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dimanche 16 février 2020

Bellissima


Il y eut d'abord Monica Vitti dans Le Désert Rouge. Puis Ornella Mutti dans une demi-douzaine de films parfois chauds, très chauds. Et Monica Bellucci, la ragazza più bella del mondo ! C'est tout. J'ai vu de très belles actrices au jeu très sûr et de forte conversation, mais je n'ai eu que trois amours de cinéma. Italiennes, pourquoi ? Sans doute Silvio Berlusconi avait-il raison quand il vantait la péninsule pour posséder les plus belles femmes de la planète. Marcher à Florence, Milan ou Rome, mourir d'amour.
Voici Come Vorrei sur des images de Giuseppe Tornatore et Lajos Koltai dans Malèna. Dernière pause avant l'assaut : demain matin, on parle ici de la... restauration.

samedi 29 juin 2019

Comptables devant l'histoire !


Il est des photos qui frappent au cœur. Telles sont celles de Paris-Match prises par Jean-Gabriel Barthélémy à l'intérieur de la cathédrale Notre-Dame de Paris dans son numéro collector 3658 (20-26 juin 2019). Nous n'avons pas les droits, mais transmettons le choc :

Il aura fallu attendre huit siècles pour que la nation dégénérée qu'est devenue la socialie française laisse périr le joyau de sa civilisation. Ce désastre, qui est tiré du même tonneau que la débâcle de 40, signe le je-m'en-foutisme aggravé de nos services publics, suffisants et insuffisants, et la nonchalance générale des pouvoirs quand ils ne sont pas menacés dans leurs retranchements. Pour bien comprendre, j'ai écouté chez Taddeï (RT France - Interdit d'interdire n°71) le reportage d'un journaliste enquêteur sur cette soirée tragique, Sébastien Spitzer. Il en ressort deux choses et pas trois sur les causes du sinistre.

D'abord l'équipe d'ouvriers fumait bien que cela soit formellement interdit pour des raisons de sécurité. Les experts des sapeurs-pompiers ont trouvé les mégots. D'ailleurs chacun a pu voir le groupe d'ouvriers quittant les locaux de police, clope au bec ! Le contremaître le savait fatalement et le patron certainement. C'est impossible à cacher. Ils ont préféré la "paix sociale" et elle ne nous a jamais coûté aussi cher. Tout ce que dit l'entreprise est dès lors douteux quant aux tableaux électriques, aux stocks de produits de traitement des bois, etc...

Le second élément est que la signalétique d'alerte-incendie au poste de sécurité était fausse depuis le début. Tout le monde le savait et corrigeait l'erreur si ça s'allumait (on réparerait plus tard)... sauf le dernier venu qui avait embauché peu de jours avant et qui n'était pas au courant de l'astuce. Ainsi perdit-il vingt minutes à chercher un départ de feu à la sacristie alors que c'était un détecteur de la "forêt" qui avait fait contact ! Trente minutes ont passé avant qu'il ne découvre le brasier de la charpente !

En tant qu'exploitant en titre des lieux, l'archevêché est pour sa part coupable de mollesse pour n'avoir pas exigé la correction immédiate des signaux d'alerte. A réfléchir dix secondes, on n'y croit pas ! Suffit-il de faire des messes en casques pour expier ?

Avec pareil faisceau d'imbécillité, il n'est pas besoin d'attentat, de hasard ou de cause magique. "Nous" avons perdu Notre-Dame de Paris parce que nous n'avons pas les gens capables de la protéger, parce que nous ne la méritons plus !

Mais comme en 40, un corps d'élite s'est battu pied à pied pour sauver le beffroi-Nord dont l'embrasement aurait provoqué la ruine de l'ensemble pour notre plus grande honte.


Honneur à eux ! Honneur aux sapeurs-pompiers !





dimanche 24 décembre 2017

À Dieu Vat !



Même si la source coule en orient, la Nativité a quelque chose de spécial en ce qu'elle représente la revendication occidentale de vérité universelle que nous dénient toutes les autres religions. Entre deux pipes, André Malraux proclamait que le XXIè siècke siècle serait celui des religions alors qu'à sa mort elles étaient toutes en perdition, la Raison ayant vocation à partout l'emporter. Qu'a-t-il vu dans la fumée de coquelicot qui lui fasse penser qu'elles allaient renaître et se renforcer comme jamais, et que par l'essence même du prosélytisme de la foi, elles pousseraient à la guerre ?

Si on attendait des frictions entre musulmans et chrétiens, peu auraient prédit un génocide perpétré par les bouddhistes du Petit véhicule sous le regard impassible d'un prix Nobel de la paix.

Ci et là se renforcent les positions. L'archidiocèse de Singapour, ville-Etat où coexistent trois grandes civilisations, l'indienne, la malaise et la chinoise, vient d'inaugurer la nouvelle Novena Church (clic) dans le plus pur style colonial avec des vitraux de huit mètres de haut, grands écrans et parking souterrain, le tout sur une collecte de dons privés totalisant 55,4 millions de dollars SGD (35M€) !

Partout en Europe le christianisme est visé, mais plus spécialement en France où les convulsions d'une laïcité toujours en débat atteignent même le patrimoine religieux, les croix, les effigies, les statues etc... à défaut de ne pouvoir, pour certains, raser les cathédrales ou les minarétiser pour d'autres. Sauf actualisation profonde des lois de séparation, le choc viendra, parce que les religions importées pénètrent le domaine public interdit aux religions natives. Leur démarche est politique et sociétale, leurs mœurs ont vocation à prévaloir, et comme l'Etat s'est proclamé neutre, il ne réagit pas ou s'empêtre dans des histoires subalternes de vêture.

Croyants ou pas, ou peu, ou pas assez, tous les Français et ailleurs les Européens de souche doivent faire bloc autour de l'essence même de leur civilisation, le christianisme. Jadis on disait se croiser. Commençons par le dire haut et fort, peut-être ferons-nous assez peur pour ne pas être obligés d'y aller !

À Dieu Vat !


I. Veni, creator Spiritus
Mentes tuorum visita,
Imple superna gratia,
Quæ tu creasti pectora.
II. Qui diceris Paraclitus,
Altissimi donum Dei,
Fons vivus, ignis, caritas
Et spiritalis unctio.
III. Tu septiformis munere,
Dexteræ Dei tu digitus
Tu rite promissum Patris
Sermone ditans guttura.
IV. Accende lumen sensibus,
Infunde amorem cordibus,
Infirma nostri corporis,
Virtute firmans perpeti.
V. Hostem repellas longius
Pacemque dones protinus;
Ductore sic te praevio
Vitemus omne noxium.
VI. Per te sciamus da Patrem
Noscamus atque Filium,
Te utriusque Spiritum
Credamus omni tempore.
Amen.



lundi 6 novembre 2017

Le dilemme des Chrétiens d'Orient


- Dinanderie d'argent du VIIè siècle avec saint Julien d'Emèse à cheval -

Une exposition sur les chrétiens d'Orient est proposée à l'Institut du monde arabe de Paris jusqu'au 14 janvier 2018. Allez-y, c'est bien. Lire la présentation de l'expo par l'IMA en cliquant sur l'assiette est très instructif. Plus vieilles communautés orientales du Moyen Orient avec les communautés hébraïques et zoroastriennes, les chrétiens reçoivent l'assaut des musulmans sunnites travaillés au corps par la propagande wahhabite de l'Université et des imams. S'y joignent les barbares du califat pulvérisé et par endroit les Turcs.

Le mouvement laïque baassiste de Michel Aflak (1910-1989) qui s'étendit sur toute la Mésopotamie et influença l'Egypte nassérienne fut le seul à garantir par défaut leur place aux chrétiens d'Orient à travers, malheureusement, deux dictatures féroces que sont et furent celle des familles Assad en Syrie et Hussein en Irak.

L'amalgame est vite fait entre la manifestation de la foi et les positions de pouvoir prises par certains chrétiens dans les gouvernements ou les armées. Si l'Irak chiite a purgé complètement sunnites et chrétiens de son administration - on a vu en 2014 décamper de Mossoul son armée de "militaires" chiites payés au mois, laissant derrière elle ses arsenaux pleins -, la Syrie d'Assad a enrôlé beaucoup de chrétiens pour pallier la désertion de cadres démocrates ou carriéristes, attendant à Paris un morceau de la proie.

Le pouvoir irakien a poussé à l'exode pour redistribuer les accaparements obtenus à ses propres clients. Le pouvoir syrien, bien que dérivant de la même branche islamique (chiite-alaouite) a maintenu la laïcité de sa constitution puisque minoritaire en démographie. Même si les chrétiens furent brimés sous Hafez el-Assad pour faire sa place à la communauté alaouite, le régime de son fils ne peut se couper des dix pour cent chrétiens de la population totale, qui lui sont favorables implicitement, même s'il est régulièrement interpellé sur des réformes à faire par certains penseurs chrétiens. Le cas des églises de diverses obédiences est à part. Elles sont maintenues dans l'expression visible de leur foi comme preuve rusée d'une fonction Père de la Nation que Bachar el-Assad aime cultiver. Quoiqu'il en soit, il ne sont pas pourchassés et voit l'Alaouite comme un rempart.

On relèvera le paradoxe entre la zone d'influence russe et la zone d'influence américaine. En Syrie, s'exerce une réelle pacification multiculturelle, en Irak, le pouvoir a beaucoup de mal à cacher son parti-pris contre tout ce qui n'est pas chiite, jusqu'à lâcher les hyènes des milices Sadr sur les villes reconquises pour étancher leur soif de sang sunnite.

L'actualité oblige à dire un mot du Liban, même s'il ne participe pas à la querelle présente. Relevons juste que le premier ministre sunnite Hariri, bloqué au royaume des Séouds, aurait échappé aux sicaires du Hezbollah allié du président maronite Aoun qui s'est rangé derrière les flagellants chiites ! Le chef des Druzes Joumblat aurait préféré qu'il combatte l'accaparement du Sud-Liban par la République islamique d'Iran. Au péril de sa vie ? (Clic : actu sur l'Orient-Le Jour de dimanche 5.11.17) Le Liban est un monde à soi-seul, un chaudron où bouillonnent tous les problèmes du Proche-Orient. Qu'il soit aussi un Etat chrétien ET musulman est exemplaire si, il fonctionne, ce que certains détestent. Aussi est-il déstabilisé en permanence. Les Libanais de tous bords ont pris le parti de vivre de crise en crise. En voilà une encore avec la démission surprise de Saad Hariri, qui tiendra bien jusqu'à l'Epiphanie !

L'avenir des chrétiens d'Orient n'est pas écrit. Peut-être que la lassitude populaire devant les massacres gratuits et les destructions immenses changera les mentalités musulmanes et laissera sa place à chacun. Comme on dit, la "Rue arabe" peut aussi en avoir marre des imams et autres feignants encore en chemise de nuit à midi passé, qui ne cessent de prêcher la haine d'autrui.
Pour le moment, on ne peut compter que sur Vladimir Poutine pour éviter une reprise de l'urticaire islamiste envers les communautés orthodoxes, mais jusqu'à quand ? Ses moyens d'intervention sont limités et dispendieux. Les autres communautés chrétiennes dépendant de Rome sont moins assurées de leur survie avec un pontife particulièrement indulgent sur la mise en mouvement des masses islamiques en quête de prestations sociales meilleures qu'au pays. En attendant le beau temps, on ne perd pas son temps en soutenant l'association SOS Chrétiens d'Orient qui en plus est classée à droite toute par la presse conforme !


Autres billets de Royal-Artillerie sur la question :
- Chrétiens perdus par l'Empire (2007)
- Syrie, une laïcité sans avenir (2013)
- ND du Liban (2016)

Autres structures d'aide aux chrétiens :
- Œuvre d'Orient (Eglise catholique)
- Portes Ouvertes (Eglise réformée)


mercredi 18 octobre 2017

... in fine Raqqa chut !


"Nous" avons vaincu l'Etat islamique, ISIS et Daech tous ensemble. Gloire aux fantassines kurdes, aux forces spéciales d'Occident, aux spotters, snipers, aux drones et lasers de guidage, aux satellites, aux Russes... gloire à tous du plus haut des cieux redevenus bleus, depuis que retombe sur les ruines de Raqqa la poussière des bombardements. Rien du tout ! Nous n'avons rien gagné du tout.
Avant de s'applaudir, il aurait fallu vaincre la nature humaine dans sa barbarie affleurante qui ne demande qu'à émerger. Les monstruosités ont été perpétrées par des hommes et des femmes libres, volontaires, à fond sur la pédale. Ils étaient normaux avant de s'engager, les rescapés vont le redevenir progressivement. Alors cherchera-t-on les pourquoi et comment, les "motivations" comme ils disent, pour y porter remède ? Idiot !

L'histoire de l'espèce humaine est un musée de l'horreur et les Daechiens ne furent pas les pires sinon les plus médiatisés. Le torrent d'atrocités n'a jamais réellement cessé sur terre, quand un hémisphère s'apaisait, l'autre prenait feu, et cela dure depuis toujours. Il n'est besoin d'aucun exemple, chacun sent le démon en lui caché, tapi. Il n'y a pas de progrès, le temps n'y fait rien, les hommes de l'Antiquité ont déjà fouillé toute la pensée humaine et regardé les malheurs qu'elle sait provoquer et s'y complaire. La civilisation n'est pas une évolution, rien n'a changé depuis. Si, nous avons compliqué l'analyse à l'infini mais la réalité, elle, est toujours aussi simple : nous sommes damnés par construction, désespérance.

Par son exterritorialisation, Daech va morpher en quelque chose de luciférien, insaisissable jusqu'à la future apocalypse (littéralement), son vivier est inépuisable.


lundi 28 mars 2016

Où l'on reparle des frontières...

La série d'attentats islamistes en Europe occidentale renforce le parti du combat de tranchée. Quoi de plus naturel pour attraper les Freux d'Allah que de remettre partout les barrières douanières laissant ensuite à chaque pays la responsabilité de la chasse sur son territoire. C'est tellement évident que pointe au fond du cortex reptilien du Néanderthal Nouveau le doute métaphysique : Et si c'était trop simple ? Une fois les frontières blindées et le Mur de l'Atlantique relevé - comment, par qui et à quel prix? - nous nous sentirons à nouveau chez nous. Sauf que...



On apprenait jadis au collège que le territoire métropolitain faisait 550.000 km², soit mille kilomètres en hauteur, de Dunkerque à Tamanra au Perthus et autant de Brest à Strasbourg. Ce grand pays est troué partout de nids à rats* où s'avère gésir la menace la plus menaçante, auquel cas il ne faudra pas attendre longtemps pour que le principe de l'infranchissable relève aussi les octrois des villes et barrent les routes de postes de gendarmerie cantonale, et ailleurs de portiques capables de faire un fond d'œil des conducteurs à transmettre en temps réel au commandement central de la Vallstasi, enfoui dans les carrières de gypse de Taverny (Val d'Oise). C'est une amélioration sensible du dispositif de coercition que connut la France occupée par nos cousins germains.

(*) M. le Ministre de la Ville en compte une centaine en métropole.


Des voix s'élèvent du camp de la frilosité pacifiste pour annoncer un coût économique sensible pour la France et ses voisins et au-delà. Ce qui tombe mal pour un Etat en faillite incapable d'impulser aucune amélioration mais ayant tout fait pour gélifier l'emploi chez nous quand il croît partout ailleurs. Se sont penchés sur le problème le Commissariat français à la stratégie, mieux connu à l'enseigne de France Stratégie, et la Fondation allemande Bertelsmann qu'on ne présente plus.

France Stratégie chiffre à dix milliards d'euros par an (source FS) l'abandon du dispositif Schengen. La généralisation des contrôles permanents serait équivalente à une taxe de 3% sur le commerce entre les pays de la zone Schengen, qui diminuerait structurellement de 10 à 20%.
La Fondation Bertelsmann (épaulée par l'Institut Prognos) voit grand. Son travail couvre 42 pays qui représentent 90% du commerce mondial. On y apprend que le rétablissement des contrôles au sein de l'espace de libre circulation Schengen entraînerait dans l'Union européenne un surcoût des échanges commerciaux situé entre 470 et 1400 milliards d'euros en dix ans selon l'hypothèse dérivée (Source FB). La France en serait pour 80-244 Mds€ et l'Allemagne pour 77-237 Mds€ selon l'hypothèse dérivée. Mais c'est la Grande Bretagne qui douillerait le plus avec une fourchette de 87-264 Mds€ sans prendre en compte le Brexit. Tous les autres pays seraient touchés jusqu'aux Etats-Unis et en Chine.

On savait l'Union européenne première zone économique mondiale mais sans doute pas à ce point ! Le Big Bizness va-t-il laisser faire ? Inutile d'envisager une quelconque opposition musclée des miquets que nous nous sommes choisi comme gouvernants. Les "gros cigares" ne se laisseront pas impressionner par qui vous savez, sauf à laisser les démagogues s'agiter dans les lucarnes bleues, la main sur le cœur et le menton haut. Alors quoi ?


La menace est l'espèce humaine, pas les bocaux de Nutella

La libre circulation des marchandises doit être maintenue le plus possible afin de préserver nos atouts : import-export, investissements industriels et logistiques, agriculture commerciale sont les atouts européens. Notre compétitivité internationale n'est pas un slogan, elle induit l'emploi et par ricochet le financement de nos modèles sociaux ; elle est donc primordiale pour tous ceux qui n'émargent pas au payroll public. Dans le mensuel NPI, Nathaly Stey nous précise que les contrôles aux frontières intérieures de l'UE, en diminuant la fiabilité des délais de livraison, mettrait à mal les schémas de production décentralisée faisant appel à des produits semi-manufacturés en provenance de plusieurs pays européens. A terme, une telle évolution aurait des conséquences sur l'accueil d'investissements sur le territoire européen. L'abandon de Schengen aurait surtout un effet très lourd sur les travailleurs frontaliers (source NPI).

La logique voudrait donc que l'on sépare les flux - le fer d'un côté, le steak de l'autre - et que l'on privilégie pour y atteindre le fret massifié et le report modal. C'est bien la route ouverte à tout le monde qui crée le problème "Schengen". Deux vecteurs hors-route sont convoqués à cette spécialisation, la voie d'eau et la voie ferrée. Par chance elles participent à l'équation environnementale. Favoriser le report modal consiste à mettre côte-à-côte le navire de haute mer, la barge fluviale et le train-bloc au détriment du camionnage qui atomise le transport et suscite les contrôles (comme à Calais). L'Europe occidentale a tout le savoir-faire nécessaire pour améliorer son report modal et elle peut investir dans la séparation des flux routiers en approche des frontières si on en reste au schéma de frontières intérieures blindées. Les passagers seront, eux, bombardés de rayons dans les gares, aérogares, et postes douaniers jusqu'à la généralisation de la biométrie partout. Nous vivrons alors une époque formidable de flicage global comme ne pouvaient l'imaginer les polices communistes dans leurs rêves les plus fous. Non ? Alors quoi ?


Passer à l'offensive serait plus économique et moins liberticide

Effectivement, on pourrait moins se défendre et attaquer plus. En commençant par chez nous ! Quand un gouvernement, normalement monté, décidera-t-il de purger les "quartiers" de leur armement ? On sait faire parce que l'histoire nous a montré comment faire. On sait aussi spécialiser la procédure aux populations intéressées. Expliquer cela dans ce blogue contreviendrait aux lois, mais...

Priorité au renseignement : le renseignement offensif doit être ciblé par économie des moyens et commandé par des gens intelligents et non par des courtisans. Les résultats doivent être traités à part selon des procédures légales adaptées, supervisées par des parquets spécialisés. Ces résultats doivent être mis hors d'état de nuire et leur environnement neutralisé pour de bon tout en préservant les ratières utiles. Autant dire que le cadre légal pourrait mieux faire. Mais ceci serait un chapitre supplémentaire qui nous départirait de notre sérénité proverbiale.


En conclusion, pour mettre efficacement nos concitoyens en sûreté, nous avons le choix entre le flicage global qui a la faveur des esprits simples et l'attaque frontale de la menace. Pourrons-nous attendre treize mois ? Peut-être !

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lundi 23 novembre 2015

FLVCTVATNECMERGITVR

La communauté citoyenne dans toute sa diversité est condamnée à vivre ensemble ou à périr dans la sauvagerie d'une guerre civile de tous contre tous. Bien que la France ne soit pas le pays de la mesure - les dévastations de nos révolutions sont explicites - elle n'a pas vécu cette douloureuse expérience depuis les guerres de Vendée, même si certaines périodes y ressemblaient fort, comme la Commune de Paris ou la seconde moitié du régime de Vichy. Une guerre civile est carrément atroce et doit être évitée ; relire pour s'en convaincre Les grands cimetières sous la lune de Georges Bernanos, récit de proximité écrit en 1937 à Palma de Majorque.

Les contradictions sociales du pays réel d'aujourd'hui sont les antagonismes de demain matin, qui seront proclamés légitimes par les factions. Ces contradictions de tous ordres ne sont pas réparables ni par décret ni par incitation morale. Elles sont trop anciennes, profondes et racialisées pour être contenues par autre chose que la force du pays légal. Qu'on me démontre le contraire par le raisonnement en évitant la citation des grands érudits morts ! Un état des lieux le plus réaliste possible est à faire avant que de vouloir réorganiser nos territoires, et les statistiques ethniques y aideront beaucoup. Avant de conjurer la guerre civile il en faut connaître les ressorts parce que ce n'est pas qu'une affaire dialectique : il ne suffit pas de la condamner du haut des pupitres, il ne suffit pas de faire l'inventaire des partis présumés vouloir en découdre ; il en faut comprendre la chimie de base et trouver les détonateurs. Je soupçonne l'Administration de disposer de données fiables permettant une photographie fidèle de notre société, données traitées à l'insu des aboyeurs d'hémicycles. On verra bien, en attendant, il faut freiner des quatre fers dans la pente.

Selon Maurice La Châtre*, bon communiste de la première race, la guerre civile, "la plus affreuse de toutes", est fomentée par les intérêts des puissants qui parviennent à rallier un fraction importante du peuple à leur cause et le fait combattre à leur profit. Pour un Rousseauiste tel que lui, tout le mal vient d'en haut : "Les guerres commencent par l'ambition des princes et finissent par le malheur des peuples".

La situation au début de ce XXI° siècle a ceci d'inédit que la menace de guerre intestine est actionnée depuis l'étranger sous couvert d'une purification des mœurs décadentes d'une civilisation en déclin**, la nôtre. Au principe de rédemption des masses guidées par le démon, une secte puissante s'arroge le droit d'intervention dans notre avachissement avec un règlement de campagne écrit au Moyen Age qu'il faut appliquer ici aujourd'hui pour nous "sauver". La guerre civile, si elle éclate en France, sera pour eux une guerre sacrée justifiant toutes les abominations. Ils les ont déjà échantillonnées à la face du monde contre les non-musulmans de Syrie et d'Irak (et les Coptes) afin de nous montrer combien tout devient clair et simple pour un djihadiste, dès lors que le statut d'humain est refusé à leurs captifs.


la Gorgone tranchée


Une guerre civile commence à deux. Si le parti de l'étranger est facilement désigné depuis qu'il nous attaque ouvertement, qui représente le parti de France ? Et là nous sommes assez mal. Toute la classe politique aux affaires a négocié la paix sociale et civique des quartiers contre des empiétements tolérés sur nos us et coutumes qui font ce que nous sommes nous-mêmes et comment nous nous reconnaissons entre nous. La liste est longue, des jours de piscine aux moukhères à la cantine hallal. Je vous l'épargne.

Pour la guerre annoncée on serait tenté de mettre sur le pavois le Front national, parti vierge de compromissions rédhibitoires. Malheureusement, outre le fait que ses dénonciations récurrentes ne sont pas transformables en mesures efficaces - il verse de plus en plus dans l'incantation - son logiciel va boguer en 2017 comme nous l'avons pressenti dans un billet de la semaine dernière (Roucasseries frontistes). Il va donc falloir faire avec l'establishment que l'Opinion essayera de retourner à son secours. Ce sera moins difficile qu'il n'y paraît puisque par définition l'establishment se gouverne par intérêts et défendra donc les "siens" à "nos" risques et périls. La bourgeoisie fera tout pour sauver ses biens nationaux et mettra un mouchoir sur le nez pour le bruit et les odeurs d'éventration.

Reste quand même l'hypothèse valide de pouvoir passer à côté de la guerre civile :

La Châtre n'a pas tellement tort dans sa dénonciation des puissants. Les musulmans qui sont entrés sur le territoire de la république après guerre nourrissaient l'économie de reconstruction du pays qui les faisait vivre en retour, et malgré les soubresauts de la guerre d'Algérie, faisaient chez nous leur pelote ou s'intégraient plus ou moins bien s'ils ne voulaient pas retourner au bled. Les générations suivantes, nées ici ou importées à divers titres dont celui du regroupement familial de Giscard d'Estaing, commencèrent à saturer les structures d'accueil jusqu'à envahir tout l'immobilier de reconstruction, ces futurs bidonvilles de béton appelés cités ! Déverser des milliards sur ces territoires soviétisés économiquement insalubres n'a pu tarir les ferments du désordre ni l'exaltation du repentir chez nous et chez nos zélites, quand nous fûmes déclarés coupables de leur propre misère. Et les descendants des anciens combattants si ce n'est ceux des esclaves noirs, d'enchérir sur les revendications de compensations pour des situations abolies ou éteintes dont ils n'ont pas souffert eux-mêmes. L'impéritie des pouvoirs publics, président en tête, a laissé monter dans tout le pays l'odeur pestilentielle d'un remord qui lui a coupé les jambes.

Et pourtant, les jeunes générations n'ont pas partout baissé les bras comme leurs aînés. Par exemple en zone grise, ceux qui veulent s'arracher à la stigmatisation s'arrachent d'abord aux cités et beaucoup réussissent leur vie chez nous ou chez nos voisins. Les autres se laissent couler dans la facilité de la haine de nous, haine qui se cultive tel un champ de patates dont on retire de l'argent comme le font certains groupes de rap et d'autres maisons de production audio-visuelle, sans compter les ligues morales collées au bouchot qui les engraisse. Détectant une terre fertile, sont intervenues de puissantes sociétés islamiques (que l'on doit distinguer des Etats hôtes pour être honnête) : les prêcheurs islamistes sont financés à bourse ouverte par les fondations missionnaires dont les caisses sont abondées par de riches familles arabes qui gagnent ainsi des indulgences pour leurs pêchés parisiens auprès des dispensateurs de justice immanente. Après une quinzaine de décadence à Paris, il faut revenir aux valeurs domestiques et que ça se voit ! Bien outillés pour reformater les esprits jusqu'à la radicalisation, les imams étrangers parviennent à transformer des esprits faibles en soldats disciplinés, jusqu'à l'abrutissement parfois ; la bêtise coagule dans les sociétés humaines, elle est souvent le meilleur moteur des conquêtes.
Il n'y a pas cent façons d'éviter la guerre civile*** mais une seule : couper d'abord les liens de la nation avec le parti de l'étranger, couper ne veut pas dire distendre mais trancher :

- expulsion des prêcheurs wahhabites et assimilés (on pourrait rêver que le CFCM se charge de les désigner) ;
- contrôle des zones de chalandise des mosquées salafistes et fermeture des locaux en évitant le phénomène de la ratière ouverte ;
- contrôle physique des nationaux radicalisés pour déradicalisation et expulsion des non-nationaux ;
- reprise en main de l'espace public partout ;
- rompre la solidarité presque instinctive qui unit toutes les fractions musulmanes face aux "mécréants" en condamnant les excuses aux déviants pour apologie du crime ;
- négocier un traité de non-ingérence réciproque avec la péninsule arabique dont les Etats se chargeraient de faire la police chez eux et n'interviendraient plus chez nous.
- Reste à la population à manifester publiquement sa défense des coutumes françaises et accepter le réarmement moral qui lui rendra sa fierté malgré les jappements des pourrisseurs qui ont conquis les tréteaux médiatiques. Si la classe politique ne parvient pas à nettoyer le pays, quoique le bon démagogue sache très bien suivre le mouvement d'opinion, il faut s'en débarrasser et passer à la démocratie directe qui élira, n'en doutons pas, un dictateur à la romaine pour faire le travail de vidangeur. Les Français aiment bien l'homme providentiel mais le système est verrouillé jusqu'ici par les partis politiques qui ont chacun le leur. Seule la haute administration de l'Etat régalien, dégoûtée de la pusillanimité des politiques peureux qui la met en danger, pourrait se charger de préparer cette substitution...

On ne manquera pas non plus d'inciter lourdement les théologiens musulmans à mettre à jour en France le Coran et réviser la Sunna - il y a de l'écho dans la société musulmane sur ce point - mais la Sunna est la base de toutes leurs divisions, divisions sanglantes, il faut le rappeler. L'affaire prendra quelques années du fait des combats internes entre les hérésies mais la pression devra être maintenue jusqu'au bout.


A partir de là et pour consolider la paix acquise à l'intérieur, la majorité silencieuse, nous tous, doit signaler son acceptation des différences par ce qu'on appelait jadis l'urbanité des comportements sociaux. Vivre ensemble plus que jamais, mais sans eux, ceux qui nous détestent en tant que nation, ceux qui non seulement veulent notre mort mais nous tuent. Soyons aimables avec autrui qui vient en paix, et particulièrement curieux des mœurs culinaires et chorégraphiques qu'apportent chez nous les invités depuis leurs lointains ailleurs. Mais pas avant que les dispositions ci-avant n'aient été appliquées complètement. A défaut de quoi, le futur sera particulièrement bruyant en France. En attendant...




So, ring the bells that still can ring
Forget your perfect offering
There is a crack in everything
That's how the light gets in

The birds they sang at the break of day
"Start again", I seem to hear them say
Do not dwell on what has passed away
Or what is yet to be

Ah, the wars, they will be fought again
The holy dove, she will be caught again
Bought and sold and bought again
The dove is never free

Ring the bells that still can ring
Forget your perfect offering
There is a crack, a crack in everything
That's how the light gets in

We asked for signs, and the signs were sent
The birth betrayed, the marriage spent
Yeah, the widowhood of every single government
Signs for all to see

I can't run no more with that lawless crowd
While the killers in high places say their prayers out loud
But they've summoned, they've summoned up a thundercloud
And they're going to hear from me

Ring the bells that still can ring
Forget your perfect offering
There is a crack, say crack in everything
That's how the light gets in

You can add up the parts, but you won't have the sum
You can strike up the march, on your little broken drum
Every heart, every heart to love will come
But like a refugee

Ring the bells that still can ring
Forget your perfect offering
There is a crack, a crack in everything
That's how the light gets in

Ring the bells that still can ring
Forget your perfect offering
There is a crack, a crack in everything
That's how the light gets in
That's how the light gets in
That's how the light, gets in.
............................


* M. de la Châtre (1814-1900), Dictionnaire universel, Paris 1856
** C'est un peu vrai...
*** Le danger de guerre civile doit être prévenu en dehors des opérations de guerre extérieure contre l'Organisation Etat islamique en Syrie et en Irak. Les deux sont nécessaires mais le nettoyage du terrain national doit assécher les facilités d'accueil du terrorisme en France.

mardi 11 décembre 2012

Conjonctivite du calendrier

Demain «12.12.12» : dernière conjonction numérologique avant longtemps. Il faudra attendre 89 ans avant que le «01.01.01» ne recommence le cycle des fêtes païennes ! En plus, SS Benoît XVI nous a confié sous son pseudo Ratzinger que l'arithmétique grégorienne était archi-fausse, paroles de rois-mages. Nous serions maintenant soit en 2018 soit en 2019... seul le solstice est correctement calé, Stonehenge, Carnac, des valeurs sûres.



C'est au Madison Square Garden de New York qu'une fête d'enfer est prévue à la nouvelle lune du mercredi 12, me disent les yuppies, buppies, guppies, les bobos quoi, sous le louable prétexte de ramasser des sous pour repeindre les quartiers dévastés de la Grosse Pomme après le passage de l'ouragan SANDY. Un fête au bourbon comme une autre à finir dans l'Hudson au bain de minuit. Nafissatou versera son obole, désormais elle peut.

A peine aurons-nous eu le temps de chasser la cuite américaine à l'alka-seltzer que les morts-vivants mayas frapperont à la porte pour une fin du monde du tonnerre de Chac le 23 suivant ! Décidément, on aura bien fait d'attendre.



Marrez-vous, c'est compté !

mercredi 2 mai 2012

Éloge de la frontière

 

Ce titre fut un billet de Paul-Marie Couteaux donné aux Epées en décembre 2005 (n°18) du temps que les royalistes faisaient de belles choses ensemble. Le succès relatif du nouveau Front national à l'élection présidentielle a dévié les thèmes de campagne des candidats sélectionnés par le Système pour le second tour. Le président-candidat a découvert la frontière. C'est de Toulouse que nous avons entendu ce morceau de bravoure tracé de la plume des "nègres" de l'Elysée :

«Depuis 30 ans une partie des élites et le système, notamment médiatique, ont confondu le sentiment national hautement humaniste avec le nationalisme qui est une idéologie dangereuse». «Le patriotisme, c'est l'amour de la patrie, le nationalisme c'est la haine de l'autre.» Ces élites «ont ouvert la porte à la loi des communautés et des tribus». «A l’intérieur des frontières de la France, il n’y a pas de frontières religieuses, ethniques.»
Frontières, le mot fut placé cinquante fois au moins. M. Sarkozy n'a pas eu le temps de tirer sa leçon de l'histoire de France, qui depuis les premiers rois mit en coïncidence un territoire, la nation qui y vit, la langue commune qu'elle y parle, les marchés où elle échange et la monnaie du prince qui y circule ; il y a des historiens dans l'équipe de campagne. Ils lui ont appris, que les frontières furent patiemment repoussées par la monarchie jusqu'à ce que Vauban borne le "jardin à la Française de Keyserling" ; que la nation prit conscience de ses frontières puisqu'on les défendait âprement et les crût naturelles alors qu'elles avaient été créées artificiellement par un Etat opiniâtre ; que si les nations de Russie, de Pologne, d'Allemagne se contentaient d'aires aléatoires, la France avait "bâti" son périmètre pour en sauver l'intégrité. Restait à fermer la béance du nord-est en poursuivant la marche au Rhin. L'histoire n'a pas fini le travail des rois, la République avait pris la suite... jusqu'à la guerre des nationalismes, répétée deux fois, qui se termina par un projet d'abolition des frontières. Nous arrivons au bout de l'expérience ! Mais ce n'est pas le sujet du jour.

Quoiqu'il advienne de cette ligne de démarcation dans les années futures, ces frontières sont en empreinte dans le mental de chacun de nous. Individuelle et portative, il faut utiliser la frontière intérieure sans attendre la réhabilitation politique de la frontière extérieure qui peut très bien ne pas se faire, par molesse ou sous pression des partis de l'étranger.

Relevons la frontière intérieure
Alors sans attendre le label Made in France achetons français. Apprenons à retourner les étiquettes des vêtements, à lire les mentions d'origine sur les produits qui nous tentent. Même un peu plus cher, préférons le produit national, quitte à freiner un peu notre consommation. Achetons des Citroën, des Renault, des Peugeot, des Smart, des Yaris ; construites même ailleurs, il en retombera quelque chose chez nous. Prenons Air-France quand nous partons ; Air France quand nous revenons. Partagé largement, ce travail de désillement du consommateur finira pas améliorer nos comptes commerciaux.

Mais une frontière, même mentale, est une limite à franchir, sinon elle ne sert pas à grand chose. Elle n'existe en chacun que s'il a conscience de la sauter. Le Français est en même temps casanier, et c'est normal dans le plus beau pays du monde, et curieux d'autrui, à tel point qu'on nous fit le reproche d'être forts en conquêtes mais peu résistants à les conserver. La nation a besoin d'améliorer sa pratique des langues étrangères en commençant par celles qui nous entourent. Il faut quitter les vacances bronze-cul et prendre l'habitude de visiter nos voisins, puis derrière eux plus loin, les leurs, et ainsi de suite jusqu'à franchir un jour l'Himalaya pour rencontrer l'outre-monde. Nous avons la chance d'habiter le continent d'excellence, ne nous lassons pas de le parcourir. L'ouverture d'esprit que nous en retirerons servira à nourrir créativité et inovation dont ce pays a tant besoin pour se relever. Il est inutile pour cela d'appeler au brassage des idées étrangères chez nous, comme en sont si friandes nos parasélites parisiennes. Allons plutôt nous-mêmes les brasser dans leurs pays d'origine comme nous sûmes le faire au temps béni des colonies. Nous étions quand même moitié moins cons quand nous parcourions l'empire, au lieu de le faire défiler chez nous comme aujourd'hui.

Mais une frontière mentale peut être trompeuse aussi
Ne créons pas un monde lithographique en quadrichromie prisonnier de notre hexagone intérieur. Soyons ouvert à quiconque veut partager nos valeurs, avec parfois l'enthousiasme un peu agaçant du nouveau converti ; facilitons-lui l'accès des codes civilisationnels qu'il veut acquérir, et osons lui signifier également nos "interdits" qui participent de notre génie territorial. Faut-il encore nous-mêmes bien les connaître ! Un approfondissement de la civilisation française devrait être programmé en lieu et place de la théorie du genre par exemple, et poursuivi bien après la fin des études. Réhabilitons la littérature classique, pour s'apercevoir qu'elle nous étonne encore. Relire les Caractères de La Bruyère engendre une émotion textuelle qui rivalise avec celle que procure du Proust. On l'a oublié.

Il n'est donc pas besoin d'attendre que le sauveur quinquennal remette en vigueur nos frontières pour les disposer chacun dans nos idées et dans nos activités les plus banales. Qui nous en fera le reproche ? C'est pur patriotisme finalement, et rien de nationaliste.



jeudi 29 mars 2012

L'Empathie des religions du Livre

Ce billet est soumis à une convention divine qui l'exclut de l'espace-temps. Tout y est actuel quelle qu'en soit la date puisque les "vérités "sont éternelles.

L'écume du communautarisme turbide retombe et le piéton de se sentir un peu comme le dernier des Mohicans car il ne sent pas sous ses pieds sa propre commmunauté. Les appels à la cohésion sociale sont des prouts médiatiques, il n'y a pas, et de longtemps dans notre beau pays, de cohésion sociale mais de multiples fractures. Et la fracture religieuse n'est pas la moindre. L'immigration effrenée de populations expulsées de chez elles par la crasse islamique a importé chez nous (ça veut dire quoi maintenant "chez nous" ?) la guerre fratricide des deux fils d'Abraham. Leurs descendants nourrissent leur querelle d'un contentieux millénaire sur des disputes de nomades dont le débat ne nous a jamais tenté. Leurs histoires sont emplies de tumultes au désert, de décapitations, égorgements, sacrifices rituels, massacres de masse, martyrs de toutes façons et les plus horribles d'abord, pour dévier d'un côté sur les ambigüités du message évangélique primant les pauvres et les malades sur toute régime de civilisation dans l'ordre ; le sentiment prime la raison ; et finir de l'autre côté en assujétissant les consciences à des rites minutieux et des imprécations mortifères visant à l'éradication d'autrui, du moins sa mise en servitude. Quels programmes !

La greffe
Fille des civilisations grecque et latine, la France a été déviée de ses axes par la dictature des codes sémitiques importés par l'Eglise catholique. Chez les peuples de la forêt, des rus à milliers et rivières languides, des fontaines-oratoires et des champs blonds ou verts, jouissant d'un climat tempéré par un soleil doux, ami des bêtes et des gens, chez les peuples des montagnes et des vastes plaines qui labouraient l'épée à la ceinture et se nourrissaient sans tabou du fruit de leur travail, on a transplanté dans leur imaginaire l'aridité du désert stérile et brûlant, la mythologie d'un peuple barbare "élu", inconnu, content du joug de préceptes obscurs, incapable d'exprimer une civilisation autrement que par l'écriture. A quoi s'ajoutèrent le récit de mœurs bédouines en forme de paraboles, et pour emblème spirituel, un cadavre accroché au bois de supplice dont on raconte chaque année la terrible Passion. De Son destin cruel, voulu par les hommes de ce temps, là-bas, nous devons nous repentir, ici ! Nous naissons coupables et resterons pécheurs toute notre vie, sans quoi nous n'obtiendrons aucune commisération du Ciel ! Le convoi de bateleurs, de prophètes, de nécromants, d'agités et d'agitateurs sans patrie (C. Maurras, Anthinéa) est sinistre, mais le voyons-nous tel qu'il est ? Il accompagne la fureur des conquêtes inexpiées des deux autres livres, ancien testament et coran, conquêtes que les temps modernes associeraient à des génocides. Un regard étranger à notre hémisphère est frappé de sidération quand il accède à nos fondamentaux exotiques. Pour un bouddhiste, l'affaire commence par la culpabilisation de l'humanité coupable de curiosité, et finit après des torrents de sang - la Bible n'est que meurtres - par le martyre de main d'homme du Dieu révélé aux hommes, dont on mange le corps en souvenir, sous forme d'hostie, pour en prendre de la force, comme les Papous consommaient leurs valeureux vaincus ! L'empreinte mentale est si forte qu'aucun chrétien ne réagit à ce raccourci.

L'hégémonie et ses disputes
Des générations inlassables cherchant à établir leur pouvoir sur les âmes n'eurent de cesse de vouloir anéantir le « miracle esthétique et politique de la thalassocratie grecque » dans son universalité dangereuse ; de détruire la propension humaine à défier son destin tragique par la certitude de pouvoir changer les choses en modelant le monde par ses codes propres ; en étant son propre médiateur entre sa race fille du Ciel et les contradictions vulgaires de la Terre, une définition de la philosophie. Marquer la "Création" de sa propre métaphysique en construisant l'ordre sur le chaos naturel, c'est de l'autonomie, un blasphème. A défaut de parvenir à extirper complètement les résistances, les dictateurs de conscience récupérèrent la partie utile de la grécité pour la propagande de la "nuit" judéo-chrétienne. Puis vinrent les guerres de religions... on y retourne !

Il n'est pas étonnant, après que leur pouvoir ait été gravement entamé pendant la seconde moitié du XX° siècle en Europe, que les hiérarques du clergé chrétien soient en osmose aujourd'hui avec ceux des deux autres religions cousines, jusqu'à faire consciemment le lit du communautarisme honni pour sauver leur propre communauté.
Les trois religions du Livre veulent imposer leur propre fonds comme socle social, socle sur lequel seront assis leurs particularismes. La vieille religion catholique quand elle put dominer s'est imposée par le fer et le feu chaque fois que sa progression était entravée ou ses acquits menacés. La religion judaïque vaporisée par l'Empire romain a préservé son identité par de nombreux ancrages disséminés partout et elle sut prendre des gages dans certaines professions mieux adaptées au génie de ses ouailles, jusqu'à nos jours en politique, dans les médias et les cercles d'influence ; la dernière venue, ou revenue, le religion musulmane, revendique la liberté d'impacter les us et coutumes de territoires où elle est majoritaire - définition de la démocratie locale directe - en y versant les codes sociaux extraits de son livre de prières ; la plus à la traîne parce que la plus combattue par l'athéisme maçon, la religion catholique, ne s'oppose pas à cette sécularisation active des deux autres, pensant y regagner un jour la sienne propre.

Le communautarisme final et son désordre
Il faut ouvrir les yeux, lire les précautions sémantiques des faiseurs d'opinion, le communautarisme est là, à l'anglaise, définitivement. La République a échoué, le communautarisme va la détruire. Par le jacobinisme, elle a brisé une fédération de terroirs liés par une forte identité nationale dont les croyances importées font partie. Afin d'imposer la dictature égalitaire du gouvernement des atomes-individus, plus faciles à influencer avec une propagande rodée, elle a déclaré la guerre à la religion dominante qui la contrait depuis la Révolution, pour finalement plier le genou devant l'assaut d'autres mœurs exogènes qu'elle n'a pas voulu convertir aux nôtres puisqu'elle les refusait. Vide de sens inné, la République accapare des valeurs naturelles essentielles qu'elle fait siennes, mais qu'elle ne sait pas défendre parce que ses règles sociales tracées sur la comète sont contradictoires comme les ordres criés sur le chantier de la tour de Babel. La République d'aujourd'hui sécrète le désordre.

Elle laisse voir à marée basse le chaos de ses infrastructures morales, culbutées l'une par-dessus l'autre. Et tout au fond du paysage, deux centaines de Mohamed Merah, le pois-chiche ravagé de haine, reçoivent cinq-sur-cinq le prétexte de leur non-intégration pour se déchaîner et faire le dernier film de leur vie. La société exonère d'avance les imams de toute assignation pour manipulation des imbéciles, en inventant un mot qui les décharge de toute responsabilité : l'auto-radicalisation. Il fallait y penser.

Il n'y a pas de solution politicienne,
il faut retourner à Athènes


vendredi 10 février 2012

Civilisations guéantiques


Pauvre M. Guéant, battu sur le bilan de la sûreté publique, il s'affaire à populariser les thèses de son maître que plus personne ne croit. Même si la république est devenue l'abri de toutes les civilisations de la planète, les hiérarchiser est un pas de clerc comme en font les canards sans tête de l'agitation médiatique en campagne. Bien sûr que les civilisations sont diverses et ne se valent pas, mais en quelle devise les valorise-t-on et qu'en est-il au fond de leur classement ? C'est quoi d'abord une "civilisation" ?
Différente d'une culture, d'une mémoire, d'un codex de moeurs, une civilisation se mesure à son empreinte dans la dimension espace-temps. Qu'en dit mon vieux communiste favori, Maurice La Châtre dans son dictionnaire universel de 1856 ?
CIVILISATION.  s.f. Opposition à la sauvagerie. | Dans un sens plus étendu, développement intellectuel et moral d'une fraction de l'humanité, d'un peuple; la part que ce peuple apporte à l'oeuvre commune; son rôle à la fois spécial et général. | Dans un sens encore plus étendu , une des époques, phases ou périodes évolutives de la marche progressive de l'humanité. | Absolument, mouvement permanent et progressif de l'humanité vers la liberté, l'égalité et la fraternité : sublime formule mise en lumière par la glorieuse Révolution française. La date précise où ce mot apparaît dans la langue est importante, parce qu'elle est aussi le moment où éclosent en France et en Allemagne des théories entièrement nouvelles sur le développement historique de l'humanité et la perfectibilité de l'homme social...(viennent ensuite dans l'article, Pascal, Bossuet, le napolitain Vico, Lessing, Herder, Condorcet et son Tableau de l'esprit humain, mais pas Guéant)
Après sa minute érudite, La Châtre en vient au vecteur premier de civilisation, la Loi de Progrès, l'histoire comme "une longue théorie de théorèmes sociaux logiquement enchaînés les uns aux autres". Les peuples de la Terre sont voués à l'échelle de perroquet du progrès, qu'ils gravissent chacun à leur rythme. Il n'y a qu'une échelle, celle de la "sublime formule". Il est facile d'évaluer l'avancement respectif des civilisations différenciées jusqu'au jour où la boule de neige du progrès tournant sous la main du temps ramassera toute l'humanité. C'est l'idéologie socialiste actuelle.

Mais non, ça ne marche pas comme ça. La plupart des civilisations que l'homme créa naquirent et moururent, à l'exception de la civilisation chinoise fleurissant sur ses terres depuis cinq mille ans. Les grandes villes mésopotamiennes de terre cuite ont laissé le souvenir de puissantes civilisations "impérissables". La civilisation égyptienne écrase encore d'une lourde empreinte tout le bassin du Nil, sans héritiers. Les vestiges des empires pré-colombiens attestent d'un monde très développé et passablement cruel, disparu. Ces civilisations sont-elles mortes de n'avoir pas connu la Révolution française et sa Loi de Progrès ? Elles le furent surtout de n'avoir pas été copiées. Et que dire de la mère du monde, la péninsule indienne en métempsychose permanente sur place ? Elle frémit aujourd'hui à l'annonce de son décollage après avoir essaimé des mythes autour d'elle pendant des millénaires.

 Passant, va dire à Sparte que nous sommes morts ici pour ses lois
A l'inverse, les deux grandes civilisations cousines de Méditerranée, le monde hellène et le monde latin, perdurent en Europe et dans ses projections américaines parce qu'elles ont établi des bases sociales et étatiques indépendantes des régimes politiques qu'elles ont connus, avec une puissante rémanence du droit naturel codifié que tout le monde a conservé. Pour la première fois dans cet hémisphère, elles privilégièrent l'intelligence à la force. Les racines de la civilisation française sont, malgré les Croisades, gréco-latines et ses moeurs judéo-chrétiennes ; ces dernières sont en pleine liquéfaction quand les premières demeurent. Sur les territoires où ces bases ont été effacées est revenue la barbarie, décorée des frêles arabesques de la nouvelle théocratie orientale, portée par le vent de la Conquête arabe pour l'assujettissement de tous aux rêves éveillés d'un analphabète. De si belles choses y furent bâties, mais vides de sens.

Si l'on doit classer les civilisations le pistolet sur la tempe, on classe forcément les valeurs qui les cimentent. Jusqu'à une époque récente, celles-ci visaient d'abord à la pérennité du modèle. La cité passait avant le citoyen, même s'il fallut beaucoup de persévérance à Confucius en Chine pour organiser chacun au bénéfice de tous. C'est la théorie du rouage et des hiérarchies, les empires d'Asie poussèrent le concept à fond, par les castes en Inde et les ordres en Chine et au Japon. Puis s'est éveillée en Europe à la Renaissance l'exaltation de l'individu et l'organisation de son environnement au profit de son accomplissement, du moins dans la philosophie du projet. Contrairement à une idée répandue dans la famille Guéant, ce modèle individualiste s'est assez peu exporté, même dans les colonies européennes de couleur. Après le reflux occidental, les civilisations qui ré-émergèrent revinrent au concept de la défense collective. C'est bien pourquoi les "droits de l'homme" y restent un slogan d'accès aux guichets internationaux et pas du tout une pratique quotidienne. Le souvenir de leur abaissement et de leur humiliation est assez vif encore dans leurs esprits pour qu'ils remettent à plus tard la mise en conformité aux critères internationaux de leurs moeurs, critères qui s'avèrent n'en être pas.

Nous n'avons pas parlé de l'Afrique, que nous réservons à une prochaine fois. Pour terminer, M. Guéant aurait pu soutenir que dans l'accomplissement des libertés individuelles, certaines civilisations précèdent les autres sur l'échelle du temps, et nous lui aurions répondu que l'incertitude de leur pérennité pouvait entamer gravement le pronostic de l'atteindre. La meilleure des civilisations est celle qui s'occupe du bonheur au moment et dans le temps. Un laboratoire s'y emploie aux confins du monde, le Bouthan. Allons-y voir et taisons-nous.





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