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mercredi 14 avril 2021

Les Jaunes et les Bleus*

dessin Jimmy Lai

« Stand Tall ! »


L'injonction a paru dans tous les journaux du Sud-Est asiatique. Il restera un slogan fameux appartenant à l'histoire de la normalisation de Hong Kong dans les fers de la République populaire de Chine. Depuis sa prison de Laïhong, le tycoon de presse Jimmy Lai (Giordano, Next Digital, Apple Daily) envoie une lettre d'encouragement et de prudence aux journalistes de sa rédaction, lettre écrite à la main en chinois. Enfermé depuis le 10 août 2020 dans l'attente de sa comparution pour des chefs d'accusation offerts au pouvoir par la loi scélérate de sécurité nationale (qui permet d'arrêter n'importe qui pour n'importe quoi), Li Zhiying, son nom judiciaire en mandarin, a formulé ses dernières recommandations qui s'adressent plus largement au parti jaune* de Hong Kong, celui qui résiste à l'imperium continental au seul cri de "On est chez nous !". Les pétainistes sont les Bleus.

« Hong Kong's situation is increasingly chilling, but precisely because of that, we need to love and cherish ourselves more... The era is falling apart before us and it is time for us to stand tall and keep our heads high... As long as we are not blinded by unjust temptations, as long as we do not let the evil get its way through us, we are fulfilling our responsibility...»


Jimmy Lai (ou Lai Chee-Ying) naquit le 8 décembre 1947 à Canton en République de Chine (ROC) dans une famille aisée qui subit la prise de pouvoir des communistes en 1949, sa mère ayant été déportée dans un camp de travail. Porteur de bagages à la gare dès l'âge de 9 ans pour pouvoir manger, il choisit de s'enfuir à 12 ans par le fleuve vers Hong Kong où il travailla clandestinement chez un confectionneur de gants de laine pour une poignée de dollars. Infatigable et intelligent, il accéda à la direction de l'usine à l'âge de 20 ans. Puis il misa ses économies en bourse et réinvestit ses gains dans l'achat d'une usine en faillite, la Comitex. Il lança sa propre affaire de sweatshirts à 26 ans à destination de revendeurs américains. Puis vint la création de la marque Giordano etc etc... jusqu'au Apple Daily, le tabloïd impertinent en langue cantonaise. Le cardinal Joseph Zen, présentement évêque émérite de Hong Kong, le baptisa dans la religion catholique en 1997, l'année où la colonie britannique fut rendue à la Chine. Il a aujourd'hui 73 ans.

Ce billet n'a pas la prétention d'expliquer les déboires (clic) de Jimmy Lai causés par sa résistance opiniâtre contre la mise au pas communiste d'un pays libre qui lui a tout donné. C'est d'ailleurs le motif qu'il a opposé à ceux qui lui demandaient de s'exiler au Royaume-Uni ou ailleurs dans le Commonwealth pour sauver sa liberté : "je suis un va-nu-pied qui est passé de l'enfer au paradis par une nuit sans lune pour réaliser mes talents au pays des libertés. Tout ce que j'ai, amis compris, est ici. Je reste !"

lai's letter handwriting

La résistance active et passive des Hongkongais est admirable et peu relatée par nos médiats mainstream, mais ça va changer un peu avec l'oppression chinoise des Ouighours qui salit la réputation des hauts fonctionnaires chinois. Jusqu'ici l'influence des politiciens laqués comme un JP Raffarin, crispé sur ses intérêts personnels - JPR est administrateur de l'équipementier Plastic Omium en Chine populaire - freinait les rédactions qui "comprenaient" que l'ordre revenu à Hong Kong était meilleur pour les affaires et que la répression des insoumis avait le soutien de la "majorité silencieuse".

C'est faux bien sûr, manifestations monstres et élections locales l'ont démontré. Plus d'un million de mécontents de tous âges draînés par le mouvement Pro-democracy dans les parcs et avenues de la ville ont fait de belles images et réchauffèrent les cœurs, mais c'est la résistance passive qui est la plus admirable. Au moindre soupçon de collusion avec le parti jaune*, l'arrestation de commerçants à tout motif punissable comme des délits mineurs d'étiquettage ou de paperasse comptable, par ce qu'on pourrait appeler maintenant une Gestapo omniprésente, déclenche chaque fois une ruée d'acheteurs dans la boutique ou chez les enseignes visées, à tel point qu'on a vu sur Nathan Road des queues d'une heure sur le trottoir de gens ayant fait leurs emplettes, ressortant avec leur panier de courses et prendre la file pour passer en caisse !!! C'est pareil pour tout restaurateur dénoncé par un bleu* pour non-conformité de quelque chose tant dans ses affaires que dans ses propos séditieux ; aussitôt arrêté, la ruée vers sa boutique se déclenche pour noyer de dollars la caisse-enregistreuse. Civique et libre dans sa tête depuis l'époque anglaise, le peuple hongkongais lutte avec tous ses moyens et ne semble pas disposé à laisser sa place aux familles continentales qui attendent leur tour pour goûter aux libertés résiduelles qui n'existent plus en Chine populaire. D'ailleurs, au moindre soupçon, les comptes bancaires sont bloqués, les tranferts inopérants, les cartes de paiement en panne. Il faut toute l'ingéniosité génétique de ces gens pour sortir quand même du territoire à la barbe des autorités communistes qui ont tout infiltré.

Le seul impact positif de l'oppression chinoise à Hong Kong est le contrôle des neufs triades majeures (clic), depuis que les gangs affiliés au Parti ont repris les affaires. Dans un port de l'importance de Hong Kong, qui tient les docks tient tout. On y verra bientôt des limousines "conduite à gauche" chariant de "gros pardessus" !

* Les pro-democracy sont les Jaunes, les pro-Pékin sont les Bleus.

mardi 15 décembre 2020

La mise au pas de Hong Kong

La newsletter hebdomadaire d'Axios China est tombée dans les boîtes ce matin. Son principal sujet est la mise en œuvre de la loi chinoise de sécurité nationale sur le territoire de Hong Kong, loi rédigée en termes vagues permettant d'y pendre opposants et factieux. La newsletter en anglais de Bethany Allen-Ebrahimian est accessible par ici, et ci-dessous traduite sous la règle belle infidèle en français, suivie des commentaires d'usage.


Jimmy Lai

Grosse affaire à Hong Kong, le pire scénario se précise. La Loi de Sécurité nationale imposée à Hong Kong par Pékin dérape, en suivant le pire scénario que ses critiques craignaient. A la une des journaux, une vague d'arrestations au titre de cette loi draconienne a culminé la semaine passée avec le déni de mise en liberté provisoire du patron de presse pro-démocratie Jimmy Laï.
Le 11 décembre dernier, M. Laï qui édite le tabloïd Apple Daily réputé pour sa critique ouverte des autorités de Pékin, a été arrêté pour « collusion avec des puissances étrangères » et inculpé d'après les dispositions de cette loi. Une libération sous caution lui a été refusée et les poursuites judiciaires ont été reportées au mois d'avril 2021, le parquet demandant ce délai pour analyser plus de mille messages du compte Twitter de M. Laï - une façon impudente de reconnaître que ce qui est mis en examen c'est la liberté d'expression de M. Lai NDT : dit autrement, on inculpe d'abord et on en cherche les raisons ensuite au filet dérivant).

En fond d'écran, la Loi de Sécurité nationale qui a été imposée à Hong Kong par le législateur chinois à Pékin, subvertit la magistrature jadis indépendante de la cité et impose des peines sévères pour des crimes et délits vaguement définis, y compris la sécession, le terrorisme et la sédition. La manière dont Pékin instrumentalise la loi est claire maintenant. Au-delà de l'effet de glaciation qui provoque une vague d'autocensure, la nouvelle loi a déjà été invoquée pour inculper plus d'une douzaine de personnes, y compris plusieurs militants et commentateurs pro-démocratie. Avec l'imposition de cette loi créatrice d'une atmosphère de peur, les autorités hongkongaises se sont enhardies à sévir contre les protestations et la liberté de parole.

Cette atmosphère délétère a facilité la publication de sentences très dures, même sans invoquer la dite-loi. Les militants pro-démocratie Agnès Chow et Joshua Wong, connu dans le monde entier pour leur rôle de meneurs lors de la révolte des parapluies en 2014, ont été condamnés début décembre pour les manifestations de protestation qu'ils conduisirent en 2019. Mlle Chow a de plus été inculpée au titre de la Loi de Sécurité nationale.

Le chef du gouvernement de Hong Kong, Mme Carrie Lam, a défendu cette loi à plusieurs reprises, affirmant qu'elle ne serait employée que contre les élements radicaux et les ennemis du peuple, pendant que Zhang Xiaoming, un haut dignitaire chinois chargé des affaires de Hong Kong disait que cette loi « punirait un tout petit nombre de criminels qui mettraient gravement en danger la sécurité nationale ». Mais des juristes hongkongais et d'ailleurs avertirent que cette loi pourrait être appliquée plus largement afin de broyer toute organisation de la société civile. Jérôme Cohen, expert en droit chinois, écrivait en juillet dernier que l'impact de la loi sur Hong Kong serait déterminé par la façon dont Pékin entendrait l'y appliquer.

Quid de la suite ? Les militants hongkongais cherchant asile ou un statut de réfugié aux Etats-Unis rencontrent aujourd'hui beaucoup d'obstacles. Il y a un grand intérêt au Congrès et chez l'Administration Trump pour aider les habitants de Hong Kong à trouver refuge aux Etats-Unis. La Sous-commission aux frontières et à l'immigration du Comité judiciaire du Sénat américain va tenir une audition demain 16 décembre, avec pour témoins Nathan Law et quelques autres.

En résumé : L'arrestation de M. Laï révèle les pouvoirs et les intentions originels de la loi - inculper légalement le mouvement pro-democratie pour sédition, et l'écraser en conséquence.
Fin de la newsletter d'Axios sur ce sujet


le marteau du juge brise Hong Kong



Commentaires Royal-Artillerie


Nous sommes nombreux en Europe à avoir anticipé la queue de trajectoire d'une loi répressive communiste dont les dispositions floues permettent d'y faire entrer toute sorte de désobéissance civile, à commencer par la plus légitime, celle de l'ouvrir ! Tous les pays de l'Est ont connu ce type de lois qui habillait d'un manteau judiciaire les pires répressions. Quels que soient les rondeurs, les sourires, les toasts et les menues attentions, les communistes restent sur l'axe de la justification de tous moyens pour atteindre la fin recherchée, la plus évidente était toujours de perpétuer le Parti, sa nomenklatura, ses hiérarchies, les privilèges exorbitants qui s'y attachent. La fronde des Hongkongais - et il n'y a pas que la jeunesse du territoire à s'ébrouer - a commencé dès la restitution et le traité anglo-chinois, et ce, en dépit de toutes les assurances données alors par les officiels chinois. Mais tant de détails ne collaient pas au quotidien qu'un courant d'exode temporaire naquit rapidement, et ceux qui en avait l'envie et les moyens recherchèrent une nationalité et une résidence de secours. Le Piéton a vécu cela de l'intérieur. Avoir son mot à dire en tant que citoyen et donc réformer le Conseil législatif colonial fut le combat politique dominant. Après avoir observé l'évolution de l'opinion et mesuré les effets du principe "un pays, deux systèmes", une crainte de démocratisation sauvage a saisi les caciques de Zhongnanhaï, et plutôt que de négocier habilement en attendant la fin de la période de transition, Xi Jinping a fait, pour le vingtième anniversaire du retour à la Chine, sa grande parade militaire à Hong Kong dans le plus pur style sudaméricain, avant de décréter que la maison était cernée. Un peu d'intelligence ne nuit pas ; mais quand vous avez fait inscrire votre propre jus de crâne dans la constitution du pays, vous êtes moins tenté de penser finement. La transfusion démographique par importation de continentaux pour qui c'est une récompense dont ils sont redevables aux cadres du Parti local, a commencé dès la première année. Et d'abord dans les maternités ! Il suffisait de laisser grandir cette population redevable pour convoquer un jour un référendum de fusion des sytèmes qui annulerait le plus "démocratiquement" du monde le vieux traité colonial. Mais un communiste ne sait pas gérer l'imprévu ni la diversité, et moins encore le désordre. Aussi le Central, outre sa loi, a-t-il nommé comme proconsul continental à Hong Kong, Luo Huining, le chef du Parti du Shanxi dont la réputation de répression n'est plus à faire - celui-ci s'étant particulièrement fait remarquer dans la répression des chrétiens de la province après s'être fait la main sur les Tibétains. Quand on sait ce dont a besoin le Shanxi, on voit le niveau du Gauleiter !

La répression multiforme actuelle dépasse déjà le mouvement politique puisque sont mis en œuvre les moyens de contrôle des passeports BNO (British National Overseas) et des transferts bancaires à l'étranger émis par les Hongkongais de souche. Un sentiment de nasse commence à prévaloir chez tous ceux qui rêvent de partir et cela n'augure rien de bon pour la suite. Pour l'instant la population expatriée n'est pas visée mais chaque étranger travaillant à Hong Kong est informé des captures sauvages d'expatriés en Chine populaire à tout motif et représailles. Peu à peu on sent la mise sur le qui-vive de cette population très sensible à la sécurité des personnes et des fonds. La place financière de Hong Kong, jusqu'à hier troisième place mondiale quand même, n'a de richesse que d'hommes. L'Etat-cité de Singapour aimerait bien leur parler.

dimanche 29 novembre 2020

Hong Kong d'hier !

Voici ce que Hong Kong va perdre avec la normalisation décrétée par les bœufs stupides du parti communiste chinois : le pouvoir d'aimantation de la vieille colonie anglaise qui a produit Corinna Chamberlain et tant d'autres !





Le communisme est une déjection !

jeudi 4 juin 2020

Juste comme ça !


Pékin le 5 juin 1989, les chars du Parti ont coupé les moteurs. Reste à laver les chenilles.

Pour son trente-et-unième anniversaire, Royal-Artillerie propose le déroulé du massacre de Tian An Men tel qu'il fut observé par Mlle Jan Wong (The Globe & Mail de Toronto) depuis les balcons du Beijing International Hotel situé à l'angle nord-est de la place. On comprend mieux ce qui suit quand on sait que la place Tian An Men était noire de monde, manifestants et badauds.


DIMANCHE 4

01:00 Un transport de troupe blindé (VTT), précédé d'un bruit de train de marchandises, roule droit sur une barricade faite d'une grille de fer

01:04 La foule arrête net le VTT sur ses chenilles

01:18 La foule incendie le VTT. Deux soldats à l'intérieur sont secourus par des manifestants étudiants

01:20 Premiers coups de feu quelque part au sud de la place

02:10 Des troupes sont visibles du côté est de la place

02:15 Coups dde feu beaucoup plus forts

02:16 Panique générale. Un autre VTT est incendié devant le siège du Comité Central (ndlr : du PCC)

02:20 Cinq ambulances arrivent en trombe

02:23 Des chars déboulent sur la place dans un bruit d'enfer. Un individu à vélo tente de se maintenir sur le côté de l'un d'eux. Des camions de troupe surgissent à grand bruit tirant sur la foule au hasard. C'est le chaos

02:35 Fusillade intense. Des soldats avançant en rang serré, environ cent vingt, traversent la place en tirant sur la foule. Des dizaines de milliers de gens courent en hurlant vers l'hôtel. Quelques-uns sautent la grille mais sont refoulés à l'entrée

02:48 Les soldats ont fauché de larges espaces sur la place

03:00 Un cyclopousse pédalent furieusement avec un blessé sur la banquette

03:07 Tir à droite de la place

03:12 Fusillade soutenue ; panique générale à nouveau. Plus de cyclopousses passent avec des blessés. D'autres cyclistes viennent en aide pour ouvrir un chemin

03:30 La foule tente de pousser des autobus en travers de l'Avenue Chang'An, celle de l'Eternelle Paix, pour dresser une barricade. Elle n'y arrive pas.

03:45 Fusillade soutenue au sud et à l'est. Panique générale à nouveau. Les gens courent dans tous les sens devant l'hôtel

04:00 Les lumières de la place s'éteignent brusquement. Les gens s'attendent à ce que les étudiants soient écrasés (ndlr : littéralement). Quelques lumières sont aperçues dans le Palais de l'Assemblée du Peuple. Les dirigeants chinois observent-ils ?

04:40 Les lumières reviennent sur la place. Des hauts-parleurs ordonnent aux étudiants de dégager de la place, sinon d'encourir les conséquences

05:00 L'aube commence. Fusillade sur la place. Tire-t-on sur les étudiants?

05:23 C'est l'aurore. Un grand convoi arrive par l'est. Les gens tentent désespérément de dresser une barricade avec des autobus. Ils n'ont pas assez de temps. Dix corps au sol. Des gens continuent de pédaler vers la place.

06:15 La foule en colère commence à chanter : "La grève, la grève !"

06:20 Onze VTT et quinze chars supplémentaires viennent démolir du côté ouest de l'hôtel. Quelques chars partent directement sur une barricade formée de trois pelleteuses

06:52 Les gens incendient un second autobus devant l'hôtel. Heureusement que le vent vient de droite. L'épaisse fumée noire s'éloigne de l'hôtel

07:00 Cinq corps portés sur des brancards défilent, une personne en tête porte un drapau de la Croix Rouge

08:15 Les soldats poursuivent les gens et tirent à l'arme automatique

09:15 Les gens mettent le feu à un troisième autobus

09:30 La foule grossit

09:46 Les gens paniquent et courent vers l'hôtel

10:09 Un coup de feu ; des milliers de gens fuient

10:22 Les soldats avancent vers l'est en direction de l'hôtel, en tirant dans le dos des gens qui fuient. Les balles sifflent au balcon de l'hôtel

10:25 Les tirs s'arrêtent. Vingt corps gisent sur le sol. Un cycliste est atteint adns le dos, juste devant l'hôtel. Il y a deux mares de sang sur le parking

10:55 Les gens approchent avec précaution pour tenter de sauver les blessés. Les soldats tirent à nouveau les faisant fuir. La foule est scandalisée

11:22 Les corps sont toujours là une heure plus tard. Aucune ambulance n'arrive.

11:48 Les soldats tirent une nouvelle salve de trois minutes dans la foule. Combien sont touchés, ce n'est pas clair

13:57 La foule est revenue. Les soldats tirent à nouveau. On ne sait combien sont touchés. Les gens se dispersent.

15:30 La foule est revenue. Les soldats tirent à nouveau. Combien sont touchés ?

16:15 La pluie tombe, la foule disparaît

19:35 La foule est revenue. Les soldats tirent à nouveau. On ne sait combien sont touchés.

20:50 Les soldats tirent dan,s la foule pendant cinq minutes

22:35 Dix chars et dix VTT déboulent dans l'Avenue de l'Eternelle Paix, tirant à la mitrailleuse par moment. Ils font rugir les moteurs en allant et venant sur la piste principale comme un bande de motards le samedi soir, dans un but ignoré

LUNDI 5


01:00 Les rues sont désertes. Mais vraisemblablement plus à cause du violent orage que des chars. Un coup de tonnerre fait se précipiter des touristes sur leurs balcons. Le bruit est celui d'un tir de mortier



Voilà ! Le reportage complet de Miss Jan Wong peut se lire en cliquant ici. Pour bien enfoncer le clou, nous rappelons que Deng Xiaoping avait donné à Li Peng, le premier ministre, un budget de deux cent mille morts pour l'ensemble du territoire. Heureusement que la révolte s'éteignit partout sous l'effet de la terreur et de la chasse aux dissidents et leurs familles, car un parti communiste, dépositaire exclusif de la recette du Bonheur Total, n'a aucune limite quand il a les moyens de se perpétuer.



Qu'ils reposent en paix !

jeudi 28 mai 2020

La menace systémique


La veille de l'arrivée du président Xi Jinping à Bruxelles pour une visite de six jours en mars 2019, Jean-Claude Juncker décorait son invité de la médaille du Rival systémique. Un an et des poussières plus tard, le rival un peu faraud est devenu une réelle menace systémique. Il aura fallu la rééducation en camp des Ouighours, la répression de l'insurrection hongkongaise, la crise du Covid-19, l'hystérie pékinoise à l'intronisation de Mme Tsaï comme présidente de Taïwan (ROC) et tout récemment la loi de mise au pas sécuritaire de la Zone administrative spéciale par le Parlement croupion de Chine populaire en violation du traité sino-anglais, pour que ce qui se murmurait dans les chancelleries à la machine à café, soit dit à haute voix : L'empire du Milieu revenu au devant de la scène internationale n'a aucune morale, aucune sincérité, aucune crédibilité. Il rappelle à tous l'amoralité de la défunte Union soviétique qui ne comprenait que la force comme argument décisif. C'est "normal", c'est communiste.

Dans tous les compartiments du jeu diplomatique les Chinois sont aujourd'hui perçus comme une menace, sauf par quelques idiots utiles grassement stipendiés. A un point tel que les opinions publiques occidentales et japonaises abondent au tonneau de la remise en question des routes de la soie qui deviennent les routes d'invasion des intérêts égoïstement chinois. La chaudière céleste engloutit d'énormes quantités d'énergie et de matières premières, les routes ne sont que des pompes aspirantes d'intrants qui refoulent ensuite des produits finis, et tous les crédits collaboratifs sont gagés sur les infrastructures développées. Mais les lecteurs de Royal-Artillerie savent tout cela déjà. Quand on voit l'impudence du ministère des affaires étrangères de Zhongnanhaï qui s'esclaffe publiquement à voir la France "oser" remettre en question certaines assertions officielles - pour qui se prend-elle ? - on mesure l'intensité de la guerre en préparation, guerre froide pour ce qui nous concerne, guerre ouverte en Mer de Chine où le Parti communiste a décidé de convertir le détroit de Formose en lac intérieur, quoiqu'il lui en coûte ! puisque le président Xi lui-même a avoué publiquement à l'Assemblée nationale populaire il y a trois ans que la reconquête de Taïwan était la mission vitale pour le régime, à peine d'être un jour renversé.

L'affaire est quand même loin d'être gagnée (clic) d'autant que les escadres américaine et nippone sont en inquisition permanente depuis le récent changement de ton. Sur le fond, la Chine populaire n'a aucun droit sur l'île de Taïwan qui ne lui a jamais appartenu. Cette île, qui n'intéressait pas la Chine millénaire, fut prise par la dynastie mandchoue des Grands Tsings à un général de pavillons noirs chinois qui en avait chassé les Hollandais en 1683 et constituait une menace pour les régions méridionales de l'Empire restées fidèles à la dynastie des Ming. L'île en elle-même n'avait aucune valeur pour l'empereur Kangxi, en plus d'être difficile d'accès de par la météo épouvantable du détroit presque toute l'année. Il fallut attendre 1883 pour que l'île deviennent légalement une province de l'Empire du Milieu, essentiellement pour une raison stratégique devant la menace franco-anglaise. En 1895, après douze ans, elle fut cédée aux Japonais au traité de Shimonoseki qui en décidèrent la colonisation. Les mœurs taïwanaises actuelles empruntent beaucoup à la période de l'occupation nippone. Les Japonais perdirent l'île à la fin de la Guerre du Pacifique (1945) et celle-ci fut remise à la République de Chine (ne pas confondre avec la RPC) selon les termes du traité de Potsdam. Vaincue sur le continent, la République de Chine se réfugia sur l'île pour préparer la reconquête qui n'arriva jamais. La République populaire de Chine ne posséda jamais, encore moins ne gouverna l'île de Taïwan.

Aujourd'hui la Chine populaire se sent forte - elle parle d'égal à égal avec les Etats-Unis d'Amérique - et le Parti communiste est rassuré sur son avenir par la reprise en main brutale des dissidents et autres éveillés qui le contestent. Mais l'avenir est moins noir pour nous qu'il n'y paraît. Le marxisme-léninisme qui fait de plus en plus recette dans les cercles de pouvoir porte en lui le germe de sa destruction : la théocratie matérialiste est génétiquement létale, car elle n'a aucune limite à son obligation de perpétuation : l'église hégémonique doit étouffer tout signe ou porteur de mécontentement à son endroit, et ce faisant elle détruit ce qui fait l'essence même de l'homme; sa liberté de penser, son insatiable curiosité, son impatience à inventer voies et moyens d'amélioration de sa condition, toutes qualités qui fermentent dans l'individu mais ne peuvent que très difficilement éclore dans le groupe, surtout quand il est contraint. C'est la démonstration que fit aux vieux généraux de la Longue Marche Deng Xiaoping en libérant les énergies individuelles : faites désormais ce que vous voulez mais enrichissez-vous ! Il ne fallait pas le dire deux fois à des Hans pour qui le Dieu au-dessus des dieux est l'Argent. Briser les libertés, caporaliser les comportements sociaux, réinvestir la sphère productive avec les commissaires politiques va aboutir où sont arrivés les soviétiques, les Cubains, les nord-Coréens : une stérilisation progressive de la recherche fondamentale, la crainte du risque de déplaire, la certitude que l'obéissance apporte le succès plus sûrement que l'intelligence, le panurgisme généralisé. Il est impensable aujourd'hui que deux étudiants chinois s'installent tranquillement dans un garage afin de programmer un langage d'exploitation informatique comme le firent Bill Gates et Paul Allen, pour le vendre ensuite à Huawei sans autre recommandation que leur seul génie. Comme nous l'avons déjà dit dans ce blogue, à écouter les centres de recherches occidentaux installés en Chine, le staff local déteste l'aventure et toute décision procède d'un compromis sur le plus grand confort commun. Il n'y a ni éclair de génie ni éclair de folie ; les jeunes ingénieurs fonctionnent. Ce n'est pas avec ce confinement intellectuel que se conquiert le monde, comme le fit en son temps l'Occident.

Il nous suffit d'attendre, tenir bon militairement, revamper nos industries, laisser à la recherche la bride sur le cou et préserver partout nos libertés basses, celles de tous les jours. Le léviathan communiste va finir pas se bloquer, surtout si on l'y pousse comme le fit si adroitement l'Administration Reagan du cousin russe. N'oublions pas que c'est le communisme chinois qui a sauvé l'Europe renaissante d'après-guerre. Imaginons que la République de Chine de Tchang Kaï-chek ait survécu à la guerre civile. Modélisée sur les idées libérales américaines et adossée à l'intelligence, et à l'infatigable labeur chinois quand on travaille pour soi-même, le nouvel empire aurait rapidement repris des forces et nous vivrions aujourd'hui dans l'ombre d'un colosse surpuissant. C'est l'image de la menace, c'est aussi la promesse de son effacement.


Sources principales :
- Loi fondamentale de la région administrative spéciale de Hong Kong de la République populaire de Chine (1990)
- Axios China (Bethany Allen-Ebrahimian)
- Sinocism (Bill Bishop)
- La Chine à nos portes, une stratégie pour l'Europe (François Godement)
- Asialyst (Alexandre Gandil)
- Foreign Policy (Tanner Greer)
- Déclaration de Londres (art.6) au sommet OTAN du 70è anniversaire

lundi 25 novembre 2019

Supper moment



Ce que le Parti communiste ne supportera jamais, que le "prolétariat" lui pisse à la raie et réclame ses libertés en dehors de lui. C'est tout le logiciel de représentation obligée du peuple par le parti qui est ruiné. Répliques attendues en Chine continentale. Chimiothérapie du cancer communiste en cours. Vive la liberté, crèvent les cons !

dimanche 24 novembre 2019

Ce qui retient les bouchers...


Le revers électoral du Parti communiste chinois à Hong Kong* - ses propres députés parlent d'une "raclée" - ne peut rester impuni si l'on sait que la perte de face est, au contraire du ridicule français, mortelle ! On parle donc de massacre modèle 89 pour laver l'affront dans le sang. L'avant-veille des élections d'arrondissement plusieurs tycoons hongkongais derrière Stanley Ho ont rendu visite au gouvernement pour le prévenir des conséquences funestes d'une répression sanglante tant pour Hong Kong que pour la Chine continentale et au premier chef, pour le Parti communiste chinois lui-même.
(*)Dix-sept des 18 districts de gestion du territoire sont désormais à l'opposition
Art Artman qu'on ne présente plus (gag : il est un analyste politique blanchi sous le harnois aux Etats-Unis) déroule pour Epoch Times les conséquences d'un massacre-réflexe auquel s'abandonneraient les dinosaures de Pékin. Nous utilisons ses réflexions sans en faire une traduction :

(1) Destruction de la réputation de Hong Kong en tant que place sûre et libre pour les affaires. Perte d'investissements étrangers et de touristes (ndlr: c'est déjà fait).

(2) Fuite des capitaux des classes aisées et moyennes locales, fuite déjà soutenue depuis les menaces répressives de M. Xi, accompagnée du désinvestissement de capitaux étrangers cherchant à sortir avant fermeture de la nasse communiste. En 2015 la bourse de Shanghaï s'était crashée au seul soupçon de contrôle des transactions et contrôle des capitaux libres.

(3) Plus que l'outrage proclamé par Washington et ses alliés, de dures sanctions frapperont le régime chinois. (ndlr: on peut y croire depuis que Trump a fait l'impensable pour M. Raffarin, tenir tête au gros Panda).

(4) Les manufactures étrangères accélèreront leur sortie du marché chinois en prévision de son étrécissement et de ses contrôles de plus en plus tatillons, vers des territoires sûrs comme l'Inde, ou des pays de l'ASEAN, voire même les Etats-Unis. La délocalisation règlera les problèmes de propriété intellectuelle, d'actionnariat contraint et de risques judiciaires imprévisibles pour les cadres.

(5) La réputation internationale du business chinois souffrira grandement et des campagnes de boycott plus ou moins spontanées de type "Blood Product" se déchaîneront contre les marques chinoises.

(6) Les investissements étrangers en Chine cesseront quasiment pendant une ou quelques années à cause des réseaux sociaux et aussi de la prise de conscience éthique de certains grands patrons globalisés.

(7) Les actions des sociétés chinoises perdront de la valeur sur toutes les bourses, comme on l'a vu au moment de la surtaxe des produits chinois importés aux Etats-Unis. Leurs actionnaires étrangers et chinois seront vaccinés pour longtemps.

(8) Le chômage en Chine augmentera par la perte de commandes aux usines et le déficit touristique. Pendant au moins un an, le tourisme étranger stoppera en Chine, ruinant beaucoup de petits métiers. Le PCC doit comprendre que cent millions (ou plus) de nouveaux chômeurs créeront les conditions d'une insurrection générale (ndlr: voir l'exemple iranien).

(9) Les pays auxquels la Chine communiste dispute des îles en Mer de Chine méridionale et orientale accroîtront leurs capacités de défense militaire à la vue de cette mutation de leurs interlocuteurs devenus subitement enragés. Les Philippines redeviendront l'allié privilégié des Etats-Unis aussitôt que la tension montera.

(10) Le grand projet impérial des nouvelles routes de la soie sera mis en péril par la transformation du gros Panda "Win-Win" en tigre rabique ! Pendant un an au moins, on ne se pressera plus aux guichets chinois de développement. Bien des pays tombés dans la trappe chinoise de la dette relevable sur titres montreront les dents, avec le soutien de la communauté internationale. Mais le pire est ailleurs et concerne le Parti itself : la gigantesque cohue chinoise des laissés-pour-compte s'accroîtra de beaucoup et à tout vouloir commander, on devient la cible de tous. Les problèmes dont souffrent et souffriront les Chinois pauvres seront tous imputés au Parti communiste dont les cadres locaux sont déjà détestés.

Xi Jinping pourra à nouveau dénoncer comme criminels ceux qui font la distinction entre le peuple chinois et le Parti communiste chinois, mais la fracture sera béante et visible par tous. Une nouvelle ère de vérité commencera pour purger les mensonges. Les idiots utiles français seront confondus et montrés du doigt ! Il ne sera que temps !




Pour la petite histoire, le Parti communiste chinois de Hong Kong s'est planté deux fois dans l'évaluation des élections d'arrondissement. Les sondages faits dans les estates auprès des résidents âgés (les autres travaillent) ont été détournés par les sondés qui ont répondu "oui" pour que leur logement ne soit pas remis en question, puis dans l'isoloir ont voté "non" pour que leurs enfants, neveux, cousins vivent libres. Secondement, les nouveaux résidents, déversés du continent par le pouvoir chinois pour changer le sang du territoire (c'est l'expression utilisée) ont découvert la liberté dans ses détails impossibles en Chine et ne souhaitent pas que le système policier chinois s'étende sur Hong Kong ; et après avoir donné les bonnes assurances aux agents du gouvernement, ont voté pro-democracy dans l'isoloir.

Tout est sur la table, et la perte de face est sévère.






Postscriptum du mardi 26 novembre 2019

Les résultats définitifs détaillés du scrutin renouvelant les conseils d'arrondissements sont en ligne sur la Wikipédia (clic). Le référendum voulu par la cheffe du gouvernement de Hong Kong est donc perdu dans le rapport de 57 à 42.
Voici les résultats résumés :

Masse :
Nombre d'inscrits : 4.132.977
Votes exprimés : 2.943.842 soit 71,23%
Voix données aux partis du mouvement Pro-democracy : 1.674.083 soit 57,10%
Voix données aux partis Pro-Pékin : 1.233.030 soit 42,06%
Voix donnés à des candidats non alignés : 24.623 soit 0,83%
Bulletins non validés : 12.097 soit 0,41%

Concrétisation :
Nombres de conseillers Pro-democracy élus : 388
Nombres de conseillers Pro-Pékin élus : 62
Nombre de conseillers non alignés : 2

Majorités des 18 conseils d'arrondissements :
Majorité Pro-democracy : 17
Majorité Pro-Pékin : 1

Tous les détails en ligne ici.

dimanche 3 novembre 2019

Et le Mur chut !

Il y a trois évènements dans ma vie auxquels j'ai assisté grâce à la télévision et qui m'ont marqué : l'alunissage des astronautes américains, la rupture de la digue communiste à Berlin, la destruction des tours de Manhattan. Nous commémorons cette semaine le deuxième, la chute du Mur de Berlin, il y a trente ans ! L'article de la Wikipedia est très bien fait. Ma joie fut immense de voir ruiner le projet communiste d'asservissement des esprits et des corps, surtout en pensant aux copains que j'avais pu me faire dans les pays de l'Est à l'occasion d'échanges estudiantins, et plus tard au Schloss Leopoldskron de Salzbourg dans un séminaire financier de relations publiques intéressées.


J'entends aujourd'hui les réserves imbéciles de tribuns communistes qui marquent leur territoire en critiquant l'anschluss de la République démocratique allemande par le chancelier Kohl. Il faut dire qu'à l'époque déjà la Gauche française s'offusquait de voir détruire un modèle, améliorable certes, mais tellement prometteur : Mitterrand partit en visite d'Etat à Pankow en décembre 89 pour souhaiter longue vie à la RDA, six semaines après l'ouverture de la Porte de Brandebourg !

Malgré les réticences franco-anglaises clairement exprimées, tout était déjà écrit. Les chancelleries étaient bien en retard sur le sentiment populaire profond qui appelait à la renaissance du vieux reich sous une forme démocratique et décentralisée comme on la connaissait à l'Ouest. Nul ne doutait de la réunification entre Allemands avec le nihil obstat américain qui entraînerait la renaissance de la capitale de Prusse - les Polonais exigeaient déjà des assurances pour la ligne Oder-Neisse que Bonn ne voulait pas confirmer jusqu'à ce les Alliés l'y obligent ; et in fine la translation des cendres de Frédéric-Guillaume et celles de Frédéric II à Sans-Souci.

Kohl et la Deutsche AG n'ont pas mégoté pour faire la réunification à l'avantage des Ossis, parité du deutschemark et du mark oriental non convertible, paiement à milliards de la réinstallation des troupes soviétiques en Russie, vaste plan de réhabilitation de l'économie orientale qui coûta si cher qu'il mit à genoux des pays du serpent monétaire européen comme la France de Bérégovoy. N'oublions pas quand même, parmi les acteurs décisifs de l'histoire, Mikhaïl Gorbatchov qui avait compris avant tout le monde que l'Union soviétique était un monstre débilité en fin de vie. Sans lui, rien n'aurait pu advenir, Moscou aurait écrasé dans le sang le soulèvement polonais Solidarność qui avait allumé la mèche mente de la désagrégation ! Il est le seul survivant en l'affaire !

C'est le moment d'entendre Mstislav Rostropovitch exprimant son intense émotion au pied du mur, deux jours après l'évènement :


Ta gueule, Monsieur Mélenchon !

mercredi 21 août 2019

Do you hear the Hong Kong People sing ?


Transcrit de l'air final des Misérables, "A la volonté du Peuple", pour le mouvement Occupy Central de 2014


« Les nouvelles sont mauvaises d'où qu'elles viennent » chantait Stephan Eicher. Tout porte à croire que les "chars" ne traverseront pas la frontière de la HKSAR, les dommages d'image seraient trop grands, jusqu'à freiner l'expansion des routes de la soie. Il se dit que le Comité central ait en revanche décidé de purger Hong Kong de tous les indésirables, à commencer par les services publics et les universités. Tu te plies ou tu pars, sera le slogan muet de la reprise en main à la nouvelle mode. La façade sera préservée avec l'accord tacite de tous les partenaires économiques de la Chine - il dit quoi monsieur Raffarin ? - mais les libertés individuelles seront "chenillées". Le droit britannique rémanent sera écrasé par les contournements d'un État sans droit comme l'est de plus en plus la Chine populaire. La capture de l'agent consulaire hongkongais déviant, au motif qu'il est Chinois, est le signal de cette normalisation, qui nous rappelle la mise au pas de la Tchécoslovaquie par l'Union soviétique dans les plus petits recoins de la société. La Stasi chinoise va se répandre jusqu'au fond des estates, dans les lieux publics, les transports. Après les Ouighours du Xinkiang, au tour des Hongkongais, mais en finesse, ils sont trop éduqués les salauds ! Les agents de Wang Qishan vont user partout de la menace tacite de la mise à pied (même le patron de la Cathay Pacific a été viré sur simple coup de fil) et ils diffuseront la terreur silencieuse de notes éliminatoires aux examens, sans parler du risque de disparition sans préavis comme on le fit des libraires non conformes. Le communisme est le royaume de l'ordure.

Hong Kong, la perle de l'Asie du Sud-Est


samedi 17 août 2019

Hong Kong, what next ?

Les pronostics sur l’issue de l’insurrection hongkongaise qui reprend des tours ce samedi, se perdent dans les sables de la géopolitique, analysée par des officines payées au mois. Et pourtant ils dépendent seulement du mental de quelques personnes du Comité central de Pékin, réunies dans une salle capitonnée à Zhongnanhai*.


Derrière son nouvel empereur, dont la pensée a été constitutionnalisée, les décideurs du PCC peuvent à regret accepter l’idée que Hong Kong n’est finalement pas indispensable au Projet du siècle, celui de ramener la République populaire sur les marches de l’empire disparu (c’est le programme du China Dream** endossé explicitement par Xi Jinping dès son accession). Si on n'intègre pas le China Dream dans l'analyse on n'y comprend rien.

Certes il y aura de graves inconvénients financiers à soumettre Hong Kong par la force, mais ceci ne les touchera pas personnellement puisque toute la nomenklatura se sera dégagée préalablement de l'île aux chimères. L’exode probable des expatriés non-Chinois et celui des jeunes Hongkongais diplômés qui auront trouvé un point de chute, sera compensé immédiatement par l’arrivée massive de Continentaux, présentement en surnombre dans certaines villes. Ceux-là resteront reconnaissants à jamais de cet ascenseur social. Hong Kong reste la perle de l'Asie quoiqu'on dise.

On s'attendra à ce que le niveau général des résidents baisse beaucoup, savoir-faire, talents et compétences étant partis, mais le projet du PCC de créer un cluster de trois métropoles (Shenzhen, Zuhai, et Hong Kong), déjà reliées par le « pont du siècle », diluera les inconvénients de la répression brutale dans le développement de la conurbation. Le peuple et l'Occident oublieront vite l’épisode, comme il en fut jadis à Pékin.

Je crois ces quatre ou cinq personnes capables d’encaisser quelques centaines de morts et dix fois plus de blessés et prisonniers pour garder la face ! D'autant que l'appel aux libertés démocratiques commence à résonner en Chine continentale dans certains milieux d'intellectuels. Pour bien caler les idées, souvenons-nous que le budget que Deng Xiaoping avait donné à Li Peng en 1989 était de 200.000 morts, la Chine éternelle valant bien ça ! A voir les conditions actuelles de conversion forcée des Ouighours au Xinkiang (plus d’un million en camps de redressement), on ne peut pas douter que ces réflexes subsistent ! Les dirigeants actuels sont le produit de la précédente génération d'assassins.

A ceux-là qui se fient à la bonhommie du grand leader Xi, j'offre un courte vidéo de la parade militaire offerte à Hong Kong pour le vingtième anniversaire de la restitution britannique. Observez les détails, vous n'êtes pas à Pyongyang, et pourtant. Chacun comprendra que le président-prophète ne risquera jamais de se laisser ridiculiser, ce qui en Asie est mortel, contrairement à chez nous. S'il faut écraser, cette armée écrasera ! Aucune autre considération que la face ne sera déterminante pour les maîtres d'un pays sans Etat de droit. L'artiste dissident Ai Weiwei croit l'écrasement possible. Partout l'inquiétude monte car chacun sait que le communisme ne sait pas débattre ! Espérons nous tromper !




(*) Zhongnanhai est le complexe gouvernemental central à Pékin, situé à côté de la Cité interdite.

(**) Le Projet chinois réside tout entier dans le China Dream auquel le Piéton du roi se réfère toujours et qu'il résume à nouveau pour ses lecteurs récents :
- Revenir sur toutes les marches de l'Empire du Milieu en mobilisant partout le génie et le labeur chinois ;
- Dominer sans partage ni contestations dangereuses de la Selenge mongole aux Spratleys (nord-sud) et du K2 jusqu'à l'Amour (ouest-est) ;
- Contenir les empires voisins dans leurs frontières naturelles, l'Inde sur le piémont himalayen, la Russie blanche dans la steppe stérile au-delà des Mongols, le Japon vieillissant dans son archipel ;
- Acheter la neutralité bienveillante des nations de la péninsule indochinoise par des échanges économiques fructueux et des soutiens à contre-emploi (en Birmanie et au Cambodge);
- Tenir la mer (carence fatale aux Mandchous steppiques).

mardi 11 juin 2019

Hong Kong sous le talon communiste

Hong Kong (AsiaNews) - June 9, 2019 : More than a million people took part in the protest march against the extradition law that the Hong Kong government wants to pass under pressure of China Central.

Hong Kong s'insurge contre la loi d'extradition à partir d'un Etat de droit actionnant une justice équitable vers un Etat dictatorial agitant une justice parodique qu'on ne dénonce même plus au cinéma tellement la caricature est outrée et finalement invraisemblable pour le red neck du drive-in.
Les vieux Chunguotrou savent depuis toujours que la signature du Parti communiste chinois n'a de valeur que tant que l'encre est humide ; à minuit, revoilà la citrouille ! "Un pays, deux systèmes" fut le slogan magique qui devait conquérir les cœurs et les économies des Hongkongais puis des Taïwainais pour une réunification dans la joie ! Chassez le naturel, il revient au galop : un parti communiste au pouvoir doit faire sentir le poids du talon aux peuples qu'il soumet.
C'est ainsi que furent déversés sur Hong Kong des centaines de milliers de Continentaux pour changer le sang, une expression chinoise désignant une transfusion démographique. Aux heureux élus d'un exil en Occident il n'est demandé qu'une loyauté sans faille, mobilisable à première demande, sans reproches ni murmures. Puis vient la mise au pas de toute la fonction publique menacée dans son statut, après quoi, on s'attaque aux idées. On capture des libraires, des hommes d'affaires, des jeunes turbulents dans une stratégie d'instillation de la peur.
Mais le Hongkongais est un Chinois admirable de courage, d'inventivité et d'ardeur au travail. Les brutes communistes ne comprennent pas que toute la richesse de Hong Kong provient de ses habitants et continue à prospérer sur les atouts de cette race. Transfusez et vous aurez dans vingt ans, un grand hub aéro-maritime fusionné avec Shenzhen, mais peuplé de fourmis sans intelligence. Parce que le vrai défi de la Chine populaire n'est pas où on l'imagine, ni dans la fracture sociale, le vieillissement général, le passif monstrueux des banques, ni dans la pollution démente des conurbations, mais dans le caporalisme de ses ingénieurs.
A quoi sert-il de produire des ingénieurs par milliers s'ils sont formatés à l'obéissance, la mutualisation des risques, l'interdiction de penser en dehors de son couloir. Les challenges de demain convoquent des Bill Gates dans des garages, pas les playmobils des universités chinoises aussi prestigieuses soient-elles dans les classements froids. Et ça, tous les patrons de bureaux d'études occidentaux délocalisés en Chine populaire le confirment : ils n'ont pas encore vu de génies mais des fonctionnaires de l'industrie faisant carrière.
Pour Hong Kong c'est trop tard. En faisant défiler l'Armée nationale populaire lors de l'anniversaire des vingt ans de la rétrocession anglaise, Xi Jinping sur chenilles a indiqué qu'il aurait toujours le dernier mot, quoiqu'il en coûte aux Hongkongais. Si les Ouighours ont vaguement perçu le message et se retrouvent aujourd'hui concentrés en camps de rééducation pour un bon million d'entre eux, ceux qui l'ont reçu fort et clair sont les Taïwanais qui refusent de passer sous le joug de la Connerie en bottes de fer. Il serait élégant de la part du Japon et des Etats-Unis de leur permettre de continuer à vivre dans la dignité, rien que ça ! Est-ce trop demander ? Sans doute oui en géostratégie !

lundi 3 juin 2019

Un certain 35 mai


Chen Guang et son tableau "Blood Red Anxiety"


Pour commémorer les trente ans du massacre d'Etat sur la place Tian An Men, nous proposons une mise en peinture des photos prises par un soldat, proposée par le South China Morning Post de Hong Kong en cliquant ici !




Hong Kong Victoria Park on 6666 - courtoisie SCMP

No comments ! Juste une minute de silence méritée pour des gens qui ont payé de leur vie la volonté de ne plus subir l'oppression communiste. Qu'on en prenne de la graine.

mercredi 16 janvier 2019

Jan Palach ♰1969

Bel article de Radio France internationale commémorant l'immolation par le feu de Jan Palach (1948-1969), il y a cinquante ans, pour braver l'invasion de la Tchécoslovaquie par les troupes du Pacte de Varsovie sous commandement soviétique, et pour secouer une population trop vite résignée qui se laissait abrutir par le communisme. Jan Palach sera suivi par Jan Zajíc (1950-1969) au mois de février et par un ouvrier Evžen Plocek (1929-1969) au mois d'avril. Dans la nuit du 28 au 29 mars 1969, 500000 Pragois, ivres de haine, attaquèrent spontanément une vingtaine de garnisons soviétiques.
En France, il y a peu d'échos de ce moment terrible pour un peuple écrasé et debout tout à la fois, peut-être pour ne pas désespérer quelques dinosaures communistes qui ont vécu cette époque "globalement positive" comme disait alors le Politburo français. Je me souviens de la sidération qui fut la mienne à la nouvelle de cette tragique protestation. RFi nous offre cet article libre de droits, profitons-en. Merci à Anya Stroganova :




lundi 29 octobre 2018

Brèves du lundi

And the winner is...
Il y a de cela longtemps, un des généraux de la junte brésilienne avait été interpellé par un journaliste français sur l'effervescence inhabituelle des mouvements sociaux, qui lui posait la question de savoir comment ferait-il pour vivre avec un smig. A quoi le général répondit sans hésitation : « Je me ferais sauter le caisson ! ». Sans doute avait-il économisé les cours du soir de la communication politique en lui substituant une denrée rare, la sincérité. C'est ce qu'apporte aux gens le candidat du PSL/17, le franc-parler. Le monde est tellement trituré au politiquement correct que tous les adeptes du parler-cash y retrouvent aujourd'hui leurs chances. Et chez nous aussi.

La caste militaire brésilienne boucle le ceinturon pour acclamer le nouveau Mussolini des plaines à soja. Avec 55,3% Bolsonaro, la coqueluche des bourgeoises décoincées et des latifundières lascives, décroche la timbale en vrai coq perché sur le fumier de la démocratie sud-américaine. Facile ! Il a compris ce que comprend le peuple. Le peuple en a soupé des Cassandre du désordre moral obligatoire et excusé ! Le peuple veut du neuf et qu'on essarte l'ivraie sans mollir, le blé dut-il en souffrir un peu. C'est le programme du capitaine d'artillerie qui connaît bien la cantine politique pour y avoir pris ses repas pendant vingt-sept ans ! Rallumez les arsenaux, on commençait à s'emmerder !

On fait le break sur une danse techno italienne que certains reconnaîtront :


Fiamma nera



Ach du liebe Zeit ! Alternative für Deutschland entre au parlement de Hesse et le Grün Tarek Al-Wazir (mais si!) pourrait former le nouveau gouvernement de Wiesbaden. Les coalisés de Berlin, une main devant, une main derrière, en rabattent de beaucoup, la chancelière est sous Prozac et l'Allemagne, cul par dessus tête, prépare une retraite aux flambeaux vers Nuremberg. Le pronostic est engagé par les éditocrates de la pensée conforme. Askolovitch va nous faire sans doute l'ad hitlerum de la semaine dans l'émission de complaisance d'Élisabeth Quin sur Arte (ndlr: il n'a pas osé :).

What next ? France ? Rien ! Zimbabwe ? Rien ! Syrie ? D'aucuns pensent que le vainqueur de la guerre civile devrait se retirer pour faire toute leur place aux vaincus et les laisser décider de la suite, comme par exemple une réforme de la constitution qui barrerait la présidence aux dictateurs. Ce serait une première dans l'histoire, mais notre jeune premier de président ne recule pas devant cette création ubuesque au théâtre du monde. Du haut de mon ermitage perché dans les grands chênes, je n'arrive pas à comprendre une seule injonction de la ligne diplomatique française au Levant. Faut-il rappeler que les Syriens nous ont foutu dehors manu militari à la fin de la Seconde guerre mondiale ?

Corée du Nord ? La nomenklatura communiste a importé tant de biens de luxe qu'il n'est plus resté assez d'argent pour acheter du riz. Si la famine de 1997 qui a tué tant de monde n'est plus d'actualité ("Il n'y avait rien sauf des feuilles de maïs réduites en poudre, qui constipaient, je mangeais des lézards, des serpents, des rats et de l'herbe" disaient les évadés du paradis) le pays profond est dénutri, les enfants rachitiques et la santé mauvaise hors des villes. A tel point que la politique d'ouverture du président sud-coréen est remise en cause par ses contribuables puisqu'à l'évidence, les gras cousins du Nord se foutent royalement de lui. Moix et Depardieu aussi.


Pour le reste, on a voté ce dimanche en Géorgie, les Catalans ont fêté l'écrasement du Real Madrid par le Barça et accessoirement le premier anniversaire de leur indépendance foirée.


dimanche 3 juin 2018

Les communistes à la lanterne !

Comme chaque année ou presque nous aurons demain une pensée pour les victimes du communisme à l’occasion du massacre de Tian-An-Men. Pour ce vingt-neuvième anniversaire, pas d’images de chairs en purée marquée à la chenille, mais celle d’une jeunesse instruite et épuisée d'avoir caressé l’espoir fou de l'intelligence revenue sur terre. En terre communiste ça n’existe pas !

Les brutes vampirisent l’abrutissement démocratique pour se prévaloir de leur légitimité comme les Chavistes du Venezuela. Et il y a chez nous des gens assez pervers pour les applaudir. Si par malheur venait en France l’heure du succès pour cette supercherie vieille comme le monde il faudrait tout de suite neutraliser l’accès aux micros de ses propagandistes. Astiquer les lanternes en attendant.

On pourrait aussi éditer des plaques en laiton portant le nom du « prévenu d'avance », que l’on fixerait sur le fût du lampadaire à hauteur d’homme sur l'Avenue ; ce n’est qu’une idée à la sauvette, dans la colère de l’anéantissement d’une espérance de liberté brisée une fois encore par un État retranché et fortifié dans son principe totalitaire et hégémonique de contrôle des pensées. Ce même État qui gomme chaque année un peu plus les souvenirs du 4 juin 1989 sur la place Tian-An-Men et chasse encore aujourd'hui ses dissidents, urbi et orbi, mais on en parle si peu, bizness first !
Pour les trente ans, on développera !


samedi 18 juin 2016

On s'inquiète pour nous

On m'a beaucoup téléphoné. De l'étranger ! La moitié des appels venait aux nouvelles des Nouvelles Maldives, Paris sous l'eau, la cote 1910 dépassée, savoir combien mesurait la Tour Eiffel (ah bon, quand même !), l'Arc de Triomphe fondrait-il comme un pain de sucre... bref, on s'inquiétait, amusés de nos déboires. Je dus répondre à chacun que la crue était d'abord médiatique et que nos journalistes d'information en continu étaient le fond du panier que personne n'avait voulu embaucher, comme à Fox News par exemple. Des cuistres qui avaient de l'eau sous leurs fenêtres ; facile d'ameuter pour pas cher. L'Atlantide, on attendra !

L'autre moitié me demandait si je pourrais faire face à la guerre civile annoncée sur toutes les chaînes sportives et s'il me fallait plus de cartouches. A quoi je dus répondre qu'en France, seuls les vilains avaient droit au port d'arme, les citoyens (parfois appelés contribuables) étaient désarmés légalement pour simplifier le dispositif sécuritaire. C'est toujours plus facile d'avoir les assassins d'un côté et les cons de l'autre ! Il suffit de regarder les Experts Miami pour comprendre le scénario simplifié. Alors il me fut répondu, deux fois, qu'on m'enverrait un billet d'avion si ça se gâtait. Entre-temps un musulman désespéré a égorgé une policière chez elle, pas bien loin de chez moi, avant de trucider son commissaire de mari à coup de couteau quand il est rentré du poste. La police l'a fini sur place. Effrayant ? Non, la routine, ici.

Dès qu'il fait beau, le secteur public entre en insurrection pour protéger le secteur libre d'une révision de la Somme de saint Thomas d'Aquin que constitue le Code Du Travail que le monde entier nous envie en pissant de rire ! Aux abois comme un cerf sans bois ni couilles, le pouvoir socialiste combat la populace à coup de milices gauchistes qu'il est défendu d'alpaguer, pour bien déconsidérer les manifestants-électeurs en colère. C'est à n'y rien comprendre mais dans ce merdier gigantesque le pays organise, plutôt bien, un énorme compétition de football européen qui vide les rues à chaque match après les avoir remplies d'ivrognes au vin mauvais. Les chaînes mangent bien finalement. On attend la bombe promise et cent morts pour relancer le débat politique...

Chemin faisant, Dame Bêtise qui gère ce pays est parvenue à ruiner le crédit public et la parole des dirigeants jusqu'à faire douter de la pertinence d'une démocratie représentative. Les jeux parlementaires bloquent tout. Tout est fait en fonction de la manipulation des factions contre le chantage des minorités. La tactique des frondeurs est à cet égard exemplaire : au lieu de basculer carrément dans l'opposition et contraindre l'Elysée à dissoudre une chambre ingouvernable - ce qui les priverait de prébendes et privilèges - ils harcèlent le pouvoir pour le tirer vers leurs thèses, anticipant la valorisation électorale de la déviation obtenue. C'est petit.

Ainsi les réseaux sociaux sont-ils envahis de politiciens du modèle courant qui préparent l'élection présidentielle de mai 2017. Il y a du monde de partout puisque l'ectoplasme élu par surprise la dernière fois sera incapable de se représenter avec une popularité inférieure à celle de Landru. C'est l'étiage accepté en sociologie après le zouave pontifical du Pont de l'Alma pour les inondations. Les "mesures" qu'ils proclament amusent le bon peuple qui sait pertinemment qu'aucune ne sera appliquée en cas de victoire par les tribuns de préaux. Eux ne rêvent que de profiteroles au chocolat, armagnac hors d'âge et d'une escort chic en bas-jarretelles après le cigare. Ils ont raison, rien à faire ? Ne rien faire. C'était la devise du regretté Chirac. Le secteur public soviétisé ne voudra pas bouger d'un iota, lui qui bouffe déjà la moitié du PIB de ce pays béni des dieux. Quant à l'énarchie, elle a jugé la république mourante suffisamment grasse encore pour s'en repaître jusqu'à la retraite ! Elle a tort. La république a des gaz !

Alors je raccroche, et comme le Marius de Pagnol, je rêve d'ailleurs. Car vous ne le savez peut-être pas ou vous l'avez oublié, tellement abrutis par notre Etat total, mais il est des pays libéraux où le travail est bien récompensé, où l'Etat assume l'essentiel sans trop déborder, sans trop de corruption, sans politiciens véreux, des pays fiers d'exister, et même... sans musulmans ou presque. Je plonge dans mon atlas géographique et je vous rappelle dans deux minutes et vingt secondes :



C'était l'appel du 18 juin de Royal-Artillerie



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mardi 17 février 2015

Il faut aimer les Pays-Bas

Le gouvernement français fait une crise d'urticaire médiatique pour combattre les monstres qu'il a enfantés (lui et tous les autres avant lui). On sent une énergie incommensurable dans l'agitation que redouble encore le vacarme des radio-télévisions qui bouffent littéralement sur les morts. Les ministres courent partout comme des canards sans tête. Des voix, peu nombreuses, détonnent qui réclament que l'on distraie un peu de cette énergie pour combattre le chômage qui atteint des proportions sud-américaines chez nous ! En pure perte et pour deux raisons :

La seule mesure efficace n'est pas de faire mais de défaire. C'est la totale libération de l'esprit d'entreprise qui créera de l'emploi. Ce n'est pas une incantation, il suffit de regarder où les emplois se multiplient. Défaire commence pas l'incinération de centaines de lois, codes, décrets et ordonnances qui sont un carcan de plus en plus insupportable à tous, sauf bien sûr aux "normateurs" qui vivent de ce carcan. Inutile de faire la liste. Le sémillant Macron a porté le fer dans un millième des contraintes stupides françaises. Il n'ira pas plus loin, sauf se proclamer dictateur à la romaine le temps de la purge. Je voterai pour lui au plébiscite qui suivra.

La seconde : A l'exclusion du précité, les gens de gouvernement sont des puceaux économiques qui n'ont aucune vibration entrepreneuriale et ne savent donc pas ce que veut dire "libérer l'esprit". Il est donc exclu qu'ils ressentent en eux cette vérité économique qui, avouons-le, croise à 90 degrés toute leur idéologie socialiste de prédation d'une classe pour nourrir l'autre ! En plus, ils sont tous nourris par la Cantine socialiste depuis la maternelle. Mais ne l'avons-nous pas méritée cette clique dépassée ? ils ne sont pas venus au pouvoir par un coup d'Etat mais par les suffrages de la majorité imbécile qui se dit être le peuple français. Belle démocratie que celle où règnent les cons.

Je termine par un exemple personnel, ce qui n'arrive pas souvent ici.
A la moitié du troisième âge, j'aurais l'envie de renouer avec une activité exercée précédemment pour meubler mes jours et pimenter aussi ma retraite. J'ai des connaissances, des relations, de bonnes références bancaires. A l'idée de l'avalanche de formulaires, déclarations, avances sur cotisations, avis des explicateurs de la jongle (experts comptables, conseillers fiscaux...), mon prurit entrepreneurial se calme vite. Nous sommes des milliers dans ce cas à préférer finalement bricoler dans notre garage ou relire Montaigne.

Et pourtant, les contrats que j'obtiendrais seraient pure valeur ajoutée pour l'économie de mon pays et fourniraient des heures de travail à des manufacturiers français par exemple et à quelques prestataires de services. J'ai appris que c'était facile aux Pays-Bas. D'accord, il y a moins de têtes ahuries dans les allées du pouvoir que chez nous et c'est tout un peuple qui a la fibre bizness, mais il faut aimer les Pays-Bas.

Ils ont des rois en plus ! C'est moins tarte !




mercredi 9 janvier 2013

Cahuzac, un profil de médaille en or

Le ministre du Budget qui cultive une arrogance de saison avec un dédain mesuré de ses contradicteurs que lui autorise sa contribution à l'ISF, est une fabrication heureuse de la Socialie, encouragée d'ailleurs en Sarkozie régnante par l'auguste fonction de Président de la Commission des finances, de l'économie générale et du contrôle budgétaire à l'Assemblée nationale dans la législature précédente, fonction dont il ne retira que des louanges, et qui était la clef qui tourne dans la serrure de Bercy.
Mais Jérôme est aussi un ancien cardiologue reversé dans la chirurgie capillaire et le conseil en lotions¹, une offre très éloignée des aspirations prolétariennes, mais comme disait Terra Nova, les ouvriers c'est du passé. Tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes de l'argent-roi quand survint le démon de minuit et le détective Jack Palmer, mandaté par Patricia, l'épouse associée en affaires. Patatrac !

La dénonciation de Médiapart - on parlera de Plenel plus bas - met en scène un foule de marionnettes dans son petit théâtre. On y voit pêle-mêle l'Union des banques suisses, actuellement soumise aux inconvénients d'un intérêt soutenu de la part de la police fiscale française (la BNRDF) ; la soeur du Pinochet-nouveau-est-arrivé, Me Isabelle Copé, avocate de l'ex-épouse trompée ; l'inspecteur des impôts psychopathe pensionné de l'Etat, capable de se contrôler lui-même à temps perdu ; le juge anti-terroristes Bruguières devenu candidat à l'élection d'une municipalité-cassoulet, c'est pas fini ; un corbeau non identifié mais dont l'existence est revendiquée par les médisants ; une jolie mariée presque neuve que tout le monde connaît dans le showbiz ; et pour couronner le tout, la qualité indélébile de strausskahnien du "prévenu" qui a eu le front de convoquer dès le départ le renfort de la garde à tout-faire de DSK, en la personne du gentil Stéphane Fouks d’EuroRSCG. Sauf la négresse - elle était philippine - n'y manque aucun ingrédient pour faire un film ! A la réserve près qu'il serait surprenant qu'il bénéficie de l'avance sur recettes de l'Etat !


Jérôme et sa nouvelle Belle-maman entre les Delon

Malgré les dénégations de la cible le doute, s'il n'est permis, est possible, et c'est bien ce qui conforte le scandale médiatique de Médiapart. Fredonnons « La calunnia è un venticello » de Don Basilio² ; de la fange jetée il restera toujours les tâches. Un chirurgien dans un créneau porteur doublé d'un conseiller de laboratoires pharmaceutiques finit par avoir beaucoup d'argent. Sera-t-il le seul parmi ses confrères à l'abriter ? Il l'affirme et chacun de sourire. La social-démocratie au caviar d'Aquitaine ne peut sortir indemne de pareilles accusations. Celles de Médiapart qui prétend que le ministre du Budget en poste avait un compte non déclaré à l'UBS-CH jusqu'en 2010, dont les avoirs auraient été virés à Singapour, ressortissent au domaine du faisable.
Médiapart force la posture de l'impassibilité jusqu'à demander l'enquête préliminaire du Parquet pour ficeler le ministre dans un faisceau de soupçons, car ne rien trouver ne prouve jamais rien ! Et Edwy Plenel le sait bien, qui a lancé l'affaire sur une cassette audio de qualité discutable, fondée sur des hypothèses assez scabreuses d'un inspecteur des Impôts légèrement mythomane. Que cherche-t-il ? Le scoop, tout simplement et des abonnements à son journal électronique d'investigation (et dénonciation). Mais si d'aventure - par un communiqué précis de l'UBS par exemple - il était manifestement prouvé que la dénonciation est parfaitement calomnieuse, le site et son rédac'chef finiront pendus sous le Pont-Neuf, les yeux et la langue bouffés par les choucas ! La non-réponse de l'UBS les sauvent pour le moment, pour le moment !

Dans son rôle d'imprécateur trotskyste - formation LCR - Edwy Plenel attaque sans relâche l'Etat, cause de tous les maux. Ses études à Alger après l'indépendance l'en ont sans doute convaincu. Garçon fort sympathique mais pas vraiment fini, son travail d'enquêteur obstiné dans la Mitterrandie glauque parvenue aux affaires - les petites histoires d'aujourd'hui sont nullissimes à côté de celles d'avant - ont créé l'icône à scoop que nous connaissons. Amusant : il a le même âge que Cahuzac.
Entre-temps, écouter le ministre grand bourgeois du Budget déclarer à l'Assemblée Nationale dans l'affaire Depardieu qu'« il s'agit d'éviter que ceux qui décident de vivre en dehors de nos frontières s'exonèrent par là-même des obligations fiscales que ces personnes ont à l'égard de leur pays dans lequel elles sont nées, elles ont grandi, elles ont été éduquées, formées, le plus souvent où elles ont rencontré la prospérité sinon la fortune » sonne faux. Désespérément faux.



(1) Qui se souvient de la Lotion Dubito qui ferait pousser des cheveux sur une boule de billard ?
(2) Traduction du livret de Sterbini :
La calomnie est un petit vent, une petite brise très gentille, qui, imperceptible, subtile, légèrement, doucement, commence, commence à murmurer. Piano, piano, terre à terre, à voix basse, en sifflant, elle glisse, elle glisse, elle rôde, elle rôde, dans l'oreille des gens, elle s'introduit, s'introduit adroitement, et les têtes et les cervelles, étourdit et fait gonfler. En sortant de la bouche, Le tapage va croissant, il prend force peu à peu, vole déjà de lieu en lieu, il ressemble au tonnerre, à la tempête, qui au cœur de la forêt, va sifflant, grondant, et vous glace d'horreur. À la fin elle déborde et éclate, se propage, redouble, et produit une explosion, comme un coup de canon, comme un coup de canon, un séisme, un orage, un tumulte général, qui fait retentir l'air. Et le pauvre calomnié, humilié, piétiné, sous le fléau public, par grand malheur s'en va crever.

lundi 17 décembre 2012

La dépêche de Néchin

Depardieu beau jadis !
S'il était né à Pérouse au lieu de Châteauroux il aurait pu envoyer pour réplique : vaffanculo gianmarco ! et nous aurions applaudi plus fort. La lettre que publie le JDD d'hier cloue littéralement le petit prof à la porte de la grange socialiste.
« Qui êtes vous pour me juger ainsi ? » c'est bien le noeud de la question. Parti de rien ou de l'Indre, c'est pareil, le comédien pantagruélique a fait sa pelotte. Si la banque américaine qui le courtise chiffre sa fortune à juste 120 millions de dollars, il n'est qu'un insecte dans le classement ploutocratique. Ayant investi de manière avisée les gains que lui laissait le Trésor public, il se trouve à la tête d'un patrimoine conséquent, non hérité, tout acquis : Plusieurs établissements parisiens (poissonnerie, épicerie fine japonaise, un bar, un bistrot, un restaurant), des vignobles en Anjou, Médoc, Languedoc et ailleurs où il s'investit beaucoup, par soif, une concession de motos à Roissy-en-France, un château en Val de Loire, une villa à Trouville et l'hôtel particulier de Chambon à Paris qu'il vient de mettre en vente chez Féau Immobilier. On lui prête aussi une collection importante d'oeuvres d'art.

Rien qui dévoile un tempérament de fuyard. Plutôt franchouillard le Gégé !
Mais à 85% d'impôts sur ses revenus (dit-il), il peut considérer que le mur du patriotisme est franchi, d'autant que les conseillers fiscaux les plus affûtés de la place expliquent à qui veut bien compter qu'avec un peu de chance ce sera du 100% d'impôts pour certains riches en 2013 et 2014, quand le fisc sera passé partout.
Il a fait faire son compte depuis le début : 145 millions d'euros en 45 ans ; c'est pas mal. Combien de toute sa vie politique a rapporté au pays le premier ministre donneur de leçon ? Rien ! Epsilon ! Il n'a fait que coûter. Et MM. Hollande, Sapin, Hamon... itou ! Ces mecs qui brandissent la solidarité républicaine sont à jeun d'avoir mis une pièce d'or au tronc ! Quelques pièces jaunes tout au plus.

Le vieux proverbe du "riche maigre et du pauvre mort" est traduit autrement par le petit commerçant du coin : s'ils partent tous et ne financent plus mes clients pauvres, qui m'achètera ? La stupidité colossale des répartiteurs de pauvreté qui nous gouvernent nous conduit à ce que la proportion de pauvres monte dans ce pays en répercussions d'une politique meurtrière d'emplois et de capital-risque : l'égalitarisme forcé par la confiscation légale du succès n'est que basse démagogie distribuant des promesses de recel aux envieux paresseux.

Vieux cliché, le riche est svelte, le pauvre obèse
Ce ne sont pas tant les riches qui fuient que les jeunes entrepreneurs en herbe qui caltent. Gérard Depardieu enfonce ce clou dans sa lettre : « Je pars parce que vous considérez que le succès, la création, le talent, en fait, la différence, doivent être sanctionnés ». Les censeurs de l'acteur-entrepreneur peuvent tendre leurs mains vides pour offrir un Plan pour la pauvreté à leurs clients, nul ne les croit capables de sortir 2,5 milliards d'euros du chapeau comme un lapin d'illusion, s'ils concourent par leur chasse aux riches à réduire l'assiette globale mise au Rôle. Les politiciens imbéciles, surprotégés de tous revers par leur statut social, cassent la dynamique d'avenir pour appliquer à l'économie des principes archaïques abandonnés partout ailleurs depuis longtemps. A quelle fin, on se le demande puisque l'application de ces principes réservés aux étagères des bibliothèques universitaires va au contraire aggraver les choses à moyen terme. Le socialisme n'est pas un ressort bandé pour sortir vivants de la crise. Et les mêmes de réclamer dans la foulée l'harmonisation fiscale de l'Union européenne, pensant peut-être que nos voisins vont acheter notre erreur de taxation frénétique ! C'est déjà perdre l'ISF (nous sommes les seuls) et d'autres impôts catégoriels iniques. L'étude de l'harmonisation démontrera au contraire que nous sommes le pays le plus volé par son Etat, sauf bien sûr en ce qui concerne la moitié des ménages exempts. Harmonisons donc ! Nous, contribuables français, ne pouvons qu'y gagner !

Mais ce qui fait quand même le plus peur est l'autisme d'un pouvoir abruti de slogans, de mots-réflexes, profitant d'une légalité démocratique pour accroître l'Etat-providence hypertrophié qui nous a ruinés, et qui finalement va se payer le pays si on ne le stoppe pas. La Grèce a été ruinée par sa classe politique bien plus vite que par son émigration fiscale ou entrepreneuriale. Ces gens à Paris n'ont pas le calibre requis. Des cons, chère Médème !


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