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mercredi 1 août 2012
lundi 6 septembre 2010
Un peuple imbécile¹
La danse de la pluie, c'est reparti. Tels les Hébreux au désert espérant la manne, le Peuple imbécile attend des rogations syndicales le miracle de la multiplication des sous ! Je marche, tu marches, ils marcheront derrière les calicots de l'école primaire du citoyen, réclamant plus d'amour à leur endroit pour une vie facile jusqu'à la crémation finale ! Ils ne veulent pas croire que le pays qui les porte ne peut pas faire vivre autant de loisirs et d'avantages multiples ou catégoriels tout en perdant son industrie, en subventionnant à fonds perdus son agriculture et sa sécurité sociale, et en sauvant de leur misère endémique des millions de oisifs arrivés dans le même wagon que les vrais bosseurs ! Ceux qui nettoient les chiottes de la grande nation qui ne peut plus se torcher elle-même.
Il est un parfum fétide de bas-empire en Europe occidentale, et particulièrement en France où la subversion est la plus forte de par la moindre résistance d'un peuple battu d'avance qui a constitutionnalisé le principe de précaution. Faut-il relire Montesquieu (ou Gibbon) ? Disons simplement que les comptes impériaux étaient gravement déficitaires (le budget n'y existait pas) et que la vertu d'une économie gérée - le fut-elle jamais - était inconnue. Au bout du cycle, l'empire était devenu creux et Odoacre racheta une ombre. C'est bien parti. Les limes de l'empire ne sont plus au nord mais au sud, et la pression est plus forte que celle des Barbares antiques dès lors qu'elle se ressource dans une idéologie de conquête religieuse, donc morale. Mon Dieu est plus fort que le tien, qui n'en a plus !
Et ceci est le second volet de notre déclin. L'avachissement moral de notre société, que l'on résume complètement par le droit de mort aux deux extrémités du segment vital afin de ne garder que la section utile, est irrémédiable. On ne voit pas comment dans l'état de putréfaction actuel on pourrait faire l'économie d'une dictature étrangère d'assainissement, puisque les lemmings que nous sommes devenus repoussent de toutes leurs forces résiduelles une dictature endogène, ne célébrant qu'un dogme, celui de la souveraineté populaire. Autant dire la connerie en barre.
Il y aurait bien le roi, le principe² et son prince. Il chercherait une issue équitable pour tous en ses conseils, mais depuis deux siècles nous avons tellement exalté la capacité de chacun à commander à tous, que les masses se contentent d'y croire tant elles en sont flattées. Les caisses de retraite se vident rapidement depuis l'inversion démographique, certaines sont carrément des tonneaux percés qu'il faut abonder mois après mois, les chiffres existent, mais l'alarme (bien tardive) de nos gouvernants est refusée par l'opinion car ces chiffres n'ont pas été approuvés par tout un chacun. Comment faire, sinon démissionner le peuple !
La démocratie est une punition. On va s'apercevoir bien plus tôt que ne le prévoient les cartomanciennes de la rue de Solférino que le consensus du mieux-faire et laisser-aller se brise sur le mur des réalités. On fera son profit de l'animation créée par The Economist en cliquant ici.
A ce train et compte-tenu du renchérissement inévitable du service de notre Dette faramineuse, les pensions seront amputées, à commencer par les plus grosses mais il n'y suffira pas et les petites y viendront aussi. Puis ce sera le tour des traitements des fonctionnaires. Les agents économiques du pays ne doutant plus de la banqueroute générale, immergeront leurs résultats, le troc et les paiements en numéraires deviendront la règle pour échapper au Fisc affamé. Une partie importante de l'activité générale, si elle se maintient, disparaitra des statistiques comme il en va depuis longtemps en Italie ou en Grèce, et in fine l'Etat rendra l'âme et le territoire - res nullius - sera placé sous la tutelle du FMI, chargé de distraire les lemmings de la marche à la falaise.
Peut-être alors, la démocratie de voirie ayant répété en de nombreux pays la même ruine, se souviendra-t-on d'une gestion des sociétés "en bon père de famille" sur des bases saines et compréhensibles par chacun - après tout il restera quelque chose de notre intérêt pour la chose publique - et le principe monarchique reprendra des couleurs. Attention ! Pour autant qu'il assure aux rescapés une justice implacable du haut en bas de la pyramide sociale à reconstituer, dans une intégrité morale de fer.
Faudra-t-il en passer par le régime des oulémas ?
Bien sûr que non, si nous accomplissons déjà le travail de "remoralisation" de notre société. Pour ce faire, il faut retrancher du corps social les pourrisseurs en les dénonçant inlassablement.
Il est un parfum fétide de bas-empire en Europe occidentale, et particulièrement en France où la subversion est la plus forte de par la moindre résistance d'un peuple battu d'avance qui a constitutionnalisé le principe de précaution. Faut-il relire Montesquieu (ou Gibbon) ? Disons simplement que les comptes impériaux étaient gravement déficitaires (le budget n'y existait pas) et que la vertu d'une économie gérée - le fut-elle jamais - était inconnue. Au bout du cycle, l'empire était devenu creux et Odoacre racheta une ombre. C'est bien parti. Les limes de l'empire ne sont plus au nord mais au sud, et la pression est plus forte que celle des Barbares antiques dès lors qu'elle se ressource dans une idéologie de conquête religieuse, donc morale. Mon Dieu est plus fort que le tien, qui n'en a plus !
Et ceci est le second volet de notre déclin. L'avachissement moral de notre société, que l'on résume complètement par le droit de mort aux deux extrémités du segment vital afin de ne garder que la section utile, est irrémédiable. On ne voit pas comment dans l'état de putréfaction actuel on pourrait faire l'économie d'une dictature étrangère d'assainissement, puisque les lemmings que nous sommes devenus repoussent de toutes leurs forces résiduelles une dictature endogène, ne célébrant qu'un dogme, celui de la souveraineté populaire. Autant dire la connerie en barre.
Il y aurait bien le roi, le principe² et son prince. Il chercherait une issue équitable pour tous en ses conseils, mais depuis deux siècles nous avons tellement exalté la capacité de chacun à commander à tous, que les masses se contentent d'y croire tant elles en sont flattées. Les caisses de retraite se vident rapidement depuis l'inversion démographique, certaines sont carrément des tonneaux percés qu'il faut abonder mois après mois, les chiffres existent, mais l'alarme (bien tardive) de nos gouvernants est refusée par l'opinion car ces chiffres n'ont pas été approuvés par tout un chacun. Comment faire, sinon démissionner le peuple !
La démocratie est une punition. On va s'apercevoir bien plus tôt que ne le prévoient les cartomanciennes de la rue de Solférino que le consensus du mieux-faire et laisser-aller se brise sur le mur des réalités. On fera son profit de l'animation créée par The Economist en cliquant ici.
A ce train et compte-tenu du renchérissement inévitable du service de notre Dette faramineuse, les pensions seront amputées, à commencer par les plus grosses mais il n'y suffira pas et les petites y viendront aussi. Puis ce sera le tour des traitements des fonctionnaires. Les agents économiques du pays ne doutant plus de la banqueroute générale, immergeront leurs résultats, le troc et les paiements en numéraires deviendront la règle pour échapper au Fisc affamé. Une partie importante de l'activité générale, si elle se maintient, disparaitra des statistiques comme il en va depuis longtemps en Italie ou en Grèce, et in fine l'Etat rendra l'âme et le territoire - res nullius - sera placé sous la tutelle du FMI, chargé de distraire les lemmings de la marche à la falaise.
Peut-être alors, la démocratie de voirie ayant répété en de nombreux pays la même ruine, se souviendra-t-on d'une gestion des sociétés "en bon père de famille" sur des bases saines et compréhensibles par chacun - après tout il restera quelque chose de notre intérêt pour la chose publique - et le principe monarchique reprendra des couleurs. Attention ! Pour autant qu'il assure aux rescapés une justice implacable du haut en bas de la pyramide sociale à reconstituer, dans une intégrité morale de fer.
Faudra-t-il en passer par le régime des oulémas ?
Bien sûr que non, si nous accomplissons déjà le travail de "remoralisation" de notre société. Pour ce faire, il faut retrancher du corps social les pourrisseurs en les dénonçant inlassablement.
Le roi ne peut régner sur du fumier,
il n'est pas un coq !
il n'est pas un coq !
![]() |
| - danse de la pluie - |
Note (1): Un imbécile, une imbécile, celui, celle qui a les facultés intellectuelles trop faibles pour se conduire (Littré)
Note (2): Découplé des luttes démagogiques de la République et de son calendrier d'agitation, il recherche en tout lieu de son domaine régalien le bien commun et pérennise le régime et le royaume qu'il sert. Tout le contraire de l'arrivisme actuel des prétentieux, parfois vulgaires.
Note (2): Découplé des luttes démagogiques de la République et de son calendrier d'agitation, il recherche en tout lieu de son domaine régalien le bien commun et pérennise le régime et le royaume qu'il sert. Tout le contraire de l'arrivisme actuel des prétentieux, parfois vulgaires.
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mercredi 18 mars 2009
La marche de jeudi
Demain nous marcherons contre la Crise, les nains de jardin et la hausse du boeuf ! Mme Parizot parle de "facilité", elle est trop bien élevée. Nous ne dirons pas encore le ridicule de ce pays dont le secteur protégé défile sans arrêt, renforcé cette fois des victimes de la vieille industrie, mais aussi des embusqués et oisifs de tous types, sans compter les fêtards à capuche qui fermeront les cortèges pour se faire des souvenirs. Notre élan compassionnel de commande nous porte vers l'histoire et ce texte fondateur d'une certaine syndication du labeur que fut la Lettre sur les ouvriers du 20 avril 1865 publiée par le comte de Chambord, lettre qui est présentée par Nicolas Chotard des Lys de France dans son bulletin que nous avons le plaisir de reprendre ici.L'ouvriérisme, valeur princière
En cette fin du XIX° siècle, le peuple comprit ce que le mot "liberté" signifiait pour un révolutionnaire. Après la nuit du 4 août 1789 et la loi Le Chapelier¹ de 1791, l'esprit des Lumières acquit la norme législative et on entra sans le savoir encore, dans "le monde de Zola". Un régime libéral était instauré, mais comme l'a si bien enseigné le professeur Rouast, il ne pouvait conduire qu'à un régime anarchique, un état de choses dans lequel chacun cherche à se débrouiller, fût-ce au détriment des autres ; c'est le régime dans lequel les plus forts triomphent des plus faibles. Socialement, cette législation libérale supprima sept siècles de fondement de l'organisation du travail².
Le comte de Chambord dans sa lettre sur les ouvriers, constatait les méfaits de cet individualisme révolutionnaire : « La liberté du travail fut proclamée mais la liberté d'association fut détruite du même coup. De là cet individualisme dont l'ouvrier est encore aujourd'hui la victime (ndlr: 1865, que dire alors en 2009?). Condamné à être seul, la loi le frappe s’il veut s’entendre avec ses compagnons, s’il veut former pour se défendre, pour se protéger, pour se faire représenter, une de ces unions qui sont de droit naturel, que commande la force des choses, et que la société devrait encourager en les réglant.Aussi cet isolement contre nature n’a pu durer. Malgré les lois, des associations, des compagnonnages, des corporations, se sont ou rétablies ou maintenues. On les a poursuivies, on n’a pu les anéantir. On n’a réussi qu’à les forcer de se réfugier dans l’ombre du mystère, et l’individualisme proscrit a produit les sociétés secrètes³, double péril dont soixante ans d’expérience ont révélé toute l’étendue.
L'individu, demeuré sans bouclier pour ses intérêts, a été de plus livré en proie à une concurrence sans limite, contre laquelle il n'a eu d'autre ressource que la coalition et les grèves ».
Et Chambord d'indiquer comme élément essentiel de la réorganisation politique et sociale, la constitution volontaire et réglée des corporations libres.
Comme le précise le professeur Georges Lescuyer, « le corporatisme s'oppose non seulement au droit révolutionnaire républicain, mais au droit parlementaire anglais et à la monarchie orléaniste que représente alors le comte de Paris. L'autorité politique ne s'exprime pas par un élu. Elle s'incarne dans un prince, en vertu du droit divin providentiel selon la thèse de Bossuet rajeunie par Maistre, et conformément au droit historique de la succession héréditaire ».
Guy Augé lui-aussi l'avait bien vu en soulignant que « légitimisme et orléanisme se heurtaient encore sur ce qu'on commençait à appeler la Question sociale. Tandis que le régime louis-philippart exaltait les "classes moyennes", c'est à dire principalement la haute bourgeoisie, et entretenait les meilleurs rapports avec le monde des affaires en faisant montre de la plus complète inconscience en face de la dégradation du prolétariat urbain, les légitimistes qui ne pouvaient en tant que chrétiens convaincus demeurer indifférents à cet état de choses, réclamaient une amélioration du sort des classes laborieuses. Ce sont les fidèles d'Henri V qui se retrouvent parmi les tout premiers catholiques sociaux. Ces gentilshommes, souvent retournés à la terre après 1830, n'avaient en tous cas jamais perdu le contact avec les milieux populaires, paysans et artisanaux, et ils étaient beaucoup mieux préparés à comprendre leurs problèmes que les notables orléanistes ».- ©Nicolas Chotard -
A la mort de Chambord en 1883, on vit ainsi certains légitimistes épris de justice sociale rallier la République qui dans le droit fil de 1848 prenait la Question sociale à bras le corps, plutôt que rejoindre le parti d'Orléans inféodé alors aux possédants et à la Forge. Le profil type du transfuge sincère est celui du journaliste Henri des Houx qui se distinguera dans la querelle ultramontaine sur les associations cultuelles gallicanes postérieures aux lois de séparation de 1905 ; ces associations visaient à séparer le dogme et le foncier (clic ici) pour récupérer les lieux de culte. Rédacteur en chef du Journal de Rome, il ira jusqu'à combattre la dérive libérale du pape Léon XIII traitant son entourage de "jésuites allemands".

De ces temps nous reste un paragraphe de l'encyclique Rerum Novarum de Léon XIII sur la condition des ouvriers qui pourrait orner la page d'accueil de tout syndicat, mise à part l'atomisation des forces de production qu'elle ne traite pas : « Que le patron et l'ouvrier fassent tant et de telles conventions qu'il leur plaira, qu'ils tombent d'accord notamment sur le chiffre du salaire. Au-dessus de leur libre volonté, il est une loi de justice naturelle plus élevée et plus ancienne, à savoir que le salaire ne doit pas être insuffisant à faire subsister l'ouvrier sobre et honnête. Si, contraint par la nécessité ou poussé par la crainte d'un mal plus grand, l'ouvrier accepte des conditions dures, que d'ailleurs il ne peut refuser parce qu'elles lui sont imposées par le patron ou par celui qui fait l'offre du travail, il subit une violence contre laquelle la justice proteste. ».
C'est le marxisme qui aura raison du désordre créé par la Révolution française en codifiant la lutte des classes et en légitimant la dictature du prolétariat, aujourd'hui vieilles lunes qui ont encore leurs adorateurs.
Marchons, marchons !
Note (1): la loi Le Chapelier, dans ses articles 4 et 8, punit l'entente collective formée pour refuser le travail ou ,ne l'accepter que sous certaines conditions, et condamna tout attroupement provoqué dans le but d'entraver la liberté de travail. Si ce n'est une disposition bourgeoise, qu'est-ce donc?
Note (2): un des premiers syndicats ouvriers organisés de l'extérieur sous une forme moderne est celui des ouvriers métallurgistes du Creusot, le SOM créé le 31 mai 1899.
Note (3): il évoque les franc-maçonneries, précurseurs des trade-unions anglaises qui allaient plus tard se fédérer en syndicats nationaux outre-manche.

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