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jeudi 22 novembre 2018

Une Bataille de clowns



Confortée par le succès apparent de sa résistance aux supplications anglaises dans l'affaire du Brexit, la Commission européenne tient tête aux dérives budgétaires italiennes, ce qui en touche une sans faire bouger l'autre au Palais Chigi.

Chacun a bien compris que l'inflexibilité des services de M. Moscovici s'adressait plus aux dirigeants des partis populistes au pouvoir qu'à Giovanni Tria, Ministre de l'économie et des finances, sans étiquette. La France fait pire mais on accepte à Bruxelles l'enfumage de Bercy pour ne pas déplaire au jeune Napoléon Macron qui va sauver la gamelle en mai 2019.

L'affaire ne fait que commencer et on pourrait s'étonner du peu d'anticipation de ces messieurs de la Technocratie alogorithmique qui ne voient pas le génie maléfique dans la lampe à Matteo. La procédure de contrainte va s'enclencher par une punition qui pourrait atteindre 2‰ du produit intérieur brut émergé, ce qui est énorme et n'arrangerait pas les comptes publics. Peut-être énivrés par la mise au pas de l'Espagne, de la Grèce et du Portugal, ces messieurs de l'orthodoxie financière pensent faire plier les "Horrorclowns*" du gouvernement italien mais rien ne sera moins simple. Si Paris a pris sans vergogne fait et cause pour la "punition", deux autres acteurs sont attendus sur ce dossier qui pourrait gonfler dangereusement pour les institutions de Bruxelles, les marchés avec la BCE et le Groupe de Visegrad.
* Der Horrorclown comme le Spiegel appelle Salvini
Les marchés sont complètement froids quant aux motifs des uns et des autres, ils constatent le rapport de forces au moment, ajusté des notes de confiance données par les agences. Le spread entre les bons du Trésor italiens et allemands sera plus efficace pour calmer le jeu que les cris d'orfraie bruxellois.
La Banque centrale européenne quant à elle, détient une montagne de bons italiens par le quantitive easing de Mario Draghi et doit maintenir leur valeur au bilan. Il est donc probable que des facilités seront accordées. A noter que jusqu'ici l'Italie transfère chaque année un solde de contribution européenne de cinq milliards d'euros qui pourrait lui servir si éclate la guerre des bons, au seul motif un peu capillotracté, que c'est Bruxelles qui a énervé les marchés en s'immisçant dans la trajectoire de relance économique de la péninsule.

Le groupe de Visegrad qui (sauf Bratislava) n'est pas dans l'Eurozone, considère la crise d'un œil intéressé, attendant d'en saisir son avantage contre Bruxelles. L'Autriche quitte la présidence tournante à la Noël et va peut-être les rejoindre.

Au vu des certitudes de l'Europe sérieuse et profitant du renfort de la reine des Gitans (c'est nous) la Commission va se draper dans les textes d'autorité et se cabrer, jusqu'à ce que ses éternels débiteurs rallient le gouvernement italien dans son combat du faible au fort. L'affaire sortira alors de l'Eurozone pour ouvrir une crise entre le centre et sa périphérie, exactement comme en France. Arriveront à la fin de la "guerre" les élections européennes pour soumettre la querelle aux souverains princes, les peuples européens.
En l'état des positions actuelles on imagine déjà les résultats dans six mois : raz-de-marée illibéral ! En France, second grand corps malade de l'Eurozone, la ruée des mécontents va exploser le compteur des partis nationalistes. Si tout se passe aussi mal que le génie maléfique de Salvini l'aura décidé, c'est une fronde majoritaire au parlement européen qui va s'agglomérer autour et contre le bloc germanique pour rendre la vie impossible à la Commission. Une carte montre mieux de quoi on parle : les peuples rétifs formeraient un continuum de Gdansk à Vienne et Milan et sans doute rejoints par ceux de la France du Nord et de l'Est.



Sortir de cette crise fondamentale, que l'on ne pourra pas nier plus de six mois, ne peut s'envisager que par une consultation générale des populations sur l'avenir souhaité pour l'Union européenne. En fait, revenir au référendum de 2005 ! Et (c'est une marotte de Royal-Artillerie) poser la vraie question qui guidera tout le reste :
Fédération ou Confédération ?

Pour finir sur un radotage à la Caton-le-Vieux : les pays ayant choisi la fédération fusionneront dans le style de la République fédérale d'Allemagne et rejoindront tous les autres dans la Confédération européenne. C'est trop simple !

vendredi 20 avril 2018

Il y a 150 ans naissait Charles Maurras

Courtoisie des Amis du Chemin de Paradis


Il y a cent cinquante ans aujourd'hui, naissait à Martigues le Rosemary's Baby des ligues morales et juives. Charles Maurras (1868-1952), élève brillant en lettres classiques, allait révolutionner la physique sociale comme il aimait appeler la politique. De son enfance la Wikipedia dit tout. Aussi ferons-nous l'économie de cette évocation en retranscrivant (sans la vingtaine de notes) le premier chapitre de la biographie de l'encyclopédie en ligne (clic pour la lire in extenso) :

En 1868, le 20 avril, naît à Martigues, au n°13 du quai Saint-Sébastien, Charles Marie Photius Maurras, en Provence. Il est le second fils de Jean Aristide Maurras (1811-1874), percepteur, ayant des convictions libérales, et de Marie-Pélagie Garnier (1836-1922), profondément catholique. Ce couple de condition assez modeste se fait apprécier par les aides qu'il prodigue aux plus pauvres. Quelques mois avant la naissance de Charles, ils ont perdu leur premier fils, Romain, âgé de deux ans.
En 1872, la naissance de François Joseph Emile (source) permet d'agrandir la famille. La famille Maurras s'est installée à Martigues au XVIIe siècle ; elle était originaire du pays gavot (Haut Var), au sud de Gréoulx, près de Saint-Julien-le-Montagnier. En 1873, Charles est mis à l'école communale : sa famille est étonnée par sa vivacité, ses dons et sa capacité à réciter l'histoire sainte et l'histoire romaine mais il est réprimandé quand il rapporte du provençal à la maison. Charles Maurras écrira que s'il lui était donné de revivre une période de sa vie, ce serait sa petite enfance. Le 3 janvier 1874, il devient orphelin de père. À six ans, Charles part vivre avec sa mère et son petit frère à Aix-en-Provence. En octobre 1876, Charles entre en classe de huitième au collège catholique, à Aix-en-Provence, rue Lacépède. À la fin de la septième, il obtient onze prix et pendant quatre ans, il remporte le premier prix de latin. En 1879, promu « élève d'honneur », il reçoit le premier prix d'instruction religieuse mais ce n'est pas un élève sage et il a souvent des sautes d'humeur. Malhabile en mathématiques et en anglais, le latin et le grec le ravissent. Au collège, il se lie avec Xavier de Magallon, auquel le lie une passion pour la poésie et Alfred de Musset, puis il s'enthousiasme pour Frédéric Mistral.

À quatorze ans, il est, soudain, atteint de surdité, cela dégrade aussi ses capacités vocales. Désespéré, le jeune Charles voit s'effondrer tous ses projets, dont celui d'entrer à l'École navale comme le père de sa mère. L'abbé Jean-Baptiste Penon, futur évêque de Moulins et premier latiniste et helléniste du diocèse, propose à Mme Maurras d'aider son fils et celui-ci dira que cette offre spontanée fut la grande bénédiction de sa vie. L'abbé Penon donne des cours particuliers au jeune Charles, ce qui lui permet de revenir parfois au collège pour des cours de rhétorique et philosophie. Alors que Maurras est en révolte contre sa surdité, la lecture de Pascal, qu'il assimile au dolorisme, contribue à lui faire perdre la foi. La perte de la foi et sa surdité le désespèrent et le conduisent à une tentative de suicide qui échouera et n'est connue que par des témoignages indirects.

En 1884, il se raccroche progressivement à la vie et est désigné par ses maîtres, avec quelques-uns de ses amis et condisciples, pour donner des conférences organisées au collège du Sacré-Cœur : Charles Maurras y prononce sa première conférence, qui est aussi son premier texte publié, sur saint Thomas d'Aquin étudiant et lecteur de l'Université à Paris. La même année, il est reçu – avec mention – à son premier baccalauréat, en 1884, où il excelle en latin et en grec. Il approfondit alors ses lectures philosophiques, s'intéresse à Hippolyte Taine et Ernest Renan qui, pourtant éloignés des milieux cléricaux, remettent en cause l'héritage révolutionnaire et les vagues d'idéalisme qui ont conduit plusieurs fois la France à la défaite et à la Terreur depuis la Révolution. En 1885, après un échec au second baccalauréat en juillet du fait d'une copie de philosophie jugée trop thomiste, Charles Maurras est admis en novembre de la même année avec la mention Bien : il est reçu premier en sciences et en philosophie. L’abbé Penon incite Charles Maurras à monter à Paris car il souhaite l’introduire dans les revues et journaux qu’il connaît, ce qui amène la famille Maurras à quitter Martigues et à s'installer à Paris le 2 décembre 1885. (source Wikipedia)





Père du "nationalisme intégral" raisonné, l'influence de Charles Maurras sera considérable dans les milieux intellectuels jusque vers les années trente, et le colloque convoqué demain à Marseille par l'Action française (voir l'affiche ci-contre) va dérouler toutes les facettes du personnage. Cette influence sera bridée mais pas éteinte, à travers la condamnation de l'AF par le pape Ratti en 1926, puis le long feu du 6 février 34 et à la fin, par l'enfermement idéologique de Maurras sous le régime de Vichy. Le mouvement royaliste peine encore à se relever de cette période d'entêtement qui n'a pas de plus sérieux motif que celui de la fidélité à son œuvre propre. La terre avait tourné, imperceptiblement pour Maurras, mais de beaucoup pour le reste du monde. L'œuvre de toute une vie ne pouvait être remise en question à l'âge de 75 ans ! D'où bien sûr, la "divine surprise" au lancement de la Révolution Nationale du maréchal Pétain qui reprenait moult mesures de la physique sociale du Martégal.

Ce décalage horaire fut maintenu après-guerre par les repreneurs du journal d'opinion (retitré Aspects de la France), mais celui qui est considéré comme l'héritier, le normalien Pierre Boutang, s'en défiera et cherchera à remettre la roue en marche en faisant évoluer le concept maurrassien. Sa production littéraire de haut niveau sera augmentée de son journal hebdomadaire La Nation française pendant douze années. Boutang est mort en 1998, l'évolution semble s'être arrêtée avec lui. Depuis cette date, on commémore*, on célèbre, analyse, utilise, voire instrumentalise, mais on ne fait pas fructifier le butin ; il n'y a plus beaucoup de créativité chez les continuateurs de l'Action française, comme si le legs était parfait en soi et inattaquable. Il faut dire que plonger dans l'océan Maurras demande des capacités d'endurance intellectuelle qui peuvent dissuader d'en remettre une couche avant d'avoir touché le fond.

*Après le retrait de Maurras du livre des commémorations nationales pour 2018 par la ministre belge de la Culture, dix des douze membres du Haut comité ad hoc ont démissionné.


Que reste-t-il de Charles Maurras dans l'opinion ?

Si le nom de Maurras n'imprime pas chez les gens de la rue, ses idées perdurent dans la société française, détachées de leur créateur. L'antiparlementarisme d'abord, qui a transformé la procédure référendaire en une menace térébrante de l'Exécutif contre les Chambres ; la souveraineté gauloise récupérée par le Front national dans sa version simplifiée ; une diplomatie autarcique excluant les coopérations durables, la France seule, une utopie qui a du succès chez les eurosceptiques de gauche comme de droite.

Curieusement, la monarchie n'est pas spontanément associée à l'œuvre de Charles Maurras. Est-ce pour cette raison que la maison d'Orléans ne délégua personne à ses obsèques bien que l'Action Française l'ait sortie de l'attique aux fleurs séchées en rationalisant une restauration des rois ? L'ingratitude est la marque des peuples forts, disait une autre Charles ; cela s'applique-t-il aux princes incapables de se rétablir par eux-mêmes ? On ne les entend pas beaucoup en cette année de commémoration de l'œuvre d'un homme qui les a hissés sous les feux de la rampe et a consacré sa vie à leur retour sur le trône de France.

A vouloir pousser la rationalisation d'une restauration pratiquée dans les circonstances du moment en mixant intelligemment contraintes socio-politiques, dépendances et liberté de manœuvre de ce pays, on aboutit à un profil de candidature relativement éloigné de celles proposées (assénées ?) aujourd'hui par les maisons princières. Stop ! diront certains ; on ne rappellera pas le roi avec le meilleur marketing du marché mais avec...

Avec quoi ?

En regardant où pointe l'index de la Providence ? En fouillant dans les lois fondamentales du royaume disparu ? En dénonçant les traités de paix internationaux (guerre de succession d'Espagne, Congrès de Vienne...) ? Ça ne va pas le faire, puisqu'on s'y essaie en vain depuis 170 ans et que la société française le refuse. Après une si longue rupture, il n'y a plus de "légitimité" qui tienne. L'histoire classe les rois de France par race, première race, deuxième race etc. parce que le continuum a chaque fois été rompu, même pour un temps relativement court. Alors cent soixante dix ans ou plus de deux siècles jusqu'à l'Ancien régime font un sacré bail !!!

La monarchie rationnelle tient debout sans prétendants, même si un prince de qualité exceptionnelle aiderait à sa promotion. Elle a besoin d'un monarque (roi ou reine) mais pas de cabris qui sautent en criant : le trône, le trône ! Quand la démonstration sera faite de la pertinence d'un retour à la monarchie au XXI° siècle et qu'elle aura été largement explicitée dans la société, le temps sera venu d'incarner le concept : soit par appel de candidatures devant les Chambres en congrès, par le Sénat seul, soit par un coup d'État de l'aristocratie républicaine menacée, ou par un putsch du 2ème Étranger :)

On me dit dans l'oreillette que les prétendants en cour ne feront pas le poids. Assez d'accord ! Ils ne sortiront pas du hamac de la rente dynastique sans peine et ceux qui misent toutes leurs billes sur eux, les perdront ; deux fois ! Les billes et l'estime des princes, qui leur reprocheront à la fin d'avoir troublé pour rien leur quiétude et leur projet de carrière dans les "honneurs" de la République.
[......]






Charles Maurras fut inhumé dans le caveau de famille à Roquevaire (B.du R.) et son cœur dans le jardin de la maison du Chemin de Paradis à Martigues. Une pensée aujourd'hui pour le repos de son âme agitée :

Donne lui, Seigneur, de reposer en paix dans ce tombeau jusqu’au jour où Tu le réveilleras, pour qu’il voie de ses yeux éblouis la lumière qu'il niait, pour les siècles des siècles. Ainsi soit-il.






Amen !




lundi 12 mars 2018

RN - Rassemblement National



Le nouveau nom du parti lepéniste est bien trouvé*. Assez banal pour ne pas braquer l'électeur, assez disant pour obtenir la confirmation des militants. Restera aux cadres communicants du parti de ne pas populariser l'acronyme RN qui reviendrait à la situation antérieure, FN... F'haine etc...

(*) sauf si en Justice il s'avérait que la marque est déjà déposée avec une antériorité certaine.

Si le conditionnement convient, reste à l'emplir. Depuis ce matin, la référence dictée par la nomenklatura frontiste est Donald Trump. Tant Jean Messiha chez Pascal Prod que Sébastien Chenu chez Bourdin (un réel plaisir de voir Bourdin hors de lui quand le député lui résiste) ont célébré la victoire populaire du magnat Newyorkais un peu ballot, reconverti en Tea Partisan cheveux au vent. Sauf que l'expérience américaine n'est pas répétible en France, comme nous l'avons déjà dit dans un billet récent, à moins de faire surgir des profondeurs du génie français le leader charismatique indiscuté qui emportera toutes les réticences. Je ne le vois pas au moment mais nous en avons pleins les cimetières.

Juste une remarque sur cette brève de comptoir : si le "programme" du Rassemblement National est décalqué sur celui de Trump, programme fondé par Steve Bannon dont la culture maurrassienne n'a pas survécu aux "dix-huit-trous", c'est indiscutablement Marion Maréchal-Le Pen qui devrait avoir le rôle, car elle est la plus proche de la dialectique conservatrice d'un Ted Cruz, par exemple, même s'il y a des nuances chez elle dans les détails, malheureusement aussi des simplifications hâtives quand la problématique se complexifie.

Avec ou sans Marion, c'est le vrai défi lancé au nouveau parti : sortir de l'approche binaire et entrer dans les complications.

Steve Bannon


lundi 5 mars 2018

En vue du 16è congrès du Front national

Le Pen II
Dans six jours se tiendra à Lille le XVIè congrès du Front national sous le régime de la démocratie d'opinion, les adhérents à jour de cotisation ayant reçu un questionnaire en quatre-vingt points pour éclairer le Bureau politique sur ce qu'il doit "penser"! Vingt-sept mille auraient déjà répondu. Mais la grosse affaire qui mettra tout le reste dans l'ombre est le changement de nom du parti. Ignorant la maxime de la cavalerie (à faire une connerie, faites-la vite !) l'état-major frontiste va diluer cette transition dans le temps par un vote postal qui devrait donner son résultat bien après le congrès, ouvrant ainsi une période de sarcasmes médiatiques contre les nationalistes.
Deux absences à prévoir à Lille : le fondateur, Jean-Marie Le Pen semble fatigué de ces joutes familiales, et la refondatrice, Marion Maréchal-Le Pen qui ne peut devenir le recours qu'après le retrait de sa tante, agrippée à un truc qui la dépasse. Les défis complexes exigent des solutions complexes et jusqu'ici tant Marine Le Pen que son défunt féal Philippot n'ont joué que sur deux trous de la flûte, frexit et nouveau franc.

Du discours de Marion Maréchal-Le Pen au Gaylord Convention Center de National Harbor (clic) je ne retrancherais rien si quelqu'un cherchait mon approbation. Il faut dire aussi qu'il est assez simpliste et adapté à son auditoire "chapeaux pointus et croix en feu" ! Mais comparer la France et les Etats-Unis est une figure de style pour cueillir des applaudissements dans ce genre d'enceintes, parce qu'il n'y a rien à comparer sauf ? la prétention à l'universalité de chaque modèle, respectivement, droits de l'homme chez nous, american way of life chez eux.

Si les Etats-Unis peuvent agiter un certain unilatéralisme - mais le maurrassien Steve Bannon n'a pu tenir son créneau au rempart de l'Union - l'état de la France lui interdit d'y penser même en songe. Nous allons parler de ça pour alimenter peut-être des débats de faisabilité qui interviendront à Lille dimanche prochain puisque le débriefing de la campagne présidentielle tourne autour de la question des possibles.

S'il existe des pays souverains, il n'existe plus de pays indépendant. Même le royaume érémitique de Corée du Nord peut mourir du tarissement de ses dépendances. Vouloir revenir à l'Europe des nations du traité de Westphalie est une chose (à bien périmétrer quand même) ; déclarer son indépendance de toute alliance, attache, supranationalité en est une autre.

Le Pen III
Il est toujours possible de retrouver plus d'indépendance dans le concert des nations - la Grande-Bretagne s'essaie à le prouver - mais il est un présupposé incontournable : la santé économique et financière pour se délivrer des agences de notation, des enceintes internationales de pouvoir et des fonds de pensions américains. La sagesse des nations, invoquée à droite quand ça nous arrange, a souvent les bons réflexes. Prenons l'exemple des GIPSIes : parmi les peuples des cinq nations gitanes qui ont été mises sous tutelle du FMI après le krach Lehman Brothers (Grèce, Italie, Portugal, Espagne, Irlande), il ne s'en est trouvé aucun pour réclamer l'abandon de la monnaie commune, encore moins le départ de l'Union européenne. Ils n'avaient aucune confiance dans les capacités de leur pays à survivre seul, et sans doute moins encore dans leurs dirigeants présents ou attendus.
Les cinq pays avaient leur pronostic vital engagé et l'opinion générale prévalut chez eux que c'était le plus mauvais moment pour renverser les alliances. La France de 2018 est dans ce cas, après deux quinquennats dispendieux, plombée par des déficits structurels (les pires) qui semblent impossibles à résorber sur une seule génération. Sans parler de la dette écrasante dont le service à petit prix dévore chaque année l'équivalent du budget de l'Education nationale. On n'ose pas imaginer une hausse des taux d'emprunt sur le marché des dettes ; un pour cent seulement et c'est le budget de la Justice qui est avalé par les gnomes de Zurich ! Donc messieurs du Front, réparez le pays avant de le détacher.

Si la France retrouvait un jour les instruments de sa souveraineté, cela signalerait aux générations futures qu'elle a guéri, et sans doute aussi qu'elle a éradiqué sa classe politique de pourrisseurs. Le chemin sera long car, si le pays est malade dans ses systèmes économiques et sociaux, il l'est d'abord dans les mentalités. C'est l'avachissement mental et moral qui doit être combattu en priorité car il détermine à lui-seul les capacités de redressement. Nul à droite ne veut prendre en compte la veulerie qui plombe tous les programmes de redressement puisque le logiciel nationaliste est construit par et pour un peuple de souche hors du commun, premier au monde, vaillant et résilient, mais affadi par le métissage et la captation de ses intérêts par les métèques. En réalité ce peuple n'a pas fait mieux que ses voisins à l'époque moderne et on lui raconte des histoires.

Bref, quand les comptes seront rétablis pour montrer aux autres que nous savons aussi faire ce qu'ils ont réussi avant nous, viendra le jour de se poser la question de rétablir notre souveraineté. Pas avant, et en sachant que le meilleur aboutissement d'une souveraineté formelle est dans l'optimisation des dépendances stratégiques. Si un parti parvenu au pouvoir aujourd'hui s'avisait de rétablir sa souveraineté formelle par décret, il se syrizerait dans le mois-même de la décision.

Le temps de la "France seule" est terminé depuis cent ans, 1917 exactement ! La "France avec" a succédé à la "France seule". "Avec" veut dire réfléchir sur nous en pensant aux autres, nos voisins et partenaires, à leurs réactions, aux interactions quand nous phosphorons sur notre avenir. C'est ce qu'a apporté la communauté européenne au début, une approche collaborative. Les institutions ont dérivé depuis lors vers une fédération à l'américaine dont on aperçoit les limites maintenant, les intérêts nationaux ne convergent plus, qui pis est, les soucis et les peurs géostratégiques divergent. L'Europe centrale marquée par quarante-cinq ans d'occupation soviétique a son agenda propre, les Baltes et les Scandinaves sont sur le qui-vive à cause de l'irrédentisme russe, les Balkans font du lard et ne servent à rien. Le projet européen est stoppé sur son erre !

Le Pen Ier
Profitons-en ! Cette nation a besoin d'un projet. Que voulons-nous de nous ? Que voulons-nous des autres ? Nos atouts présents et futurs, nos libertés de base, les contraintes que nous acceptons, nos refus irréfragables. Quand le projet sera prêt, il faudra diriger les hommes dans les domaines essentiels à son accomplissement. Qu'on ne mélange pas tout, à ce stade, il n'est pas l'heure d'ouvrir les questions sociétales qui viendront plus tard, ou jamais si l'Etat se retire dans son périmètre régalien. Justement, il faudra redéfinir l'Etat et son champ d'exercice, le domaine public structurant hors-Etat (éducation, transports), les domaines économiques prépondérants, le champ des libertés basses, in fine la respiration générale de la société. Une fois apaisée, nous laisserons évoluer ses mœurs. Je doute que le Front national nouveau soit capable intellectuellement de construire pareil projet.
A défaut de capacités ad hoc, ce n'est pas prêcher pour ma paroisse que de proposer la remise des clés du domaine régalien à un monarque qui réglera tout ça en ses conseils, à l'abri du désordre démocratique. Tout le reste sera abandonné au génie natif de ce peuple créatif et intelligent en diable, qui, si mal gouverné, survit par la débrouille et le marché noir quand on l'y pousse. "L'autorité en haut, les libertés en bas".

Pour retrouver la latitude nécessaire au déroulement du projet, il nous faudra réorganiser nos dépendances européennes et revoir les applications du principe d'attribution/subsidiarité depuis l'intérieur du Leviathan, et pour ce faire, se renforcer dans les instances communautaires. La Grande Bretagne a décidé de faire l'inverse jusqu'à se rendre compte qu'il était impossible de réorganiser ses dépendances de l'extérieur. Le Brexit la met au pied d'un mur lisse ! Soyons plus malins.

Reste pour un autre article la question brûlante de la mutation du peuple en peuples, la cohue démographique en Europe, le communautarisme, l'érosion des valeurs anciennes. C'est un autre sujet... un préalable indépendant du sujet traité aujourd'hui. Il faut prendre à bras-le-corps la question migratoire à l'aune de nos intérêts et cesser de se la jouer recteur universel des droits de l'homme sans devoirs. Ce sont les vieilles terres d'empire, habituées au malaxage des peuples, qui vont nous ouvrir les yeux en bloquant la dérive immigrationniste à Bruxelles même. La revanche de Charles-Quint ?




Postscriptum : Pour préparer le XVIè Congrès on peut aussi lire le long article de James Traub dans Foreign Policy (clic) sur la démocratie illibérale.


vendredi 23 novembre 2012

Le Czar au pied petit

la lippe du tyran ?
A l'occasion du billet sur le rapport OTAN d'Hubert Védrine, a été abordée en commentaires la sympathie d'une frange intellectuelle française pour le pouvoir russe, dans le cadre plus vaste de l'Eurasisme prôné par Alexandre Douguine en Russie et sous couvert d'anti-américanisme par Alain de Benoist chez nous, entre autres. Etait évoquée la théorie de l'encerclement qu'un lecteur a réfutée. Pourtant, les relations que j'ai pu entretenir avec les Russes au zinc des lounges ont souvent fait apparaître leur crainte de voir leur pays menacé, dépossédé de quelque chose. N'ayant pas une impatience particulière pour démontrer l'encerclement, les choses en seraient restées là quand surgit samedi soir sur mon desk Simon Shuster, correspondant de Time Magazine à Moscou. Il est d'accord. Puis à l'inverse lundi dernier, Bertrand Renouvin (NAr) dénonçait l'occidentalisme de Védrine après sa supposée apostasie. Qu'en est-il finalement du nouveau czar de toutes les Russies ?


Dans un speech délivré à la Douma le 12 septembre dernier, Vladimir Poutine argumenta l'encerclement en affirmant que la Russie menait ouvertement bataille contre des pouvoirs étrangers pour les valeurs morales et spirituelles de la nation. Les armes utilisées étaient une propagande bien orchestrée depuis l'extérieur, qui, si elle n'était pas contrée, pouvait conduire le pays au collapsus, à la perte de souveraineté et aux guerres civiles "frères contre frères". C'était à l'occasion du vote de l'amendement soupçonnant tout contact entre un Russe et un étranger d'être une éventuelle trahison. Désolés, chers lecteurs, mais le Kremlin est réellement mû par une paranoïa aggravée. Parce que ses acteurs en vivent, as usual. Les Russes, pas de chance !

Avec un président issu des cadres subalternes du KGB, promu par son avatar démocratique le FSB, et entouré majoritairement de conseillers issus des "organes" (80% sont passés par le KGB, le FSB, le GRU ou le SVR), la Russie a renouée avec la Tcheka de sinistre mémoire, et ce ne sont pas que les opposants au régime qui l'affirment, mais tous ceux qui ont bien voulu dessiller leurs yeux. Carl Bildt, ministre suédois des Affaires étrangères, se dit épié, enregistré partout dès qu'il sort. A tel point que l'audiotape d'une conversation à table avec un opposant, Alexei Navalny, a été passée aux tabloïds russes pour l'enfoncer, dévoilant l'intrusion de l'appareil d'Etat dans une affaire somme toute privée, et signalant aux autres diplomates que les "organes" n'avaient cure qu'on le sache. Tout citoyen de la Fédération de Russie est désormais ouvertement "surveillable" puisque l'amendement est passé à l'unanimité des voix à la Douma le 24 octobre. Alexei Kudrin, ancien ministre des Finances admet que la Russie retourne à ses démons, la répression.
Dormez, je le veux !
Il est jugé par tous que l'expulsion de l'agence USAID, après plus de deux milliards d'euros de dons en vingt ans, est une insulte ad hominem de Poutine à Obama. N'a-t-on pas entendu Poutine dénoncer Hilary Clinton dans le timing du déclenchement des manifestations contre lui pendant la campagne électorale ?
L'ambassadeur américain Michael McFault dit savoir qu'on lit ses emails et qu'on écoute son téléphone puisque les autorités réagissent immédiatement. Un autre leader de l'opposition, Sergei Udaltsov, a pu voir sur son écran télé une réunion de travail avec ses camarades filmée par les services et entendre la voix-off du reportage le soupçonner de monter un attentat ! Et puis c'est un syndicaliste de la patrie des travailleurs, Leonid Razvozzhayev, qui sentant la chaleur de la rafle, s'enfuit à Kiev pour se réfugier dans une agence de l'ONU. Sauvé, croit-il, sort dehors fumer un clop. Enlevé par quatre agents à la barbe des passants puis renaissant trois jours plus tard à la prison de Lefortovo à Moscou tenant sa confession à la main. Il a sauvé sa femme et sa fille d'un passage clouté. Vous connaissez Vladimir Ryzhkov ? Pas moi. Ancien législateur et politicien de métier, il est passé à l'opposition l'hiver dernier. Une réunion avec un autre opposant, Gennady Gudkov, a été filmée dans un café où ils s'étaient donné rendez-vous juste une demi-heure auparavant, preuve qu'ils étaient sur écoute d'une part, et qu'il existe des équipes mobiles prêtes partout à capter des images à la commande. Bien que les interceptions de données soient soumises à la loi en théorie, le système d'écoute baptisé SORM travaille en dehors d'elle, de l'aveu même d'un Lt-colonel du FSB. Ils ont même filmé les valseuses de l'oligarque Alexander Lebedev en train de sauter deux radeuses à l'hôtel Ukraina de Kiev et l'ont diffusé sur Internet ! Il a depuis liquidé toutes ses positions en Russie et est parti loin.


Passons voir PI (Politique internationale) un think-tank tout ce qu'il y a de sérieux. On y appprend qu'une théorie très populaire est celle de l'« eau morte », inventée dans les années 1990 par des militaires. Selon cette théorie, dans l'Antiquité, la civilisation judéo-chrétienne s'est emparée de la Russie par la ruse. La Russie doit se réveiller, rejeter le joug judéo-chrétien et revenir à ses racines païennes. Pour cela, il lui faut utiliser l'« eau morte » (un motif récurrent des contes russes) et se débarrasser du « prêcheur satanique », un centre situé aux États-Unis qui décide de l'avenir de la Russie. Cette vision du monde semble délirante ? Eh bien, figurez-vous que sur Youtube on peut trouver l'enregistrement d'une conférence sur la « conception de l'eau morte » donnée à la très officielle académie du FSB de Saint-Petersbourg ! Pour les officiers de rang inférieur ou moyen, cette théorie explique pourquoi la Russie, entourée d'ennemis, doit résister à toute influence extérieure. Dans la Russie profonde, des théories encore plus saugrenues et plus mystiques ont cours. Parmi les officiers du FSB des rumeurs insistantes affirment que l'ancien patron du Service, Nikolaï Patrouchev, aurait participé à une ascension de l'Elbrouz (le principal sommet du Caucase) en suivant exactement le chemin des détachements SS d'Hitler qui y avaient cherché des connaissances secrètes...


Certains beaux esprits de notre Petite Union soviétique, libres dans leur tête mais fortement intoxiqués par le marxisme organisateur de leur jeunesse, argueront qu'un Etat doit se défendre par tous moyens. Ils ont raison et tort. Ce n'est pas l'Etat que Poutine et ses flics à épaulettes défendent, il n'est d'ailleurs pas attaqué, l'Etat russe est en complète capilotade hors des grandes villes. L'enjeu est un pouvoir pour le plaisir de soumettre autrui à sa loi, quelque choses d'apparenté à une tyrannie. Il n'est pas dès lors surprenant que le Kremlin suive d'un oeil amusé la résistance de Bachar el-Assad au prix de la destruction de villes entières. Ils ont déjà rasé Grosny et n'ont jamais mieux dormi.
Qui veut s'allier avec ces gens ?

samedi 7 janvier 2012

La flat tax hongroise



Quand on a lu l'indispensable billet de Jacques de Guillebon sur le Gengis Kahn nouveau est arrivé (clic clac), il faut parler de la "flat tax" hongroise (que nous traduisons par taux universel unique). C'est une vieille idée de Vauban, ressortie des cageots de l'histoire par les économistes américains qui lisent plus que nous nos bons auteurs. Il faut dire qu'avec l'intelligentzia parisienne qui abonde aux grands foudres de la propagande admissible, nous n'avons point besoin de lire mais seulement d'écouter ! Que disait-donc le Maréchal ? Nous y voilà ! En 1707, l'année où Rákóczi bat les impériaux pour se libérer du joug des Habsbourg - ça foirera quand il voudra libérer les paysans - Sébastien Le Prestre publie un pamphlet fiscal qui fit du bruit, la Dixme royale, projet de taxe universelle, donc n'épargnant personne ni le roi, pour remplacer équitablement le fatras de taxes, impôts et droits hérités du Moyen-Âge grevant principalement le Tiers et croissant en complexité à mesure des réformes de circonstances, ...comme il en va aujourd'hui sous la V° République. Interdit en France, traduit en anglais, l'ouvrage sulfureux fut l'outil des fiscalistes du XVIII° siècle (même chez nous) et l'on a pu dire que Vauban avait inventé l'impôt sur le revenu. Si le roi Louis XIV, qui avait subi un cycle de formation à la dîme royale - 3 soirées de 2 heures et demi chacune chez Mme de Maintenon, dit Vauban -, avait promulgué la réforme contre l'avis du Contrôleur général, le royaume s'achetait un garantie de paix sociale pour longtemps.
Turgot, plus tard, alla aussi sur cette pente de la redistribution fiscale universalisée - augmenter les recettes en baissant les taxes (effet de Laffer), mais la cour de Versailles eut facilement raison de ce provocateur. Et pourtant : « Pendant l'année 1774, il y avait un impôt considérable sur la marée fraîche ; il n'en vint pendant le Carême que 153 chariots. Le ministre dont je vous parle diminua l'impôt de moitié ; et cette année 1775, il en est venu 596 chariots ; donc le roi, sur ce petit objet, a gagné plus du double ; donc le vrai moyen d'améliorer le roi et l'Etat est de diminuer tous les impôts sur la consommation et le vrai moyen de tout perdre est de les augmenter » (Charles Coquelin sur le ministre Turgot).
Le "taux universel unique" n'est pas pour les vieux cons. Il est intéressant de voir qu'en Europe, il a été établi par les pays neufs, j'entends les pays de l'Est émancipés de la doxa soviétique, qu'ils soient ou non dans l'Union européenne. Estonie, Lettonie, Lithuanie, Russie, Slovaquie, Ukraine, Géorgie, Roumanie, Macédoine, Montenegro, Albanie, Tchéquie, Bulgarie sont passés à la taxe unique universelle. « Unique quel que soit le revenu considéré ou la transaction réalisée : sur les salaires, sur les pensions, sur les bénéfices, sur les intérêts, sur les fermages, etc. C’est simple, cela allège les déclarations des contribuables et la tâche des administrations. Surtout cela rend impossible les calculs savants et le temps perdu par les contribuables pour chercher les exemptions, les réductions, les exonérations : le cache-cache fiscal disparaît, et avec lui une grande partie du marché noir et des opérations douteuses.
Les mêmes pays ont refusé le bicamérisme de Westminster pour des raisons de coûts et pour prévenir les dérives parlementaristes. Il y a chez eux plus urgent que de parler des urgences.
« C’est simple, mais ça marche bien.» nous dit Victoria Curzon-Price, professeur à l’Université de Genève. Tout le monde utilise la société dans laquelle il vit. Le pourcentage unique ponctionne en valeur peu le citoyen pauvre, beaucoup le citoyen riche. Le taux universel unique hongrois est à 16%, un taux médian chez les pays de l'Est qui taxent de 10 à 25%. Au départ, le cabinet Orban avait fait une simulation à 12% que la crise eurolandaise emporta. En France, l'Institut des Recherches économiques et fiscales (IREF) calcule notre taux à 15%. Son étude complète est accessible en cliquant ici. Elle mérite le détour puisqu'aucun candidat à la présidentielle n'en parlera. Sud-Fisc est contre :).
C'est simple mais ça marche ! Sans doute est-ce la raison de la levée de boucliers en France, pays légalement à la merci des corporations d'experts retranchés en ordres. Que deviendraient l'armée immense des conseillers fiscaux et toute la bureaucratie associée si tout un chacun pouvait comprendre le code des impôts, comme le citoyen est en droit de l'exiger ? Dans un pays qui protège ses inutilités institutionnelles et politiques au motif de la République intouchable - on sait ce que le piéton pense du parlement pléthorique et de toutes les enceintes de bavardages subventionnées -, dans un pays qui brime pour le sauver tout ce qui ne dépend pas de l'Etat, la réforme fiscale ne peut être qu'une incantation. La classe politique se nourrit de la complication.



Il sera intéressant de jauger la résilience des instances européennes à l'effet hongrois "charbonnier maître chez soi" et quel registre du grand orgue sera joué. Sera-t-il constitutionnel ou hypocrite ? On se souvient de la mise en quarantaine décrétée par Chirac à l'endroit de la coalition ÖVP-FPÖ de 1999 en Autriche. Certains pays avaient mal pris l'imperium moral français hors de saison depuis Waterloo. Déjà, la Référence Humaniste Mondiale, Juppé et Fillon, vient d'interjeter appel auprès de la Commission de Bruxelles pour mettre le gouvernement Orban sur le grill de l'Inquisition revenue. Il est inacceptable qu'on puisse même imaginer que plus personne ne nous écoute. Barroso, sans attendre, avait déjà réagi en invoquant l'esprit des institutions, ce qui ne veut rien dire en droit. A suivre.
On ne peut terminer ce billet hongrois sans citer le titre ravageur de l'article de Slate.fr illustrant la réforme Orban par l'ombre portée du sceptre fameux : "La Hongrie se bordurise". On peut le lire par ici. « Amaïh Viktor !»

L'autre sujet du jour était le sauvetage de la SEAFRANCE.
Huit cent quatrevingt-quatre salariés portés par quatre bateaux à demi-pleins sur un marché saturé de capacités et sans croissance possible tient de la gageure. On comprend que les ouvriers n'y croient pas eux-mêmes, malgré les plans électoralistes de Paris. En plus la compagnie ressemble de plus en plus à la SNCM, à ce qu'on apprend des pratiques syndicales. Il n'y a aucun avenir pour ces fromages parapublics mis en concurrence internationale. Peninsular & Oriental (born 1840) y veille ! De quand leur dernière grève ?

samedi 1 mai 2010

Jehanethon de l'Artilleur (mis à jour)

Le royco-marchant peut dès à présent commencer sa cure de ginseng car le Jehanethon 2010 sera particulièrement chargée cette année à Paris. C'est une affaire de trente-trois heures de rang plus les délais d'approche pour ceux qui ne résident pas intra muros. Autant dire qu'il faudra une résistance de légionnaire kolwézien.

8 mai 13h

Banquet de l'Action Française

9 mai 9h

Gerbes du GAR aux Pyramides

9 mai 9h30

Gerbes RN et FRIF aux Pyramides

9 mai 9h30

Cortège AF de La Madeleine

9 mai 15h

Rassemblement à Saint-Augustin

9 mai 19h30

Banquet des Amitiés Françaises


SAMEDI 8 MAI - 65°VICTOIRE DES ALLIES SUR LE III° REICH
On peut aller le matin à l'Etoile huer le IV° et ses alliés hongrois.

13HEURES AU PERE LOUIS


Banquet des Amis de l'Action Française
organisé par le Centre Royaliste d'Action Française en présence des pontes de l'association et des journalistes de l'AF2000.

affiche bleue banquet AF
Faites votre premier chèque de 35 euros comme indiqué sur l'affiche, aujourd'hui.

Quartier libre vers 18 heures pour la tournée des ducs
HARRY's BAR au Sank Roo Doe Noo jusqu'à minuit
Comptez 40 euros en serrant sur le blue lagoon à quatre pailles pour deux
De minuit à l'aube, ZAMAN CAFE au 49 Rue de Ponthieu.
Papotage avec les footballeurs, consommations entraînées, compter 60 euros pour ne pas faire peigne-cul la fleurdelis à la boutonnière. Les soins personnalisés sont en sus, on peut négocier à partir de 150 dollars si on prend la moche.


DIMANCHE 9 MAI - FETE DE LA PUCELLE D'ORLEANS

Dès 8 HEURES, marché Saint-Honoré, rince-gueule au Fernet-Branca sur le chemin des Pyramides (5€)

9HEURES PILE - PREMIER RASSEMBLEMENT AUX PYRAMIDES
Dépôt de gerbes bannières au vent, au son de la cornemuse écossaise en souvenir de la journée des Harengs (12/2/29).

tract du GAR
Laisser la moitié de soi-même (venir donc accompagné d'une moitié et de son pliant) au pied de la statue équestre des Pyramides pour s'incliner à 9h30 sur les gerbes de la Restauration Nationale et de la Fédération Royaliste d'Ile de France. Oxygénation de l'autre moitié : ne pas traîner pour remonter la rue de Rivoli puis la rue Royale au pas chasseur de 120.

09HEURES20 - RALLYE VERS LA MADELEINE POUR FORMER LE CORTEGE ROYALISTE OFFICIEL D'ACTION FRANCAISE
Ne pas traîner non plus pour éviter de rester dans la manifestation des "Rats Noirs" de la Résistance Nationale (GUD etc...) qui ne démarrera qu'à 10 heures 30 comme indiqué par les occidentés sur les fora.
Dépliez la canne-épée que vous aviez cachée derrière un pilier de l'église la veille au soir, si vous en avez trouvé un.
9HEURES30 - Départ du cortège AF vers les Pyramides, espacement 150, pas boudin à 88.
Se laisser guider, même bourré, je peux le faire.

Arrivée au pied de la statue de sainte Jeanne d'Arc plaquée or.
Récupérer le pliant et vérifier que les fleurs et couronnes de tout à l'heure n'ont pas été piquées par les racailles du 1er arrondissement. Discours convenus, résister à l'envie de s'asseoir sur la canne. Nous étions là, nous sommes là, nous serons là. C'est un marqueur important dans la vie du royco et ça ne mange pas de pain

affiche du CRAF
11HEURES - Quart d'heure convivial annuel. Concours d'épitaphes pour les chers disparus. Bonnes résolutions. A tout à l'heure, à tout à l'heure, à tout à l'heure.
Dispersion puis direction le MacDo.
Double Cheese, Double frite, Coca double !

15HEURES - RALLYE VERS SAINT AUGUSTIN POUR CELEBRER LA DELIVRANCE DU ROYAUME PAR LES CATHOLIQUES EN COLERE

tract civitas



A-t-on prévu de brûler l'union jack avant dispersion pour attirer les caméras de CNN ?
On me dit dans l’oreillette que les vrais drapeaux rosbif à la croix rouge de saint George sont difficiles à trouver à Paris en dehors des matches de rugby.

19HEURES - RETRAITE EN BON ORDRE VERS LA TAVERNE DE MAITRE KANTER


DINER DES AMITIES FRANCAISES DE L'INSTITUT CIVITAS

Apéritif à 19:30

Carte du jour

***

CHOUCROUTE de la brasserie
FAUX FILET béarnaise » purée maison «
TARTIFLETTE au REBLOCHON sur salade verte
RAIE AUX CAPRES beurre noisette

***

CRÈME brulée caramélisée
MOUSSE au chocolat maison
ILE flottante aux amandes caramélisées
TARTE du « moment »

***

Café
Boissons comprises :
- 25 cl Kanterbrau ou 1/2 d'eau minérale ou
- 25 cl de vin de pays ( blanc, rouge ou rosé )

 



Réservation et règlement obligatoires avant le 31 avril minuit, le cachet de la Poste du Louvre faisant foi. Faites votre second chèque de soutien de 25€ – et envoyez-le à CIVITAS, 17 rue des Chasseurs, 95100 Argenteuil

Le comité de parrainage est très fourni :
Jeanne SMITS (Présent), Michel FROMENTOUX (AF2OOO), Jean de VIGUERIE, Jean MADIRAN, Pierre SIDOS, Pierre BERNARD (Alliance Royale), Daniel HAMICHE (Riposte Catholique), Thibaud COUPRY (e-Deo.info), Michel JANVA (Salon Beige), Xavier ARNAUD (Forum Catholique),Yvan BENEDETTI (Droite Ligne), André GANDILLON (Militant)... tous parleront lors du dîner.

Adieux aux armes vers 22 heures
.
Aqua Selzer. Bise au nounours, bonne nuit.



Image hébergée par servimg.com

Coup de lampe de poche :
Cette année, les mouvements nationaux font un effort pour faire masse. Il faut espérer que les princes s'y montreront, si d'ici là le nuage de cendres s’est dispersé.

Une faute d'orthographe, de grammaire, une erreur à signaler ? Contactez le piéton du roi à l'adresse donnée en bas de page et proposez votre correction en indiquant le titre ou l'url du billet incriminé. Si l'article vous a plu ou déplu, vous pouvez le faire suivre à un ami en cliquant sur la petite enveloppe ci-dessous :

vendredi 15 janvier 2010

Royal extrême

affiche FalangeOn ne peut dissimuler que les royalistes aient cultivé dans le passé une certaine proximité avec l'extrême-droite. Sans remonter jusqu'au soutien à la croisade franquiste que dénonçait Georges Bernanos, nous avons jeté des passerelles vers ce bord de l'échiquier politique au moment de l'Algérie française en même temps qu'on attendait Monk (?!). Puis quand nous eûmes enfin "notre" président - il proposera la croix de la Légion d'honneur au comte de Paris qui refusa et la fit donner à sa bonne - nous suivîmes Tixier-Vignancourt chez son héritier, le cyclope républicain qui alors moissonna le blé de l'Observatoire, que nous avions nous-mêmes semé, en obtenant la proportionnelle aux législatives.

Président MitterrandAllez savoir pourquoi le nouveau champion de la "nation française" est allé foutre la tête dans les fours à juifs de Pologne ! Pourquoi est-il allé se pavaner dans les thés dansants de la Waffen-SS en Allemagne ? Qu'avait à faire la France dans ces Courlandes glacées ? Strictement rien de plus que le caprice du satrape. Son républicanisme était dès lors ordinaire et patent.
La décrédibilisation - que solda son meilleur lieutenant, Bruno Mégret, en quittant la Nef des fous¹ avec tous les cadres du parti - entama notre propre crédibilité. Pour moi, Le Pen est un âne du même poil que le colonel de La Rocque. Mais si nous avons pissé ensemble, même sans nous regarder, nous en avons emporté l'odeur.

Aussi les jeunes s'interrogent. Sur le forum de l'Alliance Royale, il en est un qui pose la question habituelle : « Quelle est la différence entre l'Alliance Royale et l'Action Française ? Seriez-vous moins marqués à l'extrême droite ?»

L'Action Française est en train de se défaire des oripeaux du compromis nationaliste qui l'ont plombée à mort, pour penser par elle-même, et dans vingt ans, on ne lui posera plus la question de son "extrémisme" puisqu'elle sera remontée "au-dessus". Bien qu'ils laissent de côté l'AF dans leur propos, les gens de l'Alliance ont donné la bonne réponse pour ce qui les concerne. La voici :

tract AR
Le "moins" n'est pas du tout à sa place. Cela signifierait que l'A.R. est à l'extrème droite tout de même. Est-ce que souhaiter une démocratie de proximité, par et pour le peuple qui pourrait diriger lui même sa vie, et non se laisser diriger, quels que soient ses particularismes régionaux, professionnels, etc... de la même façon que son voisin, ou celui qui vit à des milliers de kilomètres de lui, par des énarques hors des réalités, ou autre politiciens professionnels qui trustent le pouvoir en accusant leurs copains de promo de l'échec de leur politique, et ce à tour de rôle, c'est être d'extrême droite?

[Notre "démocratie" c'est :]
- Un Individu, qui vote pour des élus communaux, pour le quotidien de très grande proximité.
- Un Individu qui vote pour des gens le représentant REELLEMENT, (ouvrier, mère de famille, etc... le corporatisme en clair), pour constituer un parlement régional ayant un VRAI pouvoir d'orientation de la vie au sein de sa région indépendamment d'un pouvoir centralisateur, et non la parodie actuelle de régions asphyxiées, si elles ont le malheur d'appartenir à l'opposition.
- Des parlementaires régionaux qui élisent les membres d'un Conseil supérieur, mais là encore bien plus représentatif que ce rassemblement d'avocats, de médecins et d'énarques auquel nous assistons...
- Et enfin, le Roi en ses conseils, incarnation de la France et de SES peuples avec leurs si belles diversités, et non un président de parti en face de Français tellement lissés qu'ils n'en ont plus de saveur, de beauté !

logo JR
A l'heure de tous ces beaux discours sur la mixité, mais aussi sur l'identité nationale, preuve de la schizophrénie républicaine qui ne sait plus à quelle branche se raccrocher, le Roi est la seule solution.
Seul un Roi, détaché du tiraillement électoraliste, attaché à l'histoire de la France, et "jaloux" de la France comme de sa propre vie, car il devra la donner "la plus belle possible" à ses descendants, saura unir LES peuples de France !

Il n'y a pas d'extrême droite possible dans le royalisme, car si dans la République on voit l'immigré différent, c'est qu'il ressort du lot, du troupeau des moutons créé par deux cents ans de Jacobinisme, par deux cents ans durant lesquels la République n'a eu de cesse de créer un modèle unique, juste utile pour consommer et travailler, à la gloire de l'argent et de ceux qui en profitent. Comme par hasard, ceux qui dirigent !

Dans une France Royale, l'immigré, si tant est qu'il se décide pour la France, sera alors choisi par la France, parce que chaque région, chaque individu retrouvera la fierté de ses différences, POUR la France et PAR le Roi, TRAIT D'UNION de TOUS les peuples.
Il n'aura plus besoin de se créer une espèce de culture nostalgique de ses racines, puisqu'il pourra s'identifier à une culture locale réelle, et non à l'espèce "d'a-culture" généralisée actuelle, où la seule gloire est de ne ressembler à personne et surtout pas à soi-même, mais au final à tout le monde ! Un monde aseptisé!
drapeau fleurdelisé de leopardsNe croyez pas que je sois à la masse (quoique, un peu sans doute), je sais bien que cela ne prendra pas deux ans, il y a plusieurs générations de retard, de désinformation et de lavage de cerveau à rattraper, mais :

Le ROI, c'est LA LIBERTE !!!


Après, bien sûr qu'il y a des extrémistes dans tous les mouvements politiques, mais, à l'inverse d'un président CHEF DE PARTI, et donc obligé de SUIVRE ses partisans pour garder son travail (sans responsabilité d'ailleurs, puisque même avec un bilan calamiteux, pour peu qu'il ait été un minimum honnête, un président s'en ira à la fin de son/ses mandats avec une jolie retraite à vie, sans comptes à rendre) ; le Roi, lui, a les coudés franches pour décider du cap à suivre pour le pays, en bon PERE DE FAMILLE , en fonction de ce qui est bon pour l'ensemble de la Nation dans le long terme, et pas seulement pour ses "électeurs" immédiats.

Ce qui simplement veut dire que le Roi est le Roi, il n'est pas ce que sont les royalistes !

Le Roi en place, ce ne seront pas les royalistes qui décideront de la vie et du quotidien, mais les Peuples, peu importe leurs origines, leurs couleurs, leurs croyances, du moment qu'ils se reconnaissent dans le Roi, et donc dans la France !

Pour la France et Le Roi !


Signé : Quentin


toile de maître, le roi boit

Pas mal ! C'est enlevé, ça vient du coeur. Extrême-droite ?
C'est où la Droite déjà ?


Note (1): ... dit le Paquebot.

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lundi 21 décembre 2009

La grande peur des Métèques

vase grec
Ce titre un peu "avant-guerre" est pourtant approprié au débat actuel sur l'identité nationale. Que le motif électoral de ce débat surnage n'est pas important dès lors que toute action politique en démocratie est électorale par essence. Il n'en demeure pas moins que l'initiative sarkozienne a désinhibé l'opinion française qui, encouragée par le holà confédéral sur l'architecture exotique, répond aux préfectures avec ses mots à elle, ...que nous avons trop d'étrangers ; mais sans savoir combien nous avons d'étrangers et d'anciens étrangers sur notre sol, puisqu'ils disparaissent vite dans les profondeurs statistiques au lendemain de leur naturalisation.
La seule trace exploitable est le code 99 en quatrième position de l'immatriculation SS (voir votre la carte Vitale). Combien de "99" en France ? Secret défense. S'y ajoutent les "malgré nous" qui ont acquis la nationalité française par naissance, à contrecoeur, et qui sifflent la Marseillaise. Ceux-là ont un quatrième code "normal". Combien de "malgré nous" ? Secret défense. Les statistiques ethniques sont un délit, dit-on. Cette République est la plus bête du monde ! Elle devrait identifier ses étrangers jusqu'à la troisième génération de résidence, comme il en va dans beaucoup de pays.

L'internationale ouvrière qui nous tient lieu de Gauche-pour-rire, demande que cesse le débat Besson car il exaspère les immigrés ! Leurs porte-paroles réclament leurs droits avant même qu'on les leur coupe (les droits), et hurlent au charron sur l'apostat de la Drôme qui en remet aussitôt une petite, déclarant ce matin que le débat institutionnel continuera contre sirocco et marée noire jusqu'à... (ndlr : ... ce que les frontistes aient élu les listes UMP aux régionales) ...la fin de 2010.

Dominique Soppo SOS RSOS Racisme, qui a lâché le négoce de montres rares, se fend d'une pétition adressé à l'Elysée que l'on peut lire ici, voire même signer si on veut s'en servir de coupe-file pour draguer Isabelle Adjani. J'y ai relevé cet extrait, coincé entre "libérer une parole stigmatisante" et "le vivre ensemble" : « les débats sur l’identité nationale sont apparus comme des espaces de libération d’une parole raciste, prompte à remettre en cause, de façon insidieuse ou explicite, la légitimité de la présence sur le sol national de catégories entières de la population ». Le gros mot est "légitimité". Quelle est la légitimité de quelqu'un à vivre dans un autre pays que le sien ? Il n'y en a aucune. Vous y êtes accueilli, invité, toléré, tout ce que vous voudrez, mais votre résidence pour légale qu'elle soit n'est pas légitime par essence, mais par la décision du premier occupant de vous octroyer cette qualité. Larousse !
"La légitimité est fondée en droit, justice ou équité". Bien ! Il y a des règles gouvernant la présence et l'activité des étrangers sur notre sol. S'y soustraire (criminalité) ou s'en prémunir (clandestinité) ôte donc la légitimité de la résidence. Il est donc normal que Eric Besson chartérise les déserteurs afghans.

Eric BessonUn bon tiers de Français (toutes couleurs sondées) pense que le débat doit aller à son terme et qu'à donner la langue au chat, il faut l'appeler par son nom. Qu'on en finisse avec les passe-droits, les priorités, les dérogations et les insultes. La réponse globale de ce premier tiers (celui du Picon) n'implique pas une xénophobie automatique qui arrangerait bien les adversaires du pouvoir, ni ne conteste aux aliens la liberté d'une installation utile à tous dans les formes légales.
Il y a aussi beaucoup d'anciens étrangers qui n'en peuvent plus de ce communautarisme arrogant, et pis que tout, de cette racaille omniprésente. Ils ne visent qu'à vivre en paix de leur travail au sein de leur petite famille sans être "marqués" par leurs ex-alter ego. Dès fois, leurs fils signent dans l'armée française pour rompre.

Un autre tiers - très remuant ces jours-ci - craint pour la paix civile dont la fin proclamée par ses thuriféraires signifierait la mise en danger de leurs positions, prébendes, parfois trafics. Ceux dont les positions ont été acquises légitimement n'ont pourtant aucune raison de s'inquiéter, ce pays est un vieil Etat de droit. Si vous voulez en rencontrer, prenez la liste de la pétition SOS-Racisme ici.
Un grand tiers s'en contrefout ; c'est de l'eau, comme au Bar de la Marine.

Pour ma part, je pense qu'il faut crever l'abcès quelle que soit l'alène choisie.
Vous avez remarqué que nous n'avons pas parlé de l'islam ; parce que c'est un sujet spécial.


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vendredi 16 octobre 2009

Aigles et cigognes

caricature marianne et schpoutzieLa Bundeswehr à Metz ? Strasbourg, c'était déjà assez gonflé : « Nous ne laisserons pas Strasbourg sous le feux des canons allemands » (Sarrault à la radio au lendemain de la rémilitarisation de la rive gauche du Rhin en mars 36). Facile ! On met leurs canons dans la ville et le tour est joué. Arrivent donc 660 hommes d'un bataillon mixte reco-infanterie au Quartier Leclerc d'Illkirch-Graffenstaden, abandonné par le 1er Régiment du Génie.
Metz, c'est plus fort, car Metz est un mythe sacré. Garnison du 2ème Bataillon du Royal-Artillerie de Louis XV, d'où l'Artilleur¹ et les bourgeoises qui mouillent aux balcons ; vitrine de pleins feux de l'empire wilhelmien ; laboratoire d'essai des antagonismes nationalitaristes dès la recouvrance de 1918 ; ville-pilote d'une collaboration active avec le Grand Duché et la République fédérale depuis la réconciliation franco-allemande ; victoire écrasante de Mitterrand sur Rocard au Congrès éponyme du PS !

J'attends le concert de klaxons de la "droite nationale" autant que je guette le sourire intérieur de l'Etat-major allemand dont les aïeux sont passés par les nombreuses casernes impériales de la plus forte place forte du monde et racontèrent à leurs descendants... un tas de cochonneries...
Qu'importe, il n'est pas prévu de barraquer deux régiments d'artillerie fédérale dans les deux capitales de l'Est, pourtant on rapprocherait les canons de Bruxelles ! Peut-être des aviateurs.

la Porte des Allemands
La Porte des Allemands redevient une porte d'entrée. Fallait-il planter près de deux millions de croix blanches (nous ne comptons pas les croix noires !) pour revenir en moins de cent ans au point de départ ?
Bienvenue aux troupes fédérales dans notre place forte commune, peut-être au Quartier Sère de Rivière abandonné par le 2° Régiment du Génie. Elles y apprendront le français de la plus agréable façon, la ville ayant une réputation tricentenaire. Qui tondra les Messines après ?

robert SchumanSi le nationalitarisme n'était pas aussi meurtrier quand il s'accouple à un Etat, on pourrait le moquer comme un enfantillage de grands gamins. Mais ayant atteint à l'orgasme par l'orgie de malheurs qu'il provoqua il y a soixante-dix ans, on est bien avisé de lui appliquer la fameuse castration chimique. Cette "opération" s'appelle l'Europe unie. Le champ opératoire a le même nom, Europe, qui brasse depuis deux mille ans ses peuples. Toute guerre sur ce continent péninsulaire est civile. Robert Schuman, allemand et français, éduqué à Metz, ancienne capitale d'Austrasie et berceau carolingien, l'avait bien compris. La perversion bureaucratique de son enfant n'était pas prévisible même si l'avidité de pouvoirs, aussi minuscules soient-ils, est inscrite dans nos constitutions².

Il est de plus en plus évident que si le nationalitarisme est confiné à des groupuscules excités qui soutiennent à bout de bras les brasseurs de basse fermentation, le nationalisme sur lequel le premier a trop souvent déteint, a du plomb dans l'aile. Vingt-sept pays d'Europe lui ont tourné le dos. A se poser une vraie question "technique" : A quoi bon, pour un mouvement politique marginal mais dense en doctrine, s'escrimer à défendre un concept bientôt dépassé parce qu'il s'appliquerait si jamais, à une entité quasiment disparue. Vu le faible poids de l'électorat nationaliste (cf. élections européennes), il est prévisible que le centre de gravité démocratique des pouvoirs (qui ne le sont pas) se déplace vers le fédéralisme européen.

serveuses en brasserie
Il serait à mon sens avisé de construire un programme politique de redressement national dans le cadre imparable de cette fédération qui vient, et de ne plus perdre son temps avec des incantations stériles comme celle de la sécession, qui n'adviendra pas à vue de plusieurs générations, si tant est qu'elle soit décidée un jour sur les ruines du pays. Le coffre-fort de l'épargne des ménages nous préserve encore de ces extrémités, et l'ingéniosité des possédants est sans bornes.

L'empirisme organisateur convoque-t-il le réalisme ? Il semblerait que cette clé d'analyse prônée par le mouvement d'Action Française tourne enfin dans les serrures des chapelles qui viennent de comprendre que le ridicule peut tuer, et qu'il est bon parfois de s'appliquer les grands principes à soi-même.
Bravo messieurs, fusionnez, et ... démissionnez derrière pour éviter les tentations.


Note (1): La chanson "militaire" est en ligne.
Note (2): L'article fondateur de la République est dans la constitution monarchique de 1791 :
« La Constitution garantit, comme droits naturels et civils :
* 1° Que tous les citoyens sont admissibles aux places et emplois, sans autre distinction que celle des vertus et des talents ;...»
Dès lors le "pouvoir" est divisible en autant de petits bouts qu'il sera nécessaire d'en créer pour dédommager la bourgeoisie de sa révolution. On y reviendra.



bas relief artilleur
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vendredi 17 octobre 2008

Collège Kléber Haedens

J'ai toujours eu une affection particulière pour Kléber Haedens (1913-1976), le cinquième houzard de l'apocalypse nationaliste.
Après le journaliste et le critique, j'avais commencé le romancier et l'essayiste par la fin - relire Adios chez Grasset - et n'eus de cesse de remonter son chemin rugbystique et littéraire jusqu'à l'embut de départ.
Ecrivain élégant, fidèle et puissant, il laissera dans la mémoire des lettres d'abord son Histoire de la Littérature française. Il était aussi "perdu d'afición" ce qui ne gâche rien.
Dans un billet d'avril 2006, j'anticipais le 30ème anniversaire de sa mort pour permettre aux lecteurs de ce blogue de chercher un de ses ouvrages chez les bouquinistes d'ici là. Bref rappel :

« Kléber Haedens est né en décembre 1913 à Equeurdreville près de Cherbourg dans la famille d'un militaire de carrière. Papa était officier d'artillerie. Cela lui permet d'entrer en 1927 au prytanée de La Flèche en classe de quatrième. Elève atypique, il dédaigne les sciences et préfère nettement les lettres et le rugby, nous dit la mémoire de l'école. Il y apprend néanmoins la rigueur et gagne son côté physique. Mais il diverge vers une école de commerce (Bordeaux) et fort en chiffres, ... change à nouveau de direction en entrant au journal Les Ecoutes. La guerre survient, replié à Lyon, il écrit dans l'Action Française, Présent, l'Alerte, Idée, et Compagnons. Après la guerre, il monte à Paris et s'adonnera à la critique littéraire, le reportage et les lettres. Il fondera et dirigera lui-même Le Magasin du Spectacle, revue mensuelle de théâtre et cinéma. Avec toujours un amour profond du rugby et une révérence marquée pour William Webb Ellis, son prophète en Ovalie. »
Tout le billet ici.
On devrait l'honorer.

aneMais non ! Dans le ramas de battus qu'abrite le MODEM, il est des jean-de-la-lune sans talent qui jalousent la gloire des morts jusqu'à agiter le "dis moi qui tu aimes" pour juger au fond : un conseiller municipal battu de La Garenne-Colombes souffre d'érection mentale depuis que son maire, enfin ce n'est pas le sien puisqu'il est dans l'opposition municipale mais sans doute un redoutable faussaire à la solde du cabinet noir de l'Elysée, a décidé de donner le nom de Kléber Haedens au nouveau collège de la ville. N'étant parvenu à défaire démocratiquement la majorité du conseil municipal sur ce point, le conseiller Modem qui jauge la légitimité d'un vote à son résultat, interpelle par courrier tous les conseillers généraux du département des Hauts-de-Seine sur cette grave bavure a-républicaine dès lors que les collèges sont sous la coupe des départements.
Kléber Haedens serait un auteur de “la mouvance maurrassienne, nationaliste et royaliste” (sans blague !); il a "côtoyé des amis qui, pour la plupart, n'ont pas eu un rôle exemplaire pendant la Seconde Guerre mondiale" (on veut des noms !) et a écrit dans un journal de Xavier Vallat, ex-commissaire aux questions juives de l'Etat Français, Aspect de la France. D'accord, Vallat n'était pas le meilleur choix pour le blanchissage de l'AF.

Ça fait petit joueur, mais il faut bien exister d'une façon ou l'autre en politique : avec un pinceau à la queue il nous ferait bien un second « Coucher de soleil sur l'Adriatique », le bougre ! En place de Belgique devant tout le monde !
Il faut dire à la décharge de l'hurluberlu garennois que le maire, chef des urgences à l'hôpital Beaujon, a le mauvais goût de faire campagne de médecin militaire en Afghanistan et s'en vante, ce qui n'est pas vraiment tendance.

Pr JuvinEn plus, ce dangereux activiste de la cause sarkozienne promeut "des gens qui n'ont eu que le tort d'être des écrivains de droite au temps de Sartre" et persiste dans des lectures saines : Les hommes de bonne volonté de Jules Romains, Les silences du colonel Bramble d'André Maurois, Journal d'un attaché d'ambassade de Paul Morand, L'orage approche de Winston Churchill ; il ne semble pas connaître les littérateurs obscurs ni les dogmes moisis des petits maîtres de la gauche plurieuse, et affiche en bibliothèque des Haedens, Bourbon-Busset, Romilly, Murakami, Némirovsky, bref, il aime les textes ! Comment peut-il cumuler plusieurs vies - il est aussi conseiller général et membre de la fondation Alzheimer - alors que le conseiller de deuxième classe Boronali ne parvient même pas à assouvir la moitié de la sienne ! Le maire carbure-t-il au Maurras comme Guaino ? Peut-être lit-il du Raspail aux waters !

M. Juvin, tient un blogue qui nous dit tout. Courez-y et sauvez¹ le collège Kléber Haedens dès fois que de moins vaillants se couchent sous les cris du "politiquement rentable".


Note (1): 25.10.08 - Le Conseil Général des Hauts de Seine, arbitre en dernier ressort, a entériné le choix du Conseil municipal de La Garenne-Colombes. L'incident est clos.


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