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samedi 8 juillet 2023

RIP Gautier Léon

Léon Gautier en 1942
Léon Gautier du Commando Kieffer est mort centenaire. Le 7 juillet 2023, la prise d'armes en son honneur, à Sword Beach sur cette plage magnifique de Riva Bella, fut émouvante, digne, sans fausse note et l'hommage du président de la République, mesuré et sincère.
La vie de Léon Gautier est très bien décrite dans le site DDay (*). Dès son plus jeune âge et jusqu'à la fin de sa vie active, il fut un homme d'ailleurs, à l'aventure, au grand air. Normal qu'il se soit entendu avec Philippe Kieffer (**) qui était natif d'Haïti et avait passablement roulé sa bosse avant de s'engager dans la Marine à la déclaration de guerre, mais lui avait quarante ans. Personne d'autre que le dernier des Commandos Kieffer n'a cent soixante seize copains qui l'attendent derrière la porte du paradis. Donnez-vous la peine, Monsieur Gautier, nous avions failli attendre !

Le "héros" bien qu'il s'en soit défendu, restera jusqu'à la fin dans l'empreinte du Décalogue quand il déclarait l'an dernier encore, que "la plus mauvaise chose qu'on puisse voir, c'est une guerre. Parce qu'on tue des gens en face qui n'ont jamais rien fait, qui ont une famille, des enfants. Tout ça pour arriver à quoi ?"
Il faut visiter les grands cimetières militaires et la Normandie en est très fournie. Ces milliers de corps sous des croix blanches ou noires sont ceux de gens qui n'avaient aucune raison de se détester. Ce sont les dirigeants des nations qui par calcul les ont jetées les unes sur les autres en attisant par tout moyen une haine d'autrui encourageant le massacre. C'est la fameuse mécanique de la levée en masse qui automatise l'assaut.
Léon Gautier dit n'avoir jamais eu peur sans pouvoir se l'expliquer ; ses camarades de combat, non plus. Sans doute est-ce le produit d'une préparation réflexive intense libérant l'esprit de toute méditation afin que le cerveau soit tout entier disponible pour l'exécution de la tâche commandée. Léon Gautier a parlé plus que d'autres de ses années de guerre mais la plupart des anciens combattants revenus du front voulaient d'abord se taire tant ils avaient les yeux emplis d'horreurs. Ce fut pareil pour les rescapés des camps d'extermination nazis. Fort heureusement, des vétérans dont le métier était d'écrire, racontèrent la guerre au quotidien avant de s'effacer devant les historiens de l'université qui nous ont expliqué tout ça dans des sommes impressionnantes. Aux témoignages succèdent les thèses...

couronne de fleurs tricolore

A part l'oppression par l'apartheid comme la vivent de nos jours les Palestiniens, le labeur des hommes ne prédispose pas les peuples à partir à la guerre de leur propre élan. Dit plus brièvement encore, la guerre est le plus souvent la conséquence d'une fabrication. Et cette fabrication est entreprise et achevée par des gens qui ne la feront jamais personnellement. Léon Gautier s'est levé parce qu'un type qui ne le connaissait pas avait entrepris de l'asservir pour satisfaire sa vision extatique d'une puissance invincible. Qu'il s'appelle Adolf Poutine ou Vladimir Hitler n'a aucun intérêt finalement, le problème est que les peuples les suivent et que les Léon Gautier ne sont pas si nombreux que cela. Méfions-nous donc de la fibre populaire des tribuns qui lèvent en masse les foules enthousiastes et rêvent de les jeter sur celles qui le sont moins à leur endroit.
La réflexion d'un professionnel du gouvernement des hommes sera toujours supérieure dans ses projets à l'hubris du locataire à bail précaire qui se prend pour le premier et cherche à s'éterniser en cajolant ses électeurs. Faisons confiance en ce domaine de la défense du pays à un permanent, un roi par exemple, ou une reine, quoiqu'elles soient parfois plus va-t-en-guerre que les rois. Et si un intrus dans le champ de l'intelligence nous menace par le fer et le feu, faisons face avec la seule intention de le détruire dans l'honneur. C'est plus radical que de seulement l'humilier et ça se plaide facilement au Jugement dernier en s'appuyant sur l'Ancien Testament et les livres de Josué, Samuel et Esther qui célébrent le génocide des primo-occupants de la Terre promise.
Et la guerre russe d'Ukraine a passé cinq cents jours !

dimanche 5 juin 2022

D-day 2022

Avec le jubilé de platine et le débarquement de Normandie c'est la "semaine anglaise". Soixante-dix-huit ans plus tard, nous comptons plus que jamais sur la prise en compte de nos intérêts par le condominium anglo-américain qui définit et gère la stratégie européenne malgré les rodomontades françaises. La faute à qui ?
A nous ! 100% !

paras américains avant largage sur le Cotentin
- Le stick 77 de la 101st Airborne prêt à décoller la nuit du 5 juin 1944 pour un largage sur Carentan -

La question Europe-USA. Le raisonnement américain nous concernant est simple : "Vous, Européens, avez choisi de privilégier des régimes de protection sociale avancée pour ne pas dire extravagants, en réduisant vos moyens de défense à un niveau ridicule, défense que vous remettez entre nos mains. Ne nous prenez pas trop longtemps pour des cons, celui qui paie gouverne ses intérêts propres".

Nous sommes donc le jouet de la politique américaine qui, ne l'oublions pas, suit un cycle de huit ans haché en quatre périodes de deux ans. Il peut donc y avoir des ruptures de tendance et le "complot américain" n'est pas si sûr qu'il continue dans la durée depuis la victoire de la Guerre froide, mais nous n'avons aucune influence sur la tendance du moment. M. Macron en a fait l'amère expérience, deux fois ! Dès l'effondrement de l'Union soviétique, dans lequel notre contribution était nulle, nous nous sommes autorisés à basculer les ressources fiscales attribuées à nos armées vers les caisses sans fond de la protection sociale. En 1991 nous avions 1200 chars de combat, en 2022 nous en avons 222 (c'est facile à retenir). Comme nous l'avons déjà dit, sans appeler les renforts américains nous sommes dans l'incapacité de nous défendre si d'aventure un pouvoir plus belliqueux encore que celui de M. Poutine avançait sur le territoire de l'Europe orientale. Et tous les pays de l'Est savent que tant la France que l'Allemagne d'aujourd'hui sont des nains militaires en combat intensif. Nous avons une belle armée expéditionnaire capable de gérer des hostilités du fort au faible quand celui-ci n'a ni chars ni avions ni canons. Sortis de ce genre d'opérations de gendarmerie coloniale, nous avons des unités de démonstration (qui font vendre) mais jamais la masse critique pour un engagement à parité de capacités. Alors à vouloir troquer l'OTAN contre la Politique de sécurité et de défense commune européenne (Lisbonne 2007) pilotée par la France, nous serons toujours seuls de cet avis ! Dans cette situation de dépendance assumée, nous ne pouvons nous en prendre qu'à nous-mêmes et c'est le seul message sensé qu'avait passé Donald Trump à l'Europe occidentale : "Sortez-vous les doigts et défendez-vous, merde !" ; ce qu'Angela Merkel avait compris comme l'annonce d'un désengagement prochain des Etats-Unis, et c'est tout ! alors qu'elle aurait dû réagir et lancer le plan de réarmement à cent milliards de Scholz !

Si l'Europe est un embarras, qui somme toute leur coûte cher, c'est la Chine le vrai souci des Etats-Unis. La Russie (PIB de l'Espagne avant la guerre qui va passer sous la barre fatidique des mille milliards de dollars l'an prochain) a le destin d'un Katanga avec des ogives nucléaires, mais ça reste gérable pour Washington, surtout si on ruine son économie en la ramenant au statut de fournisseur de matières premières non transformées dont les prix sont fixés à Londres et à Chicago. La Chine par contre, est le premier souci parce qu'elle menace tout le Pacifique nord, et plus bas jusqu'aux Salomons, et parce qu'elle a les moyens humains, industriels et scientifiques de défier les Etats-Unis dans le compartiment de l'innovation, ce dont les Russes sont incapables (et plus encore maintenant que les talents ont calté). Poutine de surcroît, seul dans son château, n'a pas la carrure d'un empereur, et que dire de ses affidés tous tombés du même vieux moule.

Voilà ! Donc en 2022 nous comptons encore sur le déstockage des armes américaines, sur la puissance industrielle des usines d'armement américaines et sur la mobilisation des GI's pour nous défendre ! L'affaire d'Ukraine se règlera à temps et contretemps entre Moscou et Washington, et quoi qu'il arrive si Dieu lui prête vie, Vladimir Poutine aura obtenu un avantage important pour lui et le pouvoir qui lui succèdera, celui de n'avoir que deux interlocuteurs décisifs au monde, Washington et Pékin. L'Europe-providence, trop hétérogène pour précipiter en puissance, fera où on lui dira de faire ! Avec nos régimes sociaux dispendieux et notre culture des loisirs, nous nous sommes rendus sans combattre et sommes à la merci pour longtemps des empires autocratiques revenus, défendus par un autre empire, démocratique certes, mais qui ne nous écoute pas. Commémorons le 6 juin notre abaissement, sans oublier que c'est le 17 juin 1940 que nous avons capitulé définitivement.


samedi 5 juin 2021

Normandie, un 6 juin...

Il y a soixante-dix sept ans débarquaient à Sword Beach sous pavillon anglais les 177 Commandos Kieffer. Il en reste un : Léon Gautier, le breton de Ouistreham (en photo). Toute cette agitation l'amuse.



Contrairement à la légende médiatisée, ils ne furent pas les seuls Français à participer au débarquement de Normandie. C'est la marine française "gaulliste" ou "giraudiste" qui a fourni proportionnellement le plus de soutien en embarquant deux mille six cents marins sur deux croiseurs, quatre frégates, un torpilleur, et quatre corvettes, face aux batteries côtières allemandes à Omaha Beach, Gold Beach et Juno Beach. Même si l'effectif était symbolique rapporté à la flotte alliée engagée, ils feront leur job au premier rang des forces navales d'appui-feu au débarquement.

Des parachutistes SAS français sauteront sur la région de Saint-Brieuc pour activer, avec les FFI bretons, une zone d'insécurité privant de renforts les unités allemandes de forteresse. Cent-seize SAS sauteront dans la semaine.

L'armée de l'air "française" engagera deux cent trente aviateurs sur Spitfire et Boston au-dessus des plages.

Finalement ce sont 3051 soldats français* qui attaquèrent le Hun au sein des armées alliées, ce fameux 6 juin 1944. Tous n'appartenaient pas à la France Libre et furent engagés au D-Day sous commandement allié, sans participation de l'état-major gaulliste, ce qui motivera le suprême dédain du général de Gaulle pour cette journée historique, dont Churchill, Roosevelt et leurs chefs militaires l'avaient privé. Parmi les oubliés de la presse mainstream, figurent aussi trois escadrilles de chasse tchécoslovaques, le 321st Squadron hollandais de la RAF, beaucoup de marins danois et norvégiens, et dès les jours suivants, la 1ère Brigade belge à Arromanches, sans parler bien sûr des Australiens et Néo-zélandais en nombre ! Le 4 août, débarquera la 1ère Division blindée polonaise (16000 hommes) vers Falaise. Il y a des cimetières partout pour toutes les nationalités.
* source les Français du Jour J de Benjamin Massieu

Les Alliés se rachèteront vis à vis de la France Libre en laissant passer devant la 2è Divison blindée française à l'approche de Paris, divison Leclerc qui avait débarqué à Utah Beach... le 1er août 1944.

Comme chaque année à ce jour, nos pensées vont aux jeunes soldats qui de si loin vinrent mourir pour nous, sur une côte dont ils ignoraient tout. Reconnaissance éternelle.

croiseur français D-Day

samedi 6 juin 2020

Dans les mâchoires de la mort


6 juin 1944 Omaha Beach 07h30 : devant toi la Normandie et quelque part la 352è Division allemande qui arme ses culasses. Ayons chaque année une pensée pour les boys qui traversèrent l'océan pour se battre à notre place.

La photo fut prise par Robert Sargent des US Coast Guard, qu'il nommera plus tard Into the Jaws of Death (dans les mâchoires de la mort). Les deux tiers de cette compagnie E du 16è Infanterie US seront mis au tapis.


Bouquet tricolore en hommage à l'infanterie américaine

mercredi 5 juin 2019

Jubilé de diamant du D-Day



Ce soixante-quinzième anniversaire du Débarquement de Normandie sera la dernière grande commémoration à laquelle participeront les anciens combattants de la Seconde Guerre mondiale. Espérons que Donald Trump se retiendra jusqu'à ce jour spécial de déclencher la Troisième afin de ne pas gâcher la fête. Enfin, la fête ?

Oui, il y a aura des reconstitutions, des spectacles son et lumière, des convois historiques, des expositions, des parachutages, des cornemuses, un match de football américain entre la 82 et la 101è Airborne, des feux d'artifices, des remises de médailles, le recueillement municipal aux monuments aux morts, des dépôts de gerbes aux carrefours, aux stèles des plages, dans la campagne et vingt autres initiatives de qualité ; on fera ça bien. Il y aura même des chefs d'Etat ! Demandez le programme !

Mais la journée sera vaine sans une visite prolongée aux cimetières militaires pour lire l'âge et le prénom des soldats engloutis par la gloire ! Cette fois Royal-Artillerie donne leur liste avant de se retirer au son des cornemuses. Outre les champs provisoires d'ensevelissement qui sont marqués d'un monument après exhumations, il y a en Normandie vingt-sept cimetières militaires "en activité" qui laissent méditer sur cette bataille géante. De l'ouest à l'est nous en donnons douze avec leur lien, les plus proches des plages du débarquement :

Montjoie-Saint-Martin (Manche) Brittany American Cementary dit de Saint-James, lieu-dit Bel Orient
4410 soldats et le souvenir de 498 disparus
Orglandes (Manche) Cimetière militaire allemand, Rue Pierre Devouassoud
10152 soldats en tombes collectives par quatre, dont deux généraux
La Cambe (Calvados) Cimetière militaire allemand, lieu-dit Les Noires Terres
21222 soldats en tombes doubles, dont deux généraux
Coleville-sur-Mer (Calvados) Normandy American Cementary, Omaha Beach
9385 soldats et 1557 noms au Jardin des Disparus, dont le général Roosevelt fils aîné du président Theodore Roosevelt, et son jeune frère
Bayeux (Calvados) Bayeux War Cemetary (Calvados), Boulevard Fabian Ware
4648 soldats dont 4142 soldats du Commonwealth, 466 soldats allemands, 40 européens et 1801 noms de disparus
Bazenville (Calvados) Cimetière militaire britannique, RD 87
979 soldats dont 326 allemands
Reviers (Calvados) Cimetière canadien de Bény-sur-Mer, RD 35
2049 soldats
Douvres-La Délivrande (Calvados) Cimetière militaire britannique, Route de Caen
1123 soldats dont 180 allemands
Hermanville-sur-Mer (Calvados) Cimetière militaire britannique, Rue du Cimetière anglais
1005 soldats dont 3 français du Commando Kieffer sous croix latines
Ranville (Calvados) Cimetière militaire britannique, Rue du Comte Louis de Rohan-Chabot
2564 soldats dont 322 allemands
Bretteville-sur-Laize (Calvados) Canadian War Cementary, RN 158 Cintheaux
2958 soldats
Urville (Calvados) Cimetière militaire polonais, RN 158
696 soldats

Chacun de ces cimetières correspond à une plage de débarquement, ou une phase décisive de l'offensive. Chacun a ses spécificités, son histoire, ses histoires, et transmet beaucoup d'émotion au visiteur. Des dizaines de milliers de morts ont été rapatriés aux Etats Unis à la fin des hostilités à la demande des familles. Les Allemands sont restés sur place. Nous nous quittons en "marche" avec la 51è Ecossaise des Highlands :



Victory March Bremerhaven, Germany 1945


En revenant de la revue, on peut passer à Rouen pour voir les plus grands voiliers du monde à l'Armada 2019.

mercredi 6 juin 2018

Mull Of Kintyre

 





En ce jour de commémoration du Débarquement
De la cornemuse avec Paul McCartney
No comments... useless

Le cap écossais de Kintyre, son phare classé, l'Irlande en face (courtoisie nigel-h.deviantart.com)


mardi 6 juin 2017

Overlord 1944

Cette année, une façon moins convenue de commémorer le Débarquement de Normandie avec le groupe de hard rock Overlord de Lyon :
Too Late To Pray évoque un G.I. parti de Saint-Louis (Missouri) jusqu'à Colleville-sur-Mer †, un court-métrage sensible sans prétentions qui va bien.



En prime, une série de photos vraiment étonnantes comparant les plages du débarquement jadis et tantôt, rassemblées sur le site Tuxboard (cliquer ici)

Toujours nous nous souviendrons et nos enfants après nous !


lundi 6 juin 2016

Sacrés Rosbifs !

Le choix de Royal-Artillerie pour cette 72è commémoration du Débarquement est britannique. Dommage qu'à la précédente ils n'aient pas fait Verdun mais "que" la Somme, nous aurions eu autre chose que les sanies de Volker Schlöndorff subies le 29 mai dernier sous le regard chassieux d'une Europe fatiguée.
Montez le son.




Mais les cousins d'Amérique vinrent aussi mourir chez nous. Alors When Johnny comes marching home depuis West Point sera également apprécié :



MERCI !

samedi 6 juin 2015

Thalassa Day

 



L'image d'un vieux soldat debout au cimetière britannique de Bayeux nous permettra de passer cette journée commémorant le Débarquement de Normandie.
Une fois encore, les peuples de la mer parvinrent à vaincre l'empire continental. Sous son avatar moderne de l'Union euro-germanique, celui-ci ne pourra plus les affronter ; le mental n'y est plus. D'ailleurs ils ont d'autres soucis sur le Globe et laissent tranquille la ploutocratie européenne compter ses points de retraite en important des nègres vaillants. La vie pulse désormais en Asie.

jeudi 5 juin 2008

D-Day


Omaha Beach, Utah Beach, Gold Beach, Juno Beach, Sword Beach : Clap de la 65è demain !

Demain claqueront au vent de la Manche les bannières alliées saluant les mânes des étrangers et français morts pour la France en Normandie.
Bien que toutes les unités ayant participé au 6 juin soient à l'honneur, nous nommons ici les unités amphibies qui les premières prirent pied sur les plages :
- Le US 116th Infantry Regiment et le US 16th Infantry Regiment, à Omaha Beach (St Laurent s/Mer). Les huit premières compagnies seront décimées.
- Le US 8th Infantry Regiment et le US 70th Tank Battalion de la 4th Division, à Utah Beach (Pouppeville).
- Le UK 6th Green Howards, le UK 4th/7th Dragoons et le UK 1st Hampshire, à Gold Beach (Arromanches).
- Le CAN Royal Winnipeg Rifles, le CAN Regina Rifles Regiment, le CAN 1st Hussards (50% de pertes pour les trois premiers) et le UK 48th Royal Marines Commando, à Juno Beach (Bernières s/Mer).
- Le UK 1st Lancashire (décimé), le UK 2nd East Yorkshire, le 1er Bataillon de fusiliers marins commandos Kieffer, à Sword Beach (St Aubin s/Mer, Ouistreham)
- Le US 2nd Rangers battalion à la Pointe du Hoc.

Le site de l'US Navy dédié à l'opération Neptune qui est l'action navale et appui-feu du Débarquement donne une tonne de détails intéressants pour caler le programme. Prendre sa journée et Cliquer ici.

croquis du débarquement
Ainsi commence le premier jour du retour des démocraties sur le continent, quatre ans après l'évacuation de Dunkerque. A la fin de ce mardi 6 juin, les Alliés ont prise sur le continent : Ont débarqué par mer 133000 hommes. S'y ajoutent 15000 Américains, 7000 Britanniques et 32 Français projetés au sein du dispositif adverse par 2395 avions et 867 planeurs. En dépit du Mur de l'Atlantique, plus de 155000 hommes foulent le sol de France après le premier jour de campagne. Les pertes éprouvées sont de l'ordre de 2500 tués au premier assaut sans compter les noyés, et 9000 blessés, plus un millier de disparus dont certains seront retrouvés les jours suivants.

Omaha
Quelques forces françaises ou composées de Français participèrent à l'opération Overlord mais sous commandement direct anglais ou américain. On doit quand même les citer d'autant qu'elles furent remarquables :
(1) Croiseur Montcalm, croiseur Georges Leygues refondu à Philadelphie en 1943, corvette anti-sous-marine La Roselys et torpilleur La Combattante (Glascow 1942), participent à l'Opération Neptune, sous commandement allié, Western Task Force.
(2) Escadrille Guyenne et Tunisie de bombardiers quadrimoteurs Halifax dans la 2nd Tactical Air Command.
(3) Groupe bombardiers légers de nuit Lorraine (342° French Squadron) sur bimoteurs Douglas Boston III, 6 avions descendus.
(4) Groupes de chasse sur Spitfire, Île-de-France (340° French Squadron) , Alsace (341°) et Cigognes (329°) du 145th Wing RAF.
(5) Commando Kieffer (178 h) appartenant au 8th Troop du 10th Allied Commando, qui portait son béret vert à l'anglaise - petit détail irritant - et qui finira la guerre sous commandement anglais à Flessingue (Hollande).
(6) 4e bataillon français du Special Air Service (SAS) qui parachutera 32 h. en Bretagne le 5.

Le Montcalm
Compte tenu de la position internationale de la France officielle depuis juin 1940 et de la prise en considération uniquement de fait de la France Libre, la France combattante du général De Gaulle était un mouvement et non un gouvernement allié reconnu, statut que recherchait précisément le Général, obsédé de politique. Le débat stratégique, on le sait, avait été depuis 1943 strictement anglo-américain : la France n’y occupait même pas la place de partenaire politique d’arrière-plan ou de référence comme Staline pour l’Union soviétique ; elle était un espace comme l’Italie ou les Balkans, estimé en fonction de sa position sur les théâtres d’opérations en Europe (source ISC). De Gaulle fut tenu à l'écart du Débarquement ; onze mois plus tard, un officier français servira de témoin "local" à la capitulation allemande de Reims où la France n'était même pas convoquée.

Douglas Boston III
Si les Français qui ont combattu se sont fort bien battus à côté des alliés sinon même individuellement dans les unités anglaises et américaines (on les a oubliés car ils dépareillaient la légende), l'effort de guerre titanesque a été assumé par deux pays qui parlaient la même langue. Pourquoi perdre des heures de disputes avec un général 2 étoiles sans commandement réel - l'Armée d'Afrique n'était pas à ses ordres - et qui énonçait des prétentions prématurées alors que GI's et Tommies continuaient à mourir au contact de la Wehrmacht qui, en deux mois et demi (6-6-44/21-8-44), perdra 340000 hommes dans la bataille de Normandie, dont 50000 tués indentifiés, 80000 blessés et 210000 disparus ; résultat obtenu sans épidémie de peste mais au prix de 209000 tués et blessés chez les Alliés ! Bilan global effroyable !
Avait-on vraiment le temps d'examiner les requêtes pressantes du nouveau chef français ? De Gaulle garda une dent aux alliés pour avoir manifesté ce pragmatisme anglo-saxon qui lui faisait comprendre qu'il ne pesait rien tant que la guerre ne serait pas terminée. Le général Bradley lui fit cadeau d''une libération prématurée de Paris par la 2°DB et basta ! Son orgueil incommensurable en souffrit et ses dons de metteur en scène dont on eut un échantillon au balcon de l'Hôtel de Ville de Paris, ne furent pas employés. Il se rattrapera plus tard.

mitrailleur allemand
Au même moment, d'autres aussi français que lui mais les pieds au sol (stricto sensu), jugeaient les choses avec réalisme. Ainsi le général de Lattre de Tassigny rappelait à ses commandants d’unités à la veille du débarquement de Provence, la dépendance logistique complète dans laquelle ils se trouvaient vis-à-vis des Anglo-saxons, et leur donnait pour instructions de suivre les directives et les ordres militaires alliés, obéissance et loyauté essentielles au succès de l’opération.

Finalement, pour des raisons relativement obscures, en 1966 en pleine guerre froide, le président de la République Charles De Gaulle retirera la France du commandement intégré allié, exposant son pays à l'aventure et au chantage. Nous n'y gagnâmes rien et les circonstances stratégiques qui suivirent ne permirent heureusement pas de tester la pertinence de cette rupture d'alliance. Les traces de ce refus de "combattre ensemble" demeurent depuis lors dans nos relations extérieures, elles s'appellent "The French Denial".
M. Chirac a fait une piqûre de rappel en 2003, pour "l'honneur" !

* Merci aux Alliés *
bannière des drapeaux alliés


A choisir un seul site en français décrivant la bataille de Normandie, je recommanderais Normandie 44. Pour la chronologie, celui-ci est bien fait.



pucelle Kieffer
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