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jeudi 10 août 2023

Plaisir du texte

Me retournant sur les six premiers mois de cette année, je me suis pris à constater que je n'avais acheté au kiosque qu'un seul titre, Le Canard Enchaîné ! A deux motifs, l'exhumation de scoop dont la rédaction est profuse et les mots croisés difficiles qui sont un test hebdomadaire de sénescence mesurable au nombres de jours nécessaires à leur achèvement. La Comtesse un peu aussi.

stylo Parker
J'ai cessé aussi de contribuer financièrement à certains sites en ligne qui tournent en rond sur les obsessions présumées de leur lectorat quand ce n'est pas leur enfermement dans le paysage d'un pays rêvé qui n'a plus grand chose de commun avec le pays vrai de vrai. Je maintiens mon aumône à la Fondation Wikimedia qui fait un travail remarquable d'encyclopédistes et s'il en reste, je cotise à l'effort de guerre ukrainien sur la plateforme UNITED24. Quand je vois sauter un navire russe avec mon pognon, je me ressers une lichette de Picon Mandarin Curaçao avec le grand tiers d'eau.

J'étais au seuil de penser que l'âge m'aigrissait en me tirant vers un dénigrement rampant de tout mon écosystème médiatique jusqu'à ce que je lise ses lignes de Philippe Bilger dans Justice au singulier du 10 août 2023 :

« Il serait dramatique que droite et extrême droite médiatiques, à force de prévisibilité, suscitent le pire des effets, l'ennui, réservé jusqu'à aujourd'hui aux sempiternels propos progressistes ne se questionnant jamais eux-mêmes et sourds aux apports extérieurs. Combien de fois, face à certains débats, la fatigue est quasiment immédiate parce que le citoyen, le téléspectateur savent au mot près ce qui sera dit ! L'écoute n'est pas interdite qui laisse un peu de place à la présence d'autrui dans son propre univers » (source).

Et c'est bien là le drame : on se fait chier à lire autant qu'à écouter ! Le plus épuisant est bien sûr dans la presse d'opinion que je ne lis plus du tout, sauf chaque 29 février.

Soupir sur la portée : j'excepterai certains rédacteurs des gémonies à l'exemple d'Eugénie Bastié qui déroule un logique tranquille sur des sujets puissants sans provoquer quiconque, et je n'en citerai pas d'autres pour ne pas en oublier en les oubliant tous. Difficile quand même de ne pas lire Sébastien Lapaque.

De ma bibliothèque, dont le désordre n'a rien d'artistique ni d'ordonné comme le font les vieux singes qui n'ont plus rien dans la cafetière, parfois des livres tombent au gré du plumeau. J'ai rouvert La Colline inspirée de Barrès, et je partage avec vous cet extrait :

« Si vous portez au loin votre regard, vous distinguez et dénombrez les ballons des Vosges et de l’Alsace ; si vous le ramenez plus près sur la vaste plaine, elle vous étonne et, selon mon goût, vous charme par ses superbes plissements, par de longs mouvements de terrains pareils à des dunes. C’est un pays sans eau en apparence, mais où l’eau sourd et circule invisible. Des prairies qui s’égouttent un ruisselet se forme et se débrouille vivement dans les rides enchevêtrées du terrain. Au fond de ravins sinueux, le Madon, l’Uvry, le Brenon développent en secret les beautés les plus touchantes, cependant qu’ils rafraîchissent une multitude de champs bombés et diversement colorés, des pâturages, des vignobles clairs, des blés dorés, de petits bois, des labours bruns où les raies de la charrue font un grave décor, des villages ramassés, parfois un cimetière aux tombes blanches sous les verts peupliers élancés. Sur le tout, sur cet ensemble où il n’est rien que d’éternel, règne un grand ciel voilé. Les appels d’un enfant ou d’un coq apportés de la plaine par le vent, le vol plané d’un épervier, le tintement d’un marteau qui là-bas redresse une faucille, le bruissement de l’air animent seuls cette immensité de silence et de douceur. Ce sont de paisibles journées faites pour endormir les plus dures blessures. Cet horizon où les formes ont peu de diversité nous ramène sur nous-mêmes en nous rattachant à la suite de nos ancêtres. Les souvenirs d’un illustre passé, les grandes couleurs fortes et simples du paysage, ses routes qui s’enfuient composent une mélodie qui nous remplit d’une longue émotion mystique. Notre cœur périssable, notre imagination si mouvante s’attachent à ce coteau d’éternité. Nos sentiments y rejoignent ceux de nos prédécesseurs, s’en accroissent et croient y trouver une sorte de perpétuité. Il étale sous nos yeux une puissante continuité, des mœurs, des occupations d’une médiocrité éternelle ; il nous remet dans la pensée notre asservissement à toutes les fatalités, cependant qu’il dresse au-dessus de nous le château et la chapelle, tous les deux faiseurs d’ordre, l’un dans le domaine de l’action, l’autre dans la pensée et dans la sensibilité. L’horizon qui cerne cette plaine, c’est celui qui cerne toute vie ; il donne une place d’honneur à notre soif d’infini, en même temps qu’il nous rappelle nos limites. Voilà notre cercle fermé, le cercle d’où nous ne pouvons sortir, la vieille conception du travail manuel, du sacrifice militaire et de la méditation divine. Des siècles ont passé sur le paysage moral que nous présente cette plaine, et l’on ne peut dire qu’une autre conception de la vie, tant soit peu intéressante, ait été entrevue. Voilà les plaines riches en blé, voilà la ruine dont le chef est parti, voilà le clocher menacé où la Vierge reçoit un culte que, sur le même lieu, nos ancêtres païens, adorateurs de Rosmertha, avaient déjà entrevu. Paysage plutôt grave, austère et d’une beauté intellectuelle, où Marie continue de poser le timbre ferme et pur d’une cloche d’argent. Tous ceux qui ne subissent pas, qui défendent leur sentiment et se rattachent aux choses éternelles trouvent ici leur reposoir. C’est toujours ici le point spirituel de cette grave contrée ; c’est ici que sa vie normale se relie à la vie surnaturelle » (texte intégral).

Hier au jardin d'en bas, j'avais désenchevêtré trois brins de lavandin où s'était agripée une abeille charpentière noire et bleue, la plus belle de sa famille, afin qu'elle puisse poursuivre sa collecte sans encombres. Ce matin, elle gisait au sol sur le dos, surchargée de pollen jaune, morte. Elle avait travaillé jusqu'au bout. L'impermanence nécessaire au monde n'est que le fruit des extinctions programmées. Qu'attendent-ils tous ces nuiseux à la une ?

jeudi 14 avril 2022

Le dernier bouclage de Liberté

Le journal Algérien LIBERTÉ fond les plombs. Son propriétaire, Issad Rebrab, patron du groupe industriel CEVITAL, cesse la publication à perte dans l'optique de passer bientôt la main d'un groupe sans danseuse à son successeur. Sauf que, LIBERTÉ n'était pas une danseuse, mais un journal en lutte permanente contre la crasse islamiste, Dame Bêtise et la junte de Barbarie. Il avait aussi tendance à s'occuper de la Kabylie contre vents et marées. J'ai lu ce canard pendant des années avec plaisir et parfois étonnement. Qualité de plume, approche incisive des actualités, vrai courage parfois (ils eurent des morts). C'est le directeur de la publication, Hassane Ouali, qui en parle le mieux. C'est un journal qui va nous manquer.


APRÈS TRENTE ANS D’UNE AVENTURE INTELLECTUELLE, “LIBERTÉ” S’ÉTEINT

Merci et au revoir



caricature de Diem - Liberté Algérie
Ce fut une semaine lourde. Les derniers instants de Liberté étaient vécus dans la douleur. Difficile de confectionner les derniers numéros d’un journal dont le sort était scellé. Le cœur n’était plus à l’ouvrage.
L’ambiance animée de la rédaction a vite cédé devant l’avancée inéluctable de la fin pour jeter son voile de tristesse. Jusqu’au bout, les journalistes et les autres employés s’accrochaient à un infime espoir, un espoir qui s’amenuisait au fil des articles, accouchés au forceps. Ils livraient une ultime bataille avec la même vigueur qui a caractérisé le journal durant trois décennies. Leur attachement à Liberté est sans égal. C’était leur vie dans le sens plein du terme. Mais ils n’y pouvaient rien, eux qui avaient fait face à des épreuves difficiles. Eux qui avaient pourtant tenu dans des moments intenables. La dernière réunion de rédaction tenue hier était un moment de déchirement. Une blessure qui s’ouvre et qui sera difficile à cicatriser.
À tour de rôle, chaque journaliste témoignait de son expérience faite d’exaltation, de colère, d’impuissance, d’espérance, mais surtout de conviction. Celle de “porter la plume dans la plaie”. Celle d’une mission au service d’un idéal porté par un socle de valeur. Chacun à sa manière défendait férocement les libertés citoyennes, le droit à la différence, la liberté de conscience, l’égalité des sexes, le droit des laissés-pour-compte. Ils ne pouvaient concevoir une Algérie heureuse sans ses valeurs. Ils n’hésitaient pas à se confronter aux difficultés pour rendre visible un pays que l’on essaie de cacher. Une lutte permanente contre le déni, le mensonge. Un combat sans relâche pour les vérités. Un devoir citoyen. C’est vers ce citoyen dans sa diversité que vont nos pensées en ces temps finis.
Au-delà des journalistes et de la frustration que la fermeture de leur journal provoque, cette disparition fera du mal aux Algériennes et aux Algériens des quatre coins du pays qui seront désormais privés d’un espace qui leur assurait une existence sociale, intellectuelle et politique.
Autant de batailles engagées par des hommes et des femmes dans l’immense territoire algérien qui seront anonymisées et des réussites d’un pays oublié qui seront “invisibilisées”. L’effacement d’un espace libre porteur de l’idée d’une Algérie plurielle aura un impact considérable sur des segments importants d’une société en perpétuelle résurgence. Les femmes organisées en coopératives agricoles dans les monts de Seraïdi n’auront plus la possibilité de rendre visibles leurs prouesses. Plus de reportages sur les villages les plus propres de Kabylie que nos journalistes se précipitaient à couvrir. Le prochain Racont’Art se fera sans Liberté. Le grand Lounis Aït Menguellet qui donnera un spectacle la semaine prochaine ne sera pas à la Une de Liberté. Les petites mains qui font le pays avec la passion de Sisyphe, un peu partout en Algérie, de Biskra à Mascra, de Sétif à Tlemcen, n’auront plus de prolongement médiatique.

Ne rien lâcher !
Les luttes des femmes qui se mènent dans l’indifférence seront inaudibles. Pis encore, elles risquent d’être stigmatisées par les tenants d’un ordre médiatique réactionnaire, réfractaire aux idées émancipatrices. Les démons d’hier reviennent en force à mesure que disparaissent les espaces de la modernité. Le combat des années quatre-vingt-dix subit les contrecoups d’une régression sociale et sociétale inquiétante.
Les résistants d’hier sont poussés à la marge d’une histoire qui s’écrit par ceux qui portaient l’étendard noir du fondamentalisme. La mémoire des victimes du terrorisme et de l’arbitraire court ainsi le risque d’entrer dans un long tunnel de l’oubli. Cela a déjà commencé par un révisionnisme en vogue savamment orchestré. C’est dans ce contexte incertain que disparaît un journal qui s’est employé à poursuivre le chemin tracé par les Mammeri, Djaout, Liabès, Matoub Lounès, Belkhenchir, Boukhebza. Il n’aura pas résisté à l’épreuve du temps. Il disparaît au moment où l’Algérie en a le plus besoin. Trois ans après l’insurrection citoyenne de Février 2019 qui a réenchanté l’Algérie et subjugué le monde entier. Une fin qui confirme un retour à une époque de congélation politique et d’assèchement intellectuel. Un saut dans l’inconnu.
Mais faut-il s’y résigner, faut-il désespérer ? Non. Par fidélité à la mémoire des hommes et des femmes de ce pays qui ont donné leur vie pour que vive une Algérie républicaine, par l’attachement à l’idéal démocratique, le désespoir n’est pas permis. Liberté et ses journalistes, toutes générations confondues, doivent être fiers de ce qu’ils ont accompli. L’histoire du journal se confond avec celle de l’Algérie combattante. Une histoire vécue dans sa chair, dans la douleur. Deux de ses journalistes ont péri sous les balles assassines d’un terrorisme barbare.
Comme des milliers d’Algériennes et d’Algériens assassinés, ils ne sont pas morts pour rien. Leur mort ne sera jamais vaine. C’est pour cela que nous devons poursuivre cette aventure sous d’autres formes à réinventer. Si Liberté est fini, ses journalistes ne vont pas disparaître dans la nature. Ils sauront se réinventer. C’est le sens qu’ils ont donné à leur vie. Certes, le moment algérien est particulièrement difficile, il pèse une peur sur le pays, sur nous tous. Mais l’heure n’est pas au renoncement. L’histoire n’est jamais finie. Les mots de la moudjahida Zoubida Amirat qui nous a rendu visite, il y a quelques jours, résonnent encore en nous. Elle qui porte le poids des décennies de combat, d’abord sous la colonisation, puis sous le régime du parti unique nous donne ce courage de tenir, de ne pas se laisser gagner par la résignation. Ne démissionnez jamais ! Sa génération fondatrice qui a engagé le combat décisif doit nous inspirer à chaque fois que nous trébuchons. Nous devons assumer notre part de l’histoire. Nous devons cultiver et sublimer la vie, sortir vite de cette panne d’avenir.
Les mots de notre chroniqueur attitré Mustapha Hammouche nous poussent à espérer, nous propulsent vers des lendemains meilleurs que nous devons bâtir. Il ne sert à rien de culpabiliser les anciens qui nous lèguent un héritage chaotique.
Dans des conditions extrêmes, à l’époque du noir et blanc, sans télévision, ni réseaux sociaux, ils ont pu avec un courage rare briser les chaînes de l’asservissement. Ils étaient, certes, minoritaires, mais leur idéal était plus puissant que tout l’arsenal autoritaire auquel ils faisaient face. Nous nous sommes toujours inscrits dans cette lignée. Ils nous ont ouvert la voie, montré le chemin. Il nous appartient en tant que journalistes, mais aussi en citoyens libres, de poursuivre la tâche. Avec ou sans Liberté.

Hassane OUALI, publié 14 Avril 2022 à 12:00

mercredi 3 novembre 2021

Zemmour, au risque de fatiguer !

Eric Zemmour

Que la journée se passe avec ou sans... monsieur Zemmour, les chaînes d'infos en continu matraquent l'auditeur, à croire qu'il est une pépite médiatique comme on n'en faisait plus. Et la question légitime est de savoir s'il va se brûler aux feux de la rampe comme beaucoup l'ont vécu, sans rouler à moto. Certes il n'a pas suscité (encore) l'engouement du général Boulanger et sa bonne amie est en parfaite santé. D'aucuns mal intentionnés ont ressorti hier la formule du "plafond de verre" qui est la limite atteinte au rallye des gogos. Va-t-il fatiguer l'électorat ? La presse se retournera immanquablement quand les courbes de vente fléchiront et on la sait plus puissante dans la haine que dans l'hystérie, ridicule hystérie des petits animateurs de plateaux qui se prennent pour Larry King en faisant du Guy Lux.

A moins que les gnomes en soupentes n'ait inventé la vraie croix ! Sur laquelle ils voudront clouer le bon larron qui fera passer Jupiter au second tour de la présidentielle ! Car il leur rend plutôt service, monsieur Zemmour. Il a dîné, monsieur Zemmour. Il a plu. Il a détruit la menace MLP en abaissant de 25 à 15% le seuil pour revenir en deuxième semaine, et si par chance ou bonheur, c'est selon, il affrontait le sémillant Macron dans le débat du siècle, la lutte serait inégale, à moins de rejouer la pièce dans les tours de Notre-Dame. Ne soyons pas trop dur. Il est peu de pays ayant vu arriver une gargouille au faite de l'Etat. La Chine populaire peut-être, un poussah avec Deng Xiaoping ? Mais le pavois du Petit Timonier était porté à bout de bras par des millions de cadres communistes ! M. Zemmour a incontestablement de l'épaisseur et n'est pas seul (feuilleter Le Radicalisé d'Etienne Girard, petit dans son slip, de la veine Paris-Match, qui dénigre Sarah Knafo); mais les fabriques partisanes ont l'habitude de cheniller les outsiders, aussi vite qu'ils puissent courir.

Nous ne viendrons pas au fonds ce matin. Parce que toute analyse des chances d'Eric Zemmour est prématurée tant que le champion de la droite et du centre ne sera pas désigné par ses colleurs d'affiches. A partir du 4 décembre, le quadrille des lanciers sera en place. Tous les autres n'auront de souci plus gros que celui de faire cinq pour cent pour rentrer dans leurs frais. Evidemment ce sera la tuerie dans l'arène ! Plus encore s'il s'agit de sous.
  • Emmanuel Macron
  • Marine Le Pen
  • Michel Barnier
  • Eric Zemmour
c'est l'image qui flotte dans la boule de cristal de Royal-Artillerie, attention, en misant sur une révélation de Barnier lors du prochain débat télévisé LCI du 8 novembre pour le congrès LR, lequel apparatchik convaincrait les militants indécis de choisir l'Endive de Savoie de préférence au Chicon picard.

Et tout ça s'écrit sans avoir lu le programme d'Eric Zemmour qui n'existe pour l'instant qu'au sein du conseil de campagne. C'est un secret. Mettre les promesses économiques et sociétales jouables, en apparence au moins, en accord avec les principes gaulliens de l'histoire reconstruite, est plus difficile que de faire jaillir le lapin du chapeau. Ce diable de démon est enkysté dans les détails ! On comprend que ça puisse traîner encore un peu. Entretemps, nous vous passons le programme de Jean Lassalle. Non qu'il puisse troubler l'eau du marigot présidentiel, mais ses positions parfois bruyantes peuvent infléchir le programme des autres. Le sien par ici. Sa lettre aux élus mérite votre attention. La voici (les soulignements sont le tout de mon cru):


Jean Lassalle
Chers maires, chers élus,

J’ai l’honneur de porter à votre connaissance mon intention d’être de nouveau candidat à l’élection présidentielle de 2022.
Comme vous le savez j’ai été maire de Lourdios-Ichère, dans les Pyrénées-Atlantiques, pendant quarante ans. En notre qualité de maires, et compte tenu des responsabilités que nous assumons dans un quotidien chaque jour plus difficile, nous sommes mieux placés que quiconque pour connaître la situation préoccupante de notre pays.
Depuis une trentaine d’années, un brutal changement de monde nous a pris au dépourvu. Nous avons perdu nos repères et notre pouvoir au nom du peuple souverain. Une fois encore nous n’avons pas su éviter le piège de l’hégémonie financière. Une terrible et profonde crise accable notre pays, suscitant le repli sur soi et générant une angoisse qui défait jour après jour nos liens sociaux, parfois jusqu’à l’intime.
Le déferlement de lois insensées a transformé en champ de ruines l’organisation politique et territoriale de notre pays. Il a distendu le lien entre le peuple et ses représentants. J’ai pu en prendre la mesure tout au long des six mille kilomètres parcourus lors de mon tour de France à pied, pendant neuf mois. Ces mots résonnent encore dans ma tête : « Nous avons perdu l’instituteur, le curé, le percepteur, le postier, le gendarme, le médecin, la maternité et même l’hôpital. Laissez-nous au moins le maire ! A qui ferons-nous appel demain dans ce désert politique et institutionnel ? ». Maires de villes, de banlieues et d’immenses campagnes, vous représentez aux yeux de nos concitoyens les plus de trente-cinq mille sentinelles encore debout, et l’ultime socle de stabilité de notre pays : la République et la Commune.
Nombreux sont ceux qui s’interrogent sur ce que l’on peut attendre de la prochaine élection présidentielle et de son influence sur le cours de notre destinée. Lors de mon tour de France, avec les Cahiers de l’Espoir, j’ai pu mesurer combien nos compatriotes aspirent à être écoutés. J’ai aussi constaté la force et la richesse de leurs propositions lorsqu’ils sont sollicités.
Je suis convaincu qu’un nouveau dessein est possible, et qu’il s’impose à notre grand et beau pays. Notre temps exige plus que jamais notre capacité à rassurer, réconcilier et intégrer. Notre pays n’est jamais aussi fort que lorsqu’il est rassemblé et organisé autour des symboles forts qui l’ont fondé. Il nous faut reconstruire un État au service de nos compatriotes et redonner à l’espace public le pouvoir financier dont il ne dispose plus. La crise sanitaire que nous vivons depuis plusieurs mois nous a convaincu de l’impérieuse nécessité de refonder notre système de santé, et plus largement de repenser notre modèle de société.
Nous devons relancer la recherche, adopter et développer l’énergie solaire et celle de la mer. Notre pays, par sa configuration et son histoire, est un des mieux pourvus au monde en potentiel sur ces deux sources entièrement renouvelables. L’un des grands enjeux est de cesser de discourir à l’infini mais de prendre enfin dans ce domaine-là des décisions qui s’imposent et de se mettre au travail. Nous devons réapprendre à gérer en bien commun nos précieux territoires et nos merveilleuses cités.

Pour répondre à cette ambition de refondation et de régénération de la République, de sa démocratie au service de notre grand peuple, votre parrainage m’est nécessaire. Avec votre aide, je pourrai porter ce projet partagé, ce nouveau contrat social pour notre pays. Le parrainage d’une candidature est un acte républicain pour permettre le pluralisme des idées, pour faire vivre la démocratie. Il n’engage nullement le maire dans un quelconque soutien du candidat.
Pour parrainer ma candidature etc...
J.L.

vendredi 26 avril 2019

Au comptoir du Canon des Ternes



En décembre dernier, ce blogue déplorait la trop forte hauteur de marche entre un connétable de France et un capitaine de gendarmerie après avoir analysé les brillantes insuffisances de monsieur Macron. Vers le trou noir d'une révolution... titrions-nous alors ! C'était au temps de l'Acte V, nous en serons demain à l'Acte XXIV ! Il n'y aura pas de révolution parce que le peuple, abruti par le modèle socialiste à dose homéopathique, ne veut pas la faire pendant les vacances scolaires ni les vacances d'été. Alors notre président de la République déroule le one man show de plus (pas encore de trop) qui tel un discours de premier ministre à la chambre basse sur la politique générale programmée de son gouvernement endort les plus attentifs. Le pays n'est pas en révolte, il est en décomposition. Faudra-t-il attendre qu'il soit pourri à l'os, qu'il schmoute de partout, pour qu'à l'exemple de l'Algérie et du Soudan les éléments encore sains renversent les institutions calamiteuses de cette République anachronique avec l'accord tacite des forces de sécurité ? La révolte des ronds-points annonçaient l'an dernier quelque chose de profond. Les défilés de Gilets jaunes de cette année sont un défouloir scénarisé par quelques vedettes du mouvement et leurs correspondants de la rue des Saussaies. Malgré les maladresses, le pouvoir finira pas dissoudre le mécontentement dans l'acide de la lassitude. La conférence de presse de l'Elysée devait être le clap de fin, le jour où un jeune et fringant président renverserait la table de toutes les vieilleries qui nous encombrent ! Discours construit, aisance au pupitre, forte corrélation des diagnostics et des remèdes... une révision générale de la voiture ! Il n'y a pas eu de clap, ni de choc qui auraient précipité la foule en nation.

Il eut fallu deux ou trois mesures emblématiques qui se seraient attaqué au cancer de base, le socialisme hérité de la Libération. On attendait "un" Margaret Thatcher ! Nous avons eu le lauréat du Concours général de la Somme, un gamin intelligent aux épaules étroites et aux pattes trop longues !



samedi 2 septembre 2017

Codex#04 - dossier AF

La revue CODEX parle de l'Action française (AF) dans son opus #04 (clic). Ceux qui connaissent l'AF de l'intérieur n' y apprendront rien, les autres en sauront presque tout, ce qui peut signifier que le défi a été relevé.

L'organisation du dossier de 53 pages est très réussie, pédagogique. Les contributeurs à cet exploit sont, outre les maquettistes maison, Jacques Prévotat, Olivier Dard, Jean-Yves Riou (directeur de la publication), Priscille de Lassus (rédactrice en chef), Christian Sorrel, Florian Michel, Antoinette Castelnuovo et François Huguenin. C'est bien le dernier qui agace. Après son pavé de sept cents pages chez Perrin (L'Action française - Synthèses historiques 2011), Huguenin se garde bien de contredire son assertion première : "l'AF est morte", même si je suis presque d'accord que l'héritage a été stérilisé par les caricatures de maurrassiens qui ont présidé aux différents journaux des années 1960 à 1990.

L'AF serait donc morte mais le Maître ne le serait pas du tout, même si l'édition renâcle à publier ses textes. Il faut dire que la rhétorique maurrassienne est difficile à assimiler pour le grand public d'aujourd'hui qui achèterait les bouquins.

L'Action française n'est pas morte aussi longtemps que des esprits critiques s'en revendiqueront. Entendons que toute l'AF ne réside pas dans les structures déclarées en préfecture, il y a des maurrassiens partout, jusque récemment à la Maison Blanche¹. Disons aussi qu'on ne peut la résumer, comme le font certains bien imprudemment, aux Camelots du roi et à la vente à la criée du journal. Colloques et conférences se succèdent à Paris et dans les trois métropoles provinciales où des équipes restent actives (Lyon, Bordeaux, Marseille). Le niveau des intervenants ne permet cependant pas d'emplir des amphithéâtres, peut-être parce que le projet déroulé ne se démarque pas assez clairement du projet frontiste. L'AF s'est embourbée dans la même ornière que le Front national : le souverainisme obtus ; elle a l'avantage de disposer des ressources intellectuelles pour s'en arracher, ce qui fait défaut au parti Le Pen ou à Dupont-Aignan.
(1) Steve Bannon est maurassien et raspalien, mais pas un "saint".

Répétons ici que l'objectif réel du changement de paradigme devrait être l'optimisation à outrance de nos dépendances et non pas de les rompre, ce qui est impossible et stupide à soutenir. Recentrons-nous sur la monarchie sociale et fédérative comme la présente, par exemple, Jean-Philippe Chauvin dans son blogue Nouvelle Chouannerie. Défendons la priorité budgétaire du régalien et la désétatisation du sociétal. On ne peut que souhaiter une édition didactique en visuels de ce projet monarchique porté par le Groupe Action Royaliste, et de trouver les moyens nécessaires à une large diffusion...
Ce qui manque au royalisme français c'est une offre politique claire, lisible, compréhensible, propagée sur tous les segments de l'opinion. S'en remettre au roi n'y suffira pas !



Ce numéro de CODEX contient une perle rare : l'exposé des travaux de Michel Pastoureau, rare spécialiste de l'histoire des couleurs. Dès l'entame le lecteur est capturé par la dérive des couleurs depuis l'Antiquité, et pour une fois on découvre quelque chose d'inédit. L'autre sujet passionnant est l'histoire des Juifs de la papauté d'Avignon. Le prochain numéro (#05) est consacré à Luther et sa Réforme. Abonnez-vous au quatre numéros annuels, 60 euros pour 720 pages, papier glacé, quadrichromie, vous ne le regretterez pas, sinon allez au point-presse près de chez vous (clac).


mercredi 31 octobre 2012

Google vs. Kane

Citizen Kane sur le bouillon
Les journaux que pille le géant de Mountain View - je vais être sympa, c'est ma logeuse - exploitent des schémas économiques corne-cul et s'en plaignent. Subventionnés à mort en France (car il en meurt, comme le journal russe France Soir), soutenus par la publicité des corporations commerciales et publiques comme la corde tient le pendu, ils cherchent de l'argent comme un Hébreu la manne au désert, au lieu de réinventer la fabrique de l'information adaptée, la fabrique pas l'information, adaptée non pas aux temps - le temps ne lit pas - mais aux clients. Couverts d'experts comme un chien de puces, ils se sont fait bourrer le mou sur la e-économie, un pied dedans, un pied dehors, changeant un peu mais pas trop, gardant les plumes d'antan pour afficher des signatures, faisant jeune, gratuit ! Que dalles ! Les quotidiens sont devenus "horaires", rafraîchissant leur production en continu ; ils travaillent 24/7 et saignent des frais. Les hebdomadaires s'y sont mis aussi, qui cannibalisent le créneau du quotidien et sont aux pièces pareillement. C'est le grand foutoir de l'information en continu, avec beaucoup de recopies, même entre grands titres. Et à la fin, le bénéfice est ce que laisse la publicité, s'il en reste !

Chacun des grands journaux de la planète a choisi sa voie et aucun n'en est content : le New York Times est en kiosque et en ligne, le South China Morning Post de Honk Kong est en ligne mais limite votre IP à deux articles avant de vous abonner, le Times de Londres est en kiosque et met en ligne une version d'accroche avec juste le début des articles, le Asahi Shinbun de Tokyo double ses éditions papier d'éditions digitales libres (dont une en anglais).


La plupart des internautes, n'ayant pas d'agrégateur maison qui monte à l'écran la sélection de sites d'information choisis, s'en remettent à des compilateurs automatiques comme Google News ou Yahoo News. L'article qui dans le tas les intéresse, ils vont l'appeler au site du journal pour le faire monter dans leur navigateur. Ceci suppose une édition digitale du journal, mais d'abord un kiosque de présentation, ce que fait Google puisque c'est de lui qu'il s'agit. Les journaux d'Europe occidentale se sont mis en tête de vendre au kiosque Google. Pas con ! Sauf que le tératosaure californien les envoie ch... en menaçant de les jeter du présentoir, car Internet cool c'est gratuit sous toutes apparences, l'argent pour l'affichage étant sur un second écran qu'on ne voit pas.

Qu'à cela ne tienne ont dit les journaux brésiliens, déréférencés à 90%, si t'en veux pas, j'le remets dans ma culotte, et de s'en trouver bien au plan économique. Pourquoi ? Parce que les internautes brésiliens ne sont pas des benêts et que s'ils veulent lire O Globo à l'écran, ils appellent le site http://oglobo.globo.com/ dans leur barre de navigation ou en favoris, et c'est parti ! Mais la raison du succès dans l'alternative n'est pas là.

Les journaux du Brésil, des Etats-Unis, d'Angleterre, du Japon, de Hong Kong, et nous pourrions continuer avec tous les grands journaux d'Amérique et d'Asie, ont un lectorat étendu. Les journaux français en comparaison n'en ont pas vraiment. Très mal gérés, leurs tirages sont ridiculement bas et les chiffres OJD sont forcés pour gratter sur les courses aux guichets publics, puisque les invendus sont énormes, dit-on ! C'est leur cancer depuis les années 70 quand ils sont entrés dans la spirale baisse des tirages/hausse du prix/diminution de la pagination. Quand je passe Le Monde ou La Croix à un ami d'Asie, il croit tenir en main une feuille confidentielle qui vit de scoops destructeurs tant le numéro est mince !
Sans subventions de tous ordres, il n'y en aurait plus aucun. Les prix sont du double de ceux des journaux étrangers, toujours plus épais. Par contre la qualité rédactionnelle des quotidiens français est infiniment supérieure à la moyenne mondiale, il faut le dire aussi.

Une expérience perso :
Je me suis abonné à bon prix au Figaro six mois par porteur cinq jours par semaine (OFUP à 68cts/j). Levé à 7:00:00, je descendais à la grille prendre le journal dans ma boîte à lettres verte à 7:30. Il y fut toujours ! J'ai déjeuné le coude sur mon journal tous les matins comme au Claridge ! J'ai dû interrompre cette livraison par suite de plusieurs absences. Je vais renouer le contrat pour six autres mois dès que je serai stabilisé. C'est vraiment l'usage le plus intéressant d'un journal, rien ne surpassant son édition papier de par la plasticité du support et la vitesse de consultation (voir la vidéo ci-dessous pour le "support"). Ce service pourrait-il "sauver" la presse quotidienne ? Les anglo-saxons ont inventé il y a longtemps le portage aux aurores. Essayons donc d'importer des idées ! Des fois qu'on ait trouvé quelque chose de bien ailleurs !


Et d'ici là, embauchons de vrais gestionnaires puisque nous avons déjà de bons rédacteurs. Les tristes capitalistes allemands qui se sont mis aux rotatives ont décidé de se passer de Google. Et les Belges, une fois ? Décidément, nous serons toujours en second.



Deux sites peuvent être consultés en enrichissement :
- l'article de la Wikipedia sur la crise de la PQN
- le compteur Mediatico qui recense des titres en ligne du monde entier.

samedi 9 juin 2012

Balladur président


Comme un canard sans tête, Edouard Balladur court les idées. Dans un bel article du Figaro qui le prépare à la présidence du Conseil constitutionnel, le Mou de Smyrne édite le catalogue de sélection des candidats à la présidentielle de 2017 où la nomenklatura espère n'avoir pas cette fois encore à affronter la dissipation de la classe politique par des candidats fumant la ganja en public. Que du sérieux, chère médème, et sérieusement.
Les cinq cents parrainages de maires et assimilés ayant déconsidéré les édiles locaux qui ont envoyé sur terre le martien Cheminade, on va former un collège de deux cent mille grands électeurs qui auront quatre cases à remplir avec quatre noms. On ne nous dit pas comment ni à quel prix. A défaut du grand collège, on pourrait sortir du suffrage universel les quelques candidats nécessaires au procédé en pétitionnant à hauteur de cinq cent mille signatures chacun. Ça ne vous va pas ? Alors on les désignera en Congrès des chambres réunies avec l'appoint des parlementaires européens. N'est-ce pas que ça va déjà mieux ?

Deuzio, il faut aussi sortir carrément le cirque électoral des mois d'avril et mai. "Fertiles en vacances de tous ordres, ils n'incitent guère à la participation". Ce sont en plus des mois moqueurs, avril et son premier, mai, itou et c'est le joli mois des feuilles. Indigne d'une démocratie phare du monde.

Tertio, l'égalité de temps de parole est un "dirigisme excessif" qui aboutit au tous-contre-un. Il faut y substituer une concertation entre la classe politique et les médias calquant les temps sur l'état de l'opinion. On ne sait trop ce qu'entend par là le sage ottoman, mais vise-t-il sans doute à protéger de la concurrence extra-parlementaire les candidats des partis retranchés, partis qui peuvent le nommer à la maison du sphinx. Exit les bavardages gratuits des impétrants non représentés dans l'hémicycle ; que diraient-ils d'intéressant qu'on n'aurait pas encore entendu ailleurs ? Et puis ce Front national qui raconte n'importe quoi d'invérifiable est vraiment la caricature de la République quand il ne suscite pas la réprobation morale des faiseurs d'opinion, lorsque ses propositions déteignent sur les nôtres. Restons entre gens du monde, que des peigne-culs ne viennent pas mettre leur rond de serviette à ma table chez Le Divellec.

A la vitesse à laquelle M. Balladur passe à autre chose - il avait toute la page 14 à faire - on se doute que le graal n'est pas à portée. L'exercice était de style, il n'en restera rien sauf le problème, qui reste entier. Quelle alchimie débarrassera l'acte fondateur de la légitimité de la gangue des imperfections humaines qui la ridiculise ? Nous avons LA solution, mon cher monsieur, tout est réglé :


Qu'on nous mette un roi !



lundi 30 mai 2011

Une odeur de vomi

Peu me chaut que le directeur général du FMI n'ait pu se retenir de vider ses génitoires au sortir de la salle de bains, il n'était pas mon candidat. Il est dommage pour l'image du French Lover qu'il ait violenté une jolie femme de chambre, entrée là pour raison de service (sans esse), et qu'il l'ait traitée comme un cadeau Bonux du groupe Accor qui n'en fait pas. Dans cette journée fatidique du 14 mai, combien de gens braves ou crapules auront perdu la vie dans la Grosse Pomme ? Nafissatou Diallo a perdu, elle, sa laborieuse tranquillité, et son adversaire est politiquement mort, dès avant de se suicider peut-être.
En quoi devrais-je m'émouvoir qu'un obscur député-maire de banlieue ait des distractions puériles à masser les pieds de ses secrétaires pour leur voir la culotte ? Le pouvoir est aphrodisiaque au premier soupçon ...de pouvoir, et le maire d'un trou perdu fait vite le costaud de sous-préfecture. Alors le "maître du monde", imaginez !

Le Parti est accusé
Ce qui m'irrite au plus haut point, c'est l'enfumage "démocratique" des sources de pouvoir, partis et médias, qui, bien au fait d'obsessions bizarres de leur champion du jour, n'ont pas une minute envisagé de s'en détourner, au contraire, l'ont mis sur le pavois des sondages avec la complicité des donneurs d'ordres (voir ci-dessous) car il augurait de somptueux bénéfices pour chacun d'entre eux, dans les charges ministérielles et périmétriques, conseils, commissions et autres commissariats.
La bitardise de M. Strauss-Kahn était notoire sans être du Cartel des gauches, mais au motif que les réflexes induits par la tentation n'entamaient pas ses capacités d'analyse et décision, ses thuriféraires remettaient le destin de la France pour cinq ans à un type qui pincerait les fesses de la reine Rania de Jordanie, sublime beauté dont tout royaliste est amoureux.

La presse est accusée
Denis Jeambar n'en peut plus de honte bue, et aurait (je ne trouve pas l'article) révélé dans Marianne, les dîners secrets de la presse et du prince pour mettre au point la campagne médiatique qui devait accompagner la déclaration de candidature du sauveur socialiste. On sait la connivence de certains journalistes avec les détenteurs du pouvoir mais dans ce cas précis - le pouvoir était à portée mais pas encore assuré - il s'agit d'une mise au service d'une cause partisane choisie délibérément. Libération d'Edouard de Rothschild, le Nouvel Obs de Claude Perdriel et Marianne de Maurice Szafran sont les journaux qui ont mangé. Qu'en attendaient-ils, outre l'envie de se voir un jour dans les rangs des licteurs de Cæsar ? Pure vanité, si l'on sait que l'Etat leur distribue déjà beaucoup d'argent sous forme de publicités publiques et para-publiques, et de subventions diverses à la production et à la diffusion.
Ces gens parlent d'indépendance de la presse la bouche pleine. Que valaient leurs sondages ? L'Obs donnait en novembre 2010, DSK gagnant par KO contre Sarkozy avec 62% des voix ! Gag !

Le régime est accusé
Les politiciens des partis ne sont pas mieux. Toute la Dream Team strauss-kahnienne savait à quoi s'en tenir des émois irrépressibles du champion. Réussissant dans leur projet, ils prenaient délibérément le risque, sauf opération préventive pratiquée au Maroc, d'une humiliation de notre Etat qui, dans ses fondamentaux et ses comptes publics, n'a vraiment pas besoin d'être moqué dans les enceintes décisives. Or l'humiliation d'un Etat rejaillit durablement sur la Nation et ses "nationaux", à voir la "haute" considération que nous avons, nous Français, à New York ces temps-ci.
Nous sommes dans l'hyper-avidité : crève la France tant pis, si j'ai le maroquin tant convoité et mon nom dans l'Histoire. C'est ce que viennent de me faire comprendre MM. Moscovici, Cambadélis, Le Guen, Michel Destot, Alain Richard, François Pupponi, Jérôme Cahuzac, Gérard Collomb, Mme Marisol Touraine, Mme... madame ? tiens, il n'y a pas beaucoup de femmes dans le "board DSK", l'influence du Grand Orient de France peut-être.

Martine Aubry dont on parle de plus en plus pour succéder au proscrit dans le coeur des électeurs de gauche est une bûcheuse. Elle ne pouvait ignorer le talon d'Achille de celui qui signa avec elle le pacte de Marrakech en 2010. D'une certaine façon, elle est complice par omission, et tout ce beau monde n'a aucun sourcillement à lancer le programme en trente points du Parti Socialiste au sortir du chaos (clic). Il faut sans mollir appâter le client, car la démocratie c'est d'abord des clients.
Ces comportements sont tous conformes à la loi d'absolution du suffrage universel comme nous la dénoncions dans un billet précédent, Constitutionnellement sale.

Enfin, il ne suffisait pas d'avoir l'équipe de Communication & Propagande¹ la plus puissante du moment, staffée des meilleurs spinning doctors français [euh... jusqu'à ce qu'ils sortent la Porsche Panamera], fallait-il encore avoir un bon candidat, comme disait de Lionel Jospin le pianiste de bordel dépité Séguéla, au soir du 21 avril 2002 !
Les communiquants avaient pu écraser en France l'affaire Piroska Nagy (collaboratrice hongroise au FMI forcée par son directeur général), mais le NYPD a sa propre agence de com et ne leur obéit pas.
Politiquement, DSK est un éjaculateur précoce !


Note (1): Stéphane Fouks (Euro RSCG), Gilles Finchelstein (Euro RSCG), Anne Hommel (Euro RSCG) et Ramzi Khiroun (comité exécutif de Lagardère)... (plus ici).

lundi 14 septembre 2009

Journaux tricheurs

hall de PewPew Research Center for People & Press nous dévoile par le canal d'Associated Press que les deux tiers des américains interrogés par eux estiment que les informations que leur fournissent aujourd'hui les médias contiennent souvent des erreurs. En 1985, un sondage comparable donnait seulement 34% de sceptiques.
L'enquête de Pew Research montre par ailleurs que 74% des sondés croient que les sujets traités sont systématiquement partiaux. Ils étaient 66% de cet avis il y a deux ans.
Qu'en est-il en France ? Le sondage est dangereux pour l'institut imprudent, mais les résultats doivent être similaires. Il y manque le réflexe panurgien qui fait que ce matin toute la presse écrite et radiophonique nous gonfle avec l'anniversaire de la faillite de la Lehmann Brothers à New York l'an dernier, comme si les 365 jours qui nous en séparent signifient plus que 300 ou 400. Les journalistes sont de grands enfants. Ne doivent être pris au sérieux que les grands reporters qui mouillent leur chemise dans les zones de conflit. Le reste du troupeau... sont alimentaires.

Mais la question la plus drôle - si l'on n'en a jamais subi l'outrage - est celle de la fabrication de l'opinion par le journaliste "convaincu". On ne parlera pas aujourd'hui des interpelés présumés coupables par la presse et copieusement lynchés sous les hourras du lectorat - le tribunal populaire est le premier sport démocratique chez nous -, mais du crible des matériaux qui constituent l'information du jour. Ayant aboli les caches et les frontières, Internet permet au premier venu de puiser dans la grande citerne aux nouvelles, rien qu'en cherchant sur Google News par exemple, celles agrégées par ses nombreux sites étrangers. Pareil avec Yahoo et les autres agrégateurs. On s'aperçoit alors que la masse quotidienne est énorme.

écran ItéléDe cela, les rédactions des journaux télévisés vont retenir une petite dizaine qui doivent fournir les cases préétablies à l'année pour l'information prédigérée de l'auditrice de quarante ans : Nicolas Sarkozy, France politique politicienne, France crimes justice et société, France politique étrangère, Barack Obama, Monde insolite, Sports, Cancer et maladies orphelines, Grippe porcine, Personnes âgées. Dix cases, dix infos, une par case, circulez ... "on est bourré" ! Sans trop solliciter le contenu de chaque information, il est facile d'orienter le journal à consommer par la ménagère, du simple choix des nouvelles "traitées".
On pourrait croire que les chaînes d'information en continu fourniraient plus de matériau. C'est faux. Gérées par des "marketteurs", elles tombent dans le même travers et criblent selon l'Audimat ce qui fera vendre les produits placés par leurs annonceurs. La TNT qui offre comme alternative aux grandes chaînes nationales deux chaînes comme Itélé et BFMTV en a fait à tous la démonstration. Les artifices meublant la répétition systématique conduisent même à restreindre le champ d'enquête quotidien.

Comment alors se tenir "informé" ? La pertinence de cette exigence étant le postulat de départ, car bien des gens vivent très bien et intelligemment sans "être informés". Pour les autres, pour les affamés, il n'y a qu'Internet ; désolé pour les réfractaires. Même les journaux lourds de sens comme Le Monde, qui autrefois répondait quotidiennement en toute épaisseur à l'exhortation de son fondateur : "soyez emmerdants", succombe au markéting et fabrique de l'information par conférences domestiques interposées quand il ne passe au bling bling, scandale et petit jeu. Complet comme jadis, intéresserait-il assez de lecteurs pour couvrir les frais ? On sait que non.

une page du Monde
Finalement, nous devons déplorer l'abrutissement général qui d'un côté laisse cribler l'information sans rien dire pourvu qu'il y ait le match, et qui de l'autre nourrit les "journalistes" pour un travail de simple copie d'agence. Le temps de la grosse presse quotidienne qui disait tout est-il révolu ? On répond "non" si l'on habite à Singapour (The Straits Times) ou à Hong Kong (The South China Morning Post). Mais ici, elle a disparu, si tant est qu'elle aie pu se comparer un jour à ses confrères anglo-saxons.

Pour avoir la masse en France, il nous reste Internet, en créant l'outil d'agrégation de nouvelles de son choix. Un logiciel utile est RSSOwl qui permet à chacun de construire périodiquement son journal du matin avec les rubriques qui sont de son intérêt propre. C'est l'avenir, mais il faut brosser son anglais.
La presse écrite ... pour emballer le poisson !


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mercredi 19 août 2009

IV° Pouvoir

Abandonnée par un précédent occupant, la livraison¹ du Monde dépité par la censure marocaine gisait sur la table du salon au milieu de prospectus estivaux vantant la réserve d'indiens qu'est devenue mon pays natal. Sans cette coïncidence je n'aurai rien su du typhon antidémocratique, ayant barré la presse de ma villégiature. La petite Beaugé ne peut avaler qu'on lui claque la porte au nez du royaume chérifien, et l'éditorial de Fottorino de se vautrer dans la confusion classique entre "démocratisation" et "libéralisation".
Par principe, la monarchie ne peut être mise en équation populaire. Damned ! Le postulat contrevient à la liberté inusable de la presse qui juge, tranche et coupe comme le font les tribunaux d'exception, sans possibilité d'appel bien sûr, la moindre manifestation de contrariété des "sujets observés" provoquant une furia médiatique à laquelle peu survivent.

Qui ose décréter le huis-clos et prive le juge Fottorino de publier sa sentence démocrassique au sein de la population étudiée ? Un ministre de m... pas même élu ? Alors on fera du buzz, beaucoup de buzz, puisque la reprise du sondage de Tel Quel avait d'abord l'ambition légitime de vendre. On en fera autant par l'interdiction illégitime de "vendre" ! Ça vend pareil.

Sur le fond, Le Monde persiste dans cet amalgame entre libertés individuelles et régime démocratique, qui lui profite dès lors qu'il sous-tend la fameuse liberté de la presse de faire et de défaire : surnage ainsi ce quatrième pouvoir, complètement illégitime, lui, mais ô combien puissant ! Ne voit-on pas notre gouvernement agir à 99% en fonction de l'actualité ou de la notoriété médiatique d'une cause voire d'un simple fait divers ? Français de l'étranger mis en difficulté par une administration locale au mauvais ou au bon motif, n'appelez pas le consulat, il n'en peut mais ; trouvez plutôt un journaliste et actionnez des relais en métropole pour surenchérir sur son action ; vous aurez une chance de ne pas mourir dans les geôles exotiques car "Je-Suis-Partout" volera à votre secours, pourvu qu'une caméra soit disponible. Et c'est sans doute cette disponibilité qui sera pour les vôtres la difficulté cachée.

Ainsi devrait-on marquer plus soigneusement le pouvoir exorbitant des journaux dans le match politique, plus peut-être que de marquer nos adversaires politiques directs (que je ne citerai pas aujourd'hui), en démontant les montages et fabrications d'opinions, en stigmatisant les effets de ce que l'on a convenu d'appeler la "campagne de presse". D'aucuns en moururent ; souvenez-vous !
Cette escroquerie de faire passer le wagon de la liberté de la presse dans le train des libertés individuelles ne cessera pas dans le monde d'images où nous sommes arrivés. Aussi est-il vain de s'en offusquer et vaut-il mieux entrer dans le gras et dénoncer la manip. Les groupes de presse majeurs ont des agendas politiques. Les groupes anglo-saxons affichent les leurs sans complexe ; les groupes français n'en ont pas moins - quoique, gérés par des jean-foutre, ils soient obsédés surtout par leur propre survie - mais se planquent derrière les grands principes universels pour préserver leur intégrité morale aux yeux des consommateurs. Quelle blague !

manif France Télévisions

Note (1): datée du 4 août 2009



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jeudi 26 février 2009

25° Lien légitimiste

e Lien est paru. Vingt-quatre pages, cette fois, qui sont tombées dans les boîtes à lettres ou les boites à mails. L'impatience d'ouvrir l'enveloppe est palpable dès lors que vous avez de la distance entre la grille du parc et votre salon de lecture. C'est mon cas, mais je n'appelle pas ces répères de cette façon.
Le chapeau jeté à la patère, vautré sur mon canapompé, je déchire ...
La livraison comporte un hors-série traitant la "genèse de la renaissance légitimiste (1941-1957)" par Michel Josseaume, et un diagramme de la succession Bourbon depuis le Vert Galant, qui à partir de 1833 prend la piste carliste, le parti de l'honneur disait Brasillach à sa chère Angèle.
Le tirage du bulletin écrase un peu les photos inédites, c'est dommage. En voici une autre :...

le prince alphonse et ses 2 fils
Le numéro 25 commémore la mort tragique du prince Alphonse au Colorado en 1989, en faisant l'hommage à ce blogue de piéton d'une reprise de notre In memoriam du 30 janvier. Mais c'est la rubrique "Royalistes et royalismes" de Gérard de Villèle qui m'a intéressé, au moment d'ailleurs où la télévision publique vient de diffuser un dossier¹ sur l'évasion de louis XVI, qui fouaille atrocement les tripes fumantes des sansculottes d'aujourd'hui. Est repris un dossier sur l'actualité de la royauté de La Nef où Christophe Geoffroy s'entretient avac Yves-Marie Adeline (La Nef n°198, nov.08) des difficultés d'une restauration sereine. Bien analysées, le point de vue d'YMA complète à merveille l'interview qu'il a donnée ce mois-ci à Génération FA8 et qui est en ligne ici. Il termine par une appréciation frappée au coin du bon sens :

yma« Aujourd'hui, pour enjamber 160 ans de notre histoire, il faudrait un grand mouvement de nostalgie populaire ; or les peuples ont touhours la mémoire courte ; ce sont kes élites qui ont la mémoire longue. pour les Capétiens français, cela signifie que le fait d'être un prétendant en titre ne pèse pas lourd, c'est avant tout le charisme d'un prince qui pourrait convaincre les Français de le suivre à rebours du chemin qu'ils ont tracé pour la république ». Cultivons donc l'affect populaire, en même temps que nous convertissons les élites comme y arrive assez bien Patrick de Carolis.

Les deux messages du duc d'Anjou, l'un du 18 janvier 2009 (Louis XVI) et l'autre du 30 janvier (messe de requiem du Val de Grâce) sont dans ce numéro 25. A archiver.

Viennent ensuite les "Mélanges à propos de choses diverses qui courent ci et là". Villèle entre dans la crise du Luxembourg qui a transformé le Grand Duché en monarchie protocolaire après capitulation du prince tenté par le "progrès", l'épée de la sanction ayant rouillé dans le fourreau, comme le dit Michel de Poncins.

La chronique de Jacques Rolain se paye Philippe Delorme, rationnaire de l'orléanisme chez Point de Vue, et passe du futile à l'utile en analysant le Lien n°24 avec un oeil exercé, pour conclure sur l'audience privée de la famille de Louis de Bourbon par le saint Père. Serrons nos idées sur cette question d'affect populaire par la fréquentation des grands. Le bon peuple achète.

Guillotel persite ensuite dans son histoire d'Alphonse II (1975-1989) en traversant la période qui précéda son "règne", de Jean III († 1887) à Charles XII († 1936). Le prochain article parlera de la descendance de François de Paule. J'attends déjà.

Le numéro se termine par un long billet de Claude Jacquemart (de Valeurs Actuelles) sur l'insurrection vendéenne, vrai mouvement de résistance populaire contre la dictature exercée au nom du peuple par les révolutionnaires. Le billet contredit évidemment la thèse du soulèvement aristocratique colportée par les historiographes républicains. Mais nous, nous le savions déjà.

drapeaux blancs AR
Même un vieux royaliste usé comme le piéton du roi apprend quelque chose dans Le Lien Légitimiste. La dernière m'a fort surpris et j'ai creusé : le duc de Montpensier² Antoine d'Orléans (1824-1890), époux de la soeur de la reine Isabelle II qui le promut infant d'Espagne, provoqua en duel l'infant Henri de Bourbon³, premier duc de Séville, au motif de laver son honneur d'un pamphlet que celui-ci avait publié contre sa trahison de la Maison d'Espagne lors de la rebellion du général Joan Prim. Le 12 mars 1870, l'ayant blessé sur le pré à la Dehesa de los Carabancheles, il le dépêcha pour en finir ! Le même, lors de la fuite de Louis-Philippe des Tuileries le 24 février 1848, pressé de sauver sa peau, avait abandonné son épouse à l'émeute ; celle-ci fut sauvée par un député qui la reconnut. Décidemment ! Glissons !


Abonnement papier : 20 euros les 6 numéros bimestriels
Abonnement électronique : 10 euros en .pdf

Le Lien Légitimiste
10 Place Foire-le-Roi
37000 Tours

Mél : gerardchezvillelepointcom

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Note (1): archives FR2 du mardi 24.02.09 - 20:35 : téléfilm d'Arnaud Sélignac : "Ce jour-là tout a changé"
Note (2): cf. long article sur la wikipedia
Note (3): cf. la généalogie - partie 4 des Blancs d'Espagne




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mercredi 18 février 2009

Portail - suite & fin

troisième portailCe billet est le troisième et dernier de la série "portail royaliste". Pour les retardataires, le premier billet (#1) exposait les motifs de ce vecteur d'idées ainsi que les services proposés à ses contributeurs ; le second (#2) cherchait à démontrer l'avantage d'une approche généraliste de la communication et comment articuler le portail de presse et le site d'actualités. Celui-ci propose un programme de réalisation.

Note liminaire : Dans cette affaire de stricte communication, Royal-Artillerie travaille comme un mini-laboratoire d'idées et son rédacteur principal, du modèle one-foot-take, n'y recherche aucune position avantageuse pour sa gloire, ni flatteuse pour son ego, sa misanthropie largement reconnue l'en prévenant. C'est donc une approche tout à fait suisse (honneur à la garde) qui est développée ci-dessous. Ceinture ! Un petit clic vaut mieux ...

Si les chefs chouans et leurs adjudants-majors ne veulent se réunir pour convenir de participer à un portail de presse et utiliser ses services de communication dédiée (voir le #1), ils ne peuvent brider l'initiative de quelques motivés sur le site d'actualités qui échappe à l'establishment. A noter que ce site, pain quotidien du portail royaliste, ne requiert que les autorisations professionnelles d'usage et les déclarations légales.
Ceci ne veut aucunement dire que le projet doive se faire en dehors des responsables d'organes de presse royalistes, bien au contraire ; mais que leur réticence manifeste à converger laisse augurer d'un échec si l'on veut démarrer par un tour de table, d'autant que la parthénogenèse du mouvement ne semble pas devoir s'arrêter ; tous les mois naît une sous-structure dans la mouvance d'Action française.

les 3 singes sages
A l'image de ce qui s'est fait avec succès dans la presse électronique, il faut réunir une équipe motivée par le seul vecteur de communication, c-à-d. qui résistera à la tentation de s'impliquer dans le rédactionnel ou dans les affaires de famille, et comportant dès le départ au moins...
- un professionnel "com" ;
- un chef de projet expérimenté "méthodes" ;
- deux bénévoles mordus ;
- un peu d'argent.

Le tandem dirigeant doit trouver des compétences en lui, et autour de lui pour les réunir dans une structure souple d'échanges énergisants. L'un des deux doit être à l'aise avec les sites web même s'il ne se charge pas de la construction des sites du portail.

Quand l'outil en projet aura été ébauché, sera venu le moment de cerner l'objectif général et les objectifs particuliers de chaque ateliers de l'usine à services afin d'achever le dessin et de distribuer le travail de construction. Les péripéties de la construction influeront sur les objectifs, aussi est-il inutile de se précipiter d'emblée dans la théorie.

crieur de journauxLa mise en ligne d'une version beta d'un premier site permettrait d'affiner avant de lancer sur la Toile le projet complet. Il serait avisé de lancer le site quotidien d'actualités généralistes en premier.
Dans le même élan, seront construites une par une les bases de services "com" que l'équipe aura décider d'offrir aux abonnés du portail. Mieux vaut un seul service qui marche impeccablement, qu'une brassée de possibilités bricolées et fatalement éphémères car elles dégouteront tout le monde et d'abord les détracteurs primaires.

A ce stade, le projet sera bien avancé et concrétisé sur la Toile, même en accès momentanément restreint.
Viendra l'heure d'insérer une gestion d'objectif de marché par résultats.
Ce qui demande de calibrer des moyens de financement et de démarcher les structures royalistes pour les abonner à l'usine et nourrir le vantail royaliste du portail de presse (deuxième jambe du projet à côté du site quotidien). Dit en passant, la gestion centralisée des lecteurs abonnés à chaque organe de presse serait un service utile et rentable pour tous. Un carnet mondain aussi.
La même démarche est à faire auprès d'autres producteurs non royalistes d'informations dès que la chose approchera de son format définitif.

Enumérer les ressources possibles indique les actions à entreprendre : publicité, abonnements, services à la carte, sponsors, donateurs.

clavier PSPLe royalisme français n'a pas tant besoin de réflexion que d'action. Encore faut-il la placer au niveau rentable en terme de résultats par rapport à un objectif choisi. A-t-on chez nous la culture d'objectif ? Le portail, tel du moins qu'il a été décrit dans les billets #1 et #2, doit renforcer l'audience des organes y participant en toute indépendance. Sa fonction essentielle est celle de moteur de valeur ajoutée. Ce surcroît d'audience est l'objectif.

A partir d'ici, doit se créer la première équipe. Il m'est revenu que les animateurs de la Conférence Monarchiste Internationale pouvaient être compétents. Qu'ils viennent au soleil et se saisissent du bébé, il n'est pas prématuré, se nourrit au lait maternel de l'empirisme organisateur, et leur est offert gracieusement.

Quelques exemples de portails réussis que j'ai détectés en passant sur Google News (c'est subjectif) :
*Actualité française
*Afrik.com
*Agoravox
*Aujourd'hui la Chine
*Eitb.com
*Eucharistie miséricordieuse (un peu lent à charger cause KTO)
*Grioo.com
*Journal Chrétien
*Journal du Net
*Le Post
*Médi-arabe.info
*Rue89
*Swissinfo




Articles précédents :
- 1.- Convergeons au portail
- 2.- Portail royaliste - deuxième

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mercredi 11 février 2009

Portail royaliste - deuxième

portail n°2Le billet précédent (Convergeons au portail) exposait les motifs conduisant à une "usine" royaliste de communication. Dans celui-ci nous voulons expliquer comment s'articulent le portail de presse et le site d'actualités et pourquoi ils doivent apparaître "généralistes" pour susciter l'intérêt d'un lectorat le plus large possible. Parce qu'on a bien compris que si l'objectif est de réacclimater l'idée du roi en France, il ne sert à rien de conforter dans leur choix politique quelques milliers de royalistes convaincus. Il faut élargir.
A ce sujet, le tarifs d'abonnement prohibitif de certain de nos journaux démontre clairement sa vocation à devenir un bulletin amicaliste, voire une cotisation syndicale. Si l'on veut conquérir un lectorat et lui infuser ses idées, on lui offre déjà le support au prix du marché. Apparemment son tarif est plombé par des engagements antérieurs non soldés, mais que nous ne jugerons pas. Celui du trimestriel intellectuel accéléré (5 numéros par ans) est également très onéreux rapporté au marbre. Peut-être que la dévolution de certains services accessoires au portail projeté permettrait de serrer les coûts et tasser ces tarifs. Non ?...

Etre de son temps, c'est aujourd'hui être d'abord électronique, du moins tant que l'on vise un marché de masse. Si l'on vise un marché de niche, tous les supports peuvent s'adapter, mais le problème du royalisme est justement de sortir des marchés de niches. Généraliste donc tu seras ! Ugh Yoda !
Au slogan du Figaro emprunté à Beaumarchais "Sans la liberté de blâmer il n'est pas d'éloge flatteur" je préfère intégrer dans notre raisonnement : "On n'attrape par les mouches avec du vinaigre". Saviez-vous par exemple que le quotidien L'Action Française avait une chronique hippique réputée ?
renard rouxEn revenant de Longchamp, le turfiste pouvait aussi lire une ou deux pages du journal dans l'autobus. Les concepteurs du portail royaliste doivent évacuer le vinaigre et bien saisir les hypothèques du passé dont la main-levée tarde à venir malgré les efforts de nos meilleures plumes pour une honnête réhabilitation de la monarchie. Nous avons trop souvent confondu royalisme et action violente, jusqu'à même l'incorporer au service exclusif de la nation et n'en faire qu'un chapitre du "nationalisme intégral".
Cessons de charger la barque du roi de gueuses de fonte qui n'ont rien à y faire d'essentiel. La promotion de la royauté est déjà bien assez difficile dans les esprits de nos concitoyens qui classent ce régime sur l'étagère des pouvoirs révolus, autoritaires et aveugles. Les "fontes" ne se reconnaitront pas.

Un site généraliste d'actualités n'a rien à défendre visiblement. Il expose quotidiennement les travaux des champs et des jours de ce bas monde en les choisissant pour convaincre son lectorat de sa pertinence, c'est tout dire s'il doit plaire à beaucoup de gens différents. Il n'a pas à afficher de préférences, ce qui ne le prive pas d'en avoir. Ainsi travaille-t-il la hiérarchisation des nouvelles affichées, l'espace qu'il y consacre, les hauteurs de titres, etc. selon sa charte éditoriale, mais ne monte pas à l'assaut de l'opinion. Il cherche plutôt à la noyer. Observez certains journaux de la presse nationale, il y arrivent très bien.
La proportion d'un quart pour la Cause, et trois quarts hors-de-cause me semble raisonnable. Dans ce quart serait à faire le travail de compte-rendu que ne font pas les grands médias nationaux. Le site d'actualités peut s'y risquer et mesurer la variation d'audience.
A noter que le mouvement royaliste n'a aujourd'hui aucun organe quotidien de référence, mis à part le compilateur des Manants et deux blogues, celui de l'AFE (CRAF) et celui de La Faute à Rousseau (RN). Le site quotidien du portail satisferait en partie ce manque.

journeaux pliésLe portail de presse est plus susceptible de "trahir" les opinions des propriétaires car il met en avant le traitement de nouvelles ou de dossiers appliqué par d'autres à la même matière première que celle que mouline leur site d'actualités. Parmi les idées présentées figureraient - s'ils le veulent - les éditoriaux des Epées, de Royaliste, AF2000, Politique Magazine, du Lien légitimiste, de la Gazette, la Blanche Hermine, France catholique, SymbOle et beaucoup d'autres... comme les articles de blogues, les quatrièmes de couverture de livres, les amorces de dossiers historiques, les annonces de conférences, sans oublier les communications des secrétariats princiers ; tout cela mélangé dans une revue de presse (et d'édition) plus générale, à la proportion de 40-60 pour les "banaliser".
En passant, il est intéressant de noter que tous les sites de news, agrégateurs (Yahoo...) ou originateurs (Libé, l'Obs, le Figaro...) ont développé un réseau de blogues de lecteurs (vrais ou faux) pour nourrir le buzz Internet à partir de leur racine Web. Des articles de ces blogues sont propulsés chez les agrégateurs pour augmenter l'audience de telle ou telle marque de presse.

Arrivé ici, il est clair que le projet marcherait sur deux jambes, portail de presse et site quotidien. Une troisième est indispensable au dahu : les services rendus aux abonnés par l'équipe résidente, qui ont été évoqués dans le premier billet, ne méritent pas vraiment un nouveau développement, mais demeurent un volet important du dispositif. Ainsi, la centralisation de abonnements par un kiosque commun aux organes royalistes est à creuser ; le carnet mondain, le mass-mailing, le forum flooding aussi.
Si vous avez une proposition de services intéressants, ne vous privez pas de l'indiquer en commentaire de ce billet ou sur le forum VLR (en cliquant sur la barre de navigation de tête).

Royal-Artillerie distribuera la semaine prochaine le programme dans un troisième et dernier article. Par quel bout prendre le schmilblick ; que réunir et à quel moment ; comment transformer l'idée de portail royaliste en réalité visible sur cet écran.

Toujours à vous lire !



stylo d'or
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samedi 7 février 2009

RAGtime

Ray-BanRolex-Armani-Gucci ! Pour cause de rupture de faisceau à la SNCF, la énième déjà de ce mois, j'ai dû abréger le visionnage de l'entretien présidentiel accordé aux journalistes révérends de jeudi soir. La presse de vendredi matin n'en a pas fait des tonnes, elle paraissait lassée. Le président serait resté droit dans ses bottes et l'aurait joué modeste devant la Crise d'une ampleur et brutalité inconnues jusqu'ici. La seule information qui puisse faire dès lors monter les tirages est de révéler le nom du père de Zohra, plus fort encore, de mettre en ligne la vidéo de sa conception. A défaut, de publier la feuille d'impôts du foyer fiscal K-O pour y vérifier que les revenus des consultations du docteur et les gages des ménages de la reine n'ont pas été oubliés. L'exhibitionnisme (sans pardessus mastic) des deux ministres les plus people du gouvernement a attiré le coup de grisou médiatique. "Belle Amie"¹ et "Le Monde selon K"² se paient deux m'as-tu-vu(e) qu'on savait sans talents autre que de papillonner sous les lumières.

jambeSi "Belle Amie" effeuille le résumé de madame le Garde des Sceaux pour nous laisser entrevoir la cuisse de nymphe qui servit de sésame-ouvre-toi à la self de choc arabe capable de vampiriser le tout-Paris, "le Monde selon K" fait dans le besogneux et suggère plus qu'il ne démontre, même si le lecteur est tout porté à croire l'auteur dès qu'il a mis la main à la poche pour acheter le brûlot.
Que le Ministre des Affaires étrangères se soit enrichi ne me choque pas. Il y a si longtemps que les positions publiques permettent d'asseoir des familles pour des générations qu'on aurait mauvaise grâce à concentrer notre moralisation sur le French Doctor et son épouse qui ne trompaient personne. Le charity business est de notoriété publique juteux et son animation internationale aussi. Attaque-t-il ? C'est la meilleure défense, jusqu'à du moins ne pas tomber dans le "sémitisme". Or au banc du gouvernement au Palais Bourbon jeudi dernier, le ministre soumis aux questions des députés a suggéré la piste antisémite sans que cette accusation n'y fasse vraiment recette. On peut être juif et escroc comme juif et vertueux. Certes parmi tous les affairistes qui pullulent, les juifs sont nombreux - la crise en déterre chaque jour, le champion du monde (Madoff) est juif - mais dresser le bouclier de l'antisémitisme contre l'attaquant laisse accroire qu'on ne dispose d'aucun autre créneau au rempart. J'ai bien peur (pour l'autorité de notre pays) que tout soit vrai.

mainComment rassurer les Français étouffés d'angoisse comme s'y employait M. Sarkozy avant-hier, quand leur attention est captée par les frasques coûteuses de ministres en goguette qui brassent du fric comme jamais, ministres depuis longtemps connus dans les salons pour leur vanité ou leurs foucades. Madame Dati ne saurait du droit que le volet scolaire que l'on récite en TP, et ne porterait aucun débat juridique dans les réunions de la chancellerie, limitant sa contribution aux effets de la police de voirie et s'appliquant d'abord à bien entendre la voix de son maître dans le pavillon du phonographe.
Si Madame Dati fut enrôlée au nom de la diversité pour le meilleur casting de la Rupture, Monsieur Kouchner n'a dû son emploi qu'à l'opération de démontage de la "Gauche de gouvernement", opération réussie avec brio par le petit reître. Autant Eric Besson rapportait une créativité intellectuelle, autant celui-ci n'apportait que sa cote de popularité, ce qui est insuffisant aux affaires étrangères qui par définition restent éloignées des sondages. On espérait Védrine, le nouveau Vergennes, on obtint une sorte de Tapie rigolard sans éducation qui se tient comme un plouc en conférence et abaisse la fonction la plus prestigieuse du gouvernement français aux "happy hugs" et aux "bisous".

main bagueLa République Rolex-Armani-Gucci va perdre deux phares des plus scintillants. M. Kouchner, héraut de l'humanitaire et des droits à, ne pourra longtemps supporter les allusions narquoises de ses pairs dans les enceintes internationales quand il architecturera à grands effets de manches la politique sanitaire d'un pauvre pays noir. Quelqu'un - je pense au grand officier de la Légion d'honneur Simone Veil - aurait dû se dévouer pour suggérer à sa protégée de livrer à la presse le nom de l'heureux papa, en lui expliquant qu'en France, "porter le fruit d'un père inconnu" prédispose aux sarcasmes que l'on doit au plus vieux métier du monde.

Tout ceci pour meubler la chronique d'une République en faillite morale et financière.


Note (1): «Belle amie» de Michaël Darmon et Yves Derai aux Editions du Moment (16,50€)
Note (2): «Le Monde selon K.» de Pierre Péan chez Fayard (19€)





bague
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