bouddhistes ne sont pas mal non plus mais ils ne communiquent pas, se contentant de se laisser voir en robe safran, le visage pénétré de bonheur.

jeune fille musulmane aux yeux bleus
Ainsi peu me chaut le voile, le fichu, l'abaya du Golfe, le hijab ou le caftan marocain si l'élève est studieuse, ce qui ne va pas forcément avec. Passons maintenant au prosélytisme. La manifestation publique de cette appartenance musulmane ne convoque rien moins que les six piliers de la religion et les cinq devoirs du fidèle (clic clac) si tant est que les filles soient pieuses, ce qui n'est pas sûr non plus. Sinon c'est une marque identitaire qui vise à se distinguer de la morale sociale majoritaire, réputée permissive, un poil décadente. Et contre une démarche de pudeur et pureté affirmée ou simplement mise en scène, il va avoir du mal notre fringant ministre de la jaquette. D'autant que la fashion musulmane est devenue déjà une puissante industrie de la confection et qu'elle va défendre ses intérêts économiques par un lobbying adapté.

En fait, c'est la dérive de l'institution nationale de l'instruction à l'éducation qui crée ces bouffées de contestation chez des communautés qui estiment suffisant qu'on les instruise sans vouloir en plus régler leurs mœurs. De quel droit osons-nous régler les mœurs d'autrui ? Pour obtenir une société caporalisée où aucune tête ne dépasserait ? Cette "petite union soviétique qui a réussi" (comme disait Váçlav Havel) a-t-elle encore le projet d'un homme nouveau, le sursapiens qui éradiquerait le dernier des Mohicans et autres Néandertals ? Toute religion est perçue comme l'ennemi de la religion laïque embrassant des valeurs faisandées réputées républicaines, quand cet amalgame est pure fiction pour ne pas dire fabrication. Contrairement aux proclamations libérales des pouvoirs publics, l'application de la loi réprime la manifestation des religions, et je ne vois pas en quoi le milieu scolaire devrait être exempt de cette diversité de clientèle que de toute façon l'espace public ne peut pas confiner.

L'islamisation de la France ? Si tant est qu'elle puisse progresser plus vite que la désislamisation des familles - ils affrontent la même désertion que les églises chrétiennes - l'islamisation-marotte ne va pas passer par l'école, mais par l'économie du quotidien. Au temps des jeux vidéos et du smartphone, il faudrait un incroyable aggiornamento pour que les rites médiévaux du 7è siècle achèvent de faire la loi dans la jeunesse. Par contre les rites et produits orientaux vont se développer avec le ressac du petit commerce traditionnel et l'abandon des emplois salissants par les résidents premiers. On ne peut cacher non plus que l'affichage islamique importe des problématiques confinant au séparatisme, et c'est là que s'ouvre le champ de la réaction. La France et l'Angleterre sont les pays européens les plus "aimables" avec l'islam, ayant depuis longtemps cultivé (ou imposé) des relations spéciales aux pays du Croissant vert. Tout a commencé ici avec les vaillants Turcos de l'infanterie du Second Empire puis quand on incorpora des troupes coloniales en quantité jusqu'à la fin des années 50. Ce n'est pas d'hier matin et la Grande Mosquée de Paris est là pour nous le rappeler. Mais les funestes conneries des accords Sykes-Picot ont ouvert la voie rentrante de tous les méfaits du Proche Orient, à commencer par la querelle palestinienne. Certes nous pourrions réagir administrativement en ne faisant pas droit aux revendications identitaires exogènes sans le motiver d'ailleurs, mais le Quai d'Orsay est réputé pour cultiver un certain tropisme arabe, et en dehors de notre sphère naturelle d'ingérence, nous nous sommes mis à la colle avec des pays du Golfe jusqu'à leur proposer des accords de défense automatique très loin de nos bases. Heureusement pour nous, les riverains du Golfe persique sont en train de se raccommoder, nous évitant ce faisant de déployer notre insuffisance. Il en a découlé que les intérêts émiratis et séoudiens sont très importants en France tant dans l'industrie que dans les services et le foncier. Il n'est pas sûr que le freinage précité comme la stigmatisation de la modest fashion arabe dans nos établissements scolaires leur plaisent beaucoup, certainement parce qu'elle leur est déjà incompréhensible, comme d'ailleurs pour beaucoup de pays occidentaux.

Ce pays, sans boussole stratégique et sans projet, a l'art de se créer des complications. L'uniforme, comme dans beaucoup de pays tiers, serait sans doute une réponse adaptée pour calmer le jeu, mais voila que déjà notre président veut en même temps en diminuer l'effet et la portée, on se demande encore pourquoi. Aurait-il peur finalement ? Nous ne sortirons jamais des ronces avec des gens pareils.
Encore quatre ans !

mercredi 6 juillet 2022

Le retour des corneilles

niqab

Ça va secouer ! Le gouvernement a décidé de faire rentrer ses ressortissants détenus en Syrie et en Irak, les femmes et les enfants d'abord. Il était temps que la maxime diplomatique « A chacun sa merde ! » perce enfin le principe de précaution du sans-couillisme national. Le mois dernier, étaient retenus dans les camps, environ trois cent vingt Français de l'ex-Etat islamique : 200 gosses, 80 mères et 40 mecs. Il y en a certainement plus, planqués dans tout le Moyen et Proche Orient mais occupons-nous déjà de ceux qui encombrent nos partenaires dans leur lutte à mort contre Daech. La position de frilosité exagérée de la France n'était plus tenable. Le cinquième membre permanent du Conseil de Sécurité des Nations Unies était terrorisé par quatre-vingt veuves noires et deux cents moutards ? De la graine de terroriste, chère médème ! Et on veut faire la guerre à l'Etat islamique au Grand Sahara ? C'est pas dangereux ça ?

"Il s’agit du premier rapatriement aussi massif en France d’enfants et de mères depuis la chute en 2019 du califat de l’Etat islamique" écrit François de Souche dans son article annonçant le débarquement : dix-neuf femmes et trente-cinq mineurs, on est dans du "massif" ! De quoi faire dans son froc !

La DGSI/E a les stats. On trouve dans les camps des moukhères, c'est sûr mais pas qu'elles : Si Mélina Thibaut est née Boughedir, on a aussi en cage des Mylène Foucre, Dorothée Maquère, Emilie König, Jennifer Gonot, Christine Allain, Aline Descamps etc... des converties ! C'est la seule question qui vaille : pourquoi ? le reste est procédure et détention. Des sociologues de qualité s'attellent à comprendre les éléments personnels et familiaux qui conduisent ces Françaises à emprunter le Sentier d'Allah, comme elle disent.

Pour ce qui nous concerne, nous en resterons à la contemplation du mirage d'un Etat islamique pur, exaltant la pratique de préceptes jusque-là entravée dans les pays d'origine et promettant aux plus ardents... le pouvoir. Et pour les boudins, une vraie revanche. Vu d'ici, cet Etat ne fut pas seulement proclamé, il conquit son espace par le fer et le feu comme aux temps immémoriaux de la Conquête, grâce au renfort décisif des cadres baassistes de l'armée de Sadam Hussein. Avec ou sans leurs maris, elles partirent pour la terre promise et arrivèrent dans un "pays" organisé, avec des services publics, des magasins approvisionnés, des échanges commerciaux, des forces armées et de l'essence. Que demande le peuple ? L'appel du muezzin !

La guerre a nui à la netteté du cliché, et la coalition d'intérêts contraires au califat vint à bout du projet. Mais elles ont toutes vu le truc fonctionner en vrai ! Et ça, vous ne le leur sortirez pas de la tête. Si elles sont incurables - je le crois - elles n'en sont pas moins nôtres. Et c'est à nous chez nous de les prendre en compte selon nos lois. Il est ridicule de se cacher derrière l'opinion publique ou le danger putatif qu'elles représentent en ville comme en prison. C'est notre problème, pas celui des pays hôtes. Quant à "craindre" les gosses, qui certes ont peut-être vu des horreurs et risquent d'être élevés dans le souvenir d'un père combattant, un peu de courage, voyons, messieurs, vous voulez affronter Vladimir Poutine... en même temps ?

samedi 19 mars 2022

Algérie, 60 années de perdues ?

Alger la Blanche
* Alger la Blanche *

Soixantième anniversaire de la mise en application des Accords d'Evian de 1962, décrétant le cessez-le-feu pour donner l'indépendance à l'Algérie. C'est pour nous un jour triste. Nous serions tentés de refaire l'histoire de ce déchirage, comme on dit dans la navale, mais de vrais historiens s'en chargent à notre place. Il fut une époque où l'on offrait ici aux enfants sages les Contes et légendes d'Algérie, illustrés d'aquarelles qui les faisaient rêver. Les filles avaient des yeux noirs en amande extraordinaires. Suivaient les Mille et une nuits de Shéhérazade chez le calife de Bagdad et quelques histoires mystérieuses de djinns du Maroc. Plus grands, on nous offrait des aventures sahariennes qui ouvraient un espace incroyable avec des hommes bleus, des képis blancs, et les camions Berliet. Tous les gosses connaissaient Bidon V, Tombouctou ou Tamanrasset, le nadir de Dunkerque ! C'est loin ! Le Sahara, L'Algérie si proches jadis se sont beaucoup éloignés des préoccupations françaises, et aujourd'hui c'est le jour des nostalgies, des condamnations, des rêves brisés des colons au bon sens du terme, mais aussi celui du souvenir de morts inombrables pour aboutir à la libération éphémère d'un peuple floué, bientôt confiné dans les limites d'une idéologie mortifère venue des pays de l'Est ; avant destruction de l'économie du quotidien. Pour beaucoup de jeunes français c'est un jour sans intérêt particulier malgré le tapage de saison.

L'Algérie nouvelle, qui était sur une trajectoire de concurrence de l'Espagne avec la sûreté d'une rente pétrolière en garantie, perdit un million d'Européens et autant de savoir-faire pour commencer ; des millions d'autres fils ensuite, votant avec leurs pieds vers tout l'espace de la francophonie jusqu'au Canada, parce que le nouveau pouvoir ne cherchait qu'à partager entre soi le butin colonial phénoménal que la France y laissait, au lieu de développer un pays prometteur. Pour tout arranger, on y tua beaucoup !
Le drainage des cerveaux (Hammouche) et des bras (Cairn) continue aujourd'hui, ce qui arrange un pouvoir incapable de leur donner leur juste place dans une économie pétrifiée. De tout cela le piéton ferait des pages, comme pour le 50ème anniversaire (clic), s'il n'était pas autant fatigué des désastres. En guise d'inventaire de la sphère mentale algérienne après soixante années de stage d'autogestion, nous avons décidé de laisser la parole à un Algérien de souche qui a fait ses études en Algérie, a exercé dans le troisième cycle algérien, et pas un compradore au sens maoïste ! Intuitif, érudit et d'excellente plume :

Rabeh Sebaa, né en 1951, est docteur en sociologie. Enseignant-chercheur et coordonnateur des enseignements d’anthropologie culturelle et d’anthropologie linguistique et responsable du projet "l’Algérie dans la Méditerranée" à la Faculté des sciences sociales d'Oran. Essais, nouvelles, chroniques, M. Sebaa est dans tout ça. Il n'est pas monomaniaque, et quand il analyse l'état présent de son pays ou plutôt le tréfonds de l'âme algérienne d'aujourd'hui, on y gagne à l'entendre. Voici son article paru le 12 février dernier dans le journal Liberté-Algérie (source). Il n'y a rien à ajouter, l'indépendance et la réislamisation qui la suivit sont un terrible échec.
NB: Par crainte d'une rupture éventuelle du lien hypertext vers la source, nous publions l'article in extenso ci-dessous après en avoir sollicité le droit auprès de la rédaction dans les règles du Qui ne dit mot consent.


Arcatures sociologiques

« L’insignifiance est un mode de pensée, de perception et d’action particulier à l’œuvre dans une société.» (Cornelius Castoriadis)

De l’impudence de l’exubérance à l’arrogance de l’ignorance

Ces faussaires de moralité. Des énergumènes qui ignorent tout de ce que peut bien représenter la symbolique de l’acte de croire. Et de toutes les symboliques d’ailleurs. Ces propagateurs endurcis sont les révélateurs caractéristiques d’une société qui souffre d’un dramatique déficit éthique.

Rabeh Sebaa
La fulmination psalmodiante est de retour. Foi contre foi. Passéistes et rédempteurs se tirent furieusement dans les pattes. Clamant chacun son authenticité et sa véridicité. Montrant chacun la voie irrécusable de la véracité. Le chemin irréfragable de la loyauté et de l’authenticité. De nouvelles anciennes injonctions nous reviennent. Jusque dans l’enceinte des lycées. Portées par des enseignants prêcheurs. Des enseignants zélateurs. Des enseignants propagateurs de sornettes sous forme d’injonctions. Des injonctions à l’allure de sommations. De nouvelles vieilles intimations, arborant des mines de provocation. Des fanfaronnades obsolètes prétendant tirer les oreilles à une société qui a toujours vécu calmement ses croyances. Ses croyances naturelles. Ses croyances conviviales. Des croyances de partage et de solidarité. Une société qui n’a cure de toutes ces vociférations rugissantes. De toutes ces onomatopées bruyantes au nom de la prétendue pureté inexpugnable. Brandissant de présumés préceptes intouchables, de supposées vertus indiscutables et de prétendus dogmes irréfutables. La brèche par laquelle se faufile immanquablement le moralisme culpabilisant. Culpabilisateur. Un moralisme qui exhibe sèchement les crocs et l’emblème noir du sectarisme furieux. Enragé, vindicatif, acharné et monstrueux. Que l’Algérie refuse de toutes ses forces de voir se réitérer. Au moment où tous les Algériens sont en accord avec leurs croyances coutumières. Leurs traditions familières. Des lieux de culte comme des parcelles de leur sacralité ordinaire. Des lieux de recueillement et de méditation. Des balises de leur mémoire communautaire. Une mémoire bourrée de symboles et de repères. Et c’est pour cela que leurs univers cultuels et leurs espaces culturels n’ont strictement besoin d’aucune fossilisation. D’aucune momification. D’aucune pétrification. Des cultures vivantes, des cultures vibrantes. Des cultures irrévocablement rétives à toute fixation. À toute immobilisation. Des cultures qui habitent le mouvement et le mouvement les habite.

Il est parfaitement insane de vouloir ramener une histoire et une mémoire à la glaciation de l’inertie. Au désir morbide des vociférateurs et des gesticulateurs se prosternant assidûment sur l’autel brumeux de l’immobilité. Quelle que soit la version ou la variante défendue, elles puisent toutes, leur sève vaseuse dans les eaux stagnantes d’un syncrétisme idéologique totalement étranger à la sociabilité intrinsèque qui vibre au tréfonds palpitant de l’Algérie intelligente. Une Algérie qui avance. Malgré tout. Et qui n’a que faire de tous ces sermonneurs hirsutes. Une Algérie qui est en train de livrer le plus exaltant des combats : se réconcilier avec elle-même. Célébrer les retrouvailles de soi. Les retrouvailles avec soi. Malgré un enchaînement de parenthèses et de bien saugrenues hypothèses. Des parenthèses qui ressemblent à des bulles asphyxiantes et qui lui ont coûté en femmes courageuses et en hommes valeureux. Mais qui a continué à marcher. La tête sur les épaules. Et les yeux pointés sur le front de l’horizon. Cette Algérie avec ses petites habitudes. Avec ses petits caprices. Avec ses multiples déceptions. Avec ses innombrables déconvenues. Ses déboires. Ses désillusions. Ses désappointements et ses désenchantements. Avec ses séries de petites joies et son chapelet de grandes colères. Ses incommensurables souffrances. Pour revenir, à chaque fois, à la vie et à la raison. Après des périodes entières à vivre le calvaire et à faire semblant de respirer. À s’étrangler parfois. À s’énerver pour des broutilles. Et à supporter toutes les humeurs massacrantes. Et les valeurs ignoblement massacrées. Par tous ceux qui ignoraient tout de sa détermination, mais qui sont les premiers à le crier avec une assommante ostentation. Avec pour cible privilégiée toutes ces femmes dignes.
Toutes celles qui passent leur journée à s’acquitter loyalement de leur tâche. À travailler ou à étudier. Avant de rentrer pour une seconde journée de travail, encore plus chargée. Après un détour pour des courses épuisantes dans plusieurs marchés. Les sachets bleus récalcitrants à trimballer. Dans un semblant de transport aléatoire. Pour être coincées, à l'arrivée, entre casseroles brûlantes et marmites débordantes. Le tout arrosé par les sautes d’humeur d’un de ces maris ou fils zélateurs parmi les braillards invétérés de la rue. Prolongeant leur diktat dégoulinant de religion à la maison. Demandant. Commandant. Ajoutant. Retranchant. Puis recommandant. Jusqu’au moment du service. Assuré par les femmes, évidemment. Dans le silence qui sied à l’ingurgitation. Et la solennité lourde de la mastication.
Après cela, il reste encore la vaisselle. Les femmes retournent à leur cuisine. Et les pêcheurs à leur espace mâle. Avec des acolytes aussi mal inspirés. Pour les bavardages et les galimatias de la soirée où tout est passé en revue. Des déviations de la société à l’aridité de la vie sans une prétendue spiritualité. Molestant au passage quelques pauvres diables qui ont un mal fou à joindre un seul bout. Et qui sont les victimes toutes désignées de ces pillards de la foi. Ces faussaires de moralité. Des énergumènes qui ignorent tout de ce que peut bien représenter la symbolique de l’acte de croire. Et de toutes les symboliques d’ailleurs.
Ces propagateurs endurcis sont les révélateurs caractéristiques d’une société qui souffre d’un dramatique déficit éthique. Ils sont le signe d’un manque de probité religieuse drastique. Tout en passant le plus clair de leur temps à clamer haut et fort une moralité mirifique. Ignorant totalement le désarroi et la détresse exacerbée chez le prochain. Malgré une foi supposée universaliser la convivialité et l’amour d’autrui. Et que cette flambée d'exubérance aggravée transforme en enfer chez les plus désorientés.

Nonobstant l’excès d’exhibition de toutes les formes d’altruisme et de toutes les espèces de générosité. Où chacun y va de son indulgence et de son humanité. Chacun de ces zélateurs se fait le chantre attitré de toutes les bienfaisances et de toutes les bienveillances.
Pourtant, personne n’a rien oublié. Personne n’a effacé la page sanglante qui a fait couler des larmes à l’Algérie. Au nom d’un projet sinistre. Enfagotté dans un discours patibulaire. Et relayé par une soi-disant communauté internationale qui voulait voir tout un pays mordre la poussière. Et ingurgiter les bouillons de l’incongru. Au nom d’on ne sait quels versets frelatés. Au nom d’on ne sait quels préceptes empestés. Et de quelle bêtise entêtée. Une bêtise voulant obturer les pores de respiration de l’Algérie. Lui voiler les yeux et la conscience. La plonger dans l’immobilité du noir épais. L’empêchant de pétiller, de rire et de chanter. Lui ligoter le regard. Lui taillader les entrailles. Et transformer ses horizons en murailles. Cette Algérie qui veut vivre et aimer. éperdument. Se laisser emporter par la fougue incandescente de ses rêves indociles. Et irrévocablement indomptés. Les rêves fous que ses filles sublimes savent porter altièrement comme des diadèmes éblouissants. Et que ses garçons turbulents chevauchent allègrement comme des arcs-en-ciel en furie. Éclaboussant le monde morne de leurs couleurs éthérées. Noyant tous les avenirs rétifs de leur luminescence incommensurablement démesurée. Ces avenirs insurgés qui s’étaient longtemps éclipsés. Prétendant qu’ils s‘étaient égarés. Loin de l’Algérie.

Ces avenirs sauront retrouver le chemin tortueux mais exaltant de mon pays. Pour le réinventer et s’y lover chaleureusement. Pour l’habiter durablement. Pour s’y incruster profondément. Tout en enfantant d’autres avenirs. Pour tous les avenirs à venir.


En voulez-vous plus ? Pouvais-je faire mieux ? Non !

Je terminerai par un mot de circonstance prononcé par Hélie de Saint Marc devant ses juges, qui résume le sentiment d'écœurement des officiers français à l'annonce du largage de l'Algérie : « On peut demander beaucoup à un soldat, en particulier de mourir, c’est son métier. On ne peut lui demander de tricher, de se dédire, de se contredire, de mentir, de se renier, de se parjurer.» Et pourtant c'est bien ce que Charles de Gaulle et ses liquidateurs exigèrent d'eux jadis.

Myosotis


Autres arcatures sociologiques par Rabeh Sebaa pour ceux qui voudraient creuser ces questions, pour ceux aussi qui aiment l'Algérie :

- Entre les misères de la maladie et les maladies de la misère
“Les affres du dénuement n’altèrent en rien la saveur de la probité” (Fedor Dostoïevski)

- Pour une méditerranéité réappropriée
"L’impossible, nous ne l’atteignons pas, mais il nous sert de lanterne” (René Char)

- Libidinalités dérobées, deshumanités enrobées
“Dans la féminité, il existe une part de divinité” (Ibn El-Arabi)

- Comme une plaie grise sur le corps agité d’une nymphe insoumise
"Chaque fois que je la regarde, je deviens un noyé heureux" (Romain Gary)



mardi 19 octobre 2021

Faut-il le dire ?

La laïcité en action n'ouvre pas la libre pratique de l'insulte ou du blasphème ad hominem. On ne peut tout se permettre au principe de laïcité, moins encore blesser autrui dans son âme profonde. Cela participe du vivre ensemble le plus ordinaire, et ce ne fut pas toujours le cas dans le passé lointain de cette nation éveillée à l'esprit le plus fin que le monde entier lui enviait, jadis. Mais il y a un "mais".

Il est extrêmement difficile dans un cerveau d'adolescent de partager l'émoi d'une foi s'il existe, et la négation d'icelle par autrui en même temps. C'est ce que promeut la laïcité à la française qu'aucun pays n'a jamais appliquée parce qu'elle est un ferment de désordre social et n'est en rien fondée sur les aspirations de l'humain. Monsieur Paty avait bien du courage de passer la planche de cette galère ! Qu'Alan Goa berce son âme sur son croissant de lune !
Quand le droit des Etats retient la laïcité pour séparer sociétés civile et religieuse dans le gouvernement des citoyens, l'Encyclopédie philosophique universelle la taxe de "construction intellectuelle" permettant de barrer les clercs des affaires de l'Etat. Ce concept, sorti des désordres mentaux de la franc-maçonnerie, participe des nuées dont les princes sont nos vénérables, frères encrassés par la libre pensée de la déesse Raison. Finalement c'est très daté et ça sent la feutrine humide des convents. La laïcité telle que la définit avec une difficulté immense notre régime, s'avère être un emplâtre corrosif sur un membre sain. Plutôt que de protéger, elle pourrit qui se l'applique. Il suffit d'ouvrir les yeux, la "construction" est toujours en travaux ! Un peu comme le mariage des curés qui fut à l'affiche de tous les conciles toujours.

gravure 1905

Depuis que les discours publics des églises historiques ont été relégués aux chambres voûtées de décompression mentale, et interdits d'expression au-dehors, on a vu se coucher bas et haut clergé de toute obédience devant les interdits (et les baïonnettes). Jusqu'à ce qu'arrive la tête haute et d'un pas assuré la religion totalitaire qui régente les croyances et codifie les mœurs d'un même élan. Et comme de bien entendu, ces nouveaux sectateurs prirent d'assaut rues et trottoirs pour affirmer leur foi aux yeux de tous les mécréants. Que leur a-t-on reproché ? Rien de la part des pouvoirs publics, nid de couards à tout motif même électoral. Après les lois de déchirage social dites de Séparation, on a finit par donner la clef des rues à l'islam ! Malgré les avertissements envoyés depuis les pays musulmans par ceux qui y subissent le joug des imams, mollahs et oulémas, avertissements vite étouffés par la presse infiltrée, nul n'a pris la mesure du danger naissant. Paranoïa, fantasmes, néo-fascisme néanderthalien ! On sait la suite. Les caricatures danoises du Prophète levèrent des hordes "spontanées" hystérisées par l'insulte, dont la colère ne pouvait s'étancher que dans le sang. On en revient toujours au sang. Les religions sémitiques pataugent dans le sang, c'est leur marque.

Il y avait eu en 1986 l'attentat du Hezbollah rue de Rennes à Paris, en 1989 l'appel au meurtre de Salman Rushdi par l'ayatollah Khomeini, en 1993 l'attentat du World Trade Center de New-York, puis la séquence algérienne de 1995 à Paris, la bombe de Port-Royal en 1996, des centaines d'attaques islamistes partout ailleurs. Le siècle nouveau s'ouvrait sur les attaques aériennes du Onze Septembre à New-York, puis la prise d'otages meurtrière du théâtre Doubrovka de Moscou en 2002, celle pas meilleure de Beslan en Russie en 2004, l'assassinat en Hollande de Theo van Gogh la même année, attentats au métro de Londres en 2005, la fusillade de Fort Hood au Texas en 2009, le kamikaze de l'aéroport de Domodedovo à Moscou en 2011, les tueries de Mehrah à Toulouse et Montauban en 2012, etc. etc. pour s'en tenir qu'aux gros scores ; sans compter donc - qu'ils nous le pardonnent - une multitude d'attentats atroces sur tout le croissant vert, du Maroc à Bali et jusqu'en Chine ! L'islam ayant retrouvé son impatience conquérante a pris le sabre de ses étendards et mis le feu partout. Et le 7 janvier 2015, la rédaction de Charlie Hebdo est rafalée par les frères Kouachi ! La séquence continue à un train d'enfer... en 2016 l'ambassadeur russe à Ankara, vingt-deux morts au concert d'Ariana Grande à Manchester en 2017, huit morts au Pont de Londres, Maurane et Laura égorgées à la gare Saint-Charles de Marseille, le camion du 14 juillet à Nice... on ne sait plus où donner de la tête à couper. (source)

N'a-t-on rien vu venir ? Qui a pu croire une seconde qu'il possédait, lui, le totem d'immunité ? Il est une précaution naturelle de sauvegarde qui consiste à ne pas se moquer publiquement d'un primate féroce qui patrouille la nation qu'il hait en recherche de sa proie. Les islamistes nous haïssent. On leur a bourré le crâne, parfois dès l'enfance en famille, et cette haine est pavlovienne, irraisonnable, il n'y a pas de traitement non létal de cette bave rabique. Samuel Paty a été tué par un hominidé tchétchène après avoir rallumé la mèche lente de la caricature blasphématoire et ne s'être gardé d'aucune réaction. Aurait-il dû s'en méfier ? Oh oui ! Les caricaturistes de Charlie Hebdo tout pareil, qui sont morts avant lui... en pure perte donc ! Les historiens de la fin du XXIè siècle auront de quoi méditer sur la niaiserie des élites de notre temps, qui, du sang jusqu'aux chevilles, ont cru le reste protégé par le rempart de la laïcité ! Cette "valeur" de la République aura finalement fait beaucoup de morts imbéciles et innocentes.

L'anniversaire de l'assassinat de Samuel Paty a été l'occasion d'en remettre une couche alors que tout le corps professoral se sent abandonné et désarmé devant le blasphème laïque au sein de classes en inquisition. Rien n'a changé depuis la décapitation de Conflans-Sainte-Honorine, nous disent-ils : ils sont seuls face à des populations hostiles où c'est l'élève qui fait le programme. Il suffirait, leur dit-on, de mieux enseigner cette p..... de laïcité ! Les pédagogues fous qui hantent le ministère savent-ils qu'elle est inenseignable au-delà de la première ligne de la définition du Petit Larousse ? Et les politiciens qui se cachent derrière elle en sont-ils informés ? Le peuple, lui, est au courant qui met le concept à la benne et réclame des candidats à la présidentielle la force avant la persuasion. Soixante-dix pour cent n'ont que faire de la "valeur laïcité" ; ils veulent foutre dehors les menaces, pas plus ! Sera-t-il suffisant de voter ? J'en doute !

Ambition de conclusion


Le régime ne peut séparer les sociétés civile et religieuse tout en agravant l'intrusion des hommes de l'Etat dans tous les compartiments de l'intimité humaine. La régulation (à l'est on disait "normalisation") des mœurs privées est à son comble dès lors que le pouvoir s'inquiète non tant de la manière d'être ou de l'expression écrite et orale de votre pensée que de ce que vous pensez vraiment au fond de vous-mêmes. La séparation de 1905 n'a pas que coupé le cordon ombilical entre l'Eglise et l'Etat, mais elle a fait place nette pour que ce dernier prenne toute sa place. Les directeurs de conscience d'alors, les éducateurs de la jeunesse ont été remplacés par les pédagogistes et les normateurs officiels du conformisme, déclinés en agences, hauts commissariats, fondations, observatoires, hauts conseils, comités, commissions et médiats stipendiés par le Trésor, qui vont parfois jusqu'au terrorisme moral, prélude à la terreur sèche de la pensée unique et approuvée. Il n'est pas surprenant que les convictions personnelles puissent déborder de la bulle privée puisqu'elle dérive au milieu de la grande bulle publique. Peut-on bannir l'expression religieuse dans la vêture, la coiffure, la gesture quand elle restent passives ? Où est la frontière entre les libertés publiques et les libertés individuelles ? Au seuil des maisons, sur le paillasson de Bienvenue ? La "construction intellectuelle" est en pleine déconnante qui provoque aujourd'hui une bataille...... des prénoms ! Que faire alors ? Je n'en sais rien, mais la seule certitude est son inanité. Demandez donc à ceux qui se ruent vers les charges publiques pour nous gouverner l'an prochain et revenez en cinquième semaine.

En attendant on peut relire le plaidoyer de Mickaleus pour une religion d'Etat (à la façon de tous nos voisins) en cliquant là.

samedi 14 août 2021

La nuit islamiste s'étend sur l'Afghanistan

Taliban


On ne connaît pas encore le fin mot de l'histoire mais pour le moment, la liquéfaction de l'Armée nationale afghane au contact des katibas talibanes (quand il y a contact) ne laisse d'impressionner et rappelle furieusement deux précédents :
En 2003, à l'exception de la Garde Républicaine qui montra le drapeau, les armées de Saddam Hussein disparurent du champ de bataille, chacun rentrant chez soi, emportant son fusil. On sut que le mouvement fut initié par les commandants d'opérations sur le terrain qui cessèrent leurs ordres comme le leur conseillaient les Américains. Furent-ils achetés ? Sans doute, tant qu'ils n'étaient pas dans le Jeu de cartes*.

La deuxième fois fut en 2014 la liquéfaction de la garnison de Mossoul encerclée par l'Etat islamique en Irak et au Levant. Les deux divisions irakiennes qui y stationnaient fourniront le plus gros des armes lourdes dont se prévaudra l'ISIL** dans sa capitale syrienne de Raqqa. L'ISIL militaire était commandée par les officiers irakiens qui avaient fait défection devant les Américains en 2003. Où sont-ils aujourd'hui ?

Dans les deux cas, c'est une armée démotivée qui se couche, quelle que soit la puissance de feu installée. Ces armées sont trop souvent recrutées parmi des catégories laissées pour compte qui y trouvent une solde et trois repas quotidiens. Pas plus que l'Irakien saddamite, l'Afghan militaire n'a signé pour mourir mais survivre, en attendant que s'ouvre une opportunité d'amélioration de son sort... dans le civil. Face à eux, des guérilleros dépenaillés, armés que de fusils d'assaut et de lance-roquettes mais motivés par la victoire à portée de main, piétinent les savants dispositifs de la caisse à sable. Tous les conseillers occidentaux se sont repliés laissant voir l'impuissance du commandement autochtone qui n'est pas toujours obéi.

Dans The Atlantic, le colonel Mike Jason revient sur toutes ses années d'instruction des troupes irakiennes puis afghanes. Les procédures sont tout à fait celles utilisées autrefois pour former les harkas algériennes au temps béni des colonies. L'enrôlé obéit parce qu'il y trouve un intérêt matériel et, à de rares exceptions près, aucun esprit de corps n'est insufflé à la troupe, docile, obéissante et qui regarde l'heure. Son témoignage en forme d'autocritique est à lire en cliquant ici. Et on a tout compris : les unités que le colonel américain a formées se couchent. Il sait pourquoi, maintenant !

Dans un communiqué lu par la porte-parole de la Maison Blanche mercredi 11 août, parlant de l'ANA***, Jen Psaki a répété une fois encore : « Ils ont tout ce dont ils ont besoin. Ce qu'ils doivent décider est de savoir s'ils ont la volonté politique de se défendre et, s'ils en ont la capacité, de s'unir entre dirigeants pour se défendre. Nous continuerons à fournir un appui aérien au plus près. Nous continuerons à les ravitailler en vivres et matériel, et nous paierons les soldes.»
On voit que l'Administration Biden s'en tient au TED****, qu'elle laisse la motivation du combat à la partie afghane, et que le niveau de doute est élevé du coté américain ; ce qui explique la réaction du président disant, au vu des premiers revers, qu'il ne regrettait rien. Les Etats-Unis ne vont pas se battre vingt ans de plus en lieu et place des Afghans !

Il n'empêche que le retour de la charia stricte terrorise surtout les femmes et les jeunes filles qui ont goûté à la liberté de s'épanouir et d'apprendre, avant de redevenir demain matin du bétail qu'on trafique. Quoiqu'il en soit... d'horrible déjà, la guerre civile afghane ne fait que commencer. Il existe des unités régulières de choc qui sont capables de prendre à leur tour le maquis et mèneront la vie dure aux Talibans revenus au pouvoir comme ceux-ci le firent après qu'ils furent chassés de Kaboul en 2001. Les ethnies du nord, Ouzbeks de Dostum et Tadjiks de Massoud (le fils) reconstituent des unités combattantes pour conserver leurs fiefs hors des griffes pachtounes. Si Mazar-e-Charif tombe, les assiégeants seront à leur tour assiégés et plus vulnérables que lorsqu'ils étaient planqués dans les montagnes. Evidemment la population civile paiera le prix fort comme dans toute théocratie brutale quand les dieux ont soif. La dernière ère de paix afghane fut le règne de Mohammad Zaher Shah (1933-1973). Ça date.

mosquee bleue


Postscriptum du 15 août : le rapport d'un Lt-colonel de l'US Army, déployé quatre fois en zone Moyen-Orient confirme l'analyse du Colonel Jason, y ajoutant la dénonciation des mensonges de généraux carriéristes qui flouèrent le Pentagone et la Maison Blanche. On le lira avec profit en cliquant ici.

Note * le Jeu de cartes était le trombinoscope des dirigeants politiques et militaires du régime irakien que les alliés pourchassaient et que tout chef de groupe avait dans la poche de poitrine
Note ** ISIL : Islamic State of Iraq and the Levant
Note *** ANA : Armée nationale afghane, mais aujourd'hui ils ont pris un nom plus ronflant
Note **** TED : tableau des effectifs et dotations de l'unité de combat considérée

lundi 4 janvier 2021

Les convois passent

Cinq soldats tués sur la route, il faut parler de nos opérations au Sahel. Sur son blogue La Voie de l'Epée, Michel Goya a déroulé l'équation de la mort qui mesure le taux de pression de l'engagement français sur la rébellion djihadiste au Sahel. Cet article est une contribution importante à l'analyse des pertinences tactiques et il faut le lire en cliquant ici.

Evacuons tout de suite la fiabilité des sources appliquées à ce théâtre d'opérations. La section Polémologie de la page Roycoland de notre blogue liste les sites éprouvés qui ont notre préférence, et sur les affaires du Sahel, le Piéton suit trois émetteurs : Wassim Nasr sur Twitter pour le décryptage des résultats quotidiens, Michel Goya pour la doctrine d'emploi, et Bernard Lugan pour le fond d'écran ethnique, indispensable pour y comprendre quelque chose. Il en est d'autres certainement ; il existe aussi des charlots qui en général hantent les plateaux télévisés mais comme ils ne m'ont rien fait, je ne les citerai pas. Juste une précaution : n'écoutez pas de laïus militaire d'un type qui n'a jamais porté l'uniforme (suivez mon regard) mais qui se dit expert parce que sa mam'man lui a acheté une boîte de soldats de plomb.

convoi vers les Iforas

L'article de Michel Goya, que vous devez avoir lu pour continuer le nôtre, résume parfaitement la guerre au Sahel par les ressorts de l'écœurement réciproque. Quel effectif de victimes permettrait d'atteindre le seuil de découragement de l'adversaire ?
Côté français (je suis moins sévère que le colonel Goya), je le situe à l'effectif d'une section d'infanterie en une fois, bien que le désastre de la vallée d'Uzbin n'ait pas interrompu la contribution française en Afghanistan. Le retrait des troupes au contact serait compensé par le soutien à l'instruction des recrues du G5-Sahel (avec l'aide des Allemands et des Anglais) et à l'appui aérien garanti aux opérations des armées locales (drones, chasse et évacuations sanitaires), complété éventuellement de raids ciblés des forces spéciales.
Côté Djihad, il serait difficile pour les chefs des katibas d'éviter la liquéfaction d'unités combattantes si le taux de perte était toujours supérieur à 60% car la ressource locale à divers motifs se tarirait, que ce soit dans le monde peul ou dans le monde touareg.

Mais si vous avez lu les bulletins "Afrique Réelle" de Bernard Lugan, vous savez aussi que la guerre est sans issue au plan strictement militaire. Voir son dernier billet du 3 janvier ici s'il est besoin de s'en convaincre encore. Loin de nous l'envie de ramener notre science infuse sur la stratégie déployée par l'état-major sur zone, mais ce n'est pas les débiner que de constater qu'on n'a pas avancé d'un mètre ! Par contre, j'ai le droit, en tant que citoyen contribuable et patriote, de discuter la stratégie géopolitique de notre gouvernement ; et de poser la question qui tue : que fait-on encore là-bas ?

La réponse automatique du pouvoir est de contenir et réduire là-bas le terrorisme qui nous menace ici. Viennent ensuite des éléments de langage travaillés par les nombreux communicants qui ont tous le défaut de ne pas coller aux réalités. Nous avons créé une alliance locale appelée G5-Sahel dans l'optique de faire combattre au sol les infanteries portées de cinq pays de la région que nous appuierons par les airs, par le renseignement et le feu. Le G5-Sahel s'avère aujourd'hui encore n'être qu'une corbeille à passer parmi nous pour donner à la quête, et deux pays seulement se défendent avec ou sans ce dispositif, le Tchad et la Mauritanie. Nous et nos alliés européens ont formé des pelotons de soldats qui ont été engagés parfois avec succès, parfois à leur détriment, mais rien n'a encore réduit la menace. Et si leurs unités élémentaires se battent bien, les hauts gradés africains de ces armées semblent préférer s'occuper de politique ou de maintien de l'ordre en ville.

Défendons-nous des intérêts économiques stratégiques ? A part l'uranium nigérien et le fer de Mauritanie, non ! Il serait plus vrai d'avancer notre empathie naturelle avec ces pays nés de la colonisation française, dont nous hébergeons beaucoup de ressortissants et qui dans le passé fournirent les plus gros contingents de tirailleurs dits sénégalais. Mais de tout cela perce le sentiment que Barkhane est l'alibi qui nous permet de ne pas porter le fer sur la menace métropolitaine. Aurions-nous incinéré mille djihadistes et autant de chameaux au désert que la subversion islamiste en France n'aurait pas reculé d'un pouce, dans la mesure où nous continuons à prendre des gants avec les composantes actives de l'islam politique dont vient pourtant de se séparer la Grande Mosquée de Paris. Tout le monde sait que la membrane osmotique est poreuse entre le salafisme de base et la tentation terroriste. On sait aussi que le lavage de cerveau des jeunes musulmans est multiforme et mute en permanence sans jamais diminuer, qui nous obligera à prendre un jour des mesures précipitées et regrettables ; comme le blocus de lieu de culte qui froissera des musulmans pieux ; comme le démembrement d'associations douteuses. On sait - l'affaire Samuel Paty nous l'a montré - que les punitions définitives appliquées par des assassins motivés résonnent favorablement au sein de certaines communautés musulmanes, sans parler des pays islamiques hyper-susceptibles qui applaudissent toute campagne de terreur chez nous. Quoiqu'il en coûte, il faudra traiter ! Il faudra traiter l'affaire ici, chez nous, en métropole.

L'issue de l'opération Barkhane n'influera pas sur la composition et le niveau de la menace en France. C'est peut-être la réflexion que se sont fait les services de renseignement européens et américains, qui expliquerait la timidité de leur engagement. La question qui tue n'a pas de réponse au niveau du gouvernement et l'année électorale qui va s'ouvrir bientôt n'augure rien de bon pour y voir plus clair au Sahel et y prendre des décisions réalistes. Entretemps, nous venons de perdre deux hussards du 2è d'Haguenau sur la route de Ménaka, qui s'ajoute aux trois chasseurs du 1er de Verdun tués sur la route de Gao. Répétons-le encore, ces véhicules blindés légers ne sont pas adaptés à la guerre asymétrique en zone désertique. Les VBL ont été conçus chez Panhard pour éclairer les escadrons Leclerc dans la bataille de choc sur le continent européen. Le renseignement tactique et l'acquisition de cibles exige la furtivité de l'exposition aux contre-mesures ennemies. Qui se souvient des Jeep-106SR qui ouvraient le feu après avoir enclenché la marche arrière pour dégager immédiatement de la position de tir avant même que l'obus n'ait atteint sa cible ? Ces petits véhicules, juste protégés de la munition d'infanterie quand ils sont fermés, sont inadaptés aux convois de longue exposition en zone dangereuse par 50° à l'ombre. Nos soldats méritent que la question soit posée au fond !
Nous présentons nos condoléances attristées aux familles du sergent Yvonne Huynh et du brigadier Loïc Risser, qu'ils reposent en paix.

vendredi 23 octobre 2020

Du blasphème...

 

« La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres »
(John Stuart Mill)



Il y a une trentaine d'années, l'archevêque de Paris Lustiger faisait une déclaration relayée par les télévisions dénonçant une caricature salace du Christ en croix. Il se disait habitué, lui et tout le clergé, aux caricatures de la presse anti-cléricale mais l'exercice avait cette fois grimpé d'un étage puisqu'on ne caricaturait plus le prêtre dans sa condition de pécheur mais Dieu lui-même, une première. Et l'opinion acquiescait que le bouchon avait été lancé trop loin cette fois. Les choses ont bien changé dans les cercles d'influence mais peut-être pas autant qu'ils le voudraient dans l'opinion. On notera à la décharge des caricaturistes de Charlie Hebdo comme à celle de leurs confrères danois qu'ils dessinent bien plus souvent le Prophète qu'Allah son Dieu.

La question se pose de savoir pourquoi les communautés musulmanes en France mais partout ailleurs ont une réaction épidermique instantanée à l'annonce d'une énième caricature de Mohammed ? J'ai relu le Dinet et El Hadj Sliman Ben Ibrahim avant de venir. Le prophète d'Allah n'est pas un clerc ni le gourou d'une religion nouvelle, mais un "messie". Les écritures le font naître « net de toute souillure, circoncis naturellement, et son cordon ombilical coupé par l'ange Gabriel (Djebraïl) » Il ne fera pas de miracles comme Jésus de Nazareth mais sa vie sera elle-même un miracle, dès sa plus tendre enfance. A preuve, cette séquence entre autres :

Il était parti un matin avec son frère de lait pour mener au pâturage les troupeaux de ses parents nourriciers. Tout à coup vers le milieu du jour, le petit camarade de Mohammed revint seul, et d'une voix entrecoupée de hoquets de frayeur, cria à son père et à sa mère : "accourez vite, mon frère le Qoraïche s'étant écarté de nous suivant sa coutume, deux hommes vêtus de blanc se sont emparés de lui, l'ont jeté à terre et lui ont fendu la poitrine !" Affolée, la pauvre Halima suivie de son mari, courut de toute la vitesse de ses jambes dans la direction indiquée par le jeune berger...etc. On retrouvera l'enfant intact que deux anges avaient opéré d'un caillot noir dans la poitrine. Puis vint le temps de la Révélation et des prédications. On peut comprendre que dans l'esprit des musulmans de notre temps, le Prophète soit plus que l'annonciateur d'une morale nouvelle, sans doute ce que les Grecs anciens reclassaient au-dessus des mortels juste au-dessous des dieux. A tel point que lorsque le Prophète mourut à la mosquée à 62 ans, la foule des croyants envahit l'édifice ne voulant croire à l'impossible ; certains criaient de ne surtout pas l'enterrer car il n'était qu'en voyage comme leur disait Omar le calife : « Non, le Prophète n'est pas mort ! Il est allé visiter Son Seigneur comme le fit Moïse qui, après une absence de quarante jours, reparut chez les siens. De même, il reviendra parmi nous. Ceux qui prétendent qu'Il est mort sont des traîtres. Qu'on leur coupe les mains et les pieds !»

On doit donc comprendre que Mahomet n'est pas un prophète ordinaire dans l'image mentale des musulmans. Face à cette image, la satire française ne doit pas tourner à l'obligation du sarcasme et de la caricature pour la caricature, si tant est que l'on veuille préserver la paix sociale (c'est aussi une question). La sanctification du Prophète est irréfragable ! On a envie de dire aux pouvoirs publics : "faites avec !". Mais quel est cet impérieux besoin de se foutre du monde partout et tout le temps ? La liberté de faire chier autrui ? un sport national ? L'esprit français, qui fut loué et imité par tout le monde civilisé, était d'une autre finesse que les dessins grotesques de Hara Kiri & Suite qui pataugent dans le pipi-caca de cours préparatoire et en défense desquels il faut s'enorguellir d'une formidable liberté d'expression scatologique. Qu'on essaie un peu de croquer dans des postures sordides d'enculage animalier les éditocrates qui font la pluie et le beau temps sur les plateaux télé, et on verra vite les limites qu'ils consentent à la liberté d'expression. On nous sortira certainement l'immunité journalistique parce qu'il y a des limites à tout ! Reste maintenant à discuter des Musulmans.


Arrivé jusqu'ici, chacun de nous doit avoir compris que la coprophagie du grotesque libertaire est une injure douloureuse faite au croyant. Et celui-ci doit comprendre qu'il est venu dans une République fondée à l'origine sur la haine, la dérision et l'exclusion. Bonjour ! A son tour à lui de "faire avec !" Les lois françaises ne mettant pas les dieux et les clercs à l'abri du blasphème - ce qui n'est pas le cas partout en Europe ni même en Alsace Moselle - le citoyen imprégné de religion doit détourner son regard et pour certains, laisser pisser le mérinos, pour ne pas croiser une offense insoutenable pour lui, mais à aucun moment s'aviser de conquérir l'espace public pour y imposer ses propres limites à la liberté d'expression. Vous souvenez-vous de l'exposition "PissChrist" en Avignon, cité des papes ? La bronca catholique fut nourrie ! Dans le cas particulier de l'islam, cette démarche de non-voyance est perturbée par le prosélytisme politique d'une fraction d'intégristes radicaux qui entendent soumettre toute la société à leurs lois. Ainsi, toute réaction à l'affichage de caricatures injurieuses sera traduite par une volonté de subversion islamique, ce qui est en partie vrai, mais en petite partie seulement tant que le tigre dort. Aux musulmans de faire le ménage en leur sein et puisqu'on sait que c'est très difficile pour des raisons tenant aux diverses origines et obédiences prospérant chez nous dans une anarchie cléricale entretenue par les ambitieux, c'est à l'Etat français de les aider à faire le ménage, avec la vigueur nécessaire et suffisante pour éradiquer le doute. A défaut de quoi nous révoquerons l'édit de Nantes.

L'actualité tragique offre une possibilité de nettoyage par tous moyens, bien sûr légaux (sic), et moins il prendra de temps, plus longs seront ses effets. Restera ensuite à ne pas retomber dans les erreurs accommodantes du passé, en retirant les zélateurs des canaux de propagande et subventions publiques. Si, par miracle, la France et les Français avaient une image assez précise de ce que doit être le plus beau pays du monde, nous aurions bien avancé dans la préservation de nos mœurs et coutumes, alliées à la liberté de croire et de penser ce que souhaite chacun. Mais nous en sommes loin avec les pouvoirs de rencontre que nous désignons régulièrement au sommet de l'Etat à l'issue d'un protocole perverti dans le clientélisme démocratique, le mafiatage partisan et le trucage des scrutins. A quoi s'agrège un quatrième pouvoir fortement corrompu, aux mains du Capital et qui pis est, stipendié par l'Exécutif ! Que le blasphème ne soit pas puni est une chose qui pour autant ne le rend pas obligatoire. La projection des caricatures de Charlie Hebdo sur les façades des édifices régionaux le soir de l'hommage à la Sorbone, est une faute morale plus stupide que grave, mais une faute quand même ! Pourquoi offenser tous nos compatriotes musulmans à propos de l'horrible assassinat du professeur d'histoire Samuel Paty, qui n'a certes pas promu les caricatures mais s'en est servi tout simplement pour illustrer un cours sur la liberté d'expression au moment historique du procès des assassins de Charlie Hebdo ? Il faut convertir patiemment les musulmans au libéralisme et à la séparation des domaines public et privé, quitte à les y forcer un peu au début, en supprimant les prières de rue par exemple. C'est faisable mais nul aux affaires n'a jamais essayé en vrai ! Comme disait Zemmour à Eric Naulleau récemment, les Français musulmans n'ont jamais posé de problèmes dans l'espace public jusqu'à l'importation de musulmans étrangers venus d'horizons où priment les interprétations littérales des hadiths et versets coraniques, interprétations frappées au coin d'un archaïsme redoutable qui coupe à angle droit tous les édits et codes de notre société civile. Si ces communautés veulent se tailler des fiefs inexpugnables dans l'espace français, il faut les sortir tout simplement du jeu social, en coupant les fils de la solidarité nationale et plus si affinités.

Voilà. Pour conclusion, finissons ce billet avec le cardinal Lustiger qui disait dans un de ses ouvrages : « L'une des erreurs d'optique où se porte le désir spirituel est de projeter sur le présent de l'Eglise une eschatologie réalisée au rabais. Cette erreur défigure l'espérance chrétienne. Elle transforme la vie chrétienne en un mythe ou, à l'inverse, en une insupportable tyrannie. On essaiera, par des moyens humains, de faire de la société chrétienne une figure du Royaume des cieux, alors qu'elle n'en est que la caricature souvent infernale.» (Cardinal Lustiger in La Promesse, éditions Parole & Silence, Paris 2002). Réécrivez ces quatre vérités en y mettant l'islam wahhabite et tout colle.


cul-de-lampe de Martin van Mæle 1872

mercredi 21 octobre 2020

La République en danger !

La République, passe encore ; mais la république, ça fait mal ! La république c'est notre bien commun, la chose à tous, notre espace physique et mental organisé pour vivre ensemble : aussi une définition de l'Etat. C'est l'Etat lui-même qui est en danger, plus que le régime politique qui l'a si fortement entamé en l'insinuant partout, jusqu'à le faire enfler de la gangrène gazeuse du clientélisme démocratique. Mais c'est une autre histoire ! Comme le blasphème sur lequel on reviendra.

Même si nous ne profitons pas d'un "Premier Amendement" à notre constitution, ce qui nous oblige à parler entre les rails du politiquement correct, il faut dire de quoi il retourne aujourd'hui en des termes que le distingué lectorat de Royal-Artillerie saura décrypter puisqu'il est par choix, intelligent et instruit. On comprend sans creuser très profond qu'il serait une victoire facile pour les forces de désagrégation de compenser un peu la répression des idées salafistes ou indigénistes par quelques coups donnés à la fachosphère, même si votre blogue favori a depuis longtemps disparu des écrans-radars de l'Ecole de journalisme de Lille.


La république est en danger d'abord par la primauté du droit sur la politique régalienne, qui crée un rempart inversé protégeant la subversion ; ensuite - et c'est fini - par l'appel d'air d'une immigration incontrôlée provoqué par des allocations sociales extravagantes dans le monde entier. Nous ne traiterons que de ces deux défauts... sauf à faire un livre de deux cents pages qui outrepasse notre courage. Disons-le tout net, le corpus législatif augmentant les droits de l'homme en continu depuis quarante ans, a crée le plus sûr abri juridique pour les promoteurs de la charia nationale, que l'on pourrait appeler aussi les conquérants de la revanche de Poitiers. Ce n'est pas forcer le trait de revenir à 732 quand on entend Idriss Sihamedi de l'ONG BarakaCity déclarer : « Vous avez la montre, nous avons le temps !». L'islamisation du pays est la queue de trajectoire de toutes les officines, associations, organisations humanitaires, agences et instituts islamiques établis en France. Ils y mettront le temps qu'il faudra, en usant du défaut de la cuirasse démocratique par la démographie. Ce n'est pas le petit piéton du roi qui le dit, mais Boualem Sansal dans une citation célèbre :

« L'islamisation est en marche et connaît une accélération notable. Chacun peut l'observer. Aujourd'hui, l'islamisation est l'affaire de professionnels de la prédication, de la manipulation et des médias, dont Internet. Elle a des buts politiques offensifs. La masse critique qui déclenchera la réaction en chaîne n'est pas loin d'être atteinte. Elle posera d'énormes et insolubles problèmes en Europe.» Et pour comprendre la réaction en chaîne évoquée, il faut se souvenir que le musulman modéré pratiquant régulier n'est qu'un salafiste quiétiste endormi, à qui sera donné l'ordre un jour de se lever pour renforcer les salafistes du djihad, ses "frères". Les imams modérés ne résisteront pas longtemps à l'assaut si tant est qu'ils en voient les effets avant de passer ! Ce qui change chez l'islam des autres prosélytismes que nous devons supporter, c'est leur détermination quasiment aveugle et incassable. Alors quoi ?

Il faut renverser le rempart déjà évoqué. C'est possible si le pouvoir exécutif peut convaincre intelligemment les juges de premier échelon de ne pas annihiler l'effort de police, en dépit de la sacro-sainte hypocrisie qu'est la séparation des pouvoirs. Et secondement, il faut tarir la ressource : stopper les subventions publiques aux structures douteuses sans attendre aucun jugement au fond, couper les allocations familiales aux baïonnettes d'Erdogan, bloquer l'invasion provenant de "pays à risques" en mettant le mouchoir sur l'asile prétendûment politique. Inutile de se disperser en plantant des fourches dans les meules de foin, aller à l'essentiel... jusqu'au bout, en se méfiant d'abord de tous ces amis qui nous veulent du bien vivre ensemble, à commencer par les éditocrates écumant les plateaux et les politiciens avides de suffrages !

Le professeur Samuel Paty n'est pas le premier décapité du djihad. Le premier fut Hervé Cornara, chef d'entreprise à Saint-Quentin Fallavier ; le deuxième aurait pu être le père Hamel à Saint-Etienne du Rouvray si le couteau avait été meilleur ; le troisième n'est pas le dernier. On terminera ce triste billet par une vidéo de Jean-Marie Le Pen qui a circulé cette semaine sur les réseaux sociaux et qui décrivait très bien la menace ; avant que le prophète borgne et breton ne perde son temps à rallumer les fours d'une extermination terrible comme pour se prémunir de toute victoire électorale qui l'aurait obligé à gouverner. Reste sa lucidité :

vendredi 11 septembre 2020

9.11 No Comment ?

Mon dieu est plus grand que le tien !!!

L'attaque du 9 septembre 2001 par al-Qaïda sur New York a eu pour conséquence d'ouvrir le Moyen Orient à la stratégie de puissance des Etats-Unis. Dix-neuf ans plus tard, les pays islamiques sont partout dans les rets de l'Occident ou dans les fers des sanctions américaines. Chine et Russie ne parviennent pas à faire l'écart. La Palestine disparaît lentement des cartes. Le cerveau de moineau d'Oussama ben Laden, comme celui de ses sponsors arabes, a ruiné pour longtemps la cause musulmane dont les fondamentaux sont patrouillés maintenant par la diplomatie occidentale, comme aux temps bénis des mandats.

Toutes ces horreurs, ces boucheries partout, tout ça pour ça ?


R.I.P.

mardi 18 août 2020

Le Proche-Orient vu d'un drone

L'Orient compliqué, qu'ils disaient dans les chancelleries du XXè siècle ! La cause nationale arabe, création d'une Palestine moderne, a épuisé la patience et les subsides des tuteurs des organisations palestiniennes. A voir les réactions européennes favorables à l'accord diplomatique entre Israël et les Emirats, la patience de la Commission européenne est pareillement usée. Seuls les Etats qui instrumentalisent les réfugiés palestiniens contre l'existence même d'Israël comme l'Iran, ou ceux qui redoutent des représailles orchestrées par les clans intégristes comme le Koweït et le sultanat d'Oman, refusent l'accord. Et pourtant le Soudan ouvertement, Bahrein très bientôt vont monter dans le band-wagon. Les relations normalisées feront dès lors une large tache d'encre sur la géographie arabe, ce qui influencera inévitablement l'existence même de la Ligue arabe, dont le destin semble plus proche du club de colonels anglais en retraite que d'une union stratégique qui impose un agenda.

Prince héritier d'Abou Dhabi
Shaykh Mohammed bin Zayed Al-Nahyan
On ne va pas s'enfoncer dans le dédale de la "Rue arabe" et partager l'émotion des uns et des autres, d'autant que je doute de la pleine sincérité des Palestiniens accrochés par un micro-trottoir. Mais lançons le drone au-dessus du Proche et Moyen-Orient pour voir les choses en gros. Il y a trois acteurs majeurs aujourd'hui sur la région, la Turquie islamique d'Erdogan (80 millions hab.), la République islamique d'Iran (82 millions d'hab.) et la République arabe d'Egypte (100 millions d'hab.) dont l'islam est religion d'Etat et la Charia source du droit. On pourrait dessiner trois concentricités en amalgamant à chacun ses clients pour avoir un effet de masse. Quand on aura fini, on comprendra tout de suite pourquoi l'Etat hébreu de seulement 9 millions d'habitants cherche à composer en permanence en offrant à ses interlocuteurs ce qu'il sait faire le mieux, la guerre et les technologies de pointe en tous domaines. Israël est un peu dans le rôle de Sparte. Deux acteurs majeurs sur trois se sont déclarés contre l'accord historique et le troisième, l'Egypte, a explosé de joie ! Venons-en maintenant à la question palestinienne d'aujourd'hui.

La revendication palestinienne, qui à l'origine prônait la destruction pure et simple de l'Etat d'Israël, se limite à demander aux instances internationales la reconnaissance d'un Etat arabe indépendant dans les frontières de 1967 ayant Jérusalem pour capitale et capable d'accueillir les familles des réfugiés de 1948 exerçant leur droit de retour. C'est clair, moral et toussa sauf que la proposition coupe à angle droit l'autre revendication, celle d'Eretz Israël qui doit manger tout l'espace disponible entre la mer et l'Euphrate. Manque de pot, le second a gagné la guerre (plusieurs fois), le premier l'a perdue par procuration. La théorie communiste d'une guérilla perpétuelle comme suite à donner à une défaite a fait long feu puisque Israël en a accepté le défi et a pris des mesures drastiques pour l'éteindre, quoiqu'il en coûte aux autres ! Les proxys arabes qui entendent les imprécations stériles des dirigeants palestiniens depuis cinquante ans sont fatigués. Certains doutent même que les chefs palestiniens soient suivis par les populations qui semblent souhaiter avant tout une vie normale avec du travail, un logement et une perspective d'éducation des enfants. Il ne faut pas avoir fait Saint-Cyr pour comprendre qu'Israël agite l'hologramme d'une normalisation pacificatrice en récompense de l'abandon de la revendication identitaire. Ceux qui poussent inlassablement les Palestiniens à la résistance éternelle se gardent bien de vivre parmi eux, aux conditions de leur quotidien.

Au-delà, les gouvernements arabes ont depuis longtemps compris que l'ostracisation des Juifs bridait un développement corrélé à leur démographie positive, au motif fumeux de l'impossible concrétisation du rêve d'un peuple sans Etat depuis toujours. Pour rehausser leur propre sécurité, deux ennemis d'Israël, l'Egypte et la Jordanie, ont passé l'éponge afin de s'attaquer plutôt à d'immenses défis domestiques. Cette reconnaissance enfreignant la doxa victimaire ne leur a pas porté tort. Au tour des "riches" arabes de reconsidérer maintenant le blocage palestinien de la Ligue arabe qui bride leur transition post-pétrole par un développement accéléré des industries de pointe en tous domaines, le luxe et le trade ne suffisant pas à assurer la pérennité de leurs économies et la richesse de leurs familles. Quatre cas particuliers :

Le Koweït est à l'origine une enclave découpée dans l'Irak où commandent aujourd'hui les Arabes des marais sous domination iranienne. L'émir qui craint une réaction explosive sur sa frontière, a déclaré en rester au statu quo.
Bahrein (ancienne possession persane) a été fortement déstabilisé par la communauté chiite et abrite une base navale américaine. Pour se garantir contre l'Iran, Bahrein va sans doute rejoindre le "club des traitres".
Le Qatar a été expulsé des organes de coordination du Golfe à plusieurs motifs dont celui de financement d'organisations terroristes et de propagande impie (Al-Jezira). Il est soutenu activement par la Turquie, l'Iran et le PSG.
Le sultanat d'Oman est la puissance historique qui a donné son nom au bassin inférieur du Golfe persique, la mer d'Oman, et qui a longtemps possédé sur la rive nord l'enclave de Gwadar aujourd'hui pakistanaise. Le nouveau sultan a les difficultés propres à la région mais en plus, son pays est adossé à l'Hadramaout yéménite, un foyer terroriste actif que personne ne sait éteindre à cause d'une géographie trop favorable aux nids de freux. Oman, trop près des côtes iraniennes, ne bougera qu'en dernier.

carte du Moyen-Orien

Reste la complication séoudienne ! Le dauphin MBS, qui a fait le pari d'une transition rapide du royaume vers une économie occidentalisée diversifiée, se heurte au wahhabisme conquérant, soutien indéfectible de la famille des Séoud aussi longtemps qu'elle les autorise à régenter les mœurs et à exporter le salafisme. Sans objectiver ni nier les relations techniques entre les services israéliens et les siens, l'Arabie heureuse fait le mort dans la question présente en attendant sans doute de voir où serait le gras d'un ralliement ? Elle affronte l'Iran au Yémen et se prépare à une guerre ouverte avec la théocratie perse par dessus ses voisins. Peut-être veut-elle mesurer d'abord la sincérité et l'efficacité de l'engagement des Israéliens dans son perpétuel combat contre le chiisme. Nous ne dirons rien des pays spectateurs empêtrés dans des problèmes internes quasi-insurmontables qui les raient de la carte : Syrie, Liban et Irak.

Voilà donc la photographie d'altitude de la région au moment. On ne peut clore l'article sans féliciter Jared Kushner et l'Administration de son beau-père pour avoir mis au jour l'Accord dit d'Abraham ; ni évoquer le destin promis à Gaza par les riches arabes après le retrait de Tsahal et des colonies juives, pas moins qu'un petit Dubaï sur Méditerranée ! avant que le Hamas ne capture le pouvoir pour en faire un ghetto intégriste et un foyer terroriste poursuivant la chimère d'une destruction d'Israël avec des bombes humaines et des cerfs-volants ! « La Palestine n'est pas à vendre » déclarent l'OLP et le Hamas qui ne vivent que de la charité fraternelle et de l'aide onusienne. Faudrait-il encore qu'elle ait quelque valeur ! Finalement les peuples sont toujours les cocus de l'histoire et de ses démagogues.

lundi 10 août 2020

Don Juan Carlos au pays de l'Or noir


Dans l'affaire Juan Carlos, il y a les interprétations, l'accusation et la défense aveugles, et il y a les faits. Deux sont sûrs et posent problème plus qu'on ne le croit à tel point que même en Espagne ces questions ne sont pas réellement creusées pour l'instant après la fuite à Varennes du roi émérite.

Les cent millions de dollars signalés par la Justice suisse sont apparemment des retro-commissions balladuriennes puisqu'il n'est pas imaginable que le roi ait été remercié par les Séouds pour avoir pousser à la roue du TGV séoudien. Normalement ce devait être l'inverse. La question est donc : que récompensait la monarchie séoudienne avec cent millions de dollars à titre personnel et discrets ? D'autant que le roi n'était pas connu pour faire des affaires, même s'il œuvrait régulièrement à la promotion d'accords commerciaux à l'étranger, surtout en Amérique latine (récupération de l'économie argentine) et sur le Machrek arabe (Maroc, Algérie, reconnaissance d'Israël très tardive en 1986). Alors j'émets l'hypothèse à vérifier que la maison des Séouds a remercié le roi pour son soutien dans l'ouverture de l'Espagne aux wahhabites dont les imams salariés du Golfe prêchent dans des mosquées financées par les pétro-monarchies, sans parler des salles de prières salafistes éparpillées un peu partout où l'on éduque les paumés aux rites médiévaux. Le retour de l'islam en Espagne date de l'époque franquiste quand des accords formels ont été passés avec la communauté musulmane résidente dans les années 60, pour croître ensuite sous Juan-Carlos Ier qui vit s'édifier de magnifiques mosquées, à Madrid et sur l'ancien territoire d'Al-Andalous, toutes financées de l'étranger. Cf. la Wikipedia des mosquées espagnoles. Disons en passant que leur architecture est soignée pour être raccord avec les splendeurs architecturales du califat historique, et que toutes ont érigé un minaret de grande hauteur. Ajoutons aussi que la Commission islamique espagnole serait entre les mains des Frères musulmans par procuration ; mais on ne prête qu'aux riches.

Mosquée King Abdul Aziz al Saud de Marbella


Le second fait est l'atterrissage du roi émérite à Abou Dhabi et déjà son refus d'en bouger. S'il est sûr qu'aujourd'hui pour cent millions t'as plus rien, cela n'empêche pas d'avoir un mandat d'amener international exécutable dans la plupart des pays prétendument démocratiques. L'Amérique latine, un temps pressentie - la presse allait donner le numéro de la rue où Juan-Carlos se cachait en République dominicaine - l'Amérique latine donc était-elle à l'abri d'une procédure ? Les choses changent à chaque élection/révolution et le bain culturel ne compense pas l'angoisse d'Interpol. Par contre les pétro-monarchies du Golfe persique mettent à l'abri leurs riches amis sans qu'ils n'aient plus rien à craindre.

Ce billet ne tient aucun compte des spéculations sur la mésentente des familles au palais de la Zarzuela, sur l'accord tacite ou explicite du président du gouvernement, pas plus que des affirmations de Corinna Larsen zu Sayn-Wittgenstein (atchoum), amie de cœur du vieux paillard et mère de toutes les salopes à soixante briques la passe (c'est exagéré).


Si Don Juan Carlos s'est fait entôler par une croqueuse de diamants, on peut attendre la suite le sourire aux lèvres. Si les cent millions séoudiens rémunèrent l'accès des idéologues wahhabites à la communauté musulmane espagnole, c'est autrement plus grave, à la fois moralement en pays chrétien, mais surtout à gérer par la Fiscalia de Madrid ! Ça ne fait peut-être que commencer quand la Casa Real a pu croire un moment que l'exil étouffait les développements dangereux pour le couple titulaire actuel. Mais ce n'est pas gagné si l'on sait qu'un Centro de Investigaciones Sociológicas a fait un sondage en mai 2020, avant donc la fuite à Varennes. La république l'emportait de justesse à 51% mais la monarchie n'arrivait pas à convaincre plus de 34% des sondés (source HispanTV). On était en mai ! On imagine aisément que la fracture s'est creusée depuis la nouvelle de l'exil rocambolesque à Abou Dhabi. Aujourd'hui 55% des Espagnols voudraient qu'un référendum tranche la question du régime et 35% jugent que la monarchie pose problème (source N&R). Il faut que 2/3 du parlement espagnol approuvent le lancement d'un référendum ; reste à calculer finement de qui serait constitué le tiers réfractaire et bloquant. Mais l'appétit de nouvelles prébendes républicaines peut faire basculer les indécis au motif de "faire trancher le peuple" pour encaisser les bénéfices bourgeois. Nous terminerons par une motion de soutien au roi Felipe VI et sa charmante reine qui se donnent à fond depuis le début de leur règne pour perpétuer la monarchie de Bourbon en Espagne, dynastie régulièrement exilée depuis Carlos IV. Vive le roi !


L'Alhambra de Grenade et la Sierra Nevada au fond

jeudi 13 février 2020

Du racisme et des femmes

Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément (Boileau)
Avec les mots de tous les jours voici dix minutes féministes de Solveig Mineo qui démonte la violence raciste de la rue dans un discours linéaire sans raté, hésitation ou retenue, cash ! ce qu'on appelle une performance. On a compris qu'elle défend avec talent sa communauté occidentale, la nôtre. Elle mérite nos encouragements et un suivi.

- Cliquez sur l'image pour accéder à la vidéo -

La belle a une station radio, AllôChaton, un studio vidéos et un site de combat d'excellente tenue qui vaut le détour : BELLICA.
Courez-y, c'est mieux que pas mal !

mardi 14 janvier 2020

À chacun sa m...

Le premier djihadiste français de l'Etat islamique en Irak et au Levant est sorti hier lundi de prison après avoir fait son temps. Sans doute, comme Gilles le Guen capturé à Tombouctou et libéré pour bonne conduite l'an dernier, le dit Abdel Fattah (Flavien Moreau de Nantes) sera-t-il astreint à un pointage quotidien au commissariat du quartier, surveillé et soumis à d'autres mesures que nous ignorons. Une vingtaine vont le suivre cette année.
Au même moment, le Garde des Sceaux Belloubet se déclare favorable au retour des enfants regroupés dans les camps du Levant et au rapatriement des assassins-combattants qui ne peuvent pas être jugés en Irak pour d'évidentes raisons de sous-capacités du système judiciaire irakien. Les veuves noires feraient partie du lot.

Puisqu'en cherchant un peu, on trouve tout sur Internet, ce billet limite son ambition à réfléchir sur un dilemme majeur de notre époque et laisse chiffres et détails à la navigation de chacun. Disons simplement qu'on parle en centaines d'individus. Tant le président Erdogan que le président Trump demandent aux nations européennes de récupérer leurs ressortissants pour l'instant parqués dans divers camps (kurdes souvent) afin de garantir qu'ils ne s'évaporent pas un jour vers les zones de conflits à la faveur d'un aléa de la guerre au califat, et pour soulager l'ordinaire et le sanitaire des communautés qui les détiennent. La démarche se résume fort bien par l'expression triviale : "A chacun sa merde !" Les Européens - sauf les Danois qui les groupent dans une sorte de château d'If - sont très embarrassés parce que leurs systèmes judiciaires sont débilités par des décennies de "compréhension" à l'endroit des coupables en voie de repentir. Même si les condamnés ayant purgé leur peine restent normalement sous contrôle, sauf quand ils vont égorger le Père Hamel à St Etienne du Rouvray, nulle assurance n'est donnée quant à leur "conversion", leur retournement, leur normalisation. Les souvenirs des atrocités auxquelles ils ont assisté ou participé sont imprimés au fond de l'âme et rien n'indique que le plaisir qu'ils prirent jadis ne ressurgisse pas demain au moins en intentions. On en vient vite à la question de la peine de mort : c'est la seule police d'assurance et la moins chère en primes. Qui soutiendrait, et sur la base de quoi, que le peuple français broncherait à la liquidation de djihadistes ayant perpétré des crimes de sang dans toute l'horreur que l'EIIL nous a montré complaisamment dans ses reportages de propagande ? Une seule photo suffira, celle des Coptes égyptiens égorgés pour leur foi en Libye, mais il y en a de bien plus atroces que nous ne publierons pas pour éviter d'être accusé de racolage.


Une nation saine aurait déjà rapatrié ses ressortissants qui lui avaient déclaré la guerre. Mais la France n'en est plus une. Entre les débats byzantins sur la déchéance de nationalité, l'application tatillonne des jurisprudences quand le code ne suffit plus, le confort de l'incarcération sur instruction, les circonstances toujours atténuantes, les remises de peine, le pays est exposé comme jamais il ne le fut depuis l'armistice de juin 40. Qui a compris ça :

Nous avons en France une masse importante de musulmans radicalisés au seuil du terrorisme (FSRPRT): on parle de presque vingt mille ! Rapatrier les djihadistes de l'EIIL c'est à terme incorporer leurs chefs dans l'armée future du califat. Ce ne sont pas des caïds de cité qui rentreront mais des "cadres" ayant combattu dans les pires conditions et rescapés de durs combats où tombèrent des milliers de leurs camarades. Sans parler du prestige qu'auront ces détenus auréolés de gloire dans nos prisons françaises, on n'imagine pas l'influence des libérés sur parole dans cinq ou dix ans sur leurs communautés d'origine ! Et c'est bien là la faute majeure de ces gouvernements de danseuses qui ne savent pas trancher au col. Nous formons inconsciemment l'armée islamiste de l'intérieur. Espérons seulement que les bonnes âmes y passeront les premières.

Que faire d'autre sinon qu'une révolution ? Ce n'est pas la peine d'attaquer Mme Belloubet ; c'est la classe politique qui est rongée par l'affaissement moral de notre société, à moins que l'Etat profond qui est raisonnablement "tueur" ne prenne le dessus sur les intermittents de la Bêtise.

samedi 21 décembre 2019

Académie spéciale franco-ivoirienne

L'Académie internationale de lutte contre le terroriste de Jacqueville (AILCT) est une excellente idée d'Emmanuel Macron. Créditons son bilan. L'idée sera un réel succès si elle capte des financements européens massifs. Vu la frilosité pacifiste de nos voisins, peu distraits de leurs occupations quotidiennes par la montée du califat sahélien, il sera plus facile de les convoquer au tour de table pour une entreprise académique que de les chausser de rangers pour courir après les freux. Radio France internationale fait un billet signalant cet initiative. Nous le reproduisons ici avec leur aimable autorisation :



Pour connaître les missions de l'Académie, une page de promotion rédigée par l'ambassade de France en Abidjan vous dira tout ce que vous vouliez savoir sans jamais oser le demander : cliquez ici !. Jacqueville est aussi une station océanique courtisée à soixante kilomètres d'Abidjan. Un stage à l'académie vous fera des relations et des souvenirs.

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