La petite maison de couture Al Haya Paris réinvente l'abaya et le kimono pour ses clientes du Golfe. En arabe, "al haya" veut dire la pudeur, et son premier défilé à Dubaï en 2021 mérite qu'on s'y attarde. Les modèles sont très chics, parfois suggestifs, les mannequins plus en chair que les arincades de l'agence Elite. Jugez-en :
Qui parle le mieux de cette aventure innovante d'une jeune créatrice de mode ? Le site d'entraide musulmane Go Muslim bien sûr, dans un long article illustré qu'on lira ici.
Entretemps, le fougueux ministre de la Fabrique du Crétin a décidé d'interdire la modest fashion islamique dans les classes, ce qui a levé la tempête de la rentrée, tempête bienvenue si elle efface tous les dysfonctionnements de l'institution laïque et républicaine. Trois mille profs manquent ; le métier dégoutte, personne au Capes ; deux centaines d'écoles ont brûlé parce qu'on n'a pas voulu tirer à balles caoutchouc dans le tas des incendiaires ; le programme scolaire est toujours capable de nous faire descendre l'échelle de Shanghaï ; le niveau du crétin est le plus mauvais d'Europe. Ah si, on a une deuxième grenade fumigène pour cacher la misère, l'uniforme ! On ira jusqu'à la Toussaint avec ça.
Au risque de déplaire - mais la lecture de ce blogue est gratuite et sans cookies - le Piéton du roi n'a rien à carrer de la vêture des écolières et lycéennes, quand bien même celle-ci marquerait l'appartenance à une religion quelconque, car aucune d'entre elles n'est méprisable, sauf l'Ordre du Temple solaire, tant qu'elle élève l'esprit. Les laïcards à éclipse - ils le sont moins en période électorale - hurlent au prosélytisme parce qu'il occulte le leur. Faite de lâchetés et dépravations au motif d'une liberté totale de chacun, la promotion d'un modèle social woke et équivoque se heurte au contre-pouvoir de la raison exprimée, timidement par la morale chrétienne, et avec une certaine arrogance par la charia islamique. Les bouddhistes ne sont pas mal non plus mais ils ne communiquent pas, se contentant de se laisser voir en robe safran, le visage pénétré de bonheur.
Ainsi peu me chaut le voile, le fichu, l'abaya du Golfe, le hijab ou le caftan marocain si l'élève est studieuse, ce qui ne va pas forcément avec. Passons maintenant au prosélytisme. La manifestation publique de cette appartenance musulmane ne convoque rien moins que les six piliers de la religion et les cinq devoirs du fidèle (clic clac) si tant est que les filles soient pieuses, ce qui n'est pas sûr non plus. Sinon c'est une marque identitaire qui vise à se distinguer de la morale sociale majoritaire, réputée permissive, un poil décadente. Et contre une démarche de pudeur et pureté affirmée ou simplement mise en scène, il va avoir du mal notre fringant ministre de la jaquette. D'autant que la fashion musulmane est devenue déjà une puissante industrie de la confection et qu'elle va défendre ses intérêts économiques par un lobbying adapté.
En fait, c'est la dérive de l'institution nationale de l'instruction à l'éducation qui crée ces bouffées de contestation chez des communautés qui estiment suffisant qu'on les instruise sans vouloir en plus régler leurs mœurs. De quel droit osons-nous régler les mœurs d'autrui ? Pour obtenir une société caporalisée où aucune tête ne dépasserait ? Cette "petite union soviétique qui a réussi" (comme disait Váçlav Havel) a-t-elle encore le projet d'un homme nouveau, le sursapiens qui éradiquerait le dernier des Mohicans et autres Néandertals ? Toute religion est perçue comme l'ennemi de la religion laïque embrassant des valeurs faisandées réputées républicaines, quand cet amalgame est pure fiction pour ne pas dire fabrication. Contrairement aux proclamations libérales des pouvoirs publics, l'application de la loi réprime la manifestation des religions, et je ne vois pas en quoi le milieu scolaire devrait être exempt de cette diversité de clientèle que de toute façon l'espace public ne peut pas confiner.
L'islamisation de la France ? Si tant est qu'elle puisse progresser plus vite que la désislamisation des familles - ils affrontent la même désertion que les églises chrétiennes - l'islamisation-marotte ne va pas passer par l'école, mais par l'économie du quotidien. Au temps des jeux vidéos et du smartphone, il faudrait un incroyable aggiornamento pour que les rites médiévaux du 7è siècle achèvent de faire la loi dans la jeunesse. Par contre les rites et produits orientaux vont se développer avec le ressac du petit commerce traditionnel et l'abandon des emplois salissants par les résidents premiers. On ne peut cacher non plus que l'affichage islamique importe des problématiques confinant au séparatisme, et c'est là que s'ouvre le champ de la réaction. La France et l'Angleterre sont les pays européens les plus "aimables" avec l'islam, ayant depuis longtemps cultivé (ou imposé) des relations spéciales aux pays du Croissant vert. Tout a commencé ici avec les vaillants Turcos de l'infanterie du Second Empire puis quand on incorpora des troupes coloniales en quantité jusqu'à la fin des années 50. Ce n'est pas d'hier matin et la Grande Mosquée de Paris est là pour nous le rappeler. Mais les funestes conneries des accords Sykes-Picot ont ouvert la voie rentrante de tous les méfaits du Proche Orient, à commencer par la querelle palestinienne. Certes nous pourrions réagir administrativement en ne faisant pas droit aux revendications identitaires exogènes sans le motiver d'ailleurs, mais le Quai d'Orsay est réputé pour cultiver un certain tropisme arabe, et en dehors de notre sphère naturelle d'ingérence, nous nous sommes mis à la colle avec des pays du Golfe jusqu'à leur proposer des accords de défense automatique très loin de nos bases. Heureusement pour nous, les riverains du Golfe persique sont en train de se raccommoder, nous évitant ce faisant de déployer notre insuffisance. Il en a découlé que les intérêts émiratis et séoudiens sont très importants en France tant dans l'industrie que dans les services et le foncier. Il n'est pas sûr que le freinage précité comme la stigmatisation de la modest fashion arabe dans nos établissements scolaires leur plaisent beaucoup, certainement parce qu'elle leur est déjà incompréhensible, comme d'ailleurs pour beaucoup de pays occidentaux.
Ce pays, sans boussole stratégique et sans projet, a l'art de se créer des complications. L'uniforme, comme dans beaucoup de pays tiers, serait sans doute une réponse adaptée pour calmer le jeu, mais voila que déjà notre président veut en même temps en diminuer l'effet et la portée, on se demande encore pourquoi. Aurait-il peur finalement ? Nous ne sortirons jamais des ronces avec des gens pareils.
Encore quatre ans !
Qui parle le mieux de cette aventure innovante d'une jeune créatrice de mode ? Le site d'entraide musulmane Go Muslim bien sûr, dans un long article illustré qu'on lira ici.
Entretemps, le fougueux ministre de la Fabrique du Crétin a décidé d'interdire la modest fashion islamique dans les classes, ce qui a levé la tempête de la rentrée, tempête bienvenue si elle efface tous les dysfonctionnements de l'institution laïque et républicaine. Trois mille profs manquent ; le métier dégoutte, personne au Capes ; deux centaines d'écoles ont brûlé parce qu'on n'a pas voulu tirer à balles caoutchouc dans le tas des incendiaires ; le programme scolaire est toujours capable de nous faire descendre l'échelle de Shanghaï ; le niveau du crétin est le plus mauvais d'Europe. Ah si, on a une deuxième grenade fumigène pour cacher la misère, l'uniforme ! On ira jusqu'à la Toussaint avec ça.
Au risque de déplaire - mais la lecture de ce blogue est gratuite et sans cookies - le Piéton du roi n'a rien à carrer de la vêture des écolières et lycéennes, quand bien même celle-ci marquerait l'appartenance à une religion quelconque, car aucune d'entre elles n'est méprisable, sauf l'Ordre du Temple solaire, tant qu'elle élève l'esprit. Les laïcards à éclipse - ils le sont moins en période électorale - hurlent au prosélytisme parce qu'il occulte le leur. Faite de lâchetés et dépravations au motif d'une liberté totale de chacun, la promotion d'un modèle social woke et équivoque se heurte au contre-pouvoir de la raison exprimée, timidement par la morale chrétienne, et avec une certaine arrogance par la charia islamique. Les bouddhistes ne sont pas mal non plus mais ils ne communiquent pas, se contentant de se laisser voir en robe safran, le visage pénétré de bonheur.
Ainsi peu me chaut le voile, le fichu, l'abaya du Golfe, le hijab ou le caftan marocain si l'élève est studieuse, ce qui ne va pas forcément avec. Passons maintenant au prosélytisme. La manifestation publique de cette appartenance musulmane ne convoque rien moins que les six piliers de la religion et les cinq devoirs du fidèle (clic clac) si tant est que les filles soient pieuses, ce qui n'est pas sûr non plus. Sinon c'est une marque identitaire qui vise à se distinguer de la morale sociale majoritaire, réputée permissive, un poil décadente. Et contre une démarche de pudeur et pureté affirmée ou simplement mise en scène, il va avoir du mal notre fringant ministre de la jaquette. D'autant que la fashion musulmane est devenue déjà une puissante industrie de la confection et qu'elle va défendre ses intérêts économiques par un lobbying adapté.
En fait, c'est la dérive de l'institution nationale de l'instruction à l'éducation qui crée ces bouffées de contestation chez des communautés qui estiment suffisant qu'on les instruise sans vouloir en plus régler leurs mœurs. De quel droit osons-nous régler les mœurs d'autrui ? Pour obtenir une société caporalisée où aucune tête ne dépasserait ? Cette "petite union soviétique qui a réussi" (comme disait Váçlav Havel) a-t-elle encore le projet d'un homme nouveau, le sursapiens qui éradiquerait le dernier des Mohicans et autres Néandertals ? Toute religion est perçue comme l'ennemi de la religion laïque embrassant des valeurs faisandées réputées républicaines, quand cet amalgame est pure fiction pour ne pas dire fabrication. Contrairement aux proclamations libérales des pouvoirs publics, l'application de la loi réprime la manifestation des religions, et je ne vois pas en quoi le milieu scolaire devrait être exempt de cette diversité de clientèle que de toute façon l'espace public ne peut pas confiner.
L'islamisation de la France ? Si tant est qu'elle puisse progresser plus vite que la désislamisation des familles - ils affrontent la même désertion que les églises chrétiennes - l'islamisation-marotte ne va pas passer par l'école, mais par l'économie du quotidien. Au temps des jeux vidéos et du smartphone, il faudrait un incroyable aggiornamento pour que les rites médiévaux du 7è siècle achèvent de faire la loi dans la jeunesse. Par contre les rites et produits orientaux vont se développer avec le ressac du petit commerce traditionnel et l'abandon des emplois salissants par les résidents premiers. On ne peut cacher non plus que l'affichage islamique importe des problématiques confinant au séparatisme, et c'est là que s'ouvre le champ de la réaction. La France et l'Angleterre sont les pays européens les plus "aimables" avec l'islam, ayant depuis longtemps cultivé (ou imposé) des relations spéciales aux pays du Croissant vert. Tout a commencé ici avec les vaillants Turcos de l'infanterie du Second Empire puis quand on incorpora des troupes coloniales en quantité jusqu'à la fin des années 50. Ce n'est pas d'hier matin et la Grande Mosquée de Paris est là pour nous le rappeler. Mais les funestes conneries des accords Sykes-Picot ont ouvert la voie rentrante de tous les méfaits du Proche Orient, à commencer par la querelle palestinienne. Certes nous pourrions réagir administrativement en ne faisant pas droit aux revendications identitaires exogènes sans le motiver d'ailleurs, mais le Quai d'Orsay est réputé pour cultiver un certain tropisme arabe, et en dehors de notre sphère naturelle d'ingérence, nous nous sommes mis à la colle avec des pays du Golfe jusqu'à leur proposer des accords de défense automatique très loin de nos bases. Heureusement pour nous, les riverains du Golfe persique sont en train de se raccommoder, nous évitant ce faisant de déployer notre insuffisance. Il en a découlé que les intérêts émiratis et séoudiens sont très importants en France tant dans l'industrie que dans les services et le foncier. Il n'est pas sûr que le freinage précité comme la stigmatisation de la modest fashion arabe dans nos établissements scolaires leur plaisent beaucoup, certainement parce qu'elle leur est déjà incompréhensible, comme d'ailleurs pour beaucoup de pays occidentaux.
Ce pays, sans boussole stratégique et sans projet, a l'art de se créer des complications. L'uniforme, comme dans beaucoup de pays tiers, serait sans doute une réponse adaptée pour calmer le jeu, mais voila que déjà notre président veut en même temps en diminuer l'effet et la portée, on se demande encore pourquoi. Aurait-il peur finalement ? Nous ne sortirons jamais des ronces avec des gens pareils.
Encore quatre ans !


















