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mercredi 7 février 2024

Des singes en hiver

#2237 - Nous sommes le 7 février, les ligues dissoutes ne se sont pas reconstituées pour prendre d'assaut l'Assemblée nationale. On me dit dans l'oreillette qu'aucun pouvoir ne gît en ce lieu sauf de nuisance. On s'en doutait un peu quand après la défaite de Rungis, le premier élan de la Coordination Rurale fut d'assaillir l'institution, pour finalement retourner ses tracteurs par dépit et rentrer à Montauban. Sans doute avaient-ils vu entretemps les questions d'actualités au gouvernement sur la 3ème chaîne et mesuré les capacités réduites de la machine parlementaire. A quoi bon prendre d'assaut le siège des inutilités. Tout se décide ailleurs.

L'antiparlementarisme primaire de ce blogue est une honte bue ! Même s'il est largement partagé par certaines célébrités politiques qui s'en tiennent loin pour ne pas prêter la main à la verge purificatrice des caricaturistes, l'antiparlementarisme est un mal qui se répand jusqu'au plus profond du pays par la conviction des masses laborieuses que ces enceintes sont des fromages de la République qui servent à nourrir les sans-métiers du pays faisant profession de politicien. Un député mien s'était jeté dans la bataille politique en 2017, qui avait eu l'idée saugrenue d'apppliquer scrupuleusement son programme une fois élu. Quelle idée ! Son travail fut remarquable et salué, son assiduité rare, son opiniâtreté parfois moquée ; il ne se représenta pas en 2022 car il n'avait abouti à rien. "J'ai payé pour savoir" me dit-il un jour, écœuré. Le parlement n'est pas du tout le moteur démocratique que l'on imagine. C'est un jeu de l'oie, un monopoly géant, un mécano d'usine à gaz. D'ailleurs si constitutionnellement ils détiennent la souveraineté, ils ne s'en servent pas parce que les règles d'exercice de leur mandat qu'ils se sont eux-mêmes données les en détournent. Peigne-culs en plus : avec leurs émoluements confortables, ils se votent une augmentation des notes de frais pour suivre la hausse des prix parce qu'il ne leur est pas venu à l'idée qu'au moment où bien des catégories sociales rament, ils pouvaient distraire un peu de leur traitement de base pour régler une ou deux notes de restaurant ou les fleurs destinées à leur assistante parlementaire ou à leur maîtresse parisienne. Domminique de Villepin les surnommait "les connards". C'est définitif, ils président à l'effondrement du pays constaté aujourd'hui par Michel Onfray et Dominique Jamet(*).

8 février demain, il y aura toujours Gaza, l'Ukraine, Taïwan et Montauban. Un réflexe tardif de bon sens au Château a sorti de l'épure diplomatique Ouagadoudou, Bamako et Niamey. Aux Russes de protéger maintenant les futurs maréchaux du canibalisme des foules surchauffées. Lâche mais légitime soulagement. Mais ce qui m'interpelle dès l'aube, c'est la candidature de Xavier Bertrand à l'élection présidentielle de 2027 proclamée depuis les Hauts de France à l'effet de vaincre le Front National (sic). Cette obsession du président de région n'est pas nouvelle parce qu'il est confronté à des élus de terrain de bon niveau qui ne se laissent pas éblouir par son aisance technocratique et qui persistent à appeler un chat un chat. Mais cet axe de campagne sera-t-il le bon ? Les Français ne semblent pas redouter la possible irruption de la droite dure sous les plafonds dorés de la république. Ils s'inquiètent de l'insécurité qui n'est plus du ressenti, de l'affaissement des services publics financés par des impôts qui augmentent et, quand ils ont le temps, de la nouvelle colorimétrie de notre société qui remplace l'ancienne plus pâle. Certes pour monsieur Bertrand, il y a loin de la coupe aux lèvres - comme on dit dans les blogs destinés à l'Académie française - à commencer par déblayer ses concurrents au sein de son propre parti politique. Avouant avoir appris de ses erreurs, et les primaires républicaines furent l'erreur majeure des trois derniers quinquennats, il envisagerait donc se lancer seul à côté de la "machine à perdre" que représente si bien le tandem Ciotti-Wauquiez. Peut-être aussi contre le pavois des adhérents qui pensent, dit-on, à David Lisnard, maire de Cannes et président de l'Association des maires de France. Celui-ci n'a pas l'aisance médiatique de Bertrand mais, un ton plus bas, semble plus proche de son auditoire, ce qui n'est pas non plus gage de succès, l'image imprégnée dans le cerveau de l'électeur étant plutôt celle du grand chef catholique à la Chirac que celle d'un besogneux honnête. Sauf qu'au jour où nous mettons sous presse, ce candidat LR capable d'aimanter le corps électoral n'est pas visible encore. Les Républicains ont raté le coche en 2021 en éliminant Michel Barnier qui avait la stature "professionnelle", le prestige du Brexit et la gueule de l'emploi. La photo d'époque parle d'elle-même (clic) qui n'aligne à côté de lui que des vedettes d'étape.

Je partage l'avis de Luc Ferry qui les trouve nuls. Emmanuel Macron a clairement gagné la présidentielle de 2022 et tout aussi clairement perdu les législatives s'ensuivant. Les Républicains auraient dû passer un accord de gouvernement à l'allemande avec Macron pour lui fournir la majorité requise à l'Assemblée nationale et faire avancer leurs idées en même temps. Que risquaient-ils à la fin puisque Macron ne pourra pas se représenter en 2027 et donc que les cartes de tous les groupes politiques seront rebattues fin 2026. De vrais stratèges ; mais c'eût été pour faire quoi ? Ce sont les élections européennes qui comptent de plus en plus et leur chef de file n'imprime pas.

dessin d'une candidate au pupitre

Qui voit-on susceptible de courir ce marathon de trois ans ?

- Personne à l'extrême-gauche qui s'émiettera pour compter ses voix en vue des élections législatives ! Les Vertes-de-rage pourraient néanmoins sauter plus tôt du Titanic.
- La gauche de raison n'a pas de candidat naturel - elle est presque le seul parti dans ce cas. Avec son QI de bulot (Luc Ferry dixit) Olivier Faure n'avait aucune chance, c'est bien pourquoi le PS propulse Raphaël Glucksman aux européennes avant peut-être de l'accompagner plus loin s'il réussissait à finir troisième derrière la majorité présidentielle voire deuxième si elle se divise.
- La majorité présidentielle partagera les mêmes intentions de comptage que l'extrême-gauche en vue des législatives ; ses trois composantes se braqueront forcément après les européennes à mesure que se rapprochera l'élection présidentielle. Renaissance n'a pas de leader national, à moins que Bruno Le Maire ne suive les conseils de Houellebecq ; Horizon n'a qu'Edouard Philippe à qui colle toujours le sparadrap des 80km/h ; et le MODEM n'osera pas remettre le couvert à François Bayrou même s'il insiste après sa relaxation au bénéfice du doute. Ceux qui le connaissent bien en l'affaire, ne doutent pas.
- On a parlé plus haut des Républicains. Ciotti chauffe la salle pour Wauquiez, mais ce président de région reste pour l'opinion un très bon président... de région. Xavier Bertrand a ses chances s'il surmonte sa propension à entrer dans le détail des dossiers, ce qu'il fait avec passion, car ce n'est pas la technicité qui est porteuse d'une candidature à la présidentielle mais le charisme et le récit national proposé.
- Enfin le Rassemblement National. Si Jordan Bardella gagne largement les élections européennes de juin prochain, Marine Le Pen sera assurée de participer au scrutin de 2027 en laissant courir l'idée d'un ticket avec lui. Sa (seule) chance d'aboutir est que ses adversaires la diabolisent - Bertrand parle aujourd'hui déjà de "fachos" - au lieu de démonter son programme économique bolivarien et qui ne vaut pas plus. L'électeur RN (30% du corps électoral annoncé pour juin) n'est pas sensible à la dénonciation de dérives réelles ou supposées des dirigeants de son parti vers le NSDAP, en plus qu'il ne comprend pas grand chose au bal de la Waffen à Vienne, aux conférences communes avec la Lega ou Fratelli d'Italia en Italie, aux indulgences plénières accordées à Victor Orban ou à Robert Fitso ; ce qu'il veut c'est d'abord de l'ordre, encore de l'ordre et finir les fins de mois !
- Reste le Z. Pas celui de l'opération militaire spéciale (quoique!) mais celui de Reconquête. Difficile de ressortir de la fosse à la fin du parcours du combattant. Si Marion Maréchal fait les 5% libérateurs aux européennes (elle est sondée à 6% donc c'est possible) se posera la question du candidat pour 2027 puisqu'il a été jugé que le lecteur ne fait pas l'électeur. Auquel cas Reconquête balisera l'accès au second tour et Zemmour rejoindra Mélenchon à l'EHPAD des bois flottés de la démocratie échouée.
Si revenait en 2027 un parti "Chasse, Pêche et Traditions" j'y retournerais bien.


Postscriptum du 7/02/2024 :
L'autre nouvelle diffusée par la Nomenklatura est la conscience morale de la gauche caviar prise la main dans le panier de jeunes patientes sous hypnose. Où vont-ils chercher tout ça ?

mercredi 21 juin 2023

Mouseland, une tentation d'anarchie

drapeau noir de l'anarchie
(PJP)
En été, fais ce qu'il te plaît ! Cette insurrection qui vient doucement et que d'autres (Cortes et Leurquin) appellent "L'Affrontement", ne pourra être contenue sans que soit augmentée la répression au-delà des dispositions du droit actuel, ce qui augure un durcissement de la loi. Mais avec une majorité relative sous tension au Palais Bourbon, la marche au flicage n'est pas gagnée d'avance. On rit déjà aux contorsions sémantiques indispensables au gouvernement pour agréger à son projet répressif les partis de la périphérie affamés de maroquins. Elisabeth Borne va devoir avaler le chapeau, la jugulaire et la plume de faisan qui jusqu'ici l'ornait. Son problème est que tous les moyens existent ailleurs pour bloquer l'insurrection et qu'on ne peut botter en touche en mettant l'affaire à l'étude comme d'hab. Ils existent, tels qu'ils sont déployés largement par les régimes autoritaires, même barbouillés d'un pastel démocratique, et que s'y adonner n'est pas moral aux yeux de la bienpensance, laquelle s'y fera quand même, soyons-en sûrs, dès que la maison de campagne en Normandie sera menacée. Comme le suggérait une fois Ségolène Royal, le ministère de la police chinois te réglerait ça en trois coups de cuillère à pot, avec la reconnaissance faciale et la numérisation de toute vie, dans l'espace public pour commencer.

Le suffrage universel et l'exercice obstiné de la démocratie à éclipse que le peuple a choisi en 1962 sans n'y rien comprendre, ne règleront rien. Chacun doit se préparer mentalement à être gouverné autrement demain. Peut-être même à ne plus intervenir dans la sphère politique existante sauf à la marge. Vous verrez s'affronter deux mouvances, l'anarchie peut-être organisée, parée de noms moqueurs ou généreux d'une part, et le bloc de la Raison qui tiendra sur ses intérêts de l'autre. Entre les deux, des partis liquides comme LR ou le PS en attente d'être liquidés et des coteries du bonneteau politique rappelant les partis de la Fronde. Le modèle actuel est mort de toute façon.

L'anarchie en bas ? voire "l'anarchie plus un" de Charles Maurras ? Je répondais tantôt à un intervenant qui m'est cher que si je promouvais la démocratie directe à l'échelon des collectivités locales, avec territorialisation de l'impôt consenti pour responsabiliser le votant, j'attendais en revanche un système fondé sur les provinces (comme le Bundesrat) pour légiférer à l'échelon national. Parce qu'à ce niveau d'appréhension des enjeux, faire voter des gens sur un programme comportant, outre les mesures clientélistes abondant au Hamac national, les gigafactories, l'ordinateur quantique et la loi de programmation militaire, c'était se foutre du monde. Quant aux capacités cognitives du peuple, que ne dira-t-on ici qu'on n'ait déjà mille fois dit partout, jusqu'à la boutade de Winston Churchill sur le régime parlementaire "...à l'exclusion de tout autre", formule ironique assénée en dernier recours par les thuriféraires de la démocratie universelle et que je traduis par un "mais vous l'avez voulu !". En fait, c'était une vacherie du vieux lion machouillant son Romeo y Julieta.

Dans sa parabole des chats gouvernant les rats, Thomas C. Douglas (1904-1986) s'insurgeait contre la servitude volontaire des peuples régis par les protocoles démocratiques. En 1576, Etienne de La Boétie avait déjà fait le tour de la question, apparemment en vain, à voir la supercherie démocratique actuelle. En 1961, Douglas avait repris le concept en le décapant à l'acide de la lutte des classes et ça avait donné "Mouseland" (cinq minutes qui en valent bien plus):



Liens de cet article en clair :
- L'anarchie sans désordre (PJP) : https://lireestunplaisir.wordpress.com/2021/03/20/lanarchie-est-la-plus-haute-expression-de-lordre-elisee-reclus/
- La Boétie : https://www.espacefrancais.com/la-boetie-discours-de-la-servitude-volontaire/
- Tommy Douglas : https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/tommy-douglas

lundi 21 juin 2021

Les Français jettent au loin le bouffon

J'ai une question au fond de la salle. Oui ?
- Que pensez-vous des résultats globaux aux cantonales et régionales d'hier ?
Je vous remercie, même si votre question me prend de court et j'insisterai sur un point particulier :

La victoire inespérée du parti abstentionniste (66% de moyenne) signale un désappétit des veaux pour la démocratie directe puisque ce sont des circonscriptions gestionnaires de notre quotidien qui recueillent les effets du désenchantement politique. Certes la participation augmente pour l'élection présidentielle, mais chacun sait qu'il y a toujours plus de parieurs au Grand Prix d'Amérique qu'habituellement ! Les Français aiment le show, vont aux arènes et manifestent bruyamment ! Mais peuple immature s'il en fut (dix régimes en deux siècles), il boude l'expression de ses choix quand on les lui demande. D'accord ! la classe politique n'est pas affriolante (un peu de charité chrétienne nous engage à ne pas poursuivre l'inventaire), et le mode de scrutin est compliqué à dessein pour faire émerger des majorités construites sur le trafic d'intérêts - inutile d'expliquer le truc à un étranger. Mais s'agissant de la gestion publique de notre vie intime dans les domaines les plus personnels, on aurait pu s'attendre à une affluence "normale", quelles que soient les difficultés de l'heure.

Deux résultats méritent un coup de lampe, qui vont à contre-courant des incantations en plateaux d'hier soir. La France insoumise et les partis révolutionnaires traditionnels se sont liquéfiés ; ce qui n'empêche pas les adeptes de M. Mélenchon de continuer à parader malgré le vacarme de la crécelle à lépreux qui les suit. Le Rassemblement national se vautre certes, malgré une présence médiatique soutenue pour les raisons propres au pouvoir central en vue de la présidentielle de 2022, mais il fait des scores raisonnables aux cantonales puisqu'il vire en tête dans de nombreux départements. Pour mémoire : dans le Nord, le Pas-de-Calais, l'Aisne, la Marne, l'Essonne, l'Aube, la Moselle, l'Yonne, la Côte d'Or, le Doubs, l'Alsace, le Cher, le Loir et Cher, la Gironde, les Pyrénées orientales, l'Hérault, le Gard, les Bouches du Rhône, le Vaucluse et le Var. Certes au second tour, leurs adversaires peuvent regrouper des voix pour passer devant et gagner les bonifications au premier arrivé. Mais c'est un signe.
Côté Bolivariens, c'est moins brillant. Par exemple en Aveyron : malgré les pressions énormes sur l'emploi industriel qui ont poussé un peu plus fortement qu'ailleurs les électeurs vers les bureaux de vote (56,72% d'abstention seulement), avec un déplacement tonitruant du lider Mélenchon à Viviez chez SAM, LFi fait 0,66% et la Gauche unie, 2,72% derrière le PCF à 3,35% ! La confiance n'est pas là. Et plus généralement il aura fallu le fin minois de Clementine Autain en région parisienne pour que les Insoumis se sortent le cul des ronces ! Cela augure mal de la suite pour le Ché dont personne ne veut, sauf les sondeurs !

On pourrait faire cent lignes sur le désintérêt des Français pour une démocratie confisquée par les appareils - ils sont les Gilets jaunes des ronds-points - mais il sera difficile aux tenants de la démocratie directe de réveiller les morts. Une démocratie sans électeurs tournera vite à la kleptocratie par le phénomène de l'entre-soi. Les Français dans leur grande majorité vomissent leur classe politique. Il faut dire qu'elle ruine le pays en continu, ne sachant ni le gouverner ni le réformer. Quoiqu'il en pense, le prestige de M. Macron en a pris un sacré coup dans les enceintes internationales (lire la presse étrangère), autant sinon plus que la gifle de Tain. L'indice de popularité extravagante créé par les instituts se transforme en indice d'hilarité !

samedi 11 janvier 2020

Il est minuit Docteur Tsaï !


Le camp de la liberté a gagné les élections de Taiwan avec une meilleure mobilisation de la jeunesse épouvantée par la répression communiste à Hong Kong et celle moins connue des minorités aborigènes de l'île outrées du sort fait aux Ouighours du Turkestan chinois. Le gauleiter du Guomintang Han Kuo-yu va-t-il retourner à sa mairie de Kaoshiung après une sévère perte de face ? C'est la question que le peuple en liesse ne se pose pas.

Tsai Ing-wen (c'est la Wikipedia qui en parle le mieux) avait subi l'érosion de tous les dirigeants démocratiques, assaillis d'intérêts particuliers qu'ils ne peuvent satisfaire tous. Les Taïwanais vivaient leur démocratie à l'occidentale, demandant toujours plus et une juteuse embellie économique inter-chinoise. Ce qui laissait croire que le Guomintang, toujours le parti de la réunification - retrouvait des couleurs et devait facilement gagner. Jusqu'à ce que les gens s'aperçoivent que les libertés acquises étaient précarisées par la doxa continentale et que la démocratie dont on ne voyait pas les effets positifs, pouvait tout simplement mourir dans un rapprochement avec le Parti communiste chinois. D'où la réaction.

Le mot qui résume tout dans les émissions post-électorales ce soir est celui de "démocratie" parce qu'il est blasphématoire en Chine populaire. La présidente réélue tend la main au pouvoir chinois pour apaiser les tensions dans le Détroit, expression qui couvre toutes les dissensions politiques et économiques entre la petite Chine nationaliste et l'énorme Chine communiste. Xi Jinping entendra-t-il raison ? Rien n'est moins sûr.
Dans son hubris despotique, l'empereur revenu - il ne lui manque en réalité que le titre - ne pourra accepter aucune déviation de la sacro-sainte ligne politique, même pour de mutuels bénéfices, alors que ses prédécesseurs avaient mis beaucoup d'eau dans leur vin pour faciliter les échanges entre les deux provinces sœurs que sont le Foukien et Formose, les deux parlant la même langue, le hokkien. La vie était devenue normale pour les uns et les autres et un flux continu de touristes continentaux ne cessait de croître, la curiosité à l'égard de la Chine ancienne l'emportant sur toute autre considération patriotique. Pékin a coupé le flux des voyages individuels en 2016 pour punir le cabrage de la présidente de l'île rebelle, n'autorisant plus que les voyages organisés (par le Parti). Le motif secondaire était la masse d'éloges rapportés du voyage par des centaines de milliers de Chinois originaires des cinquante villes délivrant des visas pour Taïwan. Assez impressionnés par le calme au quotidien, la gentillesse naturelle des gens et les libertés publiques, ces voyageurs diffusaient des idées malsaines à leur retour à la maison. Depuis cette attaque économique sous la ceinture, Taïwan a fait plus largement la promotion touristique du pays en Asie et en Océanie ; sa fréquentation a atteint des records, compensant le recul chinois.

Les bisounours de la diplomatie consensuelle s'attendent à un apaisement pragmatique sur le Détroit, ce qui indirectement détendrait les crispations en Mer de Chine méridionale où les riverains commencent à s'agacer de la morgue chinoise. Mais une analyse plus fine, tenant compte des défis intérieurs, conduit à anticiper un renforcement de l'hostilité communiste, les principes marxistes-léninistes ne pouvant plier devant les réalités mercantiles, et pis encore, devant cette horreur occidentale qu'est le simple bon sens !

lundi 1 août 2016

La Mémoire d'un ordre naturel


Ce billet a paru dans la rubrique Libres propos du Lien légitimiste n°69, tombé dans les boîtes fin juin (p.17). Ecrit bien avant le référendum britannique, il anticipait sans le savoir la fracture du Royaume Uni par l'exercice du procédé démocratique le plus brutal possible. Galles et Angleterre s'opposent désormais à l'Ecosse et l'Ulster. Londres fait sécession intérieure. L'ancrage monarchique qui tenait ensemble tout l'attirail grand-breton ne semble pas suffire, mais un Premier ministre adroit fait le projet de circonvenir ses pairs au Conseil européen pour satisfaire les brexiteurs sur la forme et les hérauts du libre échange sur le fond.
Le RU est une fédération de quatre nations, la France un Etat-nation. C'est la différence entre nos deux pays qui laisse tout son intérêt au billet du Piéton réclamant de ré-aimanter la société autour d'un souverain. Cet intérêt est décuplé par la demande anxiogène des Français d'être enfin gouvernés par des hommes en lieu et place des bêtes à concours qui trustent le pouvoir par le jeu mortifère des partis politiques. La constitution de 1958 était faite pour un chef d'Etat naturellement fort, elle fut de bonne application pour son "dauphin" Pompidou, mais montra bien des défauts quand les coteries partisanes la submergèrent ensuite. Il n'est plus besoin d'avoir autorité et charisme aujourd'hui pour prétendre à gouverner la France, mais de soumettre à ses vues un parti rassemblé et convaincre de nombreux sponsors. Nous sommes bien loin de l'ordre naturel. Ce billet entre en archives Royal-Artillerie sous le libellé LLL.

Bimestriel sur abonnement pour dix euros en version électronique et trente euros pour la version papier (6 numéros). Envoyer le chèque à : Le Lien Légitimiste 2, Le Petit-Prix 37240 La Chapelle Blanche Saint Martin.

« Puisque donc l'âme est immortelle, qu'elle a éprouvé de multiples réapparitions, et contemplé toutes choses, celles de ce monde et celles de l'Hadès, il n'est rien qu'elle n'ait appris, si bien qu'il n'est nullement surprenant qu'à l'égard de la vertu comme de tout le reste, elle soit en état de se ressouvenir de cela même qu'elle savait antérieurement. Car, puisque la nature tout entière est liée par des affinités, et que l'âme a appris toutes choses, rien n'empêche qu'en se remémorant une seule chose, on ne retrouve de soi-même toutes les autres, à condition d'être courageux et d'une endurance sans faille dans la recherche ; car ce qu'on nomme chercher et apprendre n'est en somme que réminiscence.» (Socrate* à Ménon dans un dialogue de Platon sur la vertu).

Comme s'il se souvenait d'un ordre naturel vieux comme le Temps, le petit d'homme organise d'instinct son environnement social en pyramide (famille, école, équipe sportive) et l'âge venant il ne s'en départit pas jusqu'à ce qu'on le force à raisonner sur d'autres bases. Est-ce cette inclination qui fait le succès des rois dans l'esprit humain ? Depuis l'aube du monde, l'espèce s'est organisée en pyramide et si d'aventure il s'est vu un peuple différent du modèle courant, il n'en reste rien, à croire qu'il n'a jamais existé. C'est le drame de l'impossible organisation par l'horizontalité, par la démocratie : l'être humain en ressent d'abord le côté artificiel, plaqué sur sa nature profonde, avant que d'être forcé d'y croire par une doxa politique de consommation courante, même si au bout du bout, il s'avère que ça ne marche pas. C'est le point où est rendu notre bel occident, pour paraphraser Maurras. La démocratie d'étage régalien ne marche pas. Pour preuve, à l'étage fédéral on lui substitue la technocratie, seule organisation capable apparemment de développement cohérent. En revanche, au niveau local l'arbitrage démocratique reste pertinent, soyons juste.

Les défauts inhérents au suffrage universel ont partout suscité des protocoles d'application censés les surmonter. Notre pays, dans ses modes de scrutins avantageant le bipartisme, est un champion de la fabrication des résultats électoraux, dès lors que le peuple est un souverain incapable. Mais le constat n'est pas nouveau. Proudhon** allait jusqu'à nier en termes définitifs le peuple remis en selle par la Deuxième République :
«Le Peuple, non plus que Dieu, n'a des yeux pour voir; des oreilles pour entendre, une bouche pour parler. Que sais-je, s'il est doué d'une espèce d'âme, divinité immanente dans les masses, comme certains philosophes supposent une âme du monde, et qui, à certains moments, les émeut et les pousse; ou bien si la raison du Peuple n'est autre que l'idée pure, la plus abstraite, la plus compréhensive, la plus dégagée de toute forme individuelle, comme d'autres philosophes prétendent que Dieu n'est que l'ordre dans l'univers, une abstraction ? Je n'entre point dans ces recherches de haute psychologie: je demande en homme pratique de quelle manière cette âme, raison ou volonté, telle quelle, du Peuple, se pose, pour ainsi dire, hors de soi, et se manifeste ? Qui est-ce qui peut lui servir d'organe ? Qui a le droit de dire aux autres : c'est par moi que le Peuple parle ?»
(Solution du problème social, 1848).

Et le même de pulvériser ensuite le suffrage universel qui n'est que l'arithmétique d'un arbitrage atomisé par des individus tous inégaux dans leurs capacités d'appréhension des questions sociales, en d'autres termes : faire droit à la quantité jusqu'à ce qu'une fraction de l'Opinion dépasse, même d'un cheveu, les autres pour les combattre légalement, les pressurer, le comble de la stupidité ! C'est le ferment des guerres civiles rampantes qui hantent la République depuis son rétablissement.

Nos concitoyens sentent bien au fond d'eux-mêmes que notre société est dans l'erreur. Ils ne perçoivent pas l'âme collective dans le désordre ambiant, il faut leur signaler qu'il n'y en a jamais eue. Le peuple n'a pas d'âme, son expression est fabriquée. Dans le passé, on le leur a fait croire mais dans les faits, la démocratie en ses meilleurs moments ne fut que le socle d'élection d'une nouvelle aristocratie capable de gouverner les corps sociaux jusqu'à ce que la dispute intrinsèque au modèle achète l'un et l'autre par le débondage de privilèges dévorant le capital de la nation pour en distraire le plus possible au profit d'intérêts particuliers, relançant déjà l'affrontement des factions que l'on avait su un moment apaiser. Le peuple, certes sans "âme" mais pour le coup unanime, constate la chienlit générale et l'incapacité des procédures politiques à y porter remède : les taux actuels d'impopularité sont accablants. De quelque bord qu'on l'observe, le système est récusé tous les jours dans son financement, ses modes opératoires, sa pseudo-aristocratie.

Le pays est écrasé de dogmes étatiques portés par une caste de fonctionnaires pléthorique qui finit par engloutir la valeur ajoutée de l'activité économique du secteur libre, sous le regard impuissant d'une caste politique, immense elle-aussi, et dont beaucoup de membres sont des fonctionnaires protégés, caste qu'il faut nourrir d'abondance dans ses réclamations et ses inutilités. Conscients de la captation de l'héritage républicain par une nomenklatura plus habile que savante, certains bégaient une resucée de la Quatrième république sous un numéro Six, plus encore soviétisée que le gouvernement provisoire de la Libération ; d'autres poussent à réduire un Etat impotent au bénéfice d'une approche technique des défis mondiaux par des équipes compétentes au niveau européen ; les rêveurs appellent à nationaliser des capacités de décisions qui ont disparu à jamais du fait de l'incurie crasse de notre propre Etat-nation ! Aucun, du moins si peu, n'appelle à revenir au modèle naturel ressenti en chacun depuis toujours : la pyramide et sa pointe immobile qui sert d'amer à tout le pays.

Nous devons retrouver le sens du monde en reconstruisant nos sociétés dispersées aujourd'hui en groupuscules hostiles. Le plus simple n'est-il pas d'y réintroduire d'abord l'aimantation générale que constitue partout ailleurs l'affection des peuples pour leurs souverains de chair et d'os ? Et d'accord enfin sur ce premier point, commencer à hiérachiser nos priorités d'intérêt général pour construire le Projet commun dont la France a maintenant un besoin urgent, à peine de fondre comme neige au soleil dans le magma global dont elle n'a pas su tirer tout le parti possible. Il nous reste peu de temps pour exercer ce qu'il nous reste d'autonomie à réparer notre pays. Le temps ? L'organisation mondiale des blocs en cours pourrait bien nous le prendre. Hâtons-nous !

* « Non seulement Socrate est la plus pure incarnation du bon sens et de la philosophie pratique dont la Grèce ait fourni le modèle, mais il demeure l'immatérielle image du beau moral et du vrai, non moins que l'exemple de la valeur civique et militaire, le symbole de la mort du juste » (Joseph Orsier). Lisez Socrate (chez Platon) un philosophe des plus modernes et des plus "clair" dans sa tête, qui vous changera des philosophes germaniques obscurs à la mode ! Nous avons été créés par la thalassocratie grecque et nous ne venons pas des landes de Courlande ni des marais de Poméranie, l'agonie du néant.

** Pierre-Joseph Proudhon (1809-1865), un des plus éminents publicistes du parti républicain socialiste (selon le Lachâtre de 1856), inventeur de slogans définitifs comme "la propriété, c'est le vol" ou "la démocratie, c'est l'envie".

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lundi 26 octobre 2015

Du gouvernement des princes, de celui des bureaux


Il est des ministres bons et mauvais, et dans le régime de l'éphémère il est difficile de prédire leur comportement s'ils n'ont jamais exercé. Le pouvoir qui les choisit en démocratie recherche parfois la compétence, mais plus souvent une harmonie des "courants" et la non-concurrence lors des prochaines courses de haies. Ce qui ne garantit rien, ni l'accomplissement de la mission, ni la fidélité. Mais il arrive aussi qu'un maroquin échoie à une personne de qualité, au-dessus des contingences politiciennes. A quoi distingue-t-on un bon d'un mauvais ministre ? Le science-fictionniste Herbert exprimait son jus de crâne en ces termes :

«La différence entre un bon administrateur et un mauvais tient à quelques cheveux. Les bons administrateurs sont ceux qui font des choix immédiats [...] Un mauvais administrateur, par contre, hésite, discutaille, réclame des réunions, des rapports, des commissions d'enquête. En fin de compte, par son comportement, il risque de créer de sérieux problèmes [...] Le mauvais administrateur s'occupe davantage des rapports que des décisions. Il cherche à se constituer le dossier impeccable qu'il pourra exhiber comme excuse à ses erreurs. Le bon administrateur se contente de donner des instructions verbales. Il ne cache pas ce qu'il a fait si, à la suite de ses ordres, des problèmes surgissent. Il s'entoure de gens capables d'agir avec discernement sur la base de simples instructions verbales. Souvent, l'information la plus importante, c'est qu'il y a une difficulté quelque part. Le mauvais administrateur dissimule sa faute jusqu'au moment où il n'est plus possible de redresser la barre.»

La prestigieuse Ecole nationale d'administration française et sa succursale de division 2, Sciences-Po, produisent des employés de "bureaux", livrés parfaitement rodés au jet continu de la production de rapports, normes, projets de loi et décrets, adroits également pour déplacer les responsabilités qui leur incombent sur les têtes subalternes (le protocole du lampiste). Sans texte, éléments de langage, lexique de langue de bois, prompteurs pour les plus haut placés, ils sont vite perdus. Leur pensée doit être couchée. Mais l'enseignement de la carrière que prodigue l'ENA se déroule aussi sous les auspices du célèbre aphorisme : la fin justifie les moyens.

A voir tourner le manège, on sait qu'il est monté par des gens sans aveu, prêts à tout pour s'ancrer soi-même et les siens au rocher de l'Establishment, par tous moyens pourvu qu'ils soient rapides et sûrs. La course aux honneurs en période d'impermanence comme aujourd'hui montre qu'il n'est ni honneur, ni morale à ce niveau ; d'ailleurs cette caste ne démissionne jamais quels que soient les motifs qui le demanderaient ; on les chasse comme valet indélicat. Et de voir partir la queue basse les Alain Carignon (Lyonnaise des Eaux), Gérard Longuet (financement PR), Michel Roussin (HLM de Paris), Strauss-Kahn (MNEF), Donnedieu de Vabres (blanchiment), Pierre Bédier (corruption marchés publics Yvelines), Christian Blanc (cigares), Alain Joyandet (abus de jets), Alliot-Marie (Ben Ali), Tron (fétichisme des orteils), Cahuzac (fraude fiscale), Yamina Benguigui (fraude), Aquilino Morelle (cireur de pompes), Thévenoud (phobie administrative), Kader Arif (népotisme)... Et il y en eut beaucoup d'autres avant eux, sans compter les suicidés à deux balles.


Pour ce qui les concerne, les monarchies exécutives sont génétiquement pyramidales et réduisent la taille de la bureaucratie administrative à mesure que l'on s'élève dans la hiérarchie. Le responsable suprême ne peut gouverner à des centaines de pions, mais se cantonne à l'excellence des ministres peu nombreux du Conseil qui partagent avec lui l'efficacité du commandement des hommes à la voix. Peu de papiers, des idées claires, une autorité naturelle sans arrogance et une tonne de bon sens.
Les monarchies ont aussi une prédisposition naturelle (quasiment féodale) à classer les hommes et les postes qu'ils occupent dans une hiérarchie visible et sue de tous où chacun connaît sa propre position et toutes celles de son environnement professionnel, l'espérant temporaire bien sûr. C'est le meilleur système d'ascenseur politique et social puisque les degrés d'élévation sont publics et ouverts. Les ministres de nos vieux rois vinrent si souvent de la roture qu'il est inutile de le prouver, la plupart furent par après anoblis. Mais il y eut aussi des ministres convoqués dans la noblesse qui ne déméritèrent pas non plus. Sauf rare exception - dans des périodes troublées - c'est la compétence qui dictait le choix du souverain, au vif déplaisir parfois de la Cour. Ces gens débattaient en Conseil au même étage d'intelligence, on décidait, on écrivait peu, sauf des ordres !


A contrario, la pléthore de ministres et sous-ministres des gouvernements de nos Républiques est encore aggravée par l'inflation des cabinets ministériels qui doublent le staff permanent, quand ce n'est pas un gouvernement parallèle qui est recrée au niveau du président comme s'il s'agissait de se méfier continûment du gouvernement régulier. Il n'y a plus de hiérarchie, mais un panier de crabes qui se battent à coups de tweets et de projets démagogiques.
En dessous d'eux, les "bureaux" prospèrent sur leur production réglementaire dont le but le plus évident est leur propre perpétuation. D'où ce cancer de la complication recherchée pour réduire la visibilité des effets induits par l'action politique et dérouter les administrés.


La France, pays de droit écrit, est devenue championne du monde de la diarrhée législative, son code du travail, par exemple, est une arme mortelle pour aucun crâne sur lequel on l'assène puisqu'il pèse trois kilos ! Mais s'il est le plus emblématique, il n'est peut-être pas le plus lourd : les codes électoral, pénal, des impôts, et de la consommation ont vu leur poids augmenter encore plus vite que celui du code du travail. La bureaucratie spécialisée se nourrit de cette inflation qui rend impossible toute réforme puisque la production plumitive ne cesse jamais. Réformer c'est surtout écrire la réforme dans tous ses détails d'application, on n'en sort jamais. Sauf à ruiner l'ouvrage jusqu'aux fondations et rebâtir tout en neuf, on ne réformera pas. C'est ce qui nous attend. On fera autrement, et nous sauverons ce qui reste de chantiers navals français !




(Cycle d'Arrakeen 2015)

lundi 13 avril 2015

Ballade en forêt


Observant ci et là les traces du châblis de la Noël 99 - quinze ans après, on les voyait encore par des clairières improbables - je poussais mon bleu de Gascogne dans les bois de Maisons-Laffitte du côté du pavillon de la Muette dont on a parlé dans la presse de mécontentement, quand un cairn tout ébouriffé croisa notre chemin. Je reconnus le chien avant le maître qui arrivait en pressant le pas. C'est une maîtresse. "Bonjour, j'ai lu tous vos livres", me dit-elle. Et moi, un peu confus de lui avouer que, si je squattais l'espace cybernétique plus que de raison - mais comment le savait-elle d'abord ? - je n'avais encore rien publié, pas même à compte d'auteur. En fait, j'ai bien écrit un roman de cinq cents pages que j'avais débité par épisodes sur Steppique Hebdo papier, mais au moment de le ramasser en un volume pour le présenter à l'édition, il m'avait paru "nul à chier" en me tombant des mains. On aurait dit du Claude Ferny.
"Mais vous écrivez bien dans l'Action française ?" reprit-elle. C'était donc ça. De temps en temps, quand vraiment ils n'ont pas trouvé mieux et dans d'autres journaux aussi sur des sujets que j'ignore, ce qui lui arracha un sourire, elle avait de très belles dents.

Le pavillon de la Muette derrière nous était un sujet tout trouvé sur la privatisation du patrimoine national en période de banqueroute nationale. Elle m'apprit que beaucoup de biens fonciers d'importance était toujours la propriété de familles en Angleterre et que la question ne se posait pas. Elle était - je le sus plus tard - irlandaise, orangiste, et pas rousse.
Mais la question en marchant ne tarda pas : "C'est quoi cette affaire Le Pen dont me parle ma bonne ?". Ah oui, vous employez une bonne nazie ? Elle rit franchement, si librement que je me fis violence à dire du mal de gens qui ne m'ont jamais rien fait. Et voici à peu près mon racontage :

Le vieux Le Pen a construit sa vie sur une carrière de "chef féodal" qui par essence recherche ses féaux et uniquement ceux-là. L'inclination naturelle de Le Pen à bien parler à la tribune le mena vers la constitution d'un parti politique réglementaire, bien aidé par un président de la République qui lui devait des voix. Cette construction attira des cadres formés qui prirent ce parti comme un instrument de conquête du pouvoir alors qu'il n'était qu'un outil de coagulation de râleurs et ronchons bougons¹, et d'abord, un pavois gaulois d'ostentation du menhir national. Quand il nomma sa fille pour lui succéder, la coterie régénérée qui se mit en place joua à fond la conquête du pouvoir, tout en s'agaçant de la posture avantageuse du vieux chef qui, lui, n'avait pas changé. Il n'a pas sa place dans ce logiciel politique et fait tout son possible pour dérailler le train. C'est un caprice de vieillard cacochyme, incapable d'assurer aucune fonction exécutive nulle part quoiqu'on ne l'y ait jamais vu - il est assez diminué en mobilité mais garde toute sa tête et le pouvoir de nuisance qu'elle contient. D'où le clash !

Soit il se couche et écrit ses mémoires à sa gloire, soit il appelle au schisme et le parti dérivé renouera avec les anciens scores de l'extrême droite dure, dans les deux pour cent, ce qui aurait le mérite de couper l'amarre nauséeuse d'un antisémitisme désuet auquel le Front national est encore lié. À mon avis, il se couchera, car le mafiatage en continu que réclame un parti politique est maintenant au-dessus de ses forces - il a 87 ans - mais le précurseur chimique de la haine peut encore détonner car il ne réclame pas d'effort.

Quant au parti actuel, rénové autour de sa fille, il va se fracasser sur le mur du programme économique qui n'est qu'une resucée de celui de la Révolution Nationale² du maréchal Pétain. Avec de bonnes et de mauvaises idées mais terriblement daté. Ce programme n'a pas été combattu sur ce terrain économique jusqu'ici mais à l'approche de l'élection présidentielle de 2017, les analyses défavorables vont pulluler et lui aliéner la classe moyenne qui serait tentée par le nettoyage de la porcherie républicaine, pour y mettre des cochons tout propres. Elle écoutait gravement, ce qui me surprit un peu.

Nous débattîmes de détails racistes, des couleurs européennes, des cafards asiatiques et des mahométans anxiogènes. Puis vint l'UKIP qui touche à ses limites dans la campagne électorale britannique en cours. Et franchissant le pont cavalier sur les voies du triage, nous fîmes tête vers la route derrière les chiens pour y boire un chocolat chaud. Elle prit un whisky entier sans eau ni glace. Ses yeux déjà brillants n'en pétillaient que plus. Je n'avais pas remarqué les émeraudes en boucles d'oreille. Je reviendrai à la Muette.


cairn terrier


Notes hors-conversation :
(1) Les Ronchons des Ecrits de Paris ?
(2) voir la Wikipedia sur la RN(clic)

lundi 22 décembre 2014

Nous avons d'abord un problème politique

Le peuple va au ski l'esprit moins tranquille que d'habitude. Certes la neige n'est pas épaisse et moins de pistes seront ouvertes mais le tracas est ailleurs. On quitte pour quelques jours son chez soi, ses activités professionnelles, ses amis souvent, en ayant l'impression que rien ne restera fixé en notre absence, tout finalement peut arriver. Si l'avenir est bouché, le sol bouge et nous inquiétons même nos voisins qui nous regardent de travers. Nous percevons que le système est foireux, à la masse de gens sans travail qui nous entourent, et le pouvoir nous assomme de petites choses sans intérêts comme pour cacher son impéritie : feux de cheminée, crèches, cannabis, sans-papiers, dimanches ouvrables, aéroport de Nantes... Quelle que soit la compétence des services de l'Etat, le gouvernement en charge du pays ne donne pas confiance, à l'image du président qui a plongé lui-même dans la plus parfaite déconsidération en se comportant comme un... (inutile d'injurier un métier, il n'y en a pas de sots). Il faut dire qu'il a mis le paquet pour tester sur lui l'effet du Ridicule. En bref, il peut se passer n'importe quoi dans la plaine pendant qu'on améliore le planter du bâton !

Grâce au modèle social que le monde entier nous envie sans jamais oser le demander, les problèmes économiques français sont avant tout des problèmes sociaux. Si des génies de la saine gouvernance peuvent résoudre les équations financières, il n'y a qu'une volonté politique pour affronter les nombreuses dérives de l'assistance publique, sans encore toucher aux schémas de Ponzi construits partout pour faire rouler les trains du Progrès, qui, eux, convoquent un titan. Or les quinze dernières années ont montré à l'envi que nous - les cons - avions garni les allées du pouvoir de velléitaires et aucun caractère suffisamment trempé pour affronter lobbies, syndicats, corporations et autres gangs. Au-delà des compétences nécessaires, nous cherchons aujourd'hui une volonté politique. Et il n'y en a pas ! Par contre nous ne sommes pas en peine de mimes et de clowns dans l'emploi.

La fonction présidentielle est d'abord celle d'une pointe de pyramide, un repère fixe, visible de partout, un peu ce clocher au village qu'on voyait de tous les champs sur les chromos des calendriers. Nous n'en avons pas. Le dernier président qui émettait des ondes rassurantes était Georges Pompidou. Ils ont depuis dégringolé les marches : se sont succédé, un pharaon coupé des réalités qui déclara vouloir vider le programme de son adversaire de sa substance (?!); un pervers politique qui détruisit l'esprit entrepreneurial du pays pour nourrir ses électeurs ; un grand dépendeur d'andouilles qui tourna au roi-fainéant quand il eut compris qu'on ne pourrait rien lui reprocher s'il ne faisait rien ; une pile à décharge du modèle le plus vulgaire en rayon ; et puis ça, le casque de la rue du Cirque !
La fonction seconde est la décision. Inutile d'épiloguer... c'est un désastre.

La pyramide politique du pays n'a plus de faces planes, la pointe n'existe pas, la base est en liquéfaction lente parce que le premier parti de France est celui des émigrés de l'intérieur. Ils laissent le champ libre à un nouveau parti, celui des râleurs, sans programme construit ni tenable. Le bureau politique du Front national dérive sur la mer des idées en fonction de la pêche aux voix ; les prébendes sont maintenant à portée d'urnes, tout est valable, on frétille même du croupion. Entre-temps, le gouvernement donne le change en agitant le tapis de poussière mais les coups de menton du Premier ministre ne convainquent personne. Il faut dire que les hiérarques socialistes à la manœuvre sont particulièrement gratinés. Le sentiment d'inquiétude est général, il traverse aussi ma famille et je fais ce billet un peu découragé.

C'est paraît-il ce que n'éprouvent pas les sujets des monarchies du Nord, qui au milieu de leurs soucis ont quand même le repère du roi ou de la reine, astreint en famille à des manifestations coutumières exaltant les traditions rassurantes et communiquant avec leur peuple, sans arrière-pensées politiciennes, pour exprimer la continuation de la Nation. L'implication tardive de la Reine d'Angleterre dans la dispute écossaise fut... magistrale.
Pourrions-nous en France en bénéficier ?

Certainement ! Avec qui, est une autre histoire ! Nous avons aussi un problème politique de ce côté. On y reviendra.

vendredi 15 février 2013

Démocratie obligatoire...

VOTE OU CREVE !
... où l'agonie d'un système véreux. Dommage que l'astéroïde 12DA14 nous évite ! Avec un poil de chance il serait tombé sur le Palais Bourbon. La classe politique, informée de l'aversion qu'éprouvent de plus en plus de gens à son endroit, voit dans le vote obligatoire une garantie de survie. Car s'il est des pays où les mœurs politiques acceptent qu'un adulte sur trois se déplace le jour d'une élection, l'abstention est en France un inquiétude pour le pouvoir, convaincu depuis la Révolution de la profonde inclination insurrectionnelle de l'électorat. Ne pas voter y est ressenti comme le signal d'une désapprobation latente plus qu'un désintérêt. Hélas, ces messieurs toujours en course n'ont cessé de débecter le bon peuple, non tant par leur conduite publique et personnelle qui est parfois répréhensible, que par la reconstruction à leur profit du mode d'expression d'un choix canalisé.
Truquer le mode de scrutin pour dégager des majorités relatives en rebrassant les résultats électoraux entre les deux tours, présélectionner par diverses contraintes les écuries partisanes autorisées à concourir, instrumentaliser l'administration locale au bénéfice du sortant, tout est fait pour qu'une opinion "formée" par l'école et les médias exprime un choix prédigéré, comme au sweepstake sur une ligne de chevaux préparés ; et qu'à la fin soit conduit dans les caisses des partis le flux le plus fort possible de subsides publics, outre le pouvoir acquis.

Sans faire un cours sur l'abstention, on peut rappeler qu'au-dessus d'un socle incompressible dû à l'actualité des listes ou à la présence des inscrits, s'ajoute une strate de ronchons impénitents, mais au-delà, on trouve une population dégoûtée que leur avis ne soit pas pris en compte (question des référendums) et que l'élection de représentants ne soit qu'une mise au grattage ou au tirage, les élus restant libres ensuite de faire n'importe quoi, sinon d'obéir à un caporal-chef de groupe parlementaire que l'électeur de base ne connaît pas.
A ce sujet, le processus d'élaboration et approbation du mariage gay réunit tous les vices de consentement public. Projet en poupée russe, pas d'avis éthique reçu, scrutin disciplinaire, autisme "en démocratie" à l'endroit de la foule, clivage recherché de l'opinion, affaissement de l'argumentaire au ras du caniveau. Trois pour cent des Français (3% selon la Gauche populaire¹) ont jugé la mesure prioritaire, quatre-vingt-dix pour cent exprimant la primauté du social sur le sociétal. Qu'à cela ne tienne, on va lancer le vote des étrangers dans le jeu de quilles !

La proposition de loi électorale déposée par la Droite de l'UMP (ça doit faire un petit centre) invoque les mânes des sacrifiés de l'histoire pour que vive la démocratie française, sans se douter que beaucoup de ces courageux marchaient au rythme du devoir de leur charge plus qu'à espérer sauver un régime politique précis, encore moins le présent système qu'ils auraient eu bien du mal à imaginer, tellement il est à dessein compliqué. Il se sont battus sous les ordres de leurs officiers pour bouter l'envahisseur hors du territoire et protéger leur familles, leurs copains, leur mode de vie, leurs coutumes et la liberté mesurée que leur laissaient leurs moyens de subsistance. Le mot "démocratie" est entré très tard dans le vocabulaire courant des familles, et malgré quelques échantillons éphémères en 48 et en 70, il n'a pas convaincu. Alors l'amalgame démocratie-liberté est de rigueur dans la doxa républicaine car il est plus facile de vendre le système auréolé d'une aspiration naturelle de chaque individu, la liberté, plutôt qu'un concept sec dont la définition insulte immédiatement la réalité.

La liberté sera donc balisée dans son expression et pour sa défense, sous astreinte de 15€ l'absence, portée à 45€ en cas de récidive. C'est incroyablement belge. Votez ! je le veux ! On atteint là au comble de l'infantilisation, et il m'étonnerait que le Français moyen forme les faisceaux de cannes à pêche parce qu'on le veut contraindre. De quel mandat se prévalent ces semi-députés² pour forcer les autres à entrer dans le cirque ? Celui de leur incommensurable orgueil. Vive la Confédération helvétique, NDD !




(1) courant minoritaire du PS opposé frontalement à la gauche-caviar parisienne (clic)
(2) les majorités absolue des inscrits sont très rares, sauf à offrir une piscine à chaque électeur.

samedi 3 novembre 2012

Que d'encre, que d'encre !

Matignon, le 2 octobre 2012. Les Cent-jours furent suspendus au bilan de la Cour des Comptes présidée par un socialiste. Elle révéla tout ce que tous savaient déjà. Chapeau, les malins ! Nous attendons pour lundi ce tantôt le rapport industriel dit-Gallois de gauche, qui sera susceptible de mise en oeuvre sans choc, étalée sur quatre ans, aussitôt après la publication du rapport du Haut Conseil du financement de la protection sociale en janvier, lui-même emboîté dans l'état des lieux forcément de gauche de la Sécurité sociale qui est sorti aujourd'hui. Que d'encre !

La remise du rapport de productivité au Premier ministre - devrait-on dire de "productivité du Premier ministre" ? - est éventé et inutile puisque les fuites-tests du mois d'octobre ont convaincu les entrepreneurs qu'ils perdaient leur temps à l'espérer. L'industrie française est maintenant hors-course. Chercher de la croissance n'y changera rien. Ces messieurs de Solférino n'ont pas compris ce que tout bac-moins-cinq sait déjà : sans production compétitive en prix sur notre sol, toute croissance par la relance de notre consommation augmentera nos importations. Et donc le monstrueux déficit commercial, qui n'est compensé par rien puisque nous avons très peu d'invisibles. Pom polom pompom, normal ! "Attendons le rapport" répètent-ils à l'envi, en criant (à raison) que c'est la faute à Sarkozy ! On les tuerait ! De qui la faute ne nous fera pas avancer d'un mètre. Récriminer sur le passé ne sert à rien.

Sur FR2 chez Roland Sicard, le soft-économiste Elie Cohen faisait involontairement écho à l'ancien chancelier socialiste Gerhard Schröder pour qui en France, c'est cuit ! Des déficits partout en phase récessive ne sont pas jouables. Le chômage va exploser (Cohen) et le refinancement de la Dette aussi (Schröder). Est-ce le destin de la Grèce qui nous attend comme le titre complaisamment le Bild Zeitung ? Après le gros titre [Wird Frankreich das 
neue Griechenland?], le coup de massue à destination de Moody's ? On le croirait : « Les statistiques (françaises) rappellent celles des pays en crise d'Europe du Sud : plus de 25 % de chômage chez les jeunes, déficit budgétaire de 5 %, croissance nulle. » et de nous mettre dans la nouvelle tenaille qui va nous serrer entre les pays du sud dont le travail a dévalué à défaut de monnaie libre, et les pays du nord qui tiennent les parts de marché à la grande exportation. Parts de marché que nous soldons régulièrement, du moins à partir de la métropole.

La France, deuxième économie d'Euroland et deuxième contributeur du MES, va-t-elle devoir appeler au secours ses partenaires et le FMI au second semestre 2013 pour endiguer sa Seconde Révolution française qui foutra le feu à l'Europe entière, comme ce fut le cas de la première ? Ce n'est plus exclu, vu la tétanisation d'un pouvoir conscient d'être incapable, mais non coupable. Il fait ce qu'il peut... et ça devrait suffire !!!
Auquel cas, l'Allemagne serait seule au front, comme le fut l'Angleterre à une autre époque grâce à nous. Attendons-nous à cet amalgame anachronique de la part du tabloïd porno.

mercredi 31 octobre 2012

Google vs. Kane

Citizen Kane sur le bouillon
Les journaux que pille le géant de Mountain View - je vais être sympa, c'est ma logeuse - exploitent des schémas économiques corne-cul et s'en plaignent. Subventionnés à mort en France (car il en meurt, comme le journal russe France Soir), soutenus par la publicité des corporations commerciales et publiques comme la corde tient le pendu, ils cherchent de l'argent comme un Hébreu la manne au désert, au lieu de réinventer la fabrique de l'information adaptée, la fabrique pas l'information, adaptée non pas aux temps - le temps ne lit pas - mais aux clients. Couverts d'experts comme un chien de puces, ils se sont fait bourrer le mou sur la e-économie, un pied dedans, un pied dehors, changeant un peu mais pas trop, gardant les plumes d'antan pour afficher des signatures, faisant jeune, gratuit ! Que dalles ! Les quotidiens sont devenus "horaires", rafraîchissant leur production en continu ; ils travaillent 24/7 et saignent des frais. Les hebdomadaires s'y sont mis aussi, qui cannibalisent le créneau du quotidien et sont aux pièces pareillement. C'est le grand foutoir de l'information en continu, avec beaucoup de recopies, même entre grands titres. Et à la fin, le bénéfice est ce que laisse la publicité, s'il en reste !

Chacun des grands journaux de la planète a choisi sa voie et aucun n'en est content : le New York Times est en kiosque et en ligne, le South China Morning Post de Honk Kong est en ligne mais limite votre IP à deux articles avant de vous abonner, le Times de Londres est en kiosque et met en ligne une version d'accroche avec juste le début des articles, le Asahi Shinbun de Tokyo double ses éditions papier d'éditions digitales libres (dont une en anglais).


La plupart des internautes, n'ayant pas d'agrégateur maison qui monte à l'écran la sélection de sites d'information choisis, s'en remettent à des compilateurs automatiques comme Google News ou Yahoo News. L'article qui dans le tas les intéresse, ils vont l'appeler au site du journal pour le faire monter dans leur navigateur. Ceci suppose une édition digitale du journal, mais d'abord un kiosque de présentation, ce que fait Google puisque c'est de lui qu'il s'agit. Les journaux d'Europe occidentale se sont mis en tête de vendre au kiosque Google. Pas con ! Sauf que le tératosaure californien les envoie ch... en menaçant de les jeter du présentoir, car Internet cool c'est gratuit sous toutes apparences, l'argent pour l'affichage étant sur un second écran qu'on ne voit pas.

Qu'à cela ne tienne ont dit les journaux brésiliens, déréférencés à 90%, si t'en veux pas, j'le remets dans ma culotte, et de s'en trouver bien au plan économique. Pourquoi ? Parce que les internautes brésiliens ne sont pas des benêts et que s'ils veulent lire O Globo à l'écran, ils appellent le site http://oglobo.globo.com/ dans leur barre de navigation ou en favoris, et c'est parti ! Mais la raison du succès dans l'alternative n'est pas là.

Les journaux du Brésil, des Etats-Unis, d'Angleterre, du Japon, de Hong Kong, et nous pourrions continuer avec tous les grands journaux d'Amérique et d'Asie, ont un lectorat étendu. Les journaux français en comparaison n'en ont pas vraiment. Très mal gérés, leurs tirages sont ridiculement bas et les chiffres OJD sont forcés pour gratter sur les courses aux guichets publics, puisque les invendus sont énormes, dit-on ! C'est leur cancer depuis les années 70 quand ils sont entrés dans la spirale baisse des tirages/hausse du prix/diminution de la pagination. Quand je passe Le Monde ou La Croix à un ami d'Asie, il croit tenir en main une feuille confidentielle qui vit de scoops destructeurs tant le numéro est mince !
Sans subventions de tous ordres, il n'y en aurait plus aucun. Les prix sont du double de ceux des journaux étrangers, toujours plus épais. Par contre la qualité rédactionnelle des quotidiens français est infiniment supérieure à la moyenne mondiale, il faut le dire aussi.

Une expérience perso :
Je me suis abonné à bon prix au Figaro six mois par porteur cinq jours par semaine (OFUP à 68cts/j). Levé à 7:00:00, je descendais à la grille prendre le journal dans ma boîte à lettres verte à 7:30. Il y fut toujours ! J'ai déjeuné le coude sur mon journal tous les matins comme au Claridge ! J'ai dû interrompre cette livraison par suite de plusieurs absences. Je vais renouer le contrat pour six autres mois dès que je serai stabilisé. C'est vraiment l'usage le plus intéressant d'un journal, rien ne surpassant son édition papier de par la plasticité du support et la vitesse de consultation (voir la vidéo ci-dessous pour le "support"). Ce service pourrait-il "sauver" la presse quotidienne ? Les anglo-saxons ont inventé il y a longtemps le portage aux aurores. Essayons donc d'importer des idées ! Des fois qu'on ait trouvé quelque chose de bien ailleurs !


Et d'ici là, embauchons de vrais gestionnaires puisque nous avons déjà de bons rédacteurs. Les tristes capitalistes allemands qui se sont mis aux rotatives ont décidé de se passer de Google. Et les Belges, une fois ? Décidément, nous serons toujours en second.



Deux sites peuvent être consultés en enrichissement :
- l'article de la Wikipedia sur la crise de la PQN
- le compteur Mediatico qui recense des titres en ligne du monde entier.

mardi 23 octobre 2012

Le violon de M. Montebourg

A quoi lui servirait-il sauf à pisser dedans ? Des analystes sérieux payés au mois égrènent les revers du ténor des prétoires et nous en montrerons quelques exemples pour nos lecteurs de l'Ardèche. Attaquant les "patrons-voyous" - il n'y en a pas d'autres - d'avoir plombé tous ses espoirs de démondialisation protégée en ayant caché leurs intentions funestes, l'amant d'Audrey a porté le fer où ça devait faire mal : le blocage ex-abrupto des décisions économiques de ces entreprises irresponsables. Sauf que depuis la mort de M. Mitterrand, la gestion des affaires a été retirée à l'Etat Français, les performances ayant été absolument époustouflantes : Crédit lyonnais de M. Haberer (supervisé par M. Trichet!), France-Télécom de M. Bon, la liste fait 1 mégaoctet, je vous en fais grâce, mais rajoute aussitôt que les mêmes, une fois privatisés comme Dexia, ou mises entre les mains des mêmes hauts-fonctionnaires se croyant "à la coule", comme la Générale des Eaux, ont couru à de nouveaux désastres¹.

Ainsi donc M. Doux, menacé personnellement par le bouillant ministre, a déposé en catastrophe le bilan du groupe à Quimper pour le vendre par appartement, démantèlement explicitement exclu par le ministère ! Mise en cause tout aussi personnellement au motif présumé d'avoir pillé la société malade, la famille Peugeot fut déférée au tribunal d'un expert incontestable (dit-on), M. Sartorius, qui s'est empressé d'avaliser le plan de redressement de M. Varin, pdg de PSA, au grand dam de M. Montebourg qui n'avait dès lors plus de coupable à montrer du doigt. Qu'à cela ne tienne, le génie de la Bastille a retourné le fût du canon encore tiède contre le hollandais Unilever pour lui arracher l'usine marseillaise de Fralib et sa marque de thé "L'Eléphant", en les priant en plus d'acheter la production du repreneur du site, la Communauté urbaine de Marseille. M. Poman, pdg d'Unilever, n'a toujours pas compris pourquoi il devrait perfuser une usine subventionnée (à Marseille en plus) qui veut entrer en concurrence avec ses autres productions et à laquelle il aurait dû faire cadeau d'une marque. C'est sans compter avec l'énergie du désespoir, Arnaud se jette alors sur Sanofi pour lui intimer l'ordre d'employer en France. Le directeur général Viehbacher ne cherche même pas à expliquer que sa firme se retirait d'un certain segment de marché devenu stérile pour se développer ailleurs, ce qu'on ne peut lui interdire. Sanofi est mondial. Ensuite, en vrac, Air France, Arcelor-Mittal, Carrefour, Alcatel-Lucent, Electrolux, Pierre & Vacances, groupe Dim-Playtex-Wonderbra, Société Générale, Coop Alsace, Petroplus, Lohr, Caddie, SNCM, Rio Tinto, Sodimédical, Technicolor..., il en manque c'est sûr, comme Good Year, LyondellBasel, etc.

Seulement, derrière le décor, il y a des gens qui perdent leur travail. Ce qui en soit ne serait qu'un mauvais moment à passer s'ils ne vivaient pas dans une société de plus en plus figée dans des principes désuets. Les ouvriers sont pris dans la nasse idéologique. L'économie moderne est organisée sur un modèle de régénérescence perpétuelle. Les activités obsolètes meurent et leur mort dégage des moyens de développement pour des activités nouvelles. Les soutiens bancaires, les investissements ancillaires et les moyens de production libérés par les cadavres sont redistribués aux vivants. La force de production fait partie de ses moyens, elle en est même le premier atout. S'il peut y avoir des décalages pour chaque situation particulière entre la mort d'activités et la renaissance des autres, dans l'adéquation aussi des compétences, la masse globale de l'économie vivante assure un renouvellement des emplois. La seule condition est de ne pas freiner la renaissance et quand on peut, l'aider. D'où l'importance du foisonnement des innovations, de la créativité des personnes et des équipes, de leur motivation, et d'un soutien à la recherche. Sauf que le modèle soviétique français ne s'y prête pas du tout, à preuve on continue à vouloir punir le succès, la surtaxe de 75% est emblématique ; on se demande même, au vu de la minceur probable de la collecte, si ce n'est pas seulement l'emblème qui était recherché ! A destination de qui le message, reste un mystère.

En attendant la révolution des moeurs économiques - c'est à dire le départ des incapables - il faut parer au plus pressé pour sauver du travail. Et la seule voie ouverte qui aurait quelque effet serait un choc fiscal pour écraser le coût final de production par transfert des contributions patronales vers la plus large assiette fiscale possible, permettant aux entreprises de réafficher des tarifs plus attrayants. Ceci annoncerait une hausse de la CSG, de la TVA, les deux modérées par des réductions drastiques des dépenses inutiles de l'Etat au sens large, un des plus dispendieux d'Europe.
A quoi M. le ministre Sapin répond que « le sujet ce n'est pas l'ensemble des entreprises françaises, c'est le commerce extérieur. Le secteur qui est dans la compétition internationale, il faut le soutenir, il y a des mesures à prendre, y compris des mesures qui peuvent porter sur le coût du travail » ignorant ce disant que tous les plans sociaux ne sont pas des plans "export", il y a aussi une défense contre l'import à assurer. Il dit, pense et réfléchit, reporte ses conclusions en janvier 2013, pendant que l'économie saigne. Lui et ses copains de la promotion Voltaire déambulent de rapports en conférences, se donnent du temps, temps qu'ils n'ont plus. En vérité, il leur est impossible de reconnaître que les dernières mesures du gouvernement Sarkozy-Fillon (tva sociale) étaient sur le bon axe, quand leur président a déroulé comme seul programme électoral l'impéritie des prédécesseurs et l'annulation obligatoire des décisions prises. Gouvernés par des freluquets, nous allons payer très cher nos choix démocratiques. Cela devrait-il nous servir de leçon ? J'en doute !


(1) Cette difficulté est due en particulier à toute une génération de hauts fonctionnaires ultralibéraux. Bien que dépourvus de toute expérience du marché et de la concurrence, ils se sont imaginés, à partir de la fin des années 1980, que, puisqu’ils avaient été bons élèves à l’école pendant leur adolescence et qu’ils avaient passé avec succès des concours très difficiles à l’âge de 20 ans, ils allaient pouvoir sans problème faire des miracles sur le marché mondial si on les propulsait du jour au lendemain à la tête de grandes entreprises nouvellement privatisées. Mais quand les clients, les fournisseurs et les banquiers n’ont plus été des copains de promo de l’ENA, les choses se sont rapidement gâtées… (Guillaume Duval)


En postscriptum, les compliments de M. Debard (Mitsubishi France) : « Je ne comprends pas ce ministre qui ne connaît pas ses dossiers de l'automobile qui représente 25% des revenus de la France et 10% de l'emploi dans notre pays, car il n'y a pas seulement les constructeurs mais aussi ceux qui travaillent par ou pour l'automobile directement ou indirectement. Cet abruti mental, ce débile, augmente les malus écologique, réduit la vitesse des conducteurs sur le périphérique de Paris et pourrit la vie des automobilistes...» (La Provence du 23.10.12) De qui s'agit-il ?

dimanche 17 juin 2012

Décanter l'Opinion à dessein


Nous attendons les résultats dominicaux pour mesurer l'escroquerie démocratique puisque, selon les "experts", le Parti socialiste est donné gagnant pour emporter les 289 sièges de majorité absolue à l'Assemblée nationale, laissant ainsi les coudées franches au cabinet Ayrault-2 : si l'on revient à l'expression des choix électoraux du premier tour qui tracent la carte idéologique du pays, on comprendra que 16,53% de l'Opinion va gouverner : 29,35% des voix par 56,32% de participation exprimée (chiffres de la place Beauvau).
Les docteurs en démocratie ont l'explication : les élections générales n'ont pas d'autre but que celui de donner une majorité de gouvernement répondant à l'exécutif choisi (non élu). Il n'a jamais été question de porter au parlement le panorama politique de la Nation, qu'on se le dise ! Et messieurs les experts de sourire devant pareille naïveté. Vous le verrez ce soir.
Il n'est dès lors pas étonnant que les émois de l'électeur soient débinés puisque on élit des bataillons. Ces bataillons sont préconstitués dans les états-majors politiques (de tous bord) et les places étant aussi chères à obtenir que juteuses à occuper, il n'y a pas de cadeaux. Font les frais de cette avidité, les candidats du Front national en défaut d'ancrage territorial à l'exception de Marion Maréchal-Le Pen à Carpentras qui bénéficie de l'érection mentale de la candidate socialiste, Ségolène Royal (investie puis torpillée à La Rochelle), le socialistes Karimet (investi puis dissident à Laon) et Pellois (dissident à Vannes), les 8 écologistes barrés par 8 dissidents socialistes qui ont faim, et Bayrou à Pau qui doit laisser le rond de serviette à Chabanne. Au couteau !

La suite est à l'avenant. Embrassons-nous Folleville en pétant dans la soie, les élus montent à Paris constituer les groupes et malheur aux isolés, ils lèveront dix fois la main en cinq ans pour faire dévier la nationale qui passe à fond de train dans leur village, en vain ! La sélection impitoyable du scrutin qui vise à constituer des entités-blocs est aggravée par la prime exorbitante donnée aux groupes parlementaires. C'est le deuxième intérêt des résultats de ce soir pour les partis : former les blocs.

Les groupes constitués ont leur propre organisation et leur propre règlement intérieur, ils élisent un président qui les représentera au sein de la Conférence des Présidents et qui disposera de plusieurs prérogatives importantes, comme la demande ou au contraire l'opposition à la création d'une commission spéciale, le droit d'obtenir une suspension de séance pour réunir le groupe, celui d'exiger le vote au scrutin public, d'appeler en séance à la vérification du quorum à l'occasion d'un vote, de préparer l'ordre du jour parlementaire mensuel propre à leur groupe, de proposer ou de s'opposer à l'engagement de procédures d'engagement simplifiées, ou encore le « droit de tirage » qui leur permet d'obtenir une fois par an l'examen en séance publique d'une résolution proposant la création d'une commission d'enquête. Chaque groupe, en fonction de son poids numérique au sein de l'Assemblée, désigne ses représentants au sein du Bureau et des différentes commissions. Ils recoivent une subvention financière propre calculée sur leur taille respective et disposent de bureaux et de salles pour se réunir (base Wikipédia). Les députés isolés cherchent à s'apparenter à un groupe même s'ils n'y sont pas décomptés. Il faut 15 députés pour former un groupe ! (merci qui ? merci Wiki)
Les communistes comme les écologistes sont inquiets. Auront-ils assez de députés pour former le groupe. M. Laurent du PCF a déjà prévenu que le règlement d'assemblée devrait être impérativement modifié s'il n'avait pas le quota de quinze puisqu'il n'était pas admissible, vu leur histoire et leur capacité de nuisance dans la société, que les communistes soient versés aux non-inscrits. On peut s'étonner de cette revendication des dinosaures de la parole articulée, mais il est bien certain que nous manquerions au devoir de mémoire à l'endroit des touristes étrangers de n'être plus le seul pays d'occident à chauffer sur son coeur les camarades d'assassins dont on s'est partout débarrassé.

Terminons par la problématique du Front national. On va la faire courte, rassurez-vous.
Dans un billet resté fameux (clic), nous avons démontré l'imperium de la territorialité politique. Le Front n'en a pas, et je pense qu'il n'en aura pas du vivant du Menhir. Le scrutin sélectif détruit les partis isolés sauf s'ils sont ancrés. Ainsi 13,60% de l'électorat (7,66% de l'Opinion) seront ce soir orphelins, sauf élection de témoignage de 1, 2 voire 3 députés frontistes. Non-inscrits par définition, ils ne pèseront d'aucun poids dans l'hémicycle et seront barrés du travail en commission.
La démocratie telle qu'elle est exercée en France laissera finalement le porte-voix aux deux partis PS et UMP qui n'ont convaincu au premier tour ensemble que 31,80% de l'Opinion (56,47x56,32%), pas même le tiers ! En anticipant les problèmes quasiment insurmontables auxquels notre pays va faire face après le clash attendu entre Paris et Berlin à la fin du mois, il n'est pas sûr qu'une procédure pareillement biaisée ait joué le rôle de catalyse contrôlée des impatiences populaires et que le peuple reste dans les clous pour aller à la corvée de bois. Dit en trois mots, ce parlement ne vaut rien.



jeudi 31 mai 2012

En attendant Ségolène et son knout...


... on glande !

Notre beau pays n'est plus gouverné depuis quatre mois au moins, la faute à ce cadeau du Ciel maçon qu'est la Démocratie. La houle de la crise se creuse de plus en plus nous signifiant que la tempête accourt. Ces messieurs du pouvoir, les meilleurs comédiens de mai, sont totalement bloqués dans leur répétition de la Générale en attendant que les 577 spectateurs prévus emplissent la salle. Que reprocher à qui ne fait rien ? C'est l'alpha et l'omega de la ligne politique socialiste jusqu'au second tour des législatives, le 17 juin 2012 ; et avec les délais d'installation, la formation de la coalition, les chaises musicales dans les ministères, questures et secrétariats, nous pourrons dire que le navire France aura couru sur son erre pendant cinq mois. Peu de déclarations sinon lénifiantes, quelques décrets populistes puisque le vent souffle de là, aucune décision en aucun sens, si ! Un peu de politique étrangère, ça ne mange pas de pain (électoral). Commençons justement par là.

Les débuts normaux du président normal dans les enceintes décisionnelles internationales (on lui a pardonné quelques mauvais réglages non significatifs s'ils ne se répètent pas) ont fait place à l'eau tiède des convictions à débattre. Mais peut-être est-on revenu à une diplomatie aussi discrète que pugnace ? J'en doute. L'entourage s'accorde à dire que M. Hollande est allergique aux décisions qui fâchent.
Deux axes mous :

Syrie : le film d'horreur déroule sa bobine sans qu'on en voit la fin. Or celle-ci est entre les mains de la Chine et de la Russie. Est-il impossible que les pays de l'OCDE mettent en pointillés missions et déplacement officiels vers ces deux Etats en le faisant savoir ? Pas de grands mots ; ne parlons pas de rupture diplomatique ou d'embargo, mais une simple ostracisation bénigne du genre : « je ne voudrais pas que mes enfants sachent que je parle aux deux bouchers de Damas ». Tant Poutine que Hu ont un sacré pédigree dans le métier, l'un qui pacifia le Tibet de la manière que l'on sait, l'autre la Tchétchénie, en pire. On peut certes oublier l'histoire par convenances diplomatiques, sauf s'il y a récidive.

Mali : l'autre point chaud du silence français est l'Azawad. Un pays ami jeté aux chiens fous du salafisme incandescent. Inutile d'épiloguer, notre retenue nourrit un cancer. La très forte communauté malienne en métropole doit se sentir trahie.

De retour en métropole, nous arrivons chez la belle aux bois dormants. La liste est longue des points qui fâchent :

L'Allemagne ne collaborera pas à la mise en œuvre des émotions de préaux du candidat Hollande. Et le coup de pied de l'âne vient de l'ancien chancelier socialiste Schroeder qui se moque ouvertement de son programme. Ce qui veut dire que les esprits allemands vont se tourner vers leur orient et seront moins enclins à se rapprocher de nos demandes. Le patronat français dans son ensemble n'investit plus, la situation réglementaire de ses activités n' a pas encore décanté et le maintien d'une simple croissance zéro n'est pas sûr. Bruxelles s'émeut des déficits publics qui se creusent à défaut de « mesures rapides, solides et concrètes » pour la réforme des structures étatiques et sociales, et M. Barroso laisse entendre que les investisseurs pourraient s'en inquiéter, ce qui est déjà un pronostic auto-réalisateur. Or Bruxelles est au cœur du dispositif de contrôle et d'aide aux pays en difficulté et ne tient pas à y inclure demain la France inerte. La Cour des Comptes de Paris présidée par le socialiste Migaud commence à paniquer sur la bombe à retardement des pensions publiques¹ et les délais incompréhensibles dans la mise en œuvre d'une « stratégie de réduction ou de suppression des dispositifs les moins efficaces » dans les charges de l'État². L'OCDE vient de réitérer sa recommandation pressante de réforme de la fiscalité, de l'éducation et du marché du travail.
Rien n'y fait, rien ne bouge. On attend que Ségolène Royal accède au perchoir !





(1) Situation nette des régimes publics de pensions
- Fonction publique : -505 Mds€
- Régimes spéciaux des transports : -195 Mds€
- La Poste : -108 Mds€
- Régimes particuliers (ouvriers des arsenaux, anciens combattants,...) : -52 Mds€
(2) L'actif patrimonial de l'État français est court de 835 Mds€ s'il avait à couvrir son passif.
Voir les rapports 2011 de la Cour des Comptes

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