Si vous pensez que depuis l'expédition punitive en Libye que Bernard-Henry Lévy commanda à Nicolas Sarkozy, ce pays qui n'en est pas un est devenu un bin's sans nom, inextricable, inexplicable, écoutez Ghassan Salamé (le père de Léa) et tout ce que vous vouliez ignorer de ce pays sans jamais oser y penser va surgir devant vous en toute intelligence.
L'agence française d'information internationale télévisée nous dit qu'il a pour mission de ramener la stabilité dans un pays secoué par la violence depuis 2011, année de la chute du colonel Khadafi. Représentant le secrétaire général des Nations Unies en Libye, Ghassan Salamé a accordé un entretien exclusif à France 24, dans ses bureaux de Tripoli. S'il reconnaît qu'il ne peut pas "faire de miracle", il estime que le pays avance sur la bonne voie et que de grands progrès ont été faits, contrairement au dénigrement diplomatique à la mode occidentale. Personnalité culturelle arabe reconnue et primée, sa page Wikipedia (clic) est particulièrement fournie (CNRS, Sciences Po, Francophonie...) et sa carrière remarquable explique l'acuité de l'analyse qui se surajoute à la propension levantine à négocier. Place au maître, écoutez bien ce n'est pas long, pas assez long :
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mercredi 5 décembre 2018
La Libye de monsieur Salamé
lundi 27 avril 2015
Coke en cale
"On a triplé Triton" : ce n'est pas un message codé de Radio-Londres, mais la courageuse initiative de l'Union européenne à l'endroit des migrants de plaisance en Méditerranée. La France mettra deux bateaux dans les eaux internationales comme l'Allemagne, la Grande Bretagne comme la Belgique, un. Le reste viendra d'Italie qui a choisi une géographie provocatrice en avançant des îles jusqu'en Afrique du Nord. Les rescapés, qu'en faire ? "On" réfléchit. "On" est un con, disait l'adjudant des Bêtises de Jacques Laurent. Nous y sommes en plein. Ces messieurs dont les burnes sont en bocaux sous l'escalier, voudraient un mandat des Nations-Unies pour sortir leur virilité. Plus pleutre tu meurs ! Pourquoi ne pas demander aux Etats-Unis d'en prendre, en mémoire des deux grands déconneurs que furent XLI et XLIII ou encore attendre Jeb Bush ? Sans oublier les nôtres :
D'Abou Kammash à El Salloum s'étend aujourd'hui entre Tunisie et Egypte une Terra Nullius que l'on appelait jadis la Libye. Jadis, avant que deux petits merdeux ne décident de refaire le monde en vrai et non plus seulement dans le fond du sofa. N'y revenons pas, cela n'avance à rien, ils seront jugés plus tard, soit par les peuples concernés*, soit par l'histoire.
La pression migratoire débouchant sur la côte libyenne en direction de l'Europe méridionale menace son bien-être relatif et par beaucoup d'aspects, ses modes de vie. On est obligé d'avouer que la crainte sourde en chacun de nous n'est pas tant la peau noire des migrants que les moeurs incompatibles que certains transportent ici en ayant fait allégeance à l'islam. Or il est démontré maintenant - mais on le savait chez nous depuis la haute époque classique - que l'islam n'est soluble dans aucun pays développé, surtout quand le pays est sincèrement démocratique. Cette religion est hégémonique dans l'espace public dès qu'elle représente une forte minorité de résidents. En fait, elle se découpe des territoires culturels et économiques dans le tissu social pré-existant. Et si l'on veut bien sonder les coeurs et les reins, toute l'affaire de Libye se joue là-dessus.
Du passé faisons table rase, enfin presque, et voyons comment bloquer cette inondation démographique si je choisis un terme polémique, mais finalement une goutte d'eau salée au regard des cinq cent millions de citoyens de la douce Union. Avant-guerre, les quatre puissances navales de Méditerranée (Espagne, France, Italie, Grèce) auraient organisé le blocus des côtes et géré tout ça au canon.
Le trait de côte fait 1750 kilomètres de long (950 nautiques) et son contrôle est à la portée d'une escadre appuyée par des systèmes de surveillance aérienne classique. Le but aurait été de filtrer l'activité nautique en ne laissant passer que la pêche et le commerce et en arraisonnant le trafic de gens. Pour vider le sas, on aurait pris deux ports sur la côte afin d'y débarquer les prises et saccager les bateaux. Mais nous ne sommes plus dans les années 30.
Il y a justement...les gens. Tous des fuyards sans espoir de retour, qui proviennent de zones de conflit, de dictatures cruelles ou de zones sans économie : Syrie, Soudan, Erythrée, Somalie, Sahel... on trouve même des Afghans et des Irakiens, très loin de leurs bases. Prétendre que ces gens sont en ballade nautique pour avoir leur numéro de sécurité sociale est une ignominie même si dans le paquet vous en trouverez bien un ! Ces gens sont concentrés dans des camps à la merci de malfaisants qui les exploitent durement, sinon contrôlés par les mafias portuaires qui en tirent le maximum avant l'embarquement. La pression subie par ces migrants dans la zone d'attente fait partie du logiciel de trafic ; elle fait monter mécaniquement le prix à payer pour en sortir coûte que coûte, et elle estompe la perspective de dangers plus grands. Les dernières réticences à monter de nuit sur des épaves flottantes s'avèrent vaines, les récalcitrants sont "nettoyés" au su de tous. Bizness d'abord !
On voit déjà que débouchant sur un retour au pays de départ, le blocus ne résout rien, sauf à exterminer de la racaille au hasard des rencontres si les lois européennes l'autorisent. Les gens débarqués dans les ports de reprise devront être dirigés vers des camps humanitaires équipés, défendus et organisés par les Nations Unies, à défaut d'elles par l'Europe. Et qu'en ferons-nous ensuite ? Certains pourront être reconduits dans les zones sans économie en y injectant des crédits de développement, mais il n'est pas envisageable de ramener du monde dans les pays en guerre avant le retour hypothétique de la paix. Langue au chat ?
Pas tout à fait. Il va nous falloir boire la goutte d'eau salée et sans doute quelques verres de la même qui vont suivre, car les alternatives sont rares. Alors organisons le remploi des migrants dans nos économies nationales en les répartissant avec justice entre nous tous, et bridons leurs velléités d'importer leurs mœurs exogènes quelles que soient leurs croyances in petto. Et pour bien montrer notre détermination à rester libres et nous-mêmes, attaquons de front les provocations publiques de l'islam en Europe, sans mollir. Ceux des nouveaux qui n'en sont pas se fondront assez vite dans la masse des Européens et néo-Européens, les exemples abondent de communautés d'origine étrangère à forte valeur ajoutée. Les autres ne doivent pas former chancre et ce sera la condition unique d'entrée à peine d'expulsion à première requête sur le ferry de son choix. Pas de place pour la chance non plus.
Sur le chapitre maritime du défi on entendra avec profit l'avis, autorisé aujourd'hui, du contre-amiral anglais Chris Parry que nous livre Breibart-London (clic).
D'Abou Kammash à El Salloum s'étend aujourd'hui entre Tunisie et Egypte une Terra Nullius que l'on appelait jadis la Libye. Jadis, avant que deux petits merdeux ne décident de refaire le monde en vrai et non plus seulement dans le fond du sofa. N'y revenons pas, cela n'avance à rien, ils seront jugés plus tard, soit par les peuples concernés*, soit par l'histoire.
La pression migratoire débouchant sur la côte libyenne en direction de l'Europe méridionale menace son bien-être relatif et par beaucoup d'aspects, ses modes de vie. On est obligé d'avouer que la crainte sourde en chacun de nous n'est pas tant la peau noire des migrants que les moeurs incompatibles que certains transportent ici en ayant fait allégeance à l'islam. Or il est démontré maintenant - mais on le savait chez nous depuis la haute époque classique - que l'islam n'est soluble dans aucun pays développé, surtout quand le pays est sincèrement démocratique. Cette religion est hégémonique dans l'espace public dès qu'elle représente une forte minorité de résidents. En fait, elle se découpe des territoires culturels et économiques dans le tissu social pré-existant. Et si l'on veut bien sonder les coeurs et les reins, toute l'affaire de Libye se joue là-dessus.
Du passé faisons table rase, enfin presque, et voyons comment bloquer cette inondation démographique si je choisis un terme polémique, mais finalement une goutte d'eau salée au regard des cinq cent millions de citoyens de la douce Union. Avant-guerre, les quatre puissances navales de Méditerranée (Espagne, France, Italie, Grèce) auraient organisé le blocus des côtes et géré tout ça au canon.
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| Syrte en Libye |
Le trait de côte fait 1750 kilomètres de long (950 nautiques) et son contrôle est à la portée d'une escadre appuyée par des systèmes de surveillance aérienne classique. Le but aurait été de filtrer l'activité nautique en ne laissant passer que la pêche et le commerce et en arraisonnant le trafic de gens. Pour vider le sas, on aurait pris deux ports sur la côte afin d'y débarquer les prises et saccager les bateaux. Mais nous ne sommes plus dans les années 30.
Il y a justement...les gens. Tous des fuyards sans espoir de retour, qui proviennent de zones de conflit, de dictatures cruelles ou de zones sans économie : Syrie, Soudan, Erythrée, Somalie, Sahel... on trouve même des Afghans et des Irakiens, très loin de leurs bases. Prétendre que ces gens sont en ballade nautique pour avoir leur numéro de sécurité sociale est une ignominie même si dans le paquet vous en trouverez bien un ! Ces gens sont concentrés dans des camps à la merci de malfaisants qui les exploitent durement, sinon contrôlés par les mafias portuaires qui en tirent le maximum avant l'embarquement. La pression subie par ces migrants dans la zone d'attente fait partie du logiciel de trafic ; elle fait monter mécaniquement le prix à payer pour en sortir coûte que coûte, et elle estompe la perspective de dangers plus grands. Les dernières réticences à monter de nuit sur des épaves flottantes s'avèrent vaines, les récalcitrants sont "nettoyés" au su de tous. Bizness d'abord !
On voit déjà que débouchant sur un retour au pays de départ, le blocus ne résout rien, sauf à exterminer de la racaille au hasard des rencontres si les lois européennes l'autorisent. Les gens débarqués dans les ports de reprise devront être dirigés vers des camps humanitaires équipés, défendus et organisés par les Nations Unies, à défaut d'elles par l'Europe. Et qu'en ferons-nous ensuite ? Certains pourront être reconduits dans les zones sans économie en y injectant des crédits de développement, mais il n'est pas envisageable de ramener du monde dans les pays en guerre avant le retour hypothétique de la paix. Langue au chat ?
Pas tout à fait. Il va nous falloir boire la goutte d'eau salée et sans doute quelques verres de la même qui vont suivre, car les alternatives sont rares. Alors organisons le remploi des migrants dans nos économies nationales en les répartissant avec justice entre nous tous, et bridons leurs velléités d'importer leurs mœurs exogènes quelles que soient leurs croyances in petto. Et pour bien montrer notre détermination à rester libres et nous-mêmes, attaquons de front les provocations publiques de l'islam en Europe, sans mollir. Ceux des nouveaux qui n'en sont pas se fondront assez vite dans la masse des Européens et néo-Européens, les exemples abondent de communautés d'origine étrangère à forte valeur ajoutée. Les autres ne doivent pas former chancre et ce sera la condition unique d'entrée à peine d'expulsion à première requête sur le ferry de son choix. Pas de place pour la chance non plus.
Sur le chapitre maritime du défi on entendra avec profit l'avis, autorisé aujourd'hui, du contre-amiral anglais Chris Parry que nous livre Breibart-London (clic).
Amen !
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| Chenal de Lampedusa |
(*) les peuples concernés étaient au départ bédouins, berbères et arabes auxquels s'ajoutent aujourd'hui les peuples maltais, siciliens, calabrais et demain tous ceux du bassin occidental de la Méditerranée ! De quoi faire un petit "Nuremberg".
jeudi 7 février 2013
L'Afrikistan en panne
L'Afrikistan est mal barré. Ce qui doit bien ennuyer les éditocrates et think-tankistes qui vivent de l'alarme. On peut dire que le pas de clerc des bandes terroristes islamisées au Mali fonçant sur Bamako a porté un coup sérieux au projet verdâtre des fondamentalistes musulmans déroulés dans les amphis de géopolitique. Les séismes dont on annonçait les répliques sont au nombre de cinq, et paraissent plus que jamais réparables. Ce qui en soi n'est pas une mauvaise nouvelle, et d'abord pour le continent africain qui n'a pas besoin de perdre du temps avec ces foutaises théologiques. Les défis économiques et sociaux sont des falaises autrement plus hautes à grimper que le salut dans l'au-delà par l'asservissement des âmes. Il faut déjà vivre un peu avant de mourir.
Voici les cinq foyers cancéreux dans le sens des aiguilles, et notre pronostic sans frais :
(AA) Parti islamiste Ennahda au pouvoir en Tunisie
Parti de l'étranger dirigé par des émigrés revenus cueillir les fruits d'une révolte dans laquelle ils ne se sont pas mouillés, il s'avère incapable d'améliorer le sort des gens à divers motifs dont le plus évident est la crasse idéologique qui bloque les rouages économiques comme du cambouis. Ce parti instrumentalise des bandes salafistes et les gros-bras de la LPR (le SAC d'Ennahda) qui sous-traitent une "petite terreur" au quotidien pour faire tenir tranquilles les braves gens (la majorité silencieuse de là-bas).
L'insatisfaction monte rapidement dans une population qui vient de comprendre qu'elle a été bernée par les agents électoraux du parti Ennahda qui avait passé la promesse dans les villages : un vote, un emploi. La population tunisienne, plus éduquée que la moyenne des habitants de la rive sud de la Méditerranée, n'adhérera pas, l'argumentaire islamiste étant tout simplement trop bête. L'assassinat du chef de parti Chokri Belaïd peut dégoupiller une réplique de la révolte de 2011 capable d'emporter tout. L'impudence du pouvoir à vouloir passer en force en articulant un double langage qui ne trompe plus personne, convoque la complicité de l'armée qui est loin d'être acquise. Notre pronostic est une raclée électorale pour Ennahda dans un scrutin anticipé.
(BB) Frères musulmans au pouvoir en Egypte
A l'inverse d'Ennahda, c'est un parti "souchien" qui a 70 ans de travail de fond dans les quartiers défavorisés et dans les campagnes. Si c'est bien la "démocratie" qui a porté les Frères au pouvoir, le principe "un homme-une voix" n'a rien résolu quand à la légitimité des vainqueurs. Comme en Tunisie mais avec un coefficient 8, ce vieux pays a une culture ancestrale et une bourgeoisie éduquée. Il est aussi un vecteur de "modernisation" dans tout le Proche Orient. L'indigence (voire l'absence) des programmes économiques et la duplicité puérile du président Morsi ont disqualifié aux yeux de l'Opinion ces doctrinaires ne sachant que parler ou menacer, et les dérives salafistes que l'on rencontre en Tunisie n'ont déjà plus cours en Egypte, la "rue arabe" s'étant ressaisie !
Le "café" et le souk se gaussent des prétentions fraternelles à vouloir bâcher les compagnes ! Les villes du canal qui font l'Opinion sont en quasi-insurrection. Il y a plus urgent que la charia car la misère galope dans l'artisanat, le petit commerce, les petits boulots et combines paisibles car l'argent ne circule pas. Dans le vivier électoral traditionnel des Frères - les fellahs pauvres du delta - les choses ne vont pas mieux car le tourisme a disparu et l'activité vivrière est désorganisée. Notre pronostic est un pronunciamiento finissant la supercherie islamiste car l'armée est intacte.
(CC) Pirates islamisés de Somalie
Les Shebbab somaliens sont maintenant dans la tenaille de deux puissances régionales qui ne négocient plus mais sont décidées à les tuer. Le ratissage français au Mali qui ne fait pas de prisonniers les y encourage. Ainsi Kenya et Ethiopie vont-ils pratiquer la solution finale, surtout le Kenya qui avait été durement secoué par les bombes d'al-Qaïda. Depuis octobre 2011 - date de la prise d'otages de 4 travailleuses humanitaires blanches - ses raids ne sont plus des manoeuvres de pacification mais de destruction. L'Ethiopie inquiétée sur sa frontière nord par l'Erythrée, Corée du nord africaine qui soutient les insurgés de l'ex-Somaliland, veut en finir maintenant.
En mer, la piraterie étant directement liée à la prospérité des Shebbab, sa réduction est impérative et c'est sans doute la seule fenêtre de collaboration affichée avec le monde extérieur au continent. On peut concevoir que de plus en plus de pirates seront ramenés devant les tribunaux kenyans, la vieille punition "haut et court" n'étant plus d'application malgré son indéniable dissuasion ; mais on sera plus discret en coulant les barques. Notre pronostic est une liquidation générale des Shebbab avec malheureusement des dommages collatéraux dus à leur propension à se réfugier dans les jupes des femmes.
(DD) Boko Haram du Nigeria
Cette secte nombreuse sévit dans les provinces du nord, contiguëment au Niger. Ayant adopté les codes islamistes et le terrorisme d'application qui va avec, elle est combattue par les forces nigérianes qui hachent leurs rangs sans état d'âme. Des éléments nombreux sont montés au Mali renforcer AQMI mais il semblerait qu'ils se soient débandés devant la réplique française et nigérienne, ce qui est plus facile pour eux qui sont majoritairement des Haoussas (noirs). Si les pertes encourues n'entameront sans doute pas la ressource au Nigéria surpeuplé, elles encourageront l'action d'éradication des forces nigérianes (police et infanterie) et notre pronostic est la liquéfaction de la secte par découragement ou moindre propension au sacrifice. Des vierges, il y en a de très belles sur terre et Boko Haram vient de déclarer un cessez-le-feu ! Nous ne faisons pas de pronostic pour le moment.
(EE) AQMI-MUJAO au Sahara
Le groupe islamiste touareg Ansar Dine doit être dissocié des deux groupes arabes, même s'ils sont interpénétrés. Il est probable qu'une paix forcée entre le MNLA-MIA et le pouvoir noir de Bamako, réglant la question de la représentativité douteuse de ces Touaregs insurgés, conduise à une autonomie jouable à condition qu'elle soit couplée au développement économique du nord. Le dispositif retenu affaiblira terriblement l'élan de la rébellion islamiste touarègue qui pour la première fois ne dictera pas ses conditions. Son chef charismatique à demi-fou, Iyad ag Ghali, se terrera dans une grotte des Iforas à guetter l'hydravion blanc du Qatar qui viendra l'emporter, tandis que ses troupes même bien armées seront débandées par les escadrons méharistes des nations voisines convenablement soldés et sous appui-feu continu. On compte sur les Tchadiens, et les Touaregs ralliés qui se referont un pucelage et,... nous-mêmes un peu.
Restent les deux composantes terroristes versées dans le narco-trafic¹ pour faire court. Les motivations religieuses affichées ne sont plus crédibles au sein des habitants du pays après la découverte des atrocités commises dans les villes prises. Il leur sera difficile de prospérer dans l'Adrar des Iforas avec l'hostilité déclarée ou contrainte des populations des vallées alentour. S'étant dévoilés comme des bandits cruels, ils ne pourront pas se muer en talibans afghans² vivant au milieu du peuple comme un poisson dans la rivière. Ils sont en plus perçus comme des "étrangers". C'est une courte vie de proscrits cernés qui les attend. Elle deviendra vite intenable quand les gardes-frontière des pays voisins auront été renforcés - l'Algérie a descendu 1400 hommes en renfort sur sa frontière - et qu'ils devront affronter sur leurs seules réserves Tchadiens, Maures et Touaregs marchant à la prime. En plus j'ai vu passer sur mon écran deux canons Caesar³ français qui montent vers le nord ! La chambre de décompression libyenne utilisée par Belmokhtar (Mister Malboro) qui joue à "chat perché" sera de plus en plus inaccessible par la reconstitution des forces libyennes.
La profession de djihadiste incandescent ne durera qu'aussi longtemps le permettra le trésor accumulé par le trafic et la prise d'otages. Notre pronostic est la neutralisation des zones de parcours par les Français et l'éradication par les drones américains des derniers noyaux durs protégeant leur fric, quand les plus fragiles seront retournés à la garde des chèvres.
Restent nos otages.
Actu: Ont été sauvés de l'incinération aérienne par les Touaregs les chefs de groupe terroriste Mohamed Moussa Ag Mouhamed (Ansar Dine) et Oumeïni Ould Baba Akhmed (MUJAO), capturés à In Hallil le 2 février. Direction sans doute le TPI.
Il y a de bonnes raisons de croire en la défaite de l'Afrikistan, mais la meilleure garantie de bonne fin sera une vraie gouvernance qui coupe les ponts avec la corruption endémique, permettant d'injecter des fonds de développement efficaces. Tous les pays africains sont concernés, tous y compris les pays non africains impliqués dans les projets !
Voici les cinq foyers cancéreux dans le sens des aiguilles, et notre pronostic sans frais :
(AA) Parti islamiste Ennahda au pouvoir en Tunisie
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| Rached Ghannouchi |
L'insatisfaction monte rapidement dans une population qui vient de comprendre qu'elle a été bernée par les agents électoraux du parti Ennahda qui avait passé la promesse dans les villages : un vote, un emploi. La population tunisienne, plus éduquée que la moyenne des habitants de la rive sud de la Méditerranée, n'adhérera pas, l'argumentaire islamiste étant tout simplement trop bête. L'assassinat du chef de parti Chokri Belaïd peut dégoupiller une réplique de la révolte de 2011 capable d'emporter tout. L'impudence du pouvoir à vouloir passer en force en articulant un double langage qui ne trompe plus personne, convoque la complicité de l'armée qui est loin d'être acquise. Notre pronostic est une raclée électorale pour Ennahda dans un scrutin anticipé.
(BB) Frères musulmans au pouvoir en Egypte
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| Mohamed Morsi |
Le "café" et le souk se gaussent des prétentions fraternelles à vouloir bâcher les compagnes ! Les villes du canal qui font l'Opinion sont en quasi-insurrection. Il y a plus urgent que la charia car la misère galope dans l'artisanat, le petit commerce, les petits boulots et combines paisibles car l'argent ne circule pas. Dans le vivier électoral traditionnel des Frères - les fellahs pauvres du delta - les choses ne vont pas mieux car le tourisme a disparu et l'activité vivrière est désorganisée. Notre pronostic est un pronunciamiento finissant la supercherie islamiste car l'armée est intacte.
(CC) Pirates islamisés de Somalie
Les Shebbab somaliens sont maintenant dans la tenaille de deux puissances régionales qui ne négocient plus mais sont décidées à les tuer. Le ratissage français au Mali qui ne fait pas de prisonniers les y encourage. Ainsi Kenya et Ethiopie vont-ils pratiquer la solution finale, surtout le Kenya qui avait été durement secoué par les bombes d'al-Qaïda. Depuis octobre 2011 - date de la prise d'otages de 4 travailleuses humanitaires blanches - ses raids ne sont plus des manoeuvres de pacification mais de destruction. L'Ethiopie inquiétée sur sa frontière nord par l'Erythrée, Corée du nord africaine qui soutient les insurgés de l'ex-Somaliland, veut en finir maintenant.
En mer, la piraterie étant directement liée à la prospérité des Shebbab, sa réduction est impérative et c'est sans doute la seule fenêtre de collaboration affichée avec le monde extérieur au continent. On peut concevoir que de plus en plus de pirates seront ramenés devant les tribunaux kenyans, la vieille punition "haut et court" n'étant plus d'application malgré son indéniable dissuasion ; mais on sera plus discret en coulant les barques. Notre pronostic est une liquidation générale des Shebbab avec malheureusement des dommages collatéraux dus à leur propension à se réfugier dans les jupes des femmes.
(DD) Boko Haram du Nigeria
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| Abubakar Shekau |
(EE) AQMI-MUJAO au Sahara
Le groupe islamiste touareg Ansar Dine doit être dissocié des deux groupes arabes, même s'ils sont interpénétrés. Il est probable qu'une paix forcée entre le MNLA-MIA et le pouvoir noir de Bamako, réglant la question de la représentativité douteuse de ces Touaregs insurgés, conduise à une autonomie jouable à condition qu'elle soit couplée au développement économique du nord. Le dispositif retenu affaiblira terriblement l'élan de la rébellion islamiste touarègue qui pour la première fois ne dictera pas ses conditions. Son chef charismatique à demi-fou, Iyad ag Ghali, se terrera dans une grotte des Iforas à guetter l'hydravion blanc du Qatar qui viendra l'emporter, tandis que ses troupes même bien armées seront débandées par les escadrons méharistes des nations voisines convenablement soldés et sous appui-feu continu. On compte sur les Tchadiens, et les Touaregs ralliés qui se referont un pucelage et,... nous-mêmes un peu.
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| Abdelmalek Droukdel, émir AQMI |
La profession de djihadiste incandescent ne durera qu'aussi longtemps le permettra le trésor accumulé par le trafic et la prise d'otages. Notre pronostic est la neutralisation des zones de parcours par les Français et l'éradication par les drones américains des derniers noyaux durs protégeant leur fric, quand les plus fragiles seront retournés à la garde des chèvres.
Restent nos otages.
Actu: Ont été sauvés de l'incinération aérienne par les Touaregs les chefs de groupe terroriste Mohamed Moussa Ag Mouhamed (Ansar Dine) et Oumeïni Ould Baba Akhmed (MUJAO), capturés à In Hallil le 2 février. Direction sans doute le TPI.
(1) on lira avec profit un billet dédié au narco-trafic et à son extension au-delà des groupes terroristes par ici.
(2) les Talibans afghans commencent à se rendre... selon Al-Jaezira.
(3) canon semi-automatique de 155mm Caesar porté sur camion, qui met 8 coups/minute à 40 kilomètres, acquisition des données et calcul automatique en temps masqué ; c'est une arme de saturation.
(2) les Talibans afghans commencent à se rendre... selon Al-Jaezira.
(3) canon semi-automatique de 155mm Caesar porté sur camion, qui met 8 coups/minute à 40 kilomètres, acquisition des données et calcul automatique en temps masqué ; c'est une arme de saturation.
Il y a de bonnes raisons de croire en la défaite de l'Afrikistan, mais la meilleure garantie de bonne fin sera une vraie gouvernance qui coupe les ponts avec la corruption endémique, permettant d'injecter des fonds de développement efficaces. Tous les pays africains sont concernés, tous y compris les pays non africains impliqués dans les projets !
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| Nairobi |
jeudi 20 septembre 2012
Un soldat de la liberté
L'ambassadeur Stevens disait avoir une sacrée chance d'agir dans cette période incroyable de changements et d'espoir pour la Libye. Représentant direct du président Obama, son job était de développer des relations bénéfiques et solides entre les Etats-Unis et la Libye. Il avait été le représentant américain auprès du Conseil national de transition de Benghazi pendant la révolution.
En dehors de son agenda diplomatique, on pouvait trouver Chris Stevens discutant avec des profs de fac, des commerçants, des acteurs de la société civile, sinon sur les nombreux sites archéologiques du pays, voire même au restaurant le plus modeste si c'était bon.
Après avoir construit sa carrière dans différents postes du Proche-Orient, il avait acquis la passion de cette région, parlant couramment arabe et français. On peut affirmer sans hésitation qu'il était actif dans le droit fil du Discours du Caire de 2009.
Voici une brève vidéo faite à Washington pour sa prise de fonction à Tripoli :
Californien de naissance, diplômé de Berkeley et du Collège de Droit de Hastings, il avait fait "ses classes" dans les Peace Corps¹ au Maroc avant d'entrer au Département d'Etat. Il est mort à 52 ans dans l'incendie du consulat américain de Benghazi, comme l'on sait.
La famille a ouvert un site d'hommages à Piedmont où le jeune Chris avait fait sa scolarité. Les contributions sont déjà abondantes et montrent s'il en est besoin la qualité de son empreinte.
Paix à sa mémoire
R.I.P.
R.I.P.
Chris Stevens (1960-2012) commença sa carrière comme juriste au commerce international à Washington puis partit deux ans comme prof d'anglais au Maroc dans le Peace Corps¹. Ses affectations dans le corps diplomatique courent sur vingt ans de service : adjoint au chef de la section politique à Tel-Aviv/Jérusalem ; chef de la section politique à Damas ; consul général et chef du bureau politique au Caire ; consul général et chef du bureau économique à Ryadh ; directeur du Bureau des Affaires de sécurité et nucléaires à Washington ; lauréat du Pearson Prize au titre du Comité des affaires étrangères du Sénat ; assistant spécial du Sous-secrétaire aux Affaires politiques ; chef du bureau "Iran" ; adjoint au chef du Bureau "Proche-Orient" toujours au Département d'Etat à Washington.
(1) Le Peace Corps est une agence officielle américaine où s'enrôlent de jeunes volontaires pour oeuvrer à la coopération nord-sud et au développement du Tiers-Monde. L'agence travaille en collaboration étroite avec les gouvernements locaux dans plus de cinquante pays. Ce sont ces gouvernements qui définissent leurs besoins. Le Peace Corps a aussi une fonction de promotion des valeurs américaines dans les pays soutenus, et à ce titre les volontaires répondent à un certain niveau d'exigences morales. Ce passage est un plus sur un CV.
Postscriptum du 11/10/12 :
Le remplaçant de feu Chris Stevens a atterri hier à Tripoli. M. Laurence Pope (67 ans) est diplômé du Collège Bowdoin, ancien élève de Princeton et du Staff Collège des Forces armées. Il fut à plusieurs postes de direction au Département d'Etat. Directeur pour les Affaires du Golfe-Nord de 1987 à 1990, sous-directeur au Contre-terrorisme de 1991 à 1993, ambassadeur au Tchad de 1993 à 1996 et conseiller politique du général Zinni USMC, commandant en chef du Commandement Central de 1997 à 2000. Bill Clinton l'avait nommé ambassadeur au Koweit mais le Congrès ne l'avait pas confirmé, à la suite de quoi il prit sa retraite de diplomate le 2 octobre 2000.
Conseiller de diverses institutions comme spécialiste du monde arabe, il parle arabe et français couramment, et vit dans le Maine à Portland (source wiki).
mercredi 19 septembre 2012
Tester la dhimmitude
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| Charb le gonadobriseur |
Ces messieurs de la droite battue se précipitent pour dénicher la complaisance de la préfecture de police, quand le pouvoir braqué comme un bijoutier par un yougoslave jure sur la tête de Marianne et de Trierweiler qu'on ne l'y reprendra plus. Il lance toutes affaires cessantes une enquête, une commission, un observatoire, que sais-je, ah oui, un projet de loi anti-touristes pour gauler les stagiaires du Warziristan qui vont passer le permis de chasse aux drones.
Entretemps les freux pouffent ! Et remettent le couvert.
Un rien d'amadou et les autorités sont aux abois ? De quoi réjouir les barbus qui convoquent une « vraie » manifestation autorisée samedi prochain devant la Grande Mosquée, rue Geoffroy-Saint-Hilaire. Les festivités blasphématoires ont été relancées par l’hebdomadaire Charlie-Hebdo qui fait un testing à sa manière pour s’assurer que nous n’avons pas changé de pays. C'est bon à savoir, mais passons à la section raisonneuse.
Avant d'éclairer le divin lectorat du meilleur blogue à l'est du Pecos, je donne un mauvais point à Bernard Lugan (qui s'en fout) pour avoir insinué des choses bizarres sur l'ambassadeur Stevens mort à Benghazi. Qu'un ambassadeur travaille aux intérêts de son pays semble l'étonner. En vieux routier de la Françafrique il s'attendrait peut-être à ce que le diplomate ne cherche que le sien propre ou celui de sa créance. On peut aussi respecter un mort dans l’exercice de ses fonctions ; on le fait bien des soldats. Secondement, nous resservir la soupe froide de la fracture ethnique de la Libye est s'abandonner à la facilité.
Les Libyens s'efforcent d'aboutir à une nation malgré leurs différences tribales supposées qui en agacent beaucoup (des Libyens). Les nations ne sont pas issues de la génération spontanée, monsieur Lugan ; elles se construisent jusqu'à l'aboutissant d'un long passé d'efforts, de sacrifices et de dévouements (E. Renan). La révolte libyenne a commencé la procédure du "long passé". Laissons-lui un peu de temps et cessons ce ton d’expert qui nous fait furieusement penser à celui du kremlinologue communiste Alexandre Adler, habile à traduire en géopolitique les secrets d’alcôve des oligarques russes ou des généraux-proconsuls. Ce qui ne veut pas dire non plus que la Libye parviendra à faire aboutir son projet national, mais le pétrole fait des miracles.
Ainsi, le bon docteur Zawahiri a réussi à venger son directeur technique vitrifié en pleine force de l'âge par les vilains Américains (dont il a plié deux tours et des poussières). Les cellules affiliées ont allumé la mèche du blasphème comme elles le firent pour les caricatures danoises, et leurs "attachés de presse" ont vendu aux médias l'insupportable outrage fait au révéré prophète par une vidéo nullissime que personne n'a jamais vue, avant que n'explose partout en Islam un chahut spontané et sanglant pour fêter le Onze septembre. L’anniversaire était jusque-là plutôt festif et arrosé !
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| Chris Stevens |
La police libyenne, pas toute vendue aux chefs tribaux à la mord-moi-le-bédouin, a raflé cinquante freux de tout ramage dont quelques agents d’al-Qaïda venus faire leurs courses à Benghazi au jour J et provenant du Sahara algérien et malien. Tiens, ils connaissent donc leurs frontières ? La réaction rapide étonne, mais le pouvoir de Tripoli a simplement saisi la balle au bond d’un émoi populaire sincère face au meurtre des diplomates américains pour construire une crédibilité. Ce n’est pas le cas en Tunisie où la complicité objective d’Ennahda et des sectionnaires islamistes n’est pas entamée par les déclarations lénifiantes des porte-parole officiels du nouveau régime, qui demandent un délai de grâce pour établir la vraie démocratie islamique, paisible et tout ça ! Les Tunisiennes adorent.
On peut s’attendre à ce que le prétexte mince de la vidéo californienne soit saisi par tous les caciques musulmans en quête d’audience, comme Hassan Nasrallah qui vient d’appeler à hurler en masse lundi prochain à Beyrouth-sud, Tyr et Baalbek. Pour ce qui nous concerne, nous connaîtrons samedi prochain l’état de dhimmitude des autorités parisiennes après la sommation de Charlie-Hebdo, et en face d’elles, la force réelle de mobilisation des islamistes en Île-de-France.
Il faudra en reparler après, sans attendre le prochain commentaire de Véronique Genest qui a déjà brûlé la politesse à Marine Le Pen.
Postscriptum du jeudi 20 septembre
Les autorités libyennes à Tripoli et la population de Benghazi ont rendu un hommage remarqué à l'ambassadeur Chris Stevens, mort asphyxié dans l'incendie du consulat provoqué par des radicaux islamistes hystériques et armés (dépêche AFP).
Les autorités libyennes à Tripoli et la population de Benghazi ont rendu un hommage remarqué à l'ambassadeur Chris Stevens, mort asphyxié dans l'incendie du consulat provoqué par des radicaux islamistes hystériques et armés (dépêche AFP).
lundi 9 juillet 2012
Vers la Libye libre
On ne conforme pas des bédouins à la démocratie représentative par décret, surtout après quarante ans de dictature élémentaire comme celle du regretté colonel Kadhafi. C'est pourquoi l'organisation et le déroulement des élections lybiennes mouchent les détracteurs du renversement de la famille régnante au nom de la liberté de chacun d'en prendre à son aise à l'intérieur de frontières sûres et reconnues. Les mêmes défendent Bachar et Asma el-Assad au motif qu'ils contiennent les sunnites sanguinaires, par des moyens certes criticables mais on ne fait pas d'omelette et caetera. Des pleutres !
Contrairement à l'avis des pythies, le Conseil national de transition, ami de la France et de Bernard-Henri Lévy (c'est dur à accepter, mais bon !), est en tête, ce que reconnaissent les partis islamiques. La route est longue vers la paix civile mais rien ne permet de dire que les étapes à suivre, rédaction d'une constitution et son vote par l'assemblée nouvellement élue, ne seront pas franchies, avec quelques cahots sans doute, mais franchies.
Les problèmes ethniques mêlés à l'effervescence intégriste encombreront encore longtemps le terrain, à la réserve près que la Libye utile fonctionnera de plus en plus normalement en convertissant sa rente pétrolière en développement. L'érection mentale des primitifs du désert sera traitée après - le sud libyen est un sas de décompression de la grande criminalité nomade - à moins que la pacification en préparation au Sahara ne s'enclenche plus tôt que prévu, réduisant en charbon de bois les colonnes alqaïdistes et leurs affidés (cf. Le Mamouth).
Il faudra d'ici là que l'armée libyenne ait été remise en capacité de combattre afin de tenir le front du sud-ouest jusqu'ici très poreux, à moins que le gouvernement de Tripoli ne sous-traite une partie de ce travail d'endiguement aux tribus touboues qui se sont installées comme autant d'octrois en frontière.
On passe à la question de Seif al-islam. Otage d'une tribu qui veut bien le vendre aux autorités légales, il est le bâton merdeux de l'ère post-dictatoriale. Plus belle serait la vie sans le procès qui se profile, réveillant toutes les rancoeurs et le non-dit glissé sous le tapis de haute laine. Que va-t-on lui reprocher ? Des déclarations ? D'avoir défendu les intérêts de sa famille les armes à la main ? En pays bédouin c'est plutôt rémunérateur en terme d'estime et de virilité. Le clan Kadhafi avait pris l'habitude de régner et la Libye était devenue sa chose. La résistance de la famille attaquée est donc "explicable" et le déferrement du prévenu à La Haye pour un jugement sur critères occidentaux n'emporte pas l'unanimité.
Les "infidèles" devraient faire profil bas et encaisser les bénéfices de l'exploitation pétrolière sans chercher à contrôler l'évolution politique libyenne qui de toute façon les déroutera.
Reste l'attitude du prince héritier qui a montré le bout de l'oreille quand sont sortis les premiers drapeaux de l'ancienne monarchie frappés de l'étoile et du croissant des sénoussis (primitivement les emblèmes de la Cyrénaïque). Le dernier message diffusé du prince Mohammed el-Senoussi date du 16 août 2011, mais rien ne dit que ses fidèles ne participent pas à la rédaction de la future constitution. Quoiqu'il advienne dans la nouvelle arhitecture institutionnelle, le prince sera toujours en position d'infériorité par rapport à ceux qui se sont battus dans le pays même. Tout le monde n'est pas De Gaulle !
Apostille de midi :
Les Libyens sont le troisième peuple arabe à aller aux urnes, après les Tunisiens et les Egyptiens, leurs deux voisins. Ils ont eu le temps d'observer comment se faire voler une révolution par un parti islamique modéré, qui s'allie à un autre parti moins modéré, pour finalement agréger un parti intégriste afin de conforter une majorité, et lâcher ensuite la police islamique dans les rues. Pas fous les Libyens. Les Syriens en prendront de la graine.
Les Libyens sont le troisième peuple arabe à aller aux urnes, après les Tunisiens et les Egyptiens, leurs deux voisins. Ils ont eu le temps d'observer comment se faire voler une révolution par un parti islamique modéré, qui s'allie à un autre parti moins modéré, pour finalement agréger un parti intégriste afin de conforter une majorité, et lâcher ensuite la police islamique dans les rues. Pas fous les Libyens. Les Syriens en prendront de la graine.
mardi 4 octobre 2011
La Marche vers le Nord
La grande récession est annoncée par les crânes d'oeuf du FMI et de la Banque Mondiale. Vendez vos valeurs mobilières et vos meubles meublants, achetez de la terre à choux, plantez-les avec le pied, le genou, le coude ou le pouce. Avec le prix de la récolte vous agrandirez votre lopin et ferez des aubergines, pour la couleur et la ratatouille.
Notre Europe affaiblie, découragée avant même de se battre, va soutenir un peu et subir beaucoup la poussée migratoire de l'Afrique noire que la récession va ruiner. Car c'est trop souvent les pays sans marché intérieur solvable qui paient les pots cassés de la mondialisation en panne. La crapulerie affichée de notre classe politique et la gouvernance d'andouilles, que le budget français 2012 proclame publiquement en étant construit sur et autour de la Dette qu'il creuse (!), nous interdisent désormais toute arrogance envers les pays africains qui, finalement, à leur échelle, ne font pas moins bien ni pire.
François-de-Souche a mis en ligne un film-documentaire sur la migration noire, que l'on pourrait appeler la Marche vers le Nord (pour paraphraser la marche de l'empereur). Le titre est d'actualité : "Le piège de Kadhafi". On y apprend, on y comprend, et on sait que nous n'avons pas de solutions. Le film dure 1h17 et sa vidéo est hébergée chez Ru-Tube. Doit-on dire que les images sont souvent très belles ?
A 18:56, Mohammed Boss Abdulkader, chef des passeurs, nous parle du "vivre au pays", du bizness migratoire et ne peut qu'évoquer les chaînes de nègres d'antan que sa famille remontait à travers le désert, car son vieux père aveugle et couché sur son grabat à côté de lui n'est pas sourd et a un peu honte.
Contraints par les hommes, contraints par la misère ou brûlés d'aventure, les Noirs montent en flot continu depuis toujours. En ce siècle, ils passent la mer.
A 32:24, Amadou parle de réciprocité post-coloniale et d'abandon de la Francophonie sans la nommer, mais le reporter a bien compris qu'il y a beaucoup de déception.
A 41:53, Emmanuel dit : «dans l'aventure, même si tu ne gagnes pas, tu vas gagner l'esprit, si tu ne gagnes pas d'argent, tu vas gagner l'intelligence, tu vas avoir le choix, tu vas avoir le coeur... »
Puis viendra la mise en esclavage par l'Etat libyen. On ne dit pas combien de ces "aventuriers", échappés de leur geôle, furent pris pour des mercenaires par les Rebelles et massacrés. Les survivants prirent la barque, et combien se noyèrent. Des milliers !
A 56:16, on décortique ce que fut le bizness officiel libyen de l'émigration par passeurs à peine marinisés mais subventionnés par l'Etat de Kadhafi pour faire construire leur bateau de pêche sans filets ni poissons !
Et on finit par buter sur la police européenne des frontières.
Voici le chapeau de présentation de ce film sur le site russe :
Notre Europe affaiblie, découragée avant même de se battre, va soutenir un peu et subir beaucoup la poussée migratoire de l'Afrique noire que la récession va ruiner. Car c'est trop souvent les pays sans marché intérieur solvable qui paient les pots cassés de la mondialisation en panne. La crapulerie affichée de notre classe politique et la gouvernance d'andouilles, que le budget français 2012 proclame publiquement en étant construit sur et autour de la Dette qu'il creuse (!), nous interdisent désormais toute arrogance envers les pays africains qui, finalement, à leur échelle, ne font pas moins bien ni pire.
François-de-Souche a mis en ligne un film-documentaire sur la migration noire, que l'on pourrait appeler la Marche vers le Nord (pour paraphraser la marche de l'empereur). Le titre est d'actualité : "Le piège de Kadhafi". On y apprend, on y comprend, et on sait que nous n'avons pas de solutions. Le film dure 1h17 et sa vidéo est hébergée chez Ru-Tube. Doit-on dire que les images sont souvent très belles ?
A 18:56, Mohammed Boss Abdulkader, chef des passeurs, nous parle du "vivre au pays", du bizness migratoire et ne peut qu'évoquer les chaînes de nègres d'antan que sa famille remontait à travers le désert, car son vieux père aveugle et couché sur son grabat à côté de lui n'est pas sourd et a un peu honte.
Contraints par les hommes, contraints par la misère ou brûlés d'aventure, les Noirs montent en flot continu depuis toujours. En ce siècle, ils passent la mer.
A 32:24, Amadou parle de réciprocité post-coloniale et d'abandon de la Francophonie sans la nommer, mais le reporter a bien compris qu'il y a beaucoup de déception.
A 41:53, Emmanuel dit : «dans l'aventure, même si tu ne gagnes pas, tu vas gagner l'esprit, si tu ne gagnes pas d'argent, tu vas gagner l'intelligence, tu vas avoir le choix, tu vas avoir le coeur... »
Puis viendra la mise en esclavage par l'Etat libyen. On ne dit pas combien de ces "aventuriers", échappés de leur geôle, furent pris pour des mercenaires par les Rebelles et massacrés. Les survivants prirent la barque, et combien se noyèrent. Des milliers !
A 56:16, on décortique ce que fut le bizness officiel libyen de l'émigration par passeurs à peine marinisés mais subventionnés par l'Etat de Kadhafi pour faire construire leur bateau de pêche sans filets ni poissons !
Et on finit par buter sur la police européenne des frontières.
Voici le chapeau de présentation de ce film sur le site russe :
Un convoi perdu dans l'immensité du Ténéré. Des centaines de migrants traversent le désert. Ils rêvent d'Europe. En Libye, Kadhafi leur avait promis la fortune. Mais la-bas, ils ont connu l'enfer des centres d'internement. Kadhafi se livrait alors à un odieux chantage avec l'Europe, en organisant en sous-main, l'embarquement des migrants vers l'Italie. Aujourd'hui, leurs vaisseaux de fortune viennent se briser sur les rochers de Lampedusa. Une fois arrivés en Europe, ils sont... pris au piege. Enquête au Niger, en Libye, en Tunisie, en Grèce et en Italie avec les migrants africains en route vers l'Europe.
© Premières Nouvelles - Maha Productions 2011 - par Alexandre Dereims
Je termine par une petite provocation en reggae.
Les lois finissent par se briser sur l'inhumanité de leur application.
La Francophonie a échoué, donc la Marche au Nord continue !
Les lois finissent par se briser sur l'inhumanité de leur application.
La Francophonie a échoué, donc la Marche au Nord continue !
mercredi 31 août 2011
Libye, l'épilogue
La Claudia Schiffer du Désert a accouché d'une petite fille à la frontière du Fezzan, côté algérien. La mère et l'enfant se portent bien, les télégrammes affluent du monde entier (rires).
L'Algérie ferme sa frontière du Tassili devant Ghât, non seulement le poste douanier mais tous les passages caravaniers sur plus de 300 kilomètres. Les moyens déplacés sur la zone d'effort sont importants et bien équipés car la frontière est insaisissable au sol sauf par GPS. L'on comprend qu'il s'agit moins de bloquer les bédouins kadhafistes pour plaire aux nouveaux maîtres de la Libye que de détruire les cohortes alqaïdistes qui rentrent au Niger. Les patrouilles algériennes en ont tué cinq avant-hier. Sans doute ont-ils commencé le ratissage aérien, pour peu qu'ils obtiennent des concours extérieurs de surveillance zénithale.
Ceci explique pourquoi la famille Kadhafi arrivée en convoi Mercedes blindé a franchi le poste-frontière sans encombres, le Guide était l'allié des Algériens dans leur lutte contre AQMI. Et, tout bien considéré, même si le Dr Hannibal est un salopard au civil, ni lui, ni son demi-frère aîné Mohamed n'ont combattu, a fortiori pas plus que leur soeur ou leur mère et belle-mère Safia.
Le CNT libyen manque de jugement pour s'exciter sur cette fuite scabreuse, alors que le raïs déchu et ses fils¹, Seif-al-islam et Saadi (le mari d'Alice) combattent encore pour l'honneur tribal, ou plus sûrement pour repousser l'échéance de leur exécution depuis que leurs charniers arrivent à la surface. Acculés mais encore entourés, ils peuvent tenir la dragée haute aux miliciens du nouveau régime, courageux sans doute mais peu expérimentés. Pour que la communauté internationale persiste dans son soutien après le 27 septembre, échéance du mandat onusien, il faut que le Conseil affiche ses membres jusqu'ici secrets et organise la démocratie aux normes ISO. On en est loin (voir plus bas).
Quel serait l'intérêt de l'Algérie à reconnaître la légalité du CNT ? Elle n'attend rien de la Libye que des problèmes dans le futur.
Ils sont de plusieurs ordres :
(1) le réarmement d'AQMI par le pillage des arsenaux libyens, ce qui présage d'une guerre d'éradication aveugle des katibas salafistes au Sahara avec dommages collatéraux acceptés.
(2) l'afflux de rezzous bédouins repoussés au Fezzan par le nouveau pouvoir libyen, conjugué à la fuite désespérée des mercenaires noirs. Il est probable que les unités de l'ANP chercheront à les détourner vers le Tibesti (Tchad) car aucun camp d'internement n'est possible sur zone.
(3) l'insécurité du bassin gazier d'Illizy et des bassins miniers prometteurs pour l'après-pétrole.
Aussi le gouvernement d'Alger a-t-il décidé de surseoir à la révision de sa neutralité, le temps que les choses décantent à Tripoli et de savoir comment la coalition de bric et de broc arrivée de Benghazi va-t-elle gérer la situation. Son ministre des affaires étrangères viendra quand même voir ce 1er septembre ce qui se passe à la conférence internationale de Paris. La Chine, la Russie et l'Allemagne, opposées à la guerre OTAN seront là aussi. Mais Jacob Zuma, le strauss-kahn sudafricain présidant l'Union africaine, ne viendra pas. L'appel du harem !
Qu'est-ce que le CNT ?
Si l'on dit que le CNT de Benghazi agrège des naïfs, des monarchistes sénoussis, des alqaïdistes survivants des purges kadhafistes donc modérés tentés par le modèle turc (GICL = Groupe islamique de combat lybien), des affairistes pur jus (avocats, notaires), des officiers généraux ralliés et des opportunistes de l'ancien régime, on n'en sait pas plus sur leurs intentions, même s'ils ont édité une feuille de route (clic) et appris un discours normalisé "langue de bois" convenant aux donneurs d'ordres étrangers. Treize seulement sur 31 sont connus. On y va (mais SGDG) ?
Le représentant du CNT en France est Mansour Saïf al-Nasr, activiste des droits de l'homme exilé depuis 1969. Le CNT comprend donc à la fois des opposants de longue date au régime du Guide et des personnes qui ont fait défection récemment, sans oublier des amis de Seif al-islam. Ben oui, c'est l'Orient quand même !
Venons-en au prince.
Le parti monarchiste est basé à Ryad en Arabie heureuse ; il promeut une monarchie du modèle de celles du Golfe, plutôt autoritaire et islamique. Le prince est installé à Londres. Si les premiers ont pu facilement donner leur drapeau à la rebellion, le second donne des interviews en Europe mais il augmenterait ses chances s'il débarquait à Tripoli, à tout motif, comme celui de revoir la chambre dans laquelle il est né ou retrouver son train électrique. Il est suffisamment entouré pour jauger la profondeur du panier de crabes, mais c'est quand même le moment de hisser les couleurs. Sinon à quoi bon ? (voir le site du prince en cliquant ici)
Et pour finir ?
On peut se demander à quoi rime toute cette affaire quand la tempête sera apaisée et que le pays reprendra son train-train. Comme le confiait hier un Tripolitain au reporter de l'Orient-le Jour, « Je ne suis pas le seul pro-Kadhafi dans le quartier. Tout le monde l'aimait, tout le monde le soutenait. C'était obligé tant que ses forces étaient présentes. C'était le président de ce pays et moi je suis juste un citoyen. Avant j'étais loyal à Kadhafi, maintenant je le serai aux révolutionnaires »... « ma vie pendant l'ère Kadhafi, elle était bien. Je vivais confortablement, j'avais un chèque à la fin de chaque mois, je mangeais, j'allais travailler, c'était la paix ». Le pauvre ne savait pas que la démocratie exige l'implication de tous au débat, fut-il sanglant. Il ne sait pas non plus ce qu'est la stratégie. Eut-il pu suivre les cours du soir d'Aymeric Chauprade qu'il aurait compris que les investissements de la Chine en Libye dans l'exploration minière à hauteur de dizaines de milliards de dollars, conjugués au même mouvement au Soudan tout proche, construisait une forteresse économique chinoise inexpugnable au cœur de l'Afrique sahélienne, foyer avéré de bien des dangers pour les Occidentaux. Et puis on n'abat pas les avions civils impunément.
Qui a déclenché le mouvement ?
L'observation la plus mesurée de l'enchaînement des faits et des attitudes comme les indiscrétions volontaires sur le travail des services occidentaux sur place laissent penser que ce sont les Etats-unis le détonnateur. Kadhafi aurait dû se méfier car depuis l'abandon de son projet atomique, il avait perdu son autonomie de jugement et devait rentrer dans le rang de l'AfriCom yankee, commandement régional instauré par le Pentagone pour lutter contre le terrorisme et la pénétration de la Chine en Afrique ; sinon faire place nette. Démarche impérialiste ? A cent pour cent sinon à quoi servirait l'empire. "Qui n'est avec nous est contre nous" la maxime bushienne perdure.
Postscriptum du 11.06.2017 : Seif al-Islam a été libéré de sa prison de Zenten par le groupe rebelle Abou Bakr al-Sadiq le 10 juin 2017. Il est en fuite.
L'Algérie ferme sa frontière du Tassili devant Ghât, non seulement le poste douanier mais tous les passages caravaniers sur plus de 300 kilomètres. Les moyens déplacés sur la zone d'effort sont importants et bien équipés car la frontière est insaisissable au sol sauf par GPS. L'on comprend qu'il s'agit moins de bloquer les bédouins kadhafistes pour plaire aux nouveaux maîtres de la Libye que de détruire les cohortes alqaïdistes qui rentrent au Niger. Les patrouilles algériennes en ont tué cinq avant-hier. Sans doute ont-ils commencé le ratissage aérien, pour peu qu'ils obtiennent des concours extérieurs de surveillance zénithale.
Ceci explique pourquoi la famille Kadhafi arrivée en convoi Mercedes blindé a franchi le poste-frontière sans encombres, le Guide était l'allié des Algériens dans leur lutte contre AQMI. Et, tout bien considéré, même si le Dr Hannibal est un salopard au civil, ni lui, ni son demi-frère aîné Mohamed n'ont combattu, a fortiori pas plus que leur soeur ou leur mère et belle-mère Safia.
Le CNT libyen manque de jugement pour s'exciter sur cette fuite scabreuse, alors que le raïs déchu et ses fils¹, Seif-al-islam et Saadi (le mari d'Alice) combattent encore pour l'honneur tribal, ou plus sûrement pour repousser l'échéance de leur exécution depuis que leurs charniers arrivent à la surface. Acculés mais encore entourés, ils peuvent tenir la dragée haute aux miliciens du nouveau régime, courageux sans doute mais peu expérimentés. Pour que la communauté internationale persiste dans son soutien après le 27 septembre, échéance du mandat onusien, il faut que le Conseil affiche ses membres jusqu'ici secrets et organise la démocratie aux normes ISO. On en est loin (voir plus bas).
Quel serait l'intérêt de l'Algérie à reconnaître la légalité du CNT ? Elle n'attend rien de la Libye que des problèmes dans le futur.
Ils sont de plusieurs ordres :
(1) le réarmement d'AQMI par le pillage des arsenaux libyens, ce qui présage d'une guerre d'éradication aveugle des katibas salafistes au Sahara avec dommages collatéraux acceptés.
(2) l'afflux de rezzous bédouins repoussés au Fezzan par le nouveau pouvoir libyen, conjugué à la fuite désespérée des mercenaires noirs. Il est probable que les unités de l'ANP chercheront à les détourner vers le Tibesti (Tchad) car aucun camp d'internement n'est possible sur zone.
(3) l'insécurité du bassin gazier d'Illizy et des bassins miniers prometteurs pour l'après-pétrole.
Aussi le gouvernement d'Alger a-t-il décidé de surseoir à la révision de sa neutralité, le temps que les choses décantent à Tripoli et de savoir comment la coalition de bric et de broc arrivée de Benghazi va-t-elle gérer la situation. Son ministre des affaires étrangères viendra quand même voir ce 1er septembre ce qui se passe à la conférence internationale de Paris. La Chine, la Russie et l'Allemagne, opposées à la guerre OTAN seront là aussi. Mais Jacob Zuma, le strauss-kahn sudafricain présidant l'Union africaine, ne viendra pas. L'appel du harem !
Qu'est-ce que le CNT ?
Si l'on dit que le CNT de Benghazi agrège des naïfs, des monarchistes sénoussis, des alqaïdistes survivants des purges kadhafistes donc modérés tentés par le modèle turc (GICL = Groupe islamique de combat lybien), des affairistes pur jus (avocats, notaires), des officiers généraux ralliés et des opportunistes de l'ancien régime, on n'en sait pas plus sur leurs intentions, même s'ils ont édité une feuille de route (clic) et appris un discours normalisé "langue de bois" convenant aux donneurs d'ordres étrangers. Treize seulement sur 31 sont connus. On y va (mais SGDG) ?
- Moustapha Abdeljalil al-Bayda, président, ancien ministre de la justice, de quoi serrer les fesses.
- Mahmoud Jibril, premier ministre, stratège diplômé, ex-chef du bureau du développement économique national
- Omar Hariri, chargé des affaires militaires du CNT
- Abdessalem Jalloud, ancien premier ministre
- Dr Ali Abdelaziz Al Issawi, ancien Secrétaire du Comité Populaire Général de l’Economie et du Commerce et de l’Investissement
- Omran Aboukraa, ancien ministre du Pétrole
- Nasser al Mabrouk Abdoullah, directeur de la Sécurité intérieure
- Dr Salwa Digheli, chef du comité juridique, c'est une femme
- colonel Ahmed Omar Bani (porte-parole)
- Mohammed Elkish, attaché de presse
- MM. Ahmed Hussein Al-Darrat (intérieur), Mahmoud Shammam (medias), le Dr. Naji Barakat (santé), Mohammed Al-Allagi (justice et ddh), le Dr. Hania Al-Gumati (sécurité sociale), le Dr. Abdullah Shamia (économie), le Dr. Ali Al-Tarhuni (finances), le Dr. Anwar Al-Faytouri (commmunications), Abulgassim Nimr (environnement), Atia Lawgali (communautés), Abdulsalam Al-Shikhy (religion), Ahmed Al-Jehani (reconstruction), figurent au conseil de gouvernement publié par le site officiel mais sans curriculum vitae. Ils sont mis en vitrine comme on le fait près de la gare d'Amterdam, mais tout laisse croire que les décisions d'axe sont prises ailleurs en de rares consensus.
- Hakim al-Hasidi, un chef du GICL, entraîné chez al-Qaïda Afghanistan et disposant de mille djihadistes sur le terrain, selon lui
- Me Achour Bourachid, de Derna, musulman oecuménique (laissera passer la charia des deux suivants)
- Sheikh Abdul Hakim Belhadj, émir GICL de Derna, commandant des hordes de Tripoli
- Achour Choukri Assi, imam de la plus grande mosquée de Derna, intégriste incandescent
- Ismail Sallabi (GICL), qui commande une katiba à 200 barbus équipée par le Qatar
- Me Abdul Hafiz Ghoga, avocat des droits de l'homme, démissionné mais toujours par là dit-on
- Général Abdel Fattah Younes, premier chef militaire de l'insurrection, a été jugé par le CNT et exécuté le 27 juillet pour intelligence avec l'ennemi (c-à-d. Seif al-islam)
- Abdelmomem Al-Madhouni, al-Qaïda cuvée 1990, tué à Brega devant sa katiba
Le représentant du CNT en France est Mansour Saïf al-Nasr, activiste des droits de l'homme exilé depuis 1969. Le CNT comprend donc à la fois des opposants de longue date au régime du Guide et des personnes qui ont fait défection récemment, sans oublier des amis de Seif al-islam. Ben oui, c'est l'Orient quand même !
Venons-en au prince.
Le parti monarchiste est basé à Ryad en Arabie heureuse ; il promeut une monarchie du modèle de celles du Golfe, plutôt autoritaire et islamique. Le prince est installé à Londres. Si les premiers ont pu facilement donner leur drapeau à la rebellion, le second donne des interviews en Europe mais il augmenterait ses chances s'il débarquait à Tripoli, à tout motif, comme celui de revoir la chambre dans laquelle il est né ou retrouver son train électrique. Il est suffisamment entouré pour jauger la profondeur du panier de crabes, mais c'est quand même le moment de hisser les couleurs. Sinon à quoi bon ? (voir le site du prince en cliquant ici)
Et pour finir ?
On peut se demander à quoi rime toute cette affaire quand la tempête sera apaisée et que le pays reprendra son train-train. Comme le confiait hier un Tripolitain au reporter de l'Orient-le Jour, « Je ne suis pas le seul pro-Kadhafi dans le quartier. Tout le monde l'aimait, tout le monde le soutenait. C'était obligé tant que ses forces étaient présentes. C'était le président de ce pays et moi je suis juste un citoyen. Avant j'étais loyal à Kadhafi, maintenant je le serai aux révolutionnaires »... « ma vie pendant l'ère Kadhafi, elle était bien. Je vivais confortablement, j'avais un chèque à la fin de chaque mois, je mangeais, j'allais travailler, c'était la paix ». Le pauvre ne savait pas que la démocratie exige l'implication de tous au débat, fut-il sanglant. Il ne sait pas non plus ce qu'est la stratégie. Eut-il pu suivre les cours du soir d'Aymeric Chauprade qu'il aurait compris que les investissements de la Chine en Libye dans l'exploration minière à hauteur de dizaines de milliards de dollars, conjugués au même mouvement au Soudan tout proche, construisait une forteresse économique chinoise inexpugnable au cœur de l'Afrique sahélienne, foyer avéré de bien des dangers pour les Occidentaux. Et puis on n'abat pas les avions civils impunément.
Qui a déclenché le mouvement ?
L'observation la plus mesurée de l'enchaînement des faits et des attitudes comme les indiscrétions volontaires sur le travail des services occidentaux sur place laissent penser que ce sont les Etats-unis le détonnateur. Kadhafi aurait dû se méfier car depuis l'abandon de son projet atomique, il avait perdu son autonomie de jugement et devait rentrer dans le rang de l'AfriCom yankee, commandement régional instauré par le Pentagone pour lutter contre le terrorisme et la pénétration de la Chine en Afrique ; sinon faire place nette. Démarche impérialiste ? A cent pour cent sinon à quoi servirait l'empire. "Qui n'est avec nous est contre nous" la maxime bushienne perdure.
Note (1): Saïf al-Arab et Khamis sont morts ; pas de nouvelles de Mootassem, pourtant le plus dangereux car le plus froid.
Billets RA précédents sur l'affaire lybienne :
No Fly Zone
Kadhafi for ever
Resurrexit !
Libye : le temps de l'infanterie
Les raisins de la guerre
Le combat des fils
Postscriptum du 11.06.2017 : Seif al-Islam a été libéré de sa prison de Zenten par le groupe rebelle Abou Bakr al-Sadiq le 10 juin 2017. Il est en fuite.
mardi 23 août 2011
Le combat des fils
A Tripoli, les fils Kadhafi entrent dans l'histoire par ce remake de Camerone que nous "vivons" par le truchement des agences de reportage. Je souhaite que l'OTAN suspende son appui pour que la décision soit faite au sol entre Libyens, quoique demande le Conseil National de Transition de plus en plus impatient à ramasser le pot. L'orgueil du vieux lion lui interdit une reddition et jusqu'à aujourd'hui - sauf quand même après le tout premier raid aérien français qui le fit verdir - il n'a manifesté aucune faiblesse dans sa résolution de jouer jusqu'au bout la pièce écrite par lui-même, pour ne pas finir comme un gland à la Saddam Hussein, pendu sous les crachats. Normalement les freux du désert vont sortir du bunker et charger les "pouilleux" supplétifs des Infidèles, puis succomberont sous le nombre, c'est toujours comme ça s'ils ne sont pas des Arabiaques amollis dans les sophas de plume d'oie et les boîtes de loukoums.
D'expérience, l'Arabe des champs est maté par l'Arabe des villes ameuté en masse par l'hystérie propre à la Rue arabe. A quoi les reconnaissez-vous ? L'un a l'oeil de lapin, l'autre l'oeil de loup. C'est ce que faisait observer le général Petraeus en Irak en demandant de prendre langue avec les chefs sunnites qui, à les regarder au fond des yeux, ne désarmeraient pas devant l'assaut des Arabes des Marais (Shias) et obligeraient la Coalition à une guerre de cent ans. Il avait raison puisque ce déplacement de l'axe d'effort permit au Pentagone de désengager la plupart de ses brigades d'Irak, et on nous apprend que la semaine dernière des unités résiduelles américaines ont attaqué des rebelles chiites dans le district de Bassorah à l'insu du gouvernement (clic), malgré la remise des clefs de Bagdad aux partis chiites.
On se souvient aussi de la fin des fils de Saddam Hussein, Uday et Qusay, retranchés chez eux et combattant l'infanterie américaine assistés de leurs propres enfants. Ces salopards savaient mourir. C'est bien tout le mal que l'on puisse souhaiter à la Libye, une fin du tyran digne des livres d'histoire. Et pour nous, des contrats de pétrole et d'armement, soyons simples !
Pourquoi ce post qui semble se réjouir de la résistance opposée par le raïs libyen à la justice internationale ? Oui, justice, n'en déplaise aux candidats-dictateurs qui s'émeuvent de la destruction de leurs modèles d'Ordre, si l'on garde en mémoire l'explosion du DC10 de la companie aérienne française UTA au-dessus du Ténéré (170 morts) et celle du Boeing 747 de la compagnie américaine Panam en Ecosse (270 morts). Tout simplement parce que la situation exalte la famille, cellule élementaire passée de mode chez nous, chez notre république des individus-matricules élevés en batterie comme de la volaille.
La famille Kadhafi sur Royal-Artillerie, c'était par ici, mais il existe une autre famille libyenne historique dont la souche provient de Mostaganem, celle des Senoussis qui combattit les Italiens dès le début et conduisit le pays à l'indépendance (clac).
Le prince-héritier Mohammed Sayed qui vit à Londres et qui fut au départ un peu en retrait de la main, s'est laissé convaincre d'offrir à son peuple une solution. Il a fait une déclaration de circonstance dont nous reproduisons l'essentiel :
In order for Libya to take its place amongst the great nations of the world we must work together as one people. United we must fight for a new society in which the freedoms and rights of the people come first. We must protect the rights of each and every Libyan – to ensure that never again can a tyrant take lives, steal property or misappropriate our country’s wealth. Libya’s future must be in the hands of the Libyan people (déclaration complète du 16 août 2011). Ce n'est pas le Pont d'Arcole mais un bon début quand même. La révolution lui a déjà piqué son drapeau. Y a plus qu'à !
D'expérience, l'Arabe des champs est maté par l'Arabe des villes ameuté en masse par l'hystérie propre à la Rue arabe. A quoi les reconnaissez-vous ? L'un a l'oeil de lapin, l'autre l'oeil de loup. C'est ce que faisait observer le général Petraeus en Irak en demandant de prendre langue avec les chefs sunnites qui, à les regarder au fond des yeux, ne désarmeraient pas devant l'assaut des Arabes des Marais (Shias) et obligeraient la Coalition à une guerre de cent ans. Il avait raison puisque ce déplacement de l'axe d'effort permit au Pentagone de désengager la plupart de ses brigades d'Irak, et on nous apprend que la semaine dernière des unités résiduelles américaines ont attaqué des rebelles chiites dans le district de Bassorah à l'insu du gouvernement (clic), malgré la remise des clefs de Bagdad aux partis chiites.
On se souvient aussi de la fin des fils de Saddam Hussein, Uday et Qusay, retranchés chez eux et combattant l'infanterie américaine assistés de leurs propres enfants. Ces salopards savaient mourir. C'est bien tout le mal que l'on puisse souhaiter à la Libye, une fin du tyran digne des livres d'histoire. Et pour nous, des contrats de pétrole et d'armement, soyons simples !
Pourquoi ce post qui semble se réjouir de la résistance opposée par le raïs libyen à la justice internationale ? Oui, justice, n'en déplaise aux candidats-dictateurs qui s'émeuvent de la destruction de leurs modèles d'Ordre, si l'on garde en mémoire l'explosion du DC10 de la companie aérienne française UTA au-dessus du Ténéré (170 morts) et celle du Boeing 747 de la compagnie américaine Panam en Ecosse (270 morts). Tout simplement parce que la situation exalte la famille, cellule élementaire passée de mode chez nous, chez notre république des individus-matricules élevés en batterie comme de la volaille.
La famille Kadhafi sur Royal-Artillerie, c'était par ici, mais il existe une autre famille libyenne historique dont la souche provient de Mostaganem, celle des Senoussis qui combattit les Italiens dès le début et conduisit le pays à l'indépendance (clac).
Le prince-héritier Mohammed Sayed qui vit à Londres et qui fut au départ un peu en retrait de la main, s'est laissé convaincre d'offrir à son peuple une solution. Il a fait une déclaration de circonstance dont nous reproduisons l'essentiel :
In order for Libya to take its place amongst the great nations of the world we must work together as one people. United we must fight for a new society in which the freedoms and rights of the people come first. We must protect the rights of each and every Libyan – to ensure that never again can a tyrant take lives, steal property or misappropriate our country’s wealth. Libya’s future must be in the hands of the Libyan people (déclaration complète du 16 août 2011). Ce n'est pas le Pont d'Arcole mais un bon début quand même. La révolution lui a déjà piqué son drapeau. Y a plus qu'à !
Billets RA précédents sur l'affaire lybienne :
No Fly Zone
Kadhafi for ever
Resurrexit !
Libye : le temps de l'infanterie
Les raisins de la guerre
mercredi 13 juillet 2011
Les raisins de la guerre
Le seul "gain" des campagnes afghanes et libyennes sera le test d'endurance et le réglage d'une armée de défense nationale en force de guerre. Nos états-majors ont acquis de l'expérience et ont pu mesurer le niveau de préparation effective des forces à leur disposition à celui de nos alliés, ce qui jusque là était du domaine "intellectuel". Les corrections seront plus sures. (ndlr: commentaire piéton laissé sur Secret-Défense).
On commence à voir le bout de chacune des deux aventures et l'heure approche du bilan. La presse spécialisée en fera quelques tonnes d'ici la campagne présidentielle, mais Royal-Artillerie vous fait profiter sans attendre de ses propres "retours", à l'occasion du défilé de nos armées sur les Champs Elysées demain. Mais évacuons de ce billet la question critique soulevée à la une par Le Monde daté d'aujourd'hui, celle du "nerf" [La France n’a plus les moyens militaires de ses ambitions politiques]. Avons-nous les moyens de la guerre ? Nous devons les avoir et nous réorganiser pour les avoir. Pour cela, l'Etat doit se recentrer sur son domaine régalien et s'extraire du fonctionnement des moteurs sociaux et économiques. Il ne peut tout faire certes ; qu'il commence donc à perdre de la graisse et à faire du muscle. L'avenir nous en récompensera.
Afghanistan :
L'expédition occidentale qui a changé plusieurs fois de justification, laissera une empreinte dans l'évolution des sociétés afghanes en procurant un avant-goût de liberté aux femmes des villes et l'instruction publique à des milliers d'enfants, filles et garçons. Elle aura aussi montré aux gouverneurs locaux qu'on pouvait trouver des motifs de satisfaction du travail bien fait dans le développement de leur province plus sûrement que dans sa mise en coupe réglée. Les mentalités ont bougé. Certes, la barbarie native de ces tribus n'en est pas encore extirpée, et la religion musulmane n'y aide pas, mais à l'impossible nul n'est tenu, sauf Dieu.
Pieds au sol, la situation n'est pas fameuse à telle enseigne qu'on parle avec les vilains. Ceux-ci prêteront l'oreille d'autant plus facilement que la campagne d'exécution américaine continuera jusqu'à, semble-t-il, l'incinération parfaite des cellules d'al-Qaïda et le maximum de dommages par les drones de Langley aux équipes de commandement talibannes. Si les pertes favorisent l'avancement, l'enthousiasme des promus n'est pas sûr.
La démotivation des "élites" déteint sur le shahid lambda qui peut douter de la fable céleste des 72 vierges aux yeux noirs qui se rongent les sangs à l'attendre. Plus nous en éliminerons, plus facile sera la suite pour les gouvernorats des provinces. Car nous partons ; c'est dit.
Nos compagnies ont perdu 64 hommes au feu (ndlr : 69 à compter de ce soir, hélas). Respect. Mais ce passif est compensé par le retour d'expérience dont ont bénéficié nos armées, qui ont débuté l'opération en troupes coloniales derrière les rambos de commando et la termineront en bataillons de guerre, du niveau requis par les conflits possibles de ce siècle sur le théâtre eurasiatique. Le matériel français engagé s'est montré rapidement obsolète et nos raisonnements techniques comme notre superbe en ont pris un coup. Le Famas a été surclassé par le HK416¹ qui défilera sur les Champs demain, le VAB est un VTT mal protégé et se voit remplacé par le VBCI². On a aussi refait les paquetages de l'infanterie (treillis, chaussures, gilets PB) pour 26 millions d'euros.
Mais ce sont les procédures de commandement qui se sont complexifiées et nos états-majors tactiques ont appris à combattre dans le brouhaha d'une alliance que nous ne dirigions pas, avec des appuis aériens que nous appelions mais ne commandions pas, sur des bases qui n'étaient pas les nôtres, et donc appris... que nos erreurs devenaient visibles pour tous et exigeaient des corrections immédiates. Plus possible de camoufler les insuffisances dans des rapports filandreux au CEMAT comme il en va dans nos interventions africaines.
Au niveau du soldat, au contact quotidien d'unités élémentaires aguerries comme les unités américaines repliées d'Irak, le Français qui bénéficiait d'une bonne réputation (grâce à la Légion sans doute) s'est endurci jusqu'à atteindre le mordant britannique qui reste un must. A tous les niveaux nous avons progressé vite, ce que nous n'aurions jamais pu faire entre Canjuers et Mourmelon.
Postscriptum du 13.07.11-22:45 :
Au moment de la rédaction de ce billet, cinq de nos soldats étaient tués par un attentat-suicide en Kapissa. Un sixième risque d'y passer et trois autres sont blessés grièvement. L'honneur de servir est particulièrement cruel quand l'issue est provoquée par un acte terroriste ciblé et non pas dans une action de guerre. On peut les citer :
Lt Thomas Gauvin, 27 ans et Adj. Laurent Marsol, 35 ans, tous deux du 1er Régiment de Chasseurs-parachutistes de Pamiers ; Adj. Emmanuel Techer , 38 ans, et Adj. Guéniat, 37 ans, du 17è Régiment de Génie parachutiste de Montauban ; C/C Sébastien Vermeille, 31 ans, du Sirpa-Terre de Lyon.
Dans le cas présent, c'est encore une fois la loyauté des forces locales qui est en cause. Le poste de police occupé pour couvrir une "choura" était bizarremment sans policiers et le kamikaze en portait la tenue. L'équipe insurgée en appui à 150m depuis le village était là (à notre avis) pour détonner le kamikaze s'il y avait défaut de mise à feu, et pour achever les blessés. La barbarie dans toute sa classe. Sincères condoléances aux camarades de combat des victimes et à leurs familles éprouvées.
Libye :
En Libye c'est très différent, puisque la résolution 1973 du Conseil de Sécurité de l'ONU nous interdit de débarquer, ce qui fut un mauvais compromis pour arracher l'abstention de la Chine et de la Russie. Donc c'est aux matériels de parler pour les hommes qui les servent. Même si les capacités de risposte libyennes sont faibles, on peut dire que les armes aéronavales françaises ont acquis la certification "Warproof" sans laquelle on n'exporte rien. Nos bombes guidées, nos missiles, nos frégates font du bon travail. On pense bien sûr au Rafale-marine qui fait quotidiennement la démonstration de sa puissance de feu et de sa polyvalence, ce qui jusqu'ici restaient au niveau de l'allégation-constructeur. Sachons que le Leclerc que nous n'avons pu engager ne s'exportera pas alors que le Léopard II avec lequel les Canadiens se sont battus en Afghanistan continuera à se vendre. Les équipages de la flotte ont appris ce qu'était un embarquement de longue durée en situation de guerre, malgré les roupétances de la bordée de coiffeurs du porte-avions. Et ici comme en Afghanistan, nos états-majors tactiques ont dû composer avec le même brouhaha de l'Alliance, avec des procédures complexes d'acquisition d'objectifs et d'ouverture de feu, tout ce qui fait les joies de la guerre à plusieurs. Le sur-stress subi de par les défauts d'analyse ou les contretemps est une bonne expérience, la prochaine ne sera que sur-stress, on le sait déjà. Des Kadhafi il y en a d'autres et bien mieux armés.
Et dans les deux cas nous avons combattu au sein de l'OTAN, au grand dam des fuyards et des communistes !
Damned !
Nous avons été dirigés par des étrangers et nous avons aussi commandé des étrangers. Un seul critère, efficacité dans le respect de la mission. L'opération Libye nous a confirmé, s'il en était encore besoin, que notre retour au commandement intégré allié n'était pas un asservissement puisque chaque pays restait maître de son engagement, comme en Irak ou en Afghanistan ; que le NATO n'était pas le Pacte de Varsovie bien que ses procédures soient complètement standardisées. La Pologne n'était pas touchée par le risque de massacres en Cyrénaïque, l'Allemagne n'est pas venue dans les sables de l'Afrikakorps, c'était leur choix. Des pays sont venus qu'on n'attendait pas en Afrique du Nord, le Danemark, les Pays-Bas, d'autres non ou timidement, qui étaient pourtant impliqués, comme l'Italie. Parmi les engagés, la Norvège à la fin du mois rentre les F16 dans ses bunkers, elle a obtenu à sa façon la supériorité aérienne de la résolution 1973, c'est donc fini pour elle. Les Américains ont garé leurs chasseurs-bombardiers et sont en appui d'acquisitions, en menace de second échelon, mais n'interceptent plus rien au-delà des communications du chien fou de Tripoli. Et chacun voit midi à sa porte dès lors que l'article 5 de la Charte atlantique³ n'est pas en jeu. Qui a perdu sa "souveraineté" ? La Libye, pas la France !
Ces deux conflits nous disent aussi que nous ne ferons rien tout seuls, parce que la guerre moderne convoque des moyens de surveillance (satellites, Awacs) et des moyens logistiques (ravitailleurs en vol, transport aérien) que nous ne pouvons nous offrir en quantité suffisante, même dans une "petite guerre" en face de chez nous. Mais il est un point sur lequel j'aimerais terminer :
L'engagement du président Sarkozy a le mérite de rompre avec le principe de précaution de son prédécesseur qui avait ringardisé nos forces dans le regard de nos contempteurs mais aussi dans celui de nos amis (je pense au Liban dévasté par Tsahal sous le regard impassible de la flotte française). Quelles que soient les circonstances qui ont amené ces engagements, on doit le remercier - une fois n'est pas coutume - d'avoir brisé la doxa gaulliste. La France, une grande gueule à l'ONU, l'amie proclamée de tous, mais sur le terrain, c'était un peu de parade, un peu d'infirmerie, un peu de dépanneuse et beaucoup d'explications. Tout a changé, et en tapant fort comme en Libye, nous sommes revenus dans le camp des pays à craindre, et pour notre diplomatie et notre sécurité c'est une très bonne chose. Le budget militaire a enfin un retour sur investissement que les castrations chiraquiennes avaient ôté. On peut maintenant rebaptiser notre porte-avions du nom de "Foch". Il n'est de vraie diplomatie que de force.
On commence à voir le bout de chacune des deux aventures et l'heure approche du bilan. La presse spécialisée en fera quelques tonnes d'ici la campagne présidentielle, mais Royal-Artillerie vous fait profiter sans attendre de ses propres "retours", à l'occasion du défilé de nos armées sur les Champs Elysées demain. Mais évacuons de ce billet la question critique soulevée à la une par Le Monde daté d'aujourd'hui, celle du "nerf" [La France n’a plus les moyens militaires de ses ambitions politiques]. Avons-nous les moyens de la guerre ? Nous devons les avoir et nous réorganiser pour les avoir. Pour cela, l'Etat doit se recentrer sur son domaine régalien et s'extraire du fonctionnement des moteurs sociaux et économiques. Il ne peut tout faire certes ; qu'il commence donc à perdre de la graisse et à faire du muscle. L'avenir nous en récompensera.
Afghanistan :
L'expédition occidentale qui a changé plusieurs fois de justification, laissera une empreinte dans l'évolution des sociétés afghanes en procurant un avant-goût de liberté aux femmes des villes et l'instruction publique à des milliers d'enfants, filles et garçons. Elle aura aussi montré aux gouverneurs locaux qu'on pouvait trouver des motifs de satisfaction du travail bien fait dans le développement de leur province plus sûrement que dans sa mise en coupe réglée. Les mentalités ont bougé. Certes, la barbarie native de ces tribus n'en est pas encore extirpée, et la religion musulmane n'y aide pas, mais à l'impossible nul n'est tenu, sauf Dieu.
Pieds au sol, la situation n'est pas fameuse à telle enseigne qu'on parle avec les vilains. Ceux-ci prêteront l'oreille d'autant plus facilement que la campagne d'exécution américaine continuera jusqu'à, semble-t-il, l'incinération parfaite des cellules d'al-Qaïda et le maximum de dommages par les drones de Langley aux équipes de commandement talibannes. Si les pertes favorisent l'avancement, l'enthousiasme des promus n'est pas sûr.
La démotivation des "élites" déteint sur le shahid lambda qui peut douter de la fable céleste des 72 vierges aux yeux noirs qui se rongent les sangs à l'attendre. Plus nous en éliminerons, plus facile sera la suite pour les gouvernorats des provinces. Car nous partons ; c'est dit.
Nos compagnies ont perdu 64 hommes au feu (ndlr : 69 à compter de ce soir, hélas). Respect. Mais ce passif est compensé par le retour d'expérience dont ont bénéficié nos armées, qui ont débuté l'opération en troupes coloniales derrière les rambos de commando et la termineront en bataillons de guerre, du niveau requis par les conflits possibles de ce siècle sur le théâtre eurasiatique. Le matériel français engagé s'est montré rapidement obsolète et nos raisonnements techniques comme notre superbe en ont pris un coup. Le Famas a été surclassé par le HK416¹ qui défilera sur les Champs demain, le VAB est un VTT mal protégé et se voit remplacé par le VBCI². On a aussi refait les paquetages de l'infanterie (treillis, chaussures, gilets PB) pour 26 millions d'euros.
Mais ce sont les procédures de commandement qui se sont complexifiées et nos états-majors tactiques ont appris à combattre dans le brouhaha d'une alliance que nous ne dirigions pas, avec des appuis aériens que nous appelions mais ne commandions pas, sur des bases qui n'étaient pas les nôtres, et donc appris... que nos erreurs devenaient visibles pour tous et exigeaient des corrections immédiates. Plus possible de camoufler les insuffisances dans des rapports filandreux au CEMAT comme il en va dans nos interventions africaines.
Au niveau du soldat, au contact quotidien d'unités élémentaires aguerries comme les unités américaines repliées d'Irak, le Français qui bénéficiait d'une bonne réputation (grâce à la Légion sans doute) s'est endurci jusqu'à atteindre le mordant britannique qui reste un must. A tous les niveaux nous avons progressé vite, ce que nous n'aurions jamais pu faire entre Canjuers et Mourmelon.
Postscriptum du 13.07.11-22:45 :
Au moment de la rédaction de ce billet, cinq de nos soldats étaient tués par un attentat-suicide en Kapissa. Un sixième risque d'y passer et trois autres sont blessés grièvement. L'honneur de servir est particulièrement cruel quand l'issue est provoquée par un acte terroriste ciblé et non pas dans une action de guerre. On peut les citer :
Lt Thomas Gauvin, 27 ans et Adj. Laurent Marsol, 35 ans, tous deux du 1er Régiment de Chasseurs-parachutistes de Pamiers ; Adj. Emmanuel Techer , 38 ans, et Adj. Guéniat, 37 ans, du 17è Régiment de Génie parachutiste de Montauban ; C/C Sébastien Vermeille, 31 ans, du Sirpa-Terre de Lyon.
Dans le cas présent, c'est encore une fois la loyauté des forces locales qui est en cause. Le poste de police occupé pour couvrir une "choura" était bizarremment sans policiers et le kamikaze en portait la tenue. L'équipe insurgée en appui à 150m depuis le village était là (à notre avis) pour détonner le kamikaze s'il y avait défaut de mise à feu, et pour achever les blessés. La barbarie dans toute sa classe. Sincères condoléances aux camarades de combat des victimes et à leurs familles éprouvées.
Libye :
En Libye c'est très différent, puisque la résolution 1973 du Conseil de Sécurité de l'ONU nous interdit de débarquer, ce qui fut un mauvais compromis pour arracher l'abstention de la Chine et de la Russie. Donc c'est aux matériels de parler pour les hommes qui les servent. Même si les capacités de risposte libyennes sont faibles, on peut dire que les armes aéronavales françaises ont acquis la certification "Warproof" sans laquelle on n'exporte rien. Nos bombes guidées, nos missiles, nos frégates font du bon travail. On pense bien sûr au Rafale-marine qui fait quotidiennement la démonstration de sa puissance de feu et de sa polyvalence, ce qui jusqu'ici restaient au niveau de l'allégation-constructeur. Sachons que le Leclerc que nous n'avons pu engager ne s'exportera pas alors que le Léopard II avec lequel les Canadiens se sont battus en Afghanistan continuera à se vendre. Les équipages de la flotte ont appris ce qu'était un embarquement de longue durée en situation de guerre, malgré les roupétances de la bordée de coiffeurs du porte-avions. Et ici comme en Afghanistan, nos états-majors tactiques ont dû composer avec le même brouhaha de l'Alliance, avec des procédures complexes d'acquisition d'objectifs et d'ouverture de feu, tout ce qui fait les joies de la guerre à plusieurs. Le sur-stress subi de par les défauts d'analyse ou les contretemps est une bonne expérience, la prochaine ne sera que sur-stress, on le sait déjà. Des Kadhafi il y en a d'autres et bien mieux armés.
Et dans les deux cas nous avons combattu au sein de l'OTAN, au grand dam des fuyards et des communistes !
Damned !
Nous avons été dirigés par des étrangers et nous avons aussi commandé des étrangers. Un seul critère, efficacité dans le respect de la mission. L'opération Libye nous a confirmé, s'il en était encore besoin, que notre retour au commandement intégré allié n'était pas un asservissement puisque chaque pays restait maître de son engagement, comme en Irak ou en Afghanistan ; que le NATO n'était pas le Pacte de Varsovie bien que ses procédures soient complètement standardisées. La Pologne n'était pas touchée par le risque de massacres en Cyrénaïque, l'Allemagne n'est pas venue dans les sables de l'Afrikakorps, c'était leur choix. Des pays sont venus qu'on n'attendait pas en Afrique du Nord, le Danemark, les Pays-Bas, d'autres non ou timidement, qui étaient pourtant impliqués, comme l'Italie. Parmi les engagés, la Norvège à la fin du mois rentre les F16 dans ses bunkers, elle a obtenu à sa façon la supériorité aérienne de la résolution 1973, c'est donc fini pour elle. Les Américains ont garé leurs chasseurs-bombardiers et sont en appui d'acquisitions, en menace de second échelon, mais n'interceptent plus rien au-delà des communications du chien fou de Tripoli. Et chacun voit midi à sa porte dès lors que l'article 5 de la Charte atlantique³ n'est pas en jeu. Qui a perdu sa "souveraineté" ? La Libye, pas la France !
Ces deux conflits nous disent aussi que nous ne ferons rien tout seuls, parce que la guerre moderne convoque des moyens de surveillance (satellites, Awacs) et des moyens logistiques (ravitailleurs en vol, transport aérien) que nous ne pouvons nous offrir en quantité suffisante, même dans une "petite guerre" en face de chez nous. Mais il est un point sur lequel j'aimerais terminer :
L'engagement du président Sarkozy a le mérite de rompre avec le principe de précaution de son prédécesseur qui avait ringardisé nos forces dans le regard de nos contempteurs mais aussi dans celui de nos amis (je pense au Liban dévasté par Tsahal sous le regard impassible de la flotte française). Quelles que soient les circonstances qui ont amené ces engagements, on doit le remercier - une fois n'est pas coutume - d'avoir brisé la doxa gaulliste. La France, une grande gueule à l'ONU, l'amie proclamée de tous, mais sur le terrain, c'était un peu de parade, un peu d'infirmerie, un peu de dépanneuse et beaucoup d'explications. Tout a changé, et en tapant fort comme en Libye, nous sommes revenus dans le camp des pays à craindre, et pour notre diplomatie et notre sécurité c'est une très bonne chose. Le budget militaire a enfin un retour sur investissement que les castrations chiraquiennes avaient ôté. On peut maintenant rebaptiser notre porte-avions du nom de "Foch". Il n'est de vraie diplomatie que de force.
Notes :
(1) Le 416 de Heckler u. Koch vaut moitié prix qu'un Famas et lui est supérieur dans tous les compartiments du jeu, me dit-on, mais je n'ai pas tiré avec. Reste que nous ne fabriquons plus de munitions du calibre requis. Nous les importons !
(2) Le VAB était un véhicule blindé de transport de troupe armé d'une 12/7, capable de flotter (au ras de l'eau quand même) ce qui dévoilait une construction de flottabilité encombrante et peu protectrice. La mitrailleuse de bord était servie, buste du tireur dehors. Le VBCI (véhicule blindé du combat d'infanterie) est mieux protégé (blindage de plancher) et son canon de bord (25mm) est téléopérable de l'intérieur. Son développement a été entravé par la conception intellectuelle de départ qui gommait les incompatibilités de sa tourelle avec l'emploi réel au combat. D'où l'intérêt de valider les idées en situation.
(3) L'art. 5 est le "coeur de métier" de la Charte. Il déclenche la réaction solidaire en cas d'agression d'un pays membre. C'est à ce titre que Chirac et Jospin ont envoyé nos forces spéciales en Afghanistan au départ.
(1) Le 416 de Heckler u. Koch vaut moitié prix qu'un Famas et lui est supérieur dans tous les compartiments du jeu, me dit-on, mais je n'ai pas tiré avec. Reste que nous ne fabriquons plus de munitions du calibre requis. Nous les importons !
(2) Le VAB était un véhicule blindé de transport de troupe armé d'une 12/7, capable de flotter (au ras de l'eau quand même) ce qui dévoilait une construction de flottabilité encombrante et peu protectrice. La mitrailleuse de bord était servie, buste du tireur dehors. Le VBCI (véhicule blindé du combat d'infanterie) est mieux protégé (blindage de plancher) et son canon de bord (25mm) est téléopérable de l'intérieur. Son développement a été entravé par la conception intellectuelle de départ qui gommait les incompatibilités de sa tourelle avec l'emploi réel au combat. D'où l'intérêt de valider les idées en situation.
(3) L'art. 5 est le "coeur de métier" de la Charte. Il déclenche la réaction solidaire en cas d'agression d'un pays membre. C'est à ce titre que Chirac et Jospin ont envoyé nos forces spéciales en Afghanistan au départ.
lundi 6 juin 2011
Libye : le temps de l'infanterie
L'OTAN prolonge de trois mois ses opérations libyennes, ce qui veut dire en clair que Kahdafi et son dispositif tribal ont gagné la première manche. A charge de revanche donc !
Le secrétaire général Anders Fogh Rasmussen, le chef du Quai d'Orsay Alain Juppé, le secrétaire d'Etat Hillary Clinton, le ministre des affaires étrangères Franco Frattini, ne cessent de brandir les défections quasi-quotidiennes des ministres, ambassadeurs, officiers de l'Etat libyen comme autant de lézardes annonciatrices de la ruine de l'édifice. Mais une autocratie ne vit pas sur ses ministères. A preuve, les ministres du gouvernement Fillon pourraient s'enfuir aux Kerguelen qu'on n'y verrait aucun changement. On n'arrête pas de pilonner au même endroit, preuve donc qu'on ne peut percer la carapace de l'Immonde !
Qu'en est-il vraiment est difficile à savoir tant la communication est maîtrisée par tous les protagonistes. Ni trop près, ni trop loin mais mitoyenne se trouve l'Algérie. Qu'y dit-on de l'affaire ? Curieusement pas grand chose alors que les titres sont nombreux contre le régime syrien ; l'autre préoccupation algéroise est l'agitation sociale, le différent avec le Maroc, frontière d'Oujda ouverte ou fermée, Polisario et ONU, etc... on y parle aussi de la reprise de la guerre Nord-Sud au Soudan. Libye ? RAS.
Or chacun sait que les voies de recomplètement des dotations traversent les frontières du Tchad et de l'Algérie saharienne. On fantasme sur des stocks russes ou ukrainiens.
Les plus lucides sont aux pays du Maghreb ceux qui signalent le trafic d'exfiltration d'armes lourdes des dépôts libyens vers les groupes d'AQMi au Sahel. Si AQMi se retrouve doté des mêmes armes que les moudjahidine afghans (et arabes) de jadis, bonjour la sécurité aérienne en approche et au décollage.
On peut dire sans se tromper qu'à l'exception de la Tunisie marquée du sceau du détonateur et qui peut craindre des représailles de dictateurs à la fin maintenus, les pays arabes d'Afrique s'accommodent de la guerre libyenne et de la pénétration de l'OTAN tant qu'elle ne déborde pas physiquement chez eux. Peu de changement dans la politique arabe, le nez sur les chaussures.
L'OTAN aura-t-elle sa revanche ?
Elle engage maintenant les hélicos de combat au sol comme si elle descendait à ras des dispositions d'engagement de la résolution onusienne. On dit qu'une bataille est gagnée ou perdue sur les derniers cinquante mètres, c'est un travail d'infanterie, et comme le débarquement nous est interdit, il faut bien impliquer les autochtones mais en les y préparant convenablement. Ces bandes de joyeux branleurs qui tirent au ciel à tout moment sont inutiles et pèsent sur l'Ordinaire. Jusqu'ici les autochtones s'avèrent incapables de vaincre, et la défection massive des cadres gouvernementaux n'apporte pas grand chose à l'insurrection s'ils se planquent pour la plupart en Italie (clic). On peut aussi mettre en doute leur professionnalisme inversement proportionnel au poids des médailles de poitrine.
Nous avons vécu deux mois de stratégie de l'élastique logistique sans qu'aucun camp ne sache comment résoudre la pénurie de dotations au bout de la corde tendue. Et l'un de reculer vers ses dépôts quand l'autre s'éloignait des siens, pour rejouer plusieurs fois la même pièce inversée. L'armée libyenne est une armée de guérilla de mauvaise qualité, organisée pour des rezzous, pas pour refaire l'Afrikakorps !
Et demain ?
Les belligérants appliquent la lâche maxime maoïste des armées dans le peuple comme le poisson dans l'eau - le terme moderne est "bouclier humain". Même les Tigres ne sauront trier les combattants des civils, et nous, Français, savons que même une infanterie "importée" posée au sol fait ce tri avec beaucoup de difficultés dès lors que les soldats du soir deviennent les paysans du matin. La seule voie d'achèvement de ce conflit atypique est la victoire au sol des gens du cru qui sauront détecter les galons sous le chèche, qu'ils soient insurgés... ou gouvernementaux ! Un peu cynique mais vrai. Pour les contrats à signer avec la nouvelle armée de l'air libyenne, souhaitons celle des premiers. Mais comment l'obtenir ?
En subrogeant un état-major OTAN et une instruction militaire au règlement de combat qui fait terriblement défaut aux unités (de part et d'autre).
Les volontaires benghaziens doivent être incorporés (et soldés) et suivre une instruction accélérée¹ où prévaut la cohésion, la discipline (générale et de feu) et le maniement des armes russes de tous calibres.
On fait vite. L'unité d'instruction est la section à quatre groupes, ultérieurement portée sur véhicules. Tous les groupes sont à sept (1+6) ; trois de choc, un d'appui. La section est à 30 (2+28) à pied. L'unité élémentaire ne se dissocie pas, mais on peut la recomposer en trois groupes de chasse au besoin. Au bout d'une première période d'instruction de neuf semaines de six jours, l'unité est engagée progressivement sur la deuxième ligne de front dans un dispositif de compagnie à 100 (3x30+10).
On pourrait copier le programme des centres d'instruction d'infanterie européens qui marchent. Mais vu l'objectif d'engagement à très court terme, il serait utile, sans négliger les fondamentaux, d'appuyer sur les formations suivantes :
Ces unités équipées alors des moyens nécessaires d'acquisition de l'information disponible devant eux devraient être commandées par des structures compétentes de niveau compagnie situées en retrait utilisant des "professionnels", eux-mêmes sous les ordres d'un état-major tactique OTAN extérieur.
La dernière période d'instruction viserait à qualifier les unités pour des manoeuvres au niveau brigade et éventuellement recompléter les tableaux. Restera à les aguerrir.
Si l'on veut compter, on formerait des compagnies d'infanterie qui comprennent les ordres au bout de 24 semaines (avec 15 jours de permissions intercalées). Si on commençait à la Pentecôte, le Conseil national de transition² aurait des bataillons professionnalisés vers la fin novembre. Ces gens de Benghazi que l'on dit ne pas être des perdreaux de l'année, pensent-ils qu'ils en auront terminé largement d'ici là ?
La résolution 1973 de l'ONU expire, si l'on peut dire, en septembre prochain. Il y aura beaucoup de morts sur la table ronde du Conseil de sécurité lors des débats si l'affaire n'a pas été conclue par l'OTAN. Si nous coupons tout chemin de retraite au clan Kadahfi, ils perfectionneront l'esquive et l'immersion populaire, et la situation de combat s'éternisera comme en Somalie. Mais s'ils voient la construction d'une armée libyenne "européenne", ils sauront que leurs jours sont réellement comptés car leurs compatriotes ne les traîneront pas en justice. Reste à peser sur leur détermination, mais au moment nous avons échoué.
Après la revanche, la belle ?
Le secrétaire général Anders Fogh Rasmussen, le chef du Quai d'Orsay Alain Juppé, le secrétaire d'Etat Hillary Clinton, le ministre des affaires étrangères Franco Frattini, ne cessent de brandir les défections quasi-quotidiennes des ministres, ambassadeurs, officiers de l'Etat libyen comme autant de lézardes annonciatrices de la ruine de l'édifice. Mais une autocratie ne vit pas sur ses ministères. A preuve, les ministres du gouvernement Fillon pourraient s'enfuir aux Kerguelen qu'on n'y verrait aucun changement. On n'arrête pas de pilonner au même endroit, preuve donc qu'on ne peut percer la carapace de l'Immonde !
Qu'en est-il vraiment est difficile à savoir tant la communication est maîtrisée par tous les protagonistes. Ni trop près, ni trop loin mais mitoyenne se trouve l'Algérie. Qu'y dit-on de l'affaire ? Curieusement pas grand chose alors que les titres sont nombreux contre le régime syrien ; l'autre préoccupation algéroise est l'agitation sociale, le différent avec le Maroc, frontière d'Oujda ouverte ou fermée, Polisario et ONU, etc... on y parle aussi de la reprise de la guerre Nord-Sud au Soudan. Libye ? RAS.
Or chacun sait que les voies de recomplètement des dotations traversent les frontières du Tchad et de l'Algérie saharienne. On fantasme sur des stocks russes ou ukrainiens.
Les plus lucides sont aux pays du Maghreb ceux qui signalent le trafic d'exfiltration d'armes lourdes des dépôts libyens vers les groupes d'AQMi au Sahel. Si AQMi se retrouve doté des mêmes armes que les moudjahidine afghans (et arabes) de jadis, bonjour la sécurité aérienne en approche et au décollage.
On peut dire sans se tromper qu'à l'exception de la Tunisie marquée du sceau du détonateur et qui peut craindre des représailles de dictateurs à la fin maintenus, les pays arabes d'Afrique s'accommodent de la guerre libyenne et de la pénétration de l'OTAN tant qu'elle ne déborde pas physiquement chez eux. Peu de changement dans la politique arabe, le nez sur les chaussures.
L'OTAN aura-t-elle sa revanche ?
Elle engage maintenant les hélicos de combat au sol comme si elle descendait à ras des dispositions d'engagement de la résolution onusienne. On dit qu'une bataille est gagnée ou perdue sur les derniers cinquante mètres, c'est un travail d'infanterie, et comme le débarquement nous est interdit, il faut bien impliquer les autochtones mais en les y préparant convenablement. Ces bandes de joyeux branleurs qui tirent au ciel à tout moment sont inutiles et pèsent sur l'Ordinaire. Jusqu'ici les autochtones s'avèrent incapables de vaincre, et la défection massive des cadres gouvernementaux n'apporte pas grand chose à l'insurrection s'ils se planquent pour la plupart en Italie (clic). On peut aussi mettre en doute leur professionnalisme inversement proportionnel au poids des médailles de poitrine.
Nous avons vécu deux mois de stratégie de l'élastique logistique sans qu'aucun camp ne sache comment résoudre la pénurie de dotations au bout de la corde tendue. Et l'un de reculer vers ses dépôts quand l'autre s'éloignait des siens, pour rejouer plusieurs fois la même pièce inversée. L'armée libyenne est une armée de guérilla de mauvaise qualité, organisée pour des rezzous, pas pour refaire l'Afrikakorps !
Et demain ?
Les belligérants appliquent la lâche maxime maoïste des armées dans le peuple comme le poisson dans l'eau - le terme moderne est "bouclier humain". Même les Tigres ne sauront trier les combattants des civils, et nous, Français, savons que même une infanterie "importée" posée au sol fait ce tri avec beaucoup de difficultés dès lors que les soldats du soir deviennent les paysans du matin. La seule voie d'achèvement de ce conflit atypique est la victoire au sol des gens du cru qui sauront détecter les galons sous le chèche, qu'ils soient insurgés... ou gouvernementaux ! Un peu cynique mais vrai. Pour les contrats à signer avec la nouvelle armée de l'air libyenne, souhaitons celle des premiers. Mais comment l'obtenir ?
En subrogeant un état-major OTAN et une instruction militaire au règlement de combat qui fait terriblement défaut aux unités (de part et d'autre).
Les volontaires benghaziens doivent être incorporés (et soldés) et suivre une instruction accélérée¹ où prévaut la cohésion, la discipline (générale et de feu) et le maniement des armes russes de tous calibres.
On fait vite. L'unité d'instruction est la section à quatre groupes, ultérieurement portée sur véhicules. Tous les groupes sont à sept (1+6) ; trois de choc, un d'appui. La section est à 30 (2+28) à pied. L'unité élémentaire ne se dissocie pas, mais on peut la recomposer en trois groupes de chasse au besoin. Au bout d'une première période d'instruction de neuf semaines de six jours, l'unité est engagée progressivement sur la deuxième ligne de front dans un dispositif de compagnie à 100 (3x30+10).
On pourrait copier le programme des centres d'instruction d'infanterie européens qui marchent. Mais vu l'objectif d'engagement à très court terme, il serait utile, sans négliger les fondamentaux, d'appuyer sur les formations suivantes :
- Cohésion de l'unité de tous les instantsAprès l'engagement d'un mois, les jeunes unités seraient rappelées au centre pour un complément d'instruction et une spécialisation de cinq semaines dans un règlement de combat exécuté au sein d'un bataillon. Réengagées cette fois en première ligne, elles combattront deux mois, avant de retourner au centre pour cinq autres semaines.
- Maniement des armes en ambiance de stress, discipline de feu
- Entretien de l'armement yeux fermés
- Conditionnement psychique poussé
- Manoeuvre différenciée des groupes (se situer dans un dispositif de combat)
Ces unités équipées alors des moyens nécessaires d'acquisition de l'information disponible devant eux devraient être commandées par des structures compétentes de niveau compagnie situées en retrait utilisant des "professionnels", eux-mêmes sous les ordres d'un état-major tactique OTAN extérieur.
La dernière période d'instruction viserait à qualifier les unités pour des manoeuvres au niveau brigade et éventuellement recompléter les tableaux. Restera à les aguerrir.
Si l'on veut compter, on formerait des compagnies d'infanterie qui comprennent les ordres au bout de 24 semaines (avec 15 jours de permissions intercalées). Si on commençait à la Pentecôte, le Conseil national de transition² aurait des bataillons professionnalisés vers la fin novembre. Ces gens de Benghazi que l'on dit ne pas être des perdreaux de l'année, pensent-ils qu'ils en auront terminé largement d'ici là ?
La résolution 1973 de l'ONU expire, si l'on peut dire, en septembre prochain. Il y aura beaucoup de morts sur la table ronde du Conseil de sécurité lors des débats si l'affaire n'a pas été conclue par l'OTAN. Si nous coupons tout chemin de retraite au clan Kadahfi, ils perfectionneront l'esquive et l'immersion populaire, et la situation de combat s'éternisera comme en Somalie. Mais s'ils voient la construction d'une armée libyenne "européenne", ils sauront que leurs jours sont réellement comptés car leurs compatriotes ne les traîneront pas en justice. Reste à peser sur leur détermination, mais au moment nous avons échoué.
Après la revanche, la belle ?
Note (1): Table horaire d'une journée au centre d'instruction, comme ça, pour voir.
05:00 Réveil et décrassage
05:30 Toilette, habillement
06:00 Premier repas et perceptions
06:30 Rassemblement
06:35-7:30 Ordre serré
07:40 Présentation à tous du programme de la journée
07:45 Mouvement vers le champ de manoeuvre (ou de tir) et exercice du matin ou tir à la cible
11:00 Collation sur place et repos
12:00 Instruction théorique tactique au tableau ou sur la caisse à sable
13:30 Exercice de l'après-midi mettant en pratique le cours
16:30 Fin de manoeuvre, retour au quartier
17:00 Toilette et rassemblement
17:30 Dîner
18:30 Repos (4j/7) ou prise de tour de garde (3j/7)
21:30 Extinction des feux
Note (2): On peut dire que le CNT a beaucoup glandé jusqu'ici sur la question strictement militaire.
05:00 Réveil et décrassage
05:30 Toilette, habillement
06:00 Premier repas et perceptions
06:30 Rassemblement
06:35-7:30 Ordre serré
07:40 Présentation à tous du programme de la journée
07:45 Mouvement vers le champ de manoeuvre (ou de tir) et exercice du matin ou tir à la cible
11:00 Collation sur place et repos
12:00 Instruction théorique tactique au tableau ou sur la caisse à sable
13:30 Exercice de l'après-midi mettant en pratique le cours
16:30 Fin de manoeuvre, retour au quartier
17:00 Toilette et rassemblement
17:30 Dîner
18:30 Repos (4j/7) ou prise de tour de garde (3j/7)
21:30 Extinction des feux
Note (2): On peut dire que le CNT a beaucoup glandé jusqu'ici sur la question strictement militaire.
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